Hell Taxi Driver

Dans le billet précédent, nous laissions notre protagoniste aux prises avec un terrible brigand, qui n’était autre que le commandant en chef de l’invasion des bouses cinématographiques. Quelle est l’identité véritable de ce personnage maléfique ? Quelles cartes a-t-il encore dans sa manche ? Notre preux chevalier parviendra-t-il à le stopper ? Et enfin, est-ce qu’Anne-Lise va trouver le chemin de la chambre de notre héros, sachant que filer un plan à une nana revient à donner un compteur geiger à un hamster ? Assez d’interrogations, reprenons.

« VOUS ! » m’exclamai-je en un souffle peiné ; car devant moi se dressait une créature mi-homme mi-moumoute à l’inexpression la plus totale ; engoncée dans une veste froissée et un revolver à la main, la bête me fixait d’un regard qu’elle voulait méchant, mais que des années d’Actor Studio avaient transformé en sosie oculaire de Loana. Je serrai les poings, la mâchoire crispée, cherchant la force de prononcer ce nom maudit des hommes et des dieux.

« Nicolas Cage, pour vous servir ! » me répondit la chose. Il y eut un long silence, durant lequel je tentais d’estimer la distance me séparant de mon adversaire, alors que ce dernier semblait savourer chaque seconde de la situation.

« Bon sang ! Monsieur Cage, vous vous rendez compte que tout le monde avait deviné votre identité dans le billet précédent, simplement à l’évocation du mot « bouse » ? Même dans un blog vous ne pouvez pas être lié à un rebondissement intéressant. C’est terrible !
– C’est ça, moque toi, galopin ! Sache que bientôt, le monde tel que tu le connais aura disparu. Il n’y aura plus personne pour se moquer de moi, après l’invasion de mauvais films de 2011.
– Je… je commence à comprendre ! Votre plan, ces milliers de mauvais films : vous voulez noyer le globe sous tellement de merdes que même vos films paraîtraient bon en comparaison !
– Bravo, je n’en attendais pas moins de vous : quand vous aurez vu « Thor » et « Green Lantern« , je suis sûr que « L’apprenti sorcier » vous paraitra formidable à côté !
– Espèce de… bon sang, quelle perversion ! Pourquoi vouloir tirer le monde vers le bas ? Pourquoi ne pas plutôt, je ne sais pas moi, faire un bon film ?
– …
– Oui, pardon, je me suis rendu compte que c’était absurde en le disant. L’espace d’un instant, j’ai oublié que vous étiez Nicolas Cage. »

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Nous nous regardâmes fixement, avant que je ne me décide à porter mon attention vers son arme. Il suivit mon regard et fit reculer le chien dans un sinistre cliquetis.

« Pourquoi ne pas régler ça comme des hommes ; connaissez-vous la savate Nicolas ? Poings contre poings, voilà qui permettrait de régler cette situation avec panache ! Allez baissez votre arme, que nous puissions nous rosser comme il se…
– N’avance plus ! Voilà ce qu’il va se passer maintenant : tu vas gentiment aller dans la salle numéro 3, prendre une paire de lunettes 3D à l’entrée, et regarder mon dernier film « Hell Driver », intelligente traduction française de « Drive Angry ». Comme ça, tu pourras constater que mes films sont tout de même vachement mieux que les autres daubes qui se font. En plus, celui là a entièrement été tourné en 3D, ce qui est un foutu gage de qualité mon garçon. Maintenant, va ! Tu pourras me présenter tes excuses quand tu auras fini, et reconnaître mon génie par rapport aux autres ! »
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Je sentis bien qu’il mourrait d’envie d’éclater d’un rire diabolique, mais le dieu du Botox l’en empêcha. Cependant, il ne serait pas dit que j’aurais reculé face au danger ; sortant précautionneusement ma flasque de brandy de ma poche intérieure, je trouvai dans le breuvage de quoi me préparer ; et une fois cela fait, je me tournai vers la salle où était projeté le film maudit.

Il était temps de spoiler Hell Driver.

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L'affiche : tourné en 3D, argument de vente. Le "tourné en 3 jours" et "écrit en 3 minutes" ont été virés à l'impression

Notre oeuvre débute par un plan sur une sorte d’immense citadelle souterraine entourée de lave qu’il semble convenir d’appeler « Enfer » tant on se trouve tout de même dans un film intitulé « Hell Driver« . Et maintenant que nous avons le Hell, il serait bien naturel de nous donner le Driver. Facile : de la forteresse, une grosse voiture américaine de collection (un classique, on se souvient qu’Orphée lui-même roulait en Cadillac) s’enfuit en sautant au-dessus de la lave avant d’aller atterrir sur une sorte d’immense pont en ruine qui permet de traverser la mer de roche en fusion en direction d’une quelconque issue. Mais à part de la 3D, il n’y a pas grand chose à tirer de cette scène ; retournons plutôt en surface, quelques temps plus tard.

En effet, trois hommes qui ne respirent pas l’intelligence foncent au volant d’une voiture en gueulant qu’ils sont poursuivis par un mec que tout le monde pensait mort et enterré ; évidemment, au moment où ils pensent enfin l’avoir semé, ce dernier apparaît devant eux avec sa voiture : ho ! Ça alors ! C’est la même voiture que celle qui s’est échappée de l’enfer en introduction ! Et qui est à bord s’il vous plait ? John Milton : un personnage particulièrement effrayant puisqu’il s’agit d’un Nicolas Cage aux longs cheveux teints en blond, au blouson en jean sale, et aux lunettes de soleil dignes de celles des stars (mais si, vous savez, celles où l’on peut cacher une famille de roumains derrière chaque verre) ; son costume est accompagné d’un formidable fusil à pompe qui permet à notre héros d’arroser la voiture des trois brigands qu’il poursuit, envoyant cette dernière faire une série de tonneaux avant de s’immobiliser sur le toit un peu plus loin. Milton descend donc paisiblement en rechargeant son arme, et note que ses proies tentent de sortir tant bien que mal de leur véhicule accidenté. Le premier des trois hommes, armé d’un cric, se jette en effet sur notre héros, mais se retrouve bien vite désarmé quand tant sa main que son cric décident de partir en vacances en Savoie, une fois que John les a détachés de leur propriétaire d’un habile coup de fusil. Le second homme, lui, tente de s’enfuir : mais allez savoir pourquoi, il ne part pas dans la direction opposée à celle de Milton, ce qui paraîtrait pourtant logique pour un fuyard : il se décide à aller dans sa direction, sans armes, et dans le but de passer paisiblement à côté de lui. Heu ? Oui ? Il se ramasse donc un petit coup de fusil dans la jambe, ce qui l’oblige à cesser sa course et à payer pour sa bêtise crasse. Enfin, le dernier homme fuirait bien, mais lui est coincé dans la voiture retournée ; Milton va le voir et lui demande « Où est-elle ? » d’une voix supposément méchante : visiblement, le vilain comprend la question et sait de qui il parle, mais refuse de répondre : il ramasse donc une volée de .12 dans les gencives, ce qui est pourtant fortement déconseillé par les spécialistes de la santé bucco-dentaire. Plein de désarroi, notre héros va donc trouver le gourgandin qui se plaint que sa jambe est à moitié arrachée (ou à moitié attachée, ça dépend du point de vue : quel petit pessimiste geignard), et lui pose la même question : ce dernier répond qu' »elle » sera sacrifiée dans une ville dont le nom ne dit rien à John (pour les besoins du scénario, nous l’appellerons « Pipinouville« )  ; qu’importe puisque ce dernier explique au blessé qu’il ferait mieux d’appeler son chef pour l’informer que John Milton est de retour pour botter des culs. Puis, il quitte les lieux, non sans tirer au fusil à pompe dans de l’essence étalée au sol pour faire exploser sans raison aucune la voiture accidentée de ses ennemis désormais bien calmés. Le tout, au ralenti, bien évidemment. J’ai envie de dire « Yeaaaaah. »

Détail très intéressant dans ce film : autant dans notre dernier spoiler, ça jouait de la trompette à tort et à travers pour accompagner les moments héroïques, autant cette fois-ci, c’est encore pire : à CHAQUE plan où l’on voit John Milton (« John Milton fait sauter une voiture », « John Milton sort son fusil« , « John Milton boit une bière« , « John Milton a la colique »), il y a un riff de guitare électrique pour faire cool. Ou consternant. Ça dépend de vos goûts, on va dire.

Mais allons quelques kilomètres plus loin dans un petit restaurant routier que nous appellerons le « Tourette’s Café », tant l’ensemble des occupants est d’une grossièreté confondante : Piper, jeune serveuse, est en effet en train d’expliquer à sa copine Germaine que bordel de merde elle compte plus faire de pipes à cet enculé de baiseur de vaches tant que ce connard lui aura pas fait une putain de demande de mariage de chiotte, ou quelque chose de très proche. Ce qui est bien triste, c’est que je n’ai même pas besoin d’exagérer : visiblement, la mort de maître Capello a donné des ailes aux dialoguistes, qui ont rajouté du gros mot partout pour faire adulte cool trash. Hmmmmm. Faisons fi de tout cela, et essayons de nous concentrer sur l’action : dans un coin du restaurant, Milton s’est assis et attend paisiblement qu’une serveuse vienne lui prendre sa commande ; il voit donc Germaine arriver et le saluer d’un « Salut beau gosse« . Probablement une fétichiste des moumoutes en nylon, parce que sinon, je ne vois vraiment pas. John lui commande un café, ainsi qu’une information : connait-elle Pipinouville ? Bien sûr lui répond la donzelle : Pipinouville, c’est une prison de Louisiane en réalité, et non une radieuse cité américaine : son père y a même été enfermé jusqu’à ce que le site soit désaffecté. Quel gros coup de bol ! Tomber sur la seule serveuse de restaurant de l’Etat dont un membre de la famille a purgé sa peine dans un pénitencier de Louisiane à des milliers de kilomètres de là, pénitencier que notre héros cherchait. Pour la remercier de cette information, John lui roule un gros patin, parce qu’il est décidément trop cool et que « merci« , c’est pour les faibles.

Cependant, notre héros a besoin d’un nouveau véhicule, son ultime voiture ayant rendu l’âme lors de sa dernière course poursuite. Et dehors, il y a une énorme bagnole de collection américaine : à qui appartient-elle, demande Milton à sa nouvelle conquête ? A Piper, la serveuse grossière (enfin pas plus que le reste du personnel de l’établissement en fait) mais gentille, puisque voyant une famille qui n’a pas de quoi se payer un repas complet, elle leur apporte des pancakes qui autrement seraient partis à la poubelle ainsi qu’un verre de lait pour leur petite fille ; le patron du Tourette’s Café prend cela comme une faute grave (faut pas donner à manger aux pauvres : après, ils se reproduisent) et s’engueule avec notre damoiselle, qui démissionne sur le champ. Elle file donc se changer pour sa tenue civile, qui est tout aussi légère que le reste du scénario : des bottes à talons immondes, un mini-short suffisamment mini pour avoir sa place dans une convention de modélisme, et un bon vieux débardeur moulant pour montrer que ce film fait partie des rares où l’une des héroïnes a le droit de dépasser – un peu – le bonnet B (dans les autres films, les filles à gros seins sont généralement méchantes/bêtes/ambitieuses/fourbes). Je dirais bien qu’entre sa tenue et son vocabulaire, Piper est une allégorie de la vulgarité, mais on va me traiter de conservateur. Je dirais donc juste « Piper est une pouf« , et restons en là.

 

Notez les bottes de Piper, probablement volées à Pedro, un mexicain qui les avait gagnées aux cartes à Tijuana en 1973

Piper monte donc dans sa grosse voiture et roule à fond les ballons n’importe comment en chantant à tue-tête du Britney Spears, faisant sortir de la route les autres conducteurs (je n’ai pas pu déterminer précisément si c’était la conduite approximative ou les talents de chanteuse de notre héroïne qui les poussaient à quitter la nationale), mais après quelques kilomètres, son capot se met à fumer (je parle de la voiture, je précise), et elle se gare donc sur le bas-côté dans un coin désert pour examiner tout cela. Alors qu’elle est penchée sur son moteur, elle voit cependant arriver John Milton (que… il a vraiment besoin d’une voiture ? Non parce que visiblement, il se déplace à une vitesse surnaturelle quand même pour avoir rattrapé sur plusieurs bornes une nana conduisant à fond !), qui lui propose un marché : il lui répare son moteur et en échange, elle l’emmène jusqu’à la prochaine ville. Sitôt que la douce a accepté, John resserre le bouchon du radiateur, et hop ! En voiture !

Oui : le brigand avait dû saboter son véhicule pour pouvoir lui faire le coup du marché et pouvoir monter à bord. John a donc réussi à ouvrir le capot de la bagnole en plein devant la vitrine du restaurant où bossait sa propriétaire qui n’a rien remarqué, dévissé le bouchon, refermé le tout sans faire de bruit, deviné dans quelle direction Piper allait partir et quand (imaginez qu’elle ait quitté tard et qu’elle soit retournée chez elle, dans la direction opposée à celle de la Louisiane ?) , calculé à quel endroit elle allait tomber en panne, s’y est téléporté et là lui a proposé de lui réparer sa bagnole.

Je suis perplexe.

Mais revenons à nos héros : tous deux roulent donc jusqu’à la ville dans laquelle Piper loge avec son fiancé, qu’elle décrit comme « sans emploi *longue réflexion* mais un homme bon » (oui parce que c’est vrai : on ne peut pas être sans-emploi ET bon, on est sans-emploi MAIS bon, parce que d’après elle, les deux semblent opposés de prime abord ; quelle classe cette Piper, je suis sûr qu’elle a sa carte des jeunes UMP). Seulement voilà : Piper, après s’être garée devant chez elle et avoir abandonné son passager d’un jour (tu aurais pas pu le larguer sur une artère passante pour qu’il puisse poursuivre son chemin en stop plutôt que de lui montrer où tu habites petite coquine ?), passe la porte de son logis et ho ! Que trouve t-elle ? Son copain en train de se taper une nana. Et contrairement aux autres films américains où toutes les femmes font l’amour en soutien-gorge pour ne pas choquer d’un malheureux téton la rétine du spectateur lambda, ici, le film a décroché son permis Famapoil. Donc, on a le droit à une madame toute nue (en 3D), par contre, mesdemoiselles, vous n’aurez pas le droit à des messieurs tout nus : c’est trop osé.

Hé, ho, je vous ai entendu soupirer hein.

Milton, lui, était parti de son côté vers une cabine téléphonique voisine pour appeler on ne sait qui, et surtout, examiner discrètement le contenu de son gros sac de voyage : ce dernier contient une mallette en mauvais état (oui, il a un sac pour transporter une mallette) qui renferme une sorte de fusil à pompe-arquebuse-gatling fort mystérieux, et couvert de signes ésotériques et d’inscriptions latines, car chacun sait que le latin fait classe : il suffit d’écrire « Maximus proutus » sur n’importe quoi pour que ça inspire le respect aux mécréants, c’est consternant (au fait, c’est très discret de sortir ça dans une cabine téléphonique dont, je le rappelle, les parois sont transparentes). Mais alors qu’il est tout à ses observations, notre John national entend les échos d’une engueulade derrière lui, et voit Piper sortir de chez elle pour s’enguirlander avec son copain, non sans avoir au préalable sorti de force sa maîtresse. Notre héroïne, visiblement d’humeur taquine, commence à donner des coups à son compagnon à l’aide de ses petites mains manucurées tout en lui faisant remarquer que ce n’est pas gentil de la tromper, crotte de bique. Mais ce dernier supporte mal cet affront, particulièrement lorsque Piper menace de se barrer avec sa grosse voiture, que jusqu’ici, il lui prêtait gentiment pour aller travailler (vu sa manière de conduire, il était optimiste le monsieur). Aussi lui marave t-il la gueule comme il se doit. Milton arrive donc rapidement pour expliquer au compagnon infidèle qu’il n’est qu’un malandrin (ce n’est pas le terme exact qu’il a utilisé, mais j’imagine que vous voyez le genre), puis lui malaxe cordialement le nez à coups de poings. Une fois cela fait et le brigand inconscient, il se saisit de Piper, elle même dans les vapes, la charge dans sa voiture (enfin, celle de son compagnon donc), puis démarre en direction de la Louisiane. Ou d’un champ tranquille pour violer la jeune fille inconsciente, sur le coup, j’ai eu un doute.

Pendant ce temps, au Tourette’s Café, un type en costume arrive de nulle part pour se présenter auprès du tenancier local en tant que « Le Comptable« . Il a « flairé » l’odeur de Milton dans ce lieu de perdition, et aimerait savoir par où il est parti : pas de soucis lui répond la serveuse que Milton avait bisouté ; il est parti par ici, dit elle en pointant du doigt une direction incroyablement générale. Soit : avec cette information super floue, notre larron va quand même réussir à trouver son chemin, vous allez voir. Et en effet : après quelques heures de marche, à la nuit tombée, le mystérieux personnage arrive donc dans la cité endormie où résidait la jeune Piper, et se rend chez le compagnon de celle-ci, qu’il retrouve là encore grâce à l’odeur de Milton (qui doit sentir la teinture blonde à des kilomètres). L’ex de notre héroïne vient seulement de se réveiller après avoir été étalé dans l’après-midi par notre héros, et vient d’appeler la police pour signaler qu’on lui avait volé sa voiture, sa copine et son honneur, ce qui dans l’inventaire de ses possessions, ne lui laisse guère qu’un slip, 7 dollars et une batte de base-ball fatiguée. Aussi, lorsqu’il trouve à sa porte un type en costard, moins de 5 minutes après avoir appelé le 911, il est persuadé d’avoir affaire à un agent des forces de l’ordre. Mais visiblement, le Comptable est diablement stupide, puisque plutôt que de profiter de ce quiproquo pour dire « Oui, je suis flic : dis-moi ce que tu sais sur l’homme qui t’a tabassé, donne moi une photo de ta copine que je sache qui l’accompagne, et dis moi quelle est ta bagnole que je la poursuive« , il se décide à le traiter comme une merde et à le tataner pour le faire parler, ce qui est bien moins efficace et discret, mais bon. Il obtient malgré tout ainsi les réponses aux questions précédemment évoquées, puis, histoire de rigoler, tue le dit Monsieur en lui plantant un bout de batte de base-ball dans le crâne, ce qui pique un peu, tant le base-ball n’a jamais rien fait rentrer d’agréable dans la tête de qui que ce soit.

Mais la vraie police, appelée par le mort quelques minutes avant, donc, arrive sur les lieux, et trouve leur client mort avec à côté de lui un type en costard. Ils sortent donc leurs flingues pour braquer cet inconnu bien fringué, mais ha ! Le Comptable fait un truc pas du tout suspect : il fait bondir une pièce en l’air, et lorsqu’elle atterrit dans sa main, elle se transforme en plaque du FBI. Coup de bol : le geste brusque qu’il fait en allant chopper sa pièce dans sa poche intérieure ne lui vaut pas d’être transformé en passoire par la maréchaussée. Non, à la place, les deux agents font juste « Ah, bon, le FBI ? Sur une scène de meurtre vieille d’il y a seulement une paire de minutes au maximum et non signalée ? C’est tout à fait crédible. » et le Comptable de leur expliquer : « Oui, je suis du FBI ; vous voulez une promotion ? Vous allez me suivre. Je suis à la recherche d’un fugitif, et vous allez m’aider à l’abattre. Pas à l’arrêter : à l’abattre sans sommation. Maintenant, vous allez me servir d’escorte : montons tous ensemble dans votre véhicule de patrouille et partons à sa poursuite. » : et les deux gars acceptent sans même une seconde d’hésitation, ou même trouver suspect qu’on leur ordonne de tuer quelqu’un. D’ailleurs, ils ne signalent même pas l’assassinat de l’ex de Piper, trop enthousiastes à l’idée de se lancer dans une course poursuite accompagnés d’un type du FBI. J’ai eu vaguement l’impression de voir « Corky » rencontre « Police Academy« , l’espace d’un instant.

 

Moi aussi j'ai ce geste tout à fait naturel consistant à me déboîter l'épaule quand je montre ma carte de visite

Loin de tout ce tumulte, Piper justement se réveille dans sa bagnole et constate que Milton est au volant ; ça lui fait un peu peur, parce qu’aucune femme saine d’esprit ne peut se réveiller à côté de Nicolas Cage sans paniquer. Elle lui propose aussitôt un pacte histoire de ne fâcher personne, et encore moins son sauveur : il ne tente pas de la violer, ils font la route ensemble jusqu’en Louisiane où John doit aller, et ensuite Piper reprend le volant seule pour partir en Floride recommencer une nouvelle vie en allant quérir un nouveau boulot et un nouveau mec. Peut-être y a t-il un Tourette’s Hotel ou Tourette’s Night Club qui n’attend qu’elle à Miami ? Mais la fatigue, elle, commence à se faire sentir, et cela tombe bien puisque notre bon héros connait un petit hôtel sympa pas loin où passer la nuit. Il s’agit du « Taureau par les burnes » (je n’invente toujours pas : la surenchère de jurons de ce film est sans limite, allant se nicher jusque dans le nom des établissements), site visiblement fréquenté par toutes sortes de créatures de la route, des touristes aux camionneurs en passant par les John Milton. En rentrant dans le restaurant de l’hôtel où tout le monde s’éclate, le patron des lieux aperçoit Milton et s’exclame « Je te croyais mort ! » : voilà qui met la puce à l’oreille de Piper, qui commence à se poser des questions sur l’identité de son mystérieux compagnon de voyage. Mais elle n’a pas vraiment le temps de pousser le sujet : au bar, elle aperçoit rapidement un serveur mignon, et se propose de s’éclipser dans une chambre avec lui. Quant à Milton, il est instantanément dragué par une serveuse (une autre fan d’immondes toupets, probablement), qui se propose elle aussi de l’accompagner jusqu’à sa chambre. Là, Milton s’accouple gentiment avec la filoute, mais en restant tout habillé, un cigare au bec et une bouteille à la main, le tout sans retirer ses lunettes de soleil. Yeaaaah (riff de guitare). Dans la chambre de derrière, Piper a du mal à supporter les hurlements de la donzelle, surtout qu’elle, comme toutes les héroïnes américaines, ne couche pas avec le premier venu : elle exploite juste le serveur mignon en exigeant qu’il lui vernisse les ongles des pieds, le tout en lui faisant miroiter du sexe pour le convaincre. Mais le pauvre n’y aura pas droit, puisque soudain, Piper aperçoit quelqu’un passer devant sa fenêtre.

Oui Piper, c’est vrai que c’est trop louche : au rez-de-chaussée, dans un hôtel, quelqu’un qui passe, c’est forcément suspect. Notre donzelle sort donc promptement pour voir de qui il s’agit, et observe un petit gars qui rentre dans le bar de l’hôtel (là encore, c’est vraiment terriblement louche !) : elle décide donc de le suivre. Et évidemment, elle a raison de le faire.

En effet, dans le bar, une réunion secrète de paysans armés de divers outils agricoles se tient : le type qu’elle a vu entrer est le bras droit de celui qui semble commander à cette improbable bande : le pasteur Jonah King (joué par Billy Burke : mais si, vous savez, le papa à moustache de Bella dans Twilight : c’est pas un gage de qualité, ça, peut-être ?), recherché dans tous les Etats-Unis pour meurtre, kidnapping, fourberie, direction de secte sataniste et possession de CDs de Rebecca Black. Un type bien, quoi. Ce dernier explique à sa troupe que son bras droit a localisé « la fille et Milton« , et qu’il faut donc aller les tuer pendant qu’ils sont dans leurs chambres à ne se douter de rien. Piper utilise donc toute la puissance de son cerveau pour faire la déduction qui s’impose :

Ces gens sont méchants.

Merci Piper, je crois qu’on va plutôt en revenir à John, si tu veux bien. Milton est donc tranquillement en pleine baisouille, toujours tout habillé (on a dit, pas de messieurs tout nus) contrairement à sa conquête (on a dit, permis famapoil) lorsque soudain une horde de chenapans défonce sa porte pour venir le tuer ; pas de problème, il est tellement classieux qu’il sort son pistolet et abat tous les assassins (soit au moins 7 ou 8 ) sans s’arrêter de copuler pour autant. Seul le dernier brigand, qui arrive lorsque son chargeur est vide (celui de son pistolet, j’insiste, ça devient lourd les double-sens, là), est tué par Piper qui manie la bêche avec élégance et débarque juste à temps. Mais bon, voilà qui pourrit quand même bien la nuit, tant le fait d’être couverte de tripaille a calmé la libido de notre serveuse : il va être temps de fuir pour nos deux larrons ! Mais c’est pas de bol, car au même moment, le Comptable et ses deux policiers niais arrivent à l’hôtel. Ce faisant, ils croisent Jonah King et son bras droit quittant les lieux, et aussitôt les deux policiers font « Hey, mais c’est Jonah King, le pasteur recherché dans tout le pays pour ouat’mille crimes ! » ; le Comptable intervient alors pour dire « Oui, oui, mais on est pas là pour eux« . Et les deux policiers haussent les épaules et passent leur chemin.

Non, non, ce n’est pas vous, vous avez bien lu : deux flics croisent l’un des types les plus recherché des USA, l’identifient, peuvent l’arrêter sur le champ mais puisqu’un type du FBI sorti de nulle part leur dit que ce n’est pas leur priorité, ils n’essaient même pas de l’arrêter et de le laisser à une autre patrouille, le temps d’aller coffrer Milton, histoire d’être les héros de la soirée, non. Ils le laissent partir. Mieux encore, ils ne le signalent même pas à la radio pour que d’autres puissent s’en charger, non, vraiment. De toute manière, leur bêtise crasse est punie : lorsqu’ils aperçoivent John et Piper fuyant le bâtiment, ils ouvrent le feu, et dans la panique, Piper les abat tous les deux. Ça leur apprendra, parce que vraiment, être idiot à ce point là, ça doit demander de la concentration rien que pour penser à respirer.

Et le Comptable me direz-vous ? Bah, il regarde. Et il ne fait rien. Il se contente de sourire en regardant Milton fuir : moi qui croyais qu’il était venu pour l’arrêter/l’abattre, comme il l’expliquait depuis le début du film, je suis déstabilisé. Enfin.

Reprenant la route, notre héros explique à Piper, qui s’interroge sur ce qu’il vient de se passer, pourquoi lui et Jonah King sont ennemis : la fille de Milton s’est laissée embobiner dans la secte du bon pasteur, et y a même rencontré quelqu’un, avec qui elle a eu un gosse. Mais King, lui, voulait en faire sa chose : comme elle était moyennement partante (elle avait planté Jonah avec son propre médaillon de gothique moche lorsqu’il a voulu s’accoupler), il lui a pété les jambes pour lui éviter de s’enfuir et lui apprendre la vie. Puis, il a fait clouer son copain à un arbre avant de le tuer, façon Jésus écolo. Enfin, quelques temps après, il a voulu forcer mademoiselle à lui faire une gâterie, mais elle lui a croqué le trilili, ce qui a provoqué un accès de douleur et de colère chez notre bon pasteur qui ne s’attendait pas à la disparition brutale de son corps caverneux. Il l’a donc butée, un peu grognon, pour venger la perte de Popol. Quant à l’enfant… il a prévu de le sacrifier à la prochaine pleine lune pour un rituel de sa secte, ce qui est très vilain. Le tout devrait se passer au pénitencier désaffecté de Pipinouville, en Louisiane ; Milton a donc prévu de récupérer sa petite fille et de venger sa fille en tuant le vil Jonah King. Ce qui explique pourquoi ce dernier et lui-même s’entendent si mal. Piper note cependant un détail curieux : Milton a été blessé lorsque les flics ont tiré sur eux dans l’hôtel, et pourtant, il ne saigne plus, et mieux encore, sa blessure semble se refermer sans aucun soin. Madre de dios !

Mais la petite histoire est bien vite coupée par l’arrivée d’une voiture de police que personne n’avait vu venir alors qu’elle était là depuis des kilomètres : le Comptable a tout simplement récupéré le véhicule de feu son escorte et donne des coups de pare-choc au chariot d’acier de nos héros pour les faire rigoler (c’est le roi de la déconne, le Jean Roucas des enfers). Il s’approche même à hauteur de fenêtre pour discuter avec nos héros, mais est hélas accueilli au fusil à pompe, ce qui n’est pas vraiment une réception de bon goût de la part de l’ambassadeur Milton : son arme ne tire même pas de Ferrero Rocher, mais seulement du gros plomb. Le Comptable est cependant beau joueur et rigole gentiment, car aucun projectile ne semble pouvoir l’atteindre, et il se contente donc de chantonner « Même pas mal ! » ; aussi explique t-il à Milton qu’il ferait mieux de se rendre. Mais John n’est pas à court d’idées pour se débarrasser de ce brigand, et il sort promptement son autre fusil à pompe, le fusil à pompe magique couvert de trucs ésotériques et tire une bonne balle couverte d’inscriptions latines vers notre Comptable ; cette arme le met effectivement déjà plus en panique, et il esquive de justesse la menace grâce à sa vitesse surhumaine d’envoyé des enfers, au point de ne s’en tirer juste qu’avec une brûlure à la joue. Profitant de ce petit moment d’inattention de la part du Comptable, Milton manoeuvre pour l’envoyer paître dans le décor, et en effet, la voiture de police file s’écraser au bas d’un pont dans un bruit d’apocalypse : nos héros peuvent donc reprendre la route en paix.

 

Jonah King accompagnée de sa fidèle canne fémur, parce que sa première canne petit poney ne rendait pas assez bien

Et justement : en poursuivant la route, qui est l’axe principal pour se rendre en Louisiane, nos deux amis tombent nez-à-nez avec la camionnette du bras droit de Jonah, que Milton avait aperçue devant l’hôtel ; cette fois-ci, elle est garée devant une petite église de campagne : venant de la part de satanistes, la chose est suspecte, tant ils ont des rapports complexes avec Jésus et préfèrent les burgers aux hosties. Lorsque Milton et Piper rentrent dans le bâtiment, ils tombent sur une population d’une bonne vingtaine de personnes en pleine messe cucu la praline. L’arme à la main pour plus de discrétion, John remonte le long d’un mur de l’église en inspectant les fidèles, cherchant du regard le bras droit du pasteur King ; mais soudain au premier rang, il entend les sanglots d’un nouveau-né : sa petite-fille ! Mais à peine a t-il fait quelques pas que tous les fidèles sortent des armes et le braquent, ce qui le force à poser sa pétoire au sol. Diable, une embuscade de la secte de Jonah King ! D’ailleurs, le dit pasteur est présent en personne : il savait qu’il était poursuivi, et il s’est dit que cette église serait un endroit parfait pour en finir avec notre héros.

Jonah King entame donc le célèbre discours du méchant : « Hahaha, Milton ! J’ai pris beaucoup de plaisir à faire du mal à ta fille, j’ai même utilisé son fémur pour en faire le pommeau de ma canne, regarde ! C’est très laid, mais bon, il fallait bien que je dise à quel point j’étais maléfique. Bon, sinon, le sacrifice de ta petite fille, ce sera l’apothéose pour ma secte : grâce à ce rituel, je vais… je… heu… hem… rendre le monde meilleur. Voilà voilà.« . Et ses fidèles le suivent dans cet objectif : rendre le monde meilleur ; je sais pas, mais moi, un type avec le fémur d’une nana qu’il a torturé et tué en guise de pommeau de canne, j’aurais tendance à me méfier de ses rêves idéalistes de bonté, mais je suis quelqu’un de méfiant. Visiblement, il y a malgré tout des gens pour le suivre.

Milton, lui, est d’humeur jouette, et se décide à humilier le gourou devant ses sectateurs : il raconte l’anecdote comme quoi ce dernier aurait vu son trilili être croqué par sa fille, lorsqu’il l’a forcée à lui faire une gâterie. Et depuis, il serait donc, je cite ce film qui décidément est en grande forme : « un sans-bite« . Jonah réfléchit trente secondes : il n’y a eu que deux témoins de l’accident qui coûta la vie à Popol : lui et son bras droit. Il subodore donc que c’est ce dernier qui a dû vendre la mèche, et lui colle donc en conséquence une bonne grosse bastos entre les deux yeux. Cependant, il serait inconvenant de laisser Milton s’en tirer aussi : il lui insère donc une balle de gros calibre dans la cervelle, en passant par son oeil. C’est ballot, mais John en meurt. Quelle chochotte ! Ne va pas me faire croire que le cerveau est un point sensible chez toi, Milton ! Jonah King n’a lui plus qu’à quitter le coin avec sa troupe, emmenant avec lui Piper qu’il veut « dresser » . Je vois je vois, mais mon garçon, vu que tu es un peu estropié, elle ne pourra plus te faire grand chose. Quoique : il y a bien de la Air Guitar, pourquoi par du Air Blowjob ?

Hola, je m’égare. Quelle mauvaise influence a ce film sur ma pauvre personne.

Une fois que Jonah et ses hommes sont donc partis dans le camping-car géant de la secte (oui, ils se déplacent en camping-car géant, moi aussi, ça m’a laissé dubitatif), Milton revient d’entre les morts, comme ça, hop, parce que ce n’est pas un être humain normal mais bien un évadé de l’enfer, donc trop facile pour lui, et tue les quelques hommes qui étaient restés pour enterrer les corps et nettoyer les traces du crime. Il court donc promptement jusqu’à sa bagnole, et démarre à fond les ballons à la poursuite du camping-car, lui-même poursuivi par quelques rares sectateurs survivants dans des voitures individuelles, qui l’ont aperçu sortir de l’église avant de démarrer. De là commence une course-poursuite proche du n’importe quoi (remarquez, qu’est-ce qui dans ce film n’en a pas été jusqu’ici ?), puisque des incohérences se glissent tous les deux mètres ; je vous passe comment Milton sème ses poursuivants, mais par exemple, à un moment, il traverse un hangar à fond, poursuivi par un véhicule des vilains. Les deux voitures vont tout droit, mais à un moment, pouf le véhicule de derrière tombe dans une fosse à vidange qui prenait toute la route. Ah ?! Mais alors attendez, comment Milton est-il passé ? Je vous passe aussi les millions de cartouches de fusil à pompe que notre protagoniste tire sans jamais recharger ou, justement, pomper, ou même les sectateurs qui, tombant des bagnoles, se font écraser par leurs potes alors que la route est suffisamment large et qu’ils ont mille fois le temps de les éviter. Mais c’est plus « cool » comme ça. Enfin j’imagine.

Il y a même un moment où Milton aperçoit le camping-car des vilains, et décide de partir… en sens inverse. Heu ? Allez savoir comment, il connait un super raccourci, et finit par déboucher en contre-sens DEVANT la base mobile de King ! Mais c’est alors que John se rappelle que Piper et sa petite fille sont à bord, et que s’il les percute de face, il n’y aura plus grand monde à sauver : il les évite donc et retourne se positionner gentiment derrière eux pour reprendre une poursuite normale. Hé bé, c’était bien utile.

En tout cas, dans le camping car, on est aussi bête que dans la voiture qui les poursuit : tout le monde a beau être surarmé, et hurler « Attention, il est là !« , personne ne tire. Ils se contentent de regarder Milton passer et de commenter ses aventures : ça doit être une secte d’adorateurs d’Eugène Saccomano (« Holalalalalaaaaaaaaaaa le dérapaaaaaaaaage de fôôôôliiiie !« ). Seulement, les choses se compliquent à bord du véhicule des vilains, puisque Piper profite du bazar ambiant pour commencer à tabasser les gens alentours, telle une véritable amazone ; Jonah lui-même vient donc tenter de se battre avec elle, et en profite pour la tripoter un peu, ce qui lui vaut pour la deuxième fois de sa vie de voir une nana utiliser le pendentif gothique laid qu’il a autour du cou pour le planter avec. Mais quelle andouille : il n’avait pas compris la première fois que se promener avec un pendentif aiguisé bien en vue quand on essaie de tripoter les donzelles n’est pas le meilleur plan qui soit ? Vous parlez d’un méchant, le mec est vaincu par ses propres bijoux.

Cela étant dit, Piper a ainsi une occasion d’essayer de s’enfuir des griffes du pasteur maléfique : elle l’écarte donc et file à l’arrière du camping-car, où elle constate que Milton les suit de très, très près : elle saute donc à travers la fenêtre arrière sur le capot de son ami, au moment où Jonah, à sa poursuite, vide tout son revolver sur elle. Heureusement, il la rate. Oui, depuis le camping car, Jonah n’arrive pas à toucher une nana allongée, immobile et à un mètre de lui, située sur le capot d’une voiture roulant à la même vitesse en contrebas. On va le dire poliment : ce n’est pas vraiment un tireur d’élite. Tout au mieux, il arrive juste à plomber le moteur de l’automobile de notre bon John, qui pleurniche donc en entendant la belle mécanique commencer à lâcher de vieux pets sonores et à fumer. Bien vite, la poursuite s’arrête, et nos héros se retrouvent tout bêtement en panne, alors que leurs ennemis disparaissent à l’horizon.

Remarquez, il était temps que ça arrive : depuis le début, un nombre incalculable de personnes avaient vidé des chargeurs entiers sur la voiture, sans jamais provoquer la moindre panne. C’est du solide.

 

"Vite, faisons un sacrifice à Satan ; mais d'abord, allons vider nos WC chimiques sur l'aire du petit chevreuil"

A une fort belle distance de là, deux évènements arrivent au même moment :

– la police a commencé à enquêter sur le massacre de l’hôtel de la nuit précédente, et un vieux capitaine de la police en t-shirt de beauf compte bien boucler les assassins. Ça tombe plutôt bien : Jonah, soucieux de retarder ses ennemis, a passé un appel au 911, indiquant que Milton et sa copine suivaient la route menant à la Louisiane (oui enfin, sombre con : toi aussi tu es recherché et sur cette route, ce n’est peut-être pas l’idée du siècle de demander des barrages de police). Le capitaine de la police envoie donc ses hommes sur la route préparer un plan diabolique

– Le Comptable a lui fini par arriver à la petite église de campagne où Milton était temporairement mort. Il y trouve un sectateur bien blessé, qui après un peu de torture, décide de révéler pourquoi Milton et sa secte s’affrontent, que ce dernier veut sauver sa petite fille d’un sacrifice à la prochaine pleine lune… soit : le Comptable reprend donc la route, visiblement fort intéressé par cette histoire de sacrifice d’enfants.

Mais revenons à John et Piper, qui eux, sont toujours en rade sur le bord de la route : ils ont tôt fait d’appeler Webster, le vieux pote dépanneur de Milton qui, par un fabuleux hasard, habitait dans le coin. Les retrouvailles sont cependant curieuses, puisque Webster explique avoir enterré notre héros lui-même il y a des années, et s’étonne donc de le retrouver pétant la forme, parce que merde, au prix que coûte les cercueils aujourd’hui, ce serait bien d’y rester. Il raconte tout de même à la curieuse Piper toute l’histoire : il y a fort longtemps, Milton était un bon père de famille, qui commit l’erreur de traîner avec des malfrats ; lui, Webster et d’autres accomplirent moult missions pour de l’argent, jusqu’à une dernière qui a merdé : le commanditaire a demandé, après le boulot, à voir l’équipe pour lui causer. Sentant le piège, seul Milton s’y est rendu, et n’en est jamais revenu. Sa fille, paumée sans son papa délinquant, a donc fini dans une secte, et la suite… Piper la connait. Enfin pas tout à fait : une fois en enfer pour ses crimes, Milton a eu parmi ses supplices celui de voir les souffrances de sa fille restée sur Terre  ; c’est ainsi qu’il a appris pour l’histoire du pasteur Jonah se faisant croquer la kikoute par sa vaillante progéniture. Ensuite, il s’est évadé des enfers, parce que c’est très mal gardé et que le budget de la justice est en chute libre, avant de trouver une voiture (comment ?), un méga-fusil à pompe légendaire, le « tueur de dieux » (il devait trainer devant l’entrée, sûrement, ou attendre avec la voiture), et de filer rejoindre le monde des vivants. Simple, non ?

Webster, après avoir tout écouté, et sans s’être étonné de quoi que ce soit (c’est vrai, c’est tellement commun un pote qui revient d’entre les morts en expliquant s’être échappé de l’enfer), propose trois choses :

– une bagnole toute fraîche et retapée à notre héros, là encore, un modèle de collection, parce que Hell Driver en Super 5, ça semblait contestable

– une bière : mais Milton dit que non, à part s’il peut lui servir dans le crâne de King. Webster va vérifier, mais non, il a pas ça dans son buffet, au mieux, il a un mug collector « Mickey lâche une caisse« 

– de l’accompagner pour son ultime épreuve au pénitencier désaffecté pour arrêter le pasteur fou et sa secte, mais Milton refuse au motif qu’il ne veut pas le mettre en danger.

Remarque pertinente de Webster : « Oui mais moi je suis grand, costaud, et je sais manier un fusil, alors pourquoi à la place tu préfères emporter l’autre pouf de Piper qui ne sert à peu près à rien ? » Réponse de notre héros « Je vais avoir besoin d’elle. ». Oui, mais pourquoi ? Non parce que jusqu’ici, le seul truc extraordinaire qu’elle a réussi à faire, c’est garder son maquillage et son brushing parfaits malgré les batailles, les courses-poursuites, les cascades… effectivement, si tu as besoin de mascara, emporte là avec toi Milton. Sinon, tu peux la laisser ici. Mais bon, on ne va pas attendre de toi un raisonnement logique. Passons plutôt à la suite.

Laissant Webster tout seul, Piper et John foncent donc dans leur nouveau véhicule, mais ne vont pas bien loin : après quelques kilomètres, ils tombent nez-à-nez avec un barrage de la police, où le capitaine qui enquêtait sur les crimes de l’hôtel et tous ses hommes l’attendent là encore « pour les tuer » (les arrêter, c’est pour les ringards). Mais pile à ce moment là, quelqu’un d’autre arrive : le Comptable, roulant au volant d’un camion d’hydrogène liquide, le genre de truc qui fait de jolies explosions ; il envoie donc le tout s’écraser sur le barrage pour tuer policiers, officiers, serveuses de restaurant en cavale et évadés de l’enfer, mais hélas, son plan ne marche qu’à moitié : certes, tout explose, mais quantité de policiers s’en sortent, à commencer par leur capitaine, ainsi que Milton et sa copine qui profitent de la diversion pour passer le barrage et reprendre la route.

 

Webster apprenant que son ami préfère emmener Piper plutôt que lui pour l'affrontement final

La police, elle, fait alors encore une fois preuve d’une intelligence supérieure, puisqu’elle n’envoie aucune voiture à la poursuite de Milton (alors qu’il en reste tout un paquet en parfait état un peu plus loin que le barrage qui a explosé, celles ayant justement servi à rabattre Milton vers le piège), ne le signale pas sur la radio, et ne fait en réalité tout simplement rien. Le Comptable, lui, encore une fois, se contente de regarder notre héros fuir sans rien faire. Mais lorsque enfin les flics se demandent qui est l’enfoiré qui vient de tuer la moitié de leurs collègues bousiller leurs bagnoles et tenter de les tuer eux, le comptable leur sort une carte du FBI, et là encore ils font tous « Aaaah bah si vous avez une carte, alors ça va, tout est normal : on rentre chez nous, au revoir monsieur l’agent, on va fermer les yeux sur le fait que vous avez tenté de tous nous tuer« . Mais le Comptable a cependant envie de rigoler un peu, il dit donc aux flics qu’il a identifié une taupe du célèbre Jonah King dans leurs rangs, et effectivement : il déchire la chemise d’un policier, et on aperçoit sur son torse le sigle de la secte du vil pasteur ; ha, le traître ! Le Comptable lui ordonne donc d’appeler son maître pour lui annoncer que Milton est mort (ou éventuellement un SMS « Miltonémor :)« ). Ho ? Il veut aider Milton en faisant baisser sa garde à King ? Voilà qui est curieux. En tout cas, ce qui fut dit fut fait.

Quelques heures plus tard, retrouvons nos larrons devant le pénitencier désaffecté de Pipinouville, où notre héros donne ses ordres à Piper : « Surtout, ne t’approche pas et ne fais rien ! » ; heureusement que tu l’avais emmenée avec toi mec, surtout au motif que tu en avais besoin. Et que tu ne voulais pas la mettre en danger. Tu sais où elle n’aurait pas été en danger ? Ailleurs qu’ici. Comme chez Webster par exemple. Enfin, je ne vais pas insister, c’est toi le héros, tu as donc forcément raison. En tout cas, John part en reconnaissance sur le pénitencier, et y compte 40 sectateurs, dont moult femmes à poils (allez savoir pourquoi encore une fois, il n’y a que les nanas qui se dévêtent) dansant dans la cour autour de l’arbre où l’on pendait autrefois les gens d’après ce que John en sait (vu l’arbre, on ne devait y pendre que des nains, hein). Parmi les suivants du gourou maléfique, d’ailleurs, petit détail important : il y a le flic traître, en uniforme déchiré, en train de teuffer avec ses copains, visiblement complètement déchiré. Oui, donc si je comprends bien, les flics ont découvert dans leur rang une taupe, membre d’une secte de psychopathes, ayant dans son portable le numéro de Jonah King, recherché dans tout le pays et qui s’en cachait bien, et ils le laissent partir tranquille. Et ne vont même pas encercler le pénitencier où ils savent désormais que toute la secte va se regrouper pour faire un sacrifice de bébé, non. Quant au Comptable, qui a demandé au flic qu’il dise à Jonah que Milton était mort, ça ne le dérange pas que le mec puisse courir voir son maître et le prévenir qu’il a été enfumé. Nan mais sérieusement ? Pourquoi rajouter des scènes et des dialogues comme cette histoire de flic alors que ça ne fait que rajouter une incohérence à tout ce… truc, et qu’en plus ça ne sert à rien ?

Ne cherchons pas et regardons plutôt Milton qui, lui, revient donc chercher sa bagnole, mais… tiens ? Piper a disparu ! C’est pas banal. Pas tout à fait en fait : le Comptable l’a trouvée, car il est déjà là, et l’a prise en otage. Et il fait signe à John de venir discuter avec lui, pour lui expliquer qu’il est venu récupérer ce qui appartient au patron des enfers : le fusil de la mort tueur de dieux (le seul capable de le tuer d’ailleurs), que Milton avait volé en s’évadant (encore une fois : on range où ce genre d’artefacts aux enfers pour qu’un fugitif puisse s’en emparer tranquillement ?). Et qu’il est aussi venu ramener Milton, comme tous ceux qui avant lui avaient réussi une évasion. Mais que bon : Satan n’aime pas que l’on sacrifie des enfants en son nom (Roooh, Satan, il est gentil en fait, il veut pas qu’on lui sacrifie des gens avant 18 ans ; en même temps, à l’heure actuelle, s’il veut des sacrifices de vierges, va falloir qu’il revoie ses prétentions en terme d’âge minimum à la baisse), aussi il accorde à Milton qu’il aille péter la gueule aux sectateurs. Le Comptable explique que c’est d’ailleurs pour ça qu’il l’a aidé au barrage de police en créant une diversion plus tôt dans la journée. Heuuu ? Oui, tu as pas juste tenté de le tuer ? Tu tentes souvent des diversions en lançant des bombes roulantes sur les gens que tu veux aider mon garçon ? Bref : le Comptable annonce la couleur : lui va rester avec le fusil tueur de dieux dans un coin, et va garder Piper en otage pour forcer Milton à ne pas s’enfuir une fois encore lorsqu’il aura fini ce qu’il a à faire. Soit, John accepte, et s’en va démarrer sa voiture pour…

FLASHBACK

Chantier de construction de Pipinouville, Louisiane, 1921.

« M’sieur l’architecte, on a fini le mur nord !
– Bravo les gars. Maintenant, il faudrait que vous fassiez ce truc là, regardez.
– Une… une rampe ? Devant le mur nord ? Tout en béton ? Mais… mais pourquoi faire ? Et puis à l’extérieur de la prison en plus ? Vous êtes sûr que ça va, m’sieur ?
– Parfaitement, c’est une rampe de sécurité, au cas où on invente dans les décennies à venir des voitures assez rapides pour la franchir et s’en servir de tremplin, auquel cas ça permettrait à un type, mettons, évadé de l’enfer, de pouvoir faire une entrée remarquable dans la prison pour, par exemple, sauver sa petite fille d’un sacrifice à une secte sataniste un soir de pleine lune.
– Ah. Okay, m’sieur, bon bin on commence à la construire alors. Michel, amène le sable ! »
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FIN DU FLASHBACK

Donc oui : notre héros arrive en volant avec sa voiture en la faisant sauter par dessus les murs de la prison, histoire de se la péter (je ne vois pas d’autre raison), et atterrit dans la cour du pénitencier dans un bruit tonitruant, prêt à botter des culs. A lui seul, il tue 35 sectateurs (2 autres sont tués par le Comptable, qu’ils étaient allé embêter après l’avoir repéré traînant à l’extérieur du périmètre) pile au moment où le sacrifice allait avoir lieu, seulement aidé de son fusil à pompe qui comme toujours semble disposer de munitions illimitées, sans jamais qu’une seule balle des 40 gars tout autour de lui ne le touche où n’endommage sa voiture au point de l’obliger à seulement ralentir. Le Comptable, lui, se fait pendant ce temps feinter malgré tous ses pouvoirs par Piper, tant c’est humiliant lorsque l’on est un agent des enfers de se faire rouler par une pouf à l’air niais. Ce type peut esquiver des balles à volonté, mais pas les grosses mains d’une serveuse de restaurant de routiers. Pauvre homme. Elle lui vole ainsi le fusil tueur de dieux, mais le Comptable est beau joueur : maintenant qu’elle est armée, il l’encourage même à aller aider Milton dans son combat. Si vous êtes doués en maths, vous constaterez qu’il ne reste que trois méchants : Jonah King, un sectateur qui n’a même pas la chance d’avoir un nom, et la nana qui était chargée de surveiller le bébé depuis le jour où il avait été pris à la fille de Milton.

 

Passer par la porte ? Mais quelle idée !

Jonah et son suivant arrivent cependant à stopper la bagnole du héros (peut-être aurait il fallu le faire AVANT les 37 précédents morts) en tirant dans un stock de munitions proche de la belliqueuse automobile (Jonah utilise pour ça un méga fusil à pompe – ils aiment ça dans ce film ! – tout neuf), mais lorsque Milton sort du véhicule un peu assommé, il se fait tabasser par nos deux pinpins, l’arme de Jonah s’étant enrayée (après un seul tir et alors qu’elle est en parfait état : quelle chance). C’est ce moment que choisit Piper pour intervenir et tirer sur le petit camarade de King : le fusil tueur de dieux semble carrément être un lance-roquettes, en fait, tant il tire fort, et le recul l’assomme (alors qu’au début du film, notre héros s’en servait à une main dans sa bagnole, rappelons-le, quel homme). A noter que sa cible, elle, a été désintégrée à l’impact, rien que ça. Mais Milton récupère l’arme enchantée à son tour des mains de Piper, et dans l’un des effets spéciaux les plus kitsch du cinéma depuis 1970; tue Jonah avec (je… je ne saurais même pas vous décrire la scène tant c’était laid). John s’effondre alors enfin et explique à cette coquine Piper qui se réveille au même moment pourquoi il l’avait emmenée : pour s’occuper du bébé (que sa gardienne accepte de rendre, car finalement, elle n’avait plus envie de le voir sacrifié). Et au même moment, Webster arrive à la porte du pénitencier (pile poil après la bataille, le lâche). Heu, mec, si tu emmenais Piper juste pour lui confier le bébé, pourquoi tu n’as pas emmené Webster directement pour qu’il ramène le bébé dans la planque sûre où Piper aurait pu  attendre ? Hein ? Bon. En tout cas, Piper accepte cette offre merveilleuse, trop heureuse de devenir la mère célibataire sans emploi d’un enfant dont elle n’a même pas les papiers et alors qu’elle est recherchée dans tout le pays comme tueuse de flics. Webster et elle s’en vont donc loin de tout ce chaos pour aller élever le ch’tite n’enfant, laissant derrière eux John Milton face à son destin, incarné céans par le Comptable.

Milton s’ouvre donc une bière qui traînait (les sectateurs étaient venus équipés, faut bien s’hydrater avant un bon sacrifice) qu’il se sert, plaisir suprême, dans le crâne tout prêt tout propre de Jonah, tout ce qu’il reste de lui après avoir été touché par le tueur de dieux (c’est une arme sympa : quand tu tues quelqu’un, elle te crée un gobelet avec ses os). Mais hélas, la pause binouze n’est que d’une courte durée, puisque le Comptable fait apparaître une superbe bagnole de collection là encore (toujours pas de R12), et Milton se propose de conduire lui-même pour retourner en enfer, dont il jure de s’évader à nouveau des fois que le film marche et qu’un deux paraisse rentable. Le Comptable accepte, tant il a apprécié cette petite promenade sur Terre à courser le bon John. Une porte vers l’au-delà s’ouvre donc dans mur du pénitencier, et la voiture roule à folle allure sur le pont au-dessus de la lave du début du film, filant vers la citadelle du sous-monde que John n’aurait jamais dû quitter. Et…

FIN

__________________________________________

Je sortis de la salle en rampant, les lunettes 3D à la main encore souillées du sang que j’avais pleuré durant la séance. Devant mes yeux fatigués, je vis apparaître l’une des chaussures de mon tortionnaire.

« Alors ?
– Tuez… moi… moi aussi… je préfère l’enfer… à cette merde…
– Ah ! Pour la peine, vil fanfaron, tu subiras la suite de mon plan et tous les autres films de l’année 2011 ! Pense aux Expendables 2 ! Ha ha ha ha ! »

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J’ignore si c’est par un quelconque don de ventriloquie qu’il parvint à vaincre le botox qui l’empêchait normalement de rire, mais j’entendis les échos hystériques de sa victoire sonner à mes oreilles durant un temps parfaitement incalculable ; ensuite, tout est assez flou : je me souviens l’avoir vu lancer du phosphore à ses pieds avant de disparaître dans un nuage de fumée, me laissant là, toussotant sur le sol du cinéma ; j’ai aussi un vague flash dans lequel Satan en personne vient récupérer mes lunettes 3D. J’étais sûr d’avoir entendu quelqu’un se marrer au fond de la salle pendant le film, alors que le lieu était supposément désert. Ensuite, je crois que j’ai erré un moment dans les rues, débraillé, empestant un mélange de brandy et de phosphore de fort mauvais aloi. Je ne sais plus vraiment.

Par contre, ce dont je suis sûr, c’est que le lendemain matin, j’étais revenu dans mon lit, les idées claires et l’esprit apaisé, particulièrement lorsque j’ai trouvé Anne-Lise sous les draps. Entendant le froissement de la couette lorsque je me levai suivi du son d’un placard que l’on fouillait, elle ouvrit un oeil timide en marmonnant.

« Hmmm… au fait, hier soir, tu ne m’as pas laissé le temps de parler mais…
– Attends… je cherche un truc.
– … je me demandais …
– Hmmm…
– … l’invasion des films de daube continue ? Tu penses qu’on peut rester ici à l’abri tous les deux ?
– Ah, voilà ce que je cherchais ! Hmmm, tu disais ? Ah, non, tu ne restes pas ici, je t’emmène dans un endroit plus sûr.
– Lequel ?
– Le coffre de ma bagnole. »

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Dis-je en lui assénant un bon coup de pelle.

76 réponses à “Hell Taxi Driver

  1. Mouahahahahaa!!!!!!! Cette tension, ce suspense insoutenable, ce face-à-face improbable… terrible!!!

    • Bah c’est pour reboucher la tombe… non?

      Très bon spoil sinon, j’ai regardé la bande annonce avant et j’ai déjà bien ri devant le scénario (le scénario? Quel scénario??) et la voix off (« mais le bras droit du diable… veut le ramener en enfer.. » ok –‘).

      Puis je préfère ne pas parler des blagues pourries des héros.

  2. Ho pôvre ! Et t’as été obligé de rester jusqu’au bout ? Dommage, je l’aimais bien moi Nicolas ! Par contre, j’lui laisse ses bottes et j’lui piquerais bien ses jambes à Piper !

  3. « Tourné en 3D » ? C’est vrai qu’on a jamais essayé de tourner un film en 2D.

  4. Quelques petite coquilles probablement insérées par ce vil Nicolas Cage juste avant que vous ne postiez ce spoil :

    Quelles cartes a t-il encore dans sa manche ? (a-t-il)

    Notre preux chevalier parviendra t-il à le stopper ? (parviendra-t-il)

    Pourquoi vouloir tirer le monde vers le bas ! (point d’exclamation à la place d’interrogation)

    Tomber sur la seule serveuse de restaurant de l’Etat donc un membre de la famille (dont et non donc)

    ou même trouver du suspect qu’on leur ordonne de tuer quelqu’un (le « du » en trop, à priori)

    à part s’il peut lui servir dans crâne de King. (il manque « le », il semblerait)

    Je n’en ai pas vu d’autres, mais s’il y en a, c’est qu’il est plutôt, ce fourbe.
    Et aussi, petit détail, dans la phrase sous l’affiche :

    « L’affiche : tourné en 3D, argument de vente. Le « tourné en 3 jours » et « écrit en 3 minutes » ont été virés à l’impression »

    Il est toujours là, le « tourné en 3 jours », mais il juste laissé en franglais, sous la forme de « tourné en 3D ».

    • Merci de ces précisions, les corrections nécessaires ont été apportées.

      Effectivement, tourné en 3 days. Hmmm, ça se tient sérieusement, comme affirmation !

      • De rien, j’en profite pour corriger des oublis dans mon précédent message.

        C’est qu’il est plutôt bon, ce fourbe*

        Mais il est juste laissé en franglais*

        Voilà, ce devait être l’excitation d’un nouveau spoil qui m’a mis dans cet état de fauteur, je m’en excuse.

      • Excellent spoil, quel oeil ! s’il m’arrive d’avoir un moment de flottement devant certaines incohérences, le film continue et je n’y pense plus, mais le savoureux O.C. est là !
        Encore trois petits mots : hostie et non ostie, va falloir qu’il revoie (subj) et non qu’il revoit et enrayée (l’arme)

      • Merci ! C’est que j’en avais laissé passer un paquet, cette fois. Scandaleux.

  5. C’est étrange, votre style se rapproche de celui de mon prof de philo’.

    Très bon article encore, les spoils de films sont décidément les meilleurs.

  6. Aussi insignifiant que ça puisse paraître (c’est le cas de le dire), Rebecca prend deux c.

    C’est toujours autant un plaisir de vous lire !

  7. Déjà, avant toute chose, entre les huîtres (post précédent) et les hamsters (ici-même), le genre animal est fort mal traité.
    Que ne suis-je Brigitte Bardot, la Madone des mammifères (sauf les ânes obsédés sexuels), la Mater Dolorosa des moutons de l’Aïd, la Jeanne d’Arc des poulets de batterie, la Marine Le Pen des… non, heu, je m’égare, là… Que ne la suis-je, donc, pour hurler de ma voix chevrotante un vibrant plaidoyer en faveur de nos frères animaux ainsi rabaissés au rang du Nicolas Cage!
    Bon, je retourne lire le reste, l’œil aux aguets et la souris frémissante, prêt à traquer toute déviance zoologiquement incorrecte.

  8. Je me demande si le chef de « l’invasion des profanateurs du cinéma » ne serait pas le patron d’Europacorp.
    Sinon,ne pourrais tu pas, cher Odieux, me filer une technique de pliage pour tes plans cul,j’ai une Twingo et j’en ai marre de me taper des nanas d’un mètre 50,merci!

    • 1m50… avant ou après les avoir pliées pour les rentrer dans le coffret? (oui, pour une Twingo, on ne dit pas « coffre »)

    • C’est volontaire comme « faute », j’ai tilté dessus aussi. Mais c’est un mot d’esprit.
      Et s’il est involontaire, il l’est encore plus.

      • Même s’il est dit que le fait d’expliquer un mot d’esprit lui fait perdre de son naturel, je vais le faire.

        Les « sectateurs », sont des spectateurs (mot que l’on met habituellement), mais étant donné qu’ils font parti d’une secte, ce sont de « sectateurs ».

        C’est donc un mot d’esprit avec les mots « spectateur » et « secte ».

      • sectateur (n.m.)
        1.(vieux)partisan d’une secte, d’une opinion.

        de rien

      • Ah, j’ai eu tort donc. J’aurai plutôt pensé que l’on les appellerait des secteurs.

        (merci d’avance)

  9. Noooooooooooooooooooooon, quelle calomnie !
    Il est une raison de plus pour envoyer ces mécréants auvergnats rencontrer les 4 anges de l’apocalypse.

    En appelant leur « héros » John Milton, ils salissent un des poètes anglais les plus mémorables…
    Triple horreur.

  10. Personellement, j’ai vu le film avec un certain plaisir: je pense qu’il s’agit d’une parodie plutôt assumée. Certains éléments sont inexplicables autrement (les satanistes ringards qui voyagent comme des touristes hollandais, le T-shirt de nerd -et non de beauf- du capitaine, l’effet spécial traumatisant à la fin). Après, le scénario est monstrueusement incohérent, évidemment (mais oui, la serveuse et son copain, qui a 30 ans de plus, sans emploi qui possèdent une bagnole à 200000 dollars, en plus de tout ce qui a été cité).
    Il y a meme des moments franchement drôles, comme l’arrivée en camion du comptable.

      • Auto-suffisance? non, il faut lire entre les lignes (d’héroï… heuuu). Moi j’ai compris cet interview de la façon suivante : »j’ai besoin d’argent, j’ai fait des mauvais placements donc je fais que de l’alimentaire pour payer mon loyer. pardon »

  11. « Rebeca Black »
    L’ « artiste » chanteuse possède deux c a son prénom, sinon, excellente note, comme toujours (ou pas)

  12. Ahahah!Le retour de Nicolas Cage, c’est du lourd!Quand j’ai vu l’affiche du film il y a deux semaines je me suis dit : « Ca, obligé que ça soit spoilé par l’Odieux! » et ça n’a pas loupé, excellent article!

    Petite précision : les riffs de guitares répétitifs, ils étaient déjà présent dans le fabuleux « Ghost Rider ».A mon avis, ça doit être le même réalisateur en panne d’inspiration ;-).

    Je suis impatiente d’attendre le spoil de « Ghost Rider 2 » (Eh oui, parce qu’il y a une suite –‘) pour que je me fendes bien la poire, et apparemment, il y a du lourd: Christophe Lambert sera au casting! :D

    • « le mec est vaincu par ses propres bijoux »: ah c’est délicat, vu l’état de certain bijou de famille d’icelui.

  13. Ce qui m’a marqué lors du visionnage de cette oeuvre majeure de l’an 2011, c’est que chaque voiture détruite dans ce film explose en projetant flammes et feraille à des dizaines de mètres à la ronde, alors qu’un camion rempli d’hydrogène ne parvient, avec peine, qu’à détruire trois véhicules de police. Mes professeurs de chimie m’auraient-ils menti sur l’extrème volatilité de ce gaz?

    Petite subtilité dans cet océan de beaufitude, John Milton est celui qui a écrit « Le Paradis Perdu ». Dans le film « L’Associé du Diable », Al Pacino porte lui aussi le nom de John Milton et est, justement, le diable, celui là même qui vous entraina dans tant de salles obscures.

    Et le comptable, lorsqu’il apparait pour la première fois à l’écran, se présente sous le nom de Carpenter. Le seul Carpenter que je connaisse est John (je sais, peu d’originalité dans les prénoms) Carpenter, à l’origine des films « Halloween ». Après recherches, ce cinéaste a pour mère une certaine Jean Milton… Diable, une coincidence qui sent le souffre, mais au vu du reste du scénario, je n’ose imaginer que c’était volontaire.

  14. vu dans Le Monde:

    « Le plus intéressant est sans doute le visage de Nicolas Cage (…). Réputé pour en faire souvent trop, l’acteur offre ici une expression unique, impassible, qu’il maintient en toute situation (…). »

    Voilà voilà

  15. Pour cité Janice Littman Guralnik, qui doit être la maîtresse à penser du préposé au scénario : HOOOO MOOON DIIIIEU! (exclamation de circonstance).

    Comment peut-on sortir des glaires cinématographique comme ça? On dirait qu’avec la 3D, tout est permis, même la régression au stade d’amibe du cinéma.

    On est loin de 8mm … et ces braves Auguste et Louis doivent se retourner dans leur tombe, tant ils doivent voir leur oeuvre servir l’axe du mal.

    Merci à vous de nous servir de bouclier rétinien à ce genre de… de … pot-au-feu (navet, chou, mauvaise viande… tout y passe).

    Odieusement votre,

    Acasanva

  16. Ben quoi, Nicolas Cage il à fait Leaving Las Vegas et Volte Face et Bad Lieutenant…c’est pas si nul et c’est même très bien…non?

    • Entièrement d’accord! Mais il faut avouer que depuis quelques années il se cantonne à des daubes monumentales.

      Mais c’est vrai qu’on tape ici sur le porteur du drapeau, alors qu’il fait son travail : lire et jouer un script.

      Je pense que dans le scénario d’Odieux, le Boss de fin de niveau est un aggloméra fait des viscères de tous ces scénariste drogués au LSD qui pondent des films sur les nappes en papier de leur Diner’s favoris.

      Et pourtant, j’adorais Nicolas Cage (l’usage de l’imparfait n’est pas fortuit).

      • Il a fait Kick-Ass l’année dernière, comme quoi quand on lui file un bon rôle il assure mais le problème c’est qu’il accepte n’importe quoi (problème de dettes selon mes informateurs)

    • Je compléterais la liste des bons films de Nicolas Cage par :
      – Sailor et Lula
      – Cotton Club
      – Birdy
      – Arizona Junior
      – Lord of war
      – Snake eyes
      – Adaptation
      – Kick-ass
      et surtout
      – A Tombeau ouvert

      Quelle déchéance depuis…

  17. Cher Odieux,
    je me permets de signaler ce que je pense une faute dans votre prose par ailleurs sans égale:
    « Le Comptable explique que c’est d’ailleurs pour ça qu’il l’a aidé au barrage de police en créant une diversion plutôt dans la journée. »
    En effet le plutôt me semble devoir s’orthographier « plus tôt ».
    N’étant malheureusement pas une femme, je ne désespère néanmoins pas de pouvoir un jour me jeter à vos pieds et pleurer des larmes de joies pour vous remercier de ces moments inoubliables.

    • Correction est faite, merci. Rassurez-vous ; je ne rejette que peu les personnes soucieuses de lustrer mes chaussures à l’aide de leurs larmes de joie. C’est mon côté grand seigneur.

      • Oh et : « De tous vos rôles, duquel êtes-vous le plus fier ?

        Je dirais Le Dernier des Templiers »


  18. J’espère de tout cœur que notre odieux camarade a largement exagéré les incohérences scénaristiques de ce machin, sinon c’est grave là.
    Après le scandale des traders malhonnêtes et inconscients, verra-t-on éclater celui des scénaristes incompétents et feignants?
    En tout cas, merci pour la ballade, cher O.C., le pire est certes pathétique mais jamais décevant si on le prend comme un divertissement…

  19. Quel bel article, il faudrait faire des notes en 3D maintenant.Puis mettre une photo de Nicolas Cage sur la bannière du blog, avec des paillettes et des flammes.

    Et comme Marceline l’a dit à Trouscaillon, je vous le dis: les demoiselles ne se dévêtissent pas, elles se dévêtent.

  20. Chacun voit l’enfer à sa porte : pour Nicolas Cage c’est un manoir entouré de lave avec dedans des gars qui se démettent l’épaule pour montrer un plaque du FBI.
    Pour Odieux c’est une salle de cinéma diffusant un film de Nicolas Cage.

  21. Suivant votre blog depuis ses débuts, j’avais été un rien blasé par vos derniers articles ; celui-ci m’enthousiasme davantage.

    Ah, une chose : je ne saurais trop vous conseiller « Le club des gentlemen extraordinaires », un grand moment de cinéma s’il en est.

  22. Du coup est-ce que dans l’esprit « étron cinématographique » on va avoir droit à un article sur « Sucker Punch ». Parce que vraiment…

    • Ce serait une excellente idée! Je n’osais pas le suggérer, mais il est vrai qu’il y aurait là matière à article.

  23. Cher Odieux,
    J’en ai pleuré de rire en lisant cette chronique. Ca me donnerait presque (presque) envie de voir le film, pour me retordre de rire en vivant cette expérience diabolique par moi-même.
    Un immense merci pour ce moment de bonne humeur!
    Mamy

    PS: j’espère très fort aussi en un billet Sucker Punch. Saint Odieux, exaucez-nous ?

    • Oh oui, Sucker Punch. Un grand potentiel pour notre Odieux (vers qui montent nos prières, c’est ça?) sans Cage mais avec Vanessa Hudgens, ça compense largement.

  24. C’est… C’est tellement n’importe quoi qu’à de nombreux moments je ne savais pas si vous ironisiez ou si vous racontiez VRAIMENT le film.

    Perturbant.

  25. Pour compléter votre châtiment infernal, je suggère que Satn vous comdamne à retourner dans le passé regarder Van Helsing (2004). Ce serait même économique : il passe sur les chaînes télé en ce moment.
    A titre d’expérience, je l’ai fait voir à mon fils en lui disant de regarder ça au second degré.
    Il était mort de rire. A 12 ans.

    http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=46370.html

    http://www.imdb.com/title/tt0338526/

    « And that is Sommer’s biggest mistake. He’s made everything so overblown that he can’t seem to bring the film back down (it almost seems he’s edited out any attempt to actually modulate it). « 

  26. Cher Connard,

    Je crains que vous n’ayez été victime de l’une des pire abomination de notre triste époque (Et je ne parle pas là de Nicolas Cage).
    J’ai nommé le fourbe soutien-gorge rembourré !

    Vous dites « où […]héroïnes a le droit de dépasser – un peu – le bonnet B »

    Hors, la vérités est implacable (ainsi que nue) : http://images.google.com/images?q=Amber+Heard+naked&safe=off

    Eh oui.

    Le push-up est un fléau! Des plus grand que vous s’y sont également perdu …

  27. J’attends le spoilons de Sucker Punch avec impatience… J’espère que tu télécharges ou que tu as le cinéma gratuit, parce qu’aller voir de telles daubes, faut avoir envie, ou être riche pour pouvoir dépenser 10euros pour des merdes pareilles.

    Bref, j’adore.

  28. C’est dommage de le présenter comme un film qui se veut sérieux. Ce film est plutôt sympa, car complètement fou et assume son côté Z… même plus Z que the wicker man de Nic. Le bon exemple qui prouve ce second degré: le figurant à la permanente impressionnante.
    Donc pour une fois je trouve ta critique un peu à côté de la plaque. Non pas parce que j’ai aimé ce film (j’ai bien aimé expandables mais j’ai bien aimé ta critique), mais parce que j’ai vraiment l’impression que tout ce que tu cherches c’est descendre le film, au point de souligner des fausses incohérences (comme les deux flics qui suivent le comptable ben parce qu’ils sont influençables… en face de toi t’as un esprit maléfique qui obtient tout ce qu’il veut comme il veut…)

    enfin voilà, moi je regrette juste que ce soit pas encore plus con, c’est chouette les films cons. On a quand même droit à une scène de sexe-action au ralenti, ce qui est assez fun, et puis un héros qui apparaît toujours avec un riff de guitare et qui met un foulard tête de mort-drapeeau américain…

  29. Puis-je attirer votre attention et votre regard, Monsieur l’Odieux, sur un évènement d’une importance capitale à mes yeux ? Rendez vous donc céans sur :http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19212016&cfilm=172168.html
    En plus d’être tournée en 3D ( youpi!!! entends-je s’exclamer les autres commentateurs de vos billets), ce film semble être une mine d’or question acteurs & scénarios pour votre prochain spolier.
    Alors allez-y, prenez votre courage à quatre mains, snifez un peu d’éther avant, regardez et vomissez.Et puis patientez et attendez de le voir en entier.
    Nous autres humbles lecteurs attendons votre réaction et surtout votre prochain billet! (et pour tenter un jeu de mots aussi vaseux que ceux de Nicolas Cage: j’aurais THOR de ne pas le lire, hahahaha….)

  30. (Re-hello)
    Accessoirement, tu as oublié de signifier aux internautes qui n’ont pas d’écran que Piper est anorexique…

  31. viens enfin de le voir, ce « film ». La mort du gourou m’a plongé dans un coma zygomatique pendant 24h…

  32. Ce film n’a qu’une seule chose de bien, c’est qu’il a provoqué un regain d’intérêt pour Meat Loaf.

  33. Cette vision erronée de l’enfer m’énerve au plus haut point :
    tous les adeptes du pastafarisme savent que le paradis est fait de bière fraîche et de strip-teaseuses, mais l’enfer est fait de bière tiède sans alcool / sans bulles et de strip-teaseuses pleines de MST !

    En tout cas ils ont raison sur un point : l’enfer est partiellement constitué de Nicolas Cage.

    • Je subodore l’influence des commentaires du billet sur la scientologie, qui a du être lu il y a peu si vous parcourez vous aussi les archives de l’OC. Non ?

      • Même pas ! je parcoure certes les archives, mais de 2009 à 2013 et non l’inverse, et j’ai d’abord parcouru les « société », « ho, le beau site » et « politique » il y a longtemps maintenant, mais les « spoiler dans la bonne humeur » sont trop chronophages, j’en suis à peine à celui sur Skyline.
        En fait pour le pastafarisme je venais de regarder Futurama …

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