Terminator 1 – Le spoiler pour se faire des ennemis

« De toute façon, Terminator, après les deux premiers, il n’y a plus rien. »

Pour seule réponse à ce commentaire de mon fidèle Diego, je pousse un long soupir de lassitude suffisamment puissant pour que l’ensemble du quartier puisse entendre mon désarroi.

« Ben quoi, c’est vrai !
– Et tu insistes, margoulin ! Mais, va, je te pardonne. Parce que je suis bon.
– Ce dernier point me paraît discutable, patron. Mais vous n’êtes pas d’accord ?
– Allons, Diego. Ce que tu viens de dire, c’est ce que l’on entend partout dès que quelqu’un parle du moindre épisode récent de la saga Terminator. Mais sais-tu ce qu’est la plus grande qualité des deux premiers volets de la saga ?
– L’intrigue ? »

Diego esquive de peu le carafon que je viens de lui lancer. Pendant qu’il va chercher la balayette, je poursuis.

« Le temps, Diego. 
– Ah ! Les voyages dans le temps étaient réussis ?
– Non, mon bon Diego. Tu connais la règle : s’il y a des voyages dans le temps, ça a toutes les chances de se planter. Non, l’énorme qualité de ces films, c’est que les gens les ont vus il y a longtemps. Et que depuis, la patine du temps a fait son effet. Alors, les souvenirs sont embellis, et puis, le film a un petit côté madeleine de Proust. On le regarde avec le souvenir ému des soirées à rembobiner des VHS après avoir vu le film sur la télé cathodique de 20 kilos du salon. Alors on essaie d’oublier les défauts pour ne pas avouer qu’en fait, on a pu apprécier des trucs pas très bons. Un peu comme les geeks qui relancent le jeu culte de leur jeunesse pour découvrir qu’en fait, c’était un peu pourri, et qui rangent leur vieille console pour oublier, en rester à leurs souvenirs, et retourner dire un peu partout que les jeux, c’était mieux avant. Toute personne ayant relancé Command & Conquer voit de quoi l’on parle. Mais niera probablement en bloc. »

Une règle qui a bien sûr ses exceptions : mieux vaut relancer un ancien Close combat que toucher à un nouveau.

« Certes patron, mais là, de tête, je ne vois pas bien quels défauts a le premier Terminator, par exemple. C’était quand même bien fichu !
– Pour l’époque, visuellement, oui. Mais scénaristiquement…
– C’était quoi le problème ?
– LeS problèmeS. »

Car en cette période de sortie d’un nouvel épisode de la franchise Terminator, retournons donc parler du premier volet de la série, celui par lequel tout a commencé, et qui nous oblige aujourd’hui à supporter d’immondes daubes au cinéma. Alors, Terminator, c’est considéré comme culte, mais était-ce vraiment mieux avant ?

Spoilons, mes bons !


Avant les flammes, on mettait des lasers sur les affiches.

Tout commence… dans le futur.

Et le futur, qui est aux alentours de 2019, laissez-moi vous dire que c’est tout nul. C’est tout obscur, il y a des robots géants qui roulent partout avec leurs grosses chenilles, et le sol est couvert de crânes. Non, pas d’ossements : juste de crânes. Ne me demandez pas où est passé le reste. Cela doit être une sorte d’épisode mystérieux de Léa Passion Catacombes, ou bien l’accessoiriste de ce film était secrètement fan de Warhammer 40,000. C’est un peu flou.

Mais alors, me direz-vous, quand on vit dans un futur comme celui-ci, comment occupe-t-on ses journées quand on est un humain comme vous et moi ? Eh bien, c’est fort simple, puisque l’activité principale consiste à se faire exterminer toute la journée par les fameux robots géants. Un texte apparaît d’ailleurs pour nous l’expliquer : dans le futur, il y a eu l’enfer nucléaire, et que les robots sont sortis des cendres (voyez cela comme une sorte de soirée patates braisées qui a dégénéré) et ont décidé d’en finir. Et pourtant, la bataille finale entre l’homme et la machine ne va pas se jouer ici, dans le futur… mais en 1984.

Pour mieux comprendre, revenons justement en 1984. Une grande année, comme chacun sait, puisqu’elle vit la naissance de véritables légendes. Oui, je parle du Tac-O-Tac. Pourquoi, à qui pensiez-vous ?

Toujours est-il que si nous sommes bien en 1984, nous voici plus exactement à Los Angeles où par une douce nuit, un éboueur est occupé à son dur labeur. Lorsque soudain, deux phénomènes étranges se produisent : d’abord, des éclairs se mettent à claquer tout autour du véhicule de notre fier travailleur. Et ensuite, notre larron a un jeu d’acteur déplorable, marmonnant « What the hell ? » ( en français, « Saperlotte ?« ) encore et encore avec autant de conviction qu’une Laetitia Casta dans La Bicyclette bleue.

Mais c’est alors que ces deux phénomènes laissent place à un troisième, plus épatant encore : un gros Monsieur tout nu apparaît.

Notre éboueur, qui n’est pas là pour juger des pratiques d’autrui, préfère décamper. Pendant que le musculeux nudiste fraîchement arrivé, l’ignore pour aller contempler Los Angeles qui s’étale à ses pieds, son zboub claquant fièrement au vent dans l’air nocturne.

Je ne vous cache pas que niveau classe, on a vu mieux.

Mais justement, car notre homme est visiblement conscient qu’en 1984, on n’est pas encore assez progressiste pour autoriser les gens à se promener la kikoute au vent, et que lui n’aura même pas besoin d’accompagner une sortie scolaire pour que sa tenue fasse réagir. Heureusement, il repère non loin, puisqu’il est sur les hauteurs de Los Angeles, un promontoire où de jeunes gens se chamaillent autour de jumelles publiques, cela dit, s’ils veulent contempler la lune, le Monsieur nu a des suggestions intéressantes à leur faire. Le nudiste s’approche d’eux d’un pas quasi-mécanique, et vous l’aurez compris : le gros monsieur tout nu n’est autre que le Terminator qui a donné son nom au film, un robot venu du futur.

Il scanne donc les jeunes margoulins grâce à ses yeux cybernétiques. Et détecte :

  • Des cheveux bleus
  • Une tenue dégueulasse
  • Une forte odeur de bière

Le Terminator en est sûr : il vient de tomber sur des étudiants des beaux-arts.

Mais ces derniers sont plutôt hilares à la vue du monsieur qui s’approche d’eux la kikounette flapotant dans l’air du soir.

– Rhorhorho ! L’autre, il se promène tout nu ! Ça va, mec ? Tranquille ?
– Hallo.

Car, oui, si dans votre jeunesse vous aviez vu le film en français, sachez qu’en version originale, le Terminator s’exprime avec un fort accent autrichien, ce qui est cocasse. Non parce que d’habitude, les films avec voyages dans le temps consistent plutôt à renvoyer dans le passé quelqu’un pour tuer un petit Autrichien bien connu. Le film est probablement né lors d’une soirée trop arrosée, où quelqu’un s’est exclamé « Et si on faisait l’inverse et que c’était un gros Autrichien qu’on renvoyait dans le passé pour tuer des gens ? »

Habile.

La classe, c’est de contempler le monde tout nu depuis sa terrasse.

Par respect pour mon lectorat et pour l’oeuvre originale, j’essaierai donc de rendre le délicieux accent de notre héros dans ses dialogues.

« Che veux fos fêtements.
– Cheveux quoi ? T’as un problème avec mes cheveux bleus, sale fasciste ?
– Nein. Che veux fos fêtements. Les cheveux, che m’en fous, fous pouvez les garder. Ch’ai pas envie de ressembler à ein étudiant en zoziologie.
– Est-ce que tu viens de me traiter d’étudiant en socio ? Tu vas voir ! »

Et les jeunes gens, qui sont en réalité des punks, tentent de s’en prendre au nouvel arrivant à grands renforts de diabolo, de canettes de 8-6 et d’autres armes typiques de leur fière peuplade. Hélas pour eux, le Terminator utilise ses gros poings et les claque si fort qu’il les tue un peu. Sauf le dernier qui décide que finalement, il veut bien donner ses fringues à ce bel étranger, puisque c’est demandé si gentiment. Coup de bol : c’est la bonne taille pour notre montagne de muscles, alors que c’était porté par un gringalet. Voilà qui tombe bien. Je comprends mieux pourquoi certains jeunes, de nos jours encore, portent des pantalons dix fois trop grand : c’est pour dépanner les voyageurs temporels. Ça se tient.

Mais hélas pour Los Angeles et ses habitants, la nuit ne s’arrête pas là.

Car dans une ruelle obscure de la ville, voici qu’apparaît un autre nudiste. Moins costaud, certes, mais toujours sans le moindre slip. C’est une véritable invasion ! Le futur nous envoie des gens tout nus ! Monstre ! Mais le nouvel arrivant, lui, a la démarche bien plus titubante, puisque ce n’est qu’un simple humain, pas un Terminator. Et son apparence bourrée a tôt fait de lui attirer la sympathie d’un clochard de la ruelle. Sauf que l’ami du futur n’est pas là pour discuter recettes de rat grillé (même s’il en a de très bonnes).

« Toi ! s’exclame-t-il. Donne-moi ton slip ! »

Voler son slip à un sans-abri : dans le futur, le libéralisme a vraiment fait des ravages. Heureusement, en 1984, on ne rigole pas avec ces choses-là, et une voiture de police qui passait au bout de la ruelle à ce moment-là aperçoit le terrible forfait. « Lâchez ce slip ! » ordonne le policier ; mais le margoulin n’en fait rien, et c’est donc parti pour une course-poursuite entre le porteur de slip et celui de badge. Et c’est une course-poursuite digne de 1984 : vous savez, celles où on va de ruelle en ruelle, où il y a toujours une grille qui crache de la vapeur, où l’on se retrouve avec des grillages qui entravent la progression au milieu de nulle part, et où l’on traverse des rues en courant au son des klaxons avant de rouler sur des capots ?

Voilà. Vous visualisez bien. Parce que ce n’est pas bien inspiré, même pour l’époque.

Mais au détour d’une ruelle, notre héros parvient à prendre en embuscade le gardien de la paix à la poursuite, et lui dérobe son arme. Sauf qu’au lieu de l’abattre, à la surprise de l’agent de la maréchaussée, le fuyard le braque en lui demandant :

« Quel jour sommes-nous ?
– Ben, le 12. Le 12 mai.
– Mais de quelle année ?
– 1984.
– Palsembleu ! »

Et il reprend sa course, laissant le policier quelque peu déstabilisé : chaque année, ils ont du mal à vendre leurs calendriers pour les étrennes, et maintenant, voilà qu’on leur demande directement le jour et l’année. C’est à n’y plus rien comprendre.

Heureusement, il y a juste à côté une boutique qui a laissé sa porte arrière ouverte (c’est pratique), en plus il s’agit d’un magasin de vêtements (décidément !) et mieux encore, qui vend aussi des chaussures (ÇA ALORS !). Pendant que la police le cherche, le fugitif peut donc rajouter à son slip un pantalon, un t-shirt, et un grand imperméable de pervers qui lui permet de ne pas trop s’éloigner des tendances nudistes qu’on lui reprochait. Il se faufile au nez et à la barbe des forces de l’ordre, et en sortant, en profite pour fouiller une voiture de police vide à proximité et s’équiper d’un fusil à pompe.

Ah non, mais le mec a une chance du tonnerre. Et nous verrons que c’est la base du film : une succession de coups de bol et de coïncidences grossières qui arrangent bien l’intrigue.

Le film était par ailleurs particulièrement subtil dans ses placements de marques.

Au passage, aujourd’hui, et à l’heure où il devient parfois difficile de trouver des pantalons suffisamment long pour atteindre vos chevilles, notre héros aurait été bien plus emmerdé. Heureusement, grâce son improbable moule, tout va dans son sens, et il n’a donc plus qu’à se diriger vers un endroit bien connu des habitants de 1984, bien moins de ceux nés après 2000 : la cabine téléphonique. Il y attrape un annuaire et se rend à la page des C.

« Connard… Connard… Connard… bon sang, combien y a-t-il de Connards dans cette ville ? Ah, voilà ! Connor ! »

Et il arrête son gros doigt sale sur les Connor Sarah. Et il se trouve qu’il y en a trois en ville. Voici qui le laisse perplexe. Que faire ? Pour commencer, il va laisser le film faire une transition, et il avisera après.

Bondissons donc au lendemain matin.

Et retrouvons Sarah Conn…

Oh, seigneur. Qu’est-ce que c’est que ça ? Cette coupe de cheveux hideuse, ce scooter conçu par Bandai qui donne l’impression qu’elle doit clipser ses mains dessus pour le démarrer, et ce vieux fond de piano façon comédie romantique ? Diego, si tu as le numéro de ce charmant Monsieur Terminator, je vais lui dire de suite où se trouve sa cible. Visuellement c’est… enfin, c’est un dur rappel du fait que si la mode actuelle est aux années 80, elle l’est uniquement pour les gens qui n’ont jamais su à quoi ça ressemblait vraiment.

Toujours est-il que Sarah travaille comme serveuse dans un petit restaurant de Los Angeles, où comme toutes les héroïnes en devenir, elle a un peu une vie de merde, puisqu’en effet, tout le monde est méchant avec elle, elle n’arrête pas de faire tomber des trucs, et voici que même un enfant s’amuse à lui glisser des boules glacées dans l’uniforme de travail pour l’enquiquiner, le tout sous le regard approbateur du reste de la salle. Je pense que la réalisation a coupé les scènes où tout le monde la tabasse sans raison, tant la ficelle commençait à être un peu grosse. J’imagine que ses scènes ont ensuite été rachetées et remontées pour donner le film Joker, mais passons.

Mesdames et Messieurs, Sarah Connor. Dites-moi que vous avez encore envie qu’elle gagne, hmmm ?

Car si Sarah n’a pas la vie facile, pour l’instant, la vie, elle l’a encore, ce qui pourrait ne pas durer tant de son côté, le Terminator est au turbin.

En effet, le cyber-bougre (on parle aussi de « cybougre ») a commencé par s’équiper en se rendant dans une boutique typique du pays du hamburger : une armurerie. Où il n’a aucun mal à se procurer fusils à pompe, d’assaut, pistolets divers, lance-flammes, bazookas et autres armes de défense personnelle avant d’abattre le gérant parce qu’il manquait un peu de monnaie sur lui. Heureusement, personne ne semble réagir au coup de feu dans le voisinage, ni les badauds s’inquiéter de voir une espèce d’immense punk avec un accent crypto-nazi sortir de la baraque avec une douzaine d’armes de guerre sur le dos.

En même temps, ça ressemble peut-être à ça, une journée normale aux Etats-Unis.

Le Terminator a aussi volé une voiture grâce à la dextérité légendaire de ses grosses mains, et s’est procuré un annuaire où il a, lui aussi, repéré qu’il y avait trois Sarah Connor en ville. Ce qui, mes bons amis, souligne l’importance d’arrêter d’orthographier n’importe comment les prénoms ou d’en inventer de nouveaux. Car en cas de robot tueur venu du futur, si votre enfant s’appelle Roger Dupont, le robot n’a aucune chance de le retrouver. Alors que par contre, s’il s’appelle Galadriel-Matthiméo Dupont, vous pouvez dire adieu à la Résistance dans le futur. Alors pensez-y, bande de petits irresponsables !

Notre robot ayant justement trois cibles potentielles, il décide de suivre le célèbre proverbe autrichien « dans le doute, choucroute« , et d’abattre les trois Sarah. En commençant par la première, une brave dame qui est fort surprise lorsqu’un colosse frappe à sa porte avec un fort accent du Tyrol, et plus encore lorsqu’il décide de lui coller du gros calibre dans le bidou. Un meurtre qui a tôt fait d’attirer l’attention des médias locaux, qui diffusent par conséquent à la télévision la nouvelle : une certaine Sarah Connor a été violemment assassinée jusqu’à ce qu’elle soit morte.

Les collègues de notre Sarah Connor au restaurant invitent leur amie à regarder les nouvelles tout en rigolant comme des baleines :

« Ahaha, Sarah, tu as vu ? La dame qui a été tuée s’appelait comme toi, c’est rigolo ! »

C’est vrai que c’est rigolo, d’avoir des homonymes qui se font tuer. J’imagine qu’elles pourront remercier le Terminator quand elles le croiseront pour ce bon moment de rire.

« M’sieur Terminator, elle était trop bien votre blague de tuer des gens qui portent le même nom !
– Ach ! Che sais, che la tiens de mon papy, il la connaissait avec un juif. »

Que ? Mais ?

Trop de calembours de mauvais goût sont en train de s’accumuler en trop peu de lignes, je vous propose donc d’en sauter quelques unes.

Et allons plutôt retrouver l’autre personne du futur, notre héros sans nom, qui est lui aussi en train de voler une voiture, et d’avoir des flashbacks lorsqu’il aperçoit de gros engins de chantier à chenille qui lui rappellent les machines de guerre du futur. Il a donc des flashbacks du futur, je propose donc d’appeler cela des flashforwards. Où il se revoit avec ses amis, à courir la campagne riante couverte de crânes, à se faire vaporiser par des lasers pour un oui ou pour un non, et à tirer au fusil tout pourri sur des tanks géants, ce qui marche moyennement bien. Il se souvient ainsi de comment un jour, il a réussi à s’en faire un en larguant un explosif dans le bestiau, avant de s’enfuir avec ses copains au travers du champ de bataille qu’est le futur avec une voiture digne de Mad Max.

Ce qui est un peu con, tant les voitures, dignes de Mad Max ou non, c’est moyennement pratique en terrain super accidenté et plein d’épaves (et de crânes, décidément). Le dernier souvenir de notre héros est donc comment son véhicule a fini par se prendre des tirs, faire une embardée, finir sur le toit, et se retrouver coincé à bord alors que les flammes commençaient à…

Notre héros revient dans le présent. Non pas parce que son souvenir s’arrête là, mais parce que comme ça, il n’a pas à justifier de comment il a réussi à s’échapper d’une voiture en flammes sans même la moindre brûlure apparente. C’est pratique, les changements de scène pour ne rien expliquer. N’est-ce pas Game of Thrones ?

Kyle Reese en train de brûler coincé dans une voiture, mais en fait, hihi, non, ça va merci, pourquoi ?

Bref.

Revenons à Sarah, qui de son côté, a déjà oublié les événements de la journée, et est occupée à se coiffer avec sa colocataire, Ginger. Évidemment, certains attendront de ma part un commentaire putassier sur le volume improbable des coupes de cheveux de nos deux amies, mais je n’en ferai rien. Non, n’insistez pas, je ne mange pas de ce pain-là. Cette scène de coiffure est très respectable. D’ailleurs, aujourd’hui encore, elle sert de modèle dans les écoles de paysagistes.

Toujours est-il que ce soir, Ginger a prévu de passer la soirée à domicile à copuler avec son petit ami, Jean-Bob. Pendant que Sarah est priée d’aller pratiquer la brouette javanaise à l’extérieur avec son propre petit ami, Jean-Jacques. Seulement voilà : cette petite ordure de Jean-Jacques appelle Sarah pour lui dire que ce soir, il ne peut pas sortir, il a poney. Décidément, rien ne va pour Sarah aujourd’hui. Aussi décide-t-elle de descendre dans le parking de l’immeuble, d’enfourcher son hideux scooter, et de partir dans la nuit, sans casque, parce que quand tu as passé trois heures à te coiffer, la première chose que tu as envie de faire, c’est de la motocyclette.

Mais n’ayant un angle de vue que de soixante degrés devant elle, le reste étant bloqué par sa masse capillaire, elle ne remarque pas dans ses rétroviseurs qu’une voiture garée dans le parking la suit. C’est notre héros et sa voiture volée ! Mais que diable veut-il à notre douce héroïne ?

Sûrement pas la protéger, sinon j’ose penser qu’il serait allé la trouver dans son appartement plutôt que d’attendre comme un con pour la suivre comme un pervers en rut dans son grand imperméable. Hein ? N’est-ce pas ? Non ? Bon. Sarah, en tout cas, finit par se trouver un restaurant où aller manger seule en soupirant sur son triste sort, alors que la télévision annonce soudain qu’une deuxième Sarah Connor vient d’être assassinée en ville. Sarah réalise que c’est suspect, fonce attraper un annuaire, et découvre que les victimes sont mortes dans l’ordre où elles étaient présentes dans l’annuaire.

La morale de cette histoire est qu’il faut toujours donner un second prénom en Z à vos enfants. Ainsi, Roger Alban Dupont se fera toujours tuer avant Roger Zébulon Dupont en cas d’attaque par annuaire. Oui, de nos jours, les robots font des attaques par dictionnaire. Mais en 1984, on attaquait par annuaire. Il faut vivre avec son temps, dites-voir !

Sarah décide donc de quitter le restaurant en urgence pour… eh bien… pour… heu… enfin voilà. Mais à peine est-elle dehors qu’elle aperçoit notre amie le pervers en imperméable sur ses traces.

« Oh non, j’ai déjà une journée de merde, je ne vais pas en plus devoir me taper un inconnu qui me montre son zguègue ! » pense-t-elle avec le riche vocabulaire qui est le sien.

Pour plus de sécurité, elle s’engouffre dans le premier club qu’elle trouve : le TechNoir, un endroit où l’on écoute de la mauvaise musique tout en dansant comme dans un clip des Inconnus. Et après avoir jeté 4,50$ au visage de madame la guichetière, Sarah s’empresse d’aller trouver un téléphone pour appeler la police.

Je sens bien que ça vous turlupine, alors tenez : voici Sarah avec sa colocataire, Ginger.

Notez qu’elle aurait pu faire ça pépère depuis le restaurant où elle était, mais non : c’est plus rigolo de raquer pour aller dans un lieu inconnu passer des coups de fil avec de la grosse musique en fond pour ne rien entendre. Hélas pour elle, c’est décidément re-re-re-re-re-re-re-re-re-pas de bol (ce film est très inspiré, je vous l’avais dit) : toutes les lignes sont occupées chez nos amis de la maréchaussée. Si on est en train de se faire poignarder, par exemple, on est invité à patienter comme un vulgaire appel au SAV de sa box internet, sur fond de musique d’ascenseur.

Cependant, et justement, voici qu’au même moment, ailleurs en ville, dans l’un des commissariats de Los Angeles, deux inspecteurs commencent à suer à grosses gouttes.

« Roger, tu as vu le dossier de la Sarah Connor qui a été tuée aujourd’hui ?
– Oui pourquoi ?
– Parce que figure-toi que c’est pas banal, on vient d’apprendre qu’une deuxième Sarah Connor vient d’être tuée !
– Hmmm… sûrement un fétichiste des Sarah Connor. Vite, je sais ce qu’il nous reste à faire ! Appelons la dernière Sarah Connor de la ville et proposons-lui de changer de nom pour Germaine Roubieux !
– J’y ai déjà pensé, Roger. Mais je n’arrête pas d’appeler chez elle et ça ne répond pas ! On a même envoyé une unité sur place, mais elle ne répond pas non plus. »

Mais ? N’y avait-il pourtant pas Ginger et Jean-Bob à l’appartement ? Si, mais hélas, ils copulent tout en portant… UN WALKMAN.

Ne me demandez pas pourquoi (à part pour arranger l’intrigue avec des ficelles grosses comme celles utilisées dans la défense de François Fillon), moi non plus, je ne me l’explique pas. Et encore moins comment les célèbres écouteurs en mousse pourrie pouvaient isoler qui que ce soit du moindre bruit. Mais bon, d’un autre côté, cela me va puisque le répondeur de nos héroïnes qui répond à la police commence par « Allô ? Allô ? Ahaha, c’est une blaaaaaague, vous parlez à un répondeur !« , ce qui comme chacun sait, est un motif suffisant pour mériter une mort abominable.

Et justement, on frappe à la porte, puis dedans, et entre donc… le Terminator.

« Z’est izi, l’appardement de la dame qui a ein scherz toute pourrie zur zon répondeur ? »

Mais aucune réponse ne vient. Non seulement les occupants des lieux ont donc un humour contestable, mais en plus, ils sont malpolis. Le Terminator se fraie un chemin dans l’appartement, et tombe sur… Jean-Bob, en petit slip, qui se détendait sur le lit conjugal, pendant que Madame était partie se faire un sandwich. Le Terminator le scanne de la tête au slip.

Quand le sexe, c’est tellement palpitant que tu demandes à ton partenaire si ça le dérange pas si tu écoutes un podcast pendant ce temps.

« Was ? Mais ? Tu n’es pas une fraülein ! 
– Et sur quoi tu me juges ? Le genre n’est pas binaire, c’est un spectre qui… »

Bon, dans le doute, le Terminator lui pète la gueule.

Ginger, elle, n’entend rien puisqu’elle a toujours son baladeur magique qui isole mieux que les casques modernes à 400€. Mais lorsque traversant une paroi, son petit ami vertement tabassé atterrit entre les deux tranches de mie de pain qu’elle empilait, elle est fort surprise.

« Mais enfin Jean-Bob ! Quand je parlais d’être prise en sandwich, ce n’est pas à ça que je… »

Elle réalise cependant que Jean-Bob ne répondra pas : il est vaguement mort. Et arrive du trou dans le mur qu’il vient de traverser le Terminator.

« Z’est toi qui fait les blakounettes zur le répondeur ? Tu trouves doujours ça rigolo, de parler à une machine ? »

Le Terminator, plein de bon sens, lui plombe la truffe comme il se doit, et estime qu’il a accompli sa tâche : il s’est rendu à la dernière adresse d’une Sarah Connor et a tué la femme trouvée sur place. Lorsque soudain… re-re-re-re-re-re-re-re-re-re-pas de bol (ce film est un enchaînement fabuleux de coïncidences capables de briser ma boîte à « ÇA ALORS ! » en moins de deux, je l’ai donc mise à la cave par sécurité), c’est pile durant ces trois fatales secondes que le téléphone de l’appartement sonne et que la voix de Sarah retentit.

« Ginger ? C’est Sarah. Écoute, il faut vraiment qu’on change le message de notre répondeur, ça finira mal cette histoire si tu veux mon avis. Bon, là je t’appelle depuis un endroit appelé le TechNoir. Mais si, tu sais, c’est au douze de l’avenue Christian Clavier. Je dis ça pour que tu viennes me chercher, et vite ! Car je crois qu’il y a un pervers qui me suit. « 

Un peu étonné, le Terminator se demande par quel miracle il a entendu le bon coup de fil, pile au bon moment, le tout avec l’adresse dont il a besoin, alors que lui pensait sa mission achevée. Il se voyait déjà partir loin de la folie des hommes, racheter un ranch au fin fond du Kansas, et prendre un chat qu’il appellerait Zelda, Pixel ou Kernel, comme tout ami des machines qui se respecte. Il élèverait du bétail bio en regardant le temps qui passe, et le soir, il irait écouter le bruit de la rivière coulant derrière son pré. Puis, il achèterait une mitrailleuse lourde tuerait tout le monde, et recommencerait dans l’Ohio.

Mais là, non. Elle est enquiquinante, cette Sarah Connor !

Et encore, il ne sait pas tout, car dans le même temps, Sarah a réussi à joindre la police.

« *musique d’attente* Every step you take, I’ll be watching y… *clic* Oui allô, police de Los Angeles j’écoute ?
– Ah ben c’est pas trop tôt ! Écoutez, je m’appelle Sarah Connor, et là j’ai entendu que d’autres Sarah Connor ont été tuées aujourd’hui alors je…
– Vous tombez bien Madame Connor, je vous passe l’inspecteur sur le dossier, il voulait vous parler.
– Faites.
– Madame Connor ? Je suis l’inspecteur Roger Dupont.
– C’est d’un commun…
– Eh, oh, vous saurez que mon second prénom est Zébulon. Mes parents étaient des gens prudents, eux ! Bon, écoutez Madame Connor, où êtes-vous ?
– Au TechNoir.
– Oui je connais.
– Ah bon ? Mais ils n’y passent que de la musique de merde, comment pouvez-vous connaître ?
– C’est pas le sujet ! Restez là et ne bougez pas, j’envoie une voiture de patrouille vous chercher. Ils ne vous arrivera rien dans un lieu public. »

Sarah se commande donc un coca et attend.

Mais à la surprise générale, et alors qu’il y a des unités de police un peu partout, le premier à arriver sur les lieux est… le Terminator ! Qui lui, ne donne pas 4,50$ à madame la guichetière, refait la truffe du videur, puis inspecte la salle du TechNoir. Ou malgré d’autres coïncidences d’une qualité dignes d’une rédaction de sixième (« Oh non, j’ai fait tomber un truc au moment où le Terminator que je n’ai pas vu regardait dans ma direction, alors je me baisse pile au bon moment !« ), le Terminator finit par repérer Sarah, dont il a vu une photographie à l’appartement, et braque son arme sur elle lorsque…

Le Terminator, qui ici, sort leeeentement son arme, puis la charge leeeeentement, puis la lève douuuuucement puis… c’est rigolo comme il tuera tout le monde en un éclair, sauf sa cible, quand même.

Un gros coup de fusil à pompe l’envoie voler.

C’est l’autre voyageur temporel, qui s’était faufilé dans le bar, mais toujours sans essayer de parler à Sarah, qui vient d’intervenir. Et il envoie suffisamment de gros pruneaux dans le Terminator pour le coucher. Mais pas bien longtemps, car celui-ci se relève, sort son pistolet-mitrailleur, et commence à arroser aussi bien son assaillant que toutes les femelles humaines qui s’enfuient parce que les humains, hein, bon, ils se ressemblent tous un peu.

Ce racisme !

Sarah a la présence d’esprit de faire du rien, et d’attendre gentiment de se re-faire braquer par le Terminator, qui est re-collé au sol par un coup de fusil à pompe. Hmmm, j’ai déjà vu cette scène, et ce n’était déjà pas bien inspiré la première fois.

« Viens avec moi si tu veux vivre ! » lance le voyageur temporel à Sarah avant de filer avec elle.

Et les deux de s’enfuir par la porte arrière, poursuivis par le Terminator qui a relativement bien pris tout le gros plomb qu’on lui a envoyé. Et qui résiste à d’autres choses : comme l’explosion d’une voiture dont le réservoir est la cible des tirs de notre héros lorsque le vilain robot du futur passe à côté. Et même lorsqu’enfin, Sarah et son sauveur gagnent sa voiture, le Terminator se jette sur le capot pour donner des coups de poing dans le pare-brise qui vont coûter super cher chez Carglass. Quel petit vandale !

Heureusement, grâce à une technique habile intitulée « Et là, tu t’accroches toujours quand je percute une autre voiture ?« , c’est avec un « Scheiße ! » tonitruant que le Terminator se trouve obligé de s’en retourner se frotter langoureusement contre la chaussée plutôt que contre le premier capot venu. Un policier, qui a aperçu la scène, pense que ce jeune Autrichien qui vient de se faire renverser est une pauvre victime d’un chauffard, et informe aussitôt sur sa radio ses amis des forces de l’ordre afin qu’ils se lancent à la poursuite de la voiture en fuite qui est partie sans même demander son PV.

Pas de bol pour le brave policier, celui-ci prend une grosse claque de Terminator qui vient de se relever sur le coin du nez, et qui préfère s’emparer de son véhicule à gyrophares pour reprendre la poursuite. Ce qu’il fait sans problème, tant Sarah et son pilote roulent comme des cons en grillant les feux et en allant sur les trottoirs quand bien même ils avaient réussi à le semer. Résultat, leur comportement de neuneus est signalé à la police, et le Terminator peut entendre où ils sont sur la radio de la voiture du LAPD qu’il conduit désormais. Et pour ne pas éveiller les soupçons, usant de ses grands pouvoirs de machine, il imite la voix du flic qu’il a claqué sur la radio pour dire « Oui, oui, c’est bon, je me charge de poursuivre ces contrevenants au code de la route ! » ce qui…

Attendez ? Aaaaattendez ?

Est-ce que quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ce robot peut imiter n’importe quelle voix MAIS n’arrive pas au naturel à avoir un accent américain ? C’est un de ses programmateurs qui a voulu faire une blague ? « Regarde Michel, je mets en langue par défaut la voix artificielle « Hans », ça va être rigolo ! Bon, ce sera moyennement pratique pour l’infiltration, mais qu’est-ce que l’on va se marrer ! »

Remarquez, quand on a vu les James Bond avec Sean Connery, et que l’on sait que le super-espion chochotte en version originale avec un monstrueux accent écossais, on va dire que l’on pourrait presque pardonner au Terminator.

Le Terminator, ici en train de faire ses meilleures imitations de Michel Leeb.

Laissons ces interrogations linguistiques de côté et allons voir si Sarah passe un bon moment dans son Blablacar improvisé.

« Han ! Attention… je grille le feu ! Accroche-toi, Sarah ! Yaaa ! C’est bon… grillé… pfou, maintenant, regarde, je vais renverser des poubelles, hahaha !
– Mais vous êtes con ou bien ? Plus personne ne nous poursuit !
– Silence ! Tu crois que j’ai appris le code de la route dans le futur, peut-être ?
– Ah oui, j’avais pas pensé à ça.
– Le film non plus, rassure-toi. C’est pour ça que depuis le début du film, je conduisais prudemment et sans faire d’erreurs alors même que j’ai jamais appris ce qu’était un feu rouge. Alors j’ai bien le droit de déconner un peu maintenant ! Ahahaaaa ! Regarde, comment je roule sur les trottoirs ! Poussez-vous les gens !
– Bon, en attendant, ça ne me dit toujours pas qui vous êtes.
– Je suis le sergent Kyle Reese, de l’armée. Vous avez été ciblée par un robot du futur qui veut vous terminer la gueule. C’est un modèle 101 de chez Cyberdine, un squelette d’acier entouré de tissus humains, à l’origine conçu pour participer à des caméras cachées ou aller dans les zones sinistrées, comme Tchernobyl ou Rouen !
– Rouen, je vois bien, mais Tchernobyl, il y a un problème ?
– Ah c’est vrai, nous ne sommes qu’en 1984. Bon, passons, sache que comme ce robot du futur est venu te terminer, nous l’avons intelligemment appelé : un Terminator.
– Thermidor ? Vous voudriez dire que c’est une sorte de super républicain ? Ça fait très peur !
– Mais non ! Il vient terminer, c’est un Terminator ! 
– C’est nul comme nom, ça n’a aucun sens.
– Ah oui ? Et comment appelez-vous un mec pas très fin et obtu qui veut absolument vous buter ?
– Un butor. Ah, merde, oui, vous avez raison. Mais ça n’explique pas pourquoi il veut me tuer ! Je suis serveuse dans un restaurant tout pourri où même les enfants se moquent de moi ! Pourquoi des robots du futur voudraient me tuer ? 
– Parce que dans le futur, vois-tu Sarah, nous avons commis l’erreur de créer une intelligence artificielle qui devait nous protéger : Skynet. Elle était connectée à tout. Contrôlait tout. Et a décidé que la plus grande menace… c’était nous. Elle a donc déchaîné l’enfer nucléaire. Dans le futur, tout ce qu’il y a autour de toi n’existe plus.
– Même les magasins de locations de VHS ?
– Eux, ils ont pris cher. Deux fois.
– C’est monstrueux ! Il faut empêcher cela ! Mais je ne comprends toujours pas le lien avec moi ?
– Eh bien, vois-tu, moi aussi je viens du futur. Là-bas, Skynet m’avait capturé avec d’autres survivants. Nous étions dans des camps… affamés… réduits en esclavage… condamnés à travailler jusqu’à mourir d’épuisement…
– Hmmm, je commence à comprendre l’origine de l’accent autrichien de ce robot. Dis-voir, le premier nom de Skynet, c’était pas Skynazi, plutôt ?
– Non, au début c’était un site web intitulé zyklon.biz. pourquoi ? Mais bref : un homme est venu. Il nous a aidé à nous évader. À nous cacher. Et nous a appris à les combattre. Son nom… c’est John Connor.
– Han, c’est marrant, il a le même nom de famille que moi !
– Mais ? Mais c’est parce que c’est ton fils, bougre d’andouille !
– Je peux pas l’appeler Mathéo alors ?
– Non, sinon tu vas niquer l’espace temps, petite souillon ! »

Un argument que je suggère fortement aux officiers d’état-civil qui me lisent.

Reese en plein dérapage à toute vitesse, de nuit et feux éteints, alors que son objectif est de se fondre dans la circulation.

Sarah accepte plutôt bien tout cela, tant voir un larron résister à des coups de fusil à pompe et à des explosions de véhicules l’a un peu aidée à se laisser convaincre. Mais tout de même, la question se pose : Reese peut-il arrêter un Terminator ? Peut-être, dit-il d’un ton moyennement rassurant. En tout cas, il va essayer.

Mais sur ces entrefaites, le Terminator, sa voiture de police et d’autres patrouilleurs sont à leur trousse. Aussi, après diverses acrobaties, Reese parvient à cacher leur véhicule dans un parking, et à changer de voiture. Ils restent cachés là le temps que la police abandonne mais évidemment, au moment où ils mettent le contact… qui passait piiiiile à ce moment là juste à côté ?

Le Terminator !

« HO BEN ÇA ALORS ! C’est fou les télescopages dans ce film !
– Raaah, Sarah, c’est ta faute ! Avec ta coupe de cheveux, même allongés dans la bagnole à l’arrêt, on nous repère super facilement ! »

C’est donc reparti pour une course-poursuite ainsi qu’une fusillade parce que hein, bon, il ne faudrait pas se priver. Évidemment, la zone qui était emplie de policiers deux minutes avant est désormais entièrement vide de tout ce qui porte le badge et la casquette, et tout le monde peut donc ravager gentiment la moitié de la ville, avant que Reese n’use d’une technique de fourbe : foncer dans un mur avec le Terminator au moment où il se mettait à leur niveau pour les arroser, avant de jouer à « qui freine le dernier« .

Reese pourrit la partie en freinant le premier, quant au Terminator, ayant quelques problèmes de ping, il effectue un ragequit malgré lui en rentrant très vite et très fort dans le mur.

La police apparaît alors enfin inexplicablement, avec environ 12 000 véhicules qui arrivent à la queue-leu-leu pour arrêter nos héros… et inspecter le véhicule accidenté. Où ils ne trouvent pas trace du conducteur. Car, oui, les 12 000 policiers (voire 24 000 s’ils sont deux par voiture) ont tous loupé le bodybuilder Autrichien qui s’extrayait du véhicule renversé. Ah, ben oui, mais c’est si petit ces choses-là, hein, il faut les comprendre.

La police locale n’arrive que pas grappes de véhicules ou pas du tout, selon les besoins de l’intrigue.

Le Terminator regagne ainsi sans encombre, et surtout sans explication quant à sa soudaine furtivité, sa chambre d’hôtel à l’Ibis du coin puisque oui, là aussi, sachez qu’il a sa petite chambrounette. Il est comme ça, il fera passer ça en note de frais à Skynet dans 35 ans, en espérant que le petit-déjeuner inclus passera le firewall. La chambre d’hôtel est d’ailleurs elle-même fort bien équipée, puisqu’il a déjà sur place tout le matériel pour faire des maquettes, à savoir de la colle et un scalpel. Mais au lieu de construire avec ça une réplique du Yamato comme le ferait toute personne normalement constituée, il préfère s’extraire le plomb qu’il a encore dans le bidou, se retirer le faux œil humain endommagé qui couvre son vrai œil cybernétique, et remet un coup de tournevis là, un de clé de douze ici, et c’est reparti. Et pour cacher son œil endommagé qui lui donne des airs de Gilet Jaune, il sort de sa poche une autre trouvaille inattendue : une énorme paire de lunettes de soleil qui le font ressembler à l’instagrameuse moyenne.

Ce Terminator n’a aucun amour propre.

Sa pause finie, il retourne au boulot, parce que le temps passe et, Sarah Connor, elle ne va pas se tuer toute seule, dites voir.

Et il y a effectivement peu de chances, puisque Sarah et Reese sont au commissariat du coin. Sarah, considérée comme une victime, à qui on explique que son agresseur autrichien qui survit aux balles, c’est sûrement juste un gilet pare-balles et un peu de drogue qui lui permettent ce genre d’aventures, quant à Reese, lui est cuisiné car on cherche à comprendre en quoi ce garnement est lié à l’affaire.

Et le fait qu’il explique venir du futur n’arrange rien.

« Pfffrttt… ‘tendez, ‘tendez les gars… Monsieur Kyle Reese, redites-nous des trucs sur le futur… allez, soyez sympa !
– Bon, d’accord. Dans le futur, l’un des présidents des Etats-Unis sera noir.
– AHAHAHA ! Naaaan, allez, des trucs crédibles quoi !
– Mais ? C’est vrai ! Même que Donald Trump aussi !
– Le mec de l’immobilier ? AHAHAHAHAHA !
– Arrêtez de rire ! C’est important ! Tenez, saviez-vous que l’acteur du mec qui essaie de nous tuer deviendra gouverneur de Californie ?
– Bougez pas les gars, faut que j’appelle mon frère, c’est un mec ultra-rationnel, ce genre d’histoires, ça le fait marrer. Lui, faut pas lui raconter de salades.
– Il fait quoi dans la vie ?
– Du solide : il bosse chez Lehman Brothers, pourquoi ?
– Alors à ce sujet… »

Nouvelle tournée générale de rigolade, et une fois les larmes de rire des policiers séchées, on se remet au travail.

« Bon, reprenons, Monsieur Kyle Reese. Donc d’après vous, ce… Terminator a été envoyé dans le passé par un ordinateur du futur, Skynet, pour tuer Sarah Connor, mère du futur héros de la résistance, John Connor ?
– Voilà.
– Mais pourquoi fait-il ça ? Envoyer ce robot ? Si Skynet a gagné la guerre ?
– Non mais là, en fait, hop, on venait de regagner la guerre dans l’autre sens. Donc c’était un geste désespéré. Une tentative de réécrire l’histoire de Skynet pour effacer son ennemi.
– Hmmm… c’est quand même un gros coup de moule que Skynet ait attendu que vous ayez complètement gagné pour utiliser son arme surpuissante pouvant vous éradiquer, non ?
– Vous aussi vous avez noté comme ce film n’est qu’une énorme suite de coïncidences, de télescopages et de décisions malheureuses ?
– Oui, je doute que ce film devienne culte un jour. Mais passons… donc vous êtes parti dans le temps à la poursuite du Terminator. Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça, le temps. Si le Terminator est parti dans le passé avant vous, ça aurait dû instantanément changer le futur. Ce n’est pas du « Oh, il est parti dans le passé il y a cinq minutes, donc il n’a influencé que cinq minutes du passé ». Vous comprenez ? Donc en fait, c’est impossible, votre histoire.
– Non mais je… le temps… c’est… une sorte de grosse boule de…
– Okay, je vois, il n’y a donc aucune explication. Bon, on va dire que ça passe. Mais sinon, pourquoi est-ce que le Terminator a tué les autres Sarah Connor ? Il ne savait pas laquelle était la bonne ?
– Non. La plupart des archives ont disparu dans le feu nucléaire.
– Alors oui mais plus tôt, vous disiez que Skynet était relié à tout. Seriez-vous en train de me dire que ce super-ordinateur était relié à tout… sauf à l’annuaire ? Et encore moins à l’état-civil ? »

Skynet qui serait moins puissant qu’Alexa : je ne sais si c’est une bonne ou une mauvaise nouvelle.

« Qu’est-ce que c’est que cette histoire de remonter le temps PLUS LOIN pour que j’arrive plus tôt et dispose de tout le temps nécessaire pour mettre Sarah en sécurité ? Si je fais ça, je gagne facile, vous êtes con ou bien ? »

« Nan mais heu… voilà, en fait, c’est un ordinateur très mal informé. Tout ce qu’il savait, c’était que la mère de John Connor s’appelait Sarah Connor et vivait à Los Angeles.
– C’est un peu pourri, comme plan. Comme le vôtre, d’ailleurs.
– Comment ça ?
– Ben pour arrêter le Terminator, vous retournez dans le passé à sa poursuite, à une époque où vous arrivez littéralement à poil et sans armes adaptées. 
– Non mais ça, c’est parce l’on ne peut pas envoyer dans le passé des objets inertes.
– Heeeem… comme un robot tueur ?
– Oui mais il est enrobé de viande donc ça passe !
Et rouler votre arme dans du jambon ? Vous n’y avez pas pensé ?
– Ah oui, merde.
– Même une grenade dans le rectum aurait fait l’affaire. Enfin ce n’est pas le sujet : pourquoi n’êtes vous pas remonté… juste avant que le Terminator ne parte dans le temps ? Comme ça vous l’en empêchiez, avec tout un tas d’armes futuristes non loin, voire vous pouviez même revenir avertir vos potes pour lancer une action commando et pouf, c’était bouclé. Mais non, vous avez choisi d’affronter l’ennemi en slip et à une époque où personne ne pourra vous aider. Ou bien encore, vous auriez pu remonter avant l’arrivée du Terminator, mettre Sarah en sécurité pépère en prenant votre temps et…
– On pourrait arrêter de parler du fait qu’on a fait la pire utilisation possible d’une machine à remonter dans le temps, à savoir m’envoyer au moment où l’ennemi avait le plus gros avantage sur moi ? »

Le Terminator, qui est quand même un peu embêté parce que le film porte son nom et que l’intrigue est sérieusement en train de se vautrer, décide d’arrêter tout ce cirque en se pointant directement au commissariat.

« Hallo ! Che voudrais foir Sarah Connor, bitte !
– Patientez là s’il-vous-plaît Monsieur.
– Attendre ? CHE REFIENDRAI ! »

Et le Terminator d’aller chercher une automobile pour s’en servir de bélier, et s’inviter ainsi dans le commissariat, pour une séquence intitulée « Les policiers courent partout mais tirent peu« . Vous vous souvenez du début du film, quand le Terminator était mis au sol par un simple coup de fusil à pompe ? Eh bien là, non seulement personne ne lui tirera dessus avec ce genre de calibre pourtant courant dans la police, mais même quand la maréchaussée se rappelle qu’elle a une armurerie et va chercher ses fusils d’assaut, c’est principalement pour les agiter sans trop tirer sur le robot tueur. Faudrait pas le blesser. C’est bien plus rigolo de courir partout en hurlant « Houloulou ! »

Savourant cette ambiance bon enfant où on ne lui tire pas trop dessus, le Terminator décide de couper le jus pour éteindre les lumières du bâtiment et ainsi profiter d’une atmosphère plus intime pour faire connaissance avec les fonctionnaires du bâtiment. Reese, qui sent une douce odeur de pâté émaner de cette situation, en profite pour s’évader, récupérer Sarah, piquer une voiture et filer. Bien évidemment, le Terminator les repère, mais alors que jusqu’ici, il ne manquait aucun tir (il a même tué des policiers en tirant au travers des murs), sitôt qu’il tire sur les héros, zut alors ! Il vise tout à côté ! Son logiciel paslesgentils.exe fonctionne à la perfection.

Reese et Sarah, eux, roulent jusqu’à ne plus avoir d’essence. Ce qui au vu de la consommation d’une voiture américaine moyenne de 1984, représente peu ou prou 11 kilomètres. C’est donc un peu à l’écart de Los Angeles que nos larrons abandonnent le véhicule, et finissent par aller se planquer sous un pont pour une soirée à thème « Paris quartier Gare du Nord 2019 » des plus réaliste. Et comme il fait un peu froid, on se serre gentiment l’un contre l’autre. Et on papote.

« Reese…
– Oui ?
– Comment est mon fiston ? John ?
– Il a à peu près ma taille… il a tes yeux… il est fort, courageux… et puis il est trobô. J’ai un poster de lui dans ma chambre.
– Je ne sais pas Reese mais… l’espèce d’obsession malsaine que tu as pour mon fils… il y a un truc qui me dérange.
– Non mais attends, il est sympa. Il m’a même laissé un message pour toi : « Merci pour tout, t’assures chaussure ». C’est complexe, mais bon. Je n’ai jamais bien compris ses rapports avec toi. Quand j’étais plus jeune, il m’a filé une photo de toi. Sans explication.
– Okay, lui aussi il est bizarre à distribuer des photos de sa mère au tout venant.
– Oui enfin je m’en suis bien servi pendant les longues soirées de solit… »

Je suggère que nous passions.

Et parlions plutôt du flashforward que Reese a alors qu’il s’endort. Et revoit la guerre dans le futur, avec les derniers modèles de Terminator, déguisés en humain, qui infiltrent les planques de la résistance pour sulfater tout le monde. Et une fois de plus, on aperçoit Reese qui se retrouve dans une planque prise d’assaut par l’ennemi, avec des incendies qui se déclarent alors que le Terminator infiltré tue tous ses amis et que lui-même gît au sol à sa merci et…

Pouf, il se réveille.

Décidément, tous ces souvenirs où il était sur le point de mourir et où il se réveille pile au moment où il aurait fallu justifier de comment il s’en est miraculeusement sorti, c’est bien pratique.

Reese, encore en train de crever, attendant gentiment le changement de scène pour s’en sortir.

En effet, le matin est là, et nos héros reprennent la route pour aller pieuter à l’hôtel du coin car… aaattendez, il y avait un hôtel à côté mais vous avez préféré passer la nuit sous un pont ? Qu’est-ce donc que cette histoire ? On va supposer que c’était un plan foireux de Reese pour forcer Sarah à se coller contre lui. Les deux compères prennent ainsi une chambre dans un motel pourri, et Reese s’en va à Monoprix pour mieux en revenir chargé de tout un tas de produits chimiques.

« Reese ? Mais ? Bordel, je t’envoie chercher des pâtes et toi tu me ramènes de la soude !
– Non mais c’est parce que je me suis dit qu’on pourrait se faire une petite activité sympa, tous les deux. Tu aimes le do-it-yourself ?
– Ah oui, des fois je me fais des bagues avec de vieux couvercles de yaourt pour rigoler.
– Bon, eh bien toi et moi, on va fabriquer des explosifs. »

Aaaaah, c’est sûr que vous, à côté, avec vos soirées Netflix à glander sous le plaid en pilou, c’est quand même moins sympa que les activités de couple de Reese et Sarah !

D’ailleurs, le plan de Reese marche tellement bien qu’effectivement, Sarah et lui décident de se faire des bisous, puis d’emboîter des trucs dans des machins. Cependant, ne reproduisez pas cela chez vous les enfants : si vous proposez une soirée fabrique d’explosifs à votre prochain plan Tinder, il y a de bonnes chances que vous soyez réveillé demain matin par toute une brigade du GIPN qui vous proposera elle aussi de découvrir l’amour, mais plutôt à Fleury-Mérogis.

Une scène cruelle, car pendant que nos héros s’adonnent aux joies des échanges de fluide, le Terminator, lui, est seul avec son huile de vidange dans sa chambre d’hôtel. Personne ne l’aime ni ne comprend son petit cœur plein de pistons. Pour combler ce vide affectif, il prend le taureau par les cornes, et grâce à des affaires récupérées ici ou là au fil de ses raids, il trouve l’adresse de Maman Connor. Peut-être qu’elle, au moins, voudra bien l’enduire d’huile de coude ?

Mais il faut croire que non, car à peine le fripon s’est-il rendu sur place que non seulement, on découvre qu’il a tué la maman (sûrement durant les ébats), mais en plus, plus puéril que jamais, voilà qu’il refait des imitations au téléphone pour faire des blagues, surtout quand Sarah appelle et qu’il prend la voix de sa mère pour répondre.

« Maman ! Maman, je sais que tu dois être morte d’inquiétude !
– D’inquiétude, pas forcément mais je t’écoute ma chérie.
– Je voulais te dire que je vais bien. Je suis en sécurité.
– Formidable ma petite Sarah. Pourrais-tu juste me dire où tu te trouves ? Ou me donner un numéro où te rappeler ?
– Bien sûr moment. Tu peux me rappeler à ce numéro : le 8.
– ACH !
– Pardon ?
– Je voulais dire « Ah ! » fort bien, c’est noté.
– Et maman, une dernière chose…
– Oui ?
– N’ouvre pas aux robots que tu ne connais pas. »

Un sage conseil mais qui arrive un peu tard, puisque Maman Connor a déjà pris tellement de coups qu’elle ressemble au département communication d’Ubisoft en ce moment. Sarah n’a pas réalisé qu’elle avait affaire au Terminator qui une fois de plus, utilisait son module Laurent Gerra, et qui s’empresse de remonter le numéro de téléphone pour trouver l’adresse du motel et venir y distribuer quelques pruneaux.

C’est donc quelques heures plus tard que le chien du patron du motel se met à aboyer, mettant nos héros en alerte. Ils ont à peine le temps de voler une voiture et de s’enfuir que déjà, le Terminator est à leurs trousses.

« Ça fait quoi maintenant ? Trois ? Quatre fois qu’on a des scènes de vols de voitures et de poursuites ?
– Silence Sarah, je conduis ! 
– Je vois bien mais bon, c’est répétitif tout ça. J’espère qu’on n’en fera pas une série. »

Reese préfère ne pas lui parler des films suivants. Elle n’est pas prête.

C’est donc parti pour une nouvelle série de cascades, durant lesquelles Sarah conduit pendant que Reese tente de jeter ses explosifs improvisés sur leur poursuivant à moto. On notera que ses explosifs doivent être un peu pourris, car ils n’arrivent même pas à vaguement déstabiliser la moto, et semblent à peine capables de souffler une trottinette. C’est un peu décevant, Monsieur Reese ! Surtout que plus tôt dans le film, dans un de vos flashforward, les mêmes explosifs faisaient péter des tanks géants ! J’ai l’impression que l’on a conçu plus de bébés que d’explosifs, hier soir, petit rabouin !

Finalement, et devant la pitoyable stratégie de Reese qui se ramasse même un pruneau dans l’affaire, Sarah propose une technique moins originale, mais plus reconnue, consistant à percuter la moto avec leur voiture. Ce qui envoie en effet le Terminator voler, et il finit sa course sous les roues d’un camion citerne. Dont le chauffeur est un peu paniqué : merde, il vient de rouler sur un gros musculeux, il espère que ça ne lui a pas ruiné les suspensions, sinon ça va encore être retenu sur sa paie !

Mais à sa grande surprise, il trouve sous ses roues un accidenté pour le moins bougon, qui a tôt fait de lui claquer la truffe, avant de s’emparer du camion. Et de foncer… sur la voiture de Sarah et Reese qui suite à tout ce carambolage, ont eux-même fini quelque peu accidentés. Heureusement, on notera que là encore, c’est la pluie de trucs qui tombent bien, puisque :

  • Sarah parvient à extraire Reese blessé du véhicule accidenté piiiiile à la dernière seconde
  • Ils s’enfuient en courant… poursuivis par le camion qui n’arrive pas à les rattraper. Et ce, durant de longues minutes.

Ah, on le sait peu, mais la Sarah Connor peut courir à environ 80km/h lorsqu’elle est poursuivie par un prédateur, fut-il venu du futur. Quel animal majestueux.

Vous vous souvenez quand vous rigoliez de Jurassic World et de sa donzelle en talons qui bat un T-Rex à la course ? Je vous présente cette scène d’un film culte.

Et puis finalement, Reese, malgré ses bobos, utilise l’une de ses bombes sur le camion-citerne, provoquant une explosion absolument gigantesque suivie d’un incendie qui semblent avoir raison du Terminator. Il peut donc se jeter dans les bras de Sarah.

« Oh, Reese ! C’est fini, maintenant !
– Sarah… j’ai bobo…
– Tu ne crains plus rien ! Ce camion en explosant a fait une explosion largement plus grande que celle avec laquelle on te voyait détruire un tank géant plus tôt dans le film ! Alors si un tank géant ne résistait pas à ça, un simple bidasse mécanique doit être transformé en jeu de Mécano !
– Sauf si… sauf si…
– Sauf si quoi ?
– Sauf si le film veut en plus finir sur le cliché du « les héros finissent dans un lieu désert à s’affronter en roulant par terre. »

Seigneur, non ! Pas ce cliché tout pourri !

Et si. Car en effet, le Terminator a survécu à l’explosion, et décide de reprendre la poursuite à pied. Heureusement, et malgré tout cela, aucune voiture de police ne vient l’embêter, et d’ailleurs, toute la rue est subitement déserte. C’est ça, la magie de la réalisation les enfants. Mieux encore : il y a juste à côté une usine déserte (ÇA TOMBE BIEN ALORS !x12) où Reese et Sarah vont trouver refuge. Et à peine à l’intérieur, Reese se met à allumer toutes les machines, activer toutes les presses…

« Mais ? Reese ? Où diable as-tu appris à mettre en marche des machines que tu n’as jamais vues ? Et comment sais-tu exactement dans quel ordre activer ces boutons ?
– J’ai un BTS en électromécanique. »

Certes, mais cela ne protège pas pour autant du Terminator qui sur ces entrefaites, est rentré dans l’usine. Reese tente bien de l’arrêter en faisant de l’escrime de barre en métal, mais cela finit mal pour lui, puisque le Terminator le tue. Mais pas avant que Reese… ne dépose son dernier explosif dans le cyber-rectum du larron ! Car oui, c’est bien à ce niveau que ce farceur de Reese glisse son bâton de dynamite, et c’est donc une explosion semblable à l’équivalent de 200 soirées Tacos qui, enfin, a raison du bas du corps du Terminator.

Grâce à son niveau 2 de roublard, Kyle Reese fait double dégâts lorsqu’il glisse des explosifs dans le cyberslip de l’ennemi.

La poursuite continue donc, mais en rampant, avec d’un côté, un Terminator unijambiste, et de l’autre, une Sarah qui est tombée dans les escaliers de l’usine et s’est faite une fracture ouverte. C’est donc une sorte de combat de paraplégiques qui a lieu sous nos yeux ce qui, disons, n’est pas vraiment épique. Heureusement, Sarah finit par feinter le Terminator en rampant dans une presse pour qu’il la suive, et sitôt qu’elle est passée, elle aussi utilise ses compétences de quatrième techno pour activer ladite presse et transformer, enfin, le Terminator en Patacrépator, le célèbre robot normand.

L’ennemi est vaincu ! Joie !

C’est donc ce moment que la réalisation, qui a décidé que ça manquait de coïncidences grossières depuis deux bonnes minutes, lance en fond le bruit des sirènes de police, qui arrivent enfin. Juste à temps pour emmener Sarah à l’hôpital. Pour Kyle Reese, par contre, ce garçon a pour la première fois de sa vie de l’avance, puisqu’il saute cette étape pour aller directement dans un sac à macchabées.

Sarah est donc soignée… mais à présent, elle connait son sombre futur.

Aussi quelques temps plus tard, nous la retrouvons qui roule à fond les ballons dans le désert, avec une grosse jeep qui pollue, parce que quitte à avoir un futur pourri, autant le pourrir soi-même. Et comme si ça ne suffisait pas, Sarah emmerde aussi le code de la route, puisqu’elle conduit en enregistrant des cassettes pour son futur enfant, car oui, elle est enceinte.

« Futur bébé, John, sache que ton papa, c’est Kyle Reese. Je sais que ce sera chaud de le renvoyer dans le temps, mais si tu ne le fais pas, tu n’existeras pas. Et sache que lui et moi nous sommes peu connus… mais nous nous sommes aimé pour toute une vie. »

C’est-à-dire qu’entre les courses-poursuites, la fabrication d’explosifs et les passages au commissariat, ton « toute une vie« , il est quand même un peu pourri, hein. Et puis quitte à faire des enregistrements pour ton fils, tu n’aurais pas pu glisser dedans ton adresse ? Histoire que Kyle Reese n’ait pas à te chercher. Et qu’il puisse, je ne sais pas, moi, ainsi te sauver plus vite, vivre plus longtemps voire sauver tes colocs ? Quitte à laisser des messages, autant te rendre utile. Mais non, car Sarah, vous l’avez compris, n’est pas bien rusée.

Mais voici qu’il faut faire le plein de sa jeep qui consomme 120 litres au cent, et elle s’arrête dans une station essence où un vieux mexicain lui dit que pas de problème, il va lui faire le plein. Et débarque soudain un petit enfant lui aussi hispanophone, qui prend une photo de Sarah, et lui dit :

« Madame, madame ! Vous êtes très belle, alors je fais une photo de vous ! Par contre, il faut me l’acheter 5 dollars, sinon, mon père va me battre ! »

Je ne blague pas : c’est ce qu’il dit. Sarah est donc face à un enfant qui se fait battre par son père, et répond…

« Je t’en donne 4. »

Sarah Connasse, donc.

« Quatre dollars, juste pour le plaisir de savoir que tu vas te faire défoncer la gueule. »

C’est donc un enfant qui va se faire retourner la gueule pour un dollar que Sarah abandonne derrière elle, avant de reprendre la route. Car à l’horizon, une tempête se prépare. Et…

… FIN !

Voilà. Et donc, ça, quand vous en parlez, les gens vous disent « Ah, qu’est-ce que c’était bien !« . Finalement, le film est bien une fable sur les dommages du temps.


Je conclus sur ce document exclusif tiré des poubelles du tournage :

Sur ce, je vais chercher mon casque Adrian : quelque chose me dit que sous peu, une horde d’individus outrés parce que l’on vient de toucher à leur jeunesse va venir hurler à la mauvaise foi.

Ici ? Allons.

95 réponses à “Terminator 1 – Le spoiler pour se faire des ennemis

  1. Preums ! (parce qu’il en fallait bien un, vous le savez n’est-ce pas cher Connard)

    Merci pour ce spoiler qui permet de montrer que malgré la nostalgie, non tout n’était pas mieux avant…

    • Pour l’utilisation de ce commentaire, nous serons dans l’obligation de vous envoyer un Terminator dans la gueule.

      Cordialement, Skynet

    • 2029. Les coïncidences, ça permet d enchaîner l action, même si c est gros…. Niveau absurdité temporelle c est retour vers le futur 2….le vieux BIF se donne le bouquin 60 ans plus jeune, et quand il revient en 2015…rien n a changé, la loose ultime.

  2. Preums ! Parce qu’il en fallait bien un, n’est-ce pas cher Connard ?

    Sinon, un spoiler qui tombe à point nommé et permettra de se souvenir que malgré la nostalgie, non tout n’était pas mieux avant…

  3. C’est pour cela qu’il ne faut pas revoir les films de notre enfance, j’ai fait l’erreur de revoir les Goonies :'(
    La nostalgie, c’était mieux avant !

  4. « Patacrépator, le célèbre robot normand » : Comment ça normand ?! et puis quoi encore ? Du cidre normand ? un bout de caillou en plein milieu d’une baie normand ?

    • Faut avouer que la Normandie n’est pas connue pour ses crêpes.
      D’un autre côté le cidre normand c’est quand même autre chose que le sirop de sucre qu’ils font en Bretagne, faut dire ce qui est.

  5. Ah ben cet article me réconcilie avec l’odieux. En fait, à force de spolier des films qui viennent de sortir en salle et que je n’irai jamais voir de toute façon, j’avais fini par perdre le goût du rire. Par contre là, le fait que je connaisse par coeur ce film, je me suis marré comme rarement (oui j’ai une triste vie). En fait, Odieux vous êtes un peu comme le terminator. Vous « terminez » les film qui n’ont pas encore été vus. Vous feriez mieux de vous en prendre aux chefs-d’œuvre de nos enfances, histoire de briser nos dernières illusions…par le rire…

  6. Même comme ça ça reste pas mal je trouve. La cohérence ça ne fait pas les bons films, et l’incohérence ça ne fait pas non plus les mauvais films. Je pense que si il y a bien des choses à critiquer c’est la morale enfantine des films de Cameron, et si les stéréotypes utilisés par le film sont vaguement dénoncés, je pense qu’il aurait été possible de faire plus. Après… que les films des années 80 ressemblent à des films des années 80, ça ne me dérange pas.
    J’aimerais bien voir une critique de Terminator 2, parce que pour le coup c’est bien minable et si dans Terminator la moraline vulgaire des héros dignes de hobbits est vaguement mise à mal par l’implacabilité du matériel robotique (peut-être à l’insu du réalisateur au vu de ses autres films, je ne sais pas), ce n’est pas du tout le cas dans la suite où c’est la ricanité qui gagne à la fin plutôt que la prise de conscience fataliste que la vie n’a aucune signification particulière.

  7. Bah je l’ai jamais vu le film… et j’avoue que là, je viens de le voir rien qu’à vous lire et bah, c’était chiant je trouve… pas ce que vous avez écrit hein (non ça c’était vraibien, j’ai bien rigolé encore..hihi!!), mais le film en lui même… je crois que je suis pas prête de le voir en fait…pas motivée du coup.

    • N’hésite vraiment pas à regarder ce film.
      Le spoil est très bon, drôle et assez juste (les paradoxes temporels sont impardonnables) mais il occulte la principale qualité du film : c’est un très bon film d’action et si le scénario est un peu con-con il est assez en retrait pour ne pas nuir à l’immersion.
      Le 2ème opus ne corrige aucunement les lacunes mais améliore encore le côté grand spectacle, à ne pas manquer !

  8. Non, la classe, ce n’est pas de contempler le monde tout nu depuis sa terrasse.
    La classe, c’est d’être chic dans sa manière de s’habiller. Rien de tel que d’aller chez Azzedine Alaia… ou même de s’acheter des sous-pulls chez Yohji Yamamoto!

    • Excuse-moi de te dire ça, mon pauvre Argarik, mais tu confonds un peu tout. Tu fais un amalgame entre la coquetterie et la classe. Tu es fou. Tu dépenses tout ton argent dans les habits et accessoires de mode mais tu es ridicule.

      • La vache !!!
        Il a plus d’une plaque de fringue sur lui, alors va te faire mettre !!!

      • Tu n’es vraiment pas très sympa. Mais le train de tes injures roule sur le rail de mon indifférence. Je préfère partir plutôt que d’entendre ça plutôt que d’être sourd.

    • Excuse-moi de te dire ça, mon pauvre Argarik, mais tu confonds un peu tout:
      Tu fais un amalgame entre la coquetterie et la classe!
      Tu es fou!

  9. On a un peu occulté ici les soucis de paradoxes temporels qui rendent ce film définitivement absurde, nettement mieux traités d’ailleurs par le dernier Dragon Ball mais bon, je plussoie (du verbe plussoyer) sur l’idée donnée plus tôt de spoiler les grands classiques d’antan qui fleurent bon les années Reagan.

  10. C’est moche de sortir les vieux B movies de leur EHPAD pour vérifier s’ils ont bien mérités tous leur points retraite

  11. Je ne trouve pas trop d’incohérence abusé dans Terminator. Sauf…
    …Une fois envoyé le terminator de le passé, normalement la boucle est bouclée et fin ! Les robots ont gagnés.
    C’est imparable et le probleme des voyages dans le temps.

    • Bah oui, mais pour les plus jeunes lecteurs, je ne suis pas sûr que ça parle. Comme le « brut de pommes » ou le « Banga ».

  12. Mais non, en fait toute ces heureuses coïncidences sont les fruits d’autres voyageurs temporels envoyés soit par Skynet soit par la résistance pour aider chacun de leur champion (qui, vous en conviendrez, on bien besoin d’un peu d’aide tant ils ne sont pas très futé.)
    D’ailleurs, ce serait bien que des gens de notre futur tentent d’aider nos scénaristes actuels.

  13. Bah moi j’ai toujours mon tube cathodique de 20 kilo dans mon salon…

    Je sais… je suis Haz’been…:-) Mais le spoile me conforte dans l’avis de mes camarades…!!! ^^

      • Ceci dit, il y a une scène très intéressante dans Joker ou des hommes essayent de draguer une fille grâce aux techniques d’Art de séduire. Le film étant très réaliste, cela ne fonctionne pas.

  14. Ben là, moi je ne vois pas. Le scénario est super. Si je regarde bien ces 10 dernières années en guise de blockbuster nous avions pire que ça. Alors c’est bien, Terminator 1.

    • Non mais oui si on va dans cette logique alors on trouvera toujours pire quelque part. Je veux dire à ce compte là, il existe pire que Mussolini, il existe Hitler ! (point Godwin atteint en deux lignes -auto bisous sur le dos de la main). ^^

  15. Tiens? Le spoiler de Terminator ne se trouve t il pas aussi dans un livre écrit par un individu tout aussi extraordinaire que l’être humain moyen? Pourquoi ce réchauffé? Serai ce un plan machiavélique d’une IA venant du futur?

  16. Vivement le spoil de T2 et Dark Fate. Le Terminator vieillisant, père de famille qui caresse son chien (ils n’ont plus peur des machines les chiens dans le texas) et qui se tape des Despé/citron (hommage à Jacques Chirac ? ) mérite bien l’honneur de votre blog !

  17. Alors M. Connard … Non. Là je vais chausser mes lunettes et ma blouse, pour avoir l’air sérieux (dans tous les films, quand on veut montrer que quelqu’un est un scientifique, on lui colle des lunettes et une blouse blanche ; c’est sûr qu’en vrai, un scientifique c’est plus dur à détecter).
    Quand je dis non, je ne dis pas non aux innombrables défauts de la réalisation. Je ne dis même pas non au viol en règle d’un classique de mon adolescence. Je ne dis pas non au plan du « Sarah Connor en liste rouge = Terminator.exe s’est terminé de façon anormale », car je me suis fait la même remarque étant gosse (pour ça que je suis toujours en liste rouge depuis). Ni au fait que Sarah Connor aurait pu glisser son adresse dans une cassette à destination de son fils.

    Mais, quelque soit les défauts du film, vous ne pouvez pas dire que ce seul opus traite mal la question du voyage dans le temps. Sur ce point, il suit la seule ligne véritablement « cohérente » dans les voyages dans le temps, qui est l’immuabilité du temps. J’explique la théorie, puis on passe au cas concret.
    L’immuabilité du temps implique que tous les voyages dans le temps possible ne modifieront pas le futur, car le « futur » a déjà pris en compte tous les résultats de voyages dans le temps. Je pourrais expliquer pendant des heures le concept sans que cela ne devienne clair, donc je vous invite à lire/voir Universal War 1 (ça doit être la 30e fois que je parle de cette BD sur ce blog …), ou l’excellent « Armée des 12 singes » (ou son équivalent français, « La jetée »). S’il faut vraiment que je me lance dans une explication longue et couteuse, je le ferais, mais plus tard.
    Bon, maintenant qu’on a pris ça en compte, est ce que Terminator entre dans ce cadre ? Le premier : oui, clairement et sans problème. John Connor existe car il a lui même renvoyé son père dans le passé, pour voir sa mère. Il a été formé à devenir un leader de guérilla car sa mère, elle même traumatisée et consciente de son rôle, a pu le former. Donc, que Skynet envoie un robot tuer sa maman, l’avorter (Avortator ?), ou même tuer son arrière arrière arrière grand mère, meneuse de revue, cela n’aurait rien changé : le futur est tel qu’il est, et toutes les « tentatives » de le modifier ont déjà impacté ce futur. Donc John Connor aurait pu attendre 300 ans pour renvoyer quelqu’un dans le passé, ça n’aurait rien changé.

    Par contre, « Terminator 2 » là n’est plus cohérent avec son prédécesseur. Certains éléments sont bons (par ex. que finalement, Skynet s’est créé lui même en renvoyant un processus high tech dans le passé, menant à sa création), d’autres non (on empêche le futur de se produire … mais du coup, pourquoi on a un robot tueur devant nous ? qui l’a créé si Skynet n’existe plus ?). Donc vous avez bien fait de molester Diego (même si j’adore le 2, il n’a plus aucun sens par rapport à ce qui a été fait dans le 1 … Ne parlons même pas du métal liquide qui d’un coup, peut voyager alors que « seule la matière organique blablabla … »).

    Non par contre, le vrai problème c’est : est ce que Galadriel-Matthiméo Dupont a t il le droit de vivre ? Moi je pense que Skynet est le résultat d’une IA appliquée aux services d’état civil, devenu fou à force que sa base de données soit ainsi souillée, a fini par prendre le contrôle des armes nucléaires pour éliminer les déviants du bon gout, puis forcément, quelques dégâts collatéraux …

    • >Skynet s’est créé lui même en renvoyant un processus high tech dans le passé, menant à sa création

      N’est-ce pas ce qu’a fait John Connor en envoyant son père dans le passé, menant à sa propre conception?
      L’immuabilité n’est alors pas respectée non? Puisque s’il ne l’avait pas renvoyé, Reese n’aurait jamais rencontré Sarah et donc Baby John ne serait jamais né?

      Je suis confus cher @Kwiskas, pourriez-vous m’éclairer là-dessus?

      • Tout à fait, John Connor a fait de même en envoyant son papa rencontrer maman (une sorte d’entremetteur donc). L’immuabilité est bien respectée : c’est John, sachant que son père est Reese, parce que Reese a remonté le temps et donc transmis des infos à Sarah, qui du coup peut renvoyer la bonne personne au bon moment … Et du coup, John existe bien dans le futur, alors même que Reese n’est pas encore né. Plus clair comme ça ?

      • cf. Les vignes rétro-annuelle du disque-monde. Si vous avez un bon vin l’année n, n’oubliez surtout pas de bien tailler la vigne l’année n+1 pour que la récolte soit bonne l’année (n+1)-1=n.
        et surtout n’oubliez pas de bien la planter des années plus tard, disons n+20 voire n+50… parlez-en à vos enfants.
        Pour plus de précisions et en mieux dit allez donc voir chez Pratchett, c’est bien précisé dans un de ses 34 volumes des annales.
        Bonne lecture

    • Cette immuabilité du temps m’a toujours paru un concept assez foireux (dont le principal et pratiquement unique intérêt est de faire un twist en fin de film comme quoi effectivement le futur est immuable et que donc lutter pour le modifier ne fait que participer à sa réalisation, mais passé ce twist l’utilisation du voyage dans le temps n’a plus aucun intérêt puisqu’il ne peut rien changer ni au passé ni au futur, il n’y a donc plus aucun intérêt pour les personnages à l’employer). Il y a une impossibilité assez évidente que les événements du passé découlent des conséquences du futurs. Cette boucle temporelle suppose à chaque fois un futur qui préexiste au passé mais il faut bien un passé d’origine et qui lui n’a pas pu être influencé par le futur qui ne s’est pas encore produit. Dans Terminator le scénario logique est que puisque John Connor ne peut pas naître sans que lui même envoie Kyle Reese dans le passé pour devenir son père et permettre son existence, dans le premier passé ayant eu lieu où le futur n’est pas encore arrivé Sarah Connor n’a jamais connu Kyle ni de Terminator et n’a donc jamais mis au monde John Connor, l’existence même de John Connor est une impossibilité à tout les niveaux.

      • Bah justement non : il n’y a jamais eu de « premier passé », ou de « nouveau passé modifié par un voyage », il n’y a jamais qu’un seul et unique passé, celui où Kyle Reese engendre John Connor.
        Alors oui, ça donne un peu l’impression que la conséquence engendre la cause. De toute façon le voyage dans le temps est déconcertant, par notre nature même nous ne sommes pas fait pour comprendre un voyage temporel.

        Par contre, je ne vous rejoins pas sur l’intérêt scénaristique limité : au contraire, cela augmente le potentiel de drama ! On retombe certes dans un grand classique de la mythologie, celui de la prophétie auto réalisatrice : on prédit par ex. qu’Oedipe tuera son père, et épousera sa mère ; du coup, on veut le tuer étant bébé, en l’abandonnant dans la forêt ; sauf qu’il survit, il tue par accident son père (sans même savoir qui il était), et finit par épouser sa mère (là aussi, sans savoir que c’était sa génitrice …).

      • Mais ce passé est impossible, le futur ne peut pas préexister au passé, du moins pas tant qu’un autre passé ne lui a pas déjà préexister, au commencement de tout il ne peut y avoir que le passé brute et intouché, l’idée de cette paradoxale boucle infinie (le paradoxe de l’écrivain) n’a pas grand chose de rationnel ou d’un tant soit peu vraisemblable en ce qui me concerne (alors certes le voyage dans le temps n’a pas grand chose de vraisemblable aussi mais certaines directions me paraissent l’être plus que d’autres).

        Les mythes grecques partent tous du principe assez foireux que chaque prophétie énoncée est la première qui ait jamais été faite et que les personnages n’étant pas sûr de sa certitudes ou pas tentent de la déjouer, sauf qu’en vérité il doit bien y avoir une cinquantaine de prophéties qui ont déjà été faites. On se demande bien pourquoi ces personnages de la mythologie continuent de s’acharner à déjouer le passé (d’une manière bien grossière d’ailleurs, même les divinités comme Chronos qui devrait pourtant être bien placé pour savoir comment le temps fonctionne font la même connerie) alors que depuis le temps ils devraient savoir que c’est inutile. D’un point de vue de l’intérêt de l’intrigue, le suspens est encore entretenu tant que l’on ne sait pas si une prophétie a une possibilité d’être déjouée ou pas (ou si la prophétie est suffisamment floue pour que même si sa réalisation est certaine son contexte ou les conséquences qui en découlent ne le sont pas, du genre on te prédit que tu tueras le gros bad guy local mais ce que tu ignores c’est que ça causeras la fin du monde dans la foulée), mais quand la prophétie est certaine d’être réalisée et les éléments qu’elles donnent trop importants (comme pour Terminator ou Oedipe) le suspens est tué dans l’œuf. Ce qui est tragique ce n’est pas savoir que les événements vont arrivés avant même qu’ils arrivent et que les personnages vont suivre une ligne prédéfinie, c’est de découvrir une fois qu’ils se sont produits qu’ils étaient inévitables, et ça on ne peut le faire qu’une seule fois dans un même récit, une fois que la mèche est vendue les prophéties/visions du futurs font juste office de gros spoilers tueurs de suspens (et une fois que les personnages le savent ils n’ont plus aucune raison de tenter d’influer sur le destin aussi, tout les Terminator qui ont suivit le 1 n’ont aucune raison d’exister ni Sarah Connor de faire quoique ce soit puisque quoi que la résistance, Skynet ou Sarah fassent ça ne changera strictement rien au futur et ça ils le savent tous depuis la fin du 1).

      • Suite à votre réponse, je comprends votre réfutation de la théorie de l’immuabilité. Même si perso, elle me convient toujours : il faut accepter que la notion de passé « brut » n’existe pas. En revanche, le paradoxe de l’écrivain reste en effet … paradoxale. ^^

        Par contre, parler de « suspens » dans un film hollywoodien, j’ose dire que c’est … osé. Parce que prophétie auto réalisatrice ou pas, je peux écrire 99% des fins de scénarios en regardant juste la bande annonce.

    • Après sur les clichés je me demande toujours si en 1984 c’étaient vraiment des clichés ou si c’est ce film culte qui a été copié 2000 fois et donc à créer… des clichés.

  18. Cher OC, je vous propose un exercice à la hauteur de vos compétences :
    Oserez-vous appliquer votre fine analyse des voyages dans le temps à la trilogie « Retour vers le futur ? ». Je sais que vous ne spoilez pas les comédies, d’habitude, mais vous pourriez faire une exception.
    Oui, c’est sadique, je sais…

  19. C’est peut etre fait expres, mais un programmateur, c’est pour le lave-linge ou l’arrosage, pour un robot à l’accent autrichien mais qui peut imiter toutes les voix, il faut blamer le programmeur, ou le développeur
    Bisous OC ;)

  20. J’ai trouvé une réfutation à votre raisonnement « Si le Terminator est parti dans le passé avant vous, ça aurait dû instantanément changer le futur. »
    Hé bien ce n’est valable que si le voyage est instantané, et dans un des autres films terminator, on voit qu’un voyage « dure » quelque temps (du point de vue du voyageur en tout cas, et pourquoi pas à tous points de vue) ; donc si le terminator met, disons, 10 minutes à arriver dans le passé, la résistance dispose de 10 minutes après son départ pour vite envoyer Reese. Dès que celui-ci est en route, il est hors du temps et arrivera bien à destination quoi que fasse le terminator.
    Disons qu’ils n’avaient pas le temps de modifier la programmation de la machine à voyager dans le temps, ils savaient qu’ils devaient absolument faire très vite, et voilà une autre contradiction qui disparait.

    • Sinon: « ta gueule c’est magique! ». C’est aussi pertinent que ce pavé et ca a le mérite d’être concis.

    • Bon, on reprend : Le Terminator est parti il y a 10 minutes, 45 ans en arrière. Donc Reese a 45 ans et 10 minutes de retard. C’est le temps dont a disposé le Terminator pour faire ses petites affaires avant que les résistants découvrent la machine.
      Voilà Voilà.

      • Mais non Dougledingue.
        J’ai bien compris, ça c’est ce qu’a dit l’OC, mais j’ajoute le fait que le voyage n’est pas instantané. On reprend pour de bon : Le Terminator est parti il y a 10 minutes, ET IL N’EST PAS ENCORE ARRIVE. Pendant, mettons 15 minutes heure de départ (du futur, donc), Terminator est « ailleurs », « hors du temps », en transit. Alors l’univers n’a subi encore aucun changement et Reese part lui aussi
        Bon d’accord, 5 minutes après le départ de Reese, Terminator arrive et bouleverse le futur, MAIS Reese est « hors du temps », il n’est pas affecté, même si son passé n’existe plus ; et ensuite il arrive et rétabli tout.

    • En même temps, il n’y a rien de tel que passer un agréable moment avec un ou une Polonais(e), Stahlhelm sur la tête et Panzerlied à fond dans les oreilles.

  21. C’est odieux de tirer sur des vieux films cultes ! Surtout que celui-ci, en 2008, a été sélectionné par la National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain pour y être conservé, comme étant « culturellement, historiquement ou esthétiquement important.  » C’est dire…
    Je suis de tout cœur avec Diego. A ce compte là vous oserez bientôt spoiler Aliens, Star Wars V ou New York 1997. Honte à vous OC !
    Si vous touchez à Snake, je demande à Diego de mettre des glaçons dans votre brandy !

    • En même temps les vieux films Star Wars ils sont quand même pas terribles cinématographiquement parlant (l’épisode 5 un peu moins peut être)… J’ai toujours bien aimé l’univers, mais même gamin je m’en rendais compte. Enfin bon pour le coup sur le côté nostalgie l’OC a plutôt raison…

  22. A chacun son film culte de naissance. Dois-je préciser pour 1980 L’Empire contre-attaque ? Shining ? Les sous-doués ?
    Au passage cher Odieux … sale jeune (1984 … pfff)

  23. Faite attention Mr Connard que l’application Skynet n’envoie pas un Terminator vous exécuté pour votre article afin de modifier le passé du futur.
    J’ajoute que j’ai bien aimé ceci dans l’article : «une certaine Sarah Connor a été violemment assassinée jusqu’à ce qu’elle soit morte»
    Et ceci : «et pour cacher son œil endommagé qui lui donne des airs de Gilet Jaune» (Macron en sueur pour les prochaines élections, quoique …)

  24. Pour ma part je n’ai jamais pris ce film dans ces problematiques d’immuabilite du temps (meme si le film numero 3, qui merite sa triste reputation, aura tendance a accepter celle ci dans sa scene finale) mais plutot du paradoxe temporel
    Jusqu’a preuve du contraire :
    1/ Rien ne prouve que le terminator et Reese soientles deux premiers a etre envoyés dans le passé
    2/ Rien ne prouve non plus, et cela rejoint le 1er point, que Connor a TOUJOURS ete le chef de la resistance
    —–
    Apparté :
    AInsi une resistance a pu emmerger, un heros/chef apparaitre, un lambda envoyé dans le passé avant ou apres l’envoi de skynet, lambda qui modifiera le passe et in fine le futur, remplacant le precedent heros/chef, par un John Connor ayant acquis du savoir potentiellement plus dangereux pour skynet ou, a defaut, des connaissances tout court..
    —-
    3/ Concernant l’instantaneite des actes passés dans le futur (et donc l’envoi du terminator AVANT celui de Reese) la aussi nous n’avons aucune preuve du succes de la mission du terminator, ce qui explique la possibilité dans le futur d’envoyer Reese
    4/ de meme, rien ne prouve que l’inventeur de cette solution soit ou skynet, ou l’humanité, et donc rien n’attribue la paternité du premier envoi dans le passé (ce qui rejoint les points précédents)

    Donc autant on pourra toujours revenir sur le traitement des voyages dans le temps, autant certaines incoherences peuvent s’expliquer graces au paradoxes temporels.
    car tout paradoxe apparait suite à un element modfié dans le passé qui, en changeant le futur, nécessitera un nouvel envoi dans le passé pour créer la boucle et le paradoxe

    Culture GEEK : ocarina of time ou link apprends dans le « present » une musique qu’il jouera dans le passé alors que la personne qui lui a apprit insiste bien sur le fait que c’est link jeune qui l’a joué la premiere fois ..
    Temps -> evenement lié a un premier voyage dans le passé -> alteration du futur -> modification du dit evenement pour alterer le futur -> creation d’une boucle temporelle et possibilité d’un paradoxe.

    Sinon concernant le film, entierement d’accord pour tout le reste

    • 1/on nous le suggère fortement
      2/John Connor est le seul a pouvoir vaincre Skynet. Il est irremplaçable, s’il meurt il n’y aura pas de résistance : C’est la base même du film.
      3/Reeves est le seul à pouvoir arrêter le Terminator : Le film entier l’affirme.
      4/La machine est mise au point par Skynet. Les résistant sont trés surpris de découvrir la machine. Et on ne voit pas comment, à vivre comme des rats sous les bombes, ils auraient pu trouver des ressources pour un tel projet.

      • Desole mais :
        1/ Pas plus suggéré que ca, donc encore moins affirmé
        2/ John Connor est le seul dans la réalité actuelle du film, jusqu’a preuve du contraire, Reese aurait tres bien couché avec madame Paltasoeur AVANT de sauver ou non Sarah, tout en lui racontant la meme chose, et elle donner naissance a Jean, futur chef de la resistance..
        OU John connor a, encore une fois, emmergé suite a la mort ou la non/naissance, du précédent heros. La aussi le film ne l’indique pas donc c’est possible ET plausible
        3/Evidement que Reeses est le seul, puisque c’est le seul heros du film, cette remarque n’a donc aucun sens ni rapport avec mon point #3, merci de la relire et la comprendre avant d’y repondre
        4/ Certes officiellement, la machine a été fabriquée par skynet mais pas nécessairement initiée par Skynet, Aussi, la resistance a decouvert l’existence de ce projet et l’a récupéré en gardant secret cette decouverte. Skynet a donc tout autant pu envoyer plusieurs missons dans le passé avant d’obtenir assez d’informations pour realiser la bonne mission

  25. bon sang mais c’est bien sûr !
    dans la première version de Je suis une légende (1964) apparaît une Ruth Connor !!!

  26. C’est toujours un plaisir de lire votre prose.
    Je laisse ce commentaire juste pour demander plus de spoil de « classiques ».
    Me permettrai je de proposer démolition man ?

    • (ayé je me suis souvenu de mon pseudo d’inscription)
      Alors, cher PedroValor, j’ai proposé quatre fois « Freaks » 1932 sur facebook, mais hormis la 1er fois, je fais fasse a l’opposition tenace de la (Warner Bros)Disney : mais j’ai passé plein de trucs

    • L’OC ne fait pas les comédies il me semble, donc vu que le film ne se prend pas trop au sérieux je ne sais pas si ce serait très pertinent. Matrix par contre…

  27. cher connard , vous êtes d’un compliqué …
    j’aurais bien répondu à PedroVador
    mais je n’ai rien compris au formulaire de réponse

    cordialement
    rocky jones

  28. Terminator m’a bien fait rire ! un authentique film ( involontairement ? ) comique . tout est dans le spoil d’Odieux . un bémol : c’est méchant de ricaner à propos de l’accent du  » héros  » : les autrichiens ( hors une exception notoire ) sont gens charmants , adeptes du convivial et du festif ! deux questions restent en suspens :
    1 qu’est ce que ces p****** de machines ont fait du reste des corps ?
    2 pourquoi se moquer des coiffures des donzelles ? elles sont très bien !
    surtout Ginger .

    • 1 : Les terminators, du moins les modèles T-800 et dérivés sont recouvert d’une enveloppe de chair et de sang pour pouvoir passer à peu près inaperçu parmi les humains. Skynet a donc quelques raisons pour récupérer les corps (mais pas les têtes, un peu comme pour les crevettes, car il n’y a pas assez de viande dessus).
      2 : Prendre la mode pour cible est une vieille tradition du blog. Par exemple : https://unodieuxconnard.com/2011/07/12/condamnee-a-mode/
      Puis qui sait ? Peut être que l’Odieux a de bonnes raisons, comme s’être un jour retrouvé assis derrière une donzelle arborant une coiffure de cette ampleur lors d’une séance de ciné.

      • futé ! il y aurait eu détournement de chair . quand Terminator répare son bras ( ou son œil j’ai un peu oublié ) son logeur se plaint d’une puanteur de charogne ( un chat crevé dit-il ? étrange que le maître de ce blog n’ait pas sauté sur l’occasion de tacler ces adorables petites bêtes qu’il prétend détester mais j’y crois pas quelqu’un qui aime écrire et ricaner adore forcément les chats )
        pour les gêneurs au cinoche , les armoires à glace , c’est pas mal non plus . et je ne parle pas des amateurs de pop corn , coca et smartphones ! ni de ceux qui prennent leurs aises en posant les pieds sur le dossier de votre siège ! la liste n’est pas close .

  29. Admettons que le temps est immuable (retourner dans le passé ne change rien au futur, puisque tous les changements impliqués par le voyage temporel sont pris en compte dans le futur). Cette théorie ne s’applique qu’aux deux premiers volets de la série.

    Si Skynet n’est pas trop con, il est au courant qu’aller dans le passé ne changera rien. CEPENDANT on apprend dans le 2 que les composants du T-800 du premier volet sont trouvés par Cyberdyne, permettant la création de Skynet. Finalement, ce dernier aurait envoyé un robot tueur non pas pour tuer Sarah Connor (ce qui ne servirait à rien puisque le temps est immuable) mais juste pour assurer sa création. John ne peut pas ne pas être né pour respecter l’immuabilité du temps, c’est pour ça que le T-800 fait toujours mine de rater quand il vise les protagonistes, en fait c’est juste pour les mettre dans l’urgence histoire qu’ils fassent leur atelier Léa Passion Daesh et copulent joyeusement pour donner naissance à John.

    Skynet sait que les humains doivent gagner contre lui, il ne cherche pas à préserver son futur, mais son passé.

    (Ah et pour tous les petits malins qui rappellent que Sarah, John et le T-800 reprogrammé ont transformé les locaux de Cyberdyne en réplique de Nagazaki dans ses plus mauvais jours, il est possible que les données de ces locaux aient été envoyées ailleurs, tout simplement)

    • Théorie intéressante … Mais ça part du postulat que Skynet a compris l’immuabilité du temps. Ce qui n’est pas forcément dit. Mais bon, je trouve ça fun le Terminator Cotorep qui rate sa cible volontairement.

    • C’est quoi l’intérêt de créer une machine à voyager dans le passé pour envoyer un robot qui fera en sorte qu’on existe? Si on existe déjà…
      C’est parti du principe que les ennemis sont capables d’en faire une pour empêcher ma création, mais vu le niveau de ressources des humains dans ce futur…

  30. Même sous la plume de l’OC, ça reste assez digeste, je trouve. Sa célèbre mauvaise foi accroche évidemment à chaque « ça alors », mais sans eux, pas d’histoire à raconter…
    Je trouve qu’il y aurait plus à redire sur les voyages dans le temps. Car ils impliquent systématiquement des incohérences, et il s’agit de mettre en exergue celles qui ne sont pas maîtrisées. Ce qu’il y a d’intéressant avec Terminator, c’est le parti pris de construire le récit sur les paradoxes temporels assumés; John Connor n’existe que parce que John Connor existe (et envoye son père dans le passé pour le concevoir). Skynet d’existe que parce que Skynet existe (et envoye un robot dans le passé, dont les éléments technologiques permettront la création de Cyberdine et subséquemment de Skynet).
    Ceci a conduit d’auncuns à élaborer des théories fumeuses d’immuabilité du temps, alors même que le principe du film est d’envoyer des agents dans le temps pour le changer.
    Le premier volet est suffisament vague sur les circonstances et la technique de voyage temporel pour que ça passe; on pourrait se demander pourquoi un seul individu est envoyé par camp, pourquoi cela survient-il de manière synchronisée, etc. Mais le récit élude ces aspects pour se concentrer sur l’action. C’est plutôt dans la suite de la franchise que ça se gâte, à mon avis; quand on nous vend en même temps « Il n’y pas de destin mais ce que nous faisons. » et « Skynet était inévitable. »
    Alors certes, la marionette remuée (c’est même pas animée, à ce niveau-là) dans l’usine à la fin du film est pathétique, comme le sont l’accent autrichien, les pseudos punks ou les coupes de cheveux et le Honda Spacy, mais tous participent d’une ambiance qui fait partie du charme de ce film (Grand Prix du festival de film d’Avoriaz 1985, quand même).

  31. et  » éclair de lune  » , hein ? c’est pour quand ? c’est une comédie mais avec Nicolas Cage tout de même ! il y est brillant …. à sa façon . mi boulanger timbré mi loup garou ! avec des postures ridicules ! et le sphynx qui lui donne la réplique vaut son pesant de cacahuètes . un duo d’enfer .

  32. Pour ma part, j’aime à penser que Terminator est l’oeuvre d’un équivalent numérique d’Emile Zola.

    On y découvre un employé modèle, le T-800, qui a ce job « infiltrer et exterminer » depuis longtemps.
    Il se sent opprimé par l’omniprésence de Skynet et refoule ses désirs profonds en continuant son train-train d’extermination quotidienne. Jusqu’au jour ou on l’envoie sur un gros coup, retourner dans le passé. Et la, n’étant plus surveillé, l’employé modèle s’efface devant l’artiste naissant qui peux enfin jouir de sa liberté.
    Ni une ni deux, notre T-800 décide d’optimiser sa voix par défaut. Plutôt que l’accent passe partout habituel, prenons un accent autrichien, c’est bien ça. Ça sonne exotique, les mots résonnent de façon intéressante; très créatif. Puis ensuite il faut mettre sa garde robe à jour: j’extermine des humains, il me faut un costume qui en jette, un costume de méchant: un gros blouson en cuir et des Rayban. La classe à Dallas se dit notre libre penseur. Direction ensuite l’arsenal local: prenons plein d’armes et faisons nos kills à chaque fois de manière différente, je sublime mon travail, je fait de l’art!!! se dit notre robot déchaîne.
    Puis c’est la déconfiture, il croit avoir fini sa mission et un coup de téléphone impromptu lui fait se rendre comte qu’il est passé à deux doigts de complètement rater sa cible. Il se rend alors compte que sa poursuite du « style » l’a amené à une conduite non professionnelle, qu’il est à côté de la plaque: ces artifices superflus ce n’est pas lui, ce n’est son art. Il faut se débarrasser du superflu, fini les paroles intuiles, fini ce costume de chair. Notre robot reviens à son essence même, une machine froide et implacable, déterminé à accomplir son travail. Il est enfin lui-même, une machine consciente. Pour la première fois depuis longtemps, il est heureux.
    Hélas nous connaissons la suite des événement, distrait par ces pensées existentialistes, notre robot se prend une grenade dans la bide, puis comble du comble, lui, la machine consciente et parfaite se fait déchiqueter par une bête broyeuse, machine fruste et sans émotions aucune.

    Une vraie belle tragédie,toute intériorisée dans des circuits imprimés et du chrome. Une oeuvre intemporelle pour toute IA qui se respecte.

  33. Merci !!! Depuis le temps que je me fais hurler dessus quand je dis que, malgrè une richesse technique indéniablement révolutionnaire la saga Terminator est quand même sacrément débile sur bien des aspects, tous films confondus.
    Mais pire que tout, et pourtant avec James cameron on devrait être rodé, on nous a vendu le dernier film comme une vraie révélation, et je crois que j’ai rarement vu quelque chose d’aussi catastrophique…
    Mon spoiler de TERMINATOR DARK FART, en attendant de lire le vôtre, et celui du 2 j’espère:
    https://le-bousoscope.blogspot.com/2019/11/terminator-dark-fate-dark-foutre.html

    PS: SVP cher Odieux, je sais moi-même à quel point ça prend du temps, mais vos spoilers manquent un peu!!!

  34. C’est quand même lassant ces spoilers cher OC. on arrive plus à en rire, le style est trop répétitif. Essayez de nous surprendre svp!

  35. S’en prendre aux amateurs de C&C, donc de stratégie antique, est un tantinet mesquin, mon pauvre connard. Tels Doom, M&M3, FF7 ou XCom, on respecte les audacieux précurseurs, même s’ils sont injouables pour les freluquets qui nous enterreront.

    Par contre, rien ne pourra jamais détrôner la bande son de Frank Klepacki (bon, à part Tchaikovski, Brel et Ferrat, mais c’est une autre catégorie). https://www.youtube…..com/watch?v=Z88BEP_VgKw

    Salutations

  36. Excellente chronique, hyper drôle et avec son petit lot de punchlines bidonnantes
    Petite réserve cela dit et elle concerne le voyage dans le temps
    Je ne vois pas le problème avec le fait que le T800 soit envoyé en 84 quelques minutes avant Kyle Reese.
    Puisqu’au final, ils atterrissent au même moment dans le passé.
    Que la machine et l’homme soient envoyés en même temps, à 15 min ou 4 heures d’écart ne changent rien à l’affaire.

  37. Je suis en train de le voir en direct sur la tnt……
    Et j’en ris à me pisser dessus en me remémorant l’article.

    Chapeau l’artiste 👍👍👍

  38. Et après avoir tué celle qu’il pensait être la dernière Sarah Connor de L.A., le Terminator se perdit dans ses pensées, se demandant que faire de sa vie.
    Puis le téléphone sonna. Il ne décrocha pas, et un message fut enregistré sur répondeur.

    « Ginger ? C’est Sarah. Sarah Connor. Écoute, je t’appelle depuis le TechNoir. Je ne me sens pas en sécurité, viens vite me chercher. »

    C’est là que le Terminator émergea de ses pensées et affirma : « je vais fonder une famille et vendre de la moquette pour les murs ». Car il n’avait pas entendu le message sur le répondeur, absorbé qu’il était par sa crise existentielle.

    Fin. Générique.

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