Comic sin

« Pour chaque chose, il en existe une version discount. »

Ainsi parlait Jésus un jour que ses apôtres ne prenaient pas de notes (c’était un vendredi avant les vacances et Judas était très dissipé). Un enseignement qui s’il a échappé aux évangiles, est malgré tout parvenu jusqu’à nous sous la forme d’une réalité qu’il est difficile de nier : le Coca Cola a son River Cola, les Princes ont leur version Lidl, Adolf a Benito.

Mais ce principe est aussi vrai pour le cinéma. Ainsi, alors que votre serviteur voulait visualiser Dune et pestait contre les horaires des séances incompatibles avec son emploi du temps, un être mystérieux se matérialisa devant lui. En voyant sa peau rouge, des cornes noires et sa queue fourchue, tout de suite, il le reconnut :

— Vous êtes… vous êtes le mec qui finance l’art contemporain en France !
— Héhéhé oui c’est m… attendez, comment vous savez ça, vous ? Je… bon, écoute, je suis le diable ! Et je suis venu te faire une offre !
— Alors déjà on ne se tutoie pas, on n’a pas torturé les stagiaires ensemble. Et ensuite, quelle est cette offre ?
— Tu veux un film de science-fiction ? Hmmm ? Un film avec de grosses têtes d’affiches ? Qui parle d’espace, de colonisation et de mystères ?
— Ma foi, oui, mais Dune n’est pas disponible à…
— Ne t’inquiète pas ! J’ai un équivalent. Tu ne verras pas la différence !

Et entre ses doigts griffus apparut un exemplaire de Cosmic Sin, un film de science-fiction avec Bruce Willis sorti cette année et dans lequel notre héros doit encore sauver l’humanité. Un film que nombre d’entre vous avaient réclamé en spammant honteusement mes canaux de communication. Je me saisissais donc de la bête, et au moment où je le fis, le diable disparut dans un nuage de fumée carmin.

Je sentais que le démon venait de me rouler. Mais à quel point ?

Spoilons, mes bons !


L’affiche : des explosions ! Des débris ! Du lens flare ! Des gros durs ! Que demander de plus ?

Nous sommes en 2524.

Et la Terre, d’humeur taquine, ayant profité de ces quelques siècles pour coloniser le cosmos, nous voici dans la minuscule base d’une compagnie minière privée installée sur une planète isolée. Tellement isolée qu’on n’y trouve que deux employés, Bob et Bobette, plus occupés à se rouler des galoches et à penser forage de son prochain qu’à celui de la planète.

Bien. Cela fait vingt secondes que le film a commencé, et nous voici déjà devant le célèbre cliché du couple qui se tripote dans un endroit isolé. Généralement, c’est toujours à ce moment-là que débarque le monstre local. Et ça tombe bien parce que…

« AGROUGROUM ! » fait une voix portée par le vent du soir.

— Bob ? Tu as entendu ?
— Non ?
— Je crois que quelque chose a fait « Agrougroum » dehors !
— Allons ! Nous ne sommes que deux sur cette planète ! Et dans un film de 2021 ! Avec Bruce Willis, donc avec quelques millions de dollars de budget quand même ! Personne n’oserait commencer le film avec un cliché c…
— AGROUGROUM !
— Re-Bob ! Tu as re-entendu ?
— Ne t’inquiète pas Bobette. Je suis l’officier responsable de la sécurité, c’est noté sur mon badge.
— En même temps, on n’est que deux.
— Oh, hé ! Hein ! Et alors ? C’est un titre ! Deux ou pas, c’est pareil, j’te f’rais dire ! Bon, je vais te prouver qu’on est seuls sur cette planète. Par exemple, en prenant mon fusil… mgnnn… comme ça… et en tirant au hasard dans la nuit, et à hauteur d’homme ! Hop !

Et Bob s’exécute. Il tire dans la nuit de ce monde désertique en direction du bruit, et rien ne se passe.

— Tu as vu ? Rien.
— Certes, Bob, mais si c’était le patron venu nous rendre visite ?
— Ah oui merde. C’eut été ballot. Bon, de toute façon je…
— AGROUGROUM !
— Bob ! Il y a quelque chose pas loin !
— Raaah ! Bon. En tant que chef de la sécurité, je suggère que nous appliquions la procédure en cas de menace inconnue dans un mauvais film : nous sommes deux…
— Formons deux groupes de un.
— Voiiiilà. Toi tu restes là, moi je m’enfonce dans la nuit pour voir d’où ça vient, et ce, sans emmener de lampe, d’accord ?
— Formidab’, on fait comme ça.

Et Bob de partir tout seul dans le noir. Il disparait dans la nuit, tire quelques coups de feu (mais comme il tire au hasard quand ça lui chante, difficile de savoir s’il a vu un truc ou s’il fait ça pour rigoler), puis plus rien. Ce qui intrigue Bobette, qui décide d’attraper sa radio et d’appeler B… non ? Ah non, en fait elle n’appelle pas Bob pour savoir s’il va bien. Elle appelle ses chefs en orbite :

— Allô la base ? Je viens d’avoir un premier contact… avec des EXTRA-TERRESTRES !

D’accord.

Personnellement, j’ai une seule question : quand ? Non parce que j’ai bien regardé ces trois minutes de film, et ou bien j’ai loupé quelque chose, ou bien tu as juste entendu un bruit suspect et vu Bob partir faire l’andouille. Ce qui est assez peu. Surtout que quand bien même tu saurais qu’il lui est arrivé malheur, qu’est-ce qui te dit que ce ne serait pas, je ne sais pas moi… d’autres humains, là, dehors ? Mais notre héroïne ayant visiblement lu le script, elle sait qu’elle vient de rentrer en contact avec une autre civilisation. C’est comme ça.

Sur la radio, on lui répond donc : « Le premier contact est-il positif ou négatif ? »

Ma foi, si c’est comme mon premier contact avec ce film, je suggère un exterminatus au pied levé.

Laissons, et allons plutôt sur Terre, où nous découvrons que… ahem. Qu’en 2524, la Terre est encore pleine de véhicules thermiques qui klaxonnent sur les autoroutes, de bars avec des néons dégueulasses, et de gens habillés à la mode de 2020. Un peu comme si quelqu’un avait… disons oublié les décors ? Non ? Nooooon ?

Âmes charitables que vous êtes, vous me direz « Ne soyez pas de mauvaise foi, peut-être que le film n’a simplement pas eu les moyens. »

Sauf que si.

Car pour ceux soupçonnant un nanar au rabais, sachez que le film a eu un budget de 20 millions de dollars. Certes, ce n’est pas un blockbuster, mais pour votre information, c’est par exemple le prix de 3 épisodes de The Expanse, une série qui ne lésine pas sur les décors ou les effets spéciaux. Le problème n’est donc pas tant les moyens que leur utilisation. Comme par exemple, prendre Bruce Willis d’abord, penser au reste du film ensuite. Pour arriver à des résultats pareils, je suppose que dans un quelconque studio, quelqu’un a dit « Je veux produire le nouveau Interstellar« , mais que quelqu’un a entendu « Inter-Stella« . En résulte un film visiblement écrit entre deux bières.

Mais revenons à nos clichés.

Car au volant d’un pick-up dégueulasse, nous retrouvons le général Ryle (prononcez « Raël » en VF, ça ne s’invente pas) qui apprend l’incident. Il décroche sa radio d’urgence, et décide qu’il faut aussitôt aller chercher…

— Opérateur radio ? Allez me chercher James Ford.
— James Ford ! Vous n’y pensez pas général, il a raccroché ! Jamais il n’acceptera !
— Il le faut. Seul lui peut nous aider.
— Attendez patron, entre deux dialogues clichés, comment vous pouvez savoir que « seul lui peut nous aider » sachant que pour l’instant, on n’a aucune information sur ce qu’on a en face ? Pour savoir qu’un seul homme peut nous aider, c’est déjà qu’on doit avoir une idée très précise de notre besoin, non ?
— … Caporal Roudoudou, c’est vous ? Raccrochez s’il-vous-plait, vous êtes lourd.
— Maiiiiis !

Et en effet. Et parce que tout a été écrit par un enfant de 5 ans (19,990,000 dollars ont dû aller à Bruce Willis, le reste pour finir le tournage), nous avons le droit à une scène où nous retrouvons James Ford, alias Bruce Willis, qui boit un whisky tranquille dans un bar crasseux quand de jeunes gens viennent lui chercher des poux. Ééééévidemment, ça finit en bagarre, évidemment, Bruce Willis gère les margoulins sans problème en utilisant ses testicules de héros américain comme arme contondante, et puis finalement, l’armée débarque avec des gros fusils pour faire cesser les tirages de slips un peu secs qui ont lieu près du comptoir. Un officier s’avance.

— James Ford ? Général James Ford ?
— Oubliez-moi. J’ai raccroché.
— On a besoin de vous. Suivez-nous.
— Non.

Vous avez entendu ? Bien entendu ? « Non » ?

Mais hop ! Changement de scène, et pif pouf, James Ford est sur une base de l’armée. Attendez je… mais ? Quand est-ce qu’il a accepté ? Déjà qu’on manque de décors, il manquerait aussi des scènes ? Autant d’oublis, on dirait une déclaration de patrimoine de député.

Avez-vous déjà vu un film tellement peu inspiré que même les affiches promotionnelles sont piquées à d’autres films et vaguement retouchées ?

Cependant, revenons à notre fabuleux film.

Car en attendant que le général Ryle arrive sur la base, James Ford qui a été invité, donne déjà des conseils aux militaires présents.

— Vous savez, dans le doute à votre place, je préparerais une bombe Q. Une bombe quantique. On ne sait jamais.
— Ah, M’sieur Ford… vous connaissez bien ça, les bombes quantiques ! Hein, sale boucher ! Du temps où vous étiez dans l’armée, vous étiez le général qui a osé en larguer une sur une colonie pour en finir avec ses velléités d’indépendance !
— Vous savez ce que c’est, les colonies. On leur apporte la civilisation, et puis si on laisse faire, quelques siècles plus tard, ils boivent du thé, mangent des saucisses au petit-déjeuner et épousent Meghan Markle.
— Dit comme ça, c’est vrai qu’une bombe Q est méritée.
— Bref, préparez-en une.

Passons sur le jeu d’acteur lamentable et les dialogues honteux qui donnent presque l’impression de regarder un film français, et retenons simplement que l’armée mobilise une experte en bidules quantiques pour préparer la fameuse bombe (qui est juste un tube avec une boule qui brille au milieu, pour votre information). Experte qui par un incroyable hasard, et là encore, loin de tout cliché, s’avère être jeune et jolie. Quelle coïncidence !

Non, je n’utilisera pas ma boîte à « Ça alors ! » : elle a coûté plus cher que le scénario, je pense. Chhhut.

En attendant, voici que moins de trente minutes après le premier contact sur la planète isolée (c’est affiché en bas de l’écran), arrive déjà le vaisseau de la compagnie minière qui ramène les survivants. Dont Bob et Bobette. Alors ceeeertes, les survivants sont pâles, couverts de cloques, ont des veines noires qui marbrent leurs visages, des yeux étranges, un sourire diabolique et marchent comme des pantins mais…

Personne ne trouve ça suspect. P’têtre qu’ils ont juste de très grosses cernes ?

Vous trouvez ça complètement con ? Attendez, il y a mieux : une responsable de la base gueule parce qu’on veut les emmener en décontamination.

— Quoi, en décontamination ? Nous parlons ici d’un premier contact ! Quel rapport entre un contact avec des choses inconnues et la décontamination ? Je dois interroger ces gens ! Alors laissez-moi faire mon travail ! Je suis une spécialiste ! rouspète-t-elle.

Ah non mais oui. On sent la spécialiste. On lui envoie des gens qui ressemblent plus à des gothiques après une soirée champis qu’à des employés d’une compagnie minière, et qui viennent d’être en contact avec des trucs pas bien clairs, mais surtout, pas de quarantaine ! Je dois leur parler ! Et noooon, pas de l’autre côté d’un mur. Moi, j’aime le présentiel, le contact humain. Tout ça.

Je suis sûr que cette personne est le genre à poster des trucs sur « L’importance de l’humain » sur LinkedIn. Vous savez, ces gens qui insistent pour avoir toute leur équipe physiquement devant eux le lundi matin au motif que « Je ne peux pas faire ça à distance« , dans le seul but pervers de leur lire des diapositives Powerpoint durant deux heures en salle de réunion. Vous voyez de qui je parle.

En attendant, et vous ne vous y attendiez pas, les mineurs contaminés se mettent à pousser des cris bizarres, et sautent à la gorge d’un garde en lui crachant une sorte d’acide noir au visage. Vous l’aurez compris, les pauvres employés ont été transformés en… zombies. Que seules les balles dans la tête tuent, bien évidemment.

Aaaaaah. Des zombies. Mais quel bonheur ! Les mecs mettent un cadre intergalactique, peuvent créer n’importe quelle menace de leur choix, du caillou qui parle à l’être mi-homme mi-poney, mais noooooon. Ils vous collent l’ennemi le plus au rabais possible, le niveau zéro de l’inspiration : le zombie. Ça valait le coup de faire un film de SF pour ça, hein.

Après avoir longuement bavé, l’œil vide et la bouche ouverte, nos héros humains finissent par comprendre que « Ah, tiens, on dirait que les mineurs ne sont pas dans leur état normal, non ? ». C’est vrai : quand ils crachent de l’acide en tuant vos amis, on peut vaaaaguement commencer à soupçonner qu’ils ont peut-être un peu plus qu’un rhume. Quel sens de l’observation.

Et parce que les gentils n’ont pas envie de se faire croquer par des gens qu’ils ne connaissent même pas, nos courageux militaires quittent la salle où les zombies se trouvent et la verrouillent. Voilà qui devrait facilement régler la question ! Les zombies sont enfermés dans une unique pièce, sur une base en alerte bourrée de militaires qui les encerclent. Vous ne voyez pas comment l’armée pourrait perdre le contrôle ?

Eh bien la réalisation non plus.

Puisque soudain, on change encore de scène… et on retrouve James Ford courant dans les couloirs de la base alors que « Les zombies sont partout ! ». Hmmm. Sinon, une explication sur comment ils se sont échappés ? Non ? Non. Bon ben d’accord. Quant au général Ryle, lorsqu’il arrive enfin sur la base, c’est pour constater que certains de ses hommes sont blessés (on a donc le célèbre « Oui, j’ai été mordu mais ça va ! »). Il ordonne aussitôt la mise en quarantaine du bâtiment, saisit une arme, et s’en va plomber du mort-vivant dans les couloirs.

Bon, techniquement, ce ne sont pas vraiment des morts-vivants, mais des humains contaminés par une forme de vie extra-terrestre. Attention, c’est très différent. Par exemple parce que… qu’ils… je… ils…

Ils peuvent utiliser des armes. Voilà.

Entre deux clichés sur « J’ai été morduuuuuu ! Je ne veux pas devenir comme euuuux ! » qui ne manqueront pas de vous étonner par leur extraordinaire créativité, le film profite d’avoir des zombies armés pour nous gratifier de ces scènes de tirs où tout le monde s’arrose à un mètre l’un de l’autre, à découvert, sans jamais se toucher. Alors que si au lieu de Bruce Willis, ils avaient engagé Alec Baldwin, je peux vous dire q…

Que dis-tu Diego ? « Trop tôt » ? Bon, bon.

Ahem.

James Ford, donc, décide que c’est un peu lourd, de se rater à un mètre de distance avec des armes automatiques, aussi va-t-il chercher un lance-roquettes, qui là, touche sa cible et transforme en escarbilles les zombies qui n’en demandaient pas tant. C’est un peu coquin, mais James Ford est comme ça. Joueur.

Vient donc le temps de compter les morts : 53. Hihihi, zut. Si on avait pu se douter que ces morts-vivants étaient dangereux quand ils sont arrivés en grognant et en boitant sur la base !

La spécialiste qui insistait pour ne pas les envoyer en quarantaine, et qui répond au nom de Docteur Goss, a hélas survécu à l’affaire. L’occasion de découvrir que… eh bien qu’elle qui insistait pour avoir un contact direct et un merveilleux dialogue, là, de suite, est en fait partisane depuis longtemps de « l’éradication de toute culture alien ». Ah ?! Mais ? Mais attendez, pourquoi ?

— Parce qu’il en va de la survie de l’humanité. C’est eux ou nous.

Eh ben. M’est avis qu’elle ne vote pas vraiment Anne Hidalgo. En attendant, le général Ryle approuve : ces rabouins de l’espace nous ont envoyé des zombies ? On va leur envoyer des bombes sur la truffe ! Bon, faudrait déjà trouver leur planète mais… euh… hein ! On va les éradiquer, ça va les calmer ! « La peine de mort, ça leur apprend à ne pas recommencer« , comme le disait la grande philosophe Britney Spears.

Le film, qui se surpasse parvient pourtant à se contredire dans la demi-seconde qui suit, puisque le Docteur Goss, oubliant tous ses dialogues précédents, s’exclame soudain :

— Mais attendez… peut-être que les extra-terrestres qui nous ont attaqués étaient des éléments radicaux ! Des êtres politiquement en désaccord avec leur peuple ? Ce serait criminel de bombarder des innocents !

Ah. Donc une seconde, elle est partisane de ratiboiser tout ce qu’elle croise sans poser de questions, la suivante, quand ce qu’elle croise l’attaque et tue 53 personnes, elle trouve que ça va, c’est pas si grave, on peut discuter quand même, on n’est pas des bêtes !

Notez que je rejoins son avis : imaginez qu’une civilisation extra-terrestre capte ce film. Voudriez-vous qu’elle vous mette dans le même sac que ses producteurs ? Moi non plus. Par contre, le sac en question, je propose de le larguer en rade de Brest.

Les dialogues étant finement ciselés, s’ensuit donc une discussion entre le général Ryle et James Ford.

— Ford, vous acceptez la mission ?
— Si vous me rendez mon honneur, mon grade et ma pension… tout ce que l’on m’a pris lorsque j’ai largué la bombe Q durant la guerre d’indépendance, alors que je ne faisais que suivre les ordres.

C’est très intéressant mais… j’ai une question. Juste une. Minuscule.

De quoi parle-t-on ?

Le dialoguiste a en effet oublié – le décorateur a oublié les décors, le costumier les costumes, alors pourquoi pas les dialogues maintenant – de préciser ce qu’était la mission proposée. Donner des conseils à Ryle ? Reprendre du commandement ? Diriger une mission sur place ?

On ne sait pas. C’est bête, comme oubli, de faire une conversation dont on ne mentionne pas le sujet. Surtout dans un film, puisque ça peut changer pas mal de choses, d’oublier pourquoi le personnage accepte de s’embarquer dans une galère. Prenez Taken, par exemple. Le pitch : la fille de Liam Neeson se fait kidnapper par un réseau de prostitution à Paris, aussi l’ami Liam va tenter de la retrouver. Maintenant, imaginons que les mecs aient oublié de mentionner que Liam Neeson est à Paris pour retrouver sa fille. En résulterait 1h30 de Liam Neeson qui court dans la capitale en tabassant des gens au hasard, avant de sourire lorsqu’enfin, il trouve une prostituée et la charge sur son épaule pour la ramener chez lui.

Ça donnerait, disons, un autre sens de lecture au film.

Le général Ryle, réalisant qu’il vient de promettre grade, pension et honneurs à James Ford, mais qu’il a oublié de préciser ce qu’il voulait en échange.

Revenons à 2524.

Et concentrons-nous 5 minutes, par exemple en ne remarquant pas que le logo de l’Alliance Terrestre sur le blason des soldats ressemble furieusement à celui du PSG. En lieu et place, voyons plutôt comment nos héros vont enfiler de grosses armures et forment un bataillon de… euh… sept personnes ?

Ah. C’est peu.

Sept personnes, donc, pour aller affronter une civilisation ennemie à la force inconnue. Hmmm. D’accord. Non mais je… enfin je… qu’est-ce que je regarde ? Expliquez-moi, car je ne comprends plus. En attendant, le plan du général Ryle est aussi simple que lui-même.

— On se rend sur Ellora, une planète qui n’a rien à voir avec celle où a eu lieu le premier contact. Et où figurez-vous que nos troupes sur place ont abattu un vaisseau ennemi.
— Hein ? Il y a donc des attaques sur plusieurs planètes à la fois ? Vous n’auriez pas pensé à partager cette information vaguement pertinente ? Et d’abord, pourquoi aucun d’entre nous n’a l’air surpris d’entendre cela ?
— On a encore oublié une scène. Bref, on y va, on trouve le vaisseau écrasé, et de là on essaie de trouver le monde d’où il vient, celui d’origine de nos ennemis, probablement.
— On ne pourrait pas plutôt demander aux troupes déjà sur place de regarder ça ? On gagnerait un temps fou et on prendrait moins de risques.
—  … caporal Roudoudou ? Que faites-vous encore ici ? Je ne vous avais pas déjà viré ?
—  Non, vous m’aviez juste dit de raccrocher ma radio.
—  Eh bien vous êtes viré, sale petit empêcheur de merder en rond !

Le caporal Roudoudou viré pour de bon, le général Ryle décide d’embarquer une bombe Q, ainsi que la damoiselle experte en trucs quantiques histoire qu’elle puisse la manipuler. On ne l’avait là encore pas vu venir. Mais notre experte, ne réalisant pas qu’elle est le quota « Je suis la jeune femme célibataire du film », ne comprend pas pourquoi on veut l’emmener, et exprime même des réticences, la bougresse.

— Non mais j’ai pas envie, général Ryle ! En plus il faudrait des gens pour rester ici : je crois qu’en arrivant ici, les aliens ont généré tout plein de tachyons, et ça, ça peut être tracé de l’autre bout de l’univers… donc ils savent où nous sommes !
— Raison de plus pour agir vite, bidasse.
— Avez-vous prévenu le sénat de l’alliance de cette mission ?
— Non. Pas le temps.

Hmmm. Ah. Donc vous partez commettre un génocide, avec une arme capable, je cite « de tout éradiquer de la Terre à Pluton » avec une seule bombe, mais vous ne vous êtes pas dits que p’têtre que votre chef aimerait bien que vous lui en touchiez deux mots d’abord ?

Eeeeeh… bien non.

Ce film a été écrit pour cet humble blog, je ne me l’explique pas autrement.

En attendant, et parce qu’on manquait bien de clichés depuis quoi, pfou, sept bonnes secondes, on découvre que le Dr Goss est l’ex-femme du général Ford. Que le monde est petit ! Et qu’ils se sont séparés parce que James ne pensait qu’à servir sa planète et n’était pas assez à la maison. Je commence à penser que ce film est une allégorie du zombie : c’est lui-même un assemblage de films morts et enterrés depuis longtemps réassemblés pour servir leurs sinistres maîtres.

Mais parce que les clichés se bagarrent la tête d’affiche avec les incohérences qui truffent cette aventure, sachez que pour la mission super secrète dont dépend le futur de l’humanité, nos héros envoient aussi dans la minuscule équipe qui part au combat… un mec ramassé au bar en même temps que James Ford. Oui, il était là alors on s’est dit « Tiens, et si on confiait une mission ultra-secrète à ce type qui n’a rien à faire là ?« . Oh, et ils emmènent aussi… le neveu du général Ryle, simple garde sur la base mais hein, allez bon, hop, viens aussi. Tu n’as aucun entrainement spécifique et tu es un simple garde, mais ton titre de neveu aveuglera peut-être l’ennemi.

Nous en sommes là : sur les sept personnes que compte la mission, nous avons deux généraux, le neveu de l’un d’entre eux, un pilier de bar, l’ex-femme d’un des généraux, une experte en trucs quantiques pas formée au combat, et un Jean-Jacques qui est un simple garde de la base emmené comme ça, hop.

Non, pas un seul type formé à, je ne sais pas moi, des missions commandos ?

Je crois qu’à ce stade, on peut dire que j’ai trouvé Twilight mieux écrit, ce qui commence à en dire long.

Évidemment, tout ce petit monde se prépare pour sa mission en enfilant des armures tout en discutant de la vie, la mort, la guerre, le tout écrit par Éric, 7 ans et trépané, faisant que nombre de dialogues n’ont aucun sens. Éric qui a aussi écrit les messages de l’insupportable voix de l’intelligence artificielle des armures et de la base qui parle en boucle TOUT LE FILM pour décrire tout ce qu’il se passe. Du genre « Ouverture de porte. Fermeture de porte. Allumage des lumières. Attention, patrouille de passage. Alerte : les toilettes du second sont bouchées. » Si vous avez l’occasion de voir le film, vous pourrez constater que oui, cette IA qui l’ouvre tout le temps est non seulement insupportable, mais a une voix de dépressive qui donne l’impression qu’elle aussi a un peu honte d’être là.

Mais soyons patients, soufflons, et reprenons : lorsque tout est prêt, nos héros se dirigent vers un téléporteur quantique, et zou ! Direction Ellora, la planète où se trouve le vaisseau écrasé des méchants zombies de l’espace.

Et là, le film nous rappelle qu’il a un budget, simplement mal dépensé.

Ainsi la fine équipe apparait… au beau milieu de l’espace, au cœur d’une bataille entre les forces humaines et des vaisseaux extra-terrestres. Nos héros, simplement protégés par leurs combinaisons, se faufilent au milieu des projectiles, des débris, glissent entre les épaves qui dérivent… et pénètrent finalement dans l’atmosphère d’Ellora, pour atterrir au fond d’un bois joli. Qui ressemble exactement à une forêt terrestre, on n’est pas dans Avatar, bande de petits bourgeois.

— Ouaiiiis ! On a réussi !
— Non, attendez, on n’est que trois à avoir atterri ici : vous, la jolie technicienne, moi, le neveu du général, et Jean-Jacques le soldat sans intérêt. Je me demande lequel d’entre nous va être le premier à se prendre une balle dans le c…
— ATTENTION !

Pioupioupiou font les lasers des aliens alors que nos larrons se font soudain mitrailler de partout. Jean-Jacques est touché et propose de faire péter la bombe Q – mais si vous savez, celle qui détruira aussi toute la flotte en orbite, bravo – mais ses camarades refusent. Heureusement, alors que tout semble perdu, des soldats alliés sortent de nulle part et tirent nos amis de ce mauvais pas.

— Mais ? Qu’est-ce que vous foutez là, vous ? s’interroge le neveu de Ryle.
— Nous sommes les soldats locaux. Ce matin, nous étions encore 300, mais les aliens nous ont massacrés. Les renforts arrivent ?

Moi j’ai surtout une question : comment peuvent-ils combattre depuis ce matin sachant qu’à l’écran, nous avons encore eu « 47 minutes depuis le premier contact » affiché juste avant ? Le premier contact daterait donc en fait d’il y a des heures ? Même les textes affichés à l’écran trouvent donc le moyen de se planter ?

C’est fabuleux.

Notez que seule cette militaire a une armure. Les autres derrière sont en veste-casquette de 2020.

Ce qui pose une grande question : qui achète les films chez Amazon et Netflix ? Qui peut lire un scénario qui a dix erreurs et cinq clichés par page sans dire « Écoutez, voici mon pied, voici votre cul, combinons habilement les deux » ? Et surtout, qui file 20 millions de dollars à ces gens ?

Pendant que nous nous interrogeons, nos larrons continuent à papoter au fond des bois.

— Dites, les soldats des bois, vous pourriez prendre notre blessé avec vous ? Il s’appelle Jean-Jacques. Il est un peu con mais il est bien gentil.
— Pas de problème, nous escortions justement des civils vers la base d’un canon orbital voisin qui dispose d’une infirmerie. Et on peut vous prêter un de nos soldats – une tireuse d’élite elle aussi jeune et jolie par un heureux hasard – afin de remplacer votre perte.
— C’est sympa !
— C’est surtout de la charité, puisque vous nous faites un peu pitié. Je veux dire que bon, trois gugusses qui se téléportent en pleine guerre, avec quasiment aucun armement ni matériel, et visiblement peu d’entrainement… enfin bon, ça aurait pu être pire. Vous auriez pu envoyer des généraux en première ligne au lieu d’utiliser votre téléporteur pour envoyer un commando de jeunes gars expérimentés.
— Ahem.
— Voire aller recruter un vieux général de 60 balais passés pour le balancer lui aussi sur place sans aucune raison.
— AHEM.
— Ou carrément venir avec une bombe Q, ce qui mettrait en danger toute la colonie d’Ellora au lieu de menacer une planète ennemie. Un peu comme emmener une bombe nucléaire dans sa propre ville au début d’un conflit au lieu de l’emmener au-dessus de l’adversaire.
— BROUMBROUMBROUM BON ON VA Y ALLER HEIN.

Le commando reprend sa progression au milieu des corps d’extra-terrestres fraîchement tués… qui sont des humanoïdes avec des espèces de tenues à capuchon qui leur couvrent le visage. Ah. Quand même. Donc on avait du budget pour des batailles spatiales, mais pas pour faire un alien en pâte à sel.

Non, vraiment, ce film se surpasse.

Le neveu du général (appelons-le Neveu), après avoir suffisamment avancé dans les bois, parvient à une clairière où se trouve un vaisseau ennemi écrasé. Autour d’icelui, des silhouettes de moines de l’espace sont occupées à regarder et à gesticuler, probablement pour se plaindre que pfou, ça va être nous coûter cher chez StarGlass, tous ces trous, t’as vu ça Glurtz (« Gégé » se dit « Glurtz » chez les aliens) ? Neveu profite qu’ils ne soient pas repérés pour scanner le vaisseau ennemi de loin et grâce à sa signature, obtenir les coordonnées de l’endroit d’où il venait. Pouf, comme ça, hop.

Mais comme je suis sympa, on va dire d’accord et poursuivre. Vous voyez ? Je fais des efforts pour ne pas enfoncer cette bouse plus loin encore.

Retrouvons James Ford qui est visiblement tombé de son côté, au moment d’atterrir, dans un coin des bois où il y avait encore moins de budget : il a perdu conscience lors de l’atterrissage, et à son réveil, il est encerclé par les ennemis. Que l’on peut voir de si près que l’on peut constater que leurs armures, par-dessus leurs robes, sont dignes d’une convention de cosplay pour débutants. Les épées en latex, particulièrement, sont du meilleur goût. Les méchants font signe à Ford : ils ne veulent pas le tuer. Ils veulent qu’il entre dans une grotte voisine.

Hmmm, comme c’est mystérieux !

Ford s’exécute, rentre… et a des hallucinations. Il se voit en train de rouler des patins à son ex-femme.

Et n’est tiré de ce rêve éveillé que par la main gantée de Neveu qui débarque dans la grotte pour le tirer par l’épaule.

— Général Ford, venez, on s’en va ! Je vous ai retrouvé grâce à votre émetteur. On a les coordonnées de la planète des vilains. On va aller à un relais à trois kilomètres d’ici pour transmettre l’information à qui de droit.
— Okay, passe devant.

D’accord. Et sinon, Bruce Willis, tu n’as pas envie de mentionner que tu étais entouré par les aliens il y a un instant ? Qu’ils voulaient te montrer un truc ? Et toi Neveu, tu ne trouves pas vaguement suspect de tomber sur Ford en train de rouler des patins à l’air humide d’une grotte tout en caressant une femme invisible la kikoute à l’air ? Tu penses juste qu’il est mi-spéléologue, mi-fétichiste ?

Rassurez-vous : on ne parlera plus de cette scène du film. Et on ne saura jamais pourquoi Ford n’a pas été tué sur le champ, ou pourquoi les aliens avaient envie de lui faire un petit cours de spéléologie sous hallucinogènes. Là encore, hihihi, oublié !

Même Sharknado était plus cohérent. Avec un dixième du budget de ce film.

Mais hop ! Le temps passe, et à la nuit tombée, la petite troupe atteint un avant-poste de l’alliance où se trouve en effet un canon orbital, mais aussi un relais de communication. Qui a fraîchement capté le message désespéré d’un scientifique expliquant que l’ennemi est en réalité un parasite qui s’empare du corps et de l’esprit de ses hôtes (un peu comme Maître Gims). L’infirmerie est là aussi, avec Jean-Jacques qui y agonise avant d’être gentiment euthanasié par Ford (il est sympa), mais on notera que les civils qui devaient venir s’abriter ici avec lui ont tous disparu, les figurants ayant probablement eux-mêmes fui le film.

Ford fait le point avec les soldats sur place, à commencer par Quantique-girl, la technicienne.

— Quelle est la situation ?
— Figurez-vous que les aliens ont construit une porte des étoiles en orbite de la planète. C’est comme ça qu’ils sont arrivés.
— Et nous, on n’a pas remarqué des aliens du BTP fabriquant une porte géante au-dessus d’un monde habité depuis des semaines ?
— … nnnnnon.
— Ils ont sûrement dû travailler de nuit. Et la bombe quantique, on peut la larguer ?
— Il y a trop d’interférences, il faudrait la lancer depuis l’orbite.

Permettez que je résume la situation :

  • Les héros ont trouvé les coordonnées du monde d’origine des aliens grâce à Neveu
  • Les héros disposent à la maison d’un téléporteur, celui grâce auquel ils sont venus jusqu’ici
  • Les héros disposent d’une bombe capable de transformer une planète en charbon de bois
  • Les héros ont même une porte des étoiles géante menant au système d’origine des ennemis
  • MAIS les héros veulent bombarder Ellora depuis l’orbite, soit LEUR PROPRE MONDE

Seigneur. Mais QUI a commis cette merde ?

Ici, un alien dont la tenue ne détonnerait pas dans un épisode des Nouvelles Aventures de Robin des Bois.

Finalement, c’est Neveu qui a une idée.

— Cette base a un canon orbital, non ? Et si on tirait la bombe par là pour l’envoyer au travers de la porte spatiale de l’ennemi ?

Bon, c’est toujours complètement con, et c’est connu, la bombe Q qui était présentée comme « très fragile » adore sûrement être tirée au canon au travers de l’atmosphère, mais c’est toujours mieux que de bombarder votre propre monde comme des neuneus. Selon Quantique-girl, la bombe créera un trou noir qui absorbera tout… peut-être des deux côtés de la porte spatiale. Mais c’est le jeu ma pauvre Lucette.

Sur ces entrefaites, tout le monde prend un petit moment de repos. Le copain de beuverie de Ford, qui est bien arrivé à la base par ses propres moyens après avoir lui aussi atterri plus loin, trouve une petite fille civile (la seule figurante qui n’a pas fui) et passe deux minutes à lui répéter « Ça va aller » tout en jouant avec des lunettes de soleil, une scène fascinante dont on se serait bien passé, Ford explique à Quantique-Girl que l’amour c’est important (tant de clichés, ce film est sponsorisé par Kodak), puis Quantique-Girl repart au boulot pour faire chauffer le canon orbital.

C’est alors qu’elle capte un signal radio.

— Houhouuuu ! C’est moi ! Le général Ryle !
— Mais ? Où êtes-vous mon général ?
— Dans l’espace. Je dérive dans ma combinaison.

Ah. Euh. Oui, donc… ne me demandez pas comment, mais Ryle, contrairement aux autres, n’a pas atterri sur Ellora et dérive dans l’espace comme un vieil étron gelé. Je vous avoue que j’aurais préféré avoir deux-trois secondes d’explications sur le pourquoi du comment, plutôt que cinq minutes d’un personnage secondaire jouant avec des lunettes de soleil devant une petite fille. Mais visiblement, ce film a le sens des priorités. Et du dialogue, comme celui-ci, entre Ryle et Quantique-girl :

— Je dérive dans l’espace… ma combinaison est endommagée mais j’ai encore le contrôle des propulseurs. Il me faut des options !
— Un tir de plasma depuis le canon orbital n’aura pas assez de force pour détruire une cible de cette taille !

Je vous laisse relire. Non, allez-y, relisez. Encore. Encore. Et maintenant, attention, étude de document. Voici la question :

« Dans ce dialogue, où est la putain de logique ? »

Vous avez dix minutes.

Je commence à soupçonner une écriture, non pas par un enfant, mais par une IA expérimentale tournant sur un Amiga 500. Sûrement la même qui décrit la moindre ouverture de porte dans ce film. Mais dans ce cas, elle fait même mieux puisque les phrases n’ont aucun rapport les unes avec les autres. Cela revient souvent dans le film, mais là, je m’en serais voulu de vous en priver. D’ailleurs, pour votre information, voici la réponse de Ryle :

— Je sais. Je vais m’approcher et enclencher l’auto-destruction.

Là encore, le dialoguiste a oublié de donner le sujet : parlent-ils de la porte spatiale des méchants ? D’Yseult ? Du niveau abyssal de ce film ? Personnellement, j’espère secrètement le second, mais il semblerait que ce soit le premier. Hélas. En tout cas, c’est ce qu’il faut supposer, puisque les dialogues n’en disent pas plus.

Mais pendant que le canon orbital charge, des intrus approchent de la base. Tous nos héros se préparent au combat, et sont forts surpris de voir sortir des bois entourant leur retranchement… le Docteur Goss ! Avec les yeux tout noirs et une voix suspecte.

— Bonjour les amis. Oui, j’ai été transformée. Je suis désormais un Zombos, car tel est le nom de l’espèce que vous souhaitez éradiquer. Nous sommes des parasites qui prenons le contrôle d’hôtes pour les faire rejoindre le peuple Zombos.
— Haaan, ça explique pourquoi les aliens qui nous combattaient étaient des humanoïdes encapuchonnés. C’était d’autres corps contrôlés par les Zombos.
— Oui, et puis comme ça, ça coûtait moins cher à la production en costumes. En attendant, voici mon offre : rejoignez-nous.
— Vendez-vous un peu ! Quels sont les avantages à être un Zombos ?
— Euh… eh bien je… d’abord, vous ne mourrez plus que si on vous tire dans la tête ?
— C’est intéressant, continuez.
— Ensuite, nous sommes des milliards de corps, mais un seul esprit. Aussi, tout est partagé équitabl…
— ILS SONT COMMUNISTES ! TIREZ BON DIEU !

Bon, d’accord, en fait les gentils refusent l’aimable offre de leurs ennemis, et ce sont les Zombos qui sortent des bois pour attaquer. La fusillade éclate et cette fois-ci, on se surpasse puisque non seulement on a le droit à un nouveau passage où tout le monde se mitraille à découvert à un mètre l’un de l’autre.. mais cette fois-ci, c’est l’équipe effets spéciaux qui a oublié de rajouter les flammes qui sortent du canon et le bruit lorsque certaines armes tirent. Ainsi, un acteur passe en plein milieu du champ en faisant semblant de tirer mais oups, hihihi, il ne se passe rien. Il fait pourtant comme si.

C’est. Génial.

Ici, nos héros cherchent où ils pourraient bien se mettre à couvert dans cette pièce où se déroule l’assaut ennemi. Hmmm, c’est pas facile !

James Ford, lui, quitte carrément l’abri de la base pour se rapprocher de son ex-femme devenue un Zombos. En chemin, les méchants tentent de l’arrêter, mais bon, hein, c’est Bruce Willis aussi ils n’ont aucune chance. Assommés à coups de testicules, ils s’effondrent au sol.

Oh, d’ailleurs, ai-je précisé que maintenant, et sans explication, les Zombos tombaient où qu’on les touche ? Pas seulement lors de tirs dans la tête ? Voiiiilà.

James Ford poursuit Zombos-Goss jusqu’à un vaisseau ennemi posé dans une clairière, et à bord duquel monte sa femme possédée par les démons de l’espace, ce qu’il trouve assez moyen, tant il n’aime pas trop qu’on fasse rentrer des aliens dans Madame sans même un bonjour. La porte du vaisseau se ferme, mais l’ami Ford, pas découragé, grimpe sur le vaisseau et s’accroche à celui-ci car c’est connu, par la force de ses petits doigts, il pourra survivre au décollage sans problème. Mieux encore, il n’avait plus de casque pour traverser l’atmosphère mais…. il en trouve un PAR TERRE. Juste à côté du vaisseau.

Ma boîte à « Ça alors ! » tremble sur son étagère mais non. Nooon. J’ai dit non !

J’imagine les gens derrière ce film, au moment de l’écriture :

— Et là, Bruce Willis poursuit son ex-femme. Mais attention, en tout bien tout honneur.
— C’est génial, Johnson ! Continuez à taper ce script ! Et pensez à sauvegarder souvent. On est sur Open Office, on a filé tout le budget à Bruce Willis.
— D’accord. Mais là, on a deux options. Vous avez insisté pour que tous les héros jettent leur casque après l’atterrissage sans raison.
— C’est pas sans raison : ça fait COOL.
— Retirer sa protection faciale pour affronter des parasites inconnus ?
— T’as jamais vu Prométhéus ? Et donc, vos deux options, Johnson ?
— Eh bien option un, Bruce Willis monte DANS le vaisseau, comme ça, plus besoin de casque pour aller dans l’espace. Option deux, Bruce Willis monte SUR le vaisseau, mais dans ce cas, il faut qu’il ait gardé son casque.
— NAN. J’ai dit nan. Vous savez quoi ? Bruce Willis va tomber sur un casque humain de haute-technologie, comme ça, par hasard, en trébuchant dessus, dans l’herbe juste à côté du vaisseau au milieu des bois.

Des gens ont vraiment écrit cela, je vous le rappelle, et Amazon a payé pour. On vit une époque formidable.

Toujours est-il que James Ford est ainsi emmené dans l’espace (il s’accroche très fort avec ses doigts boudinés et ça va, merci pour lui) lorsque le vaisseau décolle. Vaisseau qui fonce jusqu’à la porte spatiale qui est fonctionnelle, et a ouvert un tunnel jusqu’à un autre point de l’espace où l’on peut voir la planète des Zombos et une flotte titanesque en orbite qui attend les ordres.

Mais c’est aussi pile à ce moment-là que le canon orbital est chargé, que Quantique-girl peut y glisser la bombe Q et la tirer droit vers la porte spatiale. Sauf qu’au moment où le projectile y arrive… le vaisseau de Zombos-Goss s’est arrêté pile sur sa trajectoire, et Goss, montée sur le capot pour profiter du vide spatial, arrête la bombe à l’aide d’un champ de force qu’elle génère comme ça, d’une main, hop !

Sauf que c’est aussi le moment que choisit James Ford pour lui aussi monter sur ledit capot. Ce qui surprend un peu son ex-femme morte-vivante (je… j’ai honte rien qu’en écrivant tout cela).

— James Ford ? Que fais-tu sur le capot ? C’est un vaisseau de location, descend ! Et comment es-tu arrivé jusqu’ici, d’abord ?
— J’étais accroché au pare-chocs. Un peu comme à l’époque où je te…
— Apapap, on se concentre petit cochon. Vois comme j’ai arrêté ce projectile !
— C’est sympa, la capacité à générer des champs de force du peuple Zombos. Heureusement que vous ne l’avez pas utilisée contre nous au combat.
— On est comme ça. Mais en tout cas, votre tentative de détruire la porte avec un projectile à bombe Q tombe à l’eau. Vous pensiez nous berner si aisément, humains ?
— C’est-à-dire que vous ne pouviez pas savoir qu’on allait le tirer, et encore moins maintenant. Alors je ne comprends pas trop comment, belle amie, vous êtes arrivée pile sur la bonne trajectoire, au centimètre près, pile au bon moment.
— C’est… je…
— Non mais de toute façon, j’ai une arme secrète : LA PICHENETTE !

Vous pensez que je plaisante ? Pas du tout. Zombos-Goss pouvait arrêter un projectile tiré des milliers de kilomètres/heure avec la main, mais James Ford qui la POUSSE, oh non ! Elle tombe en arrière, et bascule dans la porte des étoiles. Et la bombe Q la suit.

Voilà voilà voilà.

Une pichenette. C’est beau.

Reste à fermer la porte des étoiles avant que la bombe Q n’explose ! Mais là encore, coup de bol : le canon orbital est déjà rechargé, et le général Ryle, qui a réussi à se propulser sur la porte par ses propres moyens, appelle sur la radio :

— Houhouuu ! C’est encore moi, Ryle ! Ma combinaison refuse de s’autodétruire ! J’vous jure ! Mais si vous me tirez dessus, entre le projectile du canon orbital et le carburant de ma combi, je peux vous dire que ça va péter et détruire tout le portail! Tirez-moi dessus, je vous envoie mes coordonnées !

Quantique-girl verse de grosses larmes à l’idée de tuer un tel héros, mais bon, hein, elle tire quand même, ce qui nous fait fort plaisir. Boum fait la porte, pschouch-trou-noir fait la bombe Q de l’autre côté, crabadoum fait la flotte ennemie en étant détruite dans l’affaire avec son monde d’origine.

Neveu, qui est quand même un peu bougon parce qu’on a tué son oncle, s’en va chercher au milieu des cadavres de Zombos qui avaient donné l’assaut à la base, celui de leur chef. Et ça tombe bien, le chef n’est pas tout à fait mort… et Neveu s’en va le castagner à coups de poings pour se passer les nerfs.

C’est connu : quand vous affrontez des zombies, aller volontairement en réveiller un pour le taper à coups de poing, c’est une idée du tonnerre. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner, hmmm ?

Rien. Et en effet : rien.

Ça, c’est donc le chef des méchants menant l’assaut. Vous apprécierez son armure en latex discount.

L’ennemi est vaincu, Neveu défoulé… tout le monde peut donc rentrer sur Terre, où nous retrouvons nos héros une semaine plus tard, dans le même bar miteux du début du film. Neveu fait des bisous à Quantique-girl (quelle surprise qu’elle ne finisse pas célibataire), James Ford boit des verres, et sur la radio, le Président de l’alliance humaine annonce que les Zombos ont été vaincus par des héros, et que les délégués Zombos ont accepté une reddition inconditionnelle.

Que… attendez, il en restait ? Un parasite se rend ? Mais ? Que ?

James Ford finit son verre avant que l’on puisse souligner que c’est complètement con, quitte le bar et…

… FIN !

Satan ! Sois maudit, toi et ton film discount !


Les critiques n’ont pas hésité à qualifier ce film de « nanar ».

C’est hélas faux : c’est véritablement un film qui loin d’être une blague à petit budget, avait des moyens et une certaine ambition. 20 millions de dollars, pour votre information, c’est 30% de plus que d’autres films de science-fiction comme Ex Machina, qui ne lésine pourtant pas sur les effets spéciaux, c’est 4 fois le budget de I Am Mother, qui prouve qu’on peut faire des trucs déjà costauds même sans avoir 200 millions de côté, et comme déjà évoqué, l’équivalent d’un bon bout de saison de The Expanse où il y a pourtant du combat spatial, des décors, des costumes et des scènes en apesanteur.

Et surtout, même Amazon n’a pas présenté le titre comme un nanar au moment de sa sortie, mais bien comme un produit d’appel. Et c’est bien ça le plus inquiétant : personne n’a l’air de réaliser qu’en 2021, on peut très sérieusement produire une bouse pareille.

C’est là où nous en sommes. Des gens sont prêts à investir deux dizaines de millions dans un film comme celui-ci sans hésiter, avec un script qui a pourtant dû passer par bon nombre de mains sans que personne ne tique. Alors pourquoi ? Comment ?

Non pas parce que je veux sauver le cinéma, non.

C’est juste qu’à ce prix là, je suis prêt à participer à son naufrage.

En attendant, Bruce Willis, pour votre implication dans ce film, je vous invite à passer me voir : j’ai un Nicolas Cage d’or à vous remettre pour récompenser ce judicieux choix de carrière.

68 réponses à “Comic sin

  1. Je l’ai vu ce film, c’est un chef d’oeuvre (par contre depuis ce jour, mon cerveau s’écoule par mes oreilles)

    • je pense que le budget est passe dans la prestation memorable de bruce willis , et vu le montant il a prefere rester discret durant la longueur du
      film
      une vrai bouze
      meme pas un nanar

  2. Je … Je n’ai strictement rien compris a cette histoire.. d’habitude, c’est nul, mais je comprends plus ou moins ce que les scénaristes ont voulu faire.. mais là, rien. Remarquez, je pense qu’eux non plus.

  3. j’adore tes étiquettes ! manquent « bouse » et un basique, simple mais synthétique « ridicule » .

  4. Le principe même d’un nanar est de se prendre au sérieux. Un film qui ne se prend pas au sérieux n’est pas un nanar.
    C’est donc bien un gros nanar bien débile.

    • Un nanar en devient involontairement drôle. Si l’Odieux connard me fait rire, le film me laisse simplement affligé. Donc c’est simplement un bon gros navet.

      • La différence entre un navet et un nanar se situe dans la perception que le spectateur en a, dans son état d’esprit. Si tu regardes ce film en riant de sa stupidité, il devient un nanar.

        Mais le fait est que les nanars se caractérisent généralement par un budget trop faible par rapport aux ambitions, ce qui n’est pas le cas ici.
        Car si un film qui ne se prend pas au sérieux ne peut pas être un nanar, un film se prenant au sérieux n’est pas forcément un nanar.

        Conclusion: navet ou nanar… il faudrait que je me l’inflige pour en décider.

    • ah nan je ne suis pas d’accord. c’est le contraire un nanar ne se prend pas au sérieux et fait rigoler. Un navet se prend au séreux et fait pleurer.

      • Si si, un nanar est un film qui se prend au sérieux, mais qui échoue tellement dans tout ce qu’il fait qu’il en devient drôle. A ne pas confondre avec les « nanars volontaires » genre sharknado (et beaucoup d’autres) et autres films conçus pour surfer cyniquement sur la mode actuelle du nanar et amasser du pognon pour un investissement minime, et qui, eux, sont juste des « merdes ».

      • Et oui, le véritable nanar est bien le film qui se prend trop au sérieux et se prend en même les pieds dans tous les tapis qui se trouvent là. On ne juge pas un nanar à son budget mais à son intention. C’est pour cela qu’il faut un peu connaître le contexte dans lequel le film a été fait (Bonjour The Asylum et leurs Mochbusters, les fameux « nanars volontaires » :)
        Après, il reste évidement l’impact laissé sur le téléspectateur, à savoir que si ça ne fait que t’affliger tu vas considérer ça comme un navet, mais si tu commences à en rire tu le vas le considérer comme un nanar.
        Perso, je trouve que c’est un nanar de seconde zone, mi figue-mi raisin, parce que ça m’a quand même beaucoup affligé.

  5. d’un autre côté le gars en rouge et noir à queue fourchue vous a rendu un sérieux service ! en effet, j’ai été exposé à Dune : les valeureux combattants disposent d’un bracelet qui génère un champ de forces protectrices … mais se battent à coup d’épée et autres lames contondantes ou tranchantes qui ne percent le champ protecteur qu’à condition de ne pas y entrer trop vite.

    • C’est… un des points clés de l’univers en fait. Pourquoi on se bat comme au moyen-âge dans Dune ? Parce que les champs de force ne sont aisément traversable qu’avec des armes blanches, et que, globalement, tout le monde peut s’acheter un champ de force. C’est peut-être « particulier », mais c’est un des axiomes principaux de l’univers (et c’est très cohérent vis-à-vis du focus fait sur l’héroïsme personnel et la spiritualité dans la saga. Dune, c’est de la SF qui ne met pas la technologie au centre).

      • C’est dommage que cet axiome ne soit pas expliqué dans un film de 3h. Idem pour la guerre contre les IA… car ca ruine la cohérence du film. (avec le laser pour découper la porte ou pour toucher les vaisseaux…)

      • C’est politique, en fait: une convention collective officielle, qui permet à l’empereur de conserver sa position grâce à ses formidables troupes de guerriers d’élite, interdit l’usage des  » atomiques  » en cas d’affrontement inter-planétaire. La « Maison » qui enfreindrait la Loi verrait l’ensemble des autres royaumes se liguer contre elle – militairement, économiquement, Etc… Le tout, bien entendu, avec la bénédiction de l’empereur. Hors, la rencontre d’un rayon laser avec le champs d’énergie créé par ces fameux « boucliers » ( si originalement matérialisés dans la version de Lynch ! ) produirait l’équivalent d’une explosion atomique; d’où l’interdiction conséquente des armes à pouvoir radiant.

      • Ploplo, bah c’est expliqué ? Même moi qui avait pas lu Dune et qui me suis assoupi durant le film j’avais capté, pour autant que je me souvienne c’est expliqué par deux fois en plus (durant son entrainement au début, et avec Duncan qui voit son bouclier ralentir une balle suffisamment pour pouvoir l’écarte),à un moment faut suivre un peu…

      • ploplo, bah c’est expliqué en fait ? Même moi qui me suis assoupi devant le film et qui n’ait pas lu le livre j’avais trouvé ça évident. C’est même expliqué deux fois en plus pour autant que je souvienne : durant le bref entrainement de Paul au couteau au début, et vers la fin avec Duncan qui voit son bouclier stopper une balle en plein mouvement.
        A un moment, faut suivre un peu avant de se plaindre….

      • cher Luc,
        à quel moment il est expliqué que la rencontre d’un laser avec un générateur de force que tout le monde est supposé posséder crée une explosion atomique et que c’est interdit par l’empereur? A tel point que les Harkonnen utilisent un laser pour découper une porte en sachant qu’il y a des Atréides derrière?
        bref si la règle peut être éventuellement comprise lors de l’entraînement, elle est directement contredite par cette scène et celle où le vaisseau est chassé pareillement en sortant de la ville (sans parler de la scène du début avec les tribus qui tirent sur les moissonneurs harkonnen et les tuent (ils sont cons de pas avoir le bouclier que tout le monde a)).
        Quant à l’interdiction des IA, il en est nulle part fait mention. C’est dommage pour un principe historique et fondamental qui choque forcément dans un film de SF si on n’est pas prévenu.

    • Alors là, le souci, c’est que Dune vient d’un livre et d’un univers très (vraiment très) construit, qu’il est impossible d’expliquer ici, mais qui justifie totalement ce qui vous semble idiot. En l’occurrence, le champ de force stoppe ce qui tente de le pénétrer trop vite, mais peut être pénétré si on y va tout doucement (non, pas de sous-entendu, j’essaie de rester technique, là. si.). Accessoirement les armes lasers existent, mais si un laser touche un champ de force, boum champignon nucléaire (ce qui n’est amusant pour personne sur place).
      Le mieux serait de lire au moins le tome 1 en Poche (beaucoup moins cher que la place de cinéma). Pour information, c’était déjà la raison du flop du précédent « Dune », avec pourtant Sting à l’affiche. Ce n’est pas un univers facile à résumer en deux mots, donc ce n’est pas facile à porter à l’écran. Je ne suis pas sûr que ce serait pour déplaire à l’auteur…
      Niveau univers construit, je dirais que seul le monde de Tolkien tient la comparaison, dans un autre registre. Ou alors Warhammer avec 30 ans de publications de fans. Tous les films sur ces univers sont des mer…euh…discutables. Sauf quelques fans movies.

      • Y’a pas de souci: dans un film de 3 heures, une donnée aussi structurante pourrait être introduite de façon intelligente en moins de 5 minutes mais bon…

      • Alors Meve, je ne sais pas, je ne connais pas bien la physique de la maïzena et Ploplo, euh…eh bien…en effet.

      • Jarnac > La maïzena en suspension dans l’eau est un fluide non newtonien : sa viscosité change en fonction de la contrainte. Du coup, pour reprendre vos mots, elle « stoppe ce qui tente de l[a] pénétrer trop vite, mais peut être pénétré[e] si on y va tout doucement.
        Certains s’en amusent : https://www.youtube.com/watch?v=DhzKA__fkoE

  6. C’est juste pour le fric, c’est tout: ils se gavent au passage et, quand le film ne ramène rien du tout – comme prévu – , hében les impôts leur font une fleur, à toutes ces grosses fortunes. Je vois pas d’autre explication aux nombreux nanars réalisés par des gars qui, en temps normal, savent faire leur boulot ( je parle pas pour celui-là: je le connais pas ). Sinon: MDR le recyclage de l’affiche !

  7. Echapper au spoil de Dune ou du Dernier Duel par cet artifice.
    Vous êtes vraiment Odieux, Connard.

    En plus le coup de Diable ça ne marche pas, tout le monde sait que le diable ne se montre pas. Car le diable se cache dans les détails.

  8. « Alors que si au lieu de Bruce Willis, ils avaient engagé Alec Baldwin, je peux vous dire q…
    Que dis-tu Diego ? « Trop tôt » ? Bon, bon. »

    Ah non, j’ai bien aimé. C’est bien placé et plutôt inattendu justement.
    J’aime beaucoup l’humour noir.
    Bravo OC.

    Sinon, il faut bien reconnaitre que je ne reconnais plus Bruce Willis depuis quelques années : il aime à enchainer nanars sur nanars, surement pour payer ses impôts. Quel déchéance tout de même. Mais il n’est pas le seul à connaitre ça, me direz vous.

  9. Hilarant comme d’habitude….Mais pourriez vous quant même vous occupez de Dune ? Ce film est a mon humble avis genial et meriterait votre regard:-)

  10. Le nanar et le navet, même famille botanique en fait : 5 lettres, 2 syllabes dont la première est commune aux deux genres… des cousins, quoi 🙃
    Bravo en tous cas pour votre critique à la verve toujours aussi étincelante.
    Et j’adore le caporal Roudoudou.

  11. Afin d’assurer la sécurité, le confort et la joie (dans la bonne humeur) de tous, 2 informations cruciales :
    – « ça va être nous coûter cher chez StarGlass »
    – C’est au bout du 356 millième rafraîchissement de la page d’accueil du site que le site sus nommé (hin hin) produit un spoiler.

    Lectrices, Hannibals, Lecteurs, merci de faire un petit effort quotidien et boxer cette touche F5 à chaque fois que cela est odieusement possible. Ensemble nous pouvons améliorer la croissa… pardon, ensemble nous pouvons accélérer le rythme de parution.

    Malin non ?

  12. Vos sens de l’observation et de la dérision sont toujours aussi pointus. Pour mon plus grand plaisir. J’ai beaucoup ri à la lecture de votre impitoyable description.
    Cher Odieux Connard, Merci.

  13. La réaction de Bruce Willis dans le bar m’a rappelé ce que mon prof d’histoire disait de la conscription des Canadiens-Français pendant la Deuxième Guerre Mondiale. Ça se passait à peu près de la même façon, sauf que dans l’image suivante, on aurait vu des bleus et des bosses partout sur Bruce Willis dans sa base de l’armée.

  14. Grand merci pour cette chronique et cet (héroïque) visionnage. Par contre, Diego a mal relu le morceau de dialogue suivant : « vous étiez le général qui a osé en largué une ».
    A moins que le budget ait aussi manqué pour investir dans un correcteur d’orthographe digne de ce nom et que la faute soit dans le script d’origine, ce qui évitera à Diego d’échapper au châtiment corporel…

  15. La tireuse d’élite a un flingue qui me semble sur-dimensionné, il doit faire 25 kilos mais visiblement ce n’est pas un souci pour courir dans les bois et prendre des poses épiques. L’accessoiriste doit être un nostalgique de Unreal Tournament.

    • Sans compter l’encombrement du truc dans une forêt, même s’il était tout léger, le canon fait quasi 2m et l’extrémité est un double crochet.
      N’importe quel gamin qui essaye de trimbaler un grand bâton et visiter les sous-bois en même temps se rend compte que ce n’est guère compatible.

    • Oui…ce qui m’a bien rire par contre c’est la combinaison armure visiblement lourde + arme lourde et encombrante + tête absolument pas protégée (sauf par des tresses joliment décorées).

      Une manière de tromper l’ennemi peut-être ? Ou bien la tête n’est pas un organe vital dans cet univers fictif, ce qui expliquerait pas mal de choses…

    • En fait c’est clairement un Barett ou plutôt un Hécate (un très-très gros fusil qui tire des munitions de mitrailleuse lourde, théoriquement anti-véhicule), mais lourdement gonflé aux stéroïdes. Bravo l’imagination pour le XXVIème siècle…
      En tout cas c’est le genre de truc qui pèse le poids d’un chauffe-eau (eau comprise), donc avec lequel on ne fait pas le malin en se dandinant comme une danseuse étoile, sans parler du fait que c’est une arme utilisée par des gens qui ont pour vocation de faire profil bas et qui ont tendance à ressembler à des buissons, pas à porter des nattes jaune fluo sur une armure cliquetante peinte en noir (nuance qui ressort très bien dans un sous-bois).
      M’enfin, si Hollywood s’arrêtait à ce genre de détail! Déjà que l’armée américaine ne le fait pas, alors le cinéma…

      • Hécate ? c’est une sorcière !
        et l’armée américaine est quasiment aussi douée que les légions de César pour le camouflage ! sauf qu’à la place de feuillage sur le casque ( feuilles de chêne pour le chef ) , nos amis américains se tartinent la tronche ( et rien que ça , hum ! ) avec du cirage noir .
        c’est vrai : je l’ai vu au cinéma . c’est très impressionnant .

  16. La lecture du spoiler était déjà une souffrance, à ce niveau de n’importe quoi.
    Parmi les réflexions qui me viennent :
    – pourquoi un parasite qui arrive en faisant un gros bruit louche ? Les parasites sont plutôt discrets généralement, car ils ont beaucoup à perdre s’ils doivent se battre (ça abîme l’hôte) ;
    – a quoi bon une armure sombre et relativement discrète si on ajoute des cheveux teints en jaune fluo bien vif tout autour de sa tête (sans casque ni protection d’aucune sorte) ?

      • :) la 2nde devrait aussi parler aux physiciens.
        A la décharge du film, on peut dire qu’ici les militaires ne connaissent pas la perception de l’environnement par les extra-terrestres. Un peu comme les chasseurs qui, pour éviter de trop se flinguer mutuellement, portent du orange fluo mal perçu par le gibier. Mais quand même, dans le doute, j’aurais viré ce jaune pétant et enfilé un casque si j’étais à la place de la guerrière au fusil géant.

    • Eh bien en réalité le noir ne camoufle pas si bien que ça en sous-bois, c’est surtout utile en milieu urbain et de nuit. Et les surfaces lisses en plastique réfléchissent la lumière, ce qui n’est pas le but non plus. Donc même ça c’est un échec.

      • Merci, je ne connais pas grand chose sur ce sujet, d’où le prudent « relativement » (relativement aux nattes jaunes pétantes, je ne prend pas trop de risques ha ha).
        Même de nuit et en ville, si on en croit Terry Pratchett, le noir uniforme est louche pour un observateur qui fait attention aux coins d’ombre. D’ailleurs, Vétérini à la guilde des assassins préférait une tenue avec des teintes sombres différentes plutôt que le noir profond et classe de ses camarades de promo.
        Merci aussi pour les infos sur l’arme, la guerrière doit avoir des muscles hypertrophiés :)

      • dans  » Stalingrad  » , Vassili avait chassé le loup avec son papounet quand il était enfant . ce dernier lui avait appris à se planquer en tenant compte de la direction du vent , à viser et surtout à entortiller l’extrémité de son fusil dans un chiffon , évitant tout reflet qui aurait pu éveiller l’attention de l’animal !
        technique utilisée par Vassili à Stalingrad pour berner le vilain nazi qui voulait dézinguer le tireur d’élite russe .
        à la grande joie de cette saleté de Krouchtchev qui se gavait de caviar et de vodka pendant que des hommes tombaient par milliers !
        je hais la guerre .
        mais j’adore les loups . bon : quand ils croquent dans une brebis , c’est cruel , mais ils doivent se nourrir !

  17. « Écoutez, voici mon pied, voici votre cul, combinons habilement les 2 » 🤣🤣🤣 tout le quartier m’a entendue huler de rire !!

  18. Si on pouvait envoyer une bombe Q sur l’entière équipe responsable de cet étron de l’espace, ça rendrait service à l’humanité.

    J’avais même pas entendu parler de ce film (noté entre 0.9 et 1 sur Allociné, c’est vraiment tirer sur l’ambulance), mais son affiche est tellement mal faite, on dirait presque une fausse. Ils auraient au moins pu penser à mettre les noms au dessus des acteurs correspondant, vu que y’en a que deux, c’était pas compliqué à faire. Encore que quand on voit le niveau du reste, même ceci semble hors de leur portée.

    La preuve s’il en fallait que les plateformes de streaming ont aussi peu de respect pour les spectateurs que les producteurs hollywoodiens. C’est juste une source de nullité crasse de plus.

    • On parle d’Amazon, hein. Une entreprise connue pour son immense respect de ses salariés et la pauvreté de ses propriétaires et actionnaires.

    • Pour ce qui est de ne pas mettre les noms des acteurs devant leur portrait mais effectuer comme qui dirait une permutation circulaire sur les affiches de cinéma c’est existant depuis pas mal d’années et pas une exception. exemples: Traffic, De Gaulle, Gangs of NY, Eiffel, la Traversée de Paris, Millenium…

  19. Oh la vache quel étron ! Merci pour cet excellent spoiler, cher Odieux.
    J’ai cependant relevé deux incohérences dans votre texte, bien excusables quand on voit la qualité du matériau de base :
    « — Vous savez ce que c’est, les colonies. On leur apporte la civilisation, et puis si on laisse faire, quelques siècles plus tard, ils boivent du thé, mangent des saucisses au petit-déjeuner et épousent Meghan Markle. »
    Est-ce qu’on considère que l’Angleterre est une colonie de la France suite à son invasion par Guillaume le conquérant ? Ca n’est pas forcément pour me déplaire…
     » Non, attendez, on n’est que trois à avoir atterri ici : vous, la jolie technicienne, moi, le neveu du général, et Jean-Jacques le soldat sans intérêt. Je me demande lequel d’entre nous va être le premier à se prendre une balle dans le c… »
    Donc ils sont quatre, non ?
    Merci encore pour votre investissement personnel dans le visionnage de telles « oeuvres ».

      • Ah oui merci tout s’éclaire, je croyais qu’il parlait à John Deere. Il faut dire que le scénario de ce film est un peu difficile à suivre.

    • Clémenceau a répondu à la première de vos interrogations: « l’Angleterre n’est, à tout prendre, qu’une colonie normande qui a mal tourné ».
      Quand je pense qu’à une époque cette île déshéritée parlait une langue civilisée et que ses rois venaient d’Anjou! Passer si près de la civilisation pour tomber directement dans la décadence…
      (c’est une paraphrase, cherchez l’auteur).
      Ne jetons pas la pierre aux Normands, ils ont fait ce qu’ils ont pu, mais à l’impossible nul n’est tenu.

  20. Je veux voir ce film !!! Surtout la scène où Bruce Willis défonce des parasites zombies extraterrestres à coups de testicules…

  21. Détail amusant, le film est noté entre 0 et 2 un peu partout mais 3.3 sur… Amazon. « Ça alors ! »

    • Mais si on doit noter entre 1 et 5 sur Amazon, alors qu’on peut noter à partir de 0 ailleurs, ça fausse la note, non ? Ailleurs, c’est entre 0 et 2 sur combien ?

  22. Bon soyons positifs envers ce « film » : il change agréablement des discutions socio-politiques qui deviennent sérieusement trop fréquentes et répétitives.

    Question cependant : il y a eu un concours pour sélectionner les armures humaines les moins pratiques ? Et les grosses vis sur le devant du plastron, c’est pour que l’ennemi puisse plus facilement voler des morceaux et les vendre à la sauvette ?


      • Vis cachées…
        Les boucliers en Maïzena…
        Votre synthèse sur la réaction vaccinale…
        Pour tout cela, Merci !
        PS : Vous existez vraiment ou vous êtes une IA qui n’a fait son test de Turing que sur des vieux Geek ?

      • Mon T-Shirt préféré affirme que j’ai échoué au test de Turing, si ça vous apporte une réponse ;)
        C’est toujours fort sympa de trouver des personnes avec les mêmes références et le même humour, faut bien l’admettre.
        Et des contradicteurs, c’est chouette aussi (quand c’est respectueux). D’ailleurs, un autre de mes T-Shirt dit que « 7H3 M345UR3 0F 1N73LL163NC3 15 7H3 481L17Y 70 CH4N63 » avec l’auteur « 4L83R7 31N5731N », mais j’attends quand même impatiemment d’être éligible à la 3ème dose du vaccin :)

  23. Mouais ce spoil c’est un peu comme se rabattre sur un mac Do à la Saint Valentin car le restaurant prévu est complet (quelle idée de ne pas réserver ?) et penser qu’on verra pas la différence.

  24. Très bon résumé d’une œuvre cinématographique marquante, mais il m’a semblé, très cher odieux, que vous aillez fait preuve d’un peu de mauvaise foi à une ou deux reprises. De manière tout à fait involontaire cela va sans dire.

  25. Comic Sin? Le traducteur me met « Péché comique »… c’était donc là la raison de ce nanard… (c’est d’ailleurs Nanardland qui va bondir de joie!!! ) ;-p Sinon en jeux de maux d’estomac, on a aussi Comic Sin City… Je ne continuerais pas, vous aurez compris que je peux faire aussi bien que le scénario, enfin le truc écrit qui s’appelle comme cela….. :-)

  26. Je suis toujours amuse par les affiches ou les noms des acteurs sont dans un ordre different de la photo juste en-dessous.
    Ca n’est pas un probleme quand la photo ne montre pas les acteurs en gros plan comme ici… mais la on dirait qu’on a Grillo a gauche et Willis a droite. Ca donne l’idee que celui qui construit l’affiche ne fait pas attention au contenu. Il a sa liste de noms d’un cote, une photo de l’autre, et il fait un copier-coller de la premiere sur la deuxieme sans se poser de questions.

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