Une vraie perle (Harbor)

« Pearl Harbor est un film inoubliable, il marque le cinéma et toutes les âmes qui l’ont vu. Le cinéma américain a ses secrets, le spectateur est forcément ému et emporté par cette histoire sentimentale et remarquablement bien réalisée. »
http://www.films-au-cinema.com

Je suis tombé là-dessus par hasard.  Une recherche Google qui dégénère, et voilà comment on se pique les rétines. Mais ne voilà t-y pas une splendide occasion de parler de ce grand film céans, en ce beau 7 décembre ? Mettons nous en route pour découvrir ce chef d’œuvre qui fera un excellent présent pour signifier à votre collègue de la compta que vous le méprisez, ou tout simplement pour plaquer votre petit(e) ami(e).

En 1941, il était quasi-impossible d'étendre ses slips en paix

Tout commence quelque part, dans le Tennessee. Rafe McCawley et Danny Walker, deux enfants un brin trous du cul s’amusent follement dans la ferme paternelle de l’un d’entre eux en se prenant pour des aviateurs combattant des allemands durant la première guerre mondiale. « Tatata », « Pan pan pan« , « America : Land of the free, home of the brave ! » font ils (ils sont déjà très patriotes ; en même temps, les deux héros du films auraient été des comploteurs communistes, c’eut été un poil plus étonnant). Il n’empêche qu’au travers d’une brève anecdote impliquant les deux marmots et le père de l’un d’entre eux venu coller une branlée à son rejeton, on comprend qu’ils sont de fiers amis pour la vie. Leur rêve : devenir des pilotes, c’est beau. Et comme on est dans un film impliquant Jerry Bruckheimer, Michael Bay et Disney, figurez-vous que ça va se réaliser, dites donc.

Quelques années plus tard, nous retrouvons Rafe et Danny, toujours amis, patriotes et trous du cul, engagés dans l’US Air Force en tant qu’élèves pilotes. Rien que ça. Sauf qu’une épreuve fort difficile attend nos deux amis : la visite médicale. Ho ! C’est donc vêtus de leurs plus beaux calebutes que nos fiers héros vont subir piqûres et examens en serrant très fort les dents. Sauf que, ce jour là, ils ne le savent pas encore, mais leurs vies vont être bouleversées, puisqu’il y a un examen visuel. Et si Danny a une vue d’aigle, Rafe est complétement bigleux. Le test de ce dernier est donc catastrophique, et malgré ses tentatives de triche, l’infirmière chargée de la question est bien obligée de lui dire que ça ne va pas être possible. Rafe tente donc de passer au plan B : il explique à l’infirmière que voilà, l’aviation c’est toute sa vie, et que sans ça il sera malheureux, alors oui, il ne voit pas à trente centimètres, mais la vue ce n’est pas un truc très important pour piloter. Alors si elle pouvait lui filer l’examen, ce serait top.

Evelyn (puisque c’est son nom) hésite un peu, et puis finalement, se dit que confier un avion de chasse à plusieurs millions de dollars à un mec qui peut à peine voir un alphabet géant à deux mètres de lui, c’est la meilleure idée qu’elle aie eu depuis des semaines. Et si ça peut lui permettre de faire des bisous au dit élève pilote, ce serait cool. Voilà donc Rafe satisfait, et Evelyn emballée : une belle histoire peut commencer.

On retrouve donc nos fiers apprentis pilotes en 1940 sur une base militaire où ils jouent à leur jeu favori « le dernier qui décroche« , consistant à se foncer dessus avec leurs avions et à tourner au dernier moment. Un jeu intéressant, puisque sachant que Rafe est trop bigleux pour voir l’avion d’en face ou même pour lire ses instruments, on se dit que Danny est un peu con de jouer à ça avec lui. Ce serait un peu comme s’amuser à la roulette russe avec un ami qui a Parkinson. Mais passons : retenons surtout que ce genre de jeux leur donne une attitude de rebelles  désinvoltes qui fait râler leurs supérieurs et provoque l’admiration de leurs camarades, un peu comme des lycéens qui feraient du scooter sans casque sur le parking de Shoppy devant les secondes B option espagnol.

Cependant, le destin va à nouveau frapper, puisque Rafe décide d’aller en Angleterre pour bouter de l’allemand, vu que son pays n’est pas encore en guerre, mais que lui, il veut se battre pour la liberté, tout ça. Il fait donc des adieux déchirants à sa copine Evelyn (« A + lol <3 « ) et prend le bateau pour l’Europe. Danny pendant ce temps, qui n’a pas envie d’aller en Europe parce qu’on y joue pas au base-ball, est lui muté à Pearl Harbor, base tranquille du Pacifique. En même temps que, incroyable coïncidence, Evelyn. Dites donc, c’est fou quand même.

Intéressons nous plutôt à ce qu’il se passe en Europe, justement : Rafe a intégré une escadrille de volontaires américains en Angleterre, où évidemment, il pilote comme un dieu malgré son sérieux handicap visuel (oui, ça n’apparait dans le scenario que lors de la visite médicale, après, pouf, plus rien). A tel point qu’un anglais roux à moustaches (et probablement homosexuel, me souffle Edith Cresson) qui lui apporte son courrier souligne que si tous les américains sont comme lui, alors les ennemis de l’Amérique n’ont strictement aucune chance. Hé bé. J’aurais bien envie de dire qu’il y a du patriotisme dans ce film, mais je vais me retenir encore un peu.

En tout cas, oui, il a du courrier, Rafe, puisqu’il entretient une relation épistolaire avec la douce Evelyn ; Evelyn qui ne peut pas lire son courrier assise comme tout le monde : elle le lit dans un hamac en jetant des coups d’oeil par la fenêtre, agenouillée sur un rocher sur une plage, les fesses dans le sable devant un feu de camp une fleur dans les cheveux… Incroyable. En tout cas, ils s’écrivent des trucs comme « Je pense fort à toi », « Je t’aime très fort », « Tu me rends tout turgescent » « Fais attention à toi », etc.  Jusqu’au jour où Rafe s’en va en mission pour combattre tout ce que la Germanie a pu rassembler comme appareils volants, et après un combat héroïque, se fait méchamment plomber au dessus de la Manche. Bloqué dans son cockpit, il finit par toucher l’eau et faire plouf avec son beau Spitfire prêté par les services de Sa Majesté.

"Youpi, j'ai du courrier !"

Quelques jours plus tard, Evelyn reçoit un courrier lui indiquant que l’officier Rafe McCawley a été abattu au dessus de la Manche alors qu’il défendait la verte Angleterre de l’invasion teutonne. Comprenant que Rafe est mort comme une petite merde, elle pleure très fort et est toute déboussolée.

Au même moment…

A Washington, Roosevelt n’est pas content, car il veut péter sa gueule à l’Allemagne qui est une vilaine dictature. Il lui manque juste un petit casus belli pour entrer en guerre contre l’Axe, flûte. Et toujours au même moment, au Japon, on découvre que ces fourbes jaunes préparent une attaque sur Pearl Harbor (mais comme c’est un Disney et qu’on ne veut fâcher personne, on dit qu’ils sont obligés de le faire pour des raisons politiques et économiques). Et que les services secrets américains pataugent pour décoder les messages de la flotte japonaise dont ils ignorent la position ! Et qu’en plus, les services secrets japonais, eux, ils carburent bien et prennent plein de belles photos de Pearl Harbor qu’ils envoient à leur famille avec des petits mots comme « Konnichiwa, ici il fait beau, je m’amuse bien, la mer est bonne, bisous et à bientôt, signé Taru Yakuchi  PS : pensez à bien bombarder le cuirassé sur la photo quand vous viendrez« .

Bref, le spectateur sent bien que quelque chose se trame. Où est la flotte japonaise ? Quel sera le casus belli de Roosevelt ? Comment Taru sait-il que la mer est si bonne alors qu’on ne l’a pas vu se baigner ? Suspens.

Pendant ce temps, à Pearl Harbor, la vie s’écoule paisiblement. Et Evelyn, toujours déboussolée, est allée trouver du réconfort dans les bras puissants de Danny. Ce dernier d’ailleurs la réconforte plus que de raison : il finit par lui proposer des sorties cinéma, des promenades romantique en avion le soir au dessus des nuages, et achève le tout en copulant avec elle dans un entrepôt caché sous un parachute. A noter que le pilote qui héritera du parachute en question fera probablement un peu la moue lorsque ce dernier restera collé comme une vulgaire page de la section lingerie de La Redoute, au lieu de s’ouvrir pour lui sauver la vie. Là, Evelyn et Danny sont très moyennement patriotes quand même., par rapport au reste du film. Dans tous les cas, une belle histoire débute entre les deux, malgré le deuil de leur bon copain Rafe.

Seulement voilà : un soir, alors qu’il est au bar à chanter l’intégrale de Lagaff’, qui Danny voit il débarquer au milieu des effluves de rhum ? Rafe, bon sang ! Celui-ci explique qu’en fait, bon, il n’est pas mort (ce qui est déjà une lapalissade en soi), puisqu’alors qu’il gisait inconscient dans la Manche, des pêcheurs français l’ont retrouvé, recueilli, soigné (bombe froide + éponge magique), et réexpédié dès que possible aux Etats-Unis. Il explique aussi qu’il l’a un peu mauvaise, parce que pendant qu’il collait des cartouches aux teutons, son vieux copain Danny en collait à sa copine : le désarroi saisit les deux amis, qui finissent par en venir aux mains ; l’intervention de la police militaire les force cependant à s’enfuir en courant, et ils terminent de se murger ensemble un peu plus loin.

Grâce à son chapeau géant, Evelyn ne craint pas les bombardements

Le lendemain matin, quelque part, dans le Pacifique, un japonais met à jour son calendrier : nous sommes le dimanche 7 décembre 1941. Notre vil asiatique sort donc de sa cabine et se rend sur le pont de son porte-avions pour voir la super armada aérienne japonaise prête à décoller avec force appareils. Après avoir disserté du dernier épisode d’Hamtaro et distribué des photos d’écolières aux officiers présents (les japonais sont vraiment une civilisation à part), il donne le signal du départ, et les avions décollent vers leur cible, mettant ainsi fin au terrible suspens :

Ils vont bombarder Pearl Harbor (je ne m’y attendais pas, tiens).

Les japonais arrivent donc au dessus de l’île tranquillement et en profitent pour faire voler les slips que les gens étendent (cf l’affiche ci-dessus) en éclatant d’un rire méphistophélique ou encore font peur à des scouts qui urinaient tranquillement dans les hautes herbes. Vraiment, ils sont mystérieux au pays du soleil levant.

En tout cas, à peine sont ils arrivés au-dessus de la rade que la grande scène du film peut commencer avec force effets pyrotechniques : le bombardement en lui-même (avec pour des raisons de budget, la même explosion bien artificielle vue sous trois angles différents, mais grosse alors l’explosion, comme le budget justement). Et alors là, hop, on balance des torpilles, on colle des bombes partout, on mitraille… Mais attention ! C’est un Disney ! Pas une goutte de sang, malheureux, c’est Mickey qui l’a dit ! Donc, quand quelqu’un meurt, il tombe juste en faisant « Hu ! » et si on le voit de trop près, il a juste de la suie sur les bras et le visage. Oui, les japonais tirent des balles à suie, allez savoir dans quel but pervers, mais en tout cas, ça sert de code pour dire « Lui, là, il est blessé, mais on peut pas montrer de sang, alors voilà, à la place il sera tout noir. » Un petit panonceau « blessé » au-dessus de la tête eut été du même effet. A part ça ? Bah, des bateaux coulent, on a moult plans sous l’eau de marins en train de se débattre avec le drapeau américain flottant entre eux, des actes héroïques ici ou là pour mitrailler un maximum de japonais, des sacrifices, le black qui cherchait à se faire respecter qui devient le héros de son navire en sulfatant du Zéro… Tout y est.

Et nos héros dans tout cela, me direz-vous ? Et bien ils se réveillent un peu cuits dans une automobile garée sur les hauteurs, en entendant des explosions. Des explosions ? Hmm, c’est pas banal. Ils aperçoivent de plus des avions japonais (Rafe ne voit pas son alphabet géant à deux mètres mais peut vous identifier la forme d’un Zéro à un kilomètre). Mettant tous ces éléments en commun grâce à leur incroyable capacité cérébrale (Japonais + base américaine + explosions = attaque), ils se disent qu’il est temps d’agir et mettent en route leur monture en direction de l’aérodrome le plus proche. En chemin, ils se font mitrailler par des avions japonais, mais pas trop non plus (ils ne peuvent pas mourir tous les deux à la moitié du film, non ?). Ils finissent donc par atteindre leur objectif.

Profitant de la confusion, Rafe tente de violer Danny

Sur place, trois avions sont prêts au décollage : et ça tombe bien, puisqu’il y a trois pilotes : Rafe, Danny, et Jean-Jacques. Jean-Jacques, on ne sait pas trop d’où il sort, mais il est là.  Nos trois larrons filent donc vers leurs appareils, mais las : les japonais les ont repérés ! Sachant qu’il y a trois avions américains, dont deux pilotés par les héros du film, et qu’il n’y a qu’un avion japonais pour mitrailler, à ton avis ami lecteur, lequel d’entre eux va se faire arroser et mourir lamentablement sous les regards de ses deux compagnons, qui eux, touchent un cachet conséquent pour le film ?

Bien vu : Adieu, Jean-Jacques (c’était difficile, c’est vrai).

En tout cas, cela laisse suffisamment de temps à nos deux larrons pour s’envoler taper sur les japonais. Et comme nos deux héros sont très forts, ils décident de voler en zig-zaguant entre les hangars, en s’engageant dans les rues de la base, en tournant sur les ronds points avec leurs avions… Ha, qu’ils sont forts. A tel point que tous les avions japonais qui tentent de les suivre se rentrent dedans, se prennent des bâtiments ou encore tombent dans des embuscades de fantassins (véridique), comme dans un bon vieux Blues Brothers, les fantassins en moins. C’est limite si on a pas le droit à :

« J’en ai un derrière moi Rafe !
– J’arrive Danny, où es-tu ?
– Au feu à l’intersection de la 54e rue et de Brooke Park !
– Tiens bon, me voilà ! Amène les sur le stop au bout de la rue !
– Ils me collent au train ! Je ne tiendrai jamais ! Ha, attends, je vais changer de voie sans clignotant pour les feinter […] voilà, ça a marché, il sont rentré dans un platane ! Victoire ! »
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Merveilleux. Au-dessous de leurs avions, d’ailleurs, les fantassins crient, agitent les bras, les applaudissent, bref, ils font tout sauf essayer de faire un truc constructif comme tenter de repousser l’attaque japonaise qui leur tombe dessus, ou simplement sauver leur peau. Et ici ou là, un drapeau américain émerge au-dessus des flammes. Formidable.

Au final, nos deux zazous finissent par repousser l’attaque comme ça, au pied levé. Et la flotte japonaise, qui n’est pas mécontente de sa petite aventure s’en retourne vers sa mère patrie, il y aura rab de sushis à la cantine ce soir.

Pour nos deux héros, la journée n’est cependant pas finie : Rafe se rend compte que dis donc, de toute la bataille, il n’y a pas eu une goutte de sang, ce qui est quand même peu crédible. Pour compenser Danny lui propose qu’ils aillent donner leur sang, ce qu’ils font aussitôt (ils sont comme ça, le cœur sur la main) et on a le droit à un beau plan sur les seuls bocaux disponibles pour accueillir le rouge liquide des martyr, le Graal des héros : deux bouteilles de Coca-cola. Oui oui.

Au même moment, à Washington, on apprend que Pearl Harbor vient de se faire malaxer la face à coup de bombinettes. Ça fait faire une grosse colère à Roosevelt, qui exige que l’on riposte en bombardant le Japon, histoire de bien montrer qui c’est le chef. Un des conseillers présents, qui ne réalise pas qu’il est dans un film niais, après avoir expliqué qu’il n’y avait aucun aéroport pour des bombardiers suffisamment proche du Japon,  s’exclame alors « C’est impossible ! » ; grossière erreur ! Roosevelt alors, par on ne sait quel miracle de la nature, se lève alors malgré la paralysie de ses jambes et s’exclame « Et ça alors ! Ne me dites pas que c’est impossible ! » . Quel président, ce président américain.

On sent bien que le président a réfléchi au truc impossible qu’il allait faire genre « Haha, regardez, je fais tenir une cuiller sur mon nez ! Ne me dites pas que c’est impossible ! » ou encore « Choisissez une carte, je vais deviner laquelle c’est ! Et ne me dites pas que c’est impossible !« . Mais non, il a décidé de se lever malgré le fait que ses jambes soient paralysées. Les autres options se tentaient aussi, c’était du même acabit, puisque le président semble avoir de l’ADN de Jésus ou de Gérard Majax, on ne sait plus trop.

L'arme secrète de Roosevelet : un gros Alec Baldwin

Bref : il est donc décidé de contacter le lieutenant-colonel Doolittle, l’ancien supérieur de Rafe et Danny, pour lui proposer une mission de bombardement du Japon depuis des portes-avions, histoire de frapper l’ennemi en plein cœur, à Tokyo. Ce dernier décide donc en toute logique de recruter l’élite de l’élite de l’armée de l’air américaine, et en appelle donc à nos deux héros, les deux mecs qui ont repoussé l’aviation japonaise quasiment à eux deux, et en chemise à fleurs, s’il-vous-plait.

Il y a donc un dialogue d’anthologie à ce moment là :

« On vous propose une mission secrète. Vous savez ce que ça veut dire secrète ?
– Que c’est nous qui accomplissons la mission et que ce sont nos familles qui reçoivent les médailles ?
– C’est ça. »
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J’aurais préféré que Doolittle réponde « Heu, non. Non, ça veut juste dire que c’est secret. Vous êtes un peu cons les gars. » mais on ne peut pas tout avoir.

Après avoir réuni toute une troupe de pilotes décidés, Doolittle leur fait un petit briefing dans un hangar, à base de « Nous allons venger Pearl Harbor !« , avant qu’ils n’en sortent tous bien alignés, marchant comme un seul homme, le tout au ralenti, avec derrière des avions qui les survolent avec le drapeau américain… Quelle scène incroyablement originale ! A tout hasard, je propose de la refaire en remplaçant les pilotes par des foreurs en tenues oranges d’astronautes partant pour détruire un astéroïde. Ha oui, ça marche aussi. Et c’est tout aussi crédible et naturel dans les deux cas.

En tout cas, le plan de bataille est le suivant : des porte-avions américains se rendront au large du Japon, d’où ils enverront des bombardiers larguer symboliquement quelques bombes (mais pas des bombes symboliques, des vrais qui piquent) sur Tokyo. Le problème étant que les bombardiers, à faire décoller, c’est gros. Doolittle se propose donc d’entrainer ses hommes sur une petite base pour leur apprendre à mettre les gazs si vite et si bien qu’ils pourront décoller d’une porte-avion, alors qu’en temps normal, il leur faudrait une piste d’aérodrome classique. En allégeant au maximum les appareils (retrait du blindage, de sièges, de l’autoradio et des jantes en alu), Rafe et Danny vont devenir les rois du décollage éclair, ce qu’ils avaient déjà prouvé à Evelyn auparavant dans d’autres circonstances, mais passons.

Nous les retrouvons donc un peu plus tard en route vers le Japon, en salle du briefing avec le petit père Doolittle qui leur détaille un peu l’affaire : nos andouilles vont s’envoler pour le pays des pokemons, bombarder Tokyo, et comme ils n’auront plus assez d’essence, ils n’auront qu’à aller atterrir en Chine où ils seront recueillis par l’armée locale, qui est déjà en guerre face au Japon. Un de nos deux pilotes pose donc une question (parce que ça le turlupine) :

« Et qu’est-ce qu’on fait si on est touché ? » (Une question intéressante, puisqu’à ce qu’il parait qu’en guerre, on se tire dessus ; personnellement, je m’attendais plutôt à « Et comment je reconnais un chinois d’un japonais ? Ils sont quand même relativement jaunes tous les deux.« )

Doolittle prend alors son air le plus… attendez, il est joué par Alec Baldwin ! Il prend donc le seul air qu’il sait faire, son air d’Alec Baldwin.

« Et bien, si mon appareil est touché, je viserai la plus grosse cible stratégique que je puisse trouver, et je m’écraserai dessus avec mon appareil« 

Doolittle est donc en fait l’inventeur des kamikazes, bien avant le Japon. Quel homme en avance sur son temps, alors.

Hélas, la mission ne débute pas comme prévue : avant d’arriver là où elle le devait, la flotte est repérée par de méchants (on a dit film Disney !) sympathiques japonais, et il faut donc faire décoller les bombardiers en urgence, avant qu’ils ne soient signalés à Tokyo. Or, puisqu’ils ne sont pas encore au point prévu pour partir, ils auront donc plus de trajet à faire jusqu’au Japon. Et donc, il faut alléger encore un peu plus les appareils… Doolittle propose donc de virer les mitrailleuses, et de les remplacer par des manches à balais peints en noir pour faire peur à l’ennemi. Retenez bien cela.

L'arme qui a changé le cours de la guerre

L’escadre s’envole en tout cas, et Rafe et Danny sont dans deux appareils différents. A la base,  Evelyn a elle réussi à s’introduire dans le QG où les officiers suivent sur la radio les folles aventures de la mission Doolittle. Elle entend donc ce qu’il se passe dans les appareils de ses amants : remarques viriles, cris de guerre et blagues à Toto.

Au-dessus du Japon, nos fieffés filous larguent donc des bombinettes couvertes d’inscriptions comme « Prenez ça dans vos culs sur la tête », « Pour les faces de citron souriantes du peuple du Japon », ou encore « On va défoncer saluer vos mères » (ce sont des militaires Disney, j’insiste). Avant de rejoindre les côtes chinoises, où mystérieusement, alors qu’il semble faire jour lorsqu’ils y arrivent, la nuit tombe en approximativement 7 secondes.

Pourtant, tout ne se passe pas si bien : là où Rafe pose son appareil, il est attendu par… les japonais ! Ha, quelle malchance ! Heureusement, l’avion de son vieux copain Danny arrive, et mitraille les soldats japonais avant d’atterrir à son tour.

Attendez, me dira le lecteur, il mitraille avec quoi ? Ils n’avaient pas remplacé les mitrailleuses par des balais pour gagner en légèreté il y a quelques minutes ? Si, si, mais apparemment, ce sont des balais magiques qui fonctionnent exactement comme des mitrailleuses. C’est quand même rudement bien fait.

Dans tous les cas, Rafe va retrouver un Danny blessé mais vivant, alors que d’autres patrouilles japonaises arrivent et font prisonnier les braves américains. Alors qu’ils tentent de s’enfuir, un soldat nippon s’apprête à plomber Rafe, mais Danny voit le coup venir, et comme dans Bodyguard, s’envole littéralement en beuglant un « Nooooooon » (au ralenti, comme de bien entendu, ne manque que Whitney Houston) et prend les balles à la place de Rafe. Danny meurt alors, mais avant qu’il n’aille rejoindre son créateur, son ami a le temps de lui annoncer qu’Evelyn est enceinte. C’est donc fort probablement notre mourant le père, c’est pas émouvant ça ? Hmmm ?

Quelques temps plus tard, Rafe et la boîte en sapin contenant Danny reviennent au pays du dollar, et Evelyn est un peu triste (« Ho non, Danny est mort !« ) mais juste un peu (« Rafe va pouvoir me réconforter et m’acheter des chaussures, hi hi hi« ).

Le film s’achève alors sur l’image d’Evelyn et Rafe  quelques années plus tard qui ont visiblement pensé à enterrer Danny dans le jardin (il fertilise les bégonias, au moins il se rend utile), alors que leur fils, Danny Jr, est à leurs côtés, et a déjà tout d’un trou du cul comme papa (naturel ou non).

Vous pouvez pleurer d’émotion, puisque le mot FIN apparait enfin à l’écran.

"C'est... ça y est, c'est fini ?"

Juste pour rappel, je vous redonne la citation en début d’article :

« Pearl Harbor est un film inoubliable, il marque le cinéma et toutes les âmes qui l’ont vu. Le cinéma américain a ses secrets, le spectateur est forcément ému et emporté par cette histoire sentimentale et remarquablement bien réalisée.« 

Je crois que tout est dit.

30 réponses à “Une vraie perle (Harbor)

    • C’était surtout pour fêter un 7 décembre… Et qu’il faudrait que j’aille au cinéma.

      Le temps, rare denrée !

    • Ce serait avec plaisir, mais je n’ai pas encore eu le courage de subir ce film.

      A l’occasion, donc !

    • Dites lui qu’en se collant sa putain de graine dans le cul plutôt que derrière l’oreille, il la perdrait moins souvent.

      (ne me demandez pas comment je sais ça)

  1. Hé, y a plus de secondes B depuis un moment. Vous vous trahîtes, noble vieillard!
    (Sinon, encore un film que j’ai raté. La Force doit être avec moi, c’est pas possible).

    • Ah oui, passer à côté de tant de daubes : les dieux sont avec vous.

      Profitez en ! Ca ne durera peut être pas !

  2. moa g vu le film a la tele ya pa lonten cété pas mal je conprend pa votr diagnostique
    étan doné ke j’ai vu sur unternet ke la 2nde guèrre mondial cété kune légend on é pa sur ke sa a vraimen egsisté mai je pe pas vs en dire plus c un secret kon ma konfié.

    • Tout comme l’orthographe, la grammaire et Bertrand Renard, la seconde guerre mondiale n’est qu’une rumeur.

      Un complot, même, probablement.

  3. Ce film, je l’avais vu quand j’était encore petit, et je l’avais aimé (age bête oblige).
    Donc ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu. Ce qui fait que je m’étonne : Rafe n’est il pas analphabête, et que c’est pour cela qu’il ne sait pas lire le tableau?
    ps: rassurez moi, le post d’avant c’était une blague? Non? C’est pas possible l’existence de gens comme ça!

    • J’ai été partagé : j’ai aussi le souvenir qu’il était analphabète, mais de là, comment peut il seulement lire ses instruments ? Lire un manuel ? Un ordre de mission ? Un test d’entrée dans l’armée de l’air ? Ecrire des lettres à sa nana ?!

      Du coup, j’ai supposé qu’il s’agissait seulement d’une vue basse (je crois que ce n’était pas bien clair dans le film). Comme quoi je suis gentil, j’essaie de sauver les scénaristes en supposant que l’incohérence est moins grosse que prévue.

      Quant aux geeks, ils existent. Ils sont déjà parmi nous !

      • Non, en fait il est « juste » dyslexique (en tout cas en VF), ce qui fait qu’une grosse partie de votre diarhée verbale (mais ô combien hillarante) tombe malheureusement à l’eau.

    • C’est un gag. Même avec une faute d’orthographe, le mot « diagnostic » est un indice: aucun crétin ne peut connaître l’existence ou la prononciation de ce mot.

  4. Salut OC !

    J’aime beaucoup tes articles, non seulement pour tes avis mais aussi (surtout) pour ton humour noir. ^^

    Je voulais juste intervenir au sujet de ton article ci-dessus. Bon Pearl Harbor est une énorme bouse, ça je suis bien d’accord, par contre au sujet de :

     » Et donc, il faut alléger encore un peu plus les appareils… Doolittle propose donc de virer les mitrailleuses, et de les remplacer par des manches à balais peints en noir pour faire peur à l’ennemi. Retenez bien cela.  »

    Je vais surement paraître pour un « chieur historien », mais l’armée américaine, dans le but d’alléger les appareils, avait réellement fait remplacer toutes les mitrailleuses par des manches à balais peints en noir. Ils auraient pu simplement enlever les mitrailleuses, mais ils ont décidé de rajouter des balais en guise de leure pour éviter que les chasseurs japonais ne les suivent dans leur sillage (stratégie de dissuasion… enfin appelons ça comme on veut, mais ce n’était pas si bête ^^).

    Voilà, je tenais à corriger simplement ce passage, mais pour le reste ton article est tout bon, y a rien à jeter ! (je parle de l’article hein, pas du film ! ^^)

    Merci et bonne continuation !

    (PS : merci d’avoir défoncé James Cameron au sujet d’Avatar, j’avais l’impression d’être le seul à trouver ses films primaires)

    • Merci bien, et bonne remarque, mais rassurez-vous : cette remarque n’est pas faite pour dire que cela est « ridicule », mais juste pour faire le parallèle avec la fin du film où… les avions tirent à la mitrailleuse.

      Avec des balais ? Palsembleu. Ils sont forts.

      • Arf, au temps pour moi, c’est parce que j’avais lu ton article en diagonale, dsl. ^^ » Bonne continuation sinon !

        @ Nicow en dessous : ah bah heu… chacun ses goûts quoi. ^^ (mais quand même, t’es pas difficile hein ! :D)

        (bon bon, ça va, je sors ! —>[])

  5. Alors là, permettez moi dé réagir !
    Les B25 sont (étaient ?) d’après Wikipédia équipés de 14 mitrailleuses, l’idée générale étant de pouvoir se défendre contre les chasseurs ennemis, qui n’ont pas tous la bienséance d’attaquer de front. Il me semble qu’on voit dans le film seulement une mitrailleuse d’une tourelle se faire changer, les mitrailleuses avant pouvaient donc toujours être présentes, et laisser libre cours aux envies de Danny de dessouder du Niak.
    Quant aux déficiences visuelles de Rafe, il me semble que son problème concerne bien la lecture et pas la vision en générale. Le père de Danny insiste au début sur le fait que c’est un débile n’allant pas à l’école, et il déclame un plaidoyer convaincant à Evelyn comme quoi il confond les lettres, il ne serait donc pas myope mais analphabète, ou dyslexique. Et puis comme les instruments ils servent à rien et qu’on fait tout au feeling dans l’USAF, c’est pas si grave.
    Ah et puis il me semble bien avoir vu autre chose que de la suie sur les victimes américaines du bombardement, notamment lors de l’arrivée à l’hôpital (et la sympathique scène de je-mets-mon-doigt-dans-ta-jugulaire). Et le black cherchant à se faire respecter qui devient le héros de son navire, si certes son petit discours chez l’infirmière quand il se fait recoudre l’arcade est cucu, son sulfatage est inspiré de faits réels, comme c’est signalé à la fin du film d’ailleurs.

    Sinon, j’ai bien aimé ce film moi =)

  6. Je viens de revoir le film ce soir.
    Les informations du commentaires précédents sont exacts.
    Toutes les mitrailleuses ne sont pas retirées de l’appareil. De plus, Rafe est effectivement analphabète. Ce qui rend l’échange de courrier assez risible.

    J’ai bien aimé ton article. Il est clair que le patriotisme américain est ridicule voire agacent.
    Un bon vieu film hollywoodien avec le combo gagnant Patriotisme-Lovestory-Dieu.

  7. Rafe n’est pas anaphabète, il est dyslexique. si ma mémoire est bonne, « il mélange les lettres » ce qui ne l’empêche donc pas de lire les cadrans et autres machins dans les avions (ou tout autre instrument présent dns un avion et dont je n’ai pas la moindre idée ais qui n’a pas de lettre, CQFD, ce sont des chiffres) et que pour le reste il a son pote pour faire la traduction. et puis c’est Ben affleck que diable!! comment pourrait-elle résister à son regard étincellant de bulot à marée basse???

  8. Discussion vraiment passionnante pour savoir si Rafe est myope, analphabète, dyslexique, trisomique ou membre du fan club de Julien Courbet…

    Prochain débat : « Rock » n’aurait-il pas mérité la palme d’or s’il avait été présenté au festival de Cannes ?

  9. 1 – Rafe est dyslexique (lui-même l’explique).

    2 – Des mitraillettes ont été replacées mais pas toutes (si on cherche des infos sur le Raid de Dollitle, c’est prouvé).

    3 – Le black qui a fait le héros n’est autre que Doris Miller (le 1er Black US a recevoir la Navy Cross).

    Faudrait se documenter avant de critiquer.

    Pearl Habor est un très bon film, la Guerre du Pacifique a été respectée, l’histoire d’amour et Rafe & Danny qui tapent du Jap à deux, c’est juste pour ne pas endormir le spectateur et parce que ce sont les héros, il fallait bien les mettre en avant. Quoi de plus normal ?

    Quand Vassili Zaïtsev (Stalingrad) s’amuse a sniper un peu tout le monde, personne ne trouve cela surréaliste, donc ce serait bien que vous respectiez un peu ce film.

    • La version du Mitchell utilisée par le raid Doolittle est le B-25B, qui ne disposait certes pas de 14 mitrailleuses. En vue du raid les bombardiers avaient été modifiés : la tourelle inférieure avait été supprimée, et les mitrailleuses de la tourelle de queue remplacées par des faux : restait donc la mitrailleuse à l’avant.

      Cependant dans le film il est dit qu’ils remplacent « les mitrailleuses », et non pas seulement une partie. Il y a donc bien une incohérence dans le film. Et quand bien même on dirait que c’est un abus du dialoguiste, et que ce qui compte c’est la situation historique, alors il faudrait expliquer pourquoi la situation historique prime lors du remplacement des mitrailleuses mais est totalement oubliée lors de la phase de l’atterrissage en Chine (parmi les B-25 qui se sont posés en Chine tous avaient épuisé leurs munitions bien avant de rallier la zone).

      Pour le reste je pense que personne de censé ne nie que Stalingrad (je ne parle évidemment pas du film allemand des années 90, qui est très bon) est une sombre bouse.

  10. Oui, comme le commentaire du dessus, documentez-vous: De plus, vous aveez commis une autre erreur très grave: vous affirmez que les pilotes s’engagent au sein de l’US Air Force, or celle-ci n’existe que depuis 1947. A l’époque, il s’agissait de l’US Army Air Force, dépendant de l’armée de terre.
    Un peu de sérieux vous ferait pas de mal.

    Au demeurant, c’est un très bon fim.

    • Quand on veut être pointilleux, on tâche de se renseigner un minimum avant d’intervenir : l’US Army Air Force a été crée en juin 1941, nos deux larrons se sont donc engagés dans l’US Army Air Corps.

      Au demeurant le film est un navet.

  11. MORT DE RIRE! putain quel critique génial et le pire de tout c est que c est totalement objectif. je suis tombé sur ce texte par hasard, j espere qu il y en a
    d autre. SURTOUT CONTINUE!

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