Avatar 2 – La voie d’eau

– Monsieur Connard, vous affirmez qu’Avatar 2 vous a beaucoup touché.
– Tout à fait.
– Vraiment ?
– Beaucoup.
– Pourriez-vous me montrer, sur cette poupée, où Avatar 2 vous a touché, exactement ?
– Ici, et là. Et puis pas qu’un peu, hein. Lui… et les autres.

Le psychiatre fait de son mieux pour dissimuler sa brève nausée et rester professionnel.

– Vous voulez dire qu’ils étaient plusieurs ?
– Oui, d’abord c’était Madame la guichetière. Quand elle m’a annoncé le prix, j’ai senti comme un picotement non-consenti. Ensuite…
– Ensuite ?
– Non, c’est trop dur.
– Soyez fort. Allongez-vous un peu mieux sur le divan et laissez vous aller.
– Vous ne voulez pas me voir quand je me laisse aller.
– Bon, alors laissez-vous moyennement aller. Et dites-moi : ensuite ?
– Ensuite, alors que je venais de payer plein pot ils m’ont… ils m’ont… ils m’ont forcé à regarder 30 minutes de publicités.
– C’est dur, mais vous savez…
– Dont trois bandes-annonces de films français.

C’en est trop : le psychiatre se saisit en premier du seau laissé entre lui et son patient, et y rend tripes et boyaux. Comment diable peut-on laisser faire cela ? C’est tout bonnement monstrueux.

– Et quand je me suis souvenu que ces films étaient subventionnés…
– Arrêtez ! Stop, Monsieur Connard ! Je suis habitué à entendre bien des choses, mais j’ai moi-même mes limites.

Le pauvre homme est au bout de ses forces. La barbe encore souillée de bave et de vomi, il relève péniblement la tête. Oui, c’est dur. Mais il doit aller jusqu’au bout.

– Monsieur Connard et si… et si vous me racontiez le film ? Le monde doit savoir.
– Vous êtes sûr ?
– Certain.
– Dans ce cas, laissez-moi vous dire en préambule qu’Avatar 2 est la preuve que James Cameron a bien lu toutes les critiques sur la pauvreté scénaristique du premier volet, dont le spoiler est ici. Et s’est exclamé « Aaah vous pensez que c’est nul ? Eh bien je vais vous prouver que je peux faire pire ! »
– Pire ? Mais c’est…
– Apapap, jeune psychiatre. Et ni une, ni deux…

Spoilons, mes bons !


L’affiche : je vous en ai mis une sans explosion pour vous laisser de l’espoir car je suis fourbe.

Pour commencer ce film, retrouvons notre bon Jake Sully, alors qu’il nous conte ses dernières aventures en voix off. Jakounet, c’est à toi.

“Salut les amis, c’est moi, Jake Sully, le marine neuneu ! Vous vous souvenez de comment à la fin du dernier film, mon esprit était intégralement transféré dans mon avatar tout bleu ? Et de comment les humains étaient expulsés de Pandora parce que merde, on est chez nous ? Bien, alors laissez-moi vous parler de ce dont vous ne vous souvenez pas. Tenez, par exemple, qui se souvenait que le méchant colonel du précédent film avait eu un bébé ? Personne ? Ça tombe bien moi non plus, mais pif paf, c’est comme ça, on va faire comme si on l’avait dit. Et ce bébé étant trop jeune pour les voyages spatiaux, il est resté sur Pandora et il s’appelle Miles, mais on l’appelle Spider parce que… merde, pourquoi déjà ? Bon, on s’en fout. Parce que pendant ce temps avec Neytiri, ma femme Na’vi, on a fait des enfants. Deux fils, Ton et Tinière, et une fille, Kisérarien. Ah et puis vous vous souvenez de Grace, la scientifique du précédent film qui mourait ? Vaguement ? Bon, son avatar lui, on l’a gardé dans son tube de liquide et… figurez-vous qu’il est tombé en cloque là encore, comme ça, pouf pouf. Alors bon, dans le film, on va vous vendre ça façon Divin Enfant, mais on ne va pas se mentir, ça fleure plutôt la soirée trop arrosée qui a fini par “Qui qu’est cap’ de se taper le corps qui flotte dans un tube ?”. Et puis bon, hein, sur Pandora, on a beaucoup d’animaux fluorescents mais peu de capotes, hein, hé. Toujours est-il qu’est née de cette glauquissime union une fille, Jésute, que nous avons adoptée.  Bon, que puis-je rajouter ? Non, on ne reparle pas de comment Jésute est née. Chut. Ça suffit. Je disais donc : qu’ajouter à tout cela ? Ah si, oui, quelques humains amis des Na’vis sont restés sur Pandora, mais c’est tout. Voilà, à vous les studios.”

Hm ?

Ah, pardon, j’étais parti, je trouvais déjà cela nullissime, surtout cette histoire de bébé magique de Grace. M’est avis que quelqu’un a essayé d’expliquer à James Cameron le concept de bébé-éprouvette et que l’affaire a mal tourné, surtout quand James s’est exclamé « Mais comment elle fait la maman pour tenir dans le tube ? ». Résultat, vous qui venez d’emmener votre enfant au cinéma pour voir un film tous publics, vous voilà à expliquer le concept de viol et de crypto-nécrophilie à votre bambin.

Profitez : ce sera sûrement le meilleur moment du film au vu de ce qui vous attend.

Toujours est-il que Jake coule des jours heureux pendant près de 15 ans en tant que chef de sa tribu Na’vi, jusqu’au jour où dans le ciel apparaissent des lumières étranges. N’étant pas défoncé à la ganja de la forêt magique – pour une fois – il comprend aussitôt que ce sont les humains qui reviennent ! Et qui se posent avec de grosses fusées qui crament la moitié de la forêt. Non, ils ne pouvaient pas se poser dans une zone découverte. D’entrée de jeu il faut nous montrer que les humains déboisent sec, comme ça, hop. Rooouh, qu’ils sont vilains.

Bon, eh bien on dirait que ce film va commencer exactement comme le précédent : gentils Na’vi qui vivent en paix avec la nature, humains qui débarquent en salopant tout, hmmm, je me demande comment on pourrait faire encore moins original ?

Oui, vous au fond ? “En remettant exactement le même méchant” ? Aha, impossible, il est mort. Ce serait complètement c…

Uuuun instant.

Rendons-nous dans les vaisseaux humains, où il se passe quelque chose : des avatars fraîchement créés se réveillent. Et parmi eux… NUL AUTRE QUE LE COLONEL MÉCHANT ! Le méchant du précédent film ! Mais désormais, incarné en Avatar.

Comment est-ce possible sachant qu’il est mort ? Une courte vidéo que regarde l’avatar nous l’explique. On y voit le colonel Méchant, face à la caméra, expliquant tout.

“Salut, grosse bête bleue. Je suis le colonel Méchant. Si tu regardes cette vidéo, c’est que je suis mort et que les scénaristes étaient infoutus de pondre un nouvel antagoniste, ce qui n’était pourtant pas bien dur. Bref, tout ça pour te dire qu’avant de partir au combat, j’ai copié ma mémoire, ainsi que celle de mes meilleurs Jean-Jacques pour qu’en cas de décès, nos souvenirs soient implantés dans des avatars. Vous pourrez ainsi reprendre la lutte plus grands, plus bleus, et accessoirement, nous venger.”

« Et surtout, ne pose pas de question, mon p’tit avatar vengeur, parce que sinon il faudrait développer ton personnage et ça, plutôt crever ! Enfin, façon de parler. »

Et en effet, c’est toute une escouade d’avatars remplis de mémoires clonées des précédents méchants qui est prête à débarquer sur Pandora. Vous me direz “Dites-donc, c’est drôlement pratique cette technologie de clonage des souvenirs qui permet de créer des avatars 100% autonomes là où dans le précédent film ils ne pouvaient être que pilotés à distance ! Ça aurait tout changé, en fait. Comme par exemple, cloner les souvenirs du frère de Jake Sully et de tous les candidats au programme avatar pour qu’en cas de décès, on puisse les faire fonctionner sans le pilote original au lieu de devoir importer de la Terre, au hasard, un marine paraplégique un peu con qui servirait de remplaçant et finirait par trahir tout le monde.”

Oui, hein ?

Les défenseurs du film me diront “Tututu, entre les deux films, il s’est passé 15 ans, alors peut-être que cette technologie a été développée entre temps ?”

Et je répondrai : certes, mais comme des gros blaireaux ont fait toute une vidéo du colonel expliquant que cette technologie existait dans le précédent film, même que c’est pour cela qu’il a copié ses souvenirs en prévision d’une mort potentielle et d’une vengeance, eh bien non. 

En peu de mots : le film démarre en vous expliquant que le précédent film n’avait aucun motif d’exister, et le héros aucune raison d’être là.

10mn de film, et déjà, c’est moins créatif qu’un François Fillon à son procès.

Toujours est-il qu’en hommage à ce plan fabuleux, nous baptiserons l’escouade du colonel et de ses Jean-Jacques revenus sous forme d’avatars l’escouade “Panne d’Inspiration”. 

Accessoirement, que d’enjeux maintenant que l’on sait que chaque personnage mort peut revenir à l’infini, c’est vraiment pass… pach… pardon, je baillais. Je disais ; une décennie pour écrire ça, ça valait le coup. Vous vous êtes défoncés, les gars.

Toujours est-il que les humains étant très méchants, sitôt arrivés, ils commencent à tout saccager comme autrefois. Et… non, rien. Les Na’Vis se contentent probablement de se curer le nez et de lire Pif aux toilettes. Car le film nous propose de bondir un an plus tard, pour découvrir que les Terriens ont tranquillement bâti une solide base, des lignes de chemin de fer, et qu’ils exploitent la planète autant que possible, mais voilà, DEPUIS qu’ils sont bien installés, les Na’Vis de la tribu de Jake les attaquent et s’en prennent à leurs convois.

Non parce que s’ils attaquaient les humains directement sans les laisser s’installer, le film s’arrêtait là. Jake n’allait donc pas lancer la guerre de suite, oh, hé, ça va pas non ? Et gagner, aussi ? Ho ! Bref, une fois que tout le monde était prêt, hop, la guerre a pu reprendre.

L’occasion de nous montrer l’une de ces embuscades Na’Vis contre un train humain, où l’on peut constater que les humains continuent à circuler quasiment sans aucune escorte, à part des aéronefs qu’ils font voler le plus bas possible et dont les cockpits ne résistent pas…. aux flèches.

Les humains sont vraiment serviables : ils sont revenus refaire exactement les mêmes erreurs. 15 ans après leur défaite, ils n’ont toujours pas saisi que l’avantage des engins volants, c’est qu’ils volent. C’est vrai que c’est un peu complexe. La semaine prochaine, on va découvrir qu’ils font rouler leurs avions de chasse pour attaquer.

Mais à défaut de bien utiliser leur matériel, les humains décident de rassembler l’escouade Panne d’Inspiration, qui jusqu’alors, était à l’entraînement. La nouvelle générale sur place (qui comme le colonel, passe son temps avec un mug  de café à la main), a tôt fait d’expliquer au colonel Méchant son problème.

– C’est Jake Sully.
– … et ?
– Nan ayé, j’ai fini.
– Non mais vous vous faites attaquer par plein de Na’vis, pas juste par Jake Sully, générale. En plus dans le précédent film, ça castagnait déjà sans que Jake Sully ne soit là. Donc bon, certes, il fait chier, mais c’est plus vaste.
– Écoutez colonel, nous n’avons que 3h30 de film, comment voulez-vous que j’arrive à expliquer un truc complexe comme “Les Na’vis sont en guerre contre nous” ?
– Vous venez de le faire.
– Ah oui merde. Nan mais vraiment, laissez tomber colonel. On veut une intrigue qui se limite à “NOUS TAPER JAKE SULLY”. Le reste on s’en fout. donc je veux que votre escouade aille le trouver et lui pète la mouille. C’est vu ?
– Vu, générale. 
– Ah oui, et colonel, n’oubliez pas que cette mission est cruciale. Nous devons pacifier cette planète à tout prix. Car cette fois-ci, nous ne sommes pas juste ici pour les ressources. La Terre se meurt, et il a été décidé que Pandora serait le nouveau foyer de l’humanité. Alors ne merdez pas sinon des milliards de gens vont mourir.

Retenez bien cela : cette fois-ci, c’est le sort de l’humanité qui est en jeu, et les humains sont ici pour s’installer ou mourir. 

C’est fait ? Bien, puisque nous y reviendrons.

En attendant, l’escouade Panne d’Inspiration est déployée sur le terrain, dans la zone où l’on suppose que les Na’vis se cachent. Et après environ 0,7 secondes, devinez sur qui l’escouade trébuche ?

MAIS SUR LES ENFANTS DE JAKE BIEN SÛR.

Oui, comme ça. Ils auraient pu tomber sur n’importe quel Na’vi, une vague sentinelle, un truc, mais non, hop ! Sortez votre boîte à “Ça alors !”, car nous allons tellement la secouer que vous implorerez ma pitié une fois les muscles de votre bras sévèrement endoloris.

Il n’en faut pas plus pour que le colonel Méchant ne prenne en otage les marmots, qui heureusement, ont le temps d’appeler leurs parents à la rescousse façon « Papa ! Devine sur qui on vient de tomber ? C’est fou les coïncidences, non ? »

Et pas de chance pour le colonel : ses Jean-Jacques, c’est étonnant, sont nuls. Et se font rapidement abattre l’un après l’autre par Jake et Neytiri, jusqu’à ce que les deux parents libèrent leurs enfants et filent, laissant le colonel et quelques survivants insulter des mamans et vider un ou deux chargeurs dans la jungle sans plus d’effet.

Et pour vous éviter de balancer la boîte à “Ca alors !” aux quatre coins de la pièce, gagnons du temps : à partir de maintenant, et jusqu’à la fin du film, aucun humain ne touchera jamais le moindre Na’vi. Même à deux mètres et avec un lance-flammes, ils n’y parviendront pas. Ce qui rend les combats, comment dire… quel est le terme déjà ?

Ah oui : tout nazes. 

Non parce que quand on a pigé que les méchants ne pouvaient pas toucher les gentils, ça revient à les désarmer. Et donc, des méchants désarmés, c’est moyennement menaçant. Ils pourraient passer le film à courir les bras en l’air en poussant des gazouillis que ce serait la même chose. Non, vraiment, il y a eu un gros travail sur… le… hmm.. sur les effets spéciaux et c’est tout, donc.

Mais revenons à Jake, qui se replie au village secret des Na’vis de sa tribu en bénissant le fait que les humains venus de l’espace n’aient toujours aucun truc appelé “satellite” permettant, au hasard, de localiser où les Na’vis pourraient se planquer. Ou même un avion volant un peu haut : non, ils n’ont rien. Car Jake se déplaçant joyeusement en poulet volant bleu pétard et bien au-desssus de la jungle, il doit être visible à 50 kilomètres à la ronde, mais ouf, ça va.

Qu’importe, car de toute façon, Jake n’est pas là pour ça. Non, il doit parler à sa femme.

– Femme !
– Euh, steuplé, tu changes de ton et tu m’appelles Neytiri parce que je te rappelle que je suis Na’vi de naissance, fille de chef, et que je t’ai tout appris sur Pandora et mon peuple.
– Oui, mais à partir de ce film, tu n’es ni plus ni moins que la femme du héros. Ton rôle va se limiter à me suivre et à servir de plante verte. Allez, je te laisserai combattre un peu, mais c’est bien parce que c’est toi.

Non, vraiment, dix ans à travailler sur ce film, et diable, quel résultat ! Ils sont parvenus à revenir en arrière sur le développement de personnages pourtant pas bien épais ! Voilà qui force le respect. Cependant, reprenons.

– Femme, disais-je !
– Ui.
– Le colonel Méchant est de retour !
– Ui.
– C’est moi qu’il veut ! Et notre famille !
– Ui.
– Rester ici met donc tout le monde en danger. Pour le bien de la tribu, nous devons partir.

J’espère que vous appréciez le raisonnement. Car encore une fois, tout semble tourner autour des héros. Non, à aucun moment, Jake ne se dit que le problème pourrait dépasser son gros ego. Que les humains ne le combattent pas juste lui. Que s’il se casse en plein milieu de la guerre, les humains s’en foutent un peu que le général d’en face s’appelle Jake Sully ou Michel Petibedon. Non, ils vont ratiboiser la gueule des Na’vis, point barre. Donc partir revient juste à déstabiliser ton propre camp en plein milieu de la guerre.

Mais non, Jake Sully pense que s’il part, les humains vont s’exclamer “Merde, le chef d’en face a changé de nom, arrêtez tout et préparez un pique-nique, la guerre est finie.”

Et vous savez quoi ?

Il a raison.

Car personne dans sa tribu n’y pense. Jake passe donc les rênes de son peuple à un autre, lui claque la bise, puis se barre avec sa famille. Qu’arrive-t-il alors aux Na’Vis de la forêt, autour duquel tout le dernier opus tournait et pour lesquels Jake avait tout quitté ?

Eh bien… ON N’EN PARLERA PLUS DU FILM.

« Tu comprends, femme ? Si on ne voit pas quelque chose à l’écran, cela ne peut être malmené ! Et comme la caméra me suit… »

Je ne plaisante pas. TOUT le peuple de Jake, tous les Na’vis du précédent film, toute la guerre avec les humains autour de leur nouvelle base, hop ! Ça passe à la trappe entre deux scènes.

C’est. Génial.

Et les humains justement ? Comment réagissent-ils à tout cela ? Suivons plutôt le retour de l’escouade Panne d’Inspiration à la base, après sa déconvenue forestière. Car elle n’est pas revenue les mains vides : si elle n’est pas parvenue à abattre Jake Sully ou à s’emparer de ses enfants, elle a eu un lot de consolation : en chemin, elle a réussi à attraper Spider, le fils idiot du colonel qui leur est littéralement tombé dessus – ça alors ! – et à la ramener à la maison.

Mais Spider ayant été élevé parmi les Na’vis, il est tout sauvage, crie, grogne, et projette du caca avec une précision redoutable. Ce qui fait de lui le seul humain qui va peu ou prou toucher quelque chose du film.

Cependant, ses projections d’excréments ne le protègent pas des gardes qui finissent par l’emmener, l’empêchent de recharger en se fourrant les doigts sous le pagne, et l’attachent à une étrange machine. Qui se met à scanner son cerveau, pendant que la générale de la base vient lui rendre visite.

– Bonjour mon p’tit. 
– Laissez-moi partiiiir !
– Bien, je vois que ta famille a pensé à t’apprendre l’anglais, cela va nous faciliter les choses. Je t’explique : cette machine va scanner ton misérable esprit de sauvage. Si tu penses ne serait-ce qu’une seconde au village caché de tes amis, nous saurons immédiatement où il se trouve !
– Ah ben je vais pas y penser alors.
– ZUT IL EST TRÈS FORT !

Non, vraiment, c’est la véritable scène : la générale, au lieu de lui demander où se trouvent ses amis et d’attendre, lui révèle comment cette machine qu’il ne connait pas fonctionne pour qu’il puisse y résister en pensant à autre chose, comme par exemple, Despacito.

Ah non mais c’est très bien écrit, hein.

Finalement, et alors que Spider va tout balancer, c’est le colonel, que l’on sent bien un peu touché par les souffrances de son fils coincé dans la machine infernale, qui vient le détacher et l’emmène dans une salle à part.

– Écoute petit, ne pense pas un instant que je sois sentimental. 
– Dit le mec qui vient de me détacher de mon instrument de torture alors que j’allais craquer.
– Oui nan mais je… bon, écoute, trou du cul. Je sais que tu n’es pas mon fils, comme tu sais que je ne suis pas ton père, même si j’en ai tous les souvenirs. Mais ça m’arrangerait que tu m’aides.
– Nan.
– Bon ben tant pis : je vais t’emmener sur toutes nos missions quand même.
– Mais pourquoi faire ?
– Chépatro.

Nous non plus, mais ils le font. Et Spider, qui les hait, apprend quand même à son colonel préféré et à son escouade de Jean-Jacques à mieux parler le Na’vi, les emmène au rocher des poulets volants pour qu’ils en chevauchent comme des Na’vis, leur sert d’interprète, bref, je… attendez, à quel moment il les hait ? Ah si, de temps à autres, il fout un peu la merde, mais on continue à le laisser libre de ses mouvements, voire on l’emmène dans tous les endroits clés où il pourrait foutre la zone ou apprendre des choses confidentielles.

Toi aussi, quand tu captures un ennemi, emmène-le partout où il peut poser problème, et ce, sans l’attacher.

Faisons donc une pause avec un petit Le savais-tu ?

Le savais-tu ? À chaque fois qu’une imprimante fait un bourrage papier quelque part dans le monde, elle produit quand même quelque chose de mieux léché qu’Avatar 2.

Voilà, c’était la pause : on reprend.

Et revenons à Jake et sa famille, qui à dos de poulets volants, quittent la forêt magique et s’en vont à des centaines de kilomètres de leurs terres en direction de l’océan pour demander l’asile à une tribu de Na’vis des îles que nous appellerons parfaitement aux hasards les Maoris tant on sent le gros travail de créativité derrière. 

Et les voici donc qui accueillent nos héros sur l’une de leurs plages.

– Jake Sully ! La légende ! Tu es le célèbre Chevalier Gropoulet de la forêt magique, celui qui a dressé le Gropoulet qui…
– Nan mais c’est bon, je connais mon CV. Écoute grand chef Maori, ma famille et moi on vient demander l’asile.
– Ah. Alors c’est embêtant parce que voyez-vous, chez les Maoris, nous n’accueillons pas les gens de la forêt. Vos bras sont plus fins que les nôtres, vos queues plus adaptées à l’escalade qu’à la nage et…
– Tu parles pas d’ma queue comme ça steuplé !
– Certes, mais néanmoins, les Maoris n’accueillent que ceux qui se rendent utiles à la tribu.

C’est vraiment ce qui est dit à Jake : on n’accueille pas les inutiles. Si vous voulez mon avis, les Maoris sont de droite. Dans deux minutes, ils vont accuser Jake de n’être venu que pour la CAF avant de partager cette fine analyse sur CNews.

Heureusement, notre héros n’est pas à court d’arguments. Qui ne sont pas sans rappeler Troll.

– Allez.
– Nan.
– Alleeez.
– Nan.
– Alleeeeeez !
– Tu es fort, Jake Sully, ton sens de la diplomatie est proverbial. D’accord, on vous prend. Les Maoris t’accueillent, toi et ta famille. Entendez-vous, Maoris ? Accueillez ces gens de la forêt comme vos frères, et traitez-les comme des enfants qui doivent apprendre. Enseignez-leur nos us et coutumes pour qu’ils puissent s’intégrer et participer au travail de la tribu, cette bande de branl… d’étrangers. Ahem.

Jake, qui est plutôt habitué à jouer du tam-tam en pagne dans la forêt magique en parlant écologie doit se retenir devant autant de propos de droite, mais comme on lui file une jolie maison au village, il ferme sa grande bouche. Et suggère à ses enfants de se tenir à carreau, sinon ce sera taloches pour tout le monde, compris les marmots ?

Hélas pour lui, c’est peu ou prou à ce moment-là qu’un cliché – on en manquait – se déclenche, à savoir que près d’eux, une jeune Na’vi sort de l’eau en secouant ses cheveux de manière caricaturale façon “Haaan c’est si bon de se baigner en bikini, je suis si mouilléééeeee” (dans les films, la femme qui sort de l’eau s’exclame rarement « Woputain elle est froide, envoie ma serviette, plus jamais on va en vacances à Saint Nazaire »), et provoque de mystérieux mouvements sous les pagnes des enfants Sully.

Car bien évidemment, elle est : A) Belle B) Pile de l’âge de ses marmots C) C’est la fille du chef.

Si votre boîte à “Ça alors !” ne s’est pas retournée d’elle-même, faites-vous plaisir. Et deux fois puisqu’évidemment, sitôt qu’elle croise le regard des jeunes étrangers, on peut lire sur ses lèvres un “Haaooooaaan” (en substance). Ce qui, si vous n’aviez pas pigé, signifie que deux Na’Vis ont bien envie de se connecter les ports USB.

Si vous vous demandiez où est passé le budget pour essayer d’innover l’espace de quelques secondes, comme dit plus haut, il est uniquement dans les effets spéciaux, puisqu’à partir de là, nous allons passer une heure au milieu de paysages paradisiaques à voir la famille Sully s’adapter à sa nouvelle vie et découvrir les magnifiques fonds marins du secteur. Ce film est finalement plus proche d’un très joli écran de veille que d’un… ah ben d’un film, en fait.

Jake, qui est un personnage complètement sans intérêt, excelle bien évidemment quasi-immédiatement en tout (on parlera de « Mary-Sully »), on ne l’évoquera donc qu’à peine. Sa femme Neytiri, elle est… euh… ah en fait, le film l’oublie durant quasiment une heure puisqu’elle n’est plus qu’un accessoire de Jake.

Non, vraiment. On voit tout le monde s’adapter à cette nouvelle vie, sauf elle. Désolé : il fallait avoir une prise mâle sur ton port USB de l’espace, ma jeune amie.

Les enfants ? Les Maoris leur apprennent à nager sous l’eau et à rester longtemps en apnée, ce qui est compliqué pour eux. Après avoir passé cinq scènes à s’y entraîner et alors qu’ils arrivent enfin à se démerder, la fameuse fille du chef Maori, Maorion, finit par pointer du doigt des espèces de méduses qui nagent dans le lagon et glisse nonchalamment : 

– Ah oui, pour info, si vous collez une de ces méduses sur votre dos, vous pouvez respirer sous l’eau.

ET TU POUVAIS PAS LE DIRE PLUS TÔT, TRUIE BLEUE ?

Personnellement, je pense qu’ils tentaient de les noyer depuis le début.

C’est sympa d’avoir suivi des plombes d’entrainement à l’apnée pour apprendre que depuis le début, en fait, c’était quasiment inutile. Heureusement, tout le monde étant neuneu, personne ne relève. De toute façon, tout le monde est occupé chez les enfants Sully.

Ton, le plus vieux fils… fait du rien. Il se contente de répéter “Oui Monsieur” “Bien sûr Monsieur”, et ce n’est pas une blague, car son père a éduqué ses enfants en marines. Qui s’adressent donc à lui comme à leur sergent. L’histoire ne dit pas si papa leur fait récurer les chiottes avec la langue ou chanter des chansons impliquant leur mère durant le jogging quotidien.

Kisérarien, la fille, ne sert à rien comme son nom l’indique. Mais alors, vraiment rien. On se demande même ce qu’elle fait dans le film. Un peu comme sa mère, mais c’est une autre histoire.

Jésute, elle, passe son temps à observer la nature et à s’émerveiller, et à dire qu’elle entend le cœur de la planète battre. On ignore si elle est magicienne ou défoncée, mais comme c’est probablement un peu des deux, il y a un mot pour cela : on dit qu’elle est “druide”.

Enfin, arrêtons-nous sur Tinière, le second fils de Jake, qui enchaîne les conneries. En effet, il se bagarre avec des enfants du village, et voulant se rabibocher avec eux, accepte de les suivre loin du village, au large, pour aller pêcher. Or, c’est une blague des petits Maoris intitulée “Hihihi, on t’abandonne dans la zone de chasse d’un grand carnassier, c’est rigolo non ?

Si, si. Pour lui faire une blague, les enfants essaient de le tuer. Ils ont le sens de l’humour d’un Michel Fourniret.

S’ensuit donc une aventure de Tinière qui se fait courser par un requin géant, mais heureusement se fait sauver de justesse par l’intervention d’un animal encore plus gros (il a utilisé Summon Bigger Fish). Qui ressemble à une baleine, a l’odeur d’une baleine, fait les bruits d’une baleine, mais on vous jure, c’est une création originale et pas du tout une baleine, nous dirons donc par respect pour le génie créatif des équipes du film qu’il s’agit d’une paleine.

Tinière est bien content d’être sauvé, et aide immédiatement en retour son nouvel ami en lui retirant un harpon qu’il avait dans une nageoire. L’occasion de constater que son autre nageoire est étrangement coupée. Mais qu’importe : Tinière et sa paleine deviennent copains, nagent ensemble, et communiquent joyeusement car figurez-vous qu’en l’espace de deux scènes, on passe d’une paleine qui fait “Huiihiihiiuiiii” à une paleine qui arrive à dire “Sais-tu que j’ai été banni par les miens ? Sinon, tu lis Proust, toi ?”

Vraiment. Bon, pas pour Proust (cette baleine ne lit que du Victor Hugo), mais si, elle parle.

Alors que Tinière joue avec son ami, son père et les Maoris arrivent puisqu’ils ont appris que l’enfant avait été abandonné sur le territoire d’un grand carnassier. Aussitôt, Tinière lance à son gigantesque ami : 

– Vite, petite paleine, plonge ! Il ne faudrait pas que l’on découvre que j’ai noué une amitié avec un animal marin géant, ce qui ferait probablement de moi un héros et aiderait toute ma famille à s’intégrer, tout en montrant aux enfants qui se sont moqués de moi que j’assure chaussure !

C’est connu : les adolescents adorent cacher tout ce qui pourrait les rendre populaires. La paleine plonge donc, et Tinière retourne au village avec ses parents, qui sont heureux – pour des raisons qui m’échappent – de le retrouver vivant. Tinière finit quand même par raconter son histoire à ses amis Na’Vis. Maorion fronce les sourcils.

– Alors comme ça, tu as fait ami-ami avec une paleine isolée qui a une nageoire coupée ? Fou que tu es ! Il s’agit de Billy, une paleine tueuse rejetée par les siens !
– Han même pas vrai ! C’est une gentille paleine ! Tu es pleine de préjugés de droite, comme tout ton peuple !
– Nan, ce sont les paleines qui nous l’ont dit.

Si comme moi, vous vous demandez ce que vous foutez devant un film où l’on parle de crime chez les paleines, hochez la tête. Merci, je me sens moins seul.

Mais Tinière n’a pas dit son dernier mot : Billy la paleine ne peut pas être méchant ! Il veut avoir le fin mot de l’histoire, et retourne voir son nouvel ami. 

– Billy, c’est vrai que tu es un tueur ?
– Hououuaaaaouuuiiiin.
– Putain c’est chiant, il y a des scènes où tu parles et d’autres non. J’ai un peu l’impression que c’est quand ça arrange le scénario.
– Houuuuuaaiiiiiécritavecducacaoouiiiiiin ?
– Certes, mais revenons à ces accusations : es-tu un meurtrier ? Maorion au village, elle dit que si.

Et Billy d’ouvrir grand la bouche pour inviter Tinière à y rentrer. Car c’est tout au fond de celle-ci que la paleine dispose, comme tous les animaux de Pandora, de son port USB universel auquel les habitants peuvent se connecter (avec ce qui leur sert aussi de bite, je le rappelle : après la crypto-nécrophilie en début de film, voici donc la zoophilie, coucou les enfants !). Ce que Tinière fait, alors que la bouche se referme derrière lui.

À noter que Tinière ignore que ses frères et soeurs l’observent de loin et viennent de le voir se faire avaler par une baleine tueuse, mais personne n’intervient parce que… c’est une baleine tueuse… elle vient de l’avaler…

… mais le script a dit que ça va, c’était cool.

Vous le dites si on vous emmerde amis scénaristes, hein.

Revenons à Tinière, qui se connecte à Billy la paleine, et a ainsi sa version de l’histoire via des visions : Billy était tranquillement en train de nager avec son clan et leurs potes Na’vis quand des humains avec un gros bateau sont arrivés et leur ont latté la tronche. Billy a alors décidé de regrouper les survivants pour attaquer les humains, mais cela a tourné au massacre (nageoires contre harpons, bon), et seul lui a survécu.

Tinière, choqué de découvrir la vérité, retourne immédiatement au village expliquer aux Maoris ce qu’il en est. Ces derniers l’accueillent, surpris.

– Tinière ?
– J’ai quelque chose d’important à vous dire, peuple Maori !
– Alors oui mais pourquoi es-tu couvert de merde ?
– Je… écoutez… je n’ai pas envie de raconter comment je suis sorti d’une paleine, d’accord ?
– Oh. Oooooh. Elle t’a fait le coup de “rentre par ma bouche, la suite va t’étonner ?”. C’est une blague typique des paleines.
– Bon, n’en parlons plus ! Sachez que Billy est innocent ! Il a résisté aux humains, c’est son seul crime !
– Ça ne change rien. C’est un tueur, et banni pour cela.
– Comment ça, ça ne change rien que Billy soit innocent ?
– Tu ne comprends pas, Tinière. Les paleines sont intelligentes et pacifistes. Sauf quand elles te font ramper dans leur rectum pour sortir après t’avoir montré un truc dans leur bouche, mais ce n’est pas le sujet. Pour elles, même menacées de mort, elles ne doivent jamais tuer. En attaquant les humains, Billy est devenu un tueur. Tueur d’humains, mais aussi tueur de paleines et de Na’vis, car ceux morts en combattant à ses côtés l’ont été parce qu’il a prôné la violence.
– Donc ils devaient se laisser massacrer ?
– … eeeeeh biiiiiiiiiiiiiieeeeeeeeeeeen… oui.

Billy la paleine est un animal très propre : ici, elle se lave après avoir expulsé un Tinière couvert d’excréments de son for intérieur. Mais ça valait le coup : vivement le prochain touriste à piéger.

La paleine est comme ça : si on lui envoie un harpon, elle tend l’autre nageoire. C’est quasiment christique. D’ailleurs, en parlant de ça, que fait Jésute pendant ce temps ? Eh bien elle a décidé d’aller se connecter à l’arbre magique des Maoris. Un arbre comme sa tribu d’origine en avait, sacré, sauf que là, il est sous l’eau.

Mais quand elle s’y connecte, elle fait une vieille crise d’épilepsie et manque de se noyer. Obligeant Jake à appeler les rares humains alliés des Na’vis qui étaient restés sur Pandora pour qu’ils viennent vérifier qu’elle va bien.

Et ce faisant, ils prennent un aéronef… ce qui est une grosse erreur !

Car au même moment, au QG humain…

– Générale, nous venons de détecter un aéronef non-déclaré. Il s’est rendu dans l’archipel 400km plus au sud de notre position.
– Excellent, caporal Roudoudou.
– Oui d’ailleurs, comme visiblement, on a des outils de surveillance… on ne pourrait pas traquer cet aéronef de manière plus précise ? Ou envoyer une patrouille sur zone ? Ou scanner le coin avec ce satellite qui nous fait tout plein de schémas 3D de Pandora partout dans la base dès qu’on pousse un bouton ?
– …
– Générale ?
– …
– Générale, je vous vois en train d’essayer de vous enfoncer votre mug de café dans l’oreille. Mais c’est impossible, vous allez continuer à m’entendre. Alors ?
– Caporal Roudoudou, vous et vos idées qui pourraient achever le film ici et maintenant, vous m’énervez : vous êtes viré !
– Maiiiis !

La générale a un bien meilleur plan : elle convoque le colonel et l’unité Panne d’Inspiration.

– Salut les bleus. On a réussi à détecter un aéronef ennemi dans cette zone gigantesque comportant des centaines d’îles et de villages Na’vis. C’est forcément Jake Sully.
– Pourquoi ?
– Parce que.
– Brillant, générale. Et qu’attendez-vous de nous ? Qu’on aille fouiller des centaines de villages au pif en espérant tomber sur le bon ?
– EEEEEEEEEEEEXACTEMENT.

Et ce qui est dit est fait. Le colonel se rend sur place, et débarque dans un village Na’vi au pif. Promptement, lui et ses hommes rassemblent les indigènes, avec Spider pour leur servir d’interprète.

– Spider, dis-leur qu’ils doivent nous dire où se cache Jake Sully où on leur pète la gueule !
– Non !
– Bon, d’accord. On va juste brûler leurs maisons alors.

Et le colonel Méchant de transformer le village en hommage à Jacques de Molay. Ce qui ne le satisfait pas tout à fait.

– Hmmm, je me vois mal brûler des centaines de villages jusqu’à tomber sur le bon.
– Vous avez raison colonel, c’est mal.
– Mal ? Ah non, moi je pensais plutôt au prix de l’essence ! Vous savez combien ça consomme, un lance-flammes ?

Notre méchant est bien embêté. Que faire ? Incendier les villages au briquet électrique ou en jetant des e-cigarettes sur leurs toits de paille ? Il lui vient une autre idée.

– J’ai cru comprendre que les Maoris étaient très amis avec les paleines, ces espèces de gros poissons un peu cons.
– En effet colonel. Chaque Maori se lie d’amitié avec une paleine, et ils sont comme frère et sœur. C’est une communion spirituelle.
– Bon ben on va péter la gueule des paleines, ça fera sortir notre cible.

Notez que le plan est génial : comme c’est trop aléatoire de taper les habitants des villages… on va plutôt taper les paleines correspondant aux habitants des villages. Ce qui revient EXACTEMENT au même,  sauf que tuer un villageois, c’est une balle, alors que tuer une paleine demande tout un travail. On peut donc résumer le plan du colonel à : “Pareil, mais en plus long, plus cher et plus compliqué”.

Bon dieu, ce n’est pas un colonel qu’ils ont cloné : c’est Parcoursup !

Cependant, pour mieux comprendre comment on tue de gros animaux marins, le colonel se rend sur l’un des énormes navires humains qui chassent la paleine dans ces eaux et transportent chacun une petite armée. Et il choisit l’USS Enculos, qui, comme vous allez le voir, est introduit avec légèreté.

En effet, sitôt le colonel à bord, il y rencontre le capitaine Iglou, le chef de bord qui lui présente son bâtiment ainsi que la chasse à la paleine.

– Oui colonel, notre bâtiment est spécialisé dans cette chasse ! Nous, les paleines, on en fait des patonnets !
– Des ?
– Ça n’a RIEN À VOIR avec des batonnets, colonel, arrêtez d’insister !
– Oookay. Permettez que je m’interroge quand même : on a peu d’effectifs sur Pandora, et l’une de nos priorités, c’est la chasse à la paleine ?
– Mais oui ! Car les paleines ont dans leur crâne un liquide qui stoppe instantanément le vieillissement humain ! Une paleine nous rapporte ainsi 80 millions de dollars ! Ahaha ! Comment croyez-vous que cette expédition est financée ?
– …
– Colonel ?
– Attendez, j’vous montre… ‘tendez faut que je sorte ça de ma poche… voilà. Regardez le script là… plus tôt dans le film… vous voyez ce dialogue ? C’est la générale qui m’explique que la mission sur Pandora n’a aucun rapport avec le profit cette fois : il s’agit de déplacer les humains ici car la Terre est condamnée.
– Haaaan.
– Donc certes, c’est cool de faire du pognon, mais ça n’a aucun sens de dire que c’est ce qui finance la mission. Car vous pensez bien que même sans ça, l’humanité ne va pas dire “Bon ben tant pis, on crève.”
– Vous voudriez dire qu’on se contredit très fort ?
– Je crois surtout que les scénaristes n’avaient aucune idée de pourquoi il pourrait y avoir de la putain de chasse à la paleine dans ce film et ne savaient pas comment l’introduire.

Le capitaine Iglou arrache le script des mains du colonel puis le jette à l’eau. Le script, pas le colonel.

Le colonel lui-même n’arrive plus à piger dans quelle direction part le film.

– Bon, on oublie et on reprend, colonel ?
– Oui.
– Donc, disais-je, l’USS Enculos chasse la paleine pour le pognon car on aime l’argent.
– Oui.
– Et là ! Regardez, nos capteurs ont détecté une paleine ! Ahaha ! Tout un groupe ! Alors d’abord, on met de petits bateaux à l’eau, puis on balance des charges sous-marines pour rendre sourde la bête, AHAHAHA ! ELLE SOUFFRE !
– Okay, vous êtes vilains.
– Mais attendeeeeeeez, on vise d’abord les MAMANS car leur BÉBÉ les ralentit, tiens, on va te crever, maman paleine, AHAHAHAHA !
– Nan, c’est bon, je crois qu’on a compris que vous étiez cruels.
– Noooooon ! Car maintenant, on lui envoie du son dans la gueule pour la torturer, AHAHAHA elle DOUILLE la PPPPPPPPUTE !
– Que ? Capitaine ? Calmez-vous !
– ET LE HARPON, IL EST EXPLOSIF POUR LUI ATOMISER SES ENTRAILLES DE MERDE !
– Capitaine, arrêtez !
– ET ENSUITE ON LUI FORE SON CRÂNE ET ON POMPE LE LIQUIDE AVANT DE REJETER TOUT LE RESTE POUR BIEN MONTRER QU’ON S’EN FOUT !
– Capitaine, stop, c’est bon !
– ET ON VA REMETTRE SON CORPS MUTILÉ À CÔTÉ DE SON BÉBÉ PALEINE QUI CHIAAAAALE CONTRE SA MAMAN MORTE !

Est-ce que vous aussi, vous avez la vaaaague impression que le film cherche à rendre ces gens détestables de manière très subtile ? Et surtout : pensez-vous qu’ils vont mourir ?

Je me demande.

Nous conviendrons cependant que cette scène appuie surtout une chose : c’est nul. Et encore, je vous passe tout le dialogue sur le fait que le capitaine se marre car les paleines sont apparemment plus intelligentes et sensibles que les humains, ce qui rend leur massacre encore plus rigolo à ses yeux. Non, vraiment, c’est léger. Je pense qu’il aurait déféqué sur la paleine avant de frotter son majeur tout le long de l’animal, c’était la même.

Mais vous voulez plus de nullité ? Oh, je vois que j’ai affaire à des connaisseurs.

Ne bougez pas, j’ai ce qu’il vous faut. Vous voyez la paleine qu’ils viennent de tuer ? Oui ? Prise complètement au hasard ? 

Préparez votre boîte à “Ça alors” et sortez de la pièce car elle va ricocher partout : 

Cette paleine était la sœur spirituelle de… la cheffe de la tribu où Jake se cache !

ÇA ALOOOOOOOOOOOOOOOOOOORS !

Non vraiment : des dizaines de milliers de paleines, la première qu’ils tapent est la bonne. Une moule pareille, c’est peut-être la vraie raison pour laquelle ce film s’appelle la voie de l’eau. Le premier titre était probablement directement Conchyliculture, mais comme il y avait « conchie » dedans, James Cameron a bien senti que ça allait vendra la mèche quant à la qualité du film.

Bref.

Nous avons le droit à une scène où la cheffe Maori trouve le cadavre son amie paleine près de son bébé mort de faim et pleure contre elle en ajoutant : “Snif snuf, c’est terrible, elle venait juste d’avoir un bébé alors qu’elle avait du mal à en avoir un !”

Ah non mais vous aurez tout. Dans les scènes coupées, je suis sûr que l’on découvre que la paleine était aussi directrice d’un orphelinat et qu’il a pris feu en son absence. Je crois avoir vu des épisodes de Princesse Sarah plus heureux.

Les Maoris sont tout de même un peu grognons et veulent en conséquence aller casser la gueule aux humains au motif que “On savait qu’ils chassaient des paleines, mais ils le faisaient loin, alors que là, ils ont tapé près de chez nous.”

Je traduis : “Les paleines sont nos sœurs spirituelles, mais si tu les étripes à plus de 100 bornes de chez nous, ça va”. 

Vraiment, quel film.

Vous voulez encore plus de magie ? Bon, la première paleine tapée par les humains était pile poil celle qu’il fallait. Devinez quelle est la deuxième que les humains attaquent là encore, parfaitement au hasard ?

Mais oui, c’est BILLY.

Diego, apporte-moi un truc à lancer. Un enfant, par exemple. Voilà, tu peux aller le rendre aux parents, tu diras qu’on l’a trouvé comme ça.

Donc, oui, visiblement, les chasseurs ont laissé tomber tous les groupes de paleines qu’ils traquaient pour aller en attaquer une isolée dans un coin (puisque bannie je le rappelle) et ça tombe PILE sur LA paleine qu’il leur faut ! Non mais jouez au loto les mecs à ce stade Heureusement pour Billy cependant, les enfants de Jake apprennent que les chasseurs approchent et vont sauver Billy, si vous me passez l’expression.

Mais hélas, l’USS Enculos et son armée de pêcheurs surarmés sont déjà sur place et ne comptent pas se laisser faire ! Et si Billy parvient à filer, les marmots, eux, se font capturer. Ce qui est embêtant car lorsque Jake et tous les Maoris surarmés arrivent à la rescousse, le colonel use de ses otages pour expliquer comment cela va se passer.

– Jake Sully ! J’ai tes enfants en otage !
– Encoooore ?
– Oui, on est d’accord qu’ils sont un peu cons ?
– En effet.
– Bon, en attendant, rends-toi !
– Ou sinon ?
– JE TE LES RENDS !
– Damned !

C’est embêtant. Et Jake pense à se rendre… mais au moment où il va le faire, qui jaillit des eaux ? Billy la paleine ! Venu aider ses amis ! Et qui s’écrase sur le pont de l’USS Enculos avant de distribuer des coups de nageoire dans tous les sens. Car oui, l’USS Enculos peut vous détecter une paleine solitaire à 200 bornes, mais pas la même à 15 mètres leur fonçant dessus. C’est ballot.

Profitant du chaos général, Jake passe à l’attaque, aidé de tous les Maoris qui foncent à dos de poisson vers le navire. À noter que ça revient à faire une charge de cavalerie à découvert contre des dizaines d’humains avec armes automatiques, mais non, pas un ne touche.

Vous voyez ce gigantesque navire couvert de soldats surarmés ? Voilà : pas un ne touchera sa cible.

Cela dit, c’est là encore que le film se dépasse car… 

Les Maoris disparaissent. Oui, comme ça. Hop, une scène ils sont là, la suivante, ils n’y sont plus. C’est ballot comme oubli, dans la bataille finale opposant deux armées, d’en oublier une. 

Mais Avatar l’a fait.

Extraordinaire.

Toujours est-il que l’USS Enculos, attaqué à la fois par une paleine et par la famille Sully commence, tout comme le film, à sérieusement prendre l’eau. Les enfants parviennent à s’enfuir, alors que Jake et sa femme restent à bord pour tenter d’en finir avec le colonel Méchant. Ils y parviennent lorsque Jake l’étouffe entre ses cuisses musclées avant d’envoyer son corps au fond de l’eau.

Quant au capitaine Iglou, là encore très subtilement, il se fait envoyer valdinguer par Billy… qui lui arrache un bras. Nageoire coupée… bras coupé… nan, c’est habilement écrit. Raaah, arrêtez, je vous le dis, bande de petites langues de putes ! Vous êtes intenables quand vous vous y mettez, pfou.

Billy profite aussi d’un creux entre deux scènes pour disparaître (il va sûrement rejoindre les Maoris), pendant que Jake et sa femme, eux, restent coincés dans l’épave de l’USS Enculos qui sombre. Heureusement, leurs enfants viennent à leur rescousse, aidés par Jésute, qui s’est découvert le pouvoir de commander à la faune de Pandora (druide niveau 2, on le rappelle), et envoie donc des poissons pour éclairer le chemin à sa mère, ainsi qu’une méduse qui aide à respirer sous l’eau pour qu’elle puisse se faufiler hors de l’épave.

Par contre, rien pour Jake, qui n’est sauvé que grâce à l’intervention de Tinière qui lui apprend à bien nager en apnée en deux minutes.

– Tu vois papa, je ne suis pas toujours une déception !
– Dit le fils qui a oublié de me ramener une méduse pour respirer sous l’eau.
– Ah oui, merde.

Mais non, Jake ne le relève pas. Tout le monde peut donc s’en sortir… y compris le colonel, qui bien qu’inconscient au fond de l’eau depuis 10 minutes, est sauvé par Spider qui se dit que alleeeez, bon, c’est un gros rascal, un tueur et un brûleur de villages et grenadeur de baleines maiiiiis il l’aime bien quand même. Puis, Spider met les voiles, malgré l’offre du colonel (qui va très bien, merci) de repartir avec lui vers les avant-postes humains. Et Spider de retrouver les Na’Vis et de les serrer dans les bras en s’exclamant « Tu es trop fort, Jake ! Tu nous as sauvés ! J’ai adoré le moment où tu as lancé une grenade dans un panier de roquettes juste à côté de là où nous étions retenus en otage car tu savais que le script nous empêcherait de nous faire carboniser la gueule alors qu’on était à trois mètres ! »

Car oui : c’est arrivé. Vous voyez tout ce que je vous passe pour vous préserver ? Ma bonté me perdra.

La famille Sully essuie cependant une perte : Ton, le fils le plus âgé, a pris une balle dans la bataille. Non, pas d’un humain, rassurez-vous : du colonel en personne, qui est quand même un avatar. Ouf, un instant, j’ai cru que les humains étaient vaguement dangereux. Me voilà rassuré.

Les Sully rentrent au village Maori y enterrer leur marmot selon la coutume locale (on le file aux bigorneaux puis on chante Au 31 du mois d’août), et cela fait Jake va voir le grand chef Maori.

– Grand chef, tout cela est encore arrivé à cause de nous. Ma famille doit partir.
– Nan mais c’est pas vrai, vous êtes con ou quoi ? Vous croyez vraiment que tout ne tourne qu’autour de votre petit nombril ?
– Oui. En tout cas c’est comme ça depuis le début du film.
– Misère. Bon, enfin restez, parce que nous, on aimerait bien se battre en fait. Vraiment, hein. Du moins, quand on ne se fait pas dégager du film entre deux scènes sans explication.
– Ah oui ? Bon ben d’accord alors.

Nous avons ainsi le droit à un gros plan sur Jake Sully et sa philosophie de marine américain en voix off qui nous explique que “Un père doit protéger les siens”, “Les Sully se serrent les coudes”, “C’est chez moi, je vais me battre pour ça” et on passe à deux doigts de “Djizousse bénisse les Etats-Unis de Pandora” avant que le film ne vire au noir et…

… FIN !

Tout ce film pour conclure par « En fait, on va se battre ». Eh ben putain.

3h30. 3h30 et des centaines de millions de dollars pour une histoire écrite en trois minutes et qui aurait pu être filmée en 45 sans rien louper.

Vivement la suite.


– Tenez, d’ailleurs, docteur, savez-vous quelle sera la durée du prochain Avatar ? Hmmm ? James Cameron a annoncé qu’il avait tant de choses brillantes à raconter qu’il prévoyait neuf heures de film. Neuf heures. Tout ça pour nous parler de Jake le marine neuneu et de ses amis qui le sont tout aut… docteur ? Docteur ?

Derrière-moi, un corps se balance au bout d’une corde.

Oui, il existe bien un syndrome de dépression post-Avatar, comme le disait la presse après la sortie du premier volet.

Cela s’appelle : constater à quel point on se fout du monde.

70 réponses à “Avatar 2 – La voie d’eau

  1. Faut envoyer ce spoiler à James Cameron. Je crois qu’il va adorer. Et surement engager notre chère Monsieur Odieux Connard pour écrire un scenario, un mélange entre Terminator, Titanic et Avatar.

  2. Hé, dîtes ce que vous voulez, mais Cameron a tout de même réussi l’exploit d’être le scénariste le plus écolo de la planète, vu qu’il recycle même ses scénarios.

    • Qu’au début, l’armée chasse jakesully parce qu’il est le chef de la rébellion, passe encore. Mais une fois parti, ça n’a vraiment aucun sens qu’ils continuent de le poursuivre à grand coup de milliards de dollars d’équipements.

      Enfin bon, ça et tout le reste, j’en ai cassé ma boîte à Ça Alors Facom garantie à vie !

      Jeune m’attendais pas à grand chose, j’ai quand même été déçu.

    • Sinon, au beau milieu du film, il y a un film pour ados vous avez remarqué ? La nouvelle famille qui débarque dans une nouvelle ville, les d’jeuns populaires qui ne les apprécient pas, le neuneu personne principal qui en fait s’intègre pasque si, il est bon à la pelote basque, la rivalité qui finit en amitié/respect entre le neuneu local et le neuneu neuf après que neuf ait battu local et montré sa valeur…
      Manquait juste que neuneute la sirène trop bonne et neuneu neuf soient embarqués dans un ménage à trois.

      • Ne nous plaignons pas trop : on aurait pu avoir un neuneu ado « beau et ténébreux » mais qui brille au soleil (pas son esprit) dès qu’il retire son t-shirt.

  3. Awi, quand même ! On m’avait prévenu qu’il était encore plus mauvais que le premier (une performance en soi) mais ça a vraiment l’air d’être de la daube de compét…

    Heureusement que l’Odieux a un entraînement de plusieurs années pour supporter ce genre de productions, parce que cet Avatar 2 n’a clairement pas l’air fait pour le daubophile néophyte. C’est un coup à finir à l’hôpital !

      • Merci beaucoup !

        Toujours aussi incisif !

        Et un petit rappel de Mobby Dick et du capitaine Achab qui perd son bras.

  4. Un petit coup de moins bien sur l’orthographe, maître? Mais bon je comprends, le choc a été rude, j’ai moi aussi vu la daube, euh le film pardon.

  5. Ohlàlà les belles refs !
    Entre Michel Petibedon (descendant de l’illustre Jules Petibidon bien sûr !) et Summon Bigger Fish (Qui-gon serait fier) je me suis régalé.

    Désolé pour votre psy par contre, métier ô combien dangereux…

  6. Merci pour ce spoil qui me permettra de rabattre le caquet aux ravis-de-la-crèche qui se pâment inéluctablement et sans fatigue dans les commentaires des 10 posts quotidiens sur Facebook des Popcorns, Sens Critique et autres Écran Large quand ils annoncent des chiffres et des des records d’entrées alors qu’on ne leur a rien demandé.

    (Le message censément écologique est d’ailleurs bien relégué derrière cette course aux dollars de James Cameron qui semble être sa réelle motivation)

    On n’est pas pressés de voir la sortie d’Avatar 3 : la voie du pognon.

    • Le 3 (ou le 4, je m’embrouille) va parler d’un peuple du feu – le Peuple des Cendres, si mes souvenirs sont bons (ce qui est loin d’être sûr). Et ce bon vieux James Cameron d’ajouter que dans je sais plus lequel des prochains films, il y aura des méchants Na’vis. Youpi tralala.

      • Donc Peuple de l’Eau dans le 2, Peuple du Feu dans le 3, et sans doute Peuple de la Terre dans le 4 et Peuple de la Foudre dans le 5 ?

        Ouaouh, ils ont dû s’en payer, des petits fours, avec le rab du budget créa…

  7. Merci Maître, MERCI ! Je n’en pouvais plus d’entendre les décérébrés encenser ce film pour ses piou-pious visuels sans critiquer le scénario, je vais ENFIN pouvoir leur balancer ce lien !

  8. La seule consolation que m’ait apporté ce film, c’est que les bleus ont gagné. Pour le reste, j’ai effectivement trouvé que concentrer tout l’intérêt d’un film sur ses seuls effets spéciaux, c’est déjà chiant quand on a affaire à des gugus déguisés avec des capes et des collants, mais que quand c’est des schtroumpfs géants qui barbotent pendant 3 heures, ça donne envie de voir la Russie envahir la Californie pour foutre Hollywood au goulag !

  9. Et encore l’auteur aurait pu mentionner le remake du Titanic… (à ce niveau ce n’est plus un clin d’oeil) je m’attendais à voir Jake dans l’eau pendant que la Kate Winslet bleue ne soit sur une espèce de planche.

    Bon sinon personne pour mentionner que maintenant tout le monde parle anglais ? hein ? car autant dans le 1er, que qq Na’vis parlent anglais pour communiquer avec les humains ca tient la route surtout pour négocier avec l’oppresseur. Mais au moins entre eux ils parlaient leur langage.
    Là les enfants de Jake parlent anglais (logique, tu as renié ta race d’humain pour devenir Na’vi mais tu vas t’embêter à apprendre la langue humaine à tes enfants ? comment cela si ? bon admettons). Pire, les Na’vis maoris parlent aussi anglais (pourquoi ? comment est ce possible ? ils étaient même pas concernés dans le 1er film, et même si ils ont combattu au moment du ralliement général pourquoi s’emmerder à apprendre une langue d’un oppresseur que tu viens de botter hors de Pandora ? bon admettons…)
    et tout ce beau petit monde parle les 3/4 du temps entre eux en …anglais. si ca c’est pas pratique ca évite de tout doubler avec sous titres etc. sympas ces Na’vis

    • D’autant que pour le na’vi y’a eu un vrai effort de création d’une langue avec sa phonologie, son lexique, sa morpho-syntaxe, etc. C’était d’ailleurs le truc le plus original et créatif de cet univers, pour moi. Jeter tout ça à la poubelle pour tomber dans le tropisme hollywoodien du « tout l’Univers parle anglais », c’est quand même beau.

  10. Merci pour ce spoil.
    J’espérais qu’il y aurait un mot sur le fait que le colonel méchant n’ai pas compris le rôle d’un otage. Personnellement j’ai trouvé cela assez magique.

  11. Monsieur connard,

    Il me semble détecter une erreur dans votre divulgachage : « S’ensuit donc une aventure de Tinière qui se fait courser par un requin géant, (…) »

    Selon moi, il s’agit plutôt d’un mérou géant et non d’un squale.

    C’est bien dommage, car ç’eût été pour vous l’occasion de nous rappeler que la peau de mérou s’tond, mais qu’il y faut prendre garde, car la peau de mérou pète.
    Surtout quand elle est bleue.

    Bien à vous.

  12. Un spoil de grande qualité ! Je m’en contenterais pour l’instant M. Odieux, n’ayant pas comme vous l’abnégation nécessaire pour perdre de l’argent et surtout 3H30 qui ne reviendront jamais devant cette très longue pub pour effets spéciaux.

    A la limite, en home cinéma dans une soirée entre copains…il a effectivement tout ce qu’il faut pour faire hurler de rire une bande de gens alcoolisés au dernier degré : le symptôme du (mini) Jar-Jar, celui des Stormtroopers, celui des envahisseurs lambda qui font tout à l’envers histoire de bien montrer qu’ils sont méchants, les raccourcis scénaristiques finissant en sous-entendus graveleux, les très méchants baleiniers que même les dessinateurs d’animation « écolos » des années 1990 n’en auraient pas voulu, l' »héroïne-objet » (tiens, ils ont osé ? En 2023 ???)…

  13. Enfin quelqu’un qui a laissé son cerveau allumé pendant la projection ! Quand je lis les critiques de beaucoup de personnes, j’ai l’impression qu’on a pas vu le même film. Beau mais vide. Y’a rien. Le scénario est inexistant, Cameron pique des idées à droite et à gauche « s’inspire » (ben tiens) de tout un tas de truc (les Maoris, Star Wars, le Grand Bleu) dont il aurait pu largement se passer pour proposer une histoire et des personnages originaux. Mais non, James Cameron a fait du James Cameron. Film prétentieux qui déballe des clichés toutes les dix secondes.
    Parmi la horde de scènes qui m’ont énervé/révolté/rendu dingue, j’ai retenu celle de la crise d’épilepsie. En tant qu’épileptique, j’ai été choquée par la façon dont Neytiri et la femme du chef du peuple « Maori » dégagent les docteurs humains, en mode « on sait mieux que vous ». Craignos.
    Une dernière chose : je suis la seule à trouver flippants les bébés Na’vis ? Déjà que quand ils sont plus âgés je les trouve plus flippants dans ce film que dans le premier… Comme quoi, la technologie, c’est pas toujours une bonne idée.
    Treize ans pour pondre cette daube intersidérale ? Quand je pense que ça cartonne et qu’il y en a trois autres derrière…

  14. Et pour finir, je l’ai vu en 4D au Canada (je ne sais pas si on a ça en France), avec le parfum dans la salle (même s’ils utilisent le même pour la fesandeur de la forêt et la putréfaction du monde marin, ces feignants) et les sièges qui remuent.

    C’est à faire une fois. Mais juste une fois, ça suffit largement.

    • Ainsi le « cinéma sentant » du Meilleur des Mondes existe pour de vrai. On en apprend toujours.

  15. Merci, merci, 1000 fois merci. Ça valait presque le coup d’avoir enduré plus de 3 heures de cette mauvaise plaisanterie pour en rire aujourd’hui en lisant ce spoil.

    • J’en peux plus de rire !!! Juste un délice cette critique !!! Merci pour ce bon moment, mon stress s’est évacué d’un coup !

  16. Eh bien on voit que le visionnage a vraiment affecté l’OC, il en a oublié de bien belles :
    -Le « nouveau foyer de l’humanité » est une planète à l’atmosphère toxique, mortelle en quelques minutes pour les humains.
    -La vidéo du colonel à son avatar qui ne sert à rien vu que l’avatar a déjà les souvenirs du colonel et donc devrait déjà savoir pourquoi on lui a fait un scan du cerveau.
    -Le Mcguffinium du premier opus complètement oublié alors que c’était ça qui finançait leurs missions à l’origine, maintenant tout tourne à l’huile de paleine à l’origine.

    Et je suis sur qu’il y en a bien d’autres.

  17. Enthousiasmé comme il se doit par cette critique, je lis celle du premier opus. Et là qu’est ce que je vois ?
    « Pandora, planète moult luxuriante où l’atmosphère est hélas irrespirable, la renifler plus de 20 secondes, c’est perdre conscience, plus de 4 minutes, c’est la mort assurée.  »
    Donc c’est cette planète si accueillante (et déjà peuplée d’hostiles qui plus est) qu’on a choisi pour sauver l’humanité ? Tu m’étonnes que les scénaristes aient oubliés en cours au profit du… profit.
    Ah d’ailleurs puisqu’on en parle, peu plus loin qu’est ce que je vois encore ?
    « c’est fou ce que cette planète est remplie de Couillenorium, et dire que 10 grammes valent plusieurs millions !  »
    Ah ben du coup justifier l’expédition par le jus de cerveau de paleine c’était donc doublement superfétatoire…

    En même temps le film n’arrive pas à être cohérent d’une scène à l’autre, alors d’un épisode à l’autre, qu’est ce que j’espérais ?

  18. AHAHA.
    Je savais que j’aurai pas dû lire tout ça avec mon café.
    Les noms des fils, Ton et (fils) Tinière …. j’ai du café plein le clavier !!
    (sinon, y a pas une once de mauvaise foi … j’ai ressenti tout ça dans le film)

    Il est beau … et c’est tout

  19. Félicitations à l’Odieux pour son sens de l’à-propos et ses connaissances botaniques ; la paleine existe bien sur Terre, c’est la molinia caerulea, ou plutôt son nom vernaculaire, par exemple en Saumurois. Une bien jolie graminée. Et en plus, elle est bleue !
    Elle est connue depuis bien longtemps, car comme l’on sait, les Gaulois sont dans la paleine.
    Où l’OC va-t-il chercher tout ça ?
    A part chat, un budget pareil pour une telle vacuité, c’est bien triste. Et l’affluence du public, pour abonder le tiroir-caisse de Monsieur Cameron, est assez désespérante.

  20. Merci pour ce spoiler ! Une pépite à la hauteur de la déception que fut ce film.

    Pendant le 1er film Avatar j’avais suivi l’histoire sans problèmes parce que c’était nouveau pour l’époque, joli, etc. mais là le scénario est juste trop…trop. Je me suis surtout demandée à quel moment les humains sont censés avoir découvert l’existence du jus de cerveau de paleine magique (et comment ils ont découvert ça ??). Et à part fainéantise scénaristique, pourquoi ils ont laissé tombé le minerai du 1er film ? Sinon ils auraient aussi pu oublier cette histoire d’épilepsie de Jésute vu que ça ne sert VRAIMENT à rien (mentionné une fois, oublié ensuite).
    Petit détail : est-ce que quelqu’un aurait une hypothèse sur où allait le train contenant des armes qui s’est fait attaquer par les Na’vis ? Une autre base, une mine de métal ? Parce que les rails traversent quand même toute la jungle pépère…Je n’ai pas réussi à imaginer x)

  21. Ah je suis heureuse de voir que je n’ai pas été la seule à souffrir de ce film ! Ma critique rejoins bcp la tienne, Cameron y va tellement à la pelleteuse qu’on voudrait l’enterrer avec, et bon sang je n’avais pas tout vu tellement c’est désespérant. Après j’ai quand même trouvée réussies les scènes « écologiques » (tant qu’à faire c’est le but), mais ce scénario quel massacre, j’ai pas vu un tel niveau de nullité depuis vingts ans. Petite précision quand même, leur tresse-USB n’est pas un organe sexuel faut pas déconner, ils doivent avoir tout le matos ailleurs. D’ailleurs, je suis surprise que tu n’a pas relevé le concours de qui a la plus grosse queue chez les Na’avi…

      • Lorsqu’ils connectent leur port USB aux animaux etc, ils se relient au niveaux de sens, et de la mémoire, ce n’est pas sexuel. Donc c’est logique de vouloir partager leurs sens, d’avoir cette communion assez spirituelle pour eux, via leurs USB, pendant l’amour, mais ce n’est pas leurs sexes pour autant.

  22. Pas mention de la scène grandiose où la générale muscle son exo-armure de combat bien mécanique en tapant sur un punching-ball géant avec? Véridique !

  23. Déjà que je trouvais d’étranges ressemblances entre le premier et Aquablue (BD de Cailleteau et Vatine), le second semble pousser le plagiat encore plus loin

    • pour le 1er essayes plutôt le tome 1 de Sillage:
      une enfant (humaine mais avec des « peintures tribales ») qui s’appelle Navi est amie avec un genre de tigrours et vit tranquille dans la forêt de façon « primitive »
      des envahisseurs arrivent et doivent terraformer la planète pour qu’elle soit vivable pour eux
      entre-temps, le refuge de Navi (qui était le plus gros arbre de la forêt) se fait raser et sous cet arbre il y a qqch de valeur (bon là c’est pour elle, puisque c’est ses origines)

    • Le premier film a assez largement pillé l’univers de « Dinotopia », reprenant même clairement certaines scènes du film du même nom. Ce dernier avait été réalisé en 2002 avec peu de moyens, des effets spéciaux datant des années 80 et un casting assez catastrophique, mais était en revanche riche en idées. Que James Cameron a récupéré et rhabillé avec un gros budget effet spéciaux.

  24. Je vois beaucoup de gens s’extasier sur les effets spéciaux, mais enfin Gravity c’était en 2013. Ca fait littéralement une décennie qu’on fait des films en CGI ultra réalistes, ou la seule chose réelle est le visage des acteurs (même pas leur corps, il est en 3d aussi). Avant ca il y avait déjà Matrix Révolution, qui malgré tous ses défauts repoussait les limites de ce qui pouvait se faire à l’écran.

    Bref, ce film se contente de faire ce que tout le monde sait faire depuis 10 ans. Il reste quoi pour s’extasier?

  25. Ah mais déjà le premier était infâme. Hors de question que je me tape cette daube de 3h30. En plus les Na vi là, je ne peux pas blairer leurs vielles gueules bleues. J’éprouve clairement du racisme pour cette sale race numérique. J’espère qu’à la fin les humains vont réussir leur épuration ethnique et tout cramer au lance flamme. Le prochain parlera d’un peuple du feu ? Ah bah ok alors on est dans zelda, le 4eme ce sera les navi-oiseaux des mes couilles ?

  26. Un petit oubli je pense de votre part Monsieur Connard, mais le moment où les enfants s’enfuient du bateau qui coule et que la route leur est barrée par l’essence qui crame en surface, on en parle? parce qu’on passe littéralement 2 heures à les regarder apprendre à faire de l’apnée et quand ça peut enfin leur servir pour passer sous le feu et s’échapper, ben non, on retourne sur le bateau…

  27. Fichtre, je deviens vraiment mou du bulbe, j’ai cru que Ton et Tinière c’était des jeux de mots avec « Navi » (Tinière aurait dû me mettre direct sur la voix, quand même!)… Mais bon, ça n’aurait été que l’opportunité de dire à Ton que « Ton navi, on s’en bat le port USB, en fait ».
    Mais pourquoi pas Tule, qui aurait bien décrit la qualité du film? Ceulé? (mais ça marche que si le marmot aime le BDSM…) Ou Urée, double combo qualité et état du scénario!

  28. Chapeau bas pour être allé au bout de cette galerie du nunuche à gros budget …
    On est sur du plaquage d’images colorées sur un mauvais western (les prochains na’vis seront rouges), Moby Dick degré zéro et l’Aventure du Poséidon. Et encore le Poséidon était prenant.
    On a eu le « ça craint je me barre », « ah oui ça fout la merde chez vous ? Rien à cirer » et la disparition des Schtroumpfs verts.
    L’apothéose c’est quand même « le-colonel-méchant-qui-prend-la-fille-en-otage-avec-son-grand-couteau-sur-la-gorge-et-puis-ça-va-faire-mal-si-tu-te-rends-pas-pour-que-je-te-massacre-la-tronche ». J’avoue c’est moi qui ai crié dans la salle « merde, ils ont osé ! »
    Là c’est de la création scénaristique. Et puis c’est pas comme s’ils n’avaient resservi le coup des otages, enfants du gentil, sous plusieurs variantes, ad nauseam… Mais en couleurs !

    • @Misa « (les prochains na’vis seront rouges) »
      Ah non hein, les Collectivistes Carnivores sinCères de l’esPace (et rouges ou approchants) sont déjà pris…que Cameron aille déposer ses étrons fluorescents ailleurs !

      Pour le reste tout à fait d’accord, ça ressemble à du Barnum mais en images de synthèse. Et Barnum au moins avait fait de gros efforts de mise en scène par rapport à son époque.

  29. L’unanimité des commentaires sur le niveau affligeant du film sans l’avoir vu mais juste en se contentant de lire un article de blog afin d’assouvir leur biais de confirmation.

    On est sur un gros de cinéphilie là, changez rien.

    • Ouuuuh merci Monsieur l’éminent cinéaste, de nous remettre à notre vilaine place de pas-beaux. C’est vrai, courons tous vite voir cette daube (dont les multiples défauts sont allègrement soulignés ici) pour être vraiment sûr que c’est de la daube, et continuons ainsi de nourrir un cinéma absurde qui nous dégoûte. C’est vrai après tout, c’est pas comme si on avait tous déjà constaté la nullité de ce qui sort, faut le voir de nos yeux à nous!
      OU alors, on continue comme ça, on laisse l’Odieux masochiste s’infliger d’horribles souffrances oculaires, et on prie pour lui qui se sacrifie pour nos péchers, tout en rigolant de ses articles.
      Houlala, le choix est dur.

      • Est-ce vraiment la peine de commenter un commentaire qui se contente d’exécuter un homme de paille en 3 lignes sans prendre la peine de contre-argumenter…

    • Encore aime qui n’aime pas que l’on critique un film qu’il a adoré.

      Petite piqûre de rappel : Ce blog et son auteur revendiquent une mauvaise foi assumée, et la majorité des visiteurs l’ont bien compris et l’accepte, ce n’est visiblement pas ton cas.

      Toutefois, il est bon de mettre en avant le fait que dans ses spoilers, l’OC met le doigt (et il aime ça) sur les grosses incohérences scénaristiques des films, même si il a souvent tendances à forcer le trait avec l’humour qu’on apprécie.
      Ces incohérences ne sont pas inventées et trahissent souvent la paresse des scénaristes, c’est bien là tout le problème.

      Depuis que je lis les spoilers de l’odieux connard, j’ai aiguisé mon côté analytique. Et plus je regarde de films, plus le côté absurde des scenarii me sautent aux yeux.

      Donc critiquer un film sans l’avoir vu est certes idiots, mais encenser un film à gros budget juste parce qu’il a de beaux effets spéciaux n’est pas plus malin.

      Donc ta cinéphilie…

    • J’ai pour habitude d’attendre d’avoir vu les films avant d’en lire le spoil ici.
      Cela rend la lecture plus croustillante, et bien souvent ponctuée de « oh putain mais c’est vrai il a raison c’est complètement con ».
      Ceci dit, cela ne m’empêche pas d’apprécier les films qu’il prend pour cible pour ce qu’ils sont : une bonne récréation pop corn.

  30. Ton et Tinière. Moi aussi je n’avais pas compris. Et puis j’ai hurlé de rire. Merci pour cette marrade intersidérale 😂.
    Et je peux confirmer : 3h15 pour ça…

  31. Pensée fugitive : vu comment l’avatar du Colonel Méchant est présenté de façon caricaturale, je me suis dit qu’il manquait juste un drapeau sudiste brodé sur le t-shirt et l’air du « Bonnie Blue Flag » l’accompagnant. Mais où était donc sa robe blanche avec cagoule pointue intégrée ? xd

  32. Le vrai kif c’est quand même de voir le film juste pour le spectacle et d’ensuite lire ce spoil. C’est vraiment bon. J’en ai les zygomathiques tout tétanisés.

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