La Rentrée, c’est classe

La Rentrée.

Pas la rentrée, hein, la Rentrée, celle avec une majuscule. Celle qu’on vous met sous le nez depuis le mois de Juillet, celle qui vous bombarde de cartables Spiderman et d’agendas Titeuf.

C’est toujours un un grand moment pour les élèves : ces derniers soufflent longuement à l’idée de retourner à l’école et tentent de ralentir les dernières heures qui les séparent du jour fatidique. Cependant, ils préparent avec émoi leurs nouvelles affaires et se disent que bon, cette année, ils vont essayer de mieux gérer que l’an dernier en faisant leurs devoirs à l’avance, histoire de pas tout boucler à la dernière minute comme l’an dernier. Ils n’en feront rien, ils le savent, mais ils essaient de se convaincre.

Pour les profs, c’est à peu près la même chose : ils soufflent eux aussi longuement (en fumant leur pipe) à l’idée de retourner à l’école et tentent de ralentir les dernières heures qui les séparent du jour fatidique. Cependant, ils préparent avec émoi leurs affaires qu’ils avaient remisées dans leurs bureau, et se disent que bon, cette année, ils vont essayer de mieux gérer que l’an dernier en préparant bien leurs sujets à l’avance, histoire de pas tout boucler à la dernière minute avant les conseils de classe comme l’an dernier. Ils n’en feront rien, ils le savent, mais il essaient de se convaincre.

La Rentrée des classes, un moment de joie et de bonheur

La Rentrée des classes, un moment de joie et de bonheur

Pour les élèves,  le premier jour est toujours un grand moment : on salue les copains qu’on a pas revu depuis Juin, on se précipite (mais pas trop vite, il faut avoir l’air cool) vers les listes de classe pour savoir avec qui on est ; et là, bonheurs et déceptions se succèdent : il y a Kevin, le bon copain qui est dans la même classe depuis 3 ans, Thomas, le fouteur de merde rigolo qui va mettre l’ambiance, Céline, celle qui a des gros seins, cette année, c’est bon, on se la serre sur les bancs derrière le gymnase, là où on se cache pour fumer. Ca va être une bonne année mais… Ho non, c’est Monsieur Gronchin le prof principal. Ho nan, il est chiant, Monsieur Gronchin.

Pour les profs, le premier jour est aussi toujours un grand moment : on salue les copains qu’on a pas revu depuis Juin, on se précipite (mais pas trop vite, il faut avoir l’air détendu) vers les listes de classe pour savoir qui on va avoir : et là, bonheurs et déceptions se succèdent : il y a Kevin, le petit brun qui bavarde souvent mais n’est pas méchant ; Thomas, le fouteur de merde bien lourd qui va mettre l’ambiance et que personne ne voulait ; Céline, la petite jeune qui a bien poussé mais qui semble plus intéressée par ce qu’il se passe derrière le gymnase que par le cours et qui sent toujours le tabac froid. Ça va être une autre année mais… Ho non, ils m’ont mis prof principal. Ho nan, c’est chiant, prof principal.

La première heure en salle de classe est toujours particulière : assis à votre place, vous observez vos petits camarades. Ils sont tous plus ou moins adaptés aux lieux : ça va du mec un peu trop détendu en baggy-rastas qui a dû prendre sa dose de pétards et qui regarde ailleurs au petit en chemise à carreaux et à lunettes qui, assis au premier rang, tressaute d’impatience à l’idée d’étaler ses connaissances. Il y a aussi la pauvre racaille, qui jette de petits regards en coin à tout ce qui porte nichons. Tiens, d’ailleurs, Céline elle a continué à progresser de ce côté là. Par contre, ça n’a pas l’air d’être le cas de son français. Comment peut-on placer autant de « Mais ouais grave » – « Mais ouais, clair » et « Mais ouais lol » dans une seule phrase ?

La première heure en salle des profs est toujours particulière : assis à votre place, vous observez vos petits camarades. Ils sont tous plus ou moins adaptés aux lieux : ça va du mec un peu trop détendu en jean t-shirt qui n’a pas dû prendre sa dose de café et qui regarde ailleurs au petit en blouse et à lunettes qui, assis au premier rang, tressaute d’impatience à l’idée d’enseigner ses connaissances. Il y a aussi le pauvre paumé, qui jette de petits regards en coin à tout ce qui a moins de 40 ans. Tiens, d’ailleurs, ça a progressé de ce coté là, il y a pas mal de petites nouvelles. Par contre, au niveau de leur français, ça va être compliqué . Comment peut-on placer autant de « Mais ouais grave » – « Mais ouais, clair » et « Mais ouais lol » dans une seule phrase ?

Pas de Rentrée sans cahiers, pas de Rentrée sans papiers.

Pas de Rentrée sans cahiers, pas de Rentrée sans papiers.

Le moment que tous les élèves attendent arrive : le premier contact avec le prof. Quand il franchit la porte, Monsieur Gronchin est immédiatement observé par toutes les paires d’yeux présentes à ce moment là. Quelle est son attitude ? Il a l’air plutôt déterminé. Quelle est son expression ? Il a l’air plutôt grognon. En tout cas, il se met à expliquer tout ce qui va concerner l’année qui arrive, son importance démesurée par rapport à la précédente, le fait qu’elle est déterminante pour notre avenir… Après tout, un élève n’ayant jamais quitté l’école, il ne peut guère savoir si cela est effectivement pertinent par rapport au monde extérieur. Et puis, une fois tout cela passé, il donne ce que tout le monde attend : les emplois du temps. Ho non, on finit tard le Vendredi… Pfff, trop nul pour le week-end. Ha, par contre, on a pas cours le Mercredi matin, on va pouvoir dormir !

Le moment que tous les profs craignent arrive : le premier contact avec les élèves. En franchissant la porte, le prof observe immédiatement la classe. Quelle est son attitude ? Passive. Quelle est son expression ? Visiblement celle d’un groupe de Jean-Foutre. En tout cas, le prof se met à expliquer tout ce qui va concerner l’année qui arrive, son importance démesurée par rapport à la précédente, le fait qu’elle est déterminante pour l’avenir des élèves…  Après tout, comment le savoir ? Le prof n’a jamais quitté l’école, comment pourrait il savoir comment cela se passe dans le monde extérieur ? Et puis, une fois tout cela passé, il distribue ce que tout le monde attend : les emplois du temps. Ho non, je les ai à la dernière heure du Vendredi, la pire… Ha par contre, je n’ai rien le Mercredi matin, je vais pouvoir dormir.

Cette excitation provoque un certain chahut chez les élèves, et le prof commence donc à élever la voix pour parler discipline. Attends, vas-y, qu’est-ce qu’il nous emmerde ? De toute façon, il a pas le droit de nous toucher. Il va faire quoi, coller le premier jour ? Je m’en fous, mes parents me feront un mot pour pas que j’y aille, parce qu’à la maison, je les emmerde pas, du coup ils sont persuadés que je suis sage à l’école. Et même si je travaille pas, ils me feront passer en terminale, vu que c’est pas les profs qui choisissent si je passe ou pas. Alors il va se calmer le vieux.

Cette excitation provoque un certain chahut chez les élèves, et il faut élever la voix pour parler discipline. Attends, en fait, qu’est-ce que je peux faire ? De toute façon, on a pas le droit de les toucher. Je vais faire quoi, les coller dès le premier jour ? Leurs parents leurs font des mots pour pas qu’ils y aillent, au prétexte que si Chouchou est gentil à la maison, c’est forcément un ange au lycée. Et puis, ils peuvent ne rien branler, on peut freiner des quatre fers pour leur passage en terminale, ça ne sert à rien vu que ce sont les parents qui choisissent s’ils passent ou pas. C’est bien ça, le fait que ce soient les seuls qui ne soient pas là de l’année qui prennent les décisions. Alors, on va se calmer, ça ne sert à rien de s’énerver.

Faut-il laisser entrer la police dans les écoles ? Oui, à condition quils puissent tabasser les élèves qui ne connaissent pas leurs verbes irréguliers.

Faut-il laisser entrer la police dans les écoles ? Oui, à condition qu'ils puissent tabasser les élèves qui ne connaissent pas leurs verbes irréguliers.

Les élèves regardent Monsieur Gronchin. S’il fait chier cette année, ils lui en feront voir. Au pire, si on s’emporte, quoi ? Le conseil de discipline ? Et bin on ira dans un autre établissement et puis voilà. Prends garde, Monsieur Gronchin. Prends garde. La sonnerie vient heureusement mettre fin au chahut, et tout le monde s’ébranle vers la porte.

Monsieur Gronchin regarde les élèves. S’ils font chier cette année, il leur en fera voir. Au pire, si je m’emporte, quoi ? C’est pas comme si on virait des profs. Et bin on ira juste dans un autre établissement et puis voilà. Prenez garde, sales jeunes. Prenez garde. La sonnerie vient heureusement mettre fin au chahut, et tout le monde s’ébranle vers la porte.

La journée finit par se terminer, et tout le monde rentre chez soi pour montrer son emploi du temps à Papa et Maman. Sous le ciel d’une belle fin d’après-midi de Septembre, c’est le cartable sur le dos que chacun s’en va vers son domicile. Il va falloir couvrir les livres, acheter des cahiers petits carreaux grand format parce que Monsieur Gronchin ne veut rien d’autre, et coller sa photo sur son carnet de correspondance. Bon, bin voilà, l’année est partie.

La journée finit par se terminer, et tout le monde rentre chez soi pour montrer son emploi du temps à sa femme ou son mari. Sous le ciel d’une belle fin d’après-midi de Septembre, c’est la sacoche à la main que chacun s’en va vers son domicile. Il va falloir refaire les couvertures de ses livres, s’assurer que ses petits cons achètent bien des cahiers petits carreaux grand format parce que bordel, sinon ils prennent des feuilles volantes et ils les perdent comme des gros busard en disant « Vas-y Monsieur c’est pas ma faute ! ». Putain, je te leur collerai leur gueule contre leur table moi. Bon, bin voilà, l’année est partie.

Bonne rentrée à tous les petits & vieux cons.

14 réponses à “La Rentrée, c’est classe

  1. Rah, le coup de faire le récit en miroir, c’est bien trouvé, va falloir que j’attende un peu avant de te le piquer pour pas que ça se voit.

  2. Grave, c’est clair qu’il est pourri ton article ! De toute façon, au pire, tu vas faire quoi ? Me modérer ? Et ben, je reposterai sous une autre identité pour te pourrir, bâââtard !

      • Je m’insurge, ce faux Monsieur X a posté des propos dégradants sous ma propre identité !

        Mais au pire que fera-t-il ? Il ira pourrir un autre blog ?

  3. Mouais… je suis pas trop d’accord avec ton article… enfin, faut relativiser quoi, c’est quand même vachement extrémiste ton truc…
    je veux dire, je suis en première, et je trouve que tu exagère quand même beaucoup.. ça devient de la caricature en fait.
    Pareil pour les profs, ils sont pas tous comme ça
    enfin, je suis en lycée privé aussi, ça se passe sans doute pas de la même façon partout ailleurs…
    mais bon boulot quand même, y’a quelques trucs franchement réalistes, et l’idée de l’article en miroir est tout simplement une idée de génie, autant pour le style que pour l’argumentation.

    chapeau donc, une fois de plus.

  4. Je ne peux m’empêcher de me demander, dans la liste que vous donniez au début, lequel vous avez été. (Car je ne peux m’empêcher de supposer que vous êtes maintenant un adulte ayant quitté l’école depuis longtemps, sauf si vous êtes un professeur, ce qui expliquerait d’ailleurs votre pseudonyme)

    Très bon en tout cas.

    Arthur, bien content de ne plus être au lycée.

  5. Je me permets de m’insurger contre cette généralisation. J’ai effectivement fait mon travail à l’avance, lors de ma dernière année de lycée, môsieur !
    Ça n’a duré qu’une semaine et ce n’était que pour une unique matière, mais ce fût néanmoins et indéniablement profitable ; j’ai en effet obtenu 16 à cette matière au baccalauréat.

  6. Contrairement à mes petits camarades de classe ici présents, je trouve (si vous me le permettez) ce récit en miroir trop répétitif et bien moins amusant que vos précédents (et récents) articles.

    Je pousserais même l’outrage jusqu’à dire que j’y ais vu une certaine paresse.
    Et ce, malgré la justesse descriptive…

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  8. ha le lycée …
    la seconde: dégoûter son darron de revenir aux réunions parents-profs et changer de filière pour pas retaper
    la 1ère: insister contre l’avis des profs pour passer en term
    la tem: toujours rien branler et avoir son bac quand même tout en dégoûtant au passage nombre de profs et d’élèves
    que de souvenirs …

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