Robocrap

« Nous sommes à l’aube d’une révolution.« 

A l’ombre du hangar des prototypes d’Odieux CorP, les membres du conseils d’administration attendent patiemment, debout au milieu de l’odeur chimique qui empeste les lieux, la conclusion du discours de leur président directeur général qui semble désormais imminente. Celui-ci, trop occupé à savourer l’écho de sa propre phrase tournant entre les poutrelles du bâtiment, note à peine le balancement nerveux de certains d’entre eux indiquant qu’une certaine impatience règne chez ceux plus habitués à se réunir dans des fauteuils confortables que debout dans ces lieux peu accueillants. Enfin, il reprend.

« Une révolution pour tous, au service des citoyens de ce pays. On nous dit et répète que certaines zones ne sont plus sous le contrôle de la police ; je dis : n’abandonnons pas ! Et cette obstination, cette soif de justice, c’est ce qui fait d’Odieux CorP une société unique. C’est pourquoi je vous présente aujourd’hui notre dernière innovation en matière de sécurité : le DIEGO – 209 !« 

Le rideau derrière l’orateur s’ouvre enfin et dans un grand « Ooooh ! » mêlant surprise et soulagement à l’idée que le discours soit enfin terminé, se révèle un imposant bipode surmonté d’une sorte de coque sombre encadrée de deux imposants canons. Le président directeur général s’en approche, une petite télécommande à la main, et d’une simple pression d’un bouton, le monstre de métal s’anime et se dresse, pointant ses armes dans le vide face à lui.

« DIEGO-209 prêt pour patrouiller. Analyse des civils présents en cours. Analyse terminée : aucune menace détectée.
– Ne craignez rien, vous l’avez entendu ? Il ne vous fera aucun mal. Regardez-moi plutôt ce bijou : blindage triple couche, armature en titane de carbone, reconnaissance faciale, vocale et digitale, batterie de 48h, canons de 75 mm à tir rapide, module vocal anglo-saxon…
– Freeze, motherfucker.
– Module espagnol !
– Dame el chorizo.
– Module russe !
– Сталин велик.
– Module Claude François !
– Bah, il parle pas ?
– Hein ? Ah mais  ça c’est pas un module vocal, c’est un taser.
– Ho.
– Bref, tout ça pour vous dire que le DIEGO-209 est prêt à être déployé dans toutes les zones où il est grand temps de rétablir l’ordre et la loi : Seine Saint-Denis, Marseille, bureau de Patrick Balkany, nos usines sont déjà prêtes. Et nos premières unités sont en partance pour Hollywood. »

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Quelqu’un toussote dans l’assistance avant d’interroger timidement.

« Hollywood ?
– Si vous connaissez une plus grosse bande de malfrats, dites-le moi Berthier, je vous écoute.
– Mais ils n’ont rien fait de mal ?
– Et toutes ces licences, détenues pour mieux être violées à de multiples reprises, hein ? Vous voulez que je vous parle du Hobbit ? De Total Recall ? De… de Robocop ? »

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Le membre du conseil d’administration haussa les épaules.

« Je sais pas, je l’ai trouvé pas si mal, moi, Robocop.
– DIEGO-209 ACTIVE. Détection de pipeau : confirmée. Cible verrouillée.
– Mais qu’est-ce que… éteignez-le, vous voyez bien qu’il déconne votre truc !
– Ah non, hé, Berthier, c’est vous qui déconnez : retirez ce que vous venez de dire !
– JAMAIS ! Le film était plutôt beau et en plus proposait une histoire origi…
– DIEGO-209 en MODE COMBAT :  citoyens, veuillez vous écarter. »

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Le conseil d’administration se disperse comme une volée d’oiseau, laissant le pauvre Berthier seul face à la machine. Il titube un peu, défiant le monstre de métal du regard

« DERNIER AVERTISSEMENT : reconnaissez que ce film est à chier.
– Non ! En plus, dedans, il y a Gary Oldman, c’est signe de qualit-
– OUVERTURE DU FEU. »

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Et dans un enfer de détonations et de tintement de douilles, le monde du cinéma perd un homme de mauvais goût.

Notre homme a-t-il mérité pareil sort ? Robocop est-il une bonne adapt…pfff, pardon, pardon. Bref, est-ce que ce film peut être vu sans faire une dépression dans la foulée ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : et quand on a plus d’idées, on achète des licences. Je vois.

Tout commence alors qu’un présentateur télévisé fait des bruits de gorge ressemblant à du patois ardennais pour se préparer à démarrer son émission en direct. Et ce présentateur, ce n’est pas n’importe qui : c’est Maître Windu, et son émission, c’est le Maître Windu Show. Ce film commence sous les meilleurs auspices.

Mais donc, qu’est-ce que c’est, le Maître Windu Show ? Hé bien c’est une émission avec un axe vaguement ultra-conservateur dans laquelle on parle du sujet chaud  du moment : la sécurité. Puisqu’en effet, la société Omnicorp, ou OCP pour les intimes, a développé une gamme de robots fort pratiques : les ED-209, gros robots bipodes, et EM-208, humanoïdes blindés, capables d’apporter la sécurité à chacun avec une grande efficacité. Ils sont déployés partout dans le monde et font des merveilles, sauf… aux Etats-Unis, où ce vieux rascal de sénateur Dreyfus (hé oui, ça ne s’invente pas) a fait passer une loi interdisant aux robots de faire la loi parce que les robots, c’est nul, ça plante, ça fout de l’huile partout et ça te demande si tu veux installer iTunes toutes les 20 minutes.

Du coup, le crime galope au pays du hamburger, alors que Maître Windu nous montre ce qu’il en est à Téhéran où il appelle une équipe de l’émission en direct, et où l’armée a déployé ces bijoux.

Le résultat est simple : il suffit aux militaires, journalistes et autres de porter un bracelet rouge spécial, et les robots font tout pour les protéger. Ils marchent donc autour d’eux, scannent les civils à la recherche d’armes, mais… alors que la caméra à Téhéran retransmet en direct les informations au Maître Windu Show, une bande de vilains terroristes attaque ! Et bardés d’explosifs, ils sautent sur et avec les robots ! Ces derniers, diablement efficaces, se débarrassent de la plupart des vilains sans trop de bobos mais la situation est un peu moins funky quand le fils d’un des terroristes, un peu con, sort dans la rue pour attaquer un robot ED-209… avec un couteau de cuisine.

Quelques secondes plus tard, il se fait donc détruire la gueule, ce qui est bien tant il paie pour tous les autres enfants énervants des films américains (même si cet enfant n’est pas vraimeeeeent américain).

Sur le plateau du Maître Windu Show, on relativise : okay, un enfant vient de se finir en pulpe, mais déjà il était vaguement muslimisant, et puis quand même, les robots ont bien fait leur boulot. Alors pourquoi ne pas les déployer dans nos rues ?

Bonne question, mais ce sera tout pour cette émission. Allons donc du côté de Détroit, où au poste de police, l’officier Alex Murphy rentre de mission un peu énervé, son partenaire Jack Lewis venant de se manger une balle. En effet, alors que tous deux étaient en mission d’infiltration déguisés en punks à chien dans le gang de Vallon, un vilain local qui trafique plein d’armes, et qu’ils avaient enfin rencontré ledit Vallon, celui-ci a reçu un mystérieux appel téléphonique le prévenant qu’il avait en réalité affaire à des agents de la maréchaussée (ils n’avaient pas leur canette de 8-6, c’est vrai que c’était suspect). Il a donc vite mis les voiles, laissé des hommes derrière-lui pour couvrir sa fuite, et dans l’affaire, Jack Lewis s’est donc mangé un pruneau.  Damned ! Alex a donc chargé le larron dans une ambulance et est parti au poste faire son rapport auprès de sa chef, Karen Dean.

« Alors Murphy, qu’est-ce que c’est que ces histoires ? Je vous file un super coéquipier qui était quand même Omar dans The Wire, et vous le laissez se faire plomber ?
– A) C’est mon meilleur pote B) Il est noir C) C’est un blockbuster, vous croyez qu’il allait lui arriver quoi ?
– Bonne remarque Murphy. Mais il n’empêche : pourquoi vous en êtes vous pris au gang de Vallon seuls ? Il fallait appeler du renfort !
– Vous savez très bien qu’il y a des flics corrompus ici, si j’avais appelé, on se se serait fait balancer encore plus tôt !
– Murphy…
– Mais regardez ! Ça fait deux ans que les agents Débilou 1 & 2 travaillent sur le dossier Vallon ! Ils n’ont pas procédé à une seule interpellation, ça vous paraît pas bizarre ?
– Bon je… j’en parlerai aux affaires internes. A l’occasion. Entre deux portes. Si je retrouve leur numéro. »

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C’est vrai que le coup des mecs qui n’interpellent personne, c’est pas du tout suspect. Donc, durant deux ans, ils n’ont pas pensé une seule fois à arrêter un gars au hasard, ou même un membre du gang pour le garder quelques heures et le faire ressortir, histoire de faire semblant ? Non : ça fait deux ans que les mecs se mangent des fajitas dans leur bureau sans rien faire. C’est… brillant. Autre truc pas du tout suspect : le non-enthousiasme de la chef à réagir. Surtout quand Alex Murphy rajoute :

« En plus, les armes que Vallon vend dans les rues : d’après les premiers éléments de notre enquête, elles viennent des scellés de la police, alors hein !« 

Mais comme seule réponse, la chef répond que, bah, boh, tu sais, bon, finalement, hein, tout ça, c’est pas si grave, on verra.

Hmm… je crois que je viens d’identifier trois traîtres alors qu’on est même pas à 15 minutes de film, dites-donc. Subtil tout ça. Ou alors c’est moi qui suis super fort. On va dire ça, on en est qu’au début après tout.

Bref, cela étant dit, allons donc du côté de Washington où se tient une convention de sosies de Julien Lepers et… non ? Ah non, pardon : c’est juste Raymond Sellars, le PDG de l’OCP qui est en audition face au sénateur Dreyfus, le fameux auteur de la loi sur l’interdiction aux robots de faire la loi. Attention, dialogue :

« Est-ce qu’un robot peut avoir le droit de vie et de mort sur un humain ? Non, Monsieur Sellars !
– Ecoutez, nos robots sont super performants et le crime est descendu en flèche de 80% partout où ils ont été déployés. »

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Moi j’aurais ajouté « Et si vous voulez, comme ils sont blindés, je pense qu’on doit pouvoir les faire désarmer les gens sans les tuer assez facilement.« , mais bon, c’est toi l’expert pépère.

« J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
– Hé bien ils font…
– Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
– Hé bien… rien.
– Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain ! »

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Attendez ? J’ai bien suivi ? Les mecs utilisent comme argument « les sentiments du robot » ? Le problème, c’est pas qu’il bute des marmots, c’est qu’il ne ressente rien en le faisant ? Mais qu’est-ce que… non mais le raisonnement est complètement moisi, on peut le retourner : et si un humain bute un gosse, c’est okay ? Parce qu’il a des remords, se met à boire pour oublier, devient alcoolo, tape sa femme et son gosse et finit clodo du coup, c’est donc tranquille Emile ? Mais qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Je vais tout de suite être clair : le pire truc de ce film, ce sont les dialogues. Surtout ceux impliquant l’OCP : quelqu’un a dû manger des pages (dans le meilleur des cas), c’est impossible autrement, puisque comme nous le verrons, ils n’ont strictement aucun sens. Vraiment.

Au passage : Maître Windu, du Maître Windu Show, qui semble gémir « Regardez ma carrière… tueeeez-moiiiii…. »

Toujours est-il que, justement, l’OCP après s’être avouée vaincue par les arguments surpuissants du sénateur Dreyfus (faut-il être mauvais), se replie et réfléchit à comment faire pour que le marché américain accepte enfin ses robots. On propose bien une nouvelle campagne de communication, ou encore plus de graissage de pattes de sénateurs, mais ça ne suffit pas. Raymond Sellars a alors une idée : il sait comment contourner le problème ! Je vous passe la scène absurde qui s’ensuit à base de « J’ai une illumination« , toujours est-il que Raymond court dans les labos d’OCP pour trouver le docteur Norton, expert en membres cybernétiques. En effet, OCP est leader dans le domaine, tellement que Norton est même en train de montrer à un guitariste amputé des deux mains qu’à nouveau, il peut jouer finement et délicatement, comme avec ses anciens membres, à part du Julien Doré puisque même les membres cybernétiques ont du goût. Mais bon, ça suffit les conneries : Raymond est là et il veut expliquer sa grosse idée :

« Norton, je viens d’avoir l’idée du siècle !
– Arrêter la coke ?
– Non, non, mieux ! Vous savez, la loi Dreyfus ? Les américains veulent l’efficacité des robots mais la conscience des humains : j’ai la solution !
– Des drones ? C’est jamais que des robots, mais avec des humains qui prennent les décisions.
– …
– C’était pas ça votre idée ?
– Merde, non. Putain c’est même pas dans le script. Non, mon idée c’est… c’est mettre un humain dans un robot.
– Ha oui, c’est un peu con quand même. 
– Bon. Ecoutez, on va faire avec : sélectionnez-moi des candidats potentiels pour qu’on les colle dans un robot, allez hop ! »

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Et après avoir été convaincu que cela aiderait plein de gens, Norton, qui est un gros gentil, accepte. L’équipe d’OCP propose donc divers candidats, et c’est reparti pour du dialogue raté.

« Bon alors on a le sergent Bob. Amputé des bras et jambes, mais devenu obèse : il ne tiendra pas dans le robot.
– Non. Suivant. 
– Ah bon, on sait concevoir un surhomme mais pas faire une liposuccion ?
– Votre gueule, Docteur Norton, tenez-vous en au script. Suivant, disais-je?
– Là, on a l’officier Black. Il est complètement paralysé et seul un changement de corps pourrait le sauver. Par ailleurs, nos enquêtes d’opinion sur des publics tests le mettent loin devant tous les autres en terme de popularité.
– Il est parfait, on le retient. Montrez-voir le suivant ?
– Le sergent Bigballs. Ancien chef du SWAT, il a perdu ses deux jambes mais incarne toujours un idéal de virilité coolos.
– Il me plaît. Norton, votre avis ?
– Son dossier dit qu’il est instable psychologiquement. Vu ce qu’on devra faire subir au candidat, mieux vaut éviter.
– Bon, hé bien alors il faudra attendre qu’un autre pauvre type se fasse dégommer. »

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Attendez, attendez, sérieusement ? Vous avez dit il y a UNE SECONDE que l’officier Black était parfait en tous points, et que lui, il était pas amputé : il était paralysé, les membres cybernétiques ne pouvant le sauver, c’est donc en plus le seul qui a une VRAIE raison de se retrouver dans un robot. Vous avez même dit que vous le « reteniez » ? Je… oh, misère, rater ses dialogues à ce point, c’est quand même dramatique. Bon bin, retournons du côté de l’ami Murphy alors.

Alex Murphy est donc parti à l’hôpital visiter son bon ami Jack Lewis, pour lui promettre qu’il va botter le cul de Vallon et ses sbires. Oui mais voilà : ce qu’Alex ignore, c’est que les agents Débilou 1 & 2 sont déjà allés voir Vallon pour lui dire que l’incorruptible Murphy était toujours à sa poursuite, mais que si il voulait s’en débarrasser, il serait à l’hôpital aujourd’hui. Vallon a donc envoyé un homme placer une bombinette sous la voiture de Murphy, quel déconneur celui-là !

Aussi, lorsque Murphy remonte dans sa voiture…

… rien. Ah ? Bon, bon. Peut-être qu’il va le faire péter sur la route alors ? Mmmm… non, Murphy arrive chez lui sans souci. Bon, bin à l’arrêt du moteur peut-être ? Ah bin non plus.

J’ai dû louper un truc. Murphy, donc, rentre chez lui et retrouve sa charmante femme et son fils, et s’empresse de mener une vie de famille exemplaire avec eux parce que c’est un vrai héros parfait. Puis, la soirée avançant, on envoie le petit au lit, et chez les grands, on se dit qu’il serait bien temps de copuler un peu, là, comme ça, allez hop, tu te mets en slip-chaussettes s’il te plaît. Alors que nos larrons commencent à peine à se mettre en jambe avec des préliminaires comme le chameau volant ou la tornade du Bénin, voilà que l’alarme de la voiture se déclenche. Roooh. Relou. Murphy laisse donc Madame en plan et va donc tenter de couper le bousin, mais la télécommande ne marche pas, bordel de pipe. Il va donc tenter de couper tout cela manuellement, et en ouvrant la portière de la voiture…

BOUM !

Si c’était pour faire ça, pourquoi attendre aussi longtemps ? Nous ne le saurons jamais. Mais si ce n’était que ça !

Ah oui, okay. Donc les mecs se sont compliqués la vie à poser la bombe, la laisser sous la voiture des heures, attendre que Murphy soit chez lui puis, pour se marrer, ont piraté l’alarme du véhicule pour tout faire péter à ce moment là. Ça n’a strictement aucun sens, c’est génial. Madame la marchande, je vais reprendre du pop-corn au Xanax s’il vous plaît.

Résultat des courses : l’ami Murphy a été transformé en merguez. OCP repère donc son dossier et explique à sa femme que son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau, du coup, le chameau volant, il risque plutôt de rester à faire du roulis sur la piste. Ah bin oui, hein, c’est dur.

Pardon ? Oui, l’OCP, qui deux scènes plus tôt était le leader mondial de la prothèse cybernétique est en train d’expliquer que les bras ou jambes coupés, pfou, ils voient pas comment faire.

Tous les dialogues. Tous. Sans exception.

Bref, ils proposent à Madame Murphy une nouvelle procédure pour le sauver et lui donner une seconde chance. Et après une grosse hésitation, et puisqu’elle doit se décider vite, elle signe.

Murphy est donc plongé en plein rêve, persuadé que tout va bien, jusqu’au moment où il quitte ce songe merveilleux dans lequel il jouait à Twister avec Françoise Boufhal pour se retrouver dans un laboratoire, attaché à une sorte de chevalet futuriste, avec en lieu et place de Françoise le professeur Norton, qui porte quand même drôlement moins bien la blouse, marrant ça. Murphy, a moitié shooté, se demande donc ce que c’est que ce bordel.

« Gnu… où… où suis-je ? Où est ma femme ? Je me souviens que j’étais chez moi avec elle et que j’allais lui faire l’amour, et puis… le trou noir.
– Vos métaphores anales ne m’intéressent pas, Murphy. Toujours est-il que votre femme va bien, votre fils aussi et… vous aussi. Tenez : Simone, ouvrez les verrous de sa colonne et de ses bras. »

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Un bruit mécanique plus tard, Murphy peut tourner la tête et bouger les bras, et constate que dis-donc, ils sont engoncés dans une sorte de grosse armure qui ne laisse dépasser que sa main droite.

« Qu’est-ce que… libérez-moi !
– Très bien, très bien : Simone, ouvrez les verrous restants. Murphy, essayez de faire quelques pas. »

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Cliquetis, cliquetas, et hop ! Notre héros est libre de ses mouvements et confirme : il est bien bloqué dans une sorte de grosse armure qu’on refuse de lui enlever. Un peu bougon, il se met donc à courir partout pour essayer de fuir ce lieu où l’on veut le retenir, et gambade donc au travers du laboratoire futuriste, fuyant dans tous les couloirs avant de traverser un gigantesque atelier plein d’asiatiques, ce qui lui fait peur (pas seulement parce qu’il est un peu raciste) puisque ça voudrait dire que si ça se trouve, son armure est du Made in China, puis atteint l’extérieur où il découvre que non seulement il court désormais super vite, mais en plus, peut franchir le mur d’enceinte d’un seul bond. Ce qu’il fait avant de tomber… dans une rizière, au milieu des paysans, puisqu’en Chine, les usines super sensibles sont toujours installées au milieu des rizières, c’est comme ça, ça permet de manger bio à la cantoche. Norton, voyant que Murphy ne compte pas revenir, appuie donc sur le gros bouton « Dodo » et Murphy s’effondre donc lamentablement le temps que l’on vienne le récupérer.

Coup de bol, il tombe sur le dos. Sinon, j’imagine bien Norton « Allô, Raymond ? Oui, tu sais notre dernier projet ? Bah, il s’est endormi dans une rizière et s’est noyé dans 2 centimètres d’eau.  On a d’autres candidats ?« 

Bref, Murphy se réveille à nouveau dans le laboratoire de l’ami Norton, qui tente de le calmer un peu.

« Murphy, nous avons commencé du mauvais pied tous les deux… hihih, mauvais pied… 
– …
– Non mais c’est parce qu’on vous a ampu… ho et puis merde, Murphy.
– Qu’est-ce que vous m’avez fait ?
– Hé bien vous avez été victime d’une bombe, vous étiez tout brûlé, il vous manquait un œil, un bras, une jambe, 80% de votre corps était brûlé…
– Je veux me voir !
– Soit : Simone, faites sortir le gros miroir du sol. »

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Scientifiques qui me lisez, si votre laboratoire n’a pas au moins un méga-miroir dans le sol, sachez que vous êtes dans un truc de gros nazes : c’est quand même évident que tout laboratoire sérieux devrait avoir ça. Toujours est-il que Murphy se voit enfin dans sa grosse armure, et Norton commande alors le démontage de celle-ci pour montrer ce qu’il reste de lui : et visiblement, pas grand chose, puisque plus l’armure s’en va, plus il y a de vide, jusqu’à ce qu’il ne reste plus… que la tête de notre héros, ses poumons et sa main droite (et encore, reliée par un vieux boudin en métal, il n’y a même plus de bras).

« Haaa ! C’est affreux ! 
– Je sais Murphy et…
– Qu’avez-vous fait ?
– C’est-à-dire que vous étiez dans un sale état comme je vous l’ai dit et…
– Non, c’est pas ça ! Pourquoi avez-vous bossé comme des charlots ?
– Pardon ?
– Bon sang ! Mon corps était brûlé à 80% et comme par hasard, mon visage, lui, est impeccable ! 
– Heu… on l’a refait avec notre super technologie ?
– Vous savez refaire la peau du visage mais pas celle des bras ou des fesses ? Vous aviez la technologie pour me soigner mais ne l’avez utilisée que pour me faire une jolie tête ? En plus même le mec de Robocop 1 dans les années 80 avait l’air plus crédible ! On voit bien que je suis juste un acteur avec un costume et une cagoule !
– Hem je… attendez… je suis sûr que…
– Et l’armure ! Bon sang, vous pouviez pas juste me mettre une exo-armure, justement ? Et remplacer les membres manquants avec de la cybernétique ? C’était moins cher et moins traumatisant !
– Non, je suis sûr que… qu’il y avait une excellente raison…
– Excellente raison qui ne marchait pas pour mon corps mais qui fait que vous m’avez quand même remplacé l’œil kaput justement avec la technologie en question ?
– Je…
– Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
– Votre autre main ?
– Noooon, pas exactement.
– Ho.
– Non mais… bordel, allez : remettez-moi mon armure. Et je ne veux même pas d’explication sur pourquoi les prothèses que vous filez aux guitaristes sont maniables et silencieuses quand votre armure qui est autrement plus élaborée bouge comme un jouet pour enfants. Vous m’avez remonté avec des pièces de R19 ou bien ?
– On va s’arrêter là pour aujourd’hui Murphy, d’accord ? »

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Ce film est dramatique. Rien n’a aucun sens. Et on est encore loin d’être rendus, c’est… je n’arrive même pas à m’expliquer comment on peut rater autant de trucs.

Jeu : l’un de ces deux films a eu un budget 8 fois inférieur à l’autre et 27 ans de plus. Sauras-tu retrouver lequel a fait un minimum d’efforts pour le maquillage de cyborg ?

Toujours est-il que Murphy a le droit à une petite vidéoconférence avec sa femme pour lui dire que hihihi, il va bien, il rentre bientôt, mais que là il a encore besoin de s’adapter à son nouveau corps, tout ça, sinon il va glisser sur le parquet à la maison et ça va être le bordel. Sur ces entrefaites, il est présenté à Maddox, le patron des robots chez OCP, qui évidemment, a la psychologie d’un chou, et encore, pas un chou frais frais, et passe donc son temps à insulter Murphy en lui disant que c’est une chose, pas un humain, quand bien même on lui a expliqué l’exact contraire. Le procès pour harcèlement n’est pas loin.

Ou celui au dialoguiste, vraiment.

On présente donc ses nouvelles armes à Murphy, que nous pouvons désormais appeler Robocop, je pense. D’abord, une mitraillette qui envoie de gros pruneaux, et ensuite, un taser qui envoie 12 millions de volts, mais ça va, tu le vis bien. Cela fait, on lui propose d’aller dans un simulateur reproduisant à la perfection un exercice, avec face à lui, un robot humanoïde EM-208 qui doit affronter la même simulation. Le résultat est sans appel : défoncer 12 terroristes et libérer 3 otages prend 48 secondes pour le robot, 53 pour Robocop.

Parce que l’humain, lui, réfléchit avant chaque action.

Exactement ce que l’OCP voulait.

Du coup, que se passe-t-il lorsque Norton annonce les résultats à l’OCP ? Hé bien l’ami Raymond s’exclame « Noooon ! Il est moins performant que nos robots, c’est un produit défectueux ! Corrigez immédiatement cela, docteur Norton !« 

Dites les mecs, ça vous dirait de regarder votre propre film à un moment ? Non parce que je résume : la loi Dreyfus est contre les robots qui font la loi à cause d’arguments essentiels comme « Ça a pas de sentiments liés à ses actes« .  Vous créez donc un humain robotisé justement pour cette raison. Le résultat est sans appel : les réflexions et les sentiments sont si présents qu’on peut même observer clairement la différence à l’exercice face à un robot. Et franchement, je pense que tout le monde se tape cordialement du fait qu’il mette 5 secondes de plus pour arrêter des terroristes si ces 5 secondes sont passées à faire des trucs comme réfléchir à ses actes.

Hé bien non. Chez l’OCP et ses dialogues honteux, on a pas compris et on commande un truc absurde.

Du coup, Norton se met au boulot et modifie un peu la programmation de Robocop. Et pour la présenter, il propose à Robocop d’affronter Maddox, qui est aussi un sacré militaire, accompagné d’environ 50 EM-208, le tout à balles réelles bien sûr, histoire de foutre en l’air le maximum de pognon. Et dire que dans la scène d’avant, un simulateur suffisait. Madame la marchande ? Oui, avec les pop-corn au Xanax, je vais prendre un Miko au Lexomil. Merci, vous êtes bien urbaine.

Bref : Robocop, qui a aussi eu le droit à une modification de son armure pour qu’elle fasse noir et cool suite à d’autres enquêtes d’opinion, colle une grosse branlée aux 50 robots qui l’attaquent comme il se doit par groupes de 1. Il finit même par taser le pauvre Maddox, qui est bien surpris et sent donc très fort le grillé, la défaite, et bien sûr le caca. Dans la salle de commande, Raymond et ses amis sont ravis et pas seulement à cause de leur scatophilie galopante : comment Norton a-t-il obtenu un résultat pareil ?

« Hé bien, je suis un personnage gentil mais là, j’ai décidé qu’en situation de combat, l’armure de Robocop prendrait le dessus. C’est donc une intelligence artificielle tout simplement encore plus performante que celle de nos robots qui combat à sa place et lui donne l’impression que c’est lui qui prend les décisions. Et sitôt le combat terminé, lorsqu’il relève sa visière, c’est à nouveau Murphy qui est aux commandes et est persuadé qu’il a tout fait lui-même.
– Mais c’est génial Norton ! Vous êtes un gentil, mais menteur, manipulateur et sans éthique ! Un robot qui fait tout avec un humain dedans juste pour l’image… je suis sûr que ce n’est pas du tout un coup à se bouffer le procès du siècle ! Vite, on le ramène à Détroit, il est temps qu’il montre ce qu’il sait faire ! »

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Et ni une, ni deux, Murphy est ramené à Détroit. Et a le droit d’aller visiter sa famille : tout le monde est un peu étonné de le voir ainsi, parce que ça va être moins pratique pour le chameau volant quand même, ils se sont un peu foutus du monde chez OCP. Mais bon, il est envie, alors c’est cool quand même.

Et puis au bout de 5 minutes, Murphy se casse, parce que oui, il rêve de revoir sa famille depuis des mois, mais en fait, bof. Et sa famille trouve ça tout à fait normal. Bin écoutez, évidemment, c’est bien naturel tout ça, allez hop, passons à la suite ! Non mais… bon. Il y en a tellement que tout relever est vraiment compliqué tant c’est navrant. Toujours est-il que Murphy part pour le commissariat où a été installé le laboratoire où il peut dormir pendant qu’on lui fait la vidange et les plaquettes de freins. Il y retrouve son coéquipier Jack Lewis, fraîchement rétabli et prêt à repartir pour la tatane. Consigne est donnée d’attendre le lendemain, où le commissariat va présenter officiellement Robocop à la population de Détroit.

Dès le lendemain, et 5 minutes avant la cérémonie de présentation, Norton travaille donc à… à…

… à faire une procédure expérimentale et dangereuse d’upload de toutes les bases de données de la police directement dans le cerveau de Murphy ? Mais ? Non mais arrêtez, vraiment ! Vous faites vraiment vos expériences 5 minutes (et je n’exagère pas : pendant qu’il joue avec son cerveau, les gens viennent leur dire « Vite, vite, le discours du maire va se terminer !« ) avant une présentation publique critique ?

Evidemment, ça ne rate pas : ça tourne mal. Toutes ces images de crimes (sans compter les Go de porn stockés sur les serveurs de la police) dans le crâne font que Murphy commence à délirer un peu, surtout lorsque les images des caméras ayant filmé l’explosion de sa propre voiture arrivent. Il les consulte en boucle sur sa super interface visuelle, et comme il fait vraiment une grosse crise, Norton décide de modifier sa chimie cérébrale jusqu’à ce qu’il ne ressente plus la moindre émotion. Ce qui fonctionne  : Murphy se calme, et sitôt mis sur pieds, il s’exprime comme un cyborg, ignorant jusqu’à son bon ami Lewis et même sa famille qui l’attendait dans un couloir voisin. C’est pas très très sympa, Robocop, à mon avis tu vas coucher sur le clic-clac cette nuit.

Sauf qu’en arrivant sur l’estrade où le maire et les officiels de la police l’attendent devant une foule en délire, Robocop se comporte encore plus étrangement.

En effet, il scanne en effet la foule, et comparant le tout avec sa base de données nouvellement téléchargée, y reconnait Zug l’éventreur, un criminel recherché pour meurtres et autres trucs peu ragoûtant, en cavale depuis 6 ans.

Et oui, le mec en cavale depuis 6 ans a décidé de se pointer à l’inauguration de Robocop.

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« Je t’arrête, Zig l’Eventreur ! Et j’espère que ton complice viendra au bal de la police ! »

N’en jetez plus, je ne vois même pas comment on peut continuer à s’enfoncer. Faisons confiance à Roboscript, qui dépasse tous les humains dans le domaine (c’est un scénariste qui a survécu à l’explosion de son stylo Bic et à demi défiguré, a été reconstitué à partir de morceaux d’Amiga 500).

Autant vous dire que Robocop fend la foule et tombe sur le coin du nez de Zug l’éventreur, lui tasant sévèrement les roudoudous avant de l’arrêter et de lui lire ses droits. Du coup, le soir même, au Maître Windu Show, c’est un peu le Eugène Saccomano Show, avec un sacré enthousiasme à base de « Holololololo, comment Robocop il a défoncéééééééééé le crimineeel ! La police doit être dééég’ ! Et le sénateur Dreyfus, bouuuuh comment il s’est trop planté : whololololooooooooo les robots, ça déchiiire !« . Etc.

Du coup dans les jours qui suivent, Robocop se voit confier un solex (avec des néons en dessous, typique des véhicules de la police, c’est connu, même un véhicule ils le ratent, ils sont forts) et va faire la justice sur sa mobylette. Grâce à la base de données de la police et les caméras situées partout en ville, il peut ainsi localiser les criminels ou leurs complices très facilement, et donc remonter les filières à coups de tasers, de main dans la gueule et d’acrobaties en moto. Et les méchants n’y résistent pas.

D’ailleurs, notez bien un truc : tout le monde est sur le cul parce que Robocop est super efficace. Mais aux dernières nouvelles, les caméras qui apparemment font de la reconnaissance faciale ainsi que la base de données de la police étaient là avant lui. Du coup, le point fort de Robocop, c’est qu’il n’y a que chez lui qu’on a installé un ordinateur qui recoupe les deux. En fait, depuis des années, la police de Détroit avait l’outil ultime mais n’avait juste pas pensé à s’en servir : on regardait les caméras OU la base de données. Alors que chacun sait que rien qu’aujourd’hui, même un vulgaire utilisateur des forums HFr sait croiser le « topic des images étonnantes » avec la « base de données des actrices pornos » pour faire son marché. Bon, ça ne fait pas baisser la criminalité, par contre l’industrie du sopalin a compris depuis longtemps que c’était une chouette idée.

On en conclura donc naturellement que la police de Détroit est un peu moins rusée que l’industrie du sopalin, mais là n’est pas le sujet.

Puisqu’un jour que Robocop sort du commissariat sur son solex étincelant, voila-t-y pas que sa femme surgit au milieu de la route.

« Alex ! Alex, c’est moi, ta femme ! Tu dois me parler.
– Circulez citoyenne ou je vous tase la gueule puis je fais des acrobaties en mobylette.
– Alex, regarde-moi ! Je ne sais pas ce qu’ils t’ont fait… on dirait qu’ils ont supprimé tes sentiments, et du coup, ils m’empêchent de t’approcher pour ne pas que je t’aide à les retrouver ! Alex, ton fils a besoin de toi ! Il est traumatisé par tout cela ! »

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Robocop a tous les processeurs qui tournent à fond les ballons : qu’est-ce que ces que ces carabistouilles de civile ? Il consulte donc sa base de données et observant les vidéos de l’école locale, voit en effet son fils qui a l’air assez malheureux sur celles-ci. Robocop décide donc de laisser tomber les appels de détresse en cours : il a un truc à faire, désolé mamie qui se fait tabasser ou à toi qui découvre l’ambiance chaleureuse d’une cave avec des petits camarades aussi nombreux que turgescents. Il démarre donc sous le nez de sa femme sans dire un mot, et du côté du laboratoire d’où on suit les performances de Robocop, tout le monde s’affole : le bougre est en train de voir ses sentiments revenir ! La machine ne peut vaincre l’homme qui est dedans ! Le policier d’acier se rend donc chez lui, où des souvenirs de son passé lui reviennent doucement, pendant qu’il sort de sa super mémoire tous les dossiers concernant l’attentat qui a fait de lui ce qu’il est.

Et il décide donc de reprendre l’affaire. Fuck yeah.

Pour commencer, il va voir Débilou 2, à qui il éclate le museau afin d’obtenir des informations : où se planque Vallon ? Il sait qu’il est ripou, alors parle, mécréant ! Débilou 2 explique donc qu’il ne sait pas où est Vallon mais a le numéro de téléphone de son chauffeur. Robocop laisse donc Débilou 2 partir puis utilise le numéro pour localiser le vilain, et donc probablement Vallon qui doit être avec. Puis il enfourche sa moto, allume les phares et…

Et…

On était en plein jour, non ? Robocop venait de prendre son service, nous étions en matinée… bon, bin il fait nuit. D’accord, encore une fois : grosse qualité, vraiment. Rappelons que le premier Robocop a coûté 13 millions de dollars, celui-ci, 100. Et malgré tout, il arrive à contenir infiniment plus de trucs complètement ratés : on va dans le bon sens. Enfin : Robocop part donc faire le zazou en solex, et file donc droit vers un entrepôt où le téléphone du chauffeur de Vallon a été localisé. Vallon qui reçoit justement un coup de fil qui le prévient que Robocop arrive : aux armes !

« Bon, les gars, tout le monde s’équipe et vite ! On a le nouveau flic, là, Robocop qui arrive vers nous ! Quand je pense que Débilou 1 & 2 m’avaient dit que jamais il ne remonterait jusqu’à moi… bon, écoutez, mes taupes chez la police me disent que l’armure du bonhomme résiste à tout ce qui est en dessous du 50 mm, donc tirez au gros calibre et visez la tête, puisque ses concepteurs lui ont étrangement mis une visière au lieu d’un casque complet ! Et n’ont pas pensé à couvrir sa main droite, d’ailleurs ! Ils devaient être un peu cons.
– Alors que nous, on l’est pas, hein chef ?
– Ça non ! J’ai même un super plan : on est des humains, c’est un robot…
– Oui ?
– On va donc éteindre toutes les lumières et mettre nos lunettes de vision nocturne : ce sera un peu moins pratique pour nous, mais je suis sûr que les robots ne voient pas dans le noir ! »

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… ceci n’appelle même pas de commentaire, je crois.

De toute manière, Robocop a une visière qui brille pour que ceux qui n’auraient pas la vision nocturne sachent où tirer. Sympa, vraiment.

Bon bin, comme ils sont dans le noir et avec une visibilité réduite malgré leurs accessoires et que Robocop se moque vaguement de la luminosité, il leur colle une branlée comme il se doit, et tue Vallon dans l’affaire, qui n’était pas chaud-chaud pour se rendre de toute manière. Il en profite pour analyser l’arme que portait Vallon avec son super scanner : il y a dessus… les empreintes de Débilou 1 & 2 qui prouvent que ce sont bien eux qui faisaient sortir des armes des scellés de la police ! Robocop repart donc vers le commissariat sur son fidèle destrier et va y trouver son copain Jack Lewis, tout heureux de voir que Murphy a retrouvé ses sentiments et donc, son humanité.

« Viens voir, ça va être intéressant !« 

Ils vont donc dans le bureau de Débilou 1 & 2, comme toujours occupés à manger des fajitas et diffuse pour les humilier sur tous les canaux publics les preuves qu’il a contre eux comme… que… ho… non… la conversation enregistrée de Vallon et Débilou 1 & 2 parlant de tuer Murphy peu avant l’explosion de sa voiture ? C’était une caméra d’un lieu public, et les deux flics ripoux depuis des années n’ont pas pensé à, par exemple, chercher ce genre de données pour s’en débarrasser ? Sachant qu’ils avaient dit plus tôt dans le film que si, justement, c’est exactement ce qu’ils faisaient ? Bon, vous en voulez encore ?

Alors accrochez-vous, c’est pas fini.

Après avoir arrêté les deux bougres en direct et leur avoir tasé la gueule, il se rend dans le bureau de Karen, sa chef, et la menace elle aussi de son arme en lui expliquant : il a remonté le numéro de téléphone qui a prévenu Vallon. C’est le sien. C’est donc pour ça qu’elle ne faisait – très discrètement – rien contre Débilou 1 & 2 ou les vols de scellés : elle était avec eux !

Et puis là, pouf.

C’est parti pour encore plus de non-sens : soudain Norton se dit que c’est super dangereux tout ça, que Robocop risque de la tuer pendant qu’il diffuse toujours en direct ce qu’il voit, et donc, il appuie sur le bouton « Dodo » de Robocop.

Mais arrêtez, arrêteeez ! Ça n’a aucun sens ! Pourquoi il l’aurait tuée sachant qu’elle avait été moins impliquée que Débilou 1 & 2 qu’il a juste tasés ? Hein ? Il était en train de l’arrêter en direct !

On est plus à ça près. Robocop est donc transporté jusqu’à son laboratoire pour se reposer un peu, pendant qu’au Maître Windu Show, c’est la grosse folie : Robocop a résolu sa propre tentative de meurtre et découvert des gens corrompus chez les agents de la maréchaussée… ce qui ne serait jamais arrivé à des robots ! Tout ça est excellent pour les partisans du déploiement des robots sur le territoire !

Chez OCP, on fait donc une petite réunion : cette semaine, les nouvelles ont été bonnes : depuis l’arrivée de Robocop, le sénat s’est complètement retourné et a voté pour virer la loi Dreyfus. OCP va donc pouvoir déployer ses machines sur tout le territoire ! Et puis quand même, cette histoire de Robocop qui prouve que les humains sont moins fiables que les machines… non, vraiment, c’est super. Même s’il a agi de son propre chef. Du coup, il y a ce dialogue merveilleux :

« C’est un héros. Et vous savez ce qui est plus grand qu’un héros ?
– … (NDlOC : un super héros?)
– Un héros… MOOOOOORT ! Maddox : allez tuer Robocop ! Je mets au courant Norton. Et dites à Mme Murphy de venir ici, on lui dira qu’il est mort lors d’une crise parce que c’était un prototype. »

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POURQUOI ? POURQUOI ? ARRÊTEZ CE FILM, JE VEUX DESCENDRE ! TOUS les événements prouvent que Robocop va clairement dans votre sens ! Vous faites super attention à votre image ? Tout le monde l’adore ! Il agit de son propre chef ? C’est pour mieux montrer qu’il surpasse les humains et donc ça vous sert ! Arrêteeeez, écoutez-vous parler, vos dialogues n’ont aucun sens !

Il n’empêche que Madame Murphy, elle, reçoit un appel de OCP où l’ami Raymond l’invite à lui rendre visite avec son fils et lui annonce le décès d’Alex Murphy, alias Robocop, disant qu’il est mort, comme ça, pouf,  c’est vraiment trop ballot, maintenant t’es gentille et tu dégages. Pendant ce temps, au laboratoire de Robocop, deux militaires sont là pour tuer Murphy. Mais ? C’était pas à Maddox de le faire ? Bon, on va dire qu’ils bossent pour Maddox qui leur a dit de très discrètement, menacer tout le monde avec des fusils d’assauts en attendant qu’il arrive, comme ça, ce sera super discret. Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur : j’essaie de sauver le film, là, mais j’ai du mal même en extrapolant.

Heureusement pour Robocop, Norton, qui n’a guère apprécié le plan de l’OCP, décide de sauver notre héros d’acier : il le réveille donc pour qu’il colle sa branlée aux deux militaires, puis l’informe que l’OCP veut le tuer. Il n’en faut pas plus à Robocop pour partir en mission au QG local histoire de tataner Raymond Sellars, le PDG qui a commandité l’affaire. Et non, il ne demande pas de preuves : on le réveille, on lui dit « Tue ces gens, là, ils sont méchants et ensuite va tuer le mec là-bas » : il le fait. Il est bien brave ce Robocop. Voilà voilà.

A l’OCP, l’alarme est donc sonnée : Robocop est vivant et arrive ! On déploie donc les ED-209 pour qu’ils l’empêchent d’entrer, mais bon, Robocop étant fort, rapide, et accessoirement le héros, il s’en débarrasse bien vite et se fraie un chemin dans les hauteurs du bâtiment. Il est en plus appuyé par un véhicule du SWAT mené par Jack Lewis venu aider son coéquipier. Et qui plutôt que de dire « Les mecs, c’est la police, on prend le contrôle du bâtiment, coupez la sécurité » décide plutôt de se battre contre l’OCP avec sa kikounette et son couteau. Pourquoi, sachant que tu as l’autorité pour ne pas avoir à le faire ? Trop de pourquoi depuis le début de ce film. Passons au comment.

Comment nos héros progressent-ils donc ? Au fusil. Vont-ils vite ? Plutôt, oui. Ça se passe bien ? Pas forcément, surtout lorsque surgit Maddox (que Robocop avait croisé sur la route en fonçant vers l’OCP, mais visiblement, le bougre a trouvé le temps de revenir, de passer devant Robocop sans se faire voir, d’aller se changer pour mettre son armure et de revenir l’attendre sur son chemin ou alors, il s’est téléporté parce que ce film est écrit avec un étron comme stylo – j’ai été clair, le bic a défiguré le premier scénariste, suivez un peu). Parce que voyez vous, l’ami Maddox porte l’un des fameux bracelets rouges qui font que les robots le protègent… et donc que la programmation de Robocop l’empêche de lui tirer dessus !

Maddox sait que Robocop est là : il a entendu « LA BASE DE DONNEES DES VIRUS A BIEN ETE MISE A JOUR » venant de derrière un poteau

C’est ballot.

Heureusement, Jack Lewis arrive et d’un pruneau bien placé, tue Maddox. Mais se fait plomber en retour par les méchants. Robocop se penche donc sur lui après avoir tué le dernier malandrin.

« Ta blessure n’est pas mortelle. Une ambulance est en route.
– Pourquoi… ai-je encore pris une balle ?
– A) Tu es mon meilleur pote B) Tu es noir C) C’est un blockbuster, tu croyais que…
– Oui mais deux fois le même poncif, faut en vouloir pour le faire dans un seul film. Et puis, ta gueule en fait, continue sans moi. »

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Robocop arrive donc au sommet de la tour de l’OCP où se trouve un héliport, et où attendent quelques gardes, Raymond Sellars, et en otage, la famille Murphy.

« Tu n’aurais jamais dû venir ici, Robocop ! Je t’ai créé, je peux te détruire !
– Raymond Sellars, vous allez me suivre, mort ou vif !
– Meuheuheu, regardez, regarde ! J’ai un bracelet rouge moi aussi, tu ne peux rien me faire ! Quel dommage que mes gardes n’en aient pas eu ou même mes propres robots entre eux ! Maintenant que j’y pense c’est… mmm… non, c’est sans importance. »

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S’ensuit le discours habituel du méchant qui explique qu’il va gagner, que tout est fini, etc. Sauf que Murphy n’étant pas complètement machine, sa part d’humanité et donc de jeune ado rebelle dans le vent lui permet de surmonter la programmation et il parvient à tirer sur le pauvre Raymond – c’est étonnant – et donc à sauver sa famille. Raymond a le temps de lui tirer dessus avec un pistolet rikiki en s’effondrant, et si jusqu’ici Robocop a survécu a une pluie d’obus, le tout petit pistolet l’envoie direct au sol. Robocop est-il mort ? Ce film est-il une blague ?

Evidemment que non (en tout cas, pour la première question) ! Sauvé par Norton, et son armure réparée et revue pour être grise et ornée du logo de la police de Détroit, il est déjà prêt à reprendre du service : tremble, crime !

Et pendant ce temps, au Maître Windu Show, on râle : suite à ces événements, le gouvernement américain vient à nouveau de refuser le déploiement de robots sur son territoire : tant pis pour les profits de l’OCP ! Pardon ? Cette décision ne devrait avoir aucun rapport avec les derniers événements, puisqu’aucun robot n’a merdé aux dernières nouvelles, au contraire ? Allez, une incohérence de plus pour la route !

C’est donc sur le visage d’un Maître Windu grognon que tout vire au noir (je t’ai vu ricaner, au fond) et…

… FIN !

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« Où… où suis-je ?« 

Berthier ouvre péniblement les yeux, aveuglé par la lumière des néons au-dessus de lui. Bientôt, il voit se pencher sur lui le visage bienveillant du PDG d’Odieux CorP, un cigare en bouche.

« De retour dans le monde des vivants Berthier ?
– Vous ? Mais… c’est impossible, je suis mort !
– Hahaha, si vous parlez de cette histoire avec le DIEGO-209, c’est oublié. 
– Mais où est-il ? Il faut l’arrêter !
– Bof, ça c’est fait tout seul. On l’a envoyé à Hollwood comme prévu, il y avait trop de mauvais goût : il est tombé à court de munitions, au bout d’à peine deux minutes. 
– Ho et… mais attendez, je ne sens pas mon corps !
– C’est normal. Vous étiez dans un état lamentable quand nous vous avons récupéré. Heureusement, le gouvernement français nous a proposé un partenariat pour créer un policier… parfait. Avec leur financement et nos connaissances, vous donner une seconde chance a été un jeu d’enfant. »

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Berthier roule ses yeux dans toutes les directions, essayant de voir ce qu’il est advenu de son corps. Notant son inquiétude, le PDG le rassure aussitôt.

« Vous êtes une sacrée machine de guerre, Berthier : armure en plastique recyclable, armature en fer forgé, Bi-bop intégré, connexion Minitel illimitée, vous allez montrer ce que c’est que le savoir faire français !
– Mais… je… je ne peux pas affronter le crime avec…
– Le crime ? Mais non regardez : vous avez une petite imprimante sur le torse qui vous permet d’imprimer des PV. Vous avez accès à la base de donnée de tous les parcmètres, et regardez, le truc rigolo : si je bouge ma main très vite devant vous…
– FLASH
– … et voilà !
– Je… est-ce que mon œil droit vient de vous flasher ?
– Radar intégré ! Vous êtes désormais l’outil ultime de la loi et de l’ordre en France, vous êtes… »

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Il laisse, comme à son habitude, la phrase tourner pour mieux la savourer, puis la conclut :

« …MUNICIPAL ROBOCOP« 

Et Berthier s’évanouit dans un long gémissement se mêlant à la sonnerie de son Bi-Bop.

70 réponses à “Robocrap

  1. « J’ai une question pour vous, Monsieur Sellars : que ressentent vos robots ?
    – Hé bien ils font…
    – Vous esquivez la question ! Imaginons qu’un de vos robots tue un enfant ! Qu’est-ce qu’il ressentirait, heiiiiiin ?
    – Hé bien… rien.
    – Hoooo ! Le monstre ! C’est pour ça que rien ne remplacera jamais un humain ! »

    Apparemment, en Géorgie ( USA ), une officier de police aurait abattu un enfant qui ouvrait la porte de chez lui ( personne ne répondait à son « qui est-ce ? » qui répondait au coups frappés à la porte ) avec une manette de wii à la main. Elle serait sortie de la maison « la tête dans les mains, en sanglotant ».

    Ca, c’est pas à un robot que ça arriverait.

  2. Bonjour!
    Le diable se nichant dans les détails, c’est Maddox qui endort Robokeuf au moment où il va tirer sur la chef de la police.
    Sinon c’était du bonheur comme toujours.

  3. J’ai une question pour vous Monsieur Odieux Connard : pourquoi perdez-vous votre temps à regarder des navets au lieu d’aller voir des films qui pourraient vous plaire. Est-ce par pur altruisme pour pouvoir nous faire rire ensuite ? Si c’est le cas, je salue votre sens du sacrifice !

    • Notre cher M. Odieux regarde aussi des films qu’il aime mais n’en parle pas, la F.A.Q nous le révèle ;)

      Mais nul doute que c’est par pur altruisme qu’il nous rédige ses fameux écrits au fin fumet.

  4. C’était magistral ! Un tel film à chier, il faut croire que l’industrie du cinéma a été délocalisée en Chine et le scénario relu par un aveugle (et pas sur une feuille en braille). Mais le bon côté des choses c’est que ça m’a donné envie de revoir le Robocop d’origine, pré-bouse hollywoodienne.

      • Des films chinois comme des films asiatiques en général. Quitte à trouver un mètre-étalon de la médiocrité, autant rester à Hollywood. Au moins, quand un pays d’Asie sort une bouse, ça se fait sans les réalisateurs/acteurs imbus de leur personne, persuadés que leur dernier étron est un joyau tombé du ciel et que le monde entier leur envie secrètement. Preuve en est, l’obsession américaine de traiter le cinéma bollywoodien de plagiaire alors que euh, chez eux, ben ouais, hmm… Les idées originales fusent…

    • d’ailleurs, si le module Claude françois est un taser : le module chorizo est un lance-flammes et le module « Grand Staline » un lance-missile ?

  5. Nan mais Samuel Jackson… c’est pas possible de collectionner les bouses comme lui. En plus en insistant pour que son nom apparaisse sur les affiches, il a peur de rien. Je trouve que sa choucroute est encore plus ratée que le Robocop, mélange entre une pâle copie d’Iron Man et mon four à micro-ondes.

  6. Mais en fait, si j’ai bien tout pigé, les criminels du monde entier n’ont qu’à porter des bracelets rouges… Comme ça il pourrait faire leurs coups tout en étant escorté par les super robots…

  7. Huhuhuhu « Module Claude François », j’ai mis quelques secondes à comprendre et après j’ai tellement ricané que je m’en suis collé une crise de hoquet. Merci cher Odieux pour cette franche tranche de rigolade, j’ai hâte d’aller regarder ça :D

    • N’allez pas voir cette video, c’est plein de zizi et pas un seul nènè. Une véritable arnaque.

  8. Mais en fait le film fini comme le précédent a part que dans l’original l’ocp était coupable de tous les crimes et la le seul truc répréhensible qu’ils ont fait c’est vouloir debrancher leur création… Mais comme c’est possible???

  9. Ahah! Je vois que l’on cite encore Françoise Boufhal… Votre fantasme ultime, Monsieur Connard ?
    Cela dit, je comprend…boooooooooobs!

  10. Un condensé de mauvaise fois comme je les aime :)
    Comme quoi, il est pas si mauvais ce film.
    Je suis déçu que vous n’ayez pas relevé une réelle incohérence cependant : la phase d’entrainement se passe donc en deux temps.
    1) Robocop et un autre robot en paralèlle où le robot s’avère + efficaca car il réfléchit moins.
    2) Robocop face à je ne sais combien de ces robots super efficaces et il les bat super facilement…
    Cherchez l’erreur.

    • Eh bien, en me référant au spoiler, c’est pourtant extrêmement clair ce qu’il se passe. Relisez le passage en question.

  11. J’ai surtout l’impression que toute la critique/satire sociale a été virée, et remplacée par une célébration de la technologie. Mais bon, c’est normal il faut faire « consensuel » maintenant.

    Et puis le Robocop original, il faisait vraiment robot, boulot d’ingénieur, pas un truc design façon super-héros IronMan. Et comme le remarque l’Odieux Connard, il faisait crédible à l’écran …

  12. Eh oui, quel gâchis.

    Cela dit, pinaillons :
    – C’est Mattox, pas Maddox
    – Robocop n’interroge pas Débilou 2 (son collègue ripou noir, donc) mais un des trafiquants (noir aussi) auprès de qui Murphy et Lewis s’étaient infiltrés au début. Sinon c’était encore plus débile qu’il le revoie plus tard en pleine forme au poste, comme si de rien n’était.
    – Comme déjà dit plus haut, c’est Mattox qui débranche Robocop quand il menace Dean.

    Mais j’ai bien ri quand même, comme toujours, et malgré les coquilles et fautes d’orthographe (n’en demandons pas trop, c’est gratuit de lire votre blog et c’est du travail pour vous).

  13. Juste pour en rajouter, le mec est brulé a 80% certes, il devrait déjà etre mort…
    Mais en plus au 4eme degré… Il n’y a que 3 degrés pour les brulures…

  14. C’était vraiment très intéressant.

    Et si je vous dis que les habitant de détroit ont financer grâce a Kickstarter une statue de Robocop pour l’ériger dans la ville ?
    Heureusement il s’agit d’une statue du premier Robocop

  15. « son mari a été brûlé à 80%, a perdu un bras, un œil, une jambe et que de toute manière, c’est pas sûr qu’il marche à nouveau »
    Si je comprends bien, il n’a que des dégâts physique et c’est à son épouse qu’on demande l’autorisation pour l’intégrer dans un robot ?!? Il n’a pas son mot à dire ?!? oO’ C’est complètement hallucinant. Dans le film de base, Murphy était mort, c’était logique que son épouse décide de ce qu’il fallait faire de son corps. Là, c’est juste totalement absurde…

    • S’il est inconscient (ce que l’on peut comprendre, ne serait-ce que la douleur…) c’est normal que ce soit son épouse/sa famille qui choisisse.

  16. « – Et ma main droite, sérieusement ? Vous vous faites chier à couper tout le bras et vous gardez juste la main ? Vous voulez que j’en fasse quoi, hein, sans ce qui va de paire avec ?
    – Votre autre main ?
    – Noooon, pas exactement. »

    Franchement, j’ai rigolé tout seul. J’ai honte.

    • « Franchement, j’ai rigolé tout seul. J’ai honte. »

      Il est normal que vous ayez ri seul, ce passage est destiné aux plaisirs solitaires.

  17. « Maïtre Windu »
    « Robocop est vivant et arriv ! »

    Bon on vous pardonne !

    Bien que ce film semble être une merde, je ne peux pas vous laisser dire que faire un remake est un problème d’inspiration : l’histoire est assez différente, les thèmes abordés ne sont pas les mêmes, etc…
    Il s’agit bien d’un film, d’une démarche artistique différente, et surement bien plus originale et osée que beaucoup de « scénario originaux » d’Hollywood.
    D’ailleurs selon ce raisonnement, tous les films du monde ne sont que des « remakes » du Monomythe.

    Reprendre une licence pour s’assurer que son film soit financé me semble compréhensible du point de vue du réal, mais les producteurs ont censuré un grand nombre d’idées, et beaucoup d’incohérences viennent probablement des scènes coupées.

    Je me procurerais donc le DVD « Director’s Cut » quand il sortira.
    Et en attendant je vais plutôt aller voir « La Grande Aventure LEGO® », un film qui me semble beaucoup plus crédible que cette chose.

    • Entre « les incohérences ne viennent probablement que des scènes coupées », « il s’agit d’une démarche artistique osée » et le meilleur pour la fin; « je vais aller voir la grande aventure LEGO » avec le petit r du copyright, je dois t’avouer, RRRomain, que ton commentaire était probablement le plus drôle des vingt-sept ci-dessus.

      Ps : c’est quoi le Monomythe ? Le mythe de base qui a servi aux religions ? Tu as conscience de dire de la merde ?

      • Le monomythe, c’est une théorie de Joseph Campbell selon laquelle tous les mythes du monde, et donc toutes les histoires, sont essentiellement les mêmes, ou plutôt des variations sur un canevas unique :

        1/ Le personnage est dans son monde ordinaire, perturbée par un appel à l’aventure
        2/ L’aventure entraîne une série d’épreuves
        3/ Le héros réalise son but ou obtient le gain qu’il désire
        4/ Retour au monde ordinaire (qui peut être un échec), et utilise son gain de l’étape 3 pour améliorer ce monde.

        Il se trouve qu’effectivement ses théories peuvent s’appliquer au domaine du scénario de film (beaucoup de théoriciens du scénario ont d’ailleurs repris des éléments de son livre « Le héros aux milles visages ». Après, on est d’accord ou pas, mais la théorie existe bel et bien.

        Bon sinon : très bel article, et je suis d’accord pour dire que ce film est totalement incohérent…Et pas du tout osé artistiquement (d’ailleurs déjà « artistiquement » dans le contexte de Robocop version 2014, je trouve ça choquant)

      • Bon d’accord, pour le film LEGO c’était une blague plus qu’une véritable envie.

        Je pensais artistiquement au sens large : le réalisateur propose une nouvelle vision de l’histoire, de son univers, du personnage et des enjeux, il voulait vraiment moderniser Robocop avec ses idées personnelles.
        De toute façon, mon commentaire était relatif à l’originalité artistique par rapport à ce qui se fait à Hollywood, donc dans ces conditions, c’est pas compliqué ^^

        Mais il s’est fait interdire beaucoup d’idées par les producteurs (qui eux pensaient sûrement argent) et ça se sent beaucoup trop que les actions ne s’enchaînent pas logiquement :
        Hollywood fait bien des merdes, mais là c’est pas normal, désolé mais il y a un truc : je veux savoir comment Padilha a pensé son projet avant de juger le film.

      • Le héros aux mille visage sert de caution intellectuel à tous les tsé.., tscéna.., scénari, enfin vous voyez de qui je veux parler.
        Ça permet à Hollywood de vendre n’importe quelle histoire et la valider par ce qu’elle correspond à un « meta-mythe » (terme qui claque mais qui n’est que l’équivalent de la vanille ou du poulet pour les ethnologues).

        Je préfère la version courte de Vonnegut :
        1 le héros est dans le caca
        2 le héros sort du caca

        On devrait créer un point Campbell : plus une discussion autour d’un navet dure, plus il y’a de chance qu’un intervenant cite Campbell pour justifier la cohérence de l’histoire.

      • @aleceiffel Les scénaristes ne se vantent pas de ce genre de choses, ça en reviendrait à avouer leur manque d’imagination et de travail.
        Hollywood laisse faire parce que ça se vend encore, mais étant donné qu’ils font essentiellement des adaptations de bouquins eux-même basés là-dessus, ils n’ont pas le choix.

        Moi ce que je voulais dire, c’est que dans un monde où 90% des films sont basés sur ce schéma (les blockbusters sont même souvent créés grâce au « scénario à trous » de Blake Snyder) il n’est pas pertinent de dénoncer l’originalité d’un film sous le simple prétexte que c’est un remake.

      • @RRRomain
        C’est pas moi qui le dit, fait une petite recherche : George « nobrain » Lucas est le premier à créditer Campbell pour Star Wars.

        Quand à la question remake = caKa, disons que c’est l’expérience qui parle, je n’ai pas souvenir d’un remake supérieur à l’original (ça doit exister). Pour les adaptation j’ai au moins deux exemple : Fight Club et Shining, mais là aussi ça reste rare.

        Pour faire un bon remake ou une bonne adaptation, c’est la même recette que pour faire une bonne œuvre original il faut du… talent, mais dans ce cas il faut AU MOINS autant de talent que l’auteur original (je passe sous silence : un traitement original, une vision personnelle, …)

      • @aleceiffel: C’est compliqué. Star Wars (je parle des trois premiers films) reprend bien des thèmes des mythologies primitives: la lutte du fils contre son père, la fondation d’un ordre nouveau, le marginal un peu sauvage qui devient le pote du héros, l’ambigüité des relations frère/sœur, la rédemption du méchant…

        Après, c’est pas uniquement le cinéma. Dans la peinture, tu trouveras des tas d’artistes contemporains qui te citeront leur logorrhée philosophico-lacanienne pour se justifier d’avoir peint trois traits autour d’un rond. Dans les jeux vidéos, on te comparera les jeux de baston à la position des acteurs dans les représentations théâtrales athéniennes (véridique je l’ai lu). Le tout est de savoir qui essaie d’enfumer le monde et qui essaie de se trouver sources ou des interprétations, peut-être fantasques, mais au moins de manière sincère.

    • @ aleceiffel :

      Quand à la question remake = caKa, disons que c’est l’expérience qui parle, je n’ai pas souvenir d’un remake supérieur à l’original (ça doit exister).

      Très certainement, tu prends pour des oeuvres originales des films qui n’en sont pas, Le Blob, La Mouche, ou The Thing (celui de Carpenter, par l’étron sorti il y a une paire d’années), par exemple, sont des remakes qui dépassent largement leur materiau de base.

      • Genre dans la catégorie remake caca, « Pour une poignée de dollars », « De battre mon coeur s’est arrêté », « L’Invasion des profanateurs », « Les choristes », « L’armée des 12 singes », « Les 7 mercenaires », « Le Talentueux Mr Ripley », etc.
        Et côté adaptation, la proportion de films adaptés de livres est tellement forte qu’il est dur de n’y trouver que des bouses…

      • Remake différent de caca. Manque le symbole différent qui a été mangé par le site.

  18. Cher Odieux, étant amateur des chef-d’œuvres de Paul W.S. Anderson (comme Resident Evil et bien sûr l’inoubliable Les 3 Mousquetaires 3D) et prof d’histoire de formation (me semble-t-il), pourriez-vous, par respect pour la mémoire des victimes de cette catastrophe, porter toute votre attention sur Pompéi (un film encore plus savoureux en VF) ?

    Merci d’avance. (en plus ce film vous provoque, regardez, le jeu de mot est tellement facile à faire avec le slogan de l’affiche !)

      • Et Twilight alors ? On y a eu droit à 5 reprises !
        J’admet quand même que le coup du slogan, ce serait facile ^^

      • Trois fois de suite pour trois articles de suite sur des navets hollywoodiens. Même si j’aime bien, je suppose qu’il fera un article société ou site internet entre les deux, histoire de varier les plaisirs.

        Sinon Jibé je ne sais pas si c’est l’OC qui ne se renouvelle pas assez ou si on s’habitue et qu’on devient plus exigeant. Faire un nouvel article toutes les semaines n’est pas évident j’imagine, si on a un boulot et une vie à côté. Donc je le remercie pour ça, car même si parfois on a l’impression qu’il « fait toujours la même chose » je prends toujours autant de plaisir à le lire. Et cite moi un artiste (surtout dans le domaine littéraire) qui arrive vraiment à se renouveler tout au long de sa carrière. Il y en a peut être, mais ce n’est vraiment pas évident. Même les plus grands ont souvent tendance à refaire la même soupe, quel que soit le domaine…

      • C’est Hollywood qui est redondant : le style de l’Odieux est suffisamment drôle pour être addictif (depuis 7 mois j’occupe mes insomnies et mes voyages en train à lire les archives, j’accroche toujours) bien que certains gags soient surexploités (Claude François, par exemple, mais on parle de moins en moins de Nicolas Cage. Quant aux penchants séducteurs de l’Odieux, ne font-ils pas partie de l’ADN de ce blog ?).
        Il se renouvelle toujours suffisamment pour être drôle et Hollywood fournit toujours de nouvelles incohérences plus innovantes (les scénaristes ont du lancer un concours de la pire absurdité).

      • Je vais régler la question : j’ai également demandé à l’OC de s’occuper de Pompéi, et il a confirmé que s’il en avait le temps, il comptait le faire.

  19. Ça ne m’inspire pas du tout, cette nouvelle version de Robocop. Flop à prévoir ? Sa promotion a été vraiment confidentielle, je n’ai vu la bande-annonce qu’une fois au cinéma et les affiches sont apparues… deux jours avant la sortie.

    Pourquoi refaire un film déjà bien à la base, dont les effets spéciaux ont plutôt bien vieilli et qui est bien servi par le talent de Paul Verhoeven en matière de satire corrosive ? En plus l’ancienne version était très ancrée dans le contexte années 80 (politique de Reagan aux USA, Guerre Froide tirant sur sa fin il est vrai, peur du nucléaire…), remettre tout ça au goût du jour est un exercice périlleux, ce n’est pas si facile. Bien sûr le contexte international actuel pourrait se prêter à la même satire que dans l’ancienne version, encore faudrait-il savoir bien l’exploiter. Visiblement, ce n’est pas le cas dans ce « remake ».

    Mon cher Odieux Connard, c’est toujours aussi délectable de lire ta prose. Tu chroniques toujours des films que tu as trouvé nuls, pourrais-tu chroniquer des films qui te plaisent de temps en temps ? J’aimerais voir ce que ça donne. Merci d’avance si tu prends ma remarque en compte, mais bon, rien ne t’y oblige, c’est toi le maître des lieux.

    • Si ici l’odieux semble bien considérer ce film comme une sombre bouse, il lui arrive de spoiler des films qu’il a plutôt apprécié.
      Cela date, mais si vous fouillez dans les archives vous pourrez retrouver le spoiler d’un sherlock holmes je crois, qui est plutôt sévère bien que l’odieux ait avoué par ailleurs l’avoir apprécié. Il y a sans doute d’autres exemples qui parsèment ce blog. En général, selon le ton de l’article on peut tout de même avoir une certaine idée de son opinion sur le film.

  20. Ach, « et sent donc très fort le grillé, la défait, et bien sûr » toit fouloir tire « défaite »?
    kordiallement,
    Grammar Nazi

  21. Cher odieux connard,

    Voilà un moment que je n’étais pas venue par ici et je trouve votre plume….changée.

    N’y aurait-il pas un (des) autre(s) auteur(s) ?

  22. Le remake n’a finalement gardé de l’original que l’aspect le plus explicite/visuel en omettant de mobiliser son contenu implicite. Qui plus est le nouveau personnage de Robocop… On y croit pas un seul instant, comme l’a souligné justement maître connard, on a l’impression qu’ils n’ont même pas cherché à cacher le fait qu’il s’agit d’un acteur dans un costume, fiers qu’ils sont d’avoir laissé la main de l’acteur dépasser du costume. Le costume étant le plus visible dans le film, ils ont quand même réussi l’exploit de le foirer du tout au tout. Si encore il était juste moche, mais il est aussi incohérent (la main humaine puté ! Qu’est-ce qu’elle fout là cette fichue main ?), tout comme le film en fait !

    • Si je voulais défendre ce film, je dirais que ce n’est pas un acteur dans un costume, c’est un personnage profondément humain coincé dans une machine.
      Mettre en évidence cette morale du film original grâce au costume est une idée de mise en scène totalement justifié du point de vue du réalisateur.
      Avec une main humaine, il a des sensations humaines alors que le film de 1987 Alex Murphy ressentait tout au plus quelques émotions, et son « retour » à l’humanité n’était symbolisé visuellement que par le retrait de son espèce de casque qui laissait entrevoir son visage vers la fin du film.

      • Enflure de Nicolas Cage, comment oses-tu profaner ce lieu ? Tu as autant ta place ici qu’un Rom au siège du FN, quoique les mauvais films semblent t’attirer tels les touristes attirant les minorités ethniques les plus célèbres de France.

        Oui, le film de 1987 montrait une infime part d’humain dans cet énorme corps robotique, mais cette part si infime est bien plus cohérente, logique, pertinente, forte que cette énorme main humaine dégueulasse ! Un visage reconstitué pour le film de 1987 (qui n’est qu’un masque artificiel, montrant bien que la part d’humain est artificielle) est bien plus porteur de significations qu’un visage de mannequin pour le « film » de 2014. Pour tout dire, ce remake nous offre un policier robotiquement amélioré, l’original nous offrait un robot rattrapé par son humanité… Enfin je dis ça, l’original était quand même sacrément bourrin ! Qui plus est vu le jeu d’acteur de Joel Kinnaman, il n’avait pas besoin de costume pour jouer un robot…

  23.  » Rien n’a aucun sens »
    Cette phrase n’a aucun sens, corrige moi ça connard…
    Bon je retourne lire le reste ….

  24. Très bonne critique comme d’habitude, Odieux. Et autant pour certaines d’entre elles, votre mauvaise foi (légitime) appuie parfois un peu fort, autant pour celle-ci, un bon coup de décapant apparait effectivement comme nécessaire.

    Si je puis me permettre une suggestion, pourrais-je vous proposer de « chroniquer » la merveille de cinéma que semble être Brick Mansions ?

    Je vous met la bande-annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19542590&cfilm=198969.html

    Vous verrez, tout est là : intrigue vue et revue, personnages clichés, répliques pathétiques, scènes d’action inutiles, chorégraphies ridicules et… explosions ! :o

    Michael Bay approves this film !

  25. Aujourd’hui, on reprend tous les vieux films qui ont bien marchés, on en fait des remakes en y injectant tout le pognon qu’on peut et en croyant qu’on va toucher le gros lot.

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