Exodus : Gods, Kings and Drugs

Pour commencer cet article, un bref avertissement.

Si vous êtes égyptologue, fuyez. Archéologue ? Fuyez aussi, même si ce n’est pas votre domaine de prédilection. Historien ? Géographe ? N’en parlons pas. Il en va de même avec les lecteurs de la Bible, puisque comme le veut la tradition de ce blog, ici nous ne parlerons que du film, pas du best-seller dont l’histoire est tirée (mais qui manque un peu de fanfictions érotiques, je trouve). Si vous êtes déjà allés en Egypte, si vous avez déjà aimé une lecture sur l’Egypte, ou même si vous avez déjà entendu parler de l’Egypte, fuyez aussi.

Par contre, si vous n’êtes rien de tout cela, comme par exemple un… heu… disons… un bolet. Voilà, un bolet qui a quitté son sous-bois pour monter à la capitale et réussir sa carrière de chanteur d’opéra, oui, là, vous avez peut-être une chance de trouver ce film correct.

Bref, si vous n’avez pas peur de regarder un film où dès la première scène, les pyramides n’ont rien à faire là (mais c’est comme la tour Eiffel à Paris : dans les films, tout le monde a vue dessus), où les costumes sont plus que discutables et où la géographie est tirée d’une blague à Toto, alors dans ce cas, parlons de Exodus : Gods & Kings. Et voyons si le scénario rattrape l’emballage. Car si dans le plus vil des écrins, on peut trouver le plus beau des présents, on peut quand même aussi y trouver un gros étron fumant.

Alors, vision divine ou onzième plaie d’Egypte ? Spoilons, mes bons !

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L’affiche : notez les petits cailloux qui volent façon « quelque chose vient d’exploser » entre les deux personnages. Sûrement un obus de mortier de l’antiquité. Sinon, le spectateur ne comprendrait pas que c’est la guerre.

Notre film s’ouvre sur des gens en train de se faire fouetter, probablement la meilleure explication quant à la présence de la bande-annonce de Fifty Shades of Grey juste avant le film. Mais ici, point de fétichisme : il s’agit d’esclaves en train de se faire malmener par des contremaîtres égyptiens. Et de brefs écrans noirs nous informent que nous sommes en 1300 avant notre ère, en Egypte, donc, et que cela fait 400 ans que les Hébreux servent de main d’oeuvre à vil prix, puisque ceux-ci ne sont que très peu syndiqués et n’ont aucune revendication salariale, faisant d’eux l’allégorie ambulante d’un rêve humide d’Alain Madelin. Cela dit, tous ces pauvres, toute cette poussière… filons mes bons ! Et allons plutôt voir au palais du Pharaon ce qu’il s’y passe.

Que voilà un majestueux endroit ! Des salles immenses, des couloirs sans fin, des servants et des gardes… et tout cela pour Pharaon, qui est dans le cas présent en plein conseil de guerre. Entouré de ses deux fils, Ramsès le 100% maison et Moïse de la DASS (ou de la COTOREP comme nous le verrons), ils abordent les problèmes du moment. Et plus particulièrement un problème bien spécifique,  comme le rapporte un fidèle militaire.

« Pharaon, les nouvelles sont mauvaises.
– Je t’écoute, Jean-Jacques de Thèbes.
– Hé bien voilà : les Hittites sont aux portes.
– Ho ! 
– Hé oui.
– Mais que veulent-ils ?
– Ils craignent qu’on ne veuille les envahir. Ce qui est faux ! Mais pour plus de sécurité, ils campent à la frontière.
– Hmmm… vous voulez dire qu’ils n’ont pas attaqué, sont encore de leur côté de la ligne à ne pas franchir et qu’en plus c’est un malentendu ?
– En effet, Pharaon.
– Alors je propose… qu’on leur bourre la gueule !« 

Mais ? Mais non ! Le film vient juste de commencer, on se calme sur le n’importe quoi ! Enfin ? Pourquoi ne pas juste faire de la diplomatie ? Non : pour Pharaon, qui est pourtant présenté comme juste et sage, c’est déjà trop. Il faut péter du Hittite pour avoir eu l’insolence de s’approcher trop près de la frontière. On a pas dû bien lui expliquer le concept de frontière, aussi appelé « limite à ne pas dépasser« . Ce film commence fort.

« Faites préparer une armée, et dites aux généraux qu’elle sera commandée par Ramsès, secondé par Moïse. 
– Bien, Pharaon.
– Maintenant, faite venir Marguerite la prêtresse pour qu’elle lise le sort de la bataille dans les entrailles de la volaille.« 

Soit : on fait venir Marguerite la prêtresse, qui commence à trancher là-dedans pour savoir si oui ou non, les dieux accorderont la victoire aux Égyptiens s’ils envoient leur armée, ou s’il fera beau demain, puisque Pharaon a une grosse envie de pique-nique.

« Alors, Marguerite ?
– Ben, je sais pas, il fait sombre là-dedans et puis c’est tout dégueulasse.
– Mais, vois-tu quelque chose ?
– Du KFC. Vaguement.
– Très utile. Et sinon ?
– Hmmm… ho ! Attendez ! Ce viscère ! J’y lis plein de choses ! Bon sang, c’est l’équivalent d’un volume de l’Encyclopédie Universalis ! Il y a même une prophétie dessus !
– Les prophéties sont une forme de parasite du poulet, c’est connu, on arrête pas d’en retrouver dedans. Mais, fais péter, Marguerite.
– Hé bien sachez que durant la bataille, un leader sera sauvé, et son sauveur deviendra un leader.« 

Tout le monde échange donc des regards interloqués, surtout Moïse qui hohoho, hahaha, se moque de toutes ces vieilles croyances, des dieux, des traditions et de tout ce qui est religieux. Parce qu’il est comme ça, Moïse, c’est un ouf. Pharaon n’a pas la réponse à la question qu’il a posée, mais il s’en fout, parce que allez hop, on part à la guerre quand même. Comme quoi, ça valait le coup d’attendre la prêtresse pour ne pas avoir de réponse, merci mec. Moi, quand je demande à un type si je dois vendre mes actions Eurotunnel et qu’il me répond « Je vois des promos chez Kiabi« , je lui pète la gueule, je ne le remercie pas. Enfin. Il fait donc offrir deux épées à chacun de ses fils, chacune portant le nom de l’autre, ce qui étonne Ramsès.

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Il fait aussi offrir deux chariots assortis aux couleurs des deux frères. Heureusement qu’aucun d’entre eux n’aime le bleu, pour les chevaux, c’eut été compliqué.

« Vous avez dû inverser les épées, père.
– Pépère toi même. Et ensuite, non : je veux que chacun porte l’épée de l’autre. Deux frères, unis sur un même chemin. Deux être différents, mais pour moi identiques dans mon amour. Ce pourquoi vous… pfrrr… vous êtes… hihihi… sur la même route…
– Ho non, père. Non. Stop.
– La route… hihihi… de même fils !
– Père, nous avions dit plus de calembours ! Vous êtes Pharaon, pas comique.
– Oui, mais j’aurais voulu être un art…
– Stop, on va s’arrêter là. Et vous les musiciens, vous arrêtez tout de suite ce que vous vous apprêtiez à commencer ou je baptise mon épée.
– Mes fils, vous n’êtes vraiment pas rigolos. Mais en tout cas,vous avez raison : des choses sérieuses attendent. Allez donc botter le cul des Hittites. Renvoyez-les chez eux.
– Techniquement, s’ils n’ont pas passé la frontière, ils sont déjà chez eux.
– Oui, mais les Hittites adorent qu’on les renvoie chez eux quand même.
– Hein ?
– Allons : comme chacun sait, Hittite téléphone maison.
– Okay Moïse : on se casse.« 

Pendant que Pharaon retourne lire son intégrale des roucasseries, Ramsès et Moïse partent donc en campagne pour meuler de l’ennemi. En chemin, Ramsès se montre cependant un peu inquiet : si jamais il venait à avoir un problème dans la bataille, il implore Moïse de ne pas venir l’aider. Parce que oui, même si Moïse ne peut pas hériter du trône, car pas héritier de sang, cette prophétie le tend un peu. Mais Moïse le rassure : tout ça, c’est des conneries. Et soit : il ne viendra pas l’aider, et il le laissera crever comme une grosse merde si ça peut lui faire plaisir. Ça, c’est être sympa.

Mais quelques jours plus tard, nous retrouvons les Hittites en train de faire du camping à la frontière. Tentes Quechua et caravanes sont donc de rigueur pour ce fier peuple qui est tellement sur le pied de guerre qu’il ne repère l’armée égyptienne qu’une fois celle-ci arrivée au grand complet à deux-cent mètres de leur campement. On abandonne les barbecues, la pétanque et le pastis pour tirer les épées, mais c’est trop tard pour les Hittites, qui se font maraver le museau malgré de courageux lancers de merguez (dans l’œil, ça pique).

L’important n’est cependant pas là : au cœur de la bataille, devinez ce qu’il se passe ?

Ramsès perd le contrôle de son char dans un virage (un Hittite avait une carapace verte), dérapage, sortie de route, gravier, tonneau et c’est le drame. Mais alors que ses ennemis fondent sur lui, Ramsès voit Moïse venir à son aide et lui sauver le fessier d’une soudaine invasion hittite aussi brutale que multiple bien que conviviale d’après certains. Ramsès est un peu grognon, mais vivant, Moïse triomphal, et la bataille gagnée. Tout le monde peut donc rentrer à la maison pour conter à Pharaon ce beau succès et écouter ses dernières blagues entendues chez Osiris & Chansons.

Mais Pharaon trouve surtout l’attitude de tous ses généraux bizarre depuis leur retour. Aussi demande-t-il à Moïse de venir lui parler.

« Moïse. Dis-moi, me cacherais-tu quelque chose comme mes autres généraux ?
– Meuh non.
– Non mais si, ça se voit !
– Non !
– Allez, arrête !
– Nan mais pourquoi c’est sur moi que ça tombe ? Les autres aussi ils cachent des trucs, et eux, on ne les emmerde pas ! C’est parce que j’ai un nom ju… 
– Oui ?
– Heu, non. Rien. 
– Et au sujet du petit secret que vous me cachez ?
– Soit. Pour tout vous dire, Père, durant la bataille, la prophétie s’est réalisée. Je l’ai réalisée. J’ai sauvé mon frère l’héritier du trône.
– Tu as sauvé Ramsès ? Hmmm, intéressant. Mais prophétie ou non, tu ne peux pas devenir le patron de l’Egypte à sa place, tu n’es pas de mon sang. Même si je dois avouer que j’aurais préféré que tu sois mon véritable fils !
– Hooo, papounet. On fait câlin ?
– On fait câlin.« 

Et on se fait des papouilles, parce que c’est beau. Si beau. Chaton, caca, arc-en-ciel, tout ça.

Mais Ramsès lui, continue de décevoir son père, parce que c’est un bad guy. Par exemple, lorsque les scribes racontent la bataille, Ramsès appuie pour qu’ils disent bien qu’il s’est tiré seul du mauvais pas dans lequel il était. Pharaon insiste bien façon « Tu es sûûûûr que ça s’est passé comme ça, hmmm ? » et Ramsès de salir un peu son royal slip, mais d’assurer que si si, hohoho, parce qu’à aucun moment il n’a failli découvrir l’amour sous la forme de 15 Hittites musclés en pagnes qui fondaient sur lui. Déception pharaonique, donc. Cependant, une autre affaire arrive bientôt au palais : au Sud, l’un des vice-rois du pays signale qu’il a du mal à tenir ses esclaves juifs. Pharaon propose donc à Ramsès d’y aller pour voir de quoi il retourne, mais Ramsès rechigne, parce que ouais, ho, c’est pas un boulot pour moi, file ça à un larbin, vazy, tarba. Mais Pharaon insiste : dis-donc Ramsès, tu y vas ou tu files dans ta chambre ! Ramsès grommelle donc tout le restant de la journée…

Le soir-même, Moïse va trouver Ramsès, qui fait du boudin dans sa salle aux serpent.

Pardon ? Oui, Ramsès a une salle aux serpents. Parce que c’est un homme d’état, mais méchant, donc il a forcément des serpents comme animaux de compagnie. Alors que François Hollande, lui, il a un labrador. Avant, c’était un hamster, mais depuis que le rongeur s’est enfui, a écrit un livre et sera bientôt adapté au cinéma,  il a bien fallu qu’il change. Mais là n’est pas le sujet. Oui donc : Ramsès passe ses soirées à s’éclater avec des serpents, qu’il s’enroule autour du cou pour se marrer. Je pense que c’est très exactement comme cela qu’est né le célèbre boa qui faisait fureur à Paris à une certaine époque, mais passons. Car Moïse vient pour discuter.

« Hé, Ramsès.
– Salut Moïse.
– Qu’est-ce que tu fais ?
– Je me frotte contre des serpents. Quoi de plus normal ?
– Se frotter contre une râpe à fromage ?
– Hé bien justement, figure-toi que…
– Non, on va s’arrêter là si tu veux bien.
– Bon. Enfin tu vois, je m’amuse à tirer leur venin pour le boire en petit quantité et ainsi résister au poison. Un futur Pharaon n’est jamais assez prudent.
– Dixit le mec qui s’éclate au milieu de serpents venimeux.  Bon enfin je ne suis pas venu te dire que tu étais con, ça tu dois être au courant, mais te proposer d’aller dans le Sud voir le vice-roi à ta place, puisque je sens que ça te gave.
– Hmmm… c’est aussi indigne de ton rang que du mien, mon frère, mais va si tu le souhaites.« 

L’affaire entendue et le jour levé, Moïse se met donc en route pour le Sud. Et rapidement, arrive dans une contrée où ça pue très fort à cause de tous ces esclaves qui non contents de ne pas se laver, passent leur temps à mourir un peu partout. Aucune éducation. Cependant, il y a quelque chose d’étrange dans ce coin du pays : le palais du vice-roi. Luxueux, pour ainsi dire, et bourré de serviteurs aux petits soins. Moïse va donc à la rencontre du vice-roi, que nous appellerons Maurice.

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« Mais ? Pourquoi les esclaves construisent de grosses têtes au milieu de nulle part ? J’espère que ce n’est pas une sorte d’hommage à Philippe Bouvard de Pharaon. »

« Bonjour Maurice. Alors, quel est le souci avec les esclaves ?
– Hé bien les Hébreux se reproduisent, c’est incompréhensible.
– Hahaha, attends Maurice, je vais t’expliquer. D’abord, Papa Hébreux invite Maman Hébreux à aller au restaurant. Mais au moment de l’addition, comme ils sont tous les deux j…« 

Pour des raisons évidentes, ce blog qui se refuse à la fois aussi bien à sombrer dans la pornographie facile que le calembour antisémite, censurons les propos de Moïse et sautons un peu plus loin dans le dialogue.

« … c’est à ce moment que Papa Hébreux prend violemment Maman Hébreux contre l’étable à chameaux et…« 

Oups, un peu tôt. Avançons encore un peu.

« … et là, Papa Hébreux part acheter des clopes. Tu as compris maintenant ?
– Je crois oui, merci mon prince, vous auriez pu arrêter il y a vingt minutes. Non parce qu’en fait, mon problème est plus loin : ils vont devenir trop nombreux.
– Aaaaah. D’accord. Mais en quoi plus d’esclaves pose problème ?
– Plus ils sont nombreux, plus il me faut de gardes pour les tenir. Donc, il me faut des renforts de la capitale.
– Non.
– Pourquoi ?
– Parce que non, le script dit que je n’y réfléchis même pas une seconde.
– Heu, certes. Bon, dans ce cas, je vais devoir en tuer pour limiter leur nombre.
– Non plus, non. On ne fait pas de battues aux esclaves.
– Même si je les bague ?
– Bon, tu sais quoi ? Les Hébreux sont des êtres humains, esclaves ou non. Je vais aller les voir et essayer de saisir si une révolte se prépare. Car je sais lire dans les yeux d’un homme s’il me ment. À ce sujet, ton palais est bien luxueux mon Maurice, tu es sûr que tout est déclaré ?
– Heeeeu je… ouiiiiii ?« 

Mais grâce au super pouvoir de Moïse, ce dernier comprend que Maurice lui ment rien qu’à ses yeux. Et peut-être aussi au fait qu’il fasse de petits bruits de pets quand il parle de ces sujets. Hmmm. Quel talent, ce Moïse. Il est à peu près au même niveau que le légendaire Mentalist, le fameux héros dont le seul pouvoir est d’avoir accès au scénario à volonté. Cela ne doit cependant pas empêcher Moïse d’accomplir sa mission. Il s’en va donc vers les chantiers où les esclaves travaillent et en chemin, en croise un en train de se faire fouetter : Jojo. Moïse arrête donc son cheval.

« Contremaître ! Pourquoi fouettes-tu cet esclave ?
– Parce qu’il l’a bien mérité : c’est le mec qui joue Jesse dans Breaking Bad.« 

Logiquement, là, Moïse devrait approuver, voire lui donner un deuxième fouet pour faire un mix entre Matrix et Indiana Jones (ou tout simplement une soirée normale dans un donjon belge). Mais non. À la place, il fait n’importe quoi.

« Certes, mais il sourit ! Pourquoi ?
– Il dit ne pas ressentir la douleur !
– Alors pourquoi le fouetter ?« 

Ah ben merci, prince d’Egypte ! Donc toi, à partir du moment où le mec dit ne pas ressentir la douleur, c’est vrai donc laissons-le tranquille ? Heureusement que ce n’est pas Moïse qui gère le chantier.

« Attention les ouvriers, on va vous fouetter !
– Heu… non ? Parce que… heu… on ne ressent pas la douleur ! Voilà !
– Flûte alors ! Laissez tomber les fouets !
– Ho merde, il y croit ! Je disais ça pour déconner, moi !
– Bon, pas de fouets… ben dans ce cas, on vous poussera en avant avec les mains !
– Non plus parce que… heu… nous sommes… constitués de Patafix, donc tout mous.
– HO ! Mais que pouvons-nous faire alors ?
– Nous laisser partir. Et… et me donner votre cheval et votre pognon.
– Ah, si vous le dites !
– Et puis vos fringues aussi. Et puis ensuite vous devrez faire la chenille tout nu sur le chantier pendant qu’on vous jette des cailloux, sinon on se transforme en Dracofeu.
– Soit, soit, calmez-vous, esclaves ! Tenez, voici mon slip. »

Bref. Moïse après avoir donné des conseils contre-productifs sur le chantier part donc continuer à étaler son incompétence en donnant audience aux esclaves, qu’il reçoit par groupes pour leur demander : « Non mais sinon, vous préparez une révolte ? » des fois qu’un esclave lui réponde oui, bien sûr, viens je vais te montrer où on planque les cocktails molotov. Vraiment, il est con comme un mastaba. Mieux encore : il est content de lui. Et rencontre un esclave assez âgé et visiblement respecté, Noun, avec qui il discute.

« Alors les Hébreux, on est le peuple élu ? On veut rentrer dans sa terre promise ?
– Oui.
– Hé beeen noooon ! Parce qu’en plus, chez vous, c’est nul et il y a plein de tribus super dangereuses. Vous êtes plus en sécurité ici.
– Vous ne seriez pas en train de nous dire de rester enchaînés parce que dehors, c’est pourri, à tout hasard ?
– Si, et c’est un super argument.
– Okay. Bon, comment t’appelles-tu, ô, Gros Blaireau ?
– Moïse.
– Mo… hmmm… très bien.« 

Et visiblement interloqué par cette révélation, Noun retourne travailler sans poser plus de problèmes. Mais il fait tout de même parvenir un message à Moïse lui disant qu’il serait heureux de le rencontrer dans le petit temple où les Juifs se rassemblent dans leurs quartiers d’habitations histoire de se raconter des histoires juives (pas celles-là, non). Moïse décide donc de plusieurs choses. D’abord, d’enquêter sur le Vice-Roi, chose qui l’amène vite à découvrir que celui-ci détourne de l’argent du royaume pour vivre dans le luxe et sniffer de la schnouf entre les seins d’esclaves Numides. Puis, d’aller à la rencontre des Juifs, car leur invitation l’intrigue. Le soir venu, c’est donc encapé, mais encadré de gardes du corps royaux pas du tout encapés, eux (c’est bête, comme détail), que Moïse se rend discrètement dans le quartier des esclaves pour y trouver l’adresse indiquée : la 3e maison en bouse à droite après le carrefour qui sent comme Gérard Depardieu un soir d’interview. Et il y rentre donc pour y découvrir Noun et d’autres juifs en pleine conversation. Noun décide donc d’utiliser sa subtilité naturelle pour aborder Moïse.

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« Ah mais alors tu es vraiment venu ? N’importe quel esclave te dit viens chez wam’, j’ai un truc à te montrer, et toi tu te pointes ? Tu es donc aussi con que les légendes le disent. »

« Bonjour Moïse. Heureux que tu sois venu.
– Tu as intérêt à me dire des choses intéressantes, parce que je suis un petit peu prince d’Egypte, quand même.
– Hé bien oui. Pour faire simple, ta mère, c’est pas ta mère, et ta nounou, c’est ta sœur. As-tu des questions ?« 

Moïse lève un petit peu le sourcil. Si haut qu’il gèle en altitude, lui permettant ainsi de retomber lourdement sur le front de son propriétaire.

« Okay. T’as des preuves ?
– Ben non, pourquoi faire ?« 

En même temps, c’est vrai que c’est Moïse : il gobe tout. Du coup, pourquoi s’enquiquiner ? Mais revenons à notre héros, qui pour une fois, n’est pas convaincu par si peu, ce qui nous change. Rassurez-vous, ce n’est que temporaire.

« Tu ne voudrais pas détailler ton Histoire, Noun ?
– Si tu insistes… il y a moult années, il y a eu une prophétie comme quoi le peuple juif venait de voir naître un leader qui le mènerait vers la liberté. Pharaon, qui n’avait pas envie de voir sa main d’oeuvre se barrer au lieu de refaire sa salle de bain, décida d’envoyer son armée tuer tous les enfants juifs mâles fraîchement nés. Mais, ta mère, Moïse, pour te sauver, te confia au Nil. Ce fut l’une des premières expérience de rafting de l’histoire, que tu réussis avec brio puisque tu fus découvert par la fille de Pharaon. Qui se décida à t’adopter, hop. Et de ne jamais te révéler le secret de tes origines. Puis, comme elle sentait bien que tu devais être hébreu, elle s’en alla chercher une nounou de ton peuple pour t’élever : Myriam, ta sœur. 
– Donc elle va chercher une servante au hasard, et pouf, c’est ma sœur. Dites-donc, elle aurait dû jouer au loto.
– Hé ho, ça suffit petite langue de pute. Il n’empêche que du coup, te voilà. 
– Certes, mais tu n’as aucune preuve.« 

Et en effet, non.

Alors que logiquement, Noun aurait dû prendre Moïse par l’épaule, et d’un ton paternel, lui dire doucement :

« Allons Moïse, tu as toujours eu la preuve. Tu te souviens sous les douches avec les autres généraux de l’armée égyptienne ? Ne te disaient-ils pas que ton trilili allait s’enrhumer s’il n’avait pas de col roulé ? La réponse est en toi, Moïse. En toi, et tu la vois à chaque fois que tu tentes d’ensemencer la bonde de la douche. Et ne fais pas semblant de rien, hein, on te connait sacripant. »

Mais non, Noun laisse tomber, et Moïse se barre donc, un peu grognon. En même temps, s’il avait insisté, Moïse aurait aussi pu demander « Si toute cette histoire est super secrète au point que même Pharaon l’ignore, comment se fait-il que n’importe quel esclave juif vivant bien au Sud de la capitale où le secret aurait dû rester la connaisse ? Parce qu’au mieux, toi tu as pu voir mon radeau mis sur le fleuve, mais toute la suite, non. » Mais comme tout cela n’est pas encore assez n’importe quoi, au moment où Moïse quitte la demeure de Noun, deux gardes égyptiens qui passaient par là l’abordent. Mais ne le reconnaissent pas, encapuchonné qu’il est, et l’interpellent d’un « Hé, Hébreu ! » mais comme Moïse n’en a ouvertement rien à faire, il continue son chemin, ce qui ne les provoque pas du tout. Du coup, les deux gardes le saisissent, et plutôt que de s’expliquer, Moïse décide de les tuer, comme ça, hop, j’ai passé une mauvaise journée, je vais tuer deux gardes de mon pays, raaaah, je suis stressééééé !

Aaaah, Ridley Scott. Tu es vraiment formidable.

Cela fait, Moïse rejoint donc ses gardes royaux, qui n’avaient donc empêché personne de passer (puisque deux gardes locaux avaient pu se balader sans encombres), et tous repartent pour la capitale. Où hélas, Moïse retrouve bien Pharaon, mais gravement malade. Notre héros se rend donc à son chevet.

« Pharaon !
– Mon fils… enfin le fils de ma fille, du coup mon petit-fils, mais flûte. Dis-moi, qu’as-tu appris au Sud ?
– Que Maurice, le vice-roi local, vide les caisses royales pour se faire construire une piscine. J’ai ramené les documents qui le prouvent. 
– Très bien. Ah, je vais mourir, Moïse, je le sais. Et Ramsès me succédera. Tu devras le conseiller.
– Oui, père.
– Et lui apprendre à faire des blagues aussi bonnes que moi.
– N… non.
– Allez !
– Non !
– Tu dis ça mais tu le feras. Tu as toujours adoré mes blagues.
– C’est faux.
– Je t’en faisais une belle à chaque anniversaire ! Tu te souviens de celle pour tes 13 ans ? Qu’est-ce qu’on avait rigolé ce jour là ! »

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Chambre de Moïse au sein du palais de Pharaon, quelques années plus tôt.

« Toc toc.
– Qu’est-ce que c’est ?
– Le cadeau de Pharaon votre père, prince Moïse.
– Ho non. Sa blague reloue annuelle. Allez, entrez donc et faites votre calembour, vite, qu’on en finisse.
– Très bien.
– Alors ?
– Tirez sur mon doigt, mon Prince.
– Sérieusement ? Vous n’avez rien trouvé de mieux ? « Tire sur mon doigt et je pète » ?
– Tirez sur mon doigt, mon Prince.
– Soit : crac.
– …
– …
– …
– … 
– Jeeeeee suiiiiis léééépreuuuuuuuux ! »

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« Avoue qu’elle était bonne, Moïse !
– Son doigt m’est resté dans la main, Père ! J’en ai cauchemardé des semaines ! J’ai dû porter des moufles jusqu’à mes 16 ans tant je ne supportais plus la vue de mes propres doigts !
– Oui, ben en attendant, c’était original, petit galopin pourri-gâté ! Faites des efforts, je vous jure ! Bon, hé bien puisque je suis incompris ici bas, je meurs, tiens, paf. »

Et Pharaon meurt, tiens, paf.

Selon la tradition égyptienne, il est donc roulé dans une chaussette et enfermé dans une matriochka avant de rejoindre son dernier tombeau. Puis a lieu la cérémonie du couronnement qui fait de Ramsès le nouveau roi d’Egypte. Il règne donc avec à son côté son frère Moïse comme conseiller, jusqu’au jour où un certain Maurice demande à s’entretenir avec le roi. Moïse le prévient : Maurice est un voleur qui détourne de l’argent, qu’il faudrait suspendre de ses fonctions, voire carrément à une corde, dans l’instant. Mais Maurice se dit porteur d’une terrible nouvelle qu’il ne peut révéler qu’à Ramsès lui-même, et de préférence, tout seul et à l’oreille. Oui, comme à la maternelle. Et là encore, ça marche ! Mais enfin, quel est l’âge mental des personnages de ce film ?

L’entretien se fait donc, et alors qu’il faisait grand jour, lorsque Moïse peut enfin revenir discuter avec Ramsès, pouf, il fait nuit noire (Hollywood. Vraiment. Un film sans ce genre de ratés, ça devient rare). Moïse demande donc à son frère de quoi il retournait.

« Il m’a raconté une étrange histoire, Moïse.
– Comme ?
– Hé bien que tu avais tenté de tuer deux gardes, l’un d’eux a survécu et malgré le fait que tout était confus, de nuit et qu’il ne t’avait sûrement jamais vu de sa vie, a raconté que le prince d’Egypte sortant d’une maison en bouse avait tenté de le tuer sans aucune raison, ce qui est complètement crédible. Puis, Maurice m’a aussi raconté que des espions juifs parmi les esclaves lui avaient rapporté une étrange histoire comme quoi  ta mère c’est pas ta mère et ta nounou c’est ta sœur. Vite ! Faites appeler la maman de Moïse ! Et sa nounou« 

Et on fait venir la fille de feu Pharaon, et sœur de Ramsès, donc : la maman de Moïse. Ainsi que sa nounou.

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« J’fais c’que j’veux Ramsès. Toi tu fais joujou avec des serpents pour t’immuniser, moi je fais pareil avec des gardes, je vois pas le problème, on choisit chacun à quel danger potentiel on veut se préparer. »

« Je suis la maman de Moïse, que se passe-t-il ? Pourquoi me fait-on venir ? Il y a eu un problème à l’école c’est ça ? Moïse a encore tué des gardes ? Roh, mais c’est parce qu’il est hyperactif, ce n’est pas sa faute.
– Non, maman de Moïse. Moi, Ramsès, je vais poser une question à la nounou de Moïse. Et je veux que Moïse et toi regardiez. 
– Okay.
– Top, nounou de Moïse, question : es-tu en fait secrètement la sœur de Moïse, qui est en fait hébreu ? Si tu me réponds non, je te coupe le bras.« 

Pause.

Je vous résume où nous en sommes de l’intrigue, ça me paraît important. Ramsès, qui est désormais Pharaon reçoit en audience un vice-roi corrompu. Il y a des PREUVES ramenées par Moïse et confirmées à la capitale qui prouvent que le type est complètement pourri et ment depuis des années au Pharaon. Et donc, ce type corrompu débarque, sans aucune preuve lui si ce n’est les prétendus témoignages de gens qui ne sont pas là et qui racontent des choses abracadabrantesques qu’ils peuvent difficilement connaître. Et donc, la réaction de Ramsès c’est « Je vais ignorer les preuves ainsi que la logique et faire confiance à un type complètement corrompu et grillé qui arrive avec une histoire improbable pour tenter de se tirer d’affaire, au point de menacer de couper le bras à quiconque le contredirait, même les personnes avec qui j’ai grandi.« 

Okay Ramsès. Visiblement, tu as commencé ton rituel d’embaumement de ton vivant. Le petit crochet de fer dans la boîte crânienne, ça n’a pas fait trop de bruit ?

Bref. Reprenons.

« Bon alors, nounou de Moïse, tu es sa nounou ou sa sœur ?
– Sa nounou !
– Alors je vais te couper le bras ! »

« NAAAOOOON ! » s’interpose Moïse. « C’est vrai ! Je suis un Hébreu et c’est ma sœur ! Jusqu’ici le film montrait bien que je ne croyais pas un mot de cette histoire, mais pouf, là, j’ai envie de considérer que c’est la vérité pleine et entière !« . Bon, hé bien si c’est ainsi, Ramsès n’a pas trente-six solutions : il va devoir exiler Moïse. La mère de Ramsès préférerait qu’on le tue directement, dans le doute, mais Ramsès a de la pitié pour son frère et le fait donc emmener au beau milieu des terres les plus pourries et reculées du royaume (Maubeugis) pour qu’il y meure. Mais comme il est sympa, il lui file un cheval. Quitte à errer, autant le faire avec classe. Avant de le laisser seul, sa sœur lui fait ses adieux et lui confirme que toute l’histoire est vraie, même si elle sort de nulle part. En guise de preuve, elle lui donne le bracelet que Moïse portait étant enfant avec son nom hébreu, Moshe. Oui parce que sur le radeau mis à la rivière, la maman de Moïse (la vraie) lui avait bien laissé un bracelet pour dire « Houhouuuu c’est un enfant Hébreu qui a survécu ! Il faut le tuer !« . Mais enfin ? Et pourquoi pas gilet jaune « Tuez-moi » ?

Moïse fait donc ses adieux puis erre dans les terres sauvages, livré à lui-même. Il note cependant qu’une main bienveillante a caché sa fidèle épée dans sa couverture avant de l’abandonner. Et cela tombe bien, car alors que notre héros tombe à court de provisions et que son cheval finit par mourir, probablement d’ennui comme un certain nombre de spectateurs à ce stade, voilà qu’en plus une tempête de sable arrive. Moïse décide donc de dormir un peu dans un coin le temps que ça passe. Oui mais voilà ! À son réveil, deux hommes le regardent.

« Bonjour.
– Bonjour Messieurs. Je crains de vous décevoir si vous êtes des brigands : je n’ai plus ni cheval, ni argent.
– Nous ne sommes pas venus pour ça mais pour toi, Moïse.« 

Ah bon ? Hé bien écoute ce qu’ils ont à dire, Moïse, ce sont peut-être des envoyés des Hébreux venus te…

« YAAAAAH JE VOUS TUE !« 

Je… okay. Pourquoi pas. Un petit peu soupe au lait, le Moïse, quand même. Tu ne voudrais pas essayer de ne pas tuer tous les gens que tu croises ? Non ? Bon. Hé bien en tout cas, après avoir tué les gens, qui étaient donc évidemment des assassins quand même histoire de justifier la réaction de Moïse, le bougre s’empare de leurs armes et de leurs chevaux et poursuit son voyage. Jusqu’à arriver à un puits, où des femmes sont en train de tirer de l’eau. Mais alors que Moïse approche, des bergers débarquent avec leurs chèvres et commandent aux femmes de continuer à puiser de l’eau pour leurs bêtes. Moïse débarque en plein milieu et commence lui aussi à se servir.

« Hé, chacun son tour ! »

Cette remarque d’un berger suffit pour que Moïse mette la main sur son épée, prêt à tous les tuer pour cette remarque (vraiment, il est insupportable). Les bergers laissent donc tomber. Et devant tant de virilité – ou de connerie pure, parce que du coup, Moïse doit être super relou à La Poste quand il coupe la file avant de menacer tout le monde de mort pour lui avoir fait remarquer – les filles du cru sont toutes émoustillées et invitent le voyageur à venir se restaurer dans la demeure de leur père.

Sur place, je vous passe les détails, mais Moïse découvre plusieurs choses : A) il est dans une famille hébreu B) une des filles callipyges de la maison lui fait de grands sourires C) il a envie d’elle comme d’un gros bagel bien chaud.

« Pssst, dis, ça te dirait qu’on couche ensemble ?
– Moïse ! Crois-tu que je sois femme à faire des conneries ? Marions-nous, plutôt !
– Tu ne viens pas de dire quelque chose au sujet des conneries il y a une seconde ?« 

Et les deux se marient. Moïse ne reprend donc pas son errance et trouve le bonheur dans une petite ferme au pied des montagnes où il se fait berger.

Neuf années passent.

Moïse a désormais un fils, Moïse Junior. Et tous deux vivent leur vie de berger, même si la femme de Moïse en a un peu marre que Moïse ne fasse aucun effort pour croire en Dieu. D’ailleurs, la ferme est installée au pied d’une montagne sur laquelle il est interdit de grimper, car c’est la montagne de Dieu.  Et on ne grimpe pas comme ça sur la montagne de Dieu, sacripant ! Est-ce que Dieu monte sur votre montagne ? Ben alors !

Oui mais voilà : un soir qu’un des moutons se prend pour Michael Scofield et s’échappe de l’enclos avec des complices laineux, il lui prend l’envie d’aller cavalcader sur la montagne en question. Moïse part à la poursuite des bêtes évadées, et grimpe dans la tempête sur la montagne. Sauf qu’un éboulis lui tombe sur la tronche, et que du coup, le Moïse fait drôlement moins le malin et tombe inconscient sous le choc. À son réveil, il est prisonnier d’une coulée de boue dans laquelle il s’enfonce doucement façon sables mouvants, lorsqu’il aperçoit un buisson qui brûle d’un feu blanc.

« Moïse…
– Ho ! Un buisson qui parle ! Peut-être va-t-il me raconter des trucs de buisson ? Comme « J’en ai marre qu’on me pisse dessus ? » ou « Va tabasser cet écureuil ? »
– Okay, bon, changement de forme.« 

Et pouf, un enfant apparaît devant le buisson.

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Durant longtemps, on a ainsi cru que tout enfant qui sortait d’un buisson était Dieu. D’où l’attitude de certains parents aujourd’hui et les soucis rencontrés par l’Education Nationale. Tout s’explique.

Car oui, Dieu apparaît à Moïse sous l’apparence d’un enfant. Dieu est très connu pour faire ce genre de choses : ce qui explique l’amour pour les enfants de certains religieux, puisque plus près de toi mon Dieu, mais nous nous égarons. Car écoutons plutôt ce que nous raconte cet enfant.

« Moïse… Moïse…
– Je suis en train de sombrer dans une coulée de boue et j’ai la jambe pétée, tu ne voudrais pas plutôt m’aider plutôt que de répéter mon nom ? 
– Alors, non, parce que et d’une, je suis Dieu, et de deux, j’ai besoin de toi.
– Et donc, si tu as besoin de moi, tu ne voudrais pas t’assurer que je ne meure pas, là, tout de suite ?
– LALALA JE N’ENTENDS RIEN.
– Je crois que je préférais le buisson.
– Il suffit, Moïse. J’ai besoin de toi, car tu sais que tu n’es pas un berger. Tu es un général. Et c’est d’un général dont j’ai besoin pour libérer mon peuple élu. Tu dois aller libérer les Hébreux du joug des Égyptiens. 
– Et pourquoi maintenant après 400 ans à t’en foutre ?
– LALALA JE…
– Ouais, okay, tu sais quoi ? Je vais finir de m’enfoncer dans la boue. »

Et Moïse sombre dans la coulée de boue. Mais probablement par miracle, il en réchappe quand même et se réveille chez lui, la jambe brisée, avec sa femme qui prend soin de lui. Moïse lui raconte ce qu’il a vu, mais son épouse ne semble guère convaincue, car même si elle ne connait pas l’apparence de Dieu, elle doute qu’il ressemble à un petit garçon avec une tête à redoubler sa sixième. Mais Moïse est troublé par ce qu’il a vu, et annonce donc à sa femme et son fils un beau matin qu’il part juste libérer les Hébreux, et ensuite il revient. Sa femme lui rappelle de prendre le pain sur le chemin du retour, et notre héros s’en va, après des adieux hollywoodiens (comprendre : mal écrits) avec son fils.

Et Moïse retourne trouver Noun, le vieil esclave juif, qui se porte bien, merci. On doit être bien traité sur les chantiers égyptiens pour vivre si vieux et ne pas avoir changé d’un iota. J’en profite pour vous glisser que désormais dans le film, les quartiers des esclaves égyptiens, qui aux dernières nouvelles était dans une ville du sud avec un vice-roi, est désormais collé à la capitale, pif pouf, téléportation de toute la ville. On ne va pas s’embêter, après tout, pas vrai ? Ho, et vous savez le vice-roi corrompu, d’ailleurs ? Hé bien pour voir menti et volé, il a été puni, puisque Ramsès l’a… ah tiens non, il en a fait un ministre.

Je vous dirais bien que c’est n’importe quoi, mais j’ai l’historique des derniers gouvernements français devant moi, je vais donc me taire.

En tout cas, Moïse va retrouver Noun, et suivons donc ce qu’il se dit.

« Salut Noun ! Ça fait quoi, 9 ans ? Tu n’as guère changé !
– Oui, oui, c’est ça. Que puis-je pour toi Moïse ?
– Hé bien figure-toi que je suis conscient d’être un Hébreu, et que Dieu veut que je devienne général pour libérer votre peuple.
– Okay. Tu es défoncé, Moïse.
– Mais non, alleeeeez !« 

Et Moïse décide donc de commencer son affaire en montant une opération sur le palais du pharaon Ramsès. Oui, rien de moins. Il est comme ça, Moïse, direct.

Ramsès est donc dans son grand palais à chouchouter sa femme et son enfant, puisque 9 années se sont écoulées et qu’il a eu le temps de fonder une famille, mais surtout, Ramsès est un peu seul. À partir de cet instant du film, peut-être que le budget figurant était trop bas, mais en tout cas, tout le palais royal est entièrement vide en permanence. Pas un garde en vue, et je vous passe les scènes magiques où Ramsès allume lui-même les lumières du palais, soit environ 11 800 lampes, tout seul. Formidable. C’est ainsi qu’un soir, alors qu’il a du mal à trouver le sommeil, il décide de déambuler dans son grand palais vide en réfléchissant à ses grands travaux en cours, principalement des statues géantes ou un palais encore plus grand parce qu’il a vraiment quelque chose à compenser. Mais alors qu’il rêvasse dans les écuries (ah oui, il se promène vraiment partout, hein !) quelqu’un surgit dans son dos et lui plaque une épée sur la gorge.

« Que…
– Salut Ramsès. Tu te souviens de moi ? 
– Moïse ! Mon frère, je suis heureux de te revoir !
– Dixit le mec qui a envoyé deux assassins me tuer après m’avoir exilé.
– Alors, l’exil, oui, les assassins, non : c’est ma mère. Moi, je suis le mec qui a caché ton épée sur ton cheval. Mais que viens-tu faire ici avec une épée sous ma gorge ?
– Négocier.« 

Moïse. L’homme qui commence les négociations à coups d’épée. Il est définitivement complètement con.

« Tu dois libérer les Juifs. C’est Dieu qui me l’a dit. 
– Pardon ? Tu t’es enfilé du sable en intraveineuse ou bien ? Et puis non ! Ils construisent mes statues ! En plus leur terre promise est loin et pleine de tribus dangereuses ! Où iraient-ils ?
– Fais-en des citoyens d’Egypte, et fais-les travailler, mais sans chaînes et en échange d’un salaire.
– Espèce de sale petit gauchiste ! Et pourquoi pas leur filer des tickets restaurants ?
– J’allais y venir, juste après le congé maternité et le droit à la formation.
– Moïse, c’est économiquement impossible. Donc non.
– On en reparlera. »

Et Moïse s’enfuit donc dans la nuit, laissant Ramsès se demander ce que faisait son armée de gardes (qui doit officiellement encore exister, je suppose ?) pendant qu’il se faisait tranquillement menacer en plein milieu du palais. Ah non pardon : ça, ça ne le choque pas. À la place, le lendemain, Ramsès réunit ses ministres et donne ses ordres : puisque Moïse est devenu un peu vilain, et qu’il y a une vieille prophétie à son sujet, il est temps de l’arrêter. Pharaon ordonne donc qu’on tue sur le champ Moïse. Et sa famille si on la trouve.

L’armée royale opère donc une grosse descente dans le quartier des esclaves et enfonce les portes une par une pour trouver Moïse. Et distribue des claques à tout ce qui passe en demandant oukilé le Moïse. Mais justement, oukilé le Moïse ? Hé bien il est dans la demeure de Noun, avec Jojo et d’autres Juifs. Aussi lorsque la garde approche, Moïse, Jojo et les autres vont se cacher dans un souterrain dissimulé sous un tapis, et Noun s’installe une chaise dessus pour attendre les gardes, qui le claquent.

Au fond de la cave, ça discute sec.

« Dites-donc, qu’est-ce qu’ils lui mettent !
– Oui, mais il ne parle pas, quel courage.
– Heu, les gars ? 
– Oui ? Qui es-tu, toi ?
– Un Hébreu Connard. Je me disais juste : ça va Jojo ?
– Ben oui pourquoi ?
– Ben je ne sais pas. Tu ne ressens pas la douleur, du coup, quitte à se faire tabasser, n’eut-ce pas été plus malin de te laisser en haut plutôt que Noun qui est tout vieux ?
– … heu…
– Non, je déconne, c’est vrai que c’est plus rigolo d’écouter un vieux se faire taper, vous avez raison.« 

Et c’est grâce à cette ruse pas vraiment optimisée que nos héros échappent aux recherches royales. Mais c’est sans compter sur Ramsès qui est du genre mauvais joueur (il est très mauvais à Hearthstone) et lance donc une grande politique : vous voulez négocier votre liberté, les Juifs ? Vous ne voulez pas donner Moïse ? Hé bien dans ce cas : toutes les corvées sont doublées, et une fois par jour, une famille juive au hasard sera pendue jusqu’à ce que Moïse et sa famille soient au bout d’une corde.

Ce qui énerve vaguement les gens, allez savoir pourquoi. Qui ne décident pas pour autant de donner ce gros lourd de Moïse, mais plutôt de le rejoindre pour préparer un soulèvement. Et Moïse d’accepter de devenir le général de cette armée qui se prépare en secret alors que jour après jour, on pend des Hébreux dans l’attente de mettre Moïse au bout d’une corde.

S’ensuit une série de scènes où l’armée de Moïse s’entraîne secrètement.

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« Regarde, là par exemple, je vais détruire cette urne sans valeur là-bas d’une seule flèche ! Quoi ? Comment ça « C’était papa » ? Bon, vous savez quoi ? On va changer de terrain d’entrainement, c’est nul chez vous. »

Mais visiblement, ce sont les esclaves les mieux traités du monde antique, puisqu’à part dans la scène illustrée ci-dessus, ils peuvent aller s’entraîner tranquillou dans un véritable champ de tir sans que personne ne le remarque, disposent d’armes pas vraiment faciles à cacher (comme des hallebardes ou autres, et puis attention, hein, pas du bricolage !) et surtout, Moïse leur apprend à faire des acrobaties du genre tirer à l’arc à cheval tout en esquivant un coup de lance.

Momo, si je peux t’appeler ainsi, pourrais-tu m’expliquer où tu arrives à t’entraîner tranquillement sans te faire repérer, puisqu’aux dernières nouvelles, les chevaux c’est un truc de riches et que des esclaves qui se promènent avec, ça doit être vaguement repérables à dix kilomètres ? Question subsidiaire : montes-tu une rébellion ou le Cirque du Soleil ? Non parce que faire Matrix sur son cheval, c’est bien mais ça ne devrait pas servir durant, disons, 99% de la révolte. Mais chacun ses priorités.

En tout cas, sitôt ses hommes formés, Moïse se lance dans une guerre d’attrition puisqu’il s’en prend aux réserves des Égyptiens. Sa théorie est : « Si je fais mourir les Égyptiens de faim, ils en auront assez et demanderont à Pharaon de nous libérer !« 

Oui, ou alors de vous buter histoire de vous punir et de faire moins de bouches à nourrir, va savoir.

Ce film.

On suit donc Moïse qui lance de véritables opérations commandos pour aller mettre le feu à des réserves de nourriture égyptiennes qui.. hé bien, qui explosent ? Les Égyptiens doivent manger de la poudre, je suppose ? Surtout que ce n’est pas de la petite explosion, hein. C’est plutôt l’équivalent d’un bombardement aérien. Quoi de plus normal en – 1 300 en foutant le feu à un stock d’olives ? Ne mettez plus vos pizzas au four, visiblement, vous pourriez faire sauter votre appartement. Mais passons, car Moïse ne s’en arrête pas là, et attaque aussi les convois sur le Nil à coups de flèches enflammées, le tout juste en face du palais royal, où visiblement, l’armée se tripote puisque personne n’y sonne l’alerte, ne court péter la gueule à Moïse ou que sais-je. Je veux bien que Dieu soit de son côté, mais visiblement, le script est encore plus fort que le démiurge préféré des Hébreux.

Ramsès, qui regarde donc ses navires brûler sur le Nil en compagnie de sa femme et de son fils depuis un balcon du palais, décide que ça commence à bien faire les âneries. Il faudrait qu’il agisse.

Mais là… oui, non. Il va plutôt aller se recoucher.

Que… mais ?

D’accord. Notez que même les personnages principaux se désintéressent de l’intrigue de ce film, c’est dire où nous en sommes.

De toute manière, alors que Moïse retourne à la batcave secrète des Hébreux, que nous appellerons donc la Shabbatcave, notre héros sent soudain comme un appel. Il sort donc de la Shabbatcave pour se promener au bord du fleuve et voir ce qui l’appelle. Et il trouve là un petit garçon tête à claques qu’il reconnaît aussitôt : c’est Dieu.

J’en profite pour vous signaler qu’à partir de maintenant, dans chaque scène où Moïse parlera à Dieu, nous verrons Jojo qui le suit en cachette (car il sait distringuer quand Moïse s’éloigne pour parler à Dieu de quand Moïse s’éloigner pour faire popo, ce qui est un grand pouvoir) et constate que Moïse parle seul, ou alors à quelqu’un d’invisible. Mais non, Jojo n’en tire aucune conclusion sur la santé mentale de son camarade, et malgré les douze scènes de ce type, à chaque fois, il se dit que boh, c’est okay, on s’en fout en fait.

Bon, à part Moïse, finalement, je crois que plus personne ne suit ce qu’il se passe. C’est formidable.

Mais comme vous, vous êtes attentifs (et je vous en félicite), poursuivons tout de même et voyons ce que Moïse et Dieu se racontent.

« Bonjour Moïse.
– Bonjour Dieu.
– Alors, ça va mon petit Moïse, ça se passe bien ? Tu t’amuses avec tes copains ?
– Hé bien oui ! Notre guerre d’attrition se passe plutôt bien en fait et…
– Oui mais c’est nul.
– Pardon ?
– C’est nul. Ça pue. C’est tout lent. Je m’ennuie.
– C’est-à-dire que l’on ne peut pas vraiment attaquer l’armée de Pharaon de face, vous comprenez ? C’est pas Hébreux : Total War ici, voyez-vous ? 
– Oui mais ça ne va pas assez vite à mon goût.
– Non mais attendez, ça fait 400 ans que vous regardez les Hébreux se faire fouetter, et pouf, soudain, vous êtes pressé, faut tout régler avant les vacances ?
– Oui mais heu… je… je… je suis Dieu ! Voilà ! Alors hop, pif pouf, je prends la suite !
– Comment ça « je prends la suite » ? Vous voulez dire que depuis le début, vous pouviez agir sans moi ? Mais alors pourquoi la prophétie, les emmerdes, moi qui quitte ma famille, les malheurs…
– Hooo il est déjà 18 heures ! Je dois partir ! C’est dommage, j’aurais tellement voulu répondre à cette question ! »

Et pouf pouf magie, Dieu disparaît, laissant Moïse seul avec la vague impression qu’en fait, toute cette première moitié du film n’a servi strictement à rien si on en croit la logique de Dieu.

Dieu, qui peut donc utiliser le code Konami à foison dans sa grande partie de Sims qu’est la réalité, commence donc à utiliser ses super pouvoirs pour faire comprendre aux Égyptiens que… que quoi d’ailleurs ? Non parce que si j’étais Egyptiens et que des catastrophes surnaturelles me tombaient soudainement sur la gueule sans explication, peut-être que je me dirais « Ce sont les dieux qui ne sont pas contents parce que ces infidèles d’Hébreux peuvent cramer nos convois et nous humilier devant le palais royal, tout le monde s’en fout ! Il est temps de réagir et de tous les tuer ! » mais bon, c’est un détail. Dieu aurait dû penser à mettre des sous-titres à ses punitions divines. Mais je m’égare.

Car dès le lendemain, des choses étranges se passent. Ainsi, des pêcheurs qui sont sur le fleuve sont soudain attaqués par des crocodiles qui deviennent tout fous. Et qui tuent non seulement les pêcheurs mais se dévorent aussi entre eux, un peu comme des militants du parti socialiste une veille de congrès. Et c’est pareil pour les poissons et autres : tous se suicident en saignant. Ne me demandez pas comment sachant qu’ils n’ont pas de dents, peut-être qu’ils s’ouvrent les veines avec des roseaux et leurs petites nageoires, en tout cas, il y arrivent. Le poisson est un animal complètement emo (je manque de temps et de talent photoshoppesque pour vous faire une affiche « Le Monde de Emo » pour appuyer mes dires, mais le cœur y est). Du coup, moult cadavres flottent sur le Nil, qui en devient rouge de sang grâce au pouvoir magique de Dieu qui peut rendre les animaux tout fous (je suppose qu’il a une sorte de pointeur laser divin) ou dépressifs (là, il se contente de leur faire regarder des films français).

Chez les Égyptiens, ont est bien embêtés ! Mais qu’est-ce que c’est que ce Nil tout rouge ? C’est dégoûtant enfin ! Ah, le tourisme des amateurs de canoë kayak va chuter, c’est certain !

Mais Dieu ne s’en arrête pas là : il a d’autres catastrophes dans sa besace.

Puisque Dieu non plus n’est pas le genre à négocier : plutôt que d’apparaître à Ramsès pour lui dire de se calmer, il continue d’apparaître à un berger. Son sens pratique explique à lui seul l’existence de l’ornithorynque ou des frères Bogdanoff.

Mais, catastrophes, donc. Ainsi, alors que Ramsès demande à sa grande prêtresse Marguerite de purifier le Nil magiquement (ce qui ne marche que moyennement, comme quoi, elle devait être meilleure en prophétie qu’en alchimie à l’école des prêtresses), la situation empire. Car voici que les grenouilles du fleuve, qui ne s’étaient pas suicidées car n’ayant pas la télé, se mettent à bondir hors des eaux putrides pour filer dans les villes et infester maisons et réserves d’eau. Ce qui est bien embêtant !

Ramsès continue à tenir bon. Tout ces mauvais présages ne le feront pas changer d’avis ! Ce ne sont que des grenouilles, saperlipopette !

Du coup, Dieu renvoie la purée.

À présent, ce sont les mouches qui infestent l’Egypte au point que manger devient un exercice difficile, à moins de le faire à côté d’une énorme tapette, ou d’un commissaire de police.

Dieu clique sur un nouveau bouton, juste pour voir.

Les animaux meurent tous, et une étrange maladie se répand qui couvre tous les Égyptiens, Ramsès compris, de furoncles. Le lobby Biactol se frotte les mains, pendant que les malheureux se frottent la peau. Dieu, lui continue d’envoyer des trucs comme de la grêle, histoire de bien faire comprendre qu’il n’est pas là pour rigoler, sacrebleu. Et je ne vous parle même pas des sauterelles qui arrivent par vagues entières et attaquent jusqu’aux plantes en pot qui traînaient. Le Jardiland de Thèbes ne fait pas un pli.

Par conséquent, non seulement le moral du peuple est bas, mais en plus, il commence à s’en prendre aux entrepôts royaux pour y voler du grain que Ramsès se refuse à distribuer parce qu’il… est… méchant ? Moui. Voilà. Ce qui donne une merveilleuse scène où des paysans volent du grain, laissent tomber leurs torches dedans (mais cette fois-ci, coup de bol, ça n’explose pas), et Ramsès est prêt à envoyer sa garde les tuer (alors que les Hébreux, non, toujours pas, merci) puisque le grenier à grain se trouve pile poil devant son palais dites-donc (c’est fou) et qu’il peut donc donner des ordres depuis son balcon, lorsque soudain, un éclair tombe juste devant le palais, tout le monde est aveuglé, le temps semble ralentir, les couleurs clignotent (Dieu hait les épileptiques) et…

Hé ben rien en fait. Scène suivante !

Non non. Je ne plaisante pas. Il se passe visiblement un truc absolument incroyable, et hop, on saute. Bon ben écoutez, on va faire sans alors !

Retrouvons donc Ramsès dans son palais alors qu’on lui annonce qu’il a un invité très spécial : Moïse en personne ! Notre héros, qui grâce à son statut d’ancien prince d’Egypte a encore des amis parmi les gardes n’a eu aucun mal à arriver jusqu’à la salle du trône sans encombre. Ramsès accueille donc son frère avec une certaine froideur, allez savoir pourquoi.

« Alors Moïse, que viens-tu faire ici ? Toute mon armée te cherche et tu parviens à arriver jusqu’à moi.
– Ben alors tues-moi.
– Hmmm tu sais quoi ? Non. Et puis je ne vais même pas te faire arrêter. En fait, je ne vais rien faire de ce que je cherche à faire depuis le début du film, comme ça, sans raison. À la place, je vais t’écouter me menacer moi et ma famille sans rien dire. Allez, vas-y, je t’écoute. 
– C’est sympa que tu le prennes comme ça.
– Ça me fait plaisir.
– Bon, je voulais surtout te dire : veille bien ton fils et unique héritier cette nuit, car il risque de MOURIR comme une GROSSE BOUSE si tu ne libères pas les miens.
– Je ne libère pas les tiens. Maintenant, pars, je suis sûr que toute ma garde et tout mon peuple comprendront que je laisse l’ennemi numéro 1 partir tranquille après m’avoir fait du chantage en pleine période de crise et menacé l’unique héritier du trône, mon propre fils, de mort.
– N’est-ce pas ? »

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Les aventures de Moïse – Fig 1 : Moïse négocie

Et Moïse repart donc tranquillement à la Shabbatcave pour annoncer aux Hébreux ce que Dieu lui a dit :

« Les petits gars, il faut que vous tartiniez vos portes de sang d’agneau, car cette nuit, Dieu va tuer tous les premiers nés. Donc grâce au sang d’agneau, il saura qu’ici, ce sont des Hébreux qui logent et il n’entrera pas. Y a-t-il des questions ?
– Dieu ne peut-il pas entrer par la fenêtre ?
– Non pourquoi ?
– Ben je ne sais pas. C’est Dieu, quand même.
– Non. Dieu aime les portes. Oui, vous au fond, vous avez une autre question ?
– Et la cheminée ?
– Bon écoutez, ça commence à bien faire : Dieu n’est ni le Père Noël, ni Arsène Lupin, donc il passe par les portes.
– Oui mais moi je viens de la repeindre ! Alors je ne vais pas la saloper avec du sang d’agneau ! Je ne peux pas mettre des stickers à la place ?
– Ecoute moi bien, Ben Damidos, tu fous du sang d’agneau et tu ne m’emmerdes pas ! Sinon ton premier né y passe !
– Excusez-moi Monsieur Moïse, je voulais savoir : il va tuer les premiers nés officiels ou non ? Parce qu’en fait, une fois du côté de Memphis, j’ai couché avec une fille au sein aussi lourd que sa jambe était légère, et depuis elle me réclame une pension pour un…
– VOUS ME FAITES TOUS CHIER !« 

Et les Hébreux laissent donc tomber les explications pour aller badigeonner leurs portes de sang d’agneaux et… oui ? Comment ? Où trouvent-ils les agneaux sachant que Dieu a buté tous les animaux ? Les Hébreux ont tous chez eux une boîte d’urgence avec un agneau dedans « En cas de châtiment divin, brisez la glace » ?

Qu’importe : des agneaux se génèrent spontanément, et tous les Hébreux passent donc leur journée à faire de la peinture. Et la nuit venue, voici qu’un nuage des plus inquiétants arrive au-dessus de la capitale… sacrebleu ! C’est Dieu ! L’obscurité dudit nuage avance sur la terre d’Egypte, et à chaque fois qu’elle engloutit une maison, si celle-ci n’a pas sa porte peinte au sang (Dieu n’aurait pas pu juste demander de faire une croix au Bic ?), hop, le premier né local y passe. Désolé les innocents, hein ! Heureusement que Dieu est amour, parce que sinon, pfou.

Ramsès, qui avait interprété le message de Moïse comme la menace d’un assassin ou autre truc tangible monte donc la garde dans la chambre de son fils lorsque soudain, celui-ci s’arrête de respirer. Et voilà : désolé Ramsès, on a buté ton fils ! Maintenant, tu vas avoir super envie de libérer les Hébreux, pas vrai ?

Et en effet.

Car dès le lendemain, Ramsès va trouver les Hébreux, dont semble-t-il, tout le monde connaissait l’emplacement de la cachette depuis le début. Comme quoi, c’est ballot. Et Ramsès arrive, le cadavre de son enfant dans les mains, pour annoncer qu’il ne libère pas les Hébreux, non : il les chasse. Après tout cela, il veut être laissé à son chagrin. Que les Hébreux se barrent, et fin de l’histoire. Chez les esclaves, c’est donc un peu la fête (à part pour ceux qui n’étaient pas Hébreux, qui eux devront se taper tout le boulot des autres : merci, Dieu !), alors qu’une foule gigantesque d’Hébreux quitte la ville sous le regard plein de colère des Egyptiens qui ont perdu leurs enfants.

À noter que Ramsès a quand même fait remarquer à Moïse que c’était moyen, éthiquement, cette affaire.

« Moïse, comment pouvez-vous adorer un Dieu qui tue les enfants ?
– Il n’a tué que des enfants Égyptiens, tu noteras.« 

Ah ben oui, du coup, ça le rend tout de suite plus sympa.

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Ramsès se demandant si du coup, si Dieu n’a pas créé tous les peuples égaux, être raciste est donc sacré. Ou si c’est juste un sacré raciste.

Mais bref : les Hébreux partent donc guidés par Moïse, qui leur explique son plan. Pour retourner vers la Terre Promise, il connaît bien le chemin, puisqu’il passe par les terres pourries puis par la Mer Rouge, deux endroits qu’il a traversé quand il était exilé. Et c’est de l’autre côté de la Mer Rouge, peu après un passage facile, qu’il a rencontré celle qui est devenue sa femme. Moïse montre donc le chemin. Et non, les Hébreux n’ont aucun problème de rations. Toute l’Egypte mourrait de faim, mais ils ont de quoi manger pour tout un peuple sur la route. Pratique !

Sauf que pendant ce temps, Ramsès se dit que mouais, bon, bof. Donner aux Hébreux ce qu’ils voulaient n’était peut-être pas une super idée. Maintenant qu’il voit son fils roulé dans une chaussette et enfermé dans une matriochka lui aussi, il est un peu grognon. Alors, vite ! Que l’on arme des chars ! 1 000 au moins ! Et que toute une armée parte à la poursuite des Hébreux pour tous les tataner, parce que merde à la fin !

Ramsès est fast, Ramsès est furious, mais Ramsès met un petit peu de temps à rattraper les Hébreux qui ont plusieurs jours d’avance. Sauf que pendant ce temps, Moïse n’a pas super bien guidé les Hébreux, puisqu’en apprenant que Ramsès était à sa poursuite, il s’est dépêché, a un peu merdouillé, en plus il n’avait pas son GPS et puis la carte touristique n’était pas à l’échelle. Résultat des courses, il a guidé tout le monde sur la côte, certes, mais pas au bon endroit pour traverser la Mer Rouge.

Mais c’était sans compter sur Dieu.

Car au petit matin du jour où les chars doivent arriver sur eux, Moïse voit une lumière traverser le ciel et disparaître à l’horizon. Et peu après, la mer, comme aspirée, s’écarte doucement ! Allez les petits gars, on passe ! On sera en sécurité de l’autre côté !

Sauf qu’à cet instant précis, on entend des bruits mystérieux, des roues qui tournent à fond et des cris gutturaux venir des montagnes. Et des bannières multicolores apparaissent derrière les Hébreux !

« Bon sang ! Des supporters de football ! » s’exclame Moïse, avant qu’on ne le corrige, car malgré cette description, ce sont en réalité les chars de Ramsès qui arrivent !

Tout le monde court donc sur la langue de terre découverte par les eaux, alors que Ramsès et ses troupes foncent. Bon, comme ils roulent fort vite et fort imprudemment en descendant des montagnes, ils perdent un bon paquet de monde dans des éboulis, mais ce n’est pas grave, car Ramsès est trop grognon pour s’encombrer de ce genre de considérations. Moïse reste en arrière pendant que les Hébreux courent se mettre à l’abri, et finalement, il s’aperçoit que l’ouverture des eaux n’était que temporaire : une énorme vague est en train d’arriver pour recouvrir le passage ! Moïse renvoie ses compagnons restés avec lui pour retarder les Égyptiens, alors que les hommes de Ramsès font eux aussi demi-tour pour retourner à l’abri. Ne reste que Ramsès, qui fonce sur Moïse qui l’attend de pied ferme.

Pied ferme, mais sandalette humide, car l’énorme vague s’abat sur l’armée égyptienne qui ne s’était pas repliée assez vite (contrairement aux Hébreux), et engloutit Ramsès et Moïse, les broyant sous des millions de tonnes d’eau, alors que l’on a un plan où on les voit entraînés par le courant qui les éclate contre des rochers et…

Pouf, scène suivante.

Ridley Scott, tu es formidable.

Oubliez ce que vous venez de voir ! En fait, Ramsès va bien ! Il est de son côté de la Mer Rouge, au milieu des restes de son armée charriés par les vagues. Moïse aussi va très bien, merci, et est sur la plage du côté des Hébreux (le courant divin a bien fait son travail) où il retrouve ses compagnons. Dont l’inutile Jojo, dont l’acteur semble donc cantonné à des rôles de personnages sans aucun intérêt.

« Alors les gars , C’est qui l’plus fort ? C’est moi Moï…
– Non, c’est Dieu. Et la réalisation qui fait n’importe quoi et donc te sauve.
– Vous n’êtes vraiment pas marrants. Bon, enfin avec tout ça, nous sommes désormais en sécurité ! Direction la Terre Promise ! Je suis juste inquiet pour une chose…
– Les tribus qui occupent le coin et que tu disais toi-même super dangereuses au début du film ?
– Non, je suis sûr que ça ne posera aucun problème : des esclaves affamés n’ayant jamais combattu de leur vie contre des troupes armées, on va gagner, hein ?
– …
– En fait, je m’inquiète plutôt pour notre unité : nous étions unis dans la fuite, mais une fois installés… il nous faudrait quelque chose pour nous unir.
– Des terroristes ?
– Pas con, mais non. Tiens d’ailleurs, en parlant de ça, ma famille n’habite pas loin ! Ne bougez pas, je vais la chercher et je reviens !« 

Et Moïse repart donc chercher sa famille dans la petite ferme qu’il a quitté il y a un moment à présent. Il y retrouve son fils, et surtout sa femme.

« Alors ? C’est à cette heure-ci qu’on rentre ?
– C’est que, j’ai libéré les Hébreux, bibiche.
– Ben voyons ! Et le pain que tu devais ramener ? En plus, pendant ce temps, moi je gardais les enfants ! Belle mentalité, Môssieur Moïse !
– Non mais attends ! Tu pourrais te montrer compréhensive ! Grâce aux plaies que Dieu a envoyé, j’ai gagné ! On est un peuple libre !
– Correction : Dieu a gagné. J’ai bien suivi l’intrigue. Avec ses plaies, il a fait plier Ramsès et vous a sauvé le cucu à la Mer Rouge. Alors que toi, tout ce que tu as fait du film, c’est faire péter un entrepôt à olives et foutre le feu à des pédalos sur le Nil. Du coup, j’ai un peu l’impression que tu m’as abandonnée pour aller faire du rien avec tes copains.
– Je… heu… hem… que dirais-tu de venir avec nous vers la Terre Promise ?
– C’est ça, tiens, change de sujet. Méfie-toi, parce que tes conneries sont gravées dans ma mémoire ça ne marchera pas.
– Gravées dans… ho diantre, j’ai une idée pour unir mon peuple !« 

Et Moïse va donc s’enfermer dans une grotte avec des outils de gravure, alors que Dieu lui apparaît pour une scène avec des dialogues complètement incohérents. Du genre :

« Ah, Dieu, je ne suis pas toujours d’accord avec vous, mais là, cette histoire de table des commandements, ça me plaît bien. Et les commandements que tu me dictes sont parfaits.
– Oui, tu trouves ? Alors ARRÊTE-TOI MOÏSE ! 
– Heu, oui ?
– SI TU N’ES PAS D’ACCORD AVEC MES COMMANDEMENTS, POSE CE MARTEAU !« 

Non mais c’est quoi votre problème ? Le dialogue débute par le fait que Moïse est justement en train de dire qu’il est d’accord ! Ça n’a aucun sens ! Ou alors si : Dieu est omniscient et omnipotent, mais il n’a aucune mémoire. Du coup, tu m’étonnes qu’il soit pardon  : il ne se souvient pas des conneries. Ça se tient.

Allez, finissons-en.

Moïse, revient donc vers le convoi des Hébreux avec ses tables de commandement, mais est à présent tout vieux sans aucune explication, ce qui doit faire très plaisir à sa femme, parce que elle, elle aurait fait ça, on l’aurait entendu « Et qu’est-ce que c’est que ces seins qui tombent ? » « Et va te faire une couleur, tu grisonnes ? » « Qui c’est qui vient de faire une descente d’organes dans le chariot ?« . Car oui, les Hébreux qui avaient abandonné tous leurs chariots pour échapper aux Égyptiens, pif pouf, en ont à nouveau. Probablement qu’ils ont trouvé un concessionnaire en chemin.

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« Quand je pense que si au début du film, Dieu m’était apparu directement ou même si Moïse était resté chez lui, on n’aurait pas eu à tuer tous ces bébés hébreux il y a longtemps, ni à pendre toutes ces familles. C’est ballot quand même. »

Moïse se laisse donc traîner sur les routes de la Terre Promise, et aperçoit brièvement dans la foule des Hébreux un petit garçon qui marche à leurs côtés : Dieu.

Et c’est donc sur cette image que nous avons un beau fondu au noir et…

… FIN !

Mais, qu’est-ce que c’était ?

___________________________

En tout cas, on peut tout de même saluer le sens de l’à-propos de Ridley Scott, qui nous pond ici une splendide caricature de prophète de près de 2h30. Drôle, certes, mais pas volontairement.

Par contre, le monde entier n’a pas l’air de réagir plus que ça.

Je suis déçu.

158 réponses à “Exodus : Gods, Kings and Drugs

  1. C’est pas l’bon prophète, c’est pour ça que personne s’en soucie.

    Celui-ci, ça fait des millénaires qu’on s’fout de sa gueule (Machin là-haut compris), du coup c’est devenu habituel.

  2. …Shabbatcave…
    Aujourd’hui je peux mourir heureux mais je dois d’abord changer mon pantalon… :-)

  3. J’adore la « shabbatcave » et le « En cas de châtiment divin, brisez la glace » ! (Sans parler des tags) J’ai beaucoup rigolé, merci :)

  4. Tout cela me parait plutôt fidèle à l’esprit de l’œuvre originale, pourtant.

    (Bravo pour la Shabbatcave, c’était… spectaculaire.)

    • Pardon ? Non pas du tout, il ont juste pris les bonnes idées de peplum de la bible on tout mixé et on sorti un film, mais ca n’a rien a voir avec la bible, le seul point commun c’est les noms. Mais pour le bien du film il ont juste MASSACRE l’histoire de moise. juste.

  5. toujours excellent cher OC! sauf sur les adjectifs relatifs aux nationalités… « par des contremaître Égyptiens », avec un s à contremaître et pas de majuscule à égyptiens ce serait top, idem pour « l’invasion Hittite » qui n’en sera pas moins grosse sans majuscule ;)

  6. C’est devenue une manie ! On dois avoir des problèmes gastriques du coté des réalisateurs, parce que les merdes sont de plus en plus longues. on dois maintenant subir une heure de plus à chaque fois.

  7. Hollywood semblant partir dans la veine biblique (après tout les prophétes c’est une sous licence des super héros le collant en moin) on n’a pas fini de rigoler

  8. J’attends avec impatience de voir un commando de la « manif pour tous » aller buter les scénaristes et réalisateurs hollywoodiens. Par contre, je refuse de porter une pancarte « Je suis Ridley Scott », même sous la menace.

  9. Voilà un film que je ne verrai jamais, même pas en téléchargement ill… gratuit (j’aime trop l’Egypte et la rigueur historique), et votre billet me conforte dans cette idée (tout en déclenchant des fous rires au boulot, c’est malin… comment ça je n’avais qu’à le lire chez moi ?).

    « Par contre, le monde entier n’a pas l’air de réagir plus que ça. »

    Ah, là, il me semble que vous n’êtes pas tout à fait à jour. Des croyants un peu partout descendent le film en disant que c’est de la merde (et pourquoi que Dieu c’est un enfant hein ? Et d’abord, Moïse, il ouvre la mer avec un bâton, pas avec une épée, et pis c’était pas un guerrier sanguinaire et con, gnagnagna), plusieurs pays musulmans l’ont interdit pour cause de « on ne représente pas les prophètes », ce qui commence à devenir super lourd (en plus, c’est même pas dans le Coran, cette interdiction… bref).
    Mais le mieux, c’est l’Egypte elle-même, qui l’interdit pour cause d’inexactitude historique (jusque là, je veux bien, même si ça reste de la censure donc con), parce que ce ne sont pas les Hébreux qui ont construit les pyramides (ok, ça on est d’accord) et donc ce film est de la vilaine propagande sioniste (heu… what ?). C’était plus simple de dire « on ne représente pas un prophète » comme pour Noé…

    (Sinon, quand est-ce qu’il la sortira, sa version longue, le Ridley Scott… oui, je sais, je sors)

    • « j’aime trop l’Egypte et la rigueur historique »
      En même temps c’est tiré de la bible hein, donc évidemment que c’est pas rigoureux sur le plan historique…

      • Peut être, mais le film veut s’ancrer dans la réalité historique. Et c’est raté. Il n’y a rien qui est respecté, absolument rien!

        Je fais des études en égypto. Des pyramides poussant comme de champignons partout, sur les deux rives; des animaux inconnus des Egyptiens (tigres, zèbres, dromadaires, éléphants de somme,…); un Séthy se faisant enterrer au TEMPLE d’Abou Simbel (construit par le fiston!!); des Egyptiens blancs comme un cul et aux yeux bleus; un palais en pierre (copie de celui de Gladiator…) et non et briques; un Vice-roi de Nubie qui est… partout sauf en Nubie; Qadesh ici un petit campement (plus basané que les Egyptiens, tiens!) et non plus une citadelle; Ramsès surnommé le Grand (un surnom moderne), et que tout le monde d’ailleurs appelle ainsi (« Hey mon pote! T’es un dieu sur terre, mais j’peux quand même t’appeler par ton p’tit surnom? »). Bref, je ne vais pas énumérer toutes les stupidités du film. Tout ce que j’ai remarqué d’exact est l’écriture du nom de Moïse sur l’épée de Ramsès. ^^

        Même Asterix Mission Cléopâtre et la Momie respectent mieux la réalité historique. Et eux au moins sont sympas et divertissants…

        (ahhh, le pire dans ce film doit être Ramsès, sans aucun charisme et tout bouboule; il donnait l’impression d’être tout le temps bourré)

      • « En même temps c’est tiré de la bible hein, donc évidemment que c’est pas rigoureux sur le plan historique… »

        1) C’est pour ça, notamment, que je déteste cette histoire qui perpétue des idées complètement fausses sur une brillante civilisation (en plus d’être une histoire débile, à mon sens, mais bon…)

        2) Comme le dit sekhmetnesret, ils ont essayé de l’ancrer dans une réalité historique donnée et ont lamentablement échoué (sérieusement, le coup des pyramides construites sous Séti et Ramsès II… ils ont perdu un pari ou quoi ?). De petites erreurs ou de petits arrangements avec la réalité, je veux bien. Mais là, c’est juste du grand n’importe quoi. (Et la vision du pouvoir royal et de la société égyptienne… c’est du niveau de la Momie avec Brendan Fraser)

        Dans ce cas-là, soit on fait ça bien, soit on s’abstient. Et pour le coup, ils auraient mieux fait de s’abstenir et de rester sur une représentation purement mythologique et fantasmée, comme dans les versions de Cecil B. DeMille, plutôt que de dire « regardez, on est sérieux hein, on a choisi de vrais rois réels et on a même collé des Hittites pour faire historiquement crédible ».
        Là, c’est juste… bête. Pour en revenir aux pyramides, qu’est-ce qu’ils avaient besoin de coller un truc pareil ? Des chantiers pharaoniques (ahaha), il y en a eu à toutes les époques. Ils n’avaient qu’à leur faire construire le temple d’Abou Simbel, puisqu’ils l’ont mis dans le film. ça aurait plus crédible et ça ne demandait pas non plus un gros travail de recherche (25s secondes en cherchant sur le net, montre en main). Mais non.

        Je trouve ça très bête.

    • Connerie que de vouloir respecter la réalité historique. Le cinéma n’a pas pour vocation de reproduire le réel qu’il s’ancre à une époque donnée où pas. Le choix de l’époque peut se faire pour mille autres raisons que celle de vouloir décrire comment on vivait à cette époque-là.
      De plus le cinéma se doit dans certains cas d’évoquer, de faire comprendre seulement ce qui n’est pas nécessaire (donc passer parfois par des approximations) pour se concentrer sur le fond du film.
      Ton jugement n’est qu’une grosse déformation professionnelle due à tes études.

      • Cf. ma réponse au-dessus (16h30) pour une partie de la réponse.

        Pour le reste, ce n’est pas parce que ce n’est « qu’un film » qu’ils sont obligés de faire n’importe quoi et de raconter de grosses conneries. Véhiculer des clichés idiots, comme les égyptiens qui ne savent construire que des pyramides, les chinois qui savent tous faire du kung-fu ou les français qui se baladent en marinière avec une baguette sous le bras, c’est juste de la grosse paresse intellectuelle.

        Et c’est d’autant moins excusable quand ceux qui ont fait le film agitent le chiffon du « sérieux » de la reconstitution historique, pour faire plus « vrai », comme j’ai pu le lire dans plusieurs interviews lors de la promo.

        « Ton jugement n’est qu’une grosse déformation professionnelle due à tes études. »

        Ah ? Mes études de droit et mon métier de juriste influeraient donc ma vision d’un film biblique se voulant ancré dans une réalité historique…
        Eh oui, ce n’est pas parce que j’aime l’Egypte antique et l’Histoire en général que je suis historienne, c’est juste un hobby.
        Tu es recalé à ton examen de Sherlock Holmes, désolée ^^

      • My mistake, tu répondais à sekhmetnesret pour les études, désolée, désolée ^^

      • Oui ce n’était pas pour toi la remarque sur les études, mais le reste de ma réponse t’est également destiné !

        Le film est bel et bien fantasmé hein, la promo du film, ce n’est pas à mettre en rapport avec ce qu’a voulu dire l’auteur dans le film

        La plupart des décorateurs, accessoiristes, costumiers, etc… du cinéma te diront tous la même chose : l’efficacité, le rendu final prime sur la véracité totale, car tout cela n’est qu’un support au film lui-même, à sa mise en scène. Il faut évoquer, faire comprendre. Un film n’a pas à se pencher de manière totale sur tout ce qu’il touche, certaines choses sont du background et le restent.
        Il faut juger un film sur ce qui fait un film.
        Et même si l’Odieux me fait beaucoup rire, le scénario n’en fait pas non plus partie…

      • Je suis consciente que mes connaissances en égypto m’ont empêchées de voir ce film d’un oeil neutre. Mais ils n’ont fait strictement aucun effort de réalisme, alors que ce film veut être « historique ». Ils avaient le budget pour embaucher un/des spécialistes (paraît qu’il y en avait un), pourquoi avoir complètement foiré ça?? Asterix mission Cléopâtre en est l’opposé, c’est une comédie qui ne se prend pas au sérieux, mais il y a des références correctes! Quand ils parlent en égyptien, ils parlent vraiment en égyptien. La momie donne une vision trèèèès romancée de la civilisation égyptienne, mais elle est sympa à regarder. Mais je crois que le pire dans Exodus est la représentation des Egyptiens, des blancs aux yeux bleus, ce qui est selon moi honteux et inadmissible.

      • Le problème, c’est que film ou pas, beaucoup penseront, de par l’aspect historique du film, que la plupart des chose racontée sont vrais

        300 est un film, mais parmi ceux l’ayant vu combien voit aujourd’hui l’empire perse (ou l’on trouve à cette époque le disque de cyrhus premier « déclaration des droit de l’homme » si je ne m’abuse) etait une tyrannie maléfiques et monstrueuse et les spartiates de valeureux héros luttant pour la liberté?

  10. Moïse version guérilla urbaine, je m’y serais jamais attendu à celle là! Une excellente chronique très marrante qui me met en jambe pour aller voir le film (oui je sais, normalement, le mieux serait l’inverse, mais comme ça, quand on arrive aux passages pourris par l’odieux, c’est encore plus drole!)

    Néanmoins monsieur connard… Aaaaah… Comment dire… Vous faites du bon boulot, si si, je suis votre blog depuis des années, mais vous avez finalement franchi la limite…

    Shabbatcave? Début de blague sur les juifs? inutile de vous dédouaner mon pauvre vieux, vous êtes pris la main dans le sac. Je n’aurais jamais cru que vous, odieux parmi les homme, soyez un infame antisémite. vos propos sois disant humoristique suinte la haine et l’incitation à la haine, et le coup final est porté ici:

    – En fait, je m’inquiète plutôt pour notre unité : nous étions unis dans la fuite, mais une fois installés… il nous faudrait quelque chose pour nous unir.
    – Des terroristes ?
    – Pas con, mais non. Tiens d’ailleurs, en parlant de ça, ma famille n’habite pas loin ! Ne bougez pas, je vais la chercher et je reviens !

    … Apologie du terrorisme… La boucle est bouclée… que s’est il passé? on était pourtant tellement bien avec votre trait d’humour génial sur la pédophilie dans la religion chrétienne! Mais Il y a des choses avec lesquels on ne plaisante pas monsieur, sachez que la liberté d’expression à ses limites!

    J’ai pris la liberté de contacter la licra et le crif pour leur signaler vos odieux agissements, préparez vous pour la prison mon ami, c’est bien dommage, c’était un si beau site… Mais vous nous avez tous bafoué sous couvert d’humour (un hébreu connard… dieu vous pardonne mon ami, car il sera bien le seul…)

    • Je n’arrive pas à comprendre ton commentaire Le majin, je ne sais pas ce qui relève du second degré ou du mépris. Je suis de religion juive, et je dois dire que la shabbatcave est mon gag préféré de cette critique, les blagues sur les juifs aussi, je suis le premier à en rire. Par contre ce commentaire est à la limite de l’insulte, je sais ce qu’est qu’une blague que diable, c’est pas parce que j’ai une religion que je suis con et que je hurle au racisme.

      • Je pense que le majin se montre davantage sarcastique sur les intervenants médiatiques que sur les gens du quotidien :)

      • Ok Holy64, mais avouons tout de même que les intervenants médiatiques sont souvent considérés comme étant à la botte des communautés. Enfin c’est vrai que dit comme ça je vois le commentaire d’un autre oeil :)

      • c’était effectivement purement sarcastique tout comme ce qui a suivi. par contre êtes vous certain de votre jugement a propos des ‘intervenants médiatiques’ ? j’aimerais assez avoir votre définition de communauté en fait, cela dit sans agressivité aucune. (et qu’on ne me parle pas de hobbits)

      • @lemurien : Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à dire que les intervenants médiatiques ont pour projet d’avoir les communautés à leur botte.

      • Hello lémurien :)

        Devant ton incompréhension, je viens tout de même te rassurer, je n’avais aucune intention d’insulter l’intelligence ou l’humour de qui que ce soit, juste de me moquer gentiment de l’étrange propension de certains organismes et personnages haut placés à tomber sur le coin de la gueule de quiconque lance un propos un tantinet décalé sur la communauté juive, sans pour autant trouver rien à redire aux moqueries diverses adressées aux communautés musulmanes, chrétienne, homosexuel etc.

        Je suis justement le genre de personne qui pense au contraire que les gens sont largement assez intelligents pour différencier un propos raciste d’une moquerie par eux même, sans qu’un quelconque gros bonnet plus pété de thune que de neurones ne vienne mettre dans la tête de tout un chacun que cette plaisanterie était une grave atteinte à l’honneur de tout un peuple.

        Débat éculé s’il en est, je considère que la liberté d’expression est justement la liberté de dire n’importe quoi, avec le droit pour quiconque d’un avis contraire de réagir à ces mêmes propos sans bâillon d’aucune sorte; et cela me hérisse quelque peu de voir les gens de pouvoir décider par la force du fric de ce qui est acceptable ou non (surtout lorsque je constate que certaines de ces mêmes personnes tenaient parfois un discours radicalement opposés à leurs propos actuels avant d’accéder au pouvoir, ce qui témoigne d’une forme de malhonnêteté intellectuel que je ne tolère pas de la part de gens soit disant éduqués). d’ou, donc, mon petit commentaire sarcastique, j’espère que tu comprends mon cheminement de pensée^^

    • Le majin, quel magnifique commentaire, j’en reste coït !

      L’odieux connard est parti pour une série d’interminables procès ! Et ce sera bien fait !

      Comme vous le disiez, on ne peut pas rire de tout !
      Non monsieur, nooooon !

      Vous ne pouvez rire impunément des religions, des personnes qui ont une couleur différente de la votre, des homosexuels, des maladies, des malformations, des conflits sociaux, de la misère du monde !!!

      Pourquoi ne pouvez-vous pas nous faire des textes sur la crise ou sur les gps ? Ou sur les smartphones !

      Prenez exemples sur les grands humoristes de notre temps ! Gad El Maleh, Claudia Tagbo !
      Je rajoute Jean Marie Bigard pour ne pas faire d’amalgame !

      Odieux, vous êtes un monstre !

  11. Alors loin de moi l’idée de faire preuve de mauvaise foi ici quant au contenu de cette critique fort bonne, mais je me dois d’instruire les masses.
    Les explosions se partage en 5 types distinctes : les explosion pneumatique, les BLEVE (plutôt chiante à expliquer), les explosions à matières condensées, les explosion à atmosphère confinée (plutôt technique aussi) et pour finir les explosions de poussière …
    Aussi improbable que cela puisse paraître si les silos à grain sont classés ICPE c’est à cause du risque d’explosion auquel il sont soumis. Il est en effet pas rare de voir les poussières d’un silo exploser.
    Voici un rapport de INERIS qui vient documenter mes dires (parce que mettre des sources est toujours intéressant pour ceux qui veulent se renseigner par eu même et que c’est n’est pas parce que quelqu’un utilise des mots compliqués ou technique qu’il ne peux pas pas être docteur en bullshit)

    http://www.ineris.fr/centredoc/c.pdf

    Et pour ceux qui aurais la flemme de faire la recherche par eux même mais qui voudrai tout de même en savoir plus je reste à votre disposition pour d’éventuelles question.
    Bien à vous

    • T’as pas une vidéo qui pète plutôt? J’ai fait le tour de youtube j’ai trouvé qu’un vieux sénile qui faisait une simulation, des explosions contrôlées et des breaking news pleines de vide.

      • C’est plus un vieux qui fait la démo c’est déja ça. Cela dit j’aurai préféré un cas pratique, avec un vrai silo qui explose vraiment a cause des poussières, pour me faire une idée de la puissance réelle du truc.

      • Je trouve que cela donne déjà une bonne idée, elle ne met qu’une cuillère de farine dans son expérience.

      • Je viens de remarqué qu’un lien inconnu est venu se cacher dans le champs « site web » au moment ou j’ai posté mon commentaire. Quelqu’un saurait comment cela est possible ?

      • Comment faire péter un silo :
        a trouver un silo
        b écrire à Daesh (avec copie à AQPA, AQMI et AQponcture) monsieur, le silo c’est une idole qu’il insulte les prophètes

    • Certe mais le type de silo est ici très différent, une explosion de type air/poussière (pas de système de ventilation dans le film) ou fermentation (pas hermétique dans le film) n’est dans le cas présent pas possible.

      • Je pense que personne n’essaye de défendre la crédibilité des explosions du film. Ceci dit, l’on peut noter qu’aucun char n’explose après avoir été touché par une flèche, ce qui est un bon point pour lui !

  12. en fait c’est une nouvelle trilogie hein ?
    « The lord of Trolling »
    l’épisode 1 c’était Noé et son dieu farceur, le deuxième Moïse et son carrément troll de dieu.
    « la communauté de l’agneau » et  » les vieux tours » . vivement le troisième (Jeezuss ?) intitulé « le vautour et moi » ?

    • eh y a des scenes super chaudes avec un gros fetish sur les pieds !
      et celle où le légionnaire empale un éphébe sur sa grosse lance apres une scéance BDSM…

    • + 1
      C’est pas comme si Sodome et Gomorrhe venaient de la Genèse. Que des filles préfèrent se taper leur père plutôt que les hommes du coin. Qu’un patriarche couche avec sa bru qui se prostituait. Ne parlons pas de David ce coureur de jupon qui envoie les maris à la guerre.

  13. – « Il en va de même avec les lecteurs de la Bible, puisque comme le veut la tradition de ce blog, ici nous ne parlerons que du film, pas du best-seller dont l’histoire est tirée »… Justement, a quand un spoiler du best-seller en question? XD

    – Pour l’affiche, mentionner Gladiator plutot que Prometheus a un sens (autre que la honte). Citer un peplum comme reference pour un peplum fait plus de sens que citer un film de science-fiction pour un peplum.

    Sinon, je n’ai pas vu le film, donc je ne peux pas acquiescer devant les spoils, mais une chose est sure, presente comme ca, le film a l’air hilarant. Le realisateur a un avenir brillant dans la comedie. Dommage qu’il n’en ait pas fait sa specialite.

    • « Dommage qu’il n’en ait pas fait sa specialite. » ben si justement, il ne fait que ça depuis un petit bout de temps… ;)

  14. Quand je pense que je trouvais que « Le prince d’Egypte » n’était pas terrible…

    Merci pour ce billet cher Odieux.

    • nan, en fait, je viens de voir le film et Remboursez, ce Spoiler est en fait beaucoup trop gentil et le film encore plus mauvais que ce que j’attendais :) mais j’ai eu quelques fous rires en repensant à l’article, heureusement!!!

  15. Moïse était connu pour être un mec violent et instable. C’est même le premier mec dont la violence est liée au jeux vidéos que le monde ait connu. J’en veux pour preuve l’exode 2.12 « Il regarda de côté et d’autre, et, voyant qu’il n’y avait personne, il tua l’Égyptien, et le cacha dans le sable. » Ou Moïse se tape un trip jeu d’infiltrations.

  16. Salut à toi, OC.
    Je lis tous tes articles car tu me fais énormément rire.
    Par contre je souhaite faire une remarque : le cinéma, ça n’est pas la cohérence d’un scénario où l’adéquation avec le réel.
    Un film se juge sur ce qui fait qu’il est un film et sur la capacité du réalisateur à parler avec ça : son image, son cadre, le montage, la lumière, les comédiens, le mouvement, etc…
    Un scénario c’est accessoire, car il est possible de dire énormément de choses sur la base d’un scénario fin comme tout, seulement grâce à tout cela. Un bon scénario, c’est du bonus.

    Sinon, tes critiques sont justifiées dans l’optique où tu te concentre sur le scénario et la cohérence, mais je trouve faux de dire que cela rend un film mauvais.
    Si Lucy est une daube, ce n’est pas parce que le scénario ne dit rien et que le film est incohérent, c’est parce que Besson choisit de ne rien dire avec son film, et qu’en plus de ça il a l’audace de faire du moche.
    Alors que si Snowpiercer est incohérent sur certains points, le film fait preuve d’une mise en scène de qualité, d’une image irréprochable, etc… et dit des choses à travers cela, des choses qui ne sont pas nécessairement présentes dans le scénario. Alors ouais, il y a des incohérences. Et donc ?
    Si le cinéma devient reproduction du réel, il perd son intérêt.

    • Oula, ca envoie du lourd la… Un scenario, c’est accessoire? Du coup pourquoi faire un film alors, autant faire un clip video.
      J’ai entendu un legende racontant que des types avaient pour travail d’ecrire des scenarii (d’apres les parchemins, ces gens s’appelleraient des « scenaristes »). Si leur boulot est d’ecrire des scenarii, alors qu’ils fassent leur boulot correctement.
      Un film ne doit pas coller avec notre realite, mais il doit coller avec la sienne. Si dans une James Bond apparaissait en plein milieu du film un type avec des super pouvoirs, je suis sur que meme toi qui considere le scenario et la coherence comme « du bonus accessoire dont on peut se passer » trouverait ca ridicule.
      Ce n’est quand meme pas difficile d’etablir les regles d’un monde et ensuite de fabriquer une histoire respectant ces regles.
      Si un scenariste cree un monde ou le personnage principal est un boxeur pouvant ralentir le temps en fonction de la quantite de matiere fecale presente dans son intestin (ce qui le pousse a se retenir pendant la semaine precedant chaque match, le rendant quasiment invincible) et que d’un coup on nous le montre capable d’arreter complement le temps juste apres une vidange complete, c’est un incoherence monstrueuse.
      A moins qu’on ait pris le soin de preparer le spectateur a coup de prophetie du genre « un jour un heros qui sera capable de maitriser totalement le temps sans avoir besoin de controler ses sphyncters », les scenaristes ayant cree le monde du film et ses regles auraient du se rendre compte de l’incoherence et la regler, c’est leur travail bordel!
      Le boulot des scenaristes, ce n’est pas l’image, le cadre, le montage, la lumière, les comédiens, le mouvement, etc…, c’est le scenario! Pourquoi on devrait permettre aux scenaristes de mal faire leur boulot alors qu’un eclairagiste qui nous taperait une lumiere mauve fluo tout le long du film se ferait incendier?
      Les scenaristes gagnent bien mieux leur vie qu’un chef eclairagiste, on devrait attendre d’eux qu’ils fassent leur boulot a la perfection pour justifier leur salaire, non?

      • Quand je dis qu’un scénario est accessoire, je veux dire que ce n’est pas un critère sur lequel on peut juger un film parce que ce n’est pas un moyen d’expression propre au cinéma.
        Donc c’est mieux, et ce que tu dis sur la cohérence est vrai dans l’absolu, mais il ne faut pas exagérer, le genre d’incohérences d’Exodus ou de Snowpiercer ne sort pas littéralement du film (alors que l’exemple du boxeur que tu donne te sortirait du film).

        Juger un film mauvais en se basant seulement sur le scénario est absurde, aussi absurde que de juger un film mauvais car la musique est ratée. C’est un défaut, mais ça ne rend pas un film mauvais, alors que si la mise en scène est ratée, ou le cadre, ou la lumière, ou le montage, et autres critères purement cinéma, alors oui le film est raté.

        Et un scénariste et un chef opérateur (responsable lumière et cadre) ne sont pas payés sur le même modèle. Le scénariste est payé en droits d’auteurs alors que le chef opérateur a un salaire pour la durée du tournage.
        Mais je vois ce que tu veux dire, et je te répondrai qu’un chef opérateur gagne bien mieux sa vie qu’un scénariste, et qu’il a l’un des postes avec les salaires les plus élevés (peut-être même le plus hormis le réalisateur, mais faudrait que je vérifie la convention).

        Le scénario c’est une base, un prétexte. Il se doit de créer un univers qui permette au réal de travailler sa mise en scène. C’est un support, simplement.

    • Euhh alors, là non …mais non ^^

      Tu confonds accessoire et outil. Le scénario est l’Outil du cinéma (et tout ce qui en découle: script, dialogue, storyboard, animatique ..).
      Le reste, effectivement, peut parfois être accessoire ^^.

      Pourquoi est-il aussi important? parce qu’un film est là avant tout pour te raconter une histoire (et même le porno s’y sent obligé: pour ressembler à un film « normal »).
      Le scénario a donc pour but de camper le décors, le caractère des protagonistes qui vont vivre l’histoire et de construire son déroulement selon les axes habituels (vengeance, poursuite, quête de soit, de l’être aimé …etc).

      En gros il sert de base de travail au reste (oui tout le reste).

      Et, même si l’histoire n’est pas réaliste, elle se doit d’être crédible et d’éviter trop d’incohérence.
      Après, il y a toujours des pirouettes …mais parfois il y en a beaucoup trop.

      De nos jours, avec la pression pécuniaire (100 à 300 millions de dollars pour un block buster!), ni le scénariste ni le réalisateurs ne sont maitres de leurs oeuvres (surtout aux états-unis ou le réal est salarié …sauf si comme Ridley Scott et d’autres, ils s’arrangent pour monter leurs boite de prod pour en financer une partie et avoir plus de poids ..mais même comme ça …).

      Les scénarios sont donc salopés par un tripotée de gens qui sont surtout là pour s’assurer du retour sur l’investissement. Il auraient pu bosser à MacDo, chez Apple …mais non, ils vont voulu travailler dans « l’industrie du cinéma » (que je hais cette expression).
      Ces gens sont néfastes au scénario la plupart du temps, car ils pensent savoir ce que veux le spectateur de …de 10-25 ans (ce qui veut dire qu’ils pourraient refaire les même films tous les 20ans ..à merde, c’est plus où moins ce qu’ils font?).

      Le soucis, c’est qu’en fait, ils savent effectivement ce que leur public cible veut >_<
      Il veut de la baston, des gonzesses et des effets spéciaux! et surtout pas se "prendre la tête" (avant on disait "réfléchir" ..rhalala l'évolution).
      Donc merci a monsieur Odieux de continuer ses spoils :)

      PS: du coup je viens de relancer "les 10 commandements" pour comparer.

      • Un film n’est pas nécessairement là pour raconter une histoire.
        Il peut, mais pas forcément.
        Par contre il se doit de travailler ce qui fait que le cinéma est du cinéma : mise en scène, montage, etc…
        Sinon on tombe dans le piège du scénario filmé. Et ce n’est plus du cinéma, c’est un film sans cinéma.
        C’est par sa mise en scène que le réal se doit de parler, et pas nécessairement par le scénario.
        Je prend l’exemple de Michael Mann. Si on lit la plupart de ses scénarios, on y voit de simples polars bien ficelés.
        Les films en eux-même sont de vives critiques du capitalisme tardif (et franchement, Mann a du lire Jameson), et ce en utilisant uniquement montage, cadre, lumière, costumes, décors, etc… Et pas du tout le scénario, qui n’est là que pour articuler les personnages, les faire se rencontrer, et créer des situations qui ne deviennent représentatives que par la mise en scène.

        Pour les incohérences oui je suis d’accord, c’est éviter, et si le scénario est bon, c’est encore mieux, je dis simplement qu’on ne peut pas juger un film mauvais sur la base du scénario (à part dans des extrêmes où celui-ci nous sort totalement du film, ce qui n’est pas le cas ici).

      • J’ajouterais que les films qui ont marqué l’histoire l’ont rarement fait pour leur scénario

      • @Blastpall

        Un film est un media qui permet de raconter une histoire et c’est au travers de cette histoire qu’on fait (ou devrait faire) passer une idée (parce que parfois, l’idée frôle le néant). Je pense que tu confonds scénario et pitch: « c’est l’histoire d’un mec » et la volonté du scénariste « je vais montrer que le capitalisme est néfaste » (au travers de l’histoire d’un « héro » auquel le spectateur peut s’identifier).

        Un film sans histoire, je n’en ai jamais vu.

        Le cinéma n’est pas une somme d’intervention (mise en scène, montage …) mais un tout (forcément fragmenté en étapes ..mais si ça se sent, c’est que c’est raté).

        Le scénario n’est pas un descriptif bête et méchant: c’est le point de départ qui donne les intentions y compris celle cachée (comme la critique du capitalisme derrière une apparente histoire de polar). il permet d’élaborer le story board qui sert de référence à la mise en scène (qui en est la finalité).

        Le montage, quant-à lui, existe uniquement parce qu’on peut rarement faire un film en un seul plan séquence (et que c’est extrêmement périlleux).
        La plupart du temps, le montage appliquera les enchainement décrit dans le scénario (fondu au noir/cut …) et/ou le storyboard (qui approfondit les valeurs de cadrage, les intentions de mouvement …).
        De nos jours il est souvent là pour améliorer/rattraper les erreurs au tournage (sur les grosses scénes d’action, on a les caméras prévues dans le script auquel on ajoute 2/3/4 caméras pour faire des raccords au cas où).

        Je ne pense pas que le scénario fasse tout, mais que les réalisateurs assez fort pour le rendre invisible sont aussi rare que talentueux.

        Quant-à l’histoire du cinéma …laquelle? de nos jours (maintenant que les critiques de cinéma -travailleurs précaires- doivent éviter de critiquer pour être inviter aux avant premières et pouvoir être publié dans l’édition du mercredi) on encense tout et n’importe quoi.

    • Cher Blastpall,

      J’apprècie beaucoup les trolls, et vous m’avez bien fait rire.

      Si le scénario est accessoire, je saurais vous conseiller de nombreux films, à commencer par le magnifique « Hercules à New York » (starring Arnold Shwarzeneger, la grande classe).

      Je suis bon, je sais

      • magnus : Je reviens bien tard mais je n’avais jamais vu votre commentaire.
        Au cas où vous reviendriez par ici :

        Je ne sais pas où vous êtes allé pêcher cette idée, mais je ne troll absolument pas.
        Ce n’est qu’une déformation moderne qui empêche aux personnes privées de réflexion de voir la bonne foi chez ceux qui sont en désaccord avec elles. Je vous conseille de vous débarrasser de cette mauvaise habitude.

        J’ai bien évidemment vu Hercules à New York.
        C’est nul à chier, il est vrai. Pourquoi ? Pas par son scénario. Oui le scénario est un trou béant. Mais avant ça, on s’aperçoit que le film est une performance d’incompétence sur le cadre, la lumière, le travail du son, le jeu des acteurs, le montage, et surtout le bon goût le plus élémentaire.
        Avec tout ça, le film aurait été écrit par Flaubert, il aurait tout de même été une merde.
        Alors qu’avec le même scénario, mais réalisé par quelqu’un de compétent, on aurait un film visuellement de qualité, cinématographiquement réussi, avec un film absolument fou et au côté kitch suranné mais appréciable (ce qui n’arrive qu’entre les mains d’un réal compétent, bien entendu).

        Ce qu’il faut retenir c’est que le cinéma n’est pas une grammaire, il n’y a pas de recette.
        Bien sur qu’un film peut se démarquer par son scénario, et que celui-ci peut être sa qualité principale ! Mais il ne faut surtout pas en faire la condition absolue d’un film réussi, car un réalisateur peut choisir de n’axer son film que sur des caractéristiques qui n’ont rien à voir avec le scénario.

        Le film The Raid en est un bon exemple : le réalisateur a posé une histoire pretexte (basiquement des flics attaquent un bâtiment rempli de méchants pour les taper, et on va suivre un flic en particulier, et on verra plus tard que son frère fait parti des méchants).
        Sur cette base, il va faire exploser sa virtuosité en matière de réalisation, et filmer des scènes d’action comme personne avant lui. Et le film est jouissif et excellent.

        Parce que le cinéma, c’est pas raconter une histoire. C’est avant tout filmer des trucs, s’exprimer au travers d’une technique (on rappellera la définition communément admise de l’Art : moyen d’expression (ou fruit d’un moyen d’expression) au travers de la maîtrise d’une technique).
        On peut se servir de tout ça pour raconter des trucs, mais il ne faut pas penser que c’est ce qu’il faut faire à tous les coups.

  17. Bon, j’ai pas vu le film, et j’ai lu le long commentaire jusqu’à l’histoire du garde manger qui explose mais qui devrait pas toussa, je voulais juste informer l’auteur que des trucs genre des silos de farine peuvent exploser, ouais mec, un paquet de trucs qui font vaguement de la poussière explosent !
    Je ne t’en tiendrais pas grief car du coup ça m’a coupé dans mon élan et, n’ayant vu le film qui semble bien peu intéressant, j’ai stoppé net car je suis soucieux de la précision physico-chimique des récits, autant qu’historique :o
    Bisous toussa

  18. Bien, bon article, encore une fois (mais quand en feras-tu un mauvais ??).

    Je n’ai pas vu Noé et celui-ci je n’irai pas le voir non plus, n’étant pas spécialement branché « films adaptés de la Bible ». Mais bon l’article est distrayant.

  19. « Le poisson est un animal complètement emo (je manque de temps et de talent photoshoppesque pour vous faire une affiche « Le Monde de Emo » pour appuyer mes dires, mais le cœur y est) »

  20. Cher Odieux, à propos des juifs, que pensez-vous de ce genre de choses : http://phdnm.org/uploads/3/0/0/1/3001973/bd_02.pdf ?
    (JE PRÉCISE QUE LE PDF VERS LEQUEL MÈNE CE LIEN EST À LA LIMITE DE LA LÉGALITÉ)

    Le style graphique de la BD (les mecs en gravure qui se clashent tout ça …) m’a fait pensé à vos œuvres, sauf que là ça ne parle pas de la Légion d’Honneur avec humour, mais ça parle très sérieusement de négationnisme, et expliqué très pédagogiquement.

    Vous qui êtes prof d’Histoire (me semble-t-il) pourriez-vous me dire ce que vous pensez tout ça ?
    (l’argumentation me semble hypocrite à plusieurs endroits, mais dans l’ensemble ça paraît plutôt solide : j’en suis tellement étonné que ça me rassurerait de savoir où est l’arnaque).

      • Plus que du hors-sujet, là. « À propos des Juifs… » c’est quand même de l’entrée en matière moyennement subtile.

        Mais pour vous répondre :

        1) J’espère ne pas faire des BD aussi moches (même si elles le sont plutôt, j’en conviens)
        2) J’ai bien ri : les arguments sont magiques. Premier exemple : « Regardez ! Il y avait des détenus en bonne santé ! C’est donc la preuve qu’on exterminait pas ! ». Oui, en effet. Les derniers arrivés, ceux qui avaient le droit à un régime spécial pour une raison X ou Y (généralement parce qu’ils étaient utiles d’une manière ou d’une autre). Dans la chanson de La Palice, on trouve aussi des arguments sur le thème juste avant d’être mort, on est encore en vie. C’est fou.
        3) « Il y avait des bébés ! Et même des sages femmes ! C’est donc la preuve qu’on n’exterminait pas ! ». Oui, et même des médecins. Qui adoraient les bébés, comme l’adorable Dr Mengele. C’est fou parce que les méthodes de Mengele répondent aussi à l’argument précédent. Quelle coïncidence que ce merveilleux document oublie d’en parler !
        4) « Regardez, sur cette photo aérienne, on voit bien que… ». Oui. Les photos de 1944. Je rappelle qu’aujourd’hui, avec des appareils ouat’mille fois plus perfectionnés, on voit aussi des OVNI le 11 septembre.
        5) « Regardez, les fours ne suffisent pas à… » oui. Dans la démonstration, le mec dit lui-même « rien que les fours 2 et 3… » puis base directement toute sa démonstration en oubliant – c’est bête ! – les fours 1 et 4. Et en disant « 20h/24 ». Tiens ? Quel étrange chiffre ? Pourquoi pas 24h/24 comme le disaient les survivants ? Et hop, en oubliant la moitié de l’équation et en virant quelques heures, il obtient « Vous voyez ? Le résultat est trop bas ! ». Quel talent.
        6) Le tout comparé à un crematorium civil. Moi aussi, j’aime bien comparer mon agrafeuse civile à une agrafeuse industrielle et dire que ça ne colle pas. C’est mignon.
        7) Argument merveilleux : « Oui, là, la photo est truquée, regardez, ce ne sont pas des valises de gens gazés comme on le prétend : au fond, ce sont des bidons vides de ziklon B, donc on nous ment « . Ah, d’accord. Donc il y avait bien du ziklon B, visiblement utilisé en quantité, mais pour… ? Ah nan, il parle juste des boîtes vides. Qui sont là. Pouf.
        8) À l’Est, rien ? Roh, et les Einsatz kommando ? Flûte, encore un oubli, décidément !

        Bref. On pourrait encore y aller un moment (ah, les témoignages triés sur le volet !) mais si oui, il y a eu du pipeau dans la propagande, des maladies dans les camps (le contraire eut été étonnant), hé bien non, ça ne fait pas de tout ça un complot mondial. Ah, et tous ces nazis qui reconnaissaient eux-même les faits à leurs procès : quelle bande de collabos avec le grand complot mondial !

        Non parce que si on se base sur « des gens y survivaient » ou « regardez, ils ne faisaient pas tout pour les tuer, c’est la preuve que… » je peux vous prouver qu’avant les pelotons d’exécution, on offre des cigarettes, ce qui est preuve de connivence et qu’en plus, haha ! Pourquoi offrir des clopes à un mec que l’on va tuer ? En plus fusiller les gens coûterait des hommes, du temps et des munitions, impensable en cas de guerre, et puis on parle partout de « condamnation » pas « d’exécution ». Sans compter que j’ai la trace (véridique) d’un fusillé qui a survécu au peloton et qui a donc eu le droit de regagner son régiment. Comme quoi, c’était vraiment pas pour tuer, on nous ment, les pelotons d’exécution n’ont jamais existé !

        Voilà. Parce que moi aussi j’aime bien qu’on creuse tous les sujets, mais à un moment, trier les informations, c’est choisir son camp (hohoho).

      • 2) J’aurais plutôt répondu que lors de mes cours d’histoire, on y dit qu’il y avait différents types de camps. Certains de concentrations, d’autres de travail, de prisonniers de guerre et enfin d’extermination. Donc les photos pouvaient aussi être des photos des camps de travail, qui avait besoin de travailleurs en bonne santé. Ce qui ne remet absolument pas en cause l’existence du génocide dans le bâtiment voisin.

        7) Odieux, ici, vous faites une lecture différente de celle que je fais par rapport a ce que dit l’auteur ici. Selon moi, l’auteur dit  »la thèse officielle développée sur cette photo est que ces valises appartiennent aux exterminés et qu’on voit les bidons au fond ». Mais jamais l’auteur dit que lui pense qu’il y a des bidons de ziklon B (ou qu’il n’y a pas). Il parle que de la thèse officielle. Lui botte en touche.

        Ce texte n’est pas une négation pure des crimes de guerres des nazis; mais un révisionnisme de l’histoire très bien construit. Surtout si on met en parallèle que les camps après guerre (http://m2patrimoine.univ-lemans.fr/fr/informations-sur-le-patrimoine/le-camp-de-mulsanne.html voir 5 et 6eme paragraphes) ou l’on voit que même en dehors de la guerre, et en ayant des prisonniers hommes, jeunes, et sensés être en assez bonne santé au départ (survivants de l’armée Allemande), on arrive au final a un hécatombe dans un camps de concentration tenu par les Français en dehors de la guerre/débâcle. Donc la thèse du carnage pour des raisons d’hygiène n’est pas farfelue.
        Sans oublier que l’histoire prouve que les Russes et Américain ne sont pas a une fable près pour cacher leurs crimes a venir (bébés jetés par terre par l’armée Irakienne pour justifier/préparer la première guerre du golfe, puis armes de destruction massive pour la seconde) ou passés (http://fr.wikipedia.org/wiki/Massacre_de_Katy%C5%84 voir le chapitre  »La position des États-Unis et de la Grande-Bretagne » et l’introduction).
        A mon sens, c’est un point qui fait très mal, c’est que c’est pas complètement fou de penser que les Anglais/Russes/Américains aient pu faire un truc du genre, vu qu’ils l’ont fait a de multiples reprises dans l’histoire (les Francais sont pas en reste dans le genre).

        Après, je ne connais pas le sentiment et les intentions de l’auteur. Il pense peut-être sincèrement que les américains aient pu mentir de manière effrontée pour s’octroyer une victoire idéologique. Ou alors il tente peut être de faire passer des juifs pour des bons gros salauds ? J’en sais rien.
        Ce que je pense personnellement, c’est que personne dans cette guerre n’a été un enfant de cœur. Il n’y avait pas les gentils d’un coté et les bons de l’autre. Les Alliés ont commis des massacres pour expérimentés (effet de la bombe en conditions réelle, Dresde et impact psychologique), mais que l’histoire a été écrite par les vainqueurs. Et dans ce sens, on a passé sous silence certains de nos exploits et qu’on appuis très lourdement sur les crimes ennemis tout en perdant tout sens objectif. Les Nazis n’ont pas eu le droit a un procès équitable et ont été exécutés parce que les vainqueurs ont décidé de se débarrasser des nazis (mais s’il y avait eu un procès équitable, le jugement auraient été pareil très certainement).
        Mais l’auteur, moi, Odieux, et toi, nous ne sommes pas des historiens et n’avons pas les outils/connaissances pour juger ça. Il faut se fier aux dires des historiens actuels. Et l’auteur veut croire en sa thèse, et va trouver des arguments pour ça, arguments dont une partie pourraient se faire démonter vite fait par un expert. Et l’exemple dans le texte de l’expert qui dit qu’il n’y a pas eu de gazage ici est peut être vrai, mais cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de gazage (un historien a pu mal interpréter l’intérêt D’UN bâtiment, sans que le but du camps soit remis en cause).

        Que l’on croit ou non ce papier, il faut retenir que les nazis ont commis d’innombrables crimes, en autre contre les juifs qui étaient systématiquement déportés, volés et réduits en esclavages et qui sont morts en grands nombres a cause des nazis. RIEN de sérieux ne remet en cause ça. Il y a trop de documents et de témoignages pour remettre ça en cause.

      • Globalement, le principal argument révisionniste, ça reste encore la loi Gayssot… anti-révisionniste :p

      • @Holy64 La loi Gayssot n’est pas vraiment un argument hein … tout au plus une menace …

        @Un Odieux Connard
        J’avais remarqué plusieurs de ces faiblesses (notamment le fait de montrer des photos de prisonniers de 1939 alors que Wannsee était en 42, de comparer Auschwitz au Père Lachaise, de chercher des coïncidences dans des articles de 1916, ou encore de se concentrer sur les camps en ignorant le génocide par balles des juifs à l’est) mais votre analyse est plus complète.

        En fait, je suis plutôt gêné de découvrir que les seules chambres à gaz qui soient parvenues jusqu’à nous soient des pièces vierges de toute trace de zyklon, que les nazis eux-mêmes notaient sur leurs documents internes comme des morgues …
        Je comprends que les alliés aient pu mentir sur la nature des pièces par souci de crédibilité, mais les nazis qui entre eux n’évoquent rien dans leurs documents secrets ? ils n’assumaient vraiment pas ce qu’ils faisaient, ils ont très bien réussi à nettoyer les pièces, ou bien on a cherché délibérément à exagérer les faits ?

        Ça me perturberait qu’on cherche à exagérer les crimes et les génocides du nazisme, ils étaient déjà pourtant bien suffisants …

      • Laurent : Les américains avaient prévu le coup pour éviter d’être accusés de manipulation. Dès la libération des camps par leurs troupes, le lendemain pour être plus précis, il choisissais une personne par maison dans les villages environnants et… ils lui faisait visiter le camp. Ils ont pu ainsi avoir un groupe de témoins considérable dans la population allemande de gens qui pouvaient attester de l’existence des camps avant leur libération et raconter ce qu’ils y avait vu juste après.

      • @Nicolas Cage : Vous ici ? :D
        Non bien sûr qu’il ne s’agit pas d’un argument. Mais c’est juste que si l’existence de la Shoah est une évidence, faire une loi pour sacraliser l’évidence est un non-sens. L’OC avait fait un très bon billet à ce sujet d’ailleurs.

      • @ Warny : J’ignorais ou j’avais oublié ce détail.
        Mais personne ici ne remet en cause l’existence des camps, et l’immonde carnage qu’ils ont été a la fin de la guerre.
        Les Américains sont arrivés dans des camps surpeuplés et dont l’approvisionnement n’était pas prioritaire, dans un pays aux abois et avec des réseaux totalement détruits.
        Forcément les Américains ont trouvé un truc dégueulasse.

        Les témoignages ont été fait de bonne foi, mais après il reste une large marge d’interprétation a faire de ces témoins (militaires et civils) qui n’ont pas vu les gazages, ni n’avaient une vision globale de la situation ou ne pouvaient que deviner les intentions et les actions des chefs nazis durant les 10 dernières années.

    • Enfin, vous passez quand même à côté d’un truc énorme : « Mais dites-moi, si vraiment ni Auschwitz, ni Treblinka, ni Belzec etc. n’ont été des camps d’extermination, où étaient passés les millions de Juifs qui manquaient en 1945 ? »
      Et le gars répond sans sourire que il en restait suffisamment pour émigrer et ensuite fonder Israël. wow.

      C’est vrai que l’état-civil dans les pays européens, mon dieu c’était pas du tout un service performant et donc tous ces juifs qui ont disparus, en fait ils se sont fait passer pour mort histoire de mieux fonder Israël.

      Non mais sérieux.

      • Là par contre c’est un terrain délicat. Pendant plusieurs années après la guerre, surtout en raison du film « Nuit et Brouillard », on pensait que le nombre total de victimes s’élevait à 9 millions.

        Plus proche de nous, le nombre fait toujours débat. Les historiens font des estimations qui vont de 5.1 à 6 millions. Et des juifs dont le nom a été retrouvé, il y en actuellement 4 millions.

        Donc tout ça pour dire que malgré le service de l’état-civil, cette période reste relativement confuse.

      • Confus, OK, mais on parle de millions. DE MILLIONS.
        Je veux bien que les grands chiffres soient difficiles à conceptualiser, mais quand même… Donc terrain délicat mon cul, le simple fait que les néga

      • Bah c’est pas moi qui invente ces estimations. Ce sont les historiens qui en débattent (et je ne parle de Robert F.)

  21. Spoiler épique comme toujours X) (franchement les blagues de Séti m’ont tués sur ma chaise X)

    Etant étudiant en histoire, j’ai bizarrement apprecié le film, malgré le manque d’action, de profondeur et surtout d’émotion. Mais il y a quelques idées sympas et graphiquement il est de toute beauté !
    Mais j’avoue que je n’avais pas remarqué les 3/4 des incohérences présentes dans ce pavé, et franchement maintenant que j’y pense c’est vrai que c’est très con^^ (surtout Moîse le gros bourrin, s’aurait été drôle qu’il essaye de défoncer Dieu d’ailleurs XD)

    Je rajouterai ça aussi: Les hittites forment une ligne défensive avec boucliers et lances, ayant pour but d’arrêter la charge de cavalerie, mais la ligne se trouve complètement inutile car le cheval de Ramsès…saute par dessus les boucliers et le char avec?! What the fuck, depuis quand on apprend aux chevaux de chars à sauter par dessus des lances? D’ailleurs il aurait normalement dût se stopper devant les lances (c’est fait pour ça non?), ou alors si ce cheval est vraiment très con, s’empaler dessus vu l’élan ridicule qu’il prend.

    Et je terminerais sur une blague digne du Pharaon:

    Qu’est-ce qu’un lépreux qui prend un bain?

    un doliprane.

    (look on my works Ye Mighty, and despair^^)

  22. Bon monsieur connard.
    J’aurais juste voulu apporter ma petite pierre à votre immense édifice.
    Moise ne croit pas qu’il est le frère de la servante il le dit pour qu’elle ne se fasse pas couper le bras. Puisque ramès dit après à sa mère qu’il savait très bien que moise ne le laisserais pas faire et que moise la vérité seulement quand ça fausse mère lui avoue avant qu’il s’ exil. Ce qui rend la scène encore plus stupide puisque ramès a piégé moise pour…..rien?!
    Ensuite la fausse mère de moise me semble être la soeur du pharaon au début du film ce qui en fait la tante de ramés si mes souvenirs du film sont bon.
    ensuite pour participé au débat plus haut le cinéma est l’art de mettre des images animé sur une histoire. UNE HISTOIRE. Donc si l’histoire est raté alors le film est de ce fait raté malgré tout le talent que peut avoir un réalisateur.

  23. Excellent spoiler, camarade O.C.
    J’ai lu, j’ai ri, et c’est bien ainsi!

    En plus, grâce à vous, je gagne du temps: déjà que la BA ne donnait pas envie, là c’est clair que je n’irai pas le voir.

    Et puis, peut-être qu’avec l’âge je deviens sentimental, mais je ne suis pas fan d’un Dieu tueur d’enfants (j’aurais bien dit « enfants innocents » mais c’est quasiment un pléonasme: même s’ils sont parfois, voire souvent, têtes à claques, je doute qu’ils méritent un tel sort quelque soit la justesse de la cause).
    Et ce n’est pas la seule chose qui m’a fait tiqué en lisant l’Ancien Testament. Brrr… Remarquez, la mythologie grecque antique, ce n’est pas tendre non plus.

    Moi, la religion je ne dis pas non, mais alors avec modération, surtout quand elle peut servir d’excuse à des cas sociaux pour faire du mal aux autres. Bizarrement j’ai pensé aux jeux vidéos accusés de transformer des gens en tueurs sociopathes. Ben voyons! La plupart des gens quelque soit leur croyance ont les même préoccupations: travail, santé, famille, sécurité, factures et loyer à payer, etc… Tu parles d’une guerre de religion, c’est juste une petite minorité, des extrémistes et excités de tout poil, contre une grosse majorité, les modérés, qui aimerait juste vivre en paix.

    Sur ce, au plaisir de vous lire à nouveau, cher odieux!

  24. Film assez hilarant en effet! Mais contrairement à ce cher connard, je pense que c’est à dessein.
    Ramses est hilarant en ado capricieux et sociopathe, moise est très drôle en tueur sanguinaire dépassé par les évenement, Dieu est génial en enfant attardé et génocidaire.
    Un film décalé, du vrai humour noir. J’ai bien aimé.

  25. (clavier qwerty donc pas d’accents)
    Excellent spoiler! Certes long, mais jouissif du debut jusqu’a la fin.
    Face a votre genie, j’ai une requete a faire. Quelque chose d’horrible. Monstrueux. Mais qui ferait vos lecteurs mourir de bonheur suite a une crise d’hilarite monumentale.

    50 Shades of Gray, spoiler?

    • euh… non.
      par contre y a une tétrachiée de saletés à venir, ça devrait aller.
      genre ant-man …
      parce que bon un spoiler sur un documentaire sur les femmes battues…

      • Justement: c’est une apologie des relations abusives et pourtant, il y a qd même des gens assez cons pour considérer ce.. truc comme étant le comble de l’érotisme. T’imagines tout ce que le Connard pourrait faire avec qqch d’aussi magique? The possibilities are endless!

      • Fun fact : vous savez que dans l’univers Marvel, Ant-man est quasiment le seul superhéros qui bat son épouse ? Parfois, dans les versions récentes, il se contente d’être un enfoiré manipulateur ou un gros con passif-agressif, mais de base, c’est un superhéros qui bat sa superhéroïne de femme.

        Beecause.

      • ha, j’eusse cru que deadpool détenait la palme.
        pour 50 étrons nuancés… au final, c’est vrai… ça pourrait être marrant.
        mais les statistiques me rendent frileux quand même… bah, on verra. ça a le potentiel pour être un spoil aussi bon que ceux d’un twilight ou aussi peu de contenu drolesque qu’un lavement. on peut vite se lasser de 10 paragraphes de « owi owi frappes moi avec une babouche sur l’oreille pendant que je m’étrangle au fil dentaire »

  26. Il y a quelque chose que je n’ai jamais compris : le coup du sang d’agneau.

    Si c’est Dieu il sait quelles familles sont hébreuses et lesquelles ne le sont pas ; ça ne sert à rien à part laisser la porte ouverte (haha) à soit des oublis et donc des morts de premiers nés hébreux, soit des rajouts et donc des sauvetages de premiers nés égyptiens.

    Et comment les égyptiens n’ont-ils pas compris l’astuce du sang d’agneau sur la porte, ça a du faire un sacré bordel d’en égorger autant, et ça n’est pas discret non plus d’un point de vue déco..

    Bref

    • Mais peut-être que Dieu a la flemme de tout faire manuellement (il ne fichait déjà rien depuis 400 ans) et lance juste un programme plaie.exe qui ne fonctionne que sur les maisons avec sang d’agneau.

    • De mon point de vue, c’est parce qu’il y a une histoire de foi là-dedans.
      Dieu sauve les gens qui ne prennent pas Dieu à la légère et mettent du sang d’agneau sur leur porte. Les autres, qu’ils soient hébreux ou egyptiens, n’ont pas foi en Dieu et n’ont qu’à crever, du coup.

    • Dieu dans l’ancien testament est en effet très axé punition/récompense. La récompense: tu vis un jour de plus. La punition: la mort (très efficace, le taux de récidive est de zéro pourcent)

      • Oui, c’est pas faux (je précise que j’ai compris la phrase). Mais on sacrifie rarement quelquechose à quelqu’un en qui on ne croit pas, donc pour moi c’est plus ou moins pareil. Et pour en revenir au film, il me semble que les Hébreux lui prouve surtout qu’ils confondent un agneau et une brebis. Parce que leurs agneaux avec des mamelles, ça m’a un peu chiffoné.

    • Parce que Dieu c’est un troll et puis bon quand tu es le créateur de l’univers tu peu te permettre tout les fantaisies et délires, après tout personne vas venir te souffler dans les bronches. Et c’est clair que pour le coup dans cette histoire non seulement c’est un gros connard mais un plus un flemmard de première le Dieu ^_^ (je préfère sa version dans les Simpson quitte à choisir x-D)

  27. Est-ce que les actions du film sont compatibles avec le commandement n° 6 ?
    (« Tu ne tueras pas »)

    Sérieusement… la bible est une vieille fiction « Best Seller » .. un peu comme Harry Potter de nos jours. Il serait aussi intéressant d’y relever toutes les incohérences qui y sont notés… du style :
    « Si on te frappe tends l’autre joue » et quelques pages plus loin « Oeil pour oeil, dent pour dent »..

    Franchement, ça fait +2’000ans que plus personne n’a vu dieux et les gens continuent à y croire uniquement grâce au bouche à oreille ? Malheureusement, il faudra encore des centaines d’années avant que le monde ne devienne enfin athée….

    Et je ne parle pas des autres religions où il y a des règles qui sont inventées au fur et à mesure… du style « interdiction aux femmes de conduire », alors qu’à cette époque la voiture n’existait même pas(!!)…. Sérieux ? Est-ce que dieu envoie des correctifs maintenant ?

    Enfin, il y a aussi les « pirouettes » dignent des plus grandes séries américaine du style, on pourrait penser que si dieu existait, il pourrait facilement éradiquer la famine, maladie, guerres, etc…. mais les scénaristes ont sortit : « Le libre arbitre » !

    • Ah mais non je ne suis pas d’accord, il y en a qui ont vu Dieu. Bon en général on les trouve dans des asiles ou dans des sectes. Ça existe, j’en ai rencontré (lors d’un weekend de préparation au mariage, expérience assez épique au demeurant). Mais c’est peut être juste parce qu’on ne veut pas les croire qu’on se moque d’eux. Ils ont peut être raison en fait…
      Après le truc du libre arbitre on est bien obligé de le poser dès le début, sinon Dieu avec ses super pouvoirs aurait du créer un monde parfait tout de suite. Tiens d’ailleurs une question théologique: Si Dieu était parfait, tout ce qu’il fait devrait être parfait, donc notre monde devrait l’être. Du coup si le monde n’est pas parfait, Dieu est il vraiment parfait, ou tout puissant? Vous avez 3 heures…

      • Si Dieu est omniprésent et omnipotent, peut-il créer un monde ou il ne peut intervenir et ou il n’a aucun pouvoir? Classique des contradictions religieuses

        Et rien ne dit que notre monde n’est pas parfait selon sa conception…

      • « Les voies du Seigneur sont impénétrables », variante religieuse de « Ta gueule c’est magique ».

      • @ RRRomain

        exactement, c’est qui est amusant c’est que cet argument qu’on sort pour les incohérence cinématographique en plaisantant, y’en a qui le sortent le plus sérieusement du monde pour la religion, et qui tuent au nom de ce principe… Donc on retrouve l’idée que certaines personnes sont vraiment aussi con que certains films…mais les films ne tuent pas (alors que les journaux, oui, encore du racisme tiens…)

      • Qu’est-ce qui prouve qu’il souhaitait créer un monde parfait? On dit qu’au bout d’un moment, la perfection est ennuyeuse. Même dans l’hypothèse où il serait parfait et tout-puissant, Dieu aurait put créer un monde imparfait pour le simple plaisir de le rendre plus intéressant à regarder. Ou peut-être bien que guérir l’imperfection est la mission de l’humanité (après tout selon la Bible, il nous a crée à son image).
        Il y a pas mal d’hypothèses possibles.

    • Peut-être parce que nous voyons les choses à l’échelle humaine (quelques dizaines de millénaires de civilisation tout au plus) et Dieu les voit à l’échelle divine (Censé être le Créateur à l’origine de toute chose, donc existe depuis des milliard d’année). Ce qui nous parait horrible sur le coup s’explique à l’échelle divine. Et comme personne ne se hisse au niveau de Dieu, on ne peut comparer.

      Votre fils, vous ne le laissez jamais faire d’erreur pour qu’il apprenne par lui-même? et vous pensez que sous prétexte qu’il a fait une connerie une fois, il ne la fera plus?

      Le problème de la Bible comme du Coran, ce que beaucoup les prennent au pied de la lettre alors qu’ils n’ont été écrit que par des humains. Et la contradiction est typiquement humaine. Votre exemple se retrouve « presque mot pour mot » dans le Coran ou il existe deux sourates qui se contredisent quant à l’attitude à avoir vis-à-vis des Chrétiens et des Juifs. La Bible, le Coran et la Torah sont aussi « impurs » que le sont nos âmes puisque l’œuvre de ces dernières, ou supposée être.

      Sinon bon boulot de l’OC, comme d’habitude (à quelques exceptions exception près;))

    •  » il faudra encore des centaines d’années avant que le monde ne devienne enfin athée…. »

      Et bien j’espère que tu te rend compte de la connerie que tu viens de sortir.

    • Les Cathares avaient tenté de justifier ce paradoxe du « Dieu parfait mais création imparfaite » en sortant la fanfiction suivante :
      Au début vivaient Dieu et les démiurges. Dieu était la divinité parfaite, les démiurges la divinité imparfaite. Dieu étant parfait en tout, il lui était impossible de s’ennuyer et il aurait sans problème vécu pour l’éternité seul avec lui-même. Mais les démiurges étaient eux imparfaits et donc vulnérables à l’ennui. Ils décidèrent alors de créer le monde matériel pour voir les bestioles et les éléments se foutre sur la gueule et pouvoir enfin s’amuser.

      Le problème avec les Cathares c’est qu’ils considéraient tout le monde matériel comme diabolique. De plus, Jésus était pour eux l’envoyé du Dieu parfait venu sauver les hommes, or je vois mal l’avatar de l’être parfait sortir des phrases comme « qui n’est pas avec moi est contre moi (Matthieu 12:30, d’où pensez vous que George W. tienne cette phrase ?) et promettre la damnation éternelle aux mécréants.

      De toute façon cette fanfic reçut un accueil plutôt froid de la part des fanboys adepte de la version chrétienne qui réduisirent au silence ces fantaisistes au cours d’un intense Flame War aussi connue sous le nom de croisade des Albigeois (« Tuez les tous, Dieu reconnaîtra les siens ! »)

  28. Après le guerrier Moïse maniant la lame, attendons-nous aux aventures de Jésus poutrant du Romain au Shotgun et à celles de Mahomet dégommant de l’infidèle au sabre laser et moult étoiles de la mort.

    Ridley Scott, le mec qui a tout compris à l’histoire. Dans Kingdom of Heaven, l’armée de Saladin c’était pas moins de 200 000 hommes (je crois qu’on mésestime légèrement l’importance de ce nombre à l’époque). Dans Robin Hood, les soldats français qui envahissent l’Angleterre en accostant aux pieds d’une falaise (point très stratégique on en conviendra tous). Dans Exodus, des Egyptiens qui laissent armes, chevaux et terrains d’entraînements aux insurgés Hébreux pour que l’affrontement soit équitable… Quel sens pratique ce Ridley Scott !

    • ça a l’air aussi bon qu’un « space pirate » plus connu sous le nom de « el baron contra los demonios ».
      un film sans espace ni pirate. mais ça vendait plus.

  29. Est-ce que la scène du récit de la bataille de Qadesh par Ramsès (bataille d’ailleurs présentée comme une grande victoire par les hiéroglyphes alors que les historiens s’accordent pour dire qu’il s’agit au mieux d’un match nul) n’est pas une façon intelligente de montrer que les récits oraux (ce qu’a été la Bible pendant plusieurs siècles) ne sont pas à prendre au premier degré?

  30. J’ai découvert ce blog, par hasard, il y a quelques jours, et, comme c’est amusant, je suis revenu régulièrement pour lire un spoil ou un autre depuis lors. Pourtant, l’incohérence la plus apparente sur ce blog est la dichotomie entre, d’une part, la considération avec laquelle l’auteur brise les illusions et les artifices d’un spectacle de divertissement et, d’autre part, la vacuité de l’exercice. Comprenez bien : ça ne me dérange pas. Au contraire, c’est cette sévérité qui fait tout l’intérêt de ces articles qui me font marrer, mais, en même temps, je ne peux pas m’empêcher de me demander comment un homme en arrive à devenir un odieux connard. Ce blog me fascine. Je veux faire un biopic sur le sujet et je veux qu’il soit spoilé ici. Je vous aime, Odieux Connard !

    Bisous <3

  31. Je ne sais pas si l’information est passée par ici, mais en googlant « Odieux Connard » pour me rendre en ces lieux de perdition, mon regard a été accroché par ce lien: http://www.corlaix.net/vincent/blog/2014/lodieux-connard-est-odieux-et-con/
    En un court billet (c’est toujours ça de pris), le monsieur tente de tailler un costard au maître des lieux; ce qui me chagrine, c’est que le pivot de son argumentaire est la phrase suivante: « Car si il est évident qu’aucune histoire n’est parfaite, le fait même que ces imperfections existent permettent que l’histoire existe. »
    Ces deux assertions, séparées par une virgule, me semblent aussi fausses l’une que l’autre:
    -Des histoires parfaites, au sens de la cohérence du scénario et des personnages, au cinéma, ça doit bien exister (oui, je pense très fort à Sergio Leone, on ne se refait pas).
    -Les imperfections de l’histoire ne sont manifestement pas la condition d’existence de cette histoire.
    La suite est du même tonneau: Une fois cet argumentaire ô combien brillant développé, la seconde partie tente la comparaison avec Durendal, ce qui me semble au bas mot abusif (qu’on aime ou pas le personnage, son but premier n’est pas de faire rire à propos des films), puis de faire accroire qu’un scénario cohérent aboutisse nécessairement à un film chiant (ce qui me semble là aussi très douteux), tout en concluant sur le Point Godwin de la critique cinématographique vide d’arguments: « Film français = Film chiant ».
    Bref, j’ai bien ri.

  32. Après « Exodus : Gods & Kings », découvrez le prochain film de Ridley Scott « Colombus : Brave New World » :)

    • Je rebondis là dessus: c’est l’aristocratie égyptienne antique qui a transmis aux juifs la tradition de la circoncision, donc la blague sur les douches et la bonde pleine de semence ne fonctionne pas trop…

      Certains pensent d’ailleurs que Moïse était en fait Touthmosis, grand frère illuminé et violent d’Akenathon, à qui leur mère Tiyi (ainsi que leur grand mère) avait bourré le crâne de salades monothéistes.

  33. Cher Odieux Connard,

    Je ne vous remercie pas. Je suis tombée par hasard sur votre blog hier après-midi (mais comment ai-je pu vivre autant d’années sans?). Vu que j’avais une foultitude d’articles en retard à rattraper, le reste de ma journée a consisté à pleurer de rire jusqu’à passé une heure du matin.

    Résultat: j’ai derrière moi quatre heures de sommeil, et devant moi l’impressionnante pile de copies que je devais corriger hier. Autant vous dire que, lorsque les étudiants viendront se plaindre de leurs points distribués au lance-pierre, je ne manquerai pas de vous incriminer.

    En plus, avec un peu de chance, ils viendront vous lire, ça les changera des Marc Lévy qu’ils osent crânement amener en classe pour faire genre « Regardez, madame, je lis des livres ».

  34. Pingback: Exodus. Gods and Kings | Le Bibliocosme·

  35. Cher OC.
    Rien à voir avec la choucroute mais je viens de trouver votre fantasme superbement mis en image.
    Pour le brandy, ce sera sans glace merci.

    • Excellent! Enfin, sans vouloir chipoter, si elle se met volontairement dans le coffre, ça ôte tout le charme de la cha… séduction, non?

  36. je vous conseille le cantique des cantiques. vous verrez que la Bible ne manque pas d’érotisme (mais mieux écrit qu’une fanfiction, je le reconnais)

  37. A la base, j’avais trouvé le film bof, un peu chiant et sans intérêt, mais après avoir lu cette réécriture, j’ai l’impression qu’on m’a ouvert les yeux sur un blogbuster américain bien pourri…
    Dommage.
    En tout cas, très bonne analyse ;)

  38. Ce qu’il y a de bien avec Exodus, c’est que ça donne très envie de revoir « le Pince d’Égypte ». Et ce qui est encore plus fantastique, c’est que le dessin animé à une histoire plus crédible…

  39. Imagine que voyageant en Amérique Latine, j’ai vu ce film trois fois dans le bus! Cela m’a bien fait rire. Le pire film vu dans un des bus (deux fois, celui-là), c’est Apocalypto de Mel Gibson. Je pense que bien c’est le pire film que le monde entier ait connu.

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