La symbolique c’est fantastique

Notre guide semble hésiter l’espace d’un instant : il a un doute. Il a dû réviser toute la nuit son texte si j’en crois les cernes qui ornent son visage, et pourtant, il a un trou. Il n’est plus sûr de la date exacte à laquelle l’architecte dont il est en train de nous parler a réalisé sa troisième halle de style dans une quelconque ville où aucun d’entre nous n’a jamais mis les pieds. Il bafouille, rougit, hésite… il est bien jeune et ne semble pas vouloir décevoir son auditoire d’officiels en goguette. Aucun d’entre eux ne se soucie de cette date ; il pourrait improviser, faire sans, mais non : il compte bien continuer de réciter naïvement sa leçon comme un écolier fier de connaître sa poésie par cœur. Probablement un de ces bons élèves qui a traversé tout sa scolarité sans une once de sens pratique, mais capable de bachoter comme personne. Quant à l’aisance orale…

« Heu… c’est en… aaaah… heu…« 

Il agite les bras et plie les jambes nerveusement d’une manière qui informe l’ensemble de l’auditoire et des passants que son côté efféminé et ultra-maniéré s’amplifie lorsque la panique vient à poindre. L’officiel en tête de la délégation, celui pour qui on a organisé cette petite visite regarde sa montre et toussote. Mais notre guide ne l’entend plus : il est perdu dans les archives de sa mémoire à chercher un dossier mal classé. Le responsable officiel local, tentant de se dépêtrer des sables mouvants dans lequel son guide s’efforce de s’agiter pour enfoncer le groupe un peu plus chaque seconde décide d’embrayer.

« Passons par le parc ! » dit-il en indiquant un vaste jardin avoisinant, sur lequel nous venons d’être abreuvé de détails historiques et architecturaux. « C’est un lieu agréable en cette saison : les jeunes viennent s’y détendre et profiter de leur pause repas. » Il pose une main sur l’épaule de l’officiel en chef pour l’inviter à le suivre en direction de cet espace de verdure. Notre groupe dépasse le guide, qui semble s’enfoncer un peu plus chaque seconde dans ce qui ressemble à une crise d’autisme entrecoupée de « Ha, mais je le sais ! » et de hoquets nerveux. Je presse le pas de peur qu’il ne finisse par sombrer totalement dans la folie et ne tente de poignarder les passants à coup de bic mâchonné.

C'est vrai ça : que deviennent nos fayots une fois sortis de l'école ?

La petite délégation s’engage dans le parc, et c’est notre hôte local qui prend la relève du guide en nous parlant des nombreux travaux que sa commune a engagé pour en arriver à un tel paradis de verdure. Sur les pelouses, à l’ombre d’arbres d’origines variées, de petits groupes de jeunes sont allongés ici ou là et savourent un repas, discutent ou jouent aux cartes. Assis sur le dossier d’un banc, l’un d’entre eux joue un petit air de guitare qui semble enchanter une jeune fille à ses côtés ; ce soir, après le cours de chimie, l’apprenti-musicien lui proposera de l’aider à faire ses devoirs et pourquoi pas de lui montrer comment jouer un morceau ou deux sur sa guitare. Il posera ses mains sur les siennes alors qu’elles tenteront quelques maladroits accords sur le manche en acajou, et lors de ce contact physique supposément pédagogique, leurs regards se croiseront, intenses : là, il lui mettra la guitare sur la gueule et profitera de son inconscience pour se la taper. Ha, les amours adolescentes…

Laissant mon regard s’attarder sur quelques groupes ici ou là, je remarque soudain qu’en réalité, ce parc abrite derrière ses allures douces et romantiques toute une série de guérillas extrémistes en manque de sang, tel que celui qui bat dans les veines du cortège cravaté que mes camarades costumés et moi-même formons : c’est une véritable embuscade. Sur la besace d’un jeune homme, une étoile rouge est brodée : ce dangereux communiste portant le sceau de l’armée rouge est probablement un terrible révolutionnaire pour lequel nous serions des cibles idéales ! Là, c’est une croix gammée qui est taggée sur le bord d’un banc, signal de l’entrée dans un territoire tenu par un groupe néo-nazi qui se fera sûrement un plaisir d’ouvrir le feu sur le communiste précité, nous prenant ainsi dans un tragique et terrible feu croisé ! Là-bas, des vampires se cachent du soleil à l’ombre d’un immense chêne et semblent guetter leurs prochaines proies ; leurs regards semblent indiquer que nous serons de ceux-là… Et ce n’est pas fini, car un personnage en pantalon large traverse le chemin aménagé juste derrière nous, arborant fièrement un écusson anarchiste à l’épaule ; diable ! Et dans cette direction, un cheguevariste… ho un sataniste qui nous fixe et… et elle, brandissant son poing en… ha ! Ho !

Tout devient confus, ma tête me tourne tant chaque nouveau regard semble indiquer un nouveau danger, et pourtant… pourtant, aucun de ces sigles ne veut dire quoi que ce soit. Ils sont tous morts il y a bien longtemps, victimes du temps qui passe et des récupérations diverses.

Une étoile rouge sur le sac ? le jeune homme qui l’affiche fièrement et son voisin portant lui un t-shirt du Che n’ont rien de dangereux communistes révolutionnaires, non. Ce sont deux trous du cul en train de jouer en réseau sur leurs Ipods offerts par papa et maman. Tout comme leurs scooters, siglés d’autres signes tout aussi révolutionnaires, parce que la rébellion il faut la porter sur les vêtements pour faire cool ; la faire dans les actes, c’est un coup à être privé d’argent de poche durant une semaine, alors non… le risque est trop grand. Être un rebelle, ça se mesure à la quantité d’écussons à caractères revendicatifs que tu portes et à la largeur de ton pantalon : plus c’est large, plus tu niques la société, plus c’est slim, plus tu as de chances d’avoir ta carte chez les jeunes UMP. Dans l’immédiat, les seules propriétés privées que ces petits trotskystes iront mettre en commun, ce seront leurs bouteilles de biactol et leurs revues porno. Et une fois cela fait, ils iront demander à maman de broder un sceau de l’armée rouge sur leurs nouveaux jeans pré-troués. Et dire que Lénine portait des costards, pfff, le vieux conservateur rétrograde.

Un révolutionnaire sans baggy ? Le nul.

La croix gammée sur le banc ? Ce n’est même pas un nazi qui l’a faite. D’ailleurs, elle est à l’envers. Ha, combien de spécialistes de la question lors des profanations pour chercher à comprendre pourquoi la croix a été faite à l’envers ? « C’est probablement un symbole de renouveau par rapport à l’ancienne doctrine… un groupe plus dangereux et plus actif… » ; « Non, il s’agirait plutôt d’une volonté de doubler la nuisance du symbole, en le rendant plus étrange encore et plus symbolique d’un refus total de l’ordre établi… » et autres théories pour découvrir qu’en fait, c’est Théo, 11 ans, qui l’a faite avec son copain Hugo parce qu’ils avaient piqué le blanc de Léa en cours de français et qu’ils comptaient bien le vider ; Théo a eu l’idée de faire le sigle qui fait trop trop peur aux gens, la croix machin, là., sur un banc du parc.. zut… dans quel sens elle se fait… Car non, l’idée que cela puisse juste être fait par des cons (petits ou grands) échappe mystérieusement à tous les analystes. Il est vrai qu’on imagine tout à fait les tactiques de propagande de cellules secrètes nazies : « Bon les gars, on va faire notre sigle, mais à l’envers, histoire d’être bien sûr que personne ne pige rien à qui revendique quoi. Et demain, on fera une croix toute simple. Et la semaine prochaine, on remplacera la croix gammée par une tarte aux fraises, ha ha, on est trop diaboliques. » ; tremble, monde libre.

Des vampires ? Certes ils sont blancs, vêtus de tenues mystérieuses et pleines de cuir et de couleurs sombres et semblent quelque peu associaux, mais ils ne boivent pas trop de sang. Ni de vin. Ni d’alcool. Mais par contre, ils ne crachent pas sur le Banga (les booms d’adolescents gothiques, ça doit être quelque chose : planter ses fausses canines dans un berlingot de jus de fruit, ça doit faire son petit effet). Ils ont vu Twilight et ont grave kiffé les poésies des skyblogs ou d’autres gens, comme eux, se sont détournés de la société (« Hahaha, ils m’ont rejeté et ne m’invitent pas aux booms car je ne suis pas cool ; je suis différent, je suis… une créature de la nuit… Ils me craindront ! Maintenant, je vais me draper dans ma cape et me mettre au lit, il est déjà 21h.« ) et ont découvert la voie obscure, celle qui côtoie chaque jour la mort et explique la solitude. Sur l’agenda de l’une d’entre elles, on aperçoit même un pentacle argenté : pour certains, il ne suffit plus de se trouver un petit côté « dark » (sombre, c’est pour les ringards), on peut pourquoi pas se la jouer sataniste (ça fait trop peur !) en portant quantité de crucifix à l’envers (décidément, les croix à l’envers…) ou en claquant son pentacle sur son agenda. Nan parce que c’est vrai, c’est bien pratique un pentacle sur un agenda. Mise en situation :

« Ho non ! 7 au contrôle de maths !
– T’aurais dû réviser au lieu d’écrire ton poème « La mort aime le tang » sur ton skyblog, Adèle-Guenièvre.
– Tais-toi Matthéo ! J’ai tout prévu ; je me saisis de mon agenda et… ô Lucifer, j’en appelle à tes pouvoirs obscurs, viens à mon aide ! Regarde comme je sacrifie avec mes ciseaux à bouts ronds cette règle souple Hello Kitty ! Entends mon appel, seigneur des ténèbres, et apparais en mon pentacle (mais pas trop fort, si le prof me voit encore faire des invocations en cours il va me coller) car j’ai besoin de la moyenne en maths ce trimestre ou papa va me confisquer ma collection de bottines avec lamelles de métal ! Je te propose en échange mon ââââme… »
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On sous-estime trop souvent l’intérêt d’avoir un pentacle portatif. D’où l’agenda. En tout cas, s’ils partagent bien un point avec les créatures de la nuit, c’est leur refus total du soleil : non pas lié à leur bronzage, mais à leur tenue, qui les fait littéralement crever de chaud pour peu qu’ils exposent une once de leurs corps à l’astre céleste.

Journée de la femme : après l'interdiction de la burqa, bientôt celle des gothiques

L’anarchiste ? Une jeune punkette (elle a un bracelet en cuir et une mèche de cheveux colorée de couleur extrêmement vive) discute avec lui en brandissant de temps à autres en l’air son poing, dont ne dépasse de ce dernier que l’index et l’auriculaire dans un geste connu qui fait sourire les supposés vampires voisins : « Rock n’Roll ! » dit elle, puisqu’elle sait là que c’est ce que ce signe signifie. Du moins, selon elle : elle l’a vu dans des concerts de Tokio Hotel. Son collègue au célèbre A débordant légèrement d’un cercle brodé à même le t-shirt Calvin Klein reprend le cri avant d’embrayer sur son dernier acte de refus total de la société qui ferait pâlir Bakounine tant il est osé : il a téléchargé un album entier sur internet et a mis tout ça sur son baladeur ! Et nique la loi ! La société vous vole, à bas la société ! Il présente alors sur son Ipod l’ensemble de ses dernières prises de guerre à la jeune fille qui se met alors à glousser en frétillant. C’est son combat à son échelle pour faire s’effondrer les bases du système oppresseur capitaliste : non, il n’a pas fait ça pour avoir de la musique de merde gratos, c’est évidemment un geste de rébellion à caractère revendicatif fort. Ce soir, ensemble, ils feinteront la société en sortant ensemble sans dire à leurs parents s’ils rentreront à 21h30 ou 21h45, pour vivre leur idylle méprisée des bourgeois, puisqu’il y a au moins 7 mois de différence entre eux deux. Personne ne peut comprendre leur amour. Ils sont des rebelles, des fous, qui vivent sans lois se nourrissant désir platonique, d’air pur et de SMS chanmé grave . Ou en tout cas, ce sera le cas jusqu’à leurs 18 ans, merde, vas y, fuck quoi. No future.

Je m’écartais temporairement du groupe pour m’approcher du jeune anarchiste supposé, tout occupé qu’il semblait à allumer son briquet pour le porter à sa bouche. Énervé qu’il était par la résistance que lui opposait l’objet en plastique, il n’entendit pas le bruit produit par mes semelles dans la petite allée qui menait à l’endroit où lui et son amie avaient décidé de s’isoler. C’est donc arrivé à son niveau que je me permis de saisir par surprise du joint qu’il tentait de s’allumer en ajoutant au geste un petit mot gentil comprenant les mots « interdit », « amende », « condamnation » et « viol dans les douches de Fleury-Mérogis« . Surpris, trop jeune et pas assez anarchiste, il décida donc de détaler avec son amie en poussant quelques jurons sur ces voleurs de pétards qui ne respectent donc plus rien.

Je m’en retournais vers notre guide qui n’avait pas bougé de sa position et s’agitait désormais dans une succession de petits cris incompréhensibles : je lui mis donc à la bouche l’objet nouvellement confisqué dont je disposais, avant de l’allumer à l’aide d’une longue allumette à cigares.

« Tiens, ça te fera du bien mon garçon. »

Il me jeta un regard étonné tout en s’étouffant à moitié avec ce haschisch de mauvaise qualité. J’en profitais donc pour m’éloigner promptement avant qu’il n’aie pu piper mot, et alors que je regagnais le groupe d’officiels au travers des allées du parc, je saisis l’occasion de croiser deux agents de la maréchaussée en VTT pour leur signaler un étrange personnage fumeur de marijuana à l’entrée de ce parc empli d’adolescents influençables. Fier de ce geste citoyen, je réajustai ma cravate Hugo Boss.

Tant qu’à porter des sigles revendicatifs, autant s’habiller chez le tailleur des nazis ; c’est tout de même plus classe.

53 réponses à “La symbolique c’est fantastique

  1. Comme toujours un article qui dépeint la triste vérité sur notre société!!!

    J’interviens juste, au nom de Marie-Françoise D’Acajou, présidente de GEAFE (Guiter En Acajou For Ever) qui s’est outrée de la façon dont vous avez utilisé un si précieux objet qu’est une guitare en acajou. Tout cela pour créer un effet presque pas comique sur les amours adolescentes!!!

    Message passé, je vous souhaite une bonne journée!!!

    • Pourtant, l’acajou est parfait pour assommer autrui. Mme D’Acajou en est d’ailleurs une merveilleuse preuve.

  2. Cher Odieux Connard,

    Vous êtes vraiment d’une cruauté sans nom.
    C’est à se demander si vous songez une seule seconde aux conséquences de vos agissements.
    Nous obliger ainsi à nous souvenir de Gérard-Langue-de-Pute et de Pine d’Huître, alors que le créneau horaire de Nulle Part Ailleurs est aujourd’hui squatté par ce faux-cul de Denisot, je trouve ça moche.

      • Et c’est un temps que les plus de 20 ans aimeraient bien connaître à nouveau. Non non, ce n’est pas de la nostalgie, c’est de la lassitude.

        Sinon je ne peux que être d’accord sur ce qui a été écrit, quoique dans le resto où je bosse, régulièrement fréquenté par une « bourgeoisie lycéenne », beaucoup de jeunes ont bien pris conscience de certaines contradictions et font des efforts pour éviter de passer pour des truffes, comme celles-décrites plus haut, et je trouve ça fort rassurant. Tout n’est donc pas perdu Camarade Connard!!!

  3. La vérité sur le mystère des swastika à l’envers, c’est que ce sont des Bouddhistes qui les ont gravé à des fins prosélytes. La symbolique de la swastika dextrogyre étant passée de mode depuis 1945, les bouddhistes préfèrent désormais des lévogyres.

    Typhon

    • Et après, les moines bouddhistes s’étonnent de se prendre une armée communiste sur le coin du nez.

      A force d’afficher des swastikas dans tous les sens, aussi, bon…

      • Ajoutons d’ailleurs que le crucifix à l’envers n’a rien de satanique, puisque c’est ce qu’on appelle une croix de St-Pierre.

        La légende veux que Simon, bonne groupie de Dieu, se soit fait crucifier à l’envers pour ne pas mourir comme Jésus et ait changé de nom pour Pierre, histoire de justifier un des jeux de mots pourris du fils de l’homme.

        Ça me parait douteux que les Romains aient accédés à cette revendication, mais bon, voila.

        Typhon

      • Si Shimon s’est fait appeler Pierre, c’est surtout parce que Pierre, ça fait moins juif. Déjà que le taulier s’appelait Yeshua ben Youssef…

      • Si si, les romains ayant beaucoup d’humour se sont empresser d’accéder à la requête du vieux juifs quand celui-ci leur informa qu’il ne souhaitait pas être remercier de la même manière que son mentor. Ils l’ont donc crucifier à l’envers ce qui a pour effet de tuer très vite le sujet sans qu’il souffre trop. (Quels humaniste ses romains)

  4. Permettez-Moi, cher monsieur, de porter à votre connaissance la très forte hilarité dont Je fut saisi à la lecture de votre douce prose.
    Il en va de même, bien entendue, des écrits précédents.
    Dans l’attente de vous relire, veuillez blablabala.

    Le Créateur Fou, nan mais trop chanmé, quoi.

    • Monsieur,

      J’ai l’honneur de vous informer que nous avons bien reçu votre courrier de compliments

      Vous remerciant de l’attention que vous portez à ce blog, nous vous prions d’agréer, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

  5. Cher Odieux Connard,

    Je tenais à vous informer que cela fait maintenant plus d’un mois que je lis vos articles et je me fais toujours une joie de vous lire.

    Concernant cet article, je trouve un peu facile de critiquer des jeunes qui font ce qu’ils peuvent pour se créer une identité (si on ne les gavait pas de twilight et autre Tokyo Hotel, ils s’intéresseraient à autre chose). Enfin, vous n’êtes pas un connard pour rien.

    Aussi, il me semble avoir vu une coquille, paragraphe 6 :
    « …ma tête me tourne tend chaque nouveau regard semble… »
    tend -> tant ?

    Au plaisir de vous relire,

    Tovarich

    • Ha, en effet, quelle coquille ! Vous avez bien raison de la signaler, merci, je m’en vais la corriger de ce pas.

      Oui, la facilité est aussi un signe extérieur de connardise que je porte toujours fièrement. Mais je méprise les jeunes de manière générale et chaque nouvelle occasion de conchier ces hordes en rut est pour moi un moment de relaxation.

      • Oui je crois que y a 2-3 fautes d’accord au passé simple à la 1ère personne (je réajustais > réajustai).
        Ah et aussi c’est « TokIo » Hotel. Eh oui, pleurons.
        Mais je rejoins Tovarich, difficile de ne pas se retrouver classé dans une catégorie, à moins de tomber dans la neutralité la plus totale. Même un simple combo tshirt/jean peut vite nous cataloguer chez les geek.
        Et ce sont ces mêmes personnes qui catalogueront les adolescents, qui diront ensuite des ‘gens’ dans le métro : « Ils ont le regard vide, amorphes, complètement dans leur bulle, coupés du monde : foutus Français ! » (quoi, moi aussi je prends le métro et m’égare dans mes pensées ? ah bon).
        Cela dit je détecte malgré tout une légère touche d’autodérision sur la fin qui fait plaisir. ^^

        Mais à part ça j’apprécie beaucoup votre blog !

      • Et vous faites bien de relever les fautes ; j’en laisse toujours passer quelques unes bien malgré moi.

        N’hésitez donc pas si vous en voyez qui vous brûlent les rétines ! Je m’en vais corriger de ce pas.

  6. Il doit y avoir moyen d’utiliser l’acajou, au moins le manche, d’une façon plus sophistiquée pour réjouir la donzelle, déjà émoustillée par la prestation musicale. (Quoique… les frettes vont gratter..)
    Belle description de la faune acnéique des squares urbains. On sent le vécu. Allah akhbar, mes filles m’épargnent à peu près ça. Ah, les internats catholiques suisses, y a que ça de vrai!

    • Les internats catholiques suisses, on ne risque pas d’y dire Allah akhbar ces derniers temps : leur réputation d’excellence n’est donc guère usurpée.

  7. Cher odieux connard,

    J’aurais cru qu’un esprit aussi acéré que le votre aurait su discerner la rébellion de mes con-patriotes adolescents, qui veulent vraiment changer le monde, comme ils le disent si bien dans un lip-dub trop connu. Hélas, la seule et unique vérité, c’est que si le Che avait eu la tronche d’un des frères Bogdanov, y aurait moins de nains béciles à étoile rouge (mettons orange, un camarade de classe lui ayant volé le feutre rouge pour écrire le numéro du département des Vosges sur des tombes juifs. Ca devait être sacrément effrayant, les Vosges à l’époque, pour que ça fasse autant peur).
    J’admire, plus tard, je veux être comme vous. (Navré)

    • D’où l’expression « la ligne bleue des Vosges », frontière entre le monde libre et l’enfer. Et puis il y a même eu des humoristes vosgiens, qui à eux seuls, ont justifié cette réputation.

      • « Des humoristes vosgiens »? Palsambleu! des noms!
        (Tiens, pour Firefox, « vosgien » est une faute d’orthographe. Est-ce un signe?)

      • malgré un langage bien à nous ( https://www.youtube.com/watch?v=dtu9ccilZrM ) tout le monde connaît la quiche lorraine (et non la ouiche n’en déplaise à un certain flim (qui n’est pas sur le cyclimse))
        quant à la « frontière entre le monde libre et l’enfer » je confirme mais néanmoins probablement pas dans le sens souhaité

        on fait keskon veut et ceusses qui sont pas contents peuvent venir chercher des coups de haches (je m’interroge d’ailleurs sur la viabilité du corps humain à servir de « piste » pour la schlitte (pour les incultes le Gros Robert est votre ami (pas le dico: le type qui masse les gens à coups de barre à mine (histoire de vous apprendre à être inculte)))

        quant aux humoristes ce bon vieux Claude Vanony est toujours de ce monde n’en déplaise à certains

  8. Ah, c’est toujours un plaisir de lire votre prose sur l’imbécilité de mode des jeunes ^^.
    Je pose ma pierre à l’édifice en rajoutant que pour la plupart d’entre eux, ils portent par devers eux un symbole sans savoir ce qu’il signifie. Discussion type entre investigateur et jeunetrouduc:

    investigateur: sais tu au moins qui est le Che Gevarra?
    jeunetrouduc: une marque de tee-shirt non?

    Je propose un cours pour chacun de ces symboles à ces jeunes branleurs. Et si la leçon ne rentre pas bien, ce qui ne m’étonnerais pas au vu de leur attention de chihuahua cocaïnoman, des coups de battes barbelés.

    • En même temps, c’est quand même bien fait pour ce sale communiste d’être devenu une marque de T-shirt.

      Le capitalisme, c’est génial au moins de ce point de vue là : on peut faire de l’argent avec tout, même et surtout avec la lutte contre le capitalisme. La rébellion est un produit de consommation parmi tant d’autres. L’écologie aussi.

      De toute façon, c’est ça ou vivre dans une dictature.

      Typhon

    • Le marché de la batte barbelée me parait intéressant ; la question est d’inventer un sport qui justifie sa vente au nez et à la barbe des autorités.

      • Un sport avec des ballons gonflables à crever. On peut essayer de créer une fédération et déposer les statuts, pour voir. La FFBBG (Fédération Française du Base-Ball Gonflable, genre).

      • Je suis plus que tenté. Sans compter que ça relancerait l’industrie du barbelé ; ne reste qu’à écrire les règles (genre « deux équipes doivent exploser un maximum de ballons en un minimum de temps ») et en route.

  9. Cher odieux connard. Ayant moi même moins de 18 ans j’ai été outré de voir que vous dévalorisiez ainsi des jeunes en manque de repères dans une société en pleine déliquescence ! Comprenez les enfin, ils profitent de l’oppulence dans laquelle vivent leurs parents et n’ont pas de choix : ils tentent de se faire leur place au soleil !
    Et c’est pour ça que chaque citoyen devrait se voir remettre une bonne vieille paire de rangers pour leur écraser la gueule !
    Non mais.

    Ah petite remarque, à mon avis l’espèce la plus dangereuse reste quand même le hippie, qui devrait exterminé. (Livre selon St Eric IX,2)

    • Attention, il existe moult variantes de hippies, mais cela pourrait être détaillé prochainement.

  10. Bon sujet, original est drôle, comme toujours.

    J’ai cependant une petite remarque désagréable (une fois n’est pas coutume), je trouve que l’introduction avec le guide est totalement inutile et assez lourde. Tout comme la conclusion sur ce même guide. Le récit aurait pu débuter et terminer dans le parc à djeunes.

  11. Cher O.C.

    Je souhaiterai élever une protestation, je retrouve ici trois commentateurs habituels de mon blog, compagnon de la phalange de la tétyne; il est incroyable qu’ils ne m’aient jamais prévenu avant de l’existance de ce blog !

    Arthur Rainbow, qui ne doit pas assez trainer dans les parcs, car il ne reconnait rien ici.

    • C’est pas le bon endroit pour protester, il y peut rien, lui. Et en plus, j’ai mis son blog dans mes liens. J’avais pas le budget pour un panneau publicitaire de 60*60

      Typhon

      • Ce qui est assez décevant : vous n’auriez pas pu vendre un rein ou deux pour obtenir ce budget ? Il y a des gens qui ne font aucun effort.

  12. Une vraie langue de pute !
    la description des goth est un peu erronée.
    C’est plutôt les goth-kevins de 14 ans dont il s’agit ici, et encore.

    note: les goth plus âgés, ne sont pas plus méchants, mais un peu moins folklo.

  13. PS: tiens, c’est etonnant que tu n’ai pas pensé aux racailles (qui font d’ailleurs une guerre a tous ce qui ressemble de pres ou de loin aux goth ou metalleux, mais surtout pas nazis, parcequ’en general quand y a une petit groupe de nazis, il en a un systematiquement un qui fait 2m de haut sur 3 de large…)

      • je ne sais pas s’il y avait un sens caché pour malade dans ta réponse, ce que je sais c’est que les ‘cailles ne sont pas des prédateurs : il ne bouffent pas ceux qu’ils font chier.
        Dans mon jargon on appelle ca des « gros lâches »

  14. Un nouveau genre de parasites est également en plein air depuis quelques temps.

    Vous voyez de qui je veux parlé, cher odieux connard ?

    Il s’agit de ces bandes de lépre… de jeunes semblant tout droit sortis d’un cirque : avec jongleur à la sauvette, musiciens du dimanche, cracheurs de feu pyromanes malgré eux, etc.

    Une solution radicale est-elle à prévoir pour leur cas désespéré ?

  15. Avec beaucoup de retard, je découvre ce blog (avec un article traitant de Justin Bieber et Lady Gaga), et, en farfouillant (parce que j’ai aimé ça), ce post.
    Je voulais donc au passage vous informer que de nombreuses personnes luttent contre cette mode des signes distinctifs ostentatoires, et pas seulement au gouvernement. Il est vrai que la rebellion est devenue une industrie (des badges du Che à la FNAC, non mais vraiment…). Cependant, n’oublions pas tous ces gens qui ne ressemblent pas à grand chose, mais qui, une fois la barrière des apparences passée, se révèlent être les vrais porteurs de ces messages révolutionnaires et libertaires. Je dis ça pour les anarchistes, pour les vampires aux dents gélatineuses et les néo-néo-nazis habillés chez Petit Bateau, je ne connais guère le sujet.
    J’ajouterai que les hippies se gardent en plus grand nombre de participer à ce déballage de symboles à outrance. On a jamais vu un sac Eastpack vert fluo avec marqué Woodstock dessus, me trompé-je?

    Au plaisir de vous relire,
    HopelessUtopian, qui a fait les trous dans ses jeans lui-même à force d’usure.

    • J’ai oublié la petite citation culturelle:
      « On s’en va nulle part si la substance se résume au symbole. On s’en va nulle part si l’action confirme pas le sens de nos paroles. » Etre un comme, Les Vulgaires Machins

    • Bof, des badges de Guevara à la FNAC, pour le plus connu des ministres de l’Industrie du monde, c’est une forme d’hommage, non?

  16. « (…) mais ils ne boivent pas trop de sang. Ni de vin. Ni d’alcool. »

    Hmmm, les temps ont bien changé. C’est aparemment très bien perçu chez les pseudo-goths-anarchisto-rebelz que j’ai pu observer de vivre bourré, ça fait mature et classe. C’est un point de vue.
    *bonk* (bruit d’un front las et consterné heurtant la surface d’un bureau)

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