Captain America : une guerre fort civile

On me souffle dans l’oreillette que pour des raisons de clarté, il conviendrait qu’avant ce film, je vous rappelle les événements de Avengers : l’ère d’Ultron.

On me souffle aussi que pour être parfaitement honnête avec mon lectorat et lui donner tous les éléments nécessaires, je devrais résumer tous les films Marvel précédents, puisque des personnages et intrigues qui en sont issus se retrouvent dans ce Captain America : Civil War.

Alors deux choses : et d’une, je ne suis pas honnête, et de deux, Ludivine, arrêtez d’utiliser cette oreillette pour me raconter ce genre de choses. Si vous voulez vraiment jouer avec mon oreille, vous aurez tout loisir de… enfin, vous savez ce dont je veux parler. Hem. Oui, bref ! Lectorat, faisons simple. Ce Captain America : Civil War pourrait aussi bien s’appeler Avengers : Civil War, ce serait la même. Résumons donc les deux épisodes précédents avec toute la rigueur scientifique que vous me connaissez.

Avengers I. Loki, le dieu de la discorde et des casques moches, a décidé de pourrir la vie de son frère Thor. Et pour ce faire, il descend sur Terre faire l’andouille. Bien vite, les super héros que sont Iron Man, Captain America, la Veuve Noire et Hulk viennent aider Thor à calmer Loki. Mais ce filou a justement prévu cela, faisant éclater des conflits entre eux grâce à des ruses aussi fourbes qu’effrayantes, comme laisser de la vaisselle sale dans l’évier commun, uriner sur la lunette des toilettes ou télécharger des millions de porno pendant qu’ils essaient de jouer en ligne. Cela fait, il utilise diverses reliques magiques récupérées au gré de ses aventures pour ouvrir un portail vers l’espace lointain et faire venir sur Terre une race alien belliqueuse qui compte raser New York montée sur des solex volants (si, si). Nos héros évacuent la ville de ses habitants en moins de trois minutes, puis bottent le cul des aliens avant de refermer le portail ainsi que la bouche de Loki. C’est donc la victoire.

Et le spoiler est là.

Avengers II – L’ére d’Ultron. En étudiant le bâton magique de Loki, Tony Stark découvre dedans une sorte d’intelligence autonome fort impressionnante. Il se dit que tiens ? Une intelligence maléfique et surpuissante inconnue, et si je la branchais à tout mon système de sécurité comme ça, pour voir ? Non parce que ça ne craint rien, mon antivirus vient de m’annoncer que la base de données des menaces avait été mise à jour. Hélas, l’antivirus gratuit ne suffit pas, et Tony aurait dû prendre le premium, car l’IA maléfique s’empare de son système de sécurité, vole ses armures autonomes, et s’en forge une pour s’en faire un corps physique, qu’elle occupe avant de se présenter : Ultron, pour vous servir. Hélas pour Ultron, le titre du film est trompeur, puisque son ère ne dure même pas deux heures. Malgré la construction par Ultron de réacteurs géants sous une ville de la lointaine Kokovie pour la soulever dans les airs et la faire plonger vers le sol pour en faire un météore façon extinction des dinosaures, là encore, les Avengers évacuent la ville promptement, meulent Ultron, et détruisent le météore avant qu’il ne fasse trop de bobos. Durant l’affaire, ils font copain-copain avec une nouvelle héroïne : Witch Lorraine, une sorcière qui peut manipuler les pensées, et accessoirement, les objets à sa portée. Qui pouvait buter Ultron depuis le début en le démontant à distance, mais hihihi, elle n’y avait pas pensé : elle ne le fait qu’à la toute fin. Accessoirement, un nouveau héros les rejoint : la Vision, une sorte de mix entre Jean-Paul Sartre et un bonbon au LSD (d’où le nom). C’est donc toute une fine équipe qui célèbre la victoire, malgré les départs pour diverses raisons de Hulk, Thor, et Tony Stark qui suit tout ça de loin. Yay.

Le spoiler est ici.

Alors, Captain America : Civil War, continuité dans le drame ou révolution scénaristique ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche. Pas d’explosion ? Pas de débris ? Ni même de feu ? Nous aurions affaire à un bon film ? Aha. Ahaha. Hem. Pardon.

Notre film démarre il y a un quart de siècle, soit en 1991 (je sais, ça fait mal). Sauf que pendant que vous, jeune fifou, écoutiez Metallica, sachez qu’il se passait des choses dans une base secrète de l’Union Soviétique. Car voici Bucky Barnes, dit « Le soldat de l’hiver« , rapport à sa grosse consommation de liquide antigel durant ses soirées beuveries, qui est solidement attaché pendant qu’un officier russe devant lui inspecte consciencieusement un petit carnet. Rappelons que Bucky Barnes est un ancien ami de Captain America qui a été capturé par les soviétiques suite à la Seconde Guerre mondiale, et qui lui ont greffé un bras cybernétique comme ça, pour rigoler. C’est un peu une tradition : en Russie, on n’a pas de marqueur pour dessiner des trucs sur le visage des copains. Alors à la place quand on se réveille c’est rhoooo, Igor, c’est toi qui m’a encore greffé un bras cybernétique pendant que j’étais bourré ? Kanaillou, va. Bref ; en sus de cette pièce de chrome, nos amis  communistes ont aussi lavé le cerveau de Bucky (c’est allé vite) pour en faire un assassin à leur solde. Et le soviétique aimant lorsque ses assassins gardent toute leur fraîcheur, il a tendance à les cryogéniser régulièrement quand il ne s’en sert pas. Bucky est donc encore jeune et fringuant, puisque passant le plus clair de son temps entre ses missions sous la forme d’un surgelé Picard.

Toujours est-il que l’officier a semble-t-il dans son petit carnet le signal pour activer le mode « Soldat loyal » chez Bucky, à savoir, une série de mots à prononcer à voix haute, sans rapport les uns avec les autres. Dans notre cas, la séquence est : dix-neuf, choucroute, ministre, #lescompétencesdabord, expression faciale, Nicolas Cage. Impossible de lier deux termes, donc.

Sitôt la séquence prononcée, Bucky se raidit un peu et annonce qu’il est aux ordres. Et reçoit une mission : assassiner une cible et récupérer du matériel qu’elle transporte.

Bucky file aussitôt, va se mettre en embuscade dans un bois joli, grimpé sur une moto, et sitôt que le véhicule de sa cible passe, il fonce, met un coup de bras cybernétique dans la margoulette de la pauvre voiture, et lorsque celle-ci va s’écraser contre un arbre, plutôt que de faire un constat amiable comme tout le monde, il achève les passagers avant de tirer du coffre cinq pochettes d’un étrange liquide bleu. Probablement du viagra pour faire des blagues à la momie de Lénine. Ces soviétiques, alors.

Passons, et revenons de nos jours, à Lagos.

Car sur place, nous retrouvons les nouveaux Avengers, qui sont, je vous le rappelle Captain America, la Veuve Noire, le Faucon, Witch Lorraine et la Vision. Même si là, tout de suite, la Vision est semble-t-il en vacances parce que… parce que. Nos larrons sont en pleine filature, puisqu’un vilain terroriste se promènerait dans le coin. Et ils ont tôt fait de le repérer, lorsque le bougre lance sans discrétion aucune un assaut frontal sur un laboratoire où l’on stocke des armes bactériologiques (en plein centre-ville bien sûr). Le vilain terroriste pense pouvoir s’en tirer à bon compte, jusqu’à ce que les Avengers débarquent et commencent à distribuer des taloches à tous les vilains. Ou leur font du catch, telle la Veuve Noire, dont le style de combat donne l’impression qu’à tout instant, elle va se mettre à défoncer tout le monde à coups de chaise pliante. Et lui permet aussi d’esquiver les grenades, il faut le savoir.

La bataille se déroule bien, du moins, jusqu’à ce que le chef des méchants parvienne à s’enfuir avec une fiole d’un fort dangereux virus. Palsembleu ! Vite, Avengers, à sa poursuite !

Les Avengers s’exécutent, et commencent à craindre un drame lorsque les méchants atteignent un marché fort peuplé et se dispersent entre les étals. Mais c’est sous-estimer la folle troupe de Captain America, qui non seulement leur marave la bouche, mais en plus, parvient à récupérer la fiole du terrible virus et à arrêter leur chef, Bad Jean-Jacques. Mais celui-ci a une dernière surprise pour Captain America, qui menace de lui meuler la truffe.

« Ahaha, Captain, comme on se retrouve… vous vous souvenez ? J’étais un méchant générique dans un précédent film mais lors d’une de vos grosses batailles de bourrin, j’ai été défiguré !
– En fait, non. Vous savez, je ne me souviens pas de tous les méchants génériques que je croise.
– Hé bien cette fois tu vas t’en souvenir ! Car je suis… 
– Débile ?
– Oui, aussi. Mais surtout, je suis bardé d’explosifs, haha ! »

Et le bougre d’appuyer sur un détonateur.

Captain America n’a pas le temps de s’écarter, mais heureusement pour lui, Witch Lorraine veille, et grâce à ses grands pouvoirs de télékinésie, elle parvient à restreindre l’explosion dans un champ de force, à soulever le kamikaze loin du marché où la bataille avait lieu, mais hélas, zut, c’est pas facile, ça glisse, ce terroriste doit être enduit de saindoux télékinétique, aussi perd-t-elle le contrôle et le bougre explose juste à côté d’un immeuble. Il souffle une partie d’un étage dans l’affaire, et tous les Avengers contemplent avec effroi ce qu’il vient de se passer : des innocents sont morts. C’est ennuyeux.

En même temps, c’est pas pour dire Witch Lorraine, mais dans le précédent film des Avengers, tu avais le pouvoir d’embabouiner l’esprit des gens. Du coup, au début, tu disais juste « Hep les terroristes, stop. » les mecs s’arrêtaient net, se rendaient sans faire d’histoire, et allaient faire un truc de lobotomisés, comme je ne sais pas moi, le Mud-Day ?

Mais comme ça pourrait finir le film en deux minutes, Witch Lorraine ne parlera plus jamais de ce pouvoir.

Oui, c’est comme si soudain on vous disait « Au fait, dans ce film, Harry Potter n’est plus magicien parce que ça ne nous arrange pas« . Pépère.

Allons plutôt voir si du côté de Tony Stark, les choses vont mieux.

L’ami Tony est en pleine démonstration d’une nouvelle invention : devant toute une assemblée d’étudiants du MIT, il présente un générateur d’hologrammes qui se base sur le cerveau de son utilisateur. Tony montre grâce à ses souvenirs devant toute la salle, qui n’en avait rien demandé, comment il aurait voulu dire à son papa qu’il l’aimait, avant qu’il ne meure. Et que sa machine à hologramme lui permet donc de se faire une thérapie en revivant ses scènes et en les imaginant différemment.

« Une machine chère et sans grand intérêt« , explique Tony Stark.

Oui. Bien sûr. Moi je pense que ta machine a de l’intérêt. Sitôt mise sur n’importe quel marché, elle servira dix-sept secondes à de la thérapie. Et ensuite, la règle 34 s’appliquera : ce sera le plus gros générateur de porn de l’univers.

Mais passons, car après avoir fait sa démonstration et annoncé qu’il finançait moult bourses pour les étudiants face à lui, Tony s’éclipse en coulisses. Où il trouve, près des toilettes, une dame qui attend tranquillement. Tony sifflote, fait la queue, se dit que bon sang, mais qui c’est qui fait caca depuis deux plombes là-dedans ? Notre héros tend l’oreille, mais n’entendant nul clapotis, comprend que la Madame devant lui ne fait pas la queue. Elle l’attendait, lui, et fait seulement semblant d’attendre en attendant qu’il l’aborde. Une stratégie auda… ah non, stupide. Pardon.

« Bonjour Madame. Dites-moi, comment êtes-vous arrivée jusqu’à moi sans à aucun moment ne rencontrer la moindre sécurité ?
– Le script, Monsieur Stark. Mais oui, c’est vous que j’attendais, car script toujours, je savais exactement que vous ressentiriez un besoin pressant d’aller du côté des toilettes en descendant de la scène. 
– Hmmm hmmm.
– Je suis venue vous parler de mon fils. Regardez cette photo. Il est mort, Monsieur Stark. Mort à cause des Avengers, car il était au milieu du champ de bataille durant le dernier film.
– Je suis désolé.
– Ça ne me rendra pas mon fils ! Gardez la photo, je m’en vais.« 

Je sais, il y aurait de petites choses à dire, mais attendez un peu, on va y venir.

Car choqué, Tony Stark qui a aussi appris pour l’incident de Lagos décide de réunir les Avengers à leur quartier général, où Witch Lorraine se morfond, se sentant coupable suite à la mort de sept innocents tués dans l’explosion du kamikaze. Sept citoyens du Wakanda, nation africaine dont le roi est très en colère puisqu’il n’aime pas trop que ses concitoyens meurent comme ça, ça fait désordre et accessoirement, plein de papiers à remplir.  Toujours est-il que Tony Stark réunit l’équipe, et qu’il n’est pas venu seul : il a avec lui le secrétaire d’état à la Défense des Etats-Unis d’Amérique. Rien que ça. Tony Stark se met donc dans un coin et laisse le secrétaire d’état expliquer la situation.

« Bien. Ecoutez les enfants, ces morts, là, lors de la dernière opération, c’est intolérable. Et nous avons fait le bilan : lors de la bataille de New York, il y a eu des pertes civiles. Lors des batailles à droite ou à gauche, aussi. Et en fait, vous êtes… dangereux. C’est pourquoi nous avons décidé de rédiger les accords de Kokovie, rapport au nom du lieu de la dernière grande bataille lors du précédent film Avengers. 117 pays ont signé ces accords. Et nous attendons que vous les signiez, afin de vous mettre désormais sous l’autorité des nations unies. C’est ça… ou on vous met à la retraite. »

Tout le monde est fort pensif, jusqu’à ce qu’une main s’agite dans un coin de la salle de réunion. C’est le caporal Roudoudou, qui a accompagné le secrétaire d’état jusqu’ici.

Marvel's Captain America: Civil War L to R: Sharon Carter/Agent 13 (Emily VanCamp), Sam Wilson/Falcon (Anthony Mackie), Natasha Romanoff/Black Widow (Scarlett Johansson), and Steve Rogers/Captain America (Chris Evans) Photo Credit: Zade Rosenthal © Marvel 2016

Comme le veut la tradition, les salles de réunion du film sont toujours entièrement vitrées et mal insonorisées pour s’assurer qu’aucun secret ne soit gardé.

« Excusez-moi Monsieur le secrétaire ?
– Oui ?
– Qu’est-ce que vous prenez, comme crack ?
– Pardon ?
– Hé bien, je veux dire que c’est débile. Tenez, regardez : la dernière opération. Sept morts. Parce que Witch Lorraine a éjecté un kamikaze d’un marché bourré de gens. C’est le kamikaze qui a tué ces innocents, non ? Et sans l’intervention de Witch, il y aurait eu bien plus de morts. À savoir, tout un marché.
– Non mais d’accord, mais les autres histoires ? La bataille de New York ? La bataille de Kokovie ?
– C’est-à-dire que vous oubliez de mentionner qu’à New York, il y avait une invasion d’extra-terrestres en cours avec des monstres géants de l’espace, et que justement, les Avengers faisaient évacuer la ville. Idem en Kokovie : une IA du futur avait créé un astéroïde géant à partir d’un bout du pays et lançait vers le sol toute une ville. Et les Avengers, là encore, faisaient évacuer. Je veux dire : à chaque fois, ils se bougeaient le cul pour sauver la veuve et l’orphelin, quand même. On ne peut pas dire qu’ils aient fait péter des trucs pour le plaisir. À la limite, pour l’IA, vous pouvez accuser Tony Stark d’être un blaireau. Ou lui faire un procès. Mais les Avengers, aucun rapport, en fait.
– Ouiiiii mais heu… il y a eu… des morts !
– Causés par ? Non parce qu’encore une fois, si vous retirez les extra-terrestres et l’IA folle de l’équation, ça fait un peu une grosse donnée en moins, non ?
– Arrêteeeez heuuuu ! J’ai envie de dire que c’est leur fauteeeeuuuuh ! Le script y diiiit que j’ai raiiiisoooon !
– Pardon, pardon, excusez-moi, arrêtez de vous rouler par terre. Tenez, prenez un BN. Bon, mettons que ce soit leur faute. Même si ça n’a aucun sens.
– Oui, c’est gentil, merci.
– Bien. Donc, vous pourriez nous expliquer ce que ça va changer, vos accords ?
– Hé bien… il leur faudra l’autorisation pour intervenir.
– Okay, mais puisque votre argument, c’est qu’il y a des morts quand les Avengers tentent d’arrêter des monstres de l’espace, en quoi des accords de l’ONU pourraient réduire le nombre de morts ?
– …
– Non parce qu’en fait, il n’y a toujours aucun lien. Du coup, lors de la prochaine apocalypse, vous comptez envoyer la police municipale pour dresser des PV, pour moins de violence ?
– Non mais… le contrôle… l’ONU…
– Ah non mais ça en soi c’est intéressant, la question de savoir qui rend des comptes à qui, ça aurait même pu être une base de départ intéressante. Mais en fait, là, vos arguments n’ont strictement aucun rapport avec quoi que ce soit développé jusqu’ici. Sans compter que les Avengers avaient déjà un contrôle qui s’appelait le SHIELD autrefois. Là encore, personne n’a envie d’en parler ? Comme argument dans un sens ou l’autre ? »

Les autres personnages se regardent, hochent la tête, puis pètent vertement la gueule à Roudoudou, avant de jeter son corps dehors, là où reposent déjà les détails oubliés à base d’IA méchante, d’invasion extra-terrestre ou encore les pouvoirs de Witch Lorraine. Pendant qu’aucun personnage ne réalise que les accords de l’ONU n’ont rien à voir avec la choucroute dont ils débattent, le spectateur a tout le temps de se demander ce qu’il y a dans ses accords. Après tout, ils sont au cœur du film. Donc, ce serait bien de…

Pardon ? L’intrigue s’en fout ? Bon, ben très bien. C’est que je ne voudrais pas déranger.

En tout cas, deux camps se forment autour de la question d’un contrôle des Avengers par l’ONU : Tony Stark, son copain War Machine et son fidèle Vision sont tous trois partisans du contrôle, alors que Captain America, le Faucon et Witch Lorraine sont beaucoup moins convaincus. Captain America usant d’excellents arguments :

« Je ne pourrais supporter de travailler dans un groupe armé contrôlé par des politiques et leurs intérêts !« 

Pssst. Captain America ! Dans ton nom, il y a « Captain« . Parce qu’en fait, ton kiff, c’est l’armée. Tu sais, ce groupe armé contrôlé par des politiques et leurs intérêts.

Mais là encore, hohoho, qui se soucie de ce genre de légers détails, hmmm ?

Avant que les spectateurs ne commencent à s’entretuer pour mettre fin à la misère cérébrale infligée par ce film, la production coupe court à tout débat en faisant tomber un SMS sur le téléphone de Captain America :

« Ta copine de 1945 est mourue, a+ dans l’bus« 

Captain America laisse aussitôt tout tomber, dit qu’il réfléchira plus tard à ces conneries, et prend le premier vol pour l’Angleterre pour aller à l’enterrement d’une fille de l’armée qu’il avait connue durant la Seconde Guerre mondiale et qui lui avait vendu du rêve. Sauf que lorsqu’il l’avait revue, disons que bon, s’ils refaisaient la toupie javanaise, il allait se retrouver avec des prothèses de hanche dans les mains. Aussi leur relation était-elle restée platonique. Mais alors que l’enterrement a lieu, voici que monte à la tribune de l’église une fille que Captain America reconnait : Ginette, une ex-agent du SHIELD chargée de le surveiller fut un temps ! Plutôt blonde, plutôt jolie, et par un heureux hasard, dites-donc, descendante de son amour perdu.

Captain America se met à penser très fort (ce qui lui donne l’air très bête). Non seulement il lui ferait bien des bisous, mais si ça se trouve, sur un coup de bol, il est aussi son grand-père. Captain, je sais que chez Marvel, à chaque fois que le mot « génétique » est prononcé, un super héros apparaît, mais pour le coup, tu risques plutôt de donner naissance à Super Trisomique. Mais je m’égare.

Car la belle se lance dans un merveilleux discours qui, par la magie du scénario, touche pile le sujet du film :

« Ce que j’ai appris de celle qui nous a quittés… c’est qu’il ne faut jamais écouter ce que l’on nous dit. On doit faire ce qui est juste. Toujours.« 

Captain America est bouleversé par ces mots, qui le confortent dans son idée que tout contrôle est naze et qu’il fera la justice lui-même, voilà, en plus c’est très sain comme concept. Après tout, qui a déjà vu une milice faire des grosses boulettes ? Soyons sérieux. Pendant que Captain America sanglote sur son amour perdu à Londres, voici qu’au même moment à Vienne se tient le sommet de l’ONU pour ratifier les accords de Kokovie. Tout le monde est là, l’ambiance est joyeuse, et le roi du Wakanda, le pays qui a perdu quelques concitoyens lors des derniers événements, préside la séance sous les yeux de son fils, T’Challa. Seulement voilà : pendant qu’il cause, un Bison 4 explose au pied du bâtiment, souffle les vitres et tue net le roi du Wakanda.

C’est à la fois très ballot, et très effrayant pour les présents.

Les blessés sont évacués, la télévision s’en mêle, et bien vite est diffusée sur tous les écrans la photographie du principal suspect aperçu sur les lieux :

Bucky Barnes. Le soldat de l’hiver.

La Veuve Noire, qui était sur place, a tôt fait d’appeler Captain America pour lui dire de rester calme, ouesh gros. Mais Captain America est déjà sur place pour enquêter. Oui, il était à Londres il y a encore 20 minutes, mais hein, ho, l’Europe, les frontières, tout ça, tout va plus vite. Captain America veut être le premier à mettre la main sur son vieil ami Bucky pour comprendre ce qu’il s’est passé. Il fait ainsi appel au Faucon et à sa nouvelle copine ancienne du Shield, Ginette, qui par un heureux hasard travaille pour l’ONU (décidément !). Et qui lui obtient les informations qu’il cherche.

« Nous savons où se cache Bucky Barnes. J’ai volé le dossier à mon patron. Mais vous n’aurez qu’une heure d’avance sur les Nations Unies, Captain.
– C’est suffisant. Mais je peux vous poser une question ?
– Oui ?
– Comment avez-vous retrouvé un fugitif qui vous échappait depuis des années en seulement 20 minutes ?
– Ho je… heu… c’est…
– Je vois je vois.
– Hé, dites-donc Captain ! Ne prenez pas votre petit air supérieur. Parce que vous, votre plan, c’est de capturer Bucky pour l’interroger, non ?
– Parfaitement.
– Ben alors pourquoi vous n’aidez pas l’ONU ? Eux aussi veulent l’interroger, vous savez. Et s’il est innocent, vous pourrez le prouver.
– Oui mais je…. maiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiis !
– Allez, je vois : faites donc le kakou.
– Merciiii ! »

Et Captain de partir à l’adresse indiquée sur le dossier de Ginette pour retrouver Bucky, tranquillement en train de glander dans ledit appartement.

« Bucky !
– Captain America.
– Ecoute, les forces d’élites allemandes convergent vers cet appartement. Ils viennent te chercher.
– Sachant qu’on n’est pas en Allemagne ?
– Ah ? Heu… c’est vrai que c’est bizarre, comme dialogue ! Bon, bref, on doit filer ! 
– Je n’ai pas posé cette bombe, je suis innocent.
– Oui, mais je pense que cette défense sera beaucoup plus crédible si je t’aide à t’enfuir en pétant la gueule à tous les policiers qui essaient de t’attraper !
– Mouais. Reste Captain America, va. « Maître America », c’est pas pour tout de suite. Je me prendrai un vrai avocat.
– D’accord, mais en attendant : baston ! »

C’est donc parti pour de la tatane, car les forces d’élite locales prennent l’appartement d’assaut au même moment. Bucky et Captain America les maravent joyeusement, avant de s’enfuir en courant, Bucky tentant de fausser compagnie au Captain pour reprendre sa vie de fugitif. Mais pour faire simple, Bucky fuit, poursuivi par Captain & le Faucon, poursuivis par la police… et par un nouveau prédateur qui tombe sur le coin du nez de Bucky pendant qu’il tente de filer à l’anglaise : un gros monsieur en costume de félin.

« MIAOUSS ! » s’exclame Bucky.

« Que ? Mais enfin, pas du tout ! Je suis Black Panther ! »  grogne le nouveau venu, avant d’essayer de griffer son adversaire. Captain America arrive, aide son ami, fout du repousse-chat dans le museau du margoulin pour le renvoyer à sa litière, mais ça ne suffit pas. La course-poursuite continue donc, désormais dans les rues et au beau milieu de la circulation, l’occasion de découvrir que… Captain America court plus vite qu’une voiture. Ah. Bucky aussi ?! Ah bon, pourquoi pas. MAIS MIAOUSS AUSSI ?!

Bon, je note : les pouvoirs des héros varient de film en film.

Marvel's Captain America: Civil War L to R: Captain America/Steve Rogers (Chris Evans) and Black Panther/T'Challa (Chadwick Boseman) Photo Credit: Zade Rosenthal © Marvel 2016

Pour ceux qui douteraient encore : ici, Miaouss, poursuivi par Captain America, poursuivi par de grosses voitures qui n’arrivent pas à suivre.

Nos héros se poursuivent ainsi à 70 kilomètres heure à pied, rien que de bien naturel, le tout avec aux fesses la police locale. Après moult carambolages et acrobaties que je vous passe, tout le monde finit encerclé par la maréchaussée, et se retrouve à devoir se rendre. Bucky, le Faucon, Captain America ainsi que Miaouss sont arrêtés. Miaouss, qui quitte son masque… et se révèle être T’Challa, le fils du roi du Wakanda, qui est aussi le héros masqué de son pays et veut venger son père. Et donc, tuer Bucky le poseur du funeste Bison 4.

Tout ce petit monde est promptement chargé dans des véhicules, direction le QG des Nations Unies à Berlin, où Bucky doit être interrogé. Captain America et le Faucon se voient confisquer leur équipement, et sont envoyés en salle de réunion rejoindre Tony Stark, qui leur explique qu’au vu de leurs exploits passés, on fermera les yeux sur ce petit écart vis-à-vis des autorités… à conditions qu’ils signent enfin les accords de Kokovie. Et acceptent de ne plus être des chiens fous en liberté, ça suffit, coucouche panier papattes en rond.

Ce que Captain America refuse, parce que freedom, motherfucker. Ses papattes sont libres, jeunes freluquets !

Seulement voilà. Pendant que tout ce petit monde a des différents, Bucky, lui, attend tranquillement d’être interrogé. Et c’est un psychiatre qui est envoyé dans sa cellule pour s’occuper de son cas. Sauf que ce psychiatre n’en est pas vraiment un : en réalité, ce petit filou est un gourgandin qui a réussi à se procurer le vieux livre contenant la séquence de commande pour activer le côté militaire communiste de Bucky ! Mieux encore, il a monté une bombe EMP avec ses petites mains comme ça, tranquillement, dans son hôtel, et a envoyé le tout par simple livreur à la centrale électrique qui alimente le QG de l’ONU. Et qui n’est gardée que par un vieux pinpin qui ouvre tous les colis qu’on lui envoie, surtout ceux qu’il n’a pas demandés (c’est typique, là encore, surtout en période de bombes à l’ONU). Bref, alors que tout le monde attend de voir si le psychiatre va soutirer des secrets à Bucky (comme celui de sa célèbre vodka-melon) depuis les caméras de sécurité, soudain, l’EMP s’active, plus de courant, plus de caméras, et le psychiatre se lève en profitant du black-out.

« Bucky, écoute-moi bien.
– Mais ? Qui êtes-vous ?
– Ne te pose pas de questions : dix-neuf, choucroute, ministre, #lescompétencesdabord, expression faciale, Nicolas Cage ! »

Bucky, qui n’a compris que trop tard ce qui allait lui arriver, tente bien de sortir de sa cellule en distribuant des coups de bras cybernétique, mais échoue à interrompre le psychiatre. Ses yeux deviennent vitreux, il se raidit, et demande « Da, kamarade Robert Hue, moi aux ordres. Toi vouloir quoi ? » et le psychiatre de lui donner une mission simple : lui raconter ce qu’il s’est passé exactement, une certaine nuit de 1991, lui filer l’adresse du centre secret où il a été formé durant la guerre froide, et accessoirement, de s’enfuir de l’ONU en distribuant des mandales.

Bucky s’exécute hors champ pour les deux premières questions, puis se penche sur la troisième consigne, tabassant tous ceux qui se mettent sur son chemin.

Les Avengers tentent bien d’intervenir, mais entre Iron Man qui n’avait pas emmené d’armure, Captain America et le Faucon qui n’ont plus d’équipement, et de manière générale, le chaos qui règne dans le QG de l’ONU, Bucky a tôt fait de se frayer un chemin jusqu’à l’héliport le plus proche et de décoller pour filer en paix. Hélas pour lui, Captain America le rattrape et… retient l’hélico d’une seule main !

Oui. Oui, oui, vous avez bien lu. Je sais que c’est un film de super héros, mais bon, comment dire ? C’est le genre de scène qui vous donne envie de toussoter très fort et de regarder vos pieds dans l’espoir que personne dans le cinéma ne vous connait et ne pourrait s’exclamer « Hé, c’est toi le mec qui regarde des films où des types en t-shirt moulant arrêtent des hélicos à une main ?« .

Bon enfin je dis ça, mais rappelons que j’ai vu 50 Shades of Grey. Et Twilight. Et la plupart des films de Nicolas Cage. Je devrais être immunisé, quand même. C’est fou.

Mais bref. Après avoir ramené Bucky sur le plancher des vaches, Captain et lui se castagnent encore un peu, et finissent par s’éloigner du QG de l’ONU. Et une fois Bucky calmé pour de bon, Captain America et le Faucon emmènent le soldat de l’hiver inconscient jusqu’à un entrepôt désaffecté où ils l’immobilisent avant d’attendre qu’il se réveille. Ce que le bougre fait quelques heures plus tard, visiblement avec un gros mal de tête. Mais sans que personne ne lui ai greffé un autre bras cybernétique durant son sommeil, ouf.

« Alors Bucky ? Es-tu le Bucky que je connais ou le Bucky coco, hmmm ?
– Je… gros… mal de tête.
– Bien, je vais vérifier par moi-même. Faucon, frotte le sensuellement avec du muguet et des merguez. Moi, je vais agiter devant lui des photos de Georges Marchais. S’il a une érection, on le tabasse encore un peu. »

Mais malgré les merguez, le muguet et Georges Marchais, rien. Bucky est donc de nouveau dans son état de bon américain, et pas un fourbe de rouge.

« Bucky, que s’est-il passé dans la base ? Que te voulait ce psychiatre qui a réussi à s’enfuir tranquillement, d’ailleurs ?
– Il voulait savoir où était la base où j’avais été formé. Il a les codes d’activation des soldats de l’hiver ! Et je ne suis pas le seul soldat de l’hiver. Là-bas, il y en a cinq autres comme moi… peut-être même plus forts que moi. Il compte s’en servir ! Il a dit qu’il voulait voir « s’effondrer un empire » !
– C’est donc lui le vrai méchant… et tu es victime d’un coup monté… une information importante. Je propose de ne surtout pas la partager avec le reste du monde, pour ne surtout pas que tout le monde te lâche la bride et s’en prenne plutôt au faux psychiatre.
– D’accord. »

Donc, non. Cette information, ils vont plutôt en faire du rien, puisque comme chacun sait, le rien, c’est bien. Mais pour partir à la poursuite du psychiatre maléfique, il va falloir quitter le pays pour aller jusqu’aux confins de la Sibérie où se trouve la base secrète ! Et à présent, Bucky est un fugitif, et Captain America et le Faucon, ses alliés. Ils sont par conséquent traqués par l’ONU, Iron Man et autres… voilà qui est bien embêtant !

Raison pour laquelle Captain America décide de faire appel à Ginette pour qu’elle récupère tout leur matériel confisqué et leur livre (et fait un bisou à Captain America au passage : je sais, vous ne vous y attendiez pas). Déjà, comment fait-elle sans se faire griller ? Mystère. Ensuite, Ginette travaille pour l’ONU, non ? Ce ne serait pas sympa de lui dire, à elle, pour le faux-psy ? Qu’elle en parle à ses supérieurs ? Non ? Toujours pas ? Bon, pourquoi pas. Puis, nos héros (qui se promènent en coccinelle « pour ne pas éveiller l’attention avec une grosse cylindrée » car c’est connu, en Allemagne, tout le monde roule en coccinelle et rarement en grosse cylindrée) décident qu’ils veulent quitter le pays et agir, ils vont avoir besoin de rassembler toutes les forces disponibles. Ils récupèrent donc Œil de Faucon (aussi appelé Toupourix pour ne pas le confondre avec l’autre Faucon), Witch Lorraine (qui était retenue par Stark et la Vision, mais parvient à s’enfuir grâce à Toupourix), et… Ant-Man !

De son côté, Tony Stark est bien conscient que pour retrouver et calmer Captain America, Bucky & co, il va avoir besoin d’aide. Il rassemble donc sa propre équipe : lui-même, War Machine, La Vision, la Veuve Noire, Miaouss (qui veut toujours tuer Bucky) et…

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Au passage, le patron de l’ONU est un Hobbit. Sûrement une sorte d’allégorie.

Et un nouvel allié qu’il va recruter en personne.

Pour ce faire, Tony Stark se rend à New York, pour recruter un jeune homme prometteur qui fait la justice à ses heures perdues : Spiderman. Avec un nouveau début, et un nouvel acteur ! Oui, parce que c’est vrai que ça faisait longtemps qu’on avait pas eu un reboot de Spiderman, je trouve, pas vous ? Pour l’occasion, Peter Parker est légèrement différent de celui que vous avez connu au cinéma. D’abord, parce que Tante May est devenue Tante MILF, ensuite puisque les toiles qu’il envoie, c’est du produit chimique et non plus une mutation (les puristes défendront ce choix dans les commentaires, je n’en doute pas), et surtout, c’est Tony Stark qui lui fournit son premier costume, avec clignement de faux yeux intégrés. Oui. Ah, c’était essentiel.

Et c’est donc avec Spiderman en dernier élément de son équipe que Tony Stark repart pour l’Allemagne afin de surveiller l’aéroport où le jet des Avengers est situé. Car il se doute que Captain America va tenter de l’utiliser pour quitter le pays avec Bucky. En train, ce serait un peu plus long. Heureusement que Captain America n’a pas pensé à se barrer pendant que Tony Stark faisait des allers-retours entre deux continents pour recruter. Enfin, hein, je dis ça, bon.

Le jour J, Captain America réunit toute sa fine équipe à l’aéroport où l’attend son jet, lorsque soudain, une voix dans les hauts parleurs : « En raison de la présence de p’tits bâtards, tout l’aéroport doit être évacué. »

« Captain ! Ils savent que nous sommes là, ils font évacuer l’aéroport !
– Ce qui sera sûrement vite fait puisqu’on a beau être en plein milieu du parking, il n’y a pas un clampin. Le budget figurants était sûrement sec.
– D’accord, mais qu’est-ce que l’on fait ? On fuit ?
– Non : on distribue des taloches ! »

Les deux équipes, Tony Stark et Captain America ont donc tôt fait de se retrouver sur le tarmac pour se jauger mutuellement. Toutes les deux ont six membres, chacune se met parfaitement en ligne face à l’autre, et Tony Stark annonce la couleur.

« Je suis désolé, Captain, mais vous vous arrêtez ici. Bucky doit répondre de ses crimes. Et vous aussi.« 

Dans l’équipe de Captain America, l’annonce est reçue fraîchement, mais provoque un intense débat interne.

« Non mais sinon, pourquoi on lui dit pas « Au fait, vous savez, le psychiatre c’est lui le méchant en fait ? Et là, il risque d’activer cinq nouveaux soldats de l’hiver ? Et voici les coordonnées de l’endroit, Bucky nous les a données, en guise de bonne foi ? » Quant à vérifier l’histoire du psy, sachant que tout a été filmé jusqu’à la coupure de courant, l’identifier ou au moins voir qu’il est louche ne doit pas être bien compliqué ?
– Pour la même raison qu’on ne partage pas nos infos cruciales avec nos alliés depuis le début du film : si on fait ça, on est intelligents, on se serre la main et il n’y a pas de baston. Je propose plutôt de ne rien dire et de nous foutre sur le nez comme de gros blaireaux pour justifier le titre du film.
– C’est vous le captain, Captain.« 

Et donc, baston il y a.

Faisons simple, car c’est diablement longuet : tout le monde échange des coups à droite, à gauche, endommage tout ce qui traîne dans le décor, évite de justesse toute attaque potentiellement trop douloureuse pour passer à l’écran, lâche une petite blague ici ou là, Ant-Man utilise sa combinaison pour devenir gigantesque et faire mumuse avec les avions posés, bref, il s’en passe, des choses, jusqu’à ce que Captain America et Bucky parviennent à s’éloigner du cœur de la mêlée, brièvement aidés par la Veuve Noire qui trahit son camp, et peuvent gagner le jet tant convoité et s’enfuir avec. Iron Man & compagnie tentent bien de filer à sa poursuite, mais le Faucon s’en mêle, et Iron Man demande à la Vision de tirer un gros rayon laser pour lui couper les ailes.

Sauf que le bougre, qui était un peu déconcentré par Witch Lorraine, qui fait palpiter son petit cœur, loupe son tir et à la place, cartonne l’armure de War Machine, le copain de Tony Stark.

Qui sans armure, vole moins bien, et s’écrase au sol comme une quiche.

Tout le monde fonce à son secours, alliés comme ennemis d’un jour, et Captain America peut filer avec Bucky à bord du jet sans être poursuivis.

Pendant que War Machine est envoyé à l’hôpital, Tony Stark colle au trou tous les alliés de Captain America, avant de commencer à enquêter sur toute cette affaire. Parce que non, il n’y avait pas pensé jusqu’ici. Et ça tombe bien, puisque l’ONU l’informe que le psychiatre qui était venu interroger Bucky n’était pas du tout le psychiatre attendu. On attendait un Monsieur plutôt vieux et bedonnant et c’est un type plutôt jeune et sportif qui s’est présenté. Mais bon, hein, on était en pleine état d’urgence, l’ONU venait de subir un attentat, on allait pas vérifier au moins l’identité du seul mec autorisé à aller interroger l’unique suspect, hein ?

Ben non, hé. Pfff, vous n’y connaissez rien. Vous feriez de piètres chefs de la sécurité de l’ONU, je le sens bien.

Mais alors, qui est-il ce faux-psy ? Rapidement identifié grâce aux caméras de surveillance, il s’avère que c’est un ancien colonel des forces spéciales de Kokovie, qui aurait tué le véritable psy en allant le chercher à l’aéroport (il venait pour l’ONU et une question de sécurité mondiale, mais personne ne l’attendait : il allait sûrement se rendre au QG en Vélib’), avant de cacher son corps dans sa chambre d’hôtel (où je le rappelle, il bricolait aussi des bombes électromagnétiques, toujours sans attirer l’attention). Par ailleurs, on a retrouvé dans sa chambre un masque super réaliste de Bucky Barnes, servant à le faire accuser.

Marvel's Captain America: Civil War Spider-Man/Peter Parker (Tom Holland) Photo Credit: Film Frame © Marvel 2016

J’allais oublier de vous montrer Spiderman. Qui dans cette scène, porte fièrement le bouclier tout propre de Captain America. Alors que logiquement, il est marqué de griffures de Black Panther. Encore un bête oubli, hihihi.

« Hmmm, c’est intéressant comme information » se dit Tony Stark « Quel dommage que Captain America n’ait pas parlé de ce qu’il avait appris, ou que l’ONU se soit curé le nez depuis le début du film au lieu de filer les informations pouvant sauver le monde dès qu’elle les avait« .

Oui. Et puis tiens, quel dommage que Tony Stark, plutôt que de perdre encore du temps à essayer de retrouver la piste de Captain America, ne se rappelle pas qu’ils utilisent le jet des Avengers, probablement conçu par Tony Stark en personne, et qu’il doit pouvoir localiser en environ 8 secondes pour savoir où ils sont. Surtout qu’en face, ils ne risquent pas de savoir pirater ou déconnecter les appareils qui vont bien : Captain America et Bucky nous viennent tous deux tout droit de 1945. Ils en chient déjà avec un Minitel, alors outrepasser les autorisations d’un GPS caché, bon.

Mais Tony Stark n’en fera rien, puisqu’il est con comme une barre à mine. D’où son surnom d’Iron Man, je suppose.

En lieu et place, il se rend à la dernière trouvaille des autorités qui visiblement, ne connaissent pas la crise, à savoir une prison sous-marine de haute-sécurité, où sont enfermés les amis de Captain America. Il va droit vers la cellule du Faucon, et rapidement, sort un brouilleur qui empêche le secrétaire d’état à la Défense (oui, qui était là, ne me demandez pas pourquoi) de l’écouter via les micros dispersés dans la prison.

« Faucon, écoutez, j’ai besoin de votre aide. Je me suis planté, vous aviez raison : le psychiatre de l’ONU était le vrai coupable. Il a posé cette bombe sous les traits de Bucky Barnes pour que l’ONU mette tous ses moyens pour l’arrêter. Cela fait, il n’avait plus qu’à aller le voir dans sa cellule pour lui arracher le secret du centre d’origine des soldats de l’hiver… et aller s’en emparer ! Il nous a tous manipulés, depuis le début ! Dites-moi où Captain America est allé, que j’aille l’aider. »

Le Faucon lève un sourcil.

« Super. Et toutes ces informations, vous ne voudriez pas les donner au secrétaire d’état ? Plutôt que de brouiller ses communications sans raison ? Comme ça, vous n’avez plus de raison de nous retenir, on peut tous aller aider Captain America, et on aura peut-être même le soutien de l’ONU.
– … oui mais ça serait intelligent. Alors que diriez-vous que je continue à faire du n’importe quoi, tout seul et sans raison, que je vous laisse pourrir ici et qu’en plus, vous me donniez les informations que je demande sans même penser à négocier votre sortie ?
– Ah ben oui, tiens, faisons comme ça. Tenez, voici les coordonnées que Bucky a indiquées concernant le centre d’origine des soldats de l’hiver. »

Je vous laisse le soin de noter à quel point toute l’intrigue et les conflits qui pourraient se régler en deux minutes depuis le début ne reposent que sur le fait que les personnages ont peu ou prou le niveau de chroniqueurs de Cyril Hanouna.

Tony Stark prend donc grand soin de ne surtout rien dire aux autorités et d’abandonner tout le monde ici, même en sachant qu’ils avaient raison, puis enfile son armure et part pour aller aider Captain America. Sans remarquer qu’il est suivi de près par le jet de Miaouss, parce qu’un jet environ dix mètres derrière vous, c’est vrai, ça ne se remarque pas. Mieux encore, et parce que l’intrigue n’a strictement aucun sens, tout ce petit monde arrive à l’ancien QG des soldats de l’hiver, au fin fond de la Sibérie… en même temps.

Captain America et Bucky ont sûrement dû faire de sacrées pauses pipi. Ça sent l’infection urinaire, cette affaire.

Captain America et Bucky pénètrent dans le vieux bunker enneigé qui autrefois servait aux soviétiques à créer de super soldats, lorsque soudain, Iron Man atterrit devant eux. Ils hésitent à lui blaster le museau, là, tout de suite, mais celui-ci calme tout de suite le jeu en expliquant que aaaattendez, en fait, hihihi, si on avait parlé juste dix secondes, on aurait jamais eu à se battre. Il faudra que je dise ça à War Machine qui est désormais paraplégique, je suis sûr que ça le fera marrer. Bref, si on allait tabasser le vilain colonel de Kokovie qui a monté tout ce plan moisi, avant qu’il ne réveille les soldats de l’hiver ?

Parce que, oui, il restait bien cinq soldats de l’hiver. Crogénisés. Qui attendaient sagement. Aaah oui, quand l’Union Soviétique s’est effondrée, l’armée s’est barrée à 18 heures à la fin de son service et a tout laissé en plan. C’est connu : une arme secrète ultra-puissante, on la laisse sur place et sans protection, avec un peu d’électricité pour la garder en état de marche, des fois que quelqu’un de mal intentionné veuille s’en servir. Le Soviet est serviable.

Enfin. Je crois que je suis en train d’abîmer mes tympans au son de mes propres soupirs de désarroi.

En tout cas, en arrivant dans la salle des cryogénisés, c’est encore plus débile que prévu. Si. C’est possible.

Car le méchant colonel n’a pas réveillé les soldats de l’hiver cryogénisés. Non, il les a tués d’une balle dans la tête dans leur froid sommeil. Nos héros sont un peu perplexes, et vont s’enquérir de quoi il retourne auprès du colonel en personne, qui est bien à l’abri derrière une vitre blindée.

« Excusez-nous ? Monsieur le méchant colonel ?
– Oui ?
– Dites-nous : si ça ne vous dérange pas, vous pourriez nous dire ce que c’est que ce bordel, là, hmmm ?
– Ah, ça ? Hé bien écoutez, ce sont les soldats de l’hiver. Je les ai butés.
– Mais pourquoi ? Sachant que vous aviez le livret avec les codes d’accès pour les avoir sous votre contrôle ? Comme vous avez fait sur Bucky ?
– Hé bien parce que… je… heu… bon. Ben je ne sais pas trop, en fait. Mais bon, qu’importe, car mon plan est tout autre.
– C’est-à-dire ? On vous laisse le révéler, et puis juste après, on vous meule, si vous êtes d’accord.
– Certainement. Mais d’abord, une petite vidéo. »

Un écran s’allume dans la salle, et apparaît dessus la date d’une certaine nuit de 1991. Il s’agit d’une vidéosurveillance, où l’on voit Bucky, la nuit où il a fait sortir de la route une voiture, avant de tuer ses occupants et de prendre les poches de produit à super soldats dans le coffre. Nous revoyons donc la séquence du début du film, sauf que nous avons désormais des plans supplémentaires qui permettent de voir que… les passagers que Bucky a tués n’étaient autre que les parents de Tony Stark lui-même !

« Ça alors ! s’exclame Tony Stark.
– Héhé, oui, c’est Bucky qui a tué tes parents ! Quelle révélation !
– Non, ça, c’était gros comme une maison. Non, ce qui est étonnant, c’est d’où sort la vidéosurveillance ? Ça se passait sur une route de campagne. On le voit sur la vidéo.
– Heu… peut-être qu’un heu… un écureuil avait… disons… volé une caméra avant de la fixer à un arbre, de revendre la cassette, et…
– En plus, il y a des plans à l’intérieur de la voiture. Vous allez me dire que l’écureuil avait aussi laissé une énorme caméra suspendue dans l’habitacle ? Pour bien voir Bucky tuer mes parents ?
– Ecoutez, oublions les caméras, je crois que c’est juste une autre incohérence de merde, alors si on pouvait…
– … parler de pourquoi mon père, le multimilliardaire Stark, patron de la plus grande agence d’armement au monde, se trimbalait avec un produit révolutionnaire dans son coffre au milieu de nulle part et sans la moindre escorte alors que ce qu’il avait avec lui pouvait changer le monde ? »

Le colonel se frotte le menton jusqu’à l’os tant son désarroi est grand.

Marvel's Captain America: Civil War Steve Rogers/Captain America (Chris Evans) Photo Credit: Zade Rosenthal © Marvel 2016

Je suis tellement déçu que pour la peine, je vous recolle sur les rétines Captain America retenant un hélicoptère à la main.

« Dites, vous ne voudriez pas plutôt vous foutre sur la gueule avec vos copain ?
– Quoi ? Parce que Bucky a tué mes parents ? Je sais qu’il était sous contrôle. Et que ça pousse à faire de sacrées conneries ! Tenez, dans le précédent film, moi-même j’ai été hypnotisé par Witch Lorraine, alors excusez-moi, mais la manipulation mentale, j’en connais un rayon. Je ne peux pas accuser ce pauvre garçon.
– Vous omettez que le film a oublié que Witch Lorraine avait ce pouvoir.
– Aaaaah c’est vrai. Bon, je réagis comme un gros con, alors ? Même si je suis un génie ?
– Tout à fait.
– Soit. »

Tony Stark se tourne, furieux, vers Bucky et lui hurle que tu as tué mon père, et que woh, ça s’fait trop pas. Captain America s’interpose, et c’en est trop pour Tony Stark, qui décide qu’il va les tataner. C’est donc parti pour de la baston sans fin, hop, je te mets une claque, tiens, prends mon rayon, attention, voilà mon bouclier, hep, retire ton poing métallique d’ici c’est pas la cyberfistinière. Après de longues minutes d’un combat aussi dynamique qu’une tirade de Stéphane Guillon, Tony Stark finit en piètre état au sol, meulé, mais vivant. Captain America et Bucky peuvent donc se faire la malle, toujours sans que l’ami Stark pense à les localiser simplement en cherchant où est son jet magique.

Pendant ce temps, à l’extérieur de la base où les débilous s’affrontaient, le colonel méchant qui s’est enfui tranquillement médite en contemplant le pâle horizon sibérien. Lorsque soudain, des pas derrière lui. Le colonel ne sursaute même pas, ne cherchant semble-t-il pas à échapper à son sort.

« Miaouss, c’est vous ?
– Ecoutez, c’est Black Panther, vous commencez à me gonfler avec ça.
– Si vous voulez. Que puis-je pour vous ?
– Je voulais comprendre votre plan. Comment vous en êtes arrivés là.
– Mon plan ? Excellente question. J’étais colonel en Kokovie quand le pays a été attaqué par Ultron. Mon fils, ma femme, j’avais toute ma vie là-bas. Je les ai fait évacuer. Et puis, Iron Man a survolé la voiture. Mon fils l’adorait. Ensuite, dans la bataille… mon fils et ma femme ont été tués. J’étais le seul survivant. Alors j’ai monté tout ce plan pour monter les Avengers les uns contre les autres. Leur montrer ce que c’est, que de perdre sa famille. Les voir se déchirer, eux qui m’ont tant pris. Quant à moi, tout ce qu’il me restait, c’était un message de ma femme sur ma boîte vocale, pour me rappeler le temps heureux où nous étions ensemble…
– Hmmm, c’est super. Mais c’est à chier.
– Ah ?
– Je résume votre plan. Pour pousser les Avengers à se déchirer, vous avez décidé de retrouver la trace de Bucky Barnes.
– Qui était introuvable. J’ai donc fait cet attentat avec un masque de lui pour que l’ONU mette toutes ses forces à sa recherche. Et le retrouve à ma place. Tout se tient, non ?
– Sauf que l’ONU le cherchait depuis des années. Vous ne pouviez donc pas savoir qu’elle le retrouverait en deux heures. D’ailleurs, vous n’aviez aucune raison de le penser puisque c’est absurde. Surtout qu’en plus, l’ONU le mettrait dans une prison de haute-sécurité où il vous serait impossible de vous infiltrer. Sauf si un trou dans le scénario faisait qu’en plein état d’alerte maximal, personne ne vérifiait qui entre dans le bâtiment, ou dans la cellule du détenu en question.
– On m’appelait « Méga Moule » au collège, ça compte ?
– Non. Mais poursuivons : une fois Bucky Barnes retrouvé, vous lui avez extirpé le secret de la base des soldats de l’hiver pour y retrouver la vidéo de la nuit de la mort des parents Stark. Vous n’aviez plus qu’à attendre que Captain America et Tony Stark s’y pointent pour les faire s’affronter. C’est ça ?
– Génial, n’est-ce pas ?
– Sauf qu’à l’origine, ils ne devaient pas arriver ensemble. Tony Stark n’est arrivé au même moment qu’à cause d’une erreur temporelle du scénario. Captain America avait des heures d’avance.  Ils auraient donc dû vous meuler sans que Tony Stark ne soit là. Mieux encore : vous ne pouviez pas prévoir que Tony Stark viendrait, puisqu’ils l’avaient semé.
– Ahaha, je…
– Mais vous savez ce qui est encore plus naze ?
– … non ?
– C’est que vous avez fait tout ça pour informer Tony Stark que Bucky Barnes avait tué ses parents. Sauf que si vous cherchiez la vidéo… c’est que vous le saviez déjà. 
– Ah tiens, oui.
– Donc il suffisait de filer la source par laquelle vous l’aviez déjà appris à Tony Stark. Ho, ou juste de lui dire. Ce qui a l’air aisé, puisque n’importe qui arrive à l’aborder près des toilettes à la sortie d’une conférence. Vous pouviez en fait faire ça en deux minutes, et sans risques.
– Si vous pouviez arrêter d’enfoncer toute l’intrigue de merde, ce serait…
– Ah et puis sinon, autre option : quand vous avez hypnotisé Bucky à l’ONU : vous lui disiez « Révèle la vérité à Tony Stark » et c’était plié. Ou « Pète lui la gueule« . Mais non, vous vous êtes dit que ce serait vachement plus intelligent d’espérer l’hypothétique arrivée de Captain America, Tony Stark et Bucky pile au même moment, dans une base secrète à l’autre bout du monde, pour leur montrer une vieille VHS pourrie issue d’une vidéosurveillance d’une caméra qui ne pouvait pas exister.
– Bon, hé ho, ça va hein, je sais qu’aucun scénariste n’a pensé à relire ne serait-ce que la moindre ligne du scénario ! Est-ce que je vous demande, moi, pourquoi vous êtes en train de me causer alors que vous avez suivi Tony Stark jusqu’ici ? Et que donc, au lieu d’empêcher vos amis de vous battre, juste pour garder une scène de baston de plus, vous avez tranquillement attendu que je sorte dans la neige pour me taper la causette ? »

Miaouss toussote très fort, se met à frotter la neige avec ses papattes pour tenter de recouvrir son propre étron scénaristique, puis, pète cordialement la margoulette au vilain colonel.

Nous suivons ainsi Tony Stark alors qu’il retourne au pays, et que le vil colonel est remis à l’ONU pour être jugé pour ses crimes. L’ami Tony, qui est occupé à aider son ami War Machine à remarcher en lui ayant bricolé un exosquelette pour ses jambes, papote tranquillement lorsqu’on lui livre un mystérieux colis. Qui s’avère provenir… de Captain America lui-même. Il y a là un téléphone portable pas tout jeune (Captain America aime les clapets), ainsi qu’une missive signée de la main dudit super héros.

Chaire Toni,

Je sé qu’on sé quité fachai. Mais tu sé, sé pa grave, parsse que toi et moi, on veux la justisse tout lé deu. Je sui désolai pour té paren, mé bon, tu sé, cé Buki, il é un peu con, et pi en plus, il été zipnotisé par lé cocos. Bréf, tout sa pour te dir que jé fé évadé mé copins de la prison supair sécurizé soumarine ou k’ils été. Mai ke bon, si un jour, tu a besoin de moi, ou de ma bande, tu peu utilisé ce téléfone, et je viendré te sauvé lé miche et boté dé cu. Désakor ou non. Parce ke la justisse trionfe toujour. L’ortografe, moin souven. Mé cé la faute à Buki, pascal école, il m’enpéchai d’écouté la métresse. Il fouté le zoum près du poaile, on lapelé « L’hyperactif de l’hiver », alors k’en plus, méme en autone…

Tony Stark saute quelques lignes.

… slipe sur la tète. Bref, an tout ka, tu peu conter sur moi.

A bienteaux,

Bizou

Captène Murica

Tony Stark a donc un franc sourire. Et réalisant que le Captain est toujours un vrai ami, il prétend être très occupé lorsque le secrétaire d’état à la Défense l’appelle pour lui annoncer que Captain America vient de faire évader tous ses amis de la fameuse prison sous-marine, et qu’il aurait bien voulu que Tony se lance à sa poursuite.

« Tiens mais d’ailleurs, pourquoi on ne les a pas relâchés, maintenant qu’en plus, on a arrêté le vrai méchant ? » s’étonne Tony.

Mais avant que qui que ce soit ne puisse pleurer un peu plus de cet énième raté, l’écran vire au noir et…

… FIN

Et comme il se doit, il y a bien une séquence post-générique. Durant laquelle nous retrouvons Captain America avec Miaouss, dans la base secrète de ce dernier, au Wakanda. Bucky est avec eux et a décidé de leur demander de le recryogéniser en attendant le jour où plus personne ne pourra lui laver le cerveau simplement en répétant la séquence dix-neuf, choucroute, ministre, #lescompétencesdabord, expression faciale, Nicolas Cage. Il est donc transformé en bâtonnet de poisson surgelé, pendant que Captain America et Miaouss dissertent sur ce que réserve l’avenir, et que la caméra ne nous montre le splendide décor du Wakanda, ce qui laisse deviner que nous aurons Miaouss, le film.

J’en rêve déjà.

Pas vous ?

__________________

En guise de conclusion, une information cruciale :  si j’en crois Allociné, Télérama a donné 4 sur 5 à ce film.

Alors que même Télé 7 Jours et Métro ont été plus sévères.

Je crois que la centrifugeuse fécale qu’est devenue la critique professionnelle vient de passer un nouveau cap.

112 réponses à “Captain America : une guerre fort civile

  1. Bonjour Odieux, je vous suis depuis un moment, et j’adore ce que vous faites. Je jette une petite ligne pour vous dire, en toute amicalité, que je ne vous ne ai pas reconnu pas, vous et votre cynisme hors-pair, dans ce spoil. J’espère que la franchise Marvel ne vous ai pas trop lobotomisé, et souhaite de tout coeur vous retrouver en pleine forme pour un prochain voyage dans le désastre scénaristique.

    Un grand salut !

    Un passant.

  2. Bonjour, Odieux. sauf erreur de ma part et pour en avoir lu quelques uns, les toiles d’araignée de spiderman ne font pas partie de sa mutation ; peter parker est obligé de confectionner son produit. c’est vrai que c’est con, finalement, on aurait pu l’appeler l’homme lézard (capacité à marcher sur les murs, agilité, force, etc.) mais c’était déjà pris par un méchant de toute façon.
    après, il y a beaucoup de versions différentes mais si je me rappelle bien, on voit souvent le petit peter pigner, à ses débuts, de la qualité maison de ses toiles.

    faites moi savoir si je me trompe et que j’ai mal lu !

  3. J’ai passé mon temps à osciller entre rire et pleurs devant une telle stupidité…

  4. C’est marrant de s’offusquer devant des gars qui courent plus vite qu’une voiture, ou qui arrêtent un hélicoptère avec les mains (je suis pas sûr que ça soit si dur que ça par rapport à d’autres « prouesses », la force déployée par un hélicoptère est bien moindre qu’un réacteur ou un camion), mais c’est bien pire quand les mecs se réceptionnent après des chutes de plusieurs étages depuis des immeubles ou des hélicoptères, des impacts qui auraient du les tuer depuis longtemps (mention spéciale à la baston finale Iron Man vs Captain) ou des G qu’ils se prennent dans les dents (Iron Man et War Machine).

    Sinon outre les erreurs de continuités temporelles et géographiques qui font mal à la tête tant elles ne sont pas cachées, il ressort tout de même que ce n’est pas un film, mais une suite des scènes de baston dont on prend un prétexte pour justifier l’enchaînement. Un peu comme un jeu vidéo où on saute les cinématiques intermédiaires.

  5. Bon moi j’ai bien aimé le film très personnellement.
    Mais j’étais dans une rage immense pendant tout le film due à la stupidité de Captain America. Je ne peux pas croire que cet abruti n’ait rien dit en effet durant tout le long du film à personne. Ensuite qu’il veuille encore aider Bucky alors qu’il sait qu’en entendant dix-neuf, choucroute, HLM et SNCF il devient une machine à tuer (faudrait pas tomber au milieu d’une conversation d’agriculteurs, ça pourrait mal tourner). Ce gars ne veut pas obéir aux ordres alors qu’il vient de l’armée. Pas mal comme émancipation.
    Ensuite je crois que j’ai été la seule personne choquée de voir que tout le monde taclait Tony Stark même quand ils sont en taule alors qu’à cause de leurs conneries, War Machine est paralysé quand même. Et tout le monde s’en fout en plus.
    « -c’est pas gentil de votre part Stark !
    -Mon meilleur pote a plus de jambes abruti
    -Z’êtes un sacré connard quand même  »
    Enfin voilà. Puis la sorcière… On va en rester là.

  6. La caméra avec zoom et gros plan en raze campagne… Encore ces sacrés écureuils!

  7. Bah ouais faut accepter l’impasse scénaristique pour apprécier ce genre-là. Tout le monde se rend compte que le scénar est écrit avec les pieds – ce qui a bien le défaut de ruiner tout ou partie de l’effet dramatique.

  8. Jamais lu un article pareil. J’ai du jouir au moins 3 fois. Mouais, comme entrée en matière on a vu mieux je le concède. Un style d’écriture inimitable, un vocabulaire fourni ET fleuri… Non sincèrement j’adresse toutes mes félicitations à M. Connard, je couche des articles sur papier moi-même de temps à autre, et cette lecture me tire vers le haut, me donne de nouveaux objectifs quant à la réalisation d’un article digne de ce nom.. Une sacrée découverte!! Quand la pertinence et l’impertinence se mêlent, ça donne un odieux connard!! BRAVO!!!

  9. tres bon article Mr odieux conard,
    ils resument les incoherences du film , film basé uniquement sur les scénes des combats baston A+B contre C , puis B+C contre A, et A+C contre B…..

    la pire incohérence etant celle d’ant man : il devrait logiquement conserver sa masse ,
    donc lorsque l’on lance ant man sur la pointe d’une fleche de toupourix la fleche, l’arc tombent.
    pareil , une fois devenu immense, les efforts aux niveaux des lombaires, abdominaux, lorsqu’il bouge ses bras de 10m (les contraintes fonctionnent avec le carré du porte à faux des bras sisisisi) les efforts aux niveaux des articulations sont multipliés par 100…. resultats ? dechirure ligamentaire assurée ….,
    pareil lorsqu’il tombe sur le sol , on peut le noyer dans le platre…

    • En fait, ils auraient dû retirer la partie « ça n’influe pas sur ça masse », et ça serait mieux passer. Ironiquement, à une expo sur les Avengers, ils étaient pas forcément loin de la vérité en affirmant que le costume d’Ant-Man interagissait avec le boson de Higgs (qui donne leur masse aux particules). Mais bon, ce sont pas des flèches en sciences, et ce, depuis les comics

  10. Salut,
    Comme toujours, tes articles sont très détaillés ; merci pour toutes les infos. J’aime beaucoup ton blog. J’ai aussi vu ce film et je le trouve génial, après la grosse déception de « Avengers : l’Ère d’Ultron », ça ne pouvait qu’être mieux.

  11. Le problème avec ces films, c’est le scénario ne peux qu’être tordu tellement leur pouvoirs sont énormes et différent celon les besoins du scénarios.

  12. « […]un gros monsieur en costume de félin.

    « MIAOUSS ! » s’exclame Bucky. »

    😂😂😂😂😂😂😂

  13. Il se trouve qu’il y a un laboratoire P4 plus au moins au cœur de Lyon, contenant des virus pas drôles comme la peste.
    Et oui, c’est une idée de merde de pas l’avoir déplacé.

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