Pourrir peut attendre

— Messieurs, nous devons moderniser la licence James Bond. J’écoute vos idées.

Un silence de mort tombe dans les bureaux de l’équipe de production des James Bond 007. C’est à peine si l’on entend toussoter, entre deux bruits de papiers que chacun fait semblant d’inspecter d’un air absorbé. Au bout de la table, le producteur en chef fronce les sourcils.

— Bien, je vais vous aider. James Bond, c’est l’histoire d’un agent secret du nom de James Bond qui à chaque épisode, conduit une Aston-Martin, enchaîne les cascades, va au casino ou autre palace draguer des donzelles, se fait trahir par ces dernières, et finit dans une quelconque base secrète qu’il fait exploser avec son propriétaire.
— On pourrait changer cette histoire de base secrète ? Il pourrait par exemple faire exploser un truc connu ?
— Non, ce serait trahir la licence.
— Alors l’explosion ? Il pourrait à la place se contenter de vaincre l’ennemi sans tout faire sauter ?
— Non, ce serait trahir la licence.
— Il pourrait draguer dans un lieu plus commun, comme un parc ou un abribus ?
— Non, ce serait trahir la licence.
— Il pourrait rouler dans une autre voiture ? Comme une Porsche ?
— Non, ce serait trahir la licence.
— On pourrait virer James Bond ?
— Non ce… aaattendez.

Le producteur s’arrête l’espace d’un instant. C’est vrai ça. Jusqu’ici, ses idiots de subordonnés ne pensaient à changer que des éléments majeurs de la licence James Bond 007. Mais quel rapport entre James Bond et James Bond 007 ? Voilà un élément sans importance.

— Pas bête ! Ca, ce serait un changement qui ne toucherait pas au cœur de la licence. Après tout, qui aime regarder de vieux James Bond pour voir Sean Connery jeter comme seuls vêtements des chaussures à une donzelle qui veut sortir de son bain ? Non, les gens ne viennent pas pour ça ! Allez, virez-moi ce vieux ringard, et faites entrer la modernité et le progrès là-dedans.

Vous pensez que je blague ?

Bienvenue dans Mourir peut attendre.

Aussi, spoilons, mes bons !


L’affiche : ni explosions, ni débris, cela est donc encore possible en 2021 ?

Tout commence dans les années 1990, dans la froideur de l’hiver norvégien.

Où nous retrouvons dans un chalet une petite fille qui s’amuse follement sur son tamagotchi lorsque sa maman l’appelle de sa voix tendre et réconfortante :

— Léaaaa… Léaaaa bordel, j’ai soiiiif ! Viens servir maman, chier !

En effet : maman est un siphon à picole. C’est donc une Léa un peu gênée qui abandonne ses jeux pour aller remplir le verre maternel d’un bon coup de Villageoise, et le glisser dans la main de sa génitrice, vautrée dans le canapé du salon.

— Merci ma p’tite, t’es bien bonne… hips… tu veux jouer… avec môman ? Beurp.
— Non merci maman, je n’aime pas jouer à ton jeu de « Qui vomit la dernière ? » Je préfère attendre que papa rentre.
— Papa ? Aaaah ! Papaaaaa ! Papa, c’est pas un docteur comme qu’il te dit, lô… hips… c’est un… un tueur ! Il tue des gens… siii, c’est vrai !

On appréciera la discrétion de la femme d’un tueur, qui n’hésite pas à révéler le secret de son mari à des oreilles aussi sûres que celles d’un enfant sitôt qu’elle a un verre de rosé dans le pif, ce qui arrive visiblement à chaque fois qu’elle commande une pizza. Nul doute que Monsieur doit apprécier. Il faut d’ailleurs croire que ce genre de déclarations attire les curieux puisque soudain, de l’autre côté de la vitre du chalet, la petite Léa aperçoit un mystérieux homme masqué armé d’un gros fusil.

— MAMAN !
— Burp… va jouer… avec les canettes de 8-6 bébé… môman va faire un grôdôdô… hips…

Maman est en effet tellement torchée qu’elle ne comprend pas ce qu’il se passe jusqu’à ce que le mystérieux individu rentre dans la maison pour lui annoncer une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c’est qu’elle ne va pas mourir d’une cirrhose. La mauvaise, c’est que ratatatata.

Léa, qui était partie se cacher dans un autre coin de la maison, sent une forte odeur d’alcool se répandre dans tout le chalet : visiblement, maman a désormais des aérations en plus. L’enfant se cache donc derrière son lit, et ramasse une arme que papa avait laissée en cas d’urgence (elle pensait que papa était un docteur, mais semble-t-il que c’était un docteur bien armé). Aussi, sitôt que l’individu masqué va la chercher dans sa chambre, il recommence son numéro :

— Youhouuu… Léaaa… j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle… la bonne, c’est que tu vas être super balaise à 1-2-3 soleil. La mauvaise c’est que…
— RATATATA !

Lui répond Léa en plombant de son petit pistolet la truffe du margoulin, qui ne s’attendait pas à cela. L’homme masqué s’effondre, mi-mort, mi-surpris et Léa est ainsi sauvée ! Hélas, elle constate qu’elle se retrouve désormais avec deux macchabées dans la maison, dont l’un pisse le sang sur le sol et l’autre met du rouge sur la moquette, ce qui fait beaucoup de bazar à ranger, surtout pour un enfant naturellement peu porté sur la chose.

Mais Léa n’est pas un enfant comme les autres. Non, c’est une petite fille qui traine sans trop de problèmes un gugusse de 90 kilos lesté au gros plomb dans la neige, jusqu’à ce qu’elle rencontre un problème : il était mi-mort, mi-surpris ? Il est visiblement revenu de sa surprise comme de sa demi-mort… puisqu’il se relève soudain en toussant ! Toutes les balles avaient touché le gilet qu’il portait sous sa parka.

— Eh bé ! Bon, où j’en étais moi ? Ah oui !Attends petite fille ! grogne-t-il. Je suis juste venu te tuer… ton papa a tué toute ma famille, je viens lui rendre la pareille !

Pour Léa, c’est décidément une bien belle journée de merde. Mais comme si ça ne suffisait pas, pour s’enfuir loin du vilain monsieur, elle décide de traverser l’étang gelé qui borde la maison. Et la glace, taquine, cède sous ses pieds pour la projeter dans l’eau glacée. Voilà qui facilite le travail de l’homme masqué, qui…

Attendez ? Monsieur masqué ? Houhou ?

Ah ben non. Finalement il tire dans la glace pour faire un trou et sauver la petite Léa.

— Non parce que j’étais venue te tuer, mais en fait non, explique-t-il.

Ah. Je… hmmm. D’accord. Eh bien voilà qui est fort cohérent. N’oubliez pas les enfants : si vous êtes poursuivis par un tueur, tentez de lui faciliter le travail. Visiblement, ça lui gâche son plaisir et il décide à la place de vous sauver la vie. C’est comme ça. Je ne sais pas si ça marche aussi avec les pédophiles, par exemple si vous les chauffez en… attendez, non, arrêtons cette idée ici, rien de bon n’en sortira.

Bondissons plutôt de quelques années dans le futur et retrouvons Léa adulte…

… qui n’est devenue autre que Léa Seydoux !

Hep ! Je vous ai vus frissonner ! Ne soyons pas mauvaises langues, on ne mange pas de ce pain-là sur ce blog, et suivons donc notre héroïne alors qu’elle coule le parfait amour avec James Bond depuis les évènements de SPECTRE. Les deux tourtereaux sont sur les routes d’Italie où l’on constate que James, ne sachant de quel côté de la ligne blanche il doit se placer, roule des deux côtés dans le doute. Malgré cette conduite digne d’un routier bourré, probable hommage à feu sa belle-mère, notre héros parvient jusqu’à un splendide village italien où il a réservé un hôtel pour sa chère et tendre et lui-même. Ce qui tombe bien, car ce soir, c’est fête au village : les habitants, suivant une tradition ancestrale, brûlent des papiers sur lesquels ils écrivent des secrets pour les laisser derrière eux. L’air est ainsi empli de splendides flammèches qui tombent vers le sol en tourbillonnant.

C’est joli, mais quand pour la troisième fois de la soirée, vous recevez dans les cheveux un papier en feu sur lequel il est écrit « J’ai un micro-pénis », bon.

Nos amis vont batifoler à l’abri de leur chambre d’hôtel, nous gratifiant de lourdes remarques sur « Il faut savoir laisser son passé derrière soi » « Nous devons nous tourner vers le futur », et autres « Le passé nous hante », ce qui au bout de 30 fois, donne envie de rentrer dans la chambre et de gifler tout le monde avec une brique. Heureusement, les deux finissent par passer à des activités autrement plus concrètes, et le lendemain matin, Léa Seydoux et James Bond discutent les fesses à l’air.

— James, j’ai accepté de laisser mon passé derrière moi. Hier, j’ai brûlé mon papier avec mon dernier secret sur un drame qui m’était arrivé dans ma jeunesse alors que je glandais dans un chalet. Va de l’avant toi aussi, et je te révélerai cet ultime secret pour que tu saches tout de moi.
— Très bien, Léa Seydoux. La dernière chose que je dois laisser derrière moi… est le souvenir de Vesper. Mon ex.
— Classe. Super. Bien. Je suis à poil dans le lit et toi tu me dis ça.
— Non mais sa tombe est dans ce village et…
— Ah oui donc tu m’emmènes en soirée romantique dans le village de ton ex ? Subtil le Monsieur.

Mais non : dans le film, Léa Seydoux se contente de hocher la tête, avant de faire une quarantième remarque sur l’importance de laisser le passé derrière soi (c’est vraiment léger, on n’avait pas compris.)

— Non parce que le passé, ça doit rester dans le passé, tu vois.
— Quelle philosophe, Léa Seydoux. Bon allez, je mets ma veste, je vais au cimetière et je reviens.
— D’accord, moi je t’attends ici. Au fait, tu pourrais utiliser le nom de mon personnage au lieu de m’appeler Léa Seydoux ?
— Je ne sais pas : tu pourrais commencer par jouer ton personnage ?

Roh. Quel coquin alors.

Suivons plutôt James Bond alors qu’il se rend au cimetière du village, sur la tombe de Vesper, une femme qu’il aimait, mais qui a mis fin à leur relation en mourant (Vesper trouvait toujours de bonnes excuses). Sauf qu’il note que ladite tombe a été récemment fleurie et… qu’une carte de visite siglée de la pieuvre de Spectre est glissée entre deux roses. James Bond n’a pas le temps de se demander qui est le farceur derrière tout cela que la tombe explose, et l’envoie voler sur quelques mètres. Un grand Bond en arrière, si vous voulez.

James, découvrant la version supérieure de « Celui qui lit ça est un con »

Mais heureusement, James en sort indemne tant les bombes, c’est surfait, l’armure scénaristique que porte notre héros le protégeant. Il est juste un peu noirci et a les oreilles qui sifflent. On supposera donc que Spectre, taquin, avait en fait posé un très gros coussin péteur. Dans un cimetière, c’est vraiment la preuve que ces gens ne reculent devant rien.

À peine notre héros remis sur pied, il constate que des hommes armés surgissent de partout ! À pied, en voiture, en moto, tout le village est pris d’assaut par une véritable armée, forçant James à les taper, les dépouiller de leurs armes et véhicules, et d’enchaîner les cascades pendant dix minutes, aidé par le fait que comme toujours, les méchants tirent à côté, même à deux mètres de lui.

Durant ces péripéties, il distribue quelques pains à l’un des lieutenants menant l’attaque, un certain Neuneuil… nommé ainsi en raison de son gros œil proéminent. Qui est en fait un œil cybernétique ! James lui arrache (il est vraiment coquin aujourd’hui), puis poursuit son chemin jusqu’à l’hôtel, l’occasion de constater que tout le village n’a apparemment strictement rien à carrer du fait que la commune se transforme en petit Stalingrad. Malgré des explosions et des coups de feu partout, les gens marchent tranquillement dans les rues – certains sont même en procession, tranquilles – et le personnel de l’hôtel accueille Monsieur Bond avec le sourire parce que vous savez, une fusillade géante, ce n’est rien que de très banal.

Mais James n’est pas là pour laisser un pourboire pour professionnalisme hôtelier en temps de guerre : il vient récupérer sa donzelle, pour la faire grimper dans l’Aston Martin.

— Léa Seydoux ! Grimpe, vite !
— Hein ? Quoi ?
— Je ne suis plus agent secret, j’ai tout plaqué pour vivre avec toi mais vois ! Nos ennemis nous ont retrouvés quand même ! Tu peux m’expliquer comment ? Moi, je n’ai rien dit !
— Mais moi non plus !
— Alors comment ont-ils su ? Hmmm ?
— Ben je ne sais pas espèce de gros busard : p’têtre que si tu m’invitais pas à passer des soirées dans le village de ton ex, et que tu ne faisais pas pèlerinage sur sa tombe, tes ennemis n’auraient pas un endroit où t’attendre ?
— Non, c’est impossible, ça ne peut pas être ça ! Voyons voir… tu es fille d’un ancien membre de Spectre, et comme par hasard, Spectre me tombe sur le chou pile quand je m’éloigne de toi. C’est toi la coupable ! Pas moi qui ne comprends pas le concept de « disparaître » alors que j’ai été agent secret ! Je te préviens, si on survit, ça va barder !

En attendant James Bond devient James Boude, puisqu’il ne décroche plus un mot à sa compagne, malgré le fait qu’elle lui jure qu’elle n’y est pour rien. Et même qu’elle ne sait pas pourquoi son téléphone se met à sonner et qu’une voix en sort disant « MERCI LÉA SEYDOUX D’AVOIR BALANCÉ JAMES BOND, BISOUS, SPECTRE ! »

Vous sentez un coup monté vous ? Pas moi.

Alors qu’il fuit, James est soudain bloqué sur une place du village, des véhicules bloquant toutes les issues. Des hommes en armes en sortent et mitraillent la voiture de nos deux amis, heureusement blindée. Neuneuil en personne vient tenter de faire sauter les vitres de l’Aston Martin à bout portant, mais…

James Boude.

— James ! Bordel, dis quelque chose !
— …
— James t’as quel âge ? Tu boudes parce que tu penses que je suis une traitresse ? Mais regarde, ils me tirent aussi dessus !
— …
— JAMES BORDEL T’ES CENSÉ ÊTRE UN AGENT SECRET CLASSE, PAS ERIC CARTMAN EN COSTUME DE VILLE !
— … bon d’accord.

James appuie sur un bouton, et aaaaallez ma chérie, c’est bien parce que c’est toi, je sors les mitrailleuses du véhicule et je tue tous nos poursuivants ou presque.

— T’aurais pas pu faire ça plus tôt ?
— Pas lorsque je suis James Boude. James Boude aime se faire tirer dessus sans raison alors qu’il peut latter ses poursuivants.
— Mais quel gros naze ! En plus James, j’ai quelque chose de SUPER important à te dire !
— Ah oui ?
— Oui.

Et… la conversation s’arrête là.

Ooooh comme j’aime les gens qui même lorsqu’ils frôlent la mort, disent « J’ai un truc à te dire ! » mais ne le disent surtout pas car sinon le film en serait transformé. Vous savez, un peu comme les personnages de mauvaises séries qui appellent leur meilleur ami en disant « Viens vite, j’ai quelque chose à te montrer ! » mais ne profitent pas d’être au téléphone pour balancer qu’ils viennent de trouver une vidéo qui prouve que c’est Kukrapok le tueur. Non, ils gardent biiiiien l’info et on les retrouve morts dix minutes plus tard, tués par Kukrapok, sans avoir pu partager leur cruciale découverte.

Mais revenons à James Bond et Léa Seydoux, qui après avoir dispersé leur poursuivants, foncent jusqu’à la gare la plus proche. Où James fait grimper Léa dans un TER.

— James je… non ! L’humiliation, d’accord, la mort, éventuellement, mais un voyage en TER ?
— Chut. Il suffit, Léa Seydoux. Je crois que tu m’as trahi. Je t’aimais, pourtant. Mais c’est terminé. Pars. Loin de moi. Nous ne nous reverrons plus. Jamais.
— Mais… James…
— James Boude.

Et le TER de partir, laissant Léa Seydoux s’éloigner de James Bond. Qui retourne à sa vie de vieux célibataire et…

Générique.

Chacun sait qu’il faut être vraiment cruel pour souhaiter un voyage en TER à qui que ce soit.

Voyageons encore un peu pour nous rendre cinq ans plus tard à Londres, alors que des laveurs de carreaux surarmés descendent en rappel le long d’un immeuble de la capitale britannique. Ou bien sont-ce de mystérieux commandos ? Il faut croire que oui, car les bougres à défaut de sortir la peau de chamois s’infiltrent à un étage de l’immeuble, les armes à la main, et abattent les gardes sur leur chemin. Ils viennent en effet de pénétrer dans ce qui est en fait un laboratoire de recherches bactériologiques et s’approchent de la zone des expériences…

Qui comme tous les laboratoires de recherches bactériologiques ou de trucs dangereux, est installé en pleine zone à forte densité de population, merci. Vous savez, un peu comme dans les films façon Spiderman où les mecs testent de nouveaux virus ou des réacteurs expérimentaux en plein centre-ville. Sûrement parce qu’ils estiment que plus le loyer est cher, mieux c’est.

Toujours est-il qu’un des scientifiques sur place reçoit un coup de fil.

— Allô ? Ici le docteur Kokov ? Qui est à l’appareil ?
— Votre mystérieux employeur.
— Oh ! Je… que puis-je pour vous ?
— Docteur Kokov, ces imbéciles de Spectre arrivent Vous devez récupérer le contenu de votre ordinateur et les mettre sur clé.
— D’accord, et ensuite ?
— La clé, vous vous la mettez dans le cul.

Le docteur Kokov télécharge donc le contenu de son ordinateur, soit beaucoup de fichiers secrets, quelques Powerpoints et 64 Go de films impliquant des furries qui eux aussi cachent des objets à des endroits improbables, puis avale la clé, tant elle finira malgré tout à l’endroit évoqué.

— La clé est en route vers son point de rendez-vous si je puis dire. Ensuite ?
— Ensuite, vous aiderez les hommes de Spectre à récupérer le contenu du placard à armes bactériologiques.
— D’accord. Est-ce que je dois aussi me le mettre dans le cul ?
— Ça dépend : avez-vous précommandé Fallout 76 ?
— Non ?
— Dommage, vous auriez eu la place dans ce cas. Tant pis : donnez tout à nos hommes, ils se débrouilleront. Bonne chance.

Et le mystérieux interlocuteur de raccrocher. S’ensuit ce qui a été annoncé : le commando arrive, massacre les scientifiques, épargne le docteur Kokov, et avec son aide, récupère des armes bactériologiques mystérieuses dans un placard. Tout ce petit monde peut donc repartir, non sans faire exploser les lieux en partant histoire d’effacer ses traces et aussi parce que bon : c’est rigolo.

C’est donc parti : l’Angleterre a un problème, et ses services secrets sont sur les dents.

Mais et James Bond dans tout ça ? Eh bien, il a repris sa vie de célibataire, mais pas le service de sa majesté. Et c’est donc sous les tropiques qu’il se dore la pilule près d’un bungalow, après une petite partie de pêche. Sauf que ce jour-là, alors qu’il rentre chez lui… il trouve des cendres dans un coin de sa demeure. Puis un cigare. Ce qui signifie qu’un intrus est là ! Vite ! Pas une minute à perdre ! Il doit…

Prendre une douche.

Ah ? Euh… d’accord. On dirait un peu Alien : Covenant, ce qui est un peu inquiétant. J’ignore quelle est cette technique secrète, consistant à filer à la douche sitôt qu’un intrus se pointe. Est-ce pour l’aveugler avec la vapeur ? Espérer que voyant son ennemi nu, il détournera chastement le regard et ne pourra plus tirer ? Ou est-ce la technique de la petite Léa©, qui consiste à faciliter le boulot d’un éventuel tueur pour lui casser son plaisir ?

Nul ne le sait, mais sa douche terminée sans plus d’incident, James prend sa voiture et file faire un tour dans la bourgade la plus proche de son petit coin des Caraïbes, lorsqu’il remarque un autre véhicule qui le suit. Une petite manœuvre (aussi appelée « Je fais le tour du rond point », c’est un film à gros budget avec de fabuleuses cascades), et hop ! James va directement à la rencontre de ses poursuivants, qui ne sont autres que son vieil ami Félix, un contact interlope, et Logan, un agent de la CIA. Tout ce petit monde décide de parler calmement autour d’un verre.

— Alors, c’est vous les salopiots qui êtes venus mettre des cendres et des vieux mégots chez moi ?
— Oui, on adore contacter les gens en s’infiltrant chez eux pour pourrir leurs cendriers avant de disparaître au lieu de les attendre ou de leur laisser un mot. C’est une technique subtile, vous ne pourriez pas comprendre, 007.
— Apapap, je ne suis plus un agent double zéro. Je suis un retraité. Je reste chez moi toute la journée, je touche une pension, je cherche mes lunettes pour écrire des chèques alors qu’il y a une queue de douze personnes à la caisse du Carrefour Market…
— On a compris. Mais vois-tu James, j’ai besoin de toi.
— Toi, Félix ?
— Oui. Comme tu le sais, je bosse avec la CIA. Et l’agent Logan ici présent nous a informés d’un truc intéressant. Il y a quelques mois, il y a eu un vol dans un labo secret à Londres. Et un scientifique avait disparu : le professeur Kokov. Or, il vient de réapparaître à Cuba. Et la CIA le veut.
— Ben c’est votre problème. Bon, je vous laisse, je vais régler les cocktails. J’espère qu’ils prennent les chèques. Raaah, où sont mes lunettes ?

James décline la mission, et s’en va, mais pour son plus grand malheur, au moment de partir, sa voiture ne démarre pas. Heureusement, une jolie Madame s’arrête par un heureux hasard et lui propose de le raccompagner en scooter. Les deux finissent bien vite dans la chambre du bungalow (James et la dame, pas James et le scooter)… où la première chose que la dame retire est, à la grande déception de James, sa moumoute.

— Aha ! Je vous ai berné, James !
— Oui alors Madame, c’est pas pour balancer, mais et d’une, je ne vous connais pas, donc le déguisement n’est pas nécessaire et de deux, si votre camouflage super élaboré était une moumoute brune par-dessus vos vrais cheveux qui sont aussi bruns… c’est un peu naze. Et inutile.
— Ah oui je… euh… non mais c’est pour montrer que je suis agent secret ! Car figurez-vous que je suis… LA NOUVELLE 007 !

Non, vraiment, je suis teeeellement surpris.

James Bond plisse les yeux très forts. Mais la jeune femme sourit largement.

— Ah ! Vous êtes dég’ parce que je suis une femme de couleur, hein vieux conservateur ?
— Non je… je me demandais comment encore une fois, par un incroyaaaable hasard, et malgré toutes les possibilités qu’offre la Terre, il se fait que vous soyez noire comme dans 99% des films actuels ? Et pas, je ne sais pas moi, plutôt indienne, asiatique, latina… pourquoi quand un acteur n’est pas blanc, il est forcément noir ?
— … je… eh bien c’est… une coïncidence ?
— Ouf, je suis rassuré ! À un moment, j’ai cru que c’était vaguement du bon gros racisme. Il ne manquerait plus que vous ayez un personnage tout lisse qui a toujours raison et on serait vraiment devant une caricature pas bien saine.

Spoiler : la nouvelle 007 aura toujours raison. Oui, je sais, vous êtes étonnés. Moi aussi.

Mais passons. Car la nouvelle 007 est là pour expliquer un truc ou deux à notre vieux héros.

— Écoute vieux boomer, je sais que la CIA et ton ami Félix t’ont contacté. Et qu’ils veulent que tu ailles capturer le professeur Kokov à Cuba.
— Les nouvelles vont vite.
— Justement : vous ne devez pas accepter. Je suis venue vous informer que vous ne deviez surtout pas vous mettre sur mon chemin. Seul le MI6 doit récupérer Kokov. Pas la CIA. Donc je ne veux pas vous voir à Cuba, compris ?
— Compris.
— James, je vous vois croiser les doigts !
— … même pas vrai d’abord.
— Attendez… James Boude ?

James ne répond évidemment pas. Et à peine la belle est-elle partie, il décroche son téléphone pour appeler Félix :

— Allô, Félix ? Une fille vient de me dire de pas aller à Cuba. Donc je vais accepter ta mission JUSTE POUR L’EMMERDER.

Je confirme donc : James Boude. En tout cas, quel scénario épique ! James peut donc se rendre à Cuba en voilier (en battant pavillon anglais, top discrétion), où alors qu’il est encore au large, il voit un hydravion le survoler : celui de Lady 007. Heureusement, ce plan ne sert à rien, si ce n’est à rajouter une incohérence, puisque tous deux arrivent au port exactement en même temps. Eh bien merci. On va dire que Lady 007 s’est arrêtée faire le plein chez Esso entre temps et qu’elle a pris un café à défaut de prendre de l’avance. Elle est comme ça : sympa.

Sur place, Bond a de toute façon reçu pour consigne de Félix de rejoindre une certaine Paloma, qui l’aidera dans sa mission : infiltrer une réunion de l’organisation criminelle Spectre dont Félix a eu vent. Et où Kokov devrait se trouver. Paloma, discrète comme tout, attend donc l’ami James a un quelconque bar à tacos où elle se trouve vêtue pour aller au casino, ce qui est très discret. Moi aussi, j’aperçois souvent de jeunes gens en smokings et robe de soirée devant les kebabs. Paloma a l’air un peu nunuche, mais en fait, elle est bien évidemment elle aussi trop forte.

Les deux compères infiltrent donc une soirée de Spectre, où tous les agents de l’organisation criminelle sont venus… fêter l’anniversaire de Franz, leur patron, pourtant en prison à Londres depuis le dernier film. C’est fort suspect ! En tout cas, on appréciera les soirées d’anniversaire des organisations super-secrètes. Conquérir le monde, d’accord, mais attends, je souffle mes bougies, hihihi !

Pendant que le spectateur constate que Spectre est plus proche d’une classe de CM1 que de génies du mal (même si les deux sont au final assez proches), James Bond se promène dans la soirée. On rappelle que notre héros s’est déjà fait griller à des réunions de Spectre dans les précédents films et devrait donc être reconnu directement, mais pouf pouf, hop, non, en fait, ça va. Si jamais quelqu’un le regarde de trop près, hop, il se cache derrière le script. Habile. Mieux encore, portant une oreillette pour causer avec Paloma, il fait ce truc super discret des films de qualité consistant à fureter un peu partout tout en parlant à voix haute pour dire « HOLALA MAIS IL Y A TOUS LES CRIMINELS ICI CE SOIR » « PALOMA, VOUS ME RECEVEZ ? GARDES ARMÉS EN HAUT DE L’ESCALIER, JE CONTINUE MA RECONNAISSANCE. »

Dans agent secret, il y a deux mots. Visiblement, c’est un de trop pour James. Deux pour les scénaristes. Heureusement que j’ai apporté ma flasque de brandy au cinéma.

Alors que les deux compagnons visitent la petite sauterie, ils parviennent à découvrir que les membres de Spectre ont eux aussi des oreillettes. Et nos amis piratent leur fréquence pour écouter ce que les criminels se racontent. James, à sa grande surprise, entend alors la voix de Franz !

« … holala quel anniversaire de folie, merci les amis ! J’ai adoré la boîte de Playmobils, vous êtes trop choux. Reprenez des smarties. J’espère que tout le monde passe un bon moment. Y compris toi, mon bon ami… JAMES BOND ! »

James s’immobilise. Et s’aperçoit qu’il fait face à trois gugusses qui portent un œil cybernétique semblable à celui de Neuneuil. Est-ce au travers de cela que Franz le voit ? Pire, il découvre que toute la foule s’est rassemblée en cercle autour de lui. Et la voix de Franz poursuit.

« Et pour mon anniversaire, voici mon cadeau : je tue James Bond ! Respire fort ! Et vous les copains, riez, car ce gaz ne vous fera rien ! »

James découvre avec stupeur qu’aidé par un scénario bancal et une moule telle que le film est interdit à Cancale, il vient de se placer, par un incroyable hasard, trèèèèès exactement sous le seul injecteur de gaz de tout le bâtiment. Vraiment, ça tombe bien ! Aussi, une vapeur blanche lui tombe sur le nez (et non, il ne bouge pas, il sniffe bien, gros réflexes le monsieur). Et le plus fou… ben c’est que ça ne lui fait rien.

Comme dans toutes les soirées chiantes, James et Paloma restent prudemment près du bar à profiter des boissons gratos en attendant que ça danse.

Mieux : tous les membres de Spectre autour de lui commencent à s’effondrer, couverts de pustules, probablement le signe d’un herpès fulgurant. Et la voix de Franz sur la radio a changé de ton.

« Mais ? Ah ben merde alors. C’était pas prévu. Mon cadeau est tout pourri ! »

James, qui n’est pas du genre à chercher à agir dans une situation qui pue le danger (et le gaz), se contente de continuer à regarder tout le monde mourir sauf lui, la bouche entrouverte. Et une fois que les cadavres des agents de Spectre ont fini de s’empiler autour de lui, il finit par repérer, observant la scène depuis l’étage, le professeur Kokov. Maintenant que tout le monde est mort, c’est plus facile d’aller le chercher. Ce que Bond et Paloma font. Certes, quelques gardes survivants tentent bien de s’interposer, mais ce que le mystérieux gaz n’a pas accompli, du gros plomb s’en charge. Ce que l’herpès instantané n’a pas tué, le saturnisme express s’en charge.

Lady 007 intervient elle aussi brièvement pour s’emparer de Kokov, et le fait avec classe et brio, mais grâce à divers trous dans le scénarios (comme ce passage où Paloma défonce à coups de voiture un échafaudage par lequel fuyait Kokov pour le faire tomber de plusieurs étages sans même lui casser un ongle), Lady 007 finit hors-jeu et le scientifique à l’accent suspect finit entre les mains de Bond, qui dit adieu à Paloma et s’empare même de l’hydravion de 007 pour aller livrer sa prise à Félix, planqué sur un chalutier au large.

Sitôt arrivé, Bond est fier comme Artaban.

— Salut Félix ! Salut Logan ! Devinez qui vient de récupérer le professeur Kokov ET de tuer tous les membres de Spectre comme ça, hop, en passant ? Hop ? D’une main là ?
— Tous les membres de Spectre ?! Tués en une soirée ? Mais comment est-ce possible ?
— Ben déjà le script de ce film est assez moyen. Ensuite, je ne sais pas trop. Tout a commencé par un goûter d’anniversaire, puis du gaz, que j’ai…

C’est un peu confus, heureusement, le professeur Kokov apporte un éclairage nouveau sur tout cela.

— Mais non Monsieur Bond ! Vous n’avez rien fait !
— Ah ?
— En réalité, ce gaz est une arme bactériologique volée dans le laboratoire où je travaillais. Des nanomachines programmées pour tuer les gens selon leur ADN. Les membres de Spectre avaient demandé à ce que je programme le gaz pour vous tuer, vous et seulement vous. Mais on m’a demandé de changer la programmation pour tuer tous les membres de Spectre à la place. Nous avions leur ADN, entre autres sur cette clé USB qui sent le caca et…
— Mais chuuuuuut ! T’es bête ?

Logan vient d’intervenir. Lui si discret jusqu’ici n’aime pas trop ce que le scientifique raconte.

— Hein ? Mais M’sieur Logan, c’est vous qui…
— MAIS CHUTEUH !
— Mais enfin, c’est ce gaz qu’on a volé à Londres avant de faire exploser le labo qui…
— RAAAH BON BEN TANT PIS !

Logan, le soi-disant agent de la CIA, sort son arme et plombe Félix qui tombe dans la cale du navire. James saute à sa poursuite pour s’y cacher du déluge de projectiles, mais flûte : Logan les y enferme. Et en profite pour filer avec le professeur Kokov grâce à l’hydravion utilisé par James. Nos héros sont encore plus grognons quand ils découvrent que Logan, joueur, avait posé des charges qui ouvrent des brèches dans les flancs du navire. James se retrouve donc avec un Félix salement blessé, l’eau qui monte, et un sévère mal au bas du dos.

L’occasion de parler d’un truc insupportable tout au long du film : les BLAGUES.

En effet, quelqu’un a dû ressortir les dialoguistes de la prélogie Star Wars ou des Experts : Miami, car même les gens en train de crever ne peuvent pas s’empêcher de faire les pires calembours de la Terre. Félix dit ainsi, après avoir reçu une balle dans le ventre :

— Mes tripes me disent que Logan est un traître…

Et c’est pareil tout le long du film : un type se prend une balle dans la jambe ? « Ça me fait une belle jambe ! » ; un autre explose ? « Lui, il s’est éclaté ! », etc. C’est infernal tant on a l’impression que c’est un crossover James Bond x Laurent Ruquier. Certes, l’agent 007 fait des blagues de temps à autres, mais là, tous les personnages font un concours, et il est toujours malheureux.

Mais passons, car heureusement pour nous, Félix meurt, et James peut donc quitter le chalutier sans plus de jeux de mots. Et une fois à la surface, sauter dans un canot de sauvetage, avant d’être recueilli par un navire, lui permettant de finalement revenir à Londres.

Où James peut se présenter au MI6.

— Bonjouuuuur, je viens voir M, le grand patron. Je dois lui parler.
— Et vous êtes ?
— Bond.
— Bond comment ?
— Que ? Grmbl… James Bond.

Je crois que le film hurlerait « OK BOOMER » de temps à autres, on gagnerait en subtilité. Ouiii, James est une relique, ouiiii, James n’est pas assez moderne, ouiii, James est dépassé, on a compris.

Toujours est-il que Bond est accueilli dans le bâtiment comme invité, ce qui fait rire aussi bien sa bonne amie Moneypenny que Lady 007.

— Alors vieux schnock ? Ça te fait mal d’être un simple visiteur ici quand moi, je suis la nouvelle 007 ?
— Oui, c’est bon, on a compris, tu es jeune et cool et je suis un vieux con. Vivement que tu aies ton propre film où tu écoutes du Aya Nakamura dans l’Aston Martin, ça va être super. Maintenant, on peut passer à autre chose ou tu veux me parler de ton compte TikTok ? Sale jeune, de mon temps on…
— Oh, hé ! C’est pas moi qui ai fait tomber le professeur Kokov aux mains de l’ennemi, alors que si vous m’aviez écouté…
— Nan mais moi je ne suis pas supposé savoir que vous avez toujours raison, hein.

Bond, en tout cas, finit par rentrer dans le bureau de M, le grand patron du MI6, où il se fait passer un savon.

— Alors comme ça vous avez saboté une de nos missions ? Tout ça pour ensuite perdre le professeur Kokov ?
— Rah, mais quel accueil ! Dois-je vous rappeler que je me suis plus ou moins fait tout Spectre en une soirée ? Et vous, vous voulez que je vous parle de votre laboratoire de nanovirus secrets au cœur même de Londres ?
— Ahem je… bon, n’en parlons plus. Un petit verre James ? Voyons. Oui, d’accord, ce laboratoire à Londres, nous savions qu’il existait. En fait, nous pilotions même le projet. L’objectif était de pouvoir créer un virus qui ne tuerait que ses cibles.
— Ah oui, gros malin. C’est vrai que les virus, c’est pas dangereux.

Je vous rappelle que dans le précédent film, en novembre 2015, il était question de bombes dans des stades. En 2021, le thème est donc un virus pas très sympa. Les films James Bond tombent toujours à pic.

M, découvrant que concevoir des virus peut être dangereux.

— En attendant M, il y a un truc que je ne m’explique pas. Figurez-vous qu’à la soirée d’anniversaire à Cuba où le drame a eu lieu, j’ai entendu la voix de Franz, le méchant de Spectre, qui pilotait tout à distance. Il n’est pas en prison chez vous ?
— Ben si.
— Et vous n’avez pas pensé à regarder s’il n’avait pas un émetteur quelconque sur lui ?
— Ah ben non. On va p’têtr’ le faire. Maintenant cassez-vous de mon bureau, James, je ne veux plus vous voir.

Je suis sérieux : les mecs n’ont pas pensé à regarder si, au hasard, le patron de l’organisation criminelle la plus dangereuse au monde n’aurait pas un moyen de communiquer avec l’extérieur.

Après une fouille complète impliquant des moments de partage et de rire inattendus, le MI6 découvre que hihihi, oups, depuis le début, Franz Spectre avait sur lui un œil cybernétique lui permettant de communiquer avec le monde extérieur et de voir au travers des autres yeux du même genre. Ce pourquoi il voyait ce qu’il se passait à son goûter d’anniversaire cubain. Et continuait à piloter Spectre de loin (mais visiblement, n’en profitait pas pour organiser, au hasard, son évasion : la déco de sa cellule devait beaucoup lui plaire).

Pendant ce temps-là, James et la secrétaire Moneypenny (ne me demandez pas pourquoi) se rendent chez Q, qui était tranquillement chez lui à préparer un dîner romantique pour un garçon. Vous me direz « Mais Monsieur Connard, pourquoi précisez-vous cela, on s’en fout, non ? » : et en effet, Q drague bien qui il veut. Mais ce que cette scène a d’amusant, c’est que l’information est glissée discrètement, à un moment où Q n’est pas face à la caméra. Un heureux hasard qui permettra, par exemple, d’effacer cette petite phrase sans que cela ne se voie pour l’exportation à certains marchés comme disons, au hasard, la Chine.

J’aime les réalisateurs qui la jouent militants mais n’oublient pas de biiiiien se coucher sitôt que du pognon entre en jeu.

Cependant, revenons à notre Q, qui est bien embêté de voir autant de monde débarquer.

— Écoutez, Bond, vous êtes gentil mais vous ne pourriez pas revenir aux horaires de bureau ?
— M est un peu fâché parce j’ai fait des blagues sur son super projet de virus pas dangereux, je ne suis plus le bienvenu au MI6. Je me demandais donc si vous voudriez bien décoder pour moi le contenu de cette clé USB. Je l’ai récupérée sur le professeur Kokov lorsque je l’ai sauvé à Cuba.
— Alors d’accord, mais pourquoi sent-elle le caca ?

James préfère ne pas répondre, et Q analyse rapidement la clé… qui contient des données de millions d’ADN de gens partout dans le monde ! Avec cela et le virus à nanomachines, on peut tuer n’importe qui, n’importe où. Et avec une précision redoutable.

— Mon dieu, cela veut dire que les méchants… ont une arme diabolique entre les mains ?
— Mais ? Vous ne le saviez pas déjà, James ?
— Alors si mais je… je ne le réalise que maintenant. Avant je me disais juste « Ouf, ils ont des nanomachines, mais ils ne vont sûrement pas savoir qu’en faire, ils sont bien feintés ! »

Vous comprenez mieux pourquoi le film dure 2h45, maintenant. Toute information, même basique, prend 20 minutes à être assimilée par les personnages. Et encore.

Toujours est-il que le contenu de cette clé USB permet à Bond de retourner voir M, qui organise une petite réunion improvisée dans son bureau.

— Bien, soit, d’accord, j’ai merdé. Couvrir le développement de nanomachines tueuses fonctionnant par l’ADN, le tout dans un laboratoire secret au cœur de Londres était un peu con, je l’avoue.
— Ah !
— Se faire voler le tout n’était pas le top de la ruse non plus.
— En effet.
— Mais découvrir qu’en plus, les méchants ont pillé des bases de données d’ADN pour avoir la possibilité de cibler n’importe qui, là, c’est trop. Vous allez tout de suite me cuisiner ce petit rabouin de Franz Spectre dans sa prison. Tenez, voici un annuaire, un couvre-théière, et des pinces-crocodiles. Ça aura sûrement son utilité. Interrogez-le. Son organisation est décimée, mais vu qu’ils avaient mis la main sur l’arme et ont voulu l’utiliser sur Bond, Franz sait sûrement quelque chose. Y compris sur ceux qui ont retourné l’arme contre Spectre. Oh, et pensez à faire venir sa psychiatre. C’est la seule personne à qui il accepte de parler.

Je vous laisse deviner qui est la psychiatre de Franz : le docteur Léa Seydoux.

Pratique.

Tout le monde se retrouve donc à la prison de haute-sécurité (… pardon, je pouffais) qui va bien, et seules deux personnes sont sélectionnées pour entrer dans une pièce avec Franz, qui restera attaché sur un siège dans une mini-cage roulante par sécurité : James Bond et Léa Seydoux. Les retrouvailles sont plutôt fraîches.

— Tiens, Léa Seydoux.
— James…
— Ça va depuis cinq ans ? La famille, tout ça ?
— Mes parents sont toujours morts.
— Ah ben moi aussi. Rien de neuf, donc.

Fraîches, disais-je. Tous deux entrent dans la salle d’interrogatoire, mais Léa Seydoux sort presque aussitôt, l’air bouleversée. James trouve cela fort suspect, mais qu’importe. Car on vient lui livrer l’ami Franz.

— Ah, James. Es-tu content d’avoir ruiné mon goûter d’anniversaire ?
— Note que je n’ai rien fait. Tu as essayé de me tuer, et ça s’est retourné contre tes agents.
— Oui, mon organisation est décimée… je suis le dernier.
— Ce qui veut dire que nous avons un ennemi commun ! Qui a une arme que nous ne pouvons laisser dans la nature. Et tu sais sûrement qui. Alors donne-moi un nom, Franz.
— Léa Seydoux.
— Hein ?
— Léa Seydoux. C’est un nom. Démerde-toi avec ça. Sache qu’elle a des infos utiles.
— Oui je le sais depuis le début du film mais je prends soin de ne jamais lui demander. Comme quand elle a dit qu’elle avait un truc super important à me dire, mais que je n’ai pas demandé quoi.
— À ce sujet, sache qu’au début du film… c’est moi qui t’ai piégé. Tu filais le parfait amour avec elle, donc j’ai décidé d’organiser un coup monté pour que tu penses qu’elle t’avait trahi. Comme ça, tu serais seul et malheureux, et ça te ferait les pieds.
— Mais alors comment m’as-tu retrouvé dans ce petit village d’Italie ?
— Eh bien je supposais que tu serais assez bête pour aller sur la tombe de ton ex.
— Ah merde, oui.
— Alors je l’ai farcie d’explosifs, tu sais, ceux qui ne tuent pas et font juste siffler les oreilles, puis j’ai engagé toute une armée pour t’attendre sur place durant des années.
— Et si je m’étais comporté en vrai agent secret et que je n’étais pas venu ?
— Alors j’aurais eu biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiien l’air con.
— Hmmm, bon, je crois que je sais tout ce que je voulais savoir, mais non, je vais plutôt te stranguler en répétant TU TE FOUS DE QUI, DIS ! comme le flegmatique personnage que je suis.

Et James de s’exécuter. Ah, ce James Bond. Tellement britannique. Heureusement, on vient l’arrêter alors qu’il est tel un Homer Simpson strangulant Bart.

Ce qui ne marche que moyennement, car si la strangulation ne fait pas de mal à l’ancien patron de Spectre, soudain, il se couvre de pustules et meurt : les nanomachines à herpès ! Elles viennent de le tuer ! Ce qui signifie que Bond était porteur d’un virus devant tuer Franz… mais comment ?

Franz n’apporte donc aucune information utile. On appréciera son long interrogatoire, parfaitement sans intérêt pour le film.

— C’est Léa Seydoux ! Elle m’a touché juste avant de quitter la pièce ! C’est elle qui devait avoir le nano-herpès sur elle !

Et en effet, il a raison. C’est bien Léa Seydoux.

Ce qu’il a probablement deviné grâce au script car bon l’hypothèse la plus probable est que pour rappel, James a sniffé une énorme quantité de gaz aux nanomachines lors du goûter d’anniversaire cubain. Nanomachines programmées… pour tuer tous les membres de Spectre. Donc si James n’était pas complètement con, il aurait pu supposer que s’approcher de Franz était dangereux.

Mais comme le scénario est encore plus bête, en effet, le gaz était conçu pour tuer tous les agents de Spectre SAUF leur chef (ne me demandez pas pourquoi), et finalement c’est donc bien le nanovirus porté par Léa Seydoux qui a eu raison de lui.

C’est complètement absurde et incohérent, mais les personnages le devinent quand même.

À notez que vous apprécierez comment James se promène partout avec des nanomachines conçues pour tuer des individus dont il ignore la liste exacte. Si ça se trouve, les nanomachines étaient aussi conçues pour tuer tout le MI6 mais hihihi, James n’y a pas pensé.

Heureusement, comme les scénaristes non plus, ouf.

J’aime quand, comme souvent, tout le film repose sur le fait que le méchant est simplement encore plus mauvais que les gentils.

Après un rapide examen médical de notre héros à la sortie de la prison, Q est tout de même bien embêté.

— Vous avez des nanomachines dans le sang, Bond. Léa Seydoux vous les a refilées.
— Mais j’en n’avais pas déjà suite à Cuba ?
— … ah merde, encore oublié.
— Bon enfin je commence à en avoir marre que Léa Seydoux me refile toutes sortes de bêbêtes, comme la fois où…
— Bond, arrêtez-vous là.
— Soit. Mais comment me débarrasser de ces nanomachines ?
— C’est là le problème. On ne peut pas. C’est pour la vie.

Et hop ! Q n’essaie même pas de dire qu’il va chercher un remède, où qu’on doit pouvoir pirater les mini-robots, voire tout simplement les faire tomber en rade avec une technologie ratiboisant tout ce qui est électronique (et que le MI6 a pourtant, nous le verrons plus tard). Non, là encore, il faut faire avec le scénario donc « Ah mon p’tit James, c’est ballot mais faut faire avec ! »

Mais là encore, alors qu’on ignore exactement si les nanomachines ont tué toutes leurs cibles ou s’il en reste à abattre, on laisse James se promener partout, et toucher tout plein de gens pour propager le nanovirus.

Vous nous dites si on vous emmerde, hein.

Ne reste donc qu’une chose à faire pour notre agent moyennement secret : aller chercher des réponses auprès de Léa Seydoux. Qui a trouvé en refuge en Norvège, dans le chalet de son enfance. Un bien bel endroit. Mais si, vous savez, celui où sa mère s’est fait assassiner. Un havre de paix, donc, où elle doit dormir en paix à n’en pas douter.

James y débarque moyennement content, et tombe sur Léa Seydoux qui l’attendait un peu.

— Écoute James, je sais ce que tu penses. Mais je ne voulais pas tuer Franz. Je vais tout te dire. Sache que lorsque j’étais enfant, un homme masqué est venu ici. Il a voulu me tuer, et puis non.
— Constant, le Monsieur.
— Appelons-le comme ça si tu veux. Enfin, l’autre jour, il s’est pointé dans mon cabinet de psychiatre. Et m’a menacée pour que je m’enduise de pschit aux nanomachines avant d’aller interroger Franz. C’est pour cela que j’ai quitté la pièce. Je ne voulais pas tuer Franz. J’avais mis les nanomachines, mais je me suis ravisée. Et puis, tu m’as touchée au moment où je sortais, te contaminant…
— Mais attends, le mec n’aurait pas juste pu s’enduire de pschit, lui, puis te toucher ? Comme ça tu aurais transmis le virus à Franz sans même le savoir ? Et il n’aurait même pas eu à te menacer ?
— … haaaaan.
— Décidément, il est un peu con ce monsieur.

Alors que tous deux papotent, soudain, une petite fille sort de sa chambre et déboule dans le salon où nos héros discutaient.

— Rentre dans ta chambre, mon bébé.
— Que ? Mais ? Attends Léa ! Tu as une fille ? D’environ 4-5 ans ? Serait-elle…
— La tienne ? Non, James.
— Pourtant elle a mes yeux.
— N… non.
— Et mes cheveux.
— N… non plus.
— Et sur la porte de sa chambre il est écrit « JASMINE BOND-SEYDOUX »
— C… coïncidence.

Non, vraiment, Léa Seydoux qui nie en bloc, c’est très crédible. Mais James, lui, y croit. Seulement, alors qu’ils sont occupés à papoter, puis à coucher ensemble histoire de repartager du nanovirus, voilà que James reçoit une alerte. Logan, le vilain qui avait emmené le professeur Kokov, serait non loin. Pas loin du tout en fait. Juste à côté, même ! Raaah, on peut jamais être tranquille !

— Vite, barrons-nous ! propose James en emmenant femme et enfant sous le bras.

Il les charge toutes deux dans une voiture, et ça ne manque pas : voilà que des véhicules tout-terrain lui donnent la chasse, puis des motos, puis un hélicoptère… l’occasion de moult péripéties, durant lesquelles des hordes de Jean-Jacques meurent, et où évidemment, c’est dans le dernier véhicule que Logan se cache.

Mais bon, Bond le tue aussi parce que ça commence à bien faire, dites.

Notre héros retourne à une cabane où il avait eu le temps de cacher femme et enfant au milieu de la poursuite, pour découvrir qu’elles ont été emmenées par les vilains, à bord de leur hélicoptère. James, plutôt que de demander au MI6 de passer un coup de fil à la Norvège pour intercepter les fuyards, se contente de répéter « Zut, flûte, crotte de bique ! » et sa famille nouvellement retrouvée lui échappe.

Ça sent surtout le mec qui vient de découvrir qu’il avait un enfant, et donc une pension à verser, et qui se dit que les méchants peuvent bien garder toutes ces emmerdes sur pattes.

Malheureusement pour Bond, le MI6 a tôt fait de retrouver où se cache le méchant, et véritable patron de Logan : Constant. L’homme masqué qui avait tenté de tuer Léa Seydoux dans son enfance. Le MI6 sait aussi pourquoi il est si méchant : quand il était petit, Spectre a empoisonné toute sa famille, massacre auquel il n’a échappé que de justesse (le poison était dans des brocolis, il en avait donc ingurgité trop peu). Depuis, il a juré de se venger. D’où le fait qu’il voulait buter Léa (fille d’un membre de Spectre), qu’il a recruté Kokov pour qu’il programme le gaz à la soirée Spectre pour tuer tous ses membres, et qu’il voulait la mort de Franz. Bref, c’est un garçon un peu, disons, revanchard. Mais où diable a-t-il filé maintenant qu’il a justement revanché très fort, hmmm ?

Le margoulin a traversé le globe (sans aucun problème, merci) pour aller se réfugier dans une base lui appartenant sur une île contestée entre le Japon et la Russie. J’aime comme dans les films, tout le monde peut aller et venir dans l’espace aérien russe, surtout dans des zones sensibles, sans le moindre problème. Toujours est-il que l’île en question est visiblement très active en ce moment à en croire les Japonais, puisqu’on y trouve quantité de navires allant et venant du port de la base.

J’aime beaucoup le principe d’îles contestées où n’importe quel péquin peut occuper une énorme base militaire – car c’en est une – sans que personne ne vienne l’ennuyer. J’imagine que Constant a utilisé la technique bien connue du squat : il s’est installé en douce, et lorsque la Russie et le Japon sont arrivés 48 heures plus tard, il leur a présenté un ticket de commande de pizza prouvant qu’il habitait bien là. Il est donc désormais impossible à expulser.

La contestation doit donc être « Qui doit payer les factures d’eau de ce rabouin de Constant ? »

Ou alors il faudra m’expliquer en quoi l’île est contestée si on y rentre comme dans un moulin.

Mais poursuivons.

Le scénario aurait juste pur l'installer sur une île privée, mais non, c'eut été rendre l'histoire moins stupide.
Constant peut donc survoler la Norvège illégalement, y débarquer des armées entières, mitrailler dans les bois ou occuper des îles sensibles au niveau international sans problème. Le script est fort en lui.

Justement, découvrons ce que fait Constant sur place. À savoir, comme tout méchant de James Bond, il a une véritable petite ville dans la base, avec des centaines de travailleurs et presque autant de gardes. Un truc discret, donc. Et donc, deux invités : Léa Seydoux et sa fille Jasmine.

— Je vous fais le tour du propriétaire ? Alors là c’est mon bureau super grand sans aucun meuble, comme tous les méchants.
— Ça doit être pratique.
— Ah, ça en impose mais c’est vrai que trente minutes de marche pour aller chercher un stylo, c’est beaucoup. Là, c’est mon jardin empoisonné.
— C’est-à-dire ?
— Eh bien c’est un jardin où je ne cultive que des plantes toxiques.
— Super. La bonne idée.
— Merci. Et ici, c’est la zone de la base transformée en fabrique de virus à nanomachines, qui opère sous la direction de mon autre invité, le professeur Kokov. Dites bonjour professeur.
— Da, bonjour !

Mais attendez. Le clou du spectacle arrive, lorsque Constant présente sa « ferme à nanomachines ». Vous vous attendiez à une espèce d’usine de haute précision ? Hohoho. Que nenni.

En fait, c’est juste un grand bac dans lequel pataugent des mecs en combinaisons qui remuent le liquide noir qui emplit le bac avec des perches. Car oui, c’est connu : concevoir des nanomachines ou jouer avec sa touillette à café, c’est à peu près la même chose. De la haute technologie à n’en point douter : « Regardez patron comme j’ai bien réussi mes nanomachines : j’ai touillé avec beaucoup de précision ! »

Je suis perplexe.

Mais pendant que mes sourcils dansent le tango, voici que le MI6 lui ne reste pas inactif. Et qu’un gros avion de transport approche justement de l’île, avec à son bord Bond et Lady 007. Qui pour l’occasion, propose de rendre son matricule à Bond parce que ça y est, c’est très officiel, ils bossent ensemble. Q, lui, qui se contrefout un peu de ces histoires d’immatriculations incite nos invités à regarder quelque chose à bord de l’avion :

— Voici un mini-planeur furtif pliant qui fait aussi sous-marin. Il vous servira à approcher de la base discrètement. Vous avez déjà piloté ça ?
— Jamais.
— Bon ben on fera avec.

Notez que les dialoguistes ont quitté le film, puisqu’à ce stade, il suffisait de laisser un des personnages répondre « Oui », et ça passait. Mais non, on nous rajoute des scènes, dans un film déjà trop long, pour nous dire que nos amis ne savent pas piloter un véhicule… qu’ils vont piloter à la perfection sans aucune explication dans la scène suivante. Formidable.

Bond a aussi le droit à un autre gadget.

— Une montre.
— C’est chiant, vous savez, les montres gadgets ? C’est tout le temps ce qu’on me file. Là, on va prendre une base d’assaut, je ne pourrais pas plutôt avoir un gros flingue ?
— Non, ce sera une montre. Notez qu’il suffit d’appuyer dessus pour qu’elle crame tout ce qui est électronique à proximité.

Comme des nanomachines par exemple ? Maiiiiiiiiiiiis…

… non. Le film n’y pense pas. C’est donc une montre qui produit un courant électrique qui détruit tout SAUF des machines ultra-fragiles. Je note. C’est comme si… hmmm… comme si le scénario voulait absolument que Bond ne puisse pas détruire de nano-machines dans son corps. Je me demande bien pourquoi ! J’espère que ça ne va pas être utile plus tard !

Toujours est-il que Bond et Lady 007 sautent du gros avion de transport du MI6 avec leur planeur magique, le pilotent divinement, plongent pour se transformer en submersible et arrivent jusqu’à un quai de la base secrète qui bien sûr, n’est pas surveillé. Les méchants sont comme ça : ils ne surveillent pas les lieux sensibles. Ils auraient déposé des cocktails de bienvenue sur le quai, c’était la même.

Tout se passe comme vous pouvez l’imaginer : Bond et Lady 007 avancent dans la base de Constant, exécutant discrètement des gardes sur leur passage, jusqu’à arriver à la fabrique de virus du professeur Kokov, où ils capturent aussi bien ledit Kokov qu’ils posent des explosifs pour faire sauter tout cela plus tard.

Hélas, voilà qu’une voix se fait entendre sur les hauts-parleurs :

— James Bond, vous êtes ici ? Laissez Kokov tranquille et rejoignez-moi. Nous devons parler. J’ai la petite Jasmine avec moi. Et si vous ne venez pas tout de suite, j’ai une bonne et une mauvaise nouvelle pour elle. La bonne, c’est qu’elle n’aura plus de souci pour faire la sieste. La mauvaise, c’est que…
— Ça va, ça va, j’arrive.

Bond est grognon : il pensait être débarrassé de sa fille (qui n’est pas sa fille bien sûr, hohoho, ouiii Léa Seydoux, on te croit). Mais laissant Lady 007 et le professeur Kokov dans l’usine à virus, il part tout de même pour l’étage supérieur où effectivement, Constant l’attend dans son immense bureau, avec quelques gardes armés et Jasmine près de lui, à qui il peut briser la nuque à tout moment.

À noter que Jasmine est l’enfant le plus sage du monde (ou alors elle a hérité de sa maman une certaine paresse dans le jeu), puisque qu’importe qu’elle soit dans une voiture sur laquelle on tire et entourée d’explosions, ou entre les mains d’un type tout moche qui veut clairement la tuer, elle ne pousse pas un gémissement. Ah, ça vous change de « Quand est-ce qu’on arrive ? » 60 fois par minute ou les inexplicables hurlements porcins des vôtres, hmm ? Bref. Laissons la parole à Constant.

— Monsieur Bond.
— Monsieur Constant. Permettez-moi de vous dire que vous avez une sale gueule.
— C’est-à-dire que le poison qui a tué toute ma famille et auquel j’ai survécu de justesse m’a un peu abîmé la peau. D’où mon masque au début du film.
— Ah oui c’est… pas de peau !
— …
— Hem. Broum broum. Désolé, c’est obligatoire dans ce film. Mais sinon, vous vouliez quelque chose ?
— Oui… vous dire que nous deux… nous sommes semblables.
— Non… nooooooooooooooon ! Vous n’allez pas me faire ce coup-là ! Le « Gnagnagna, toi et moi, nous sommes les mêmes » ?
— Ah ben euh… si. Si, j’avais même préparé un petit discours : tous les deux, nous sommes des tueurs, tous les deux, nous sommes là quand le destin du monde est en jeu, tous les deux, on veut pécho Léa Seyd… que… qu’est-ce que vous faites ?
— Je cherche comment on passe les dialogues. Échap ?
— Ooooh, petite langue de pute. Mais qu’importe, Monsieur Bond. Vous avez quelque chose qui m’appartient : vous menacez mon laboratoire de virus avec vos explosifs. Et moi, j’ai cet enfant. Désarmez les explosifs et je relâche l’enfant.
— Jamais !

James voulait bien sûr dire « Tu peux te garder l’enfant », tant il n’a pas envie de payer une pension, mais suite à un quiproquo, Constant pense qu’il veut simplement le buter, lui. Surtout quand James tire une arme de son slip, et abat les gardes armés. Malheureusement pour notre agent britannique, Constant et son otage s’enfuient par une mini-trappe.

C’est pas très classe, mais bon, ça fait l’affaire.

Sitôt arrivé à l’issue de son passage secret, Constant donne des instructions à ses hommes.

— Tuez Bond. Et préparez-vous : nous avons des acquéreurs pour le nanovirus. Ils arrivent bientôt en bateau. Alors nettoyez-moi tout ça rapidement.
— À vos ordres !
— Et… attendez. Est-ce que l’un d’entre vous a un prénom.
— Oui pourquoi, chef ?
— Autre que Jean-Jacques ?
— N… non ?
— Bon. Ben vous allez tous crever.

En effet, les gardes de base secrète, en plusieurs décennies de film, ont rarement réussi à tuer le moindre James Bond. Mais nous ne sommes pas au bout des puissantes décisions de Constant, puisqu’alors qu’il se replie vers un coin plus sûr en emmenant Jasmine avec lui, la gamine le mord.

— Aïeuh ! Eh bien pour la peine… JE TE RELÂCHE !

Mais ? Que ?

Voilà voilà. Ah, ça valait le coup de nous faire tout un passage avec une mini-trappe et Jasmine utilisée comme monnaie d’échange pour au final, la laisser se barrer comme ça, gratuitement. Mieux encore : Jasmine, en vadrouillant au hasard, retrouve James Bond sans problème (elle s’est sûrement téléportée à son dernier point de sauvegarde), et mieux encore, Léa Seydoux, qui elle-même avait fui le coin où on la retenait prisonnière, débarque au même moment dans la même pièce !

Laissez-moi prendre cette boîte à « ÇA ALORS ! » et leeeeentement la retourner.

James est heureux de constater que Constant, égal à lui-même, kidnappe des enfants, et puis en fait non, il les relâche.

Voilà.

Pendant ce temps, Lady 007 a commencé à se battre avec les gardes de la base. À un moment, elle en balance un dans le bac à nanomachines, et le pauvre commence à se dissoudre… ce qui fait fuir en hurlant tous les ouvriers qui travaillaient là. Non, pas à cause de l’arrivée impromptue d’un garde mort devant eux : ils fuient car ils viennent de découvrir qu’ils bossaient sur un truc mortel !

Mais vous pensiez que c’était quoi ? Du chocolat ?

Notez qu’avec les touillettes, je les comprends, c’est un peu confus.

Le professeur Kokov, lui, a le dialogue le plus crédible de l’histoire lorsque Lady 007 le traine vers un point d’évacuation.

— Non ! Ne me tuez pas Lady 007 ! Je peux vous aider ! Je peux vous aider à…
— À ?
— À… euh… éradiquer les noirs. Je hais les noirs. Hohoho, ce que je suis raciste !
— Bon ben, je te bute alors. Pan.
— Oh noooooooon !

Vous apprécierez la logique du mec qui pour s’en tirer, propose de dire « OOOH QUE JE SUIS RACISTE ! SAUVEZ-MOI MAIS SI VOUS ME SAUVEZ JE FERAI UN GÉNOCIDE CONTRE VOTRE PEUPLE ! ». Non, elle ne pouvait pas le tuer pour une autre raison. Il fallait forcément le passage où l’on découvre que les méchants sont des vilains racistes. Que c’est sub… sub…

Pardon, je baillais.

Je disais ? Ah, oui. Sur ces entrefaites, James Bond retrouve Lady 007.

— Ah, vous tombez bien, Lady 007 ! Vous allez escorter ma famille en sécurité ! Emmenez Léa Seydoux et Jasmine loin d’ici !
— D’accord, mais comment ?
— Ben je ne sais pas, par où ont fui tous les gens qui touillaient de la nanomachines dans la scène précédente ?
— Ils ont disparu dans un trou du script.
— Eh ben faites pareil !

Et en effet : les figurants civils ont tous disparu, et suite à un quiproquo, alors que Lady 007 retourne au quai où ils ont arrivés, non seulement un canot est apparu pile au bon endroit, mais le planeur a lui disparu. Il était sûrement submersible ET biodégradable.

Ne reste donc plus à James Bond qu’à faire sauter la base. Or, les explosifs posés dans l’usine à nanomachines ne suffisent pas. Il décroche donc sa radio.

— Allô, le MI6 ? Vous m’entendez ?
— On vous reçoit, Bond.
— Avez-vous un navire de guerre dans le coin ?
— Oui, le HMS Dragon. D’ailleurs, le Japon et la Russie n’aiment pas trop ça. L’île est contestée, je vous le rappelle. Nous sommes proches de la guerre !
— Oui enfin bon, visiblement, quand des navires d’acheteurs de nanovirus approchent l’île, là, bizarrement, ils contestent vachement moins la zone. D’ailleurs, où en sont-ils ces navires ?
— Eux aussi ont sombré dans un trou du script, Bond. Justement parce que c’était incohérent.
— Bon, ce film part vraiment dans tous les sens. Écoutez-moi, il va falloir bombarder la base secrète où je suis. Envoyer des missiles à l’intérieur pour réduire à néant toutes les installations. Pour ce faire, je vais ouvrir les énormes portes des silos au-dessus de la base. Vous n’aurez plus qu’à tirer dedans.
— Ah ben oui, c’est facile. Un tir aussi précis, de loin, sans personne pour le guider, ça va être top.

Bond se rend donc jusqu’à la salle des commandes de la base, tuant en chemin environ 1 200 gardes qui tentaient vainement de s’opposer à lui, et disposant de la même intelligence que les plantins de Golden Eye. Pas dans le film : sur Nintendo 64. Il croise le seul garde qui a un nom, Neuneuil, qui est là lui aussi, et le tue en faisant exploser son œil cybernétique grâce à sa montre magique (vous savez, celle qui détruit tout ce qui est électronique, sauf les nanomachines).

Attendez, je reprends du brandy. Voilà.

James peut donc ouvrir les portes blindées des silos de la base, puis courir se mettre à l’abri lorsque…

— Mais ? Qu’est-ce donc ? Les portes se referment ? Raaaah, mais c’est pas vrai ! Qui sabote mon boulot ? J’vous jure !

Bougon, James doit faire demi-tour alors que les missiles tirés par la Royal Navy sont déjà en route et pulvériseront tout dans neuf minutes. Mais alors qu’il traverse un certain jardin empoisonné… il se prend plusieurs balles, ce qui pique un peu.

— Comment ? Qui peut me blesser ? Seul un type avec un nom saurait…
— C’est moi ! CONSTANT ! Hohoho ! Alors comme ça, on voulait faire sauter ma base ? Mais avec les portes blindées fermées, vos missiles me feront juste glousser ! Hoho ! Hihi ! Bon, certes, j’ai perdu 99,9% de mon personnel et mes acheteurs savent que la base est repérée par des armées très officielles, mais je suis sûr que ça ne posera aucun problème pour la suite.

Triomphant, Constant s’approche de Bond qui grommèle en se tenant le bide, rempli de balles, tout en se roulant dans un bassin du jardin. Mais c’est là une grave erreur, car Bond a encore des ressources, lui saute dessus, lui marrave la face, puis s’empare de son arme pour le truffer de plomb à son tour.

— Et voilà ! Maintenant, tu peux faire un discours comme quoi nous avons un point commun de plus si tu veux, Constant !
— Nan… j’ai pu envie…
— On ne peut pas dire que tu sois très… constant ! Pfou huhuhu… aïe, merde, j’ai mal. Bon, bref, j’ai gagné !
— Que tu crois !

Et Constant de montrer qu’il a une fiole à la main. Brisée.

— Je viens de libérer des nanomachines. Conçues pour faire disparaître Léa Seydoux.
— Ah, tu m’intéresses !
— Non ! Non bordel je… écoute, elles tueront Léa Seydoux, mais étant programmées sur son ADN, elles tueront aussi tous les gens liées à Léa Seydoux… comme sa fille Jasmine ! Si jamais tu les revois… si jamais tu les touches… les caresses… elles mourront ! Ahaha, je te condamne à une vie de solitude ! Si tu vois c’que j’veux dire !

Un vigoureux mouvement du poignet conclut son propos. James Bond est un peu grognon, tant s’il doit supporter Léa Seydoux, mais sans pouvoir la toucher, c’est vraiment perdant-perdant. Aussi, alors que Constant finit par mourir, Bond se traine jusqu’à la salle de commandes, ré-ouvre les portes blindées de la base, puis appelle le MI6.

James se demande si on pourrait aussi l’infecter un virus l’empêchant de devoir supporter Kad Merad.

— Allô… ici James Bond…
— James ! Vous avez ré-ouvert les portes ? Filez !
— Non… je suis empoisonné… je ne pourrai plus jamais voir Léa Seydoux…
— Tu ferais tourner ton poison ?
— Raïe… arrêtez me faites pas marrer… p’tits bâtards… j’ai mal moi…
— Pardon.
— Bref, je suis foutu.
— Et si on vous mettait en quarantaine et qu’on cherchait une solution ? Après tout, les nanomachines ne vous tuent pas, vous, donc on aurait tout notre temps. Par exemple, vous pourriez vivre seul sur une île aux Caraïbes, soit exactement comme au début du film. Le temps qu’on trouve…
— J’AI DIT : HOLALA ! JE SUIS FOUTU ! Ahem… bon, bref, passez-moi Léa Seydoux.

Le MI6 pleure à chaudes larmes, alors que Bond, debout devant les portes ouvertes des silos sur le toit de la base, regarde les missiles qui approchent. Son sacrifice est naze, mais comme le film l’est aussi, ça va.

— Allô, Léa Seydoux ?
— James ! Non, ne meurs pas !
— Si je veux d’abord. Prends soin de toi… et de Jasmine.
— Je dois te dire… Jasmine… C’EST TA FILLE !
— C’est vraiment ce rebondissement de merde que tu veux me laisser comme dernière chose que j’entendr…

Badaboum, fait la base lorsque les missiles tombent dessus.

Tout le monde pleure, car James Bond a disparu dans une énorme explosion (de celles où on ne retrouve jamais le corps : je dis ça, je ne dis rien). C’en est donc terminé du plus célèbre agent du MI6, et ses collègues, de retour à Londres, se réunissent le temps d’une cérémonie aussi brève que discrète pour dire que Bond était vraiment un chic type, même s’il était un peu con.

Désormais, la nouvelle 007 sera donc Lady 007, puisque la licence James Bond 007 contenait visiblement deux mots de trop.

Ailleurs, en Italie, nous retrouvons Léa Seydoux qui discute avec sa fille en voiture.

— Voilà ma chérie. C’est bientôt la fin du film.
— Maman, je peux te dire quelque chose ?
— Bien sûr ma chérie.
— Donc on a passé le film à dire que le virus ciblait un ADN précis.
— Euh… oui.
— Mais qu’en fait il tuait aussi les gens de la même famille. Comme par exemple, le virus pouvant te tuer toi qui pouvait me tuer moi. Ou une brève scène où l’on a vu des membres des familles de Spectre mourir en touchant le corps de leurs proches à leur enterrement. Confirmant que le virus tue tout ce qui a un ADN plus ou moins proche, en fait.
— Ahem euh… oui. Tu es sûre que tu ne veux pas plutôt regarder un épisode de Trotro ?
— Nan, c’est plus compliqué que ce film. Alors voilà, je me disais, cela signifie donc qu’il y a dans la nature plein de gens contaminés par des nanomachines qui peuvent tuer des gens au hasard, pour peu qu’ils aient un lien de parenté avec un membre de Spectre ? C’est pas un peu dangereux ? Vous devriez pas vous en soucier ? Je veux dire….
— REGARDE TROTRO BORDEL DE MERDE ! Rah, c’est étonnant quand même que tu penses à cela alors que bon, ton père James n’était pas vraiment…

Brièvement, Léa Seydoux repense à cette nuit torride où elle avait fauté avec le caporal Roudoudou, environ 9 mois avant la naissance de Jasmine. Et si…

Non. Elle préfère ne pas y penser et sourit à sa fille.

— Ma chérie, laisse-moi te raconter l’histoire d’un homme qui s’appelait Bond. James Bond.

La caméra s’éloigne et…

… FIN !

Eh bé. 2h45 pour ça.

Bon, d’accord : en fait il y avait bien une version de l’affiche avec des flammes, des étincelles et des débris. Ça vous étonne, hein ?

Pour la petite anecdote, le premier réalisateur à avoir bossé sur ce film a fini par le fuir en blâmant le script.

Je me demande bien pourquoi.

83 réponses à “Pourrir peut attendre

  1. Le pire, c’est de voir James Bond mourir avec un doudou lapin coincé dans les bretelles ! Puis à la fin, M rester en place après avoir autorisé un laboratoire virologique en plein coeur de Londres.

    • C’est franchement pas sympa d’emporter dans sa tombe le doudou de son enfant, quel père indigne !
      Mais le lapin, c’est la caution « développement du rable » de ce film.

  2. « faisant exploser son œil cybernétique grâce à sa montre magique (vous savez, celle qui détruit tout ce qui est électronique, sauf les nanomachines). « … et sauf l’oreillette que porte à ce moment-là James Boude, faut dire qu’il aurait bien été emmerdé pour communiquer avec le MI6, le pov pitchounet.

  3. « Qui comme tous les laboratoires de recherches bactériologiques ou de trucs dangereux, est installé en pleine zone à forte densité de population, merci »
    Oui, comme si on installait un laboratoire P4 en plein centre de Wuhan… Heu… Wait…

    • Pas la peine d’aller si loin pour ça !
      A Lyon dans le 7e arrondissement vous avez le labo p4 jean Mérieux !

    • Le lapin est encore celui qui joue le mieux…si un physicien pouvait m’expliquer comment un adulte en combinaison de combat ne casse pas la couche de glace qui vient de céder sous le poids d’une gamine,j’en serai ravi.
      Sinon,comme remède au nanochoses,il suffise cloner un steak assez gros avec le bon ADN et c’est bon…

      • J’ai toujours pas compris si c’était plutôt nanotechnologies que virus ou plutôt virus que nanotechnologies. C’est une super bonne idée, le steak, mais si les machins sont capable de se répliquer c’est cuit.
        D’ailleurs, s’il y a des contaminations en chaîne rien qu’en se touchant furtivement, c’est qu’il n’y a probablement pas de dilution de la « charge infectieuse » d’un maillon à l’autre de la chaîne de contamination. Donc il y aurait réplication, et impossible de balancer tout le barda dans la barbaque.
        Ah la la, ces trucs de films qui nous laissent scientifiquement sur notre faim…

  4. Très honnêtement, j’ai délaissé les James Bond à cause de Daniel Craig… Autant il était très bon en sergent anglais version 1916 dans « The Trench », ou il jouait le vrai sergent anglais, autant il joue toujours le sergent anglais dans les Bond… en fait, non… Daniel Craig fait du Daniel Craig… autant que Matt Damon sait faire du Matt Damon…^^ B’in je vois que si l’acteur me m’a pas plu, les scénarii sont dans la même veine… Je resterais un amateur des anciens Bond, pas de ces derniers ci… J’ai pourtant regarder les deux premiers avec cet acteur, mais définitivement, j’ai un peu de mal… Surtout quand on te broie les « choses de la vie » sur une chaise sans assise, et que bizarrement, tu es en mesure de te reproduire après…^^ Bon, on va dire, les scénaristes n’avaient pas relu les sénarii précédent non plus….^^

    • On dit « scénarios » (en français) ou « *scenari* » (en italien, donc en italique). Mais « scénarii », c’est un immonde barbarisme qu’il faut purger au napalm. Cordialement, votre emmerdeur local.

  5. J’attendais ce spoiler avant de le voir. J’ai bien ri, mais j’avoue être très choquée par certaines scènes décrites. Y’a vraiment le méchant qui dit « je vais vous aider, je suis raciste, je veux tuer des noirs, hahah je suis trop méchant » et la miss noir le tue?
    Sinon, en fait, de ce que j’ai compris, le film entier est un pamphlet anti james bond (cf. homme blanc de + de 50 ans), ou ce dernier passe pour un gland à chaque scène et ceci, en empirant durant tout le film? Le but étant de le remplacer par une jeune noire trop cool qui a toujours raison?

    • Alors oui cette scène est surréaliste. Le savant qui a un accent Russe ne semblait pas assez méchant pour mourir de la main de la nouvelle 007 qui ne tue personne, donc il déclare qu’il peut faire de grandes choses pour elle et notamment programmer le virus pour éradiquer les gens de sa race. Du coup 007 peut le tuer sans sourciller. C’était lunaire.
      J’étais d’ailleurs étonné que le coup du virus qui ciblait l’adn n’ait pas été exploité par un méchant raciste. Juste par un amoureux revanchard.

      Le film entier est la suite logique de la déconstruction du mythe Bond entamé avec Craig notamment depuis Skyfall. Bond est has been, usé, alcoolique, jugé constamment, fragile, Bond ne poursuit pas les méchants mais ce sont les méchants qui le traquent et toute scène pouvant être supposée machiste se doit d’avoir une connotation morale négative. Mais a côté de ça le film met en avant (pour 15 minutes seulement) Paloma, une James Bond Girl hypersexualisée (j’adore sa robe), mais au contraire des autres, elle ne se fait pas capturer et ne couche pas avec lui. C’est le moment le plus sympa du film, finalement le plus old school.

      On a l’obligatoire plan séquence et le générique pénible, mais les poursuites sont par exemple bâclées vu qu’il suffit d’une mini touchette pour éliminer ses adversaires. Les plans dans la forêt en Norvège auraient pu être bons mais liés à un scénario bidon ça donne rien. On voit clairement que Craig en a plein le dos, le spectateur aussi.

      • En somme le nouveau James Bond (le film) a encore moins de cohérence qu’une cinématique de Wing Commander IV (y compris la cohérence encore plus faible accordée à la tactique des « bombes génétiques »).

        Et donc la nouvelle 007 « je ne suis pas une tueuse » (heu oui mais alors qui a pu sérieusement t’auditionner pour le poste ?) a encore moins d’épaisseur qu’une Kilrathie…

        Bon au moins c’est cohérent xd.

    • Pour le coup, l’OC n’exagère même pas, c’est exactement ce qu’il se passe. Ce personnage est un scientifique trouillard, et il est très vite lassant. On ne sait jamais sur quel pied danser avec lui, mais son ultime déclaration raciste sort vraiment de nulle part, ça en est consternant. Il est assez encombrant, puisqu’il connait les vilains secrets du méchant et il a un accent russe assez lourd, mais comme il est loin d’être le plus impressionnant des antagonistes (c’est vraiment le cliché du scientifique hyper mal à l’aise une fois sorti de son labo), ça donne l’impression qu’ils ne savent pas quoi en faire.
      La nouvelle 007 devient transparente une fois que Bond fait officiellement partie de l’opération finale (après la réunion dans le bureau de M où elle cède son matricule), c’est donc l’occasion de la remettre un peu sur le devant de la scène et de lui donner une sorte de légitimité.
      A noter que Bond ne couche avec personne (à part Léa S.).

  6. Je ne regardé plus les James Bond depuis longtemps… Autant les « vieux » me plaisaient par leur côté super kitsch assumé, autant les nouveaux… Bof. Vraiment bof. Et ce spoiler ne fait que renforcer mes convictions, donc merci cher Odieux de vous infliger ce supplice pour nous.

  7. Alors pleins de trucs me font rire, mais il y’a une incohérence qui n’en est pas une : le labo en plein centre-ville.

    Vous seriez surpris du nombre de labo abritant des saloperies dangereuses qu’on trouve dans des grands centres de population. On trouve par exemple le labo P4 de Wuhan, ou le P4 Jean Mérieux du CERVI qui se trouve au milieu de la métropole de Lyon ou les P4 militaires dans l’Essonne, ou encore le labo en virologie de l’Hôpital Béguin à coté de Paris, le CDC à Atlanta aux US, y’en a un à Berlin aussi et un à…. Londres hé oui. y’a réellement un labo abritant certains des pathogènes les plus dangereux du monde à Londres.

    C’est une décision qui est plutôt logique : être à coté des centres de populations ça garantit un accès rapide et facile aux ressources énergétiques et moyens de communications (alors qu’installer un labo au milieu de la creuse, va falloir en tirer du km de câbles et de fibre pour faire fonctionner le machin correctement)

    Alors oui, contrairement aux idées reçues, la plupart du temps les labo les plus secret et inquiétants du monde se trouvent en plein coeur des villes (ou juste à coté) et pas au milieu des espaces déserts de la cambrousse.

  8. Cher Odieux, encore merci pour cette critique.
    J’en profite pour rajouter 2 choses qui m’ont bien fait rire :
    – La scène d’intro dans la neige, le suspens est immédiatement détruit puisque Maman Villageoise appelle sa fille Léa Seydoux, donc on sait qu’elle va survivre et que le méchant va la sauver (alors qu’elle l’aurait appelée « ma puce » et c’était bon).
    – Quand on révèle que le méchant à un prénom assez improbable à écrire mais à l’oral sa donne « Lucifer »… A ce compte-là c’est -presque- aussi subtile que Biouman

  9. Mais ? Un virus qui tue selon l’ADN ?
    C’est dans Metal Gear Solid ça, et qui date de 1998 !
    Que d’innovation dans ce nouveau Bond !

  10. Pour me faire l’avocat du diable : le script précise que la montre ne détruit que les machins avec des réseaux cablés, et donc pas les nanomachines.
    En gros, ils se sont rendus compte de la connerie du machin et ont rajouté cette précision pour contourner le problème du script. C’est gros, très gros, énorme. Contre-Kems !

    • Le film précise aussi qu’il s’agit de nanomachines biologiques, elles ne sont donc nullement mécanique et ne seront pas affectées par une IEM.

      • En fait, vous êtes en train de dire que l’angleterre a découvert l’immortalité (nanomachines biologiques présentes dans un corps humain pour la vie et même après la mort) dans le but de tuer ?

        Encore plus con que ce que je ne pensais !

  11. Enfin, j’attendais ce billet avec impatience !

    J’espère que vos neurones ont pas trop souffert, monsieur connard.

  12. Aaaaah ben merci pour ce looooong article. Dites le soldat Roudoudou aurait il un lien de parenté avec Roudou le loup garou d’Andy et Gina ? (Bd de l’excellent Relom)

  13. Dans tout ce qui a été dit ça nous ramène à la manière de faire de tous les james bond…….Ça n’aurait pas été un film 007 s’il n’y avait pas tous ces trucs signalés,,,,

  14. Oui, concernant les labos P4, pour écrire ses lignes à moins de 500m de celui de Lyon, ça n’est pas vraiment choquant.

    Je note que vous n’avez pas relevé une scène très subtile (ou pas) quand à la paternité de Bond.
    Lors de l’intro, alors que James fourre Léa dans le TER (enfin, vous voyez ce que je veux dire) et lui annonce que c’est fini, cette dernière vient poser la main très discrètement (ou pas) sur son ventre, et on comprend facilement que ce n’est pas à cause des lasagnes de la veille.

    Du coup, toute l’histoire sur la James Bond Daughter n’a pour moi pas été hyper intéressante, car trop facilement devinable dès le début du film.
    Pour l’anecdote, j’ai fait part de cette théorie à Madame pendant le générique, qui était plutôt sceptique, jusqu’à l’arrivée à l’écran de gros brins d’ADN…

    Bref, merci pour ces bonnes tranches de rire en tout cas !

  15. Pourtant, je suis allé voir d’une, et ma dernière heure m’a semblé longue.
    Alors que là, j’ai posé mon cerveau sur les genoux et j’ai avalé le déroulé sans lassitude… Le fait que mon cortex ne soit jamais sollicité m’a fait perdre la notion du temps.
    Pourtant, tout semble indiquer que D’une était mieux fichu.
    Maaais, un nouvel étron plus-que-stellaires’est imposé: Red Notice. On touche jamais le fond… Mais on en reste proche en permanence.

  16. Je note avec amusement les étiquettes : »con, daube, mauvais ».
    Il faudrait tout de même penser à ajouter « rabouin »

  17. Merci cher Odieux pour vous être infligé ce que je comptais bien m’épargner.
    Ceci-cit, aucune surprise, on était prévenu depuis longtemps qu’il allait s’agir d’un pamphlet anti-homme-blanc-cis-genre, lequel avait pour finalité de remplacer (sic) ledit symbole viril néo-colonialiste par un personnage riche de sa mélanine et de sa féminité.
    D’ailleurs la sinistrose des opus précédents nous y avaient préparé et avaient déjà enterré cette licence en trahissant son but originel (le divertissement).
    On avait donc visiblement ici la double ambition d’écrire un pamphlet et de produire un script de long métrage de qualité. Ce sont deux choses différentes et il est rare que l’on conjugue les qualités nécessaires aux deux. On s’est visiblement montré optimiste sur ses propres qualités.
    J’ajouterais que, concernant les succédanées d’idéologies progressistes qui tâchent péniblement d’agiter notre Occident lassé, produire quoi que ce soit de qualité relève de la gageure.

    P.S.: étant moi-même un représentant de l’abomination blanchâtre à éliminer, on comprendra que je ne me présente pas en public pour admirer cette oeuvre. Et que je ne lâche pas un kopeck pour l’encourager.

    • Ça m’irait bien, à moi, des films de qualité avec une héroïne intelligente, courageuse, et qui a une peau brune (ou autre).

      Ce que je trouve stupide, c’est de propulser un personnage qui n’a vraiment rien à voir en remplacement d’un autre personnage autour duquel toute une licence a été bâtie sur mesure. Il aurait tout de même été plus intéressant et respectueux pour les 2 de créer un univers personnalisé à la nouvelle venue au lieu de la laisser se dépatouiller dans les chaussures d’un autre.

      Mais bon, un James Bond blond, ça me dérangeait déjà beaucoup par rapport aux précédents, je suis un peu psychorigide. Vers 10 ans, après avoir lu le hobbit avec grand plaisir, j’ai reposé le Seigneur des Anneaux dès les premières pages car Bilbo Baggins s’appelait Bilbon Sacquet et c’était tout à fait intolérable. J’ai grandi, depuis, mais pas encore assez manifestement :)

      • Tiens, Baggins devenu Sacquet ça m’avait fait le même effet, mais pas au point de reposer le livre, tout de même. Les films si, par contre, surtout les Hobbits.
        Pour la blondeur de Daniel Craig, je dois dire que ça m’avait surpris. Je ne déteste pas l’acteur, mais ce n’est pas un héritier crédible de Sean Connery à mes yeux. Maintenant, ça n’avait pas tué la licence, alors que là…

        Pour trouver des héroïnes intelligentes, courageuses et à la peau brune, je me permets de suggérer de changer de fournisseur (ainsi que de continent et de civilisation). Tout le monde ne peut pas apprécier le cinéma indien, mais « Padmavaat » ou « Bajirao Mastani » sont tout à fait regardables pour des Occidentaux. Ils sont visibles en streaming gratuitement et c’est d’une autre qualité, y compris pour le script.

      • Heureusement, j’ai repris le livre quelques mois plus tard :)
        Merci beaucoup pour la suggestion de cinéma indien, j’essaierai.

  18. Constant, Constant … il avait pas un nom de famille à consonnance germanique et un chateau hanté dans les montagnes grises ??

    Merci pour ce spoil, bonne continuation.

  19. Merci infiniment pour cet excellent moment !
    J’ai vu le film et je retrouve toutes ces interrogations dans votre billet

  20. J’attendais pas grand chose de ce dernier opus de Craig (du coup ca fait de Spectre une bien meilleure conclusion. C’est dire…) mais au moment ou est tombé le mot « nanomachines » j’ai eu une réaction physique: (non pas celle la!) ma tête s’est penchée en avant, mes yeux se sont fermes, mes doigts ont pincés le haut de mon nez et j’ai eu un gros souffle qui s’est échappé de ma bouche.
    Je crois que c’est les symptômes du « nanard techno/scientifique des années 90/2000 ».

  21. Donc si je comprends bien, ça réussit l’exploit d’être encore plus chiant que Skyfall ??? Eh ben… Merci cher OC de vous l’être infligé pour que nous puissions nous l’épargner. A ce stade, c’est de l’abnégation

  22. The Frenchies need to intellectualize everything… this is just entertainment… that’s why I left you 30 years ago, cloportes….

    • It’s better than not to think at all.
      May I ask a question ? What are you doing on a blog that is known to point out self incoherences in movies ?
      And, why couldn’t we ask for good movie’s scripts, even if it’s for entertainment ? Going to the cinema doesn’t necessarily mean becoming totaly dumb for 2 hours.

    • I wonder who are the worst…the « cloportes », or people who take the pain of going on a blog they clearly don’t like, just for despising them, leaving no consistent thought behind ?

      • « Michelle, ma belle
        nous fait profiter de ses selles »

        Jolie tournure ! En même temps si elle pouvait se contenter de trouver la porte des toilettes et d’y disparaître…

        Comme l’a écrit un grand philosophe de mon lycée (ça date !), « même les chats font ça dans des bacs… »

      • Michelle est peut être sellière. Et Jacky son cheval tuné à mors parce qu’elle trouve sabot.

    • Personne n’intellectualise quoi que ce soit ici, on s’amuse juste d’un film. Si vous avez ce genre d’impression c’est que vous avez peut être oublié votre cervelle derrière vous lorsque vous êtes partie il y a trente ans.

      • Michelle est surtout un troll, faire exprès d’écrire en anglais pour faire illusion mais ne pas savoir traduire « (wood)louse » ce n’est guère crédible :)

  23. En fait, après relecture, j’adore le fait que si le MI8 n’était pas allé chercher Bond dans sa retraite dorée juste pour le plaisir de lui donner l’impression de se faire mettre au placard, une bonne partie de leurs problèmes dans ce film auraient pu être évités.

    Plus, griller l’identité de la nouvelle 007, juste devant celui qui aurait pu avoir envie d’en tirer vengeance et de devenir par exemple un nouveau méchant dans la suite, très intelligent xd.

  24. James Bond sera toujours un homme dans les prochains films puisqu’il est écrit à la fin du générique (de fin) que « James Bond va revenir. »

  25. Vous êtes tous des guignols, les james bond c est les meilleurs films et Daniel Craig et excellent acteur dedans .je sent 1 petite pointe de jalousie, sais normal vous avez pas son salaire et n avais pas son talent. Critiquer c est facile assi sur sa petite chaise derrière son Pc il faut bouger son c.l pour faire son salaire

    • Ça ne prend pas, les fautes ne sont pas assez naturelles, on sent que vous les avez travaillées uniquement pour le rôle.
      Faudrait ouvrir une école des trolls, ça aurait peut-être du succès sur parcoursup.

    • C’est toi le guignol mec..t’essaies de défendre l’indéfendable, c’est une merde ce volet ,c’est comme ça…on a tous aimé James, l’acteur creg qui bien évidemment insufflé un nouveau souffle mais vraiment celui à été de trop…la faute aux producteurs certainement trop influencé par la li de l’humanité qui a été racistes systématiquement à la simple annonce d’un bond noir…depuis lors cela a tellement perturbé leurs projets qu’ils se sont retrouvé à resoliciter Greg alors qu’il était évident que spectre étais le dernier le concernant…exit les autres homme en lice, tellement ça veux contenté trop de monde…ils aurais dus s’imposer en une suite concrète, habituel, ingrédients habituel..est venus se greffé l’hystérie de féminisation généralisé comme si il étais judicieux de tous féminisé jusqu’au personnage emblématique de la fiction..bref le comble a été de tué bond carrément à la fin…jamais on avais situé le personnage, étais til une continuité de relève de numéro 007 ? Un redepart permanent dans la courbe du temps puisqu’il commence dans les années 50 à nos jours…et là d’un coup on stop sa vie plutôt qu’à enchaîné avec un autre acteur sans nous révélé les raisons ..on nous laisse du coup se tiraillé entres ceux qui défende et ceux déçus..

  26. Bon. Vilain plagiat de MGS sur PS1 sorti en 1998. Si les scénaristes avaient appelé le virus « Bond die », ç’aurait suscité l’hilarité générale auprès des fans du mercenaire légendaire🤣.

  27. Faire un article sur les incohérences d’un James Bond.
    Je relis ma phrase tellement elle semble suspendue dans l’irréalité de l’inconséquence.
    SANS DECONNER?

    et flatteurs d’applaudir…

    ça donne envie de finir comme Montherlant.

    • On applaudit pas, on se marre. C’est pas parce que c’est prévisible que c’est pas drôle :)
      J’espère sincèrement que vous préférerez rire un bon coup également, plutôt que de finir comme Montherlant.

      • La marrade comme applaudissement servile et flatteur. On se croirait à Quotidien. Même troupe de comiques qui se croient intelligents et percutants en listant … les incohérences d’un James Bond (et je ne parle même pas de l’article précédent sur un film tellement mauvais qui doit avoir la pire note de toute l’histoire: des idiots frappant un handicapé est la seule comparaison me venant à l’esprit c’est dire). Beurk.

      • La marrade parce qu’on trouve les incohérences amusantes, il n’y a pas à chercher plus loin :)
        Les films ne sont pas des personnes handicapées, pour ça il faudrait commencer par être une personne.

      • Alors je pense qu’on pointe le sublime de la cancrerie, l’apothéose de l’inconséquence de raclure de bidet. Merci de signaler que les films ne sont pas des personnes, franchement on a besoin de vos talents. Envoyez votre CV au maître des lieux comme il se nomme. Ainsi quand Einstein déclare:
        La vie, c’est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l’équilibre.
        Meve retoque le glandu en lui faisant remarquer que  » la vie n’est pas un objet » donc sa phrase ne veut rien dire. haha!
        Puis s’en va se marrer sur une connerie quelconque d’un blog daubé fier de retrouver des camarades de jeu avec qui partager des rires telle la greluche allant à sa réunion tuperware de merde.
        Mais Bordel, une incohérence est marrante quand elle est non voulue. Quand elle met à mal son auteur, quand elle détectée puis mise en scène finement par un décrypteur. Y’a quoi de marrant à trouver des incohérences dans James Bond? c’est le principe du film ducon, de tous les Bond.
        Même Roberte l’épicière de Pouilly le Vieux elle les voit les incohérences dans un James Bond. Elle a le bon goût de pas se vautrer autosatisfaite sur un blog.

      • Et bien navrée que ça ne vous fasse pas rire, c’est bien dommage, c’est meilleur pour la santé que de se morfondre et râler.
        De mon côté, les incohérences des films, c’est comme les incohérences de votre discours : ça me fait bien marrer. J’aime l’humour absurde, qu’il soit voulu ou non.
        J’espère que vous parviendrez à en faire autant et trouver un peu de légèreté, afin d’éviter l’ulcère où la fin de vie à la Montherlant. Je vous souhaite donc pour 2022 de franches rigolades en bonne compagnie.

      • Que d’élégance dans votre réponse Meve, répondre aux sinistres attaques avec tant de flegme et d’humour je crois qu’on tient là le James Bond des commentaires…

      • C’est surtout que Boulga me fait de la peine. Tant de hargne pour si peu, c’est que soit il (elle) ne va vraiment pas bien (et je n’ai pas envie d’une fin à la Montherlant), soit c’est du troll mais il faut beaucoup s’ennuyer dans sa vie pour en arriver à ce point.
        Troller, ça peut être très rigolo quand ça devient un jeu de rhétorique et d’argumentation. Dans le cas des messages de Boulga, c’est agressif sans être malin ni (volontairement) amusant, alors quel intérêt y trouve-t-il (elle) ?
        Je suis donc parfaitement sincère, quand je lui souhaite beaucoup de rigolades en bonne compagnie :)

  28. Et sinon, on parle de LA plus grosse incohérence de ce film: son titre.
    Et t’as meme pas besoin de voir le film pour t’en rendre compte (les médias parlaient déjà du « dernier » James Bond, et même lavande annonce le mentionne.)
    No time to die…. quand le personnage VA justement mourrir.
    Tant de connerie, c’est beau!!!!

  29. « vous vous la mettez dans le cul »

    « Comme il n’avait pas d’autre cachette, il se l’est mise dans l’cul. Fallait avoir du courage pour le faire, se la mettre dans l’cul ! »

    • « Pulp Fiction » ! Ce film quelle claque…et je préfère 100 fois le revoir qu’une nième suite actuelle…

  30. Ça n’étonne que moi que la scène de démonstration des nanorobots avec le microscope, les nanobots s’attaquent aux globules rouges qui n’ont justement pas d’ADN…

  31. effectivement très ringard, *une* 007 et *noire* ! à notre époque il eût fallu *iel* *asiatique* et *trans* ! peut-être est-ce pour la prochaine vu que tous les anciens sont mortus comme ce pauvre Félix.

  32. et puis le James aurait pu aller se planquer à Cuba et s’y reproduire avec Paloma –enfin moi je l’aurai choisi plutôt que l’autre trop grassouillette à mon goût délicat, en plus la cubaine vieillit bien mieux.

  33. A noter que les « nanomachines », ce n’est pas nécessairement électronique. Cependant, connaissant un peu le genre de film, je suppose qu’elles sont représentées comme des mini-robots avec même des trucs lumineux dessus, non ? Je me demande aussi ce qui les qualifie pour être appelées « virus », ça me parait bien flou tout ça…
    Toujours dans la même veine: Pourquoi le pauvre gars qui tombe dans la fosse à nanomachines fond ? Elles sont pas supposées cibler un certain ADN ? C’est expliqué dans le film ?

  34. La fabrication des nanomachines devait en être au stade de détartrage dans de l’acide fluorique.
    Ou p’t’être qu’il ne savait juste pas nager ?

  35. ça schlingue un tantinet me too et balance ton porc , leur truc !
    et la parité , la diversité …..je vois planer les ombres de Valérie , Anne , Sibeth , Kamala , Marlène , Barbara , Sé…. ( non ! là , c’est trop ! Saint George : help ! ) et tant d’autres ! pro de l’hypocrisie et de la langue de bois comme leurs homologues masculins , avec parfois un côté popotte-gnangnan qui me file des plaques d’urticaire .
    la politique c’est comme le cinéma : du toc ! sauf que le second est plus marrant , en principe ! quoique ….
    James Bond , blond ou brun ( on s’en fiche ) pisse debout , b***** !
    les traditions se perdent . y aura plus de James Bond , snif .
    ( m’en fous j’aime pas particulièrement )
    mais des navets , ça , y en aura !. et en grand nombre .
    ps : sur l’une des photos de l’article de O Dieu , Bond ressemble à Poutine .
    c’est pas par hasard qu’ils l’ont tué …..

    • là dessus , je vais refermer la fenêtre ( il paraît qu’il faut aérer en période de covid histoire de chasser les vilains virus et puis de toutes façons c’est vivifiant . )
      je claque du bec , une heure c’est suffisant , j’ai vu tomber les jolis flocons et la saleuse vient de passer , gyrophares en folie .
      à moi doliprane !
      c’était ma rubrique météo-pandémiesque .

      • De la neige ! quelle chance ! Ici c’est brouillard, pluie, nuages bas et timide soleil, depuis 2 semaines, un vrai temps à reprendre Stalingrad à l’armée allemande…

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