Dans concert, il y a cert

Pour passer un bon concert, il faut de bons accessoires.

En général, je choisis toujours les mêmes : un seau à champagne garni de flûtes et d’un excellent magnum d’un côté, et une placeuse fraîchement rencontrée de l’autre. Ce soir là, après avoir commandé la boisson, j’étais donc allé trouver une jeune fille engageante vêtue aux couleurs du festival local, qui après avoir succombé au charme irrésistible de mes tempes grisonnantes couplé au symbole de pouvoir qu’était le badge mentionnant mon titre accroché à mon costume, se contenta de rougir avant de m’avouer se prénommer Lise.  Une fois assise avec moi à une table dominant la salle, je fis mine de m’intéresser à ses études tout en lui servant un peu de champagne, portant véritablement mon attention sur la foule de plébéiens au-dessous de nous.

Dans quelques minutes, les lumières allaient décliner sur la salle pour laisser le groupe tant attendu monter sur scène.

C’est le moment que choisiraient les blaireaux pour s’illuminer.

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Ainsi, à chaque concert, ça recommence ; à peine le groupe que vous étiez venus voir est il monté sur scène que d’un coup, vous apercevez une petite lumière bleue dans le lointain. Puis une autre. Encore une ! Enfin, c’est une foule, un amas d’étincelles d’azur qui brisent l’obscurité, volant au-dessus des têtes ; loin d’être un essaim de fées girondes et cajoleuses, ce sont tout simplement des trépanés asthéniques et sots qui sortent leurs téléphones pour essayer de filmer.

Allez savoir pourquoi, il semblerait qu’il soit essentiel pour beaucoup de gens de regarder un concert au travers d’un écran LCD tout pourri plus petit que la paume d’une main ; c’est vrai que raquer 30€ ou un truc du genre pour aller écouter un concert, c’est aussi intelligent de le regarder dans des conditions calamiteuses, tout en ne profitant pas de la musique puisque la concentration est bloquée en mode « vite, vite, faut que je cadre le chanteur qui arrête pas de bouger !« . Alors évidemment, le blaireau lambda vous répondra que attends mec, ça n’a rien à voir avec le fait de se gâcher le concert et de faire chier les gens derrière en brandissant son téléphone, non, c’est pour enregistrer et avoir un souvenir.

 

Tu t'es vue quand tu filmes ?

Un souvenir.

Sans vouloir jouer les rabats-joie, si l’on pouvait enregistrer un concert correctement avec un téléphone portable, ça se saurait ; ça mettrait d’ailleurs quantité de techniciens au chômage, tant un seul pinpin brandissant son appareil l’air béat suffirait. Sauf que non ; le « souvenir » produit par un téléphone portable est en général une simple vidéo à la qualité contestable, ressemblant le plus souvent à un mélange du concert et de passages où on ne voit plus rien parce qu’un projecteur balayait l’objectif ou qu’un type a passé sa main devant, le tout sur fond de « krshhhh bom krchhhhh bom krrshhh bom » de saturation. Éventuellement, une oreille entraînée peut faire abstraction des 98% de bruits parasites pour utiliser les 2% restant pour reconnaître la chanson. Ah, faire abstraction des parasites. Un pouvoir qui n’est pas donné à tout le monde. Mais je m’égare. Dans le meilleur des cas, de toute manière, le résultat est moins bon que le concert ou qu’un CD, donc totalement inutile.

Par ailleurs, combien de fois cette vidéo sera t-elle vue ? Éventuellement, au moins une fois par l’andouille qui a filmé et qui se dit « Ho merde, avec tout ça, j’ai même pas suivi le concert, tiens, je vais regarder comment c’était« . Si elle est mise sur internet, il y aura bien quelques couillons pour cliquer dessus avant de partir aussitôt en se disant « Zut, encore une vidéo en qualité merdique, c’est pas ça que je cherche« , mais sinon ? Vos amis Facebook (ceux qui mettent « j’aime » sur tous vos statuts) ? Vous connaissez beaucoup de vos amis dans la vie de manière générale qui s’intéressent à ce genre d’enregistrement autrement que par courtoisie ?

« Hey, j’étais au dernier concert de Lorie, attends j’ai filmé tu vas voir ça dépotait grave !
– Ha, heu, oui fais voir ( putain, et pourquoi pas une soirée diapo de tes dernières vacances ?)
– Krsshhhhh krshhhh -meilleure amie – kkrshhhhh krshhhh waaaa krssshhhh
– Nan mais l’ambiance ! T’as vu l’ambiance de folie ?
– …
– Krsshhhhh krshhhhhh bom tschh krschhhhhhhh
– Ah zut, ça s’arrête là ; attends, j’en ai une autre du concert d’André Verchuren !
– Ouais, attends, je vais me rechercher à boire »

0

Et fort logiquement, le pote en question ne revient jamais vous réclamer la vidéo, dont il n’a concrètement pas grand chose à faire. En fait, il n’y a que l’arriéré qui l’a prise qui a l’impression que c’est bien, tout simplement parce que ça lui rappelle des souvenirs du concert. Soit, en fait, tout sauf les moments qu’il a passé à filmer.

Pourtant, qu’ils sont nombreux les filous à tenter d’enregistrer ! N’ont ils jamais noté ce petit détail ? Ont ils une vue et une ouïe si défaillantes qu’ils remarquent à peine l’inutilité de leur geste, qui n’a pour seule fonction que de fatiguer leur bras, pourrir leur concert et celui des gens autour ? Ont ils eu un terrible accident étant enfant ? Sont ils issus d’unions impliquant Corky et une taupe ?

Nenni ; certains iront même contester en disant que eux, ils n’enregistrent pas, non : ils se contentent de prendre des photos.

A force de mettre des flashs dans la gueule des gens, voilà ce qui arrive

Là encore, sans même parler de tous les ballots qui passent leur temps à s’excuser pour le flash, qui cette fois-ci fait chier tant la salle que la scène, parce que « je sais pas comment on le retire« , figurez-vous qu’avoir une photographie potable de concert tient là encore du miracle puisqu’il faut toute une équipe de professionnels ou d’amateurs éclairés avec le bon matériel pour tirer quelque chose de vaguement correct d’un évènement du genre. Et là encore, que ferez-vous de la photo ? Vous la regarderez pour vous souvenir de ce moment du concert que vous n’avez pas suivi parce que vous étiez concentré sur le cadrage de votre appareil ? Vous aurez une larme à l’oeil en repensant à la nana derrière qui vous a insulté ainsi que votre mère parce qu’elle ne voyait plus rien quand vous brandissiez votre machine au-dessus de votre tête ? Vous rirez de bon coeur du moment où le compagnon de la dite nana est venu vous briser les deux bras avant de déféquer sur votre corps convulsant de douleur ?

Cette fois-ci, l’excuse pour justifier la photographie est souvent encore plus vaseuse : « Nan mais c’est pour montrer aux copains que j’y étais« .

J’ignore comment vous choisissez vos amis, mais les miens, ils ne me réclament pas de preuves quand je leur dis quelque chose. Alors si vous commencez à avoir besoin de photos, de vidéos ou d’enregistrements pour dire « j’y étais ! » à vos potes, c’est qu’il y a comme de la suspicion dans l’air ; à vrai dire, ça sous-entend même que vos connaissances vous prennent pour un menteur compulsif, ce qui devrait commencer à vous poser de sérieuses questions ; mais non, vous, vous préférez continuer de faire les zazous en visant avec votre petit écran LCD durant les concerts, comme si c’était une évidence ou un besoin naturel, au même titre que  manger, respirer ou regarder Secret Story.

Ah, la belle incohérence : payer pour aller voir quelqu’un sans passer par un support numérique et passer son temps à coucher la rencontre sur carte mémoire…

Bref, en un mot comme en cent, à chaque festival, je ressens la même émotion ; lorsque je vois la foule des lueurs bleutées se lever au-dessus des têtes, je me rappelle que sous chacun d’entre eux se cache un blaireau ingénu.

Un jour, leurs enfants ou leurs petits-enfants voudront savoir comment était la vie de leurs aïeux, et visionnant ces vidéos, ils comprendront :

Sans intérêt.

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Lorsque les lumières se rallumèrent, je rassemblais mes quelques affaires, remettais mon manteau et ajustais ma cravate. A côté de moi, Lise, le chemisier à demi-arraché et la chevelure en bataille, dormait du sommeil des justes en bavant contre le seau à champagne, lequel abritait les cadavres de quatre magnums. Malgré son alcoolémie du moment et le fait qu’elle avait « profité » du concert plus que bien des spectatrices en choisissant avec goût son voisin de table, elle gardait un visage angélique.

Je sortais mon téléphone pour immortaliser ce moment unique.

Moi, si mes descendants jettent un jour un oeil sur les photos de mon portable, au moins ils sauront que leur vénérable ancêtre ne se faisait pas chier durant les concerts.

86 réponses à “Dans concert, il y a cert

  1. Tout aussi étrange que l’individu qui, une fois les lumières éteintes au début d’un concert de rock/metal, lance un cri guttural qui fait peur, ah dis donc ! Légèrement énervant, à la longue.

      • Je ne savais pas que le chanteur commençait son set dans la foule.. mais si c’est vrai, quel est cet imposteur avec un micro, sur scène ?!

      • Je croyais que les cris de bête, dans le métal, c’était le batteur? De plus, il ne serait pas surprenant que lui s’égare dans la salle. En poussant des cris de bête pendant qu’il cherche ses caisses.
        (Vous savez comment on sait dans quel sens penche une scène de concert de métal? Dans la direction où s’écoule la bave du batteur)

  2. Encore plus agréable dans un concert de pop acoustique, avec public assis, volume sonore raisonnable et éclairage intimiste, quand la grognasse devant toi prend des photos avec son gsm qui fait un vieux bruit moche à chaque fois.

  3. C’est pour ce genre de comportement que je ne vais plus qu’aux concerts avec une fronde et des billes de plomb pour faire baisser ces bras pointant vers le ciel ou éteindre ces écrans LCD.
    Accessoirement cela peut servir aussi dans le cas où le chanteur est mauvais.

    • Mwahahahaha! Excellente idée! Voila comment « amortir » mon investissement dans un nouveau lance-pierre effectué récemment. Il doit bien me rester des billes quelque part!!
      *fouille*

  4. je suis en très grande partie d’accord avec toi, mais en fait j’ai tilté (oui je tilte parfois) sur la fin de ton article …

    quand ta descendance fera le point de ta vie, ils verront que tu te faisais pas chier en concert, mais que tu déglutinais des critiques sur tes contemporains … critiques certes justifiées, mais … utiles ?

    (maintenant quelle est la définition de l’utilité dans la vie ? vous avez 2h :))

  5. Mouai*… Elle manque de pelle, de sous-bois ombragé, et d’un grand sac en plastique la chute…

    * je blague.

      • plussoyage appuyé également.
        J’ai beau retourner moult fois ce borborygme dans mon auguste bouche, cela ne m’évoque que glaire et crachat.

  6. Il y a toujours des blaireaux dans les grands rassemblements. C’est comme ça.

    Mais il est vrai que je n’ai, moi non plus, jamais ni compris le fait de perdre son temps à prendre des photos (qui seront publiées de toute façon sur le site de l’artiste) ou à filmer avec une qualité minable qui n’apporte rien d’intéressant, même au niveau des souvenirs.

    En plus d’un article toujours aussi bon, je me dois d’offrir à l’auteur une ovation (à moi tout seul, mais peu importe) pour sa chute.

  7. Ah, une fois encore je ne peux que plussoyer, mais le pire en concert c’est le blaireau bourré, testé et désapprouvé pendant un concert de Björk.
    Là aussi j’ai pensé à l’utilisation d’un objet lourd et contondant mais hélas l’idée d’être importuné par notre fière maréchaussée m’a dissuadé de passer à l’acte.

    M’enfin (pour revenir au sujet de cette note), comment se fait-il que ces machins soient devenus aussi importants. Filmer un concert avec un portable?! Non mais franchement. C’est moi qui devient vieux ou notre jeunesse est en train de se décérébrer à vitesse grand V?!

  8. Ah celui là je m’y attendais depuis le tweet sur le même sujet.
    Mais si ce n’était que ça…

    Que dire du Hollandais de 2 mètres de haut qui tombe systématiquement devant moi, et qui, comme cela ne suffisait pas, se met sur la pointe des pieds pour « mieux voir », sans doutes. (Oui, il faut qu’il soit Hollandais, sinon ça casse tout le sport de lui faire comprendre quelque-chose).

    Ou la ruée vers les sorties qui prend toujours au moins 45 minutes, étouffés les un sur les autres, tant les gens ont du mal à comprendre qu’en sortant calmement un par un, tout irait mieux.

    Niveau photo, ce que j’ai encore plus de mal à comprendre, c’est les gens qui photographient depuis les gradins (quand c’est en stade) avec leur mini-numérique de m…. A +- 30-40 mètres de la scène en étant gentil, ça doit donner un truc du genre « Et ces 3 pixels là, à gauche, c’est le chanteur, trop cool hein?  » Oui, oui.

    • On reconnait les hollandais au fait qu’ils se mettent devant vous, d’accord, mais avec leur caravane en sus.

  9. Passé les artifices linguistiques superficiels de cet article somme toute divertissant, permettez-moi de me déclarer choqué, outré et offusqué, pour une population animale si profondément attaquée dans cet article.

    Le blaireau, merveille de la nature, bête de travail, est un animal qui ne mérite en aucun cas d’être comparé aux énergumènes remuants décrits dans cet article. Je me permets de relever quelques différences fondamentales ;
    – le blaireau est mu dans chacun de ses actes par une utilité profonde et dictée par la féroce nature environnante ; se reproduire, manger, bâtir son abri, rien d’autre, bref, le blaireau agit utilement.
    – mais surtout, le blaireau hiverne une bonne partie de l’année, ce qui, reconnaissons-le, nous arrangerait bien si les « blaireaux » sus-cités en faisant autant…

      • Mais le blaireau prend des photos d’une qualité équivalente à celles de son homonyme anthropomorphe

    • ouais ben une de ces merveilles de la nature a niqué le radiateur de ma première bagnole que j’ai forcément du changer et ce à peine un mois avant qu’un petit vieux ne me coupe la route sur une voie rapide que je fusse obligé de m’en séparer (la voiture pas le petit vieux (quoique j’aurais aimé m’en séparer aussi mais d’une autre manière)) une fois son habitacle découpé par les pompiers … paix à ton moteur Rebecca … mais du coup je vois pas bien l’utilité de l’animal susnommé … (à part me faciliter le transit intestinal)

  10. Que dire, de plus, de ces cagous qui, profitant de l’obscurité dans laquelle ils sont plongés, allument une cigarette afin de profiter au mieux du moment, sans déférence pour le reste des spectateurs, bien malheureux de se retrouver derrière eux et d’avoir à inhaler les vapeurs ainsi produites…
    Ce n’est pas la moindre des incivilités, d’autant plus aujourd’hui avec les connaissances dont l’on dispose en la matière, et pourtant elle est automatique, même dans les lieux couverts!

  11. Il y a beaucoup à dire sur les ados … et sur les téléphones portables … et sur la plaie que constitue la combinaison des deux.

    Ton blog a de beaux jours devant lui.

  12. Certes, tout n’est pas faux dans ton propos… La technologie accessible à quelques privilégiés se faisait moins remarquer quand elle ne concernait qu’une poignée de ces privilégiés. L’accès de la masse aux mêmes gadgets que les nantis, voilà un problème que même les riches n’ont pas pu éviter. Peut-être parce que c’est de la masse qu’ils tirent les profits engendrés par les achats compulsifs des nouvelles technologies. Heureusement, il existe des concerts privés pour éviter le mélange des genres. Je note, de ton expérience « eux/moi », la préservation d’une distance encore formalisée par le lieu et les accessoires. Heureusement, il te reste encore des seaux à Champagne, les sièges et les balcons… J’en conclus que les masses n’ont pas encore accès à l’ensemble des accessoires ou bien qu’elles préfèrent « bouger » dans les concerts. Mais comme je te le disais, si tout n’est pas faux dans ton propos, je dois cependant, garder à l’esprit quelques clichés de Higelin à Mogador et Bercy, qui tendraient à relativiser le jugement esthétique qui prônerait la médiocrité des photos de fans au profit des photos de professionnels… De plus, quand je regarde les photos prises à Woodstock, celles des barricades de 68 et plus généralement d’archives en tous genres, l’idée d’une vie sans intérêt des participants ne m’effleure curieusement pas l’esprit. Mais pour en revenir à ton propos, il est rassurant de considérer qu’il n’existera probablement plus de matériel capable de diffuser les souvenirs d’aujourd’hui, dans 30 ans. Les générations futures n’auront qu’une idée soumises à droits d’auteurs pour appréhender la culture de masse actuelle. C’est vraiment rassurant, non ?

    • + 1 : il n’y a pas que des glands du numérique qui prennent des photos (pas besoin d’être un as à l’heure actuelle pour prendre une photo « visionnable » et sympa d’un groupe/chanteur).
      C’est aussi grâce à ce comportement certes paradoxal (se déplacer dans le but d’une expérience réelle et physique tout en se sabrant le plaisir derrière un écran) que nous pouvons parfois trouver de belles perles (dernièrement, l’apparition de Prince lors du concert de Stevie Wonder à Bercy en juillet 2010 -certes, la vidéo est éloignée mais de qualité acceptable-).
      Que dire des derniers concerts (« derniers » dûs à une disparition accidentelle postérieure) filmés/immortalisés par les amateurs ? Un simple cliché/film devient historique ou essentiel pour la communauté des fans.
      Bref juste quelques questionnements…

      Cependant, je suis resté skotché tout le long de votre coup de gueule qui se dresse contre un phénomène de masse mené soit par des « limités » (j’ai toujours trouvé ça vain de filmer un concert alors que 200 personnes s’en chargent déjà) soit par des personnes réfléchies (un photographe amateur au concert de Barbara Hendricks (il y a bien du y en avoir un -en référence à un témoignage plus bas-)).

  13. Bande de vieux réacs grisonnants ! Dans les années 70 quand vous alliez voir Police en Concert ou que sais-je, vous auriez fait la même chose si vous aviez disposé de la technologie adéquate !
    Autrefois vous agitiez des briquets lors des passages émouvants dont les nappes sonores vous faisaient lâcher un échantillon lacrymal.
    Aujourd’hui le portable est brandi en lieu et place du briquet, tel l’évolution non inflammable de cette coutume antédiluvienne !

    En concert je n’aime pas les ahuris au flash mais j’ai de l’indulgence pour le jeune fan qui tente de chopper le fond d’écran de ses rêves.

    • Fort vrai. Mais n’ayant aucune chance d’obtenir une photo differente d’une [quote] blurry shit-smear of rainbow sherbet ice-cream [/quote],
      je ne puis m’empêcher d’opiner fermement du chef quand à la dénonciation de la vanité du geste, si passionné et enflammé fut-il.
      (fut-il, futile? Je ne crois pas au hasard…)

      • Alors que je n’ai aucune indulgence avec qui ou quoi que ce soit.

        Particulièrement lorsque l’action incriminée est réalisée en masse.

  14. Glorieuse chute en effet.
    En même temps Mr Connard, quelle idée voir des concerts de Justin Bieber et de Tokio Hotel aussi?
    Pour ma part, je n’ai jamais vu ça dans un concert de Dave ou de Georges Moustaki…
    Enfin, j’espère que Lise ne vous a pas dégueulassé votre limousine ou votre couche après le concert.

  15. Brillante constatation ! Je serai curieux de connaitre le nom du groupe en question ; Mr Connard pourrait-il finalement aimer quelque chose pour de vrai ?

  16. Merci pour cette petite publication dont le sujet s’est vérifié encore ce WE lors de concerts.
    J’ai bien hésité l’espace d’un instant à prendre la salle en photo plutôt que les artistes se produisant sur scène, frappée par la vision de tous ces téléphones et APN braqués vers la scène, filmant le plus souvent – parce que les photos avec trop de lights et de fumigènes ça ne rend rien, surtout avec le flash – au lieu de regarder le concert.
    Déjà que je limite les photos parce que je veux profiter du concert, j’ai du mal à piger l’intérêt de regarder le tout derrière un écran.

    Merci pour ce moment fort drôle et je m’en vais de ce pas relayer votre article, maintenant que le partage vers FB est possible (*^-^*)

  17. Cher M. Connard, je ne comprends pas.

    D’habitude, sachez que je pouffe régulièrement bien qu’en solitaire en lisant vos agréables et (im)pertinentes chroniques.
    Mais là, aujourd’hui, rien.

    De quoi parlez-vous donc ? Quelle est cette histoire de téléphones brandis durant les concerts, dès l’extinction des lumières ?

    Je puis vous certifier que je n’ai jamais observé aucun des comportements compulsifs que vous décrivez dans votre article.

    Pourtant, je suis un assidu des événements musicaux. La preuve : dernièrement, j’étais encore au récital David Briggs, en l’église Saint-Sulpice de Paris, alors vous voyez.

  18. « De quoi parlez-vous donc ? Quelle est cette histoire de téléphones brandis durant les concerts, dès l’extinction des lumières ? »
    C’est justement ce que j’allais dire. Au dernier concert dont je suis sortie en me jurant de ne plus jamais écouter de musique en boite, disque, CD ou DVD, je n’ai rien vu de tel. Barbara Hendricks a chanté et nous avons écouté. Puis nous sommes partis chacun sur notre petit nuage, et sans le moindre souvenir d’un téléphone ni d’un mégot.
    C’était au Zénith de la ville.
    J’ai peut-être gardé le ticket d’entrée, mais pas plus que le temps de le perdre.

  19. « J’ignore comment vous choisissez vos amis, mais les miens, ils ne me réclament pas de preuves quand je leur dis quelque chose. … »

    Ça pourrait expliquer le nombre de vidéo de couples pendant leurs ébats nocturnes (ou pas) qui pullulent sur la toile…

  20. 2nde photo : j’ai bien rit en lisant la légende.
    Pour le reste, je rejoins quelques commentaires précédents : toutes les générations ont leurs lots de relous, et sans doute vous aussi dans vos vertes années avez adopté des comportements aussi saugrenus vus d’ici que perturbateurs…
    (Et d’ailleurs, je plébiscite un article d’auto-critique sur votre belle jeunesse)

  21. …rah vous avez rien compris : le téléphone c’est pour pouvoir voir ce qu’il se passe sur scène malgré le géant de 2m de haut qui est juste devant vous… Ne manquent plus que des écrans avec une meilleure résolution, parce que pour l’instant je trouve ça un peu relou hein. Puis si en plus, ils pouvaient filmer à travers les tissus des parapluies lors des concerts en plein air…

    (y’a de quoi trasher sur les concerts. :D )

  22. Aha et le mieux, c’est le connard qui se sert de ta tête comme stabilisateur. Si si, je me suis paralysée 2 secondes tellement j’y croyais pas à une telle « audace artistique ».
    Bon après je me suis vengée en remuant frénétiquement mes bras devant son objectif.

    M’enfin, prendre trois clichés perdus (avec les APN de maintenant sans flash y’a de quoi faire des trucs sympas) sans faire suer son monde c’est possible. ;)

  23. La seule fois où le fait de filmer le concert au niveau du public se révéla géniale fut lors du concert des Beastie Boys au Madison Square Garden : Awesome; I Fuckin’ Shot That!

    Les caméras étaient fournies dès le départ à des dizaines de personnes dans la foule, ce qui donne un montage complétement fou et grisant.

    Sinon, pour ne pas être emmerdé par les pré-pubères technophiles, écoutez Rossini, Berlioz, Ravel ou Debussy dans les lieux appropriés.

  24. Haha, ces gueux qui osent vouloir avoir leur propre vision d’un évènement heureux… Leur bonheur est tellement faux qu’on devrait le leur interdire, tiens.

  25. 2 points manquent fortement:
    L’inutilité du flash qui ne peut en aucun cas rivaliser avec les éclairages de la salles.
    Vous ne nous avez pas expliqué: comment avez vous évité de payer tout le champagne. Vous connaissant je suis sur que vous avez un truc pour ça !

  26. Je trouve néanmoins que la cerise sur le gâteau reste ici une photo de fort bonne qualité des blaireaux susnommés armés de leurs pitoyables machines à bruit. Aucun n’a l’élémentaire délicatesse de s’équiper d’un bridge ou à défaut, d’un bon vieux téléphone-i des familles. Bien que, malheureusement, ces derniers ne soient que peu qualifiés pour le soin des paralysies faciales et autres névralgies temporaires, caractéristiques du faciès blaireauique en pleine tentative d’activité cérébrale.

  27. Encore un bon article qui illustre un point de vue auquel j’adhere pleinement.
    Si je peux me permettre une remarque, les commentaires, comme l’article, pointent majoritairement du doigt les « jeunes » qui seraient fervents pratiquants de ce phénomène.
    Ayant assisté recemment au concert de Supertramp, groupe surement inconnu de bons nombres de fans de Justin Bieber, Tokyo hotel ou d’autres du même acabit, j’ai été plutot amusé du nombre de personnes, de l’age de mes parents, tentant veinement de filmer, vainement, le concert ( le son etant déjà saturé à la base, la résultat sera surement spectaculaire …) Tout ça pour dire qu’il ne faut pas généraliser ce phénomene à la nouvelle génération.

    • Généralement l’âge moyen des blaireaux augmente proportionnellement à l’âge moyen du concert.

      J’aurais tendance à penser que dans ce genre de concerts, les plus de quinze ans devraient être ramenés à voir ce qu’il sont devenus…pauvres d’eux.

  28. C’est bien d’avoir réduit le rythme de vos publications, cela m’a permis de lire le reste du blog et d’y savourer votre humour caustique. Bien, bien. Vous pouvez vous remettre au travail, maintenant.

  29. lorie, barbara hendrix, beethov c’est très bien mais j’aime le rock sur scène. le rock et ce qu’il incarne, la liberté.
    a vous lire ça pue la censure. je me rassure en me disant que nous ne partageons pas les mêmes affiches.

    • Gnéh ? C’est un Odieux Connard, il joue son rôle, et son rôle et de tout critiquer et de ne jamais dévoiler ce qu’il aime, ainsi notre cher OC est obligé de se cacher pour écouter le nouveau tube de Justin Bieber. Non, je déconne.
      Non mais, même si Monsieur l’Odieux est un hippy qui est aller a woodstock (qui est un hypothèse viable a mes yeux :) ) un peu d’autocritique ne fait pas de mal.

  30. Des petits joueurs, les « blaireaux » de ton concert.
    Moi dernièrement, j’ai eu droit au comble du cert. Un homme pourtant fort bien placé dans la salle (càd s’écrasant les côtes contre la barrière de protection entre la foule déchainée et l’artiste qui chantait / à côté de moi), avait décidé d’utiliser son Iphone d’une manière fort intelligente. En effet il ouvrait Itunes et tel un Shazam humain il reconnaissait ce que chantait l’artiste (gg, le blaireau) et lançait la piste.
    Ce qui fait que j’avais un agréable fond sonore qui me parasitait le tympan droit, aka le son pourri d’un portable à fond. Je me demande encore quelle était sa démarche.
    J’ai hésité entre l’assommer d’un rapide coup de barrière en acier et lui faire manger son téléphone, mais j’ai eu la faiblesse de vouloir apprécier le concert dans sa totalité….
    Shame on me.

    • Dans ce cas-là, suivez les préceptes de maître Connard : un chiffon imbibé de chloroforme, un complice vous attendant en coulisse, une scie à métaux, plusieurs sacs poubelle, un large coffre de voiture, une rivière profonde et boueuse et le tour est joué !

  31. Il manque les distingués qui font des aller-retour pour chercher des bières et qui veulent absolument revenir devant à grand coup de « Pardon ! », une tactique consiste à renverser le nectar pour le faire repartir vous le stand. Et les rouleuses de joints qui, en plus de vous demander des feuilles à vous et pas à un autre, font les étonnées quand vous leur annoncez que non c’est pas dans votre attirail de concert et que vos cheveux longs n’indiquent pas un goût prononcé pour ce genre de plaisir.

    « Ma bonne dame, j’ai les cheveux très longs parce que le dernier qui m’a demandé des feuilles était mon coiffeur et il est mort sur le coup ! »

  32. Quelle tristesse que cette prolifération de gadgets lors des concerts. J’en suis tout autant victime que vous, et cependant d’une manière bien plus sournoise.

    Imaginons qu’une personne de taille moyenne, déjà gênée par la multitude de ses contemporains, puisse se faire à l’idée de devoir se tortiller du col ou se mettre sur la pointe des pieds pour apercevoir la scène. Il fût un temps où je pouvais remercier dame Nature, les petits pots frelatés et le nuage de Tchernobyl de m’avoir doté d’une taille conséquente et d’une solide charpente osseuse qui firent de moi l’hybride naturel d’un char Patton et de Boris Karloff. Ah, comme j’étais à l’aise pour profiter des concerts, là haut, 30 bon centimètres au dessus des têtes. Je poussais même le comble de la civilité (d’aucun diront « de la bêtise ») à me placer au fond des salles pour ne pas cacher le spectacle aux pauvres hères que la malchance et une salle bondée plaçaient invariablement derrière moi.

    Cette époque est désormais révolue. Partout, des crépitements me gâchent la vue, des bras levés perturbent maintenant ma vision (pourtant excellente)et m’empêchent de jouir du spectacle. Et certains naïfs qui me demandent encore « si je peux prendre une photo du chanteur siouplait » tant il est vrai qu’il est difficile de cadrer quand on tient son appareil à 40cm au dessus de sa propre tête. A ce moment là, j’ai toujours cet instant de rêverie fugace où je me vois, magnifique et terrifiant, écraser du talon mon interlocuteur et son appareil (ne riez pas, je le peux avec mon 52 fillette et une bonne paire de chaussure de sécurité), combinant en un surréaliste cyborg l’homme et sa machine. Quand je suis mal luné, je condescend un regard lourd de méchanceté au balourd. Les autres fois, parce que je suis plus mesquin que vilain, je m’empare de son appareil et appuie de mes gros doigts gourds sur plusieurs boutons en même temps. Son propriétaire ne pourra jamais vous tenir rigueur d’être un exécrable photographe puisque c’est un point commun qu’avec vous il partage.

  33. Depuis que je suis en âge de comprendre un minimum les choses qui m’entourent (depuis peu donc) je me suis toujours demandé pourquoi les gens utilisaient leurs portables dans un concert. Intrigué, j’ai tenté l’expérience… J’ai depuis saisis que c’était une belle connerie. Hélas! Que n’ai-je été seul pendant de longues années à me foutre de la gueule des gens sur ce point? Que ne me suis-je senti seul en écoutant des gens dire que « si si c’est très bien ». Aujourd’hui je sais que je ne suis plus seul. Merci…

  34. Une solution envisageable et qui fonctionne plutôt bien: les gradins. On se sent comme un empereur romain aux jeux du cirque, on peut lancer du pain sur les pécores d’en dessous, et pour peu que l’on ai eu la chance de rentrer avec de l’alcool, une arme à feu (de précision c’est mieux) et des substances psychotropes le spectacle est total.

  35. Excusez mon inculture, mais j’ai pas compris le jeu de mot avec « concert » et « cert », j’ai cherché sur Google, mais il n’a pas été mon ami sur ce coup là…
    Une âme charitable souhaiterait-elle me répondre ? :)

  36. Je ne comprends pas, Monsieur Odieux. Vous devez avoir une difformité physique assez incroyable, du genre des yeux à l’arrière de la tête. En effet, quand des simiesques (au niveau des capacités intellectuelles, pas de la pilosité) spectateurs prennent en photo ou en vidéo un concert, les flashs ne me dérangent que peu, car orientés justement vers le quidam quelconque qui gesticule et hulule sur scène. Ce qui est surtout dérangeant de mon point de vue plébéien, ce sont les multitudes d’écrans, souvent réglés à la luminosité maximum, qui sont, eux, dirigés vers mon regard. Et si, lorsqu’on filme, il n’y a pas de flash, l’écran, lui, reste allumé. Encore heureux que l’iPad n’aie pas de caméra! Sinon je suis sûr qu’il y aurait un abruti à l’égo démesuré et compensant un volume phallique restreint pour filmer le concert avec.

    La bonne idée ne serait-elle pas de choisir avec soin les artistes à voir en concert? Plus l’intérêt et l’émotion sont grands sur scène, moins il y a de troncs cérébraux pour filmer le concert.

  37. Le plus frustrant en tant que photographe amateur, c’est de se voir refuser l’entrée avec son réflex alors que tous les possesseurs de téléphone passent tranquillement devant toi…
    – Les photos sont interdites dans la salle ! Un point c’est tout !
    Et pourtant, je n’apporte même pas mon flash…

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