Dysréfléchie

« Asseyez-vous, je vous en prie« 

Il indique d’un geste élégant à la mère de famille et à sa fille une rangée de chaises maladroitement alignées devant son bureau ; dans la salle de classe vide, sa voix résonne quelque peu, alors que le léger brouhaha des autres parents d’élèves soucieux de le rencontrer se fait entendre dans le couloir voisin. Il jette un discret coup d’œil à l’horloge murale qui lui indique la même chose qu’à chaque rencontre parents-professeurs depuis des années : il est en retard de quelques minutes, et se doit d’accélérer la cadence.

« Madame Mordinot, enchanté, je suis Monsieur Roland, le professeur principal de la classe de première ES. Permettez que je reprenne la liste des notes de ce trimestre pour Eleese, ci-présente…« 
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Son discours est rompu : des années d’exercice lui ont permis de se forger une phrase toute faite pour accueillir chaque famille, et gagner les quelques précieuses secondes qui lui permettront d’ouvrir son cahier de notes à la bonne page. Son doigt sali par la craie des cours de la journée finit cependant par s’arrêter sur un nom : Eleese Mordinot. Il lit à haute voix :

« Bien, Eleese a une moyenne de… de 6,5. Elle n’a la moyenne dans aucune matière, et a eu plusieurs rappels à l’ordre pour son attitude en cours qui…
– Oui, à ce sujet, je voulais vous voir. »
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Étonné, il relève la tête et jette un regard surpris à la génitrice. Maintenant qu’il y pense, c’est vrai qu’elles se ressemblent toutes les deux : même cheveux bruns, même bouche, même manière d’accentuer les « ou ». En tout cas, madame a l’air déterminée, et à côté d’elle, sa fille ne semble pas s’enfoncer dans son siège, ce qui arrive pourtant généralement lorsque l’on annonce si mauvaise moyenne aux familles. Il ne réalise que trop tard qu’il connait d’ores et déjà la suite de cette conversation.

Des problèmes en orthographe ? Dyslexie, c'est évident.

« Je n’ai pas apprécié les mots des professeurs d’anglais et d’espagnol sur son attitude en cours. C’est choquant, ils ne la connaissent pas, et ils se permettent de la juger ! Mais moi, je suis sa mère, et…« 
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Il décide finalement que c’est à lui de s’enfoncer mollement dans son assise ; après tout, le dialogue est déjà écrit à l’avance. L’histoire du parent qui explique à l’enseignant qu’il sait exactement comment son enfant se comporte en cours (il n’est pas là, mais il le sait, point barre) et qui a mille et une excuses pour le tout, car il ne serait pas dit qu’il a enfanté un cancre.

« …et je leur ai répondu que ce n’était pas sa faute ! Elle est atteinte de dyslexie, ce qui la handicape lourdement pour l’apprentissage des langues.
– Je vois. Vous l’avez signalé dans son dossier à l’aide d’un certificat médical ?
– Non, nous n’avons pas eu de certificat médical. Mais je peux en avoir un s’il le faut !« 
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Évidemment qu’elle peut en avoir un : à partir du moment où elle a décidé que sa fille était dyslexique, il n’y a aucun problème ; le tout reste de trouver le bon médecin. Et si un membre de cette profession refuse de délivrer le précieux sésame, il suffira d’aller voir ailleurs : il finira forcément par y en avoir un pour accepter. Mais il y a de véritables dyslexiques, c’est certain. Eux ont un certificat d’entrée de jeu et sont passés ou passent encore régulièrement chez l’orthophoniste local ; ce n’est hélas pas le cas d’Eleese.

« J’entends bien madame, mais concernant les mathématiques ? Une moyenne de 3 ? Des devoirs jamais faits ? Ce n’est tout de même pas la dyslexie qui…
– Non, c’est la dyscalculie, elle en est atteinte. »
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Steevy Boulay n'a jamais rien calculé tout court. A quoi que ce soit.

Il retire ses lunettes sans dire un mot et les essuie à l’aide d’un pan de sa veste. Il prend un air quasi-désespéré en écoutant ces quelques propos. Il réitère sa demande : la chose a t-elle été certifiée par un médecin ? Non. Par qui alors ? Ha, impossible de savoir. Cependant, elle peut avoir un certificat s’il le faut., vraiment Navré, il tente cependant une autre explication. A côté de sa mère, Eleese sourit. Il se dit que sa dyslexie supposée est sûrement liée à l’orthographe honteuse de son nom, qui a probablement fait pleurer quelques officiers d’état civil des années auparavant.

« Vous savez, peut-être est-ce lié à son attitude en cours : d’après son professeur de mathématique, il doit la reprendre entre cinq et six fois par heure, elle a été collée pour un total de 16 heures ce trimestre, et envoie des SMS pendant les heures dévolues aux exercices de mise à niveau.
– La dyscalculie ! Elle ne peut pas comprendre les mathématiques, alors elle ne peut pas s’y intéresser ! C’est honteux de la part des enseignants de montrer si peu de compréhension face à ses difficultés. Je pense la changer d’établissement l’an prochain. »

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Ce qui est formidable, c’est qu’il n’y a plus – ou quasiment plus – de branleurs à l’école. Désormais, il est possible de se cacher derrière de véritables handicaps à l’apprentissage en affirmant que chaque mauvais résultat est lié à une cause extérieure non liée à l’attitude de l’enfant. Dans de rares cas, c’est la stricte vérité. Dans la plupart des autres, ce sont juste des parents très cons. Un autre handicap, il est vrai. Monsieur Roland note donc sur un bout de papier ce qui vient de lui être dit ; à écouter les familles, il en est à 35% d’élèves dyslexiques, 15% de dyscalculiques et…

Il s’arrête et sourit. Il ne reste qu’une seule tare à ajouter pour que le tableau soit complet, pour que tout soit expliqué. D’autres parents l’ont utilisé, et le plus étonnant est même que Madame Mordinot n’aie pas commencé par là. Il se décide à offrir une excellente ouverture pour que ce dernier sujet soit révélé.

« J’ai bien pris en note la dyslexie et la dyscalculie, cependant, cela n’explique pas ses mauvais résultats en sport ou en arts plastiques… Peut-être qu’elle ne se montre pas suffisamment attent…
– Ha, oui,  mais elle est hyperactive ! La pauvre, elle n’a pas toujours ses médicaments avec elle, et se retrouve alors perdue et peut perturber la classe ; mais il ne faut pas l’accuser, ce serait la culpabiliser alors qu’elle n’y peut rien ! »
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L'hyperactivité se soigne aussi avec des méthodes simples

L’hyperactivité. Il n’attendait plus que ça, et en prend bonne note. Si l’on considère ce qui lui a été dit jusqu’ici, 75% des élèves qui se comportent comme des margoulins sont hyperactifs d’après leurs parents. C’est bon à savoir ; avec des statistiques pareilles, les enseignants devraient se voir distribuer des fusils à seringues pour éléphants histoire de calmer ces hordes en furie.

Monsieur Roland regarde Madame Mordinot et sa fille. Il devrait leur dire la vérité.

« Madame, je suis désolé : votre fille n’est atteinte ni de dyscalculie, ni de dyslexie, ni même d’hyperactivité. En fait, votre fille est juste une grosse conne, exactement comme sa mère qui tente d’expliquer ce phénomène à l’aide de maladies diverses & variées histoire de déculpabiliser tout le monde. Non, votre fille n’est pas hyperactive : elle passe juste son temps à rien branler (à part ses voisins de classe, ça, elle n’est pas atteinte de dyspipe) et lorsqu’on a le malheur de lui faire remarquer, vous débarquez dans nos bureaux pour nous expliquer que ce n’est pas sa faute. Du coup, elle n’a aucune raison d’arrêter. Non, votre fille n’est pas atteinte de dyslexie : si je lui colle un magazine de fringues pour pétasses, jamais elle n’inversera ou ne confondra de lettres au moment de commander sa minijupe ras-la-foune, particulièrement utile en ces mois d’hiver. Et non, elle n’est pas atteinte de dyscalculie : elle est tout à fait capable de donner les bons billets à madame la buraliste lorsqu’elle va s’acheter des clopes et comprend parfaitement les mathématiques sitôt que ça implique un gang-bang. Et vous, grosse vache, au lieu de lui donner un nom qui ressemble à quelque chose, vous avez préféré la couvrir pour vous donner l’impression que votre fille est intelligente, alors qu’elle tient visiblement de vous. »

A la place, il pose simplement la question habituelle :

« Vous allez la descolariser alors ?
– Hein ? Mais pourquoi ? Une moyenne pareille avec tant de handicaps, c’est qu’elle est très intelligente. Et de toute manière, c’est moi qui choisit si elle passe en terminale, pas vous, donc elle ira, et elle aura son bac.
– Je suis déjà très en retard ; bonne soirée Madame Mordinot. A lundi, Eleese.
– Au revoir Monsieur Roland. »
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Monsieur Roland regarde la mère et sa fille passer la porte de sa classe ; à aucun moment, Eleese n’a semblé prêter la moindre attention à ce qu’il se disait, occupée qu’elle était à jouer avec son téléphone en mâchant bruyamment un chewing-gum. Pire, il jurerait l’avoir vu sourire lorsque sa mère a déballé sa pharmacie à tristes excuses qu’elle avait probablement alimenté à l’aide de mauvais reportages télévisés traitant de problèmes véritables.

Et puis finalement, pourquoi n’y aurait-il que des élèves cancres ?

Lundi, Monsieur Roland se découvrira subitement une hyperactivité qu’il ne se connaissait pas. Et il lui mettra sa main dans la gueule, à la petite Eleese, quand elle rira bruyamment dans un long gloussement de dinde mourante.

Il n’y a pas de raisons que seuls les autres en profitent.

72 réponses à “Dysréfléchie

  1. Premier commentaire sur un blog que je lis avec un grand plaisir (aurais-je moi aussi un mauvais fond? diantre!!), car ce billet m’a fait penser à un dessin qui colle bien au sujet:

    [url]http://www.lepost.fr/article/2009/05/28/1553640_c-est-quoi-ces-notes.html[/url]

  2. Oh, je vous aime. (Je sais, vous vous aimez aussi.)

    J’ai eu le même genre d’expérience car j’administre un forum de jeu de rôle à l’écrit (oui j’ai lu votre article sur les Geeks et j’assume ma position =) ) où nous demandons un niveau, disons, pas trop mauvais ; et une demoiselle s’est présentée en postulant pour un rôle assez important avec une fiche globablement écrite en sms. « Oui mai je fais des éfors, je sui disléxique »

    • Il y en a de véritables pourtant, des dyslexiques. Mais bizarrement, ils n’écrivent pas en SMS.

      • j’arrive sur le tard (comme je l’avais indiqué sur un des commentaires de Mai 2010, je relit tout le blog) pour dire qu’un VRAI dyslexique, comme votre humble serviteur, va tout faire pour cacher son handicap et faire le moins de fautes possibles, et sérieusement, il existe moult outils pour « corriger » son handicap, car c’en est un, qui consistent en :
        – utilisation intensive de correcteurs d’orthographe
        – se relire beaucoup
        – prendre le temps d’écrire les choses
        – lire et lire et lire, tout et tout le temps.

        je dis ça je dis rien (et pour l’hyperactivité, c’est dommage que les mines soient fermées dans notre pays) ça motiverait les gosses à bosser…

      • Ah parce que vous connaissez également SMBC ?

        Epousez-moi.

        Allons vivre en Patagonie. Je nous vois déjà, du haut de nos fidèles montures, partir à la chasse au Florent Pagny.

      • Envoyez moi une photographie, un CV et un schéma technique de l’arme avec laquelle vous chassez habituellement le Florent Pagny et je vous rappelle.

      • Pour l’arme, rien ne vaut un M-16, ne serait-ce parce qu’il a un nom qui ferait mourir de plaisir Sardou : le M16K « La France ».

        Pour la photo, mon avatar en ces lieux est parfaitement fidèle à la réalité, avec la même atrophie de l’index.

      • Sans doute êtes-vous au courant mais puis-je faire remarquer que 18 c’est le temps minimum devant élèves et non le temps de travail réel ? Enfin pour un prof consciencieux…

  3. On pourrait peut-être mettre un peu de soleil dans la vie des profs en créant un bullshit-bingo des excuses moisies utilisées par les parents d’élèves : un carton rempli = un coup de pied dans la bouche. En tout cas, la fille de mes voisins sera bien contente de savoir que vous parlez d’elle dans votre blog. Merci à vous.

    • Je vous en prie, mais pensez à changer de voisins rapidement.

      Le bingo des excuses moisies… hélas, le risque est que cela tourne comme tout ce qui concerne la collecte d’anecdotes (VDM, perles du bac) : l’invention pure et simple pour se rendre intéressant.

      Mais il est vrai qu’il semblerait que le niveau général soit naturellement haut.

    • D’où, amis enseignants la grande « opération cagoules » ; les enseignants notent sur une liste affichée en salle de repos les élèves à tabasser.

      Puis, un jour prévu à une heure donnée, on demande aux surveillants d’être très occupé ailleurs.

      Là, des enseignants cagoulés profitant de leurs horaires allégés surgissent, tabassent les élèves de la liste sous le regard ému de leurs collègues, puis disparaissent aussi vite qu’ils sont venus.

      Et hop.

    • Merci bien, mais dites à vos potes profs que durant les soldes, il y a aussi des promotions sur les articles de sport type club de golf ou arc à poulies.

      • Je note. Tout comme je note que je dois m’acheter un livre de grammaire (« ce que me racontENT mes potes profs »).
        Ceci dit, c’est quand même assez cher, quoiqu’un bon investissement. Mais on peut faire aussi bien avec des raquettes de tennis ou des battes de baseball en alu, non?

  4. Ca fait du bien de le lire. L’effet pervers inverse est pas mal non plus remarquez : les gamins vraiment dys-quelques chose qui se font prendre pour des branleurs par des collègues (oui, oui, « j’en suis ») à cause du nombre grandissant de faux dys…

    On n’est pas sortis de l’auberge.

    • Nous sommes d’accord ; les véritables sont noyés dans la masse des autres, créés de toutes pièces par quelques parents hypocondriaques dans leur vision de la scolarité.

      • Pour reconnaître les vrais, il y a un petit « truc » : proposer lors des contrôles de lire les questions à l’élève
        Les dys… vous regardent en fronçant les sourcils et répondent un sec « non » avant de replonger le nez dans leur copie
        Les autres acceptent et zappent la-dite question sur leur copie…

  5. Je préconise une méthode qui a le double avantage d’enrayer le mécanisme et de faire marrer profs et éventuellement médecins : les prendre au sérieux.

    Madame Cravon vous annonce que Jessye est dyslexique ? Prenez l’air très concerné façon Dr House qui vient de découvrir un symptôme étonnant. Au besoin, faites « Aah » et regardez là droit dans les yeux.
    Expliquez lui que si sa fille est dyslexique, il faut absolument qu’elle aille consulter un orthophoniste, au moins trois fois par semaine,plus un ergothérapeute, plus un psychologue pour remédier à un éventuel problème d’image de soi lié à la reconnaissance de sa maladie, et de vérifier avec son généraliste si ca ne correspond pas à un trouble général plus sérieux (pensez à placer les mots « neurologique » et « dégénératif » à ce moment). Conseillez s’il le faut des praticiens, mais jamais en dessous du professeur avec 15 mois de liste d’attente.
    Dites lui qu’un enfant dyslexique, ca demande un accompagnement accru à la maison, et bien souvent de prendre une heure pour l’aider aux devoirs.

    En bref, la totale.

    Et regardez la tête de la fille qui apprend qu’elle va devoir soit bosser, soit passer 8 heures toutes les semaines chez des toubibs variés. Regardez la tête de la maman qui va devoir l’accompagner, et qui envisage déjà à quel point c’est chiant d’avoir un gosse handicapé pour de vrai.

    • Ha, une méthode intéressante (même si je suis moins sûr que les médecins rigolent), mais souvent parée à l’aide de la technique du « Oui mais chez elle c’est très léger, elle a pas besoin de tout ça » ; argumentation pourrie (puisque si c’est léger, autant commencer des soins maintenant, ça « partira » d’autant plus vite !) mais qui rassure les parents sur le fait qu’ils n’en feront pas plus pour leur fille, qui elle-même n’en fera pas plus en cours.

      Idem si un enseignant fourbe propose le passage dans une « classe spécialisée » ; « Ha non, ma fille n’ira pas avec les débiles ! Elle suit normalement les cours ! »

      Hmmm pourtant « débile », le mot me paraissait bon pour sa fille.

      Rien que pour ça, je compatis avec les enseignants.

      • Ne vous inquiétez pas, la majorité des profs sont sous calmants. Vachement puissants.

    • Je me sens épié… Le blog connait un rythme variable (cf la page « avertissements ») selon la vie de son auteur. Tout simplement !

      Je garde mon excuse impliquant un kidnapping, des ninjas et un kilo d’uranium pour plus tard.

  6. En retard d’une mode chez les parents d’élèves chiants. (je suis moi même mère d’un rejeton 7ème merveille du monde, mais je contiens mon enthousiasme face à l’enseignante, car je compatis pour elle de devoir en supporter 30 comme le mien).

    Donc la dernière mode, c’est le asperger de très très haut niveau.

    Dans le langage d’une certaine psy scolaire (du vécu, mais je ne généralise pas), cela signifie que l’enfant est tellement intelligent, qu’il navigue dans d’autres mondes. Bref, on prend une pathologie qui existe réellement, et on l’applique à tout le monde.

    En regardant de près, le gnome était juste suffisamment intelligent pour se foutre du monde. (écoutait pas, prenait un air niais quand on lui demandait de faire quelque chose…)

    Selon la psy de l’école, il ne faut surtout pas brimer ce genre d’enfant, mais les laisser s’exprimer (faire craquer l’instit), passer plus de temps avec lui (culpabilisation de la mère qui bosse à temps plein).

    Bon, on a plutôt suivi les conseils avisés de l’institutrice. On a juste remis un peu d’autorité, mais sans la cravache (Edwige Antier surveille…).

    Mais voilà, ce genre de délire viennent parfois de certains parents, bien identifiés chez les parents d’élèves, ce sont eux qui tiennent la jambe de l’enseignant, la larme aux yeux jusqu’en juin, tout les matin de la petite section jusqu’à 9h, et regardent de travers les autres parents qui veulent juste choper la maitresse pour lui rendre la carte de la coopérative avant d’être à la bourre au boulot.

    Ils passent 20 plombes à détailler le petit dej de choupinette…

    Ils sont aussi pénibles pour les autres parents que pour les autres enfants, que pour les enseignants.

    En revanche, le phénomène existe parfois comme je le disais dans le milieu pédagogique autour (directeurs de centre de loisir, certains psy scolaires….) qui vont servir à tout bout de champ aux parents du : « votre enfant est différent… »

    C’est d’autant plus dérangeant quand les parents se retrouvent avec leurs rejetons et pleins d’autres parents du quartier au CMPP du coin…

    • Ha, la quantité improbable d’enfants « surdoués » ! J’aurais dû évoquer cet état de fait, mais vous le faites très bien.

      Il est vrai qu’en prenant des enfants plus jeunes que des lycéens, il eut été intéressant d’évoquer ces parents qui tiennent la jambe des instits pour leur expliquer comment Chouchou a fait caca hier soir à la maison, et s’indignent si jamais un autre parent veut parler au même enseignant, c’est le drame ! Car il n’y a QUE Chouchou qui importe.

      Quelle idée, aussi, de vivre en société et de s’occuper des autres, bordel.

  7. Je n’avais pas lu celui-ci, je kif, je suis en extase, oh my god. Le rose.
    Pour la peine je fais tourner Eleese. Il y a des chances qu’elle apprecie.

  8. Article vraiment excellent. C’est avec un réel plaisir et un certain goût amer que j’ai lu cet article caustique, mais si proche d’une effrayante réalité:
    Où vont les enfants? Que font les parents?

    Bonne continuation monsieur Connard

  9. Mmm… Bizarrement, cette Eleese me rappelle quelqu’un… Enfin, non, qu’est-ce que je dis, ça me rappelle au minimum une dizaine de personnes. Au moins.

    P.S.: votre blog est génial, cher odieux connard. J’hésite toujours entre le votre et celui de votre confrère Paul Binocle.

  10. Les parents d’élèves sont les véritables tares de l’éducation nationale.
    Vous le décrivez parfaitement bien cher Odieux Connard.

    A l’instar de ce râleur en chef qu’est Charb, je propose également une bonne fatwa à leur égard !

  11. Tous les problèmes remontent à la disparition de l’autorité des parents sur les enfants. Et après on constate amèrement la honteuse baisse du niveau scolaire français…

    @lechatauxgrosyeux : n’hésitez plus entre ces deux maîtres, prenez les deux !

    • déclaration simpliste qui correspond bien à votre esprit tourmenté de maths sup… la vie n’est pas comme les maths, il y a des tas d’immondice à Naples et d’explication possible à ce phénomène…
      mais comme je suis sympa avec les gens pas gentils, je leur fait quand même de la pub: http://multipass.over-blog.net/article-perles-de-profs-chapitres-3-59780728.html
      si c’est bien à vous que cela correspond, sinon il faut changer de pseudo, et prendre un truc intelligent, je peux par exemple vous aider et vous conseiller

      • L’aspect catégorique de la première phrase de mon commentaire peut en effet porter à penser que ma vision « simpliste » des choses reflète parfaitement mon « esprit tourmenté de maths sup », peut-être ai-je été un peu trop formel dans ma formulation… Tout comme vous dans la votre.
        Je ne demande pas plus de publicité que je ne m’en fais à moi-même…
        Cela dit, j’ai deux interrogations : qu’est-ce qui vous pousse à affirmer que mon pseudo n’est pas un « truc intelligent », et surtout, se connaît-on, pour que vous connaissiez ma filière ?

      • je pense en effets avoir la joie de vous connaitre, et m’étonne de vous savoir devant votre pc, au lieu de bûcher sur ce dm de maths qui vous attend impatiemment, cela dit, je ne suis qu’un modeste humain, et je peux me fourvoyer…
        le « peut-être » de votre second commentaire m’a bien fait rire, c’est un cas d’école de la figure de style préférée de tous les politiques: l’euphémisme!
        l’origine de votre merveilleux pseudo, je crois la connaitre: je pense qu’elle proviendrai de la réplique de Mila Jovovitch dans le 5ème élément, mais ce n’est que pur spéculation…

      • Auriez-vous l’amabilité de me révéler votre identité ? (S’il vous déplaît de la dévoiler en public, peut-être préféreriez-vous me l’indiquer dans un commentaire sur mon blog ?)

  12. Si je n’étais pas éprise de mon Seigneur et Maître, je vous dirais des trucs ♥♥♥ mais comme je suis éperdument amoureuse, je vais juste vous dire :

    JE TE KIFFE ODIEUX CONNARD.

  13. Merci cher Odieux Connard
    Auriez-vous été prof lors d’une vie antérieure pour décrire avec une telle acuité ces divines rencontres ?
    N’oubliez pas un autre critère important pour l’absence de travail et les mauvais comportement : le drame familial. Avec au choix :
    – départ du grand frère /grand soeur (dont il était très proche)de la maison
    – séparation/divorce des parents il y a 2/5/10 ans mais dont les conséquences ressortent maintenant
    – perte d’un membre de la famille (dont il était très proche) il y 2/5/10 ans

  14. Marrant, étant anim en colo je retrouve les excuses bidons de certains parents – qui n’ont pas vu leur enfant agir de façon infâme durant le séjour – mais pensent qu’il est le plus bel ange du monde.
    Mouhahaha ça faisait longtemps que je n’avais pas lu avec autant d’avidité un article de blog. Merci Mr Connard !

  15. cet article devrait etre distribué à chaque rentrée aux parents d’élèves. Ca nous ferait gagner quelques précieuses minutes de rencontres inutiles…

  16. Je me joins au concert des louanges exprimées ci-dessus, parce que l’areticle m’a fait beaucoup rire, avec une réserve quand même : c’était vraiment nécessaire de finir cet article fort goûtu par une bonne grosse tartine de sexisme ? Franchement ? Bref, c’est un peu dommage, ça dessert le propos, qui de fin et bien tourné, devient bien tourné et misogyne (s’il vous faut des exemples : « elle ne branle rien sauf ses voisins de classe », « fringues de pétasse », « mini-jupe ras-la-touffe », « gang-bang », « grosse vache » (je doute que le père eût eu droit à un qualificatif reposant sur les mêmes reproches), et pour finir un peu de violence pour réprimer le « gloussement de dinde mourante »). Parce qu’on aurait le même article sur un garçon et son père, je ne pense pas que vous soyez parti là-dessus, donc ça m’embête. Mais après tout, vous êtes un odieux connard, pas vrai ?

    • Ne vous en faites pas, M. Connard sait se montrer très égalitaire quand il exprime son mépris envers les adolescents et les adolescentes.

      Son exemple aurait tout à fait pu être masculin, avec des « Il n’est pas dyslexique quand il tape l’adresse url d’un site porno, et pas atteint de dyscalculie quand il compte le nombre de points de vie restants du boss qu’il est en train de combattre avec sa team sur World of Warcraft ». Je peux en trouver d’autres, là je suis pris de court, et nul doute que l’O.C. aurait pu faire mieux avec Kevin et son papounet.

      A noter que dans ce cas, aucun Homme ne se serait plaint que cela aurait été méchant envers les adolescents, et nombre de féministes auraient bien ri du ridicule des représentants du sexe masculin.

      Bref, vous prenez pas trop la tête, comme déjà dit dans ce blog, à trop brandir le spectre du machisme, le féminisme finit par décrédibiliser le vrai combat égalitaire.

    • suis d’accord… C’est le défaut. Il ne suffit pas qu’elle soit conne, il faut qu’elle soit vulgaire…et vous aussi. Dommage dommage

  17. Pingback: Le professeur, cette créature mystérieuse « Le blog d'un odieux connard·

  18. je viens de lire un article d’actualité avec lettre de parent d’élèves et j’ai immédiatement pensé à cet article de blog

    et le pire, dans ce cas-ci, c’est pê vrai mais ça parait tellement exagéré et tellement, je cherche des maladies à mon enfant que j’ai du mal à y croire

    d’ailleurs, on n’entends qu’un seul côté, ce qui est toujours mauvais

    http://blog.lesoir.be/salledesprofs/2012/09/07/lettre-ouverte-dune-mere-a-la-directrice-ne-vous-inquietez-pas/

    • Joli exemple du cas inverse sur ton article. Et on se retrouve dans ce genre de situations à cause justement du type d’individus décrit dans ce billet. Des gens qui ne pensent qu’à eux et s’asseyent allègrement sur la morale et le respect des autres (dans ce cas-là: les handicapés); ce qui a pour superbe conséquence d’avoir des abrutis « normaux » avec parfois plus de diplômes que certains intellectuels handicapés. Quel gâchis effectivement…

  19. c’est nul, Eleese c’est moi sauf que mes parents sont analphabetes et moi dysphasique. Aucun diagnostique aucun orthophoniste et bien sur aucun prof n’est venu a mon secours. Résultat : je suis devenu prof pour mieux comprendre et aider la pauvre éducation nationale dont vous faites parti

  20. Je viens d’avoir une révélation … En fait, tous ces jeunes harceleurs des rues ne sont pas des malandrins, mais sont seulement victimes de dysphasie ou d’autisme ! Du coup, ayant du mal à mettre en œuvre les techniques usuelles de séduction courtoise, ils utilisent un vocabulaire simpliste, et une méthode d’approche qui vise à compenser leur manque d’estime.
    Les femmes qui les rejettent ne sont donc que des vilaines égoïstes qui ne cherchent pas à comprendre leur handicap !

  21. Excellent et surtout véridique, je dois avouer, monsieur Odieux Connard que vos récits ne me laissent pas de marbre, au point que je suis déçu pour ce pauvre professeur. Enfin bref, bravo et merci, c’est de très bon moments que je passe sur votre site.

    • Ah la mode des enfants surdoués….
      Mon gosse n’est pas trop con, il est trop intelligent, tellement que vos cours l’ennuie…
      En dehors des cours cependant ces enfants sont évidemment parfaitement normaux, ça doit être le prof qui réveille leur potentiel

      Je suis moi même surdoué (QI supérieur a 150) et la réalité est très éloignée de ce que pense généralement les gens

      En général un surdoué n’est doué que pour certaines choses, et ne vaut rien dans d’autre, il se sent rarement a sa place,…mais il est rare de le voir tout rater.
      Perso j’avais d’ excellent résultats, même si je passait mon temps sur la lune et que le prof devait me secouer 2X par heure

      Pour ce genre de cas, jouez le jeux
      1) demandez un test de QI, pas par manque de confiance, juste pour voir ou il se situe et la meilleure façon de l’aider
      2) demandez a ses parents quels sont ses point forts et donnez lui la matière sans lui expliquer, puis demander lui d’expliquer a la classe
      Quand les parents viendront se plaindre joués l’enseignant étonné et répondez que vous croyiez cette matière simple a comprendre pour lui et que vous avez voulu l’aider
      3) poussez les parents a aller voir un psy et a aller a douance (qui est vraiment un truc génial) pour qu’il s’intègre mieux et vois des gens proche de lui (le gosse va adorer)

      Ps: quelque soit la maladie, si elle vous répond que c’est assez léger pour éviter de la traiter demandez lui si son enfants est capable de suivre les cours comme les autres ( après avoir demandé et obtenu un certificat)

      Si oui, revenez sur les notes, en précisant que vu que sa maladie ne l’handicape pas, vous ne comprenez pas ces notes et ce comportement

      Si non, dites lui que c’est suffisamment grave pour être traité (avec des spécialiste, du temps, de l’attention et un peu d’argent) et menaces d’appeler les services sociaux si vous refusez. (Après tout elle refuse d’aider sa fille qui, d’après les médecins est handicapée)

  22. Pingback: soldat de métier·

  23. C’est tellement vrai ! Pour avoir pas mal de dyslexiques diagnostiqués dans mon entourage, ça n’a effectivement rien à voir avec ces pseudo-dys’ de lycée complètement cons et qui n’en foutent pas une ! Mais les pondeurs ont toujours une excuse pour leur chèèèère progéniture…

  24. Excellent !
    Sans compter les surdoués, les syndromes d’Asperger et autres enfants précoces…
    Il y aussi un gamin en difficulté au collège qui avait prétendu que c’était un génie avec plus de 240 de QI… Navrant…
    Et dire que les vrais dyslexiques ont honte de leur handicap et font tant d’efforts, tout ça pour que leur handicap soit utilisé comme justification de la médiocrité… J’ai découvert au bout de deux ans qu’il y avait un dyslexique dans ma classe, parce qu’il a eu droit au tiers-temps aux examens…
    Et le pire, c’est que les « vrais » handicapés sont moins voire pas du tout pris au sérieux…

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