Troll, comme son nom l’indique

– Professeur, regardez !

D’une main gantée, l’alpiniste désigne une forme grise qui dépasse de la neige. Bien trop régulière pour être un simple rocher, elle attise aussitôt la curiosité de toute la petite cordée d’étudiants de l’université d’Oslo. Le professeur de géologie à la tête de l’expédition, voyant ses élèves plus excités que jamais, leur accorde un détour pour aller inspecter l’anomalie.

Mais plus les alpinistes approchent, plus la forme grandit jusqu’à enfin, se révéler : c’est une aile d’avion aux marquages à demi-effacés.

– Qu’est-ce que cela fait ici ? s’étonne une étudiante.
– Si j’en crois ce que je peux encore lire, c’est un appareil civil américain, débute le professeur. Et dans ce secteur… oui, un avion s’est bien écrasé par ici en 1993. Les recherches n’avaient alors rien donné. Mais on dirait que les glaces ont enfin relâché leur prisonnier. Voyez plutôt !

Du bout de son piolet, le professeur indique la crevasse quelques mètres plus loin, au fond de laquelle repose, silencieuse, la carlingue. Excités à l’idée de ce qu’ils pourraient y découvrir, les membres de l’expédition se lancent dans une prudente descente, et la lampe à la main, se glissent dans l’aéroplane écrasé via une longue fissure dans sa coque.

Peu après, un premier étudiant ressort, une liasse de papiers à la main.

– Professeur ! hurle-t-il à son enseignant resté en haut de la crevasse. Regardez ce que nous avons trouvé !
– Qu’est-ce ?
– Cet avion transportait des scénaristes américains. Ne me demandez pas ce qu’ils faisaient là, mais ils avaient avec eux leur « Guide du Blockbuster ».
– Comment ? Détruisez-le, fous que vous êtes !
– Mais, professeur ?
– DÉTRUISEZ-LE !

Au fond de la crevasse, c’est la consternation. Pourquoi détruire pareille trouvaille ? Les étudiants discutent, ignorant les gesticulations de leur enseignant.

– Bon, s’il dit de le détruire, on devrait peut-être le faire.
– Allons, Kristian. Avec ça, nous pourrions faire un blockbuster norvégien !
– Mais ? Solveig, tu n’y penses pas. Nous sommes Norvégiens, nous sommes un minimum sérieux.
– Oui mais…
– Mais ?
– Le pognon.

Kristian considère la chose. C’est vrai que le pognon, c’est une bonne raison.

Ainsi disparut le professeur Løvecraft, dans les profondeurs du Galdhøpiggen, après que ses étudiants aient décidé de lui expliquer à coup de piolets que « Oui, mais le pognon », une ressource que les enseignants de manière générale ne fréquentent que trop peu.

Auraient-ils dû écouter le sinistre avertissement de l’universitaire ?

Et qu’est-ce que cela donne lorsque des Norvégiens tentent un blockbuster ? Mais, un bon gros Troll, bien sûr ! Et comme le film fonctionne fort bien sur Netflix et que bande de petits rabouins, vous exigez son spoiler en attendant que je traverse le froid pour aller me fader Avatar 2, parlons-en.

Aussi, le film porte-t-il bien son nom ?

Spoilons, mes bons !


L’affiche : Même elle semble avoir été conçue d’après un modèle de bouse

Notre film débute sur un flanc de montagne en Norvège, alors que la petite Nora y pratique l’escalade avec son papa. Parvenus sur un promontoire, et alors que l’enfant préférerait un bon goûter, bordel, son père décide de lui servir un conte sur le paysage face à eux, à savoir une autre montagne (on est en Norvège, je ne sais pas à quoi vous vous attendiez).

– Tu te souviens de cette histoire sur treize trolls bourrés à un mariage qui ont été pétrifiés par le soleil parce qu’ils n’avaient pas regardé l’heure ?
– Papa, je n’ai plus l’âge de ces conneries ! Je les connais par cœur tes histoires ! En plus, je viens de me fader dix heures d’escalade, je préférerais un Choco BN, vois-tu.
– J’entends bien, jeune trou du cul, mais qu’as-tu retenu de cette histoire ?
– Qu’il ne faut pas inviter de trolls à son mariage parce qu’ils picolent, font les cons et finissent à chanter du Patrick Sébastien jusqu’à l’aube en faisant des commentaires racoleurs sur la mariée ?
– Bon, je vois que tu n’as pas pigé. Je te parlais des trolls, faits de pierre et de terre, avec un cœur de glace.
– Haaan, ceux-là.
– Et on peut les voir dans la montagne d’en face si on la regarde non pas avec ses yeux, mais avec son cœur.

Ce qui n’est pas facile : je ne sais pas si vous avez déjà essayé de lire un livre avec le cœur, mais même en le glissant dans son t-shirt, ça reste assez peu pratique. Nora, cependant, qui a visiblement le pouvoir d’activer une vision détectant les trolls dans un rayon de cinq bornes à la demande, se concentre et aperçoit, comme annoncé, des visages de trolls figés dans la montagne.

Bon, à ce petit jeu, elle aurait aussi pu identifier un lapin et deux tortues dans les nuages, mais passons.

Surtout que pour détecter si vous avez un troll à proximité, c’est facile : il suffit d’essayer de faire un voyage rapide. Si soudain vous apercevez un message qui vous dit « Impossible de voyager avec des ennemis à proximité », c’est que vous avez effectivement un sérieux problème de trolls. Ou de communistes. Ou de trolls communistes (aussi appelés Üsül).

Mais, bondissons de quelques années dans le temps, et retrouvons Nora, désormais adulte, qui est devenue paléontologue.

Un bien beau métier qu’elle exerce en utilisant une arme bien connue des amateurs de blockbusters : le scriptonium. En effet, alors que son patron et toute son équipe fouillent depuis six mois une plage à la recherche de restes de dinosaures sans succès, Nora décide de faire un trou à part, toute seule, et en 0,3 seconde trouve au pif un énorme squelette de dinosaure. Hop, allez, c’est plié, merci d’être venus les gars mais j’avais pas besoin de vous. D’ailleurs, sachez qu’elle est tellement forte en paléontologie qu’il suffit que la caméra change d’angle pour qu’en 0,1 seconde, elle passe de « J’ai trouvé quelque chose » à « J’ai profité de ce dixième de seconde pour entièrement déterrer un crâne de dinosaure et le nettoyer, le tout en n’utilisant que mes gros doigts« .

C’est la première vraie scène de notre héroïne adulte et c’est déjà n’importe quoi.

Sachez cependant que Nora n’est pas la seule à creuser n’importe où. Car au même moment, à des centaines de kilomètres delà, du côté de la montagne Spiridion, des ouvriers sont fort occupés à creuser un tunnel ferroviaire. Ce qui fait hurler les militants écologistes du coin : en effet, si on fait des rails plutôt que des routes, où vont-ils bien pouvoir aller s’assoir ? En tous les cas, ils ne sont pas contents et manifestent, ce dont les ouvriers du coin n’ont visiblement pas grand chose à carrer.

Mais alors qu’ils viennent de faire sauter de la roche à l’explosif, voilà que les malheureux travailleurs entendent un grognement, puis leur tunnel s’effondre sur eux, comme s’ils avaient réveillé quelque chose d’aussi gros que coquin. Mais Harvey Weinstein étant déjà en prison, qu’est-ce que cela peut bien être ?

Au même moment, à Oslo, les détecteurs sismiques s’agitent. Au quartier général de l’armée, on décide d’aller voir de quoi il retourne.

– Envoyez immédiatement quelques avions sur zone !
– Mais ? Général, êtes-vous sûr ?
– Eh bien oui, il s’est passé quelque chose, allons voir.
– Non mais il y avait des explosions prévues dans le secteur, rapport au forage du tunnel ferroviaire mon général. Vous savez, celui qui fait gueuler des associations. Êtes-vous en train de dire qu’à chaque fois qu’on utilise des explosifs de manière parfaitement légale et préparée sur un chantier en Norvège, dans le doute, on fait décoller toute la chasse ?
– Ça suffit, caporal Røudøudøu ! Faites-moi décoller les avions où je vous transforme en tørrfisk !

Deux appareils de dernière génération sont envoyés sur place, et découvrent que quelque chose d’anormal s’est produit : il y a un gros trou dans la montagne, et pas là où il devrait se trouver selon les plans du chantier. Le général en charge de l’armée de l’air décide donc aussitôt d’alerter Mme Cëlamaf, la première ministre. qui bondit aussitôt dans une voiture accompagnée d’Andreas, son assistant.

Ils profitent du trajet pour regarder les vidéos que le général leur a envoyées.

– Seigneur, ce trou est énorme ! Comment est-ce que cela est arrivé ?
– Quelque chose d’énorme est passé par là.
– Je vois. Mais, assez ri avec cette vidéo de votre coloscopie Andréas, et regardons plutôt les vidéos de la montagne.
– Très bien Madame.

Et les deux d’étudier plus en détail ce que les avions ont repéré, à savoir un trou à flanc de montagne, certes, mais aussi d’énormes empreintes de pas. Ni la première ministre, ni son assistant n’osent y croire, et pensent qu’il doit y avoir d’autres explications qu’un géant en maraude. Mais pour cela, il faudrait consulter des spécialistes : géologues, biologistes et…

Non, à aucun moment, la ministre ne dit « paléontologue », mais, oui, un hélicoptère est envoyé chercher Nora pour la ramener à la capitale. Ne me demandez pas pourquoi, mais quelqu’un s’est dit « ET SI C’ÉTAIT UN DINOSAURE ? »

Ah, bravo la tolérance ! Il y a un fait divers alors tout de suite « Ouiiii, c’est forcément les dinosaures… ». Tout ça parce que ces petits sagouins ont saccagé les montagnes il y a des millions d’années en y laissant plein de fossiles ne veut pas dire qu’ils n’ont pas le droit à une deuxième chance ! No Pasaran !

Mais plus sérieusement : pourquoi une paléontologue ?

D’ailleurs, lorsque Nora est invitée à rejoindre une réunion d’urgence au sein du quarter général des armées norvégienne en compagnie de plein d’autres spécialistes, même un personnage fait remarquer qu’il ne comprend pas ce qu’une paléontologue fout là.

Même Nora semble la première surprise quant à pourquoi l’armée a besoin d’elle quand on vient la chercher.

J’imagine bien les réflexions des scénaristes.

* * *

– Solveig arrête de nettoyer ce piolet et aide-moi ! Pourquoi l’héroïne serait-elle invitée à conseiller la première ministre et l’armée ?
– Eh bien Kristian, elle pourrait avoir un métier lié à ce genre de phénomènes : géologue, vulcanologue, quelqu’un qui connait un peu les montagnes et ce qu’il peut s’y passer, par exemple.
– Excellente idée donc je… attends ! Dans la guide ils disent qu’un bon blockbuster est bourré d’incohérences sans aucune raison ! Et si on lui filait un métier qui n’a rien à voir ? Du genre tout le monde a une bonne raison d’être là sauf elle ?
– Tu veux dire qu’il y aurait des géologues, des vulcanologues, des spécialistes divers, sauf elle qui n’aurait rien à voir avec la choucroute ? Du genre qu’alors que ça ne changerait rien au scénario d’en faire une géologue, on souligne bien qu’on a choisi de lui filer une spécialité qui n’a rien à faire là ?
– Oui ! C’est ça ! Attends je… et siii elle était paléontologue ?
– Quel rapport ?
– Aucun ! Justement ! C’est pour ça que c’est génial !

* * *

Encore un peu et elle était sociologue.

Pour le cliché, rassurez-vous : tous les autres experts autour de la table sont des hommes, donc vous connaissez la règle : ils ont tort. Seule notre femme forte ose dire tout haut la vérité : « Nous sommes bien d’accord que ce que nous voyons sur les images des avions, ce sont des empreintes de pas ? »

Et les autres de se moquer d’elle, première ministre comprise parce que ouah, pfouuu, des empreintes de pas, elle est bêêête !

Ce qui appuie un peu plus la grosse incohérence : si personne ne pense à une créature, fut-ce des empreintes fossilisées, pourquoi appeler une paléontologue ? Mais non, il faut que le scénario insiste sur le cliché habituel, à savoir que la seule femme scientifique a raison, les hommes ont tort et ne la prennent pas au sérieux en lui lançant du « Écoutez mon p’tit… ».

Heureusement, un autre être disposant de doubles chromosomes X interrompt l’assemblée : c’est Geekette, l’inévitable personnage de simili-hacker qui traine dans le coin, ici en tant que personnel de l’armée. La jeune militaire a en effet réussi à récupérer des vidéos prises par les téléphones des manifestants écolos.

D’ailleurs, les manifestants sont-ils mort ou vivants ?

Eh bien à en croire la vidéo, ce qui est sorti de la montagne leur a lourdement expliqué la vie à coups de gros cailloux, mais l’a fait sans endommager les téléphones. Les créatures mythiques sont comme ça : sympas. Autant elles haïssent les écolos, autant elles adorent les iPhones.

Notez que ça se tient.

Mais même si les monstres géants sont bien aimables, point trop quand même, puisque certes, ils ont beau faire quinze mètres de haut et tuer tout le monde, ils arrivent à toujours rester hors champ, sauf sur UNE image un peu floue que Nora demande à revoir, histoire de prouver ce qu’elle dit : on ne voit pas bien ce que c’est, mais on dirait qu’une grosse bête humanoïde est sortie de la montagne.

Notez que je suis un peu jaloux du folklore nordique qui leur permet ce genre de bouses avec d’énormes créatures issues de leur folklore. Les Norvégiens ont les trolls, les Japonais ont Godzilla, et nous, Gérard Depardieu.

En attendant, tout le monde dans la salle de réunion cherche à savoir ce qu’est cette bête. Jusqu’à ce que Nora propose une idée de génie :

– Et si on cherchait la bête ?

Que… quoi ?

Parce que vous n’avez pas pensé à le faire avant ? Le machin laisse des empreintes de pas grosses comme une maisonnette et visibles depuis un avion, mais personne n’a pensé à, je ne sais pas moi, les suivre ?

Eh bien non. Les mecs se sont dit « Nan mais vous savez, c’est une urgence nationale, on a envoyé un hélico chercher une paléontologue au pif tellement on ne sait plus quoi faire, par contre, pas un appareil n’a suivi la piste du mystérieux phénomène. »

C’est vrai que sinon, on allait gagner du temps de film : c’eut été dommage de se priver.

Nora est donc envoyée en hélicoptère avec Andreas sur la piste de la bête. Sur le chemin, Andreas et Nora font ami-ami lors de dialogues très naturels du genre « Parlez-moi de votre mère morte quand vous aviez dix ans, Nora », chose que personne ne fait, à part bien sûr les géographes et hydrologues, qui ont toujours eu une passion secrète pour la mère morte, mais c’est un autre sujet et nous ne parlerons pas de ces pervers ici.

Heureusement, l’appareil arrive bientôt à un endroit où la piste est encore chaude : une maison au milieu de nulle part s’est fait écraser par le bestiau en maraude (il a réussi à marcher sur une maison isolée au milieu de nulle part, il est fort OU il hait l’architecture locale). Une petite troupe armée norvégienne, commandée par l’inévitable jeune et dynamique militaire beau gosse, a sécurisé les lieux et reçoit les envoyés de la capitale.

– Bonjour les amis, bienvenue. Je suis le capitaine Bogoss.
– Et je suis paléontologue.
– Ah ? Qu’est-ce que vous foutez là ?

Si, il le souligne.

J’aime comme chaque personnage dans le film ne peut s’empêcher de tiquer quant au fait que Nora n’a aucune raison d’être là. D’ailleurs, quitte à aller chercher une paléontologue, pourquoi avoir choisi celle-là et pas une sommité ? Non parce que par exemple, lorsque les militaires sont venues chercher Nora là où elle faisait des fouilles, ils ont totalement ignoré le fait que son patron se tenait juste à côté d’elle. Alors que comme il l’employait, peut-être qu’il était un peu plus gradé dans la société secrète des paléontologues et donc plus à même d’aider ? Mais non : ils voulaient Nora. Mystère.

En attendant, Nora va interroger les survivants de la maison écrasée, qui ont échappé au massacre en s’abritant dans la cave. Ils sont choqués, mais vont bien.

– Qu’avez-vous vu ?
– Rien.
– Vous avez réussi à louper un truc de quinze mètres de haut ?!
– Oui. On n’a même pas regardé par la fenêtre quand il s’approchait, rien. On n’est pas curieux vous savez : nous, le sol tremble, quelque chose approche, on ne regarde pas ce que c’est, ça ne nous regarde pas, vous savez.
– Okay super. Donc vous avez réussi à ne rien voir, même quand une fois partie, la bestiole a marché à découvert sur des kilomètres dans votre vallée où l’on voit de très loin ?
– Oui.
– Vous êtes super balaises. Ou bien vous voulez continuer à laisser planer le mystère inutile sur la nature du monstre, alors que c’est le titre du film. Bon. Vous n’avez rien d’autre à ajouter ?
– Si : la bête poussait des hurlements tristes. On aurait presque dit… une complainte.
– Hmmm… entre la vague description et les cris…
– Vous avez une idée ?
– Oui, je pense qu’il pourrait s’agir d’Yseult.

Tiens ? Diego ? Que font tous ces gens aux cheveux colorés collés à ma fenêtre la bave aux lèvres ? Va donc me chercher mon escopette. Voilà. Allez, du vent. Enfin, je dis ça, mais il est vrai que c’est plus difficile de courir avec du plomb dans les reins maintenant, hein ? Tiens Diego, raccroche mon arme et puis file me nettoyer ce qui reste dans le jardin, direction le potager. Reprenons le dialogue entre Nora et ses interlocuteurs.

– Yseult ?
– Mais si, de Tristan et Yseult !
– Mais elle n’est pas géante, Yseult ! C’est le Morholt, le géant !
– Ah oui, merde. Nan mais c’est parce que je suis paléontologue aussi, pas prof de littérature.

Tout de même, je me demande pourquoi ces gens aux cheveux colorés étaient dans mon jardin. Qu’importe.

Car toujours est-il que Nora, après avoir fait du rien durant de longues minutes autour de la maison dévastée pour faire semblant d’enquêter, décide de passer à la vitesse supérieure. En effet, elle repropose la même idée que dix minutes plus tôt.

– Et si… on suivant les traces ?

Mais bordel ! Ça vous dirait pas, je ne sais pas, d’avancer dans ce film ?

Je n’insiste pas, et laisse bondir la fine équipe dans l’hélicoptère, qui survole la zone 20 kilomètres plus loin, là où les empreintes de pas géantes s’arrêtent brutalement. Car c’est bien le cas : soudain, les pas s’arrêtent. Probablement que le monstre a enfilé des chaussons. Plus aucune trace d’une bête géante à proximité. Raison pour laquelle l’héroïne commence à se demander si…

Et si c’était une bestiole pas bien naturelle ? Genre… SUPER-naturelle ?

Pour répondre à cette question, elle propose d’aller voir le seul expert sur le sujet qu’elle connaisse : son père. Ne touchez pas à cette boîte à « Ça alors ! », laissons-la se reposer le temps d’un film. Bref : le papa de Nora en a eu marre qu’on se foute de ses histoires de folklore, et est devenu un peu fou. Il s’est retiré du monde et… oui ? Pardon ? Vous l’avez reconnu ?

Mais oui, c’est la caricature du type-qui-avait-raison-depuis-le-début-mais-que-personne-n’écoutait de tout bon blockbuster ! Évidemment fou et complotiste. Qui dit que les trolls existent et ont été cachés par le gouvernement à chaque fois qu’ils ont causé des incidents.

Puisque vous connaissez le cliché, vous connaissez la suite : holala ! Je me demaaaande s’il a raison.

D’ailleurs : sa fille de lancer « Papa, tu ne vas pas recommencer avec ça ! »

Notez : Nora est venue voir son père pour qu’il lui parle de créatures surnaturelles. À la seconde où il commence à lui en parler, elle soupire, grogne, pète, et de manière générale, fait comprendre qu’elle ne veut pas qu’il en parle. Moi aussi, j’adore aller voir un expert quelconque pour lui demander son expertise, mais sitôt qu’il se met à en parler, je lui dis que c’est chiant et que je préférerais qu’on parle de comment il prépare ses lasagnes.

Visiblement, le type qui a écrit cette scène avait oublié de lire la précédente. Mais le brave papa insiste : ce qui sort des montagnes savater des gueules quand c’est dérangé, ça s’appelle soit un Gurkha, soit un troll. Or, si c’était un Gurkha, ils seraient déjà tous morts. C’est donc plus probablement un troll.

– Mais papa, si les trolls existaient, on aurait retrouvé des fossiles ! Je le sais, je suis paléo…
– Est-ce qu’on pourrait arrêter de ramener ton métier incohérent dans l’intrigue sur le tapis ? Et puis en plus, tu sais ce qui a fait disparaître les trolls. Pas la mort naturelle ou l’évolution, mais… LA CHRÉTIENTÉ.

Ah.

C’est donc ça, le cycle de la vie : les trolls font peur aux Norvégiens, les Norvégiens font peur aux moines francs en sandalettes, les moines francs en sandalettes meulent du troll au petit-déjeuner.

Alors qu’il suffit d’envoyer « Croisade » au 111 pour qu’une bande de type en armures débarque et vous débarrasse de vos trolls, reprenne Jérusalem et rase Constantinople en passant.

– Bon, papa, tu es lourd mais que penses-tu que l’on doive faire ?
– Eh bien je propose…

Non ? Non ! NON !

– … DE SUIVRE LES TRACES !

À cet instant, j’invoque moi-même tellement le nom de Dieu que ça doit être le génocide chez les trolls et les fées du coin. Mais nous y revoilà pour la troisième fois – non, ce film n’a pas une intrigue tellement légère qu’il faut la faire tourner en rond- à voir notre fine équipe suivre les grosses empreintes. Mais cette fois-ci, l’hélicoptère se pose là où elles se sont arrêtées au lieu de les survoler.

Tout du long, le père parle de trolls et tout le monde roule des yeux, alors que le rappelle : ils sont allés le chercher justement pour qu’il parle de cela. Mais là encore, c’est déjà oublié. Ils l’ont probablement emmené juste pour savourer son petit fumet de vieil ermite dans un appareil clos.

Je tiens d’ailleurs à saluer que le film sait faire dans l’originalité : oui, le vieil ermite complotiste a un mur entier de sa baraque couvert d’articles, photos et dessins dédiés à ses recherches, mais rien n’est relié avec de la ficelle rouge. Et ça, excusez-moi, mais ça se salue.

En 2022, c’est à ça que l’on reconnait de la créativité dans un film.

En tous les cas, une fois l’hélicoptère posé, papa a tôt fait de repérer un coin pierreux un peu suspect : ces gros cailloux ne sont indiqués sur aucune carte ! Et en effet, il a raison : les militaires n’avaient rien remarqué, mais ce n’est pas un gros tas de cailloux non répertorié : c’est un troll qui faisait dodo !

– Et dire que j’ai pris des selfies près de ce menhir rigolo ! marmonne Nora en battant en retraite.

Et l’énorme créature de se dresser lentement, suffisamment du moins pour que tout le monde puisse s’enfuir à bord de l’hélicoptère.

Appareil qui filme ce qu’il vient de trouver et envoie les images à Oslo.

Une réunion de crise est organisée, à laquelle tout le monde est invité, y compris Nora et son père. Mais Nora elle-même s’indigne lorsque son père s’exclame :

– C’est un troll !
– Papa, ne sois pas ridicule ! Ahaha, excusez-le les amis, il dit n’importe quoi.

Ah non mais c’est vrai que bon : c’est une créature inconnue faite de pierre qui ressemble au troll des légendes, faudrait peut-être pas la qualifier de « troll ». Non parce que si ça se trouve, elle s’identifie comme chaton et ça pourrait la faire pleurer.

Par ailleurs, personnellement, je ne crois pas spécialement aux dragons, mais si demain un lézard ailé de trente mètres de long crache du feu sur la ville tout en volant et qu’un type crie au dragon, je ne m’exclamerai pas « Ahaha, soyons sérieux, on ne sait pas ce que c’est, n’utilisons pas ce nom, c’est peut-être une chauve-souris mexicaine ».

Mais nos personnages raisonnent pourtant ainsi : la priorité, c’est de ne pas mégenrer la bête en la classant dans le mauvais genre animalier.

Nora termine la réunion en annonçant que bon, c’est pas un troll, c’est sûr, parce que ça n’existe pas. C’est donc autre chose et, euh, il faudrait du temps pour l’étudier.

Ne me demandez pas comment elle veut l’étudier, je n’en sais rien et je pense que les scénaristes non plus. Mais dire « il faut l’étudier », ça fait gentille scientifique qui veut comprendre ce que les autres veulent tabasser. Par contre, les scénaristes nous mettent une petite scène où Nora engueule son père pour avoir dit « troll » en pleine réunion, et celui-ci de répondre :

– Ben si tu ne pensais pas à un troll, pourquoi être venue me chercher justement pour ça ?

Non vraiment : les mecs aiment souligner qu’ils font n’importe quoi. Un peu comme des Norvégiens qui suivraient le guide des blockbusters mais qui, un peu honteux, diraient quand même par endroits « On est conscients que c’est complètement con, excusez-nous, früdahü ».

Toujours est-il que l’heure n’est plus à la parlotte : le gouvernement et les militaires estiment que ce pas-troll est dangereux, et que dans le doute, il faut lui péter la gueule. Une opération est donc organisée avec la compagnie du capitaine Bogoss, des blindés, de l’artillerie, bref, ils comptent transformer le monstre en véritable tas de pierres cette fois, non mais ho, tu vas arrêter de trouer nos montagnes, c’est pas la Suisse ici.

Mais ni Nora ni son père ne veulent laisser la créature se faire découper sans rien faire, et ils parviennent à obtenir du capitaine Bogoss qu’il les emmène. Parce que… qu’il est… sympa. Voilà.

Nos héros peuvent donc tranquillement se promener au milieu de l’énorme embuscade à pas-troll, aucun militaire ne remarque ces civils qui n’ont rien à foutre là. Et qui papotent à voix haute sans se soucier du rien, voire plaisantent (après tout ils ne font qu’affronter une menace surnaturelle) tranquillement, Nora et son papa se détendant et se rapprochant après être restés des années fâchés. C’est beau.

Tellement que forcément, je suppoooose que le père va mourir. Se rabibocher avec son vieux avant la bataille, c’est comme montrer une photo de sa fiancée au Vietnam : dans un film, ça ne pardonne pas.

Et puis une fois que tout le monde a fini de se raconter sa vie, un grognement se fait entendre. Il signifie probablement « C’est bon ? C’est fini vos conneries ? Je peux me montrer ? » et en effet : la créature mythique tant attendue approche.

Et sitôt à portée, se mange roquettes, obus et balles de mitrailleuses, ce qui la fait hurler, certes, mais ne la tue pas. En fait, elle n’est même pas blessé. Je veux bien que ce soit un monstre de pierre avec un coeur de glace, mais vu ce qu’il se mange, il devrait se transformer en pile de gravats avec un cœur fondant. Cependant, là, il va bien, merci.

Le troll, cet être qui résiste aux chars, mais pas à trois clampins avec épées hurlant « Deus Vult ! »

Plus embêtant : il commence à distribuer des coups de tatane aux militaires, voire les écrase sous ses gros pieds. La confusion règne chez les soldats.

– Capitaine, il faut nous replier ! On va tous mourir !
– Non ! Nous l’aurons ! Tu entends créature diabolique ? On ne finira pas sous tes pattes, troll !
– Pas-troll.
– Que dites-vous Nora ?
– On ne sait pas ce que c’est, alors ce n’est pas un troll. C’est un Pas-troll. Il faut donc dire : « On ne finira pas sous tes pattes, pas-troll. »
– Patte pas-troll ? C’est pas un truc avec des chiens qui conduisent des camions ?

Très confus, disais-je.

Heureusement pour nos héros, ils parviennent à s’écarter du massacre, sauf que, pas de bol, tout près d’eux, un soldat blessé se met à prier. Or, il est chrétien ! Et les trolls… peuvent sentir le sang des chrétiens ! Qui a probablement pour eux l’odeur irrésistible d’une fraise Tagada.

Ce qui soulève quantité de questions : si un enfant est baptisé mais s’en fout par la suite, sent-il toujours la Tagada ou bien un truc moins bien, comme par exemple la betterave ou le céleri ? Et quid des musulmans qui croient aussi en Jésus ? Le troll peut-il les sentir ? Mais dans ce cas, s’il les attaque, est-ce islamophobe et « fermement condamné » par un tweet du gouvernement français ?

Que de questions.

La seule réponse qui vient pour l’instant prend la forme d’un gros poing qui écrabouille le soldat qui priait, laissant à ses compagnons le temps de fuir et de se mettre à l’abri.

– Nora ? Andreas ? Papa ? Vous êtes vivants ?
– Oui, capitaine Bogoss.
– Bon, personne d’autre n’est chrétien parmi vous, hein ? Andreas ?
– Je suis athée.
– Monsieur Papa ?
– Non, moi je crois plutôt aux trolls.
– Nora ?
– Moi je suis croyante mais je pense qu’on est tranquilles.
– Ah oui ?
– Oui, je pense que la France Insoumise est un parti démocratique.
– Ah oui, quand même.

Mais alors que tout le monde débat pour savoir si croire en Jean-Luc est une forme de monothéisme, voici que papa s’écarte du groupe et s’approche du troll qui a terminé son massacre. Ses compagnons, l’apercevant, veulent le retenir mais, oh ! On dirait qu’il parvient à communiquer avec la créature et à l’apaiser !

Du moins, jusqu’à ce qu’un véhicule de l’armée norvégienne ayant survécu au massacre n’ouvre le feu. Résultat en un troll énervé, un véhicule écrasé, et un papa peu ou prou dans le même état. Ses derniers mots sont « Le palais… le roi… ». Hmmm, voilà qui est mystérieux.

C’est donc de grosses larmes qui coulent sur tous les visages, car vous ne l’aviez pas du tout vu venir, et alors que le troll reprend sa route en sifflotant (il est taquin), nos héros se replient dans la base la plus proche. Où ENFIN, Nora s’exclame :

– Et si… c’était un troll ?

MAIS OUI NORA ? CE NE SERAIT DONC PAS UN TRES GROS CANICHE ?

Bon, n’y a-t-il plus personne sur qui tirer dans mon jardin ? Non parce que là, j’en ai besoin. Nous en sommes donc à 1h de film, et les héros viennent SEULEMENT d’admettre que ah oui, p’têtre que c’est un troll, dites voir. Mais attention, hein, c’est une hypothèse, restons prudents.

Aussi, pendant que l’armée prépare une attaque aérienne contre le troll qui pionce dans une vallée, Nora fouille de vieux livres de son pères sur le folklore nordique à la recherche d’un moyen de vaincre le troll.

– Le soleil.
– Hmmm… non, Andreas, non. Ça c’est une légende je pense.
– Je propose le soleil.
– Non capitaine Bogoss. Une autre idée ?
– Le soleil ?
– Raaah non… vous ne m’aidez pas avec vos idées inutiles. Et si… et si… attendez, regardez, là ! On dit que les trolls haïssent le son des cloches des églises ! Et si on l’attaquait avec des cloches ?

Que ?

Non, je suis très sérieux : c’est l’idée de Nora. Personnellement, quitte à me lancer dans la partie « la chrétienté leur fait peur », j’en aurais parlé, mais attention, hein, à tout hasard, à l’Église. Qui selon la légende, aurait un vague lien avec la chrétienté. Et puis bon, ça aurait quand même de la gueule, une baston finale troll contre papamobile.

Mais en lieu et place, l’armée écoute le plan idiot de notre héroïne et s’exclame :

– Vous savez quoi ? Notre plan consistant à bombarder la gueule du troll depuis la haute altitude pendant qu’il est sans défense, on laisse tomber. L’idée de Nora est géniale. On va attaquer… quand il est bien réveillé, à basse altitude, et avec des hélicoptères sous lesquels on va accrocher des… cloches d’églises !

Je vous laisse relire avec le doigt.

Puis vous en vouloir d’avoir relu parce que maintenant, vous pleurez du sang. Mais vous ne méritez que ça, margoulins : vous m’avez poussé à regarder ce truc.

Alors que l’on peut entendre le caporal Røudøudøu s’étrangler en arrière plan et demander si quitte à suivre ce plan à la con, des haut-parleurs n’auraient pas été plus pratiques que de vraies cloches, nos amis militaires embarquent nos héros et lancent l’attaque, lorsque le troll est réveillé, en plein jour (mais il fait nuageux, comme depuis le début du film), et surtout, alors qu’il est sur le point de piétiner un parc d’attraction.

– Vite ! Volez le plus bas possible et à portée de ses bras ! ordonne le capitaine Bogoss.

Et arrive ce qui devait arriver : après un premier moment où le troll est apeuré et se roule en boule en se faisant encercler par des cloches volantes (que les hélicos font battre on ne sait comment), il se lève et castagne les énervants aéronefs qui ne pensent pas à s’éloigner. Du moins, pas ceux dont l’équipage n’est constitués que de Jean-Jacques. Leurs derniers mots sont « Haaan si seulement on avait pensé à voler plus haut ! ». Eeeh oui. C’est ce que l’on appelle le syndrome d’Avatar.

Seul l’appareil avec les héros à bord (je sais, ça vous étonne) survit, et le troll peut donc reprendre sa route, écrasant quelques attractions heureusement évacuées en chemin. On notera qu’il a même pris le temps de sauver un enfant roux sur lequel un hélicoptère allait s’écraser ce qui peut vouloir dire deux choses :

– Le troll est en réalité gentil et n’aime pas tuer

OU

– Les roux étant eux aussi des ennemis de la chrétienté, le troll est solidaire avec eux

Nous savons tous ce qu’il en est. Du moins, ceux d’entre nous qui ont une âme.

Laissons de côté ce vaste sujet et suivons plutôt notre gros troll, puisque son apparition dans un lieu public a provoqué cette fois quantité de vidéos qui font le tour du monde. La Norvège est donc à la une de tous les journaux, et la population commence à suer un peu puisqu’à en croire le parcours suivi par le troll il se dirigerait… vers Oslo.

C’est l’exode rural : même les trolls finissent par aller en ville.

Nos héros aussi retournent à la capitale, où Nora a un bref entretien avec la première ministre.

– Nora, votre histoire de cloches, ça n’a pas marché.
– Oui enfin notez que ça a eu un effet. Ils sont donc sensibles aux cloches.
– Certes mais… n’en parlons plus.

Ah. Donc vous avez découvert une des faiblesses du monstre mais : surtout, n’allons pas plus loin sur cette piste. Quelqu’un aurait-il quelque chose de plus con à ajouter ? Madame la ministre ?

– Oui : nous ignorons toujours ce qu’est cette créature.

Diego ? Mon coussin à hurlements s’il te plait. Non, pas celui qui sert à étouffer les gens de l’URSSAF, il est tout sale. Celui à hurlements. Merci. Aaaammffffffhhhhrrrrraaahhhmmmmmmf. Voilà qui est mieux. Merci Diego.

Donc, alors que la créature ressemble à un troll, se comporte comme un troll, a les faiblesses d’un troll et flaire le chrétien comme un troll, nous avons dépassé l’heure de film et les scénaristes pensent qu »il est toujours important de laisser les personnages douter encore un peu. La piste du très gros caniche n’est visiblement toujours pas écartée.

Mieux, la première ministre décide que ce n’est pas encore assez idiot.

– Et Nora, une dernière chose.
– Oui ?
– Comme vous avez toujours eu raison jusqu’ici et que même votre idée stupide de cloches a fonctionné… vous êtes virée.
– Pardon ?
– Ben oui, les cloches, ça a quand même fini avec trois hélicoptères détruits sur quatre et le monstre a pu continuer sa route.
– Notez que les cloches fonctionnaient, mais que les hélicoptères, eux, sont connement allés voler à 3 mètres du bestiau. C’est peut-être l’armée, le problème.
– Non, justement : je confie désormais la suite à l’armée. Vous savez, celle qui a tort depuis le début et dont les armes ne marchent pas contre le tr… pas-troll.

Ah, le célèbre passage de l’armée incompétente qui prend les commandes et refuse d’écouter la gentille scientifique : ce film coche vraiment toutes les cases.

Solidaire avec Nora face à cette décision de merde, Andreas en profite pour démissionner. Et part avec elle hors de la base, pendant que la première ministre annonce qu’il est temps d’évacuer Oslo en raison de l’approche d’une créature « non-identifiée ».

Non, vraiment, qu’est-ce que ça peut bien être ?

J’aime comme ils insistent lourdement sur ce point sans aucune raison. Je me demande pourquoi ils ont appelé le film Troll ; à ce stade, ça devrait s’appeler Une créature qui ressemble à un troll mais pas sûr déboule en ville. Mais on me glisse dans l’oreillette que c’est en réalité le nom du premier épisode de Sex & the city, d’où un simple problème de droits.

Je comprends mieux.

En tout cas, alors qu’Andreas emmène Nora vers un coin loin d’Oslo, celle-ci lit dans la voiture le journal de son père. Et réfléchit enfin à ses dernières paroles où il était question de palais et de roi. Et si cela avait un rapport avec…

Attention… attention…

LE PALAIS ET LE ROI ?

Car non, notre héroïne n’y avait pas pensé jusqu’ici. Probablement qu’elle pensait à d’autres pistes façon « Palais… palais… le palais dans la bouche ? La langue… le goût… mais quel rapport avec une créature ? Le goût d’une créature ? Mais pourquoi royal ? Peut-être Royal Canin ? Et si le troll avait une passion secrète pour les croquettes au bœuf ? »

Ça, je ne sais pas, mais je sais qui est visiblement assez bête pour que même lors d’un dîner de cons, on lui laisse juste une gamelle dans la cuisine.

Les deux compères font aussitôt demi-tour, et foncent jusqu’au palais royal d’Oslo qui, non, n’a pas été évacué pour les besoins du scénario, merci. Sur place, des gardes tentent d’arrêter Andreas et Nora qui n’ont rien à faire là, mais le grand chambellan surgit et ordonne qu’on les laisse tranquilles.

– Je savais que quelqu’un viendrait chercher des réponses ici. Et je pensais bien que ce serait quelqu’un de votre famille, Nora. Suivez-moi.

Et le chambellan d’emmener le duo dans un souterrain secret qui les mène jusqu’à une immense grotte située juste sous le palais royal norvégien… et remplie de squelettes de trolls !

– Votre père avait raison, Nora. Les trolls existent bien et les légendes sont vraies. C’est pour cela que nous avons voulu faire croire qu’il était fou. Ce que vous voyez ici est l’un des secrets les mieux gardés de Norvège. Lorsque le pays a été christianisé, Saint Grossebaf a massacré les trolls. Nous sommes dans ce qui était leur ancien palais royal. Une seule de ces créatures a survécu : l’héritier du trône des trolls, qui avait servi d’appât pour attirer les autres. Lorsque Saint Grossebaf a terminé son œuvre, sans aucune raison valable, il a enfermé cet hériter sous le mont Spiridion… où les travaux l’ont réveillé. En signe de triomphe, le palais royal norvégien a été construit par-dessus celui des trolls. Mais il semblerait que l’hériter des trolls fraîchement tiré de son sommeil se dirige par ici pour remonter sur son trône…

C’est alors que surgit de l’obscurité une mystérieuse silhouette. Tout le monde pousse une exclamation de surprise en la reconnaissant.

– Caporal Røudøudøu !
– Oui, figurez-vous que je me suis fait virer du quartier général suite à quelques propos déplacés, et on m’a réaffecté à la garde du palais royal. En vous voyant ici, je vous ai suivi, et dites donc, j’ai quantité de questions ! Tenez, si les trolls existent et que vous en avez les preuves, quel intérêt à les cacher ?
– Eh bien…
– Surtout quand l’un d’entre eux attaque le pays. Il aurait suffi d’un coup de fil à la première ministre pour lui filer toutes les informations utiles pour arrêter la bête et zou, c’était réglé. Mais grâce à votre super secret, non seulement il y a eu plein de morts, mais maintenant le monde entier a les images d’un troll massacrant un parc d’attractions.
– Ah oui, c’était peut-être contre-productif.
– Accessoirement, Saint Grossebaf, les trolls, il les a massacrés avec quoi ? Des épées ? Non parce que je vous rappelle que plus tôt, on voyait des trolls encaisser des roquettes et autres obus, alors je veux bien qu’on m’explique comment une épée agitée par Saint Dudule a plus de patate qu’un obus propulsé à plusieurs centaines de kilomètres à l’heure.
– Eeeeh biiien… euh… le pouvoir magique de la chrétienté ?
– Ah non mais c’est encore mieux parce que dans ce cas, ça veut dire que vous venez de prouver que A) Dieu existe B) La religion, ça marche C) Pour buter le troll, une paire de moines en claquettes devraient lui régler son compte D) Mais bordel puisqu’on sait déjà que les cloches le repoussent, pourquoi on ne fait pas sonner celles d’Oslo ? Et puis…

Le chambellan se saisit d’un gros os et assomme le caporal Røudøudøu pour l’empêcher de souligner plus avant que rien dans ce film n’a de sens. Nos héros, eux, continuent à baver sans rien réaliser des conséquences de tout ce qui vient d’être dit. Non, à la place, alors que Nora étudie un squelette avec sa petite lampe à ultraviolets… elle découvre que cela transforme les os en pierre !

– Les amis, regardez : LES TROLLS SONT SENSIBLES AUX UV ! COMME DANS LES LÉGENDES ! ET SI LE SOLEIL ÉTAIT LA SOLUTION ?

Et tous de tomber de leur chaise car, ça alors ! On n’y avait pas pensé ! Et certes, nos héros ont vu la bête en plein jour, mais à chaque fois, il faisait nuageux. Oui, comme dans Twilight. La qualité de la référence n’est pas choisie au hasard.

Aussi Nora décide-t-elle de prendre le pick-up personnel de la reine de Norvège (… oui, je soupire), et d’appeler le capitaine Bogoss pour tendre une embuscade au vilain troll à l’aide de plein de machines à UV ! Il suffit d’en rassembler suffisamment au même endroit, et Nora promet d’y amener le troll.

Troll qui justement, arrive en ville. Et les chars qui ne changent pas de trottoir sont invités à le faire à l’aide d’un ou deux ramponneaux bien placés. L’armée, une fois de plus, est mise en déroute car elle utilise des armes modernes là où apparemment mille ans auparavant, une épée faisait très bien le boulot.

J’espère que dans mille ans, on fera des films sur « Le Saint Obus d’Antioche », arme des temps anciens bien plus noble que le canon laser.

Mais l’armée n’a pas dit son dernier mot : quitte à se faire raser Oslo, autant que le troll y passe aussi. Ce pourquoi elle fait décoller un avion de chasse disposant d’un missile à tête nucléaire, qui devrait à défaut de perforer la vilaine bête, lui liquéfier la face. Geekette, la gentille militaire, est outrée par cette idée grossière, aussi appelle-t-elle Andreas et Nora (qu’elle connait à peine mais apparemment, ils sont désormais super potes) pour les prévenir. Et les informer que pour leur faire gagner du temps elle va…

Hacker l’avion de chasse qui doit tirer le missile.

Ah ben oui. Oui, c’est vrai que ça fonctionne comme ça : elle n’a qu’à trouver son adresse mail, lui envoyer un message dans lequel un prince nigérian lui propose de partager trois millions de dollars s’il veut bien cliquer sur ce lien, et ça devrait passer.

Et vous savez quoi ?

Ça marche.

– Mais ce prince nigérien avait l’air si sympathique et généreux à vouloir partager sa fortune avec moi ! explique le pilote à sa hiérarchie pour expliquer pourquoi ses commandes de tir sont mystérieusement bloquées.

Je tiens à insister sur ce point : la séquence de hacking comprend vraiment un dialogue où il est question d’un mail de prince nigérien. Bon, pas exactement comme cela, mais tout de même.

Voilà qui laisse le temps à Nora de lancer son plan pour attirer le troll là où elle le souhaite : elle a chargé à l’arrière du royal pick-up (ce film !) un énorme crâne de bébé troll qui se trouvait dans leur ancien palais, et probablement celui du fiston du dernier troll encore en vie. Sitôt que le monstre l’aperçoit, il oublie toute envie de démolir le palais norvégien pour partir à la poursuite du pick-up funéraire.

D’ailleurs, ne me demandez pas comment notre héroïne a su identifier quel crâne énerverait le troll plus qu’un autre. Peut-être qu’elle s’est dit « Ouh, lui, il a les yeux de son père, allez, je l’emmène. »

Toujours est-il qu’elle se fait courser, mais trouve le temps d’appeler le capitaine Bogoss.

– Allô capitaine ? Le piège est-il prêt ?
– Non, pas encore !
– Alors accélérez car nous serons là dans 15 minutes, voire 10 !
– Très bien, je fais le nécessaire !

Et le capitaine d’immédiatement appeler ses hommes pour… euh… eh bien pour leur faire un de ces discours sur « Le monde compte sur nous, aujourd’hui on se bat pour notre liberté ». C’est vrai que quand il n’y a pas une minute à perdre, demander à tout le monde d’arrêter de bosser pour t’écouter sortir un discours fade, c’est l’évidence même.

« Les amis, arrêtez tout et venez écouter mon discours comme quoi nous n’avons pas le temps de lambiner ! »

Une fois de plus, si les scénaristes voulaient caser un discours chiant, pourquoi rajouter dans les dialogues qu’ils n’avaient pas le temps de le faire ? À part pour se planter ?

C’est fabuleux. Les Norvégiens ont tout compris à la production de bouses hollywoodiennes.

Dans sa course-poursuite avec le troll, Nora perd le crâne qu’elle trimballait, mais ce n’est pas grave : maintenant, le troll est assez énervé pour continuer à la suivre dans l’espoir de lui meuler la margoulette. Heureusement, elle parvient à emmener le troll jusqu’au lieu de l’embuscade où le capitaine Bogoss et des camions chargés de cabines à UV encerclent la bête et lui proposent de finir bronzée comme une Kardashian.

La pauvre créature, qui ne mérite pas ça, se met à hurler et à se transformer en pierre.

Mais finalement, Nora s’exclame :

– Mais… euh… on est en train… de le tuer ?

Qu’ouïs-je ?

En effet, espèce de neuneu. C’était d’ailleurs ton plan. Le capitaine Bogoss, qui tient à souligner une fois de plus que le scénario ne tient pas debout, le rappelle à Nora. Mais ce n’est pas grave : Nora, émue par les cris du troll, va couper l’alimentation électrique des camions pour éteindre les lampes, et ainsi, sauver le troll tueur.

Oui mais vous comprenez : il a fait « Grouuuu ! » c’était triste quand même !

Mais évidemment : elle a raison.

S’ensuit une tentative de négociation entre Nora qui hurle « Casse-toi et on te laisse tranquille ! » et le troll qui fait « Grou. » Fascinant. Hélas, ce que Nora n’avait pas prévu, c’est que bon, hein, il faut bien finir le film, et donc pif paf : le soleil se lève à cet instant précis et aujourd’hui, le temps est clair. Transformant quand même la bête en gros tas de gravats.

Voilà voilà. Eh bien, ça valait le coup de suivre les trente dernières minutes, consacrées à un plan où la dernière minute, Nora dit « En fait non » avant que le soleil ne règle tout.

Et comme dans tous les mauvais films, tout finit avec les autorités arrivant sur la zone, des ambulances partout, et les héros qui quittent les lieux, épuisés. Andreas annonce qu’il laisse tomber la politique et va devenir écrivain, le capitaine Bogoss est beau gosse, et Nora, elle, se demande s’il y a encore des trolls quelque part dans les montagnes.

Des interrogations fabuleuses qui semblent nous dire « Et si on ouvrait sur une suite ? », ce qui fait peur et…

… FIN.

J’espère qu’il y aura une suite où cette fois, douze géants attaquent Oslo mais où Nora passe le film à dire « Des géants ? Allons. On sait pas, c’est p’têt’ des lapins nains, mais genre très gros. »

Bravo au cinéma norvégien, qui vient de nous prouver qu’en sniffant de la colle de poisson et en s’enfonçant des crayons de couleur dans les narines, lui aussi pouvait rivaliser avec Hollywood.


En 1977, une équipe d’alpinistes découvrit dans les Pyrénées les restes d’un avion. À bord se trouvaient les travaux d’un jeune étudiant en psychologie intitulés : « Crise de la quarantaine chez le petit bourgeois parisien : pourquoi c’est chiant ».

Là aussi, l’équipe française tenta de l’adapter au cinéma.

Mais bon : bientôt cinquante ans que ça dure, finalement, je me demande qui sont les Trolls de l’histoire.

48 réponses à “Troll, comme son nom l’indique

  1. Cher odieux,

    Vous avez omis de mentionner la scène post-generique!

    Mais je comprend que la vision de ce navet vous a infligé de terrible souffrance, aussi je n’insiste pas.

  2. Cher Odieux, je ne vous félicite pas.

    Car heureusement que pour une fois je n’ai pas lu vos pamphlets du boulot mais de chez moi, car entre les « pattes pas-troll », les  » je pense que la France Insoumise est un parti démocratique » et les co-pilotes prince nigérian, je me serais légèrement fait repérer par les collègues se demandant ce que je peux bien trouver de si poilant dans un tableau excel :-D

  3. Je veux bien le spoil du préquel durant lequel Saint Grossebaf a tatané les troll à l’épée. Écrire un spoil d’un film qui n’est pas encore paru, ça ne vous tente pas ?

    • Ça c’est un métier qui a un nom: scénariste de blockbuster. Et si M. Connard a le niveau de décryptage, pas sur qu’il soit assez tordu pour en écrire un. Trop logique.

      • C’est plus du pronostic que de l’écriture de scénario. Et ça peut être drôle de comparer le jour où le film sort.

    • Oui ! Je veux bien un « prequel » où il est montré bien sur que le grand méchant (comme le roi troll ?) était en fait un ado instable qui a basculé du côté du mal à cause de problèmes de discipline personnelle et d’hormones.

      Et puis il faudra aussi une gamine pénible mais qui a toujours raison. Et puis Saint Grossebaff sera en fait SaintE GrossebaffE et aura toujours raison elle aussi en plus de distribuer les tatanes impunément (peut-être la version adulte de la précédente ?). Sinon le film sera considéré comme réactionnaire.

  4. Cher Odieux ;
    Comme dirait Valérie :  « Merci pour ce moment ! ». Ce fut un régal, j’aurai dû attendre votre spoil avant de regarder le film, mais l’aurais-je autant apprécier ?? 🤔
    Merci ☺️

  5. C’était très drôle même si je n’ai pas compris pourquoi des gens à la chevelure coloré se collent aux fenêtres pour Tristan & Yseult, je n’ai pas vu ce film mais quand j’ai entendu des collègues en parlé je croyais qu’ils parlaient du film de 86 celui avec un Harry Potter (non pas celui-là) et dont la « suite » avec des gobelins végétariens est très connues

    • Je crois qu’il y a une chanteuse (ou influenceuse ?) qui s’appelle Yseult. Vous pouvez essayer de creuser de ce côté là si vous voulez vraiment comprendre, elle doit avoir des fans aux cheveux bleus.
      Pour ma part, si j’ai l’impression que ça sent mauvais, je préfère bloquer ma respiration et m’éloigner plutôt que de renifler davantage :)

      • La douce et gracieuse Yseult contemporaine est une jeune chanteuse française issue d’une minorité visible et aux formes extrêmement généreuses qui a été désignée marraine du prochain sommet de la francophonie par notre Leader Suprême.
        J’ai découvert son existence à cette occasion. Je vous préviens charitablement que l’audition de ses oeuvres n’apportera que peu de choses aux personnes connaissant déjà la rhétorique pleurnicho-globisho-banlieusarde.

      • Tiens, avec des fans aux cheveux bleus, j’aurais pas imaginé une chanteuse « banlieusarde ».
        Je l’imaginais plutôt comme une chanteuse exubérante, qui se veut super originale (comme tous les autres chanteurs exubérants avant elle).
        Mais bon, j’ai longtemps cru qu’Aya Nakamura était une chanteuse japonaise, comme quoi, les préjugés… :)

      • Je ne suis pas certaine de ce que j’avance, mais pas envie de creuser. Tout ce qui a des hordes de fans, je fuis. Si les cheveux des fans sont colorés, je fuis encore plus vite.
        Mais je trouve quand même l’équipe de France de foot actuelle sympathique.

  6. Bonjour cher Ôdieux,

    Je m’en vais vous féliciter pour un des meilleurs foreshadowing que j’ai pu voir, à savoir le « pattes pas-Troll ». Celui-ci me value de nombreux regards interloqués au bureau lorsque je recracha mon café dans un éclat de rire des plus expressifs. Je vous remercie également d’avoir de nouveau mis en lumière le poncif du regard sur la photo, augurant d’une mort presque certaine l’individu.

  7. Ce n’est pas un troll ?
    Serait-ce alors un chevalier qui fait « ni », mais japonais ?
    Le célèbre ni-san pas-Troll

  8. Oui, nous avons Gérard Depardieu… nous avons aussi d’excellents scénaristes. Car, c’est bien connu « En France, on n’a pas de pas-Troll, mais on a des idées »

  9. Excellent, toujours au top niveau humour : l’introduction seule est déjà un petit bijou.

    Je n’ai pas vu le film donc je ne peux pas juger de votre mauvaise foi.
    J’avais lancé le film afin de le voir avec une de mes filles, mais après 2 minutes elle est partie. Son instinct de survie surement…

  10. Monsieur C.
    Merci tout d’abord de votre plume toujours aussi aiguisée et d’un humour que je qualifierais sans hésitation de rigolo, (pas),

    Mettant souvent beaucoup de temps à voir les films, je profite pour une fois d’avoir vu le film sans que le spoil ne date de plusieurs années pour commenter,

    J’ai regardé ce film il ya quelques jours, et je crois que je n’avais jamais vu une telle accumulation de clichés a la seconde, et bien évidemment tous les clichés de films de monstres/SF, que vous avez presque tous relevé. (J’ai d’ailleurs pensé à vous pendant le visionnage, entre deux facepalms, j’ai une cicatrice maintenant tellement y’en a eu, ce film était un cadeau des norvégiens pour vous, c’est pas possible).

    C’est bien simple, on croirait un croisement entre du Jurassic Park/World/Godzilla et du Independance Day, pour le discours foireux de fin, (c’est simple, j’ai cru qu’il allait gueuler  » nous ne rentreront pas dans la nuit sans combattre, aujourd’hui c’est le jour de notre indépendance! »),
    le militaire beau gosse trop sympa, l’humour pas du tout forcé, le scientifique qu’on appelle au secours, qui prouve qu’il avait raison mais qu’on fout a la porte et qu’on fera pas ce qu’il a dit merci, à vous les militaires même si vous vous êtes planté comme des bouses on continue comme ça, le hacker qui hacke tout en une minute chrono, dans ce film ils poussent le vice jusqu’à le faire sous le nez des militaires, (mais ça va, elle ira pas en prison, elle a juste contré un ordre direct du haut commandement, empêché de tuer un monstre qui allait détruire la ville et menacait le pays en piratant le système de défense et l’avion directement, ca ressemble pas trop a de la haute trahison du tout mais comme le monstre il est mouru, on passe l’éponge),

    Les plus intemporels: La fifille a papa que la maman elle est mourue/qu’elle s’est fâchée avec papa le cinglé qui finalement avait raison/mon papounet houlala vient mourir dans mes bras, (il manquait juste le « je vais enfin rejoindre ta maman, on te regardera de la haut »)

    Les empreintes de pas qui paraissent ne jamais faire la même taille, comme le monstre,

    Le soleil qui tue, sauf quand ya des nuages,

    Mention spéciale à la scène post générique obligatoire, pas du tout prévisible depuis
    3 plombes qu’en fait il restait au moins un autre troll, mais qui tombe complètement a plat puisqu’il suffit de son de cloches pour le repousser, et de lampes UV ou d’un rayon de soleil pour le tuer, hop, on installe ça un peu partout et il est moins dangereux qu’un moustique.

    La seule surprise (j’ai pas dit bonne, juste surprise) pour moi était la qualité des effets visuels, pour un film Netflix.

    Et pourtant, les norvégiens avaient été plutôt pas mal dans le genre blockbuster un peu moins bourrin avec The Wave/The Quake/The North Sea, et Troll Hunter qui était pour moi plus intéressant et un tantinet plus subtil et original sur ce même thème des bestioles en cailloux.

    Cordialement.

    • J’aime beaucoup l’arme secrète finale norvégienne sensée sauver la nation et qui se désactive juste par le pouvoir d’une éco-terroriste perchée qui passait par là. Finalement, faire tomber l’armée norvégienne en panne de courant semble plus facile que de débrayer la moitié des raffineries et les 3/4 des gares françaises, qui l’aurait cru !

      Nora semble être le genre de « scientifique » (mes excuses pour les vrai(e)s) qui, transportée au Jurassique par exemple, passerait son temps à insulter les ancêtres des mammifères et à impliquer des parcours de vie douteux pour leurs mères, parce que « bouh bouh méchants, vous allez tuer les gentils dinosaures, pas bien ! »…jusqu’à ce qu’une énorme météorite traverse l’atmosphère et se crache sous ses yeux.

      Et son illustration dans le spoil est criante de vérité. Elle semble vraiment prête a dire « maiiiheuu qu’est-ce que je fais là ? » comme une copycat du lieutenant MacLane à chromosome XX, ramassée le matin dans le caniveau avec le même score de gueule de bois, j’imagine que l’équipe a du lui répondre « heu on ne sait pas non plus madame, mais les heures de tournage sont payées en vodka. -Ok ! »

  11. Personne ne relève le fait que le troll ressemble à une illustration d’Arthur Rackham ou Brian Froud: franchement il fait trop peur, je ne comprends pas pourquoi Nora a envie de lui faire des câlins^^

  12. Sur le coup, j’ai pensé que vous aviez visionné Thor: God Of Thunder, mais on ne perd manifestement pas au change avec ce Pas-Troll. Magistral !

  13. Mais personne ne pense jamais à cette minorité si souvent et injustement décriée des pas-trolls?!? N’ont ils pas une famille eux aussi, n’ont ils pas des rêves? N’ont ils pas droit eux aussi a de bons blockbusters toujours plus pourris?!? Merci Ô Monsieur Connard!

  14. Pour le coup, l’idée du christianisme qui vient à bout des trolls n’est pas le truc le plus absurde du film.
    A partir du moment où l’on considère que le troll est une créature magique, il est logique de penser que le seul moyen d’en venir à bout est de recourir à des moyens magiques, et que prières, incantations crucifix ou même épées enduites d’eau bénite pourraient fonctionner là où les armes modernes échoueraient. Cela reste cohérent.

    Et pour la petite histoire du théâtre des opérations scandinave, il y a eu un précédent historique : les berserkir ou guerriers-fauves. Ces fameux guerriers qui pouvaient entrer dans une rage terrifiante et que les sagas et que l’on prétendait invulnérables au fer et au feu.
    Face à un prêtre chrétien ils perdaient tous leurs pouvoirs et redevenaient vulnérables. Plusieurs sagas (rédigées à l’époque chrétienne) en font mention. Et pour le coup, ils ont vraiment disparu avec la christianisation du monde scandinave aux alentours de l’an 1000, en raison justement de leurs liens trop étroits avec l’ancienne religion païenne.
    Le christianisme, qui a aussi détrôné au passage tout l’ancien panthéon nordique, a vraiment constitué un tournant historique là-bas, ce qui fait que ce genre de concepts et de références doit être beaucoup plus parlant pour le public norvégien.

    • A vrai dire le Christianisme a constitué un tournant pour chacune des nations qui l’a adopté Pour la France ça date de Saint Martin de Tours pour la grande masse de la population, soit le IVème siècle. C’est plus de 5 siècles plus ancien qu’en Norvège et pas mal oublié du fait de l’enseignement laïque (c’est juste une constatation, je ne lance pas un débat).
      Dans ce film, ça donne l’impression qu’ils ont intégré le fait que le pouvoir du Dieu chrétien serait efficace, mais qu’ils ne pouvaient décemment pas aller chercher des moines pour tataner un monstre. Ce n’est pas très vendeur :)

  15. Odieux hérétique que vous êtes ! C’est la Sainte Grenade d’Antioche brandie par Attila qui est la seule véritable arme divine pouvant meuler des créatures surnaturelles.
    Vous ferez 3 Pater Noster pendant que je réfléchis à une blague sur le nombre de jésuites nécessaires pour battre Thanos.

  16. Est-ce que vous aussi vous avez imaginé un film de kaiju où le monstre est Gérard Depardieu qui passe le long du film à détruire des villes et, au passage, sa crédibilité ?
    Au final, il passe le film à détruire des villes.
    Et avec un titre comme « Monstre sacré du cinéma » ou « Bête de scène ».

  17. Mais à quand la critique de Camelotte ?
    On doit pas toucher à Camelotte ?

    J’ai vu cette grosse bouse dans l’avion et j’ai pas tenu jusqu’à la fin.

    A quand une critique de Camelotte s’il vous plaît ?

  18. Ça ressemble quand même furieusement à une inspiration (repompe ? séquelle non avouée ?) de « Trollhunter » sorti en 2010, et lui aussi norvégien. Le design de la bestiole est presque le même, déjà. Celui-là était un film de dark fantasy style found footage qui se prenait pas trop au sérieux et que j’avais trouvé plutôt réussi. Je partais sur un a priori négatif à cause du format « found footage » (vu que j’ai trouvé le projet Blair Witch chiant comme la mort) mais au final, ce fut une bonne surprise.

  19. Cëlamaf est-il le vrai nom de la ministre dans le film ? Si oui, pourquoi ce spoil ne rappelle pas à quel point elle est efficace et pas chère (Cëlamaf que j’préfère) ? Je l’ai attendue tout le long ! ^^

    • C’est plus que probablement un nom-blague choisi par l’odieux. Trop insister dessus serait moins drôle car moins subtil.

  20. « Et certes, nos héros ont vu la bête en plein jour, mais à chaque fois, il faisait nuageux. »
    Ah, les fameux nuages en scénarium qui bloquent les UV !

  21. Merci pour la référence à Baldur’s Gate qui fait toujours plaisir!
    Et pour le reste du spoil aussi, bien sûr.

  22. Hollywood peut disparaître du jour au lendemain sous les ICBM russes (ou les coups d’un troll farceur avec écran solaire), la relève est assurée hors États-Unis. Au moins ça nous garantit des spoilers de qualité pour les siècles des siècles.

    Monsieur Odieux est en grande forme ici…et la personnalité légèrement oppressante ces derniers temps de Diego semble rentrer dans le rang. Ouf !

    • Ah, il y a quand même quelqu’un qui a relevé la blagounette! Les scénaristes ne sont visiblement pas au courant des traités de non-prolifération.

      • Elle est probablement américaine l’arme nucléaire (la Norvège appartient à l’OTAN et doit selon les accords de l’Alliance pouvoir déployer le feu nucléaire)

    • Ahhh, je ne suis pas tout à fait d’accord, Dead Snow 2 est une pépite, Trollhunter était pas mal, mais au niveau casting, dialogues, traitement de l’image, Dead Snow 1 c’était Les vacances de l’amour font une escale en Norvège!

  23. « On fera des films sur « Le Saint Obus d’Antioche », arme des temps anciens bien plus noble que le canon laser. »
    Bah, il ne faudra pas attendre 1000ans, mais juste la série d’Henry cavill, sur Netfix…
    Un bolt Béni, c’est plus efficace qu’un canon laser, surtout sur une créature comme un troll ou un démon du Warp…
    alors un Obus béni…

  24. Troll est bien pire que la plupart des autres blockbusters idiots. En effet, les autres blockbusters ont au moins l’ambition d’avoir d’avoir un propos, une morale (qu’on aime ou pas, que les messages soient bien amenés ou pas ), mais Troll est une vraie soupe dont on ne retient absolument rien.

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