Histoire de l’Art

« Qu’est-ce que l’Art ? » demanda un jour Platon à ses disciples.

« Votre beau verbe ! » répondit aussitôt Fayos, son élève du premier rang. Après s’être vertement fait claquer la face à coups de sandalettes par ses petits camarades, Fayos leur laissa la parole et l’un après l’autre, ils évoquèrent qui la poésie, qui la peinture, qui le théâtre… par contre, le cinéma, rien. Ce qui prouve bien que pour être un disciple de Platon, il fallait être un sacré petit jean-foutre. Si ce jour là, les discussions furent agitées, le plus étonnant fut de voir ce débat traverser le temps et l’espace pour réapparaître à Paris par un beau jour d’octobre 2014, agitant l’onde grise de nos quotidiens de la mauvaise brise du n’importe quoi.

Mais, revenons plutôt sur les faits.

Le 16 octobre 2014, on gonfle, Place Vendôme, une immense structure verte en forme d’arbre intitulée Tree, en tant qu’oeuvre présentée hors les murs de la Foire Internationale d’Art Contemporain, F.I.A.C. A ne pas confondre avec les F.R.A.C, les Fonds Régionaux d’Art Contemporain, dont la mission est d’acheter des trucs dont personne ne veut pour les mettre dans des endroits où on l’espère, personne ne les verra. Pour l’anecdote, j’ai découvert les F.R.A.C le jour où, sortant de mon bureau, je suis tombé nez à nez avec un nain de jardin à demi-fondu déposé devant ma porte. Si j’ai d’abord pensé à une énième menace de mort, j’appris par la suite qu’il s’agissait d’une oeuvre d’art contemporain constituée de « nains de jardin fondus au four » louée par le propriétaire des locaux (véridique). F.R.A.C, je sais qu’il te manque un nain. Ne le cherche pas. Après avoir renommé « Napalmito » la pauvre chose devant ma porte qui semblait m’implorer de la tuer, je lui ai fourni un enterrement de première classe. Le nain repose donc désormais au fond d’un jardin comme celui qu’il n’aurait jamais dû quitter, enterré juste à côté d’une étudiante serbe. Ou croate. Je ne suis plus sûr, mais en même temps, les gens parlent toujours trop vite et articulent peu quand on les menace avec une pelle.

Mais revenons à notre sujet.

Alors que le Tree est gonflé Place Vendôme, quelqu’un d’autre, visiblement lui aussi gonflé Place Vendôme, surgit de la foule et décoche trois coups dans la margoulette de Paul MacCarthy, l’auteur du Tree, au motif qu’il n’est « Pas Français« .

Je te comprends, camarade. Moi aussi, j’en ai marre de ces Foires Internationales où l’on retrouve des internationaux. Honteux, on vous dit.

Mais passons.

Car une fois l’arbre gonflé, la polémique peut débuter, et partir de la poubelle du net : Twitter (c’est comme 4Chan, mais avec des journalistes dessus).

Plug

Moi j’y vois juste du moche. Mais après, je ne suis pas un expert.

Aidés par leur science ancestrale du plug anal, les amis du Printemps Français se sont donc indignés sur le fait que cet arbre (auquel l’artiste a volontairement voulu donner une double apparence) n’avait rien à faire ici, tant comme chacun sait, la localisation normale d’un plug anal est explicitée dans son intitulé. C’était donc parti pour une guerre de Tweets aussi courte qu’inintéressante, qui s’est achevée par une attaque sur le terrain de mystérieux individus qui ont tout simplement débranché l’oeuvre. Résultat ? Deux jours après son inauguration, l’oeuvre était remballée par l’artiste. Avec d’un côté, un triomphe de débilous, et de l’autre côté, des arguments tout aussi intelligents comme la directrice artistique du F.I.A.C qui n’a pas hésité à lâcher : « A quoi sert l’art si ce n’est de troubler, de poser des questions, de révéler des failles de la société ?« 

Visiblement, quelqu’un a été enfermé trop longtemps avec des artistes pipeauteurs. Non parce qu’aux dernières nouvelles, l’art pouvait faire plein d’autres trucs. Majoritairement, même. Mais bon, hein, on ne va quand même pas utiliser de vrais arguments, on risquerait de convaincre quelqu’un.

Du coup, posons-nous la question :

Qu’est-ce que l’Art ?

L’Art, pour couper court à 98,9% des débats à ce sujet afin de savoir si faire caca sur le tapis peut être qualifié d’oeuvre ou non, est en réalité, je crois, l’exact opposé de ce pourquoi on se tape sur le museau dans les médias qui vont bien. En fait, si je devais le définir, je dirais que l’art est non pas dans les doigts de l’artiste mais dans les yeux du spectateur (Chhht, je sais). Ainsi, lorsque la fille de ma voisine ramène un dessin de l’école, c’est assez objectivement à chier. Pourtant, ma voisine, elle, trouve cela merveilleux et n’hésite pas à accrocher au mur cette croûte faite au feutre fluo et dans lequel le personnage supposé représenter maman fait à peu près deux fois la taille de la maison. Deux fois la taille de la porte aurait suffit, dirais-je bien volontiers, mais ma voisine lit peut-être ce blog en cachette alors je vais feindre l’innocence et continuer à profiter de ses trop-pleins de muffins. Bref.

Ce qui pose la question : quand un mec pose un cube sur une table, peint un tableau blanc en blanc ou commande un arbre géant en plastique et qu’il dit que c’est de l’art, est-ce de l’art ? Quand on compare des chiottes signées et le plafond de la chapelle Sixtine, peut-on parler d’oeuvre dans les deux cas ? Quand on parle de Pierre Desproges et de Gad Elmaleh, peut-on tous les deux les qualifier d’humoristes de la même manière ? Enfin, quand Nicolas Cage tourne dans un film, doit-on parler de 7e art ou de blague scatophile ?

En fait, je ne sais pas vous, mais moi en général, les qualificatifs, j’ai toujours eu la vague impression – mais je peux me tromper – qu’ils avaient vachement plus de sens quand ils étaient donnés par autrui que lorsqu’ils étaient proclamés. Ainsi, un mec peut se pointer devant vous et dire « Je suis artiste » et « La chaussure posée sur ma tête est une oeuvre« , ça revient à peu près au même que de dire « Je suis beau. » et « La lèpre qui ravage mon visage est la plus belle chose que tu aies jamais vue. » A moins de faire en même temps des passes magnétiques et d’agiter un pendule, logiquement, le mec n’est pas plus un artiste ou sa chaussure une oeuvre que s’il y a des gens pour le décider. Et encore, ça ne sera valable que pour eux.

D’ailleurs, juste comme ça : c’est ainsi qu’on a commencé à distinguer artisans et artistes, à savoir sur la qualité de leurs œuvres. Si en passant devant un mur, les gens faisaient « Wouaaaah ! » c’était une oeuvre, s’ils ne remarquaient rien ou trouvaient ça moche, ce n’en était pas une. C’est comme ça que l’on distinguait Michel-Ange d’un peintre en bâtiment. Mais bon, hein, si en plus il faut être reconnu… merde, depuis quand faudrait-il bien faire son travail pour avoir le droit à de la reconnaissance ? Hein ? Bande de fascistes !

Cela dit, l’art obtient aussi des super pouvoirs avec le temps : ainsi, plus un truc est ancien, plus il compense sa qualité par une sorte de légitimité magique. Bondissons dans le temps et allons donc en 12 500 avant Djizousse, au paléolithique supérieur et plus particulièrement du côté de la grotte du Castillo, en Espagne. C’est un jeudi, il est 17h15, et on se fait un peu chier. Lorsque soudain, Grutz, chasseur local, décide de coller sa main sur la paroi de la grotte puis de frotter autour avec des restes du paléo-chorizo de midi. Résultat, apparaît sur la paroi de la grotte une merveilleuse impression en négatif de sa main. Groñion, qui était à côté en train de polir une pierre, lance donc le premier débat sur l’art de l’histoire, que je vous traduis directement du Greugreu, le langage de l’époque (que seuls les Hollandais ont conservé) :

« Mais ? Putain Grutz, qu’est-ce que tu fous ?
– De l’art !
– Qu’est-ce que c’est que cette connerie ? Tu vas tout de suite effacer ta saloperie du mur !
– Non, c’est une oeuvre.
– Et c’est aussi là que je dors, alors tu m’effaces ça tout de suite ! Est-ce que moi je viens dessiner des conneries sur ta paillasse ? En plus c’est pas une oeuvre, ou je sais pas quoi, parce que je peux faire pareil !
– Ahaha, le truc typiiiiique du mec qui n’y pige rien ! Groñion, mon vieux, tu es un fat. 
– Tiens regarde, passe moi le paléo-chorizo. Et… hoooop ! Pareil !
– Non, c’est pas pareil. Là c’est une copie. Tu me dois des droits.
– Que… attends, j’en refais encore une mais avec le pouce orienté différemment ! Ahaha, et voilà ! Une oeuvre ! Originale et tout !
– Dadaïste ! Comment oses-tu ?
– Da… quoi ? Bon écoute, tu nous fais chier.Même ma fille peut le faire. Grügrüte !
– Oui Papa ?
– Fous ta main là.
– Mais qu’est-ce que… beeeh, c’est tout gras !
– Alors ? Alors ? Grutz ? Ah, tu ne dis plus rien ? Tu boudes, hein ? 
– Je ne suis pas reconnu, vous êtes des rustres.
– Ouais, c’est ça, et après ta mort, on trouvera ça génial. Alors que t’es gentil, mais c’est juste du chorizo sur un mur. Maintenant, aide-moi, on a des pagnes à rafistoler. »
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Le résultat de l’engueulade. Mon explication n’est pas rentrée dans les livres d’histoire parce que je suis un incompris.

Essayez de faire la même chose aujourd’hui sur le mur de votre voisin en expliquant que c’est un hommage à nos origines lointaines, il y a de fortes chances que vous ayez simplement une main en négatif sur la margoulette en retour. Mais là, c’est vieux donc de l’art. Enfin j’espère, sinon le Printemps Français va venir effacer tout ça en y voyant un lendemain de soirée Fist.

Le constat est donc celui-ci : l’art n’existe que pour son public. Vous connaissez l’histoire : si un arbre tombe au fond des bois sans personne pour l’entendre, fait-il du bruit ? Si Picasso peint un truc au fond des bois sans personne pour le contempler, fait-il une oeuvre ? Ou fait-il simplement marrer les écureuils ? Et si Picasso fabrique une noisette de 250 kilos, devient-il un artiste pour les écureuils ? Et puis d’abord, que foutrait Picasso avec 250 kilos de noix ? Encore, une noix de 250 kilos qui conduit une Picasso, on en croise plein sur le périph’, mais au fond des bois ? Et puis qu’est-ce que vous m’emmerdez, avec vos questions, d’abord ?

Du coup, il est assez amusant de constater que si l’art contemporain est devenu une gigantesque partie de Taboo à partir du moment où l’on ne veut pas passer pour un imbécile,  plus personne ne s’intéresse vraiment à la question de savoir si l’oeuvre en est une aux yeux du public ou non. Ce qui est vaguement dommage, puisque débattre sur le reste, c’est un peu comme débattre de La Planète des Singes : Origines ; certains vous diront que c’est une oeuvre du 7e art, d’autre que c’est une sombre merde.

La seule chose que cela permet de savoir, c’est qui a du goût ou non.

Du coup, il en va de même quant à exposer un arbre gonflable en plastique vert comme « oeuvre majeure », ou un peu avant, il y avait pire sur la même place (mais il n’y avait pas de référence au sexe, donc on s’en foutait), à savoir ceci :

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L’oeuvre est là. Si. Si, regardez. Oui, moi aussi, au début j’ai juste cru à un échafaudage de restauration qui s’était vautré. Non, c’est l’oeuvre « Cabane » de Tadashi Kawamata. Et non, ça ne forme même pas une cabane, si vous vous demandiez.

Personnellement, j’ai toujours mon vieux principe : « Quand il faut plus de temps pour justifier une oeuvre que pour la faire, c’est probablement qu’il y a un problème. » (valable aussi quand vos élèves viennent tenter de négocier 0,5 point sur leur copie durant 20 minutes quand il leur a fallu 0,7 secondes pour se planter de réponse), mais notons que cela souligne le vrai problème :

Ce n’est ni l’artiste, ni l’oeuvre. Ni ce que l’on y voit ou non. Et encore moins ce qu’est l’Art au sens universel, puisque ça n’existe pas.

Le problème, c’est qu’il y a d’un côté gens pour trouver ça génial et y voir une oeuvre et qui ont une position et des moyens suffisants pour les infliger au reste du monde, et de l’autre, des gens assez bêtes pour tout péter au motif qu’ils n’aiment pas, et donc en plus renforcer ce qu’ils honnissent.

Alors, la seule vraie question qui me reste à la fin de ce débat, c’est celle-ci :

Diable, mais qu’est-ce que je fous sur une planète ? Autant de gens, si peu de goût !

Bonus :

Art Contemporain

Vous pouvez cliquer pour lire en plus grand. Mais si.

170 réponses à “Histoire de l’Art

    • l’Art Contemporain est une imposture? C’est vrai qu’il arrive que devant une sculpture ou une peinture, on se demande si c’est bien de l’art ou du…cochon. Un tableau, très grand, tout blanc, avec à peu près au milieu un point noir, laisse sans voix, je devrais dire sans voie car on se trouve dans une impasse. Et pourtant, cet art là, se vend, parfois, parait-il, très cher! L’Art Nac n’est pas à la portée de tous, ni intellectuellement, ni, et c’est heureux, à la portée de toutes les bourses! Autrement il se trouverait des pauvres pour vouloir accrocher cette « expression » sortie du cerveau de « l’artiste » au dessus de sa tête de lit! L’imposture prospère dans les milieux généralement feutrés et mondains de l’art. Et de l’imposture à l’escroquerie, il n’y a souvent pas beaucoup de distance. Ce tableau blanc avec un point noir au milieu peut-il, s’il crée une « émotion » être considéré comme de l’art? Le fait d’en parler n’est-il pas admettre, un peu, que c’est de l’art? Au début, on s’étonne, on s’indigne, puis en y regardant à deux fois, trois, quatre, cinq fois, eh ben oui ce point noir au milieu de l’immensité immaculée ne manque pas de nous repousser vers les derniers retranchements d’un snobisme dont on ne se serait pas cru capable. L’art comme la politique, c’est l’exploitation de la bêtise humaine. Et plus la ficelle est grosse plus ça prend. L’Art Nac a de l’avenir.

  1. « Le problème, c’est qu’il y a d’un côté gens pour trouver ça génial et y voir et qui ont une position et des moyens suffisants pour les infliger au reste du monde »
    Très clairement je trouve que cette phrase exprime magnifiquement votre tendance expresso-néo-mama/dadaïste, Odieux Connard. Génie artistique.

  2. Personnellement, n’ayant aucun sens de l’art, j’ai compris celui ci quand j’ai vu le film « Achille et la tortue » de Takeshi Kitano :D

    • Ce passage est magique : . « La lèpre qui ravage mon visage est la plus belle chose que tu aies jamais vue. » De mon côté, cela m’a donné l’envie de revoir Dune ( superbe film hautement artistique). Cet acné, quelle superbe représentation de l’art brut! (vers 2min20 http://www.youtube.com/watch?v=TqPMK7X2xu8)

  3. Cet article sort pile après que j’aie fini de lire celui avec Zahia il y a 4 ans (enfin de relire. Si vous savez : c’est moi qui, quand je m’ennuie au boulot, relis votre blog du début à la fin. Ou de la fin au début, ça dépend des humeurs.)
    Magnifique sens du timing et de l’à-propos, dirai-je donc.

    Et très bon article, cela dit en passant.

    • Moi je l’ai relu juste après (suite au lien de la gigantesque partie de Taboo), et aujourd’hui j’ai entendu que Zahia exposait à la FIAC.
      Ca laisse rêveur…

  4. Vous avez omis cher Odieux une catégorie de (pseudo) amateurs d’art:ceux qui vont trouver qu’objectivement ce qu’on leur présente est de la merde mais qui vont affirmer le contraire de peur de passer pour des ploucs.
    Manque de bol,c’est souvent ce genre de personne qui décide des achats dans les collections régionales ou qui s’occupent des fameux 1% »artistiques » des nouveaux espaces publics!

    • En fait pas forcément.
      Les artistes contemporains c’est un peu comme la bourse : des riches « investissent » dans un artiste en achetant ses tableaux en espérant qu’il se fera un nom (grâce à leur investissement, notamment, ou en lui organisant des expos, des vernissages, des galeries…) pour ensuite pourvoir revendre lesdits tableaux une fois qu’ils auront pris plus de valeur grâce à leur pub. Et recommencer depuis le début.

      Ça permet également de faire un doigt aux impôts.

      Tout ceci dans la plus flagrante mauvaise foi évidemment.

  5. Merci pour cet article éclairé, cher Odieux. A titre personnel, je n’ai jamais traversé un musée plus vite que le MoMA, et je garde un souvenir assez peu ému de la pelle suspendue au plafond signée Marcel Duchamp.
    Quand au « Tree », j’en suis encore à me demander si tous les gens qui ont gueulé savaient ce qu’était un plug anal. On ne voit jamais que ce qu’on a envie de voir…

    • Ce qui est marrant, c’est la démarche des Surréalistes en général, et de Duchamp en particulier, peut justement être comprise comme un questionnement de la sacralisation du matériau artistique.

      A mon sens, ce ne sont pas à ces artistes qu’il faut s’en prendre, mais plutôt à ceux (et notamment les institutions muséales, donc) qui ont, en quelque sorte, dénaturé leur propos.

  6. Bonsoir, voisine du cher Musée ayant exposé et vu exploser « Piss Christ », je n’ai pas la prétention de me revendiquer artiste content-pour-rien (ah merde, trop tard, c’est dit) mais je suis une grande admiratrice (un peu de lèche par-ci par-là) à la recherche de polémique(s) pour faire exploser la côte de mes créations.
    Alors je reproduis Marine Le Pen et ses amis en tampons, avec des mots pas jolis jolis et insultants. Parfois, ils effrayent même les petites mamies.
    http://enowart.blogspot.fr/

    Sinon, je voudrais également lancer une nouvelle polémique sur Paul McCartney … euh Carthy, qui a allègrement copié le logo des magasins d’alimentation « SPAR », sans aucune autorisation. Plagiat, plagiat, pas bien.

    Cordialement.

  7. Faut-il parler de « sodomie intellectuelle » plutôt que de « branlette intellectuelle » avec cette œuvre ?

  8. Bonjour, encore merci !

    Je ne saurais qualifier un travail d’art ou de sombre merde, mais je sais une chose, Mr l’odieux, vous êtes un Artiste !

    • C’est le plus surprenant. Naturellement, en connaissant un peu l’auteur, on peut se dire qu’ils ont bien compris le message, mais personnellement, je n’ai pas du toutn pensé à ça la première fois que j’ai vu ce truc.
      De là à dire que certains contradicteurs sont des obsédés …

    • Moi aussi j’ai compris le message: « Votre sapin de Noël communal, vous pouvez vous le foutre au… »

      • C’est plutôt une dénonciation des fêtes saturnales qui avec l’avènement du catholicisme et du capitalisme, sont devenues, pour la célebration de la vie des origines, une séance de sodomie.

        Évidemment toute personne ayant aimé sa première séance de sodomie passive ne pourra comprendre… hein les anciens enfant de choeur?
        C’est également devenue une séance active pour les marchand que djizousse voulait hors du temple. Mais bon la religion n’est pas à une contradiction près.

    • Exactement ce que je me suis dis aussi. Ma 1ère pensée même, alors que je m’y connais un peu en art… Moins choquée donc par l’inutilité de cette « œuvre » (à mon goût, mais chacun ses goûts!) que par les connaissances en plug anal des cathos intégristes et surtout par le fait qu’ils ne voient vraiment que ça et d’emblée! Ces gens-là ont vraiment un pb avec le sexe… Les pauvres… Ils font pourtant comme tous les animaux…

    • Ouais, d’ailleurs, y’a même des cathos intégristes qui connaissent le chandelier à 7 branches ou la main de Fatima. C’est fou, je me demande s’ils sont bien cathos en fin de compte.

      • En même temps personnellement je ne connaissais pas l’expression « plug anal » avant de lire cet article. J’aurais plutôt utilisé le terme « godemiché », je ne savais pas qu’il y avait tant de subtilités. Donc reconnais que c’est quand même suspect de savoir ce genre de trucs si on n’est pas censé s’intéresser au sujet…

      • Certes, mais il suffit d’une source pour expliquer ce qu’est un plug anal, et beaucoup de monde est alors au courant ^^
        Les cathos intégristes ne sont pas ma tasse de thé, mais dire que « hihihi c’est bizarre qu’ils connaissent le plug anal », cela me fait penser aux discussions d’une cour de collège. Ou à Twitter.

    • Peut-être parce qu’il ne s’agit pas seulement de cathos intégristes, mais aussi d’individus lambda qui font preuve de sens critique; tout en connaissant l’utilité de l’objet représenté, on peut légitimement considérer me semble-t-il, l’érection (au sens propre) de ce dernier sur une place publique comme une imposture artistique…

      • Débrancher de manière arbitraire ce n’est pas faire preuve de sens critique. Les passants peuvent considérer cette œuvre de la façon qu’ils le veulent mais absolument pas d’imposer leurs conclusions.
        Des objets ou des représentation déplacées nous pouvons en trouver partout, de l’enceinte des lieux de culte aux espaces publiques.
        Si je devais cramer tout ce que personnellement je juge déplacé il n’y aurait déjà plus beaucoup d’espaces publicitaires… Et jugé d’une sois disante imposture c’est tellement subjectif.

    • Parceque la culture générale n’a rien à voir avec l’emploi des objets.
      Je sais reconnaître un marteau-piqueur. Je n’en ai pourtant jamais utilisé.

    • Je pensais pareil, mais on m’a conseillé de jeter un oeil aux autres « oeuvres » du monsieur…. il a fait bien moins subtil par le passé ! Peut-être qu’ils le connaissaient déjà de nom, du coup.

  9. Dans la dernière phrase du dialogue entre nos ancêtres les hommes des cavernes, il manque un « des » : « Maintenant, aide-moi, on a pagnes à rafistoler. » Voilà, voilà.
    Sinon très bon, comme d’habitude. ;)

  10. « L’art est une émotion supplémentaire qui vient s’ajouter à une technique habile. » Charlie Chaplin.

    La rage du Printemps Français est-elle une émotion ? Faire un truc aussi moche relève-t-il de l’habileté ?

    Moi je l’aimais bien ce plug, c’était comme un grand fuck à tous les abrutis qui passent leur temps à gueuler contre le mariage gay ^^

    • « Moi je l’aimais bien ce plug, c’était comme un grand fuck à tous les abrutis qui passent leur temps à gueuler contre le mariage gay ^^ »

      Je pense que c’était exactement le but. Bourdieu aurait pu en dire des choses sur cette affaire (violence symbolique des élites envers le bas peuple qui répond de la seule façon disponible toussa)

      • Donc, si je comprends bien, les « élites », ce sont les « pro-LGBT », et le « bas peuple », les homophobes/biphobes/transphobes ?

        Sérieusement ?! Y-a-t-il encore besoin de rappeler à quel point les homosexuel(le)s, les bisexuel(le)s et les trans continuent à subir une oppression notamment bourgeoise (bourgeoisie qui forme une bonne partie des rangs de la « Manif pour Tous »), mais surtout étatique ?

        Et que leur situation, à milieu socio-économique égal, est généralement encore plus précaire que celle des cis et des hétéros ?

    • Moi je l’aimais bien ce plug dégonflé, c’était comme un grand fuck à tous les abrutis qui passent leur temps à promouvoir le mariage gay ^^

      • Moi j’aime bien ton message, c’est comme un gros fuck à l’intelligence et à l’égalité des droits ^^

        (Enfin du troll, quoi. Youpi.)

      • Ha ha =D
        Avant le mariage pour tous , tout le monde avait les mêmes droits.
        Après le mariage pour tous, tout le monde a les mêmes droits.

        Même hétéro, on m’a donné le droit de me marier avec un homme.

        Maîtrise quelques notions avant de parler d’intelligence :)

      • @Holy64
        Les homos ont un peu développé leurs arguments lors du débat avant de faire passer la loi, quelques uns ont manifesté une ou deux fois, et c’est tout.

        La ManifPourTous, plusieurs années après, et malgré le fait que la France ait des problèmes légèrement plus graves que les 2% de gays qui se sont mariés, la ManifPourTous donc, continue en octobre 2014 à taguer les arrêts de trammay pour mendier des participants à leur 2538ème manifestation contre l’union de 2 personnes qui s’aiment (alors que c’est un problème fiscal surtout, c’est le seul intérêt de se marier : je crois que la définition de « mariage » des cathos est un peu datée, d’où leur rage).

        Alors ceux qui « passent leur temps » à faire du bruit autour de ça alors qu’on en a rien à battre de la vie privée de quelques homo, c’est bel et bien les cathos homophobes : le reste de la France, homos compris, aimerait si possible passer à des problématiques un peu plus intéressantes et constructives, merci.

      • @RRRomain

        Les activités de la ManifPourTous sont souvent inconséquentes, nous sommes d’accord.

        Votre dernier paragraphe résume le second argument repassé en boucle lors du débat : « en quoi ça vous concerne » ? Eh bien figurez-vous que la démocratie, ce n’est pas s’occuper que de son pré-carré. Sauf si l’on veut accroître le communautarisme, bien sûr.
        Et puis répondre « de quoi je me mêle », ça reste tout de même un aveu de faiblesse majeur.

        Ceci dit, vous êtes au dessus du lot ! Oui, trois fois oui, la fiscalité est un argument, et un VERITABLE argument, en faveur du mariage gay ! Hélas , cela n’est pas le son de cloche que nous avons entendu. Ce fut au contraire « égalité, ça vous regarde pas, vous n’êtes que des fachos ». Bref, que du bancal.

        Au passage, oui il y a des problèmes plus graves, et c’était précisément l’un des arguments des anti-mariage gay. Il est assez grinçant de le voir désormais utilisé par les pro !

        Je conclurai en affirmant que c’est un problème beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Avec le vide juridique laissé par cette loi, nous allons maintenant arriver à la PMA (qui sera de toute manière imposée par l’UE) puis à la GPA au nom de l’égalité hommes-femmes. Et la GPA, c’est la porte ouverte à l’eugénisme et au juteux marché du trafic d’humains. Les homosexuels, qui lors des années 70 affirmaient leurs différences face aux familles traditionnelles, ont été manipulés pour arriver à ces horribles fins.

        Et donc il n’y a pas que les cathos intégristes qui sont contre. Vous l’aurez deviné, je suis opposé à tout ceci, mais je suis agnostique. Je n’ai pas été baptisé et je n’ai même jamais fichu les pieds dans une église :)

      • Tes arguments sont parfaitement justifiés, mais tout comme moi qui vois le mariage civil surtout comme un arrangement fiscal (c’est mon coté vénal ^^ pour moi le coté « preuve d’amour » se fait plutôt à l’église), toi tu ne vois le mariage que comme un moyen d’avoir des enfants par GPA. Alors que c’est une demande d’une infime minorité des homo souhaitant se marier, eux mêmes étant une infime minorité des homos, eux mêmes étant une infime minorité de ceux qui soutiennent le principe du mariage pour tous.

        Si bien que la PMA et la GPA sont devenus des excuses qu’utilisent les cathos et les homophobes pour rassembler et manipuler des foules beaucoup plus large contre le mariage : le risque lointain de GPA est ton principal argument alors que c’est un problème n’ayant aucun rapport ni avec le mariage pour tous, ni avec l’homosexualité, ni avec l’adoption.

        Vous créerez « La Manif Pour Autrui » plus tard si vous voulez, mais vos arguments intéressants ne sont PAS valables contre le mariage.

        Pour répondre à ton autre commentaire sur l’égalité des droits, ce n’est pas une question de se marier avec un homme ou de se marier avec une femme, le but c’est de se marier avec la personne qu’on aime, et ça les homos n’y avaient effectivement pas le droit avant, donc « Avant le mariage pour tous , tout le monde avait les mêmes droits. » c’est du bullshit.

        « il y a des problèmes plus graves, et c’était précisément l’un des arguments des anti-mariage gay » —-> WHAT ? Cette mesure avait été promise lors de la campagne, mais elle ne coûte pas un centime à l’État, et on a passé du temps dessus uniquement à cause de l’opposition des cathos ! En quoi une mesure gratuite ne demandant qu’un rapide changement des textes nous aurait-elle empêcher de nous préoccuper des autres problèmes ?
        En revanche ça me choque que des centaines de milliers de gens, qui ne manifestent ni contre la politique économique, ni contre la délinquance, ni contre la destruction du système de santé, ni contre la destruction du système éducatif (des problèmes qui nous concernent tous), se bougent le cul UNIQUEMENT lorsqu’il s’agit du mariage civil d’honnêtes personnes qu’ils ne connaissent même pas.

      • « Avant le mariage pour tous , tout le monde avait les mêmes droits.
        Après le mariage pour tous, tout le monde a les mêmes droits. »

        Ce faux argument a tellement était debunk, y compris par des anti que je ne comprends pas comment il peut encore être utilisé.

      • En Angleterre en quelques jours c’était plié. Il y avait aussi des opposants mais ils se sont mis d’accord que: c’est un combat perdu d’avance que de s’opposer à la volonté de la majorité de la population; il y a plus important à faire que de perdre du temps à s’opposer à ça.
        Sans la Manif pour Tous en une semaine c’était fait chez nous et on en parlait plus.

        @RRRomain
        La partie masculine se bouge aussi le cul pour lorsqu’il s’agit du corps et de la vie des femmes. Pour expliquer que ce n’est pas à elles de décider généralement.

      • « Avant le mariage pour tous , tout le monde avait les mêmes droits.
        Après le mariage pour tous, tout le monde a les mêmes droits. »

        Oui, mais non. Les homosexuel(le)s n’avaient pas le droit de se marier avec la personne qu’ils/elles aimaient. Et même maintenant, ce n’est toujours pas gagner, d’autant qu’une bonne dizaine de nationalités ont été, de manière scandaleuse, exclues de ce dispositif.

        « Eh bien figurez-vous que la démocratie, ce n’est pas s’occuper que de son pré-carré. Sauf si l’on veut accroître le communautarisme, bien sûr. »

        Le plus grand communautarisme, c’est justement celui qui règne au sein de notre cher parlement, soi-disant représentatif de toute la diversité de notre belle « démocratie », en réalité trusté presque uniquement par des (vieux) hommes blancs, cis et hétéros (pour autant qu’on puisse en juger), généralement chrétien ou de culture judéo-chrétienne.

        « Au passage, oui il y a des problèmes plus graves, et c’était précisément l’un des arguments des anti-mariage gay. Il est assez grinçant de le voir désormais utilisé par les pro ! »

        Ben oui, l’égalité des droits, ça peut attendre, c’est bien connu ! Le discours classique des dominants… Alors, d’accord, ce n’est pas normal de légiférer et de communiquer pendant des mois là-dessus, surtout en accumulant parallèlement les mesures néo-libérales, mais il n’est surtout pas normal que cette disposition ait mis tant de temps à voir le jour et qu’elle soit toujours autant contestée.

        « Je conclurai en affirmant que c’est un problème beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Avec le vide juridique laissé par cette loi, nous allons maintenant arriver à la PMA (qui sera de toute manière imposée par l’UE) puis à la GPA au nom de l’égalité hommes-femmes. Et la GPA, c’est la porte ouverte à l’eugénisme et au juteux marché du trafic d’humains. Les homosexuels, qui lors des années 70 affirmaient leurs différences face aux familles traditionnelles, ont été manipulés pour arriver à ces horribles fins. »

        Euh, faudrait peut-être arrêter de charger ces deux sigles de tous les maux de la Terre ; évidemment que des dérives sont possibles, surtout en l’état actuel de la société, mais ni l’eugénisme, ni le trafic d’humain(e)s ne les ont attendus pour exister. Je rappelle les trafics de bébés, en partie gérés par l’Église catholique, sous la dictature franquiste ?

  11. Ça m’a rappelé la fois où j’ai failli faire mourir d’un arrêt cardiaque une guide du Louvres en lui demandant pourquoi la Joconde était plus admirée, plus célèbre, plus chère que toutes les autres. C’est vrai quoi, je trouvait que ce n’était ni pire ni meilleure qu’une autre…
    A force de la cuisiner elle a fini par m’avouer qu’avant d’être volee et étalée dans tous les journeaux, elle était sur un mur au milieu de tas d’autres tableaux et personne n’y faisait gaffe… Et puis la publicité du vol à fait que les gens se déplaçaient pour voir même le cadre vide…
    Comme quoi, ça tient à pas grand chose…

  12. C’est dommage que l’auteur ne pointe pas du doigt, comme il s’en est fait une habitude, la profonde incohérence du discours.

    Si un étron gonflable géant, un plug anal, un Pinocchio avec un nez en forme de bite, un bidet, une peinture monochrome, une pondaison d’œufs de peinture avec sa chatte sur une toile, ou boire son urine et se recouvrir d’excréments comme le faisaient les Actionnistes viennois, est de l’art, parce que se voulant une expression de transgression et de réflexion. Alors pourquoi des happening autour de ces œuvres ne seraient-elles pas aussi des performances artistiques ?

    Pourquoi dégonfler un plug géant ne serait-il pas une interrogation du public sur la cupidité des artistes, sur le capitalisme en tant que modèle dominant, et une transgression visant à dénoncer la recomposition d’un art officiel ? Pourquoi baffer un artiste ne serait-il pas de la licence artistique, visant à dénoncer les atteintes contre les droits humains ?

    Le jour où un « vandale » reconstruira une œuvre d’art contemporaine, en proclamant la profonde originalité de sa performance artistique, de sa création, on pourra dire que la boucle sera bouclée. Il ne lui resterait plus qu’à marquer au feutre sur sa poitrine « Je suis de l’art », avant de se foutre à poil à son procès, de chier dans le prétoire et de se recouvrir d’excréments, tout en scandant des slogans dénonçant le consumérisme et le néo libéralisme. Ce faisant il serait adoubé par le système, digéré, et un cycle pourrait recommencer.

  13. L’art est une chose, l’art contemporain en est une autre!

    L’art avait coutume de s’inscrire dans l’histoire de l’art ou d’en être un écho.
    Ce n’est plus le cas. L’art a toujours été un ensemble de disciplines qui ouvrent chacune sur un type d’expression. Aujourd’hui on perçoit ces types d’expressions et on s’arrange pour les caser dans telle ou telle discipline.
    Néanmoins, même si le terme est galvaudé, il reste des artistes dignes de ce nom, peu importe le degré de reconnaissance qui leur est accordé

    L’art contemporain de son côté n’est qu’un marché, rien d’autre. À l’extrême, une spéculation sur le fait que ce marché peut exister même s’il n’y a rien de valeur en présence. Les investissements qui se prêtent au jeu se justifient par une idéologie capitaliste forcenée où une idéologie s’inculque petit-à-petit pour faire glisser des normes.

    On investi pas dans l’objet mais dans le message renvoyé à la masse: de pareilles sommes ou « la gloire » s’attribue à « ça » plutôt qu’au social! C’est la partie « liberté » du libéralisme! Puis, derrière tout ça, cette « œuvre » est un partenariat avec une société, un secteur ou l’autre et elle aura occasionné des frais bien ciblés. Tout l’art est de faire retomber les soussous dans la poche de l’investisseur/acheteur^^

    Personne ne voulait de l’abstraction dans l’après-guerre, ça a été un combat des élites pour la rendre familière à la populace. Après deux générations, c’est digéré comme mode d’expression par/pour tous/toutes et il semble normal qu’un mec qui fait des grandes rayures gagne des fortunes de l’argent publique!

    Promouvoir l’idée du sex-toy, soulever la question du plug-anal par le biais du (faux) scandale de l’art, vise vraisemblablement un futur sur-sexualisé pour des masses stérilisées, d’ici 50 ans, peut-être la perte des repères reproductifs?!

    • Certaines peuplades humaines ont complètement oublié comment s’obtiennent les enfants. Elles sont aujourd’hui en voie de disparition. Je vous soutiens donc tout particulièrement dans votre combat contre la perte des repères reproductifs : je refuse catégoriquement que ma civilisation disparaisse par manque de descendance.

      Je le dis, je le répète, je ne veux pas de ce futur où d’infâmes lobbies auront fait oublier à la populace ignorante et moutonnante quoi insérer dans quoi pour conduire à une gestation suivie d’une mise bas fructueuse. Merci d’être avec nous dans ce combat.

      • Ça a l’air intéressant ça, vous avez des références d’œuvres qui traitent de ces peuplades?
        Personnellement des personnes avec un savoir « reproductif » ou tout simplement sexuel très limité j’en ai rencontré une certaine quantité vu mon environnement. Et la totalité avait des lagunes car totalement surprotégé de toute notion sexuelle, avec une éducation décrivant le sexe comme quelque chose de sale et de mal, mais nécessaire.
        Selon moi le fait que le sexe soit encore tabou en France participe grandement au développement des extrémismes, de la violence, de l’intolérance, …

  14. Je suis très déçu de ce que tu écris. Je ne pensais pas que tu faisais parti de ses gens qui s’auto-censuraient eux-même. « Je n’aime pas l’Art Contemporain, ça ne veut rien dire, je ne comprends pas ». Pourquoi s’interdire de s’ouvrir et d’essayer de comprendre avant de se braquer. Une oeuvre qu’on la trouve esthétique ou non; intelligible ou non, est toujours l’effet d’une pensée, du prisme que porte l’artiste sur la réalité. Alors informe toi sur les oeuvres que tu condamne de manière si véhémente, et renseigne-toi sur les oeuvres de Tadashi Kawamata par exemple. Tu y verra qu’il s’agit d’un artiste engagé, qui se base sur tout un courant de pensée oriental. Bref voilà après si tu kiffe faire le thug qui s’insurge contre tout et pour rien libre à toi, mais sinon je like ton style d’écriture aussi.

    • L’évocation, le symbolisme, c’est bien.
      Mais la technicité, ou tout simplement la beauté, de nos jours, ça manque cruellement.

      • @Holy64: Bien d’accord.
        A mes yeux, une œuvre sans talent n’est rien d’autre qu’une idée. Elle peut-être bonne ou mauvaise, parler à des gens ou non, mais ce n’est pas de l’art. (après comme je l’ai dit ce n’est que mon avis)

      • La technicité ce n’est pas la beauté. La technicité ce n’est pas de l’Art. Des guitaristes jeunes et asiatiques (oui c’est l’exemple le plus facile) hyper techniques tu en trouveras une tonne. En trouver un avec une « âme » artistique, capable de créer, de vivre ce qu’il fait, de te le faire vivre, c’est beaucoup plus difficile.

    • Si une œuvre a besoin de davantage d’explications pour son contexte, son artiste ou sa signification cahcée, qu’il n’y a de temps passé à la regarder, alors en effet, il y a un problème…

  15. J’ai adoré votre article, M. Connard, (comme d’habitude…), tellement bien écrit (vous me rappelez moi, avant que je ne sombre dans les turpitudes des langues étrangères et que j’en oublie mon français natal) et tellement vrai. Si je n’avais peur de vous offenser, je dirais que c’est… une oeuvre d’art.

  16. Je souhaite infirmer la thèse selon laquelle l’art n’existe que par son public.

    L’art pourrait être défini comme un ensemble de langages non-conventionnels. Soit ils ne sont presque exclusivement utilisés dans ce domaine (la sémiotique visuelle, qu’on ne retrouve que dans la pub en fait), soit l’utilisation libre de langages plus conventionnels (la langue, réutilisée par la poésie).
    On ne peut d’ailleurs pas tellement définir une limite claire dans l’art, du fait que ces langages sont utilisés ailleurs, dans la pub comme je l’ai dit, bien que la pub soit du pur design visuel, et que la limite entre art et design soit de nos jours ténue, et la distinction entre beaux arts et arts appliqués n’ait absolument plus aucune forme de sens.
    En fait on peut dire d’une certaine qu’il y a « de l’art » dans toutes sortes d’activités qui ne sont pas sensés en être (dans l’esthétique de la machine, Fernand Léger admirait par exemple un tailleur qui passait un temps fou à organiser sa vitrine pour attirer l’œil du client, chose que la plupart des commerçant font plus ou moins), un peu de la même manière qu’on dit que telle partie d’un texte est « poétique » alors que l’intention de l’auteur n’est pas de faire de la poésie.

    Dés lors, on peut évaluer une œuvre par l’adéquation des enjeux plastiques et des enjeux conceptuels qu’elle propose, en très gros, du fond et de la forme (on ne dit pas la même chose si on peint un bombardement à la manière de Vélasquez ou à la manière de Picasso, surtout en fonction de l’époque), l’adhésion du spectateur au propos, la maîtrise des moyens plastiques en fonction de la sensation qu’on veut évoquer (si on veut inspirer le dégoût, on s’assure que la sensation de dégoût soit réellement présente pour la majorité des spectateurs, ça rejoint mon premier point en fait), et globalement, le jugement de goût et toutes ses contingences relativement difficiles à maîtriser.
    On peut aussi rajouter l’originalité, ça me semble sensé, dans la mesure où on tente toujours d’apporter quelque chose de neuf, sinon on revient au XVIIIème, et tout le monde fait la même chose.

    Les problèmes de spéculation, de la gestion des FRACs, et le marché de l’art en général ne m’empêchent d’apprécier une œuvre que si la présence de l’œuvre dans une galerie ou un musée est en contradiction totale avec le propos (et encore, c’est souvent a posteriori), sinon, c’est une toute autre question.
    Remarquez que la question se posait aussi pour Tree, peut-on être totalement provocateur avec l’aval des institutions ? Ne devient-on pas dès lors simplement méprisant ?

    J’aimerais aussi en finir avec l’idée que l’art est forcément beau.
    La beauté, les différents sentiments esthétiques, se trouvent partout. Marchez dans la rue, ouvrez vos yeux et votre esprit, essayez de voir l’inhabituel, laissez vous surprendre par l’émergence d’un sens, d’une signification, voire un symbole, dans des choses triviales.

    On rejoint aussi le point de départ de mon post. Si, en tant que spectateur, je suis capable d’éprouver un sentiment esthétique devant une fissure dans un mur, ça n’en fait pourtant pas une œuvre d’art, sauf si on en élargit le sens du terme.

  17. Alors, si c’est pour partir sur un débat, allons-y :

    Je trouve personnellement que quelque chose est de l’art à partir du moment où celui qui l’a fait dit que c’est de l’art.
    Maintenant, soyons clair : dire de quelque chose que c’est de l’art n’est pas positif pour moi, c’est un état de fait.
    Si un mec chie sur un plateau et dit que c’est de l’art, c’en est. Après, c’est au public de dire si il trouve ça bien ou pas : il peut dire que c’est de l’art de merde, qu’il n’aime pas (ce que feront la majorité des gens je pense) ou dire que c’est novateur, que ça lui évoque des choses et tout. Libre à lui de penser ce qu’il veut, ça n’en fait pas moins de la crotte chiée par l’artiste de l’art, puisqu’il a dit que ça en est.

    Le fait que ça soit de l’art, en revanche, ne devrait selon moi donner accès à aucun avantage. Les gens qui exposent les œuvres devraient les exposer parce qu’ils trouvent que c’est du «bon» art (de manière tout à fait subjective), pas juste parce que c’est de l’art puisque, encore une fois, tout peut en être.

    Par exemple, on trouve des CD de bruits d’ambiance avec des bruits de vent et de tonnerre. La musique est classée dans l’art mais le bruit, lui, ne l’est pas. Si le mec qui a sorti un CD de bruits d’ambiance s’est fait chier à sortir ça sous le label «bruit d’ambiance» et pas «musique bruitiste», c’est bien pour signifier que ce qu’il a fait n’est pas de l’art. Quelqu’un qui sortirait la même chose sous le label «musique bruitiste» dirait au public «ceci est de l’art, jugez moi» et le public dirait des trucs du genre «j’ai trouvé ça relaxant, j’ai bien aimé l’arrangement entre les bruits de vent et de tonnerre, j’aime» ou «franchement, payer 10€ pour un truc qu’on entend dehors quand on veut, c’est du vol».
    Alors que de son côté, le mec qui a sorti la même chose en «bruit d’ambiance», ben il est pas emmerdé parce qu’il a jamais prétendu vendre autre chose que des trucs qu’on entend dehors, point. Et si quelqu’un aime son CD, il a le droit mais il n’empêche que ce n’est pas de l’art.

    Considérer l’art de cette manière permet de ne pas différencier ou classer selon ce qui est «bien» ou pas bien les formes d’art. La musique classique, c’est de la musique, c’est de l’art. Le métal aussi. Le funk, le rock, la pop, les musiques bruitistes et expérimentales aussi. Après, libre à chacun d’aimer ou pas. Pareil pour les films, les performances, la peinture, la sculpture, etc.

    • Prendre l’exemple d’un type qui « chie sur un plateau » pour parler d’art, c’est déjà symptomatique d’une certaine vision de l’art contemporain, dans lequel tout est forcément choquant, performatique et régressif.
      Ce n’est tout simplement pas le cas.

      Ensuite, ce que tu « trouve personnellement » n’a pas d’importance quand on veut définir un mot. Je peux très bien « trouver personnellement » qu’une banane n’est pas un fruit, ça ne change pas la donne pour autant, une banane restera toujours dans la catégorie conceptuelle « fruit ».
      Ce n’est pas parce que les œuvres d’art sont soumises au jugement de goût, à la subjectivité, que l’art en tant que concept l’est aussi. Il y a l’art et le non art, j’ai proposé une définition plus haut, et je n’ai pas en mémoire de contre-exemple d’une œuvre d’art qui ne « dise » vraiment rien.
      Si tu savais à quel point c’est dur, très dur d’exposer. Ce qui est exposé est déjà soumis à un jugement, celui du galeriste par exemple, un artiste qui veut accrocher ses tableaux ne peut pas le faire comme il en a envie, le monde des galeries est une effroyable jungle.

      Quant à la musique bruitiste (qui est différente des bruits d’ambiance, mais soit, considérons les bruits d’ambiance), si cette musique sert un propos, alors c’est de l’art, si l’auteur a simplement proposé cette musique comme un outil, c’est plus dur à dire, mais il utilise de toute façon un médium artistique.
      Mais ni l’un ni l’autre n’empêchent de ressentir des sensations esthétiques ou des émotions à l’écoute, le débat ne se situe absolument pas à ce niveau là.

      • Bah moi je parlais juste de la définition de ce qu’est l’art, qui est assez subjective vu que personne ne s’accorde vraiment dessus. Pareil pour la musique d’ailleurs, pas mal de gens considèrent que la musique bruitiste n’est pas de la musique. Pareil pour le métal ou le rap. Sauf que, qu’ils le veuillent ou non, les gens qui font cette musique peuvent être considérés comme intermittents du spectacle ou artistes, ils sont musiciens et ce qu’il font est de la musique, si ils décident que ça en est. Encore un exemple avec la musique : si un musicien, son truc c’est de taper du pied sur scène pour remplacer les percus, quand il tape du pied sur scène, c’est de la musique. Par contre, quand il marche dans la rue, même si il marche fort, c’en est pas. Pourtant, c’est la même chose. La différence c’est que dans un cas, il dit que c’est de la musique et dans l’autre cas non. C’est à cause d’exemples comme celui-là que j’en viens à considérer que l’art en est à partir du moment où celui qui l’a créé dit que ça en est.

        Et le coup du mec qui chie sur un plateau, c’était juste pour faire écho au «art de merde» situé plus loin dans le texte. Mais si tu veux, on peut prendre le mec qui peint des toiles blanches en blanc, celui qui accroche des urinoirs au mur, celui qui met sa merde dans une boite de conserve et la vend ou celui qui compose une musique constituée uniquement de silences. Après bien sûr, dans l’art contemporain, comme dans toutes les formes d’art, il y a du mauvais mais il y a aussi du bon. Mais ici, on parle des formes d’art qui peuvent, pour certains, sembler ne pas en être. Comme le plug anal géant. Donc évidemment, je ne parle que de ce que je n’aime pas.

        Et quant à ta définition plus haut, hier il était 3h du mat alors je me suis arrêté à sémiotique et, après lecture maintenant, elle ne me convient pas. Déjà parce que, comme la mienne, elle est subjective. Sauf que toi, tu la présente comme une vérité (d’où le fait que tu viennes me dire, en gros, «ton avis on s’en fout pour définir un mot, vas regarder le mien d’avis c’est le bon») alors que moi je la présente comme ma vision.

        Tu dis que l’art doit être original, je ne peux pas être d’accord. Sinon, tout le blues sorti après 1950 n’est pas de la musique, puisque c’est les mêmes accords et les mêmes thèmes tout le temps.

        Tu dis que l’art est forcément beau, je ne peux pas être d’accord non plus. Dans la musique surtout, y’a pas mal de trucs qui sont très très loin d’être beaux. La beauté, la joie et la gaieté sont loin d’être les seules émotions qu’un artiste puisse vouloir transmettre et il existe plein d’artistes qui se spécialisent dans le «moche» ou le malsain parce que c’est ce qu’ils veulent faire ressentir. Je pourrais presque dire qu’une œuvre d’art est réussie quand l’artiste a réussi à faire passer ce qu’il voulait faire passer, peut importe que ce soit beau ou bien fait.

        En revanche, le fait que quelqu’un puisse apprécier quelque chose qu’il trouve artistique sans pour autant que le créateur n’ait considéré que ça soit de l’art, je suis plutôt d’accord.

        Dès lors, on pourrait séparer l’art en deux groupes (qui ne sont pas sans intersection) : l’art qui a été défini par l’artiste comme de l’art et l’art qui a été défini par le public comme étant de l’art.

      • Le commentateur « Dieu » a dit : « Sauf que, qu’ils le veuillent ou non, les gens qui font cette musique peuvent être considérés comme intermittents du spectacle ou artistes, ils sont musiciens et ce qu’il font est de la musique, si ils décident que ça en est. »

        Oh là, ne remettons pas une pièce dans la machine pour relancer le sujet des intermittents du spectacles, dont la principale préoccupation est de vivre de leur art, mais uniquement lorsque cela marche, et que lorsque cela ne fonctionne pas, il faut que ce soit la communauté qui supporte cette horde de personnes oisives qui n’ont d’autre but dans la vie que de se faire égoïstement plaisir en vivant la vie qu’ils souhaitent;

        Bref, les intermittents du spectacle et ceux qui les soutiennent feraient mieux de fermer leur grande gueule s’il ne veulent pas se la faire casser au coin de la rue.
        Parceque personnellement, j’en ai un peu marre de me casser el cul dans un boulot qui m’intéresse moyennement afin de vivre, tout ça pour payer pour des personnes qui en font pas d’effort pour al société et qui en profitent pour vivre une vie « rêvée » et trouvent même le moyen de se plaindre.

        S’il est impossible de vivre de son art, on arrête. Point.

      • @Choucroute : Mmhhh, et pourquoi pas les deux ? Moi je suis intermittent du spectacle, je joue dans 5 groupes différents et fais régulièrement des concerts MAIS, comme ça paye pas, ben à côté je suis informaticien/roboticien. Ce qui m’intéresse aussi d’ailleurs, comme quoi on peut avoir un boulot intéressant qui paye ET exercer sa passion à côté. Je ne soutiens PAS DU TOUT les intermittents qui font la grève pour des motifs qui me semblent futiles puisqu’il me paraît évident que vivre de sa passion est une fantaisie en plus d’être une mauvaise idée. Mais il faudrait veiller à pas trop stéréotyper non plus et à ne pas tout mélanger.

      • La majorité de ce qu’on appelle « art » et qui s’est accumulé au fil des siècles est sorti des mains de simples exécutants ou en réponse à des commandes spécifiques. L’originalité de l’artiste est un concept récent, avant on lui demandait juste de bien faire son boulot.

        Je trouve dommage que certains domaines de la création n’aient pas trouvés à s’émanciper en dehors de l’appellation artistique…

      • Ma définition n’est pas subjective (ou alors, toute définition est subjective).
        J’entends par là que, d’abord, ce n’est pas parce qu’un domaine de la création humaine (l’art, puisque c’est de ça qu’on parle ici) est soumis au jugement de goût (qui est plus ou moins subjectif, dans le sens où un sujet, une personne, est libre de juger un objet d’art, même si dans les faits, elle va généralement aligner son jugement sur celui d’autres sujets, que ce soit en s’accordant ou en s’opposant) que la définition de la nature de ce domaine est soumise à une forme de subjectivité.
        Ce n’est pas parce que je dis « c’est de l’art », que ça en est, exactement de la même manière que ce n’est pas parce que je dis « c’est une banane » que c’en est une.
        Pourtant, ça ne veut pas forcément dire qu’il y a une définition une, universelle et éternelle de l’art (ça ne vaut d’ailleurs pour aucun mot, mais cette question est un peu hors sujet).
        La définition que j’ai ébauché tente de recouvrir tous les objets d’art produits jusqu’à maintenant.
        C’est paradoxal parce que je donne a posteriori une définition de l’art valable pour tous les objets nommés « art », mais cela signifie aussi que l’art s’actualise lui-même, et remet en jeu ses conditions mêmes.

        En revanche, je n’ai jamais dit que l’originalité était une condition nécessaire pour qu’il y ait « art » (ce qui pose cependant la question de la copie, mais là encore, l’usage de la copie et des différentes techniques de copie peuvent aussi servir un propos, puisqu’il y a toujours quelque chose de différent dans la copie, par exemple), et jamais, au grand jamais je n’ai dit que l’art devait être beau (d’ailleurs, plus j’y réfléchi, plus je peins, plus je vais en cours de philosophie de l’art, plus l’idée de beau me paraît être une pure absurdité, tout en me revenant à la face dès que je pars voir la mer) :

        « J’aimerais aussi en finir avec l’idée que l’art est forcément beau. »

        Dans ton exemple avec le type qui tape du pied, ce qui change c’est le contexte (celui de la scène).
        Il faut un contexte, un outil, n’importe quoi qui différencie ce tapage de pied d’un tapage de pied normal, et le rendre rhétorique, c’est à dire en faire une action qui sort d’un contexte normal.
        Il faut ensuite que cette action acquiert un statut spécifique par son côté inhabituel : montrer son verre vide à un serveur pour qu’il le remplisse, c’est déjà de la rhétorique : pendant un instant, le vert ne sert plus (uniquement) à contenir un liquide, mais à indiquer la volonté de boire.
        Au niveau art, il y a rhétorique, comme on vient de le décrire, éventuellement contexte socio-culturel (on peut faire le même geste de montrer son verre dans la rue ou au Palais de Tokyo, le sens rhétorique s’en trouve changé), ajouter ou remplacer un objet (montrer un pot de moutarde au lieu du verre), on peut imaginer d’autres configurations pour que le geste « montrer son verre » ait une portée sémantique qui aille au delà de la figure rhétorique pour dire « garçon un autre verre s’il vous paît » (phrase déjà rhétorique, puisque « verre » ne désigne plus seulement le contenant, mais aussi le contenu).

        Au passage, cela montre aussi qu’on peut faire de l’art sans dire qu’on en fait.
        Tu as peut-être entendu parler de ce type qui passe à vélo en bêlant dans les quartiers commerçant et touristiques de Paris.
        Au niveau rhétorique, le message peut être traduit grosso-modo par « vous êtes des moutons (et on retiens ici un comportement typique du mouton : sa tendance à suivre le troupeau), vous consommateurs et touristes », mais dit avec une certaine ironie, et un message destiné à des « initiés » (ceux qui vont se rendre compte de l’analogie consommateurs et moutons, qui « suivent le troupeau »).
        Et bien même si cet homme ne prétend pas faire de l’art (je ne sais pas si c’est un artiste, je n’en ai jamais entendu parler qu’en dehors des circuits artistiques), il a une activité artistique, dans le sens où il utilise une rhétorique gestuelle pour servir un discours.
        C’est même très pertinent en tant que performance.

      • Alors mea culpa pour le «l’art est forcément beau». En fait, ta phrase «J’aimerais aussi en finir avec l’idée que l’art est forcément beau.» aurait dû être interprétée comme «Je veux qu’on arrête de considérer que l’art est forcément beau» mais je l’ai interprétée comme «Pour finir mon commentaire, je dirais que l’art est forcément beau».

        Après, la différence entre une banane et l’art, c’est qu’une banane est une banane, qu’on la définisse comme en étant une ou pas, alors que le statut d’art est uniquement attribué si quelqu’un donne à une œuvre ce statut. Dans ta pensée, le public, dans ma pensée, l’artiste.

        Après, j’avais justement essayé de nuancer en disant qu’on pourrait différencier l’art défini comme art par l’artiste et l’art défini comme art par le public, ce qui était un concept qui avait l’air de fonctionner dans tous les cas : notamment pour ton exemple du mec qui bêle (art reconnu par le public), mon exemple du mec qui chie sur un plateau ou de John Cage qui compose des morceaux silencieux si tu préfères (art reconnu par l’artiste) et la plupart de la musique qui passe à la radio (art reconnu par le public et l’artiste).

        Et sinon, je persiste : ta définition est subjective. Elle n’est appuyée par personne d’autre donc non reconnue et ne définit selon moi pas l’ensemble de l’art.

        La définition d’une banane, c’est que c’est un fruit plutôt allongé, jaune ou vert quand c’est pas mûr, qui pousse sur un bananier, avec tel goût, etc. Si quelqu’un trouve que cette définition ne suffit pas parce que des bananes rouges poussent dans son jardin, on va certainement lui dire que ses bananes rouges ben, c’est pas des bananes et on va s’appuyer sur une définition qui existe depuis un certain temps qui est appuyée et acceptée par plein de gens experts et du coup, le mec il a tort.
        Alors que des définitions de l’art, y’en a pas des masses, elles sont assez floues et elles ne correspondent pas vraiment à TA définition. Du coup, on peut ne pas être d’accord avec ta définition, ce qui la rend subjective.

        Exemple de définition de l’art qu’on peut trouver : «L’art est une activité humaine, le produit de cette activité ou l’idée que l’on s’en fait s’adressant délibérément aux sens, aux émotions, aux intuitions et à l’intellect.»
        Cette définition, assez commune, englobe la tienne comme la mienne et ne corrobore pas plus ta définition que la mienne.

    • Je crois que tu n’as pas saisi ma pensée.

      Revenons à la banane. Tu dis qu’une banane restera une banane, qu’on la définisse comme telle ou pas, alors que l’art a besoin d’être défini.
      C’est qu’il y a une différence fondamentale entre la banane et l’art, c’est que l’art a nécessairement besoin d’un producteur, dans notre cas, c’est un être humain, tandis que la banane peut exister sans être humain.
      La différence est essentielle, puisque s’il n’y a personne pour la définir et la nommer, la banane n’est pas définie. Tu as raison quand tu dis que l’art a forcément besoin de quelqu’un pour être défini, mais le fait que ce quelqu’un soit émetteur ou récepteur d’un produit de l’activité artistique n’a strictement aucune importance, puisque là on est au même niveau que la définition de la banane, qui n’existe (la définition, pas la banane) que s’il y a quelqu’un de suffisamment conscient pour la formuler.

      La définition de la banane est intersubjective, c’est à dire qu’on s’accorde tous à définir la banane selon certaines caractéristiques physiques, mais il n’y a définition de /banane/ que s’il y a un ou des sujets pour que le concept de banane existe, mais cette définition semble tellement aller de soi que nous considérons la banane comme un concept universel et stable (note toutefois que grâce à la génétique, on est en mesure de produire, partant du génome de la banane, des fruits de forme, de couleur ou de goût qui n’ont plus tellement à voir avec la banane que nous nous figurons habituellement), et nous permet de concevoir la banane en dehors de son interaction avec le sujet.
      Note aussi qu’il existe des bananes rouges, et que cela est parfaitement naturel.

      La définition de l’art est aussi intersubjective, on peut aussi donner une définition de l’art qui puisse valoir pour tous les produits de l’activité artistique, indépendamment de son interaction avec le producteur ou un éventuel public (en dehors des conditions de la production de l’œuvre, qui impliquent forcément un sujet humain, j’en parlais au début), de telle sorte qu’on puisse prendre tel objet (au sens large, prenons une performance comme un objet, même si c’est un acte), le soumettre à cette définition et déterminer si oui ou non c’est une œuvre d’art (en laissant totalement de côté tout jugement de valeur, on placera dans la même case art la Joconde, la Merde d’artiste et mon bêleur bicycloporté), et on s’apercevra qu’en fait, la plupart des artistes contemporains jouent avec ces limites, même si je ne conçois pas d’œuvre d’art « homologuée » qui ne soit pas au final un énoncé rhétorique (au sens général, pas seulement linguistique) particulier, produit par l’homme, et soit sans usage pratique, soit que cet usage pratique soit utilisé pour faire émerger un sens qui aille au delà de cette portée.
      Cette définition de fait pas de distinction entre les arts appliqués et les beaux arts, distinction qui tend de toute façon à s’effacer depuis le début du XXème siècle.

      Et peu importe que ma définition ne soit portée par personne d’autre (le Robert aurait il une quelconque autorité sur les concepts dont il donne la définition ?), il suffit simplement qu’elle fonctionne, qu’elle réunisse les conditions nécessaires et suffisantes pour ranger dans la même catégorie la Vénus de Botticelli et Tree.
      Le fait qu’il puisse exister d’autres définitions, que ces définitions puissent exclure certains objets, et qu’elle soit relative à un contexte socio-culturel donné, pour les besoins de ce contexte, ne rend pas ma définition subjective pour autant : la banane des biologistes est assez différente de la banane du commun des mortels (c’est particulièrement le cas pour certaines espèces de rapaces, dont les noms vernaculaires ne correspond absolument pas à la classification génétique des espèces).

      • Tu dis que pour que ta définition soit correcte, il suffit qu’elle fonctionne. Certes. Mais la mienne aussi fonctionne pour classer la Vénus de Botticelli et Tree. Elle est donc bonne aussi ? Selon toi, non, car elle exclut les gens qui font de l’art sans prétendre en faire. Eh bien, selon mon avis, les œuvres créés sans but d’être de l’art ne sont pas de l’art. Ta définition est donc toujours subjective car elle cherche à classer dans la même catégorie les œuvres que TU considères comme de l’art, comme la mienne qui cherche à classer dans la même catégorie les œuvres que JE considère comme de l’art. Considérer qu’un mec qui bêle, c’est de l’art, c’est loin d’être universel, ta définition ne convient donc a priori pas à tout le monde. Nos deux définitions sont subjectives donc autant valables l’une que l’autre.

        Ensuite, si j’ai gardé l’exemple de la banane, c’est parce que c’est toi qui l’avait employé mais c’est un mauvais exemple, au moins pour moi, puisque je ne connais rien sur la banane.
        Prenons l’exemple d’un atome d’hydrogène.
        On n’a pas défini nous mêmes les lois de la physique qui régissent le fait que le nombre de protons et ne neutrons dans le noyau d’un atome influence le comportement de la matière à l’état macroscopique. On les a découvertes.
        On donne le nom qu’on veut aux atomes, il n’empêche que la classification existe. Un atome d’hydrogène, c’est un proton et un électron. Après, il me semble qu’il y a des isotopes avec lus ou moins de protons mais voila, si on avait inclus dans la catégorie «hydrogène» ce que nous appelons «hélium», on se serait rendu compte qu’il y a des différences de comportement et que notre classification n’est pas bonne, pas en adéquation avec les lois de la nature.
        Du coup, la classification se réfère à des lois qui existent sans nous, sans qui que ce soit. Même sans humains pour définir les catégories, il n’empêche que les atomes d’hydrogène ont des propriétés que les autres n’ont pas et donc que la classification existe d’elle même.

        Ce qui n’est pas le cas pour l’art. Le fait que quelque chose soit une œuvre d’art ou pas est soumis uniquement au jugement humain et comme, aujourd’hui, l’humanité ne s’est pas accordée sur la définition de l’art, chacun peut créer sa propre définition selon sa conception de l’art. Certaines définitions sont très larges et englobent a priori les avis de tout le monde ou presque (la définition que j’ai sortie de wikipédia) mais ne sont pas assez précises pour définir ce qu’est l’art.

        «Le fait qu’il puisse exister d’autres définitions, que ces définitions puissent exclure certains objets, et qu’elle soit relative à un contexte socio-culturel donné, pour les besoins de ce contexte, ne rend pas ma définition subjective pour autant»
        Mais qu’est-ce qu’une définition subjective sinon une définition qui n’est pas évidente et sujette à controverse ? Le simple fait que je ne soit pas d’accord avec ta définition et le fait que tu n’aies aucun argument objectif pour la soutenir rend ta définition subjective.

        Dernier exemple en dialogues :
        -« Un atome d’hydrogène c’est un proton, un électron et un nombre quelconque de neutrons. »
        -« Non, pour moi si il y a 2 protons c’est de l’hydrogène aussi. »
        -« Ben non tu vois, on a dit que si il y avait 2 protons c’était de l’hélium parce que c’est pas les mêmes propriétés, ils réagissent pas avec les mêmes autres atomes, ils ont pas la même tête quand on les solidifie, si on fait du He₂O, ça fait pas de l’eau en fait c’est même pas possible et si on boit ça nourrit moyen etc etc du coup on a quand même des éléments qui nous poussent à croire que les mettre dans la même catégorie ça serait idiot. »
        -> DÉFINITION OBJECTIVE

        -« Moi je trouve que quelque chose qui est pas fait pour être de l’art de base, si le public aime bien, ça devient de l’art. Genre y’a un mec qui bêle dans la rue ça a du sens et moi j’aime bien donc je dirais que c’est de l’art. »
        -« Ben moi non, je me dis que si le mec dit pas que c’est de l’art, c’en est pas. »
        -« Ben non sinon le mec qui bêle dans la rue ça marche pas et moi je trouve que c’est de l’art. »
        -« Ben moi je trouve que c’est pas de l’art. »
        -« Ben moi si, t’as tort selon ma définition. »
        -« Ben moi non t’as tort selon ma définition aussi. »
        -> DÉFINITION SUBJECTIVE

        Voilà j’espère que là tu comprends bien ce que je veux dire.

    • La définition de l’atome d’hydrogène n’est pas un « accord dans l’humanité », elle est donnée par les physiciens.
      En fait tu confond la définition d’un objet et un objet lui-même, mais on a de toute façon on reste dans le même problème qu’avec la banane, puisqu’on a d’un côté un objet, de l’autre un concept, et comme tous les concepts, l’art n’existe que parce qu’il y a des humains (et pas seulement parce que c’est un produit matériel des êtres humains, mais parce que les humains sont, jusqu’à présent, les seuls à pouvoir formuler des concepts).
      On pourrait comparer le concept d’art et le concept de justice, c’est déjà un peu plus cohérent, la liberté n’existe que s’il y a des êtres humains pour formuler son concept.

      Maintenant, la définition que j’ai ébauché marche mieux que la tienne tout simplement parce qu’elle n’est pas pragmatique, ta définition a besoin d’un sujet particulier, elle est valable a priori pour un objet d’art, on n’a pas besoin de soumettre l’objet au jugement d’un sujet.
      Ta définition est subjective puisqu’elle fait appel au sujet (c’est très exactement ce que veut dire subjectif…), pas la mienne, la mienne est une simple description des caractéristiques de l’objet d’art, elle ne concerne que l’objet, et pas les considération de tel ou tel sujet (qu’il soit le producteur ou le récepteur de l’œuvre n’a aucune importance), et c’est très exactement ce que l’on appelle objectif.

      Reprenons donc ton petit dialogue :

      -« Moi je trouve que quelque chose qui est pas fait pour être de l’art de base, si le public aime bien, ça devient de l’art. Genre y’a un mec qui bêle dans la rue ça a du sens et moi j’aime bien donc je dirais que c’est de l’art. »

      Je ne vois absolument pas comment tu as pu lire ce genre de chose dans mon discours.
      J’ai dit qu’il y a objet d’art quand on a une relation rhétorique entre une forme de l’expression (un objet matériel, un geste, un texte) et un contenu conceptuel.

      « Tree est une oeuvre d’art. »
      « Non pas selon moi. »

      Selon ta définition :

      « Si »
      « Non »
      « Si »
      « Non »
      -> Impossibilité d’accord entre deux sujets, il n’y a pas de définition objective, la catégorie /objet d’art/ est différente pour chaque sujet.

      Imagine la même chose pour une autre œuvre d’art :

      « Je pense que la Joconde est une œuvre d’art »
      « Pas moi »

      Ou un autre concept (la justice) :

      « La mort de Rémi Fraisse est juste »
      « Non, pas selon moi »
      « Si »
      « Non »
      « Si »
      « Non »

      On a besoin de défini objectivement des concepts, si tout est soumis au relativisme on se retrouve bloqué.
      Le fait que la définition de justice n’a pas toujours été la même selon les époques et les cultures n’en fait pas une définition subjective pour autant, une définition subjective de la justice serait une définition du type « la justice, c’est ce que les gens trouvent juste », une définition objective serait « est juste ce qui possède telles caractéristiques ».
      Même si la définition est émise par un sujet (forcément), elle est objective, puisqu’elle ne fait pas appel à un sujet dans son énonciation.

      • Ok alors moi j’entendais subjective dans le sens où elle t’es personnelle comme définition. Elle n’est pas le fruit d’une observation scientifique, procédé qui fournit des définitions objectives. Toi tu comprends subjective comme étant relative à l’appréciation d’un sujet (un mec aime ce truc donc ce truc est de l’art) moi je parlais de subjective dans le sens personnelle (tu trouves que la définition de l’art c’est ça, ben moi pas).

        Et sinon, on peut aussi dire que l’artiste fait partie du public si il le veut et donc si il trouve que c’est artistique, alors ça l’est, selon ta définition. Et je suis bien placé pour savoir que l’artiste peut être dans son propre public et considérer une œuvre qu’il a lui même créée comme une œuvre quelconque et donc la juger comme il jugerait n’importe quelle autre œuvre. Il devient son propre public et, selon ta définition, si il trouve ça artistique alors ça l’est.

        Et enfin, ma définition dit que l’œuvre d’art en est une si l’auteur dit que c’en est une, donc quand tu dis :
        « « Tree est une oeuvre d’art. »
        « Non pas selon moi. »

        Selon ta définition :

        « Si »
        « Non »
        « Si »
        « Non »
        -> Impossibilité d’accord entre deux sujets, il n’y a pas de définition objective, la catégorie /objet d’art/ est différente pour chaque sujet. »

        tu ne peux pas être plus loin de la vérité.

        Ce serait plutôt :
        -« Tree est une oeuvre d’art. »
        -« Bah moi j’aime pas mais bon, il a dit que c’était de l’art ?»
        -« Ouais. »
        -« Ok ben ça en est du coup. Par contre, je trouve toujours que c’est moisi.»
        -« Ok. »

        Quant à l’exemple de l’hydrogène, il était là justement pour différencier les définitions objectives des subjectives (c’est à dire les définitions «universelles» (je hais ce mot) des définitions personnelles, entendons-nous bien) il était donc volontairement très éloigné de l’art. Comme l’exemple de la banane d’ailleurs. L’exemple de la justice est une très bonne analogie avec l’art mais justement, on arrive déjà pas à se mettre d’accord sur ce qu’est l’art, si maintenant on doit partir sur un débat sur ce qui est juste et ce qui ne l’est pas, on a pas fini.

        Essaie de ne pas oublier que tu peux avoir tort, je le fais de temps en temps ça fait avancer le débat. Et surtout, rappelles-toi qu’aucun de nous ne détient la vérité sur ce qu’est l’art. Enfin si tu n’est pas d’accord avec ça, dis le moi tout de suite comme ça on arrête là direct hein, débattre sur une problématique millénaire avec quelqu’un qui est persuadé d’avoir la seule et unique solution c’est pas très agréable. Je ne pense pas que ce soit le cas pour toi tu as bien montré ton intelligence déjà au cours de ce débat fort intéressant, mais nos différentes incompréhensions qui ont mené à des quiproquos pourraient parfois faire penser à une tentative de troll. Sans parler du fait que quand je propose une définition compromis entre la tienne et la mienne, tu ne daignes même pas la commenter et continue à me parler de la 1ère définition que j’ai écrite, dont je me suis déjà repenti, convaincu par certains de tes arguments.

        Enfin bref.

  18. Concernant l’oeuvre de lodieux artiste mc parti. je vous renvoi à ce dossier.
    http://www.les-crises.fr/godemiche-vendome/

    Faudrait pas nous prendre pour des lapins de trois semaines.
    Ce truc vert n’est pas plus un arbre que je ne suis une ampoule.

    Concernant l’art content pour rien, et ce qu’il est, je vous renvoi à ce document audio (accompagné de quelques photos).

    Quand a la définition de l’art, on y a mis tout est n’importe quoi pour justifier les dérives artistiques contemporaines. Un jour il sera redéfini. Et là ça va faire mal…en attendant, l’art se limite à ce que chacun en pense « dans sa singularité individuelle et proprement égoïste ».

    • « spèce d’ampoule!
      (non, de rien! c’était juste histoire d’écrire un commentaire qui n’apporte rien, mais bon c’est de l’art!)

    • Peut-être que le double sens est bien voulu par l’artiste (que je ne connais pas et sur lequel je n’ai pas spécialement envie de me renseigner) mais pour y voir un plug anal il faut tout de même être plutôt obsédé et en avoir déjà vu de près… Personnellement je n’y aurais même pas pensé.

  19. Anecdote authentique :
    Visitant un musée d’art moderne et con tempo rein, (c’était à New York, et vu que Oussama Ben Laden avait réduit la liste des endroits à visiter….)… Après quelques heures (minutes) à hésiter entre le bof et le n’importe quoi…..

    J’ai vu une oeuvre à base de planches, et me suis écarté pour ne pas la piétiner… Alors que je songeais au message de l’artiste, j’ai été ramené à la réalité par ma femme : la pièce était en travaux, et c’était du matériel installé par les peintres………

    • L’art est quelque chose de merveilleux. C’est sans doute l’une des excuses les plus chics qui soit. A partir du moment où vous dites « j’ai exprimé mes émotions par de l’art, tu peux pas comprendre ! », vous pouvez expliquer n’importe quoi, passer pour un incompris/une victime. Quelques exemples :
      – vous conduisiez, vous venez de défoncer la voiture devant vous car vous rouliez trop vite/ne respectiez pas les limitations de vitesse/téléphoniez/étiez en train de pratiquer des activités sexuelles : dites que cet accident est le témoin artistique de votre colère, du rapport de l’homme à son environnement et en faveur de la défense de la planète
      – vous étiez en train d’explorer différents orifices d’un quelconque animal d’élevage avec une barre de fer : expression de l’amour, instinct naturel de l’homme, défense des animaux

      Après, il suffira de dire que Monsieur ou Madame le juge ne comprend rien à l’art, oppression politique, etc. …

      • « L’art est quelque chose de merveilleux. C’est sans doute l’une des excuses les plus chics qui soit. A partir du moment où vous dites « j’ai exprimé mes émotions par de l’art, tu peux pas comprendre ! », vous pouvez expliquer n’importe quoi, passer pour un incompris/une victime. »

        T’es gentil, mais tant que c’est pas illégal, je ne vois aucune raison de gueuler contre des artistes.
        Si un artiste se fait frapper par un fdp qui passait Place Vendôme, c’est bien une victime.
        Si personne n’a compris qu’il voulait faire un petit coucou à la ManifPourTous, c’est bien un incompris.

      • « T’es gentil, mais tant que c’est pas illégal, je ne vois aucune raison de gueuler contre des artistes »

        Voilà du boulot jurisprudentiel en perspective XD

  20. A propos de la collone Vendome (je crois) : c’était pas la Commune de Paris qui l’avait faite abattre en 1871…. Même qu’après le peintre Courbet s’était mangé un procès, il avait été accusé (car on dit accusé pour celui qui est présumé innocent!) d’avoir inspiré l’abattage de phallus post moderne…..

  21. La sexualité, c’est comme la religion. C’est bien d’en avoir une, c’est bien d’en être fier. Mais, il n’est ni nécessaire ni même intéressant de la déballer en public. Et surtout, on ne la met pas dans la bouche des enfants.

  22. c’est rigolo de s’offusquer d’un plug anal de quelques mètres alors que la fièrté de la ville (que dis-je, de la France) est un symbole phallique de plusieurs centaines de mètres et qui aurait déchainé les passions si elle avait dû être érigée aujourd’hui.

  23. Un plug anal au milieu de toutes ces boutiques de grand luxe et face au ministère de l’injustice, c’est quand même bon !

    • Le truc vaut x millions et est validé par les pouvoirs publics, il est bien à sa place mais il faut être un maso pour aimer ça. L’art des riches qui sert à spéculer et planquer de l’argent au chaud, le tout encourager par l’Etat et nos deniers. L’art de choquer en tant qu’art officiel. C’est indécent, pornographique dans tout les sens du termes. Et le pire, c’est ce doigt d’honneur perpétuel. Ce milieu a l’air tout a fait conscient de de ce qu’il fait, de son indécence et nous le fait sentir bien profondément.

      • En fait tu as tout dit, tout ce remue ménage ne sert qu’à justifier (ou plutôt faire passer) tout ça pour de l’art, pour préserver leur niche fiscale. Bref pour leur faire payer moins d’impôts. Donc bien sûr qu’ils en sont conscients (tout comme un employé de la sécu dira toujours qu’il est débordé pour ne pas avoir plus de boulot, même si il sait lui même que ce n’est pas vrai). Mais ça ne concerne que les riches, donc nous on n’est pas concernés (enfin si puisque du coup c’est nous qui devons payer des impôts à leur place, bah oui il faut bien que le pays tourne. Pfff quand je serai grand faudra que je pense à être riche, moi…).

      • Il faut bien avouer qu’il y a beaucoup de vrai aussi dans ce que tu écris.
        Comme quoi, on peut jouer sur les deux tableaux.

    • C’est donner de la confiture aux cochons… Mais pour le coup c’est particulier comme expérience car peu de gens ont vraiment de l’oreille, et sont capables de faire la différence entre un bon musicien (comme on en voit dans le metro) et un très bon. C’est un peu comme pour le vin, si tu te ne t’intéresses pas au sujet, va faire la différence entre un bon et un truc exceptionnel. Pour l’anecdote mon père joue très bien du piano, mais à un niveau amateur. Un jour qu’il essayait un piano dans un magasin le vendeur a cru que c’était un pro, alors qu’il est loin d’avoir le niveau. Comme quoi même des gens censés pouvoir faire la différence peuvent se gourer…

      • Du coup,qu’est-ce qui permet de dire que ce n’est pas aussi le cas pour l’art contemporain ? Si il faut avoir « l’oreille » pour être en mesure de distinguer la « bonne » musique, si il faut avoir « le nez » pour distinguer le bon vin, pourquoi n’existerait-il pas « un œil » (au moins sous forme de culture) sans lequel on ne saurait distinguer dans l’art contemporain le professionnel et le premier amateur venu ?

      • J’ai dit pour faire la différence entre un bon musicien et un très bon. Quand c’est nul (genre le violoniste roumain qui joue avec un violon cassé dans le metro) c’est facile à entendre. Par contre entre un élève de niveau correct du conservatoire et un grand pro, je ne suis pas sur que beaucoup sont capables de faire la différence à l’oreille nue, si ils n’ont pas un peu de culture musicale spécifique à l’instrument écouté. Pour l’art c’est surement pareil. Un étron reste un étron… Pour le vin aussi, je sais distinguer une piquette d’un vin correct, mais je ne suis pas capable de distinguer un bon vin d’un grand cru.

      • Il existe des milieux où il faut une éducation particulière pour différencier le bon de l’excellent. Ça marche avec la musique, avec le vin, etc.

        Pour ma pat, je suis capable de différencier le médiocre du bon, et cela me suffit largement. Tout ce qui demande une éducation (très!) particulière pour pouvoir l’apprécier fini par déboucher sur du snobisme visant essentiellement à se distinguer par une prétendue supériorité (locale dans le domaine, mais qu’importe, supériorité quand même), tels les DVD audios.

  24. Moi je suis contente. J’ai découvert l’existence des plugs anal. Et de la place Vendôme. Et de Paul MacCarty.
    Bande de mouton, vous voyez pas que tout ça c’est une manipulation des lobbies LGBT pour vendre plus de Plug anal?

    • C’est quand même un peu excessif, la place Vendôme, c’est un endroit connu pour ses bijouteries qui se font régulièrement cambrioler.

  25. C’est pourquoi un des buts du Museum Of Bad Art (je vous laisse trouver le lien tous seuls comme des grands) c’est que les gens apprennent à dire quand ils trouvent une oeuvre moche. Ce n’est pas parce que c’est dans un musée que c’est forcément de l’art :)

  26. Pingback: Histoire de l’Art | Apollo & Cie·

  27. Je m’en vais, dans un premier temps, relire le « Laocoon » de Gotthold Ephraim Lessing puis « L’esthétique » de Georg Wilhelm Friedrich Hegel.

    Ensuite, me demander si « Fontaine » est une oeuvre d’art paradoxale ou une réflexion philosophique et plastique sur ce qu’est l’Art.

    Puis chercher des beaux dessins de Keith Haring sur Google pour changer mon fond d’écran.

    Enfin, m’essayer à l’art sur Paint.

  28. Génial, tout simplement!
    Étudiant en 4ème année d’art, je viens de comprendre ce que je fous grâce a cet article.

  29. Dans le cas de l’art moderne, on ne parle plus d’artistes… mais d’artiss’ (prononcez le avec le plus odieux accent que vous connaissez… perso j’utilise le carolo)

  30. Alors, de deux choses l’une :

    Premièrement, pour imaginer que l’Église catholique est une ambulance sur laquelle on peut tirer à volonté et que l’Islam est un sujet tabou, il faut être légèrement déconnecté des réalités de notre beau pays.

    Et deuxièmement, avant de de taper sur un truc dont on sait parfaitement que personne n’ira le défendre, il serait peut-être bon de réfléchir légèrement à ce que le potentiel artiste a essayé de représenter. Bon, le sapin de Noël (à défaut d’un autre terme), je ne sais pas, mais pour ce qui est du « Piss Christ », il serait bon de préciser que Serrano est lui-même chrétien et que, loin de vouloir uniquement choquer son public, il aurait davantage souhaité proposer une métaphore de la condition de la figure christique dans nos sociétés contemporaines. On peut trouver ça pompeux, maladroit ou grandiloquent, mais suggérer qu’un artiste appelle de ses vœux la destruction de ses œuvres pour gagner en notoriété, c’est de la pure malveillance. D’autant que personne ne s’est véritablement intéressé à l’œuvre en elle-même, que ce soit avant ou après sa détérioration (dont on a, pour ainsi dire, uniquement retenue l’accusation de blasphème) ; il s’est trouvé beaucoup de gens pour condamner cette détérioration, mais presque jamais pour défendre la pertinence de cette photographie. Parce que, oui, je le rappelle, l’œuvre en elle-même est bien une photographie, et non un bocal rempli d’urine au sein duquel flotterait un crucifix. Certes, les conditions de réalisation de cette photo devaient sans aucun doute figurées dans sa légende, mais il est impossible, juste en la regardant, de faire le lien avec son potentiel transgressif et provocateur (que l’on a généralement tendance à associer à l’urine). Enfin, si l’Art ne consiste évidemment pas uniquement en le beau, je trouve personnellement cette photographie très belle.

    Belle plume, sinon, comme d’habitude, malgré un propos toujours volontiers démagogique.

    • Je ne sais pas, les caricaturistes de Mahomet ont eu droit à des menaces de mort, l’auteur de «Piss Christ», à part les remontrances dépitées de quelques vieux prêtres…

      Selon moi, il y avait des tas d’autres manières de représenter le Christ dans nos sociétés. Ce n’était certainement pas son message. Un artiste sait quand il va choquer, lui le savait et en toute connaissance de cause a décidé d’exposer.

      et puis «démagogique», c’est quoi ce non-mot ? En quoi l’Odieux serait-il un adjectif que personne (en premier lieu ceux qui en abusent) n’arrive à définir ?

      • Je suis pratiquement sûr que Serrano a eu droit lui aussi à des menaces de mort. Aussi fantaisistes que celles envoyées aux « caricaturistes » de Mahomet. La différence, c’est que Serrano n’a probablement jamais eu l’intention d’insulter une religion qui est la sienne.

        Ce que je reproche par ailleurs à l’Odieux, c’est de donner à son public ce qu’il réclame. A l’exception d’une élite parvenue, on trouvera peu de monde pour défendre l’art qualifié de « contemporain ». Alors, entendons-nous bien : je suis le premier à souhaiter me trancher les veines lorsqu’il m’arrive de m’égarer au sein d’une exposition d’art conceptuel ; néanmoins, il me semble particulièrement malhonnête d’amalgamer les installations prétentieuses d’une minorité d’artistes cotés et les multiples inventions réjouissantes de créateurs beaucoup moins reconnus, mais aussi beaucoup plus nombreux. Et il n’est, à mon sens, pas anodin d’opposer rien moins que les fresques de Michel Ange à l’urinoir de Duchamp : sous couvert de « parler vrai », d’exprimer tout haut ce que tout le monde pense tout bas (et c’est particulièrement flagrant dans article précédent, « Taboo »), OC se fait l’avocat d’un discours réactionnaire, opposant la beauté (valeur absolue) de l’art classique à l’herméticité d’un art contemporain dégénéré.

        Je me souviens d’une biennale d’art à Lyon, il y a quelques années ; un artiste mexicain y présentait en son dernier projet : il avait collectée une centaine d’armes à feu, les avait fondues en une centaine de pelles et s’en était servies pour planter une centaine d’arbres. Voilà.

  31. Ah cher Odieux, si je ne connaissais pas votre goût exquis pour le brandy, les cigares cubains et les étudiantes suédoises, j’aurais tenté cette feinte: «vous ne saisissez pas la subtilité érotico-nietzschéenne des rapports métaphysico-psychanalytiques entre un sapin et un plug anal…» mais finalement non, moi aussi, en grand philistin profane je trouve que c’est juste du moche.

    Merci pour le graphique sur l’art contemporain, je sens qu’il va servir.

    • Penser à corriger « une FRAC » en « un FRAC » sinon ça fait vraiment vieux démago ronchon (et un peu crétin) qui ne sait pas de quoi il parle.

  32. Je ne comprends pas cet acharnement sur cet arbre en plastique….. et sur les questions métaphysiques que cela engendre…..
    Ca fait des années lumières que les radios nous disent d’aimer de la daube, que les « critiques ciné » nous vendent de la bouse pour de l’or….. laissons donc les « spécialistes de l’art » promouvoir ce qu’il est de bon goût d’apprécier non????
    Un brin d’ironie ne nuit pas non?

    • Et surtout ne nous mêlons pas des débats publiques. Laissons les gens dire n’importe quoi sur ce qu’ils ne comprennent pas. Laissons les politiques politiciennes faire leur boulot de gaspiller l’argent public et laissons le FN en récolter les fruits. Lorsque nous danserons tous au son de l’accordéon dans de magnifiques fêtes folkloriques, un plug anal géant ne sera plus d’aucune utilité.

  33. Je veux juste dire un petit truc à l’auteur complètement hors-sujet.
    Comment on peut avoir un esprit comme le tien ? tu m’épates.
    à chaque fois que je te lis j’en reste sur l’cul. Alors au delà de l’épatation voici l’admiration.
    Merci de nous faire partager tes écrits & continue ainsi… <3

  34. Quand j’étais petite, j’avais un jeu en bois, un village miniature tout mignon, avec une petite église, une petite fontaine toute jolie et des petits bancs, des charmantes petites maisons et des petits arbres verts qui ressemblaient furieusement au machin gonflable, la…j’ai décoré mon village avec des plugs anaux, et personne ne m’a rien dit :D

  35. « le mec se fait casser la margoulette parcequil est étranger »…mais odieux pourquoi tant de demago? Pourquoi teter le seins de nos médias? Il n’y a pas que de pauvres petit étranger et de vilain français fascistes, le mec pose sa bouse anal aux yeux de tous, il dois s’attendre à avoir une réponse…ya quand même un mec qui, par conviction est venu lui dire ce qu’il en pensait, avec des couilles, sait on comment cela ces passé? Si la violence est à bannir, on ne peu reprocher à ceux qui sont venu dégonfler cette merde fiotisante une centaine paire de baloches…

    • Être une foule en colère qui passe à l’acte (ici, débrancher un plug anal géant et plutôt vert) ne requiert pas de baloches, mais nécessite probablement un grand vide et une grande frustration à l’intérieur de soi, et puis surtout un besoin de légitimer l’expression intime de sa violence en l’organisant, en bande, autour d’idées aussi creuses que fédératrices, car y a pas mieux que l’indignation pour se sentir exister. Mais n’a pas de baloches qui n’en a qu’en meute.

      L’image de la petite grand mère qui s’emmerde en attendant qu’on lui vole son sac à main et très parlante, mais y a pas que les cathos qui font figure de mémé pousse au crime, y a aussi les athées, les coco, les féministes, les écolos, les minorités ethniques, les ados, les fachos, les antifachos, les anarchistes, la SPA, enfin tout ceux qui se sont donné un nom de gang pour confondre leurs frustrations secrète dans le flou des indignations communes en se faisant groupes activistes « contre » un truc (c’est particulièrement criant chez les cathos parce qu’ils ont des origines manichéennes). Je dis pas que c’est toujours mauvais ou jamais nécessaire, mais j’ai jamais aimé les manifs.

      Enfin ce que je veux dire, c’est qu’à mon sens, ces gens qui vont chercher refuge dans la foule manquent profondément de baloches, et qu’ils en souffrent, et c’est pour ça qu’ils sautent sur toutes les occasions de montrer que si, ils en ont. Mais pas tous seuls.

      ça n’a pas grand rapport avec l’art, mais surement qu’en fait si.

  36. L’art se forme au travers du regard du spectateur: oui
    mais pour moi il existe réellement à travers le ressentis du spectateur, quelque chose même qui dépasse la ‘ vision ‘ esthétique. quelque chose qui touche. ( qui dépasse notre simple conscience, notre intellect), et c’est pour moi le premier but de L’Art. ( si une création touche quelqu’un au delà de l’intellect en 1900, elle aura surement une chance de toucher quelqu’un en 2000 : elle ne dépend pas de code sociaux contemporain, d’un regard particulier se rattachent à un temps particulier ( c’est intemporel ).

    L’Art n’est pas ‘ quelque chose ‘ que l’on métrise. C’est, si j’ose dire: L’Art qui nous guide. c’est une forme de « super éducation » qui dépasse toute celle qu’on peut si facilement contrôler.

    Je ne suis pas pour autant ‘contre’ l’installation de macCarthy, elle n’est pas pour moi une œuvre d’art, mais ce n’est pas pour cela qu’elle n’est pas intéressante. Elle questionne quand même sur notre temps. Et cela peut être une forme de créativité de questionner. et de provoquer.

    .

    • Si ce n’est pas une œuvre d’art (même mauvaise) qu’est-ce que c’est? C’est quand même un peu grand pour être un plug anal.

      • un objet à réflexion, un artiste n’est pas forcément un créateur  » d’œuvre « , ca ne veut rien dire au final  » une œuvre « . il y a un entre d’eux, tu peux très bien en tant qu’artiste produire des objets à discutions sans les placer comme des œuvres d’Art.
        . le fait que certain soit ‘ contre ‘ … je dirais c’est même génial, il ne la surement pas fait pour plaire.
        Et aujourd’hui c’est quoi noël ? il devient quoi le côté religieux ? c’est quoi qui remplace le sacré de noël ? notre société elle est régit par quoi maintenant ? je sais pas moi je vois ca je me dis pas  » c’est de l’art ‘ mais je me permet pas non plus de dire que ce n’est rien, si c’était rien, personne aurait critiqué, personne ne serait aller le dégonfler. il aurait été ignoré, comme on dit, ca aurait été  » un flop « . Il y a eu un intérêt, donc ce n’est pas rien. ca touche un minimum.

  37. L’analyse de l’art paléolithique est complètement à l’ouest. J’imagine que tu dois être totalement ignorant sur la période et que tes connaissances là-dessus doivent se limiter à quelques clichés ramassés par-ci par-là, dommage c’est une période fascinante et sur laquelle les travaux se renouvellent beaucoup. Bref beaucoup de mauvaise foi et d’ignorance !

    • Si seulement ce n’était que L’analyse de l’art paléolithique qui était à l’ouest… L’analyse de l’art contemporain n’y était pas plus brillante.

  38. Le bouton répondre à disparu en dessous de

    « un objet à réflexion, un artiste n’est pas forcément un créateur » d’œuvre « , ca ne veut rien dire au final » une œuvre

    Hey! Tu es trop paresseux pour regarder la définition du mot « Oeuvre »?
    1) »Objet créé par un être vivant, manifestation tangible d’une pensée, même infime, réalisation d’un produit, fonctionnel ou non.  »
    2)(En particulier) Production littéraire, artistique ou intellectuelle.

    Un plug anal n’est pas une production littéraire, artistique ou intellectuelle, en revanche l’objet dont on parle en est une. Je plaide donc pour une Œuvre au sens particulier d’œuvre d’art

    « il y a un entre d’eux, tu peux très bien en tant qu’artiste produire des objets à discutions sans les placer comme des œuvres d’Art. »

    Oui mais ça va être difficile de gagner ta vie en tant qu’artiste… A moins de considérer qu’un boulanger qui crée une nouvelle baguette et qui la soumet à la critique peut être considéré comme un artiste… Moi je veux bien.

    Mais ce qui détermine qu’une oeuvre d’art est une oeuvre d’art c’est son usage. Et ce qui détermine son usage c’est généralement l’intention de son créateur mais pas toujours le plus souvent c’est le contexte (d’où l’importance de la glose sur les oeuvres d’art). Dire que ça pose problème n’est pas faux mais c’est souvent ce qui rend la chose intéressante… S’il n’y avait pas de problème ce post serait moins drôle et il y aurait beaucoup moins de commentaire.

    • réponse à Sb :
      justement ça veut tout et rien dire du coup, toute chose vivante pourrait être penser comme œuvre au final. bref. et par rapport à cette notion de vivre, oui c’est un soucis aujourd’hui parce qu’on confond l’Art véritable a celui qui se prostitue, qui se rabaisse à un simple objet de conssomation.

      ( et non je suis pas paresseux, je prend compte des définition d’un dictionnaire mais je ne m’y renferme pas non plus.

  39. Le truc, c’est que la plupart des pourfendeurs de l’ «art contemporain», tu les fous dans un musée académique, que ce soit de la peinture ou de la sculpture, et ça les fait juste chier – sauf que là, ils ferment leur gueule, parce qu’on leur a appris à l’école que c’était bien, et que du coup, ils veulent pas passer pour des cons. Alors ils disent « C’est beau », mais putain, qu’est-ce qu’ils s’emmerdent, et qu’est-ce qu’ils en ont rien à foutre ! Parce que la question, c’est pas de savoir s’il faut « plus de temps pour justifier une oeuvre que pour la créer », c’est juste que pour apprécier une oeuvre donnée, il faut avoir passé un peu de temps à s’intéresser au domaine concerné (vas-y : écoute les oeuvres pour clavecin de Frescobaldi, et dis-moi que t’aimes (sincèrement) ça si tu t’intéresses pas à la musique en général). Dire que Guernica (qui n’est pas de l’art contemporain) est une arnaque est légitime, mais je n’entends personne le dire – et, quand on le dirait, ça ne voudrait pas dire que Picasso est une arnaque en général.
    L’art contemporain, en fait, c’est bien, ça défoule les cons : ça leur permet de dire que l’art, c’est de la merde, et de se venger de l’école. Parce qu’en réalité, la majorité des gens n’en pense rien, de l’art, contemporain ou pas.
    Cracher sur l’« art contemporain » comme sur un tout, c’est aussi con que de cracher sur le tricot ou la cuisine. « Rhââ, mais putain, le tricot, c’est vraiment de la merde ! » Quoique, non, les gens ne se permettraient jamais de cracher sur le tricot et la cuisine – parce que ce qu’il y a, au fondement de toute gerbe diffamatoire dédiée à l’art contemporain, c’est l’idée que « il n’y a pas de travail ». Ben ouais. Pas de travail, pas de famille, pas de patrie. Et ça, dans la « France contemporaine », c’est un peu comme dire qu’un chômeur peut être heureux. C’est un scandale.
    Y a de la merde dans l’art contemporain, y a de la merde dans l’art pas contemporain, comme y a de la merde dans la musique contemporaine et dans la musique classique, et dans la littérature et dans la poésie et au cinéma et dans toutes les activités humaines. Et même, un même mec peut faire, à un moment donné, un truc génial, et, à un autre, de la merde. Ben ouais, mais alors, vu qu’on n’a pas d’avis en soi, comment on se démerde pour pas avoir l’air con ?
    Le problème de l’art contemporain, c’est celui du marché contemporain de l’art, qui, effectivement, outre le fait qu’il a appliqué à l’art les règles du marché, a en plus tendance à vendre la merde au prix de l’or, et celui du public-qui-veut-pas-passer-pour-un-con, qui fonde son appréciation sur ce qu’on dit dans les milieux autorisés qui décident de ce qui doit marcher, mais jamais, en aucun cas, sur son propre jugement éclairé – vu qu’il n’est pas plus éclairé qu’un agent immobilier ne l’est sur ce qu’il vend ou loue (l’ignorance étant ce qu’elle est, rien n’empêche évidemment qu’à son insu, par accident, un margoulin ne vous vante un génie ou un trésor).
    Bref.
    Ramener sa fraise sur McCarthy (ou sur Jeff Koons), je veux bien, mais pourquoi on n’entend rien sur les autres, je veux dire sur ceux qui ne sont pas médiatisés ? Parmi tous les commentateurs, qui parle d’art (contemporain ou pas) ? Foutre tout le monde dans le même sac, quand on ne connaît rien à ce dont on parle, tout simplement parce que ça ne nous intéresse pas (ce qui est en soi légitime), c’est pas un peu dire de la merde ?

  40. Evidemment, niveau esthétique de la forme et profondeur, si vous comparez Desproges à Gad Elmaleh, on a déjà un pied dans l’art, et un bon ségmentant

  41. il faut aussi voir dans l’art contemporain l’opportunité pour des gens friqués de pouvoir jouir d’une prétention et différenciation sociale que leur suggère leur pouvoir d’achat, mais pas forcément leur niveau scolaire.. Aussi il est plus simple de frimer et faire l’érudit en se prétendant amateur d’art ou collectionneur que d’être docteur en astrophysique ou neurochirurgien. C’est donc un bon repaire pour les héritiers, rentiers, « femme ou mari » de… dont le statut social n’est pas la conséquence d’un talent quelconque. Aussi l’art contemporain peut donner statut intellectuel ou d’expert au fan de shopping multimillionnaire !

  42. Excellente page et excellent blog, rotfl.

    Sinon, ma réponse à la question qu’est-ce que l’Art : est artistique ce qui communique. La communication peut être très brève, très symbolique (une cabane sur un mur, une personne emmerdée au sens propre criant « capitalisme ! »), plus longue (un roman, un poème, une peinture, un film), ou scientifique (une équation aux traits artistiques pour Isaac Newton ou Cédric Villani). Et ça peut être tout ça en même temps sur les différentes dimensions de l’œuvre.

  43. Bonjour,
    Merci pour ce billet!
    Dans le domaine musical, connaissez-vous la conférence du pianiste Jérôme Ducros au Collège de France, qui avait fait grand bruit (!) dans le milieu de la musique contemporaine il y a trois ans?

    Tout y est dit!

  44. Avez vous remarqué cette tendance insistante des commissaires d’exposition qui s’ingénient à faire cotoyer des œuvres majeures de l’art classique avec des horreurs conceptuelles d’artistes locaux ou « amis » ? avec l’idée sous-jacente que les critères de jugement sont des notions has been. et que tout ce vaut.

  45. Pingback: Art contemporain : qu’y a-t-il derrière le chantage au fascisme ? | Le Comptoir·

  46. la plug géante c’était pas juste pour dire que les parisiens étaient des grrrroooooos trous du cul ?

    je suis déçu, déçuuuu…

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