« Si deux individus se réunissent au même endroit, il est vrai de dire que d’une manière ou d’une autre, l’un est un peu plus un connard que l’autre.
Si un nouvel individu rejoint le groupe, il existe donc une chance non nulle qu’il soit un encore plus gros connard que les deux autres.
On peut donc dire que plus un groupe est grand, plus les probabilités d’y trouver de gros connards augmentent, et donc, leur nombre. »
Ainsi parlait Thalès de Milet, mathématicien du VIème siècle avant notre ère, expliquant à ses élèves réunis pourquoi chaque année, il y en avait toujours une paire qui lui brisaient les roudoudous. Hélas, ce théorème de Thalès fut rapidement éclipsé par l’arrivée d’un second où il était question d’une sombre histoire de triangles, ce qui était beaucoup plus politiquement correct pour sa postérité, la population abritant moins de triangles que de connards susceptibles de se sentir concernés.
C’est en me basant sur ce théorème mystérieusement oublié qu’aujourd’hui nous allons parler d’une créature étonnante, mais pas bien rusée : l’avocasseur. Un être plus ou moins aussi méprisable que le cycliste.
Mais pour mieux comprendre de quoi il retourne, il nous faut parler de l’écosystème de l’avocasseur qui débute par l’apparition d’un autre être magique, dont nous sommes en pleine saison des amours :
Le Casseur (Introduction à l’avocasseur)

J’ai voulu regarder sur Wikipédia, voici les premières lignes. On appréciera que dès que vous pétez quelque chose, c’est automatiquement militant. Ça ne peut pas être juste con. Non, c’est mi-li-tant. Je veux bien qu’on me donne la démonstration scientifique qui fait que quand je donne un coup de pied dans un lampadaire, soudain, mes idées progressent.
Comme le veut le théorème injustement méconnu de Thalès : plus un groupe est grand, plus les probabilités d’y trouver de gros connards augmentent, et donc, leur nombre. Ainsi, sitôt que vous procédez à un rassemblement, vous y trouverez presque automatiquement des gens qui vous donneront envie de distribuer du giflon : si vous organisez une réunion, un des présents lira toujours un Powerpoint aussi lentement que possible, si vous allez au cinéma, quelqu’un décidera invariablement que c’est le meilleur endroit pour se lancer dans une discussion WhatsApp au milieu de l’obscurité, et si vous décidez d’une grande manifestation, une bande de débilous viendra toujours profiter du chaos ambiant pour tout péter parce que c’est rigolo. Le casseur n’est donc un phénomène ni nouveau, ni intéressant : ce sont juste d’énormes connards. Et je m’y connais.
Dès le moyen-âge, on a ainsi trace de casseurs, descendant des côtes nordiques pour venir piller tout ce qu’ils trouvent. En l’absence de Micromania ou de Foot Locker, ceux que l’on appelle alors pompeusement « Vikings » se rabattent sur les monastères où à défaut de figurines Dragon Ball Z, on peut aussi trouver des statuettes à collectionner, mais quand même vachement moins fun. Il faut bien reconnaître qu’à côté de Végéta, l’enfant Jésus en impose drôlement moins, mais le character design du Vatican Cinematic Universe n’est pas le sujet. Car comprenant qu’ils ont affaire à de gros cons, les moines vont s’échiner durant des années dans le plus grand secret à concevoir un leurre attirant irrésistiblement les connards loin de leurs campagnes, et ils y parviendront avec un gadget aussi simple qu’étonnant : l’abribus.
Simple structure dressée en bord de route, de préférence en zone urbaine (c’est loin du monastère) elle attire invariablement les connards, qui ne peuvent s’empêcher de le défoncer. Comment ? Pourquoi ? Nul ne le sait, mais comme le disait Thalès « Chercher à comprendre un con, c’est chercher de la logique précisément là où il n’y en a pas. Et chercher quelque chose à un endroit où vous savez qu’il ne se trouve pas, voilà ce qui fait précisément de vous un con. » (il était vraiment sage). L’invention de l’abribus sera bientôt suivie de l’autobus, afin de rentabiliser ces mystérieuses structures installées un peu partout. Et si lorsque les connards sont en nombre, ils cassent l’abribus, quand ils sont en infériorité numérique, ils grimpent dedans. Et je défie quiconque ayant déjà pris les transports en commun de me dire que ce n’est pas un nid à individus méritant une bonne claquade dans la mouille, CQFD.

Abri gratuit en cas d’intempérie, conçu pour les transports publics qui bénéficient aux plus démunis, défoncer l’abribus est donc bien évidemment comparable à la prise de la Bastille.
Bien sûr, l’histoire pourrait s’arrêter là, et dans un monde normal les gens de goût riraient et désigneraient avec un légitime mépris ces silhouettes vêtues de noir qui deviennent berserks à la vue d’un plan de la RATP grand format, mais hélas, le théorème de Thalès est sans faille : plus de gros connards se rassemblent, y compris des casseurs, plus statistiquement, il y a des chances d’en voir apparaître d’encore plus énormes. Et c’est probablement ainsi qu’est né un être encore plus infernal que le casseur :
L’avocasseur
Si le casseur est le parasite du manifestant venu faire passer son message, l’avocasseur est une sorte de symbiote du casseur qui vient se greffer dessus pour tenter d’y trouver quelques points de karma social dans l’espoir de couvrir sa propre médiocrité. Mais, voyons plutôt.
Dénomination
L’avocasseur n’est pas l’avocat des casseurs, au sens des gens qui font virevolter leurs robes noires devant les tribunaux, et qui ont lu le droit avec le doigt pour y découvrir que tout péter n’était pas exactement un grand principe. L’avocat du casseur ne défend pas la casse, juste les droits de l’accusé. Alors que l’avocasseur, c’est ce quidam sans grand intérêt qui, sitôt qu’il entend le doux crépitement d’une poubelle qui brûle, au lieu de hausser les épaules en marmonnant « Mais pourquoi ? » s’exclame « C’est révolutionnaire ! » et se saisit de son clavier pour s’empresser d’expliquer que le casseur a bien fait de s’attaquer à cette vilaine poubelle qui ne faisait rien qu’à défendre le capitalisme. L’avocasseur, à défaut d’être inscrit au barreau, a son nom sur une plaque dorée chez les blaireaux.
Caractéristiques
Si le casseur porte des vêtements noirs et court vite, l’avocasseur est généralement vêtu de tenues plus chamarrées parce que ce soir, il a concert (un groupe indé, tu connais pas). Et s’il ne court pas, c’est parce qu’il a pris un Uber.
Or, si le casseur est souvent considéré comme l’incarnation du lumpenprolétariat (le prolétariat en haillons), on ne s’étonnera donc pas qu’il soit naturellement défendu par le lumpenbourgeois, la version Vinted du bourgeois persuadée d’être le bas-peuple parce qu’il porte des pulls trop grands, des chignons savamment à demi-défaits, ou a chez lui une table faite en bois de récupération. Le lumpenbourgeois est un peu le modèle 2.0 de la rombière qui après être allée s’encanailler dans les pays chauds, revient en vous expliquant avec gourmandise et une bonne dose de néo-colonialisme que « Mais oui, ils m’ont acceptée comme l’une des leurs. Mon guide m’appelait même « Oumpa », ce qui dans leur langue, signifie « la grande amie ». » Alors que « Oumpa » signifiait « Trou de balle« , un terme peu élogieux, mais qui amusait au moins suffisamment son guide pour supporter sa cliente un jour de plus. Ainsi, de même, l’avocasseur est vraiment persuadé d’être l’ami du casseur, et que s’ils se rencontraient, naitrait une grande et belle amitié autour d’une cause commune. Alors que le casseur lui prendrait sa montre avant de se barrer en rigolant.
Car non, les deux espèces ne se croisent pas, ou peu. Dans le cas où vous disposeriez d’une paire de jumelles et désireriez observer des avocasseurs dans leur milieu naturel, sachez qu’il suffit justement de regarder dans quels quartiers les casseurs ne sont pas. Vous pourrez alors voir de vastes troupeaux de ces majestueuses créatures, généralement au point d’eau, à savoir le bar Chez Simone, où le coca est à 6€.
Comportement
En 2017, le célèbre professeur Banks de l’université de Miskatonic décide de se lancer dans une grande étude des avocasseurs. Pour cela, il attend la saison des mouvements sociaux en France (il n’a pas à attendre longtemps), et après avoir repéré sur une carte de Paris les spots de brunchs, les friperies au prix du neuf, et bien sûr, les Starbucks, il parvient à dresser une carte des meilleurs endroits où observer ces créatures, et décrit alors leur comportement dans une étude fascinante intitulée « L’avocasseur – Un être méprisant et méprisable« , dont voici les grandes lignes.
L’avocasseur ressent un besoin viscéral de défendre le casseur dont il est le symbiote. Si le casseur attaque une poubelle, c’est qu’il était en colère (et une colère légitime !) donc c’est cool. S’il défonce un abribus, c’est pour faire passer un message. S’il enfonce un vitrine pour piquer tout ce qu’il y a dedans, c’est parce que ce sont des choses de première nécessités, comme des Playstation 5 ou une paire d’Adidas pas à sa taille. De manière générale, l’avocasseur accusera la société, le gouvernement, le capitalisme et à peu près tout et tout le monde SAUF le mec qui a pété ceci ou volé cela. Car, chaussé de son petit chapeau colonial ou haut de forme en fonction de ses goûts, l’avocasseur ne peut pas traiter « ces gens-là » comme des adultes responsables. Non, avec un paternalisme où suinte une bonne dose de mépris, il en parle comme de petites choses incapables du moindre mal (car si All Cops Are Bastards, All Casseurs Are Bons), contrairement à vous et moi. On retrouve chez lui ce même ton que prend cette mamoune qui, voyant son fils déféquer sur la table en classe en chantant le générique de Pokémon, parvient à vous expliquer que c’est parce qu’il est surdoué, car reconnaître qu’il est con lui ferait socialement trop mal. La vérité attendra donc, pourvu que ça flatte l’ego du bonimenteur.
Surtout que, non, tout le monde voit bien que Jean-Matthéo est complètement con. C’est assez factuel. Mais les faits étant embêtants, un peu de maquillage et il n’y paraitra plus.
Pour l’avocasseur, ledit maquillage repose sur un principe simple, qui ignore tout du théorème de Thalès : comme les MÉCHANTS sont en face, alors tous ceux qui sont de notre côté sont GENTILS. Il lui est impossible, inimaginable de supposer, ne serait-ce qu’un seul instant, qu’il y a dans son grand rassemblement, comme dans tous les rassemblements de l’univers, des connards, et que ces connards agissent, ça alors, comme des connards. Non, si ces gens sont opposés aux mêmes larrons que lui, c’est qu’ils sont naturellement gentils, profondément politisés, sont à deux doigts de décrocher une licence de philosophie et s’ils défoncent une boutique, c’est pour faire passer un message suite à leurs lectures de Kant, Marx et Jaurès.
Chacun sait que chez les casseurs, les choses se passent ainsi :
« Eustache ! Eustache, viens donc !
– Parbleu, c’est les ténèbres ! Que se passe-t-il, Jean-Edouard ?
– Vois ce commerce ! Penses-tu qu’il soit lié au Grand Capital ?
– Ma foi, nous devons vérifier, afin de lui ratiboiser la gueule dans le respect des valeurs de la République. Hm ! C’est un magasin de jeux vidéos. je pense que cela rend violent : nous devrions le ravager afin d’éviter que des enfants ne sombrent dans la violence gratuite. Et garder tous les jeux pour nous afin qu’ils ne tombent pas entre de mauvaises mains.
– Ethique, militantisme, progrès social : voilà quelques mots que nous allons enseigner à cette vilaine échoppe. François-Amédée ! Va donc chercher une barrière pour servir de bélier. Dans un instant, le monde sera un peu plus sûr ! »
Aucun rapport avec « Moi vois cible facile, moi attaque cible facile », bien sûr, car il est IMPOSSIBLE que des connards existent dans un rassemblement de milliers de personnes, comme c’est pourtant le cas depuis la nuit des temps. L’avocasseur est persuadé que tout voleur est au fond automatiquement un brave type : il le sait, il l’a vu dans Aladdin.
Langage
Contrairement à une croyance qui voudrait que l’avocasseur communique comme vous et moi, il est hélas plus proche du perroquet, et pas seulement à cause de ses atours chamarrés. On retrouve en effet chez la bête des termes qu’il ne maîtrise pas bien mais répète sans cesse après les avoir entendus ailleurs :
- « Non mais il y a des assurances !« , prouvant ainsi qu’il n’a pas bien compris comment une assurance marchait
- « Arrêtez de chouiner pour du matériel ! » surtout si ce n’est pas le sien, mais nous y reviendrons plus loin
- « En 1789, on n’aurait pas fait grand chose sans tout casser ! » qui montre qu’il n’est pas au courant qu’en 1789, les révolutionnaires s’organisaient précisément en milices contre les brigands
- « Je suis Marxiste » qui prouve qu’il n’a jamais entendu parler de Marx autrement que sur Insta, Engels et lui expliquant que le lumpenprolétariat qui pille et vole est un ennemi du camarade ouvrier
- « Les Droits de l’Homme avant ceux des vitrines ! » qui prouve qu’il n’a jamais jeté un œil, sinon il aurait appris que le respect de la propriété privée s’y trouve (article 17). Mais il y a les bons et les mauvais Droits de l’Homme.
Certaines phrases lui sont impossibles à prononcer, son larynx se figeant si vous tentez d’en enseigner à l’avocasseur. Par exemple : « Je suis d’accord avec les manifestants, mais pas avec la casse, qui justement, détourne de la manifestation et de son message, et fait le jeu de ceux d’en face. Sans compter que plus c’est violent, plus les gens auront peur de venir, et moins on aura de manifestants, donc on y perd à court comme à long terme« . Non, avoir une position un minimum construite comme « C’est pas les gentils contre les méchants, il y a aussi des connards au milieu« , holala, c’est déjà beaucoup trop. Il faut savoir compter jusqu’à trois, restons donc à deux camps.
Le langage de l’avocasseur est similaire à celui du fat venu se montrer à un vernissage d’art contemporain (il ne vient pas voir : il vient être vu) : il parle beaucoup et avec un langage soutenu, mais est incapable de distinguer une œuvre d’un extincteur. Dans le doute, il trouve tout formidable, et ira défendre jusqu’à la dernière banane scotchée à un mur plutôt que de laisser Jean-Eudes, son voisin, avoir une occasion de lui lancer « Tu n’as pas compris« . Remplacez la banane par trois crétins qui pètent une vitrine, et vous aurez avec l’avocasseur le même fat venu vous expliquer que « Alors en fait, vous n’avez pas compris, c’est très profond, c’est un acte profondément politique. »

« Si je vois du sens là où vous dites qu’il n’y en a pas, c’est la preuve que je suis plus intelligent que vous, compris ? »
Reproduction
L’avocasseur ne se reproduit pas comme la plupart des espèces connues, pour la simple et bonne raison qu’il ne vit que pour pratiquer l’onanisme social. Comprendre qu’il se faufile là où personne ne l’avait demandé, sort sa grosse conscience morale factice, et se met à l’astiquer devant tout le monde en répétant via différentes paraphrases « Vous avez vu comme je suis beaucoup plus socialement impliqué que vous ?« . Tout comme un type qui a besoin de vous affirmer qu’il est charismatique ne l’est évidemment pas, un larron qui a besoin de signaler à longueur de temps à quel point il est formidable, généreux et solidaire est probablement un con égocentrique. D’ailleurs, s’il ne l’était pas, il n’aurait pas à devoir faire cette éternelle mise en avant.
Et pour gagner ces points de karma social et les frotter sous le nez de tous les passants, l’avocasseur n’a aucun scrupule, aucune pitié, aucun des sentiments humains dont il se targue. S’il voit quelqu’un se faire démonter sa baraque et pleurer, l’avocasseur qui ne jure que par la solidarité, n’ira surtout pas soutenir l’individu. Non, il ira danser sur les cendres en mettant en avant à quel point il a compris, lui, que c’était incroyablement politique. Et que ce vol en masse de cartes Pokémon, c’était un message pour le gouvernement (probablement « Pika Pika« ). C’est le même genre de personnes qui, juste après un massacre, plutôt que de dire « C’est affreux« , vous dira « Ah ! Et pourtant, quand ça arrive dans tel pays, vous ne dites rien, alors que MOI j’y pense !« . L’avocasseur, comme tous les énormes connards, n’attend pas que les corps refroidissent pour tout ramener à lui et tenter de montrer à qui veut l’entendre que c’est vraiment un mec bien et impliqué, et surtout, plus que vous. Et nous avons donc déjà abordé pourquoi il a besoin d’insister très fort sur le fait qu’il est quelqu’un de bien : précisément parce qu’il est l’opposé.
L’avocasseur se reproduit donc essentiellement en intégrant d’autres connards en mal de reconnaissance à son groupe. S’il s’avère qu’on découvre dans ledit groupe quelqu’un qui fait preuve d’un minimum de compassion, de savoir, et qui est capable de dire « Je suis allé à la manif’ mais je vois pas bien l’intérêt de cramer la machine de téléconsultation médicale du quartier« , il est aussitôt rejeté à coups de pied au cul. De la logique… et pourquoi pas essayer de faire avancer concrètement les choses, aussi, hmmm ?
Mauvaise foi
L’avocasseur, comme tous les connards, est d’une incroyable mauvaise foi (j’auto-expertise ce propos). Et comme il n’est là que pour se faire mousser (au fond, il n’en a rien à foutre des casseurs), il se moque bien de la cause qu’il prétend défendre. Car oui, l’avocasseur a beau être débile, il sait bien qu’au fond, en défonçant la boutique du coin de la rue, le patron comme les employés ne vont pas s’exclamer « Super, j’ai envie de voter pour mes agresseurs ! » et que leur camp vient donc de reculer dans les urnes. Tout comme les gens du quartier, où les gens qui voient ça ou en entendent parler, ont tendance à se dire « Je sais pas trop, en fait, si j’ai envie de voter pour des gens qui expliquent que me faire savater la gueule ou ruiner ma propriété alors que je n’ai rien à voir avec la choucroute, ça va c’est cool si on dit que c’est politique« . Et que, disons, c’est précisément le genre de choses qui fait progresser le camp le plus radical d’en face, celui qui aime bien l’ordre, et aussi les rassemblements, mais plutôt du genre national. L’avocasseur est donc, non seulement l’avocat des casseurs, mais aussi l’un des plus grands alliés de ceux qu’il prétend combattre se faisant ainsi le chantre de la contre-révolution, le champion de la réaction, le héraut du conservatisme le plus sec. Un agent infiltré ne ferait pas mieux. L’avocasseur préférera voir tout le pays tomber aux mains des gens qu’il présente comme détestables que de manquer une occasion de se faire mousser avec ses discours faussement progressistes mais vraiment contre-productifs à la prochaine soirée d’anniversaire où il est invité (à un super rooftop, en plus).
C’est là que finalement, et comme annoncé, l’avocasseur est finalement bel et bien un encore plus gros connard que le casseur. Car si le casseur se contente de ravager les quartiers à sa portée, l’avocasseur, lui, serait prêt à foutre en l’air le monde entier, pourvu que ça flatte son ego.
Et ça, en effet, c’est bien plus grave qu’une vitrine brisée.
Questions fréquemment posées
Un avocasseur explique que je dois « comprendre » pour ma boutique/voiture/mairie/rame de tram qui a fini en cendres, et qu’en fait, les mecs qui l’ont défoncée avaient un message profond. Que faire ?
Organisez une manifestation. Durant celle-ci, rendez-vous chez l’avocasseur, ravagez son appart’, défoncez ses bibelots, taguez les murs avec des messages politiques (histoire que vraiment, il ne puisse rien dire), puis partez en lâchant d’un air complice « T’inquiète, t’as une assurance !« .
Et s’il refuse de comprendre ?
Pas de panique : instantanément, d’autres avocasseurs se manifesteront. N’oubliez pas que ce sont des charognards sans foi ni loi : ils dévoreront l’un des leurs si cela peut leur permettre de passer pour plus ouverts et tolérants que lui en façade.
Super, vous parlez des casseurs, mais et les violences policières, les grenades, tout ça, et les télés qui tournent en boucle sur les feux de poubelle et…
Et le cancer, et la faim dans le monde, et le… ça n’a aucun rapport. Avoir une position sur l’un n’empêche pas d’en avoir une sur l’autre. Mais si vous tenez à me faire une liste des sujets autorisés à la publication, n’hésitez pas, camarade commissaire. Vous ne seriez pas un avocasseur, par hasard ?
Une révolution, ça ne se fait pas avec des câlins !
Si violenter quelqu’un qui n’a rien fait, dans sa personne ou dans ses biens, vous parait totalement acceptable au point de le défendre ouvertement, il va falloir se poser quelques questions sur votre éthique. Une révolution, ça ne se fait pas en attaquant le peuple. Ça, c’est précisément une contre-révolution.
Vous, vous auriez gueulé à la prise de la Bastille !
Comparer le pillage d’une librairie manga à la prise d’une prison royale… c’est vraiment quand on fait des choses bien petites qu’il faut trouver des connards assez énormes pour les comparer à des grandes.
Vous ne comprenez pas en quoi c’est utile à la cause, c’est tout.
Oh si : cette année, le RN n’aura même pas à tourner son clip de campagne. Bravo les gars. Continuez, vous êtes vraiment des champions.
Quelque chose me dit que le théorème méconnu de Thalès et sa non-postérité va se vérifier dans les commentaires, en m’expliquant que, quand même : j’aurais mieux fait de parler de triangles.

Réussir à faire une référence à Thalès (et son maudit théorème qui a pourri ma moyenne en 4eme) et H.P Lovecraft dans la même prose, voilà qui est fort impressionnant…
Merci. Moi et mes amis bas-de-plafond, bouleversés par ces Zévènements (comme disait Coluche), nous nous sentions bien seuls.
Je pense qu’il aurait mieux valu parler de Triangles… Non je déconne. Génial. Merci pour l’humour, on en a bien besoin en ce moment.
J’avoue que j’aurais aimé faire le casse-bonbon de service et vous rentrez dedans mais il semblerait que ma formation d’avocasseur n’ait pas été au bout tellement…. je suis 10000% d’accords avec tout ce qui a été dit.
Pouvez vous également mettre votre prose à profit pour évoquer les défenseurs des utilisateurs de lance grenade à bout pourtant ? De ceux qui s’amusent a faire des rodéos motorisés au milieu d’adolescents ? De ceux qui ne répondent aux revendications que par l’ utilisation de la répression ?
Il est beau de défendre le matériel de dégâts, qu’en est il des dégâts humains ?
👍👍👍
Mais je serais tout de même curieux de l’ire le point de vue d’un Odieux Connard sur les violences policières…
Et je ne rate pas l’occasion de souligner que déployer les vacances, ça ne fonctionne semble-t-il pas toujours, et à travers cette remarque j’induis que la police dispose d’autres moyens que de G.R.E.T.A… Cf. https://unodieuxconnard.com/2019/08/26/question-de-securite/ pour qui n’aurait pas la réf.
Oui je fais le larb… stagiaire de 3e de l’Odieux. Touchez ma bosse, mes seigneurs 😁.
[heart] Thibault Morel (MSC Geneva) reacted to your message: ________________________________