C’est la faute à Voltaire

« Le risque zéro n’existe pas »

Quelle risible maxime. Bien sûr qu’il existe ; seulement voilà : nous sommes entourés d’incompétents bien incapables de nous permettre de l’atteindre. Ces mêmes incompétents qui se cachent derrière cette phrase dès lors qu’il arrive un malheur dans leur domaine d’intervention. Un avion s’écrase ? « Le risque zéro n’existe pas ! » diront en cœur les responsables de compagnies aériennes. Une femme tombe enceinte malgré quantité de précautions ? « Le risque zéro n’existe pas ! » s’exclamera le gynécologue. Johnny sort un nouvel album ? « Le risque zéro n’existe pas« , pleureront les mélomanes.

Alors, oui, la triste réalité est là, ouvrez les yeux, mécréants : il y a TOUJOURS un responsable à vos malheurs. Enfin, surtout depuis quelques temps. Permettez que je développe.

Tenez, prenons par exemple Théo. Ah, mignon bambin que Théo ! Regardez comme sa bouille est ronde et attendrissante ; on a envie de lui tirer sur la joue en le qualifiant de chenapan un sourire aux lèvres. Théo est un petit garçon plein de vie, et il aime à jouer au ballon avec ses petits camarades dans le cour de l’école. Seulement voilà : alors que son équipe menait 21 à 17 puisque c’était le gros Edmond dans les buts d’en face, il rate un habile passement de jambes visant à feinter la défense adverse, trébuche et tombe sur le sol goudronné de l’école Mireille Mathieu de Nevers ; bilan : deux genoux écorchés et quelques larmes cachées derrière une manche de blouson. C’est donc la faute à… à… ?

L'enfant, cette créature insupportable qui se dédouane de tous ses crimes comme un vulgaire nazi à Nuremberg

Oui, à ce salopard d’instituteur qui ne surveillait pas assez bien la cour, et n’a pas empêché le petit Théo de transformer ses deux genoux en répliques de photographies aériennes de Volgograd en 1942. M. Berthol sera donc trainé en justice par les parents qui accuseront ce dernier de manquement à tous ses devoirs, parce que merde, c’était sa responsabilité de s’assurer que Chouchou ne se blesse pas. Alors qu’importe la manière d’empêcher 90 gamins de courir, jouer ou tomber : qu’il aille en tôle s’il ne peut même pas protéger ses élèves de la gravité. M. Berthol découvrira ainsi les douches de Fleury-Mérogis où il s’apercevra avec étonnement que les gardiens ont eux aussi la surveillance un peu laxiste, particulièrement quand il aura la joie de voir son fondement exploré par quelques scatophiles pédérastes amateurs de magazines de spéléologie. A son tour donc d’attaquer la prison s’il le souhaite, car tel est le jeu.

Et si nous parlions de Louis ? Louis, ce jeune homme rêveur qui fut émerveillé dès l’instant où il chaussa ses lunettes 3D pour visionner la dernière production de James Cameron. Oui, il se laissa emporter par les effets spéciaux et l’histoire merveilleuse qui était racontée. Oui, il vibra lorsqu’il vit les forêts de Pandora s’illuminer sous les pas de ses habitants, et il pleura lorsqu’il découvrit avec effroi les plans que la corporation minière préparait aux bons autochtones. Lorsqu’il sortit du cinéma, Louis réalisa que son monde était gris, loin de la douce ambiance bleutée de Pandora, et sombra dans une profonde dépression qui eut quelques échos au sein de la presse étasunienne. Le problème est donc que…que…

Que James Cameron fasse des films trop prenants, en effet. Ce malandrin mériterait un bon procès afin qu’il comprenne qu’il ne doit plus faire que des productions à gros budget mais petit scenario afin d’éviter que le spectateur ne rentre dans son histoire et ne risque ainsi un choc traumatique en sortant des salles obscures pour retrouver les sombres lumières de la réalité, où son esprit découvrirait avec effroi que loin d’être un être bleu & élancé aux traits félins, il ressemble plus à un Michel Blanc qu’à un Na’Vi.

Arrêtons nous sur un dernier exemple, celui de Simon. Il est jeune, timide, un peu malmené par quelques camarades de classe plus costaud que lui certains soirs, mais il s’avère qu’il arrive à surmonter ses difficultés malgré tout et reste un élève attentif, sérieux, aux résultats tout à fait corrects qui prend soin de sa petite sœur le mardi soir lorsque maman ne peut pas venir la chercher. Aussi, lorsqu’il déboule un beau matin dans son lycée armé d’un fusil à canon scié et qu’il transforme Joanna, sa voisine de littérature anglaises en une mare de rognons sanguinolents mâtinée de plomb, quelle n’est pas la surprise de ses autres camarades qui tentent de s’enfuir sous le feu nourri du bon Simon. Et surtout, comment Simon a t-il pu se procurer un… un…

Adolescent tentant de comprendre dans quel sens il faut plaquer une arme contre sa tempe

Un exemplaire de Grand Theft Auto/ Un CD de Métal / Une édition collector de Donjons & Dragons (biffez la/les mentions inutiles) qui a corrompu son âme de pauvre innocent et l’a transformé en machine à s’attaquer aux innocents, dixit quelques journalistes en quêtes de réponses, qui prennent des heures à disserter sur sa dernière note de blog intitulée « J’en ai marre qu’on se foute de ma gueule, demain ça va chier« . Aussi, le monde libre s’interroge sur la nécessité d’interdire les jeux vidéos violents/le métal/les rôlistes (non, pas le jeu de rôle : les rôlistes).

A cet instant de notre récit, ami lecteur, toi qui est un être éclairé qui sait lire au travers de mes effluves de mauvaise foi, tu as habilement déduit trois théories des cas précédents, et je t’en félicite :

– Théo est une fiente, comme nombre d’enfants ; s’il s’est vautré comme un attaquant italien plongeant à la vue d’un joueur adverse en poussant des cris de pucelle, c’est bien son problème. S’il ne veut pas se blesser en jouant au foot, il n’a qu’à le regarder à la télé. Aussi, ses parents protecteurs qui pensent qu’il faut trainer en justice tout ce qui présente un danger pour Théo (un instituteur qui n’a pas le regard collé sur leur enfant, un directeur d’école qui autorise les lois de Newton au sein de son établissement ou un maire qui n’a pas fait installer des tapis en mousse dans toute la cour du complexe scolaire) méritent non pas à leur tour d’être trainé en justice, mais tout simplement une pendaison en bonne et due forme suivie d’une lapidation des corps à l’endroit même où leur enfant a chu.

– Louis est à l’humanité  ce que l’Ipad est à la technologie : un surplus sans intérêt. Si le pauvre garçon ne sait plus apprécier les plaisirs simples de la vie (mesurer ses amis en utilisant Nicolas Sarkozy comme échelle, faire des rallyes de 4×4 au milieu de ruches d’apiculteurs au bord de la faillite, engager une partie de cache-cache en sous-marin d’attaque nucléaire face à des marins pêcheurs, etc) et se trouve démuni lorsqu’il voit des images de synthèses par paquet de douze, jaloux de ne pas être quelque chose qui n’existe pas, dès lors la meilleure solution reste de lui offrir un abonnement à euthanasie magazine, « le magazine dont l’abonnement ne dure jamais bien longtemps ! » dixit l’encart publicitaire. Par ailleurs, le fait qu’il trouve « prenant » un monde avec moult effets trois dimensions mais dont les habitants sont aussi malins et cohérents que des hamster sous ecstasy laisse déjà supposer que même sans avoir vu le film, il avait déjà l’esprit léger le brigand.

Après 30 opération, Hubert ressemble enfin à un Na'Vi. C'est dans ces moments là que Pandora nous manque : pour nous en débarasser.

– Simon est un adolescent : il a donc différents problèmes : des boutons, du pus qui sort de différents orifices sans qu’il ne puisse l’expliquer, une hygiène corporelle d’un autre âge et une curiosité malsaine pour les histoires de kikoutes. Aussi, lorsque ses parents s’étonneront de son geste meurtrier, peut-être quelqu’un pourra t-il leur demander ce qu’ils foutaient avec un adolescent ET un fusil à canon scié à la maison (car oui, on a le droit qu’à un seul des deux. Moi j’ai fait mon choix), et s’ils ne se sont pas demandés s’il n’y avait pas une petite incompatibilité entre les deux. Heureusement, il y a les jeux vidéos, de rôles, les musiques diverses & émissions idiotes à accuser pour se dédouaner, ouf ! Et quand bien même : si quelqu’un prétend un jour obéir aux lois d’un jeu vidéo, le problème n’est pas le jeu vidéo mais bien la psyché du quelqu’un. J’en profite pour saluer les joueurs de World of Warcraft qui me lisent, et qui espèrent secrètement qu’un jour ils pourront rencontrer une elfe de la nuit à gros seins, comme leur mage de niveau 54 qui roxe grave.

Hélas messieurs, il n’existe qu’un seul domaine dans lequel le risque zéro existe et c’est bien celui-là. Ce qui est rassurant, car personne ne souhaite que vous vous reproduisez pour le bien de l’humanité.

J’en conviens, mes modestes écrits ici n’ont que peu d’originalité : bien avant moi, Victor Hugo soulignant le même problème écrivait d’un certain Gavroche que ce dernier, tombé par terre, se permettait d’accuser Voltaire, et le nez dans le ruisseau, vociférait contre Rousseau.

En ces temps bienheureux, on trouvait encore quelque tireur royaliste pour agrémenter ce dernier couplet de légitimes grammes de plomb dans le cervelet du jeune apache assis sur les pavés parisiens, répandant ainsi dans les rues de la capitale le semblant de matière rosâtre qui était supposé servir d’outil de réflexion à celles et ceux qui voulaient encore et toujours trouver des responsables extérieurs à leurs maux.

Un monde où l’on conçoit Monsieur Berthol, James Cameron ou Marylin Manson comme responsables du fil de nos destins est bien triste et ne rend guère hommage aux moires d’antan.

Ces jours heureux de 1832 où le plomb volait bas pour qui accusait autrui des aléas de la vie me manquent.

Remarquez, les balles aussi.

57 réponses à “C’est la faute à Voltaire

  1. Hélas, pauvre Camarade O.C. , j’ai bien peur que la recherche d’un bouc émissaire soit une constante chez l’être humain, signe que la bêtise crasse et profonde aura encore de beaux jours devant elle. Bien sûr mettre un peu de plomb dans des caboches vides ne serait pas un mal mais…
    il y a tellement de têtes et si peu de balles^^

    Et puis, il faut bien avouer que parfois tant de stupidité amuse, et que c’est aussi divertissant qu’affligeant.

  2. C’est… du grand art !
    Sujet pas très neuf, certes, mais il y a tellement à dire dessus que ça transforme le maigre filon en rivière en crue.

    Quand aux joueurs de WoW qui vous lieraient, pensez vous vraiment que ça existe ? C’est pas aussi incompatible que les ado et le fusil à la maison ? (notons au passage qu’avoir un ado et une sulfateuse sur socle auto-rotatif n’a rien d’incompatible)

  3. Ahhh ça sent le passé de roliste ça !!!!
    En ce qui me concerne, on été considéré comme adorateur de Satan par nos chers conseillers municipaux…..

  4. Ah, que j’aime lire vos pamphlets croustillants ! Vous dîtes bien souvent ce que je pense tout bas sans avoir la plume pour l’écrire (?) tout haut ! Des sujets essentiels d’ailleurs… la connerie des gens…

    A mon avis, réhabiliter les bonnes vieilles grosses gifles à l’école et autres coups de règles sur les doigts ne feraient pas de mal à la jeunesse d’aujourd’hui…

    Bonne continuation, soyez toujours aussi cinglant, c’est magnifique.

    • « A mon avis, réhabiliter les bonnes vieilles grosses gifles à l’école et autres coups de règles sur les doigts ne feraient pas de mal à la jeunesse d’aujourd’hui… »

      quid de la jeunesse d’hier? (ou vieillesse d’aujourd’hui, pour ceux qui préfèrent)

      j’ai peur que vous ne vous trompiez de bataille, l’Odieux ne se contente pas de rabâcher l’habituel sermons sur « la jeunesse », mais critique la société entière, et à même fait l’effort de varier ses exemples (un mioche dont le seul défaut relevé est d’être incapable de courir sans se vautrer méchamment, faute à une motricité faiblarde? est-ce unique à notre génération? un ado, plus ou moins con selon ce que dicte son corps, possédant une ou plusieurs passion malsaine, dicté par notre société, un ado quoi, et un homme, jeune, mais un tantinet dépressif)

      non vraiment, ce n’est pas le débat, et c’est surtout usé jusqu’à la moelle
      on peut critiquer, mais il est tout simplement triste d’en revenir toujours et encore à « la jeunesse actuelle nous enverra dans le mur » et pourquoi pas même un petit « nous de notre temps », ou le classique « c’était mieux avant »

      quand à vous (toi? quand on appelle quelqu’un connard on doit pouvoir se passer du vouvoiement, non?), j’attends avec impatience votre critique d’iron man 2, qui fut un régal comique pour moi (surtout en VO, avec les voix et le jeu à la française, d’un ridicule sans nom, j’espère pour la fierté des nationaliste de mon pays que ses passages ont été redoublé dans la VF, sinon j’ai peur que certain ne meurt de honte dans la salle obscure)

      • Hélas, bien que l’ayant vu (ho !) je ne suis pas sûr qu’il paraisse en ces lieux.

        Mais oui, c’était bien naze.

      • Mais oui mais oui… je me contentais de relever ce point seulement. La critique de la société est bien sentie en effet.

        Sinon, je regrette aussi d’avoir payé si cher une place de ciné pour voir ce film navrant qu’était le deuxième opus d’Iron Man. Tant pis !

  5. J’en connais même qui ne se gênent pas d’accuser le Diable de les emmener voir du Besson et autres nanars au cinéma… Pas vous?

  6. (personne ne l’a encore fait remarquer, je me lance)

    Les elfes de la nuit ne peuvent pas être mages.
    Et le niveau 54, c’est la loose, quand même, ça va jusqu’à 80 aujourd’hui.

    • Oui, mais une elfe de la nuit peut-elle avoir des gros seins? Car là est tout l’intérêt du débat, six jeunes m’abusent…

      • Dans la mesure ou un elfe de la nuit préfèrera vous torturer et vous bouffer le foie je pense que la taille de ses protubéances mammaire m’importe peu.

      • tanachronos > il ne faut pas confondre les elfes de la nuit de World of Warcraft (qui aiment les arbres et les petits oiseaux) et les elfes noirs des Royaumes Oubliés (qui aiment les grottes et les grosses n’épées).

      • Six jeunes t’abusent parce que tu l’avais cherché sâââlope ! Remet ta burqa !

        Pardon, ça m’a échappé.

        Typhon

      • « Si tu t’as fait violer, c’est la faute à ta minijupe!!! »
        Ils ont le modèle « miniburqa »?

  7. Avant, les parents engueulaient leurs enfants quand ils ramenaient une mauvaise note à l’école, maintenant ils engueulent l’instituteur…triste vérité.
    Pour ma part, j’ai souvent à traiter des dossiers en responsabilité pour tout et n’importe quoi, le dernier en date: un môme qui s’est vautré en vélo sur un ralentisseur (genre dos d’âne au milieu de la route, bien visible et peint en jaune, en pleine journée) et qui attaque la commune parce qu’il ne l’a pas vu. Ce serait drôle si ce n’était pas si pathétique…

  8. Et internet ? Tous ces pauvres enfants qui ont internet dans leur chambre pour foutre la paix à leurs parents qui veulent regarder la télé tranquille ? Que fait le Gouvernement pour empêcher les pédophiles d’envahir nos logements ?

  9. Pour ma part, ce qui a fini de m’achever, c’est cette histoire de dépression post-Avatar. Il faudrait peut-être leur faire lire ton spoiler, histoire de les faire revenir à la réalité…
    Je vous laisse avec un commentaire très profond vu sur le fameux article auquel tu fais référence : « God Bless the Na’vi and their struggle for independence »

  10. Et oui avant on nous apprenais qu on était des merdes (poussières, tu redeviendras poussières). Maintenant la société démocratique / consumériste nous valorise : réalise tes fantasmes et devient un leader (en votant Sarkozy / Royal, en achetant des godasses / bagnoles / Ipad…).

    Alors à la fin les gens oublient qu’ils ne sont que de fragiles mécaniques mortelles et recyclables.
    Enfin je vais pas me transformer en sous Eric Zemmour en radotant « c’était mieux avant ». Il y a longtemps que j’ai compris que l’humanité n’est qu’une étape et que la société de consommation est nécessaire à l’évolution du monde.

    Mais cher Connard, ce post par son hommage implicite à Avatar, trahit aussi votre pensée : avouez, vous l’avez aimé !

    • Recyclables?
      Je ne suis pas sûr que certains ne puissent même être recyclés en engrais…

    • « c’était mieux avant »
      Nan, c’était nul avant, les films étaient tout autant pourris mais on avait pas le blog d’Odieux pour nous avertir.
      Sans rire, à tous ceux qui ont vécu les années 80, comment peut on regretter ça?
      La nuque longue, les fringues Miami Vice, les séries ringardes, la musique ultra jetable (démodée à peine sortie!!!), le culte du jeune arriviste yuppie (explosion des écoles de commerce qui nous ont fourni moult Kerviel), la cinquième chaîne, Margaret Thatcher, etc…
      On peux sans doute trouver tout autant d’exemples désastreux sur les décennies précédentes et suivantes (bien qu’à beaucoup de niveaux les 70es furent soit bien meilleures, soit bien pires), donc n’ayons pas de regrets pour le passé et tartons nos mômes quoi qu’il arrive. N’en ayant pas moi-même (j’ai raté les promos haïtiennes), je peux le faire gratuitement pour les autres. Si je peux rendre service…

  11. Et oui, tel est le monde actuel!
    Je vous rapporte le témoignage de Gynette Cologie, sage-femme et qui a été attaquée, parce qu’elle a aidé une femme à accoucher en pleine campagne (donc dans des conditions pitoyables) et que son bébé a chopé un mauvais risque! Alors, avoir un procès pour avoir sauver la vie d’un enfant et de sa mère, c’est le juste prix pour ce geste!
    Et je pourrais multiplier les témoignages!!
    Une honte!!

  12. Vraiment, très bon article que celui-ci. C’est vrai qu’il est vraiment horrible de voir à quel point les gens préfèrent accuser le bouc émissaire le plus proche, que de se poser des questions sur qu’est ce qui chez eux auraient pu amener le problème en question. En même temps c’est sûr que c’est plus facile d’accuser son voisin que de voir en quoi on est fautif, alors allons-y accusons notre voisin…

    Et puis même, pour aller plus loin, dans le cas des profs/instits/etc qui vont au tribunal (ou prennent le risque d’y aller) pour avoir baffé un élève, (qui soit dit en passant, n’a jamais dû recevoir de sa vie une bonne baffe bien méritée de la part de ses parents trop laxistes) élève qui l’avait « juste » traité de connasse/pute/rouge-gorge/autre nom d’oiseau, en insistant au passage sur le fait que « de toute façon je peux vous dire ce que je veux, vous n’avez pas le droit de me faire quelque chose wesh! ». Alors bien sûr non les parents ne peuvent pas se dire que leur gosse méritait ptet ce genre de remise en place des idées, étant donné le contenu de ses propos, et ils ne peuvent non plus pas tenter de s’expliquer avec le prof avant d’appeler directement le comissariat… Et bien sûr là-dedans, le proviseur couillu comme une vache préfère se mettre d’emblée du côté de ces parents plutôt que de parler avec le prof…
    C’est du vrai ça s’est passé dans un collège près de chez moi (heureusement les autres profs se sont mobilisés et ont exercé leur droit de retrait, ce qui a fini par éviter des problèmes à la prof en question).

    Puis bon je me sens un peu concernés par certains détails, étant moi même rolistes, fan de métal (mais pas Marilyn Manson par contre), et fils d’instit.

    En tout cher Odieux je vous remercie pour cet article qui m’a bien fait plaisir

  13. Je découvre le blog, cet article est, en plus d’être le parfait reflet de ma pensée, excellemment bien écrit, je ne peux que lâcher un « GG » avant de rejoindre ma sphère du virtuel le temps d’acquérir une maitrise suffisante de la m4 pour distribuer gratuitement des balles dans le centre commercial le plus proche !

  14. Bel article en effet, provocateur à souhait…
    En tant que prof, je me dois de répondre.
    Nous, enseignants, sommes les « constructeurs des futurs citoyens » ; et ceci de plus en plus face à la démission des parents (s’ils se sont un jour mis au boulot sur leurs rejetons…)
    Notre rôle n’est presque plus d’enseigner, mais d’éduquer ça oui, nous y sommes forcés. Et quand bien même on ne voudrait pas le faire, les enfants que nous avons face à nous tous les jours sont sans arrêt à remettre à leur place.
    Je suis moi-même responsable du fait qu’un élève parle pendant mon cours d' »une fille qui ne se laisserait pas sodomiser » puisque, selon lui, je n’avais qu’à pas écouter ce qu’il disait…
    Une collègue est, selon la proviseure adjointe de mon bahut, responsable du fait qu’un de ses élèves se soit branlé pendant son cours puisqu’elle aurait tout simplement dû le voir…
    Bref, le fond de ma pensée sur ce système scolaire, qui est presque le seul à travailler sur l’éducation des mômes, va encore en ce sens.
    Je vois dans la philosophie du ministère de l’éducation nationale, cette maxime : « La liberté des uns s’arrête là où la mienne commence », et c’est bien ce qu’on doit véhiculer comme idée majeure à nos élèves.
    La liberté individuelle est plus importante que tout, tant pis pour la gueule des autres. N’en serait-on pas à les diriger doucement vers le libéralisme ?…
    Bien à vous !

    • Ah ça, c’est sûr que c’est bien un problème majeur. Aujourd’hui une trop grande partie des parents ont l’air de penser que leur gamins vont s’élever tout seuls, ou que quelqu’un les élèvera à leur place. Du coup ils ne fixent aucune limite, pas une bonne fessée, même pas une élévation de voix quand ça serait nécessaire, du coup les gamins en question ne se rendent même pas compte qu’il en existe des limites, et après on attend de la part des enseignants que ce soient eux qui les fixent, mais en général c’est trop tard… Alors du coup, les profs doivent en plus de donner leurs cours habituels, doivent en plus tenter de leur inculquer une once de discipline, qui sera oubliée peu de temps après.
      Et en plus maintenant on commence à avoir une nouvelle génération de parents aussi mal éduqués (voire encore plus) que les gamins dont je parlais, et il y en a de plus en plus. Et pour ce qui est des gamins de ces parents là, il vaut mieux ne pas en parler…

      Bref je ne sais pas où on va en arriver avec cette éducation de la part des parents de plus en plus défaillante. Libéralisme ? Ultra-libéralisme même je pense. Ma poire, la mienne et pis c’est tout.

      • bouh j’ai fait des fautes horribles, on va dire que c’est la fatigue.

      • « Et en plus maintenant on commence à avoir une nouvelle génération de parents aussi mal éduqués (voire encore plus) que les gamins dont je parlais, et il y en a de plus en plus. »

        Bien entendu, il est hors de question de penser que les parents en question puissent eux-mêmes exercer la profession d’enseignant !?

        Sournoisement vôtre,
        Le Poussiéreux

  15. Une image bien triste mais au combien véritable de la réalité, faites comme moi retournez jouer à WoW ^^ (j’ai sûrement un problème mais je préfère largement mon gnome à une elfe, question de goûts je suppose et sûrement la faute à une éducation sexuelle de merde)

  16. Tout cela est bien vrai, mais ce ne sont là qu’évidences, cher Odieux Connard, on pourrait y rajouter les joueurs de l’équipe de France de Football mis en scène comme de véritables dieux, des dieux qui au passage se tapent des prostituées mineures lors de soirées branchouilles pour jeunes friqués. De même pour la poignée de mécréants financiers qui font la pluie et le beau temps dans les vies des autres en manipulant les choses virtuelles que sont les chiffres. Je pourrais facilement allonger la liste. Malheureusement la bêtise humaine a toujours été et sera toujours de mise tant que l’humanité existera et les absurdités seront toujours.

    bien à vous.

    • Les joueurs de foot c’est de la petite bière.

      Le simple fait qu’il n’y ait pas un mouvement populaire spontané pour étriper les publicitaires et leur faire rendre l’âme de la façon la plus douloureuse possible me permet de conclure sans trop d’effort que nous vivons dans une époque de lopettes.

      Typhon

      • Effectivement, vous ne faites pas trop d’effort.
        Un publicitaire n’est jamais qu’un (brave) type qui a eu l’intelligence de se rendre compte qu’un logo bien placé dopait son chiffre d’affaire. Le pigeon, lui, est un type qui voit un logo bien placé (en buvant sa petite bière, devant un match de foot) et se dit qu’il est temps d’acheter un forfait Bouic, parce que Bouic soutient l’Olympique Loinnais, son club favori.
        Si vous avez vraiment envie de réveiller les « lopettes » qui vous entourent, excitez-les contre les pigeons ; les publicitaires tomberont dans la foulée, et pas mal d’autres problèmes.

        Reste à savoir si un « mouvement populaire spontané » sans pigeons est possible.

        Sournoisement vôtre,
        Le Poussiéreux

      • Voila bien un exemple extrêmement spécifique, et pour tout dire quelque peu hors-sujet, vu qu’il existe une différence entre sponsor et publicitaire (distinguo peut-être un peu spécieux).

        Je ne vois pas bien quel est votre argument en fait.

        Certes, les gens sont des moutons qui finissent tondus et/ou en côte d’agneau, et sont un ramassis d’abrutis.

        Cependant, cela ne dédouane absolument pas de ses responsabilités celui que vous qualifiez de brave type, et que je qualifierai plutôt de sous-homme, parce que le publicitaire est quand même quelqu’un dont la raison d’être est de rendre le monde un peu plus con, un peu plus laid, et un peu plus pauvre à chaque instant qui passe.
        Même les tiques sont plus excusables que les publicitaires, parce que les tiques n’ont pas le choix de leur mode de subsistance.
        J’allais faire des comparaisons avec les cafards, mais à la vérité, les publicitaires sont bien pires que de quelconques arthropodes. Les publicitaires sont la négation de l’humanité.

        J’ai plus de respect pour les Waffen SS, qui risquaient au moins leur vie volontairement et au nom de leurs idéaux, que pour les publicitaires.

        Quand à votre question à la fin, je ne voix pas non plus où vous voulez en venir.

        Un mouvement populaire spontané est impossible. Un mouvement populaire est créé lorsqu’un ou plusieurs idéologues agglutinent une masse de gens crédules autour d’eux.

        Typhon

      • Eh bien, je crois que sur le blog d’une personne qui s’assume et s’affiche en tant qu’odieux connard, on peut qualifier sans trop de problème les publicitaires de « braves types », on reste entre collègues, non ? Le second degré vous clôt mystérieusement ses portes, mon bon.
        Chapeau pour la SS, vous atteignez (sans effort, au moins vous êtes constant de ce côté) le point Godwin, mes respects.
        Quant au « mouvement populaire spontané », la formule est de vous…

        Sournoisement vôtre,
        Le Poussiéreux

      • « Say what you will about the tenets of National Socialism, at least it’s an Ethos ! «

        Walter Sobchak, The Big Lebowski

      • il existe (ou a existé j’avoue ne pas me tenir au courant) tout de même de rares pubs qui valent (ou valaient) le coup
        mais bon vu le très faible pourcentage que ça représente et en application du principe de précaution il est vrai qu’une friture de publicitaires serait plus que bienvenue

  17. Pingback: Moult XL « Le blog d'un odieux connard·

  18. Il me semble – mais peut-être ais-je tort – qu’un des réflexes contemporain sur la responsabilité des individus est de les rendre coupables de faits lointains et indirects mais de les dédouaner de faits proches et directs.

    Je m’explique (en caricaturant).
    Si une personne en tue une autre, il y en aura toujours pour clamer que ce n’est pas la faute du tueur mais celle de la société, des conditions de vie de son quartier, de sa situation familiale, de sa rupture avec sa moitié, de son boulot stressant, du robinet qui fui, etc.
    En revanche, quand bien même je n’aurais pas bougé de ma maison du fin fond de la creuse pendant 50 ans, je trouverais toujours quelqu’un pour me dire que si les petits somaliens crèvent de faim c’est de ma faute ! Idem pour les enfants-soldats en RDC ou les exploités des industries chinoises.

    Bien évidemment je grossis le trait car il y a différents degré dans la responsabilité, qu’elle soit directe ou indirecte.

    Mais tout de même…

  19. « un directeur d’école qui autorise les lois de Newton au sein de son établissement »
    Qu’est-ce que j’ai ri !

  20. Ce qui est rassurant, c’est que ceux qui utilisent leur esprit critique et ce qui peut se caractériser par l’intelligence, en arrivent souvent aux mêmes conclusions. L’intérêt, ensuite, c’est la pratique…

  21. malheureusement ultra fréquent à chaque fois que je lis/vois/entend parler de cas comme ça il me prend des envies de tarter à grands coups de verre pilé les parents/abrutis en question qui n’ont décidément rien compris à rien …

    décidément l’autre échevelé malpoli avait malheureusement raison sur ce point …

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