Tolérance zéro

On en a dit, des choses, sur le compte d’Eric.

« Sympathique« , « Drôle« , « Intelligent« , « Agréable« , « Poli« … voilà quelques uns des adjectifs qui sont venus à l’esprit de vos interlocuteurs lorsqu’ils vous ont parlé de ce convive inconnu jusqu’alors. On vous rapportait régulièrement en pouffant quelque bon mot qu’il aurait fait à l’encontre de l’un de ses tuteurs de stage ou fantastique soirée qu’il eut organisé en compagnie de quantités de laborantins tout comme lui. Le genre de révélation qui vous arrache un poli « Ho. Hmm hmm. » d’émoi au moment phare de l’histoire, celui où il est censé avoir eu LA réplique qui plia de rire toute une horde d’étudiants bac + moult de son genre et où l’on s’attend que vos côtes s’arrachent sous l’impact de la drolatique  boutade. On vous assura que c’était un tort pour vous de ne pas le connaître ; après tout, vous aviez tellement en commun lui et vous.

Et puis un jour, voilà, la chose arrive : à l’occasion de l’anniversaire de votre ami François (celui qui vous raconte toujours en plein repas la dernière d’Eric persuadé que cela déclenchera votre hilarité), ce dernier a décidé de réunir autour de la table deux de ses groupes d’amis : celui auquel vous appartenez (les vieux camarades) et celui auquel Eric appartient (les collègues sympas). Voilà, le fameux Eric est  donc là : son polo rayé, son jean-baskets détendu, son sourire rayonnant et sa poigne de main dynamique… bref, vous devriez rapidement vous laisser emporter par le charisme de ce garçon dont on vous a tant et si bien vanté les mérites que vous vous attendez à ce qu’on vous remette une plaquette plastifiée à son effigie à chaque fois que son prénom est seulement évoqué.

Seulement voilà, Eric en fait est diablement chiant, car le quidam n’a qu’un sujet de conversation : lui-même.

Personnellement, ce jour là, j’ai bien scruté la tablée pour tenter de comprendre si c’était une illusion, une déformation de ma part ou une simple erreur, mais non. Eric est en fait bel et bien un pauvre con. Tenez, lorsque François lance à Eric « Tiens, Odieux aime bien les séries, films & co, vous devriez avoir plein de choses à vous dire sur le sujet ! » dans le but d’essayer de vous faire fraterniser, Eric est aux anges, et il lance – comme cela était prévisible – « Ah ouais, t’aimes bien ? Moi j’ai quoi… trois disques durs de 500 Go remplis ! J’te raconte pas comment je fais ramer tout le wi-fi de la fac quand j’ouvre les fichiers au partage !« 

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Fig 1 : le substitut pénien

Quelle étrange habitude chez beaucoup de fieffés scélérats de mesurer leur kiki en Go de fichiers téléchargés illégalement. Et dans le cas d’Eric, la chose est redondante ; il a un besoin vital de s’écouter parler et d’étaler ce qu’il est, pense et a à l’ensemble de la tablée. Car vous le réalisez bien vite : Eric ne vous parle pas, il vous explique. Certes, entre deux élucubrations bancales sur sa supériorité supposée, il fait rire la tablée avec aisance ; en faisant une remarque salace aussi fort qu’il le peut à chaque fois qu’un convive prononce un mot que la pratique pourrait rapprocher du tendancieux, il provoque grasse hilarité chez la majorité des présents (ce qui est tout de même inquiétant en soi, il va falloir changer d’amis) : c’est bien simple, vous avez l’impression de manger avec Jean-Marie Bigard à votre table.

Mais après une énième blague sur votre voisine de droite, vous vous décidez enfin – puisque vous avez soupé du légendaire humour de l’individu dont on vous avait rebattu les oreilles – à embrayer sur quelque sujet d’actualité afin de voir si l’intelligence tant  évoquée de votre homme est au même niveau que ses calembours. Aussi un convive décide d’aborder ce sympathique reportage de l’émission Les Infiltrés qui a tant fait polémique, celui sur les intégristes catholiques et leurs écoles. Voilà un sujet à potentiel, surtout en sachant que les dits bons chrétiens avaient accusé le journaliste qui avait enquêté d’avoir incité les élèves à chanter des chants bien étranges sur le IIIe Reich pour les faire passer pour d’odieux filous. Ils accusaient aussi le même homme d’avoir sa carte du FN, ce en quoi la direction de France 2 avait expliqué que jamais elle ne travaillerait avec un journaliste ayant un quelconque rapport avec le Front National. La parole est donc à Eric, qui tente d’expliquer à la tablée sa position sur le sujet : putain mais grave, lui non plus y pourrait pas bosser avec des mecs du FN tu vois ? Parce que lui, il est plutôt de gauche, genre l’écologie et tout. Alors bosser avec des intolérants, jamais. D’ailleurs, il avait un mec dans son immeuble, un facho du Front, bin tu vois il lui parlait même pas quoi tellement il détestait ça. Nan mais abusé quoi les gars, les gros racistes et tout.

Je vous la résume : Eric étant un modèle de tolérance (tout comme le service public), il ne parle pas et ne veut rien avoir à faire avec des mecs du Front National. Hmm, c’est vrai que refuser de parler aux gens qui ont la carte d’un parti extrémiste, c’est un signe d’ouverture d’esprit . D’ailleurs, je m’étonne que France 2 ne se soit pas pris un procès, puisque dire ouvertement « Nous, on embauche pas les mecs de tel parti« , c’est moyennement légal tout de même.

Voilà donc l’intelligence & l’ouverture d’esprit tant promises : un cri du cœur sur le fait qu’il veut bien parler avec les gens, à conditions que leurs idées soient assez proches des siennes. Évidemment, moi je suis un peu plus con : j’ai tendance à essayer de parler avec les gens avec lesquels je ne suis pas d’accord. A ce qu’il parait que ça oblige même à argumenter, contre-argumenter et que ça peut apprendre un ou deux trucs. Sans compter que c’est souvent comme ça que l’on peut faire changer d’avis quelqu’un. Alors qu’en lui faisant des doigts et en le traitant de facho tous les matins, il y a peu de chance que la chose soit efficace. Mais c’est quand même vachement plus rebel’z et engagé.

Heureusement, notre bon Eric ne s’en arrête pas là : lui, c’est un mec tolérant, pas un putain extrémiste religieux, parce que lui, tu vois, il est athée. Et que bon, athée du coup, t’as pas de religion, du coup t’es pas croyant. Et que si tout le monde était athée, il n’y aurait plus de guerre de religion. En plus, tous ces gens qui croient un truc qui n’existe pas, enfin v’la les cons quoi.

L’athéisme vomissant les religions. Ah, les croyances entre elles.

Merci Eric, tu es décidément une lumière dans l’obscurité de ce bas-monde. D’ailleurs, tes propos ravissent la table, puisque chacun boit tes paroles ; c’est vrai qu’être athée, c’est totalement différent d’être croyant. Athée, c’est le fait de croire qu’il n’y a pas d’être divin (avec ou sans s, barbu ou non, etc). Alors certes, il n’y a pas de dogme, mais ça reste une croyance. Et il n’y a pas besoin d’un dogme pour être extrémiste ; à partir du moment où l’on estime qu’on a la réponse à une question (« Qu’y a t il dans le ciel ?« ), et qu’en sus, on estime que tout ceux qui croient autres choses sont de gros cons qui se trompent complétement et qui ne méritent que le mépris, bin si, en fait, on s’appelle un extrémiste. D’ailleurs, les extrémistes de toutes les croyances supposent que si tout le monde partageait la leur, ils n’y aurait plus de guerres basées sur le sujet. Ah oui, comme Eric quoi.

Mais Eric, c’est ce petit garçon du quotidien qui ne peut blairer celles et ceux qui ne pensent pas suffisamment comme lui, mais qui a des opinions suffisamment politiquement correctes pour qu’on ne dise pas « pauvre con obscurantiste » mais « mec sympa ouvert d’esprit« . Et des Eric, il y en a des paquets qui rodent.

Alors luttons, oui, luttons contre les Eric.

Halala. Et dire que si tout le monde pensait comme moi, le monde serait tellement plus tolérant.

107 réponses à “Tolérance zéro

  1. « Quelle étrange habitude chez beaucoup de fieffés scélérats de mesurer leur kiki en Go de fichiers téléchargés illégalement. »

    Il est véritablement étrange de se vanter d’avoir commis des délits, puisque tout individu sensé ayant enfreint la loi a à coeur d’échapper à la justice, et que la première étape pour ne pas faire prendre consiste à éviter d’attirer l’attention… Ou alors, peut-être avons nous là affaire à une stratégie consciente et diabolique qui consiste à mettre quelque chose en évidence pour mieux le dissimuler, inspirée de La Lettre Volée de EA Poe ?

    Ça mérite une investigation approfondie… J’aimerai beaucoup pouvoir interroger ce type façon Rorschach pour avoir le fin mot de la question.

    Typhon

    • Je pense aussi que dans l’inconscient collectif et évidemment à tort, ce n’est pas réellement un délit.

      Je verrais aussi une autre possibilité : le sentiment du Robin des bois, je vole aux riches pour refiler à tous ces ignorants qui ne savent pas faire et qui payent leurs DVDs, ces idiots. (bon ok, pas par bonté d’âme mais évidemment pour avoir ce sentiment d’importance).

      Qu’en pensez-vous ?

      • « Je pense aussi que dans l’inconscient collectif et évidemment à tort, ce n’est pas réellement un délit. »

        Ouais, mais jusqu’à preuve du contraire, c’est pas l’inconscient collectif qui fait les lois, ce qui fait que le délit de contrefaçon (qui englobe le téléchargement illégal), la vente et la consommation de teuchi sont toujours passibles des mêmes peines.

        Typhon

      • Oui, mais je ne parlais pas du fait que cela soit légal ou non, mais plutôt de la raison qui pousse les gens à en parler, alors qu’on se vantera beaucoup moins d’avoir vandalisé un Super-U

      • Ce qui peut pousser les gens à se vanter de quelque chose qui pourrait leur valoir 4 ans de taule et 400 000 € d’amende ?

        La stupidité insondable de l’espèce humaine.

        Typhon

      • « c’est pas l’inconscient collectif qui fait les lois » [sic]. Aaaaaah, ça se discute. Et je ne dis pas ça pour faire de l’antiparlementarisme primaire, genre les députés sont des inconscients collectifs, tout ça. C’est pas le genre de la maison.
        Après tout, la coutume est une source du droit. Et ce qu’il devient d’usage de faire finit par être légal, de même qu’une interdiction désuète finit par être ignoré, même par le juge.

      • « le sentiment du Robin des bois, je vole aux riches pour refiler à tous ces ignorants qui ne savent pas faire et qui payent leurs DVDs, ces idiots. (bon ok, pas par bonté d’âme mais évidemment pour avoir ce sentiment d’importance). »
        enfin généralement on télécharge pour soi même pas pour les pauvres

    • Vous devriez lire Agatha Christie, monsieur Typhon, selon ses études de psychologie avancée, celui qui a commis un forfait éprouve toujours, à un moment ou un autre, le besoin de s’en vanter. Surtout s’il ne s’est pas fait prendre.

  2. « Alors certes, il n’y a pas de dogme, mais ça reste une croyance »

    C’est un peu trop général. Le mot Athéisme recouvre un grand nombre de pensées très différentes, qui ne se rejoignent qu’en un seul point, qui est l’absence de croyance en une entité consciente toute-puissante, transcendante, et immortelle. Cela va de l’athéisme dogmatique militant du communisme, qui a beaucoup d’aspects religieux (notamment la croyance irrationnelle d’être le détenteur de vérité absolues), à des rationalistes (je n’ose pas écrire « comme moi ») qui observent simplement qu’il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu, que la croyance en Dieu n’est donc pas étayée par la rationalité, et qu’il n’est donc pas déraisonnable de penser que Dieu n’existe pas, ce qui rend l’univers plus simple à appréhender, en accord avec le rasoir d’Occam.

    Typhon

      • L’athéisme c’est « le fait de croire qu’il n’y a pas d’être divin (avec ou sans s, barbu ou non, etc) » ou comme je le formule habituellement « la foi en l’inexistence de dieu ». Je ne vois pas très bien en quoi cela aurait à voir avec l’agnosticisme (l’absence de conviction quand à l’éventuelle existence d’un être dit suprême). Sauf quand on tombe face à des gens dont le vocabulaire est tellement pauvre qu’athée le semble le terme le plus juste pour le concept d’agnostique, voir de déiste, mais là je ne sait que leur suggérer, mis
        à part la lecture du petit Larousse…

      • La plupart du temps, le mot agnostique est tout simplement inconnu.

      • Quand même pas de vos lecteurs, cher Odieux !

        C’est moins bon que d’habitude, je crains que le problème est qu’à vous lire votre moyen habituel de traiter ceux qui vous énervent n’est pas la discussion argumenté.

        D’ailleurs, même avec lui, il semble que vous n’avez pas tenté

      • Résumer l’agnosticisme à l’absence de conviction sur l’existence d’un dieu unique, c’est un peu court.
        Il y a plusieurs façons d’être agnostique.
        C’est par exemple la pensée que si un monde spirituel existe, il est hors de portée de la compréhension humaine, qui ne se portera alors que mieux d’agir sans se préoccuper d’éventuels désirs divins, qui sont de toute façon ineffables.

        Des agnostiques athées et des agnostiques croyants, ça existe.

    • A propos de rasoir…

      Sournoisement,
      Le Poussiéreux

      PS : y’en a pas un qui veut déballer sa science sur le Pari Pascalien, histoire d’avoir fait le tour des lieux communs sur le sujet ?

      • Le pari pascalien consiste à dire : bonheur dans la vie < proba inconnue x bonheur éternel après la mort.
        Et on voit bien qu'il est particulièrement con puisqu'on prend un premier risque à supposer un dieu (risque que je suppute comme élevé), avec qui il existe une vie après la mort (risque que je suppute comme gigantesque), mais on se suicide presque si on réalise que le fait que même s'il en était un, et même s'il avait transmis aux hommes ses ordres (risque que je suppute à nouveau comme important), à qui donc l'aurait-il fait ? Dans l'esprit de Pascal, je doute que cette réflexion soit venue, mais cela veut simplement dire que l'on choisit une religion au pifomètre (ou à "ça me parle plus") et qu'on se condamne si en fait c'est une autre, puisqu'il n'est guère possible de suivre les préceptes de plusieurs d'entre elles.

        Au final, comme le dit le proverbe, mieux vaut un tiens que deux tu l'auras.

    • « qui observent simplement qu’il n’existe aucune preuve de l’existence de Dieu, que la croyance en Dieu n’est donc pas étayée par la rationalité, et qu’il n’est donc pas déraisonnable de penser que Dieu n’existe pas, »

      seulement, on peut aussi observer qu’il n’existe aucune preuve de l’inexistence de Dieu, que la croyance en l’absence de Dieu n’est donc pas étayée par la rationalité, et qu’il n’est donc pas désaironnable de penser que Dieu existe.

      • … ce qui ne contredit absolument pas ce que je disais, et est complètement hors de propos, étant donné que je parlais des athéistes, c’est à dire de gens dont la caractéristique cardinale est de ne pas croire que Dieu existe.

        L’idée étant que le débat sur l’existence de Dieu échappe complètement à la rationalité, et qu’il est donc illusoire de vouloir en prouver l’existence ou l’inexistence.

        Le seul avantage de l’hypothèse irrationnelle athéiste sur l’hypothèse irrationnelle théiste/religieuse, c’est que la première est plus simple, et satisfait donc le rasoir d’Occam, mais le rasoir d’Occam n’est pas non plus une loi universelle toujours satisfaite.

        Typhon

      • Pas tout à fait.
        Si en effet la rationnalité ne peut pas prouver l’existence ou la non existence de Dieu, le débat sur l’existence de Dieu n’échappe pas à la rationnalité.

        En quelque sorte, la rationnalité n’a pas la réponse, mais elle a bien la question. (relisez Fides et ratio)

      • Ce raisonnement est faux, car vous déformez la notion de raison.
        La raison se rapporte a une réalité objective et incontestable. La raison apporte la vérité.

        Quand le doute s’installe, on tombe dans une autre notion : c’est l’opinion.

        Il est donc déraisonnable de croire en Dieu si on ne peut prouver son existence.
        Raisonnable de ne pas croire a ce qui ne peut être prouvé.
        Il est déraisonnable de vouloir prouver l’inexistence d’une chose, ce qui revient a prouver l’inexistence d’une suite infinie.

        D’un point de vue métaphysique, je dirai qu’on peut prouver simplement l’inexistence de dieu.

        « qui a créé le monde ? dieu ?
        pourquoi ? parce que le monde nécessite un créateur.
        Alors comment est arrivé Dieu ?
        Il était la, c’est tout.
        Si L’existence de Dieu se suffit a elle même, alors l’existence de l’univers peut se suffire a elle même.
        D’où l’inutilité de Dieu

        odieux:
        La tolérance n’empeche pas de penser que son voisin est un gros con.

    • Typhon, je me permets de vous faire remarquer qu’il n’existe aucune preuve de l’inexistence de Dieu, que la non croyance en Dieu n’est donc pas étayée par la rationalité, et qu’il n’est donc pas déraisonnable de penser que Dieu existe, ce qui rend l’univers plus simple (quoi de plus simple qu’un être tout-puissant ayant tout décidé ? ), en accord avec le rasoir d’Ockham (et non d’Occam).
      Cessez, par pitié, de faire croire que l’athéisme est plus rationnel que le christianisme (par exemple), c’est une croyance comme les autres.

      • Je viens de vérifier, et l’orthographe « Occam » est aussi acceptée. Je vous prie donc de bien vouloir m’excuser.

      • Einkil, je me permet de vous faire remarquer que vous ne savez pas lire et qu’en outre, vous ne savez visiblement rien de ce qu’est le rasoir d’Occam, je vous suggère donc de vous documenter, en lisant par exemple l’article correspondant, et relisez ce que j’ai écrit, par exemple, j’ai écrit que le rasoir d’Occam n’était pas une règle universelle et absolue.

        De fait, l’inexistence de Dieu est bien plus simple à concevoir que tout les paradoxes qu’entraînent la toute puissance.

        Typhon

      • Je suis athée.

        Je reconnais pourtant une extrême rationalité à beaucoup de cultes, et notamment celui des catholiques. La logique et la raison sont souvent utilisées dans les controverses théologies. La religion n’est donc certainement pas irrationnelle.

        Par contre, les religions, et notamment les monothéismes révélés ont toutes un présupposé : la sacralisation d’un écrit supposé contenir La Vérité (qui peut se contredire et prêter à interprétation, mais là n’est pas la question).

        J’aurais tendance à penser que l’athéisme, par opposition, est un travail important de désacralisation (je dirais de démystification si je voulais me faire haïr des croyants ou les choquer… Pourtant, à un certain degré, c’est bien de cela qu’il s’agit).

        Je ne vois vraiment pas comment une démarche active et critique de désacralisation pourrait être un dogme. Je ne comprend pas qu’on puisse l’assimiler à une croyance. Ne reposant ni sur le sacré ni sur le rite, je m’insurge assez vigoureusement contre l’idée même qu’un tel athéisme puisse vous apparaître comme une forme de croyance, et a fortiori de religion.

        Donc, évidemment non, l’athéisme n’est pas une « croyance », et certainement pas une croyance « comme une autre ».

        Pour vous représentez ce qu’une telle affirmation suscite en moi de consternation, imaginez ce que vous ressentiriez si un superstitieux cherchait à vous convaincre, coûte que coûte qu’un non-superstitieux souffre en fait d’une forme très particulière de superstition ; Que s’il ne croit pas que croiser un chat noir porte malheur, c’est quand même une forme de superstition perverse… Que s’il vous affirme que ça ne porte pas malheur, c’est quand même une forme de reconnaissance que c’est un présage, mais un présage de non-fait, un « porte-non-malheur »… Qu’il ne peut pas penser que ça n’a pas d’effet : en fait il admet implicitement que ça a un non-effet. Qu’il est donc bien superstitieux, comme vous et moi… !

        Au bout d’un moment, de guerre lasse, je peux vous abandonner à l’idée que l’athéisme est une croyance si vraiment ça vous rassure, mais ne me demandez pas alors ce que je pense de vous, toute intolérance religieuse mise à part…

        Bien à vous,
        L’Ankou

      • L’Ankou, seriez-vous par hasard breton pour avoir un tel nom ?

      • @ Typhon :
        Je connais le rasoir d’Ockham, merci, et pour l’article, si vous parlez de l’article Wikipédia, j’ai déjà lu cet article quand j’ai entendu parler du principe pour la première fois, merci aussi, sinon merci de m’indiquer de quel article vous parlez.
        Par contre, j’ai beau relire le commentaire que nous commentons, je ne vois pas où vous avez écrit que ce rasoir n’est pas une règle universelle et absolue.
        Pour finir, je maintiens que l’hypothèse d’un être supérieur ayant tout décidé me parait infiniment plus simple que la théorie du hasard. Par exemple, l’hypothèse : « un être supérieur a déclenché le big bang » est plus simple que l’hypothèse « quelque chose a déclenché le big bang, on sait pas quoi mais c’était pas un être supérieur ».
        Enfin, je ne vois pas de quels paradoxes vous parlez.

        @ L’Ankou :
        Seriez-vous par hasard breton pour avoir un tel nom ?

        Pour la superstition, je dirais simplement que je pense que les événements « croiser un chat noir » et « se prendre un maheur sur le coin de la tronche » sont décorellés (au sens statistique du terme). Croiser un chat ne porte ni malheur ni non-malheur, ça ne porte rien du tout. Et ça c’est mon observation quotidienne qui me le dit : j’ai croisé des dizaines de chats noirs et suis passé sous une bonne dizaine d’échelle sans qu’il ne m’arrive jamais rien de notable par la suite.
        C’est ce qui fait que je ne suis pas superstitieux.

        Ce raisonnement me parait difficilement applicable à l’athéisme, qui stipule l’inexistence d’une entité supérieure. Ça se rapproche plus de l’agnosticisme pratiqué par Dame à l’éventail (cf. ses commentaires) : si être supérieur il y a, ses actions sont décorellées des notres, ne nous en soucions donc pas.

        Sinon, je vous ferais remarquer que vous croyez que les écrits des différentes religions n’ont rien de sacré, or dans croire il y a croire (merci Cap’tain Obvious) donc croyance. Mais je reconnais aisément que l’athéisme n’est en rien une religion, qui sous-entend dogmes et cie. Juste une croyance, un présupposés (qui a dit dogme ?).

      • « Par contre, j’ai beau relire le commentaire que nous commentons, je ne vois pas où vous avez écrit que ce rasoir n’est pas une règle universelle et absolue. »

        C’est parce que ce n’est pas dans le commentaire dont nous parlons que j’ai écrit ça, c’est JUSTE EN DESSOUS, dans une réponse à M.Pyf datée du 30 avril, donc postée avant votre intervention sur ce fil, que vous auriez du lire en entier avant de commencer à le commenter.

        « je maintiens que l’hypothèse d’un être supérieur ayant tout décidé me parait infiniment plus simple que la théorie du hasard.»

        Parce que vous ne voyez pas les implications logiques de la première option.
        En admettant l’existence d’un dieu, comment se fait-il qu’il n’intervienne jamais indubitablement dans les affaires du monde ? Comment se fait-il que nous puissions même douter de son existence s’il existe ?

        D’une manière générale, l’idée que le monde a été créé pour nous et que tout est réglé pour que nous existions est un sophisme balayé par le principe anthropique.

        « Enfin, je ne vois pas de quels paradoxes vous parlez. »

        C’est de l’inculture. Le paradoxe de l’omnipotence et de la toute puissance est une des plus grosse difficulté sur laquelle sont tombé les penseurs chrétiens.

        http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxe_de_l%27omnipotence

        Typhon

      • S’il y a une hiérarchie dans les commentaires, c’est pour une bonne raison. Et je me voyais mal relire l’ensemble de votre œuvre, supposant (à tort) que vous m’indiqueriez où chercher si ce n’était dans notre fil.

        Pour le reste, je n’ai ni le temps, ni l’envie de discuter religion et foi ici, sans compter que je ne pourrais rivaliser avec d’Aquin. Et pour le paradoxe de la toute-puissance, j’en avais entendu parler (il me semble d’ailleurs avoir déjà lu cet article Wikipédia), merci de m’avoir rafraichi la mémoire. Et cet article contient des réponses qui satisfont mon cerveau peu enclin à la philosophie.

      • einkil

        Si vous lisez ce que j ai ecris plus haut, vous verrez que votre solution n’est pas simple.

        Dieu a crée le big bang,D’ou venais dieu ?

        (je l ai un peu plus développé au dessus)

        L’Athéisme par son absence de dogme est bien plus rationnel que n’importequelle religion.
        C’est simple, je vous met au défi de contester quoi que ce soit venant de l’athéisme, alors qu’on ne compte même plus les ineptie avancée par les religieux. (en vrac: l’age et la forme de la terre, l’evolution…)

    • L’athéisme est la négation de l’existence de Dieu ou de toute divinité. Après l’athée peut être extrémiste (ceux qui croient en Dieu sont des cons) ou tolérant (je suis convaincu qu’il n’y a pas de dieu, mais les autres croient bien ce qu’ils veulent, on peut même en discuter respectueusement), avec plein de niveau intermédiaire.
      Par contre ce que vous définissez comme rationalisme n’est pas de l’athéisme, mais se rapproche plus de l’agnosticisme, qui n’est pas une croyance, mais une philosophie (l’absolu est inaccessible à l’esprit humain, nous sommes ignorants de sur l’origine, la destinée…)
      Par contre je ne connaissais pas le rasoir d’Ockham, je vais devoir me renseigner

  3. « Alors luttons, oui, luttons contre les Eric »

    Je reste preneur de toute stratégie permettant de lutter contre les z’Eric.

    1/ Lui expliquer que c’est un extrémiste qui s’ignore : c’est un moyen rapide pour se faire traiter de rageux du Front qui aiment pas les mecs cools et sympas comme lui. Bilan : nul.

    2/ Le ridiculiser en démontant son faible embryon d’argumentaire : on se retrouve avec toutes la tablée (dont les vieux potes) sur le dos, parce qu’on démonte le mec cool et trop sympa que tout le monde aime. Bilan : négatif.

    3/ Lui faire lire un article de l’Odieux Connard : perspicace, le Eric ne manquera pas de souligner que les conclusions qu’on pourrait tirer de cette lecture sont nulles et non avenues, puisque l’auteur est un Odieux Connard. Le Eric est logique. Bilan : nul (avec effets cardiaques possibles).

    4/ Quitter la table, pour arrêter de supporter le Eric : malheureusement, ça n’aide en rien à lutter contre le Eric. Bilan : nul.

    En fait, je ne pense pas qu’on puisse lutter contre les Eric. On peut lutter contre la tentation d’en devenir un, mais faire toucher du doigt un Eric que c’est un Eric, j’ai des doutes.
    Pitié, dites-moi, Odieux Connard, auriez-vous trouvé LE moyen ?

    • En utilisant de l’humour et un grand sourire de « mec sympa de la table », les solutions 1 & 2 sont valables. Sans compter que vous pourrez prouver qu’en matière d’humour et de suffisance, vous dépassez fortement le Eric.

      • Sauf que le Eric est fourbe, il ne lâchera jamais ! Ou encore, à la moindre faille que vous lui laisserez, cher connard, il balancera une bonne grosse blague de cul. Et tout le monde que les blagues de cul sont les plus droles du monde…

        Je hais les Erics. Et les Bigards.

  4. Très bon article sur la majorité des cons raillant les autres cons ne pensant pas comme eux.

    C’est bien de s’en prendre au Fn, encore faudrait-il savoir pourquoi, et ne pas s’en tenir au politiquement correct.

  5. bonjour, enchanté…
    Belle description d’une rencontre quasi quotidienne pour moi… c’est une question de métier.
    Effectivemeny on croit réservé à l’adolescent qui cherche sa conviction l’idée que les intolérants ben « il faut pas leur causer ».
    Mais non, et c’est l’écueil sur lmequel se sont échoués tous ceux qui ont prétendu combattre les idées du FN: ils ont voulu le faire sans jamais accepter de confronter leurs idées au leur. un aveu d’impuissance, somme toute.
    Alors on peut vomir les « eric », mais peut on vraiment leur en vouloir? Il faut faire tellement d’effort pour préférer prendre du recul, voire accepter d’être moins sympathiques ou « populaire » quoi…
    Bon ce furent des réflexions en vrac, continuez, vous êtes beau

    • wouh j’en ai fait des fautes de frappe…
      sinon, concernant l’athéisme, je me considère comme athée, ce que je définis comme « sans dieu ». Justement parce que j’ai eu à fréquenter toute sorte de croyants, y compris des polythéistes.
      D’ailleurs un ami Jain considérait que de ne pas avoir de dieu était une chance, quand lui en avait des centaines à honorer.

      • « je me considère comme athée, ce que je définis comme “sans dieu”. Justement parce que j’ai eu à fréquenter toute sorte de croyants, y compris des polythéistes. » Etrange logique… Avoir la foi ou pas, je peux comprendre. Avoir réfléchis des heures pour aboutir à la conclusion que Dieu n’existe pas (ou au contraire qu’il existe), je comprends aussi. Mais ne pas croire en Dieu parce qu’on a fréquenté des croyants là ça me laisse perplexe.

    • Le concept même d’une humanité divisée en « tolérants » et « intolérants » me parait des plus manichéens.

      Nous sommes tous plus ou moins tolérants et intolérants de certaines choses.

      Et il faut rappeler que tolérance, compréhension, et approbation ne sont en aucun cas synonymes.
      Le verbe tolérer sous-entend en fait une désapprobation qui n’est pas suivie d’action. Par exemple, on peut tolérer que ses voisins du dessus fassent du bruit, tant qu’ils ne dépassent pas un certain stade.

      C’est pourquoi, voire des abrutis se faire les chantres de la tolérance est délicieusement ironique, puisque quelqu’un qui dit qu’il faut tolérer, par exemple, les musulmans, est précisément en train de tenir des propos racistes.

      Typhon

      • Bon, à la réflexion, j’aurais peut-être du tourner ma dernière phrase autrement, mais il est tard, il est urgent que je me taise avant que de raconter une autre fadaise.

        Typhon

      • Puis-je me permettre de vous suggérer de mettre au plus vite en application cette résolution certes définitive mais, ô, combien nécessaire ?

      • Ca, mon cher Phil, est vraiment un commentaire constructif et reposant sur un argumentaire inébranlable.

        J’en reste pantois.

        Gwerin

  6. Aaaaah, les fâââââmeux Eric (je les appelle les Didier moi, comme le film, c’est dire l’altitude de la pensée de ce genre de personnes). Les Princes du politiquement correct, des lieux communs et de la pensée molle.
    J’adore les écouter parler, mais en général, je me marre doucettement dans mon coin, je me garde bien de les couper dans leur diatribe gluante. C’est bien leur donner trop d’importance. Ces Eric sont portés aux nues par les médiocres qui trouvent en eux un imbécile qui dit tout haut ce que tout le monde pense tout haut avec mollesse.
    Merci pour votre blog toujours si plaisant à lire.

  7. Je m’identifie personnellement au courant agnostique, branche « père Noëliste ».
    Je m’explique : je ne crois pas en Dieu, mais je pense qu’il existe comme création humaine.

    On fait quelque chose (tuer, aimer son prochain…) au nom de Dieu tout comme des parents achètent des cadeaux à leur enfant disant que cela vient du Père Noël.
    La même règle peut être formulée pour d’autres créations humaines : se battre pour la nation ou se référer à la fameuse main invisible en économie…

    Pour cette raison, j’ai, comme certains ici, un problème avec tout athée qui pratique le prosélytisme.

    Le gros problème est que je ne retrouve pas cette vision chez d’autres. Il y a éventuellement un terme exact que je ne connais pas. Je me sens si seeeeul ! (NB : penser à trouver un smiley génial)

    Je suis désolé de créer un potentiel débat haineux au sujet du Père Noël.

    • Tiens, ça me fait penser à un truc que je répondai, il y a un moment, quand on me demandait si je croyais en dieu, je répondais
      « J’y croyais, mais j’ai arrêté, un peu comme quand j’ai arrête de croire que les powers rangers et le père noël existent vraiment »

  8. Cher Odieux connard,
    La production des Erics étant depuis longtemps déjà industrialisée, je vous souhaite bien du courage dans votre entreprise. La seule solution serait de submerger le marché avec un modèle plus con encore, le Roger(plus de bière, moins de Go), qui finirait par se farcir tous les Erics pour en faire des cordons bleus.

  9. Cher Odieux,
    je vous trouve un peu à côté de vos pompes avec cet article. Ca reste toujours de qualité, mais le sujet est un bon gros marronnier des familles non ?

    Je ne suis pas déçu , disons que je le vois comme une entracte avant le prochain article sur un autre sujet.

    Bien à Vous.

  10. Sans vouloir jouer les rabat-joies, vous êtes un peu optimistes, non quand vous dites que vous débattez avec des gens d’opinion opposées pour les faire changer d’avis?

    À moins d’avoir un minimum d’avis en commun, c’est difficile d’avoir un point d’achoppement pour qu’une discussion ne termine pas en dialogue de sourd.

    Ceci dit, ce n’est pas une raison pour ne pas discuter avec toute personne de quelque bord qu’elle soit. C’est juste que l’objectif « convaincre » risque d’être très frustrant.

    Puis, l’argument « les athées, par leur affirmation sont tout aussi dogmatiques que les religieux » m’embête fortement. Comme le préfixe l’indique, l’athéisme n’est pas du tout une affirmation, ni un groupe bien défini. C’est une absence de communauté ou d’identité religieuse.

    Ça n’a pas de sens de mettre sur le même pied des mecs qui ont des Églises et qui font du porte-à-porte (vous connaissez le point commun entre les témoins de Jéovah et les couilles?) et un ensemble de personnes qui ne se sont sans doute jamais rencontrés autour d’une table avec comme thème de discussion : « l’athéisme, une nouvelle façon de voir les choses ».

    Et quand on voudrait bien qu’on nous foute la paix avec les questions d’ordre religieuses, on se retrouve dans la mentalité « tu es avec nous ou contre nous ». Et ça c’est toujours horripilant.

    Il y a l’étiquette « agnostique », mais je ne l’aime pas. C’est un compromis que je ne sens pas nécessaire. En plus ça suggère que je pourrais avoir envie d’une telle discussion, alors que parier sur l’existence d’un dieu a autant de sens pour moi que parier sur quoi que ce soit d’autre dont je n’ai aucune donnée valable. (Je ne trouve juste pas d’exemple là maintenant)

    Et puis on parle de prosélytisme pour les religions, mais est-ce qu’il existe un terme équivalent pour l’athéisme? Ça signifie juste ne pas prendre en compte un quelconque dieu dans son raisonnement, on appelle ça la science? Plein de scientifiques sont croyants.

    Tant qu’on y est dans les « j’aime pas », je ne raffole pas non plus de parler de rasoir d’Ockham quand il s’agit d’autre chose que de math, voir de logique pure. Et même dans ce dernier cas, ça donne vite des sales conclusions. Parce que bon, à la base, ça veut juste dire qu’il ne faut pas compliquer une équation sans nécessité, mais dans un sujet plus courant, ça signifie la plupart du temps ne pas prendre en compte des données supplémentaires parce qu’on ne les juge pas pertinentes ou bien parce qu’on les ignore tout simplement.

    Sinon le point commun est qu’ils vont toujours par deux et qu’ils ne rentrent jamais.

    • « Et puis on parle de prosélytisme pour les religions, mais est-ce qu’il existe un terme équivalent pour l’athéisme? »

      Les Cocos, à leur heure de gloire, étaient les spécialistes du prosélytisme athée et anticlérical.

    • Formulons plus simplement la chose :

      Croyant ou pas, en voulant imposer sa pensée à autrui, on tombe rapidement dans l’extrêmisme.

      Ce qui ne veut pas dire toujours pour autant.

      • Le problème réside dans le fait que chacun est persuadé que ce qu’il pense est Juste, est la Vérité et que de toute manière, il a raison, les autres ont tord, un point c’est tout. Ces gens sont fermés comme des huîtres et on peut rien leur dire car c’est toujours le même argument qui reviendra quelque soit nos arguments qu’ils n’écoutent même pas. Et cette attitude est très frustrante.

    • Je ne vois pas en quoi être athé empêche de promouvoir l’athéisme.
      Je trouve ça naturel de faire partager cette opinion (étant moi même athéiste convaincu, je devrais plutôt dire vérité, mais opinion même si le terme est faux, est plus diplomate).

      Bizarement, un truc qui sort de l’imagination démente d’une poignée d’homme, ca ne gêne personne qu’on en fasse du prosélitisme, mais une pensée qui se veut completement rationelle, et qui offre toute les garantie que la science peut apporter, la curieusement ça gêne.

      • Oui gros con mais tu vas accuser de prosélytisme le premier croyant qui passe et qui fais comme toi

    • « Puis, l’argument “les athées, par leur affirmation sont tout aussi dogmatiques que les religieux” m’embête fortement. Comme le préfixe l’indique, l’athéisme n’est pas du tout une affirmation, ni un groupe bien défini. C’est une absence de communauté ou d’identité religieuse. »
      D’après le Larousse l’athéisme est la négation de l’existence de divinité, ou l’affirmation de l’inexistence de divinité. Donc si, c’est une affirmation. Par contre c’est vrai que ce n’est pas un groupe de personnes. (enfin apparemment au US ils veulent faire des églises athées).
      L’agnosticisme n’est pas un compromis, c’est la conviction qu’on ne peut pas savoir.
      Et le terme prosélytisme peut bien s’appliquer aux athées (enfin à ceux qui le pratique)

      Enfin le rasoir d’Occam est un concept philosophique, utilisé en sciences, mais pas uniquement. Je ne vois pas pourquoi limiter son usage aux maths. Par contre on a évidemment le droit de le remettre en cause et de proposer une contre argumentation

  11. J’ai bien aimé le dessin de Slo. C’est vrai que ce jeune (et talentueux) dessinateur est un anar bon teint ^_^

    Merci d’avoir pour moi décortiqué un argument que j’avais du mal à mettre en bonne forme. Je connais un gros vieux con xenophobe à qui je tente d’expliquer depuis des lustres à quel point il est sot et à quel point il est semblable à ces fous barbus en djellabas qu’il honni qu’il croit être la norme des orientaux.
    Je manquais d’une structure, vous me l’avez donnée.
    Libre à lui apprés de me traiter de pacifiste bêlant, j’aurais la satisfaction toute personnelle de la démonstration faite.

  12. Je m’étonne que vous critiquiez dans une égale mesure les athées et les croyants, tout en laissant les agnostiques pour plus tard. (ce qui suppose qu’ils en prendront tout de même pour leur grade, en temps et en heure). Après tout les agnostiques, c’est un peu les abstentionnistes du domaine religieux.

    « Ah non, mais je m’en fous si y’a un dieu ou pas. Mais je suis ouvert, hein, si Dieu ça lui dit de se fendre d’un ou deux archanges enflammés pour m’envoyer un message, je changerai d’avis. Et pis comme ça je prends pas de risques, Haha. »

    Non, en fait, j’ai dit une bêtise. Pour poursuivre la métaphore du vote de façon correcte, il ne faut pas dire que les agnostiques s’abstiennent mais plutôt qu’ils votent blanc.

    De toute façon, Dieu vomira les tièdes.

      • Staline disait la même chose.

        De là à rapprocher les deux, j’hésite un peu (je crains la foudre).

      • Il faut pour cela croire au Vomissement de Dieu, sous-entendant une Crise de Foie Divine, sans doute provoquée par la sacro-sainte Gueule de Bois. S’il y a de l’alcool au paradis, je dois d’urgence aller me faire baptiser…

    • et encore une définition tronquée…

      Les agnostiques sont une vaste corporation, dont une branche ancienne explique patiemment que si dieu il y a, il est au-delà de la compréhension humaine, inconnaissable, et que les interprétations sont par essence biaisées car nous n’avons pas, physiquement et intellectuellement, les moyens de comprendre le monde spirituel.

      Dans cette hypothèse libre à chacun de croire ou non en l’existence d’un être suprême, mais pour la vie de tous les jours autant ne pas trop se focaliser sur de supposées injonctions qui nous passent par-dessus la tête de toute façon.

    •  » Pour poursuivre la métaphore du vote de façon correcte, il ne faut pas dire que les agnostiques s’abstiennent mais plutôt qu’ils votent blanc. »

      Dans le domaine de la spiritualité, on se trouve bien loin de la vie politique. Aussi la métaphore est plate et impertinente, puisqu’elle implique un acte décisif pour un collectif, que ne sont pas la conviction spirituelle ni la foi.
      D’autant que je ne vois pas le problème dans le fait de ne pas s’attribuer de dogme sans pour autant être certain qu’il n’y a aucune force transcendante, cela s’appelle le doute, et le doute est une clé de raisonnement -et permet, en termes moins châtiés, de ne pas demeurer imbécile et borné.
      Il me semble présomptueux d’imaginer qu’il y a choix à faire en termes de religion et de croyances. Le jugement de qui est « tiède » et de qui est « brûlant » ou encore « glacial » par la simple évaluation de qui est sceptique quant à l’accessibilité d’un absolu, et qui n’a aucun doute, laisse de côté bien des considérations qui vous ont manifestement échappé.
      Par exemple, on peut être sceptique et critique (ces deux caractéristiques se marient même fort bien !). Ca écarte le comportement cité par la réplique « Et pis comme ça je prends pas de risques, Haha. » Ou encore, on peut avoir un avis bien tranché et n’avoir dans le crâne qu’un ramassis de formules irréverencieuses traînées par une pensée courte et jamais questionnée. D’où de fameuses conclusions, certes agréablement cinglantes mais qui ne valent pas mieux que celles d’Eric, telles « De toute façon, Dieu vomira les tièdes ».

  13. Que lis-je ? « Rabattu les oreilles » !
    C’est rebattre les oreilles l’expression correcte, et non rabattre comme on le voit si souvent…

    • Faute de frappe, mes excuses.

      Cela dit, le concept de rabattre les oreilles est intéressant. J’en parlerai à tous les lapins qui furent pris dans mes phares.

  14. Totalement d’accord même si je n’ose pas trop l’ouvrir, pensant parfois comme un Eric question religion (et oui mon voisin est un gros con, il n’avait qu’à pas me confisquer mon ballon de foot !)

  15. Les agnostiques seraient plutôt à ranger dans la catégorie des croyants, l’athée se définissant par l’absence de dieu/être supérieur et autres formes joyeuses peuplant les bestiaires fantastiques (centaures, géants, elfes, dragons, satyres…). A leur propos, il semblerait qu’elles aient été les premières victimes des extinctions massives d’espèces par l’être humain. Disparues pour la plupart avant même le dodo, mais tuées par un chasseur redoutable, l’église catholique et l’inquisition.
    Je disgresse quelque peu, je reviens donc à mes agnostiques qui eux refusent de parler de dieux et qu’on amalgame aux athées, alors que l’athéisme est clairement nier les dieux sous toutes leurs formes. Il sont donc par défaut, à classer parmis les croyants par leur refus de s’affirmer à moins de créer une catégorie sspécifique pour eux, comme : je ne dis rien et ne fais rien, au cas où, je peux toujours changer d’avis résumée en « couilles molles ».
    A propos de couilles d’ailleurs, j’ai eu la visite de témoins de Jéhovah hier, je les aurait bien visitées d’ailleurs ces deux bigottes… Toutefois, il semblerait que le sexe hors mariage en version trioliste ne soit pas approuvé par leurs instances. Bien dommage, ca pourrait me convertir personnellement. Cet argument me semblerait bien plus attractif que la chasteté, le sexe uniquement dans un but reproductif, le fait de reverser 10% de ses revenus ou d’aller vénérer une idole de plâtre peint en grandes assemblées.
    Maintenant chacun est libre, dans le doute, il y a tellement de religions et de dieux (surtout si l’on compte les disparus comme Mars, Jupiter, le Chêne, le Frêne, Bacchus…) que concernant le pari pascalien, ne vaut il pas mieux n’en vénérer aucun plutôt que de se tromper et d’idolatrer un faux dieu risquant ainsi un courroux extreme du véritable?
    Celui ci étant en réalité O.C. comme chacun ici présent le sait.
    Pour vous renseigner sur l’théisme, je vous suggère ceci :
    http://pagesperso-orange.fr/jccabanel/

    • « Bien dommage, ca pourrait me convertir personnellement. »

      Oui, lançons une religion athée hédoniste, et nihiliste. Mots d’ordres :

      Jouissez sans entraves.
      Ne prenez pas la vie trop au sérieux, vous n’en sortirez pas vivants.
      Après nous, le déluge.

      Je suis sûr que ça aurait beaucoup de succès.

      Typhon

    • (je bis, je ne m’en lasse pas)

      Assimiler l’agnosticisme à des « pense-mous », c’est ne pas connaitre le sujet, à mon avis…

      Les agnostiques sont une vaste corporation, dont une branche ancienne explique patiemment que si dieu il y a, il est au-delà de la compréhension humaine, inconnaissable, et que les interprétations sont par essence biaisées car nous n’avons pas, physiquement et intellectuellement, les moyens de comprendre le monde spirituel.

      Dans cette hypothèse libre à chacun de croire ou non en l’existence d’un être suprême, mais pour la vie de tous les jours autant ne pas trop se focaliser sur de supposées injonctions qui nous passent par-dessus la tête de toute façon.

  16. Ouh, tu as décris la version masculine d’une de mes collègues. Surtout lorsque tu as commencé à baver sur le reportage des Infiltrés, et je t’en remercie pour ça.

    De plus, Eric à l’envers ça fait Ciré,c’est pas top pour un mec qui aime se faire cirer les pompes

    Ah ah ah.

  17. A la fin du premier paragraphe, c’est boutade, et non boutade.
    Na.
    Juste parce que j’aime bien Bigard. Et même si je télécharge pas.

  18. Désolé d’en rajouter une couche, disons que vous payez pour les autres, pour toutes les fois où j’ai lu des commentaires insultants sur les athées, les taxant massivement d’intolérance et de dogmatisme.

    Je ne pense pas, comme dit plus haut que l’athée croit qu’il n’y a pas de divinité, de présence supérieure. L’athéisme, c’est refuser de croire (dans le sens religieux, pas dans le sens de l’hypothèse), c’est refuser le dogme et la pensée dogmatique.

    Cet argument des croyants est bien joué dans le sens où il joue avec la polysémie du verbe croire : croire, comme avoir la foi et croire comme avoir une hypothèse sur laquelle on se base faute de certitude. Cela sous-entend que le débat sur l’existence d’un dieu est basé sur la logique, or fondamentalement ça n’est pas le cas. La foi n’est pas le fruit du pur raisonnement logique. Selon ce qui vous convient, dites que c’est mystique, émotionnel, mais la foi ne se démontre pas mathématiquement.

    Et l’agnosticisme ne me convient pas pour ça. C’est envoyer le message : « je pense que vous pouvez me prouver le bien-fondé de vos croyances par a+b ».

    Je relis des commentaires ci-dessus et je l’affirme : l’athéisme est plus rationnel que la religion. L’athéisme c’est la volonté de ne se fonder tant que possible (l’être humain n’est pas une calculatrice, il faut faire avec tout ce qu’il comporte d’hormones, d’émotions et de pulsions) que sur la raison et de ne pas prendre en compte des théories inapplicables. Le nombre d’ange capable de danser sur une tête d’épingle ou la part d’humain et de divin chez Jésus, ce sont des questions dont je me passe.

    • l’athéisme de non-croyance est une forme de croyance et de religion, tout comme l’anti-conformisme systématique est une forme de conformisme.
      Prétendre que l’athéisme est « mieux » parce que « rationnel » comparativement à la religion révélée, c’est aussi pertinent que prétendre que les marguerites c’est mieux parce que ça a des pétales blancs, comparativement aux agrapheuses.
      Ca n’a juste RIEN à voir.

      Quant à l’agnosticisme, je me répète : une branche ancienne explique patiemment que si dieu il y a, il est au-delà de la compréhension humaine, inconnaissable, et que les interprétations sont par essence biaisées car nous n’avons pas, physiquement et intellectuellement, les moyens de comprendre le monde spirituel.

      C’est ça la base historique des agnostiques. Affirmer dieu ou tout bidule du même genre par définition inconnaissable, en cas d’existence. Et qui dit inconnaissable dit ininterprêtable. Conséquence : les « révélations » sur la volonté divine sont impossibles. Corollaire : autant faire sans.

      Ca peut se vivre comme très anti-clérical l’agnosticisme en fait, du coup.

      Ce n’est pas « je ne sais pas », c’est « je pense que les religions ne peuvent pas savoir ». Et quand on vit dans une société dont les principales religions sont basées sur des vérités révélées, ça fait un peu désordre.

      • Vous vous contredisez dans votre propre message madame : vous commencez sur « l’athéisme est une forme de croyance » et ensuite « ça n’a tout simplement rien à voir ».

        Alors restons-en là, l’athéisme n’a rien à voir avec la croyance, la foi et ceux qui croient. Je crois que c’est comparer les carottes et les patates qui rends bancal ce sujet depuis le départ.

        C’est quand même extravagant sinon, on crée quelque chose de toutes pièces et ensuite celui qui n’y croit pas est quand même récupéré afin de le faire rester sur le niveau des croyants. C’est ubuesquement kafkaïen votre affaire.

        Dans un autre genre les psy à deux francs vous assènent que vous êtes obligatoirement baignés dans la culpabilité judéo chrétienne même si vous ne le voyez pas. c’est à dire que même si vous faites un travail sur vous que vous choisissez vos lectures, votre culture, que vous construisez votre personnalité à mille lieux de la culture catho et/ou religieuse on tente de vous garder dans la partie. C’est fou.

        @Connard

        Plus qu’un marronnier c’est un beau troll que vous avez lancé mais je suppose que vous le savez.

        Comme d’autres ici j’ai trouvé ce billet léger et bancal. Facile et pas drôle aussi. L’espace d’un instant j’ai cru que c’était vous l’Éric en question.

        Enfin je me plains, je me plains mais c’est parce que jusqu’à présent j’ai plutôt apprécié tout ce que j’ai lu ici.

        L

      • Je ne me contredis pas.

        Le « ça n’a rien à voir » porte sur l’explication de la prétendue supériorité de l’un par rapport à l’autre, non sur les bases qui les sous-tendent.
        C’est l’argument « la raison c’est mieux que la révélation et donc mon système de pensée athée est mieux que le système de pensée religieux » qui ne tient pas.

        En revanche, les deux systèmes de pensée sont des croyances. Croyance en la supériorité d’une vérité révélée dans un cas, croyance en la supériorité de la raison dans l’autre. Bonnet blanc et blanc bonnet.

      • Soit.

        Alors c’est moi qui vais affirmer que ça n’a rien à voir.

        Je ne comprends pas le besoin de comparer les patates croyantes avec les carottes pas croyantes. C’est une façon de les récupérer dans le domaine de la croyance pour les croyants ou de les renvoyer dos à dos pour les tièdes ou cyniques « gardons l’esprit ouvert ». Une manœuvre mais dans le fond ils sont vraiment à part.

        L

  19. Vous vous levez de table.
    Vous prenez votre air le plus glacial, modèle 42 modifié 63.
    Vous dégoupillez discrètement une grenade défensive, que vous jetez sous la table en faisant mine de vous relacer le soulier droit.
    Juste à côté des deux touries d’éther que vous avez eu la prévoyance de dissimuler la veille au soir, sous le chat.
    Pour être certain, en passant, vous fracturez d’un geste rendu sûr par l’habitude la septième vertèbre cervicale d’Eric.
    Puis, vous bondissez sur le balcon, et de là, dans la rue.
    Bien entendu, vous avez eu soin de vous munir d’un parachute, d’une corde ou de tout autre dispositif vous permettant d’évacuer au plus vite les lieux.
    Le lendemain, vous vous présenterez au domicile de votre ami, muni d’un bouquet de fleurs pour la maîtresse de maison, et vous expliquerez au préposé dépêché par la Préfecture de Police que Bonjour Monsieur l’Agent, mais vous devez absolument entrer : vous avez rendez-vous avec votre ami François pour son anniversaire, si, si, ici, c’est l’adresse, au quatrième.
    Comment ça, un attentat ?
    Oh mon Dieu !
    Mais François ?
    Et Eric ?
    Aucun survivant ?
    Horreur !

    Alors, vous sangloterez doucement sur l’épaule du policier compatissant.

    Pensez à jeter la goupille, ce genre de détail fait tache.
    Et évitez les œillets.

    • Plus efficace que la fracture de la septième cervicale, il y a la très connue rotation-rapide-de-la-tête-façon-commando (décrite précédemment dans l’article « la journée de la gentillesse »).
      Pour faire simple, la deuxième cervicale est pourvue sur sa face supérieure d’un processus osseux appelé la dent (ou odontoïde), maintenu à la première cervicale par des ligaments.
      En effectuant cette rotation, vous ne vous contentez pas de niquer allègrement lesdits ligaments, vous envoyez la dent se ficher dans le tronc cérébral, qui comme chacun ne le sait pas forcément contrôle la respiration et le rythme cardiaque pour ne citer que les plus intéressants.
      Je vous aurais bien volontiers asséné force maquettes et schémas, mais je ne retrouve toujours pas mon Jamy de poche™ et… Ah, si le voilà !
      Mais ?
      Il est tout cassé ! Qu’est-ce qui s’est passé ?!?

      Sabine ? Tu t’en es encore servi à des fins peu avouables ?
      (Rule34 : check, le godwin, c’est dépassé)

  20. Y’a une question que j’me pose assez violemment :
    Odieux, Typhon.. Y’aurait il quelque chose entre vous, quelque chose de plus, quelque chose de fort?
    Ou peut-être que Mr T est simplement très investi dans le commentaire argumenté. (J’admire)
    C’est un question qui n’attend pas spécialement de réponse… mais ptain, si jpouvais rien que lancer une rumeur!

    PS: En fait on s’en fout un peu. Mais j’argumente super mal … et bon, j’en ai marre de rien dire.

    • C’est la même personne. En fait nous sommes tous la même personne: nous sommes l’Odieux Connard, le nouveau Légion, et nous sommes nombreux.

      Mais les Eric le sont encore plus, ils se multiplient et prospèrent parmi nous, il y en a même qui passent à la télé. BEWARE!!!

      • Ca dépasse toutes mes estimations, faut que j’arrête les fleurs bleues jcrois… J’veux pas finir Eric! Je suis ptetre déjà infectée… Ohmagad.

        J’ai peur.

  21. Je suis un peu en retard sur la lecture ici. Ceci dit, j’apprécie nombre de vos remarques. Il y en a beaucoup des Eric tels que vous les décrivez, mais dans votre logique, il faut quand même leur parler pour essayer de les changer. Dur!

  22. Un terme me dérange:

    « Athée, c’est le fait de croire qu’il n’y a pas d’être divin »

    N’a pas le même sens que:
    « Être athée, c’est ne pas croire qu’il y a un divin »

    Nous ne croyons pas à l’antithèse de ce en quoi croient les croyants, nous sommes « en dehors »… pour nous il n’y a juste rien à croire ou à ne pas croire à propos de dieu. D’ailleurs nous n’y sommes confrontés que lorsque les religieux mettent le sujet sur le tapis, principalement leurs coutumes.

    Et dans ce cas c’est plutôt le fait de justifier des coutumes avec un livre écrit entre 2700 et 1400 ans avant nous en disant que les hommes qui l’ont écrit ne sont pas des hommes mais un vieux barbu [sic], qui me paraît une entourloupette intellectuelle.

    Pour l’athée, il n’y a que les yeux de l’homme sur le monde, et quand il regarde la religion il y voit encore l’homme.

    Mais il peut se tromper ^^

    • L’athéisme c’est affirmer qu’il n’y a pas de Dieu, étant donné l’absence de preuve (de l’inexistence comme de l’existence) il s’agit bien d’une croyance.
      Je pense qu’il y a une légère différence entre non-croaynt et athée

  23. Merde, choco-damned, dieu me tripotte…
    J’ai bien peur d’être un Eric en puissance !
    J’aime bien donné mon avis
    J’aime bien expliquer des choses aux gens (la guitare, la prog)
    J’aime bien dire ce que je pense
    Et oui, j’ai tendance à penser que les raisonnements préconçus des gens de gauche et de droite font d’eux des gros cons que je méprisent et que je n’ai pas envie d’écouter.

  24. Davantage que le débat athée / religieux / agnostiques, cet article pose, en fin de compte, le problème des limites de la tolérance.

    « Qu’est-ce que la tolérance ? Se demande Voltaire dans son Dictionnaire philosophique. C’est l’apanage de l’humanité. Nous sommes tous pétris de faiblesses et d’erreurs ; pardonnons-nous réciproquement nos sottises, c’est la première loi de nature ».

    De fait, faut-il tout tolérer au point de tolérer l’intolérable ?
    Ou faut-il devenir parfois intolérant pour préserver la tolérance ?

    On pense que ne pas supporter les étrangers est inacceptable et ne pas supporter les racistes est défendable. Mais si l’on ne supporte pas l’intolérable il faut donc faire preuve de tolérance ! Montrer le chemin aux égarés, se faire le messager du bien, supporter l’insupportable en somme…

    Je ne crois pas à cet angélisme.
    En effet, poussé à l’extrême la tolérance s’autodétruit.

    Le philosophe Charles Pépin le montre bien : « s’il faut tout tolérer, alors il faut aussi tolérer l’intolérance et non se battre contre elle.
    être tolérant, c’est supporter sans broncher ce qui nous dérange ; fermer les yeux sur ce que nous n’aimons pas, mais que nous acceptons de ne pas combattre, avec lequel nous nous résignons à cohabiter.
    […]
    La tolérance est une valeur négative ; le respect une valeur positive. Respecter la différence c’est aller vers elle, au risque d’ailleurs de revenir changé. Tolérer l’autre, c’est ne pas aller vers lui alors qu’on voudrait le frapper. Le respect vise le bien, la tolérance le moindre mal. Si la tolérance était vraiment une valeur, il ne faudrait justement pas la tolérer, mais bien la vouloir, la désirer, se battre pour elle : la respecter. Elle n’est qu’une agressivité changée en indifférence : elle est tolérable, rien de plus.
    Si l’intolérance nous heurte, il ne faut pas la tolérer mais la combattre. L’intolérance est intolérable, mais la tolérance n’est que tolérable. »

    A l’époque de la fatwa condamnant à mort Salman Rushdie, de l’assassinat d’Yitzhak Rabin par un juif intégriste ou des caricatures de Mahomet qui ont provoqué l’incendie d’une ambassade et la mort de plusieurs hommes, on voit bien qu’il y a de nombreuses raisons d’être intolérant, notamment contre l’intégrisme religieux.
    Face à lui une aucune tolérance est de mise.

    Finalement, cher Odieux Connard, reconnaissez-le, vous êtes odieusement intolérant avec :
    les fans de Twilight, ceux de Star Wars, les chats, Lady Gaga,les jeunes arborant le Che en Tee-shirt, les jeunes UMP, ceux se déguisant en vampires, Luc Besson, Justin Bieber et autres peoples, les bisounours, etc.
    Et vous avez bien raison palsambleu !

    Soyons fiers d’être parfois vigoureusement intolérants !

    • Il ne me semble pas qu’OC prône la tolérance à tout va, mais s’insurgent contre les personnes qui s’auto-proclament ouvertes et tolérantes, mais refusent d’adresser la parole à qui pensent différemment d’eux.
      J’aime beaucoup le texte sur le respect et la tolérance

  25. Sylvain Métafiot a presque tout dit.

    Athée, je suis personnellement tolérant envers les religions. Ce qui me fait gerber en revanche c’est que la société du « bien penser » nous pousse à tolérer les pratiques obscurantistes de certains fanatiques ignorants, au nom de la « tolérance ».

    Exemple, la Grande-Bretagne a autorisé « la lapidation par chaussures lors des manifestations » pour les musulmans car c’est « une forme de protestation ». Ben oui, les pauvres chouchous ça pourrait heurter leur sensibilité que de leur interdire de le faire.

    Buter sa femme au fusil de chasse parce qu’elle couche avec le facteur, c’est aussi une forme de protestation non ? Je me demande d’ailleurs toujours pourquoi c’est interdit !

  26. Le problème de la discussion et de la tolérance atteint, il me semble, son point culminant et critique avec les négationnistes, ces « faussaires de l’histoire » pour reprendre l’expression de Robert Badinter à l’encontre de Robert Faurisson.

    En effet, selon Christian Godin, dans « Négationnisme et totalitarisme » (Pleins Feux, 2000):

    « Le dénégationnisme [terme employé par Godin pour qualifier plus précisément les négationnistes, renvoyant à la dénégation et à la forclusion de Lacan] pose également un problème logique, voire déontologique : en abolissant le réel, qui est l’objet premier du dialogue, il supprime la condition du dialogue. Contredire un dénégationniste revient à réinjecter du sens et du réel là où il n’y en avait plus : on comprend dès lors qu’il n’attende que cela. Toute polémique lui donne de la légitimité, car la controverse présuppose la symétrie, sinon l’égalité a priori des thèses contraires. Or le dénégationnisme n’est pas une thèse mais la suppression de la condition de possibilité de la confrontation des thèses.
    Le débat historique n’est pas entre d’un côté l’existence des chambres à gaz et de l’autre leur inexistence mais entre les différentes façons de répondre aux questions des causes et des origines, des modalités et des finalités de cette descente de l’enfer sur la terre. S’il devait être une réponse, le combat serait faussé, puisqu’il n’aurait pour résultat que le renforcement de l’ennemi. Nous disons bien ennemi et non pas adversaire, car on partage un champ symbolique commun avec un adversaire. Les dénégationnistes sont des maniaques qui ne réagissent que sur le mode de la hantise : le moindre article, la moindre intervention par eux remarquée sur ce thème qui les obsède, est l’objet d’un harcèlement sans fin. Ces dobermans passent leur vie sur le même os. Doit-on les laisser dans leurs niches (Internet leur en offre de nombreuses et confortables) ? Nous ne le croyons pas.
    La mémoire doit-être d’autant plus cultivée qu’elle est fragilisée, et les médias les plus modernes, qui mettent tout à égalité, le sens et l’absurde, la rumeur et la preuve, servent toujours davantage les fantasmes des négationnistes. Aussi est-il de notre devoir de lutter toujours, par le savoir et les arguments. »

  27. Dire de l’athéisme qu’il est une croyance, c’est comme dire de la bonne santé qu’elle est une maladie.

    • sachant que l’athéisme ne peut être prouvé il en devient de fait une croyance

      @ le médiocre
      « qui a créé le monde ? dieu ?
      pourquoi ? parce que le monde nécessite un créateur.
      Alors comment est arrivé Dieu ?
      Il était la, c’est tout.
      Si L’existence de Dieu se suffit a elle même, alors l’existence de l’univers peut se suffire a elle même.
      D’où l’inutilité de Dieu »
      ouais mais juste nan quoi …
      prenons le point de vue de Toto l’ornithorynque (qui est selon certains la preuve que dieu a le sens de l’humour) dans son zoo:
      qui a créé le zoo? un type?
      pourquoi? pasque le zoo nécessitait un créateur
      alors comment est arrivé le type?
      il était là c’est tout
      si l’existence du type se suffit à lui-même alors l’existence du zoo se suffit à lui-même
      d’où l’inutilité du type
      sauf que nous on sait très bien que c’est faux mais le pauvre Toto lui n’en sait rien il n’est qu’un con d’ornithorynque qui ne peut pas concevoir comment le type est arrivé là (bon il peut pas vraiment concevoir ce genre de réflexion non plus mais on fera comme si) … et si nous étions les ornithorynques de dieu?

      @Typhon (je me doutais de l’origine de ce pseudo et je dois dire que j’approuve)
      en fait non: l’existence de dieu satisfait bien mieux le rasoir (jetable) du sieur Occam que son inexistence (car après tout comment est arrivé dieu ou comment est arrivé le Big Bang on n’en sait foutre rien sauf que dieu se suffit à lui-même (comme le savent tous les rôlistes avec le fameux « ta gueule c’est magique ») alors qu’il faut une explication au Big Bang)) car il reste la possibilité (pas si absurde que ça) que nous ne soyons pas en mesure de comprendre dieu (de même que Toto ne peut pas comprendre son zoo) alors que l’on devrait comprendre les causes du Big Bang (ce qui n’est pas le cas)
      l’explication divine face à l’inconnu a d’ailleurs toujours été la plus simple (et certes la plus fausse) comme le dénombre bon nombre de croyances qui expliquent comment fonctionne le monde (au hasard Héphaïstos/Vulcain est sa forge pour les volcans et Zeus/Jupiter (ou Thor (qui a quand même plus la classe)) pour la foudre)

      d’où mon affection toute particulière pour cette phrase (bizarrement souvent mal perçue): « votre dieu n’est pas le mien »

      et pour finir la tolérance (hormis biologiquement parlant (beaucoup de gens dans les pays « développés » tolèrent le lactose et aiment ça)) c’est finalement un truc de lâche couplé à une connaissance (plus ou moins approfondie) des effets que pourrait causer une intolérance (comme par exemple l’autre jour où j’ai toléré qu’un représentant de la loi me mette une amende car si je l’avais joyeusement envoyé paître à coups de « zyva nique ta race de chien va arrêter des voleurs » ou autre joyeusetés du genre je me serais retrouvé plus que probablement en garde à vue avec de surcroît un outrage à fonctionnaire dans l’exercice de ses fonctions (ça et le fait que pour le coup c’était aussi un peu de ma faute) tout comme on peut tolérer un facho qu’on croise dans la rue pour éventuellement (là ça dépend des gabarits respectifs) ne pas ramasser ses dents sur le trottoir (et avec les bras cassés c’est d’autant plus difficile) tout en se retrouvant au poste (voire au trou) pour avoir provoqué une rixe)

      • « sachant que l’athéisme ne peut être prouvé il en devient de fait une croyance »

        Sauf que non. Si je dit « les licornes existent » on va raisonnablement me demander des preuves. « Mais tu n’as pas de preuve qu’elles n’existent pas ! Ta position est irrationnelle ! » Répondrai-je alors.
        Sauf que ça ne marche pas comme ça: quand on pose une hypothèse, c’est celui qui l’émet qui doit la prouver. Dans la vie de tous les jours, on est pas a-licorniste. On a juste aucun besoin d’apporter une preuve que ça n’existe pas puisqu’on en pose même pas d’hypothèse supplémentaire pour expliquer le monde qui nous entoure.
        Et le rasoir d’occam faudrait comprendre ce que c’est avant de le sortir à toutes les sauces ! Ca n’est pas juste « la théorie la plus simple gagne », ou alors il faut comprendre ce que « simple » en science signifie: c’est « si deux théories permettent d’expliquer avec précision le même phénomènes, celle qui requièrent le moins d’hypothèses et de postulats est certainement la plus exacte ». Et c’est pas « oh ben dieu ça explique tout c’est bon parceque c’est simple à comprendre pour le premier benêt venu ».
        Le meilleur exemple c’est celui de Laplace.
        Les premières théories sur la gravité n’étant pas exactes, il n’était pas rare d’attribuer la différence entre les calculs et les observations par l’oeuvre du Divin, qui préservait l’équilibre de toute chose. (vite fait le modèle était gravité+intervention divine). Laplace élabora par la suite un modèle plus exact, qui concordait aux observations sans la moindre intervention divine. (modèle = juste la gravité) Ce qui aurait donné lieu à la fameuse phrase quand on l’interrogea sur l’absence d’intervention divine « C’est que je n’ai pas eu besoin de cette hypothèse là ». A noter que Laplace était croyant, donc ça n’était pas une affirmation de son athéisme, juste que ça n’avait rien à voir pour que sa théorie marche.

        D’ailleurs tant qu’on en est à parler de rationalité: deux autres concepts majeurs en science sont la réfutabilité et le pouvoir de prédiction. L’hypothèse de l’existence d’un dieu n’étant pas réfutable par des preuves (oh tiens!) et ne permettant pas de prévoir l’issu de quelque phénomène que ce soit, oser la poser comme rationelle, c’est un peu gonflé.

        Je n’ai aucun problème avec le fait que quelqu’un soit croyant ou non, je ne pense pas que les religions soient un problème (plutôt ce que les gens en font) mais faut arrêter de faire croire qu’il y a la moindre rationnalité la dedans: c’est de la foi, point.

      • C’est fou à quel point je suis devenu dépendant de ce foutu correcteur d’orthographe ! Mes excuses à la langue française.

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