Black Windows

– Vous gagnez cette manche, Monsieur Connard.

Attaché à la table de dissection, l’espion me décoche un sourire plein de confiance malgré sa situation. Je me contente de tirer sur mon cigare, me demandant ce qui l’emplit encore d’espoir. Un silence gênant s’installe, et l’agent secret s’éclaircit la gorge. Une fois. Deux fois. Trois fois.

– Eh bien ? s’impatiente-t-il.
– Eh bien quoi, petit malappris ?
– Monsieur Connard, allons, je suis votre prisonnier. C’est le moment où vous me révélez votre plan diabolique pour détruire le monde.

L’un de mes sourcils s’en va inspecter le haut de mon front.

– Je crois qu’il y a erreur, Monsieur Bon.
– Jean Bon.
– Oui, c’est bien beau, mais écoutez-moi Monsieur Bon. Je crois qu’il va falloir reprendre quelques bases. Nous sommes en 2021, plus aucun agent secret ne se présente sous son véritable nom. C’est très con. Ensuite, je sais que vous pensez que vous avez brillamment réussi à infiltrer une base secrète, mais c’est juste une cave. Avec des stagiaires, je vous l’accorde, mais point d’arme ultra-sophistiquée ici.
– Et comment comptez-vous détruire le monde alors ?
– Mais pourquoi est-ce que je… bon. Reprenons. Mettons que je veuille détruire le monde, pourquoi dépenser une folle somme dans une arme alors qu’il me suffit de laisser le monde brûler tout seul comme un grand ? Quitte à dépenser de l’argent dans le projet, autant investir dans une chaise longue et du pop-corn. Le reste se fait tout seul.
– Aha ! Vous voyez, je vous ai fait parler !

Diego revient de l’étage avec mes instruments chirurgicaux, ceux que j’utilise pour implanter des pains de plastic dans les enfants du quartier. Les jours de fête, j’en fait sauter un au hasard. Il y a un côté ludique à essayer de trouver dans quelle maison il y a désormais du Théo plein les murs. Que voulez-vous : je suis joueur.

L’agent secret, lui, se tortille soudain sur la table.

– Que faites-vous, Monsieur Bon ?
– J’essaie de… mgnnn… attraper… mon couteau…
– Monsieur Bon, on vous a entièrement fouillé quand Diego vous a assommé plus tôt. Votre couteau est là, à côté de votre stylo-roquette, sur la table basse.

La stagiaire table basse approuve d’un hochement de tête.

– Mais…
– C’est pareil, Monsieur Bon. C’est épuisant. Vous croyez vraiment qu’un méchant ne fouille pas ses prisonniers ? On a fait le tour, vous n’avez plus rien. À part des polypes, il faudra consulter d’ailleurs.
– Comment savez-vous que…
– Diego ? Anesthésie s’il-te-plait.

D’un coup de pelle bien dosé, Diego s’assure que Monsieur Bon ne sentira rien durant l’opération. Je m’applique à lui ouvrir le crâne, afin de percer ce sombre secret : cela fait trois fois cette semaine que des agents secrets vêtus avec des tenues suspectes à trente mètres, qui utilisent leurs vrais noms et qui pensent qu’on ne les fouille pas quand on les capture et qu’on va leur révéler tous nos plans, s’infiltrent chez moi. Où peuvent-ils trouver des idées aussi stupides et ringardes en 2021 ?

– Aha !

Je triomphe alors que j’extraie du crâne du suspect un ticket pour Black Widow. Bien évidemment, j’ai quelques questions quant à comment le ticket en est arrivé là, mais interrogation plus grande encore m’étreint : comment peut-on en arriver à aller voir un film comme Black Widow de nos jours ? Et pire encore, à le produire ?

Si vous ne voyez pas où est le mystère, une seule solution :

Spoilons, mes bons !


L’affiche : ni flammes, ni débris, ni explosions. Mais que se passe-t-il ?

Notre film s’ouvre en 1995, alors que le monde profite encore un peu de l’existence de Léon Zitrone.

Et nous voici aux Etats-Unis, dans l’Ohio plus précisément, alors que la jeune Natasha fait du vélo comme une jeune délinquante (ne manque que les cartes accrochées aux rayons) et s’amuse avec sa petite sœur, que nous appellerons Gertrude tant son grand charisme ne m’a pas permis de retenir son prénom. Après avoir follement gambadé et s’être vautrées comme des bouses en hurlant – ce sont des enfants, s’ils ne sont pas en train de hurler, c’est probablement qu’ils sont en train de se noyer – les filles retrouvent leur maman qui se met à leur parler de bioluminescence, un sujet bien connu pour passionner les marmots. N’essayez pas chez vous.

Tout pourrait aller pour le mieux si le soir venu, papa ne débarquait pas en suant la vodka à grosses gouttes.

– Femme, c’est le grand jour, nous avons moins d’une heure pour nous barrer, annonce-t-il.

Tout le monde fait ses valises en urgence sans poser de questions, et saute dans la voiture pour échapper de justesse à la police qui commence à boucler le quartier, probablement à la recherche des enfants hurleurs qui font chier tout le voisinage. La famille gagne un coin de campagne où un petit avion les attend dans une grange, et alors que le père de famille déplace des engins agricoles d’une main – la vodka, c’est fort – tout le monde grimpe dans l’appareil au moment où le SHIELD apparaît au bout de la piste.

Pour rappel, le SHIELD, c’est à la fois une agence chargée de la sécurité américaine face aux super-héros et une série assez médiocre. Coup de bol pour nos héros : c’est l’agence qui tente de les rattraper, pas la série.

Maman fait démarrer l’appareil, pendant que papa, perché sur une aile, tire de gros pruneaux sur le SHIELD pour leur exprimer matériellement tout son désarroi. Après moult cascades, l’avion décolle, et papa profite d’un fondu au noir pour quitter l’aile et se mettre les fessounettes au chaud dans l’appareil. La petite famille peut donc partir en paix vers Cuba : ses plages, ses hôtels, sa dictature communiste.

Resté sur la piste, le SHIELD est très déçu.

– Zut ! Ils viennent de s’enfuir avec un minuscule avion à hélice ! Jamais nous n’arriverons à les rattraper !
– C’est-à-dire qu’ils ont 2 000 kilomètres à parcourir, ça nous laisse du temps.
– Silence, agent Roudoudou ! Je disais : aaaah, jamais nous n’arriverons à les rattraper !
– Mais euh… et nos jets ?
– Eh ben ils… ils sont tous cloués au sol à cause d’une grève !
– Et nos missiles sol-air qui permettent d’arrêter des margoulins en un tournemain ?
– Ils euh… sont en panne, voilà !
– Et sinon, vu leur coucou, je dirais bien qu’ils vont devoir faire minimum 2-3 arrêts de ravitaillement avant de gagner Cuba, donc pourquoi ne pas les suivre au radar et les arrêter quand ils devront se poser pour…
– HOLALA JAMAIS ON NE POURRA LES ARRÊTER !

Notez qu’on pouvait réduire cette incohérence assez largement en déplaçant l’action de l’Ohio à Miami, mais visiblement, le film a décidé de commencer en fanfare avec des choix contestables.

Vous l’aurez compris : le SHIELD est donc supposé être une agence capable d’intercepter des super-héros volants, des dieux nordiques et des extraterrestres en goguette, mais une famille d’andouilles dans un coucou pourri, ça, c’est au-dessus de leurs moyens.

Ahem.

C’est donc à Cuba que nous retrouvons notre famille, qui vous l’aurez deviné, est en fait une famille d’espions russes jusqu’alors infiltrées aux Etats-Unis. Papa était en fait Papov, maman, Mamov, et Natasha et Gertrude étaient… non, non, pas leurs enfants naturels. Non, c’était des enfants prêtés par les services russes pour rendre la famille crédible durant les trois années de sa mission.

Oui, les services secrets russes ont un Kiloutou des enfants – les pédophiles en raffolent – puisque c’est connu, tu as envie de partir en mission avec des gamins et de les envoyer à l’école pour qu’au détour d’une partie de Yu-Gi-Ho, ils balancent « Moi ma famille, ce sont des espions russes ! » et fassent tout échouer.

Ah non mais attention, nous avons affaire à des espions d’élite. 

En attendant, sur la petite piste de Cuba, un général russe les accueille : Dreikov. Celui-ci ne cache pas son bonheur de revoir ses agents infiltrés en un seul morceau.

– Aaaah, Papov ! Mamov ! Mes espions préférés ! Comment avez-vous échappé au SHIELD ?
– Je leur ai lancé le script à la gueule.
– Bravo, Papov. Mais dites-moi, avez-vous bien ramené les données du centre scientifique que vous deviez infiltrer ?
– C’est fait, général.
– Et vous l’avez cramé dans la foulée ?
– Oh oui : le centre est désormais tellement grillé qu’il se présente comme suppléant avec Manuel Valls aux prochaines élections.
– Ah quand même !

Et tout le monde de se transmettre UNE disquette abritant au moins, pfou, 1,44Mo de fichiers secrets, avant de se disperser : Papov demande une nouvelle affectation, Mamov s’en fout, quant à Natasha et Gertrude, elles sont envoyées au centre des Black Widows, un centre d’entraînement pour petites filles où l’on apprend à faire du poney, de l’élastique, de jolies tresses et à stranguler un agent américain de 17 manières distinctes.

Laissons nos deux jeunes filles découvrir la magie de la méthode Montessorov, bondissons dans le temps, et revenons plus ou moins de nos jours.

Soit dans la chaotique chronologie Marvel, juste avant le film Avengers : Infinity War.

Nous retrouvons Natasha désormais adulte alors que le SHIELD encercle une banque où elle se serait retranchée suite à une tentative de décrocher un crédit avec des revenus d’indépendante. Sauf que le SHIELD prend le bâtiment d’assaut pour découvrir qu’il n’abrite… qu’une vieille combinaison en cuir aux odeurs suspectes ainsi qu’un traceur soigneusement abandonné. Cela enrage le patron du SHIELD.

– Fichtre ! Elle a découvert que nous avions installé un traceur dans sa combinaison !
– P’têtre que la prochaine fois, faudrait pas qu’on installe un traceur énorme et qui en plus clignote en rouge ?
– Hmmm non. Non, si elle l’a trouvé, c’est parce qu’elle est très très forte.
– Accessoirement, au lieu de suivre le traceur jusqu’à cette banque, on aurait peut-être pu confirmer sa présence sur les caméras avant de donner l’assaut comme des bourrins ? Et puis bon, cette combi a bien dû arriver avec quelqu’un, si on cherchait cette personne pour l’interroger au lieu de nous taper les cuisses en nous exclamant qu’on a été bernés ?
– Agent Roudoudou, je vais vous demander de bien vouloir cesser d’agiter votre petite langue de pute.

Ils sont forts, le SHIELD. Si c’était un bouclier, il serait en mousse.

Mais où est donc véritablement Natasha ? En Norvège, figurez-vous, faisant que le SHIELD s’est planté de, bof, quelques milliers de kilomètres ? Rien de bien méchant. Définitivement, cette agence m’épate, tant un avion à hélice ou un traceur abandonné dans un slip peut les mettre en échec.

Black Widow sait que 85% du Shield ne sait pas situer la Norvège sur une carte.

Et puisque nous en sommes à visiter le monde, faisons un bref saut au Maroc, où nous retrouvons cette fois Gertrude, devenue adulte et accessoirement une Black Widow elle aussi, comprendre une super espionne incapable d’infiltrer autre chose qu’une soirée SM vu leur passion pour les combis cuir. Elle et d’autres jeunes femmes vêtues pour une soirée donjon (ce qui est très discret au beau milieu du Maroc) sont planquées sur des toits à attendre de mettre une grosse balle dans la tête d’une cible, mais lorsque ladite cible réalise qu’on tente de lui mettre un peu trop de plomb dans le crâne d’un coup, elle file, obligeant Gertrude à descendre de son toit pour aller faire la bagarre.

Durant ladite bagarre, la valise que transportait la cible s’ouvre, et avant que la porteuse ne reçoive un méchant coup de couteau, elle a le temps de balancer le contenu d’une fiole qui s’y trouvait dans la truffe pas bien futée de Gertrude. En sort un gaz rouge qui sitôt qu’il touche Gertrude, la fait cligner des yeux. 

– Mais ? Attendez ! Qu’est-ce que je fous là ? Tuer des gens, c’est mal ! J’étais pas au courant, pourquoi je faisais ça ? Et puis le communisme, c’est nul ! Oh non, porteuse de valise, désolée pour ce coup de couteau ! Votre gaz m’a fait ouvrir les yeux !
– C’est pas grave… ça arrive… tu dois ouvrir les yeux… aaargh… aux autres Black Widows… vous êtes manipulées !
– C’est embêtant ! Mais grâce vôtre gaz qui dé-communise, ça va être facile ! Au fait, comment avez-vous appelé ce produit rouge qui rend le communisme ridicule aux yeux de quiconque rentre en contact avec ?
– Le Pécéhéf.

Ce sont les derniers mots de la porteuse de valise qui meurt pendant que Gertrude entend sur sa radio ses camarades qui l’appellent : 

– Cheffe de mission Gertrude ? On ne vous reçoit plus ! Où en êtes-vous ?

Gertrude réfléchit très fort. Voyons voir… elle a deux options :

  • Soit elle utilise ses pouvoirs de cheffe de mission pour inviter toutes ses copines à la retrouver et paf, elle leur fait respirer le gaz les libérant toutes immédiatement du communisme.
  • Soit elle décide de se charcuter la jambe en pleine rue en espérant qu’aucun passant ne trouve cela suspect, en retire un traceur gros et qui clignote bien évidemment en rouge, et ainsi blessée, part en cavale pour devenir instantanément suspecte aux yeux de toutes les filles qu’elle essaie de sauver.

L’option 1 arrêtant le film ici, Gertrude choisit l’option 2 pour que vous ayez le temps de finir ces pop-corns dont vous aviez de toute façon déjà mangé 90% durant les pubs avant le film.

Mais attendez, car le plan de Gertrude est encore plus bête que vous ne le pensez.

Retrouvons en effet notre héroïne Natasha dans la campagne Norvégienne, alors qu’un contrebandier de ses contacts lui fournit clé en main un mobile-home au fond des bois, un générateur, de la nourriture et de quoi rester planquée un petit moment au pays de Thorgal.

– Voilà ma p’tite Natasha. Et puis je t’ai laissée une boite à outils sous les marches de la maison, au besoin. Accessoirement, tu te souviens de la planque que tu avais utilisée à Budapest durant une autre opération ? Il y a plein de courrier qui est arrivé là-bas, dont des colis. Je t’ai amené le tout.
– Oh, tu sais moi… je vais foutre tout ça à la benne sans rien ouvrir, tiens, allez hop, je mets ça à l’arrière de ma Fiat Panda.

Relisez bien.

Non, vous n’avez pas rêvé : Nathasha vient bien de dire ce qu’elle a dit. Oui, on lui envoie du courrier et des colis dans un endroit top secret, mais elle ne se dit pas que bof, bon, elle pourrait au moins y jeter un œil. Non, elle, elle balance ça comme les catalogues de jouets ou les promos sur les portes-fenêtres parce que si quelqu’un a pris le risque de lui envoyer quelque chose dans un endroit super secret, boh, c’est sûrement une carte postale ! Natasha, qui nous confirme ainsi qu’elle n’aura pas le Nobel de physique cette année, met tout dans le coffre de sa voiture, en annonçant que ça partira dans la benne à la décharge en ville à la première occasion. 

Ah oui parce que d’ailleurs, quitte à se débarrasser de documents secrets, Natasha pourrait les brûler, mais non. Elle les emmène aux recyclables. Elle est comme ça Natasha : elle pense à la nature. Mais oui.

Hélas pour Natasha, un peu plus tard dans la soirée, son générateur tombe en panne d’essence alors qu’elle regardait Cyril Hanouna. Bien qu’elle soit traquée, Natasha fait juste « Ouah, pfou ! » et ne pense pas à une attaque imminente avant laquelle on lui aurait coupé le jus. Non, elle se contente de sortir en t-shirt sale, de grogner en se grattant la couenne que son contact aurait pu être plus généreux sur l’essence du générateur, et qu’elle va donc devoir aller chez Esso remplir des bidons. La voici donc obligée de prendre sa voiture pour aller en ville au beau milieu de la nuit, et alors qu’elle s’apprête à franchir un pont… 

… son véhicule se mange une grosse roquette et explose.

Natasha n’a évidemment pas une égratignure, tant les attaques à la roquette sont des choses assez bénignes, et sort les papiers pour faire un constat (la roquette est en tort, elle n’avait pas la priorité). Alors qu’elle s’extirpe de l’épave du véhicule, elle voit arriver vers elle un gros bonhomme avec un casque tête de mort : Task Master. Un méchant qui a de petites griffes comme Black Panther, un petit bouclier comme Captain America, car telle est sa spécialité : il peut imiter n’importe qui. Ce qui le rend très populaire à la radio, mais là n’est pas le sujet.

Vous connaissez la règle : si le type porte un masque, c’est que le personnage principal le connaît.

Mais passons, et revenons sur la tatane. Car si pendant un temps, Natasha pense que Task Master veut lui claquer le nez, elle constate que le bougre s’intéresse plutôt au coffre de sa voiture… là où elle a entreposé ce qu’elle doit mettre à la benne.

– Oh non ! Il en veut à ce dont je voulais me débarrasser !

Ben donne-lui alors ?

– Non ! S’il veut mes ordures, dans ce cas, je vais les garder juste pour le contrarier !

Cette Natasha, alors. C’est vraiment pour emmerder le monde.

Heureusement, d’ailleurs, que la roquette du méchant a fait exploser toute la voiture SAUF Natasha et ce que contenait son coffre. Dont une certaine valise contenant des fioles rouges qui se trouvait là… que Natasha récupère en voyant que c’est la cible de son adversaire, et constate que se trouve à l’intérieur en sus des fioles (intactes, évidemment), une photo d’elle et de sa sœur quand elles étaient petites dans l’Ohio !

– Oooooh, ça, ça vient de Gertrude ! Ah, flûte, p’têt’ que j’aurais dû regarder mon courrier en fait, hihihi, je suis si tête en l’air ! Bon, quitte à balancer son identité et la mienne dans le colis, elle aurait pu y mettre un mot, mais tant pis !

Et Natasha de sauter du pont pour échapper à Task Master, et de s’enfuir avec le contenu de la valise dans la nuit.

En effet, Task Master peut imiter 17 000 styles de combat, dont ceux de super-héros, par contre, il n’arrive pas à imiter la brasse. Et se contente donc de faire « Mouh mouh mouh ! » dans son casque depuis le pont (c’est ainsi qu’il exprime son désarroi).

En même temps, quand on s’appelle « Maître Tâche », à quoi s’attendre d’autre ?

Maître Tâche imitant Black Panth… ooooh ! Mais attendez, c’est du blackface !

Revenons à Natasha, qui profite d’un fondu au noir pour se retrouver à Budapest, et plus précisément à l’ancienne planque dont venait le courrier. Elle y rentre le pétard à la main pour se retrouver nez-à-nez avec Gertrude, elle aussi armée, et toutes deux se mettent aussitôt à se taper dessus sans même un bonjour parce que discuter, c’est pour les faibles.

C’est seulement après 5 minutes de prises ninja qu’elles finissent par se dire 

– Attends ! Et si on discutait ?
– Han oui, pas con !

Brillant.

Gertrude explique la situation : grâce au Pécéhéf, elle est dégoûtée du communisme, et son esprit est désormais libre comme un article du Figaro. Aussi, elle veut libérer les autres Black Widows (vous savez, celles qu’elle n’a pas libérées au Maroc parce que… enfin elles, quoi !), et pour cela, a besoin de l’aide de sa sœur.

– Attends Natasha ! Tu as ramené le gaz avec toi ?
– Ben oui pourquoi ?
– Mais je l’avais envoyé loin pour le mettre en sécurité !
– Certes mais sachant que tu ne m’as pas dit à quoi ça servait, j’étais supposée en faire quoi ? Le sniffer avec des poppers ?
– Non mais…
– Et puis si tu voulais mon aide, n’étais-je pas supposée venir ici ? Ou toi venir me rejoindre ? D’ailleurs, attends, D’où tu as su que le courrier de cette planque m’était transmis ? Et d’où tu…

VITE, DE LA BASTON !

Et en effet, pour éviter les questions qui fâchent, voici que des Black Widows encore communistes – mais issues de la diversité et en combi cuir, le truc très discret au beau milieu de la Hongrie – débarquent. Ça fait pan-pan, boum-boum et claquade derrière les oreilles, jusqu’à ce qu’une Black Widow qui s’approche un peu trop près de nos deux sœurs ne se ramasse dans la bagarre une blessure un peu douloureuse. À savoir une jambe brisée. Natasha triomphe.

– Aaah, on fait moins la maline ! 
– Aïeuh… je… aidez-moi… le grand chef… il me contrôle à distance…
– Hmmm, c’est vrai qu’on aurait p’têt’ dû vous envoyer du gaz Pécéhéf dès le début du combat, on aurait gagné du temps.
– Ai… aidez-moi… il me contrôle… à distance je vous dis… il m’oblige à utiliser… mon arme pour me suici…

Et hop ! D’une main tremblottante, elle se tue contre sa propre volonté. Natasha et Gertrude regardent le cadavre encore chaud de leur petite camarade en se disant que non, vraiment, c’est trop bête ! Si seulement elles avaient un gaz pouvant empêcher le contrôle d’autrui, elles auraient pu la sauver ! Surtout, par exemple, lorsque 5 minutes auparavant, la donzelle était à un mètre d’elle à vouloir faire la bagarre.

– Bon allez on s’en fout, on file.
– Tu as raison, Gertrude !

Évidemment, tout n’est pas si facile, car alors que les deux sœurs foncent au travers de Budapest, voilà que soudain, elles entendent un grand bruit derrière elles : un énorme blindé soviétique roule à fond dans les rues de la capitale hongroise et tente de les tuer !

– Ah ben c’est discret, ça tiens !
– Oui et puis c’est bizarre, dès qu’il y a un zoom sur son véhicule, on entend les chœurs de l’armée rouge.
– Attends, on est poursuivi par des choristes communistes ?

Pire ! C’est MAÎTRE TÂCHE !

Qui malgré son absence complète de vignette Crit’Air, roule donc en pleine capitale avec un véhicule blindé sans que la police locale ne réagisse. Vous me direz que ce n’est pas très fin. Je vous répondrai que Maître Tâche est supposé être l’agent d’élite des méchantes Black Widows, une organisation tellement secrète que personne ne soupçonne son existence.

Mais qui roule en blindés dans les rues, donc.

Subtilité toujours, durant la course-poursuite, la voiture de Natasha et sa sœur se mange un gros explosif (oui, encore), mais une fois de plus, les filles s’en sortent dans le moindre problème et continuent la poursuite à pied. Non, même pas une cheville tordue.

Définitivement, les explosions, c’est surfait.

Je vous mets une photo de l’explosion du véhicule juste pour vous montrer que ce n’est pas moi qui exagère.

Après avoir semé Maître Tâche dans l’équivalent local de la station Châtelet – Task Master n’avait aucune chance – les deux sœurs peuvent enfin papoter en paix.

– Mais au fait Gertrude, comment se fait-il qu’il y ait encore autant de Black Widows ? La Chambre Rouge, le lieu où on les entraîne, a disparu il y a fort longtemps ! Et j’ai moi-même tué son chef, le genéral Dreikov, avec une grosse bombe il y a des années ! Même qu’on n’a jamais retrouvé son corps !

Ah ben un méchant dont on n’a jamais retrouvé le corps est forcément mort ! Surtout s’il a disparu dans une explosion. Vous savez, ce truc qui ne vous décoiffe même pas.

– En plus je m’en veux un peu, Gertrude, car le jour où j’ai posé la bombe pour le tuer, il y avait sa fille qui lui rendait visite.
– Et…
– Son corps n’a jamais été retrouvé non plus !

Mon intérêt pour cette intrigue non plus, Natasha. Que de dommages collatéraux.

Gertrude explique donc à Natacha que Dreikov a survécu, merci (aucune explication ne sera donnée sur comment), et qu’il est toujours accompagné d’un mystérieux personnage masqué, Maître Tâche, qui lui est fidèle comme un enfant, même qu’on se demande trop qui c’est houlala oui. Les filles concluent donc qu’il est grand temps de meuler Dreikov, de détruire la Chambre Rouge, et de libérer les Black Widows. Sauf que la Chambre Rouge est un lieu super secret, même les Widows sont sous sédatif pour en rentrer ou en sortir… sans compter que la Chambre se déplacerait sans cesse ! Il faudrait donc trouver quelqu’un au courant… très au courant…

– J’ai un plan, propose Natasha.
– Suivre l’une des 15 Widows envoyées à notre poursuite ?
– Non !
– Pirater les traceurs qu’elles ont toutes ?
– Non plus !
– Tomber sur le groin de Maître Tâche et le faire parler ?
– Raaah, non, mieux ! Mais pour cela, il va nous falloir un jet !

Natasha contacte son contrebandier préféré, qui ne lui trouve qu’un vieil hélicopète MI-8 soviétique pourri, mais hein, bon, hé. Faudra faire avec, petite espionne gâtée ! Et maintenant que vous voici équipées, les filles, quel est votre plan génial ?

– Aller libérer Papov de prison où il est enfermé depuis 20 ans ! Après tout, il bossait avec Dreikov, non ?

Je…

Okay. Donc vous venez d’expliquer que la Chambre est sans cesse en déplacement, et donc votre meilleur plan est d’aller libérer un mec qui n’est au courant de rien depuis 20 ans ? Je vous rappelle qu’un mec en prison depuis deux décennies ne serait pas fichu de me donner l’adresse de sa tata Jeannine qui a déménagé entre temps. Alors celle d’une base secrète mobile ?

Mais si, si. C’est bel et bien le plan. D’accord.

Usant de leur capacité innée à lire le script, les deux sœurs adoptives trouvent la prison secrète, la survolent en hélicoptère, et parviennent à en sortir Papov après moult acrobaties sans grand intérêt, une avalanche qui tombe sur la prison, et une scène fabuleuse où l’hélicoptère se fait longuement arroser à la mitrailleuse et encaisse environ 100 balles, voire un mars, mais ça fait juste des trous. Parce que les trous, c’est pas grave, ça fait de l’air, c’est sympa. Cet été, si vous avez chaud en voiture, la mitrailleuse est votre amie.

D’ailleurs, Gertrude, pour faire taire ladite mitrailleuse qui les arrose, se contente de se planter devant elle avec un lance-roquette avant de looooonguement viser et… toutes les balles passent à côté d’elle. Magique, on vous dit.

Qu’importe : l’évasion est réussie, l’hélicoptère mieux aéré, Papov récupéré et est désormais à l’arrière, où il peut s’expliquer.

– Aaah, mes filles ! Quel bonheur de vous revoir !
– Filles adoptives de chez Kiloutou, gros naze.
– Ouais, ouais, c’est pareil. Ah ! Que je suis content que vous m’ayez tiré de cette prison où Dreikov m’a jeté il y a vingt ans parce que euh… 
– Oui ?
– Nan je crois qu’on a oublié de l’écrire. Bref, depuis vingt ans, je racontais aux autres prisonniers l’époque où j’étais Red Guardian, le Captain America soviétique ! D’où ma super force vue au début du film quand je déplaçais des engins agricoles !
– Super. Et donc Dreikov a un super soldat mais il l’a jeté en prison sans raison plutôt que de s’en servir ?
– Voilà je… bref. Ecoutez, je ne vais servir à rien du film à part à faire des gaffes, donc on peut accélérer ?
– Oui, okay Papov : sais-tu où est Dreikov ? Et sa Chambre Rouge ?
– Sa Chambre Rouge ? Celle avec les jeux sexuels ?
– Non ! Celle où il entraine de jeunes femmes en combi cuir !
– C’est pas ce que je viens de dire ?

Une paire de taloches plus tard, la conversation est recentrée.

– Mais euh ! Je sais pas, moi ! Je suis en prison depuis 20 ans !
– Ah oui, flûte. C’est vrai que notre plan était particulièrement con.
– Heureusement, énorme coup de bol, je connais quelqu’un qui saura et c’est… c’est…
– Un contact que l’on ne connait pas parmi les milliards d’habitants de la Terre ?
– Mais non ! Par un heureux hasard, c’est MAMOV ! »

Ça alors !

Et Papov d’expliquer que Mamov travaille encore avec Dreikov et vit dans une ferme non loin de Saint Petersbourg, où ils vont tous la rejoindre. Là encore, sans qu’aucun appareil russe ne s’inquiète de cet hélicoptère non autorisé qui vient d’attaquer une de ses prisons et de tuer des gardes avant de se promener dans son espace aérien. Les Russes sont définitivement sympas. Ne parlons dès lors pas des routiers russes, mais je m’égare.

Notons plutôt que l’appareil de nos héros tombe à court d’essence mais hop ! Par un heureux hasard, là encore, il s’écrase pile à côté de la ferme de Mamov !

Malgré tout, c’est avec un gros fusil que Mamov accueille ses visiteurs impromptus, avant de les reconnaître.

– Papov ! Natasha ! Gertrude ! Vous ici ! Après toutes ces années, que faites-vous là ?
– On voudrait casser la gueule de Dreikov et de la Chambre Rouge, mais comme Natasha n’a pas envie de demander à ses contacts Avengers pour ne pas plier le film en deux minutes, on a décidé de le faire nous-même. Dis, tu nous aides ?
– Certes, mais d’abord, faisons une petite réunion de famille qui n’en est pas une, nous n’avons plus fait ça depuis 1995 et ce sera rigolo.

Alors, rigolo, je ne sais pas, mais incohérent, si. Puisque je vous rappelle que nous parlons d’espions surentrainés, qui ont passé des années à mentir, trahir, saboter, tuer et poser des bombes qui tuent des enfants (pour Natasha), mais soudain, ils ont tous un cœur gros comme ça et se mettent à parler du fait que ah ben non, sur les sentiments, on ne peut pas trop mentir.

Ainsi, Papov et Mamov se mettent à évoquer comment ils ont essayé d’être de bons parents pour leurs deux enfants trouvés chez Kiloutou lors de la mission dans l’Ohio, alors que rappelons que ce sont les mêmes qui ont rendu les gamines à Dreikov pour les envoyer suivre un entrainement mortel sans trop se poser de questions. Au point que le film évoque même que 9 candidates pour être Black Widows sur 10 meurent durant l’entrainement.

Mais on vous aime les enfants, promis !

« Vous vous souvenez de quand on vous a emmenées en mission dans l’Ohio sans aucune raison vous privant de tout avenir heureux au lieu de vous laisser vivre une vie tout à fait normale en Russie ? C’était par amour, hein. »

Mieux encore, Gertrude quitte la table en faisant snif snouf parce qu’elle découvre que « Mais attendez, notre famille dans l’Ohio, c’était pas pour de vrai ? ». Que ? Mais ? Mais à quel moment toi qui es aujourd’hui une super espionne, tu as cru le contraire ? Sachant que c’était clairement dit ? Ça n’a aucun sens !

Enfin, Natasha elle-même a le droit à un petit couplet comme quoi depuis qu’elle avait été emmenée enfant pour devenir une Black Widow, sa mère biologique avait tenté de la retrouver et s’était pris une balle car elle était trop insistante, trop courageuse, tout ça. Ce qui bouleverse Natasha.

J’aime beaucoup d’ailleurs comme le film et le marketing présentent Natasha comme une « espionne au grand cœur ».

L’espionnage consistant à tromper la confiance d’autrui, ça doit pas être facile pour Natasha.

Tout cela étant fort naze, Mamov a le bon goût de finir par évoquer les derniers travaux du général Dreikov.

– Vous vous souvenez de la mission dans l’Ohio et du 1,44Mo de données volées sur une disquette ? Eh bien c’était des recherches sur le contrôle du cerveau humain via la chimie. Avec cela, Dreikov peut contrôler n’importe qui à distance.
– À distance ? Ben alors il doit y avoir un peu d’électronique aussi. Non parce que comme le diraient les profs de chimie : votre histoire me semble un peu incomplète, elle ne me donne qu’une demi-mole.
– Que ? Bon, Natasha ! Sache que voilà, Dreikov peut contrôler ses sbires à distance, c’est comme ça !
– Justement, ça ne va peut-être pas durer parce que nous on a du gaz Pécéhéf qui dégoûte du communisme. C’est le sérum parfait pour lutter contre les plans de Dreikov!
– Et vous vous êtes pas dit « Et si on en envoyait un exemplaire à nos potes scientifiques, même ceux avec lesquels on est fâchés, histoire de lancer la production et de pouvoir en balancer partout au besoin ? »
– Ah ben non, oh.

C’est l’éternel problème des univers comme Marvel : il y a tellement de scientifiques géniaux et de héros surpuissants que n’importe quelle intrigue peut être pliée en deux minutes. Natasha est peut-être fâchée avec Tony Stark, elle connait encore toute une tripotée de scientifiques, ou de copains qui en connaissent bien (ex : Ant-Man et son pote Pym). Et ne me dites pas « Oui mais certains des gens qu’elle veut voir sont en prison » : je vous rappelle qu’elle vient de sortir Papov de prison pour moins que ça.

En attendant, Natasha et Mamov s’isolent, et Mamov fait une terrible révélation à sa fille adoptive.

– Faut que je te dise… en fait j’ai déjà dit à Dreikov que vous étiez là. Car je travaille toujours pour lui, tu le sais, sinon tu ne serais pas là. Et je lui suis fidèle, en tant que moi-même Black Widow. Les troupes de la Chambre Rouge sont en route pour vous capturer et vous rééduquer façon Télérama.
– Ouah, euh, pas cool !

C’est à ce moment précis que des soldats vilains (ils ont des lumières rouges partout) débarquent par paquets de douze en aéronef et envoient des seringues soporododo en rafale à toute la fine équipe. Sauf Mamov, qui enfile sa combi cuir de Black Widow loyaliste et pilote en personne l’aéronef qui ramène tout le monde prisonnier à la Chambre Rouge.

Oui, elle a probablement mangé le pilote d’origine de l’appareil – il n’est pas venu tout seul – pour prendre sa place, ne me demandez pas. Mais au fait, où se trouve la Chambre Rouge alors ? Sous terre, avec un accès aussi minuscule que discret ? Dissimulé dans une quelconque usine des steppes ? Non. Pour que personne ne puisse la trouver c’est…

Prenez une grande inspiration.

C’EST UNE BASE FLOTTANTE GÉANTE PLEINE DE SPOTS ROUGES GÉANTS QUI FONT MÉCHANT EN PLEIN CIEL.

Car une fois de plus, non, les Russes n’ont pas remarqué une forteresse volante géante qui brille comme une boîte de nuit flottant au-dessus de chez eux depuis des années. Un des personnages ose même dire « Voilà pourquoi Dreikov a échappé aux autorités toutes ces années ! »

Oui : grâce au script, donc.

Une fois sur place, Natasha et Papov sont mis en cellule, Gertrude envoyée se faire disséquer le crâne pour voir comment le gaz Pécéhéf a agi sur elle et ainsi créer un contre, et Mamov se rend dans le bureau de Dreikov pour y recevoir des félicitations, voire la médaille du Parti.

Dreikov a un bureau de méchant : tellement grand qu’il doit y avoir de l’écho à chaque fois qu’il fait une réunion Teams, avec au milieu un simple bureau et du côté opposé de la pièce un écran géant pour jouer à Hearts of Iron. Pour meubler un peu, Dreikov a installé dans un coin Maître Tâche qui, immobile, sert aussi bien de garde que de porte-manteau. Dreikov est en tout cas ravi de revoir Mamov.

– Bravo, Mamov ! Merci de m’avoir apporté ces petits feinteurs. Mais, une seconde… je crois que tu n’es pas Mamov.
– Euh… qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
– Écoute, j’ai fondé cette organisation. Élevé ces filles. Je les connais toutes. Aussi, je sais reconnaître chacune d’entre elles… et tu n’es pas Mamov. Tu es Natasha avec un masque de haute-technologie sur la truffe !

Et Dreikov de lui ôter son masque : il a raison, c’est bel et bien Natasha qui s’était habilement déguisée ! Quel rebondissement !

– Très bien, vous gagnez cette manche, Dreikov. Mais je suis quand même arrivée jusqu’à votre bureau ! Alors qu’à l’heure où je vous parle, la fausse Natasha qui n’est autre que Mamov elle aussi déguisée en moi-même est enfermée dans une cellule… dont elle a elle-même conçu les plans ! Elle sait les ouvrir de l’intérieur ! Car oui, elle conçoit des cellules qui s’ouvrent des deux côtés, elle est comme ça. En plus d’avoir un diplôme d’architecte, donc. Et ma sœur Gertrude a un couteau dans sa ceinture pour s’évader de la salle d’opération en… euh. Mais ? Pourquoi me regardez-vous comme ça ?
– Ben c’est con.
– Ben non ! C’est génial ! Pourquoi dites-vous cela ?
– Pourquoi ne pas avoir envoyé directement Mamov dans mon bureau pour me tuer si elle a décidé de me trahir et de vous aider, et vous dans la cellule ? Une fois qu’elle vous aurait expliqué comment en sortir ? Comme ça, plus de déguisement, paf, vous me feintiez. D’ailleurs, notez que j’apprécie comment Mamov, dans la scène précédente, est passée de “J’appelle discrètement la Chambre Rouge pour dénoncer mes invités impromptus” à “Je vais trahir la Chambre Rouge et y tuer tout le monde” en environ 3 minutes.
– Je dois être super convaincante.

Bon, aucun des deux ne croyant à cette dernière réplique, les compères se regardent en chien de faïence.

– Dreikov, c’est pas tout ça, mais je suis venu te tuer, alors on va peut-être passer à l’action. Parce que je m’en veux déjà assez de t’avoir raté avec cette bombe il y a des années, qui a juste tué ta fille.
– Ma fille ? Tuée ? Allons… tu n’as pas deviné l’identité de… TASK MASTER ?
– Maître Tâche ?
– TASKMASTERETÇASUFFITLESMOQUERIES.

Oh ben ça alors ! Figurez-vous que le personnage qui portait un masque était quelqu’un que l’on connaissait ! Que l’on me donne une chaise, que j’en tombe, vite ! On découvre ainsi la fille de Dreikov, en partie défigurée, et à moitié contrôlée chimiquement pour en faire le soldat parfait, qui se tient comme un zombie sous l’armure de Maître Tâche. C’est donc plutôt Maîtresse Tâche.

Non vraiment, un personnage masqué qui est quelqu’un que le héros connait, c’était si inattendu.

– Maître Eustache ?
– NATASHA ÇA VA ÊTRE MA MAIN DANS LA GUEULE MAINTENANT ! Ahem… je disais : Task Master n’est autre que ma fille que vous pensiez morte, hohoho !

Notez que décidément dans ce film, les explosions ne tuent personne : la bombe de Natasha n’a pas frisé la moustache de sa cible et a seulement un peu blessé sa fille. 

– Si je m’attendais à ça !
– Arrêtez Natasha, vous jouez très mal la comédie. C’était gros. D’ailleurs, en parlant de Task Master, et puisqu’à l’heure où je vous parle, Papov, Mamov et Gertrude ont réussi à s’échapper de leurs situations respectives et courent dans toute ma base… Task Master ! Allez mémère ! Qui c’est la mémère à son papa ? Va les tuer !
– Ouaf !
– Oui bon, d’accord, depuis l’explosion, elle peut imiter n’importe qui, mais le problème, c’est qu’au repos, elle imite Poncho, notre vieux teckel.
– C’est ballot.
– J’vous l’fais pas dire ma p’tite Natasha.

Et Task Master de quitter la pièce pour aller défoncer des molaires d’agents anticommunistes plus loin dans la base. Natasha en reste comme deux ronds de flan.

– Mais ? Vous êtes débile ? Pourquoi vous renvoyez votre seul garde de la pièce alors que je vous dis que je suis là pour vous tuer ?
– Essaie, pour voir ?

Natasha sort son arme et la pointe sur le méchant mais… impossible d’appuyer sur la détente ! Elle tente avec le poignard, mais le résultat est identique : elle ne parvient pas à l’abattre sur la grosse face de ce coquin de Dreikov.

– Comment est-ce possible ? Dreikov ?
– Toutes les Black Widows sont infusées avec mes phéromones…
– Gros cochon !
– Non, pas comme ça ! Je disais, avec mes phéromones. Tant que vous pouvez me sentir, impossible pour vous de me tuer ! Aha ! Ahaha ! AHAHAHA !
– Hmm. Donc si je vous tire dessus de loin, ça marche ?
– Ah là, oui.
– Ou que je pose une bombe ? Comme au hasard, la fois où j’ai tenté de vous tuer ?
– Ah oui, là aussi. C’est vrai que j’aurais pu retenir la leçon. Même si les explosions ne tuent pas, on le sait.
– Et avec une roquette ? Une voiture piégée ? En vous faisant tomber dans le vide ? En vous empoisonnant ? En…
– OUI BON ÉCOUTE ÇA MARCHE UNIQUEMENT POUR LES TENTATIVES DE MEURTRES À TROIS CENTIMÈTRES DE MOI ALORS TU ARRÊTES MAINTENANT !
– Ça va, ça va… 
– C’est bon, je peux faire mon rire diabolique, alors ?
– Mais faites-vous zizir.

Et Dreikov d’éclater d’un rire diabolique. Avant, comme tous les mauvais méchants, de faire descendre son écran géant du mur pour expliquer son plan machiavélique. Si vous vous demandiez ce que font les vilains de leur temps libre, désormais, vous le savez : des Powerpoints où ils expliquent tous leurs plans pour le jour où ils capturent quelqu’un.

Ce qui confirme que Powerpoint est un outil du Malin, mais passons.

– Maintenant que tu es condamnée, Natasha, je peux bien tout te dire. Figure-toi que je contrôle le monde depuis cette base. En effet, grâce à mes agents féminines hypnotisées chimiquement implantées de par le monde, je peux d’un claquement de doigt déclencher une guerre ou l’arrêter. Car j’ai employé pour cela la seule ressource que le monde a en trop… des FILLES.

Les féministes de la salle ? L’équipe marketing de Disney vient de vous dire bonjour avec de gros clins d’yeux appuyés, si vous n’aviez pas vu ce subtil moment où l’on vous explique que le pire défaut du méchant… c’est qu’il est machiste.

Ah d’ailleurs au fait, n’y aurait-il pas une anicroche à ce plan ?

– Mais n’est-ce pas une majorité d’hommes aux postes de pouvoir ?
– Ah oui euh… merde. J’aurais p’têtre dû utiliser des garçons. Bon écoute Natasha tu arrêtes de me les briser et tu écoutes ! Je contrôle le monde depuis cette console que tu vois ici et qui s’ouvre comme cela avec le bitonio ici.
– Hmmm je vois. C’est sympa de tout me montrer.
– À vot’ service. Toujours est-il que c’est ici, dans ce truc que se trouve la fente où télécharger la liste de tous ces agents infiltrés. C’est, bon, tu as tout retenu ?
– Oui. Je peux donc moi aussi vous révéler mon plan, Dreikov ! Depuis le début, je voulais vous laisser parler et me révéler comment fonctionnait votre console !
– Oh ! Zut ! Flûte ! Oooooh comme je suis eu ! Si seulement je ne racontais pas tous mes plans à tout le monde !
– Mamov m’avait prévenu que vous aviez le pouvoir des phéromones. Elle m’a dit aussi que retenir ma respiration ne suffisait pas. Que pour échapper à votre pouvoir, il me fallait… me briser le nerf du pif ! En M’ÉCLATANT LA TRUFFE CONTRE LE BUREAU, COMME ÇA !

Aussitôt dit, aussitôt fait : Natasha met un coup de boule au bureau de Dreikov. Véridique.

– Mais ça va pas ? Berk, c’est dégueulasse, il y a du sang partout !
– M’en fouch parche quech maintenanch che peu plus vous chentir !
– Hein ? On comprend rien !
– CHEPEUPLUFOUCHENTIR !
– Aaaah d’accord. Mais pourquoi tu n’as pas simplement emmené, je ne sais pas moi, un masque à gaz ?
– HOOON PON BÊTE ! Mais che fais fous tuer quanch même !

Accessoirement, les enfants, si vous faites ça chez vous, vous ne vous couperez aucun nerf : vous vous péterez juste le nez. Mais Natasha a, on va le supposer, un entrainement de plusieurs années consistant à faire de la micro-chirurgie uniquement en utilisant des meubles. Elle est d’ailleurs interdite dans tous les magasins Ikea depuis qu’elle s’y est rendue pour une petite opération de la cataracte.

Revenons à nos cocos. Natasha sort son arme, mais hélas pour elle, Dreikov se fait la belle ! Et active le signal qui attire dans son bureau toutes les Black Widows qui étaient à l’entraînement dans la base. Ce qui en fait beaucoup, même pour Natasha, qui se fait donc sévèrement meuler à coups de bottes par ses petites camarades communistes.

Jusqu’à ce que sa soeur Gertrude débarque et ne lance au milieu de la pièce un gros paquet de gaz Pécéhéf ! Aussitôt que les Black Widows sont à son contact, elles se mettent à cligner des yeux.

– Oh ! Qu’est-ce que je faisais ? Je dois rentrer chez moi et penser à mon avenir !
– Et acheter le Figaro !
– Et regarder des vidéos de Papacito !
– Et voter Xavier Bertrand !

Notez que je caricature un peu, mais il y a quand même un truc qui m’échappe. Que le gaz empêche le contrôle chimique, d’accord. Mais on parle de jeunes femmes embrigadées depuis leur plus tendre enfance, et qui ont le droit à un bourrage de mou 24h/24. À quel moment le gaz leur fait aussi une paire d’années de rééducation, de cours d’éducation civique, d’économie, de géopolitique et de… bref ? Le gaz devrait empêcher Dreikov de les contrôler, par contre, ça devrait toujours rester une bande de crypto-communistes en maraude. Aux dernières nouvelles, Staline n’avait pas besoin de gaz pour lâcher de joyeux fanatiques un peu partout.

Mais comme déjà dit : le gaz doit dégoûter du communisme, pif pouf, c’est magique.

Ici, le Pécéhéf au moment où il donne envie à quiconque le touche de ne surtout plus voter à gauche.

Les Black Widows devenues de droite, elles peuvent se nouer un pull autour du cou, se mettre à parler golf et immobilier dans le XVIe, puis quittent la scène pour ne pas déranger Natasha. Qui a juste le temps de se relever, de se remettre le nez en place (et le nerf, probablement), et de télécharger la liste des agents dormants de Dreikov sur sa console. Celle qu’il a gentiment montrée parce qu’il est comme ça : serviable.

Cela faisait longtemps que l’on n’avait plus vu pareille caricature de méchant.

Puis, Natasha doit quitter la base en urgence, puisque comme toutes les bases de grand méchant dans un film écrit par un lamantin épileptique, elle est en train d’exploser de partout depuis que Mamov a fait sauter l’un des moteurs après son évasion de sa cellule.

Tout pète, tout le monde saute de partout, mais personne ne meurt :

  • Les Black Widows de droite s’enfuient dans un appareil volant.
  • Papov et Mamov les imitent.
  • Dreikov et ses gardes prennent un autre appareil, puis la tangente.

Hélas pour Dreikov, Gertrude qui trainait dans le coin bondit sur son appareil et fait sauter l’un des moteurs, provoquant à son tour l’explosion de tout l’engin. Dreikov a juste le temps de bougonner que décidément, son plan phéromones était tout naze (Gertrude est à 4 mètres de lui quand elle fait ça, c’est 1 mètre trop loin, probablement), avant de mourir dans la boule de feu.

Enfin je dis mourir : on ne voit pas de corps, et vous connaissez les explosions dans ce film. Je reste méfiant.

Seulement voilà : dans la manoeuvre, Gertrude tombe dans le vide. Juste à temps pour que Natasha plonge à sa poursuite et hop, aille lui attacher un parachute avant de l’enclencher. Dois-je commenter le réalisme de cette scène ou bien cela ira ? Disons que l’on n’est pas là pour cela. Puis, Natasha a un autre problème :

Maître Tâche est en train de plonger vers elle.

Oui, elle a survécu à l’explosion de la base, qui est en train de s’écraser. Il faut dire que Maître Tâche s’était fait enfermer dans une cellule par Papov et Mamov en tentant de les arrêter, mais Natasha sur le chemin de la sortie en la voyant ainsi bloquée a décidé de…

Ahem.

Lui ouvrir. Au motif que “Je t’ai tuée une fois, tu m’en veux pas trop ?

Quelle espionne formidable. Ah, ça, pour sauver une espèce de monstre-zombie-tueur, il y a du monde. Par contre, les pauvres fonctionnaires de la prison de Papov qui sont morts dans la bataille, eux, ils n’ont pas eu le droit à la même pitié. Je ne sais pas si Natasha a un grand cœur, mais en tout cas, c’est une sacrée faux-cul.

Malgré ce geste aussi bienveillant que neuneu, Maître Tâche décide de quand même tuer Natasha sitôt libérée. Dois-je vraiment vous décrire toutes les pirouettes improbables et qui logiquement auraient dû être mortelles qui s’ensuivent ? Sachez simplement que Maître Tâche finit vaincue et mourante, mais agonise juste assez pour que Natasha lui envoie un peu de Pécéhéf dans le museau. J’espère qu’elle ne lui a pas cassé le nez dans la bagarre, sinon elle ne pourrait pas le sentir, si j’ai bien suivi. Mais bon, là, hop, ça marche. Et Maître Tâche parle enfin, après des années de silence conditionné chimiquement.

– Mon père… il a fait de moi un monstre tueur… il est mort ?
– Oui, Maître Tâche. Il est mort. Dans une explosion, tu sais, le truc sûr, tavu.
– …
– Oh, hé, je te vois grimacer !
– Et… sinon…
– Oui ?
– … pourquoi… ne pas m’avoir… envoyé du Pécéhéf à la gueule direct au début du combat ? Pourquoi de tout le film, vous ne commencez jamais par l’action qui transformerait vos ennemis en alliés tel quelqu’un hurlant « Wololo, wololo » ?
– Ah oui. Ah oui, on aurait pu te neutraliser et te sauver sans un bobo depuis le début. C’est ballot hein ?
– Tas… de… cons…

Et Maître Tâche de mourir : c’est trop triste.

Bien sûr, pendant ce temps, vous vous inquiétez peut-être pour la base géante en train de s’écraser au-dessus de nos héros, et qui faisait pleuvoir des débris autour d’eux jusque là. C’est bien naturel, mais la base étant d’une courtoisie proverbiale, elle décide soudain de changer de trajectoire et d’aller s’écraser quelques kilomètres plus loin sans explication. Tout le monde peut donc se retrouver sur le plancher des vaches, alors qu’au loin, des voitures du SHIELD arrivent à fond les ballons.

– Faudra m’expliquer ce qu’ils foutent au fin fond de la Russie ceux-là. Ce pays est décidément très poreux. Et accessoirement, comment sont-ils arrivés si vite ? Les débris de la base sont encore chaud.
– Arrête Natasha, tu te fais du mal. Parle à ta petite Mamov. Que veux-tu faire ?
– Vous, fuyez avec les Black Widows déconditionnées. Prenez la liste des agents dormants de Dreikov, et libérez-les. Moi, je vais me laisser arrêter par le SHIELD.
– Mais pourquoi ?
– Eeeeeeeeeeeeeh bieeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeeen…

Et Natasha se fait arrêter par le SHIELD qui opère dans les steppes russes tranquillou sans raison.

Que se passe-t-il ? Est-elle jetée en prison ? Torturée ? S’évade-t-elle ?

Vous et vos questions, vous irez bien visiter les plus beaux monuments de Grèce (je vous recommande particulièrement Delphes), puisqu’un fondu au noir décide que tout cela n’en vaut pas la peine.

Nous retrouvons donc Natasha quelques temps plus tard libre et joyeuse, sans aucune explication (ça valait le coup de mettre une grande scène où le SHIELD l’arrête), qui retourne voir son contact contrebandier pour recevoir de lui un jet tout neuf. Et expliquer qu’il est temps qu’elle retourne voir son autre famille : les Avengers, parce que nous sommes juste avant le début du film Avengers : Infinity Wars.

Voilà. C’est tout. Oh, si, désormais, elle porte le gilet moche de sa sœur. Ça vous passionne ? Non ? Eh bien dans ce cas, sachez que…

… c’est la FIN !

Oui, ça se conclut sur une histoire de gilet et de « J’ai fini le film là, je peux rejoindre le suivant ? »

« Je dois partir. Les Avengers ont besoin de moi et de mon manque complet de super pouvoirs. »

Avec bien évidemment, l’inévitable scène post-générique, torture pour quiconque a une vessie fonctionnelle, et dans laquelle on retrouve juste Gertrude qui va pleurer sur la tombe de Natasha, puisque nous sommes après Avengers : Endgame. Où Natasha est plutôt morte, ce qui l’empêche de faire la kéké en combi cuir.

Gertrude pleure donc lorsque malgré son entraînement commando de Black Widow, elle n’entend pas une donzelle en talons approcher à un mètre d’elle. C’est fascinant.

– Bonjour Gertrude, je suis ta nouvelle supérieure. J’ai une mission pour toi. Tu vas aller tuer… l’homme qui a tué ta sœur.
– Vous réalisez qu’elle s’est sacrifiée dans le film et donc n’a pas été tuée ?
– ON S’EN FOUT MOI JE DIS QU’ON L’A SUICIDÉE ! Et donc, c’est l’autre truffe avec un arc. Oeil de moineau, un truc du genre.
– Hmmm… quelque chose me dit qu’étant donné que je suis un second couteau et lui aussi… tout ça va finir dans une quelconque scène d’une énième série sans intérêt sur Disney Plus ! Et que les aventures de Black Widow ne sont pas terminées !

Seigneur… NON !

C’est donc sur cette terrible révélation que cette fois-ci, c’est bien la FIN !


– Mais patron…

Diego achève d’emballer le corps de Monsieur Bon pour l’emmener à la benne à cadavres (c’est la rose, à côté de la jaune), et se tamponne le front d’un mouchoir. Je ne daigne pas soutenir son regard, occupé à nettoyer mes instruments.

– Oui, fidèle serviteur ? Tu veux savoir comment Monsieur Bon avait réussi à cacher son couteau à cet endroit ? Eh bien, c’est très facile, d’abord, il a signé un contrat Cofidis qui lui a élargi le…
– Non, je voulais savoir : elle est morte, Natasha. Elle ne peut pas revenir. Pourquoi faites-vous croire le contraire ?

Je m’allume un cigare, et déclame :

N’est pas mort ce qui à jamais dort, et au long des siècles peut mourir même la mort. Connais-tu cette citation Diego ?
– Non ?
– Eh bien qu’importe car sache que la suite de cette citation est Sauf chez Marvel parce qu’ils aiment trop le pognon pour laisser une licence dans sa tombe, et encore, je ne te parle même pas dudit Marvel après un rachat par Disney.

Diego est dubitatif.

– Mais non enfin, ils ont tué Iron Man par exemple, donc jamais ils ne pourraient le faire reven…

Hohoho.

HOHOHOHO.

Souvenez-vous de ce rire : on en reparle dans quelques années.

47 réponses à “Black Windows

  1. Dans le « Robin des bois » de Disney il y a une Gertrude, c’est même le personnages féminin qui a le plus de charisme :)

  2. Visiblement Diego est inculte, c’est un scandale
    Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn
    Non mais

  3. C’est fou: effectivement nul mais vous me pointez tout un tas d’incohérences à côté desquelles j’étais passé… Probablement la stupeur: ça me prend de plus en plus souvent, devant l’écran.

  4. Enfin bon, je m’insurge ! Ce n’est pas une Fiat Panda qui se mange une roquette, c’est un Lada Niva. C’est russe, c’est pour ça que ça résiste aussi bien aux roquettes. Ça fait partie du cahier des charges, ça et tourner à l’alcool de patates.

    Je m’insurge aussi que vous n’ayez pas noté que, lors de la seconde explosion automobile à coup de roquettes, la BMW (on en voit plein dans le film, ils doivent être sponsors) roule boule sur le toit dans la rue, puis sur le trottoir, puis dans l’escalier, puis dans la station de métro MAIS il n’y a absolument personne sur sa trajectoire. Coup de bol énorme, surtout quand on voit toute la populasse dans la station.

    • Votre commentaire vient d’ébranler la confiance aveugle que j’avais mis à l’intérieur du Maître. Confondre une Lada Niva avec une vulgaire Fiat Panda… Je suis effondré.
      Maître, si vous nous lisez (je sais : « personne ne nous a jamais lu et personne ne nous lira jamais » comme le dit si bien Obélix dans le Devin. L’espoir fait vivre néanmoins), je vous invite à regarder cette vidéo de GouvHD sur les voitures russes : https://www.youtube.com/watch?v=r9CknCb4sYo
      La mauvaise foi demande une documentation complète crénom !

      Mille grâces

  5. Alors comme d’habitude c’est hilarant au possible (j’ai vraiment ri tout le long), cependant je peux pas m’empêcher de me questionner : est-ce que c’est vraiment aussi affligeant d’absurdité que ça, ou bien y a-t-il un peu de mauvaise foi par-ci par-là ? Le truc c’est que j’ai du mal à imaginer OÙ il y en aurait, ni en quoi ça parviendrait à sauver le film. Et ça me terrifie totalement. Je trouve la médiocrité du script proprement vertigineuse… Peut-être un des pires scenar dont j’ai eu vent. Au secours. Moi paniquée. Glulp (oui c’est le son de la panique, chez moi).

    • Non, non, c’est bien vrai. J’ai vu le film en question avant la critique de M. Connard, et c’est exactement ça. Meme pas besoin de se forcer pour voir les incohérences, ça arrive tout seul. Le blindé dans les rues et le coup du cassage de nez qui coupe (temporairement) le nerf olfactif restent le must de ce film.
      Pour les autre films Marvel, on peut toujours faire semblant de croire à une pseudo explication fantastique pour expliquer qu’on brave gentiment les lois de la physique. Là, même avec la meilleure volonté du monde, on n’y parvient pas. Rien a faire.

      • Ah non moi j’ai même passé la scène de l’hélicoptère truffé au ralenti (avant de lire la critique). Le fait d’avoir des impacts tous les 10 cm qui évitent la porte large d’1m où se trouve Gertrude pour reprendre ses pointillés ensuite, j’ai quand même voulu vérifier vérifier si j’avais pas eu la berlue.
        Mais bon, ça devient une habitude que les bastos sont attirées par les rampes en métal par exemple quand le gentil monte ou descend des escaliers…

  6. Bonjour,
    c’est très bien de critiquer le scénario et les incohérences mais la question primordiale est : est-ce que la plastique de Mme Johansson est bien mise en valeur ? Il n’y a vraiment aucune autre raison de voir ce film…

  7. Dame ! Encore un grand moment de littérature odieuse : j’ai encore la larme à l’oeil. J’ai vu cette bouse sur l’internet libre, l’oeuvre ne valant pas un déplacement au ciné au contraire de Titane, Teddy, Benedetta, Les 2 Albert, Nomadland, etc..
    A force de lire la prose endiablée de maître Connard je deviens bon en regard critique en visionnant ce genre de production affligeante. Ne me manque qu’un Diego avec qui partager mon exaspération. Ya moyen de se le faire prêter pour le prochain Marvel ?

  8. Rah mais non, cher Odieux, Maître Tâche ne meurt pas : elle est emmenée par les autres Black Widows sur l’île magique des ex-communistes. Au cas où elle pourrait resservir, m’voyez…

  9. Joli spoiler, que d’abnégation pour regarder des trucs pareils…j’espère que l’Odieux ne s’est pas trop fracturé le nez sur son bureau en essayant de se maîtriser jusqu’à la fin xd.

    Sinon, une chose pointée dans l’article mais qui mériterait peut-être plus d’exposition : en plus de la « magnifique » sortie de Dreikov sur « les filles que l’humanité a en trop », c’est probablement, sous couvert de « féministitude » un des films les plus machistes jamais conçus.

    En effet quel est l’idée sur laquelle repose une bonne partie de l’intrigue sinon que « les femmes, ça ne pense que par le nez. La preuve, on peut les conditionner chimiquement (de mémoire, l’odorat est l’un des deux seuls capteurs chimiques du système nerveux central humain, avec le goût), et il suffit de leur faire respirer du gaz anti-communiste pour les transformer d’Arlette Laguiller en Christine Boutin en 3 secondes » ?

    « non les femmes n’ont aucune notion de mémoire de long terme, d’association d’idées, d’émotions complexes, de variations d’objectifs personnels liées à un éventuel libre arbitre, bref de tous ces trucs vaguement associés à la conscience humaine d’habitude, qu’allez-vous imaginer ? ».

    Simone de Beauvoir, si votre esprit est encore sur cette Terre, pouvez-vous aller faire un petit coucou aux cadres de chez Disney ? Merci…

  10. Ah, maîtres, vous pointez une incohérence qui n’en est pas une : bien sûr que Natasha laisse crever sans remords les fonctionnaires qui travaillent dans la base, car depuis le gaz Pécéhev, elle est de droite.

  11. Perso j’étais persuadé que le méchant fait des appels d’offres pour les lavages au cerveau :
    – Les filles c’était à l’ancienne
    – Phéromones aux cadres féminins des fois qu’elles aient envie de diriger un service
    – Et une puce électronique pour sa fille au cerveau

    J’ai pas vu la méthode de contrôle mental pour les mecs au QG. Les mecs qui n’ont pas l’air de se plaindre de la bouffe à la cantine (ça doit coûter cher monter les patates en hélico, du coup ils mangent des salades…), les permanences H24, et la gestion des congés. Le contrôle mental a du être négocié avec la CGT.

  12. J’ai voulu passer un moment détente et déconnexion, donc j’ai visionné cette bouse avec mon épouse, fan de films d’action/espionnage (Dieu qu’elle a été déçue !).
    J’ai découvert le spoil de M. Connard après et il résume malheureusement très bien ce machin imbécile.

    J’en profite pour indiquer que : les filles ont, au début du film, genre 6 ans et 11 ans. Le film insiste lourdement sur le fait que ces 2 donzelle ont vécu 3 ans « en famille ». Des années plus tard, tout le monde agit comme si cette famille avait été une concentration d’émotions et de construction personnelle, surtout pour Gertrude (j’ai zappé son nom, merci M. Connard pour le surnom). A partir de quand une enfant de 3-4 ans, séparée de ses parents (pour ensuite passer un entraînement de psychopathe) ressent autant de chose ?
    Pareil pour les parents adoptifs. Avec Masque Rouge, c’est encore plus crétin, à savoir que Captain America était en service uniquement pendant la 2ème Guerre Mondiale, mais le film insiste bien sur le fait que l’action principale s’est passée pendant la Guerre Froide, donc que Captain America était congelé (le film traite même Masque Rouge de menteur quand il fait le parallèle avec le super héros ricain). Comme Masque Rouge est plutôt un symbole communiste de la Guerre Froide (dans le film, je me contrefiche des comics), on a un autre beau décalage temporel et thématique.

    Autre point bien crétin : la base volante. Comme c’est issu de l’ex Union Soviétique, tout est calqué sur l’architecture d’intérieure bien lourde (au sens propre). Sauf qu’une base volante (qui fait clairement plus vieillotte que les porte-avions du SHIELD) demande justement un maximum de légèreté. Tout est fait pour nous indiquer qu’on est dans une grosse base « secrète » terrestre et non aérienne.

    J’ajouterai enfin que, surtout pour un (ex) prof d’histoire-géo comme M. Connard, les annonces des lieux en lettres ENORMES ont dû un brin l’agacer : tantôt c’est un pays (le Maroc, la Norvège), tantôt c’est une ville (Budapest). Je sais que l’étranger, pour un ricain moyen, l’étranger c’est l’étranger, mais pour un film « ancré dans la réalité » qui se veut être un mauvais plagiat de Mission Impossible et Jason Bourne, c’est vraiment pathétique. Je ne parle même pas de l’aspect filmique, c’est monté de façon horrible et visuellement, les effets spéciaux sont vraiment dégoûtants (c’est un film Marvel à grand budget, comment s’est possible) ?

  13. Très bonne analyse de cette bouse royale, et encore il en manque des incohérences : la fille de Dreikov avait une puce au cerveau, le gaz dissout les puces en même temps ? Les chutes où Natasha devrait être devenue tétraplégique, ? …
    Et dire que ce film était soi disant féministe !
    Par contre niveau gaz decommunisant je pense qu’une politique qui te gaz pour t’asservir tu la fuis vite. Merci de votre sacrifice

  14. Il manque un détail horrible, inutile et absurde: l’ablation des appareils génitaux des windows.
    Les sujettes d’une telle opération durant l’enfance ont quand même peu de chances de ressembler à Scarlet Johanssen, hormones et croissance, tout ça…

    • Merci pour cette précision (dire que je mangeais), décidément…ils ont oublié les chambres à…hmm…gaz pour rendre le méchant encore plus méchant ? Ou c’est le stagiaire qui s’est trompé de bouton sur le générateur de scénario ?

  15. Je me dois de corriger une grossière erreur dans la prose du patron: la roquette venait de la droite (j’ai vérifié), elle avait donc la priorité.
    Il fallait que ce soit dit.

  16. Il faudra aussi que les scénaristes nous donnent la matière du contenant du gaz. Des éprouvettes en verre qui tiennent aussi bien les chocs, c’est assez extraordinaire. Il est de plus interdit de se demander comment est rempli le tube à essai de gaz, comment en est assuré l’étanchéité, qui a pu avoir l’idée de créer un tel gaz alors que tout le monde ignore que les Windows existent, et plus encore qu’elles ont un conditionnement chimique.
    Notez également qu’en bon scénariste (lol) celui du film a comme tous ses confrères prévu une couleur flashy pour celui-ci. Vert, et rouge sont les classiques des gazs méchants, bleu pour les gazs gentils. En général assorti à la couleur du méchant ou du héro.

  17. Pour le retour d’Iron man c’est déjà prévu: décision prise par Disney en 2021 oblige, ça sera Ironheart, une jeune femme noire presque encore enfant (donc sans défaut et lisant l’encyclopédie en faisant du taekwondo pour s’amuser, hollywood oblige), qui sera mise en avant.

    • Si au moins ils nous sortaient Lisa Lionheart en personnage principal, ça serait (possiblement) drôle…

  18. Sinon, si la scène du début du film se passe bien en 1995, le communisme russe, c’était pas déjà un peu dépassé à cette époque ?

  19. Dommage pour la blague du gaz que vous appelez « pécéhef ».
    Moi je l’aurais appelé le Phosphate de Chloro-Fluorine, sans commentaire particulier.
    Ensuite, quelques lignes plus bas, quand vous évoquez le gaz pour la deuxième fois en écrivant : « grâce au Pécéhéf, Gertrude est dégoûtée du communisme », je serais passé à l’abréviation : « Grâce au gaz P.C.F., Gertrude est dégoûtée du communisme ».

    Ça fait double détente.

    • J’aime bien tel que c’est, lire « pécéhef » et entendre les 3 lettres dans sa tête a un effet de surprise amusant.
      Mais rien ne vous empêche, pour usage personnel, de copier et modifier le texte à votre convenance avant de le relire :)

  20. Prendre l’histoire d’Harvey Weinstein et en faire le scénario d’un Marvel, c’est couillu…
    Bon, je n’ai pas vu ce chef d’oeuvre mais j’ai reconnu l’histoire, on ne me l’a fait pas

    • Logique : n’oublions pas que #YesAllMenAreWeinsteins aujourd’hui.
      Et comme les hommes sont très très majoritaires dans le rôle de méchants…

  21. La garde personnelle de Dreykov soulève des questions:
    – Sont-ils eux aussi sous l’emprise du pécéhef, ou bien sont-ils là de leur plein gré ?
    – Pourquoi sont-il des hommes alors que le méchant est quand même spécialisé dans la fabrication de combattantes d’élite ?

    Je n’oserai imaginer que la réponse à ces deux questions se limiteraient à « ce sont des hommes, donc ils peuvent mourir ».

    • Bonnes questions !

      Je crains que la réponse à la question 2) soit celle dont vous vous doutez puisque a) les films d’action (surtout mal écrits) font souvent une grande consommation de sbires méchants et que b) si des mecs (surtout méchants) meurent par dizaines à l’écran, même de façon stupide aucune hargne militante ne va déferler sur les médias.

      Ils auraient du porter des ceintures d’animaux mignons pour augmenter leur survie…ce n’est pas faute pour le maître des lieux d’avoir donné ce conseil encore et encore !

  22. « Et regarder des vidéos de Papacito ! »
    pourquoi écrire un truc pareil ? sur un débile pareil ? pour vous assurer que votre public lise vos articles de blog en entier ? bon ! vous êtes rassuré ? vous pouvez le retirer maintenant ce passage ?

    • Est-ce vraiment plus choquant à vos yeux que les stagiaires qui servent de table basse, par exemple ? C’est parodique, poussé à l’extrême, ce qui est triste c’est l’existence de ces vidéos et pas le fait qu’on en rigole.

    • Papacito a violé votre chien pour que la simple évocation de son nom dans une caricature de droitard vous donne de l’urticaire ? Alors que le Figaro et Xavier Bertrand, tout va bien ?

  23. J’ai du raté un épisode mais pourquoi Black Windows a plastiqué le méchant et n’est pas communiste alors qu’elle est quand même poursuivie par le B.O.U.C.L.I.E.R. ?
    Si ce n‘est pas un oubli du spoil, quelqu’un peut poster un résumé des épisodes précédents ?
    Cinq you

  24. Sans avoir regardé les vidéos de l’individu, j’ai eu des échos qui me feraient comprendre l’urticaire dans un autre contexte.
    Mais l’Odieux utilise bien pire dans ses parodies (je ne citerai pas tout, pour ne pas récolter de point Godwin, mais on peut évoquer en vrac la pelle à draguer, l’administration de drogue, le sac de chatons et le mauser qui refroidit les fâcheux).
    Lire ce blog au premier degré, c’est suicidaire !

    • Nous nous rejoignons quant au fait que sieur Connard a déjà évoqué des choses bien plus abjectes qu’une vidéo de Papacito. Et puisque vous ne semblez jamais avoir vu lesdites vidéos, permettez-moi de vous éclairer : lui non plus n’est pas à prendre au premier degré. Il joue un personnage, et est bien plus… inofensif, disons… lorsqu’il fait preuve d’un peu de sérieux. On adhère ou on n’adhère pas aux idées qu’il professe, mais en tout état de cause, c’est un clown, pas un Breivik en puissance, quoi qu’aient pu en dire des médias mal informés.

      • Merci pour les explications, je ne pense pas qu’il soit le genre de clown dont l’humour me fait rire donc je n’irai pas voir mais gràce à vous me voilà un peu plus informée.

  25. “– C’est bon, je peux faire mon rire diabolique, alors ?
    – Mais faites-vous zizir.”
    J’adore !

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