L’art du vide

« Si mon mépris était une source d’énergie, la nuit n’existerait plus.« 

Tels furent mes propos à la lecture récente d’un article évoquant la vente, pour près de 15 000€, d’une œuvre d’art contemporain ayant pour particularité d’être invisible puisqu’elle n’existe pas. L’artiste derrière le projet, Salvatore Garau, a justifié la chose en expliquant que l’œuvre était « une parfaite métaphore de l’époque que nous vivons« .

Loin de votre serviteur l’idée de contredire cette brillante conclusion, puisqu’en ces temps aussi stupides qu’absurdes, la métaphore est juste.

Hélas, il faut croire que l’artiste n’a pas compris la pertinence de sa déclaration, puisque se prenant très au sérieux, il n’hésite pas à comparer ses œuvres à des représentations divines. Qu’il souhaite louer, au nombre maximum de sept à de grandes villes qui… l’ont déjà contacté pour ce faire, comme par exemple, New York.

Bien.

Passons sur l’artiste qui dit et fait n’importe quoi : c’est un classique. Brasser du vent, c’est un peu comme briser le tabou du clitoris : dans le milieu artistique, si ça n’arrive pas trois fois par semaine, c’est que les subventions sont en retard.

Passons aussi sur l’acheteur qui nous confirme que la fable des Habits neufs de l’empereur est plus vraie que jamais : certains sont prêts à payer du rien pour mieux prétendre que si, il y a quelque chose, mais seuls les gens intelligents comme eux peuvent le voir. Un peu comme les malheureux qui ont acheté les DVD de Lost, mais là n’est pas le sujet.

Non, le vrai sujet est : à quel moment est-on arrivé à un tel niveau de médiocrité générale que nous avons des décideurs, de Milan à New York, prêts à claquer du pognon pour exposer du rien ?

Surtout qu’hélas, ce n’est pas la première fois. Revenons sur de grands moments de vent à faire pâlir un marin.

En 1958, Yves Klein proposait ainsi déjà une exposition dite du Vide. Qui ne l’était pas entièrement, puisque le filou sortait quand même son pot de peinture et une ou deux lampes pour tenter, au moins, de dire qu’il exposait un truc. Un effort colossal, comparé à la suite.

En 1993, Bethan Huws va ainsi plus loin en décidant d’exposer du rien dans Haus Esters Piece. Par contre, Bethan Huws demande quand même du vrai pognon pour le travail prodigieux qu’elle a dû fournir à cette occasion. Ce qui pour bien des gens ressemble à une arnaque est alors sobrement appelé un concept dans les même milieux qui appellent une bonne affaire un appartement de 20m² à 350 000€ avec vue sur la colline du crack.

En 2006, c’est un certain Roman Ondak qui avec More Silent Than Ever propose une pièce vide dans laquelle c’est au spectateur de chercher s’il y a une œuvre ou non. On pourrait se demander au passage si l’auteur a du talent ou non, mais personnellement, je n’ai pas eu à chercher longtemps pour trouver la réponse.

Rappelons que l’ensemble du contenu de ces expositions était inférieur à celui d’une dissertation de Kilyan, élève de CM1 à l’école Loana Petrucciani d’Etretat, mais malgré tout, en 2009, le Centre Pompidou a décidé de faire une rétrospective de tout cela, Vides, dans laquelle vous pouviez aller vous régaler devant des photos de rien, de 1958 à 2009.

Les scientifiques qui me lisent apprécieront donc de savoir qu’une division par zéro a ainsi été opérée en 2009 au cœur de Paris.

Vendre du vide n’est donc pas chose neuve. L’acheter avec le sourire l’est un peu plus. Et confirme que nous vivons une époque formidable où de petits bourgeois qui s’ennuient ferme en sont réduits à acheter des sculptures invisibles pour essayer de faire croire qu’ils sont plus malins que leurs voisins. Difficile de leur vouloir, tant il en va de la vie comme du poker : quand on n’a rien pour soi, il ne reste que le bluff.

Et puisqu’ils sont joueurs, je propose de l’être aussi.

En effet, si l’art invisible et intangible s’officialise, cela ouvre désormais quantité de possibilités ! Car quitte à vivre dans un monde de médiocres, pourquoi ne pas en profiter ? Voyez plutôt.

Le procès en contrefaçon

Un artiste propose une œuvre invisible ? Attaquez-le en expliquant qu’il a tout pompé sur la vôtre ! D’ailleurs, vous pouvez le prouver, photo à l’appui. Regardez par exemple, ci-dessous, voici l’œuvre de Salvatore Garau exposée à Milan et intitulée Buddha in contemplazione.

Vous noterez que j’ai soigneusement détouré l’œuvre.

Et maintenant, voici mon œuvre, intitulée L’éthique de Gérald Darmanin.

C’est EXACTEMENT la même chose ! Regardez, même la forme un peu subtile en haut à gauche est identique au millimètre près !

Je demande donc très officiellement 200 000€ de compensation pour le préjudice subi, ainsi que la destruction de l’œuvre originale, devant huissier, qui devra attester qu’il a bien vu ladite œuvre être mise en pièces.

Bien sûr, l’huissier ne pouvant rien voir, il est possible de ré-attaquer un artiste de l’invisibilité à l’infini. À la limite, si vous êtes taquin, vous pouvez même l’accuser d’avoir détruit une copie. Au bout d’un moment, l’artiste visé devrait finir à Fleury-Mérogis à découvrir les performances artistiques de ses codétenus autour du thème Flûte, ça glisse.

LE VOL

Vous avez produit une œuvre invisible et vous ne la retrouvez pas ? Accusez quelqu’un de vol, preuve à l’appui. Tenez, par exemple, je suis particulièrement fier de ma sculpture intitulée Les connaissances scientifiques de Jean-Marie Bigard, où une muse invisible chuchote à l’oreille d’un personnage invisible (mais avec de la couperose). Sauf que ce matin, impossible de la retrouver. Qui diable me l’a volée ?

Regardez ! Là ! Juste derrière les trois Youtubeurs pas drôles ! C’est ma statue !

J’en étais sûr ! Un vol ! Et ainsi, prouvé : on reconnait parfaitement l’objet !

Visiblement, c’est le moins populaire des trois qui l’a volée et l’emmène partout avec lui !

En plus, c’est pas la première fois qu’on me la vole, ça commence à bien faire, comme le prouve cette autre photo qui rappelle que mon œuvre est d’une valeur historique inestimable puisque de par sa nature intangible, elle n’est pas affectée par le temps et avait déjà été piquée par des gens vaguement connus.

Mon œuvre, lors de l’Eurovision 1945, en plus on voit tout de suite que c’est Staline qui a fait le coup.

À vous, donc, la joie de récupérer du pognon et d’envoyer au trou tous vos voisins en les accusant de vous avoir piqué vos intangibles affaires. Et si jamais la défense tente de retourner les accusations contre vous, revenez à l’étape précédente : dites que non, ça, c’est l’original. Votre original. L’œuvre de l’autre c’est une copie. Donc hop, procès en contrefaçon, ça t’apprendra, rabouin.

LE VOL, MAIS DANS L’AUTRE SENS

Vous avez toujours rêvé d’être Arsène Lupin ?

Plus de problème avec l’art intangible ! Il vous suffit d’envoyer une lettre à la police dans laquelle vous expliquez que « Ce soir, à minuit, je volerai l’œuvre de Salvatore Garau au beau milieu de Milan !« , et de signer le tout Arsène Lupin (vous pouvez même coller une photo d’Omar Sy pour semer la confusion), et vous causerez de sérieux problèmes à tout ce petit monde.

Doivent-ils mettre des policiers tout autour de l’œuvre ? S’ils ne le font pas, n’est-ce pas reconnaître que l’œuvre n’existe pas et qu’il s’agit donc d’une arnaque ? Vous pourrez donc, à loisir, mobiliser de pauvres carabinieri pour garder un mètre carré de sol italien qui n’en demandait pas tant, avant de déclarer à minuit que votre forfait est accompli, photo à l’appui.

Demandez une grosse rançon, avec le journal du jour comme preuve de votre forfait.

De là, vous ne pouvez que gagner :

  • Si on vous dit que vous n’avez pas l’œuvre, vous pouvez dire « Pourtant vous la voyez bien sur la photo ! » et dire le contraire serait admettre qu’elle n’existe pas et qu’il n’y a aucune œuvre ici, plombant le discours du propriétaire.
  • Si on vous accuse d’avoir l’œuvre, vous aurez pris soin de prouver que le soir du vol, à minuit, vous étiez avec 80 témoins sous la caméra de surveillance du Macumba en train de danser, et donc, pas du tout à Milan. Vous ignorez donc tout de l’identité du mystérieux monte-en-l’air qui s’est emparé de tout cela !

Le crime parfait : soit on admet que l’œuvre n’existe pas, soit il est impossible de vous la reprendre puisqu’introuvable, tout comme votre culpabilité est improuvable.

Alors, vous me direz « Oui mais s’ils utilisent la technique précédente pour dire qu’on me voit sur plein de photos avec l’œuvre volée » ?

Facile : s’ils utilisent la méthode précédente, c’est qu’ils admettent que c’est du foutage de gueule. Donc, que vous n’avez rien volé. CQFD.

LE DROIT À L’IMAGE

Si vous n’avez pas envie de vous ennuyer avec des histoires de vol, faites simplement jouer votre droit à l’image. Par exemple, mettons : je suis allé au Louvre. J’ai très bien pu y égarer mon œuvre (que je promène souvent, je suis comme ça, c’est de l’art, vous ne pouvez pas comprendre). Mais quelle surprise de découvrir que le Louvre l’expose sans autorisation ! Pire encore : que c’est l’une de ses plus grandes attractions, comme on le voit sur ce cliché !

Mon célèbre tableau « Le script de Prometheus » attire toujours plus de visiteurs en quête de réponses

Je pense pouvoir demander au musée de fabuleuses compensations, étant donné son emploi de mon incroyable travail. En plus, ça va faire monter la valeur de toutes mes autres productions.

Bon, notez que là j’ai pris le Louvre. Mais tentez la technique au Centre Pompidou : comme l’exposition de 2009 le prouve, eux sont incapables de nier qu’ils ont bien une œuvre invisible sous les yeux. Donc soit ils vous paient, soit ils admettent qu’ils ont exposé de la daube.

L’ACCUSATION

Vous n’aimez pas un artiste de l’invisible ?

Expliquez d’un air choqué que sa dernière œuvre comporte un caractère tout à fait scandaleux. Homophobe, transphobe, raciste, que sais-je : faites comme sur Twitter et indignez-vous. Et tout comme sur le célèbre réseau social, n’oubliez pas : l’important n’est pas que ce soit vrai. L’important est de pouvoir donner une sorcière à brûler à la foule en colère.

Je trouve par exemple que l’œuvre ci-dessus fait l’apologie du nazisme et des gens qui disent « ça fait sens ».

Si vraiment vous n’aimez pas l’artiste, n’hésitez pas à carrément sous-entendre que l’œuvre représente un prophète dont la seule mention provoque des grincements de dents dans l’assemblée. Je pense bien évidemment à Didier Raoult, mais si vous avez un autre exemple, n’hésitez pas à le dire pendant que je me recule prudemment de quelques mètres.

Voilà.

Grâce à l’art invisible, à vous les joies d’arnaquer des arnaqueurs – et leurs trop complaisants clients – en les forçant soit à vous payer, soit à admettre l’arnaque.

J’en profite, aimable lectorat : guettez les nouvelles. Car s’il se confirme que de grandes villes décident d’exposer très officiellement des œuvres d’art invisibles, je me ferai un plaisir d’être le premier à très officiellement signaler leur vol et à envoyer des photos du butin pour voir si la ville confirme que l’œuvre a disparu ou si elle fait semblant de rien pendant que je poste des photos de la bête faisant le tour du monde tel un nain de jardin d’Amélie Poulain. Aussi n’hésitez pas à me faire signe si vous voyez passer quelque chose, afin de se lancer dans une performance artistique qui fera rentrer l’art invisible dans une ère dadaïste inattendue.

Après tout, nous n’assistons ici qu’à un grand concours de mauvaise foi.

Ce serait criminel de ne pas participer.

75 réponses à “L’art du vide

  1. Si performance artistique il doit y avoir, je propose qu’on la nomme « Flatulence ».
    Je réclame 15.000 € pour l’usage de ce nom. Je fais une capture d’écran devant huissier pour prouver que j’ai bien eu l’idée avant vous. :D

    • Une oeuvre nommée « Flatulence » se doit d’être perceptible olfactivement. Si ce n’est pas le cas, je crie au scandale.

      • Pas nécessairement, l’impossibilité pour cette oeuvre de stimuler les sens est une représentation de notre feinte ignorance quant à nos propres émanations.

    • Encore plus fort : contre quels dommages est elle assurée exactement ?
      Qui de sa restauration ? De l’entretien ? Du catalogue invisible ?
      Le délire absurde est infini :)

  2. J’ai personnellement de très belles œuvres chez moi, que j’ignorais pouvoir revendre à un prix si attractif. Mais je vais aller de ce pas contacter les galeries les plus proches, ça devrait payer mes vacances. J’hésite entre mon tableau « Vision du Vide » et ma sculpture du « Culturiste en réflexion ».

  3. Du génie : je propose de la même façon de réclamer perpétuellement les droit SACEM de 4′33 de John Cage !

    • En même temps, pour la jouer, le pianiste doit quand même compter les temps, et mine de rien rester en rythme en jouant du rien demande de l’expérience.

  4. Comme disait Audiard :  » La plus grande escroquerie n’est rien a côté de l’art moderne »

  5. En tant qu’artiste, je remercie l’Odieux d’avoir renforcé de manière si magistrale le positionnement philosophico-médiatique inhérent à mon art!

  6. Pour ma part, en voyant un reportage consacré au sujet il y a peu, j’ai eu une pensée pour mon père qui cherche comment faire du pognon en exploitant la connerie humaine. L’Artiste a trouvé, lui…

  7. Quel plaisir de retrouver les textes sous les images… Ca c’est une vraie patte d’artiste! ;-)

      • Perso je travaille sur une technologie futuriste : diffuser du parfum via un site web … Parfum inodore bien entendu. Ce n’est pas une limite technologique, mais bien un choix artistique.

      • @Kwiskas :
        et un choix humanitaire , que dis-je ? une bénédiction ! la plupart des parfums répandant une tenace odeur d’insecticide .

    • Comment ça « retrouver » ? Il y en a toujours eu ! C’était juste du texte invisible. D’ailleurs, celui sur la 7e image de l’article sur les coachs en séduction était vraiment hilarant !

  8. Je suis très réveillé, j’ai cru que mon bloqueur empêchait les images de s’afficher correctement et j’ai mis 20 minutes à comprendre…

  9. Vendre du rien… Tiens tiens…

    Cela me rappelle vaguement quelque chose… Mais je n’arrive pas à mettre le doigt dessus…

    Par contre, je suis sûr et certain que les connaissances scientifique de Jean-Marie pourraient vous étonner cher Odieux…

    • Le vide est rarement étonnant
      Sauf quand il est absolu
      Mais chez Jean-Marie (le borgne et l’alcolo), on ne parle que de brasser du vent

  10. Je signale qu’une pièce de théâtre de Jacques Mougenot, intitulée l’Affaire Dussaert, traite exactement de ce sujet. C’est d’une subtilité et d’une drôlerie si formidables que pour un peu, si j’osais, je comparerais avec l’Odieux Connard…

  11. « Expliquez d’un air choqué que sa dernière œuvre comporte un caractère tout à fait scandaleux. »

    C’est vrai ça : pourquoi uniquement du blanc sur les images de l’œuvre !? C’est pour montrer que ceux les blancs comptent ? Que les blancs sont TOUT ?! Que le reste n’existe pas, qu’il est négligeable ?

    C’est bien entendu une plaisanterie, mais je préfère préciser bien que ce soit le blog de l’OC.

  12. Monsieur Connard, puis-je vous supplier d’écrire un article sur les NFTs? Jeton non fongible en Français… Presque aussi con que de vendre du vide!

  13. Je voulais dire que vos carrés blancs sont bien sûr racistes, sexistes (un carré, un rectangle comme par hasard) et homophobes (j’ai pas trouvé pourquoi mais c’est vrai quand-même) même que je vais de ce pas m’indigner sur Twitter.

    • Pour l’homophobie, on peut parler du fait qu’il n’y a qu’une seule couleur ce qui n’est pas inclusif du tout et donc que le schéma des relations entre homme et femme doit être le même pour tous

      (raisonnement un peu capillotractée, mais qu’un débile SJW pourrait tenir)

  14. Ça m’a donné des idées pour mes prochaines sculptures:
    – Entre les bras de la Victoire de Samotharce.
    – Sous le casque Kunée.
    – Dans l’anneau de Gygès.
    Mais je crains que cela ne soit un peu trop classique….

  15. J’ai failli me pisser dessus de rire. Comme quoi du vide peut avoir des répercussions très concrètes. Bon j’ai réussi à me retenir, mais là il faut que je m’absente un moment/

  16. on dirait que la réalité dépasse la fiction

    même Julien Hervieux n’en avait pas rêvé pour « sur les rails » … même plus besoin de faire travailler un artiste pour blanchir l’argent

  17. Un peu étiré en longueur mais comme souvent, une petite merveille de synthèse de l’air du temps au milieu :

     » l’important n’est pas que ce soit vrai. L’important est de pouvoir donner une sorcière à brûler à la foule en colère.  »

    Voilà, ça c’est concisément très, très bien vu.

  18. Riez, riez de ce que vous ne pouvez comprendre. Esprits étriqués et populo-reactionnaires, toujours à s’opposer à la création libre de l’artiste. On n’est pas loin des autodafés et de l’art dégénéré qui n’est pas sans nous rappeler les heures les plus sombres de l’histoire!

  19. Je vends icône originale en triptyque de la Licorne Rose Invisible (bénis soient ses sabots).
    Faire offre.

  20. Escroquerie, je constate que toutes les URL des photos d’œuvres sont toutes identiques !
    Ca pouvais pourtant être parfait pour ajouter des conneries ;)

  21. c’est un peu comme les livres de L’Odieux connard. On croit voir quelque chose, mais en fait non c’est le LSD qui vous fait croire que vous voyez quelque chose et que c’est trop bien on en devient accros.

  22. Je suis un peu déçue de ne pas avoir vu le mot « fasciste » ; mais j’ai peut-être ai-je lu trop vite ou que mes larmes de rire m’ont caché le mot clé…

  23. Non mais il faut saluer le concept : c’est moins couteux et moins polluant que le bitcoin. Des fortunes vont être pouvoir spéculer à moindre frais et de façon verte, voire éthique si aucun enfant n’a été utilisé dans la production de l’œuvre.
    En plus c’est défiscalisé, que demande le peuple (des riches)?

  24. L’éthique…
    Quelle œuvre magistrale.
    :)
    Bravo.
    Et bravo pour ce texte, qui m’a vraiment fait rire comme rarement depuis longtemps.

  25. Le truc avec ces oeuvres d’arts c’est que ce n’est pas le medium que l’on croit. Ce n’est pas de l’art sculptural, ou de l’art figuratif, ou quoi que ce soit d’autre du meme genre. C’est l’art de la mauvaise foi. :)

    D’ailleurs Odieux Connard, je pense qu’il pourrait être intéressant de faire une review du « No phone » : https://www.thenophone.com/
    Et en particulier du « No phone air » : https://www.thenophone.com/products/the-nophone-air

    Ca peut être l’occasion de faire le parallèle tout en se lançant dans les reviews de produits technologiques, un nouveau marche pour Odieux!!! :D

  26. Mais alors ! Les élèves qui rendent copies blanches sont depuis toujours des visionnaires ? Moi et mon esprit étriqué ! Merci OC de m’avoir ouvert les yeux (par contre avec des pinces à linge et ligoter sur une chaise…)

  27. Cher OC vous oubliez quelque chose de fondamental. Ce n’est point l’œuvre qui fait l’artiste mais l’artiste qui fait l’œuvre. Aussi donc, si le silence qui suit un concerto de Mozart reste du Mozart, le vide de Salvatore Garau reste du Salvatore Garau, soit un œuvre d’art et votre vide à vous reste du vide d’OC, donc rien.

    Ce mécanisme en vogue depuis l’art « moderne » , permet ainsi de la création de valeur sans travail, sans perte de temps (on ne va pas attendre que la postérité et le regard de l’histoire donnent de la valeur à l’œuvre et à son créateur) et de manière quasiment illimitée; mais contrôlée quand même par les grandes fortunes (faut pas déconner) et couvert par les institutions.

    En résumé, votre vide ne vaut rien, mais rien ne vaut le vide.

    • Et n’oublions pas que le silence après un commentaire de lapa, c’est la France qui roupille

  28. Je veux acheter cette œuvre ! 15K€, je diminue mon imposition, aucun cout d’entretien, assurance , transport, etc… Et je suis sur de la revendre avec une belle plus-value !

    Le type a rien inventé en vrai. la même magie s’opère quand je paye avec ma carte au supermarché: j’ai matériellement rien donné au magasin et je repart avec un caddie plein <3.

    la monnaie, le bitcoin, dieu, les promesses écolos de macron, l'intelligence d'Hanouna, la dignité de Carlos Ghosn … il a raison cet artiste ! Notre monde est bâti sur de l'intangible !

  29. D’abord un grand merci à l’artiste, son œuvre et tout le dispositif de médiatisation sont excellents, ils nous font bien bavarder, et permettent à l’OC cet article qui m’a bien fait marrer. Mais sérieusement, peut-on coincer juridiquement l’artiste ? Je ne veux pas nuire, mais ça serait une prolongation idéale de l’oeuvre, comme le procès Brancusi vs États-unis, par exemple, le procès Whistler vs Ruskin…..Y a – t – il des juristes et des artistes sur ce blog ? Je me regalerais à faire de ces actions en justice une oeuvre performative et conceptuelle !!! Ca serait un délice !

  30. Moi je serai plus brutale, si ma ville achète ceci, je crierai au vol de mes impôts.
    Et flûte, ma gentille bourgade est déjà coutumière du fait … le centre Pompidou est lui même le pire des détournement de mes deniers.

  31. « J’ai basé ma cause sur rien »
    Max Stirner (L’Unique et sa propriété)
    Le « rien » (ou le vide) fait couler beaucoup d’encre depuis longtemps…😁

  32. Pourtant, lorsque l’on observe attentivement l’œuvre de Salvatore Garau telle que vous la reproduisez, l’on constate, sans nul doute possible, qu’il s’agit de la célébration de la supériorité du blogueur face à WordPress.

  33. J’adore, tu as fait ma journée et j’ai trop hâte que les villes achètent l’art invisible et se le fasse dérober par l’Odieux connard. Je jubile rien que d’y penser !

  34. En tout cas, l’Odieux sait transformer le vide en rire et en polémique et ça, ça n’a pas de prix !

  35. Je vous accuse de plagiat : c’est l’oeuvre de Claude Rains !
    À moins que ce ne soit celle de Jack Griffin ?
    Ou celle de Herbert George Wells ?
    Je n’y vois plus très clair dans cette affaire…

  36. Et pour ceux qui n’ont rien compris au Bitcoin et suivent Elon Musk quoi qu’il dise…
    Le certificat de propriété numérique :D

    Tu achètes l’original d’un machin qu’on peut copier à l’infini mais c’est le tien puisque tu as le certificat.

  37. OD : n’allez pas massacrer des chatons, mais moi je trouve qu’une oeuvre invisible, ça fait sans…

  38. Tout étant voué à disparaitre, une œuvre invisible représente le Graal de l’anticipation.
    Pour ma part, je trouve le concept marrant, voir sujet à philosopher, mais arriver à le vendre…
    -Idée-
    Pourrais-je l’acheter avec de l’argent invisible ?

  39. c’est un gag ! hein ? parce que , déjà , j’avais du mal avec Soulages ( bien que j’adore son sens de l’humour ) mais là ….. on voit que la planche à billets fonctionne à plein régime ! contrairement aux neurones .
    l’air en boîte , c’est pour bientôt ! grouillez vous avant la pénurie bon sang !
    et puis que lis-je ?  » ça fait sens  » ? je vais t’en donner , moi , du sens : bouteille , carburant , chiffon et hop !
    une journée qui commençait si bien ….
    ce gueux d’O Dieu a réussi à me mettre en boule .

  40. Il se peut qu’il s’agisse d’un progrès.
    A mon sens d’homme du XVIème siècle égaré au XXIème, le vide vaut mieux que les agressions visuelles trônant sur nos ronds-points, sans parler d’un vagin métallique insultant un palais et une reine décapitée, un plug anal géant agressant le passant sur une place publique, un frigo sensé contenir les restes équarris d’enfants attendant de servir de repas à leurs parents (authentique) et ses innombrables crachats de couleurs projetés sur des toiles innocentes.
    Reste le problème du prix déboursé par les contribuables. Que ne sommes-nous en démocratie pour qu’ils puissent exprimer efficacement leur déplaisir à leurs maîtres!

    • Pour le prix déboursé par le contribuable vous n’en saurez rien.
      En effet les achats d’art par l’état (le fond d’art contemporain) sont les seuls achats dont le montant de la transaction est classé secret, impossible légalement à rendre public depuis un décret assez récent.
      C’est absolument véridique.

  41. Le marche de l’art moderne est juste une technique de riches pour payer moins d’impots.
    Acheter une « oeuvre d’art » d’un artiste inconnu, en faire la promotion dans son cercle de riches afin qu’il soit « tendance », ce qui augmente la cote de ses oeuvres.
    Une fois l’artiste connu, la valeur des oeuvres se fait estimer par des professionels de l’art (sachant que la valeur d’une oeuvre depend simplement de la popularite de l’artiste).
    Quand le riche veut reduire ses impots, il peut faire donation « d’oeuvres d’art » achetees pour une bouchee de pain mais officiellement estimees a des dizaines, voire centaines de milliers d’euros et beneficier de massives reductions d’impot.
    Je cite:
    « Les particuliers qui concourent a l’enrichissement de collections ouvertes au public, par un don a un organisme d’interet general (musee, fondation, centre d’art,…) bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 % du montant de leur don dans la limite de 20% du revenu imposable. Si le don dépasse cette limite, l’excédent est reporté sur les cinq années suivantes. »
    Source: https://www.culture.gouv.fr

    Tout le monde joue le jeu en faisant croire qu’ils sont de vrais amateurs d’art, que l’artiste est un prodige incompris du grand public, tout en sachant bien que les oeuvres sont de la merde sans valeur faites par des artiste sans talent. Le seul et unique but est d’augmenter la valeur estimee des oeuvres pour les donner plus tard. L’oeuvre invisible simplifie grandement la vie de l’acheteur, il a juste a garder le titre de propriete dans un classeur plutot que de devoir s’emmerder a trouver un endroit pour entreposer le truc.

    Idee d’oeuvre a prendre: « vide quantique », une oeuvre invisible qui existe en meme temps a 2 endroits differents, ce qui permet de l’exposer simultanement dans 2 musees!

    • Merci pour cet éclairage intéressant ! En gros du bon vieux « capitalisme de connivence », on peut effectivement imaginer que ce genre de niche n’existerait pas sans une redistribution forcée (ici du moins riche qui doit payer ses impôts cash, au plus riche qui peut en déduire une partie car ça plaît au prince du moment)…

    • Comme j’ai expliqué plus haut, c’est tout l’intérêt de l’art contemporain. Le marché des Rembrandt est limité, le capitaliste ne va pas non plus investir dans des artistes oubliés du XVIIIème par exemple car s’ils sont oubliés c’est que probablement ils sont mauvais. La solution c’est l’art contemporain puisque chaque artiste pond une œuvre à partir de pas grand chose, et avec un réservoir illimité de possibilités. Donc, création de valeur garantie : la fondation idoine (dans laquelle le mécène pourra placer quelques œuvres d’artistes plus anciens et reconnus par le public et l’histoire de l’art pour utiliser l’argumentaire d’association), permettra de le passer pour un érudit et défiscaliser!

      la question c’est : quel serait ce marché si la défiscalisation ne concernant que les artistes morts depuis plus de 50 ou 75 ans, ou que les œuvres considérées comme patrimoine de l’humanité?

  42. Et la banane scotchée au mur à 120 k€ on en parle? Et mangée ensuite par un autre artiste? De toute beauté

  43. Salut camarade, mon camarade !

    Mille excuses : je ne résiste pas à t’envoyer ce texte qui se fout des escrocs de l’art, mais surtout de leurs gogos. Mais j’ai une excuse : ça m’a bien fait rire ! C’est ta faute aussi, si je te sollicite tout le temps : tu n’as qu’à avoir moins d’humour ! 😁😁

    SOUBISOUOUOUS ! ❤️

    Ireine

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.