Transformistes 5 : le dernier voiturier

Les cinémas ne vont pas rouvrir de suite.

Ce pourquoi, et afin de satisfaire ma soif de mauvais films ainsi que la vôtre, cruels lecteurs, Diego est descendu lever la dalle de béton sous laquelle j’entasse mes rations de survie, mes munitions à l’uranium appauvri (pour abattre les gens qui disent « Ça fait sens » même à l’abri chez eux), et bien évidemment, les dévédés offerts par des lecteurs se plaignant que tel film serait passé entre les mailles de mes filets. C’est donc dans sa tenue anti-radiations (à cause des films, pas des munitions, soyons sérieux) que Diego a ramené entre ses maniques plombées le DVD du film Transformers: The Last Knight, cinquième épisode de la série célèbre pour ses combats où l’on ne comprend pas bien ce qu’il se passe, à part qu’il y a des trucs qui se plient et se déplient en faisant « Zouiiiizkronkron ». Et puisque j’avais commenté les deux films précédents ici (il y a… dix ans déjà ? Diable !) et , poursuivons le travail.

Mais voyons plutôt le pitch :

Humains et Transformers sont en guerre. Optimus Prime n’est plus là… La clé de notre salut est enfouie dans les secrets du passé, dans l’histoire cachée des Transformers sur Terre. Sauver notre monde sera la mission d’une alliance inattendue : Cade Yeager, Bumblebee, un Lord anglais et un professeur d’Oxford.

Des Américains, des Anglais et des robots : voilà qui ressemble au pitch de Qui va manger le plus huilé au petit-déjeuner ?

Aussi, ne perdons pas plus de temps : spoilons, mes bons !


L’affiche. Pas d’explosions ? Pas de pluies de cendres ou de débris ? Diable, quelle époque étrange nous vivons.

Notre histoire démarre en Angleterre, durant les âges sombres.

Ce qui peut aussi bien définir l’année 2020 que la fin du Vème siècle chez nos amis anglais, et puisque le film semble prendre le second parti, nous découvrons au milieu d’une plaine une armée médiévale qui a quelques soucis, puisqu’elle reçoit de gros projectiles enflammés sur le coin du nez. En effet, les barbares sont là, et envoient à grands coups de trébuchets des boules de flammes sur les fantassins et cavaliers en armure lourde qui leur font face. J’en déduis que les projectiles en question sont probablement des historiens pris de combustion spontanée à la vue d’autant d’incohérences en si peu d’espace, même pour un film comme Transformers.

Ignorant les cris des soldats qui se mêlent à ceux des amateurs de Georges Duby, les généraux bretons froncent les sourcils très fort en commentant la bataille.

« Roi Arthur ! Cette bataille est perdue, c’est de la folie, nous sommes un contre cent !
– Ne vous inquiétez pas, Lancelot. Merlin va débarquer, et il a promis de la grosse magie qui déboite ! »

La magie doit d’ailleurs déjà être à l’œuvre, puisque diversité oblige, l’un des chevaliers est noir. Probablement Sir Netflix. Oh, et si cette plaisanterie suffit à vous scandaliser je vous propose de prendre une grande inspiration et de jeter un œil à la bannière de ce blog. Voilà. Non, n’expirez pas. Attendez. Attendez encore. Patientez jusqu’à voir tout noir avec une lumière au bout, et allez vers elle. Voilà. En arrivant, vous direz au Monsieur « Je viens de la part de Monsieur Connard« , il vous indiquera le carré VIP. L’adresse exacte est Huitième cercle, neuvième fosse. De rien.

Mais revenons à nos Bretons.

Car si le roi Arthur attend Merlin, ce dernier, un vieux chevalier amateur de bibine, est en route non vers le champ de bataille, mais vers un lieu secret connu de lui-seul. Une rave party où se ravitailler en bière tiède ? Mieux : un vieux vaisseau extra-terrestre écrasé et couvert d’herbe. Il s’y présente et se met à gueuler :

« Ouuuhouuu ! C’est moi Merlin ! Vous savez, votre copain humain ? Bon, vous pourriez nous aider ? Parce que là, on prend cher face aux barbares, alors si vous aviez une arme ou deux… »

Merlin attend un peu, et un énorme robot surgit des entrailles du vaisseau, un fort gros sceptre à la main. Sceptre qu’il fait rétrécir à la taille de Merlin, et lui confie.

« Tiens, humain, c’est cadeau : un sceptre qui fait apparaître un dragon de métal géant à trois-têtes.
– Que… je… écoutez c’est gentil mais vous n’auriez pas plus simple ? Moi, je m’attendais plutôt, je sais pas, à un gros flingue ?
– Garde-le précieusement, humain, car un jour, des forces maléfiques viendront chercher ce sceptre que nous avons juré de protéger.
– Ben alors vous voulez pas plutôt le garder vous ? »

Mais non. Les Transformers sont complètement cons, et s’ils ont un sceptre super précieux capable de déchaîner des forces terrifiantes et qu’ils ont juré de garder, ils le filent au premier clodo venu. Ils sont comme ça. Faites-moi penser à ne rien leur confier, surtout pas, je ne sais pas moi, un rôle central dans une intrigue.

En attendant, Merlin prend son sceptre, invoque avec un énorme dragon d’acier à trois têtes, saute sur son cheval et fonce rejoindre la bataille contre les barbares ; les troupes de mâles en slips sont vite mises en déroute par le feu venu du ciel. Ainsi, le roi Arthur remporte le combat avec cet adage particulièrement con : « Sans sacrifice, pas de victoire« .

Que ?

Mais au contraire ! Moins il y a de sacrifices, plus la victoire est grande ! Entre celui qui défait un ennemi sans une perte et celui qui y perd 90% de son effectif, à ton avis, qui a la plus belle victoire ? Voiiiilà. Le Roi Arthur est donc, lui aussi, suffisamment neuneu pour apparaître dans ce film, c’est parfait.

En attendant, bondissons 1600 ans dans le futur, de nos jours.

Car suite au précédent épisode de Transformers, on découvre qu’Optimus Prime, le leader des gentils Autobots, est parti dans l’espace à la recherche de ses créateurs pour leur péter la gueule (gros Œdipe le Monsieur). Hélas, tombé à court de carburant, il dérive à présent dans le vide tel un étron de glace et d’acier. Et sans lui, sur Terre, c’est encore plus chaotique : les Terriens ont déclaré tous les Transformers comme immigrés clandestins. Ne me demandez pas pourquoi sachant que lesdits robots ont déjà sauvé le monde 4 fois, et surtout, comment ils comptent les renvoyer d’où ils viennent sachant que leur planète n’existe plus, mais je suppose que dans le doute, ce sera charter pour le Wakanda pour tout le monde.

Seul un endroit accepte les Transformers : Cuba.

Non, je ne plaisante pas. Apparemment, les communistes qui ne manquent jamais une occasion d’emmerder le voisin américain ont décidé d’accueillir les Autobots. Nul ne dit cependant si pour s’adapter, les robots géants sont obligés d’apprendre l’espagnol, de visionner des cassettes vidéos de Fidel Castro, voire carrément d’Usul.

Il n’empêche que semaine après semaine, de nouveaux robots s’écrasent sur la Terre, ce qui est un peu lourd, tant il y a quantité d’autres planètes où s’installer, alors pourquoi la nôtre ? Hein ?  Cette question restant sans réponse, retournons sur le terrain, aux Etats-Unis plus précisément, pour suivre justement une bande d’adolescents qui pour rigoler, pénètre dans une zone dévastée par des combats entre humains et robots récemment arrivés comme ça, hop.

Puisque non : personne ne garde les accès à la zone. C’est comme ça. On compte sur le civisme d’autrui, mais oui.

Or, ces enfants ont séché l’éducation civique, et se retrouvent bien vite à gambader dans les ruines, où…. où… attendez, pourquoi il y a des trucs qui brûlent encore alors que les combats sont visiblement terminés depuis des semaines, voire des mois ? Hmmm. Ça doit être comme dans les films de zombies : même cinq ans après l’apocalypse, les voitures brûlent encore. Toujours est-il que nos petits trous du cul héros tombent bien vite sur des corps de robots géants, là aussi laissés là à pourrir, et constatent que… diable ! L’un d’entre eux bouge encore ! Aaaah !

Heureusement, ce n’est qu’à ce moment que deux sentinelles de la TRF, la Transformers Rabouinage Force chargée de rabouiner les robots géants jusqu’à ce qu’ils finissent publicité pour la casse auto Dépannage 70 (seuls les auditeurs de Radio Star comprendront), débarquent. Les sentinelles étant elles-mêmes… de gros robots automatisés.

Mais quelle excellente idée pour combattre d’autres robots capables de copier/prendre le contrôle de tout ce qui est vaguement mécanique !

Les enfants, quelque peu surpris tant de cette arrivée impromptue que de cette situation qui dégénère, s’enfuient en hurlant. Et voient voler à leur aide une jeune fille de leur âge (ça tombe bien !), Isabella, une espèce de combattante des ruines âgée de quatorze ans, qui a visiblement l’habitude de balancer cocktails molotovs & co sur les robots de la TRF. Ne me demandez pas pourquoi les militaires du coin ne sont jamais allés lui mettre un coup de pied au cul, ni si elle suce des cailloux pour se nourrir vu l’état du quartier, l’important est que notre aventurière aide nos héros à se mettre à l’abri dans une cachette où elle vit avec deux braves Autobots. Un petit mignon, et un grand con. Ce qui ressemble à la description de pas mal de colocations.

Aussi, au même moment, dans un poste avancé de la TRF dans les ruines, des militaires s’agitent.

« Les gars ! Quelqu’un attaque nos robots !
– Quel dommage, chef. Ah, si seulement on avait pensé à garder le périmètre…
– Silence, caporal Roudoudou ! Attendez, j’active nos caméras… là ! Regardez ! Un grand Autobot et une jeune fille aident un groupe d’intrus à fuir ! Allô, l’aviation ? Envoyez un missile sur le robot dont je vous envoie les coordonnées !
– Vous voulez dire qu’on a les moyens d’avoir un avion en l’air 24h/24 mais pas de mettre trois plantins à patrouiller le secteur ? C’est ballot. Non parce que visiblement, ça fait des semaines qu’on ratait la présence d’un robot de 10 mètres de haut dans les ruines que l’on est supposés garder.
– RAAAH ! Roudoudou ! Il suffit ! Le missile vient de tomber ! Aha, le robot géant est mort ! Tant pis s’il était gentil, il n’avait qu’à pas trainer là. Allez me chercher ces enfants et virez-les du coin !
– Alors je voudrais bien mais regardez les caméras.
– Oui ? Mais ? Mais bordel, maintenant c’est Cade Yeager, le héros du film précédent qui arrive en voiture assisté de Bumblebee, son ami Autobot, pour sortir tout le monde du pétrin !
– Ah parce qu’en plus, un mec peut rentrer en voiture dans le secteur sans qu’on ne le repère ?
– ROUDOUDOU !
– Et d’ailleurs, vu qu’on vient de montrer qu’on avait un avion avec missiles en l’air, et qu’il vient de tirer avec succès sur un robot, pourquoi on n’en tire pas un second sur Bumblebee ou l’ami Yeager ?
– Parce que… que… je… le…
– Parce que sinon le film s’arrête, c’est ça chef ? »

Le chef de la TRF hoche vivement la tête, signe l’ordre de renvoi du caporal Roudoudou pour « insubordination & commentaires putassiers », puis ne lance surtout pas la poursuite des fugitifs.

Par quel miracle est-ce que dans cette scène, le personnage le plus crédible est un fauteuil ?

Heureusement pour lui, et comme tous les personnages du film, Cade Yeager a un Q.I qui s’écrit sans avoir à lever son crayon. Et après avoir fait sortir les enfants de la zone il… y retourne, pépère, à découvert, et s’en va trouver le robot que les enfants avaient vu bouger. Un robot en sale état, qui saigne de l’huile verdâtre, et dans son agonie, lance

« Tu dois… sauver… attention… Qin…
– Oui, c’est intéressant. Quel dommage que personne n’ait pensé à venir se pencher sur ton cas plus tôt vu que tu dois être là depuis des semaines. Ils sont forts, ces militaires.
– Dois… prendre… ce médaillon…
– Ah non, moi, les bijoux, c’est pas trop mon truc. J’avais une boucle d’oreille dans les années 90, j’ai préféré oublier. »

Mais malgré les tentatives de l’aider, le robot meurt. Et si Cade ne prend pas le médaillon (Cade est comme ça, il ne veut pas d’emmerdes par contre il viole des zones de sécurité juste pour se marrer), le médaillon, lui, se met à bouger et se glisse discrètement parmi ses affaires. Et sur le chemin du retour, Cade est retrouvé par la TRF qui l’encercle. Les Autobots, qui étaient eux aussi rentrés dans la zone (là encore, sans que personne ne remarque des robots de 10 mètres de haut en vadrouille) viennent bien l’aider et commencer à distribuer des patates au tout venant (et ça fait zouiiiizkronkron), mais rapidement, un autre humain intervient pour faire cesser les hostilités avant que ça n’aille trop loin.

« POUCE ! 
– Que ? Qui parle ?
– C’est moi, le colonel Lenox ! Le gentil militaire qui travaillait avec les Autobots dans le film précédent. Je me moque des ordres de la TRF : ces Autobots peuvent partir. Car ils sont… GENTILS. »

Sa hiérarchie appréciera. Lenox laisse donc tout ce petit monde partir, puis s’en va retrouver ses chefs.

« Salut les copains ! Aujourd’hui, j’ai encore désobéi aux ordres !
– C’est pas grave, c’est cool. Nous aussi, on aime pas trop devoir faire partie de la TRF, mais bon, hein, on est des fonctionnaires. Faut bien. En attendant, écoutez ce que l’on a trouvé l’autre jour : un enregistrement de Megatron, le chef des méchants robots ! Il est encore en vie, planqué quelque part, et d’après ce que l’on a capté, il cherche un talisman, source d’un grand pouvoir, pour tuer les humains, tout ça.
– ÇA ALORS ! Moi qui m’attendais à ce qu’il annonce s’être mis au macramé, je n’en reviens pas ! »

Moi non plus, dites voir.

En attendant, et pendant que vous imaginez à quoi ressemblerait la paisible retraite d’un type nommé Mégatron dans une ferme du Cantal, allons plutôt voir comment va Optimus Prime.

Car figurez-vous qu’à force de dériver dans l’espace, ce petit malin s’était mis sur la bonne trajectoire et sort de sa torpeur glaciale lorsqu’il s’écrase… sur les restes de Cybertron, son monde d’origine. Il se relève alors du petit cratère qu’il a formé et s’exclame :

« Mon monde ! Que lui est-il arrivé ? »

Que ? Mais ? Attendez, ça fait CINQ films qu’on nous dit que leur planète a été détruite, même dans celui-ci, on a le droit à « Ce sont des réfugiés venus d’une planète détruite« , et lorsqu’Optimus Prime arrive il est SURPRIS de découvrir que son monde est détruit ? Mais enfin ?! Même en larguant une truite sur un clavier on obtient des dialogues moins débiles ! En tous les cas, Optimus entend une voix qui l’appelle.

« Optimuuus…
– Que ? Qui me parle ?
– C’est moi… ta créatrice ! Qintessa !
– Ah, ça ! J’étais justement venu pour vous péter la gueule ! Ne bougez pas, j’arrive ! »

Et Optimus de repérer ce que l’on décrira au mieux comme une nymphette d’acier flottant dans les airs. Mais à peine est-il arrivé près d’elle qu’il tente de lui mettre un bon coup d’épée dans la truffe pour lui apprendre à créer des personnages aussi idiots. Sauf que voilà : la bougresse a de la ressource, et de ses mains jaillissent des éclairs qui paralysent notre héros, puis des chaînes surgissent du sol pour s’assurer qu’il ne bougera plus.

« Du calme, Optimus. C’est à cette heure-ci que tu rentres ? Et où es-tu encore allé traîner que tu as l’apparence d’un camion américain ?
– Mais môman je… non, attendez ! Ce n’est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire c’est QU’AVEZ-VOUS FAIT À MON MONDE ?
– Ben t’es con ? C’est la guerre entre toi et Megatron qui l’a détruit.
– Ah oui, flûte, c’est vrai. Bon ben j’ai rien dit.
– Non mais c’est bien, ça a permis aux spectateurs qui ne suivaient pas de se remettre à jour, c’est malin. En attendant, petit con, tu es à moi ! Et tu vas m’obéiiiir ! Tu vas m’aider à reconstruire Cybertron !
– Ah oui ? Présenté comme ça, c’est finalement assez tentant.
– Oui. Et pour cela, j’ai besoin de mon sceptre. Qui m’a été volé il y a bien longtemps par mes douze chevaliers gardiens.
– … ils vous ont trahi en même temps ? Tous les douze ?! V’là les gardiens ! Et pourquoi ?
– Chépatro. »

C’est crédible. En attendant, celle que nous appellerons Qin explique à Optimus que ces petits branlotins de gardiens se sont non seulement barrés avec son sceptre, mais en plus, ils l’ont donné aux humains. Elle le sait parce que… heu… bon. Disons qu’elle va vu le début du film. Et qu’elle a ensuite attendu 1600 ans avant de s’en inquiéter.

« Tout ça pour te dire mon petit Optimus que tu vas aller sur Terre et retrouver mon sceptre ! L’arracher aux mains d’Unicron, qui n’est autre que la Terre elle-même, et accessoirement mon vieil ennemi !
– La Terre est un robot ? Eh ben. Bon, et pourquoi je ferais ça ?
– Parce que je t’hypnotiiiiiiiise ! Désormais, tu seras… Némésis Priiiiime ! »

Personnellement, je m’attendais plus à Optimus 98 ou Optimus XP, voire carrément Optimus Vista pour appuyer la cruauté insufflée en ce pauvre Optimus, mais apparemment, non. Je suis un peu déçu.

Quand Optimus est hypnotisé, ses yeux passent du bleu au mauve pour bien montrer qu’il n’est plus lui-même et qu’il faut lui pardonner. À sa place, j’aurais toujours une paire de lentilles mauves sous la main pour faire des blagues avant de dire « Ah nan, désolé, j’étais hypnotisé, vous avez vu mes yeux ? »

Retournons donc sur Terre voir comment va Cade, notre fier américain étant retourné à sa planque du moment : une casse automobile au milieu du désert où les Autobots survivants peuvent s’ébattre voire se battre en paix. Hélas pour Cade, qui a déjà bien des choses à gérer avec les Autobots dinosaures qui font les cons et démoulent du boulon toute la journée, voilà qu’Isabella, la gamine sauvée dans les ruines plus tôt dans le film, a réussi à se planquer dans sa voiture et à le suivre jusqu’ici.

« Mes parents sont morts ! Je veux rester avec vous !
– Ecoute gamine, tu es gentille, mais j’ai déjà des dinosaures à nourrir, alors je vais pas adopter Dora l’Exploratrice.
– Mais Monsieur, je peux vous aider ! Car je suis un génie de la mécanique malgré mes 14 ans !
– Ah ouais ? Alors supposons qu’un Autobot reçoive un tir de 50mm dans le torse qui sectionne net son injection moteur avant-gauche que ferais-tu ?
– Eh bien d’abord, je ferai une redirection du circuit principal vers… »

Bon.

Je vais essayer de rester calme. Et je vais reposer cette question : qui est la petite roulure de scénariste qui a inventé le premier enfant de film américain ? Et pourquoi tous les autres l’ont copié ? Non, AUCUN enfant de 14 ans ne parle comme ça. Logiquement, à cet âge, il sait à peine lire et écrire (du moins s’il est actuellement dans le système scolaire français sans parents à la maison pour corriger le tir), ses passions se limitent à Fortnite, aux blagues de pets et aux Youtubeurs pas drôles, quant à la mécanique, c’est plutôt l’âge où l’on pense à son propre injecteur plutôt qu’à celui des robots de l’espace.

Mais en attendant, nous allons donc devoir supporter Léa Passion Mécanique. Et comme elle est enfant + femme + issue d’une minorité, autant vous dire qu’elle n’aura jamais tort.

Toujours est-il que ça bouge ailleurs sur Terre. Car à six endroits différents, d’énormes structures métalliques, qui croissent jour après jour, sont apparues. Et depuis qu’elles l’ont fait… on a repéré un énorme objet venant de l’espace fonçant droit vers la terre. Mais visiblement, pas grand monde ne panique, et tout le monde prend plutôt bien l’information en haut-lieu façon « Ah oui, d’accord« . On sait pas, si ça se trouve, ça a l’air énorme et en fait c’est un truc minuscule. Un peu comme un début de campagne de vaccination française.

L’armée, elle, est sur le pied de guerre malgré tout, et le colonel Lenox est convoqué par ses supérieurs.

« Colonel, vous savez l’objet qui fonce vers la Terre ?
– Oui ?
– Eh bien on s’en fout. Nous, on a une nouvelle plus importante : vous savez, les structures métalliques géantes… on a aperçu Mégatron leur rendant visite, à chacune d’entre elles.
– Et personne n’en a profité pour lui plomber la gueule ?
– Ah ben non parce que…
– … le film s’arrêterait ?
– Voilà. Donc notre plan est vachement mieux que de plomber la gueule de Mégatron. Comme il a l’air de savoir ce que sont ces structures, et à quoi elles pourraient mener, nous allons négocier avec lui.
– Pardon ? Écoutez chef, ça fait quatre films qu’il essaie de tous nous tuer, on pourrait peut-être accepter que c’est juste une raclure ?
– AHLALA LES PRÉJUGÉS ! Tout le monde a le droit à une cinquième chance ! Pas de tolérance pour l’intolérance, je vous préviens !
– Alors oui mais justement, Mégatron n’est-il pas lui-même intolérant quand il essaie de nous tuer ? »

Le chef de Lenox se lance alors dans une grande explication comme quoi c’est pas pareil, que Mégatron est en fait victime de la société qui l’a rejeté, et que le meilleur moyen d’en finir avec lui, c’est lui construire un skate park, d’envoyer des animateurs sur Cybertron faire des ateliers sur le thème de la Guerre d’Espagne, ou encore de faire rentrer plus de Decepticons à Sciences Po. Le tout, dans le respect des valeurs de la République.

Lenox se contente de hocher la tête.

« Tout ça pour vous dire que voilà ce que Mégatron a demandé : il veut qu’on relâche certains de ses complices. Nous avons cru comprendre qu’il avait besoin d’eux pour aller combattre Cade Yeager et ses alliés, afin de s’emparer d’un objet qu’ils convoitent. Une sorte de médaillon comme on le disait, mais c’est pas bien clair. Ca peut aussi être un piercing. Ou un étui pénien, nos meilleurs traducteurs sont sur le coup.
– Et vous allez le faire ? Libérer ses potes criminels ?
– Ben oui. Car nous avons déjà la localisation de Cade Yeager. Nos hommes avaient réussi à implanter un mouchard sur Bumblebee. Nous allons donc donner sa localisation à Mégatron, qui ira chercher le médaillon pour nous. Et après, nous l’abattrons, et le tour sera joué.
– Et heu… pourquoi on ne va pas juste chercher le médaillon nous-mêmes ?
– … ah mais ? Mais attendez ! Meeeeeerde, pourquoi n’y a-t-on pas pensé plus tôt ? »

Peut-être parce que de manière générale, vous pensez assez peu ?

Il est de toute manière trop tard pour revenir en arrière : le plan est déjà lancé, les amis de Mégatron libérés, et lui et ses petit copains se dirigent promptement vers la planque de notre héros.

Cade, qui était pépère dans sa casse, aperçoit ainsi soudain toute une armée de véhicules qui lui arrive dessus. Si dans un premier temps, il pense à une Rave Party et commence à sortir l’ecsta et la beuh, il comprend vite de quoi il retourne en voyant que les véhicules sont propres, ce qui infirme immédiatement sa première hypothèse. Comprenant que ce doit être des Decepticons taquins, il s’enfuit avec ses copains les Autobots pour aller se planquer dans une petite bourgade voisine abandonnée (il a toujours ça sous la main). Qui est prévue pour ce genre de situation : elle est bourrée d’explosifs et autres pièges. Ce qui permet à nos héros d’être en bonne position lorsque les vilains Decepticons débarquent, et même d’en détruire une paire, forçant Mégatron à se replier en bougonnant.

Bon, accessoirement, et comme il se doit, nos héros doivent surtout leur victoire au fait que les méchants ratent tous leurs tirs quand ils allument les gentils, fut-ce à dix mètres et au milieu d’une rue déserte. Pratique.

C’est alors qu’entre en scène la TRF, qui n’aimant pas trop Cade Yeager, compte bien lui péter la truffe puisque Mégatron a échoué.

On profitera, lors de cette scène, du personnage de Jimmy, l’assistant noir de Cade dans sa casse auto, qui a le droit au rôle très original du noir rigolo. Ce qui signifie qu’il court partout en faisant n’importe quoi, qu’il ne lui arrive que des trucs rigolos, gaffe en permanence et finit toutes ses phrases par « mec ! » entre deux références à la rue et/ou à la prison.

Alors un petit message aux antiracistes autoproclamés d’Hollywood : plutôt que de coller des chevaliers de la table ronde blacks pour vous acheter une conscience, ce serait peut-être plus sympa d’éviter de nous servir ce genre de rôle de noir gaffeur. Attendez, correction : ce serait mieux d’arrêter de faire des films en fait. C’est plus sûr.

Mais revenons à nos héros, qui courent dans les rues de la ville abandonnée alors qu’arrivent au-dessus d’eux des drones armés de la TRF. Passons sur les multiples acrobaties et fusillades pour détruire les drones, et savourons comment, finalement, et selon les plans, la ville est abandonnée, puis en fait non puisqu’on y voit des gens y vivre ou y faire le ménage, puis à nouveau non et…

217 millions de dollars pour ce film, et voilà.

À peu près n’importe quelle scène de baston du film. Explosions, étincelles et impossible de savoir ce qu’il se passe.

Au beau milieu des combats, Cade s’aperçoit cependant qu’en plus de ces soucis de figurants, il se passe d’autres choses suspectes. Comme par exemple, le mystérieux médaillon reçu plus tôt dans le film qui s’active, comme pris d’une vie propre, et se met à lui courir sur le bras avec de petites pattes, ou à se faufiler juste là où il faut pour dévier une balle. Cade commence à gueuler que eh, oh, ça suffit, tu me fais des guilis, uhuhu, quand soudain, alors que les drones de la TRF sont vaincus, il tombe au beau milieu d’un immeuble vide sur Cogman, un robot humanoïde à taille humaine, avec un style de majordome, et qui lui, n’a pas l’air de vouloir lui sortir les tripes à la ponceuse comme un vulgaire Decepticon.

« Ecoute-moi bien Cyber Alfred, je ne sais pas ce que tu veux, mais tu vas te barrer parce que c’est pas le moment !
– Si, c’est le moment, Monsieur. Voyez-vous, si tout le monde vous en veut, c’est à cause de ce médaillon mystérieux. Il s’est attaché à vous et ne vous quittera plus jusqu’à la fin de votre quête. C’est comme cela que je vous ai retrouvé. Mon maître attendait ce jour depuis bien longtemps. Suivez-moi, et montez dans cet avion géant posé juste à côté de la ville que personne n’avait remarqué alors que toute l’armée est là, en plus des Decepticons.
– Vous aussi vous avez remarqué comme tout le monde a l’air de ne jamais rien repérer dans ce film ?
– Pas même la réalisation, Monsieur.
– Bon ben d’accord. Je peux emmener Bumblebee avec moi ? C’est le moins armé de tous mes alliés mais le plus gentil, alors bon, j’imagine qu’au combat, ça compense.
– Faites, Monsieur, car l’avion est tellement grand qu’il a la place pour un robot géant. Allez, dites au revoir à vos amis et en route pour l’Angleterre ! »

Et Cade de s’exécuter après avoir dit au revoir à ses amis Autobots, ainsi qu’à Isabella. Mais pas à Jimmy parce que hihihi, il est trop con.

Et hop, en route pour l’Angleterre, sous les yeux des Decepticons, de l’armée et de la TRF, sans que personne ne se dise « Tiens, un aéronef géant non-identifié, si on réagissait ?« . Non. Tout le monde compte ses crottes de nez, et nos héros peuvent traverser l’Atlantique comme ça, hop, pépères. Le tout à bord d’un avion qui accessoirement, est armé : c’est connu, les pays du monde entier aiment laisser des aéronefs armés baguenauder dans leur espace aérien. J’ai connu des Super 5 plus contrôlées que cet aéronef.

Il n’empêche que toute l’équipe arrive en Angleterre, et se pose à proximité d’un joli petit château où ils sont accueillis par le patron de Cogman, Sir Burton, un aristocrate et ami des Transformers. Il en héberge d’ailleurs des plus ou moins récents, comme Bulldog, un Transformers qui a l’apparence d’un char britannique Mark I de la Première Guerre mondiale et… tire parfois accidentellement sur les gens.

Rien de grave, nous dit Sir Burton.

Bon. Ben je ne sais pas ce qui l’est alors.

Mais Sir Burton n’a pas prévu d’inviter uniquement Cade à sa table aujourd’hui. Non, il a quelqu’un d’autre au programme : Viviane, une professeure d’histoire dans une fac anglaise qui comme toutes les profs d’histoire, a l’air de sortir d’une soirée suspecte au casino, talons aiguilles de sept mètres de haut et robe d’escort-girl inclus (mes lectrices profs confirmeront que tous les jours, elles vont ainsi enseigner à des sixièmes déchaînés). Rien qu’à son allure, je peux déjà vous dire à qui elle fait des bisous à la fin du film, puisqu’on dirait que quelqu’un a volé le maquillage de Megan Fox pour lui tamponner la face avec. Mais voilà : alors qu’elle grimpait dans sa splendide voiture française de collection, voici que ladite voiture ouvrit d’elle-même la boite à gants, en tomba une mystérieuse invitation… et ladite voiture se mit à parler avec un fort accent français.

« Arrêtez de crier, bougresse ! Je vous emmène voir quelqu’un !
– Mais ? Qui êtes-vous ?
– Je suis un Autobot, n’ayez crainte !
– Comment dois-je vous appeler alors ? DS ? Ma DS ? 
– Non, je suis une DS de combat. Appelez-moi… P’tit Clamart. »

J’en profite tout de suite pour vous faire une sombre révélation : P’tit Clamart est joué par… Omar Sy. Voilà voilà. Pas sûr que ça apparaisse sur son CV. Il n’empêche que P’tit Clamart emmène notre héroïne jusqu’au château de Sir Burton, où tout le monde est ainsi réuni. Et évidemment, dès le début Viviane déteeeeeste Cade, qu’elle trouve rustre et de manière générale, américain, ce qui est déjà beaucoup dire. Sir Burton a tôt fait de calmer les esprits de tout le monde en proposant une petite visite du château où il présente d’autres robots qu’il planque chez lui, comme un minuscule robot-montre « qui est celui qui a tué Hitler« . D’ailleurs, révélation : Sir Burton évoque que Bumblebee en personne a combattu les nazis durant la Seconde Guerre mondiale.

« Avant d’être votre ami, ce robot était déjà là, Cade. Il a combattu dans une unité spéciale américaine. Voyez plutôt ce flashback où on l’aperçoit attaquer un QG nazi.
– Impressionnant ! 
– Oui, je fais super bien les flashbacks de choses que je n’ai pas vécues moi-même. Mais vous avez l’air perplexe ?
– C’est-à-dire que si les armées de l’époque employaient des Transformers… il y a dû y en avoir chez les nazis aussi, non ?
– Je… écoutez, Panzer Prime s’est retiré en Argentine, quant à Zyklon Truck, je préférerais que l’on n’en parle pas. »

Soit. Passons.

Notez que cette scène reste toujours plus réaliste que Battlefield 5.

Sir Burton poursuit en tout cas en expliquant que les Transformers ont toujours été là historiquement, et que les plus grands chefs de ce monde ont aidé à les protéger depuis la nuit des temps. Et que la famille de Sir Burton s’est toujours consacrée à cette tâche.

« … c’est pour cela qu’on stocke plein de jolis souvenirs ici. Comme là, des œuvres de de Vinci traitant des Transformers, là une photographie d’un Transformer durant la Guerre de Sécession, et pis là, bon, ben c’est la Table Ronde. Qui veut un café ?
– Attendez ! La Table Ronde ?
– Hein ? Oui, elle est là. On peut prendre le café dessus si vous voulez. Moi une fois, j’ai fait venir une danseuse, eh ben j’peux vous dire qu’y a pas que la table qui était r…
– Non, écoutez, vos histoires de vieux cochon, on s’en fout ! La Table Ronde est chez vous, vraiment ?
– Oui. C’est ici que prirent place les 12 chevaliers de la Table Ronde. Eux-mêmes épaulés, chacun, par l’un des 12 chevaliers Transformers. Qui virent dan cette alliance l’union parfaite entre les robots et les hommes. Mais la légende dit que viendrait un jour un ultime chevalier. Qu’il serait choisi par ce médaillon. Ce médaillon que vous portez, Cade. Vous êtes le dernier chevalier de la Table Ronde. Et croyez-bien que ça me fait mal au popo d’apprendre que l’ultime chevalier est un Texan avec une coupe à la con.
– Oh, hé, ça va aller oui ? »

Mais Sir Burton se fait soudain plus sombre.

« Écoutez les kikis, je ne vais pas y aller par quatre chemins, si je vous ai fait venir, c’est parce que c’est un petit peu la merde. La planète Cybertron est en train de nous arriver droit dans la mouille, et vous savez pourquoi ? Car les vilains Transformers vivant encore sur cette planète ruinée veulent retrouver le sceptre. Le sceptre de Merlin. Qui lui fut donné par les douze chevaliers qui le protégeaient. Grâce à ce sceptre, qui fut combiné à l’ADN de Merlin pour que seul lui puisse l’utiliser, il pouvait commander aux douze chevaliers, qui disposaient du pouvoir de se combiner en dragon et…
– Vous réalisez à quel point c’est complètement con ?
– Oui je sais, des chevaliers qui se grimpent mutuellement, ça a plus de chance de finir en soirée Jacques de Molay qu’en dragon. 

– Non, ce que je veux dire, c’est que si les chevaliers pouvaient faire ça tout seuls, à quoi sert le sceptre ? Ils ne pouvaient pas juste aller aider ce brave Merlin, combinés ou non, au lieu de lui filer leur relique la plus précieuse pour l’agiter comme un zazou dans la campagne ?
– … ahem, broum broum, je n’ai pas fini mon histoiiiire alors oublions cette interruption ! Merlin a été enterré avec son sceptre. Or, seul quelqu’un ayant son ADN peut l’utiliser. Et cette personne, c’est vous, Viviane. La dernière descendante de Merlin. Et votre vieux père devait savoir où se trouvait le sceptre. Nous avons donc besoin de vous pour l’utiliser… et sauver la planète ! »

Fort bien.

Et sinon, puisque vous n’avez pas le sceptre, justement, comment pouvez-vous savoir qu’il a bien été enterré avec Merlin ? Et mieux encore, qu’il fonctionne avec l’ADN de celui-ci ? Hmmm ? Il aurait fallu, je ne sais pas, moi, étudier le sceptre pour cela ?

Mais avant qu’on ne puisse souligner ce petit problème, voici que le château de Sir Burton est soudain encerclé par la police et des troupes de la TRF : ils ont retrouvé nos héros et comptent bien les arrêter parce que ça suffit maintenant les conneries ! Heureusement, il se trouve que P’tit Clamart dispose d’un pistolet qui crée une bulle ralentissant le temps. Ce qui est très pratique, par exemple pour permettre à nos héros de fuir, ou bien pour calmer les enfants hyperactifs. Ce second point fonctionne aussi avec les pistolets classiques, mais là n’est pas le sujet.

Tout le monde parvient à fuir jusqu’à Londres, où ils se divisent en deux groupes : Cade et Viviane se rendent dans l’ancien bureau du papa de Viviane, resté bien évidemment en l’état depuis des années, pour y chercher un indice sur où se planquerait le sceptre de Merlin. Sir Burton et Cogman eux vont récupérer à la bibliothèque du coin une information laissée par un contact… et de poids. Puisque d’après de vieux documents, il était prédit que Cybertron s’approcherait de la Terre. Pour venir en sucer toute l’énergie et se reconstituer ! Heureusement, la Terre, qui répond au nom d’Unicron selon les anciens textes (oui, la planète entière est un truc suspect), se fait pousser des cornes pour repousser les emmerdeurs de l’espace. C’est ça, ces structures métalliques géantes qui poussent un peu partout dans le monde ! Et si l’on forme un cercle avec ces cornes, et que l’on regard au beau milieu… on trouve Stonehenge ! Donc, pour repousser Cybertron, il faudrait se tenir là avec le sceptre de Merlin, et paf, pastèque.

Pourquoi est-ce que tout cela est à la fois inutilement compliqué et formidablement débile ?

Viviane et Cade, eux, finissent par trouver l’indice sur où se planquerait le sceptre de Merlin : dans un vieux livre d’enfance de Viviane, il y avait écrit sous une tirette d’une page en 3D « Salut c’est papa, si tu cherches le sceptre par exemple parce qu’une planète géante foncerait vers nous, va au musée de la marine et trouve le S.S Ploufy. Bisous, papounet« . Sinon, tu n’aurais pas pu tout simplement dire à ta fille où chercher en cas d’urgence ? Hmmm… non. Planquer des indices dans des livres pour enfants sans prévenir leur propriétaire, c’est tellement plus drôle.

* * *

Dans une réalité alternative un peu plus crédible.

« Viviane, et si votre père avait caché un indice dans vos vieilles affaires ?
– Celles que j’ai vendues sur le bon coin il y a quinze ans ? »

Cette réalité alternative s’acheva peu après ce dialogue, lorsqu’elle reçut Cybertron en plein dans la face.

* * *

Reprenons.

Tout le monde fonce donc se réunir au musée de la marine, malgré les autorités locales, la TRF et même les Decepticons qui se pointent pour les en empêcher. Mais grâce à moult cascades, nos héros arrivent en premier au musée de la marine et au S.S Ploufy, un sous-marin ouvert aux visites. Et qui s’avère être un Transformer, bien évidemment.

« Bon ben moi, j’me casse. » annonce Sir Burton.

En effet, estimant qu’il sera plus utile ailleurs, notre héros laisse Cade et Viviane à bord du S.S Ploufy, ce qui laisse quelque peu dubitatif quant à pourquoi il a risqué sa vie en moult cascades pour rejoindre ses amis, juste pour leur dire « En fait non, je ne viens pas« . Quelle efficacité ! Heureusement que chaque minute compte. En lieu et place, Sir Burton se rend chez le Premier Ministre britannique, puisqu’il connait une entrée secrète jusqu’à son bureau (c’est ce qui permet à des farceurs, depuis un moment maintenant, de piquer le peigne de Boris Johnson dès qu’il le pose sur son bureau) pour lui dire qu’il a des infos chaudes patates sur la fin du monde qui se profile. Et a besoin d’aide pour l’éviter.

Sir Burton, ici se dépêchant de rejoindre ses amis pour leur dire qu’il ne les rejoint pas.

Pendant ce temps, à bord du S.S Ploufy, Cade et Viviane se tournent gentiment autour (quelle surprise !) pendant que Cogman, resté avec eux, leur prépare un dîner romantique aux chandelles afin d’aider, probablement pour s’assurer que l’ADN de Merlin connaitra une génération de plus. Bumblebee, accroché à l’extérieur du sous-marin, voudrait bien taper au hublot pour prévenir Cade que Cogman a glissé suffisamment de viagra dans son verre pour mêler astucieusement ivresse des profondeurs et priapisme, lorsque voici que le S.S Ploufy arrive à destination : l’antique vaisseau englouti des chevaliers Transformers.

« Mais ? Il n’était pas à la surface au début du film ? Vous savez, quand Merlin est venu lui rendre visite ?
– Ah oui tiens, flûte. Bon, on va dire qu’il a bêtement glissé de sa falaise, et paf, il est tombé par 4 000 mètres de fond. »

Ça arrive. Tenez, ma dernière maîtresse, pareil. On était dans le jardin, elle a glissé, et ça alors ! On l’a retrouvée au fond d’un lac avec des chaussures en béton. Les accidents. C’est comme ça.

Hem.

Le S.S Ploufy rentre dans les anciens hangars du vaisseau, et ça tombe bien dites-voir : il y a de l’oxygène à volonté là-dedans… oh, et bien sûr, des torches et flammes pour donner à l’antique vaisseau un côté tombe oubliée. Flammes qui brûlent donc depuis 1600 ans dans une poche d’air, je note, je note. Nos héros partent explorer le bousin, ignorant qu’ils ne sont pas seuls : la TRF a réussi à envoyer une paire de commandos en petits sous-marins les suivre, et un mystérieux robot se joint lui aussi à la fête, mais lui reste dans l’ombre et a l’air d’être là pour son propre compte. Notre duo de choc Cade-Viviane arrive cependant jusqu’à la tombe de Merlin puisque oui, il est enterré… dans un vaisseau Transformers submergé. C’est bien normal. Mais bon, hein, on parle de Merlin, alors laissons les normes de côté, et zou, ouvrons la tombe pour y trouver un cadavre drôlement bien conservé ! Mort, certes, mais limité momifié. Et il tient entre ses mains un sceptre…

… que Cade attrape et balance par terre en gueulant comme un putois.

« Ouah, heu, trop nul ! C’est quoi cette merde ? Un sceptre en bois ? On n’est pas venus pour ça ! Allez, on s’en va ! »

Que ? Pardon ? Écoute pépère, il va falloir nous expliquer un truc ou deux, comme :

  1. D’où tu sais que le sceptre n’est pas en bois, tu n’en as aucune description ?
  2. Merlin s’est fait enterrer avec ce sceptre, donc p’têtre qu’il a quand même un vague intérêt ?
  3. Dis-donc Viviane, toi qui es historienne et descendante de Merlin, ça ne t’emmerde pas ce rabouin qui pille la tombe et balance les reliques de papy partout ?

Mais non. Nous sommes en présence de deux neuneus d’un tel calibre que même le gouvernement français n’en voudrait pas comme porte-parole, et c’est déjà dire beaucoup. C’est donc avec un bol incroyable que finalement, Viviane se décide à ramasser le sceptre et… pif pouf ! Il change d’apparence sous ses doigts et se transforme en sceptre métallique !

« Ah ben dis, heureusement qu’un gros con ne l’a pas malmené, c’était bien le vrai sceptre !
– Aha heu… oui, quel coup de chance ! »

Sauf que l’activation du sceptre et tout le bruit causé par nos amis éveillent d’anciens robots endormis, qui se mettent à courir partout en hurlant « Protégeeeer le sceeeptre !« . Heureusement, la TRF arrive avec ses légendaires armes qui ne font rien aux Transformers (c’est la seule unité spécialisée qui n’a pas d’armes adaptées à ses cibles, c’est bien fait), mais finalement, le mystérieux robot aperçu plus tôt arrive et découpe tous les méchants avant de s’avancer dans la lumière et…

« Optimus Prime !
– Non ! Je me nomme désormais Némésis Prime ! Et vous allez me donner le sceptre !
– Optimus, non ! Ce n’est pas toi ! C’est impossible ! Optimus, il est aussi gentil qu’il est neuneu ! Soit trèèèèès gentil ! Alors que toi… bon, tu es neuneu aussi, mais méchant ! Optimus, tu n’es pas Optimus !
– Même que si c’est moi. Bon, maintenant, donnez-moi le sceptre ou je vous malaxe les gencives avec mon poing de la taille d’un Twingo.
– Dit comme ça, tenez Monsieur Prime. Et bonne journée bien sûr. »

Et Optimus de partir avec le sceptre, hop. Il est temps, car tout le vieux vaisseau est en train de se réactiver et de remonter à la surface, et ses chevaliers endormis, de se réveiller. Optimus s’apprête à se barrer avec le sceptre sitôt que le vaisseau a fait surface, lorsque soudain, Bumblebee arrive pour l’arrêter. Évidemment, c’est la bagarre, ça fait zouiiiizkronkron dans tous les sens, et finalement, Bumblebee arrive à faire revenir Optimus à lui en invoquant le pouvoir de l’amour et de l’amitié (comprendre qu’il lui dit « Allez steuplé fépataput‘ » et hop, c’est bon).

Personne ne l’avait vu venir !

Mais ce que personne n’a vu venir non plus, c’est Mégatron qui en embuscade, attendait, débarque, castagne qui de droit, s’empare du sceptre et redécolle aussitôt sous sa forme d’avion, ce qui est quand même plus pratique que, je ne sais pas moi, un robot qui peut juste se transformer en Citroën DS. Le sceptre est donc perdu, et Mégatron peut le rapporter à Qintessa, la méchante de Cybertron dont la planète est désormais toute proche. Planète qui déploie de gigantesques pinces grosses comme des villes entières qui se plantent dans la Terre pour commencer à lui sucer la moëlle, ou un truc du genre.

Pardon ? Ça devrait causer quelques petits problèmes environnementaux, tout ça ?

Pfff. Vous n’y connaissez rien. Si faire rentrer des objets géants dans l’atmosphère avant de les écraser par terre avait de vagues conséquences, ça se saurait.

Je vous mets une image de dinosaure Transformers. Comme ça. Aucun rapport avec la phrase précédente.

Mais, revenons à nos héros.

Au sommet du vieux vaisseau Transformers, Optimus enrage donc, se demandant en substance comment il a pu se laisser hypnotiser par l’autre truffe de nymphe mécanique. Et accessoirement, décidément, pourquoi elle a attendu 1600 ans pour se remuer le cucul alors qu’elle pouvait venir pourrir la Terre quand elle le voulait. Les chevaliers Transformers du vaisseau fraîchement réveillés, eux, s’en moquent : Optimus est venu, a tabassu et est repartu avec le sceptru, aussi c’est un traître et ils le condamnent à mort. Mais alors que les chevaliers s’apprêtent à abattre une lame géante sur sa nuque d’acier… voilà que le médaillon de Cade, présent à cet instant, s’agite, se transforme en épée qui saute dans la main de Cade, et lui permet d’arrêter 30 tonnes de métal lancées à pleine vitesse, et ce, d’une main s’il-vous-plaît !

« Diable ! Il a Excalibur ! C’est l’un des nôtres ! » disent les chevaliers robotiques « Bon ben on ne va pas tuer Optimus Prime si tu nous dis de ne pas le faire, ça roule. »

Quel dommage que le médaillon ne se soit pas transformé en épée surpuissante les 122 fois précédentes durant le film durant lesquelles Cade aurait bien eu besoin d’une arme capable de meuler du robot. Mais bon, l’épée cheatée qui n’arrive qu’à la fin du film alors que le héros l’avait depuis des plombes, c’est un classique des films de robots : souvenez-vous de Pacific Rim.

Toute l’équipe est cependant bientôt rejointe par un vaisseau Autobot dans lequel se trouvent tous ses amis qui vivaient dans sa casse automobile (y compris Isabella : toujours amener une gamine de 14 ans à la guerre, on ne sait jamais, en cas de problème, on peut peut peut-être s’en servir de stock d’organes), et hop : tout le monde grimpe à bord et fonce en direction de Stonehenge pour tenter d’arrêter Mégatron, qui s’y trouve avec quelques alliés et surtout, le sceptre.

Pas de bol pour Mégatron, sur place l’attendent Sir Burton et l’armée britannique, puisque l’ami Burton avait demandé de l’aide au Premier Ministre anglais. Souvenez-vous. Les perfides Anglais parviennent donc à faire bobo aux vilains, mais comme toujours, pas plus que ça puisque une fois de plus, quand le film n’a pas envie de tuer un robot même les missiles ricochent sur lui alors que deux scènes plus loin, un gros caillou mal placé le brisera en deux. Toujours est-il que Mégatron apprécie moyennement l’accueil, et envoie un gros obus dans la face de Sir Burton qui avait intelligemment décidé d’attaquer ses ennemis seul, à découvert, et seulement armé d’une canne fusil. Il en meurt.

C’est mérité.

Profitant cependant d’un problème de raccord entre deux scènes, Mégatron se trouve soudain téléporté sans aucune explication sur Cybertron, où il rejoint sa patronne, Qintessa, pour lui donner son sceptre.

C’est… pratique.

« Voilà Madame. 
– Excellent ! Seule mwamême et la descendante de Merlin pouvons l’utiliser. Donc protégez-moi pendant que j’invoque son pouvoir pour sucer l’énergie de la Terre et commencer à reconstituer notre planète ! »

Et hop, des éclairs, des bruits sourds, et c’est parti : Cybertron commence à se reconstituer, ce qui ne se fait pas sans quelques petits déchets, genre des bouts de planète en ruine qui pendouillaient qui tombent sur Terre. Et qui va encore devoir ramasser après, hmmm ?

À noter que rien de tout cela ne perturbe le réseau 4G, puisqu’alors que nos héros grimpent tous à bord du vaisseau Autobots avec des militaires pour aller trouver Qintessa sur Cybertron pour lui refaire la margoulette au calibre 50, Cade envoie sans problème un SMS à sa fille qui vit à l’autre bout du monde.

« Agad’ dans le ciel, papa va déboulonner du migrant mécanique ;) :p »

Ah, ça. Je ne vous cache pas que Cade ne vote pas Benoit Hamon. Ce qui lui fait un point commun avec 94% des gens, mais tout de même, c’est un peu rude.

Voilà. Cela étant fait, en route ! Le plan est simple : par un incroyable hasard, il se trouve que Qintessa a sa planque dans un bout de Cybertron… qui pendouille dans l’atmosphère terrestre. Comme c’est pratique ! Les Autobots vont donc, avec leur vaisseau, survoler le bidule, larguer des appareils volants de l’armée juste au-dessus pour qu’ils puissent venir s’y écraser, car à cette altitude, leurs rotors ne leur permettent pas de se maintenir en l’air et…

Aaaattendez : est-ce que le plan est de larguer des véhicules qui volent mal pour qu’ils s’écrasent ? Et ce depuis un vaisseau volant qui LUI fonctionne bien ?

Oui.

Je… je crois que quelqu’un avait envie d’une scène de crashs en série et s’est fait plaisir. Que voulez-vous que je vous dise ? Nous en sommes là. Et donc, soit : le vaisseau Autobot survole la zone qui pendouille dans l’atmosphère, largue les appareils humains qui ralentissent à peine leur chute, et pouf, tous viennent s’écraser sur ce qui ressemble à un bout de plaine flottant au milieu du ciel. Et en sortent sans même une égratignure soldats comme Autobots pour aller affronter les méchants Decepticons de Qintessa qui gardent le secteur.

Bon, ce qui est très con sachant que les humains n’ont, encore une fois, apporté que de petits fusils qui font juste des étincelles en touchant l’ennemi. Que c’est utile ! La prochaine fois, essayez directement d’uriner sur l’ennemi : avec un peu de bol, il finira par rouiller, et ce sera toujours plus efficace que vos pétoires.

Heureusement, alors que nos amis ne parviennent pas à avancer malgré le renforts de quelques Autobots, Optimus Prime débarque avec… les douze chevaliers combinés en dragon (je… je me relis et tout cela est tellement absurde, même à écrire) parce qu’il s’est dit « Eh les mecs, désolé pour tous vos morts, j’avais oublié qu’on avait un dragon géant blindé à disposition, huhuhu ! Ah et les 12 chevaliers aussi avaient oublié qu’ils pouvaient faire ça. C’est pas grave, vous ne nous en voulez pas, pas vrai ? »

Non, je veux dire, ça arrive : qu’est-ce que c’est que quelques millions de morts sur Terre pendant ce temps à cause d’un oubli qui a fait perdre quelques minutes d’apocalypse planétaire ?

Et d’ailleurs, c’est encore une preuve qu’il n’y avait en fait aucun lien entre ce dragon d’acier et le pouvoir du sceptre, puisque bien que ce soit Qin qui détient le sceptre, le dragon formé des douze chevaliers combinés est du côté des héros. Ce qui ne fait qu’appuyer l’incohérence du début du film : filer le sceptre à Merlin ne servait en fait à rien.

C’est donc parti, et je vous passe les détails, mais ça fait zouiiiizkronkron dans tous les sens, la plateforme qui pendouillait dans le vide bascule suite à une explosion, les gens glissent, tombent, s’envoient des patates et autres rafales… mais Cade et Viviane parviennent jusqu’au cœur du dispositif ennemi, où les attend Qintessa, Encore plus de zouiiiizkronkron  et voilà que non seulement Optimus Prime bourre la gueule de cette coquinette de Qintessa, ce qui permet à Bumblebee de la buter (les Autobots n’aiment pas trop faire de prisonniers, je note), mais que Viviane parvient à récupérer le sceptre, stopper le transfert d’énergie entre la Terre et Cybertron, et yay ! Tout le monde est sauvé !

Enfin heu… aaattendez, il y a toujours une planète collée à la Terre, et désormais, sans personne pour vaguement la contrôler et éviter qu’elle ne rentre violemment en collision avec sa cible, non ?

Eh bien non. Pouf pouf, c’est magique. Cybertron reste juste là, comme ça, bien attachée à notre vieille Terre, sans bouger.

Tout le monde peut donc être heureux, Cade et Vivianne se faire des bisous que personne n’avait vu venir (je sais, c’est fou), et Optimus Prime tenir son petit discours final sur le thème de « Maintenant, nos deux planètes sont unies ! Réparons-les ensemble et vivons en bonne entente ! »

Nul doute que deux planètes accrochées l’une à l’autre, ça ne va poser aucun problème. Quelque chose me dit que l’hiver va être long cette année et…

… FIN !

« Vous inquiétez pas, ça va pas tomber, on mettra un peu de scotch et puis voilà. »

Mais rassurez-vous, nous avons comme le veut la mode, une petite séance supplémentaire où l’on aperçoit Qintessa, déguisée en humaine qui a survécu en… heu… probablement en se cachant dans le script, qui rencontre un humain près des immenses structures métalliques sorties du sol plus tôt dans le film. Et lui propose de l’aider à les ratiboiser puisque ce sont des bouts d’Unicron, la Transformers qui n’est autre que la Terre elle-même, ou quelque chose dans ce style ! Mais pourquoi un humain ferait ça ? Avant que celui-ci ne puisse lui répondre qu’elle est décidément bien stupide, la madame, le film s’arrête cette fois pour de bon, sur cette promesse…

… d’un sixième épisode !

J’ai bien envie de dire : zouiiiizkronkron.


Pour conclure, laissez-moi partager avec vous la critique de Libération, qui a attribué la note de 1/5 au film.

« Pourquoi vous plaignez-vous, Monsieur Connard ? Ne vont-ils pas dans votre sens ? » me direz-vous.  Eh bien, parce que voici la critique en question :

Le film impitoyablement bavard finit quand même par se taire quand se lève l’espèce de bouquet final où semble se déchaîner, comme en libre parcours de poulets décapités, l’armée des graphistes numériques griffant nerveusement la palette graphique entre agonie et orgasme.

Je répète.

Le film impitoyablement bavard finit quand même par se taire

Le problème de ce film, selon Libération, était donc… qu’il y avait trop de dialogues.

J’en reste sans voix.

41 réponses à “Transformistes 5 : le dernier voiturier

  1. Que la scène post-générique pose déjà des problèmes de cohérence est finalement… fort cohérent. Et au moins il n’y a pas l’exaspérant Shia Labeouf.

  2. « Heureusement, la TRF arrive avec ses légendaires armes qui ne font rien aux Transformers (c’est la seule unité spécialisée qui n’a pas d’armes adaptées à ses cibles, c’est bien fait) »
    Ca c’est si on oublie l’unité d’élite du premier Jurassic World avec leurs canons à filets rikikis et leurs petits fusils par faits pour arrêter des bestioles de plusieurs tonnes dans un parc de dinosaures?

  3. Sir Netflix, j’adore ! En un ligne tu résumes tout un souci que j’ai depuis des mois et que je n’exprime pas au risque de me faire traiter de raciste !
    « Emma, tu devrais regarder la dernière adaptation des « Misérables », toi qui adores ce roman »
    Et là, je regarde l’affiche, et Javert est noir. Ok, passons sur le réalisme qui en prend un coup (je sais qu’il y a eu des généraux noirs sous Napoléon (Dumas), mais bon, interdits de séjour sous l’Empire, et quant à faire carrière après dans la police… etc.), ça devrait changer aussi toute la psychologie du personnage, et par conséquent, toute l’intrigue, parce que quelles raisons aurait Javert se s’acharner sur Jean Valjean pendant autant d’années, puisque lui-même aura dû faire face à l’injustice et à la cruauté de la société ? Quitte à changer la couleur de peau des personnages, autant le faire dans le respect de l’auteur : Fantine, ça aurait été crédible, voire même une bonne idée.

    • Vous n’y êtes pas du tout. Le principe est devoir afficher la diversité actuelle. Ca n’a aucun rapport philosophie ou essentialiste. Dites-vous bien qu’à l’avenir le rôles d’hommes célèbres pourra être joué par des femmes, d’enfants par des gens âgés de 70 ans et d’adulte par des gamins. En effet qu’en est-il des discriminations liées au genre et à l’âge? et je ne parle même pas du handicap. Il faut voir l’acteur au delà de l’apparence physiologique forcément discriminatoire.
      Si Cosette avait été black, cela serait rentré dans un manifeste politique indigéniste et victimaire. Alors que là, en mettant un taux de mélanine plus élevé sur des persos au pif (parfois des frères et sœurs ne sont pas de la même couleur, ou enfant parent aussi, un peu comme M.Jackson) on voit bien qu’il n’y a qu’une démarche de quota par rapport à la composition ethniques des spectateurs. C’est un mauvais moment à passer mais cela nous évite le manifeste politique pénible. Et on continue d’avoir le black rigolo façon Eddy Murphy.

      • hmm, bien que cette mode soit pénible moralement, je valide pour des raisons purement égoïstes. Et j’attends de voir la rediffusion de Jeanne d’Arc jouée par une actrice Togruta. Et de me réjouir fortement en voyant le bodycount contre l’armée Anglaise augmenté d’à peu prés 9000 %.

        En plus, comme elle ne sera pas blanche, on ne pourra même pas crier au racisme !

    • Pourtant il y’a bien Severiano de Heredia « maire » noir de Paris au XIXeme siècle : https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Severiano_de_Heredia. Quand à sa psychologie, je ne suis pas certain qu’il serait plus « cool » car noir ou victime de racisme. Quand aux acteurs dont la couleur de peau ou l’âge ne colle pas au personnage le cinéma en est si littéralement rempli : les westerns, les péplums, les flims d’ado, …

    • C’est clair, rien que le « Sir Netflix » m’a fait marrer. Personnellement, moi aussi j’en ai ras la casquette de cette diversité au forceps dont on rebat tout le temps les oreilles à l’heure actuelle.

      • A noter qu’il y a des noirs au cinéma, pas quasiment jamais d’asiatiques, et encore moins de métis, de nord-africains, de lapons, de martiens… Bref, c’est une représentation bicolore, et pas représentative de la population.

    • Entièrement d’accord avec Mademoiselle Mars. A un moment donné, il y a un truc qu’on appelle la « suspension volontaire de l’incrédulité », qui fait qu’un lecteur (et a fortiori un spectateur) entre dans l’univers fictionnel que lui propose l’auteur/le réalisateur. Le seul fait de « devoir afficher la diversité actuelle » force le spectateur à sortir de cette suspension volontaire de l’incrédulité, justement parce que c’est tellement visible, affiché et politique comme démarche, que ça rompt toute illusion. Ce genre de truc, moi, me sort complètement d’un film, parce que ça me renvoie dans notre monde actuel avec tous ses défauts, au lieu de me plonger dans la fiction.

  4. « Toujours est-il que ça bouge ailleurs dans sur Terre. »
    Trop de pastèques dans sur cette phrase.

  5. Pas de « Minorités Ethniques Visibles » dans le passé…? (vous avez vu, j’ai respecter l’usage, « j’ai les codes » :-p) Et « Sacré Robin des Bois alors »…? ;-) (oui, j’ai une culture très large, surtout en film pas sérieux du tout… ^^ :-p)
    Par contre, Je ne sais pas où a passé sa prime jeunesse Monsieur OC, mais chez moi, les super 5, c’est elles qui nous contrôlaient… Surtout les blanches, avec trois douaniers dedans…
    Merci pour ce spoile mon bon OC, j’avais « malheureusement » regardé le premier opus de cette saga métallique (oui, j’avoue, j’ai regardé, avide de le découvrir, un vieux souvenir d’enfance de dessins-animés), avant de m’apercevoir de deux énormités: le type de camion américain que campait Optimus dans la vision de ce premier réalisateur, et l’acteur incommensurablement nul qui campait le premier héro de ce même film (comme le soulignait Merry plus haut)…
    Je comprends désormais pourquoi j’ai arrêté au premier…^^

    • “ Mégatron est en fait victime de la société qui l’a rejeté, et que le meilleur moyen d’en finir avec lui, c’est lui construire un skate park, d’envoyer des animateurs sur Cybertron faire des ateliers sur le thème de la Guerre d’Espagne, ou encore de faire rentrer plus de Decepticons à Sciences Po. Le tout, dans le respect des valeurs de la République.”
      Tout est dit… je ne m’étais pas autant marré depuis la Shabatcave…

  6. Il vous faut a tout prix regarder WW84 cher connard. Ce film élève l’incohérence en concept fondateur, de la première à la dernière scène rien n’a de sens.

  7. « Ça fait sens », ou comment on perçoit les séquelles d’une partie de Sea of Thieves avec un Lennon alcoolique qui vomit dans son sceau…

  8. Bumblebee qui casse du méchant germain en ’45 ? D’où ça sort ça ? Il est pas sensé être arrivé en météorite avec ses copains en 2000 et quelque dans le premier film ?

  9. « Un peu comme un début de campagne de vaccination française ».

    Vous faites bien de dire « début ». Car cher odieux, en tant qu’historien, vous devez connaître la crise des obus de 1915, et la mobilisation qui s’en est suivi. La preuve que le nez dans la cuvette, notre pays trouve le moyen de relever la tête (pleine d’excréments certes, mais quand même).

    Je pense que j’écrirai un article sur la question.

  10. Quelle intrigue palpitante.

    Quelques remarques sur un chevalier noir de la Table ronde. Le cycle arthurien est un ensemble de récits à caractère légendaire dont les personnages sont imaginaires. Puisqu’il fait appel à l’imagination, il est possible d’imaginer aujourd’hui un chevalier noir (et cela a d’ailleurs déjà été fait). Ce d’autant plus que les chevaliers réunis par le roi Arthur n’étaient pas seulement originaires de Grande-Bretagne, mais pouvaient venir de fort loin, voire même de contrées fictives (ce qui est encore plus loin). L’hypothèse est d’autant plus admissible dans un univers lui-même fictif où les robots se transforment, c’est-à-dire dans un univers imaginaire (imagination au carré). Pas d’incohérence sur ce point.

    • « noir » à proprement parler, on en trouve pas à ma connaissance, mais sarrasin (donc « avantagé en mélanine », j’ai bon, c’est assez xyloglotte?), bien: sire Palamède (ou Palomides, Palamydès, etc, etc).
      Bon, en théorie, converti au christianisme, mais on ne peut avoir le beur et l’argent du beur.

      • Pour ma part, j’avais relevé Sir Moriaen (nom explicite …), un chevalier de la Table ronde explicitement noir évoqué pour la première fois dans un roman arthurien du 13e siècle en néerlandais moyen (déçu du manque de culture historique d’OC sur ce coup …). Chrétien bien sûr, puisque les chevaliers de la Table ronde incarnent l’idéal chrétien et que le personnage procède de l’universalisme chrétien. Mais il y a certainement en contrepoint de valeureux Européens convertis à l’Islam dans la littérature médiévale musulmane pour faire contrepoint. Cela dit c’est surtout la couleur de peau que la religion qui intéresse Sir Netflix.

    • Je compte bien attaquer en justice ceux qui ont souhaité une « bonne année 2020 », pour publicité mensongère. Donc vous pouvez prendre le risque pour celle ci, mais vous êtes prévenus.

      • Attaquez plutôt en justice nos voyants qui n’avaient absolument rien vu. Le souhait reste hypothétique.

  11. quand j’ai lu : USUL , j’ai immédiatement pensé à Paul Atréides , dit Paul muad’dib , tous ces personnages nobles , étranges mais néanmoins agréables à regarder ( si on excepte le Baron pustuleux flottant et cette grosse bestiole droguée qui replie l’espace , convoyée dans un énorme bocal et escortée de maniaques du balai ! ) j’ai revu la planète aux océans colériques …. et l’autre , désertique et bourrée d’une substance destinée à agrémenter les salades ….
    QUE NENNI ! là , on a des robots , des machins qui se transforment , des histoires à dormir debout ! un ratage absolu : un sujet aurait les yeux qui changent de couleur : la belle affaire ! il n’arrive pas à la plus petite griffe des merveilleux dragons de GOT , ces empereurs du barbecue !
    bref : cet odieux navet est , selon moi , un excellent somnifère .
    il faut de l’abnégation pour mater ça jusqu’au bout .

    • J’ai vu le « Dune » de Lynch étant gamin. J’avoue que certaines scènes m’avaient marqués … Quant au baron, il me dégoutait carrément. Mais cela reste un excellent film en effet, vous avez fort bon goût !

      • cher Kwiskas , il pourrait y avoir dans votre commentaire comme le début du commencement d’un fou rire rentré ( les pires ) mais qu’importe ! je ne vous en garde point rancune et , même , étant sans vergogne , j’en remets une couche ( ça m’est très facile : j’en tiens une bonne hihihi ) :
        le neveu du baron , son âme damnée , se retrouve la cage thoracique ouverte en deux par la grâce de LA Voix ( quel pouvoir merveilleux ! si les fées qui se sont penchées sur mon berceau avaient pu m’en doter ( au lieu de faire de moi un génie des maths et de l’informatique ) je m’en serais donné à coeur joie ….je connais une bonne …. hum …. vingtaine ? d’empêcheurs( cheuses ) de tourner en rond qui auraient , par mes soins , passé un mauvais moment . trop jouissif !!!! mais passons !
        quel ironie pour Sting de mourir ainsi ! La Bête , l’autre sbire du Pustuleux , finit mal également . j’ai oublié comment ! bien fait pour lui ! c’était un abominable maton dans Midnight Express .

      • Mouais, il vaut mieux lire la saga, le film à côté passera pour une bouse. J’aurais bien voulu voir la version de Jodorowsky, plus ambitieuse et plus barrée aussi😄.

  12. Merci pour ce savoureux étron.
    Je vous trouve en petite forme sur les jeux de mots dans ce spoil.
    Pour les chevaliers, je ne sais pas, mais pour l’Asie, je vous recommande chaudement « Yasuke: le samouraï noir » de Serge Bilé.

    Prière de ne plus aborder le sujet « Pacific Rim », déjà que le film était difficilement supportable pour un adorateur de méchas et autres armures géantes, la scène de sortie de l’épée m’avait souillé mentalement.

    Plus jamais.
    C’est pour ça que je vous lis d’ailleurs.

  13. « Optimus Prime n’est plus là », dans ma grande ignorance du monde des Transformers, j’ai cru que c’était une blague en rapport avec leur assurance automobile qui les avait lachés. Faut dire qu’ils doivent en avoir, des malus, avec toute la carosserie à refaire après les combats.

  14. Dis donc Connard, tu voudrais pas te coltin… savourer Wonder Women 1984 de Patty Jenkins et venir nous faire un petit topo ? Tu vas adorer…

  15. Wow et dire que j’avais raté ça…

    Bon comme quoi les acoquinages de planètes et autres corps célestes entre eux c’est très surfait hein…il suffit de claquer des doigts, de tuer le méchant / la méchante, et tout va bien. Ok, on a notre plan pour la prochaine rencontre de la Terre avec un géocroiseur.

  16. On notera que le scénario est digne de nos ministres avinés actuels : aucune cohérence et on élude gaiement quand ça devient trop visible.
    Par ailleurs de la même manière que notre sécu sociale alimente certains sadiquats type cgt il y a fort à parier que le cinéma ricain finance l’armée ricaine et que la logique de leur nullité crasse se retrouve logiquement dans les films.

    Je finis en prédisant un Omar Sy dans un biopic sur Hitler où la petite moustache suffira à rendre crédible sa composition.

    Je finis une seconde fois en affirmant que si j’étais une femme aveugle et sourde je serais dingue de vous Odieux, mais ce n’est pas le cas alors je dois vivre avec un coeur qui ne sera jamais comblé par un impossible amour.
    C’est dur.
    :)

  17. Il m’arrive de dire « ça fait du sens ».
    Je sais que c’est pas académique. Mais peu me chaut car quand dans la même conversation, mes interlocuteurs ont switché, pushé, loggé, hacké, croppé et backupé, je trouve qu’on est vraiment plus à ça près. Et suite à votre indiscrétion coupable, j’ai maintenant renforcé le blindage de mon bunker.

  18. Quand on voit les décisions complètement connes et illogiques que prennent la plupart des gouvernements pour faire face à la pandémie, on se rend compte que le film est tout à fait crédible. C’est bel et bien le monde qui est devenu con, pas juste les scénaristes. Ces derniers s’inspirent en fait bel et bien de la réalité.

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