Avatar 3 – Bon pour le cendrier

– Diego, viens par ici.

Le brave serviteur cesse d’épousseter ma collection d’armes à intrus et approche d’un pas timide, voire ouvertement lâche.

– Je vais te faire un petit test. Attention tu es prêt ?
– Euh… oui ?
– Bien. Voici un résumé, dis-moi de quel film il s’agit :

Jake Sully et sa famille vivent sur Pandora, une planète que les humains veulent coloniser. Caché dans un village du clan de l’eau, Jake pense être un peu tranquille, quand voilà que son vieil ennemi, le Colonel Méchant, revient d’entre les morts sous la forme d’un Avatar pour le prendre en chasse. Jake va devoir lui échapper tout en sauvant sa famille. Pendant ce temps, son cadet de fils fait ami-ami avec Billy, une espèce de baleine bannie, et va devoir l’aider à affronter aussi bien les chasseurs humains qu’à convaincre les siens de la justesse de son combat. À la fin, les humains arrivent avec un énorme navire chasseur de baleines, Jake rassemble tous les Na’vis du coin, et la grande bataille finale s’engage, où James Cameron oublie l’armée Na’Vi ce qui est ballot. Jake vainc le Colonel Méchant, les chasseurs sont coulés, et la fille adoptive de Jake découvre qu’elle peut contrôler la faune de Pandora pour l’aider. Fin.

Diego se gratte le menton avant de claquer des doigts, l’air sûr de lui.

– C’est Avatar 2 patron !
– Perdu, c’est Avatar 3.
– Ah non, là vous ne m’aurez pas : c’est exactement le pitch d’Avatar 2. Le clan de l’eau, le Colonel Méchant en antagoniste, Billy la baleine, la bataille finale avec les chasseurs et leur bateau… le pitch d’Avatar 2 à la virgule près.
– Oui. Eh bien non, c’est aussi celui d’Avatar 3.

Les sourcils du domestique se froncent, alors qu’il cherche à comprendre.

– Mais… non, c’est impossible ! C’est un film de plus de 3h ! Il ne peut pas raconter exactement la même chose que le précédent !

Ah, la naïveté, du bas peuple. C’est touchant. Je jette une pièce à Diego, touché par sa simplicité, puis une autre, plus grosse et en plomb, droit sur le coin du crâne afin qu’il déguerpisse. C’est qu’il y a des gens qui travaillent ici. Par exemple, à vous démontrer que tout ceci n’est pas une plaisanterie : Avatar 3, ou Avatar – De feu et de cendres, a exactement la même intrigue que le précédent, avec les mêmes scènes, dans l’ordre. Au besoin, le spoiler est ici.

Vous en doutez ?

Attendez que je récupère ma pièce de plomb et… Diego ? Diego, mon projectile, peux-tu le ramasser ? Il est trop loin du fauteuil ? Bah, tant pis. Laissez-moi m’occuper de votre mauvaise foi :

Spoilons, mes bons !


L’affiche : Quand vous avez du feu et de la cendre jusqu’au titre sur l’affiche, ça sent carrément l’oscar.

Notre film s’ouvre sur une scène où deux jeunes Na’Vi, les habitants bleutés de la planète Pandora, font des acrobaties aériennes. Il s’agit des deux enfants de Jake Sully, le héros, à savoir son fils Ton et son autre fils Tinière. Les deux virevoltent sur leurs poulets locaux, tout en s’interpellant à grands renforts de « BRO », « FRÉROT » et autres, car oui, bien qu’à des milliards de kilomètres de la Terre, ils s’expriment malgré tout comme des margoulins en jogging dans une ruelle sombre de Montreuil. Notez que je n’ai rien contre les langages fleuris de nos riantes cités (en tout cas c’est ce que je prétends aux vernissages mondains), mais disons que si je vous propose un film se déroulant sur une planète paradisiaque à l’autre bout de la galaxie, et que les premiers mots qui sortent de la bouche de Zantrax VIII, membre de l’espèce Zurglux, sont : « Wesh frangin sur le Coran ça fait trop zizir« , l’immersion n’est pas à son meilleur.

Cependant, suivons plutôt nos deux amis qui sitôt leurs cabrioles terminées, se posent. Et voici que Ton, l’aîné, se tourne vers Tinière.

– Wesh frérot trop bien les acrobaties là, faudra recommencer avec un scoot trafiqué.
– Wesh.
– Juste une question négro… comment j’suis dead ?

Et Tinière de baisser les yeux, et de rougir autant que sa peau bleue le lui permet pour avouer en son langage aussi insupportable que chamarré que c’est de sa faute si son frère est mort. Il y a eu bataille, Tinière a merdé, et cela a causé le décès de Ton (pour le plus grand plaisir de votre serviteur, qui espère que Tinière suivra de près). Voilà pourquoi désormais ils ne peuvent plus se voir qu’ici, dans le monde des esprits, où chaque Na’Vi peut se connecter. D’ailleurs, Tinière se déconnecte et retourne au monde réel : le village du clan de l’eau où nos héros vivaient depuis le dernier épisode.

C’est là que Tinière fait un peu le bilan de ce qu’il s’est passé depuis la dernière bataille, celle où Ton est mort face aux humains.

  • D’abord, son père Jake n’a de cesse de fouiller les restes du combat pour récupérer armes et munitions. Il sait que les humains finiront bien par revenir.
  • Ensuite, sa mère Neytiri, elle, vit très mal le deuil de Ton. Elle passe son temps à pleurer et à prier, et parfois les deux en même temps.
  • Enfin, vivent toujours avec eux Spider, l’enfant du colonel Méchant, humain mais qui respire via un masque, Jésute, la Na’Vi née de l’avatar d’une gentille d’un précédent film, et enfin Kisérarien, la fille de Jake, qui ne sert toujours à rien. Vous pouvez déjà l’oublier.

Et justement, il se tr… pardon ? Oui, vous avez une question ?

« Attendez, d’où Neytiri est-elle en deuil et pleure/prie dans un univers où elle peut à tout moment se connecter au monde des esprits pour aller gambader avec son fils décédé, lui parler et lui faire des câlins dès qu’elle en a envie ? »

Eeeh bien, comment dire cela sans jeter des objets sur les murs en hurlant en araméen ? Il se trouve qu’alors que le film s’ouvre justement sur une scène montrant précisément que l’on peut être auprès des morts à volonté… ce ne sera plus jamais abordé du film ou presque. Ça aurait pu être intéressant, de nous montrer comment est vécu le deuil dans un monde où l’on sait avec certitude qu’il y a une vie après la mort, et que l’on peut communiquer avec les siens de l’autre côté : est-ce que Neytiri se serait mise à passer trop de temps dans ce monde, délaissant le monde réel ? Est-ce que le suicide est une option pour rejoindre les siens plus vite ? Comment cela est-il vécu ?

Mais non : Neytiri vit son deuil comme une bonne grosse maman américaine, limite à pleurer sur un drapeau plié avec une photo près de son lit. Ça valait le coup de faire trois films sur une planète exotique au système unique, et à faire toute la scène d’ouverture sur le sujet, pour l’oublier juste après. Ça se passerait en Ardèche que ce serait la même (sauf que Pandora est mieux desservie par les transports).

Et voilà donc comment à la place on se tape des scènes du genre Jake qui tente de remonter le moral de Neytiri avec des dialogues d’une pauvreté telle qu’on dirait un budget gouvernemental français, saveur :

– Neytiri, il ne faut pas pleurer. Regarde ce que j’ai trouvé sous l’eau sur le site de la bataille : un RPG !
– Je ne sais pas ce qu’est un RPG, Jake. Je suis une alien en pagne tellement.
– Ah oui merde. Mais bon, dans ce film, on n’est visiblement pas très regardant sur ce que tu sais ou oublies. Comme le monde des esprits. Regarde ! J’accroche un RPG, c’est-à-dire une roquette, au bout d’une flèche et… hop !
– Mais Jake, ça va être aussi équilibré qu’un repas chez Mac Do !
– Neytiri, je t’ai dit que tu oubliais des choses en fonction des scènes, alors merde ! Prends ma flèche explosive et souris un peu !

D’ailleurs, on a aussi de brèves scènes où l’on voit des humains explorer la même zone remplie d’épaves… mais apparemment eux et Jake ne se croisent jamais. On va dire qu’ils se sont partagés les heures de fouilles. Et en parlant d’humains, allons justement voir l’un d’entre eux : l’insupportable Spider, l’appeau à claques du film, qui donc, je vous le disais, s’avère être le fils du colonel Méchant, mais recueilli par les Na’Vis. Et élevé comme un fils dans la famille de Jake. Oui mais voilà : Spider étant un humain, l’atmosphère de Pandora est toxique pour lui. Il doit donc toujours porter un masque à oxygène, relié à une batterie qui se recharge on ne sait comment où qu’elle soit (on va dire qu’elle est solaire, voyez si je suis généreux). Il lui faut donc en porter un pendant que l’autre charge…

… mais JAMAIS Spider ne pense à garder son masque de secours à proximité. Par exemple, sur lui.

On a donc le droit à des scènes où Spider manque de s’étouffer parce que « Ah merde, j’ai oublié de changer de masque avant de dormir, et l’autre est quelque part dans ma pile de bordel » ou « Attends je sais plus où je l’ai mis et mon masque actuel faiblit dangereusement« . Un con pareil, ça mérite en effet de s’étouffer, tant ça n’apprend jamais, car non, la fois suivante, Spider ne fait pas plus attention. À chaque fois qu’il frôle la mort il se contente de glousser et de jeter son masque de rechange dans un coin de sa hutte.

Personnellement, ma vie dépendrait d’un petit objet, j’aurais tendance à y faire un minimum attention, mais pas Spider : comme tout cela est bien écrit.

Et Neytiri doit elle aussi commencer à le trouver diablement con, car un beau matin, elle déclare qu’elle en a plein le fessier bleu de devoir se réveiller en pleine nuit pour chercher le masque de rechange de l’autre blaireau qui est en train de s’étouffer, surtout pour le découvrir sous une pile de vieux pagnes qui sentent le fromage. Elle propose donc que Spider, ce sale petit peau rose, retourne vivre avec les humains rebelles qui se cachent sur Pandora loin des militaires, et en harmonie avec les Na’Vis. Ça ne le rendra pas plus intelligent, mais à 200 kilomètres d’eux, il sera au moins un peu plus supportable. Et pour l’emmener là-bas, il est décidé de le confier aux Marchands du Vent, des marchands itinérants dont l’arrivée est toujours source de réjouissances pour les jeunes Na’Vis.

Les forains de Pandora, en somme.

Ainsi, l’affaire est vite décidée, et Jake s’en va rencontrer le chef des marchands pour lui expliquer son plan. Tous deux s’installent autour d’une table constituée d’un demi-panneau routier et d’un lavabo à l’origine douteuse.

– Amis marchands, je suis Jake Sully. Je sais que durant vos pérégrinations, vous allez passer par le camp des humains rebelles. Pourriez-vous y déposer ce garçon ?
– hhrrrr… hrrrr… j’étouffe… hrrrr… mon masque…. hrrrr… encore…. hrrrr… oublié…
– Non vraiment, déposez-le avant que je ne l’étouffe-moi-même.

Et les marchands du vent d’approuver. Ce qui n’est pas le cas du reste de la famille Sully, à commencer par Tinière.

– Wesh, daron, tu peux pas abandonner mon cousin lô.
– Si je peux. Regarde.
– …
– Quoi ?
– Quoicoubeh.

Certes, il y a un peu de latence quant aux blagues sur Pandora le temps qu’elles viennent de la Terre, mais après avoir vertement savaté son fils pour avoir utilisé ce langage, Jake admet que bon, pour une famille qui a pour motto « Les Sully se serrent les coudes », abandonner l’un des leurs façon Rémi sans famille, c’est un peu sec. Il est donc proposé d’accompagner les Marchands du Vent, histoire d’au moins faire la route avec Spider, en échange de protéger les Marchands des attaques de pillards. Car oui, il y a des pillards qui font un peu chier dans la région en ce moment : la tribu des cendres, ou Cendars. Qui porte son nom à cause de l’infâme odeur de lendemain de soirée qui la suit partout.

Tout le monde est donc ravi de cette proposition, des marchands en manque d’escorte à la petite Jésute qui kiffe secrètement Spider et ferait bien un peu de porn inter-espèces, là, au débotté. Ce qui peut vous choquer, bande de petits conservateurs, mais dans un monde où chaque habitant a une natte qui sert aussi de zizi qu’on branche sur tout, de sa voisine à l’arbre des ancêtres en passant par un chien errant, mettre son zobinou dans un humain n’est finalement pas le truc le plus coquin qui soit.

Et voilà comment nos héros montent avec les marchands, qui circulent dans des dirigeables faits maison tirés par des raies volantes. Et si le début du voyage se déroule à peu près correctement, un beau matin, c’est l’alerte : 40 Na’Vis couverts de cendres montés sur des poulets peinturlurés de blanc et de rouge foncent vers la petite caravane, le tout dans des émanation de bédo qui ne sont pas sans émoustiller ce petit zadiste de Spider. Vous l’aurez compris : c’est la tribu des cendres.

Chose amusante, « Les marchands de vent » est aussi le nom de l’équipe de scénaristes.

Or, les forbans sont plutôt doués, puisqu’en quelques minutes, ils parviennent à blesser Neytiri qui se mange une vilaine flèche, l’obligeant à fuir le champ de bataille, ainsi qu’à mettre le feu et provoquer le crash de l’embarcation volante de nos héros. On suit donc Tinière, Kisérarien, Jésute et Spider qui se retrouvent à faire un roulé-boulé dans la jungle avant de s’éloigner du site du drame pour ne pas tomber entre les mains des pillards. Qui en effet, bien vite, posent leurs poulets à proximité de l’embarcation endommagée pour en tuer les occupants et voler leurs…

Ah. Ah, attendez, non, on les montre tuer tout le monde (ils sont méchants) mais oublier de piller l’épave (ils sont un peu cons). Des pillards qui oublient de piller : seul Hollywood pouvait nous proposer pareil raffinement.

Les enfants, eux, observent tout cela de loin.

– Dites donc, pour des pillards, ils respectent drôlement la propriété privée.
– Silence, Kisérarien ! Regarde ! Ils sont vils, cruels, et scalpent leurs ennemis en leur coupant la natte magique !
– La… la natte magique ? Tu veux parler de notre natte-kiki ? En fait, ils coupent les kikis de leurs ennemis ?

Oui, il semblerait que la réalisation ait oublié qu’au-delà de la symbolique du scalp, ils venaient de créer des pillards qui à défaut de voler les biens d’autruis, s’enfuient avec leurs zizis.

– Des voleurs de zboubs ! Filons ! suggère Tinière.

Et nos enfants de cavalcader dans la jungle, jusqu’à ce que cet énorme et insupportable boulet de Spider, dont la simple apparition à l’écran me donne envie à moi aussi de voler des zizis mais seulement pour lapider ce personnage avec, ne s’arrête brusquement.

– Spider ! Que se passe-t-il ?
– Hrrr… encore… hrrr… oublié… hrrr… masque…
– Non mais c’est pas possible, ça ! T’as jamais pensé à juste le prendre en bandoulière, bougre de con ?
– Hrrr… pas… hrrr… penser… hrrrr… en… hrrr… général…
– Tu m’étonnes. Et je suppose que ton masque de rechange est dans l’épave entourée de voleurs de zizis ?
– Hrrr… oui…

La situation est embêtante. Plus encore lorsque le masque actuel de Spider se vide entièrement, et que Spider se meure. Alors que personnellement, je décidais d’envoyer Diego rechercher du brandy pour fêter ça, voici que Jésute, elle, se met à prier à voix haute.

– Mère ! Mère nourricière, toi, notre Terre ! Aide notre ami Spider à ne pas mourir comme l’énorme coprolithe à dreads qu’il est !

Et elle est soudain prise d’une vision. À la surprise générale, elle attrape une espèce de petite méduse volante qui parsème la forêt, la fait avaler à Spider (j’espérais que ce soit pour l’achever, mais non), puis prie et voilà que des racines entourent Spider, tissent un cocon autour de lui, et au bout d’un moment… hop ! Spider se réveille, et mieux encore, est désormais capable de respirer l’air de Pandora !

– Jésute ! C’est un miracle ! YOUPI JE VAIS HURLER TRES FORT CAR JE SUIS COMPLETEMENT CON !
– Spider, chut ! Je te rappelle que nous sommes non loin des voleurs de…
– DE QUOI ? HEIN ? QUI ? JE PEUX CONTINUER À ÊTRE INSUPPORTABLE, DIIIITES ?

Et voilà comment soudain, ils sont retrouvés par la tribu des voleurs de zboubs. Qui a tôt fait de les capturer, sans leur couper le zizi pour autant, tant les intrigues amoureuses entre eunuques sont moins populaires au cinéma. L’occasion de découvrir la curieuse prêtresse à la tête de ce détachement de rascals : Cendra. Qui est à la fois fascinée par cet humain qui peut respirer l’air de Pandora, mais aussi par les armes humaines qui « crachent le tonnerre ». Et elle aimerait bien qu’on lui apprenne à s’en servir, tant les gros flingues, c’est quand même plus efficace que les vieux arcs pourris.

Cela tombe bien, car non loin, quelqu’un a justement une grosse pétoire : Jake Sully.

Car après l’attaque du convoi marchand, il a réussi à se poser pour se lancer à la recherche de ses marmots. Et équipé d’un gros flingue, il fouille les bois, quand voilà qu’une voix bien connue l’interrompt. Ainsi qu’un canon sur sa tête.

– Jake Sully… nos satellites t’ont repéré, je suis venu te capturer !
– COLONEL MÉCHANT !VOUS, ICI ! Accompagné de… euh… un seul de vos sbires ?
– Ahem euh… oui, désormais, mon équipe, c’est nous deux. Va savoir pourquoi.

Toujours est-il que le Colonel Méchant va donc encore être le vilain sans intérêt de ce troisième film : youpi ! Un antagoniste générique comme celui-ci, c’eut été dommage de s’en priver. Et le colonel d’expliquer qu’il va ramener Jake à la base militaire humaine, sauf que voilà, Jake a des arguments.

– Attends ! Avant de me ramener… ton fils Spider est ici ! Dans ces bois ! En danger ! Aide-moi à aller le chercher !
– Hmmm… ça explique mon équipe de commandos qui soudain, n’a plus que deux membres : sinon, j’aurais pu t’envoyer au camp avec une partie de mes hommes, pendant que je cherchais Spider avec le reste de ma troupe. Allez, coquinou, va, tu as gagné : allons retrouver mon fils !

Et le trio s’enfonce dans la jungle en commettant une erreur terrible : ils sous-estiment les Cendars. Qui leur tombent sur le roudoudou, ne coupent pas icelui (en fait, ils ne le feront plus du film), et se contentent de les capturer. Cendra, la cheffe des Cendars, est ravie de cette prise.

– Vous avez des armes humaines ! Excellent ! Montrez-moi comment nous en servir !
– Jamais ! Je suis un colonel de l’armée terrienne, je ne trahirais pas les miens !
– Je vais te soumettre par le pouvoir… du KIKI !

Et vraiment : elle connecte sa natte-kiki à celle du colonel, et au lieu que les deux se mettent à gémir d’une manière que la décence ne permet pas de décrire, elle soumet un peu le colonel qui, vaguement excité (comme quoi on en revient à ça) accepte de montrer comment on se sert d’une pétoire humaine. Une fois qu’ils ont vidé un chargeur ou deux (le sujet de ce spoiler devient très confus, j’en conviens), Cendar se lance dans une grande cérémonie au milieu des bois qui fleure bon le sacrifice. Et Jake & co sentent bien qu’ils seront justement lesdits sacrifices. Ils sont donc jetés avec les autres prisonniers, dont Spider & co.

– Nous sommes ligotés, surveillés… foutus ! grogne Jake. Même vous, colonel, elle va vous égorger pour ses sombres rituels de vénération du feu !
– Ce qui m’excite toujours un peu, notez.
– Ah, mais espèce de gros cochon ! Je n’ai pas besoin de remarques salaces, j’ai besoin d’un miracle !
– …
– J’ai dit un MIRAACLE !
– …
– UN MIRAAACLEUUUH !
– Ah pardon, c’est à moi qu’on parle ?

Car Jésute est sur le coup. Elle qui avait des pouvoirs de druide et contrôlait les animaux  dans le volume précédent, et qui a déjà réussi à accomplir un miracle précédemment, cette fois, n’a qu’à marmonner une prière pour que les plantes de la forêt s’animent et tuent leurs gardes, permettant à notre fine équipe de prendre la poudre d’escampette. Seul le colonel file à l’anglaise de son côté, tant il n’a pas envie de se retrouver prisonnier de Jake Sully maintenant que ce dernier et sa famille sont libres.

Jésute, qui passe donc le film à se plaindre qu’elle n’a aucun pouvoir alors qu’elle balance des miracles dès qu’elle renifle.

Excellent choix, puisque peu après, Jake, Jésute, Tinière, Kisérarien et Spider sont retrouvés par Neytiri qui arrive en poulet volant.

– Désolé ! Comme j’étais blessée, j’ai dû aller reprendre des forces à la base voisine des humains rebelles. Oui, j’avais une grosse blessure, mais en 5 heures de temps, j’ai bien guéri. C’est marrant : j’ai connu des gens qui mettaient plus de temps à se remettre d’une appendicite. En attendant, grimpez sur les poulets des amis que j’ai ramenés : on va faire un tour là-bas !

Et en effet. Tout le monde se rend à la base humaine rebelle, où Na’Vis du clan de Neytiri et humains ayant quitté l’armée cohabitent. Sur place, des scientifiques jettent un œil à Spider pour comprendre le miracle de sa nouvelle respiration. Et font un bilan à Jake.

– Jake, j’ai plusieurs nouvelles pour vous. Spider… eh bien, c’est incroyable. Miraculeux, presque.
– Son QI dépasse désormais 22 ?
– J’ai dit « miraculeux » mais il y a des limites. Non, une sorte de champignon parasitaire est entré dans ses poumons. Et est en symbiose parfaite avec lui. C’est ce champignon qui lui fait respirer l’air de Pandora. Et c’est Spider qui fait vivre ce champignon. Désormais, ils sont liés.
– Incroyable ! Pensez-vous que ce soit réplicable ?
– Difficile à dire. Mais ce n’est pas l’unique nouvelle. Vous savez la natte-kiki des Na’Vis ?
– Je connais mec, j’ai eu des enfants.
– Eh bien… il en pousse une à Spider.

Et en effet : au milieu des dreads de Spider, une excroissance natte-kiki a commencé à pousser. Jake s’empresse d’aller annoncer la nouvelle à sa famille :

– Neytiri ! C’est incroyable ! Spider ! Devine ce qu’il a ? Un zizi avec des champignons !
– …
– Attends, je crois que je me suis mal exprimé.

Une fois que Jake a mieux expliqué son idée, Neytiri se montre inquiète : et si les vilains humains arrivaient à répliquer ce phénomène ? Ne pourraient-ils pas envahir la planète encore plus aisément ? Par ailleurs, vu comment le mâle humain moyen est lourd avec un kiki… alors avec deux ? Pour elle, ce miracle fait de Spider un danger. Elle bougonne donc dans son coin, pendant que les scientifiques de la base ont eux d’autres choses à annoncer, mais cette fois, à Jésute.

– Jésute, que se passe-t-il quand tu te connectes à la terre, comme les autres Na’Vis ? Pour communier avec celle-ci ou tenter d’accéder au monde des esprits ?
– Eh bien… souvent, je sens une présence, mais rien de plus. Puis, je fais une crise d’épilepsie.
– Hélas, je dois t’annoncer que tu dois arrêter cela. Car la prochaine fois que tu le feras… cela risque de te tuer.
– Oh non !

Et c’est là que la druidesse se lance dans un monologue qui vous donnera envie de manger votre siège, et que l’on peut résumer à :

– Pourquoi ? Pourquoiii ? Pourquoi est-ce que je ne parviens pas à me connecter à notre mère la Terre comme les autres ? Pourquoi NE REPOND-T-ELLE JAMAIS À MES PRIERES ?

Si. Si. Vraiment.

La seule personnage qui à chaque fois qu’elle prie, a immédiatement une réponse miraculeuse type « Des animaux se ruent à son aide », « Des plantes s’animent et tuent ses ennemis », voire « Un véritable miracle arrive pour sauver son ami », est en train de nous expliquer que sa divinité ne fait jamais rien pour elle. Aaaah, on est bien là. Entre Neytiri en deuil parce qu’elle a oublié qu’elle avait accès à son fils dans un monde parallèle 24h/24, et Jésute la faiseuse de miracles qui explique qu’elle n’a jamais aucune aide de l’esprit mère de Pandora, vraiment, on sent qu’il y a eu un gros travail d’écriture sur ce film. Neytiri grimperait soudain dans une Twingo de 1997 pour aller faire ses courses chez Auchan parce que la réalisation a oublié que ça se passait sur Pandora, ce serait peu ou prou le même niveau de « Oups, j’ai zappé un truc ».

Pour vous épargner bien des dialogues inutiles et des scènes qui ne riment à rien, sur Neytiri triste ou Jésute qui parle de son absence totale de connexion, je vous propose de mettre ces deux arcs narratifs dans la poubelle qu’ils auraient dû rejoindre bien avant la production du film. Hop. Et puis on va la sortir la poubelle, mon petit Diego, parce que palsembleu, ça fouette.

Revenons donc à un arc narratif bien plus palpitant : les nouveaux attributs de Spider. Car sitôt la famille Sully rentrée en sa demeure du clan de l’eau, Spider décide d’essayer sa nouvelle natte-kiki sur tout ce qui passe, comme par exemple, les énormes poissons locaux que l’on peut chevaucher en se connectant à eux. Enfin, Spider peut s’adonner en paix aux joies de la zoophilie locale, sous le regard de Jésute, qui parle de sa natte « qui pousse bien » (tu m’étonnes que ça l’intéresse, la gourgandine bleue). Mais dans l’ombre, une autre femme le regarde avec des idées bien moins salaces, à savoir Neytiri. Qui répète à Jake sa sombre prophétie.

– Si les humains reproduisent ce qui est arrivé à Spider, ils envahiront Pandora.
– C’est-à-dire qu’ils le font déjà, mon choubichou.
– Non, mais plus encore.
– Okay, et que proposes-tu, ma mimounette d’amour ?
– De buter Spider.

Alors oui, Neytiri, faut pas trop la chauffer. En même temps, sachant que j’ai déjà envie de tuer Spider après 2mn à l’écran, je n’ose imaginer elle qui vit depuis plus de quinze ans avec. Jake refuse, bien sûr, surtout qu’il y a d’autres arcs narratifs sans aucun intérêt à gérer, comme par exemple, les mystérieuses origines de Jésute. Je vous rappelle celles-ci : Jake avait une amie scientifique humaine qui avait un avatar. Cette amie est morte en aidant les Na’Vis, mais son avatar est resté lui bien au chaud dans sa cuve chez les humains rebelles. Or, un beau matin, paf : on a découvert l’avatar enceinte. Un vrai miracle ! Et Jésute est née de là. Or, il est temps de lui annoncer, car elle ignore ses origines. Jake et les anciens du village décident donc de s’en occuper en prenant Jésute à part.

– Jésute… je dois te parler de quelque chose.
– Oui papa Jake ?
– Neytiri m’a demandé de faire ça subtilement donc euh… voilà. Je t’ai déjà parlé des petites abeilles qui butinent pour faire les bébés ?
– Oui ?
– Eh ben ta mère c’est un clone mort cérébralement.
– HEIN ?
– Oui. Un demi-macchabée dans une cuve glacée qui est tombée enceinte sans explication, donc à mon avis, ton père c’est un scientifique bourré qui a trempé son zboub là-dedans suite à une soirée téquila.
– MAIS ? BOUHOUHOUSNIFSNOUFSNUF !
– Flûte, j’ai peut-être sauté une étape ou deux. On peut revenir aux petites abeilles ?

Jésute connait donc la vérité : elle est née d’un clone par opération du Saint Esprit, d’où son nom. Et d’après les scientifiques, c’est même le clone mort-cérébralement en question qui se serait dupliqué lui-même. Jésute est bouleversée, mais en fait, ça va. Pardon ? Encore un arc narratif nul ? Apapap. On n’a pas fini.

Vous vous souvenez de Tinière qui dans le précédent film, devenait ami avec Billy, une paleine (une créature qui n’a rien à voir avec une baleine et n’en est pas une, d’où son nom de paleine) ? Paleine rejetée par son clan et qui cherchait sa place ? Eh bien vous allez vous taper à nouveau exactement le même arc. Je ne plaisante pas : ils ont oublié qu’il avait déjà eu lieu, et on a donc la même histoire : Billy la paleine est rejetée par les siens, elle pense qu’il faut combattre les humains au lieu de se laisser massacrer, elle est donc bannie. Mais Tinière devient son ami, et youpi.

Oui, vous vous remangerez toutes les scènes du peuple de l’eau qui communie avec les paleines, alors que vous n’aviez rien demandé.

Dans le genre recyclage des épisodes précédents, on a même une mini-scène qui reprend l’intrigue du premier film, sans explication, à savoir Neytiri qui parle à Jake, un soir, pour dire :

– J’aime pas les humains. Je les déteste.
– Pourtant on couche ensemble.
– Ah oui c’est vrai.

Mesdames et Messieurs : c’était Avatar 1 résumé en un dialogue de 3 lignes. Ça valait bien le coup d’en faire un film de 3h.

D’ailleurs, si vous retirez tout ce qui n’apporte rien à l’intrigue de la série, sachez que ce film Avatar 3 passe de 3h17 à 20 minutes.

Car un truc nouveau arrive tout de même ! À savoir que le Colonel Méchant a une idée pour combattre Jake et sa famille. Son plan se trouver de nouveaux alliés. Et c’est donc tout naturellement qu’il se tourne vers les Cendars, à qui il rend une petite visite pour leur proposer des armes humaines en échange d’une alliance. Ce que Cendra accepte bien vite, surtout quand le colonel la séduit avec ses blagues de militaires et son petit cadeau qui fait toujours plaisir aux prêtresses qui vénèrent le feu : un lance-flammes. C’est un peu le Monchéri local. Cendar conquise, le colonel n’est pas peu fier.

– Avec mes nouveaux alliés, nous allons brûler les villages du peuple de l’eau jusqu’à ce qu’ils nous disent où se cache Jake Sully !
– On l’a pas déjà fait dans le précédent film ?
– Si, mais on recommence ! Allez, remettez les mêmes images et scènes !
– Et euh… d’ailleurs… on ne sait pas déjà où il vit ? Vu qu’on l’a affronté non loin de son village dans le précédent film ? Et quand bien même : vous savez comment vous l’avez retrouvé, au début du film, dans la jungle ? Grâce à des images de drones l’ayant repéré sur des vaisseaux de Marchands du Vent. Donc, s’il a embarqué avec eux, c’est probablement qu’ils sont passés par son village. Et comme ils ont d’énoooormes engins visibles par satellite… on a juste à reprendre leur trajet dans nos archives, et paf, on a le bon village.
– Vous vous appelez ?
– Caporal Roudouou.
– Eh bien vous êtes viré, Roudoudou.

Le Colonel Méchant peut ainsi reprendre la destruction de villages du clan de l’eau, et puis finalement, sa nouvelle copine Cendra étant super convaincante grâce sa torture de victimes via natte-kiki, l’un des Na’Vis de l’eau finit par indiquer où se trouve le village de notre héros. Le colonel n’a plus qu’à s’y rendre avec toute une armada, et après avoir commencé à cramer quelques maisons pour l’exemple, force Jake à se rendre, et récupère ce gros blaireau de Spider au passage. Il n’y a donc plus qu’à rentrer à l’immense base militaire humaine, où Jake se retrouve enfermé et condamné à mort pour trahison de l’humanité, alors que Spider va dans un labo subir des tests pour que l’on comprenne comment diable il résiste, et pourquoi il a désormais un zboub alien qui lui pousse sur la tête, ce qui pour un gros gland, n’est pas rien.

C’est alors qu’au même moment, les cupides humains font une grande réunion d’état-major.

– Messieurs, nous avons découvert un phénomène incroyable. Vous savez les paleines, que nous chassons ?
– On pourrait revoir des images où on les tue devant leurs paleineaux, histoire de bien rappeler qu’on est méchants ?
– Bien sûr. Hop. Ahaha, regardez ce qu’elle prend ! Vilaine paleine ! Bien fait pour ton gras ! Bon, bref, revenons à notre plan. Nous avons découvert que les paleines allaient se réunir en nombre incroyable en un seul et même endroit pour une sorte de communion ! Des centaines d’individus rassemblés dans une seule et unique baie, on va pouvoir faire un massacre et le plein de jus de paleine, la Terre sera contente ! Et vous savez ce qui est encore plus fou ? Le rassemblement aura lieu… juste devant le village où se cachait Jake Sully ! Et donc, il… attendez ? Qu’est-ce que j’entends ? Qui a une boîte à « Ça alors ! » avec lui ?
– C’est moi chef, pardon.
– Merci de ne pas souligner à quel point le scénario n’a absolument aucun intérêt ni la moindre once de créativité.
– Pardon.
– Je disais donc : on va donner un assaut massif sur la zone et buter toutes ces saloperies de gentilles paleines et leurs bébés, ahah !

C’est alors qu’un homme s’avance.

– Non.
– Qui êtes-vous ?
– Michel China. Biologiste marin.
– Et donc ?
– Ben je suis pas d’accord.
– Super. Tenez, voici un compte Bluesky pour aller jouer avec vos copains. Maintenant, laissez les grandes personnes travailler en paix.

Retenez bien le nom de ce personnage qui sort de nulle part (on l’avait vaguement entrevu dans une scène du 2), car vous allez voir, il a été écrit avec soin.

Ainsi, peu après, plusieurs événements vont s’enchaîner. D’abord, Spider va parvenir à s’évader du laboratoire où il était retenu (il est si insupportable que même les murs ne veulent pas le retenir). Ensuite, Neytiri, venue sauver Jake, parvient à se faufiler dans la base des méchants. Et surtout… attention… alors que Jake est enfermé, gardé, surveillé, tout ce que vous voulez… Michel China sort de nulle part avec une pelleteuse géante, défonce toutes les défenses autour de la cage de Jake et le libère. Puis, il l’aide à s’enfuir. Jake demande alors :

– Mais bordel, qui êtes-vous ?
– Un biologiste marin. Qui est contre la chasse à la paleine. C’est pour ça que je vous libère.
– Attendez ? On ne s’est jamais parlé, vous n’avez aucune idée de ce que je compte faire, puisque bon, je suis un fugitif donc j’ai peut-être autre chose à foutre qu’aller sauver des animaux, tout ce que vous savez de moi c’est que je suis un traître, et donc, vous sortez de nulle part, on ne vous avait jamais vu avant, et vous venez me libérer sans me connaître ? Vous n’allez pas en plus disparaître et ne plus jamais revenir dès cette scène terminée ?
– Si.
– Mais bon dieu, qui êtes-vous vraiment ?
– Michel China. Epoux Deusexma.
– Je comprends mieux.

Voilà. J’imagine donc bien les scénaristes au moment de l’écriture du film.

* * *
Hollywood, un mardi, 15h17

– Bon, José, on en était à la scène où Jake est prisonnier des méchants humains. Faut qu’on le fasse sortir pour que le film continue.
– Ben on a plusieurs options. Neytiri, par exemple. Elle a infiltré la base et peut donc le libérer.
– Hmmm. Trop logique. Autre chose ?
– Spider ? Après tout, il vient de s’échapper du labo où il était retenu sur la même base. Il est donc lui aussi libre et apte à l’aider.
– Hmmmmmnan. J’ai une meilleure idée.
– Ah ?
– On n’a qu’à dire qu’un type qui n’a rien à voir avec l’intrigue et qu’on n’a jamais vu, on l’appellera Michel, sort de nulle part, libère Jake, puis s’en va. On trouvera bien une vague raison à ça du genre… euh… il aime les paleines.
– Attends, tu peux pas sortir des raccourcis foireux comme ça quand ça t’arrange !
– Si, même que je peux le refaire !

* * *

En effet.

Car bien vite, Neytiri, Jake et Spider parviennent à se regrouper, alors que l’alarme est donnée sur toute la base. Heureusement, ils ne croisent en chemin que des soldats qui ont dû faire un stage chez les Stormtroopers, puisqu’ils ratent absolument tous leurs tirs, même à 10 mètres avec des sulfateuses qui transforment l’air en plomb tout autour d’eux. Mais surtout, le top du top, c’est la situation dans laquelle nos larrons se retrouvent. Car après s’être regroupés pour s’envoler sur le poulet volant avec lequel Neytiri est venu, la situation semble complexe :

  • Toutes les défenses antiaériennes de la base sont prêtes à faire feu.
  • Des soldats convergent vers eux de toutes les directions, y compris en aéronefs
  • Le Colonel Méchant et ses alliés des Cendres arrivent aussi pour les poursuivre, avec leurs propres poulets à disposition

Comment nos héros vont-ils s’en sortir ?

« Jake, à quoi ça sert que je me déguise en membre de la tribu des cendres pour infiltrer la base humaine afin de venir te libérer si au final c’est un personnage qui n’a rien à voir avec la choucroute qui te libère ? »

Vous vous souvenez de Michel le biologiste ? Eh bien là, c’est encore mieux : LA RÉALISATION SE CONTENTE DE CHANGER DE SCENE.

Voilà. Un instant, Neytiri & co sont foutus, la seconde suivante, hop ! Ils volent dans le soleil levant, au-dessus d’une jungle paisible. Quand on ne sait pas comment s’en sortir, autant changer de scène sans explication ! Quel talent.

Enfin. Le petit trio fait une brève halte au bord d’un ruisseau pour se désaltérer. Et Jake prend Neytiri à part.

– Neytiri, il faut que l’on parle de quelque chose de sérieux.
– Ah, tu veux sûrement parler de comment j’ai pu passer toutes les défenses antiaériennes de la base humaine avec mon poulet volant ? C’est assez simple. Les alliés du Colonel Méchant des cendres ont de petits colliers électroniques IFF qui les identifient comme des alliés des humains, empêchant les batteries antiaériennes de leur tirer dessus. J’en ai donc volé un, et hop, j’ai passé les défenses sans souci.
– Bravo c’est… eeh, mais attends ! D’où tu savais ça ? Sachant que tu n’as jamais vu les mecs des cendres employer ce dispositif ?
– Ah oui merde. Jake, je crois que les scénaristes ont encore oublié des scènes. Ou écrit de la merde. Tu penses que c’est fini ?
– Non ! Car ce n’est même pas le sujet que je voulais aborder. Tu sais, Spider ?
– Oui.
– Spider que je ne voulais pas que tu tues au motif que sa capacité à respirer pourrait aider l’envahisseur ?
– Oui.
– Spider qui pendant l’évasion de la scène précédente, m’a même aidé et sauvé la vie à un moment ?
– Oui.
– Spider que je refusais d’abandonner ?
– Oui.
– Ben j’ai changé d’avis : butons-le.

Ce film est cher, long, sans intérêt et carrément insultant : on dirait une séance du sénat (mais en 3d).

Jake emmène donc Spider dans les bois pour l’égorger, et puis en fait… non. Allez, tout est pardonné ! On se fait un câlin mon loulou et on rentre chez nous. Parce qu’un certain biologiste écrit avec l’arrière-train m’a dit qu’un massacre de bal… paleines allait avoir lieu dans nos eaux. Il est donc temps de rassembler toutes les forces disponibles ! Jake va parler à tous ses amis du village de l’eau.

– Compagnons, je vais aller chercher le gropoulet, le poulet géant qui m’a rendu célèbre dans Avatar 1 et qui a fait de moi le héros de la prophétie !
– Formidable ! Et nous, nous allons annoncer que le célèbre chevalier gropoulet convoque toutes les tribus pour se battre contre les humains !
– Parfait. Si en plus on pouvait avoir les paleines avec nous… car elles sont énormes, très fortes, et c’est un peu pour elles que l’on va se battre, ce serait top.
– Plus facile à dire qu’à faire, Jake Sully. Les paleines sont profondément pacifistes. Il faudra les convaincre.

Là encore, le film dure 3h, avec des dizaines de scènes sans aucun intérêt, mais pour aller convaincre les paleines de se battre, on donc un truc torché en vitesse, puisque cela se résume ainsi :

– Nous les paleines, car oui nous parlons, nous refusons de nous battre. Tuer un tueur, ça fait toujours un tueur dans la nature. C’est Batman qui l’a dit.
– Mais ! Les humains vous massacrent ! Vous explosent la gueule ! Veulent vous exterminer le jour de votre communion rituelle où vous emmenez les bébés paleineaux se connecter avec la nature pour la première fois !
– Qu’importe.

C’est alors qu’arrive Billy la paleine rebelle, avec à ses côtés, une paleine mutilée par les chasseurs en guise d’illustration de son propos.

– Mes amis ! Je suis Billy, la paleine ! Voyez ce que les humains nous font : ils nous massacrent !
– COMMENT ? DANS CE CAS, NOUS NOUS BATTRONS !

Je serais Jake, je serais un peu dégoûté, car c’est exactement le même argument que celui qu’il répétait depuis 20 minutes. Mais soudainement, les paleines se disent que ah oui, merde, si on se fait massacrer, faudrait peut-être penser à se défendre. C’est donc parfait : Jake a réuni les tribus de la terre et de l’eau, les paleines, sa famille… il n’y a plus qu’à attendre l’ennemi. Et chaque minute qui passe voit son lot de nouveaux guerriers alliés des tribus voisines arriver en renfort : des centaines, voire des milliers de Na’Vis et leurs poulets sont prêts à se battre !

Arrive donc le grand jour, où alors que toutes, les paleines sont dans la baie, près du village de l’eau, les humains approchent avec un énorme navire et de plus petits. Et, sans aucune explication, au beau milieu de la baie… se trouve une sorte de gigantesque vortex magnétique qui soulève tout ce qui le touche. D’où sort-il ? Pourquoi les Na’Vis ne l’évoquent même pas alors qu’il est à deux mètres d’eux ? Mystère.

Cette image est-elle tirée de la bataille finale d’Avatar 2 ou 3 ? Mystère !

La bataille est prête à commencer, car sitôt que les humains s’élancent pour massacrer les paleines… c’est parti ! Les plus énormes et anciennes d’entre elles bondissent hors de l’eau pour écraser les navires des chasseurs, alors que les Na’Vis sortent de partout pour savater les vaisseaux ennemis. On appréciera particulièrement l’amabilité des humains, qui se contentent de se faire tuer sans tirer durant les premières minutes. Quand ils voient un ennemi arriver sur eux, ils font juste des bruits comme « Oh non ! » voire « Ouhlala ! » avant de mourir.

Mais surtout, James Cameron nous gâte : vous vous souvenez de l’énorme erreur du film précédent ? Le raté historique ? À savoir qu’au moment de la bataille finale, James Cameron oubliait une des deux armées ? Puisqu’on voyait les Na’Vi attaquer… avant de tous disparaître de l’écran, ne laissant que les personnages nommés affronter les humains ?

EH BIEN IL LE REFAIT.

Les paleines géantes méga-balaises ? Hop ! Elles partent aux Seychelles entre deux scènes. Les hordes de Na’Vis de la terre et de l’eau ? Zip ! À la trappe ! Vous en verrez parfois un ou deux en fond, mais sinon, idem : ils étaient des milliers, mais ne restent soudain plus que les personnages nommés. Chez qui c’est un carnage d’ailleurs, puisque quasiment tous les larrons connus de la tribu de l’eau qui héberge nos héros meurent, à commencer par la femme du chef, qui a eu la bonne idée d’attaquer tout en accouchant. Si, si, elle avait des contractions, mais allez, en route ! Elle accouche donc et meurt dans les bras de Neytiri.

– Prends… mon enfant Neytiri… argl.
– Super. Merci. Comme si j’avais pas assez de Jésute et Spider : et allez, encore un gosse pas à moi à torcher ! Merci hein ! C’est pas comme si je voulais du temps pour moi !

Neytiri est donc ravie, vous l’imaginez bien.

Malgré ces pertes, sachez que les Na’Vis ont l’avantage, éclatant les navires humains et leurs aéronefs d’escorte… jusqu’à ce que soudain, de nouveaux ennemis n’apparaissent. C’est la panique chez les gentils. Comment ? Des troupes au sol qui déboulent ? Des appareils volants qui bombardent ou mitraillent le coin ? Ah non, non. Ces renforts, ce sont…

– LES VOLEURS DE ZIZIS !

« La tribu des cendres, bande de petits rabouins ! » s’écrie Cendra, qui vole sur un poulet aux côtés du Colonel Méchant. Alors, personnellement, je n’étais pas trop inquiet, puisque l’on voit débouler à l’écran 40 clodos en pagne sur des poulets, soit pas grand chose en comparaison de l’armada humaine, qui pourtant, s’est fait laminer. Et en face d’eux, on a donc en plus des milliers de Na’Vis qui… qui…

Ah ben non, comme ils ont disparu sans explication, pouf, les 40 clodos retournent la bataille. Mieux encore, et toujours sans aucune explication (on n’a que 3h !), les humains se retrouvent soudain avec tous leurs véhicules prêts, réparés, en formation, et le chef des chasseurs annonce : « Bon, alors, on y va tuer ces paleines ? »

Mais ? MAIS ? Et les scènes précédentes ? La bataille ? Les massacres ? Non ?

Voilà : après le film qui oublie une armée de sa bataille finale, le film qui oublie TOUTE la bataille finale. Quel talent ! Les paleines ne se battent plus sans qu’on ne comprenne bien pourquoi (ça aussi, c’est oublié), et s’apprêtent donc à se faire massacrer, quand soudain, Jésute en a assez.

– Je vais faire appel à Mère Nature !
– Jésute, non ! On t’a prévenue ! Si tu le fais encore, tu risques de mourir !
– M’en fous !

Et elle a bien raison, car lorsqu’elle se connecte à la terre avec sa natte-kiki, elle reçoit le soutien de Tinière et Kisérarien, qui se connectent avec elle, ce qui lui suffit à entrer en contact avec Mère Nature (ce qu’elle faisait sans souci depuis deux films, je le rappelle, parfois sans même se connecter), à qui elle demande de l’aide. Et comme à chaque fois qu’elle le fait depuis deux films… ben ça marche. Mais là, on nous met une musique grandiose comme si c’était nouveau, alors que montant des profondeurs, des poulpes viennent (re)détruire les vaisseaux humains et tuer leurs occupants. Leurs restes finissent dans le vortex magnétique, où ils sont aspirés dans les airs.

Pendant ce temps, Neytiri affronte Cendar et gagne, mais la vilaine parvient à s’enfuir parce que « Non mais on va la laisser partir. Pourquoi, on ne sait pas trop, mais allez« . Alors que le Colonel Méchant affronte lui Jake dans le vortex magique, mais finit à sa merci. Il préfère alors se jeter dans le vide et disparaît dans les flammes des véhicules pris dans le vortex… et on ne le voit pas mourir, sans compter qu’on ne retrouve jamais son corps !

HOLALA JE ME DEMANDE S’IL A SURVECU !

Au hasard : avec l’aide d’une certaine Cendar, que des andouilles ont laissé en vie, et qui devait passer par là en poulet volant au même moment ? Mais auuuu hasard, hein.

Bien : les humains sont vaincus, les Na’Vis triomphent, il n’y a plus qu’à festoyer ! À commencer par la fameuse communion des paleines, qui peut avoir lieu. Elles se rassemblent autour de l’arbre sacré sous-marin du peuple de l’eau et s’y connectent… et Jésute décide que c’est aussi le bon moment pour se connecter avec Spider, afin qu’avec sa natte-kiki, il découvre lui aussi pour la première fois le monde des esprits ! Il se retrouve alors au milieu de tous les amis qu’ils viennent de perdre, ceux morts lors des films précédents, mais il voit aussi les ancêtres Na’Vis… et tous l’accueillent joyeusement comme l’un des leurs, un vrai petit Na’Vi.

– Mais alors, si ce monde des esprits existe… pourquoi Neytiri était en deuil, sachant qu’elle pouvait y venir quand elle voulait ?

Un des anciens lui met une torgnolle derrière les oreilles pour lui apprendre à poser les questions qu’il ne faut pas et…

… FIN !

Diable. La dernière fois que j’ai vu une écriture aussi soignée, j’étais chez le médecin.

Je vous mets une image de Cendra, car vous l’aurez noté, je n’ai mis aucune photo de la tribu des cendres. Pour une raison simple : en fait… ils n’apportent rien à l’histoire. Ce sont juste les nouveaux troufions du Colonel Méchant. Voilà. C’est tout.


Pour rappel, sachez que James Cameron a déjà annoncé qu’il voulait faire Avatar 4 & 5.

C’est vrai que vu comment ces 3h ont été bien utilisées, ce serait dommage de se priver de 6h de plus de non-intrigue.

10 réponses à “Avatar 3 – Bon pour le cendrier

  1. L’intérêt de ces films (pour moi réside surtout dans les images et la 3D.

    Par contre, je me dis que je lis trop ce blog quand, au cinéma, je me dis : « tiens, le gropoulet ! » Et que je ne sais pas du tout le vrai nom du truc XD

  2. Vu les sorties recentes, je pensais bien qu’on allait avoir un Spoiler sous peu. Bravo d’avoir reussi a varier le texte quand le sujet lui ne change pas!

  3. Bonjour à tous ! Bonne année à tous ! (Et surtout à vous, cher Odieux)

    Le petit mail qui fâche :

    « les biens d’autruis » : pas de « s » à autrui (je suis allée vérifier)

    « voici un comte Bluesky »: « compte »

    « Jake emmène donc Jake » : donc « Spider »

    Voilà, désolée

  4. pour la sortie de la base, la transition n’est-elle pas réferérencée dans le milieu du cinema comme une « john carter » ?

    Que l’on a pu voir utilisee notamment dans indiana jones V : le cadran de la destinee ?

    merci pour ce que vous faites Odieux et bonne année à vous, pleine de chatons dans des sacs et de stagiaires inutiles

  5. Cher Odieux,

    loin de moi l’idée de pinailler (c’est pas mon genre), mais ce ne sont pas des poulpes qui surgissent des profondeurs : ce sont des calmars. Même pas tellement modifiés par rapport à ceux qu’on connaît d’ailleurs, ils ont dû être importés de Terre avec les peaux-roses.

    Pour le reste, rien à redire, vous avez bien mérité votre verre de brandy.

  6. Pingback: Avatar : de feu et de cendres - Ciné H26·

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