1870 : Jusqu’à la dernière cartouche !

En cette période de confinement, c’est l’occasion de se cultiver.

Aussi, pour pallier les cours de vos bambins – et les occuper un peu avant qu’ils ne deviennent berserks et ne détruisent la moitié de la maison en poussant des cris porcins – laissez-moi vous proposer une brève révision d’un passage de la guerre de 1870, qui est rarement celle que l’on maîtrise le plus. L’histoire, cela tombe bien, de comment 60 larrons se sont retrouvés eux aussi confinés dans la même maison, face à la menace du Bavaroivirus.

Et qui vous permettra de briller en soirée lorsque des jours meilleurs seront revenus, sitôt qu’un convive évoquera les Marines américains.

Bon visionnage, et bon confinement.

 

 

27 réponses à “1870 : Jusqu’à la dernière cartouche !

  1. Ton jeu de mots sur « bigor noooo » est pas si pourri que ça puisqu’apparemment ça viendrait justement de bigorneau ! J’imagine que tu le savais :) Pour ma part, je suis en chômage technique pour cinq semaines, de quoi écrire un nouveau roman, et regarder toutes tes vidéos même pas en cachette !

  2. Encore un PTdO tout dégoulinant de mauvaise foi de l’O.C.
    Notons que, contrairement à ce qu’il est suggéré, c’est bien la France qui, sous un prétexte ridicule, déclare la guerre à la Prusse.
    Les « Marsoins » étaient des soldats d’élite ; les Bavarois, des conscrits
    (et j’aurais aimé voir, côté allemand, des uniformes bavarois au lieu de prussiens).
    Les pertes côté Bavarois me semblent très exagérées (sources ? Wikipedia ?).
    On aurait aussi pu dire un mot des crimes de guerre des Bavarois envers les civils, suite à la présence de certains d’entre eux aux côtés des Marsoins. Mais bon, c’est moins drôle.
    Enfin, Bazeilles est l’arbre héroïque qui cache la forêt lamentable de la guerre de 1870, en particulier la boucherie de Sedan.

    • Sans prendre la défense de Napoléon 3 qui ne le mérite pas, il faut se souvenir que Bismarck voulait démonter du français pour asseoir la puissance impériale prussienne, ce dès la Guerre de Sécession des USA – Bibi anticipant à tort que la France rejoindrait les confédérés, se tenait prêt à s’allier aux nordistes. De plus, on se souviendra de la dépêche d’Ems qui provoqua l’Empire français, le poussa à déclarer la guerre à l’Empire allemand. Donc les pointus, ils ont plus qu’un peu cherché des crosses.
      On se souviendra aussi de la série d’Extra History sur Bismarck, qui est à la hauteur du phénix des hôtes de ces bois.

      • Il faut remonter un peu avant, quand la France a exigé la garantie humiliante « qu’aucun autre prince de la maison Hohenzollern ne prétendrait jamais plus au trône d’Espagne ». D’où la dépêche d’Ems qui aurait pu être démentie, mais qui ne l’a pas été.
        Oui, Bismarck voulait la guerre, mais Napoléon III la voulait aussi.

      • Napoléon III (pourquoi ne mérite-t-il pas que l’on rétablisse la vérité à son sujet ? L’Histoire n’est pas là pour distribuer les bons et les mauvais points) a été contraint à la guerre — voulue de longue date par Bismarck — par l’opinion publique, ses opposants et nombre de ses proches (dont l’impératrice). Il ne la voulait pas, et connaissait l’état d’impréparation de ses troupes (affaiblies notamment par les faibles crédits accordés par les parlementaires). Il est facile aujourd’hui de moquer sa décision, mais ne pas céder devant l’opinion apparaissait alors plus désastreux que de se lancer dans un conflit, aussi hasardeux fût-il.

      • @ Michel Ravanelli:
        Humiliante, humiliante… n’est-ce point la simple volonté de faire respecter un souverainisme avant l’heure ? :] (je blague: je ne connais que peu cette époque. J’imagine que la condition de ne plus jamais prétendre au trône d’espagne impliquait de que cette prétention soit exclusivement réservée aux « élites » de la france, non ?)

        Au final, la défaite de cette guerre de 1870, c’était dû à quoi précisément ?

        Le résumé que j’avais vaguement lu un jour décrétait en gros que c’était lié à une trahison (la reddition de Metz sur ordre de je-ne-sais-plus-qui, et encore si j’me souviens bien), et que toute cette guerre n’a été déclenchée que par une ruse de Bismarck qui avait voulu, disons, « faire un Garibaldi » en réunifiant ce qui deviendrait l’allemagne à l’époque constituée de cités-état ou de… « régions-état », en manipulant un consanguin de la famille napoléon (grande famille de consanguins eux-mêmes, vu l’obsession des cultures insulaires du Sud pour l’endogamie :] -petite boule puante absolument gratuite, pour le plaisir :) ) pour l’amener à lui déclarer une guerre (à Bismarck) qu’il (Bismarck, donc) était sûr de gagner dés le départ… vrai, faux ?

        Par contre, l’Odieux aurait pu évoquer un aspect intéressant qui révèle bien la mentalité de l’époque: les paroles des chansons post-1870… la pire de toutes étant celle racontant la fiction (et exhortant, donc) d’une nourrice fraônçaîse refusant de nourrir au sein un bébé affamé et dénutri qu’on lui présente, juste parce qu’il est « allemand ».
        L’esprit revanchard nationaliste jusqu’à créer « l’exemple » (à travers cette chanson) de punir un bébé juste parce qu’il est né du mauvais côté de la frontière… édifiant sur le niveau de connerie ambiante de l’époque.

        Question aux spécialistes: ils avaient des uniformes colorés ou ternes, les troupes germaines engagées dans le conflit ? Et les tuniques de la Force Bleue, c’était un indigo vif ou un truc atténué ?
        (« Marsouins », « c’est assez »… il a fallu quelques secondes pour le comprendre… joli :D )

        @ Wilhelm:
        L’Histoire distribuant les bons et mauvais points, c’est l’éternelle instrumentalisation de l’Histoire à desseins idéologiques… je m’en scandalise tout autant que vous.

        … Et, donc, je partage votre cri :) (cri, Wilhelm… humour)

        En aParté: Pour Participer à l’éPidémie Persistante et Parodier ce Pitoyable ou
        Pathétique éPisode de Panique PerPétuelle Pour une esPèce de griPPe à Peine Plus Piquante, je n’Peux Pas m’emPêcher de PerPétrer l’acte d’exPoser le Plus de Personnes Possibles à des Postillons Potentiellement et Possiblement Peut-être Porteurs de cette Peste Perturbante: Paniquez ! Paniquez ! PANIQUEZ !!!

        À tous ceux qui avez lu ceci, C’EST TROP TARD : VOUS ALLEZ TOUS MOURIIIR !!! MOUHA-HA-HA-HA-HA-HA-HA-HAAAAH !!!

        GLOIRE A GRAND-PÈRE NURGLE !!!

        GLOIRE A GRAND-PÈRE NURGLE !!!

        GLOIRE A GRAND-PÈRE NURGLE !!!

        (pas pu m’empêcher: ça détend, même si ça a nécessité un petit effort, cette allitération :] )

      • Argh… « à tous ceux qui avez »…. c’était évidemment « à tous ceux qui ONT ».

        Voilà qui m’apprendra à faire des modifications de dernière minute sans relire la phrase entière…

        N’empêche, vous êtes désormais tous contaminés. Gniar-ha-ha-ha-ha-haaa…

      • @Yves Damké, auriez vous les paroles de cette chanson dont vous parlez s’il vous plaît ? Cela m’intrigue. Merci beaucoup.

      • @ Meve:

        Après recherche j’ai retrouvé le nom: le titre de cette chanson est « Le Fils de l’Allemand », créée en 1882 par la chanteuse Marie Thérèse Victoria Adélaïde Abbiate, alias Thérèse Amiati ou « Amiati », ce qui est bin plus court, paroles de Gaston Villemer et Lucien Delormel, musique de Paul Blétry.

        Paroles

        Près de la nouvelle frontière
        Un officier s’est arrêté
        À la porte d’une chaumière
        Il frappe avec anxiété
        Une femme dont la mamelle
        Allaite un gentil chérubin
        Ouvre en demandant : Qui m’appelle ?
        Et voit l’uniforme prussien

        Refrain
        Femme, dit l’officier, écoute ma prière
        Pour lui donner ton lait je t’apporte un enfant
        Dis-moi si tu consens à lui servir de mère
        Moi je suis un soldat du pays allemand

        Ce fils sur la terre Lorraine
        M’est né d’hier et sans compter
        Je paierais tes soins et ta peine
        Vois, sa figure est rose et blonde
        Tu peux le sauver du trépas
        Sa mère en le mettant au monde
        Vient de mourir entre mes bras.

        J’avais un fils, dit la Lorraine,
        Blond chérubin comme le tien
        Mon homme et moi tenions la plaine
        Devant un régiment prussien
        Quand tes soldats saouls de carnage
        Mirent le feu dans mon hameau
        Et sans pitié pour son jeune âge
        Tuèrent l’enfant dans son berceau

        Refrain
        Va passe ton chemin, ma mamelle est française
        N’entre pas sous mon toit, emporte ton enfant
        Mes garçons chanteront plus tard la Marseillaise
        Je ne vends pas mon lait au fils d’un Allemand.

        Parmi les résultats de recherche, il y a même ceci:

        Le fils de l’allemand – YouTube

        Le pire est que le ton de la musique est presque joyeux, ou guilleret… O_O

        Bien que, vu les légères différences avec le texte écrit, c’est peut-être une adaptation, donc pas la musique d’origine… mais ça ne change rien: la nourrice « lorraine » qui montre combien sa fidélité à la fraônce éternelle-euh est restée intacte malgré le discours irrédentiste de l’allemagne-prusse-whatever how they call it these days, en déclarant donc « je laisserais ce bébé mourir, par patriotisme », oh quelle belle chanson, oh que nobles sentiments !

        D’ailleurs, la phrase « ma mamelle est française » du dernier refrain mérite le titre absolu, éternel et indépassable de Plus Grand Moment de Connerie Universel de Toute l’Histoire: ainsi donc, une partie du corps humain possède une nationalité, grande nouvelle.

        *facepalm à se faire un hématome cérébral*

        Ce qui, en passant, ouvre de grandes interrogations philosophiques si on couple le tout aux obsessions communautaristes à la mode actuellement, à savoir les questions « d’identification multi-genrées anamorphosées prophylactiques auto-rechargeables à polymères tri-phasés »:

        – Est-ce que ma couille droite est fraônçaîse ?

        – Si oui, que faire si la gauche se définit comme proto-celtique alors que mon pénis s’estime japonais ?

        – Et mon pénis, peut-il se sentir spartiate au repos mais s’identifier comme femme yanomami en érection ?

        Je m’sens… comme une bamba triste, tout d’un coup… :]

      • Atombrecher : moi je n’hésite pas à défendre Napoléon 3. Bien sûr, tout n’est pas rose, mais loin d’être la légende noire qu’en a fait le roman national de la 3e république (essentiellement pour se légitimer).
        Sur le plan politique : si la 1ere partie du 2e empire a été effectivement très autoritaire, la 2e a marqué une ouverture non négligeable (liberté de la presse, début du syndicalisme, droits de réunion), qui aurait pu aboutir à quelque chose d’approchant la monarchie anglaise.
        Sur le plan diplomatique : il a sorti la France de son isolement, a été pendant un temps « l’arbitre de l’Europe », a contribué à l’unification italienne (même si c’était loin d’être parfait, je vais pas entrer dans les détails).
        Sur le plan militaire : très mitigé, de beaux succès (Crimée, Italie), et de magistraux échecs (Mexique, et bien sûr la guerre de 1870 …)
        Sur les plans économiques et technologiques par contre, c’est une période très faste pour la France. Correspondant certes à un quart de siècle de prospérité internationale, mais quand même. Sur un plan social, moins, mais quand même un peu.

        Michel Ravanelli : la garantie demandée par la France pour le trône d’Espagne avait surtout pour but d’empêcher d’en revenir à une situation similaire à l’encerclement des Hasbourg, qui avait largement marqué l’histoire de France. Légitime ou pas ? C’est une autre affaire. Mais humiliante, décidément non : la demande a été faite de façon diplomatique, et d’ailleurs acceptée par la Prusse. C’est bien la dépêche d’Ems qui a été humiliante, et à dessein. Après, Napoléon 3 ne voulait pas de la guerre, c’est l’opinion publique excitée par la fierté nationale (et là dessus, oui c’est un motif de honte pour nous ^^) qui a poussé à la déclaration de guerre (mais il est vrai que c’est la France qui a déclaré la guerre). Bismarck ne s’est jamais caché de ses intentions belliqueuses, on a juste été trop cons pour pas tomber dans le panneau. Voilà, je pense qu’avec tous les messages les faits sont à peu près rétablis.

  3. Si mes souvenirs sont encore bons, la maison en question est la maison Bourgerie, et l’officier qui commandait cette « petite troupe » est le commandant Lambert.
    Colonialement votre……
    Et surtout vous êtes tout à fait excusé pour le calembour. Continuez

  4. Aaaaah !!!

    Merci, cher Odieux Connard !

    Je n’ai pas encore vu la vidéo, mais le Marsouin que je suis se réjouis à la perspective de voir Bazeilles enfin mentionné.

    Et au nom de Dieu, etc. (non, ce n’est pas très politiquement correct, je sais… ;-) )

  5. Pour rebondir un peu sur des messages ci dessus, l’armée française de 1870 n’avait pas que des défauts, et Bazeilles n’a pas été l’unique arbre.
    Dans les points forts :
    – un très bon armement individuel (fusil Chassepot)
    – des officiers de rang très compétents et des soldats généralement courageux (Bazeilles n’est pas le seul exemple)
    – l’équipement en « canons à balles » (ancêtres des mitrailleuses), qui hélas ont été la plupart du temps mal utilisé (en contre batterie, où ils se sont avérés insuffisants ; par contre, la seule fois où ils ont été utilisés contre l’infanterie ça a fait un carton)

    Dans les points faibles :
    – une artillerie nettement inférieure en quantité et qualité (notamment portée inférieure, ce qui a fait que l’artillerie française s’est faite pilonnée plus d’une fois sans pouvoir riposter)
    – un système de conscription et de mobilisation inefficace (d’où une infériorité numérique globale qui n’a pas été négligeable)
    – l’absence d’état major au niveau nationale : chaque armée se dirigeait un peu toute seule … ce qui a provoqué les + grosses erreurs stratégiques (quelqu’un parlait de Metz tout à l’heure, je me rappelle plus des détails mais effectivement, y’a une histoire comme ça, la place forte de Metz aurait pu résister, mais son commandant, à défaut de consignes, a préféré se replier/se rendre, ce qui a ouvert la voie aux Allemands en libérant une bonne partie de leurs troupes)

    • 6 août 1870 : charge héroïque ( et défaite ) des cuirassiers à Reichshoffen . les prussiens s’emparent de l’Alsace .
      18 août 1870 : bataille de Mars la Tour ( un carnage :  » ça tombe comme à Gravelotte  » : chassepots français contre canons sortis des usines Krupp ) l’armée du Rhin ( et Bazaine ) prise au piège dans Metz , repli de l’armée de Bourbaki . la Lorraine tombe à son tour !
      l’alsace Lorraine ( cette région qui n’existe pas , n’est ce pas ? ) …. allemande pour 50 ans .

      • Oui, on est d’accord qu’un fusil, aussi bon soit il, ne fait que peu le poids fasse à un canon ^^ (d’excellente facture de surcroit). Les Anglais l’ont appris à Châtillon (c’était 400 ans plus tôt – et oui, c’était pas des fusils mais des arcs, vous allez pas chipoter que diable !)

    •  » « canons à balles » (ancêtres des mitrailleuses), qui hélas ont été la plupart du temps mal utilisé (en contre batterie, où ils se sont avérés insuffisants ; par contre, la seule fois où ils ont été utilisés contre l’infanterie ça a fait un carton) »

      C’est d’ailleurs assez fascinant de voir que l’inventeur lui-même n’a pas compris, pas vu, la fonction de son invention et la meilleure utilisation qu’il fallait en faire… un peu comme si j’inventais un véhicule à roues appelé « voiture » et que j’insistais pour qu’on la fasse strictement rouler sur 2 roues, en décrétant que les deux autres sont là « seulement pour la redondance, j’vous dis !!! ».
      Couplé avec la mentalité militaire reposant sur la force de l’habitude et le conformisme, qui amènent à avoir des réactions proches du syllogisme -les canons d’artillerie sont montés sur affût, donc si une nouvelle arme est montée sur affût elle DOIT être employée comme un canon d’artillerie !- , on assiste là à un formidable gaspillage de potentiel.

      Quand on y pense, le gain en capacité de destruction ou au pire de saturation offert par le canon-à-balles (dont l’autre nom est effectivement « mitrailleuse », après vérification: « mitrailleuse De Reffye », du nom de l’inventeur) comparé au déploiement de fusils à répétition manuelle par l’infanterie était pourtant évident: la saturation et la destruction par criblage, l’humanité connaît depuis les unités de frondeurs de l’Antiquité, et ça figurait déjà dans les livres d’Histoire en 1870… n’importe qui ayant sérieusement étudié la guerre, c’est-à-dire à travers tous les âges, aurait immédiatement compris comment utiliser cette invention au maximum de ses capacités.

      • Tout à fait : mitrailleuse de Reffye était l’autre nom. Elle même inspirée d’ailleurs de la mitrailleuse Montigny, conçue et fabriquée par les Belges. C’était juste pour faire plaisir à nos amis du plat pays, le reste de votre commentaire étant d’une grande justesse.

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