Anges & Etrons

Je le déteste déjà.

Il a l’air bête, là, assis au premier rang, m’observant de ses grands yeux ronds mis en avant par cette monstrueuse monture noire supposément à la mode. Dans son regard, je peux lire qu’il a déjà une de ces idées. Une de ces pensées stupides qui lui viennent tout droit d’univers où la raison et la logique appartiennent au royaume du mythe. Il réajuste son pull, et montre quelques signes d’impatience dans l’attente que je finisse mon propos. Il a cet air mi-chafouin, mi-stupide que portent les gens persuadés d’avoir quelque chose de très intelligent à dire, mais qui ne s’apprêtent en réalité qu’à transformer l’air de leurs poumons en vide intellectuel par la magie de leur phrasé. Dans son cas, et vu sa tête, je parie qu’il a une « question ricochet » en tête : une de ces interrogations que les fats posent, non pas par intérêt pour la réponse, mais uniquement pour rebondir sur cette dernière pour étaler leurs connaissances.

Dans cette salle, ils sont quelques dizaines d’étudiants à griffonner quelques notes sur le propos que je tiens, plus intéressés par la potentielle carte de visite que je pourrais laisser pour un stage en fin de cours que par l’essence de mon propos , que la plupart se contenteront de bachoter avant leurs examens en faisant fi du fond. Sans perdre le fil de mon propos, et notant par la fenêtre le soleil descendant doucement derrière de lointaines collines, colorant d’orange les silhouettes éloignées de lourdes bâtisses champenoises,  je me décide à passer à la fin traditionnelle de tout discours estudiantin qui se respecte :

« Avez-vous des questions ?« 

Deux mains se lèvent ; le type du premier rang et une jeune fille au fond. Notant que la seconde semblait plus plaisante que le premier, il convenait de faire passer en priorité le supplice : la parole allait donc à Monsieur, pour peu qu’il ne la garde pas trop longtemps.

« Oui ?
– Tout à l’heure vous parliez des techniques de conservation scientifique du patrimoine mobilier et je…
– Venez en au fait.
– Bin… je peux vous poser une question bête ?
– Il n’y a pas de question bête. Seulement des imbéciles.
– Heu… c’est-à-dire que je me demandais : vous en pensez quoi, du système de conservation des archives du Vatican ? »
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Ça y est, il a son sourire débile. Il veut me parler des archives du Vatican, et se moque bien de la réponse. De toute manière, je ne suis pas sûr que ma réplique lui convienne : tout ce que j’ai retenu de mon dernier déplacement aux archives du Vatican, c’est une sombre histoire impliquant du GHB, du vin de messe et la rupture des voeux de soeur Graziella de Modène. Les cartons d’incunables, présentés par un clerc fripé, je n’en ai qu’un souvenir lointain. Bottons en touche.

« Disons que la qualité de la conservation n’est pas forcément à la hauteur de la valeur des archives, pourquoi ?
– Non parce que je voulais savoir – dit il avec un air de Monsieur-je-sais-tout – ce que vous pensiez des systèmes de vase clos avec oxygène limité, mais je vois que vous ne connaissez p…
– Holà, du calme mon bonhomme : vous avez lu Dan Brown ?
– Oui, justement, c’est dans Anges et Démons, il explique que…
– Vous croyez ce qu’il écrit ?
– Bin, quand même, c’est précis, il a fait des recherches, et puis il a marqué en préambule du Da Vinci Code qu’il se basait sur des faits, et que…
– Ok, des faits ? Donc des trucs cohérents ?
– Oui, même s’il imagine l’intrigue, ça reste quand même un maître en la mat…
– Mademoiselle, vous aviez une question ? Vous pouvez la garder 30 secondes s’il-vous-plaît ? Je raconte le film au neuneu du premier rang histoire de lui montrer ce que c’est qu’un « maître en trucs cohérents ». Je suis à vous tout de suite après. »

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Non mais c’est vrai, quoi : spoilons mes bons !

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L'affiche : Que nous cache le Vatican ? Mais, du pognon, bien sûr. Non ?

Tout commence lorsqu’une voix off de journaliste dépressif nous annonce une terrible nouvelle : le pape est mort. Partout dans le monde, les catholiques pleurent à chaudes larmes la perte du VRP de Dieu, parti retrouver sa hiérarchie. Aussi, comme le veut la tradition, l’Eglise procède à la destruction de l’anneau du défunt pape (l’une de ses nombreuses bagouzes de gangsta-pape) à coups de burin, car comme chacun sait, le clergé a toujours eu un truc pour buriner de petits anneaux innocents. Une fois cela fait, nos amis les clercs sortent la dépouille du mort et la promènent en grande tenue sur la place Saint-Pierre, où des milliers de pèlerins sont réunis pour prier pour l’âme du vieux monsieur et renifler les effluves du mort. La voix off poursuit son explication : désormais, le siège papal va être vide pour une durée de 9 jours, puis aura lieu le conclave, où les cardinaux éliront un nouveau pape, et tout le monde pourra chanter le thème du Roi Lion devant le balcon où le nouveau souverain pontife recommencera le cycle de la vie.

Mais quelques jours plus tard, dans un célèbre accélérateur de particules franco-suisse, le professeur Vittoria Vetra, qui comme son nom l’indique, nous vient du pays du spaghetti, disserte avec ses collègues français : ça vous dirait pas qu’on mette un macaron ou un sac à main dans l’accélérateur pour voir ce que ça fait ? Ses collègues l’envoient passablement chier, car Vittoria est persuadée d’une chose : ses idées géniales permettraient de créer de l’antimatière. Et d’y observer le fameux Boson de Higgs, aussi appelé « Particule de Dieu » par les scientifiques les plus farceurs. Et ça tombe bien puisque scientifique farceur, il y a dans ce centre de recherche : le père Silvano, curé biclassé physicien, qui est bien décidé à observer cette fameuse particule. Aussi, dans un bureau reculé, installé sur une dérivation de l’accélérateur de particules, il a mis au point trois flasques capables de recueillir de l’antimatière lors de la prochaine accélération qui doit avoir lieu sous peu. Et lorsque l’expérience se lance, en effet, il constate que ça marche : il voit quelque chose apparaître dans ses flasques (qui sont bien évidemment en partie transparentes, hein, sinon ce ne serait pas spectaculaire, et en plus, l’antimatière, ça prend la forme d’une sorte de forme éthérée en mouvement constant, manquerait plus que ce soit moche). C’est donc un peu la grosse fête, et il appelle sa copine Vittoria pour lui dire que leur expérience a réussi, que c’est trop super, et que du coup, ce soir, il romprait bien son voeu de célibat.

Trop heureuse de défroquer un prêtre, Vittoria se rue vers le bureau de son ami, le coeur en joie, et ne s’attarde que pour ouvrir les portes verrouillées par un contrôle rétinien ; sauf qu’à la dernière porte, celle menant au bureau du physicien-curé, elle constate qu’il y a un peu de sang sur le scanner de rétines. Ho ? Quelqu’un doit avoir une grosse conjonctivite, se dit-elle ; mais quelques mètres plus loin, elle tombe sur un globe oculaire attendant patiemment qu’on le ramasse au sol. Berk ! Se dit notre héroïne avec raison, tant la chose n’est guère hygiénique. Mais à qui peut bien appartenir cet oeil ? Serait-ce une relique de la famille Le Pen ? Nenni : la chose appartient au bon Silvano qui gît dans son propre sang au milieu de son bureau ; Vittoria l’avait toujours soupçonné d’avoir un oeil baladeur, mais à ce point, jamais. Elle se met donc un peu à paniquer et appelle à l’aide, ne remarquant que brièvement que l’une des trois flasques de la précieuse antimatière, recueillie par Silvano, a disparu.

Si vous avez bien suivi ce récit, vous noterez que Vittoria a vu du sang sur le scanner rétinien menant au bureau de son vieil ami. Et a trouvé le globe oculaire plus loin sur sa route, une fois passée la porte sécurisée, ce qui signifie que le tueur, pour accéder au bureau du curé et le tuer, avait déjà avec lui l’oeil du vieil homme ! L’intrigue commence très fort, ma foi.

Mais laissons tomber ces évènements sans grande importance, et allons plutôt retrouver Robert Langdon, le plus célèbre expert en symbologie du monde, qui dernièrement, souvenez-vous, avait retrouvé la tombe de Marie-Madeleine pile en dessous de la pyramide du Louvre et obtenu toutes les preuves qu’elle aurait dû être la première papesse en lieu et place de Pierre, et que l’Eglise était donc basée sur un mensonge. Mais malgré les mille aventures traversées pour obtenir cette révélation, il avait préféré ne rien dire et retourner écrire des livres rébarbatifs à Harvard, vendus à 7 exemplaires de par le monde. Et c’est à l’université que nous le retrouvons donc, en train de tremper son gras dans la piscine locale. Mais alors qu’il tente de faire la célèbre nage du petit chien, il est dérangé par un policier du Vatican, qui vient contraster de son costume italien le petit slip moulant de notre héros. L’homme de loi, que nous appellerons Bob, souhaite parler des Illuminati à l’ami Langdon. En effet, ce dernier a fait paraître un ouvrage sur le sujet, mais n’a jamais pu écrire la suite, puisque le Vatican lui a interdit l’accès à ses archives, indispensables à toute bonne rédaction. Bref, mais quel est le problème, avec les Illuminati, au fait ?

Et bien c’est simple, explique Bob : cette nuit, 4 cardinaux ont été kidnappés au Vatican, sans que personne ne remarque rien (mais ça n’a pas l’air de le choquer). Et une mystérieuse vidéo a été envoyée, dans laquelle des personnes se revendiquant des Illuminati annoncent qu’ils vont en buter un par heure à partir du soir même, 20h. Non, ils ne disent pas « on veut une pizza et un hélicoptère, sinon on les bute« , non : dotés d’un formidable esprit de synthèse, les brigands vont directement à la case « on les bute« , seule partie de la phrase qui les intéresse. Les coquinous.

 

Robert ne négocie pas avec les terroristes qui ne négocient pas

Et le Vatican a beau ne pas trop aimer Langdon qui farfouille un peu trop dans leurs terribles secrets, le clergé l’y invite en jet privé pour les aider à régler cette affaire ; voilà qui est bien urbain (attention, un jeu de mot sur un pape célèbre se cache dans cette phrase, sauras-tu le retrouver ?). Arrivé à Rome, Bob annonce à Robert qu’il compte bien trouver et tuer tous les Illuminati : voilà qui est subtil et délicat. Mais Robert, qui a l’esprit noble, ouvert et grand, en un mot, américain, explique que c’est bien parce que l’Eglise a toujours pensé comme ça que les Illuminati se sont radicalisés : à la base, ils n’étaient que des scientifiques soucieux de faire triompher la pensée scientifique sur le dogme religieux. Grand mal leur en a pris puisque moult d’entre eux finirent en merguez médiévales, puisqu’à l’époque, c’était l’Eglise qui gérait la fête de l’Huma.

Mais l’heure est déjà avancée avec tout cela, et aujourd’hui est jour de conclave : à Rome, devant la basilique Saint-Pierre, on disserte grave entre cardinaux : les 4 d’entre eux manquant à l’appel étaient les favoris pour l’élection ; voilà qui va poser problème, puisque sans les chouchous, on peut pas travailler. Tout le monde pleure donc que du coup, l’élection va être trop compliquée, et tout, puisqu’il n’y a personne à élire (notez que les cardinaux sont cons : voilà l’occas’ de leur vie pour devenir le boss des catholiques, et ils se contentent de geindre genre « Ho non, c’est trop dur, l’un d’entre nous va pouvoir devenir pape, c’est trop dur à vivre !« ). Le cardinal désigné comme grand électeur (qui dirige un peu la séance mais ne peut être élu pape en conséquence), Strauss, explique donc au père Siméo, un haut-cadre du Vatican, que toute cette histoire de disparition doit rester secrète pour l’instant. Sinon, ce sera un sacré bordel dans toute la cité, et Vatican et bordel n’ont jamais fait bon ménage (à part du temps de Jean XII, pape célèbre pour avoir un peu trop couru la gueuse, mais je m’écarte)

Et ça tombe bien, puisqu’en parlant de bordel au Vatican, Langdon arrive enfin : accompagné du commandeur Jim (non ce n’est pas son nom véritable, mais il y a trop de noms italiens dans ce film, alors je censure, ah mais), le supérieur de Bob, il se rend au QG des gardes suisses pour y rencontrer leur chef suprême : Richter. Car au Vatican, il y a deux polices : les gendarmes (Jim & Bob) et les gardes suisses (Richter), les seconds s’occupant uniquement de la basilique Saint-Pierre et du pape, qu’ils protègent en aveuglant de potentiels assaillants à l’aide de leurs tenues bariolées, provoquant des crises d’épilepsie chez les malandrins les plus tenaces. Alors, à noter que le QG des gardes suisses est un monument de décalage spatio-temporel : on y trouve des rangées de hallebardes, d’épées, d’arbalètes et de mitrailleuses lourdes. Non parce que des fois, la mitrailleuse lourde, c’est un peu léger, alors autant aller chercher une bonne vieille hallebarde à l’armurerie. Bref, passons : en tout cas, au QG, outre donc la bande des officiels des forces de l’ordre, il y a une femme qui patiente : Vittoria Vetra, la scientifique qui s’amusait à accélérer des particules sur son temps libre. Que vient-elle faire là ? C’est très simple : Richter explique que quelqu’un a volé une caméra de sécurité du Vatican (… je… voler une caméra de sécurité ?), et l’a placée dans un endroit inconnu (et oui, c’était une caméra de sécurité sans fil, parce que sinon, suffisait de longer le câble. Et essayer de localiser son signal, non ? Pas envie ?), où elle filme… une flasque contenant de l’antimatière ! Ne me demandez pas comment les gardes suisses ont pu identifier de l’antimatière sur une caméra de sécurité et non juste s’exclamer « Qu’est-ce que c’est que cette merde ? » (ils sont probablement tous doctorant en physique), en tout cas, tout de suite, pif pouf, ils ont su qu’il fallait appeler Vittoria qui confirme : « Ah bin oui, c’est l’antimatière qu’on m’a volé ! Les petits amis, j’ai une mauvaise nouvelle : quand il n’y aura plus de batterie dans la flasque pour stabiliser son contenu, elle explosera et rasera tout le Vatican, ce qui serait tout de même ballot« . Et quand est-ce que ça arrivera ? « Nos batteries durent 24h : elle sera vidée à minuit pile.« . C’est précis, comme estimation, ma petite Vittoria. Tu me permets que je m’attarde sur ton raisonnement (et le verbe « attarder » s’applique particulièrement bien pour le coup).

24h ? Ça signifierait que la flasque a été volée la veille à minuit pile ? Sachant qu’on a vu la scène du vol, que c’était en Suisse (donc pas vraiment de décalage horaire) et qu’il faisait jour ? Expliquez-moi donc ce mystère. Par ailleurs, c’est quand même bien fait : les Illuminati volent une flasque d’antimatière, et incroyable coup de bol, elle contient juste assez de batterie pour péter le jour où ils veulent, au moment où ils veulent, c’est-à-dire ni minuit douze, ni 23h52 : minuit pile ! Ah, c’est sûr que ça a plus de classe, puisque ça colle parfaitement à leur plan : tuer 4 cardinaux, 1 par heure à partir de 20h, et à la 5e heure, faire péter le Vatican. Ils auraient volé une bombe avec une batterie qui n’aurait pas lu le script, elle leur pétait au nez à 21h31 et ça pourrissait toute l’affaire. Quelle chance, quand même.

En tout cas, outre cette vidéosurveillance constante de la bombe, sorte de télé-réalité pour talibans, nos gardes suisses ont aussi un autre truc intéressant : une vidéo envoyée par les Illuminati, dans laquelle ils montrent bien avoir en leur possession les 4 cardinaux, et profèrent des menaces à base de « le Vatican sera détruit pas la lumière de la science » ou « On va vous marquer les fesses au fer rouge« . Sur le coup, ça ressemble juste a du charabia de mystique, mais c’est sans compter sur la présence de Robert Langdon qui déchiffre tous les messages grâce à ses puissantes déductions à base de fumage de ganja. Et ainsi donc, il se souvient que les Illuminati utilisaient autrefois des passages secrets reliant le Vatican qu’ils tentaient d’infiltrer à une ancienne église… mais personne n’a jamais su quelle était cette église où ils se réunissaient. Or, Langdon pense qu’il y a trace de ce lieu dans un écrit de Galilée, Illuminati de son état, stocké dans les archives du Vatican. Et que ça doit être là que les Illuminati vont agir !

 

Dans les archives du Vatican, on trouve des tonnes de petits globes pour la déco : sachant que l'Eglise n'a reconnu que la Terre était ronde que depuis quelques années, c'est intéressant.

Hmm ? Vous dites ? « Pourquoi personne ne pense à consulter les caméras de surveillance, puisque bon, les 4 cardinaux ont quand même été kidnappés au sein du Vatican, donc ça a dû se voir un mec qui fait 4 allers retours pour attraper 4 clampins ?« . Bonne question. Je me la pose aussi. Et « Ah ouais, un passage secret reliant l’église des Illuminati à celle du Vatican ? La sécurité doit quand même connaître ces passages, c’est son boulot : pourquoi ne les fouille t-elle pas ?« . Chut. Chut. C’est du Dan Brown, des millions de gens trouvent que c’est un maître de l’intrigue, alors merci de ne pas les contredire.

En tout cas, Langdon a besoin de l’autorisation du pape pour consulter les archives du Vatican… or, depuis qu’il est un peu mort, le pape signe relativement peu de documents, le chafouin : heureusement, un homme est le dépositaire de son autorité en son absence, un simple prêtre, le père Patrick McKenna, le camerlengo du pape (le chambellan, quoi). A noter qu’il est joué par Ewan Mc Gregor. Hmmm, le genre de mec qui ne prend pas un petit cachet et qui ne peut donc pas prendre un petit rôle : toutes mes billes sur lui que c’est le chef du complot. D’ailleurs, il n’est pas du tout suspect : quand Langdon vient le trouver pour lui parler des Illuminati, McKenna explique que lui aussi avait pensé exactement à la même chose, et qu’il avait aussi dans l’idée qu’il y avait des indices dans les écrits de Galilée pour trouver où les Illuminati allaient agir.

Ouais. Donc, tu avais tout deviné, mais tu as décidé de ne pas en parler à la sécurité. Richter, Jim, un commentaire sur le terme « rétention d’information » ? Rien ?

Par contre, il propose une super idée à la troupe : hey, sur la vidéo, on voit bien que la flasque est éclairée par une lumière artificielle : il suffit de couper le jus dans tous les quartiers du Vatican un par un, et quand ça s’éteint sur l’écran, et bien on saura déjà un peu mieux où l’engin pourrait se situer. Ce sera plus rapide que de fouiller toute la sainte cité !Excellente idée ! Bon, sauf qu’au Vatican, on est un peu bête : plutôt que de couper le jus par « grands groupes » (genre à 50% du Vatican, puis aux autres 50% pour voir quand ça s’éteint) pour procéder intelligemment (« Ah, maintenant, on sait dans quelle moitié c’est ! Maintenant, coupons le jus à la moitié de cette moitié pour voir, puis à l’autre… etc« ) en allant toujours vers des zones plus petites, non, ces gros blaireaux décident de couper le jus salle par salle (et de préférence, toujours dans celle où les héros sont, quelle coïncidence), sur des milliers de salle, en laissant bien éteint 10 vraies minutes à chaque fois. Excellent plan. D’ici 3 ans, ils auront sûrement fait le tour.

Le chambellan demande aussi à Vittoria si quelqu’un d’autre qu’elle et le défunt Silvano étaient au courant de leurs recherches sur l’antimatière : non, répond la belle (à part peut-être tous les scientifiques du centre, à qui tu en parlais au début du film, ma petite, soit plusieurs centaines de personnes), avant d’ajouter que Silvano tenait des cahiers où il consignait tout… et qu’elle peut les faire venir de Genève en une heure vu l’urgence. Soit ! Tant qu’elle ne passe pas par la Poste, elle a une chance, car sinon, 2 papes auront eu le temps de régner avant qu’elles n’obtiennent son colis. Enfin, Patrick s’adresse à Robert, et lui demande s’il a la foi : ce dernier botte en touche d’un « Je n’ai toujours pas eu cette joie » (je vous ai dit qu’il était américain) ; en conséquence de quoi, satisfait de cette réponse, le chambellan lui donne autorisation d’aller aux archives du Vatican : l’excitation qui découle de cette nouvelle coûte son intégrité à un slip du professeur Langdon. Ce dernier (Langdon, pas le slip) s’éloigne donc tout pimpant vers la salle des documents secrets du Vatican, emmenant avec lui Vittoria, qui n’a pas l’autorisation d’y aller pourtant, mais tout le monde semble s’en accommoder : c’est le seul personnage féminin du film, on va pas la virer.

Mais ce n’est pas pour autant que Patrick McKenna a le temps de se reposer : il doit s’en aller discuter avec Strauss, le grand électeur du conclave, pour lui annoncer qu’il y a une bombe au Vatican et qu’il vaudrait mieux reporter l’élection, et faire évacuer la place Saint-Pierre. Mais Strauss a réponse à tout, puisqu’il souligne que la mort éventuelle de milliers de gens n’est pas un problème : après tout, n’irons nous pas tous au paradis ? Allez, assez de discussion : comme le veut la tradition, Strauss demande à McKenna de verrouiller la salle du conclave pour laisser les cardinaux seuls : ils n’auront le droit d’en sortir que lorsqu’ils auront un pape, et personne n’a le droit d’y entrer une fois les portes fermées. Etant donné l’âge des cardinaux, il faut juste espérer que leur prostate ne les titille pas alors qu’ils sont tous enfermés, sinon, il n’y aura pas vraiment « d’odeur de sainteté« .

En parlant de vieux trucs, quid des archives du Vatican ? Et bien, visiblement, on ne rigole pas avec la conservation (dans ce film en tout cas) : c’est ultra-moderne, bourré de vitres de sécurité, et ça se compose de centaines de petits aquarium clos contenant quelques rayons d’archives chacun alimentés juste au minimum en oxygène pour ne pas endommager les livres (je me permets de préciser : dans le monde réel, c’est un poil différent) ; Robert en est tout fou. D’ailleurs, l’heure qui avance et l’imminence de la mort de cardinaux ne semble pas trop le brusquer : il continue d’échanger des anecdotes historiques pour étaler sa culture avec sa nouvelle copine Vittoria, qui bien évidemment, elle aussi, a une passion pour l’histoire de l’art et l’histoire tout court, ce qui donne des dialogues passionnant à base de « Haaan, toi aussi t’as lu Galilée ? Moi je kiffe trop, il a grave du style tu vois ! C’est mon deuxième auteur préféré derrière Stephenie Meyer« . Hé bé. Et justement, en farfouillant dans un bouquin de Galilée, que comme d’habitude, Langdon a deviné qu’il fallait consulter grâce à la magie de ses déductions improbable (« ouais là il y a écrit 5 mais à l’envers ça fait S, S comme Salomon, qui lui même était juif, juif comme Jésus, Jésus comme la chrétienté, chrétienté comme l’accès au ciel, le ciel comme l’astronomie, l’astronomie : Galilée ! » ou des trucs du genre), ils trouvent un mini-filigrane quasi-invisible écrit en anglais s’il-vous-plaît (Galilée avait prévu d’être lu par Robert Langdon, tout le reste étant en latin), contenant moult informations : allez hop ! Vittoria arrache la page (… tu pouvais emporter le livre qui est tout petit en plus, sinon, hein ?) pour aller plus vite, au motif que merde, des cardinaux vont mourir, il faut se dépêcher.

Dixit celle qui échangeait des anecdotes niaises avec notre héros il y a 2 minutes.

 

Nos héros sont pressés : Robert tente la technique du petit lapin

En tout cas, la piste obtenue grâce à ce filigrane, qui contient bien évidemment une énigme, les mène tout droit à une chapelle réalisée par le célèbre Raphaël ; mais nous sommes dans un film où des gens risquent de mourir ! Aussi, si leur mort était programmée pour 20h, à quelle heure arrivent nos héros ? 19h59 bien sûr ! Sinon, il n’y aurait pas de prétexte pour courir partout en glapissant. Hélas, malgré tout, une fois dans l’église, ils ne trouvent qu’un petit passage secret menant à une pièce où les attend le corps déjà rempli de terre d’un cardinal ; ils arrivent trop tard, l’homme est déjà mort, tant il est vrai que l’être humain est très mal conçu pour respirer de la terre. Sur son torse on peut lire, marqué au fer rouge, le mot « Terre ». Vittoria et Robert sont bien embêtés d’arriver trop tard et Roro martèle le sol de désarroi. Mais sa petite colère ranime en lui la flamme du combat : l’enquête doit continuer, il y a encore trois mecs à sauver ! Et le prochain meurt dans une heure ! Vite, un indice !

Pas de problème : dans la chapelle, il y a une statue qui montre quelque chose du doigt. C’est FORCEMENT un indice, ça ne peut pas être juste une statue : n’oubliez pas qu’on a affaire à des spécialistes de l’histoire de l’art, la lie de l’humanité qui voit des messages, des codes et des interprétations dans la moindre ligne droite. Alors, que peut bien pointer ce doigt ? Forcément un monument, ou un objet ! Jamais un artiste n’aurait idée de faire autrement. Et si on suit le doigt en ligne droite sur 3 kilomètres (véridique), il montre… la place Saint Pierre ! Vite, direction le Vatican, le prochain meurtre aura lieu là-bas ! Et sur place, il faut trouver une statue ou un bas-relief réalisé par le même sculpteur selon Langdon (car non, le sculpteur ne pouvait pas désigner une oeuvre faite par un autre, il était trop égocentrique) ; or, à quelle heure nos héros arrivent ils sur la place ? 20h58 (non, j’insiste : je n’invente pas, c’est marqué sur l’écran) : « Vite, on a deux minutes pour sauver le cardinal » s’exclame Robert sur la place bourrée de pèlerins. Oui enfin Robert, sans vouloir te vexer : le dernier cardinal, il avait l’air mort depuis un bail, hein, donc je suis pas sûr qu’ils tuent à heures fixes, les malandrins : ce sont des assassins, pas des horloges parlantes.

A noter que Richter, qui jusqu’ici, refusait simplement de rouler vite en voiture lorsqu’il conduisait Langdon pour « ne pas attirer l’attention de la presse » (car la presse surveille probablement toutes les voitures noires de Rome) ne trouve aucune incohérence à faire entourer toute la place de snipers bien en évidence pour rechercher dans la foule le cardinal et son ravisseur. Discret, en effet. Langdon, trouve au sol, malgré la foule,  un bas-relief d’Eole faisant donc référence à l’air, le prochain élément après la terre ; il subodore ainsi que le meurtre devrait se passer dans le coin… et effectivement, lorsque 21h sonne, la foule découvre, car personne ne l’avait remarqué, au pied de l’obélisque de la place, un cardinal se vidant de son sang, les poumons perforés et « Air » au fer rouge sur le torse : Vittoria en déduit que ça doit être un fan du groupe. Mais sinon, oui, le mec est le seul dans un rayon de 5 mètres autour de l’obélisque, pisse le sang, meugle un peu, et sur les milliers de pèlerins et la cinquantaine de snipers, personne n’a rien vu. Ce n’est plus un tueur qui opère, c’est David Copperfield.

Quelques temps plus tard, nous retrouvons Patrick McKenna dans ses bureaux, qui a regroupé autour de lui Langdon, Vittoria, le commandeur de la gendarmerie Jim et le chef des gardes suisses Richter. Il explique que sur le corps du cardinal, une lettre a été trouvée, expliquant que le pape n’était pas mort naturellement et que les Illuminati revendiquaient en plus son décès ! D’après eux, ils auraient surdosé les médicaments qu’il prenait. Hmmm, c’est très vilain ! Et ce qui est plus curieux, c’est que personne ne savait que le pape prenait des médicaments, à part son chambellan, Richter et quelques autres personnes dans la confidence.

 

Vous voyez la foule derrière ? Et bin personne n'a rien vu.

Attention : sachant que dans le précédent volet, le flic passait pour le méchant tout au long du film, avant que tout le monde ne s’aperçoive que le vrai traître était le type paraissant sage qui conseillait le héros, sauras-tu retrouver qui feinte tout le monde, sachant que Richter est flic et que McKenna parait sage et conseille notre héros ? Mais chut, je ne dis rien. Je ne voudrais pas spoiler : ce n’est vraiment pas mon genre.

Mais Langdon n’en est pas à ses futiles considérations : il cherche d’ores et déjà à savoir où aura lieu le prochain meurtre. Pour cela, il se base sur le bas-relief qu’il avait trouvé sur la place Saint Pierre, représentant l’air, pas trop trop loin de là où le cardinal est mort (oui, le cardinal n’est pas mort pile là où il l’avait prévu, mais un peu plus loin : ça ne l’empêche pas de considérer que son indice reste le bon. Et le pire : c’est qu’il a raison ! C’est quand même formidable d’avoir raison même quand on a tort.) En tout cas, sur ce bas-relief, on trouve Eole soufflant ; et 5 petits traits représentent l’air s’échappant de sa bouche. Robert choisit l’un des traits (comment ? On ne sait pas. Comme toujours, le pouvoir de la ganja le guide), et subodore que celui-ci doit indiquer une église contenant encore une autre sculpture du même artiste que le bas-relief (coup de bol : jamais il n’y a plusieurs sculptures du même mec dans une église, jamais les statues n’ont bougé au cours des siècles, bref : l’Histoire obéit à notre larron). Pour savoir de laquelle il s’agit, il retourne donc aux archives du Vatican, où il compulse quantité d’ouvrages ancestraux sans gants ni précautions, prenant bien soin de lire avec son gros doigt plein de gras, et tapotant sur la page dès qu’il pense avoir trouvé quelque chose (alors que c’est censé être un pro – autant vous dire que j’ai pleuré des larmes de sang en voyant cela) ; et en effet, il y a bien un indice sur une des pages d’un ouvrage présentant les différentes commandes de statues à différents sculpteurs au cours des siècles, puisqu’il découvre que l’Eglise Sainte-Thérèse contient une statue du même artiste (« Boniface VI pétant le feu« ) que celui des précédents indices, et faisant référence au feu qui plus est, le prochain élément que les Illuminati vont mettre en avant selon l’ordre sacré de ceux-ci (terre, air, feu, eau).

Mais au moment précis où notre héros triomphe dans ses recherches, toutes les lumières du bâtiment basculent au rouge : la sécurité, qui continue de chercher la bombe en coupant le jus dans les différents secteurs du Vatican (en procédant pièce par pièce, et par tranche de 10 minutes à chaque fois alors que 5 secondes suffisent pour voir si la lumière s’éteint sur la caméra de surveillance qui voit la bombe, rappelons-le), vient de faire cesser l’arrivée de courant aux archives. Et comme les portes de chaque aquarium de sécurité contenant quelques rayons d’archives fonctionnent sur secteur : Robert est bloqué ! Ainsi que le garde suisse qui l’accompagnait pour s’assurer qu’il ne vole rien ; et surtout… l’arrivée en air, artificielle, est coupée !

Oui, au Vatican, en cas de coupure de courant, on a des batteries de secours pour faire virer les lumières au rouge, mais pas de quoi continuer de ventiler des pièces où des gens pourraient se retrouver bloqués et mourir asphyxiés. Voilà voilà.

Grosse panique, donc, de Robert, qui décidément aujourd’hui, fait subir mille sévices à ses sous-vêtements : heureusement, il n’est pas sans ressource ; après avoir paniqué un moment, et vu le garde suisse s’évanouir (il est militaire d’élite, il est donc forcément moins résistant qu’un professeur d’histoire de l’art bedonnant), décide de s’emparer de l’arme de celui-ci pour tirer dans les vitres de sécurité et ainsi les affaiblir : une fois cela fait, il parvient, avec ses petits bras, à desceller du sol une étagère d’archives (oui, avec ses petits bras, et alors que le niveau d’air est suffisant pour faire sombrer un militaire dans l’inconscience) et à la faire choir contre la surface précédemment criblée de balles : la chose cède, et notre homme se retrouve à l’extérieur de sa prison de verre à pouvoir à nouveau respirer librement : joie. Mais l’heure, elle, n’a pas cessé de tourner : il faut se dépêcher d’aller à l’église Sainte Thérèse pour y arrêter le prochain meurtre !

De son côté, Vittoria a enfin reçu les carnets de son ami Silvano, le défunt curé biclassé scientifique ; elle commence donc à fouiller ces derniers pour y trouver une trace de la personne à qui son ami aurait pu parler de leurs recherches sur l’antimatière (plus qu’un journal de bord, c’est son journal intime visiblement ; il ne manque qu’un gros poney rose sur la couverture), et qui serait donc lié au vol et à la situation actuelle. Mais Vittoria ayant appris à lire avec Ratus le rat vert, et non Bigoudi le petit chat, elle est foutrement lente (je sens venir la réaction de lecteurs outrés) : elle est donc rapidement dérangée par Patrick McKenna, qui lui propose d’aller faire un tour sur la tombe du pape, pour l’ouvrir, et voir si son corps porte les symptômes d’un empoisonnement, comme le prétend le courrier des Illuminati. De la nécrophilie papale ? Chic se dit le professeur Vetra ! J’espère que la rigor mortis fera encore effet. Galopant donc vers le tombeau de feu le souverain pontife, le duo de choc finit par arriver au bon endroit et, poussant le lourd couvercle protégeant l’ancien pape des potentiels empêcheurs de mourir en rond, découvrent un corps à la langue noire et gonflée : oui, c’est un empoisonnement ! Le pape n’est pas mort de sa belle mort ! Révélation ! McKenna file aussitôt violer, non pas le corps, mais toutes les règles de l’Eglise en faisant ouvrir les portes du conclave pour les informer que leur pape a été assassiné. Et puis, comme il a 5 minutes, il en profite aussi pour leur faire un petit discours sur le fait que l’Eglise est en guerre contre les Illuminati, qui ont donc tué le Saint Père, ce qui est moyennement sympa. Une fois qu’il a fini de leur faire la causette, il prend un coup de pied au cul et est sorti du conclave qui aimerait bien pouvoir élire le prochain pape sans être dérangé, merde. Et Strauss, le grand électeur, profite de cette interruption de séance pour, sous les supplications du bon peuple, accepter d’être déchargé de sa fonction pour pouvoir être candidat à l’élection papale : seul son statut l’empêchait de se présenter, bien que les cardinaux le considéraient comme le meilleur candidat.

 

Attention, il y a peut-être le traître dans cette image, je ne dis pas où.

Non, aucun rapport avec un autre Strauss. Pourquoi dites-vous cela ?

De son côté, Vittoria fait une autre belle découverte : lorsqu’elle remonte du tombeau du pape, elle s’aperçoit qu’en son absence, on lui a volé les cahiers de Silvano !  Dès qu’elle aura 5 minutes, elle ira en parler à Richter, pour lui dire que ses gardes suisses, ils n’ont pas l’air de garder grand chose, vu le nombre improbable de vols au Vatican. Doit y avoir du rabouin qui traine, se dit-elle en serrant un peu plus fort son sac à main contre elle.

Mais et l’enquête dans tout ça, hein ? Parce que bon, nous, c’est Langdon qui nous intéresse. Que fait il ? Et bien, sachez qu’il débarque à l’église Sainte Thérèse avec Jim & Bob les policiers d’élite ainsi que tout un tas d’autres flics à… allez, devinez l’heure… oui ? Oui au fond ? Mais oui : 21:58 ! Et que se passe t-il dans l’église ? Et bien un immense feu de joie a été allumé, sur lequel trône un cardinal rôtissant, le mot « feu » inscrit sur son torse. Comme chacun sait, les églises, monuments historiques, ne disposent pas de détecteurs de fumée, et tous les touristes devant qui voyaient les flammes depuis l’extérieur n’ont pas pensé à appeler les secours : notre petite bande est donc la première sur les lieux.

Mais alors que l’un des policiers se rue vers le premier extincteur en vue, des tirs fusent : le tueur est encore sur place, et il n’a pas envie que l’on éteigne son barbecue : le cardinal pas cuit, c’est dégueulasse, même avec de la béarnaise, c’est dire. Tout le monde sort donc son pétard, et c’est une belle fusillade qui commence, dans laquelle Bob trouve la mort, avant d’être promptement rejoint dans l’Au-Delà par son ami Jim : le Vatican perd le patron de sa gendarmerie. Le tueur, un type à lunettes à l’air tout à fait sympathique, achève donc de massacrer à lui seul tous les policiers qui n’arrivent eux qu’à le blesser à l’épaule, puis s’empare du badge de Jim. Lorsque deux autres policiers, attirés par la fusillade, pénètrent dans l’église, ils se retrouvent donc face à un mec qui leur dit « Cool les mecs, j’ai un badge, baissez vos armes !« 

Oui, tu as un badge : mais il y a eu une fusillade il y a encore 5 secondes et il y a des morts partout. Par ailleurs, tu as un pistolet avec silencieux, ce qui n’est pas du tout suspect pour un policier. Et enfin, tu sembles ne rien faire pour aider le cardinal en train de brûler derrière toi, ce qui est encore plus que louche.

Mais non : malgré tout ce bordel, les deux policiers font « Ah bin si tu as un badge, même si ça ressemble à Bagdad là-dedans, on va baisser nos armes et faire comme s’il n’y avait aucun danger » ; ils se font donc cordialement plomber le bidou. Le tueur ferait bien de même avec Langdon, mais dès le début de la bataille, celui-ci s’est planqué comme un lâche, ne faisant que moyennement confiance à son gras pour agir comme du kevlar face aux balles. Et lorsque l’homme au pistolet à silencieux s’est dirigé vers lui pour le faire taire une bonne fois pour toutes, Robert a eu la chance de trouver un passage souterrain où il a pu se réfugier sans être poursuivi ; finalement, ce sont les pompiers, quelques longues minutes plus tard, qui viendront le sortir de son trou. Et là encore, malgré la mort de ses amis, d’une brigade entière de police, de l’immolation d’un cardinal et d’une certaine odeur de vieux cramé, notre professeur préféré ne perd pas le nord et repère instantanément une statue qui lui donne un nouvel indice (nan mais attendez, ce sont des statues ou des Huggys-les-bons tuyaux couverts de plâtre ?!) : le prochain meurtre aura lieu à l’une des places les plus touristiques de Rome : à la Fontaine des Quatre Fleuves, piazza Navona. A court de policiers pour l’escorter et le conduire, Langdon arrive à dégoter deux carabiniers en mal d’aventure et leur propose de l’accompagner sur les lieux ; malgré leur gyrophare et une certaine aptitude pour le pilotage, notre vaillant trio n’arrive sur place qu’à 22h55 (certains trouvent les spoilers redondants : ce n’est pas moi le coupable, hein, ce sont les films, bande de petits jean-foutre). Après quelques instants d’observation, la troupe voit paraître au loin une camionnette suspecte : celle du tueur ! Qui vient se garer juste à côté de la fontaine, alors que bon, c’est interdit : telles des pervenches farouches, les deux troupiers accompagnant Robert s’avancent donc prudemment pour aller coller un PV à l’imprudent malfaiteur. L’arme à la main, ils s’approchent donc et… décident de se diviser en deux groupes de un : c’est vrai, après tout, ce n’est probablement que le tueur qui vient de tuer une bonne dizaine de flics seul contre tous il n’y a pas une heure, il est sûrement facile à attraper. Effectivement, ça ne rate pas : le brigand a tôt fait de coller une balle dans la tête des deux agents des forces de l’ordre, avant de traîner leurs corps et de les charger dans sa camionnette.

Hmmm ? Qu’est-ce que j’entends ? Une des places les plus touristiques de Rome, entourée de cafés encore ouverts à 23h où s’attardent les badauds, ça doit faire plusieurs centaines de témoins ? Non : à part Robert, personne ne remarque deux policiers se faire abattre devant la fontaine avant d’être traînés jusqu’à un véhicule louche. Ce mec doit rendre les ninjas jaloux tant il est furtif.

 

"Laissez ! Il a déjà tué 10 de nos potes à lui seul, mais on va y aller en deux groupes de un et sans renforts, ça parait plus sûr"

Une fois qu’il a fini de planquer les corps, notre loulou ouvre la portière latérale de son véhicule, située juste au bord de la fontaine, et balance à l’eau une énorme civière lestée avec un cardinal ligoté dessus. Là encore, rien, pas une réaction de la foule, même lorsque Langdon se met à courir vers l’eau en hurlant « Aaaaaaa l’aiiiiideuuuuuuuuuh ! » (Il aurait gueulé « Ya une fille toute nue dans la fontaine !« , la moitié de l’Italie fonçait l’aider). Il franchit donc la distance le séparant du pauvre cardinal, alors que le tueur remonte dans sa camionnette (il n’a pas envie de tuer Robert, visiblement, alors que c’est le mec qui remet toujours les flics sur sa piste) pour la démarrer et s’éloigner paisiblement, et plonge sans hésiter : malgré sa force surhumaine (cf l’épisode des archives du Vatican), il ne parvient pas à soulever la civière hors de l’eau ; heureusement, au bout de longues minutes, des touristes passant par là semblent se lasser de tous ces gens qui font des bulles dans la fontaine, et viennent donc à l’aide de notre héros : le cardinal est sauvé ! Un sur quatre ! Bon, certes, il a « eau » sur le torse marqué au fer rouge jusqu’à la fin de ses jours, mais ça fait baroudeur. Avec ça, il pourra tomber les enfants de choeur, ils adorent les baroudeurs ces forbans.

Mais le vieux n’est pas seulement plein d’eau, il est aussi plein de ressource : il peut témoigner de l’endroit où il était jusqu’ici retenu prisonnier avec les autres : le château Saint-Ange.

C’est donc Robert Langdon et toute une division de policiers d’élite surarmés qui défoncent les portes du château pour aller chercher le vil assassin ; cependant, comme ça manquait de filles, Robert a aussi demandé à Vittoria de le rejoindre sur place. Cette dernière a une révélation à faire à notre héros : elle sait qui lui a volé ses cahiers : Richter. Au prétexte de les étudier dans le cadre de l’enquête sur les évènements en cours : elle le soupçonne donc d’être un traître. Mais halte aux supputations, passons à l’action : le château est vaste, et personne ne sait où le tueur pourrait se cacher… qu’en pense Langdon ? Aaaah mais oui ! Les statues ! Depuis le début du film, il suffit de suivre leurs doigts pour arriver au tueur ! Il guide donc l’escadron d’intervention vers les profondeurs des lieux (j’ai toujours été fan de ces films et séries où les troupes d’élites font toujours passer devant le mec le moins armé et le moins protégé pour servir d’appeau à balles), et la troupe débouche sur une vaste pièce où se trouve la camionnette du vilain, les corps de deux carabiniers encore entreposés à l’arrière.  Mais… c’est tout.

Tous les flics se barrent donc pour aller fouiller les alentours du château, ne laissant personne à proximité de la camionnette : après tout, ce n’est que le plus gros indice d’un complot visant à raser le Vatican, pourquoi le surveiller ? Et puis il y a deux corps de policiers fraîchement tués à l’arrière : c’est sans aucun intérêt. Robert et Vittoria se retrouvent donc seuls ; et en tâtonnant les murs, ils ont vite fait de trouver un passage secret : vite, engouffrons-nous y sans armes ni sans prévenir qui que ce soit ! On ne risque que de tomber sur un tueur psychopathe, rien de grave.

Et ça ne rate pas : après quelques mètres de progression dans de sinueux couloirs, nos larrons tombent sur ce qui ressemble à une petite chapelle secrète, visiblement Illuminati ; mais ce que nos héros ne savent pas, c’est que le tueur est dans la pièce, caché derrière un rideau (véridique), à les écouter : il n’ose pas les buter directement avant de se barrer (allez savoir comment, il a deviné que les policiers, très bêtes, n’allaient pas venir dans le passage à la suite de Robert et sa copine, et il ne pense donc pas à fuir). Il a probablement aussi très peur que Langdon le tue en lui envoyant tout l’ennui qu’un enseignant d’histoire de l’art est capable de produire. Nos deux héros, eux, tombent juste sur la boîte ayant contenu les fers ayant servi à marquer les cardinaux, et constatent qu’il y en a un 5e, manquant, représentant les clés de la papauté (oui, c’est marqué sur le couvercle de la boîte avec un petit schéma, comme les boîtes de bricolage). Mais ils n’ont guère le temps de réfléchir au sujet : le vilain parvient à surmonter sa peur et sort de sa cachette en faisant « Ha ha !« , et « Ho ! » font nos héros, qui s’étonnent : c’est vrai, trouver un tueur dans sa planque, quelle drôle d’idée.

 

"Houuuhouuu, Monsieur le Tueur, tu es là ? On peut te suivre, dis ? Ça te dérange pas ?"

Le tueur est cependant un mec con cool, puisqu’il s’exclame « Bon, je ne vous tue pas : vous n’êtes pas armés, et tant que vous ne me poursuivrez pas, vous ne risquez rien. Adieu ! » avant de s’enfuir. Ouiiiii, je ne sais pas si tu as remarqué, petit tueur, mais Robert est juste le type qui te poursuit depuis le début du film, toujours accompagné par des hommes armés chargés de te descendre. Ce que tu as encore pu constater il y a moins d’une heure, près de la Fontaine des Quatre Fleuves, lorsque tu as fui en camionnette en le voyant arriver, après qu’il t’ait envoyé deux flics armés sur le coin du museau. Mais soit, après tout, c’est toi qui vois.

Robert et Vittoria aiment cependant tenter le diable : après que le premier se fut exclamé « J’ai compris là, le fer avec les clés croisées : c’est le fer pour marquer le pape et le tuer ! Et puisqu’il est déjà mort, ils vont zigouiller le chambellan avant de faire sauter le Vatican !« , ils décident malgré tout de courser le tueur. Dans quel but, sans armes ? Pour l’arrêter avec des bisous ? Bon.

En tout cas, notez la théorie de Robert : les Illuminati veulent tuer le pape, mais puisque le pape est mort, ils vont tuer son chambellan. Détail : les Illuminati ont DEJA tué le pape. Ils l’ont même dit dans une lettre, en précisant qu’ils ont fait le coup en surdosant ses médicaments. Alors quoi ? Ils ont oublié de le marquer au fer rouge, genre « Ho crotte, quelle bande de têtes en l’air on fait ! Bon bin, faut en tuer un deuxième et le marquer, sinon personne ne va nous prendre au sérieux » ? Et bien encore une fois, même si cette théorie est parfaitement bancale, elle est forcément véridique, puisqu’énoncée par le héros. Ce qui est bien avec Dan Brown, c’est que le héros n’a que des raisonnements nazes, mais que toutes les sociétés secrètes, sectes, religions et tous les assasssins, artistes et hommes influents au monde pensaient exactement de manière aussi stupide. C’est quand même bien fait.

Revenons à notre assassin : lui reste cohérent avec tout le reste du film : il court sur les murailles du château, pourtant grouillant de policiers, mais personne ne le voit : il se permet même une petite descente en rappel, même pas caché, en plein milieu d’une rue passante, sans que personne ne sourcille en voyant un gus jouer à spiderman, une arme à la main et un gros sac dans l’autre. Mais il commet cependant une erreur : juste avant d’être dérangé dans sa planque par Robert et Vittoria, le méchant consultait son PC portable, et avait reçu un message de son employeur lui disant « Au fait, je te fais cadeau d’une voiture, elle t’attend avec les clés planquées sous la carosserie dans une ruelle pas loin. Kiss« . Personnellement, je viendrais de participer à un méga-complot au service de gens prêts à tout, y compris à recruter des tueurs, je me méfierais un peu si on m’offrait une voiture.

Et en effet : à peine les clés sur le contact, le tout fait boum. Adieu, assassin-ninja. Parmi toutes les morts que tu as données, seule la tienne aura attiré l’attention des passants.

Langdon et le professeur Vetra, à sa poursuite, sont témoins depuis les murailles où ils le poursuivaient, de l’explosion de son véhicule. Tant pis se disent ils : il a quitté le passage que l’on suivait via sa petite descente en rappel vers la rue où était garé son véhicule, nous, on va continuer pour voir où tout cela nous mène. Et grand bien leur en prend, puisque le passage secret (oui, c’est un passage secret, mais avec des endroits à découverts sur des murailles surplombant des rues passantes : trop secret, vraiment), non seulement contient les cellules où les cardinaux étaient retenus jusqu’ici, mais mène… juste à côté des bureaux du pape (et donc du chambellan), au Vatican ! Et le passage a la forme d’une énorme porte, avec les clés dessus, que personne n’a jamais pensé à ouvrir.

Voilà, c’est ça le passage secret par lequel le tueur a réussi à faire 4 allers retours pour kidnapper les cardinaux : une énorme porte, bien en vue de tout le monde, mais qui n’intéressait personne, même pas la sécurité. Et porte située en plein dans un couloir gardé par des hommes armés 24h/24 puisque menant aux appartements du pape. Ce film est vraiment incroyable. Et l’auteur de cette histoire vend à plusieurs millions d’exemplaires. Je suis dubitatif.

 

Photo de famille du tueur

Cependant, vous n’êtes pas là pour pleurer sur le script : votre petit coeur est en émoi à l’idée que l’action ne soit pas encore terminée : que va t-il se passer maintenant ? Et bien c’est simple : Langdon et Vetra, en sortant du passage, tombent nez-à-nez avec la sécurité (comme quoi, ça dépend de qui emprunte le passage), et alors qu’ils s’apprêtent à expliquer d’où ils viennent, entendent des cris étouffés provenant du bureau de McKenna : sans supputer qu’il puisse copuler bruyamment, la sécurité enfonce promptement la porte du bureau, qui révèle un spectacle bien étrange : le chambellan est au sol, marqué au fer rouge et criant, avec au-dessus de lui, Richter, qui avait demandé à s’entretenir seul avec le représentant du pape, une arme à la main ; ni une, ni deux, la sécurité ne crie même pas « mains en l’air » et l’abat comme un sanglier. Le père Siméo, haut cadre du Vatican, qui attendait devant la porte pour avoir l’audience juste après celle de Richter, a cependant une curieuse réaction : il se jette sur le chambellan en hurlant « Je vais te tuer sale chien ! » avant d’être lui aussi abattu par la sécurité (qui là encore, ne tente pas de l’arrêter alors qu’il n’est pas armé). Note pour plus tard : ne pas annoncer sa tentative d’assassinat ouvertement devant les gardes du corps de la cible, particulièrement lorsque celle-ci a encore les canons chauds après avoir abattu le précédent assassin.

Le chambellan, lui, va à peu près bien : la chemise à demi-arrachée pour faire rougir cette coquine de Vittoria, il a les clés du pape imprimées au fer rouge sur le torse, ce qui n’est pas vraiment le body art le plus cool du monde. Il se contente donc de dire que Richter et Siméo étaient deux illuminati, tout en essayant de se remettre de ses émotions : on échappe pas à deux tentatives de meurtre en moins de deux minutes tous les jours.

Langdon s’approche de la scène, et trouve Richter agonisant péniblement : celui-ci, dans un dernier souffle, tend la main vers Langdon, et y laisse paraître une petite clé de forme curieuse. Hmmm, qu’est-ce donc ? Robert s’empresse de n’en parler à personne, des fois que ça serve à quelque chose. Histoire de clés toujours, il note que les clés de Saint Pierre ont été imprimées sur le torse du chambellan… à l’envers ! Ça a forcément un sens ! Ça ne peut pas être parce que quand on essaie de marquer au fer rouge quelqu’un de vivant et de non ligoté, c’est pas facile de faire ça proprement ! Et effectivement, McKenna approuve : à l’envers… tête en bas… Saint Pierre, le premier pape a été crucifié la tête en bas ! Vite, il faut aller sur la tombe de Saint Pierre : le dernier élément manquant, celui qui doit arriver à minuit, la bombe, doit être dans la tombe de Saint Pierre, sous le Vatican ! Vite !

Ho, je ne commente même plus ce genre de déductions, moi. Je vous laisse tout loisir de le faire. Langdon, à partir d’une couverture du journal de Mickey, il vous retrouve l’Atlantide.

A 23h51, donc, de manière très originale, nos héros arrivent donc à la nécropole du Vatican, et c’est menés par le chambellan en personne, lampe de poche à la main, qu’ils trouvent les lieux : McKenna a tôt fait de taper le code et… de trouver, dans la tombe, la bombe, éclairée par une lampe de chantier reliée à une grosse batterie (ah bin, la sécurité ne risquait pas de trouver alors. Bon. Surtout avec leur méthode de coupure de jus super longue). Personne ne se dit « Tiens ? Le poseur de bombe avait donc le code d’accès à la tombe de Saint Pierre ?« , et Vetra se contente de dire « Bon, j’ai une batterie de rechange pour la flasque, ce qui nous donnera encore 24h pour la garder stable et la ramener à Genève. Il me suffit de 5 minutes pour la changer, et ça tombe bien, vu qu’il reste 6 minutes avant minuit« . Mais soudainement, elle sourcille : « Non ! L’air froid de la tombe ! Il a déchargé la batterie plus vite que la normale ! Il nous reste donc moins de 5 minutes : je ne peux rien faire, il faut aller se mettre à l’abri, ça va péter ! On va tous mourir comme de misérables petites merdes !« . Ah oui ? Mais c’est sans compter sur McKenna, véritable héros, qui s’empare de la bombe et s’enfuit en courant avec ; mais que va t-il faire avec ? Est-il bombophile ?

On se le demande, mais sachant qu’il reste, je cite « Moins de 5 minutes !« , McKenna arrive à sortir de la tombe, quitter la nécropole, retraverser toute la basilique Saint Pierre (qui est toute petite, c’est connu), sortir sur la place, fendre la foule, attraper un hélicoptère qui passait par là et qu’il sait piloter parce qu’il a fait son service militaire en tant que pilote d’ambulance volante, prendre de l’altitude à toute allure, une fois au-dessus des nuages, coller le pilote automatique pour qu’il continue de grimper, fouiller l’appareil, trouver un parachute, sauter, s’éloigner loin de l’hélico, ouvrir son parachute et…

Après qu’il eut fait tout cela, enfin, la bombe saute.

 

"Vas-y, coupe le fil vert !"

Et bé. Pour une bombe suisse, je trouve qu’elle ne respecte guère la montre : on était plus proche des 20 minutes que des moins de 5 minutes. En tout cas, le bougre d’engin explosif ne tue personne, mais malgré son altitude, endommage de son souffle quelques pans de la basilique Saint Pierre, et blesse badauds et agents de sécurité en faisant voler barrières et panneaux dans leurs tronches.

Du ciel, suspendu à son parachute d’un blanc immaculé, c’est donc un chambellan du pape héroïque mais un peu assommé qui retombe, et qui après s’être blessé en se cognant contre le dôme basilical, retombe dans la foule qui le rattrape de ses mains dans d’immenses vivas, tant on ne récupère pas tous les jours du ciel des curés démineurs volants. Je vous laisse relire ces trois derniers mots, ça devrait vous résumer la qualité du film.

Tout le monde est donc heureux, à l’exception des quelques blessés, et plus personne ne cherche à savoir qui avait bien pu placer cette foutue bombe dans le tombeau de Saint Pierre. Le conclave, lui, après avoir gueulé « Hooo, c’est quoi ce bordel dehors, on s’entend plus voter !« , apprend que Patrick McKenna, chambellan du pape, a risqué sa vie pour sauver la leur et celle de milliers de pèlerins : les cardinaux, impressionnés, aimeraient donc en faire leur pape, mais comme il est trop jeune et pas assez cardinal, cela semble impossible. Seule une procédure existe le permettant : que tous les cardinaux, en même temps, acclament son nom, auquel cas, il pourra être élu pape tout de même et sans vote. Cela semble bien ennuyer le cardinal Strauss, qui était bien parti dans ces primaires cette élection, loin devant Ségolin Monarque, le célèbre cardinal du Poitou qui se voyait déjà pape. Le conclave fait donc mander McKenna pour qu’ils puissent prononcer son nom tous en choeur ; ce dernier, à l’hôpital pour soigner ses quelques blessures et sa brûlure au fer rouge (mais pas son brushing, qui lui, est toujours impeccable), s’empresse donc de regagner le Vatican.

Mais, et Langdon, dans tout ça ? Et bien lui et Vittoria se rendent dans le bureau du défunt Richter, que là encore, personne ne garde, malgré le fait qu’il soit mort, abattu en tant que comploteur, quelques temps plus tôt, et que son bureau personnel puisse être un lieu intéressant pour l’enquête. Décidément. En tout cas, nos héros trouvent deux choses : les cahiers de Silvano, que Vittoria venait récupérer, et un orifice dans son bureau où insérer la clé qu’il a confiée à Langdon dans son agonie : celle-ci commande son ordinateur et le fait basculer sur les caméras de sécurité des appartements du pape. Y compris le bureau où Richter a trouvé la mort face au chambellan ; vite, petit retour arrière pour voir les enregistrements et comprendre ce qu’il s’est passé juste avant que Langdon et la sécurité ne défoncent la porte pour trouver tout ce petit monde dans une drôle de position (non, pas celle là).

Et en effet, la vidéo est intéressante : on y voit Richter annoncer qu’il a lu le journal du chercheur mort, et qu’entre deux poèmes d’adolescents et d’amourettes débilettes (« J’espaire que Vittoria me montrera ses lolos deumin !« ), il a trouvé à qui Silvano avait parlé de ses recherches : au pape. Lors d’un entretien en présence du chambellan (Richter n’avait pas accès à l’agenda du pape depuis le début, en tant que chef de la sécurité ? Il avait besoin de ces cahiers pour savoir que Silvano avait rencontré le Saint Père ?!), il a parlé de ce qu’il faisait, de ses doutes sur les liens entre la science et la religion… et le pape, super progressiste, l’avait encouragé à continuer dans la voie de la science pour mieux comprendre l’univers. Le chambellan, lui, s’y était fortement opposé. Déçu par ce pape laissant la science prendre le pas sur la religion, il l’a donc buté (il était l’un des rares, en tant que confident, à savoir que le pape prenait des médicaments, et à y avoir accès), puis a monté une fausse attaque des Illuminati contre le Vatican pour bien unir tous les cardinaux contre la science et ses dérives. Et enfin, il s’est fait le leader face à cet ennemi qu’il a créé de toutes pièces, pour ensuite obtenir d’être élu pape. Lorsque Richter a fini de dire ce qu’il savait, il a ajouté qu’il avait averti un autre cadre important du Vatican, le père Siméo, par sécurité. Le chambellan a alors sorti son tison en forme de clés papales, et a menacé Richter avec, qui a donc sorti son arme : cela fait, il s’est alors automutilé le torse, puis s’est jeté à terre. Lorsque Langdon et la sécurité ont donc défoncé la porte, ils sont donc tombés sur le spectacle du chambellan souffrant et au sol, mutilé, et Richter l’arme au poing au-dessus de lui : pan pan, donc. Et Siméo, comprenant ce qu’il venait de se passer, car sachant que McKenna était un traître, a préféré, plutôt que de dire « Attendez, c’est une mise en scène ! Je vais vous révéler la vérité sur McKenna ! J’en suis le dernier témoin ! » a préféré gueuler comme un putois en se ruant vers le chambellan en passant devant tout le peloton d’exécution des gardes : pan pan. Si Richter avait su, il aurait averti quelqu’un de moins con de ce qu’il savait.

De retour devant l’écran, dans le bureau de Richter, Langdon connait toute la vérité, tout comme Vittoria. Ils font donc visionner la chose à Strauss (je croyais qu’il était en conclave, indisponible pour qui que ce soit ?) ainsi que deux autres cardinaux. De retour au conclave, donc, lorsqu’enfin, McKenna en passe les portes, persuadé qu’il va être fait pape, il comprend aux regards qu’on lui jette qu’on va plutôt le suspendre par les testicules ; bien qu’ayant fait voeu de ne pas s’en servir, et soucieux de les sauver, il s’en va donc en boitillant en sens inverse, poursuivi par la sécurité, qui ne se presse pas de l’arrêter, persuadé qu’il ne pourra pas quitter la basilique.

 

Entre les tenues et la foule, finalement, l'élection d'un pape, c'est un peu comme un concert de Lady Gaga

Cependant, le bougre a encore de la ressource : comprenant qu’il est condamné, bien que mutilé, boiteux et fatigué, il parvient à semer ses poursuivants assez longtemps pour s’arroser de pétrole de lampe, et à utiliser une bougie pour se transformer en torche humaine. Ce soir, il y aura effectivement de la fumée qui sortira de la basilique en plein conclave.

Et quelques heures plus tard, en effet, c’est cette fois une fumée blanche qui sort de la cheminée du conclave : un nouveau pape a été élu ; non pas Strauss, mais le cardinal que Langdon avait sauvé des eaux ; Strauss devient donc chambellan, ce qu’il apprécie malgré tout. En récompense de tous ses efforts, Robert se voit offrir le texte de Galilée qu’il n’avait jamais pu consulter jusqu’ici puisqu’interdit d’archives, pour qu’il puisse écrire son deuxième bouquin chiant sur les illuminati.

Il y a donc un nouveau pape, progressiste de surcroît, évidemment, tout le monde est content et…

FIN

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« … vous noterez par ailleurs, jeune fripon, que le plan de Patrick McKenna reposait, outre les nombreuses incohérences que j’ai évoquées,  sur le fait que la bombe qu’il avait volé et qui par miracle avait une batterie qui devait lâcher à 00:00 exactement, devait se décharger plus vite que prévu pour que lors de sa « découverte », il soit trop tard pour changer la dite batterie, mais encore assez tôt pour l’emmener faire un tour en hélicoptère et ainsi devenir le héros du peuple et des cardinaux, permettant ainsi son ascension à la papauté. Ce qui signifie que ce cureton de bas-étage a estimé uniquement avec son doigt mouillé que l’air froid du tombeau de Saint Pierre accélérerait de 0,0694% la décharge de la flasque. Il se plantait d’un centième de degré, il pétait avec sa bombe, décapitait l’église, tuait des milliers de pèlerins, espèce pourtant en voie de disparition, et ainsi obtenait l’effet exactement inverse de celui escompté. Alors la cohérence et les bonnes intrigues, vous m’excusez, mais ce sont un peu les archnémésis de Dan Brown. Maintenant, j’espère que j’ai répondu à votre question qui n’avait pour seul but que de ramener votre science, elle-même issue d’un roman de gare à succès au contenu indigne de tout être normalement constitué. »

Il a perdu son sourire et me jette le regard de celui qui, sans être trop loin des larmes, se contient juste suffisamment pour réfléchir à la manière dont il va aller couiner auprès des responsables de l’établissement pour que plus jamais je ne fasse d’intervention dans leur cursus. Grognon, il exprime sa colère en fermant bruyamment la fermeture éclair de sa trousse, lorsqu’enfin sonne la sirène annonçant la fin de la journée ; quantité de ses petits camarades s’empressent alors de lui emboîter le pas, quand il quitte les lieux pour aller retrouver son foyer.

Ne reste dans la salle que la jeune fille qui avait une question, et que j’avais oubliée.

« Vous désiriez ?
– Je… je me demandais si vous aviez éventuellement des places pour des stagiaires ?
– Hmmm… ça doit être possible, oui.
– Il faut quoi pour travailler chez vous ?
– Rassurez-vous : vous avez déjà tout ce qu’il faut »

0

Dis-je en contrôlant le contenu de son débardeur.

 

 

89 réponses à “Anges & Etrons

  1. « que j’ai évoquées !!!! »
    Désopilant du début à la fin. Vous avez donné du bonheur à une partie de ma nuit ! ^^

  2. raah, décidément c’est trop bon, ce blog ! Et je retrouve nombre des pensées qui m’avaient traversé l’esprit à la lecture (emprunt en bibliothèque municipale, pas achat) de cette chose et qui m’avaient fait économiser le ticket de cinéma…

  3. Désolé OC, ce filme est tellement nul et chiant à en mourir, que je n’ai même pas lire votre prose au delà de :
    « Je raconte le film au neuneu du premier rang histoire de lui montrer ce que c’est qu’un « maître en trucs cohérents ». Je suis à vous tout de suite après. » »

    Ne serais-ce que de lire le titre je préfère encore aller me faire irradier….

  4. OC ou comment se réveiller dans la bonne humeur, bon je risque d’être à la bourre mais je me suis bien marrée! Très bon spoiler. Surtout quand il s’agit de Dan Brown, j’espère qu’il sortira un autre film tiré de ses livres, afin d’avoir un nouvel article du genre.

    Joey

  5. Bien le bonjour cher Odieux.

    Je me présente, Kisiphrot, fervent lecteur depuis peu. Mais ce n’est pas là le sujet de ce commentaire.

    J’écris ici pour avoir la joie, espiègle que je suis, de corriger l’une ou l’autre de Vos (Vous voir comme le Seigneur me semble un bon moyen de vous approcher, n’ayant pas deux chromosomes X pour remplir un éventuel débardeur) erreurs.

    J’en ai relevé trois dans cet article.

    Sous la sixième image (« Attention, il y a peut-être le traître (…) »), quatrième paragraphe, troisième ligne (pour ma mise en page du moins) : « (…) avec de la béarnaise, c’es dire. »

    Sous la sixième image toujours, sixième paragraphe cette fois-ci, douzième ligne : « (…) des statues où des Huggys-les-bons tuyaux (…) ».

    Et enfin (je ne suis pas entièrement sûr de moi pour celle-ci, peut-être me trompe-je), dans le premier paragraphe de l’italique, lorsque le commentaire du film est fini et que la leçon au « neuneu » est reprise, quatrième ligne, « (…) il soit trop tard (…) ». Il me semble qu’il manque un « qu' », mais je n’en mettrai pas ma main à couper… ou mon torse à marquer au fer.

    Cela mis à part, cet article, comme ceux le précédant, font de ce site le seul blog de bon goût à ma connaissance (de la flatterie dites-vous ? cela ne me ressemble pourtant pas…).

    Bien à Vous, Kisiphrot.

  6. J’ai fait l’horrible erreur de lire ce fameux « Da Vinci Code » où je me suis emmerdé comme jamais. J’ai également fait l’erreur d’acheter en même temps ce fameux « Anges et Démons » en me disant que ça se lirait bien. Je n’ai jamais eu le courage de l’ouvrir, et cet article confirme ce que je pressentais : Dan Brown nous livre (houhou!) des étrons plus monumentaux à chaque nouveauté.

    Merci à vous, M. OdieuxConnard.

  7. Attention, dans la foule qui se presse autour de la fontaine pour se délecter de l’agonie du cardinal se dissimule Adolf Hitler, revenu d’entre les morts pour regarder des gens périr noyés ou brûlés (ça lui rappelle de bons souvenirs). Il était tellement ravi d’être là qu’il s’est offert une petite séance d’UV pour l’occasion. (En haut à gauche, au premier rang des badauds ébahis.)

    • Il me semble plutôt qu’il s’agit de Saddam Hussein, ce qui serait d’autant plus cohérent.

  8. Toujours aussi bon! Votre esprit d’analyse ne devrait pas tarder à être convoité par quelconque gauchiste en perte d’inspiration.

    Reste une question: A quand un « Robert Langdon contre Benjamin Gates : à la recherche du scénario réaliste perdu. »?

    Odieusement à vous.

    Bon baisé de Suisse.

    • Magnifique attaque de gauchiste, dans les règles, à peine dissimulée.

      De la Suisse, naturellement !

  9. Excellent billet, et je crois m’y connaître.

    Juste une précision. L’ordre des romans de Dan Brown place chronologiquement « Anges et Démons » avant « The Da Vinci Code », ce qui explique que le Vatican fait appel à lui, ce qu’ils n’auraient pas fait si The Da Vinci Code précédait Anges et Démons. Pour les films, je ne sais pas s’ils ont respecté cet ordre.
    Mais on s’en fout, en fait.
    Je viens de voir Justin Bieber se faire dégommer dans l’épisode 11×15 de CSI. Votre blog est la cerise sur le cheesecake de ma journée :p

  10. Et oui cher Odieux… j’ajouterais que dans le sublime ouvrage de Dan Brown, c’est Langdon lui même qui monte dans l’hélico pour emporter la bombe et qu’il n’a pas de parachute… non non, il s’en sort en faisant du « parachute/deltaplane » avec la portière de l’hélico…
    Même Hollywood n’a pas osé l’adapter à l’écran celle là…
    Vous pensez sans doute que cet auteur de romans à sensation exagère un peu dans Anges et Démons ?
    Qu’il ne peux aller plus loin dans l’exagération ??

    Alors faites-vous plaisir, lisez « Deception Point », roman qui mérite son titre à tout les point de vue…
    l’idéal en serait une adaptation cinématographique, histoire que Satan vienne vous rendre visite, et que vous puissiez spoiler tout votre soûl.
    Un exemple ?
    « attirer un sous-marin nucléaire grâce à un code morse en tapotant sur un morceau de banquise à la dérive »… Non ? Si !!!!!

    • Popop : nenni de moufles en coton ; des gants stérilisés façon hôpitaux restent les meilleurs outils du praticien. Ou l’utilisation d’instruments, éventuellement.

  11. Cher OC,
    Toujours aussi délectable cependant je me demandais si il vous arrivait de voir de vrais films de temps à autres ?

  12. bien cher odieux connard, encore une fois ce fût un plaisir de vous lire !! Seul problème, votre billet et ses commentaires me donnent envie de voir les films et de les lire les livres, pour voir de mes propres yeux la nazitude annoncée…

    • Nullité m’a l’air plus adapté pour éviter de ramener les nazis dans l’histoire. Mais peut-être était-ce voulu ?

  13. ah bien vu l’analogie strauss/strauss kahn lol pourtant je connais bien le film mais je n’y avais jamais pensé !

  14. Cher OC, on voit bien que vous avez vu le film. Parce que vous n’insistez pas trop sur deux des bizarreries les plus flagrantes, dont l’une est tout de même explicitée après :
    – les Illuminati ont décidé de tuer un pape toutes les heures. Pourquoi ne pas les tuer tout de suite ? et pourquoi prévenir ? Évidemment, en lisant la suite on comprend qu’ils souhaitent faire les 5 coups du lever de rideau sur un monde sans catholicisme. 5 coups, pas 3, parce qu’un bordel pareil, ça en mérite bien 2 de plus.
    – les cardinaux enlevés sont les favoris de l’élection. Mais nous sommes dans un film américain. Avec des minorités visibles. Donc l’un des cardinaux est un noir. Je ne dis pas afro-américain, africain, ou quoi que ce soit d’autre, vu que je ne connais pas sa nationalité. Je vois juste sur la photo sa couleur de peau. Vous vous rappelez la dernière fois qu’un noir a été favori pour succéder à un pape ? Si la date vous échappe, rappelez-vous qu’il était alors opposé à une femme à l’élection.

    Sinon, l’élection par acclamation (qui a réellement existé pour certains papes), ça permet non seulement de faire élire quelqu’un qui n’est pas candidat, mais ça permet surtout de faire élire quelqu’un qui a perdu en nombre de voix : l’acclamation ne permettant pas de compter les voix des acclamants, « c’est à bâbord qu’on gueule le plus fort ».

    A noter que la l’élection par acclamation a été définitivement interdite en 1975. Dan Brown est à la pointe de l’actualité, quel que soit son domaine !

    • Sans compter que le Conclave peut élire n’importe quel prêtre ou religieux par simple vote, il n’est pas du tout nécessaire qu’il soit cardinal (il y a eu un cas ou deux dans l’histoire.

  15. Excellente analyse !!! J’en ai pleuré de rire. (Mais ça fait un peu plus de 30s, je pense, et vous n’avez pas répondu sur « ce que vous pensiez des systèmes de vase clos avec oxygène limité » ! )

    J’avoue, j’ai lu « Da Vinci Code » (acheté) et « Anges et Démons » et même « Deception Point » (empruntés).
    Quand on lit vite, ça passe à peu près car on est entraîné par les rebondissements (un peu osés, d’accord) qui ne semblent pas aussi incohérents que dans le film (simplification oblige). Le film « Da Vinci code » n’est franchement pas terrible malgré ses (bons) acteurs – à scénario incohérent ne correspond qu’un navet prétentieux – puisque tout ce qui paraissait « extraordinaire » dans le livre n’est plus que ridicule et outrancier (les ficelles sont trop grosses – je m’étais déjà régalée de votre spoiler de ce film).
    Je n’irai donc pas voir cette nouvelle daube…

  16. C’est toujours aussi agréable de vous lire.
    Toutefois, je me permets de souligner une erreur flagrante de « raisonnement » de votre part.
    J’ai beau apprécier vos lectures et l’esprit critique qui vous anime, j’apprécie de lire les ouvrages de Dan Brown, justement parce qu’ils sont faciles à lire et souvent cohérents (j’ai néanmoins beaucoup apprécié la remarque sur les chapitres sur un précédent billet!). Oui, ils sont tirés de faits pour partie réel et pour partie fictif, sans que l’on sache exactement lesquels tombent dans l’une de ces deux catégories, ce qui laisse place à l’imagination la plus débordante, et qui doit en rester à ce stade (de l’imagination).
    Je ne désire pas protéger cet auteur par tout les moyens, chacun ayant son opinion sur la question, la mienne étant manifestement minoritaire.
    Pour autant, mon cher odieux, vous critiquez un FILM qui, si je ne m’abuse (pour ne pas l’avoir vu mais avoir seulement lu l’ouvrage), est une version modifiée du ROMAN éponyme. Or il s’avère que la quasi-totalité (vous excuserez mon approximation, mais j’ai lu cet ouvrage il y a quelques temps) des incohérences que vous révélez, à juste titre, ne sont pas comprises dans le roman… Est-il alors de bon ton de condamner l’auteur alors qu’il conviendrez d’oindre d’excréments le réalisateur et le sombre individu qui a pondu le script?
    Je vous laisse seul maître de cette petite réflexion.

    Bien amicalement,

    Gilf’

    • J’ai lu le bouquin… Je ne le défendrais pas… Tant le délire de l’antimatière que les déductions magiques [c’est à dire sans fondement] qui tombent toujours dans le mille sont présents dans le bouquin, que le héros qui arrive toujours juste avant que le délai ne soit écoulé, que la méthode pourrie de recherche avec les extinctions de lumière, que la durée de la batterie pile poil comme il faut, les 5 minutes qui en durent 20 pour évacuer la bombe, et on peut ajouter la survie miraculeuse de Langdon qui tombe de l’hélico et se sauve via un moyen totalement hasardeux (ce qui semble avoir été modifié dans le film).

      Bref, l’incohérence y règne tout autant.

  17. Peu de risque que j’aille le voir !
    Mais à fin de vous défristouiller les neurones, je vous conseille « le livre sans nom » écrit par Anonyme…

    S’ils en font un film, ça devrait valoir son pesant de popcorn !!!(et d’hémoglobine…même si ce n’est l’intérêt principal de ce livre)

    Grâce à vos spoils, je suis incapable d’aller voir des films de Tom Hanks ni même de…euh…c’est embarrassant…son nom m’échappe….tête de cocker… là : Nicolas Cage !!!

    Sur ce, un dernier bourbon ?

  18. Dieu que c’est con! Et c’est encore du grand Odieux. Merci pour ce spoil’ et… ah, avant que j’oublie, il y a une ch’tite coquille là:

    « vitre, engouffrons-nous y sans armes »

    Je suppose qu’il s’agit de « vitre ».

    Salutations distinguées,
    R de Rien

    • Je vois que vous avez rectifié en douce,
      comme ça, l’air de rien, et sans dire merci.
      Tss tss, voilà qui est bien odieux de votre part^^

  19. Juste avant le portrait des Usual Suspects :
    « eul son statut l’empêchait de se présenter, bien que les cardinaux le considéraSSent comme le meilleur candidat. »

    Merci bien, cher monsieur Connard, vous sauvez mes journées plus longues, plus plates et plus mortelles que l’épée de Charlemagne ou les scénarios de Dan Brown.

  20. Merci monsieur, à défaut d’autres choses on peut toujours compter sur vous pour rire de bon coeur et se moquer des productions hollywoodiennes.
    Dans ces moments là on se demande toujours ce que l’on peut faire pour remercier quelqu’un qui vous fait tellement de bien.
    Je n’aurai qu’une chose à dire : « Sell the Vatican, Feed the world! »

  21. Merci beaucoup pour cette critique qui m’a fait bien rire après une grosse journée ! :D

    Ce blog est bénéfique à la santé !

    Ah, ça fait du bien ! :D

  22. […] achève donc de massacrer à lui seul tous les policiers qui n’arrivent eux qu’à le blesser à l’épaule.

    le brigand a tôt fait de coller une balle dans la tête des deux agents des forces de l’ordre, avant de traîner leurs corps et de les charger dans sa camionnette.

    Ca c’est de l’épole de qualité!

  23. Bonsoir cher OC,ayant participé jeudi dernier à une sortie à l’école polytechnique sur le CERN(dans le laboratoire qui une partie de ses données) mes espoirs en l’humanité ont disparu lorsque dans votre chronique sur ce mauvais film, les personnages essayent de capturer de l’antimatière-ce qui est purement impossible dans notre monde car la matière se désintègre avec l’antimatière-puis d’en faire un bombe. C’est tout bonnement digne d’un Ed Wood.
    Merci pour ce bon moment de lecture, et il faut voir True Grit (car les westerns, ce sont le bien)

  24. merci OC !

    le premier paragraphe m’a fait beaucoup rire !
    Pour le reste je verrai demain …
    ‘foiré de ratus.

  25. Bonsoir, cher Odieux Connard,

    Vous nous offrez là un article magistral, comme à votre habitude, avec un humour mordant et plaisant. Cependant, l’une des incohérence que vous relevez (à savoir le mensonge de l’Église dans « Da Vinci Code » et le fait que Langdon accepte quand même d’aider cette même Église) n’a pas lieu d’être. En effet, « Anges et Démons » se déroule dix ans avant « Da Vinci Code ». Le fait que ce dernier est sorti en film et en livre avant l’œuvre décortiquée dans l’article est dû à l’éditeur, qui jugeait « Anges et Démons » trop mauvais pour être édité. Dan Brown a alors écrit « Da Vinci Code » qui, lui, fût adapté en livre. Devant le succès monstre obtenu par ledit livre (mais pas par le film), l’éditeur publia finalement le bouquin dont traite l’article. D’où le fait que Langdon accepte de mener l’enquête destinée à sauver l’Église, il n’était pas encore au courant de l’énorme mensonge qu’elle cachait.

    Sinon, j’ai adoré votre critique, et j’ai hâte de lire la suivante.

    Une bien bonne soirée,

    Cléa D.

    • 10 ans non…. dans le da vinci code Langdon mentionne vittoria vetra (rencontrée dans anges et demons) et dit, si je me souviens bien, qu’il ne l’a pas vu depuis un an ou quelque chose comme ca !

      • euh… ne se pourrait-il pas que l’histoire se passa 10 ans auparavant et que ce cher langdon soit resté en contact avec vittoria ?

  26. Très drôle, excellent résumé des incohérences du film. Cependant, comme mentionné plus haut par Gilf’, vous critiquez ici le film, et non le roman, qui m’a littéralement captivé du début à la fin (Da Vinci Code aussi, j’ai honte).
    Et puis, même si je trouve des incohérences, je ne retiendrai au final que l’impression que m’a laissé le roman (et le film), qui fut excellente.

    Bonsoir quand même :)

  27. « je me décide à passer à la fin traditionnel de tout discours estudiantin qui se respecte : »

    La fin traditionnelLE ? :)

  28. « le clergé a toujours eu un truc pour buriner de petits anneaux innocents »

    J’ai tellement ri sur cette phrase que je n’ai pu retrouver ma concentration et continuer l’article qu’une heure après…

    Magnifique comme d’habitude, mieux encore que « Mâle parti dans la vie » !

      • Quelqu’un me ferait-il l’insigne honneur de m’expliquer la (trop) fine allusion ? Je n’en dors plus.

  29. En fait, ce film est parfaitement cohérent si on part du principe que Robert Langdon, en plus d’être un chiantissime prof d’histoire de l’art (et paranoïde conspirationniste à ses heures) a été initié à l’hypnose de masse par… Patrick Jane (le Mentalist) himself! (cette série pourrait à mon sens mériter un article d’ailleurs, mais passons)

    En effet, tout a été orchestré par Langdon dès le début afin de récupérer le manuscrit de Galilée. Les nombreuses incohérences et réactions stupides des autres personnages étant dues à leur état de transe hypnotique.

    Je ne vois pas d’autre explication. Ou si en fait une seule : le scénario est très con.

    • Je suis assez d’accord au sujet du « Mentalist »:
      série sympa au départ mais carrément tirée par les cheveux. Au moins avec « Lie to me », on a un semblant de cohérence…

  30. Très cher OC (vous n’avez toujours pas baissé vos tarifs …)

    Quel moment de bonheur ai-je donc passé grace à vous.
    Encore une fois, les regards inquisiteurs de mes collègues de bureau m’entendant m’étouffer de rire n’ont fait qu’accroître la joie que j’ai à vous lire.

    Cependant mais néanmoins j’ai fait face à quelques co(q)uilles que j’énumère ci-dessous…

    « Mais Strauss a réponse a tout » => à tout

    « doit faire plusieurs centaine de témoins ? » => centaines

    « après qu’il t’ai envoyé deux flics armés » => t’ait

    « faut en tuer en deuxième et le marquer » => un deuxième

    « Parmi toutes les morts que tu as donné » => données

    « la rue où était garée son véhicule » => garé

    « où insérer la clé qu’il a confié à Langdon » => confiée

    Pardon pour ces corrections, c’est tout simplement plus fort que moi…

    • Vous faites bien : c’est corrigé. Je m’en vais faire les gros yeux à mon attention qui était visiblement occupée ailleurs.

  31. « des curés démineurs volants »

    C’est beau et en plus on a presque une contrepèterie ! Volontaire ?

    Bel article comme toujours.

  32. « oubliez pas qu’on a affaire à des spécialistes de l’histoire de l’art, la lie de l’humanité »
    Mon cher Odieux Connard, au nom de tous les historiens d’art, nous vous emmerdons. :D

    Sinon, excellente critique, comme toujours. J’étais récemment en voyage (pour aller analyser des ligne droites), et j’ai décidé de me payer une bonne tranche de rigolade en lisant le dernier « livre » (oui, entre guillemets) de Dan Brown, « Le symbole perdu ». C’est édifiant, et je suis impatiente de lire votre critique !

  33. Perso, je ne serais pas si horrifié que cela en parlant de Mister Brown. Certes, c’est tiré par les cheveux, ridicule par moment, mais ça se laisse lire (au moins le Da Vinci Code, seul que j’ai lu).
    Il y a de l’action, quoi, ça bouge, et des fois c’est cool de laisser ses neurones de côté. C’est un peu pour cela que les film de super-héros sont populaires.

    Bon, je ne dirais pas que c’est un chef d’oeuvre, ça c’est sur.

  34. Sinon, je viens de voir un film merveilleux pour ce site. Si merveilleux qu’il m’a même énervé (sachant que j’étais pas énervé après le combo Daredevil-Elektra, regardés dans la foulée).

    Hero Wanted.

    Dans le genre « jaidesidéesalaconettoutlemondemesuisdansmesdéliresdephycho » il se pose.

    • après avoir vu le très pompier (mais assez fendard) World invasion: battle LA je me suis demandé ce que notre chez Odieux en ferait !!!

  35. Comme vous exagérez ! Ce film constitue pourtant une agréable balade dans Rome. C’est l’occasion de voir à moindre coup la basilique St Pierre, les fontaines de Rome, les statues du Bernin, d’admirer les églises, et de voir quelques toiles. Bref ça vaut un voyage low cost pour Rome. C’est d’ailleurs l’occasion de relever le plus gros paradoxe du film : comment se fait-il qu’un spécialiste comme est censé l’être le personnage principal puisse se poser une seule seconde la question de la prochaine église à aller voir ? Parce que ce n’est pas pour dire, mais chaque assassinat a lieu dans un coin hyper célèbre de Rome ! Normalement il ne devrait même se poser la question, la réponse est tellement évidente qu’on se demande comment il peut ne pas la connaitre.

  36. Sauf erreur très grossière de ma part, l’Église a reconnu depuis longtemps que la Terre est ronde, c’est avec la gravitation universelle et la théorie de l’évolution qu’elle a eu plus de problèmes.

    Sinon un jour il faudra qu’on m’explique ce que Vittoria comptait faire avec sa fiole d’anti-matière (possible à l’extrême rigueur, mais ridiculement cher à confiner) à part une bombe…

      • Effectivement, cette idée de « la terre, l’Eglise la croyait plate avant le XVIe », c’est juste un mythe de la rennaissance pour faire genre que le moyen-âge, c’était un âge de sombritude intellectuelle. Mais bon, ces globes placés dans les archives, ça reste peu crédible !

  37. Hahahaha!

    Nan mais laissez moi rire… Vous croyez vraiment tout ce que dit Odieux Connard?
    Tout cela n’est qu’un tissu de mensonges.
    D’un certains point de vue, pas étonnant de la part d’un mec qui a une place réservée en enfer depuis l’age de 8 ans…
    Mais, bien que je n’ai pas vu le film, je peut vous assurer qu’un tel film n’a pas pu être tourné, pour la simple et bonne raison que le vatican n’aurait jamais, vous m’entendez, jamais! laissé un film se tourner avec un cardinal noir! De même, le vatican ne laisserait jamais un film se tourner avec un pape encourageant la science.
    Non mais vous vous rendez compte de l’absurdité de ce que dit Odieux Connard?
    Bref, je vous met en garde contre ce manipulateur, qui au vu des commentaires réussit trés bien a se faire passer pour un dieu…
    PS: L’église a reconnue que la terre était ronde, oui, mais jamais sphérique, toujours aussi plate qu’avant…

  38. « sur le fait que la bombe qu’il avait volé »
    eh non, la bombe qu’il avait volée.

    j’ai soufflé du nez sinon.

  39. Odieux,

    hier au ciné, j’ai vu la bande annonce du film « Justin Bieber 3D ».
    Déverser du napalm dans les salles de cinema lors de la projection de cet étron cinématographique serait une bonne solution pour purifier la race humaine.

    Qu’en penses tu ?

  40. Bonjour,

    Il s’agit ici, mon cher Odieux, de vous proposer une relecture de vos écrits qui, s’ils sont syntaxiquement quasiment irréprochables, pêchent un peu, de part leur longueur, j’imagine, au niveau orthographique, bien qu’il n’y ait pas de quoi provoquer une ophtalmie, je vous rassure.

    Mon adresse E-mail étant adjointe, je vous laisse libre des suites à donner à ce post.

    En espérant ne pas me retrouver un jour dans votre café/thé/bol de Chocapics,

    Cyanure.

    PS : à quand un sujet sur le magnifique, le somptueux, le titanesque film de Justin Bie*bruit d’une implosion cérébrale*

  41. Je t’aime tout simplement,vite encore plus de spoiler!le film numéro quatre a l’air pas trop mal non pls niveau etron cinématographique…Quelle est la suite du programm!?

  42. Cher OC,

    Vous faite une bien belle erreur:
    « A noter qu’il est joué par Ewan Mc Gregor. Hmmm, le genre de mec qui ne prend pas un petit cachet et qui ne peut donc pas prendre un petit rôle : toutes mes billes sur lui que c’est le chef du complot. »

    Je vous conseil de voir « Alex Rider : Stormbreaker » :)

  43. Pour ce qui est de la rotondité de la Terre, des manuscrits du XIIIème siècle la montrent. C’est un héritage scientifique des grecs, vu qu’un certain Thalès de Millet avait même mesuré le diamètre de ladite planète (et il ne s’était pas trompé de beaucoup, le chenapan!).

    Et ronde, pas discoïde. Une boule quoi.

    Grande question de l’Eglise, par contre: comment ils tiennent debout, les gens d’en-dessous? Oui là, par contre, avec la gravitation, z’avaient des soucis.

    Et quand à Galilée, il a été condamné pour avoir soutenu la théorie héliocentriste, ce qui irritait fortement l’Eglise, qui soutenait que la Terre étant la création divine ultime, elle était forcément au centre de l’univers. Le « et pourtant, elle tourne » faisait bien référence à « elle tourne… autour du Soleil ».

    • Ératosthène pas Thalès … mais il est probable qu’Ératosthène fut inspiré par Thalès et sa mesure de la taille de la Grande Pyramide pour sa façon de calculer le diamètre de la Terre

      sinon effectivement l’Église et à peu près tout homme de science savait que la Terre est ronde (le commun des mortels s’en battaient probablement les bourses)
      (et j’avoue être déçu de l’OC de cette bourde (à moins qu’elle ne soit volontaire mais ce serait vraiment vil))
      pour ce qui est de « comment ils tiennent debout les gens d’en-dessous? » m’est avis que l’Église devait avoir (comme pour pratiquement toute religion et toutes choses) une réponse à base de TGCM (Ta Gueule C’est Magique)

      le fameux « eppur si muove! » est fort probablement apocryphe puisqu’on n’en trouve mention qu’un siècle environ après les faits
      par contre il est apparemment courant de faire la confusion entre l’héliocentrisme (avancé par Copernic PUIS soutenu par Galilée presque un siècle plus tard (là aussi la confusion me semble hélas fréquente)) et la rotondité de la Terre …

  44. Vous êtes dur avec les historiens de l’art, heureusement que nous ne sommes pas tous comme ça (mais une affreusement grande partie, il est vrai) !

  45. Illuminati
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  46. Pingback: Inferno | Le blog d'un odieux connard·

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