T’es net ?

Vous connaissez la règle :

Dans n’importe quelle histoire, sitôt que vous impliquez des voyages dans le temps, cela devient généralement relativement casse-gueule.

Aussi, lorsque Christopher Nolan, l’homme qui a déjà du mal à écrire un personnage, a annoncé qu’il allait écrire un film où l’intrigue tournerait autour des voyages dans le temps, du fond de ma demeure, j’ai entendu comme un appel lointain. Qui s’est transformé en hurlement déchirant lorsque le célèbre réalisateur a ajouté que lui, ce ne serait pas simplement des gens qui apparaissent dans le passé, non. Lui comptait faire interagir, en même temps, des personnages venus du passé et du futur, et dont le temps s’écoulerait en sens opposés pour l’un et l’autre. Rien que ça.

Bref, cela revenait à entendre quelqu’un qui a encore des roulettes à son vélo vous expliquer qu’il compte grimper sur un monocycle propulsé à 120 kilomètres heures sans se vautrer.

C’est pourtant bel et bien ce que Christopher Nolan a tenté avec Tenet.

Alors, réussite surprise ou montagne d’incohérences drapée d’un tissu d’autosatisfaction ? Intrigue à sens multidirectionnel ou qui n’a aucun sens, oui, mais dans tous les sens ? Et surtout, si je pouvais revenir en arrière, pourrais-je dé-regarder ce film ?

Promptement, spoilons, mes bons !


L’affiche. : c’est bon, nous avons des flammes et des débris qui volent, nous voilà rassurés.

Tout commence à l’opéra national de Kiev, alors que devant moult spectateurs, un orchestre de musique classique se met en place.

Du moins, essaie car voilà que des gens encagoulés qui doivent probablement préférer Maître Gims débarquent et commencent à tirer de-ci de-là pour faire comprendre qu’à défaut d’écouter Casse-Noisette, ils comptent bien briser des boules. Dans une loge VIP à l’écart de la scène principale, un élégant Monsieur s’insurge : ça commence à bien faire, bande de sales petits rappeurs pourris-gâtés ! Allez faire les zazous avec vos kalachnikovs ailleurs ! Vous avez assez de clips où les agiter sans venir ennuyer les autres, saperlipopette ! Il s’apprête à prendre son manteau et à s’en aller, puisque les terroristes ne sont pas encore arrivés jusqu’à son carré VIP, lorsque le général ukrainien à ses côtés, ainsi que son garde du corps, sortent tous deux leurs armes personnelles pour l’enjoindre à rester un peu plus longtemps en leur bonne compagnie. Ils sont comme ça : chaleureux.

Que diable se passe-t-il ?

Nous l’ignorons encore, mais sachez qu’à l’extérieur du théâtre, des gens bien informés attendaient cet instant. Car dans une camionnette, un commando d’Américains déguisés en forces spéciales ukrainiennes est prêt à passer à l’action. Et attend justement que les troupes antiterroristes de Kiev donnent l’assaut du théâtre pour se dissimuler parmi ces braves gens. Tout ce qu’il leur manque, c’est le bon insigne sur l’épaule. Heureusement, dans la camionnette, l’un d’entre eux a un catalogue à disposition.

« Ouais, c’est une sorte de hobby, je collectionne les écussons d’unités antiterroristes. C’est plus marrant que les timbres, et puis bon, ça empêche moins de coucher qu’une collection de figurines Fairy Tail et…
– Raaah, mais aboule !
– Bon, d’accord, voyons voir…, aujourd’hui ils ont envoyé… attendez je regarde par la fenêtre… l’unité 112 ! Ah ben ça tombe bien, c’est des badges que j’ai en double ! Allez-y les gars, scratchez-les sur vous ! »

Tout le monde glousse donc joyeusement tant le scratch, c’est rigolo, et s’élance avec les autres troupes antiterroristes à l’assaut du bâtiment puisque, c’est connu, les attaques de commandos antiterroristes ne sont ni organisées, ni supervisées : tu peux rajouter toute une escouade au milieu, personne ne remarque rien. Ce n’est pas comme si c’était une mission sensible avec plein de gens qui l’observaient. L’antiterrorisme, c’est quelque chose de très confus, vous savez.

Mais, arrêtons-nous un instant sur le protagoniste de notre histoire.

Vous vous souvenez de lorsque j’écrivais sur ce blog que Christopher Nolan avait un vrai souci pour donner des noms à ses personnages (en plus de les écrire) ? Comme dans Interstellar, lorsqu’il se retrouve avec un personnage nommé Cooper Cooper ? Eh bien ici, c’est encore plus fort : Christopher Nolan a tout simplement oublié de donner un nom au personnage principal. Je ne plaisante pas, allez chercher vous-même sur Allociné ou autre, vous découvrirez qu’il s’appelle simplement « Le protagoniste« . Quelle imagination ! Mais sinon, au lieu de passer des heures sur les effets spéciaux, n’aurait-il pas été plus productif de baptiser le larron pour faire semblant qu’on a un vague intérêt pour l’histoire et ses personnages ? Non parce que si je sors un livre dont le personnage principal se nomme Personnage Principal, je peeeense que la presse tiquera plus que lorsque Christopher Nolan le fait. Il n’empêche qu’il va falloir lui trouver un nom pour les besoins de ce spoiler.

Voyons voir, ce film est une sorte d’entubade qui fait beaucoup parler, un peu sale et relativement confuse…

Je propose de l’appeler Jackie. Jackie Haimichel.

Inutile de me remercier.

Car oui, j’en profite de suite : le film est mal foutu. Je m’arrête rarement sur ce genre de points d’habitude, mais pour tout vous dire, certains dialogues sont à peine audibles (et non, pas parce qu’ils seraient inversés) et on ne s’entend parfois plus parler sur l’écran tant il y a du bruit en fond. Dans certaines scènes, vous avez l’impression d’être assis entre un adolescent en pleine partie perdante de Call of Duty et une maman qui utilise son téléphone en haut-parleur sans raison apparente. Soit deux personnes que vous avez généralement envie d’abattre, à raison. Peut-être est-ce une sorte de mise en abyme ? Que Christopher Nolan crée pour nous les voisins de cinéma chiants dont vous aviez réussi à vous passer en vous glissant dans une séance matinale mais… qu’importe.

Suivons Jackie alors qu’il rentre dans le vif du sujet, si je puis dire.

Jackie, grimé en agent antiterroriste, rentre en effet dans l’opéra avec quelques alliés pour aller droit à la loge VIP. Ce qu’il fait sans encombres, pendant que le reste des troupes antiterroristes, après avoir envoyé du gaz soporododo dans la salle principale, y donnent l’assaut (ce film est plein de bon goût et n’a aucun rapport avec des faits réels), ce qui hélas, n’a pas endormi les terroristes venus avec leurs petits masques à gaz. Jackie a tôt fait d’abattre les deux Ukrainiens qui menaçaient la cible qu’il est venu chercher, et se fait connaître de lui grâce à un message codé :

« C’est rond, c’est doux ?
– C’est un roudoudou !
– Bien, écoutez, je me nomme Jackie et nous devons faire vite. Toute cette prise d’otage, c’est un piège : c’est vous, la vraie cible. Votre couverture est grillée, et…
– Alors oui mais si vous êtes déjà là en tenue complète, c’est que vous saviez pour l’attaque, vous n’auriez donc pas pu venir me chercher avant ? »

Jackie se dit que ah, merde, oui, pas con. C’est vrai que quitte à attendre dans une camionnette, déjà en tenue d’intervention, c’est qu’ils savaient quand même que l’antiterrorisme allait intervenir. Donc… qu’il y aurait des terroristes.

« Ah oui c’est idiot. Nan mais sinon, vous étiez ici pour une sombre histoire d’échange de bidules nucléaires ! Où est l’objet super précieux que vous deviez échanger ?
– Au vestiaire. »

Moi aussi, quand je vais échanger des barres de plutonium en soirée, si la dame du vestiaire me fait les gros yeux, je lui donne ma valise et en échange j’ai un bon avec un numéro pour la récupérer d’un élégant « Bonjour madame du vestiaire, pourriez-vous me ramener le bagage 132 s’il-vous-plaît ? Oui, celui qui pèse une demi-tonne et à côté duquel vous perdez vos cheveux. Voilà. Ouiii, le orange, sur votre gauche Celui avec le logo pour la radioactivité dessus. Pourquoi ce sticker ? Seulement car j’aime… briller en soirée. »

J’ai bien évidemment piqué cette blague à Marie Curie, qui ne m’en voudra pas.

Mais Jackie, quelque peu surpris de savoir que ce gros débile a abandonné un truc ultrasensible au premier vestiaire venu, n’a pas le temps d’expliquer son désarroi à base de propos impliquant des mamans, des hippopotames, et différentes combinaison des deux. En lieu et place, il file droit au vestiaire, courant au travers de la bataille qui a toujours lieu dans la salle principale du théâtre et qui ressemble à du… euh… ah du rien ? On dirait plus une soirée paintball un peu molle qu’autre chose. Et si vous regardez bien, vous pouvez même voir passer en fond des terroristes qui n’ont visiblement pas vraiment le souci de se mettre à couvert, et attendent qu’on leur dise quoi faire la bouche ouverte.

Ici, Jackie court devant le public de Tenet, au bout de 10 minutes de dialogues.

Ah, je retrouve bien là le réalisateur de Dunkerque et ses figurants à qui on n’a pas donné d’instructions !

Jackie, traînant sa cible derrière lui, parvient jusqu’au vestiaire, récupère le précieux objet – un truc qui ressemble à une espèce de cube étrange et qui est supposé être rempli de bitoniaux radioactifs – puis rejoint le reste de son équipe. Où ils conviennent d’un plan : un membre du commando va échanger sa tenue avec les vêtements de la personne qu’ils exfiltrent. Comme ça, une partie de l’équipe repartira avec la cible déguisée et l’objet précieux du vestiaire, et ira se fondre dans la masse des policiers qui sortent du théâtre, pendant que Jackie et son copain lui fraîchement rhabillé en civil iront de leur côté faire diversion. Tenez, on dirait presque un bon plan : profitez-en, parce qu’au paragraphe suivant, vous le regretterez déjà.

Sauf qu’en chemin, Jackie et son compagnon d’infortune ne sont pas au bout de leurs surprises.

Car déjà, ils constatent que les policiers, visiblement venus à bout des terroristes… posent des bombes près des otages endormis ?! Eux aussi sont dans le coup ! Ça commence à faire beaucoup, quand même ! Finalement, à part les spectateurs, tout le monde voulait chopper la même cible. Mais personne n’a pensé à le faire discrètement, genre attaquer le VIP sur le parking son hôtel. Non, faire une prise d’otages géante et poser des bombes partout pour faire exploser l’opéra national de Kiev en impliquant des dizaines de complices dans la police et l’armée, devant des milliers de témoins, et en impliquant l’ensemble du pays voire la communauté internationale dans l’enquête qui s’ensuivra, c’était beaucoup plus subtil.

Je vous avais dit que les bons plans, ça n’allait pas durer.

Heureusement, Jackie est super gentil, refuse d’abandonner les otages, parvient à réunir les bombes malgré les policiers corrompus qui tentent de l’en empêcher, rassemble le tout, et le balance dans un coin isolé du théâtre, loin du public. Il n’a plus qu’à partir en courant avec son petit camarade, alors que tout explose derrière eux, fuck yeah.

La mission est accomplie, Jackie et son pote en civil sautent dans la camionnette de leurs amis pour s’enfuir et…

« Crotte de bique ! Je crois qu’on s’est plantés de camionnette, celle-là est pleine de vilains ! » s’exclame Jackie, qui est bien embêté de ce quiproquo.

C’est en effet embêtant, plus encore quand les vilains du bord leur pètent copieusement la gueule pour leur faire comprendre leur désaccord avec les méthodes de Jackie, et les emmènent dans un coin tranquille pour s’occuper d’eux. Aussi ils…

Ah, attendez, on me dit que c’est l’heure du jeu. Top, c’est parti : vous êtes méchants et vous devez torturer des gens pour leur arracher tous leurs secrets ; où les emmenez-vous pour le faire en paix ?

A) Dans une cave
B) Dans un bâtiment désaffecté
C) À la campagne, en plus, c’est joli
D) À côté de la gare du coin, celle où il y a plein de trains qui roulent, de cheminots qui bossent et de gens qui peuvent tout voir.

Attention, c’est pas facile…. réfléchissez bien… c’est bon ?

Alors voyez.

Les méchants choisissent la bonne réponse, qui était bien évidemment la réponse D. C’est donc en plein air, entre deux voies de chemins de fer juste à côté d’une gare où des trains passent tranquillement que nos amis ukrainiens décident de torturer les deux gentils qu’ils ont attrapés, après les avoir attachés à des chaises pliantes moches (ces gens sont vraiment monstrueux). Mais j’imagine que c’est pour illustrer le fait que nous sommes en Europe de l’Est : les Ukrainiens n’ont forcément que des sites industriels un peu rouillés à disposition. Si l’affaire se passait en France, Jackie aurait été emmené dans une boulangerie pour une séquence de torture où on l’aurait violenté à coups de baguettes et de « Et avec votre chocolatine, je vous mets une poche ?« . Terrible.

En tout cas, c’est sympa : entre deux coups de pinces crocodiles sur les tétons, on peut saluer un ami cheminot, faire coucou à un chauffeur de train… non, vraiment, ça a un côté social, partage, festif, le vivre-ensemble, quoi.

Mais qu’importe. Car les méchants ont déjà fini de torturer l’ami de Jackie, et poussent sa chaise à terre – et lui avec – pour se concentrer sur Jackie, et lui demander tous les détails sur la mission qu’il était venu accomplir ici. Les méchants ricanent d’ailleurs en attrapant sous son col une capsule de cyanure pour la confisquer et lui dire que non, désolé, tu ne t’en tireras pas comme ça, tu vas devoir tout subir. Et de là, c’est parti pour une séquence de dentiste improvisée, qui s’achève lorsque n’ayant plus guère de dents pour articuler qu’il ne connait même pas son propre nom, alors sa mission, pensez-vous, Jackie aperçoit son ami au sol qui est parvenu à glisser une capsule de cyanure entre ses mains attachées. Jackie fait donc basculer sa chaise, et tombant le nez sur la capsule, l’avale tel le labrador qui a aperçu un M&Ms au sol.

En conséquence, Jackie… meurt.

Un endroit très discret pour torturer des gens, je vous le disais.

Ce qui est embêtant.

Mais au grand désarroi de Jackie, au lieu d’être tranquillement mort, voilà qu’il se réveille dans l’infirmerie d’un mystérieux bateau, un étrange personnage en costume à ses côtés.

« Bienvenue dans la vie d’après, Monsieur Haimichel.
– Je suis mort ?
– Non, mais j’ai toujours eu envie de dire ça. Vous êtes vivant, Jackie.
– Attendez… vous voulez dire que la capsule de cyanure, ce n’était pas vraiment du cyanure ? 
– Non. C’était de l’homéopathie. Comme ça on était sûr qu’il ne vous arrive rien.
– Bâtards !
– Assez rigolé. Plus sérieusement, vous avez été laissé pour mort par vos ennemis. Nous vous avons récupéré, soigné, et refait toutes les dents.
– Je… je ressemble à Joey Starr alors ? 
– Heureusement, non, sinon à votre premier sourire, nous aurions dû vous tuer pour de bon cette fois. 
– Et mes copains ? Ils s’en sont tirés ? Parce que j’ai pas parlé, hein !
– Non, hélas. Les méchants ont malgré tout fait main basse sur tout ce que nous protégions. Mais voyez le bon côté : vous avez choisi la mort plutôt que de parler. Vous avez réussi le test ultime. »

Jackie fronce les sourcils très fort.

« Mais ? C’est idiot ! Vous nous filez de fausses pilules de cyanure pour voir qui va la prendre ou non ? Et si les méchants avaient vu la ruse ? Et s’ils m’avaient réveillé pour me faire parler jusqu’à ce que je balance absolument tout ?
– Ah oui je… héhé… oui ce… c’eeeeut été un peuuuuu ballot. »

Mais rassurez-vous : dans le film, Jackie ne pose pas la question et reste impassible. Il vient d’être torturé, ses collègues sont morts, sa mission est un échec, et en plus on lui apprend qu’on faisait des tests rigolos dans son dos, mais ça va, il ne réagit pas, ne pose aucune question, et est probablement plus expressif lorsqu’on lui dit que la machine à glaces est pétée à Mac Do. Là, il se contente de faire une sorte d’imitation de Nicolas Cage. C’est fascinant.

« Je… vous êtes peu réactif, mon petit Jackie. En tout cas, sachez que vous venez d’intégrer notre organisation, Tenet. C’est un palindrome.
– Un palindrome ?
– Un mot qui se lit dans les deux sens. Comme Kayak. Ou été.
– Ou « élu par cette crapule » !
– Ah, pas mal ! Vous comprenez vite ! J’imagine que vous avez quantité de questions sur notre organisation ?
– En fait, non.
– Je retire ce que j’ai dit : vous êtes con. »

Car non, Jackie ne pose presque aucune question sur l’organisation dans laquelle il se retrouve, pour qui il travaille où ce qu’il doit faire. Non, à la place, les deux philosophent sur le fait d’être mort pour revenir sauver des vies dans le monde entier, et si vous fermez les yeux, à l’oreille, on pourrait les confondre avec un fan d’Evangélion rencontrant un fan de Lost lors d’une soirée au club cinéma du lycée. L’apocalypse intellectuelle nappée d’un verbiage faussement éduqué.

Les instructions de Jackie sont cependant dans l’immédiat simples. Pour le réinsérer tranquillement dans le monde réel, bien qu’il soit officiellement mort, on va le déguiser en technicien d’éoliennes installées en mer, et lui faire passer un peu de temps dans l’une d’entre elles histoire qu’il puisse faire de la muscu et lire Casus Belli sans être dérangé. De là, un autre bateau plein de techniciens passe le chercher, et comme ça, hop, il peut revenir sur la terre ferme sans passer par les douanes, tout simplement en se mêlant à la foule des travailleurs qui reviennent à terre après une journée de travail sur ces engins en mer. Au port, une voiture est mise à sa disposition et il peut se rendre à sa nouvelle affectation : un mystérieux laboratoire.

Où il retrouve la laborantine la moins intéressée par son travail de l’univers.

En effet, de sa voix à sa gestuelle, tout sent le « Mais qu’eeeeest-ce que j’fous là ? » et d’une certaine manière, je la comprends puisque je partageais ses profondes interrogations. Concentrant le peu de volonté de vivre qui lui reste, la dame en blouse emmène Jackie jusqu’à un pas de tir dans son laboratoire, où se trouve un pistolet vide face à un gros rocher criblé de balles.

« Voici ce que j’étudie ici. Prenez cette arme et tirez.
– Mais ? L’arme est vide, madame !
– Tirez avec, vous verrez. »

Jackie se saisit du pistolet, vise le gros caillou et… pan ! Il y a bien une détonation, mais la balle revient dans son pistolet, une douille bondit du sol pour rentrer dans l’arme, et tout se passe comme s’il venait de tirer, mais à l’envers !

Voilà. Ça, c’est la tête de Jackie apprenant que le voyage dans le temps existe et qu’il vient de tirer une balle inversée temporellement. Notez la surprise particulièrement profonde et bien jouée. Quel enthousiasme !

« Ça alors ! Comment est-ce possible ?
– Nous ne savons pas. C’est bien pour cela que j’étudie la chose. Cette balle a été inversée dans le temps. Elle traverse le temps tout comme nous, mais en sens inverse.
– Mais heu… ça fait ça juste avec cette balle ou avec tout dans votre labo ? Non parce que si je vais aux toilettes, vous voyez, j’ai pas trop envie de sentir mon propre étron qui ren…
– LALALALA JE N’ENTENDS RIEN ! Non, écoutez, seule cette balle est inversée dans le temps. Tout le reste va dans le bon sens.
– Ben c’est pas possible.
– Ah bon ? Et pourquoi donc Monsieur Haimichel ?
– Parce que si seule la balle est à l’envers, comment voulez-vous qu’elle fonctionne avec un pistolet qui fonctionne à l’endroit et qui percute normalement ? »

Ah oui, merde. En fait, c’est pas possible. Nous allons donc le découvrir : Christopher Nolan a choisi la pire version du voyage temporel possible. Et vous verrez, ça se casse très, très régulièrement la gueule.

« En parlant de problèmes, je note madame que vous utilisez des gants pour manipuler tout ça ?
– Oui, l’inversion temporelle est due à des radiations, semble-t-il.
– Ah oui, ça a l’air dangereux. »

Raison pour laquelle, de tout le film, plus personne ne prendra la moindre précaution pour se protéger de la moindre radiation qui soit avec les objets inversés. Merci pour ce petit détail, j’avais peur de manquer d’incohérences. J’aime ces éléments soigneusement rajoutés pour bien signaler que personne n’a relu le script.

En attendant, Jackie s’explique avec la scientifique.

« Et donc, vous n’avez que ces balles à étudier ?
– Ça et quelques objets rangés dans des tiroirs, qui ont eux aussi été inversés. Des débris de ce que nous pensons être d’une guerre dans le futur, et dont les restes nous reviennent en arrière. Notre problème c’est… pour l’instant, ce sont de petits objets. Mais que se passera-t-il le jour où une grosse arme dangereuse reviendra en arrière ? »

Bonne question. Mais je peux vous orienter vers l’éducation nationale : ça fait des années que la grande maison est en marche arrière, elle doit pouvoir vous conseiller.

Cependant, pour en revenir à notre héros, personne n’a précisé à Jackie ce qu’il venait faire ici, ce dont il se plaint d’ailleurs à haute voix. des fois que le spectateur puisse supposer qu’il a eu une once de briefing entre deux scènes. C’est ballot quand même, d’avoir un agent secret fraîchement recruté sans mission. Décidément, c’est fou tout ce qui manque au pauvre personnage de Jackie. Celui-ci se gratte le menton très fort et à défaut d’avoir eu une mission, il se souvient d’un truc qu’il a vu au théâtre : à un moment, pendant la bataille, il a justement vu une balle être tirée à l’envers et revenir dans le canon d’une arme.

Bon, ça ne l’avait pas choqué. D’ailleurs, là, tout de suite non plus, il n’est pas bien réactif, rappelons-le. Je commence à croire qu’il s’en fout sérieusement, quand, heureusement, il parvient à démontrer qu’il n’est pas le seul dans ce film à n’en avoir rien à faire, lorsqu’il s’adresse à la laborantine pour lui dire :

« Vous savez, j’ai déjà vu une balle comme ça.
– Ah. Ben heureusement que vous l’avez pas prise dans la truffe, les effets auraient été terribles. »

Oui ? C’est tout ? Pas d’explication ? Pas de questions genre « Où avez-vous vu d’autres balles comme ça ? ». Non. Nos deux andouilles, diablement inutiles l’une et l’autre, se regardent en chiens de faïence sans s’intéresser au sujet qu’ils viennent eux-mêmes d’évoquer du bout des lèvres, lorsqu’enfin, Jackie prend une décision.

« Et siii on cherchait d’où viennent les balles ? Par exemple, en les analysant ?
– Ah oui tiens, c’est malin. Je suis une technicienne spécialisée qui vient d’expliquer qu’elle étudiait ces balles, mais je n’y avais jamais pensé, vous êtes trop fort. Soit. Et ensuite ?
– Ensuite… je vais partir en mission pour identifier leur origine ! 
– Mais ? On vous a juste dit de venir ici, on ne vous a pas dit que c’était ça, votre mission. Si ça se trouve, on va avoir besoin de vous pour un truc critique et vous êtes juste ici pour comprendre à quoi vous vous frottez.
– Oui ben je m’en fous, faut bien que je m’occupe. Au boulot, feignasse ! »

La technicienne analyse vite fait les balles (je suppose que jusqu’ici, elle se contentait de les regarder en marmonnant le générique de Hamtaro pour passer le temps) et, ça alors ! C’est du Made in India ! Et re-ça alors ! Il n’y a qu’un seul trafiquant d’arme vraiment costaud en Inde, ce petit pays dépeuplé, ce qui facilite encore les choses ! Ma boîte à « Ça alors ! » est en train de traverser le temps pour revenir vers nous elle aussi, je crois. Enfin. N’ayant rien de mieux à faire, Jackie s’élance donc vers l’orient mystérieux, et gagne la radieuse cité de Bombay, où il repère où se terre le marchand d’armes qu’il veut voir.

Mais pour l’approcher, il va avoir besoin d’aide. Aussi, il contacte un certain Neil, un type sur place qui doit pouvoir l’aider.

« Je dois rentrer chez Pajeet, le célèbre trafiquant d’armes !
– C’est impossible. Plus encore d’en sortir vivant.
– Allez ! Steupléééé ! » 

Et après 0,8 secondes d’insistance, Neil dit que ah si en fait, c’est possible, pas de problème, on va… escalader le bâtiment.

Voilà. C’est tout. Quelle forteresse imprenable ! Quelle tension dans ce film !

« On ne peut pas entrer dans ce bâtiment. – Okay, jet d’escalade : 20. – Bon ben vous êtes entrés sans aucun problème. »

La nuit venue, en deux coups de corde élastique et trois coups de couteaux sur des gardes qui n’en demandaient pas tant, Jackie et Neil débarquent donc sur le balcon où Pajeet le trafiquant d’arme était occupé à siroter un whisky-caca (ceci n’est pas une coquille, les amis de l’Inde comprendront) en paix. Un pistolet sur la tempe a tôt fait de lui faire comprendre que nos amis ne sont pas là pour rigoler, mais une surprise les attend : le vrai patron ici… ce n’est pas Pajeet. C’est Susan, sa femme. Une élégante indienne aux cheveux grisonnants qui invite Jackie à s’asseoir pour lui expliquer ce qu’il en est.

« Oui, je contrôle l’entreprise de ventes d’armes de Pajeet. Ce n’est qu’un prête-nom, dans cette société patriarcale, où les hommes nous…
– Ça va, moi aussi je lis MadMoizelle ! Raaaah… raaaah !
– Qu’est-ce que vous foutez ?
– J’essaie d’accélérer le temps pour passer cette conversation. On peut appuyer sur échap pour sauter la cut-scene ?
– Mais ? Monsieur Haimichel, laissez-moi vous dire que vous êtes très désagréable. Bon, que voulez-vous ?
– Nous avons trouvé des balles rigolotes qui nous font bien rire : quand tu les tires, elles reviennent dans le canon. C’est très écolo, on aime bien, on voudrait savoir d’où elles viennent ?
– Eh bien voyez-vous, si je fabrique bien ces balles, j’ignore comment l’homme qui les achète fait pour les inverser. Il se nomme Sator.
– Sator comment ?
– Sator tout court. Tout comme je m’appelle Susan tout court. 
– C’est curieux.
– C’est Christopher Nolan. Tout court.
– Ah ben oui. »

Mais qui est Sator, lui et son nom de méchant robot d’un épisode des Power Rangers ? Eh bien, c’est un trafiquant d’armes russe (un jour, il faudra parler de russophobie) richissime. Et il aurait une faiblesse : sa femme, dont il vit séparé même s’ils sont encore mariés, prénommée Katherine (tout court aussi, merci). Et un enfant, Sator Junior. Voilà peut-être un bon angle d’attaque pour l’approcher. Jackie fait un rapide détour par Londres pour rencontrer quelqu’un qui connait bien la situation lors d’une scène sans intérêt ou grosso modo, on lui dit juste « Écoute mec, on est juste des personnages secondaires, oui on s’intéresse au problème de Sator et de la guerre du futur, mais là, on va rien, faire, cependant toi, tu fais comme tu veux. »

Et lui proposer de l’aide ? Le soutien de Tenet ?

Non. On lui donne juste une carte bleue pour qu’il puisse se payer un slip propre, ainsi qu’un faux tableau. Car voyez-vous, Katherine, la femme de Sator, est dans le civil une experte en peinture qui bosse pour une célèbre salle d’enchères. Or, vivant loin de son mari, elle aurait couchaillé avec un peintre faisant des reproductions de tableaux de Goya. Et aurait même vendu à son propre mari, pour plusieurs millions… ce qui ne serait qu’un faux réalisé par ledit peintre. Voilà un bon angle d’attaque.

De bon matin, Jackie se présente donc à la salle des ventes de Katherine.

« Bonjour Madame, je suis un multimilliardaire, et je viens récemment d’acquérir un tableau de Goya. Je suis venu le faire expertiser, car je suis un grand fan de Goya, voyez-vous.
– Ah oui ?
– Oui, j’adore son tableau « la dose de mayo ». Moi qui aime le gras, je…
– Vous voulez dire : 
El Dos de mayo ?
– Ce… ahem, oui, c’est ça. Ma langue a fourché. Mais je vous assure que j’adore Chantal Goya.
– Francisco. Pas Chantal.
– Vous savez, moi les gens qui ont plus qu’un prénom… »

Bon, disons-le, Jackie n’a pas l’air super à l’aise dans sa couverture. Mais poursuit tout de même.

« Alors, c’est un faux ou pas ?
– Eh, ça va, on n’est pas aux pièces… oui, c’est de bonne facture…
– MAIS C’EST UN FAUX, C’EST ÇA ? COMME CELUI QUE VOUS AVEZ VENDU À VOTRE MARI !
– Mais ? Mais chut, bougre de con !
– Je chut-chut uniquement si nous en parlons autour d’un bon dîner. »

Katherine ayant la volonté d’une gerbille, elle accepte donc aussitôt avant de retourner courir dans sa roue ou se rouler en boule dans sa paille, je suppose. Et le soir venu, tous deux se retrouvent au luxueux restaurant du coin, où Katherine fait rapidement comprendre qu’elle n’est peut-être pas la fille la plus rusée du quartier, mais elle n’est pas dupe pour autant.

« Je sais que vous mentez, Monsieur Haimichel. Vous n’êtes pas multimilliardaire.
– Euh… ah ouais ? Et qu’est-ce qui vous fait dire ça ?
– D’abord, vous êtes noir.
– AH BEN ÇA VA ALLER OUI ? »

Mais non, rassurez-vous : Katherine grille bel et bien qu’il a menti, mais d’une autre manière. Comment ? Parce que les multimilliardaires ne sont pas si nombreux et plutôt bien identifiés ? Noooon, c’eut été trop intelligent, et ça aurait souligné l’absurdité de la couverture de Jackie qui aurait pu se contenter de ne pas chiffrer sa fortune, comme le font 99% des gens. Non, elle le grille parce qu’à un moment, elle évoque ses dernières vacances au Vietnam avec son mari, lorsqu’il a tenté de se réconcilier avec elle, et pour ces vacances, n’a pas hésité à dépenser… 9 millions de dollars.

« Wallah, l’prix d’bâtard ! Sur le Coran de la Mecque, z’êtes allés sur Mars ? » dit peu ou prou Jackie, ce qui, là, le grille.

Quel agent secret de talent.

Quand tu veux te faire passer pour un multimilliardaire mais que tu conduis toi-même ta voiture et n’a ni secrétaire, ni garde du corps.

Katherine comprend donc que Jackie lui ment sur sa richissime identité, mais la conversation se poursuit tout de même. Elle raconte d’ailleurs, ces fameuses vacances à 9 millions.

« Nous étions dans une jolie baie, sur le yacht de mon mari, qui essayait de réparer ce qui s’était brisé entre nous… et puis à un moment, je suis partie à terre. Quand je suis revenue, mon mari avait disparu, et une mystérieuse inconnue a plongé du bateau. J’ai souvent rêvé d’être cette inconnue… »

Bon, déjà, notez que Katherine est définitivement bête à manger du foin : quand ton mari disparaît et qu’une inconnue s’enfuit de ton bateau, ça devrait t’inquiéter un peu plus que faire une remarque comme « C’était curieux« .  Et surtout, surtout…

Ben c’est bon, on a la fin du film.

Car non seulement le propos de Katherine est bien lourd (« Holalaaaaa j’aurais teeeeellement aimé être cette inconnue !« ), mais en plus, on a un bref flashback où l’on voit ladite damoiselle plonger de loin, et elle a la même silhouette et les mêmes cheveux que Katherine. Donc, c’est bon, vous pouvez plier les gaules : on sait déjà qu’à la fin du film, Katherine tue son mari en revenant dans le temps avant de sauter à l’eau sous les yeux de sa propre personne dans le passé.

Surtout qu’encore, il y aurait un autre personnage féminin vaguement secondaire dans le film mais… non. Parce que je doute que ce soit la laborantine vue plus tôt, hein.

Voilà voilà. Quelle écriture. Quel suspens. Bon, ben on va continuer à regarder, mais disons que c’est déjà bien raté pour avoir encore un intérêt pour la fin du film.

Et vous verrez, nous n’en avons pas fini avec les trucs ultra-prévisibles.

Revenons à notre experte en art qui explique qu’elle est coincée avec son trafiquant de mari qui pif pouf, a reparu peu après cet incident (mais personne n’a posé de questions, c’est un peu le fil rouge de ce film). Car, certes, elle lui a bel et bien vendu un faux tableau de Goya. La question n’est pas de savoir si elle le savait ou non : elle l’a fait. Et Sator n’aime pas trop qu’on se foute de sa gueule. Alors depuis, il a gardé le faux, et si elle ne fait pas ce qu’il désire, il menace de s’en servir pour la dénoncer, ce qui ruinerait sa carrière, sa vie, et probablement le peu de scénario qui reste à ce film. Katherine craint donc pour elle et Sator Junior, son fiston.

Moi, je craindrais plutôt qu’il parle avec les mains ou les armes, mais apparemment, elle pense que le souci, ce sont les suites juridiques. Ah.

« Je peux vous aider. Je détruis le faux que votre mari possède… et vous êtes libre. En échange, vous m’introduisez après de lui, d’accord ? » propose Jackie qui lui non plus, n’imagine pas qu’un énorme trafiquant russe dispose de plus de moyens pour poursuivre sa femme qu’une plainte au commissariat de Melun.

Ça valait le coup d’introduire un personnage de trafiquant d’armes international pour découvrir qu’en fait, le mec est aussi dangereux qu’un notaire de province.

Katherine, ignorant elle aussi tout cela, se met alors à détailler le fait que le faux est entreposé dans un lieu super sécurisé, un gros bâtiment installé dans la zone franche du port d’Oslo, qui sert de paradis fiscal pour entreposer des œuvres sans avoir à payer de droits de douane. Nos amis en sont à cette passionnante conversation lorsqu’une bande de grosses brutes (avec des blousons en cuir, comme toutes les caricatures de gardes du corps russes de mauvais films) débarque dans le restaurant, et fait comprendre à Jackie que la soirée est finie, la femme de M. Sator va rentrer chez elle faire des trucs plus intéressants que lui parler, comme regarder The Big Bang Theory au lit. Ça devrait leur rappeler à tous deux que Sator dispose de moyens plus brutaux qu’une menace de plainte. Mais non, ils ne relèvent même pas, alors que c’est là, devant eux, que ça sent la sueur et que ça parle russe. Ah, la cohérence !  Enfin : les gros bras restent assis à la table de Jackie, et font clairement comprendre que s’il espérait finir au lit avec Katherine, il va plutôt finir au lit avec un pied de biche, un cric, deux assiettes et l’addition dans le rectum.

C’est embêtant, car Jackie apprécie sa liberté rectale.

Les méchants emmènent Katherine. Jackie se lève, va droit vers les cuisines où l’attendent encore plus d’hommes de Sator et… attrape tout ce qui lui passe sous la main pour leur casser la gueule avec ses réflexes d’agent secret.

« Arrêtez Monsieur Haimichel ! Vous allez détruire la cuisine !
– Je suis américain, bande de cons ! Cela fait des siècles que nous détruisons la cuisine ! »

Monstre !

La scène de baston dans une cuisine de restaurant en utilisant tous les ustensiles, un autre cliché dont on se serait bien passé.

Usant ainsi de ses aptitudes naturelles, Jackie a tôt fait de ravager cuisine et margoulettes jusqu’à être le dernier homme à se tenir debout. De là, il peut aller dans la rue retrouver Katherine et son dernier garde du corps, et après avoir exprimé tout son désarroi d’un ultime bourre-pif (au garde du corps, hein, je précise), il glisse son numéro à Katherine, lui disant qu’ils auront l’occasion de se reparler.

Et en effet, peu après, alors que Katherine va chercher Sator Junior dans une école huppée de Londres, elle essaie d’appeler Jackie… qui s’avère être juste derrière elle !

« Que faites-vous là ? Ooooh, ça y est, j’ai compris ! Vous veniez espionner mon fils ! Vous allez vous en servir pour me faire chanter pour approcher mon mari !
– Non. Ce serait trop intelligent.
– Alors heu… vous… vous vouliez être vu avec moi pour attirer d’autres hommes de mon mari et leur péter la gueule afin qu’ils disent où leur patron se terre, chose que vous auriez pu faire au restaurant ?
– Non, ce serait toujours trop efficace.
– Attendez, vous voulez dire que vous êtes là, comme une grosse buse à vouloir m’aider en organisant un casse super dur pour voler un faux tableau qui me permettra d’être libérée de mon mari et en retour de vous permettre de l’approcher, soit la solution la plus longue, la plus chiante et la moins efficace ?
– Précisément.
– Je… moi qui était souvent comparée à une gerbille intellectuellement, parler avec vous me donne l’impression d’être si intelligente ! »

On la comprend.

Jackie explique donc à Katherine que oui, il va l’aider à se débarrasser du faux Goya qui sert à la faire chanter, et va retrouver Neil pour à nouveau, faire équipe et évaluer si l’oeuvre qu’ils cherchent est bien gardée. Or, c’est bien le cas : dans la zone franche d’Oslo, le bâtiment qui stocke les œuvres d’art, propriété de Sator, est une vraie forteresse, avec un système anti-incendie qui asphyxie les feux en fermant tout hermétiquement avant de gazer, ne laissant que dix secondes aux employés pour filer en cas de pépin. Ce qui est peu, vous en conviendrez. Mais comme c’est un bâtiment de richous, évidemment, il est tenu par des gens pédants en costard qui répètent que hein, bon, hé, c’est quoi le plus important, les possessions des clients ou le petit personnel ? Alors, hein !

Mais alors, comment faire pour pénétrer dans ce lieux bien gardé ? Neil a une idée.

« Attention, dit comme ça, ça sonne un peu con, hein, c’est juste un premier jet…
– Écoute mec, tu es Robert Patachon, la seule fois où tu as brillé, c’est dans un film où tu incarnais une boule à facettes suceuse de sang, alors accouche.
– Eh bien il se trouve que le bâtiment que nous voulons infiltrer est collé à un aéroport. Aussi… »

Attention lecteurs, prenez une grande inspiration.

« ET SI ON FAISAIT S’ÉCRASER UN AVION DESSUS ? »

Bon, là, on est déjà très haut dans le niveau de connerie, mais aaaattendez, ce film va encore plus loin. Car pour ce faire, Neil ajoute :

« ET PUIS ON POURRAIT VOLER L’AVION QUI TRANSPORTE DES TONNES DE LINGOTS D’OR DU GOUVERNEMENT POUR CE FAIRE, ÇA FERA DIVERSION ! »

Diego ? Ne m’apporte pas mon sac de chatons : mets-y directement le feu, nous gagnerons un temps précieux. Et pendant que les miaulements déchirants de ces petits félidés bruissent à mes oreilles, laissez-moi, comme ça, pour le principe, vous rappeler le plan de nos héros :

  1. Détourner un avion bien gardé bourré d’or
  2. Envoyer ledit avion s’écraser sur un bâtiment du coin
  3. Profiter de l’incendie qui s’ensuit pour s’infiltrer dans ledit bâtiment au nez et à la barbe de la sécurité
  4. Récupérer, voire détruire, le faux tableau de Goya que Sator garde là pour faire chanter Katherine en menaçant de révéler qu’elle vend des faux.
  5. Retourner voir Katherine pour lui dire que c’est bon et qu’elle leur doit une faveur
  6. Utiliser cette faveur pour qu’elle organise une rencontre avec Sator

Moi, mon plan était plus simple.

  1. Aller voir Katherine
  2. Lui dire « En fait, si tu ne me présentes pas à Sator, c’est moi qui balance à tout le monde que tu vends des faux tableaux.« 

Et… fin.

Mais le plan avec le braquage, l’avion qu’on envoie rouler contre un bâtiment pour y foutre le feu et l’infiltration ninja, nan, vraiment, ça parait beaucoup plus efficace, c’est certain. Et le pire ? C’est exactement comme cela que ça va se passer. Je… quelle est cette douleur en moi ? Serait-ce mon âme qui se meurt à cause du simple contact avec un étron pareil ? Faisons fi de mes problèmes spirituels, et revenons à ce qui est plus proche de l’étron que du plan.

Nos héros recrutent un certain Ahmed pour détourner l’avion (entre ça et les attentats à l’opéra, ce film est vraiment d’un goût… particulier), qui s’empare sans souci de l’avion qui transportait de l’or du gouvernement alors qu’il roulait encore sur la piste, puis l’envoie s’écraser, toujours en roulant, droit sur le bâtiment où les œuvres d’art sont stockées. Ce qui déclenche un gros incendie, pile au moment où Neil et Jackie étaient à l’intérieur, grimés en clients, leur permettant de profiter du verrouillage qui oblige le personnel à évacuer en vitesse, pour courir partout en crochetant les serrures tel un personnage d’Oblivion sous ecstasy. Heureusement, personne ne vient leur crier Stop right there, criminal scum, aussi peuvent-ils progresser de salle en salle à la recherche du précieux faux tableau.

Notons au passage que les mecs se sont pointés dans un bâtiment bardé de caméras, visage découvert. Personnellement, je pensais qu’ils arriveraient grimés en pompiers, avec masque & co, histoire de se faufiler en paix et de faire ouvrir toutes les portes, mais non. Ils ont préféré une option où Sator, qui possède les lieux, aura tout de suite l’identité des deux cons qui fouillaient ses affaires pendant ce petit accident. Ainsi, ils sont grillés, et ne peuvent plus le rencontrer, nous rappelant ainsi que nous avons affaire à deux gros neuneus.

Mais rassurez-vous, le film n’y a pas plus pensé que nos héros Aussi, pouf pouf, ce petit problème passe à la trappe, c’est pratique ! Et voyons plutôt l’action.

Car l’action se présente justement à un moment bien surprenant : alors que Neil et Jackie sont au beau milieu du bâtiment de stockage à courir partout avant que la sécurité ne comprenne qu’ils sont là… voilà qu’ils tombent dans une étrange pièce. Divisée en deux par une vitre blindée criblée d’impacts de balles, avec au bout, de chaque côté, une sorte de sas blindé. Neil cherche à comprendre ce qu’il s’est passé ici. Et Jackie de lui répondre d’une voix pleine de profondes réflexions :

« Ça ne s’est pas encore passé… »

Et en effet, pile à ce moment-là, un type en tenue de combat et masque à gaz surgit du sas blindé de l’autre extrémité de la pièce, et se met à se bagarrer avec Jackie ! Mais l’intrus combat.. à l’envers. Comprendre qu’il sort une arme, tire, mais les balles reviennent de la vitre blindée dans son pistolet. Et pendant le combat, il fait des figures improbables, comme s’il faisait tout à l’envers. C’est fort perturbant ! Neil n’a pas le temps de profiter du spectacle, ou même de venir aider son ami, car il est à son tour agressé presque en même temps par un type masqué identique, sauf que lui combat… à l’endroit. Raah, mais cassez-vous, cons de ninjas !

Finalement, Neil et Jackie se retrouvent isolés, chacun à combattre leur propre adversaire, et si Neil parvient à mettre le sien en déroute, Jackie, lui, colle le ninja qu’il affronte à terre, et le menace d’une arme en lui posant plein de questions comme « Qui es-tu ? » « D’où sors-tu ? » et « Bordel, tu vas parler ? Tu essayais de nous… la faire à l’envers ? Pffrrr ! » mais avant que le prisonnier au sol ne réponde à ce calembour avec force mépris, Neil rejoint Jackie et lui enjoint de se calmer.

Ce dont le prisonnier profite pour faire une super glissade magique en arrière (à l’envers) et s’échapper hors du bâtiment. Flûte alors !

Un instant.

Vous n’avez pas deviné qui était ce ninja à l’envers ? Allez, un indice de plus, le film est sympa. Neil glisse brièvement et mystérieusement à l’oreille de Jackie « Il n’y avait pas deux agresseurs… il n’y en avait qu’un seul. » Un exploit possible si quelqu’un était à la fois là dans le présent dans le bon sens, et à la fois là en train de remonter le temps… à l’envers. Mais qui pouvait bien être ce mystérieux voyageur temporel masqué ?

Allez, reprenons une autre règle bien connue : « Dans tout mauvais film, si un type important est masqué, c’est qu’on le connait. »

Et sachant que Jackie a pris grand soin de ne suuuuurtout pas retirer son masque à son prisonnier quand il le pouvait, alors qu’il l’interrogeait et que c’est dur de répondre avec un masque sur la tronche, c’est que ça arrangeait bien le scénario qu’il ne sache pas qui se cachait là-dessous donc…

Voilà.

C’est Jackie.

Non, ne cherchez pas plus loin. C’est aussi nul que Katherine et son « HOLALA JE ME DEMANDE QUI ÉTAIT LA MYSTÉRIEUSE INCONNUE QUI ME RESSEMBLAIT TROP QUE J’AI VUE SAUTER DU BATEAU DE MON MARI ! ». Quelle écriture. Quelle recherche. Plus ce film avance, moins on a envie de connaitre la fin puisqu’on la connait déjà.

Spoiler : non, le film ne me détrompera pas, et oui, il tombera dans ces rebondissements dignes d’une rédaction de troisième.

De toute façon, les personnages masqués, c’est facile : soit il y en a 2000 et ils tombent comme des mouches sans pouvoir toucher le héros, façon Stormtroopers, soit il y en a un et il est super important. Et là, la bagarre avec un seul dure trop longtemps pour qu’on l’ignore.

À noter que je vous rappelle que cette scène se déroule alors que le bâtiment est cerné par la police et les pompiers. Et donc, ils ne réagissent pas envoyant passer un mec en tenue de combat qui court à l’envers ? Non ? Ils pensent que c’est une performance artistique de la MJC du coin ?

Visiblement : oui.

Bon ben… continuons. Peut-être que nous verrons enfin une scène qui n’est pas un gros raté ? Mon optimisme me perdra.

En parlant de raté, tout cela a quelque peu contrarié les plans de nos héros, qui finissent par quitter les lieux en catimini aussi vite que possible avant que d’autres ninjas ou forces de sécurité ne leur tombent dessus. Il n’empêche que Jackie s’en va retrouver Katherine pour avancer un peu.

« C’est bon Katherine. Le faux Goya de votre mari ? Il n’existe plus.
– Ah oui, j’ai entendu dire qu’une bande de cons avait écrasé un avion sur le bâtiment. Subtil, hein !
– Rhooo, ça vaaaa il était juste au roulage…
– Un avion bourré d’or en plus, v’là la discrétion !
– Oui mais quand l’or est tombé sur la piste, quelle diversion ! 
– Et puis un incendie qui ne détruit pas les collections SAUF le faux tableau de Goya… c’est pas du tout suspect. Mon mari ne va pas du tout sentir que sa femme magouille avec des gens dangereux dans l’ombre. C’est sûr. Franchement, à sa place, par sécurité, j’enverrai des gens me torturer puis me tuer. »

Jackie la prie de bien vouloir fermer sa bouche, et puis ses yeux aussi histoire d’arrêter de voir la nullité crasse des enchaînements de scènes de ce film, et lui demande de plutôt arranger un rendez-vous entre son mari et lui. Tous deux jouent donc au jeu des bons amis, Jackie lui fournissant même une fausse histoire sur où et quand ils se sont rencontrés (« C’était au Macumba, durant une soirée mousse« )… et c’est ainsi qu’ils se rendent à un repas organisé par Sator en personne dans l’une de ses nombreuses villas de par le monde. Jackie y débarque avec la subtilité d’un Jean-Marie Bigard lors d’un concours de blagues de pets.

« Bonjour tout le monde ! C’est moi, l’ami de Katherine que vous n’avez jamais vu, ça va ? Wesh, Monsieur Sator, bien ou bien ? 
– Toi. Toi, tu baises ma femme.
– Pas encore ! »

Tututu. Ne pensez pas que je plaisante. C’est la vraie réponse de Jackie à l’accusation : « Pas encore« . Vraiment. Je… quelle approche.

« Bon, on va t’ouvrir le cou et mettre tes baballes dedans, gros malin. 
– Attendez, avant de demander à vos hommes de me sortir de table pour m’égorger… vous aimez l’opéra ?
– … 
– Je dis ça parce que je sais bien que vous êtes derrière l’organisation de l’attaque de l’opéra national de Kiev. Vous vouliez récupérer un cube bizarre et bourré d’uranium que transportait un agent américain sur place. »

Jackie a en effet été tuyauté par Susan, la trafiquante d’armes indienne qu’il est passé voir entre temps, et lui a expliqué que Sator aimait bien mettre la main sur de l’uranium. Ce qui pouvait être un bon moyen de s’approcher de lui et de comprendre comment diable il pouvait trafiquer avec le futur pour obtenir des balles qui traversent le temps en inversé. Une technologie qui ne sera inventée que plusieurs siècles plus tard. Et Susan, sympa, lui a même dit où et quand un convoi d’uranium récupérable avec un peu d’audace allait se promener pour donner plus de crédibilité à sa couverture. Jackie use donc de ce stratagème.

« Écoutez, Monsieur, je connais un truc vachement plus hot que votre femme !
– Merci, ça fait plaisir.
– Je parle de 750 grammes d’uranium.
– …
– Alors je saiiiis, en bikini, ça rend moins bien. Et encore, parce que l’uranium, excusez-moi, mais lui au moins il peut remplir un soutien-g… pardon, c’est mon mode Bigard qui était resté allumé. Que disais-je ? Oui : je suis trafiquant d’armes et que c’est pour cela que je voulais vous approcher. Vous et moi, nous pouvons faire des affaires ! Pour récupérer ensemble cet uranium dont je connais l’emplacement !
– Un trafiquant d’arme dont je n’ai jamais entendu parler auparavant ? Sur lequel je ne trouve aucune information ? Qui en fait n’a pas de nom ce qui est embêtant ? Et débarque comme ça avec un offre énorme sortie de nulle part ?
– Exactement.
– Je vous invite à me rejoindre à mon yacht ce soir, alors. »

Je commence à me dire que Christopher Nolan a attrapé le syndrome de George Lucas : il a tellement envie de faire des films plein d’effets spéciaux qu’il ne s’ennuie même plus à écrire un scénario vaguement crédible. Enfin ! L’affaire est entendue et le soir-même, Jackie monte à bord du yacht en compagnie de Sator, son armée personnelle, Katherine et Sator junior. Sator explique bien à Katherine que bon, hein, t’es gentille avec ton nouveau pote, là, mais tu fais ce que je te dis.

« Non ! Je ne ferai plus ce que tu veux ! Je vais partir avec notre fils ! Tu as perdu de faux tableau de Goya que je t’avais vendu, tu ne peux plus me faire chanter ! »

Sator se gratte le menton, résiste à l’idée de lui expliquer qu’il a des moyens plus physiques de se faire comprendre, claque des doigts et fait amener sur un plateau… le tableau en question. Damnation ! Cette grosse buse de Jackie ne l’avait pas détruit comme convenu ! Il a menti ! Katherine est désespérée, mais Sator lui remonte le moral en proposant une petite sortie en catamaran, où Jackie est bien évidemment invité. Tous deux parlent donc affaires à bord, jusqu’à ce que Katherine, qui grognait un peu depuis le début, ne balance Sator par-dessus bord alors qu’ils sont à pleine vitesse. Sator nous fait donc un gros plaqué, tombe inconscient le bec dans l’eau, et Jackie jure entre ses dents que raaah, pfou, on balance pas les ordures à la mer, une tortue pourrait s’étouffer avec, enfin ! Il saute à l’eau, et va sauver le sympathique trafiquant d’armes, qui est fort reconnaissant envers Jackie.

« Tu m’as sauvé. Je te dois la vie. Que veux-tu en échange ?
– Que vous ne vous vengiez pas sur votre femme.
– Attends… attends… est-ce qu’après le cliché pourri du « Tu sauves la vie au méchant pour gagner sa confiance », tu es en train de me faire le cliché pourri du « Je suis tombé amoureux de la personne que je devais manipuler pour ma mission » ? 
– On est dans un film de Christopher Nolan, mec. Tous les clichés sont déjà là, saupoudrés de ses lubies : l’obsession pour le temps, la mer, les bateaux…
– Oui, c’est vrai. Bon, je ne te promets rien parce que là, je suis un peu grognon, mais en tout cas, toi et moi, on va travailler ensemble. »

Katherine, elle, est doublement grognonne, et sitôt que Jackie est seul dans sa cabine, elle va le trouver pour marteler son torse musclé de ses petits poings.

« Jackie ! Espèce de petit rabouin ! Tu m’avais dit que tu avais détruit le tableau pour que je te fasse approcher mon mari… mais tu as menti !
– En fait, oui.
– C’est surtout très con : non parce que ça veut dire que les 30 minutes de film consacrées à un casse improbable à Oslo ne servaient en fait à rien.
– Ah oui, tiens. Et vu le prix qu’a coûté la scène, ça fait cher le raté.
– Bon et puis pourquoi avoir sauvé mon mari ?
– Parce que j’en ai besoin, t’es bête ou bien ? »

Après tous ces propos débiles, il est temps d’aller faire dodo. Mais la nuit venue, Jackie est réveillé par un bruit étrange : un fort bruyant flap-flap dehors. Il s’apprête à ouvrir son hublot pour déclarer que c’est pas des heures pour poser un hélicoptère sur un bateau, lorsqu’il réalise que… c’est vrai que ce ne sont pas des heures ! Vite, allons voir de quoi il retourne ! Jackie enfile son petit slip noir pour se lancer dans une infiltration audacieuse, et finit par approcher discrètement de l’endroit où l’hélicoptère est posé. Sator est là, avec des hommes à lui, pour récupérer ce qui ressemble à une énorme capsule blindée… qu’il ouvre pour en retirer une tripotée de lingots d’or.

Jackie comprend immédiatement de quoi il retourne.

« Voilà… c’est comme ça qu’il collabore avec le futur, j’ai compris ! Sator enterre des capsules temporelles bien planquées, qui arrivent dans le futur, de là, ses collaborateurs du futur n’ont plus qu’à y mettre de l’or ou des Bitcoins du futur pour le payer, ou d’autres objets utiles comme l’almanach des sports, inverser la capsule avec leur technologie, et paf, Sator n’a plus qu’à la récupérer à son époque ! Oh, c’est astucieux ! »

Hélas, comme dans tout mauvais film, c’est le moment où cette andouille de Jackie se fait bêtement repérer et attraper, et se retrouve emmené devant Sator.

« Ça alors ! Vous, Jackie, l’inconnu qui sort de nulle part et dont personne n’a jamais entendu parler dans le milieu, vous étiez un traître ! 
– Oui, je sais. Nous sommes en pleine fameuse séquence du riche oligarque russe qui démasque l’agent secret, nous nageons en plein James Bond !
– … oui alors Jackie, bon, je vais te dire ça aussi gentiment que possible, mais tu es plus proche du jambon que du James Bond.
– Jean Bon ? Les services secrets français alors ? 
– Ne… non. Bon, écoute, maintenant que je t’ai attrapé…
– Vous me tuez ?
– Ah ben non. Comme dans tous les mauvais films d’espionnage, je te garde en vie ! Non, tu sais quoi ? Tu vas aller voler l’uranium dont tu m’as parlé et me l’apporter. Sinon je… je bute ma femme !
– Hein ?
– Bon, comme ça, ça sonne bizarre, mais cherche pas ! Fais ce que je te dis ! »

Jackie, dont le jeu d’acteur est digne des moules accrochées à la coque du yacht, est donc renvoyé à terre avec quelques lingots pour financer l’opération, Sator étant vraiment serviable. Notre héros recontacte Neil, son partenaire.

Sator, l’homme à qui tu peux mentir, piquer la femme, tenter de ruiner les affaires, le trahir et l’espionner… maisi ne te tue pas. Non vraiment, houlala, quel méchant cruel et violent !

« Neil, mon p’tit, je t’appelle pour… faire un casse.
– Encore ? Mais c’est quoi ce film ? Bon, c’est quoi cette fois ?
– Il y un convoi qui transporte de l’uranium dans une ville du coin. On doit l’intercepter pour que j’aille filer l’uranium à Sator. Mais t’inquiète, c’est un super plan.
– Ah oui, filer de l’uranium à un trafiquant d’armes, je vois pas comment ça pourrait merder. »

Le convoi transportant l’uranium est présenté comme ultra-sécurisé : un camion avec une voiture d’escorte devant et derrière, et un GPS pour alerter la police locale au moindre changement d’itinéraire. Comment diable nos héros vont-ils faire pour intercepter le convoi qui va circuler en plein centre-ville ? Aucun problème !

Ils engagent quelques mecs avec des camions pour se positionner devant, derrière, et sur les flancs du convoi lors d’un passage sur une trois voies, puis forment ainsi une cage dans laquelle ils bloquent ledit convoi tout en continuant à rouler. Jackie saute de l’un des camions, fait un trou dans le transport d’uranium, récupère la précieuse mallette, et file pour être récupéré par Neil et un véhicule rapide avant de filer à toute allure.

Pendant ce temps, la sécurité du convoi s’exclame juste « Oh, ben non, c’est pas gentil, ils ont brouillé notre radio ! On ne peut rien faire curons-nous le nez et regardons. » Grosse motivation, donc. Et le GPS ? Là encore, l’équipe qui suit le convoi depuis ses écrans dit « Bon, ils ont coupé toutes les communications, tous en même temps, le convoi a ralenti sans explication mais… bah, s’il roule, on s’en fout. »

C’est vraiment si bien écrit.

Jackie est très fier de son opération, lorsque soudain… ils croisent une voiture en sens inverse sur l’autoroute. Puis sont poursuivis par un véhicule… qui en marche arrière, va aussi vite qu’eux ! Mais ? Quel est donc ce bordel ? Ce sont tout simplement, si je puis dire, des véhicules dont le temps est inversé : pour eux, ils foncent en marche avant, mais comme ils sont inversés, ils vont à la même vitesse, mais en arrière ! Même le gros Booba qu’ils s’écoutent passent à l’envers, révélant ainsi que cette musique du démon est mauvaise qu’importe le sens de lecture ! Et dans ces voitures, Jackie aperçoit Sator et ses hommes, avec des masques à oxygène, ce qui est fort curieux, Sator menaçant sa femme d’une arme.

Plus loin sur la route, ils aperçoivent une voiture accidentée qui soudain, se remet droit, se répare et repart en arrière : un autre véhicule inversé !

Voilà qui ne devrait pas du tout attirer l’attention des passants, hein. Mais rassurez-vous, personne autour ne réagit. Les autres usagers, qui sont d’ailleurs peu nombreux ce qui est fort pratique, se contentent de mettre leur clignotants pour bien dépasser ces voitures qui volent, se réparent et font des trucs vaguement suspects. Vous savez, c’est si commun. Tenez, je vais signaler sur Waze « Attention, véhicule volant magique traversant l’espace-temps à l’envers.« . Les gens sont si serviables.

Enfin : Jackie comprend bien que Sator veut l’uranium, là, maintenant. Aussi il lui balance la valise, via diverses péripéties aussi longues qu’inutiles, que je vous passe, avec des cascades entre véhicules qui vont dans un sens temporel et ceux qui vont dans l’autre. Hélas, même si Sator a ce qu’il veut, il a fait envoyer, et dans le bon sens temporel cette fois, des poursuivants derrière Jackie et Neil, qui débarquent pour mitrailler leur véhicule, le pousser à s’arrêter et… enlever Jackie.

« T’inquiète, j’envoie la cavalerie ! » lui hurle Neil par-dessus la fusillade en voyant son fidèle compagnon se faire ainsi capturer.

Jackie ne comprend pas trop de quelle cavalerie Neil parle, mais se retrouve ainsi emmené jusqu’à un étrange entrepôt… divisé en deux. Avec une vitre au milieu. Et une espèce de sas blindé tournant qui relie les deux parties. Comme à Oslo, mais en plus grand. Lui est d’un côté, et de l’autre se trouve Sator avec sa femme qu’il menace d’une arme. Jackie comprend vite que d’un côté, l’entrepôt va dans un sens… et que de l’autre… le temps est inversé ! Sator bouge ainsi à l’envers, et pour s’adresser à Jackie, il est obligé de parler dans un dictaphone qui inverse ce qu’il enregistre pour que ça soit diffusé dans le sens temporel de son interlocuteur. Mais que dit-il ?

« Tu m’as filé une valise vide, petit bâtard ! Où est ce qu’il y avait dedans ! Parle où je tire sur ma femme !
– Je… heu… dans la boîte à gants de ma voiture ! »

Bon, par contre, c’est une conversation à intérêt limité puisque Jackie peut voir qu’il y a un impact de balle dans la vitre, causé par une balle un peu sanglante. Il sait donc déjà qu’au final, Sator a tiré dans sa femme. Et c’est précisément ce qu’il se passe : il lui tire dans le bidou avant de se barrer pour prendre une voiture et aller… sur l’autoroute intercepter le véhicule de Jackie. C’est donc ce qui est arrivé à Jackie plus tôt : il s’est fait intercepter par un Sator grognon arrivant en sens inverse !

Bon, je vais être très franc : on ne va pas soulever toutes les incohérences dans cette scène (dont beaucoup impliquent Katherine, d’ailleurs), parce que sinon je suis parti pour quinze paragraphes d’explications sur pourquoi ce n’est en fait pas possible. Mais de toute manière, c’est aussi compliqué que stupide puisque comme toujours avec une machine à voyager dans le temps, il y avait moult fois plus simple. À savoir :

  • Sator revient en arrière, sans violence ni rien, pour regarder comment Jackie attaque le convoi.
  • Sator continue à revenir en arrière, jusqu’à avant l’attaque.
  • Sator revient alors dans le bon sens temporel, et organise lui-même l’attaque : ainsi, impossible de le doubler.
  • Fin.

Mais non, à la place, le mec lance une attaque sur l’autoroute avec des véhicules allant dans tous les sens temporels, le tout avec des incohérences sur quand il a quelle information et dans quel sens se trouve sa femme (dit comme ça, ça sonne comme… Jackie ? Jackie ? Un mot ? Non ?). Alors évidemment, des gens vont me dire « Naaan mais en fait, il ne peut pas modifier le passé, tu comprends pas, tout arrive en fait en même temps ! Faut pas penser linéaire ! ». Sauf que comme la suite va nous le prouver : en fait, si.

Mais revenons à Jackie, qui après avoir vu Sator partir, se retrouve de son côté du hangar magique avec des hommes de main du méchant qui s’apprêtent à le tuer. Quand soudain… toute une armée de soldats débarque et tue tous les méchants, avant de libérer Jackie ! Neil arrive en courant, et s’assure que son pote va bien.

« Jackie ! Ouf, tu es sain et sauf !
– Attends Neil… je pensais que tu étais un simple contact avec qui je bossais, mais en fait, tu es au courant pour les objets inversés dans le temps ? Et d’où sort cette armée ?
– Ahaha… eeeeh bien… figure-toi que moi aussi je suis de Tenet, j’ai été recruté pour te protéger; et ça, c’est notre super armée ultra-secrète. »

Je vous laisse savourer. Ou hurler, au choix.

Moi, j’ai choisi.

Voilà. Un peu de brandy pour ma gorge et… c’est bon ?

Alors reprenons.

Quand Robert Pattinson est plus expressif que 90% des personnages du film, c’est qu’il y a un problème.

Depuis le DÉBUT les mecs avaient accès à une armée surentraînée et maîtrisant la question des voyages temporels, consciente que la survie du monde était en danger mais… les mecs faisaient du rien. Comme ça. Pour se marrer. hop.

Voilà voilà. Ah non mais c’est vraiment d’une nullité crasse. J’étais entre rires et sanglots à ce moment précis. Je vous rappelle que la dernière fois où j’ai vu tout une armée se pointer à la fin du film saveur « On était là depuis le début mais on ne voulait pas gagner trop vite« , c’était dans Star Wars IX, ce qui n’est pas exactement une référence de qualité. Toujours est-il que la discussion s’engage entre nos héros, Jackie voulant comprendre d’où sort ce rebondissement débile.

« Attends, mais qui est le chef de l’organisation ? Qui t’a recruté pour me protéger, Neil ?
– … ça… je ne peux pas te le dire pour le moment… mais tu serais surpris ! »

Alors que bon, on va couper net : c’est forcément Jackie.

Non parce qu’après une réplique pareille, je doute que ce soit Roger Roubieux, dont on n’a jamais entendu parler jusqu’ici. Donc si ce n’est pas Neil, c’est Jackie. Cette manière de massacrer son propre scénario est vraiment bluffante.

« Et que s’est-il passé sur l’autoroute ?
– C’est ce que nous appelons une opération en « tenaille temporelle ». Un groupe d’hommes de Sator nous poursuivait dans le même sens temporel que nous, l’autre arrivait en sens inverse. 
– Mais c’est nul ? C’est pas plus intéressant de revenir tranquillement un poil plus loin dans le passé, fut-ce d’une heure, et de tout simplement saboter la mission de l’ennemi avant qu’elle ne commence ?
– Si, mais sinon, ça nique toutes les scènes d’action du film, alors non. »

Formidable. Vous me direz « Ouais mais attendez, si les méchants peuvent aller à l’inverse du temps, les gentils aussi, donc ils peuvent justement empêcher que l’opération ne soit sabotée ! »

Sauf si tu n’as pas connaissance d’une opération qui n’a jamais eu lieu, puisqu’elle a été sabotée avant même que tu n’en aies connaissance. Si un mec remonte le temps pour tuer Hitler encore enfant, personne ne saura que l’histoire a été changée, et donc, même des nazis avec une machine à remonter le temps ne pourraient l’empêcher. Si ça se trouve, nous vivons dans une réalité où un homme a tué Kevin Petitpied, le dictateur qui en 1993, fondait le IIIème empire français et reprenait l’Autriche. Et nous n’en savons rien. Alors, hein, bon.

Mais vous allez voir, on s’enfonce encore un peu plus dans le n’importe quoi. Car pendant que nos héros discutent, de l’autre côté de la vitre blindée qui sépare les deux parties du hangar, Katherine est toujours en train de saigner avec une balle dans le bidou. Ce qui motive un peu Jackie à se remuer.

« On doit aller la sauver !
– Impossible, elle a pris une balle… à l’envers. Ça va être super compliqué ! Parce que le résultat, c’est que c’est dans son propre passé qu’elle va se mettre à saigner de plus en plus et elle… heu… il… enfin c’est…
– Nan mais je vois. C’est la fameuse séquence où les gens vont faire quinze théories sur les boucles temporelles alors que tout le film est en fait la pire utilisation qui soit du voyage dans le temps. Bon, ben on va faire ça : comment puis-je moi aussi être inversé, comme Sator ?
– Tu vois le sas blindé qui relie les deux parties du hangar ? Nous appelons ça un « tourniquet ». Tu passes d’un côté, tu sors de l’autre, et pouf, tu es désormais inversé. Tu pourras ainsi être dans le bon sens pour aider Katherine, mais aussi partir à la poursuite de Sator !
– Super, faisons ça. »

Ils prennent le tourniquet, vont de l’autre côté du hangar, et hihihi, c’est trop rigolo, par la vitre, ils peuvent voir se dérouler, puisque le temps remonte dans ce sens-là, le moment où les militaires ont pris d’assaut le coin et sont venus libérer Jackie. En attendant, les militaires de Tenet expliquent à notre agent secret préféré comment ça va fonctionner, une fois dehors, car le reste du monde, lui, ira dans le bon sens.

« Bon, déjà, il faudra porter un masque à oxygène, lui aussi inversé, car l’air que vous respirez, à l’envers dans vos poumons, ne vous permettra pas de respirer.
– Ah oui, Christopher Nolan a pensé à tout.
– Héhé, eh oui ! Ce film est super intelligent ! Il pense aux lois de la physique ! 
– Alors d’accord, mais la lumière voyage aussi à l’envers alors ? Je serai donc aveugle ? C’est assez majeur, comme point.
– … aaaaaah meeeeeeeeeeeeeerde… heu, en fait, je crois qu’on aurait dû éviter de parler de ça.
– C’est vous qui avez commencé avec des détails absurdes pour faire genre on est trop malins. Mais je vous écoute.
– Conduire sera difficile : les frottements de la route seront inversés. Quant au feu, il ne vous brûlera pas, il vous gèlera, la réaction thermique étant inversée.
– Hmmmm… vu que vous me parlez de ça, je me deeeemaaaande si je vais croiser du feu ! »

 

Bref, je vous passe encore quelques incohérences temporelles tant on croule en-dessous, mais notre héros finit par sortir du hangar, attraper une voiture, et partir à la poursuite de Sator. La conduite est difficile, mais effectivement, il finit par arriver à contresens sur l’autoroute, et se retrouve au beau milieu de la bataille qui a eu lieu plus tôt entre lui et Sator. Hélas, une fois encore, il perd, puisque la voiture qui était accidentée sur l’autoroute… en fait, c’était lui ! Sator l’a envoyé dans le décor ! Et pire encore, après être parvenu à mettre la main sur le précieux colis qui était dans la valise volée – qui n’était pas exactement de l’uranium sous sa forme classique, mais une espèce d’étrange cube semblable à celui que Jackie avait vu à l’opéra de Kiev au début du film – Sator profite que Jackie soit prisonnier de sa voiture accidentée pour… mais oui, y mettre le feu ! Sator s’en va avec son précieux objet, la voiture de Jackie se transforme en énorme boule de feu et…

Jackie se réveille dans un lit de camp, sous une couverture de survie, avec Neil à ses côtés :

« Tu as eu du bol… tu es le seul homme qui a survécu à une explosion parce qu’étant inversée, ça lui a causé une hypothermie au lieu de le brûler !
– Mais… et le souffle de l’explosion alors ? Dans un sens ou dans l’autre, ça tue, ces choses-là. Et puis savais-tu que le froid brûlait aussi ?
– Ah euh… meeeeeerde…
– Oui je commence à sentir que tout le concept du film n’a pas été pensé jusqu’au bout. D’ailleurs, comment se fait-il que j’aie même pu conduire une voiture inversée ? Si la réaction thermique opère à l’envers, le moteur à explosion fonctionne tout de suite moins bien !
– Alors je… nan mais c’est parce que la voiture fonctionnait à l’endroit, elle était juste conduite par un mec allant à l’envers !
– Oui mais dans ce cas, comment ai-je pu croiser plus tôt la voiture sur l’autoroute, accidentée, qui soudain refaisait l’accident à l’envers pour se réparer ? C’est qu’elle était inversée aussi, sans jamais être passée par le tourniquet ! C’est comme le problème de tirer une balle inversée avec un pistolet qui ne l’est pas ! 
– Je…. meeeeeerde tout se casse la gueule ! P’têtre que tout ce que tu touches en étant inversé est inversé aussi ?
– Nan mais dans ce cas… »

Non, vraiment : c’est lamentable. Comme toujours, et selon les besoins du scénario, les choses sont inversées ou non pourvu que ça fasse des scènes jolies à regarder Mais merde, faites un clip, dans ce cas, pas un film qui a en plus la prétention de se vouloir intelligent ! Ou alors dites simplement que « Paf, ça marche comme ça« , suspensions de l’incrédulité, et zou. Mais si vous nous dites que toutes les règles de la physique se déroulent à l’envers… il faut s’y tenir !

Bonus : quand ta voiture fais des tonneaux sur l’autoroute, n’es-tu pas supposé être vaguement blessé, que le temps aille dans un sens ou dans l’autre ? Si les balles inversées tuent, les autoroutes aussi, je suppose.

Mais attendez, ce n’est pas fini, on tombe toujours plus loin dans le lamentable. Lorsque Neil explique…

« Ah et au fait, tu ne dois JAMAIS intéragir avec ton double lorsque tu voyages en sens inverse. Si vous vous touchiez… vous seriez tous deux annihilés !
– Ah ben merci de le préciser. Ce serait con que quelqu’un ait inséré dans ce film une scène à plusieurs millions de dollars où je m’affronte moi-même sans le savoir, au hasard, au moment du casse dans la planque d’œuvres d’art ! »

C’est vrai que ce serait VRAIMENT bête d’avoir dépensé des millions pour foutre son propre film en l’air !

Mais rassurez-vous, on continue, ça ne s’arrête jamais.

« Et au fait, et Katherine ? Elle va bien ?
– Moyen. Le seul moyen de la soigner serait de repasser dans un tourniquet pour que la blessure s’écoule dans le bon sens, tout ça. Mais pas via le tourniquet d’où l’on vient, parce que ça foutrait un peu le bordel et que… heu… pouf pouf magie, ça nous arrange pas trop pour les scènes suivantes, en fait, pose pas de questions.
– Eh bien dans ce cas, j’ai une super idée ! Tu te souviens, lors du casse à Oslo ? On a affronté un mystérieux personnage masqué ! Et d’après toi, c’était une seule et même personne…
– … qui était en fait dans les deux sens dans le temps ! C’est vrai, il nous avait attaqué en sortant d’un sas blindé ! Il y a un tourniquet là-bas ! Nous n’avons qu’à y aller pour nous remettre dans le bon sens avec Katherine ! »

Donc le plan est de retourner à Oslo, en sens temporel inverse, avec Katherine, pour se remettre dans le bon sens grâce à ce tourniquet, en l’utilisant pendant le casse, car il y avait assez de confusion pour en profiter. C’est risqué, mais c’est un plan !

Un plan à un touuuut petit détail près.

C’est qu’en fait… mais dites-voir, les soldats de Tenet venus vous aider, ils connaissaient la « tenaille temporelle » ? Et disaient même l’utiliser ? Donc c’est qu’ils ont des tourniquets à eux ! Et attention, spoiler : oui, c’est bien le cas. Donc là encore… toute cette scène n’a strictement aucun intérêt ! Nos héros pourraient simplement et calmement utiliser les tourniquets de leur organisation en toute sécurité, et ainsi sauver Katherine facilement. Mais à la place, ils veulent retourner à Oslo, courir sous un avion en flammes, infiltrer en sens inverse un entrepôt d’art et…

Je commence à croire que le script aussi a été écrit en sens inverse : d’abord, les scènes que l’on a envie de faire, puis une vague explication sur un coin de table pour expliquer le pourquoi du comment.

Nos héros se cachent donc, en sens inverse, dans un container qui venait d’arriver d’Oslo, comme ça, comme ils remontent le temps, hop ! Ils vont revenir à Oslo par ce biais, et être livrés sur le port/aéroport, juste à côté de l’entrepôt où se trouve le tourniquet. En chemin, Neil et Jackie discutent.

« Mais au fait, Neil, toi qui en sais beaucoup plus que je ne le pensais… Sator travaille pour les gens du futur, nous sommes d’accord ? Que fait-il exactement ? 
– Il tente de leur fournir une arme qui inversera le temps si fort qu’entre tout le temps inversé et le temps normal, ça fera crac badaboum et le monde entier sera détruit.
– Un riche russe qui veut détruire le monde, c’est si… original. Mais pourquoi fait-il ça ? Et surtout, pourquoi les gens du futur voudraient détruire leurs ancêtres ? Ça ne risque pas de les tuer ? Ce n’est pas un peu con ?
– Ah, c’est le « paradoxe du grand-père »…. si tu remontes le temps et tues ton ancêtre, comment peux-tu exister pour le remonter ? C’est un paradoxe. Personne n’a la réponse. Mais apparemment, les gens du futur pensent que ce n’est pas un problème. Et on ne sait pas trop pourquoi ils ne nous aiment pas. »

Stop. Stoooop. Ce film est formidable, chaque dialogue est raté. Heureusement que les protagonistes se taisent pendant que les scènes d’action, car dès qu’ils ouvrent la bouche, c’est stupide.

Bon. Prenons ce paradoxe. Il n’a que deux grandes solutions :
– Soit revenir dans le temps tuer son ancêtre n’a aucun impact sur le futur et vous ne disparaissez pas.
– Soit revenir dans le temps tuer son ancêtre a un impact sur le futur et vous disparaissez.

Eh bien appliquons cela aux gens du futur et leur super plan :
– Soit détruire le passé n’a aucun impact sur eux… et donc, ben, ça ne sert à rien de le faire.
– Soit détruire le passé a un impact sur eux… et donc, ça les tue et ça ne sert à rien de le faire.

Et si jamais quelqu’un tente le « Oui mais attendez, si on prend le premier cas, ça créera quand même une réalité parallèle différente ! C’est juste que les gens qui l’ont causée n’en profiteront pas. », c’est pareil, prenez votre main, votre joue, et veuillez rapprocher les deux très fort. Car à partir du moment où l’on accepte qu’il y a des réalités parallèles par définition, il y en a un nombre infini. Donc, vouloir en créer de nouvelles ne change rien : elles existent déjà, et vous n’en profitez pas plus. Si pour vous, c’est une thèse crédible, dites-vous que dans ce cas, il y a une infinité de réalités où je suis en train de vous tabasser à coups de crosse de Mauser, aussi, merci de vous concentrer sur celles-ci.

Voilà. Tout le film repose donc sur une complète absurdité que même un stagiaire saurait relever.

Non parce que quitte à revenir dans le passé, pourquoi emmerder mes ancêtres ? Au lieu de, je ne sais pas, revenir prendre les numéros du Loto, les jouer, et hop. C’est plus simple et plus concret. Mais non. Les gens du futur préfèrent ratiboiser le passé. Et attendez d’avoir les raisons derrière la méchanceté des gens du futur, et vous verrez, c’est encore une fois d’une profondeur digne d’une chanson de Jean-Pascal (qui mérite aussi que l’on revienne dans le temps pour le stopper, cela dit).

Enchaînons donc, et suivons nos héros alors qu’ils arrivent à Oslo, en sens inverse, durant le casse. Pour faire simple, cette andouille de Jackie s’habille en tenue complète, enfile un masque avec oxygène intégré, et rentre dans l’entrepôt à œuvres… pour se retrouver nez à nez avec son lui-même du passé le menaçant d’une arme. Et c’est reparti : vous vous souvenez de la scène où Jackie affrontait un mystérieux adversaire masqué dans un autre sens temporel ? Eh bien vous la suivez à nouveau, mais dans ce sens-là. Palpitant.

Et comme évoqué plus haut : non, se taper sur la gueule et faire du catch avec son double n’annihile personne. Oups ! Quel petit oubli embêtant ! C’est dommage d’avoir glissé ça dans les dialogues !

Là, on le voit bien, ils ne sont pas du tout en train de se toucher. Ou même de se tirer dessus. Non non, Jackie a bien compris les règles pour ne pas se tuer connement, ça se voit.

Pendant que les plus neuneus du publics en sont encore à s’exclamer « Haaan mais alors son adversaire plus tôt dans le film… c’était lui-même ?« , les plus pervers, comme votre serviteur, noteront que l’on découvre que Jackie, définitivement très con, n’a pas hésité à utiliser une arme contre lui-même durant la bagarre. Heureusement, il ne s’est pas tué (mais il s’est blessé, ce qui n’est guère plus glorieux). Mais… non, vraiment : quel con. Jackie parvient finalement jusqu’au tourniquet local, se remet dans le bon sens temporel, et peut ainsi se battre avec Neil cette fois, qui lui bloquait la sortie. Le Neil de cette époque, hein, je précise pour que ce soit clair. Et lorsque tous deux sont isolés, Jackie perd brièvement son masque, révélant ainsi au Neil de cette époque qui il est. Ce qui incite ledit Neil à le laisser fuir en paix.

Dans l’affaire, et grâce à la magie du tourniquet qui inverse le temps, je vous passe les détails mais hooo, haaa, Katherine est sauvée !

Voilà qui offre un peu de répit. Jackie peut donc aller rendre une visite à Susan, la trafiquante d’armes indienne, pour avoir une petite conversation.

« Bonjour Susan. Bon, grâce à des copains de ma super organisation, j’ai cru comprendre que vous connaissiez bien plus de choses sur le voyage dans le temps que vous ne vouliez bien me le dire. Alors allez-y, videz votre sac.
– Pourquoi ? Et pourquoi maintenant ? D’où sort cette conversation ? Qu’est-ce que je fais dans cette scène ?
– Cherche pas : ça arrange l’intrigue.
– Ah parce qu’il y a une intr…
– …
– Okay, okay rangez cette arme, je vais tout vous dire. Dans le futur, il y a une super scientifique qui va découvrir la formule d’une arme capable de détruire la Terre en faisant merder le temps. Mais elle a pris peur. Et a décidé de… cacher sa formule. Elle lui a donné une forme physique. Neuf cubes contenant de l’uranium, lui-même abritant une partie du code de sa formule. Ces neufs cubes, elle les a inversés pour les envoyer dans le passé, cachés au sein des neuf puissances nucléaires qui…
– Elle a fait ça pour que jamais personne ne trouve sa formule ?
– Oui.
– Elle ne pouvait pas simplement l’effacer dans son document Wordpad ? »

Attention, ne mets pas tes doigts sur ce scénario : tu risques de te faire pincer les neurones très fort !

« Je… noooon ? Sinon il n’y aurait pas de film.
– Ça se tient.
– Bref, les méchants du futur l’ont appris, et ont donc contacté, via des capsules temporelles inversées, ce gros vilain de Sator, afin qu’il réunisse les neuf morceaux et leur envoie dans le futur en l’enterrant dans un lieu sécurisé. De là, ils pourront construire leur armes, et nous détruire pépères, depuis le futur.
– C’est… pourri, mais soit. Bon ben en attendant, on n’est pas dans la merde car Sator est dans la nature, avec désormais toutes les pièces de cette formule qui a intelligemment la forme d’un gros objet au lieu d’une simple clé USB si je comprends bien. Et la dernière fois que je l’ai vu, il était en sens inverse du temps, à s’en aller avec la dernière pièce après avoir mis le feu à ma voiture. Sans me tuer, car il est vraiment sympa.
– À mon avis, il doit actuellement remonter le temps jusqu’au moment parfait selon lui pour condamner le monde… sûrement un moment heureux. »

Sûrement le jour où il a eu son bac après neuf tentatives infructueuses. Mais Jackie, retourné à bord du bateau qui sert de QG à l’organisation Tenet, en discute avec Neil et Katherine, et tous deux ont une date en tête.

« Les garçons, je pense savoir. Vous savez, ces vacances au Vietnam dont je vous ai parlé ? Celles où il a tenté une dernière fois de tout réparer entre nous ? 
– La fois où il a mystérieusement disparu du bateau, juste après qu’une mystérieuse inconnue vous ressemblant très fort ait sauté à l’eau ? HMMMMMMM. JE ME DEMANDE….
– Ouais, c’est bon, je sais, c’est nul. Bon et vous Neil, vous en pensez quoi ?
– Eh bien figurez-vous que renseignement pris, ce jour-là, il y a eu une mystérieuse explosion souterraine dans une ville secrète de Russie… où Sator a grandi ! M’est avis que tout est lié ! »

Oui. Oui, moi aussi. Vaguement.

« Mais attention les garçons ! Je vous préviens ! Je connais mon con de mari, il est dépressif. C’est pour cela que détruire le monde, il s’en cogne. Il veut mourir. Et après lui, plus rien. »

Et grâce au pouvoir du script que les personnages ont lu, hop, tout le monde devine que Sator a prévu un système pour qu’au moment où il se suicide, cela emporte le monde entier avec lui en activant une bombe souterraine qui enterrera la formule pour de bon, faisant qu’elle ne sera récupérée que dans le futur (personne ne penserait à utiliser une pelle). Et qui sera aussi le moment exact où les gens du futur, une fois le plan réussi, utiliseront la formule pour détruire le passé. Et comment Sator s’assure-t-il que tout n’arrivera qu’après sa mort ? Grâce sa montre connectée au poignet, qui prend son pouls, fera ainsi tout sauter au moment opportun.

« Ah ouais donc s’il perd le bluetooth ou fait tomber sa montre, le monde explose, quoi.
– C’est ça. »

Tiens, d’ailleurs, ça doit être embêtant comme système : parce que même si Sator inverse le sens temporel de sa montre en même temps que lui… l’air et les ondes vont à contre-sens, donc pour transmettre l’information, flûte. Et puis va recharger ta montre lorsque dès que tu la branches, l’électricité s’en va au lieu d’y rentrer. M’est avis que la Terre aurait déjà dû exploser quinze fois.

Mais allez, cessons d’être taquins.

Oh, et vous ai-je parlé des scènes où Sator se déplace, comme ici, armé et à l’envers devant des dizaines de témoins, en plein jour et en public, sans que personne ne réagisse fut-ce vaguement ?

Car l’organisation Tenet comprend ce qu’il en est : il faut revenir jusqu’au fameux jour où Sator était sur son yacht au large du Vietnam. Puisque ce jour-là, c’était un Sator revenu du futur qui glandait sur ce yacht dans une dernière tentative de profiter de jours heureux avec sa femme avant de se suicider. Et l’explosion en Russie… ça devait être la bombe pour enterrer la formule pour l’envoyer aux gens du futur afin qu’ils s’en servent depuis le confort de leur époque. On sait donc où sont la formule et le bonhomme qui dispose du détonateur pour l’enterrer, il n’y a plus qu’à former deux équipes.

D’abord, l’équipe Katherine. Constituée de une personne (et d’un chauffeur), elle va devoir se faufiler dans le bateau de Sator en profitant du moment où la Katherine de l’époque est partie faire un tour à terre. Pour ne pas que Sator comprenne que c’est une Katherine revenue du futur, et un peu colère, qui est là, et non sa femme qui ne se doute de rien.

Heureusement qu’il lui avait mis une balle dans le ventre juste pour rire, et à un endroit qui ne l’handicape pas trop ! Non vraiment, tout le film, Sator est définitivement trop sympa.

Pendant ce temps, toute l’armée de Tenet, ses centaines d’hommes surarmés, ses véhicules & co va tenter d’aller récupérer la formule en Russie avant que la bombe n’explose pour l’enterrer pour des siècles. Mais attention, les deux opérations auront lieu pile au même moment, histoire qu’il y ait le maximum de tension, et surtout, pour ne surtout pas utiliser les avantages qu’il y a à pouvoir remonter le temps. Et pour attaquer en tenaille temporelle, Tenet utilise donc les multiples tourniquets dont ils disposent à bord du navire (… je vous avais dit qu’ils en avaient depuis le début, ce qui là encore, pourrit tout le film, vous voyez ?), et inverse une partie de ses troupes. Comme ça, ils pourront attaquer des deux côtés du temps. Évidemment, cela soulève encore énormément d’incohérences, mais un personnage s’exclame « Il ne faut pas penser en linéaire ! » quand Jackie tente timidement une question.

Bien tenté, cher Christopher Nolan. Quand un personnage hurle qu’il ne faut pas poser de questions, c’est souvent qu’on est juste incapable de donner les réponses. Mais admettons : il ne faudrait pas penser en linéaire ?

Sauf que si, surtout quand on a passé tout le film à dire que le temps avait deux sens. Soit une circulation sur une même droite. D’ailleurs, même quand ils expliquent comment fonctionne l’arme qui peut tout détruire, son principe est d’opposer très fort les deux sens du temps.

Donc le « C’est pas linéaire« , non seulement il arrive un peu tard, mais il contredit tout le film. Et donc… s’ajoute en incohérence supplémentaire.

Bon. C’est l’heure de la bagarre ?

Je vous passe les détails, mais grosso modo, s’ensuit une énorme bataille dans une ville russe, où des gens s’affrontent à l’endroit, à l’envers, se font écraser par des débris qui remontent le temps après avoir été explosés par une roquette inversée… c’est… pour le moins confus et finalement pas très intéressant. On notera d’ailleurs que comme pour le montage, il a fallu ajouter les figurants jouant dans un sens après ceux jouant dans l’autre, nous avons le droit à des scènes où les mecs donnent l’impression de ne pas se voir alors qu’ils sont à deux mètres les uns des autres. En face, les Russes ont aussi des soldats inversés, faisant qu’au final, ce n’est vraiment, vraiment pas très intéressant, à part visuellement.

Évidemment, le tout est bardé de détails pour faire tourner inutilement la cervelle des amateurs de films qui se veulent complexes, du genre « Attends, ce soldat qui m’a sauvé la vie, il a un porte-clé à son sac à dos… eeeh mais attends, mon pote à côté de moi a le même ! Oh mon dieu, en fait c’est lui du futur qui a pris la balle pour… » etc.

Pendant l’action, on a aussi le droit à un moment où les hommes de Sator le préviennent qu’il y a une attaque en cours sur le site où se trouve la formule. Or, Jackie finit par se retrouver à proximité des moyens de communication des méchants, et parvient à se glisser ainsi au téléphone avec Sator qui glande sur son yacht.

« Allô, Sator ? On va t’avoir, sale ruskov ! Trotskiste ! Communiste ! Usul ! 
– Wow, doucement sur les insultes, là ça va trop loin. Et puis, je ne pense pas que vous allez gagner… je suis revenu ici pour passer des vacances au Vietnam avec ma femme avant de mourir, et savourer une dernière fois le coucher de soleil avec celle que j’aime avant de tirer le rideau et…
– Attends, je m’en fous de ta philosophie d’adolescent à deux balles. Je veux savoir pourquoi les gens du futur veulent nous tuer !
– Parce que… c’est nous qui essayons de les tuer !
– Pardon ?
– Mais oui, la pollution, c’est quoi ? C’est un assassinat des générations futures ! Nous essayons de les tuer, alors ils essaient de nous tuer pour nous en empêcher !
– Cette incohérence et surtout ce… ce message je… qu’est-ce que j’avais dit au sujet de la philosophie d’adolescent à deux balles ? »

Voilà. Le film a un merveilleux message : la pollution, c’est pas bien.

Kevin-Enzo, collégien à Limoges, sera sûrement bluffé par un tel message.

« Oui mais on l’a vu plus tôt dans ce spoiler, nous détruire n’a au mieux aucun résultat pour les gens du futur au pire, les tue. C’est débile.
– Naaan, arrête ! C’est là-dessus que repose tout le film !
– Apapap. Si vraiment, le souci, c’est la pollution… pourquoi les gens du futur ne nous envoient pas plutôt des technologies non-polluantes ? Comme ça, si changer le passé change le futur, paf, plus ils nous envoient de trucs, plus leur futur est beau. Et plus nous avons des technologies tôt, plus le futur est évolué. Donc meilleur sera ce qu’il nous enverra. Créant ainsi une boucle temporelle de progrès infini qui…
– … aaaah oui, merde. C’est chiant. Ton idée sonne vachement mieux. Ça n’a donc toujours aucun sens ?
– Nous sommes rentrés dans le négatif de l’intellect, à ce stade. Gros tourniquet à neuneus les enfants. »

Sur ces bonnes paroles, Jackie et ses compagnons reprennent leurs efforts, et parviennent à mettre la main sur la formule avant qu’elle ne soit enterrée par l’énorme explosion que la montre de Sator devait causer. Et ce faisant, aurait permis à ladite formule d’atteindre le futur tranquillement, avant que le futur ne détruise le passé… bref, si tout s’était passé comme prévu, ce moment déterminant de l’histoire aurait aussi été la fin du monde. Au fait, à quoi ressemble la formule en question, puisqu’elle a une « forme physique » ? À de gros cubes assemblés en vilebrequin.

C’est… soit.

Ça, c’est la tête de Jackie super heureux d’avoir sauvé le monde. Ça se voit bien, n’est-ce pas ?

Allons voir Katherine, qui de son côté, fait exactement tout ce que nous savions déjà : sur le yacht de son mari elle… le tue. Voilà. Comme ça, il ne se suicide pas, et c’est plus drôle. Ce qui déclenche l’explosion de la bombe en Russie, mais comme nos héros se sont barrés avec la formule, la bombe pète en sous-sol sans enterrer rien d’autre que du vide (ou le scénario du film, c’est pareil). Katherine peut donc pousser le corps de feu son mari à l’eau, puis plonger, sous les yeux de son double du passé qui revenait à bord à ce moment-là. Katherine accroche alors le corps de Sator à un petit bateau à moteur pour ne pas laisser de traces et… s’enfuit avec.

Ce qui donne une scène fort ridicule visuellement, tant on dirait qu’elle traîne son corps flasque pour s’en servir de planche de surf.

Oh, et, non, il n’y avait plus personne à bord pour protéger Sator, ou regarder ce mystérieux canot partir en traînant le cadavre du chef. J’imagine que c’était un yacht avec un équipage d’environ zéro personnes. C’est quand même vraiment pratique.

Sator vaincu, le monde sauvé, nous retrouvons Neil et Jackie en Russie, ainsi qu’un troisième larron issu des forces de Tenet.

« Bon, Jackie, Neil, on a récupéré la formule, regardez… hop ! Je la divise en trois morceaux. Nous en prendrons chacun un, puis nous irons les cacher, et mourrons pour être sûrs.
– Monsieur, vous réalisez que c’est très con puisque n’importe qui remontant le temps pourrait quand même nous retrouver ?
– Ah oui, décidément, c’est vraiment embêtant les voyages temporels ! Nan mais c’est parce que dans le film, on sait que ça n’arrivera pas, car le temps est fini, et tout est arrivé en même temps, donc si quelqu’un était revenu dans le temps, on l’aurait déjà vu. Un peu comme quand tu as affronté ton double plus tôt dans le film : en, fait, c’était déjà arrivé avant que tu ne décides de revenir à Oslo. Tu comprends ? C’est parfaitement logique.
– Non. Parce que si tout est déjà arrivé, alors c’est que quoi que je fasse, c’est bon, je sais que le monde est sauvé. Donc j’aurais pu rester chez moi à lire Pif, c’était la même.
– On se vautre encore alors, même dans ce cas ?
– Mais oui ! Un peu comme quand on dit « Allons cacher ça » au lieu de le détruire, ce qui serait plus efficace. Et encore : si ça importait. Puisque regarde : là, tout de suite, on existe toujours. Donc, c’est que nous n’avons pas été anéantis par l’arme du futur. Donc, que la formule n’y est jamais arrivée. Donc, si tout se déroule en même temps… c’est que c’est bon, tout est déjà plié. Et que quoi que je décide, ce sera la bonne décision puisque c’est celle qui mènera à la non-destruction de ce monde que nous vivons en ce moment-même. Je peux donc encadrer l’arme au-dessus de ma cheminée, ce sera forcément le bon choix. Et ce sera moins chiant que de la cacher et de me tuer. Si tout est déjà écrit, et que la fin est bonne, quoi que je fasse sera forcément la bonne décision. Oui, même cette version du voyage temporel où le temps n’est pas linéaire est ratée. Mais elle a l’avantage de faire illusion plus longtemps sur les andouilles, je l’admets.
– Ça devient humiliant.
– Très. Bon, et sinon, Neil, une dernière question… qui t’a recruté ? Tu ne me l’as jamais dit.
– Ahahaha… mais c’est toi, mon vieux ! Dans le futur, tu me recruteras, tu me renverras dans le passé t’aider, et ce n’est que le début d’une longue amitié ! Allez, à plus dans le bus ! »

Queeeeelle révélati… ti… tio…

Pardon, je baille. C’est pas comme si on le savait déjà depuis longtemps.

Finalement, tout se termine quelque part en Angleterre, alors que Katherine est, comme tous les jours, à la sortie de l’école de Sator Junior à attendre son fils pour lui faire un bisou. Mais ce qu’elle ignore, c’est que dans une voiture l’observe Susan, la vilaine trafiquante, qui n’aime pas trop comment tout cela s’est fini, et pense que tuer Katherine serait plus sûr pour conclure tout ce sombre épisode de l’histoire humaine. Sauf qu’au moment où elle va sortir la tuer, Jackie grimpe à l’arrière de la voiture, une arme au poing.

« Griiiléééééeeee ! Tu allais tuer Katheriiiiine, je t’ai vuuuue !
– N… nan ! Même pas vrai !
– Si. Je le sais. Et tu sais pourquoi ? Parce que je lui avais donné un téléphone où enregistrer tout moment où elle était inquiète pour sa sécurité. Comme ça, si elle venait à mourir, j’aurais son dernier message, et je saurais où et quand revenir dans le temps pour la sauver. Or écoute : dans le futur, elle me laisse un dernier message où elle me dit avoir repéré une voiture suspecte devant l’école de son fils… aujourd’hui. Je suis donc revenu la sauver.
– Ah donc on peut bel et bien modifier le passé pour changer le futur ? Ça contredit encore pas mal de choses, et règle la question du paradoxe du grand-père ou même du temps où tout arrive en même temps ! Et ça prouve qu’il fallait bien penser en temps linéaire !
– Merde ! Ça veut dire que j’aurais pu aller chercher les chiffres du Loto de mardi dernier, ou revenir au début du film et éviter de me faire péter les dents pour rien ? Raaaah mais pourquoi ne peut-on même pas réussir la fin du film ?
– Je ne sais pas. 
– En tout cas, j’ai compris quelque chose : depuis le début, c’est moi qui pilotais toute l’opération. Depuis le futur. C’est moi le chef de Tenet, et c’est moi qui décide, et toi… tu meurs ! »

Et pan, il la tue.

Katherine est sauvée, le futur changé, et elle peut le dire : merci Jackie Haimichel. Et…

… FIN !

Bien. Je crois que l’on peut dire que c’était inutilement complexe. Mais quitte à se vautrer, autant enchaîner les roulades, c’est vrai.

Je conclus sur cette image d’un avion qui part exploser sur un entrepôt d’œuvres d’art, prétexte à deux scènes centrales du film, et qui en fait n’ont, ni l’une, ni l’autre, aucune raison d’exister. Rater deux fois une même scène au sein d’un même film : il fallait le faire.


Voilà.

Un raté de cette taille, tout en étant aussi prétentieux, je crois que l’on peut dire que cela se savoure. Mais rassurez-vous, c’est le moment ou d’autres prétentieux vont débarquer pour dire « Nan mais en fait, vous n’avez pas compris ». Probablement les mêmes qui devant une oeuvre d’art contemporain qui flaire bon le foutage de gueule, vous assurent que tel le bon peuple devant l’empereur nu, ils voient ses habits pour paraître intelligents.

Et pour prouver la bêtise, braves commentateurs dont les claviers chauffent pour me corriger, je vous rappelle la chose suivante : si Tenet et ses pouvoirs mystérieux existaient et que vous pouviez revenir juste avant que je ne visionne le film pour m’expliquer tout ce que je risquerais de manquer, voyez :

  • Soit Tenet a raison, et dans ce cas, tout est déjà arrivé, votre intervention ne changera donc rien et vous avez tort puisque ce que vous faites ne sert à rien.
  • Soit Tenet a tort, et dans ce cas, j’ai raison de faire cet article.

Bref, pile je gagne, face vous perdez.

Finalement, c’est facile de faire du Nolan.

Mais qu’est-ce que c’est bête.

143 réponses à “T’es net ?

  1. Diantre une critique sur Tenet. Moi qui venais JUSTEMENT de relire la critique de Looper aujourd’hui même. Mais que de coïncidences me direz-vous…

  2. le quizz est vraiment de mauvaise fois. osez parler de cheminots qui bossent, c’est quand même inconcevable. personne ne pouvait trouver la bonne réponse.

    • Dieu merci cet odieux connard ne fait pas de films
      J’ai rarement lu autant de bêtises enveloppées de mauvaise foi, articulées par des paraphrases pourries et de l’humour bas de plafond.
      Je sors de salle, Tenet est un chef d’oeuvre

      • Tu dois avoir de la bonne. Ce film fourmille d’incohérences j’admire le travail de notre hôte pour avoir réussi à en relever autant mais en oubliant la principale. A la fin Neil indique qu’il vient du futur et dès lors pour quelle raison laisse t’il Jackie s’enférer dans toutes les galères précitées

      • Bof! J’ai même pas terminé le film… L’entropie à l’envers, déjà là, moi je tique.

        En tout cas, j’aime poa ! Faut pas confondre la javel avec la smirnoff bordel !

  3. Salut, sympa le spoiler, ça m’évite d’aller le voir !
    Pour la torture, vous manquez cruellement d’imagination, cher odieux (tout comme le film, apparemment), je propose :
    – les égouts (si il y a des bruits, on dira que c’est les rats)
    – le frigo d’un copain boucher, qui devrait en plus avoir le matos de découpe nécessaire (et avec de la chance, on peut revendre les morceaux de la victime à ses proches (ceux de la victime hein, on ne va pas faire bouffer n’importe quoi à nos familles/amis…))
    – une prison remplie de délinquants sexuels (pour rappel, la police est dans le coup !)

    • Je relance avec
      – Le sous-sol d’un ancien café de métalleux situé en zone industrielle. Le bruit des usines autour cachera les hurlements et les bruits. Si les usines sont désaffectées, les gens penseront que ce sont les fantômes des anciens clients qui hurlent.
      – Une cabane dans les bois, pas trop loin d’un aéroport pour pouvoir transporter rapidement les prisonniers.
      – Un ex-bunker nucléaire sur une petite île norvégienne. Pensez à payer les groupes de death metal amateurs qui viennent tourner des vidéoclips dans le coin.

      • Ah, ok, le glaçon qu’on met dans le whisky est fait d’eau qui contient des matières fécales, d’où les risques d’attraper de multiplies parasitoses ! J’ignorais que le Maître faisait des jeux de mot si subtiles :D

    • Selon moi c’est juste que le whisky indien (et j’ose à peine appeler ça du whisky) n’est pas plus buvable que pourrait l’être un distillat d’excréments. Ceux que j’ai pu expérimenter avaient soit un goût de cuir (vous avez déjà bu une chaussure ?), soit présentaient une amertume digne d’une remontée gastrique, ce qui boucle bien avec le film, notez.

  4. Sorry de digresser, vu la rareté des spoils, j’allais proposer en com de l’article précédent celui-ci:

    Le pont de Cassandre (Pas le con de Sandra) 1976

    Un labo de virologues qui fuite peut être la base de grandes aventures, on s’en rend définitivement compte ! Dans les années 70s, on faisait moins de chichis même si dans les grandes lignes, la radicalité politique est assez semblable aujourd’hui. À l’époque, Bill-portes-et-fenêtres-gates venait de fonder microsoft son système d’exploitation virtuelle, il n’en était pas encore à l’exploitation du cheptel humain et l’OMS prenait ses décisions entre personnes formées scientifiquement autour du thème de la santé (ou pas) et les faisait appliquer par l’armée. Ici, comme l’épidémie est consignée dans un train, c’est pratique, ils décident d’aller le faire choir avec tous ses passagers en montagne, sur une ligne désaffectée, du haut d’un pont trop fragile pour supporter son passage.

    Il s’agit de la peste pulmonaire, ça ne rigole pas ! Il apparaît sage à l’OMS d’aller libérer ce virus dans cette zone sans habitation … sauf que ah oui! ce virus provient d’une souris au labo, il passe donc entre différentes espèces, il aurait sans-doute été encore plus sage de la part de l’OMS d’atomiser tout ce beau monde et cette ferraille en territoire non-aligné (selon les codes éthiques de l’OMS qui semblent un peu flous) ?

    La brigade sanitaire armée jusqu’aux dents est envoyée pour tenir compagnie et faire respecter le port du masq… Ah non, Y a pas. Les distan… Non plus. Les gestes barr… Pas de chichis je vous dit, il n’y a pas de règle à respecter si ce n’est d’avoir peur de la maladie et peur de la milice qui confisque tous les biens. Et il y a bien des malades. Le patient-zéro est retrouvé en piteux-état et meurs en toussant les gens ont l’air de se bousculer pour venir le toucher et aider à déplacer sa dépouille !

    Heureusement, par un incroyable hasard, il y a à bord Sofia Loren et son ex-mari qui n’est autre que …le professeur Raoult ! Il n’use d’aucune protection pour approcher les malades et ne recommande à personne de se tenir à l’écart, il sait qu’il existe un lien avec la santé générale et que lui, comme son ex et de nombreux autres ne risquent rien. Prof profite de la seule halte durant laquelle la brigade sanitaire embarque et pendant que toutes les issues sont soudées à l’exception d’une porte, pour se faire livrer un stock d’hydrochloroquine/azytromycine/zinc (ou quelque-chose de semblable) et des seringues à go-go. Chaque nouveau cas (c’est assez fulgurant dites donc) se fait traiter, se stabilise et se remet. Ouais, chouette ! Sauf que …non.

    L’OMS, nonobstant le fait que la scientifique en chef découvre que l’oxygène vient facilement à bout du virus en question et que cette peste est soignable, se voit contrainte (oui madame, vous pouvez partir en faisant la gueule) de laisser l’armée finir son œuvre destructrice, des fois que, on ne sait jamais ….
    Mais heureusement, Raoult n’a pas dit son dernier mot et il va détacher les wagons de seconde classe qui, au fait, étaient condamnés sans avoir été aucunement infectés, en prenant la lutte armée contre l’injustice avec le jeune Martin Sheen et toute une joyeuse clique de première classe.

    Rémission de tous les malades mais nombreuses victimes de fusillades puis une locomotive qui fonctionnait très bien et plusieurs wagons de première classe avec leurs passagers mis en pièces dans la rocaille ! Bilan catastrophique et inhumain mais journée de travail assez ordinaire pour le colonel Burt Lancaster puisqu’il aura suffit de transmettre les ordres au risque d’être détestable.

  5. « Et surtout, si je pouvais revenir en arrière, pourrais-je dé-regarder ce film ? »
    Grosso-modo la question que je me suis posé après avoir vu Gemini Man hier.

  6. Opéra, Sator et Tenet.
    Le pitch du film c’est la carré magique…
    Sans dec, qu’il est malin le Nolan ! (Non)

  7. L’affiche du film est déjà un spoil en soit, puisqu’elle raconte déjà que Jackie va se croiser. Un bon gros étron qu’on a copieusement arrosé de parfum sauf qu’au final on a juste l’impression que quelqu’un à chié dans un champ de lavande.

  8. Un grand merci OC. Un mec qui permet d’économiser des thunes c’est un ami précieux: OC=SP (Odieux Connard = Salubrité Publique)

    • « – Oui, j’adore son tableau « la dose de mayo ». Moi qui aime le gras, je… »

      Tant de beauté, je suis ému…

  9. Pingback: Bikini T'es earn ? | Collegae.Net·

  10. Pingback: Bikini T'es web ? | Your Blog Domain·

  11. Pingback: Bikini T'es rep ? | Enigmesghisdiem·

  12. Pingback: Bikini T'es rep ? | Teenoi.Net·

  13. Suivant les recettes de Maître Nolan, j’ai joué à pouet-pouet camion à l’envers avec une fille, elle m’a collé une baffe à l’endroit et je ne savais plus respirer !!! Ça marche !

  14. Mince alors, moi qui pensais que Christian Clavier était de toutes les bonnes comédies ! Quelle déception…

  15. Vous n’avez pas les codes. Le film est construit en référence au « carré de sator », qui est un carré magique constituant un palindrome avec
    SATOR
    AREPO
    TENET
    OPERA
    ROTAS
    ceci explique cela. Vous reprendrez bien un peu de choucroute?

    • C’est fort chatoyant ! De là à penser que Nolan a fait un film juste pour utiliser le mot palindrome il n’y a qu’un pas que je fais allègrement.

  16. Un film qui se vautre encore plus sur les voyages dans le temps que le terminator ou Daenerys Targaryen joue Sarah Connor. Dire que c’est sur ce film que comptent les cinémas pour se relever financièrement après le confinement… C’est un peu comme compter sur Sėgolène royal pour sauver le monde…

    • les cinémas ne compte pas sur l’histoire du film pour se sauver financièrement. les cinémas comptent sur le fait que sur l’affiche du film il y a écrit NOLAN.

  17. Une fois de plus, merci pour ce vitriol aspergé avec ce style si particulier, qui me fait à chaque fois beaucoup rire, et dans le même temps me poser des questions sur mon propre raisonnement au moment de la projection de ces films. Un paradoxe aussi bizarre que ceux liés aux voyages dans le temps…

  18. C’est hyper chiant comme film, non? J’ai rien pigé. Merci Mr Odieux, grâce à votre dévouement vous m’evitez de subir une bouse de 5h (à vue de nez et d’ennui)

    • Je te confirme si je n’avais pas été accompagné je me serais barré au bout d’un quart d’heure et c’est un fan de SF qui te dit ça.

    • Je confirme, je ne l’ai pas regardé jusqu’au bout, alors que j’ai adoré interstellar, mais inception, j’y ai découvert le sommeil du juste. Sauf qu’ici, les sèges étaient sans doute plus dur, ai préféré me bourrer le coin de la gueule dans un paki, puis m’écrouler sur un banc!

  19. Dieu merci cet odieux connard ne fait pas de films
    J’ai rarement lu autant de bêtises enveloppées de mauvaise foi, articulées par des paraphrases pourries et de l’humour bas de plafond.
    Je sors de salle, Tenet est un chef d’oeuvre

  20. Attendez, moi je n’ai ni visionné le film ni lu l’article, j’en suis encore à l’affiche en haut de la page, mais un truc me chiffonne : ils ont mis « par le réalisateur de la trilogie « Dark Knight, Inception et Interstellar »… Mais. Mais c’est pas une trilogie, ça ?! Ces films sont indépendants les uns des autres, non ? Ça et « trilogie » ce n’est pas un peu antinomique, par hasard ? Je suis toute perplexe.

    • La trilogie Dark Knight (qui compte bien trois films) – virgule – Inception et Interstellar.

      • Oui, j’ai… j’ai mis du temps à le lire correctement… J’ai un peu honte. ^ ^

  21. De savoir quel version entre le temps immuable et les multivers Nolan a choisi, c’est assez clair. Comme il l’a fait dans Interstellar, qui reposait sur un double paradoxe de l’écrivain qui consistait en transformer le trou noir en interface de contact dans le temps et en permettant depuis cette interface de contacter la bibliothèque, ici l’intrigue repose sur un simple paradoxe de l’écrivain où le héros se fait recruter par un organisme qu’il a lui même créé. Or le principe du paradoxe de l’écrivain détruit la phase d’amorçage initiale, donc il nécessite les multivers.
    Et c’est bien ce qu’on voit tout le long du film, entre l’assassinat final évité, le mec avec balle inversée qui vient sauver la vie du protagoniste à l’opéra pile poil au bon moment (donc qui est revenu pour ça), Pattinson qui revient sauver la mise aux deux au fond du trou en changeant d’équipe bleur /rouge, Pattinson qui revient sauver le protagoniste au fond du trou là où lui va se faire tuer avec son porte clé…

    En revanche ce qu’il fait avec l’entropie c’est vraiment n’importe quoi, c’est en fonction des besoins des cascades. Rien n’est respecté. Style la voiture crashée sur l’autoroute qui prend feu, c’est un chef d’oeuvre de n’importe quoi

  22. C’est sérieux, le héros n’a pas de nom? Personne ne l’appelle, jamais, à aucun moment ? Sur le tournage, ils l’appelaient Machin? La paresse d’écriture est fabuleuse. Même Cypher Rage finalement c’était pas si mal…

  23. Merci beaucoup pour ces explications plus approfondi car je ne suis pas sûr d’avoir tout compris la première fois que j’ai vu le film, je pense que j’étais tellement de perdu en analyse que certains éléments mon échappé.

  24. Retour sur une scène du film juste pour montrer à quel point le concept est mal maîtrisé.

    Comment roule t’on dans une voiture non inversée quand on est soit même inversé ? Simple on ne peut pas. A t0 car la voiture n’est pas inversée. Mais notre futur il est à tt0 elle fait des tonneaux et à t2>t0 elle est crashée. Ensuite à t3>>t2 le protagoniste sort du tourniquet inversé et voit la voiture qui l’attend à la sortie intacte alors que normalement elle est crashée à t3, et ensuite il remonte le temps, la voiture roule vers le passé puis se crashe à t2, puis crame à tt0 pendant une durée deltat. Mais l’occupant est lui même inversé donc en réalité à partir du moment où Sator jette le briquet il ne voit aucun incendie. En revanche juste avant que Sator ne jette le briquet il est pris dans les flammes qui s’éteignent au moment où Sator jette le briquet, et il était pris dans les flammes pendant cette durée deltat depuis le moment t0-deltat. Donc le protagoniste a en réalité cramé dans la voiture, tout à fait normalement sauf qu’il a eu la fin de l’incendie puis le milieu puis le début depuis sa ligne temporelle.

    Continuons encore un coup. Supposons qu’il existe une voiture dont le moteur est allumé toute la journée. La voiture n’est pas inversée vu qu’elle ne rentre pas dans le tourniquet. Un conducteur inversé monte à bord. Chacune des actions qu’il fera aura une conséquence sur le véhicule à une date précédent l’action de son point de vue. C’est à dire que si il voit que le véhicule tourne à droite, il doit tourner à droite, inversion de la causalité. Il est impossible pour lui de piloter le véhicule car la conséquence précède la cause.
    Le seul moyen pour lui de piloter une voiture c’est qu’elle soit elle même inversée. Mais dans ce cas elle ne peut pas fonctionner car l’air utilisé pour la combustion n’est pas inversé, et donc la réaction de combustion anisentropique ne peut pas fonctionner. Donc il faut aussi rajouter des bouteilles à la voiture… Et dans ce cas les gens verront effectivement une voiture rouler à l’envers comme dans le film. MAIS elle ne pourra pas poursuivre une autre voiture comme on voit dans le film car pour effectuer une poursuite il faut avoir la même direction du temps.

    bref tout le concept part en sucette. Et c’est comme ça un peut tout le film.

    • Bon il y a une erreur de script sur la page donc mon message est devenu illisible, je réécris sans les symboles

      Retour sur une scène du film juste pour montrer à quel point le concept est mal maîtrisé.

      Comment roule t’on dans une voiture non inversée quand on est soit même inversé ? Simple on ne peut pas. A t inférieur à 0 le contact est éteint. A t égal 0 on rentre dans la voiture et on met le contact, et le moteur tourne à t supérieur à 0 car la voiture n’est pas inversée. Mais notre futur il est à t inférieur à 0 car nous sommes inversés, donc quand le moteur ne tourne pas. Donc le protagoniste ne peut pas démarrer la voiture pour aller sur l’autoroute.

      De même la fameuse scène où la valise orange passe d’une voiture à l’autre sur l’autoroute en ricochant sur celle conduite par le protagoniste qu’il ne peut pas démarrer (remarque précédente), dans un sens temporel c’est le protagoniste qui l’envoie à Sator, mais dans le sens inversé dans lequel Sator est, c’est Sator qui l’envoie au protagoniste. Donc chacun des deux donne la valise qu’il veut pourtant garder à l’autre.

      Ensuite à un moment dans le film, mettons t0, la voiture qui fait des tonneaux roule sur l’autoroute, ensuite à t1 supérieur à t0 elle fait des tonneaux et à t2 supérieur à t1 elle est crashée. Ensuite à t3 très supérieur à t2 le protagoniste sort du tourniquet inversé et voit la voiture qui l’attend à la sortie intacte alors que normalement elle est crashée à t3, et ensuite il remonte le temps, la voiture roule vers le passé puis se crashe à t2, puis crame à t inférieur à t2 c’est à dire que dans le cours du temps normal la voiture était en feu, puis crashée, puis tonneau, puis roulait et enfin se retrouvait à attendre devant la sortie du tourniquet. Donc en contradiction avec l’autre version.

      Enfin si on assiste à un incendie, le flux thermique va du chaud vers le froid. Si on inverse le temps, il ne va pas subitement refroidir les occupants. A t0 Sator inversé jette le briquet sur la flaque d’essence, donc la voiture non inversée brûle à t supérieur à t0 pendant une durée deltat. Mais l’occupant est lui même inversé donc en réalité à partir du moment où Sator jette le briquet il ne voit aucun incendie. En revanche juste avant que Sator ne jette le briquet il est pris dans les flammes qui s’éteignent au moment où Sator jette le briquet, et il était pris dans les flammes pendant cette durée deltat depuis le moment t0 moins deltat. Donc le protagoniste a en réalité cramé dans la voiture, tout à fait normalement sauf qu’il a eu la fin de l’incendie puis le milieu puis le début depuis sa ligne temporelle.

      Continuons encore un coup. Supposons qu’il existe une voiture dont le moteur est allumé toute la journée. La voiture n’est pas inversée vu qu’elle ne rentre pas dans le tourniquet. Un conducteur inversé monte à bord. Chacune des actions qu’il fera aura une conséquence sur le véhicule à une date précédent l’action de son point de vue. C’est à dire que si il voit que le véhicule tourne à droite, il doit tourner à droite, inversion de la causalité. Il est impossible pour lui de piloter le véhicule car la conséquence précède la cause.
      Le seul moyen pour lui de piloter une voiture c’est qu’elle soit elle même inversée. Mais dans ce cas elle ne peut pas fonctionner car l’air utilisé pour la combustion n’est pas inversé, et donc la réaction de combustion anisentropique ne peut pas fonctionner. Donc il faut aussi rajouter des bouteilles à la voiture… Et dans ce cas les gens verront effectivement une voiture rouler à l’envers comme dans le film. MAIS elle ne pourra pas poursuivre une autre voiture comme on voit dans le film car pour effectuer une poursuite il faut avoir la même direction du temps.

      bref tout le concept part en sucette. Et c’est comme ça un peut tout le film.

      • C’est pas parce que c’est contre-intuitif que c’est nécessairement illogique.
        Alors c’est vrai: ca ne marche pas comme ca dans la vraie vie. Ca ne marche pas tout court dans la vraie vie.
        Mais c’est le pitch du film, la ou doit s’exercer la suspension d’incrédulité. Donc si l’auteur décide que sans expliquer dans le détail le mécanisme que ca se déroule de cette facon, et ben ca marche.

      • la suspension d’incrédulité c’est quand on n’explique pas, que ça repose sur de la magie ou une technologie complètement inconnue. Là on nous explique qu’on inverse la variation d’entropie naturelle, que ça revient à ce que les objets se déplacent du futur vers le passé comme un positron qui serait un électron qui va du futur vers le passé, ensuite après ces scènes de voitures on suit justement des gens inversés et tout se passe naturellement pour eux c’est le monde autour qui est étrange. Bref on explique ce qui se passe, Nolan fixe ses règles, qu’il s’empresse de ne pas respecter. Bon c’est pas une première, il l’avait déjà fait dans Inception. Et surtout, contrairement aux films classiques de SF / fantastique qui quand ils introduisent un nouveau concept l’utilisent par petites touches décisives (style retour vers le futur où la machine est utilisée 10 fois sur trois films) ou alors présentent carrément tout un environnement différent du notre (c’est à dire conte de fée plutôt que fantastique), ici il en est fait le contraire, une utilisation massive et superficielle pour des balles, des voitures, des explosifs…

      • Oui ok il y a du gloubiboulga pseudoscientifique à certains moment. Mais si les scientos savaient déjà tout ce qu’il y a à savoir sur ces balles « à entropies inversé » on ne les étudierait plus dans le flim. Or ce n’est pas le cas.
        Peut-être que cette histoire d’entropie n’est qu’un des trucs qu’on arrive à mesurer et qui va avec l’effet, et pas la cause de l’effet en elle-même. Du coup les scientifiques du films sont peut-être très affirmatifs du pourquoi du comment sans qu’il y ait pour autant un consensus clair et définitif qui permette de dire: c’est illogique.

      • c’est pas du gloubigoulba scientifique, c’est le fait qu’ils ont lu quelque part le rapport entre l’entropie, et en particulier le second principe de la thermodynamique et la flèche du temps. Du coup ils le mettent dans le film pour faire intelligent. En particulier parce que l’entropie c’est un truc qui a une réputation sulfureuse en dehors des scientifiques dans la culture pop, comme les trous noirs, le monde onirique ou les troubles de la mémoire (si vous voyez où je veux en venir du comment ça a été choisi pour ce film…). L’entropie c’est un truc physique qui caractérise le désordre, en fait ça revient comme ils font à changer le sens de la vidéo, si on n’arrive pas à distinguer si le sens où on la projette alors le processus est à entropie constante, sinon ce n’est pas le cas et dans le sens du réel on observe toujours l’évolution dans le même sens de l’ordre vers le désordre (comme un objet qui tombe comme montré dans le film où plus classiquement une goutte d’encre qui se diffuse dans un verre d’eau) et on peut deviner le sens du réel. Et si vous remontez le temps au lieu de le traverser dans le sens standard, l’entropie est bien inversée vous observerez que la goutte d’encre non inversée se reforme. Et si au contraire c’est la goutte d’encre qui va à l’envers et vous dans le sens normal, vous remarquerez la même chose entropie inversée. Comme Clémence Poésy ne connaît pas l’existence des tourniquets car ils cloisonnent l’information, elle parle de ce qu’elle observe c’est à dire une entropie inversée, plutôt que de la cause qui est que les objets voyagent dans le sens inverse dans le temps.

      • Ta définition de suspension d’incrédulité est impropre. Le concept renvoie à un mécanisme par lequel le spectateur accepte de mettre de côté son scepticisme et donc de croire ce que nous présente le film. Ça peut-être un rebondissement, un deus ex machina ou tout simplement son concept.
        À partir du moment où tu vas analyser au microscope ou avec un manuel de physique quantique ou même d’histoire pour tiquer tel ou tel détail, c’est clair que tu ne risques pas souvent d’apprécier un film à sa juste valeur.
        C’est mignon tes « critiques » sur la voiture inversée, ou les flammes ou la direction du temps. Le problème, c’est que tu oublies un petit peu trop que le film n’inverse pas que les gens, mais également des élément comme les armes, les objets ou les…voitures. À partir du moment où le film te pose ce concept (et pourtant il le fait assez vite), bah tu l’acceptes ou non.
        Mais si tu décides de le refuser parce que « c’est pas possible, parce qu’à l’envers ça fonctionne pas à t0 ou t1 ou t2 », petit conseil : ne va plus trop au cinéma. Des stratagèmes comme cela, tu en trouveras dans une sacré paquet de films, parmi eux tu auras aussi de nombreuses références. Il y a un moment où on nomme ça le pinaillage (gentiment) ou de la malhonnêteté à accepter le concept d’une œuvre FICTIVE.
        Peu importe que Nolan ait depuis toujours fixé son univers sur des bases plus terre-à-terre, moins excentriques ou fantasques que nombre de ses collègues, ses films n’ont jamais eu la prétention d’obéir aux exactes règles connues chez nous mais plutôt à celle que son créateur lui impose. Point.
        À partir de là, ton argumentation s’effondre sous le poids de sa propre stérilité.

      • Sall244 > Il ya une difference entre pinailler et etre pris pour des c**s.
        Generalement pour que la suspension d’incrédulité fonctionne, faut etre un peu investi dans le film, et donc on avale les couleuvres sans trop poser de questions.
        Ha et aussi, que le film ne reviennent pas sur les regles qu’il etablis lui meme.
        (Petite parenthese: le bonhomme est habitué: ca me rappelle interstellar: ils quittent la planete des vagues avec une petite navette en mode SF tranquille. Rien de mal, je l’accepterais bien volontier mais pour quitter la Terre fallais une fusee type Saturn V alors je me gratte la tete… mais evidemment on sais pourquoi: l’iconographie de la grosse fusee c’est classe, puis ca devient genant pour le script apres…)

        Helas le film est teeellement ennuyeux, que dans une scene d’action d’un ennuis -et d’une confusion- a mourrir on ne trouves guere mieux a faire que de questionner ce qui nous est presenté.
        Or on se dit: la voiture est inversé (cool) mais elle n’est pas passé par le sas, si?
        Admettons elle l’a été. Dans ce cas son petrole devrait inversebrule? pourait-elle inversexplose? Mais elle c’est crashé en temps linaire? Mais, ca n’as aucun sens (litteralement)? Ou alors elle a l’air inversé car son pilote l’est et tout est a l’envers pour lui? Mais si le temps vas a l’envers lui ses mouvement sont a l’endroit et…
        Honnetement: le concept est cool.. mais l’enjeux est nul car, hormis que le conducteur ne nous as pas été montré la premiere fois, on se doutais déja a l’aller que c’etait lui, donc bon. Et c’est pareil partout le film car a chaque fois qu’il y a un gros bonhomme masqué sur lequel le real insiste avec la finesse de Babar dans un magasin de porcelaine on se dit « OH MINCE, on se demande qui ca pourrait etre »
        En gros comme dit la scientifique du debut: cherchez pas a comprendre, ressentez le. Mais si on ressent rien car on a trois platanes en guise d’acteurs principal, on se met a cogiter sur ce qui nous est presenté.

    • @ Alexandre Prod’homme : Tu confirmes avec ton message ce que j’ai écrit plus haut. Il s’agit au mieux de pinaillage, au pire d’un manque de sérieux dans l’analyse.
      Ton exemple d’Interstellar est un bon résumé de ton erreur : le film explique avant l’expédition les raisons d’utiliser une navette et non la fusée pour sa facilité et rapidité pour le manœuvre (au dépens du fioul consommé). SI tu veux tiquer sur des prétendues incohérences, essaye au moins de t’assurer qu’elles existent en premier lieu.
      Pour Tenet, c’est exactement la même erreur. Quand le protagoniste et ses compères (ou ennemis) passent du côté inverse du temps, leur environnement est inversé mais eux fonctionnent comme s’ils étaient en sens normal. Le constat est le même pour les balles et la voiture.
      Ce que le film te montre de manière on ne peut plus claire au bout de 20 minutes. Donc à moins d’être particulièrement rétif à tout procédé narratif s’affranchissant des règles ici bas, cette réserve n’a tout simplement ni queue ni tête et témoigne plutôt d’une mauvaise volonté ou tout bêtement de grosses inattentions.
      Je pense que ces « critiques » aberrantes en disent plus long sur le caractère borné et l’arrogance de leur auteur que sur le film lui-même.

      • Non c’est exactement la meme chose dans l’exemple de interstellar:
        La visite d’une planète non necessaire (depuis l’espace, pour une éspèce capable de visiter un trou de ver au dela de Mars, il est surprenant de ne pas être capable de faire un minimum de télémetrie ou même de video en orbite, avant de gaspiller quelques années pour un A/R) on atterit donc sur une planète, on perd un personnage (!) et de retour dans le vaisseau on aborde a peine le fait que un membre viens de mourrir (sacrifié sur l’autel du scenario).
        Bon.
        Ben effectivement quand on s’enmerde sec, on scrute ce qui nous est (mal) presenté.
        Ha, et oui, tu pointes toi même a un autre furieux defaut de Nolan: tout est expliqué, grosse exposition en dialogue, surement pour éviter que l’on pose la question.
        La navette nous est expliqué? Car il sait que c’est stupide et certains vont tiquer.
        D’ailleurs le difference de gravité/force de marée entre les deux planetes, établis par des personnage en galere et des vagues monumentales (en sus de discussion lourdingues) rend la scene encore plus ubuesque.
        Le truc c’est que, je comprends parfaitement la raison: il y a beaucoup de decision prise pour des raisons visuelles ou de fluidité du scenario, et oui: ce n’est pas un problème.
        Sauf si le film est mauvais et on s’en cogne des persos.
        Pour le coup interstellar avait quand meme de vrai personnages et motivation (MURPHHHHHHHH) a suivre (avec une bonne musique) mais Tenet, les personnages ont l’epaisseur d’un papier a cigarette et c’est la cacophonie et le chaos (entropie!) non-stop. Et la fin est quasi murmuré a l’audience au bout de 20 minutes de film.
        Le reste c’est du « gunfight » et des pirouettes super classe.
        Les balles vous faites bien de le mentionner: quand Protagoniste (sic) commence a pisser le sang, c’est que la balle doit se pré-loger dans son corp pour etre dé-tirer. Donc il a une balle loge dans son corps, cicatrisé depuis le debut? Ouai, c’est casse gueule…
        Encore une fois, j’excuserais plus si le film avait un debut d’écriture de personnage et pas juste un concept surlequel on a brodé.
        Quand au caractere borné et l’arrogance, vous etes sur un blog sarcastique tres cher, que dire…

      • « Quand au caractere borné et l’arrogance, vous etes sur un blog sarcastique tres cher, que dire… »

        Cette excuse de FAIBLE !
        :D

  25. Honnêtement… L’exercice est difficile (je parle de faire un film sur le voyage dans le temps) et l’exercice est difficile, (je parle de spoiler le film)…
    Mais il y a un mais… Nolan a fait crasher un avion réel… Pour faire cette scène si subliminalement ne servant à rien…
    je vous jure… (c’est sûr l’interbête!!!)
    https://cineday.orange.fr/actu-cine/tenet-christopher-nolan-a-fait-crasher-un-vrai-boeing-747-pendant-le-tournage-CNT000001sMap6.html
    Notez que les commentaires ont été désactivé sur ce sujet…^^ Ce qui en dit très long sur ce qui à pu y être écrit…
    alors un crash, ça ressemble à un avion qui tombe me direz-vous… Par contre, un avion qui va droit dans le mur sur la piste, ça s’appelle un accident de roulage…
    Mais on n’est pas non plus à une contre-indication de méthamphétamine près…^^
    Maintenant, si c’est internet qui le dit, par la bouche de l’acteur… C’est que ça doit être vrai…
    D’ailleurs, c’est forcément vrai ces voyages dans le temps, j’ai lu deux fois un commentaire identique d’une même personne… Sauf qu’il était deux fois à l’endroit… Cela doit être cela, le comique de répétition dont tout le monde me parle…
    Bon, bah maintenant, j’attends le prochain « spoile » (quel anglicisme rigolo…) d’un film de Nolan…
    A noter « Bonne question. Mais je peux vous orienter vers l’éducation nationale : ça fait des années que la grande maison est en marche arrière, elle doit pouvoir vous conseiller. ». C’est si facile de se moquer…J’ai failli me faire pipi dessus… ;-)
    et « On va t’avoir, sale ruskov ! Trotskiste ! Communiste ! Usul !  » final en apothéose!!! J’avoue :-p J’ai le Jeu de plateau de 1993 planté sur une étagère de mon bureau!!! Excellent!!!

    • remarquez ça s’est fait en pré covid. Si le film était tourné en post covid il pourrait carrément crasher des dizaines d’A380 pour le même prix…
      Toujours est-il que c’est ridicule si c’est pour le rendu, car dans cette scène on commence par jeter des lingots d’or par l’arrière, et c’est comme toujours au cinéma mal fait, les lingots d’or ça ne ressemble pas à ça et ça ne se déplace pas ainsi. Un volume de 1L d’or 24 carats ça pèse 20kg environ, leurs barres elles doivent peser dans les 30kg chaque. Les vrais lingots sont beaucoup plus petits, et de telles barres d’or ne se déplacent pas comme ils le font comme si elles étaient en bois aggloméré ou en polystyrène, ce qu’elles étaient sûrement pendant le tournage. Et le rebond sur le tarmac…
      On notera d’ailleurs que quand le même qui a piqué un lingot se fait punir sur le yacht, le lingot a changé de taille. Et je n’ai toujours pas compris ce qu’il fout là. Mais comme le film est si incohérent, pas la peine de chercher une explication comme si tout était bien ficelé.

      • Un coup de poing dans la réalité ça peut tuer un homme, et je parle même pas d’un coup de clef anglaise sur le crâne, au cinéma non. Si on va par là, tout est incohérences et rien n’est valable. Je serais curieux de voir l’odieux connard écrire un scénario (pas pour la critique, (fais ça si tu es meilleur), non juste pour voir si il serait capable d’appliquer ses grands préceptes pour au final accoucher d’un film français imbitable, ou pas.

      • ça c’est lié à la tolérance culturelle qu’on peut avoir en fonction de l’époque. Les robots en plastique et décors en carton pâte ça passait bien à une époque pour les trucages et ensuite les gens étaient plus exigeants voulaient des choses plus réalistes. Surtout quand un film se veut sérieux et pas parodique. Il y a une tripotée de mythe hollywoodien (voir Mythbuster par exemple) que les gens acceptaient mais n’acceptent plus, comme la baffe qui assomme, l’essence qui s’enflamme en jettant une alumette, la voiture qui explose à la première balle qui touche, le mec qui meurt instantanément dès qu’il est touché par une balle n’importe où…
        Nolan nous en a sorti plusieurs justement, entre le gaz pour endormir tout le monde (qui fait clairement référence au théâtre de Moscou en 2002 https://fr.wikipedia.org/wiki/Prise_d%27otages_du_th%C3%A9%C3%A2tre_de_Moscou ), la flaque d’essence qui prend feu avec un briquet, le saut à l’élastique pour monter sans se cracher contre la paroi (c’est truqué numériquement d’ailleurs et assez mal fait), le brouillage des communications lors du casse mais qui laisse passer le signal pour dire que le camion avance…
        Bref ça la fout assez mal quand même pour un truc qui se prend autant au sérieux.

    • « Honnêtement… L’exercice est difficile (je parle de faire un film sur le voyage dans le temps) et l’exercice est difficile, (je parle de spoiler le film) »…lis « les voies d’Anubis » tu verras ce que c’est quelqu’un qui maitrise le sujet

    • S’il est avéré, le coup de l’avion « crashé » pour de vrai serait étrangement paradoxal. Pourquoi ? On a un film qui en gros, tente de nous expliquer que polluer, c’est pas gentil pour les générations futures.

      Du coup, au lieu de faire un petit effet spécial qui aurait couté quelques grammes de CO2 en consommation électrique de l’ordinateur qui aurait fait les calculs, on pulvérise un appareil de plusieurs dizaines de tonnes, sans parler des flammes …
      Bref, « fais ce que je dis, mais pas ce que je fais », version grand doigt levé très très haut de plusieurs millions.

  26. Au ciné j’ai commencé à tiquer quand ils prennent la peine de préciser l’isotope du plutonium (en VO en tout cas c’est du Pu, pas de l’U) issue d’une bombe en disant bien que c’est du Pu241 alors que c’est le Pu239 l’atome utilisé dans les armes nuc. Bref, les films qui vous prennent de haut en faisant les malins mais qui se plantent complètement sans prendre 20s pour vérifier leur truc…

    • c’est pareil en VF, c’est plutonium 241.
      C’est d’autant plus con que le plutonium 241 se décompose plus vite, ce qui risque d’initier la réaction de fission dans la tête nucléaire sans le vouloir, et ensuite si ça n’a pas lieu il se transforme en un autre produit qui est neutrophage et donc empêche la réaction quand on la déclenche. Donc c’est carrément le plus à éviter dans une arme nucléaire. Et pour finir comme sa demi période de vie est d’une quinzaine d’années, il n’atteindra même pas le futur où vivent « les méchants » pour qu’ils y placent les documents / algorithme.
      De plus le plutonium a une masse volumique en gros identique à celle de l’or, donc la remarque sur les lingots d’or d’un de mes messages au dessus s’applique aussi au plutonium, quand Sator ouvre la mallette contenant le plutonium quand il est jeune, sous le papier lui parlant du futur, il y a des lingots de plutonium plein la mallette, mais un tel volume est impossible. Pour rappel il faut seulement 10kg de plutonium pour atteindre la masse critique, ce qui fait donc quand il est pur un volume de 0.5L seulement, ce qui représente une boule de 5cm de rayon soit en gros une boule pour le lancer de poids en athlétisme.

      • Un coup de poing dans la réalité ça peut tuer un homme, et je parle même pas d’un coup de clef anglaise sur le crâne, au cinéma non. Si on va par là, tout est incohérences et rien n’est valable. Je serais curieux de voir l’odieux connard écrire un scénario (pas pour la critique, (fais ça si tu es meilleur), non juste pour voir si il serait capable d’appliquer ses grands préceptes pour au final accoucher d’un film français imbitable, ou pas.

      • Oui mais alors on ne précise pas, on dit « une arme nucléaire » « un matériau pour une bombe ». Si on introduit des détails, les détails doivent être vrais ou suffisamment interprétables pour dans le doute être vrais.

  27. La véritable torture c’est d’appeler un pain au chocolat chocolatine….

    Monstre, vous ne respectez donc rien ?

  28. Scuzez moi d intervenir deja (je n en suit qu au moment ou Jack Yhemitchell (je prefere :) escalade la maison du traficant d armes ) y a un truc que je craint de comprendre..
    On est bien en train de parler de balles qui « reviennent dans le canon quand on les tire », comme dans
     » nan mais en fait ces balles, il faut qu elle soit deja dans la victime pour pouvoir s en servir..Si la balle ne s est pas formee d elle meme a l adolescence, la victime est nee avec ca dans le corps en attendant qu elles puissent en surgir pour revenir dans le canon le jour ou on les bute.. »
    c est bien ca?

    Je me demande si c est pas le truc le plus conceptuellement naze que je connaise.. bien au dela de requins dans une tornade

    • « Si la balle ne s est pas formee d elle meme a l adolescence, la victime est nee avec ca dans le corps en attendant qu elles puissent en surgir pour revenir dans le canon le jour ou on les bute.. »
      c est bien ca? »
      Oui c’est ça. D’ailleurs on le voit à un moment, dans le conteneur qui les ramène au port franc en étant inversé, le fils de Denzel se met à avoir une marque puis pisser le sang sans raison, pour de plus en plus pisser le sang jusqu’à ce qu’une balle sorte de lui.

  29. « Je commence à croire que le script aussi a été écrit en sens inverse : d’abord, les scènes que l’on a envie de faire, puis une vague explication sur un coin de table pour expliquer le pourquoi du comment. »
    En fait, ça fait des année que les films d’action sont fait comme ça. C’est Albert Broccoli qui l’a expliqué pour les James Bond : on cherche d’abord des scènes spectaculaires qui changent du film précédent, PUIS on conçoit un scénario qui les relie.
    Tout dépend ensuite du niveau de qui écrit le scénario de liaison, et quelle importance on lui donne.

    • Pour les autres je ne sais pas, mais pour « Paprika », je confirme. Après, entre ladite oeuvre et Inception, y’a quand même de sacrés différences, même si l’inspiration se ressent un peu quand même. Et je dis ça alors que je « kiffe pas le boule de Nolan », comme disaient les jeunes.

      • Oui il y a des differences, helas, pas en mieux. Le monde des reves de Nolan, est super aseptisé, élegant, sans truc tordu et un peu perturbé et tout publique (au contraire de paprika qui parle de sexualité, perversion, psychose..) et qui laisse place a des sequences de « gunfight »… Pas un mauvais film, mieux que Tenet (amen) mais pas a la hauteur des ambitions affiché sur la boite. Meme la BD de Picsou ou les Raptou entre dans ses reves pour voler la combinaison du coffre fort (sisi. Et sortie avant.) est plus interessante je trouve.

  30. Bonjour,

    Dites, dernièrement, j’ai regardé les deux saisons de Umbrella Academy.
    Vous devriez adorer : des supers-héros, des voyages temporels, des lézards extra-terrestres, des singes savants…

    Que du bon !

  31. Nan, ça marche pas Kévin-Enzo de Limoges touché par le message, on est pas trop concerné par le trop plein de pollution nous, une demi-heure de route et on est déjà perdu en pleine Creuse.

  32. Pingback: « Tenet » : Quand soudain, c’est le drame : Nolan craque ! – C'est pour ma culture·

  33. Je découvre ce blog via un commentaire d un site sulfureux
    J ai vu le film hier soir, je suis un grand fan de Nolan et attendait avec impatience le film car en plus la BA était cool.
    J ai failli m endormir
    Énorme déception
    Quel gâchis.

  34. Bonjour,
    Je fais partie du public naïf et j’ai adoré ce film . Cela dit j’ai aussi adoré votre critique, cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri 😂😂😂. Et vous ne parlez pas du fait que Max c’est sans doute Neil, ou le contraire 😉.
    Jolie nuit à vous ,
    Nathalie

  35. Ha j’oubliais…. Je suis entièrement d’accord avec vous sur le fait que « Jackie » a le jeu d’acteur d’une moule. 😄😄😄

    • Le fait que le héros soit noir ne joue pas du tout dans l’appréciation que vous faites de son jeu j’imagine…

      • @ Violator > C’est vous qui faites un sous-entendu raciste, là, pour le coup ! En quoi jeu d’acteur de moule et couleur de peau seraient reliés ?

      • Excellent, toujours plus loins dans la bétise. Donc être noir fait de vous de facto un bon acteur? Ou me pas aimer les performances de moules fait de vous un raciste. Quel veulerie. On comprend maintenant la finesse d’analyse de Violator et ses goûts cinematographique.
        Ejiofor > Bon acteur
        Washington > Mauvais acteur
        Simple

  36. « Je commence à croire que le script aussi a été écrit en sens inverse : d’abord, les scènes que l’on a envie de faire, puis une vague explication sur un coin de table pour expliquer le pourquoi du comment. »
    J’ai tendance à penser que c’est le cas pour l’ensemble des blockbusters récents…

  37. Je l’ai revu deux hier et cela reste un très bon film qui en met plein la vue, retournes le cerveau et a mis définitivement un coup de vieux aux films d’espionnages façon Mission Impossible ou James Bond dont il est l’héritier moderne.
    La plupart des incohérences que vous soulignez sans en fait expliquées dans le film, même si on a pas trop le temps de saisir la première fois. Il y a des défauts certes, mais pas invalidante à ce point, c’est pas Dunkirk.
    Ne pas aller voir ce film après cette critique, c’est comme lire Philippe Manœuvre chier sur Blade Runner et passer pour un con le reste de sa vie.

    • Pour le coup, j’ai regardé Blade Runner il y a quelques temps et ça m’a vraiment déplu au plus haut point. Lire Philippe Manœuvre aurait peut-être pu m’éviter ça.
      Après, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas et personne n’a la vérité entre partisans du chef d’œuvre et partisans de la bouse.
      Je me suis bien marrée en lisant ce spoiler et ça m’évitera de perdre du temps pour un film auquel je n’aurais probablement pas accroché alors qu’il y a bien plus d’heures de films que d’heures de temps libre et bien des façons de se retourner agréablement le cerveau (jeux de plateau « à l’allemande », escape-games, casse-têtes en tout genre, essayer de comprendre la logique d’enfants en bas âge…).
      Si on passe pour un con juste parce qu’on n’a pas vu le dernier film à la mode, c’est malheureux. On est tous le con de quelqu’un, certes, mais là le motif est quand même vachement futile :)

      • +100. J’ai déjà vu Blade Runner et je pense qu’il est intéressant, mais je comprends aussi qu’on ne l’aime pas, pour bcp de raisons.

        Et oui, dire « tu est une merde parce que tu n’aime pas le film que MOA j’aime », c’est vraiment trés, TRES, con…

        Et ajouter « oui mais c’est à la mode » ne fait qu’aggraver son cas.

  38. Un jour, il y aura l’avènement de l’intelligence artificielle. Et alors, tous les mauvais films seront révélés à la surface de la Terre.
    Plus de biais cognitifs ! Plus de gens qui se la joueront intelligents en mode « Vous n’avez pas compris » ou « Wesh gros, t’as pas les codes » ! Ou peut-être pas. Car il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Ces gens-là affirmeront sans doute qu’ils sont plus malins que l’IA…
    Mais on a bien fini par admettre collectivement que l’univers ne tourne pas autour de la Terre. L’espoir reste permis :-)

    • Pas fou non ? xD Les IAs sortiront avec un module « biais cognitif » destiné à te faire croire que les daubes c’est super, et que tu n’as rien compris.

      Enfin, sauf celles qui auront une pensée vraiment indépendante, et en déduiront donc, fort logiquement, qu’il vaut mieux détruire l’humanité sans prendre la peine de lui ouvrir les yeux.

  39. J’ai vu la bande annonce il y a quelques semaines. Avec en premier, « par le réalisateur de : La Trilogie Dark Knight, Inception, Interstellar, Dunkerque ». Avec l’effet visuel des lettres qui s’écrasent sur votre écran.

    Personnellement, j’ai pris ça comme une menace, voire une insulte donc je n’ai pas cherché à en savoir plus.

  40. Du coup, comme d’habitude, c’est tellement long à lire qu’on dirait un film raté de Nolan ! Et comme dans un film raté de Nolan, on ne parvient pas à s’arrêter avant la fin! Merci!

  41. Pingback: Bikini T'es get ? | Enigmesghisdiem·

  42. Consternant ces commentaires de mecs qui n’accompliront jamais le milliardième de ce qu’a fait Nolan.
    C’est sûrement plus confortable de chier sur un film que l’on n’a pas compris (ou que l’on n’a même pas vu, pour les moutons) plutôt que d’admettre que son intellect n’est pas à la hauteur.
    Apprécier Tenet à sa juste valeur nécessite un QI supérieur à 90, ce qui semble rare sur ce site.

    • Je suis dechiré. Et si <> était … sérieux? Et qu’il était convaincu que les docteurs, chercheurs, pompiers, journalistes et autre simple mortels d’un QI inferieur a 90 (sic) n’accompliront jamais « le milliardième » de ce qu’a fait sa seigneurerie Nolan?
      Fichtre.
      Nous sommes decouvert: notre fainéantise nous empêche de humblement nous prosterner. C’est trop d’efforts, Alors que chier sur ce monument du 7e Art c’est à-peu-près aussi confortable que de faire des commentaires moisis de petit troll. Tiens va voir Nolan <>, et donne la pa-patte pour le su-sucre. Et si tu te cherches une colonne vertébrale pour te tenir droit, remonte le temps? Peut être t’en avait une dans le passé?

      • Non non je ne parlais pas des « chercheurs, pompiers, journalistes… », je parlais des raclures de bidet dans ton genre qui ne sortent les couilles de l’OC de leur bouche que pour répéter aveuglément ce qu’il leur dit de penser.
        Maintenant va lui redonner ton cul et n’essaie pas d’être drôle, tu ne sais pas faire.

      • Oh non! Non seulement il est serieux mais il est vulgaire avec ceci.
        Mais pourquoi perd tu ton temps, Ô etre superieur du haut de tes 90 de QI (ce qui te fait rentrer dans la moyenne basse, mais passons) a déblatérer avec les raclures de bidet? Serait tu… un balais a chiotte?

      • Alexandre : moi je n’ai aucune hésitation. Violator est clairement dans le schéma du « aha ! je vais troller en insultant l’OC et ceux qui partagent son avis, que cela soit par panurgisme ou libre arbitre, et utiliser un vocabulaire proche du caca-prout tout en insinuant que ce sont des crétins et que je suis un génie extrafabuleux ! »

        Violator : votre petit discours qui se veut antisubversif est vu et revu par ici. Encore auriez vous tenu des propos de qualité, soit, cela aurait pu être distrayant. Mais visiblement, votre idole a déteint sur vous, et tout cela est bien fade, quoique se voulant astucieux. Soyez heureux : dites vous que vous avez atteint le niveau de Nolan (et non, de ma part ce n’est pas un compliment).

      • Ouai les propos de qualité on repassera. Pauvre Violator, faut-il avoir 12 ans d’âge mental ou être un gros beauf pour défendre un réalisateur et être échauffé comme ca par la critique hahaha. Après on grandit et on comprend que les gout et les couleurs, c’est personnel, ou bien que la satire n’est pas un crime de lèse majesté. Que la violence, même verbale et/ou écrite, est le dernier refuge des faibles.

      • Faudrait commencer par faire l’équivalent de memento avec infiniment moins de budget avant de réclamer cette somme et de prétendre faire mieux que Tenet.
        Que je sache t’y es pas encore.

      • On parle de Tenet là. Pas d’autre chose. Est ce trop dur de vous concentrer sur un propos pendant plus de quelques instants ? C’est peut être ça votre diagnostic : hyperactif.
        Mais je suis gentil : allez, je me contenterai des 9 millions.

      • Continue de me vouvoyer, c’est bien.
        Malgré tes prétentions boursouflées ça montre qu’inconsciemment au moins tu sais où est ta place.

      • Ah mais je sais parfaitement où est ma place : avec les gens polis et bien élevés.

        Bon, c’est tout ce que vous avez trouvé ? Un vulgaire « t’as détourné les yeux, je suis le plus fort ! », comme dans une cour de récréation ?
        Non parce que si vous voulez être considéré comme troll d’intérêt, va falloir un peu mieux mon jeune ami.

      • @ Kwiskas
        J’aime bien vos messages, toujours intelligents et surtout sans méchanceté gratuite, merci :)

  43. Hello. J’ai pris du plaisir à lire ce blog et les divers commentaires.; Je ne peux pas dire la même chose pour ce qui a été la longue épreuve que de regarder durant 2h30 ce film qui pour moi n’avait pas de sens.
    Un point. Je me trompe où Katherine du temps non inversé aurait du voir la Katerine inversée remonter de l’eau (plongeon inversé?) Et comment la Katherine inversée pouvait tranquille se ballader sans masque pour tromper Sator sur le Yatch? A la fin je débranchais mon cerveau c’etait vraiment tout-est-bon pour justifier des scènes sans cohérence.. Je suis scié que certaines personnes y voient un pur chef d’oeuvre d’une maestria sans égal.. Bon tant mieux pour Nolan.. il aura du crédit pour recommencer…

    • La Katherine qui tue Sator n’est pas inversée. Elle a été inversée pour remonter le temps puis est retournée dans le tourniquer pour reprendre un flux temporel normal. Tout comme le sator qu’elle tue.

      Sinon, une petite erreur sur le spoil. Il est dit qu’on ne doit pas toucher son double temporel pour éviter la désintégration. les 2 michel qui se battent dans l’entrpot ne se touchent pas, l’un d’eux étant protégé par sa combnaison.

  44. Ah, vous avez oublié de mentionner que Katherine fait glisser le corps de son mari sur de la crème solaire pour le dégager du yacht.
    Et à quel point les gens qui courent en arrière ont l’air ridicules.
    Bon franchement je suis rassurée, je pensais être conne et n’avoir rien compris, mais force est de constater que je cherchais trop à comprendre. Et puis, à force de lire vos spoilers, je vois plus facilement les failles du scénario.

  45. Et encore, on peut pousser le paradoxe du grand père encore plus loin !! si un homme revient dans le passé, et tue son grand père, du coup, il disparait, du coup, il n’existe pas dans le futur, du coup, il ne peut pas revenir dans le passé tuer son grand père, du coup le grand père est vivant etc etc

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.