Jurassic World – Rebouse

– J’ai dépensé sans compter !

Un large sourire se dessine sur les lèvres du vieil homme, alors que ses doigts s’agitent sur le pommeau en ambre de sa canne. Sa voix est dénuée d’arrogance, car sa tirade ne visait pas à rappeler ses importants moyens, non, mais bien à souligner qu’il avait tout fait pour parvenir à ses fins. Et à présent, devant cet enclos, malgré son grand âge, son rire est celui d’un enfant. Car c’est bien un rêve d’enfant qu’il dévoile à ses invités, un rêve devenu réalité après des décennies de labeur. Dans la jeep, un paléontologue en laisse tomber ses lunettes comme sa mâchoire, alors que ses yeux se posent sur l’impossible.

– Vous avez ramené à la vie…
– C’est de la folie ! l’interrompt le mathématicien de l’équipe avant qu’il ne prononce un mot de plus. Vieil homme ! Vous étiez tellement entêté à chercher si vous pouviez ramener ces choses à notre époque qu’à aucun moment, vous ne vous êtes posé la question de si vous deviez !
– Allons, soupire le vieillard en rajustant son élégant couvre-chef. Ne vous demandez-vous pas plutôt comment j’ai fait ? Tout a commencé avec ce moustique, prisonnier dans l’ambre que vous voyez dans le pommeau de ma canne. Figurez-vous qu’il avait piqué un scénariste. Et en qu’en fouillant, nous avons trouvé à l’intérieur toutes les licences que l’on pensait arrêtées, et…

Son propos est interrompu par un pied qui frappe nerveusement le plancher du véhicule. C’est le mathématicien qui, visiblement, refuse de suivre pareil raisonnement.

– Regardez ce que vous avez fait !

Et d’un doigt rageur, il désigne l’enclos, où des scénaristes jouent avec des licences qui auraient dû rester dans le passé. Ghostbusters, Alien, Terminator, Gladiator… et celle de Jurassic World, dont chaque épisode était plus nul que le précédent. Et pourtant, devant ses yeux, jouant avec cet énorme tas de caca, les scénaristes tentent de lui donner une nouvelle forme. Déjà, on peut y lire un titre :

Jurassic World – Renaissance.

Alors, après trois films absolument navrants, quelqu’un s’est-il dit « Et si on mettait dix balles de plus sur le scénario ? ».  Pour le savoir…

Spoilons, mes bons !


L’affiche : Ni explosions, ni débris, entrons-nous dans une nouvelle ère ?

Notre film commence il y a bien des années, sur l’île de Saint-Hubert, au large de la Guyane. C’est là que la société derrière Jurassic Park a décidé d’installer un laboratoire pour mener des expériences ultra-secrètes, car elle sait que si ça merde, des années plus tard, elle pourra toujours avoir François Bayrou pour dire qu’il ignorait tout. Pratique. Il faut dire que les scientifiques locaux n’ont pas envie que leurs expériences s’ébruitent : ils travaillent en effet, non pas sur la recette du kouign amann (la science a ses limites), mais bien sur le génome des dinosaures. Pour en créer de toujours plus bizarres et surtout, plus dangereux. Pourquoi ? Mais, parce que les visiteurs du fameux parc à dinos veulent toujours plus de frissons bien sûr !

Et comme ils avaient le choix entre construire un grand huit et investir des millions pour créer des trucs hideux ultra-dangereux que personne ne voudra regarder et qu’il faudra de toute façon enfermer, ils ont choisi la seconde option. Quelle évidence, enfin !

Mais attendez, car le meilleur arrive. Et pour mieux comprendre à quel point ce film se fout de votre gueule, faisons un petit jeu. Imaginez : suite à un choix de vie lamentable, vous avez fini scénariste à Hollywood (non vraiment, vous avez tellement léché de colle que vous avez chié dedans, si je puis me permettre). Et voilà qu’un Monsieur avec un joli costume vous dit « J’aimerais que vous écriviez une scène où soudain, la sécurité d’un laboratoire ultra-secret de Jurassic Park plante. Trouvez-moi une raison crédible à cet incident.« . Alors, à quoi pensez-vous ? Sabotage du site par un concurrent ? Catastrophe naturelle qui pose de sérieux soucis ? Mise à jour Apple ?

Prenez quelques secondes pour réfléchir. C’est fait ?

Bien. Alors, sachez que dans le film quelqu’un a écrit… « un emballage de Snickers se prend dans une porte« .

Non, je ne plaisante pas. Oui, vos sourcils sont tout froncés. Et voyez plutôt : un scientifique mange un Snickers, et laisse tomber le papier par accident. Celui-ci est aspiré par une porte automatique… ce qui provoque un court-circuit. Car, oui, ce laboratoire a des portes ultra-sécurisées supposées arrêter des dinosaures, mais un papier Snickers, et paf, c’est foutu (un Twix et le labo explosait, je suppose). Mieux encore… le système central, détectant la panne… redémarre. Et quand il redémarre, il déverrouille tout. Y compris les cages à dinosaures.

Première scène. PREMIERE scène et on a déjà une écriture qui sent plus le rectum que le bic. J’ignore ce que je préfère, entre le scénariste qui parmi toutes les possibilités a choisi comme motif de catastrophe « Gégé a raté la poubelle », et le système de sécurité qui, quand il détecte une faille de sécurité, passe justement en mode « journée portes ouvertes ».

Enfin : la suite, vous l’imaginez. Il y a bien évidemment des scientifiques qui courent partout les bras en l’air, de la fumée qui sort de nulle part sans que l’on comprenne bien pourquoi, et émergeant de celle-ci, une silhouette énorme : celle du grobatarosaure, la dernière création monstrueuse du centre. Que l’on devine plus qu’on ne voit.

Le fléau des bases secrètes ressemble à cela.

Cette fabuleuse introduction terminée, bondissons donc quelques années plus tard, aux Etats-Unis, où nous retrouvons John Pognon. John Pognon est riche et cupide, soit deux caractéristiques qui font qu’on sait déjà qu’il va mourir dans le film. Je me répète, mais j’ai toujours apprécié comment Hollywood, qui est géré par des millionnaires, voire milliardaires, martèle dans tous ces films que « Non mais être riche, c’est… c’est pas bien, n’essayez surtout pas chez vous. Le top du top, c’est d’être pauvre, et d’avoir pour seule richesse celle du cœur« . Ou, en plus court « Restez à votre place, les gueux. » Mais dans l’immédiat, John Pognon a un rendez-vous avec notre héroïne : Zora. Une ancienne des forces spéciales américaines, devenue mercenaire. Et il a un contrat pour elle.

– Zora, j’ai une mission très spéciale pour vous. J’ai besoin d’aller voir des dinosaures.
– Vous savez, depuis les films précédents, il y en a partout. Donc ça va être facile. C’était même le thème : les humains qui doivent désormais cohabiter avec les dinos.
– Alors euh… oui mais…  comment vous dire ? Scénaristiquement, ça nous emmerde un peu. Donc pour annuler tout ce que les films précédents ont fait… eh bien en fait… euh… les dinos s’adaptent très mal au climat. Et du coup, ben, ils sont tous morts.
– Pardon ?!
– Oui, comme ça, paf pouf. Heureusement, il en reste uniquement dans…
– Laissez-moi deviner : par un incroyable hasard, ils sont tous morts SAUF dans quelques îles bien particulières, genre celles de Jurassic Park & compagnie ?
– Oh ! Ben ça alors, comment avez-vous fait ? C’est exactement ça !

Voilà. Là encore, gros travail scénaristique : vous savez tout ce qu’il s’était passé dans les précédents films ? Hop, c’est annulé ! Comme ça, on peut en revenir à la formule basique de la franchise : héros doivent aller sur île – oh non, héros bloqués sur île – héros doivent fuir île. Un sacré travail d’écriture qui nous rappelle que s’il ne faut pas remplacer les scénaristes par des IA, c’est parce que c’est mal : une simple photocopieuse suffit.

Et donc, John Pognon explique que désormais, les dinosaures ne vivent en effet plus que dans les zones proches de l’équateur, où le climat leur convient mieux. Et qu’ils pullulent même dans toute une zone au large de l’Amérique du sud pleine de petites îles au point que les gouvernements du monde entier se sont mis d’accord pour en interdire l’accès. Même la navigation n’y est pas autorisée.

– Et c’est là où vous intervenez, Zora. J’ai besoin d’une équipe discrète pour aller sur place pomper du sang de trois dinosaures bien spécifiques. Car dans leur ADN se cache ce qui pourrait révolutionner l’avenir des traitements des maladies cardio-vasculaires. Et comme je bosse pour une boite pharmaceutique, ça nous intéresse.
– Désolée, mais moi, ça ne m’intéresse pas. Trop risqué.
– Pourtant, vous pourriez aider des millions de gens.
– Je m’en fous.
– Et votre mère elle-même est morte de pareille maladie !
– C’est vrai, mais je m’en fous toujours.
– Et… si je vous propose 10 millions de dollars ?
– J’ADORE AIDER MON PROCHAIN !

Oui, Zora aurait pu faire de la politique. Mais surtout, retenez bien cela : ceci est la scène d’introduction de Zora. Et la première chose qu’on apprend à son sujet… c’est qu’elle se fout de tout, sauf du pognon. Même la mort de sa mère, elle s’en cognait en comparaison, c’est vous dire si elle aime le fric. Son rêve est probablement d’avoir un F4 à Levallois, allez savoir. Retenez bien cela (pas Levallois, sa cupidité), on y reviendra. En attendant, maintenant que Zora est prête à partir planter des seringues dans des cuculs de dinosaures, John Pognon lui propose d’aller recruter l’autre spécialiste nécessaire à leur équipe, à savoir quelqu’un qui connait bien le comportement des dinosaures.

– C’est pourquoi j’ai choisi… Henry ! Un paléontologue qui travaille dans un musée qui tombe en ruines !
– Mais ?
– Oui Zora ?
– John Pognon… on n’a pas passé les derniers films à, justement, introduire de nouvelles spécialités ? Comme au hasard, dresseur de dinosaures ? Vous savez, comme Owen, le héros des trois derniers film ? Avec son petit clic-clic à raptors ? En fait, dans un monde où les dinosaures existent depuis des années, et où il y a même eu des parcs dédiés remplis de professionnels formés sur le sujet… pour avoir un spécialiste de leur comportement, ce ne serait pas plus utile d’aller chercher un type qui bosse ou a bossé avec des dinosaures vivants ?
– La Sainte Photocopieuse à scénarios a dit « Dans l’intrigue, un paléontologue tu foutras« .
– Ah. Ben alors si la Sainte Photocopieuse l’a dit…

Et c’est ainsi que John Pognon et Zora embarquent avec eux Henry, le paléontologue qui n’a rien à foutre là, et d’ailleurs, qui dit même qu’il n’a pas envie de participer à la mission. S’il vient, c’est juste pour voir « des dinos en dehors d’un zoo ». Hmmm… si seulement tu vivais dans un monde où l’on peut trouver des dinosaures tout le long de l’équateur, comme on vient de nous l’expliquer ! Et où des pays seraient sûrement ravis de te proposer un safari photo ! Mais Henry est américain, et on va donc supposer qu’en conséquence, il ignore l’existence d’autres pays. Partir en mission clandestine ultra-risquée, ça a l’air vachement mieux pour voir des dinos gambader. Tu es si fort, Henry.

Afin de compléter cette équipe de choc, Zora propose à John Pognon de recruter quelques-uns de ses vieux compagnons d’armes, qui ne seront pas de trop pour cette mission. Ainsi, ils vont chercher :
– Duncan, un ex-camarade et contrebandier, qui saura les faire passer en douce dans la zone interdite des îles des dinos
– Jean-Jacques
– Jean-Jacques
– Jean-Jacques

Certes, dans le film, ils ont des noms brièvement évoqués, mais on comprend tout de suite que ce sont des Jean-Jacques puisqu’ils n’ont aucune scène juste pour eux. Ils sont juste là, au fond, à faire du bruit. Hmmm… je me demande ce qui va leur arriver ! En attendant, John Pognon est satisfait.

Ah, oui : tous les anciens équipiers de Zora sont donc devenus des rois du « Je fais du fric en tuant/volant/trafiquant pour qui me paie le plus », mais en fait, ils sont gentils.

– Nous avons tout le nécessaire pour partir sur une île pleine de gros monstres : des militaires, un scientifique, et même des Jean-Jacques ! Tout est prêt !
– Un instant, Monsieur Pognon… regardez, là, en bas de votre document sorti de la Sainte Photocopieuse… il y a un truc écrit. Un élément apparemment obligatoire.
– Vous avez raison, Zora. Voyons… « Des enfants relous et au moins un parent, tu colleras« .
– Zut ! Ça, on n’a pas ! Que faisons nous, Monsieur Pognon ?
– Ayez foi en la Sainte Photocopieuse !

Et en effet.

* * *

Au même moment, au large de la Guyane, en pleine zone interdite.

– LALALALA ! JE FAIS DE LA VOILE AVEC MON BEAU BATEAU ! LALALALA ! J’ESPERE QU’IL NE VA RIEN NOUS ARRIVER D’AFFREUX À MOI, MA FILLE ESPIEGLE, MON ADOLESCENTE RELOUE ET SON COPAIN AUX HORMONES EN FOLIE ! QU’EST-CE QUE C’EST LÀ BAS ? OH NON ! UN ENORME DINOSAURE AQUATIQUE ! AAAAH MON BATEAU ! JE SUIS À LA DÉRIVE ! AU SECOURS ! J’ESPERE QU’UNE MISSION SECRETE DONT JE N’AI PAS CONNAISSANCE NOUS TROUVERA DANS LA ZONE INTERDITE PAR LE PLUS GRAND DES HASARDS !

* * *

Le 30 juin 1908, à Toungouska, en Sibérie, quelque chose a atterri avec tant de violences que cela a produit une explosion équivalente à un millier d’Hiroshima. Certains pensent à une météorite. Mais en réalité, il s’agissait d’une boîte à « Ça alors » d’une telle puissance qu’elle a remonté le temps pour venir s’écraser là.

Et en effet, alors que la mission secrète de John Pognon arrive peu après en bateau dans la zone, ils captent soudain un SOS d’une petite famille dont le navire est en détresse (alors qu’eux voulaient juste écouter Nostalgie en paix). John Pognon est partisan de l’ignorer, puisque personne ne doit savoir qu’ils violent les lois internationales pour venir dans le secteur. Zora, elle, dit qu’il faut y répondre, car laisser des gens en danger, c’est mal. Et Duncan pense de même.

– Attendez… Zora, on vous a présentée comme une mercenaire uniquement intéressée par l’argent, mais soudain, vous vous dites « Tiens, si je décevais mon client pour aller aider des gens gratos ? »
– Ah tiens, oui.
– Et vous, Duncan, vous qui êtes un contrebandier dont le métier est de ne surtout pas se faire gauler, vous répondez à tous les SOS ?
– Ah c’est vrai que….

Voilà voilà. Ce serait difficile d’avoir des personnages cohérents plus de deux scènes de suite. Et voici comment nos héros vont donc secourir une famille que nous appellerons la famille Doritos, puisque l’on y retrouve Dora, la petite enfant à sac à dos qui aime briser les clichés et les burnes, Dory, sa grande sœur neuneu, Dodor, son copain qui est du même niveau, et enfin Daddy, leur papa. Qui est très reconnaissant.

– Merci de nous avoir sauvés, mystérieux mercenaires. Déposez-nous au premier port venu, et nous ne dirons rien de ce que nous avons vu. Car vu votre matériel, et le fait que vous naviguez dans le coin, vous n’êtes sûrement pas supposés être ici.
– Et sinon, qu’est-ce que vous foutiez à emmener vos enfants dans une zone interdite par tous les gouvernements et bourrée de dinosaures tueurs ?
– Euh… putain que… que dit le script… « J’ai pas eu de bol ».
– Hein ? Mais ça ne répond pas du tout à la question !
– Ben oui mais le script n’a aucune idée de ce que je fous là. C’est juste la Sainte Photocopieuse qui demandait son lot d’histoires familiales, donc pif pouf, on atterrit dans le film.

Autre explication : Daddy est en fait venu exprès pour filer ses enfants relous à manger aux dinosaures, mais bordel, il a fallu qu’on vienne le sauver. Pas d’bol Daddy. La prochaine fois, va visiter un volcan. Ou Charleroi.

Enfin, revenons à nos moutons, puisque John Pognon refuse de faire un détour pour déposer tout ce petit monde. Il propose une autre option, à savoir d’emmener cette famille avec eux sur l’île de Saint-Hubert, où se trouve une ancienne installation sécurisée. La famille pourra y attendre en paix que les mercenaires accomplissent leur mission en vitesse, puis tout le monde repartira ensemble vers un port sûr, afin de s’y séparer en se donnant de grandes claques dans le dos ou de gros coups de pied au cul, selon comment tout se sera passé.

Il n’y a de toute manière pas de place pour la discussion, car soudain, à bord le sonar s’agite : un gros truc approche du bateau de nos mercenaires favoris. Et ça ressemble à un titanesque dinosaure aquatique.

– C’est sûrement le mosasaure ! s’exclame Henry. L’un des trois dinosaures à qui l’on doit pomper du sang ! Vite, prenez ce fusil à prélèvements super mal branlé qui ne tire qu’à dix mètres et éjecte ensuite l’échantillon dans une direction aléatoire au bout d’un parachute !
– … pardon ?!

Car, oui, nos amis sont dans une mission secrète où l’on peut recruter des gens pour dix millions de dollars par tête de pipe, par contre leurs fusils sont clairement de la daube conçue par un singe sous ecstasy. D’ailleurs, pourquoi est-ce que soudain, le paléontologue de la bande s’y connait en fusils à prélèvements ? Ah, mais oui, j’oubliais : il est « scientifique » (il a des lunettes). Donc tout ce qui est technique, hopopop, il maîtrise.

En attendant, le sonar n’a pas menti, c’est bien un gros bestiau qui file vers le navire. Qui n’est autre que le mosasaure attendu, ou « lézard de la Meuse », je le rappelle, qu’on reconnait au fait qu’il sifflote Verdun, on ne passe pas lorsqu’il approche de ses victimes. Tout l’équipage se met donc en branle pour essayer de lui pomper un peu de son sang à l’aide du fusil à échantillons. Passons sur la scène où l’animal approche, s’éloigne, manque de faire tomber à l’eau les héros, et paf pouf, Zora parvient à tirer la fléchette dans le bestiau.

– Super ! s’exclame Henry. Maintenant, la fléchette va pomper le sang, puis éjecter l’échantillon avec son petit parachute, qu’on n’aura plus qu’à récupérer !
– Attends… comment on sait que l’éjection va se faire dans la bonne direction, surtout en sachant qu’on est sur un bateau lancé à pleine vitesse, et que l’échantillon va lui décoller d’un mosasaure lui aussi qui va à fond, peut plonger à tout instant, et dont on n’a aucun contrôle de la trajectoire ?

C’est pourtant simple : le script, bon dieu !

Car oui, hop, miraculeusement, la fléchette collée sur le mosasaure envoie bien son échantillon parachuté pile-poil sur nos héros, sans aucune explication. Eh bien, merci ! Mais avant que les spectateurs ne puissent se lever et quitter la salle devant un tel niveau, le film nous envoie une nouvelle scène d’action : le mosasaure, grognon, a décidé de savater le bateau ! Pire, il est bien vite rejoint par des dinosaures mutants (oui, oui, des dinosaures normaux, ça ne suffisait pas) qui l’aident à secouer tout ce beau monde.

– Heureusement que nous avons emporté des armes pour neutraliser des dinosaures ! s’exclame un Jean-Jacques.

Qui en prend une et… bah en fait, ça ne fait rien à part du bruit. Pourquoi ? Comment ? On ne sait pas. Mais comme il tire sur des dinosaures majestueux (bien que mutants), la nature le punit en faisant qu’un des animaux bondit sur le navire et le croque. Adieu, Jean-Jacques ! Ta mort est une grande surprise, crois-le bien. En tout cas, elle doit l’être pour les mercenaires du bord qui se mettent alors à glapir « Holala on ne peut rien faire ! Vite, moteurs à fond, on va tenter de les semer en filant droit sur l’île devant nous, celle où on devait se rendre ! À faible profondeur, ils devraient nous lâcher ! »

Nos héros n’ont donc pas pensé à prendre des armes efficaces contre les créatures qu’ils traquaient. Malin !

Et vroum : Duncan pousse les moteurs à fond.

S’ensuit une autre scène longuette du navire qui prend des coups, des rochers, mais surtout, où la famille Doritos, a des soucis, et pas seulement à cause de leur QI de 120, certes, mais en cumulé. En effet, Daddy ordonne à Dory, sa plus grande fille, d’aller trouver une radio pour appeler à l’aide. Ce qui ne fait que moyennement plaisir à John Pognon, qui n’a pas trop envie qu’on attire l’attention sur son opération. Aussi, lorsque le bateau est secoué par un nouveau coup et que Dory se retrouve suspendue au bord, John Pognon ne l’aide pas. Pas de Dory, pas d’appel radio. Et… Dory tombe à l’eau.

Je vous entends déjà, lecteurs étonnés :

« Attendez, Monsieur Connard, êtes-vous en train de nous dire que Dory, une fille de la gentille famille, meurt dévorée par des dinosaures aquatiques mutants dès le début ? »

Eh bien… non.

Car pour une raison mystérieuse, et alors que TOUTE la famille Doritos se jette à l’eau pour aider Dory, les dinosaures, eux, décident de disparaître entre deux scènes. Voilà, ils voulaient croquer les humains, mais quand ces derniers sautent droit devant eux… eh bien, euh, en fait, ils n’ont plus faim. Ou alors, ils se disent que manger des neuneus, c’est peut-être mauvais pour ce qu’ils ont. Tout cela n’est qu’un prétexte pour que la famille Doritos se retrouve à nager jusqu’à un coin de l’île, pendant que les mercenaires et leur navire, eux, vont s’échouer plus loin, les séparant ainsi en deux groupes, comme dans tout Jurassic Park, comme le veut la Sainte Photocopieuse.

En arrivant sur la plage, l’un des Jean-Jacques mercenaires soupire.

– Ouf, nous voilà sauvés ! Quelle chance que ces dinosaures mutants aient abandonné la poursuite pile quand la famille Doritos a sauté à l’eau ! Et… aaaaah !

Et Jean-Jacques se fait manger, car en fait, les dinosaures n’avaient pas abandonné la poursuite du tout. Ils avaient juste disparu le temps de la scène où les Doritos sautaient à l’eau. C’est quand même génial. J’imagine bien l’équipe du film au moment de rédiger le scénario :

– Bon et là, les Doritos sautent à l’eau… mais ne se font pas manger, bien sûr, car ils doivent atteindre la fin du film.
– Ah ! On pourrait dire que le plan des héros a réussi : ils sont désormais dans des eaux si peu profondes que les dinosaures ont abandonné la poursuite ! Ce qui explique leur survie !
– … ouais mais ça serait cohérent. Tiens, voilà du pognon pour rajouter une scène, juste après, où un Jean-Jacques meurt tué par les MÊMES dinosaures pour expliquer que non, ils n’avaient pas abandonné. Et souligner que la survie des Doritos n’a aucun sens.
– Mais… pourquoi ?
– Tais-toi et zippe ta cagoule en cuir, esclave.

Si vous avez une meilleure explication, je suis preneur.

Cela dit, revenons à nos moutons mutants, et résumons : les Doritos sont échoués dans un coin de l’île, et les mercenaires et leur navire, sur l’autre. Et comme tout est très bien écrit, sachez que la présence des Doritos n’apporte RIEN au film. Ils ne servent à rien, ne font rien, et n’auront aucune interaction avec personne qui serve à quoi que ce soit. Commençons donc par leur épopée qui est… disons… ahem. Disons qu’elle a autant de sens que la carrière de Julien Odoul. Mais, voyez plutôt.

Car les Doritos se sont échoués PILE POIL devant la source chaude d’où partent les tuyaux de géothermie qui alimentent l’ancien centre scientifique de l’île. Comme ça, ils n’ont pas à se demander dans quel sens ils doivent suivre les tuyaux s’ils veulent arriver à un abri. Vraiment, quelle chance ! Ma boite à ça alors n’aurait pas remonté le temps pour s’écraser ailleurs, je l’aurais bien lancée sur mon écran en poussant des jurons en araméen.

Les Doritos partent ainsi à l’aventure et pour commencer, tombent sur un premier dinosaure, qui est petit et cromignon. Au point que Dora le fourre dans son sac à dos. Vous vous dites « Aha ! Ça va leur servir ! » mais en fait, non. Il est juste là. Voilà. Comment ? Vous voulez de l’action ? Pas de souci ! Car voici des vélociraptors ! Qui surprennent Dodor pendant qu’il était parti faire pipi à 250 mètres du reste du groupe (vraiment ; en même temps, il ne s’appelle pas Dodor pour rien). Vous vous attendez à une scène d’action ? Aha, malheureux ! En fait, on voit juste Dodor de face, qui pisse, pendant que dans son dos, un Deusexmachinosaure (c’est très rare) surgit pour manger les deux raptors pile quand ils allaient attaquer Dodor. La caméra ne bouge pas, tout se passe en arrière plan, et Dodor peut finir son pipi.

Puis, vient la scène où la famille Doritos arrive sur un petit cours d’eau qui traverse l’île.

– Je vais aller y nager, car je suis complètement conne ! s’exclame Dory.
– C’est vrai, c’est pas comme si on savait que des dinosaures aquatiques rôdaient !

Et Dora d’aller sur l’autre rive, où hélas, un T-rex dort. S’ensuit une scène que l’on peut résumer à :

– Surtout, ne fais aucun bruit, Dory !
– Oh non, j’ai marché sur une branche !

Mais ça ne réveille pas le T-rex.

– Surtout, ne fais aucun bruit, Dory !
– Oh non, j’ai réveillé toute une volée de chauve-souris !

Mais ça ne réveille pas le T-rex.

– Surtout, ne fais aucun bruit, Dory !
– Oh non, j’ai trouvé un bateau gonflable d’urgence plié et je le traîne sur le sol à un mètre du T-rex en faisant « crouiii ! crouiii ! »

Mais ça ne réveille pas le T-rex.

– Surtout, ne fais aucun bruit, Dory !
– Oh non, j’ai décidé, malgré l’énorme inscription « Ne pas gonfler sur terre », de tirer sur la poignée pour gonfler le bateau sur terre, et à 1 mètre du T-rex !

Et ça réveille le T-rex ! Oh ben ça alors, elle l’a vraiment pas cherché ! Toute la fine équipe décide que le meilleur moyen de fuir est donc de sauter dans le bateau et de pagayer, poursuivis par un T-rex qui selon les besoins de la scène, est tantôt champion de natation, tantôt avance à 0,5 km/heures et mord dans le vide toujours à 1cm des héros. Non vraiment, ces scènes d’actions sont oh… aaah… oaaaah… pardon, je baillais. Je disais donc : ces scènes d’actions font vraiment monter la tension.

« Tiens, un T-Rex ? Et si au lieu de l’éviter pour continuer notre chemin comme prévu, j’allais foutre le boxon juste à côté sans aucune raison ? »

Nos héros peuvent bien vite reprendre leur progression sur le cours d’eau, et vous me direz « Mais, ils n’étaient pas supposés suivre les tuyaux de géothermie ? » et… ah ben oui, tiens ? Pourquoi ne le font-ils plus ? Quel intérêt à changer de trajectoire pour remonter un cours d’eau sans aucune idée d’où il mène ? Non, vous avez posé une bonne question. Et le mauvais film, n’a aucune réponse.

Mais comme c’est dans le script : hop ! Ça les amène quand même à destination, à savoir l’ancien centre scientifique de l’île, celui qui fut détruit il y a bien longtemps par un emballage de Snickers (même moi je n’arrive pas à croire que je viens d’écrire cela). C’est ici qu’ils vont retrouver l’autre équipe… dont il est temps de conter la propre aventure.

Revenons donc à Zora, John Pognon, Henry, Duncan et le dernier Jean-Jacques, quelques heures plus tôt, alors qu’ils viennent de s’échouer sur l’île. John Pognon ne décolère pas.

– Notre navire est foutu ! Nous sommes bloqués ici, ce qui était totalement imprévisible !
– Pas d’inquiétude, lui rétorque Zora. J’avais prévu le coup. J’ai averti un hélicoptère de sauvetage qui viendra survoler l’ancien centre scientifique de l’île dans 24h. Il restera deux minutes, puis partira. Donc si nous sommes là-bas à ce moment-là, ils pourront nous évacuer.
– Vous voulez dire que vous avez averti des sauveteurs au hasard, en amont, de la mission super secrète dont je vous avais demandé de ne surtout pas parler ?
– Exactement.
– D’ailleurs, je vous avais parlé du centre scientifique ?
– Ah tiens non, c’est vrai. On va dire que j’ai deviné qu’il y en avait un alors qu’il était secret, que j’ai deviné ses coordonnées GPS, et que j’ai donné tout ça à l’hélico de secours sans vous en parler d’abord, d’ailleurs.

Ah, non, vraiment, on est bien, là. Toujours est-il que puisqu’ils ont un moyen de quitter l’île, autant en profiter pour aller recueillir les deux derniers échantillons manquants. L’un est à récolter sur un Titanosaurus, un gros herbivore, et l’autre sur un Quetzalcoatlus, une sorte de gros ptérosaure, et qui donc, vole. Pour le Titanosaurus, l’affaire est vite pliée : alors qu’ils se promènent dans un champ d’herbes hautes, ils aperçoivent un truc : c’est un de ces immenses animaux qui était allongé ! Bon, quand la caméra dézoome, on voit qu’ils étaient environ 200 et pas du tout allongés pour l’essentiel, mais apparemment, Zora la mercenaire n’est pas foutue d’apercevoir des dizaines de cibles de 12 mètres de haut juste devant elle (Zora a besoin de tout cet argent pour se payer des lunettes, car les mercenaires ont de très mauvaises mutuelles, c’est connu). Mieux, quitte à tirer au fusil à échantillons sur l’un d’entre eux… elle tire sur celui auquel Henry était en train de faire un câlin, appréciant le calme de ces paisibles herbivores.

Bon, Henry est certes un peu con d’aller se coller à la patte d’un animal qui peut l’écraser sans même le remarquer, mais Zora qui tire dessus alors qu’elle a des millions d’autres cibles, c’est limite une tentative de meurtre (qui hélas, échoue). Heureusement, personne ne semble remarquer ce petit problème, tout le monde glousse, et reprend sa route.

Reste à aller chopper le Quetzalca… Quetazcla… Quetalz… l’autre merdou.

Et figurez-vous que l’animal a installé son nid dans un ancien temple pré-colombien typique de la région, niché à flanc de falaise. Henry, le nerd, n’a aucun souci à y descendre en rappel avec Zora (Henry devait avoir un abonnement au club d’escalade local, en tout cas on va dire ça, voyez si je veux sauver l’intrigue), et tous deux parviennent à effectuer un prélèvement sur un œuf, ce qui est tout de même plus facile que sur une espèce de pigeon géant tueur. Sauf que ledit pigeon revient pile à ce moment-là, et s’ensuit une scène d’action où l’un de nos héros va mourir. Sur qui pariez-vous ? Je vous redonne la liste :

  • Zora
  • Henry
  • Duncan
  • John Pognon
  • Jean-Jacques

Vous avez trouvé ? Eh non, ce n’est pas Zora qui meurt en vomissant du sang dans ses propres excréments, coupées en deux par un bec géant, comme vous l’espériez secrètement, mais bien Jean-Jacques qui se fait gober comme un vulgaire Tic-Tac d’1,80m. Le reste de l’équipe peut battre en retraite, et reprendre sa route en direction de l’ancien centre de recherches de l’île. Qu’ils atteignent aisément et où ils retrouvent… la famille Doritos ! Sauf que les retrouvailles ne sont pas heureuses, puisque Dory désigne aussitôt John Pognon du doigt.

– C’est lui ! C’est lui qui, plus tôt sur le bateau, m’a laissée tomber à l’eau pour m’empêcher d’utiliser la radio ! Il a tenté de me tuer !
– C’est vrai, ça, John Pognon ? demande Zora d’un air inquisiteur.

Car Zora, dont la PREMIERE caractéristique est de ne croire qu’au pognon, est soudain plus intéressée par la justice, quitte à se fâcher avec le mec qui doit la payer.

Non, vraiment, toute cette scène au début où on insiste sur le fait que rien d’autre ne l’intéresse… bravo. Je rappelle qu’ils la retirent du film, ce dernier est plus cohérent et coûte moins cher. Tant de nullité crasse, c’est beau.

Toujours est-il que John Pognon sort un pistolet.

– Vous me saoulez, tous ! Ne m’approchez pas ! Nous allons attendre l’hélico, quitter cette île maudite, et la suite… nous verrons !

Sauf que John Pognon ne peut pas échapper à la règle de la Sainte Photocopieuse : « À la fin du film, des raptors tu mettras« . Et comme nous sommes dans une mauvaise production qui ne sait plus quoi inventer pour prétendre apporter quelque chose de nouveau à la licence, ce sont donc des raptors volants qui attaquent ! On en est là. La fine équipe se disperse dans tout le centre de recherche, avec les fameuses scènes où on tente de bloquer une porte pour stopper les prédateurs, où les enfants doivent se cacher dans des placards alors que les créatures les cherchent, et où les gentils se battent avec tout ce qu’ils trouvent pour faire diversion.

« Non mais c’est super différent passque là euh les raptors eh ben… euh… ils ont des ailes. »

D’ailleurs, quand nos héros tirent pour se défendre, ces animaux résistent aux balles de John Pognon, mais pas de Zora, qui ont pourtant la même pétoire. Le pouvoir de la gentillesse, sûrement.

L’affaire dégénère plus encore quand surgit celui que vous attendiez tous : le grobatarosaure ! Le monstre du début du film ! Et quand je dis monstre, je n’exagère pas puisque la bête ne ressemble à rien, si ce n’est à un alien de plusieurs mètres de haut, avec beaucoup trop de membres, écailleux, bref, c’est à peu près tout sauf un dinosaure. Le grobatarosaure ne fait qu’une bouchée de l’hélicoptère de secours qui s’était approché un peu bas, puis de John Pognon, qui lui avait pété un peu haut.

Le reste de la fine équipe peut donc récupérer la valise d’échantillons de John Pognon, puis s’enfuir, coursée par les dinosaures. Seul Duncan reste en arrière pour distraire le grobatarosaure, et il se sacrifie sans hésiter avant de…

… avant de revenir, parce qu’en fait, ça va. Pardon ? Le grobatarosaure qui lui arrivait droit dessus gueule ouverte ? Non, apparemment, il a juste toussé un peu fort, puis est reparti faire des mots-croisés. Oui, même la scène du sacrifice final est ratée (pas autant que celle de The Batman, mais tout de même). Tout le monde peut donc se glisser dans un canot à moteur et filer vers le large, alors que le soleil se lève sur l’île des dinosaures mutants.

À bord du frêle esquif, Zora se tourne vers Henry.

– Bon, Henry, les échantillons, je vous laisse décider d’à qui on les donne.
– Pardon ? Vous savez qu’ils valent des millions, si ce n’est des milliards ? La compagnie de John Pognon vous couvrira de lingots d’or si vous lui apportez.
– Ouais mais… t’avais pas parlé de les filer au peuple à un moment du film ?
– Euh, si, en les analysant et en diffusant toutes les données en ligne ! En open source. Pour que tout le monde puisse en profiter. Pas juste une société pharmaceutique. Mais ça veut dire que vous ne toucherez pas un dollar.
– Moui, mais moi, l’argent, vous savez… allez, va pour l’open-source !

Voilà. C’est le dernier dialogue de Zora, celui où en fait, le fric, elle s’en fout. Pardon ? Le début du film ? Chhhht. Écoutez ma voix. Oubliez. Oubliez tout. Vous êtes un sanglier. Un saaanglier. Voilà.

Quant à la famille Doritos, qui n’a donc servi à rien d’un bout à l’autre, elle n’a donc toujours servi à… rien, et tout le film aurait été exactement le même sans eux, sauf qu’il aurait duré une heure de moins. C’est donc sur la grande question du « Mais pourquoi ? » que le spectateur voit l’écran virer au sombre et…

… FIN !

De toute façon, on connait la réponse, et elle tient en deux mots : Sainte photocopieuse.

Et tout de même : une image du grobatarosaure, qui n’a donc plus rien à voir avec un dinosaure.


Pour conclure, laissez-moi donner la parole au mathématicien évoqué en introduction de cet article. Et qui saura mieux que moi résumer tout cela :

C’était donc prophétique.

35 réponses à “Jurassic World – Rebouse

  1. Pingback: Jurassic World : Renaissance - Ciné H26·

  2. j’avoue que la dernière image d’illustration est particulièrement bien choisie : « big pile of shit » !

    Tous les gens prévus meurent, les autres sont protégés d’un sacro saint totem de scenarium avec des dinosaures manchots et incapables de bouffer qui que ce soit. Même les ininteressants. (A un moment on a cru à une possible mort sacrificielle de Daddy, en confiant Dory à Dodor avec qui il avait un conflit – oui parce qu’on doit aussi se taper les problèmes relationnels de la famille Doritos – mais ça aurait laissé Dora et Dinoritos seuls – Dino qui va creuver dans d’atroces maladies d’ailleurs à être sorti de ses tropiques -)

    Les dinosaures mutants sont particulièrement moches. Même graphiquement, on est dans les tropiques et tout mais y a très peu de beaux plans.

    je m’attendais aussi à une petite blague sur la matière des canoës de sauvetages, dont l’armée devrait penser à s’équiper. Le canoë gonflable qui résiste à une mâchoire de t rex, alors que les dents s’enfoncent nettement dessus. C’est dingue.

    Bref, film à chier, alors que la licence de base était tellement magique. Nous ce qu’on voulait voir, contrairement aux gens dans le film, c’était des dinosaures, pas des Alien- Predators. (Pour Duncan, on s’est dit que c’était vraiment en mode Predator, que Grobatosaure voyait la chaleur thermique et que Duncan s’était enlisé dans le limon pour la cacher… Ça aurait pu passer… S’ils avaient introduit cette caractéristique en 3 secondes quand ils parlent de lui au tout début .. plein d’occasions de rendre le film crédible c’est dommage !)

    • Oui…fan du 1er (avec tous ses points critiquables, c’était quand même un beau morceau de bravoure, surtout à une époque où les effets spéciaux numériques on ne connaissait (quasiment) pas), je n’aurais pas cru que la « nanardisation » de la franchise puisse aller aussi loin. Sérieusement, que cherche la réalisation ? Même en « laissant son cerveau au vestiaire » ça n’a pas l’air beau du tout visuellement. Et si c’est en plus pour subir des scènes d’exposition dans une tente digne d' »Harry Potter et les reliques de la mort », merci xd.

      Moralité : l’exploitation sans fin est la mort des franchises mais bon, ce n’est qu’un exemple de plus.

      « que Grobatosaure voyait la chaleur thermique et que Duncan s’était enlisé dans le limon pour la cacher » Possibilité d’autant plus crédible qu’un certain nombre de reptiles aujourd’hui sinon « voient » la chaleur, façon caméra thermique à 3 millions de pixels, du moins semblent capables de se guider sur cette grandeur physique pour repérer proies, et peut-être aussi prédateurs et partenaires reproductifs. Oui mais voilà, aujourd’hui les 10aines de millions de dollars sont utilisés pour « raccorder » des scènes au pif.

  3. j’ai toujours pas compris pourquoi ils ont besoin d’aller chercher de l’ADN sur des spécimens vivants, puisque l’ADN a été crée en laboratoire pour créer lesdits spécimens.

  4. On en parle de leur fuite de l’île sur un petit canot de sauvetage, là où leur super bateau s’est fait attaquer par des dinos et un mosasaure ? Et genre les données en open source, ok mais à la fin c’est un gros labo pharmaceutique qui fera les médocs, et donc du profit. On est sur une fin de classe mondiale, peut-être même championne du monde

    • « Et genre les données en open source, » Sans parler de tous les groupes terroristes un minimum équipés qui chercheront sans doute à préparer des « dino-attentats ». N’ayant déjà pas de respect pour les vies humaines, on peut imaginer pour des bestioles créées en laboratoire xd.

      C’est bien connu, partager en open source les secrets de toutes les bombes atomiques existantes ou ayant existé amènerait la paix éternelle…

  5. Merci, OC pour cette chronique fidèle. Le « dinosaure de la Meuse » m’a littéralement tué (de rire).

    Je confirme que tous les personnages sont débiles d’un bout à l’autre à un point tel que c’est une espèce de performance artistique. Quant au Grobatarosaure, c’est une espèce de mélange entre Predator et Jean-Michel Blanquer (le deuxième faisant certes plus peur que le premier).

  6. Rappelons aussi que les Doritos emmènent avec eux le Cromignosaure tout choupi, ce qui devrait le conduire au trépas à brève échéance puisque le film a décidé que les dinosaures ne survivent que sur l’équateur ; j’espère qu’on le verra agoniser dans l’inévitable suite !

    • Allons vous êtes de peu de foi : dans ce genre de viol de franchise, les attributs des personnages sont modifiables à l’infini.

      Parions que dans la suite, on aura découvert un « gène de l’adaptation au climat tempéré » qui permettra à Crocro de se faire promener dans un sac de sport comme le Yorkshire moyen.

    • Peu être que la famille Doritos vit dans un pays au niveau de l’équateur ? Ou y sera contrainte sous peu par la gouvernement Trump.

  7. Évidemment que le mercenaire-pirate-trafiquant-contrebandier est gentil : il est NOIR ! Vous devriez le savoir, franchement…

  8. PREMIERE scène et on a déjà une écriture qui sent plus le rectum que le bic

    Je ne comprends pas. Que faites vous avec le bic pour qu’il sente le rectum ???

  9. Le plus affligeant (ou peut-être pas), c’est que j’ai demandé à ChatGpt de m’écrire un nouveau scénario de film Jurassic Park, c’est bien mieux que les 4 derniers films

    • on parle de la scène où John Pognon récupère le flingue sur une momie de pilote US qu’il a repérée parce qu’elle lui saigne sur le dos de la main? A peine vu (que je regrette!!!) à oublier rapidement

  10. Purée, mes personnages improvisés quand je masterise sur table sont plus cohérents que toute cette brochette de nazes…

  11. Allez, relevons un peu de mauvaise foi dans vos propos, à propos de l’arrivée en bateau.

    Les spinosaures qui accompagnent le mausosaure ne sont pas mutants, ce sont ni plus ni moins les mêmes que celui qui tient lieu d’antagoniste dans Jurassic Park 3. Sauf que cette fois-ci, nos connaissances scientifiques actuelles ont été mises à profit : ces dinosaures étaient probablement marins et chassaient dans l’océan. De là à en faire des poissons-pilotes du mausosaure…

    Quant à celui qui becte la Jean-Jacques sur la plage, il est montré en arrière-plan en train de se réveiller juste un peu plus tôt. Donc c’est pas un de ceux qui poursuivaient nos héros.

    Merci pour la critique, j’avais besoin de ça pour faire passer la journée de boulot !

    • alors en VO John Pognon parle bien de mutations juste après l’échouage … il a l’air de parler des dinosaures de manière générale mais il peut aussi faire référence aux spinosaurus …

      je laisse le bénéfice du doute sur ce coup là au maitre de céans

  12. Pour le Grobatarosaure, ,n’y a-t-il pas également un problème d’échelle flagrant ?

    Tout d’abord comme un Grobatarosaure qui se doit, il gobe un hélicoptère comme s’il s’agissait d’un épi de maïs.

    Puis il semble subitement avoir muté en Petitbatarosaure, puisque John Pognon se fait également gober… mais il représente quand même une bonne bouchée.

  13. Heu…raconté comme cela, ce…truc c’est une blague ? Ou un pari entre scénaristes bourrés ?

    J’ai presque envie de vérifier, mais il me faudra recharger les réserves d’alcool avant xd.

    Ah oui…j’ai appris que le scénariste de la « chose » avait aussi scénarisé le 1er Jurassic Parc. Soit ici le réalisateur s’est torché avec le script, soit on en tient encore un qu’une brillante carrière politique attend.

    • Le premier est une adaptation du roman de Michael Crichton. Écrire un script à partir d’un livre à succès ou un écrire un script à partir de rien, ce n’est visiblement pas la même difficulté…

  14. l’ado de presque 15 ans, fan de dinosaures que j’étais (quelques années avant je voulais même devenir paléontologue) avait eu la chance de voir Jurassic Park en Allemagne 2 mois avant sa sortie en France (ma petite fierté de l’époque) et avait été bluffé

    l’adulte que je suis maintenant est consterné par la déchéance film après film de la franchise … (et encore pire depuis l’itération World)

  15. Voir la saga Jurrasic devenir un étron antivax/antimédecine… c’est presque de l’art….

  16. On en parle de la scène ou le scenario donne gratuitement un pistolet au méchant ? les gars de sont dit « merde on a oublié de lui donner une arme au début, des idées ?? »

    Et hop on met un hélico avec un type mort dedans, et surtout un flingue au bout des mains, bien tendu vers le méchant qui est lui même surpris de se retrouver là…

  17. Merci OC… Je sais désormais que je vais m’en tenir au visionnage du premier… lol… Si perfectible soit-il… (qui soit dit en passant avait fait montre de tout un tas de nouveautés en effets spéciaux, surtout en animatronics, car si je ne dis pas de bêtise, ils ont été repris par la suite sur d’autres franchises ou spectacle… Comme quoi…)

    « Rebouse » lui va très bien comme sous-titre… :-)

  18. arriver dans une base abandonné la nuit au milieu de la jungle il ya pleins de dinosaures partout et tt le monde gueule  » oh ya quelqu un oh vous êtes où…. »……!!!

  19. bon … dans un accès de masochisme pur j’ai décidé de m’infliger ce … truc …

    mon dieu (et pourtant je suis athée c’est vous dire) que c’est mauvais …

    bon par contre pour le radeau de sauvetage gonflable, il est bien spécifié SUR LE RADEAU (dans la langue de Mickey certes mais quand même) qu’il faut le gonfler SUR terre contrairement à ce qu’écrit un certain maître des lieux (après faire ça devant le T-Rex ça reste la preuve d’un QI a température ambiante …)

    de même qu’il est précisé (du moins dans la VO) que notre paléontologue a un mur d’escalade dans sa salle de gym et il est nettement sous-entendu qu’il a un peu pratiqué

    étonné de ne pas avoir eu mention de la résistance phénoménale dudit radeau de sauvetage gonflable, de même qu’aucune mention de l’hélico à 2m dans les arbres que PERSONNE ne voit ni même John Pognon qui va remplir sa gourde juste en-dessous … (bon ça lui permet de voir enfin ledit hélico et de fournir au susnommé une arme parce pourquoi pas)

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