Top Gun – Ma vie

Le voyage dans le temps existe-t-il ?

Votre serviteur pense avoir la réponse, puisque fraîchement sorti d’un tunnel de travail (Ce Petit Théâtre tome 3 en bédé a demandé beaucoup d’attention pour fouetter le dessinateur), il est fort étonné de constater que pendant qu’il était à son bureau, l’univers a décidé de repartir en arrière.

En effet, n’est-il pas fabuleux de voir que cette année, nous avons eu le droit sur nos écrans à du Star Wars, du Seigneur des Anneaux et du Jurassic Park ? Apapap, ne me dites rien, j’ai compris : le monde allant dans le mauvais sens, nous sommes en toute logique repartis à l’envers. L’occasion, donc, de revisionner un classique des films de Fuck yeah où on se claque le cul à coups de serviette entre deux drapeaux américains, Top G-

Comment ça c’est un nouveau Top Gun ?

Allons, n’est-ce pas l’histoire de Maverick, pilote de l’aéronavale et de son copain à moustache qui font les foufous à l’école de pilotage avant de devoir aller mener une mission en territoire ennemi, et ce, entre deux jeux de plage et coucheries avec les donzelles qui rôdent autour de la base ? Si ?

Bon, alors. Ne commencez pas à être de mauvaise foi.

Mais comme je suis juste et généreux, prouvons que ce Top Gun : Maverick n’est pas tant une nouveauté qu’un plat méchamment réchauffé comme le veut la tradition de notre époque et…

Spoilons, mes bons !


L’affiche, qui a un peu la couleur du feu.

Notre film démarre par une séquence qui pourrait très bien dater du film original, avec du rock à fond alors que l’on aperçoit des appareils décoller de leur porte-avions américain préféré, l’USS Donald Trump. Le tout pendant qu’un texte nous rappelle qu’aux Etats-Unis, l’école d’élite de formation des pilotes de l’aéronavale porte un nom : Top Gun, en hommage aux deux choses que l’Américain moyen aime à croiser dans la rue.

Mais, contrairement à ce que vous pourriez penser bande de petits rabouins, l’intrigue ne démarre pas à bord d’un rutilant bâtiment naval – ça, c’était juste parce que… euh… voilà – mais dans un coin un peu plus sec : le désert de Mojave, au pays du hamburger.

Et nous y retrouvons notre héros, Maverick, occupé à faire de la mécanique dans un hangar à avions. L’occasion de nous présenter son Mur de la Moustache : tout comme les psychopathes de films ont tous un mur dédié à l’accrochage de photos reliées par de la ficelle rouge, Maverick a un mur entier dédié à son ancien coéquipier moustachu, Goose, décédé durant le précédent film.

Mais attention, hein, ils étaient juste amis.

Après avoir tendrement posé ses gros doigts sur l’une des photos du séduisant moustachu, Maverick prend sa moto, oublie de mettre son casque car en plus de trente ans il n’a toujours pas réussi à trouver dans quel trou il devait passer la tête (je vous dirais bien que le décès de Goose est lié à une erreur de ce genre, mais ce serait taquin), et file au boulot.

Car Maverick n’est plus dans l’aéronavale. Il a quitté ce secteur pour devenir pilote d’essai. Sauf qu’aujourd’hui, on a de mauvaises nouvelles pour lui.

– Ah, Maverick ! On a de mauvaises nouvelles pour vous !
– Je sais, c’était écrit juste avant.
– Figurez-vous que notre vol de test de ce matin est annulé.
– KWÂ ?
– Oui, Maverick. Un amiral nous a passé un coup de fil pour nous dire que le programme sur lequel nous travaillons est fini. Il arrive bientôt pour fermer officiellement la boutique.
– Alors ça, JAMAIS !
– Maverick ! Revenez ici, sale petit pilote d’essai pourri gâté !

Et Maverick de foncer se changer malgré les ordres. Après avoir dû demander de l’aide pour enfiler son casque (il essayait d’entrer par la visière), il court s’assoir derrière les commandes de son appareil de test et explique son plan.

– Les copains, si ce programme s’arrête, on se retrouve tous au chômage. Alors je vais faire voler cet avion, amiral en approche ou non. Et alors que la journée devait être consacrée à un test à visant à atteindre Mach 9… je vais atteindre Mach 10 comme ça il sera tout époustouflé !
– Euh, oui enfin mon petit Maverick, je ne sais pas si ça marche comme ç…
– MACH 10 !
– Okay. Mais alors je vous préviens Maverick : Mach 10. Pas plus. Pas Mach 10,1. Ni Mach 10,2. Et encore moins Mach 10,3. Est-ce bien compris ?
– Oui.
– Mach 10 et pas plus ?
– Oui ?
– Mach combien ?
– 10.
– On va jusqu’à ?
– Mach 10 et… eeeeh, on dirait que vous n’avez pas confiance ! Vous ne seriez pas en train de penser que je suis un pilote complètement con qui va pousser un appareil au-delà de ce qu’il devrait pour le foutre en l’air, quand même ?

Non. Noooooon.

Maverick s’élance donc, pile au moment où l’amiral arrive. Pour éviter d’entendre les injures de ce dernier, notre héros prend de l’altitude, et une fois en haut, regarde tendrement le soleil se lever en chuchotant « Parle-moi, Goose… ». La scène où il dessine un gros cœur dans la buée a été coupée au montage, mais nous comprenons donc que définitivement, Maverick a passé les 35 dernières années à chuchoter des mots doux à l’oreille de son ami mort. Gay, je ne sais pas, mais nécrophile, certainement.

Comme prévu, Maverick atteint Mach 10, ce qui épate l’amiral resté au sol. Après une telle démonstration, leur programme ne devrait plus être fermé, non ? Mais c’est à ce stade que nous devons rappeler au lecteur un élément central :

Maverick est fin comme un tweet de Danielle Obono.

En effet, notre héros se dit « Héhé ! Et si je désobéissais et que je poussais l’avion au-delà de ses limites, comme ça, juste pour rigoler et mettre en danger l’appareil, le programme et ma truffe ?« . Et ce qui est dit est fait, avec pour conséquence que les moteurs grillent, l’avion est perdu, et c’est dans un « Oups, lol » que Maverick s’éjecte.

À Mach 10, donc. Au pire, il devrait être mort, au mieux, il devrait ressembler à un Pékinois.

Imaginez le reste du film avec ce chien comme héros le rend d’un coup plus intéressant.

Mais le film l’oublie et le monsieur va bien. Récupéré par les siens, il est ramené à la base où il fait la rencontre de l’amiral qui était venu fermer le programme.

– Maverick, bravo. J’étais venu pour arrêter le développement de ce nouvel avion, mais grâce à votre passage à Mach 10, je suis convaincu que c’était une erreur et que l’appareil a du potentiel.
– Merci, amiral.
– Hélas, comme un gros con de pilote d’essai qu’on ne nommera pas a perdu le prototype à plusieurs centaines de millions de dollars juste parce qu’il a voulu faire le zazou, il n’y a plus de programme du tout, donc je n’ai même pas à le fermer. Vous m’avez rendu un grand service Maverick en foutant tout le monde au chomdu vous-même.

Rassurez-vous : les personnages ne mentionnent pas vraiment cela. C’est qu’il ne faudrait pas pointer du doigt que le personnage de Maverick est idiot, égoïste et vient de planter tout le monde.

– Non vraiment, en plus, engager comme pilote d’essai un ancien de l’aéronavale connu pour ne respecter aucun ordre ni aucune procédure, je ne voyais pas comment ça pouvait mal tourner.

Ne me demandez pas comment Maverick a survécu ces trente dernières années : avec un comportement pareil, un pilote d’essai a une fâcheuse tendance à avoir une vie courte. Heureusement que le Saint Script veille sur lui. L’amiral, lui, poursuit.

– Maverick, si ça ne tenait qu’à moi, vu que vous êtes un imbécile incompétent et particulièrement brise-burnes qui vient de faire échouer un projet majeur, vous seriez viré.
– Mais ?
– Mais comme vous êtes un imbécile incompétent et particulièrement brise-burnes qui vient de faire échouer un projet majeur, vous êtes nommé comme instructeur à notre école d’élite, TOP GUN ! Et ce pour aller y entraîner des jeunes en prévision d’une mission ultra-critique !

Diego, cigare s’il te plait. Non, je ne vais même pas commenter. La logique derrière tout cela tient visiblement avec de grosses ficelles. Et quand le film aura fini de s’en servir, merci de me la faire passer que je me strangule avec.

C’est donc en moto – et sans casque – que Maverick retourne du côté de la base de Top Gun, où il comprend mieux pourquoi il a été choisi. Son ancien rival et vieil ami Iceman, ex-pilote de Top Gun lui devenu amiral quand Maverick est resté capitaine, l’a pistonné pour cette fameuse mission d’instructeur. J’imagine qu’Iceman, qui sait que Maverick est une andouille, travaille pour l’ennemi. Mais visiblement, non, c’est simplement qu’aucun personnage ne semble remarquer que le héros est plus un boulet qu’autre chose. Sur place, le commandant de la base Top Gun explique à Mav’ (on est comme ça) de quoi il retourne.

– Maverick, nous avons un souci. Un état a décidé d’enrichir de l’uranium dans un complexe souterrain et nous devons le faire péter.
– Quel état ?
– Un… ahem… un… état qui… euh… qu’on ne nommera pas. Jamais. Pas une seule fois du film.
– Vous voulez dire que l’on part en guerre contre un ennemi auquel on n’a même pas pris le temps de donner un nom ?
– C’est ça.
– Ah oui, ça laisse rêveur.

C’est vrai que je crois que c’est la première fois que dans un film, c’est tout un pays qui s’appelle Jean-Jacques. Nous appellerons donc l’ennemi : le Jean-Jacquistan.

– Bon, bref Maverick, figurez-vous que le site d’enrichissement d’uranium est dans un bunker souterrain, au fond d’une espèce de cratère entouré de montagnes, lourdement défendu par des missiles et des avions ultra-modernes.
– Ah oui donc le Jean-Jacquistan n’a pas de nom, mais il a du budget.
– Il suffit, petite langue de pute ! Votre mission va consister à préparer une mission et à y former nos jeunes pilotes. Nous avons sélectionné les meilleurs pilotes de Top Gun pour vous. Vous devrez les tester et n’en garder que la moitié.
– Ben je sais déjà laquelle.
– Oh ! Et comment ?
– Ben c’est facile : la moitié de la classe a un nom du genre « Rooster », « Payback », « Hangman », « Phénix »… et l’autre moitié n’a pas de nom.

Nous n’en sommes qu’au début, et j’ai déjà envie d’appeler ce film Top Jean-Jacques, puisqu’entre l’antagoniste majeur qui n’a pas de nom, et la sélection de pilotes que l’on connait déjà parce que là encore, on a oublié de nommer ceux qui se feront rejeter, c’est beau. La dernière fois que j’ai vu cela, c’était dans Pacific Rim, ce qui n’est pas peu dire.

En attendant, Maverick n’a que trois semaines pour former ses pilotes, tous de jeunes gens qui… euh… attendez ? Vous n’aviez pas des pilotes plus expérimentés ? Non ? Non. Ce sont de petits jeunots qui n’ont pas d’expérience du combat, parce que pour une mission majeure nécessitant de violer l’espace d’un autre état et d’éventuellement affronter sa chasse de dernière génération, autant envoyer des types formés en trois semaines. Ce n’est pas comme si les Etats-Unis avaient des types ayant connu l’Irak, l’Afghanistan ou autre sous la main.

Envoyer de la bleusaille à bord de jets, ça parait bien plus efficace.

Il faudra que les scénaristes nous disent si on les emmerde, hein.

Et puisqu’il a peu de temps devant lui, Maverick n’oublie pas d’y aller par ordre de priorité. Et commence par conséquent par se rendre au bar du coin, tenu par une fille avec qui il avait couché il y a 35 ans, mais qui bien évidemment, est toujours elle aussi un avion de chasse.

Je me deeemaaaaaande à qui Maverick va rouler des patins.

Je veux dire, à part au corps froid et moustachu de Goose.

À ce sujet, Maverick profite d’être au bar pour surprendre ses futurs élèves. Qui viennent ici se détendre, l’occasion pour notre héros d’apercevoir Rooster, le fils de Goose, qui est un personnage très subtil puisqu’il porte la même moustache que papa et chante les mêmes chansons au piano. Maverick est donc bouleversé :

Ce film serait un tel copié/collé que même les scènes de bar seraient identiques ?

Eh bien oui. Maverick peut constater que Goose a donc été remplacé par son fils & clone, Rooster, et qu’Iceman, le rival méchant et solitaire a été remplacé par Hangman, le rival méchant et solitaire de Rooster.

C’est extraordinairement créatif.

Pourquoi copier/coller le script quand on peut aussi copier/coller des acteurs ?

Tout comme le fait que le lendemain, les jeunes pilotes baissent tous les yeux en voyant que le vieux dont ils ont rigolé la veille au bar est en fait leur nouvel instructeur. Là aussi, on retrouve peu ou prou la même scène dans le premier, où notre héros découvrait que la nouvelle instructrice était la damoiselle avec qui il n’avait pas été bien sérieux la veille.

Sinon, à quel moment démarre le nouveau film ? Là ce ne sont pas juste des images de l’ancien ? Non ? Ah, le Septième Art, haut lieu de la créativité ! Mais comme nous sommes justes et généreux (surtout vous, moi je suis en train d’écraser mon cigare sur Diego pour passer ma frustration), passons.

Car Maverick fait son premier briefing.

– Okay les kids, je suis le capitaine Maverick.
– C’est pas vous le pilote d’essai le plus nul du monde ? Celui qui plante les appareils juste pour rigoler ?
– Si. Et c’est justement parce que je suis si doué que je vais vous former ces trois prochaines semaines, dans le cadre d’une mission ultra-sensible pour laquelle on n’a choisi d’envoyer que des tocards comme vous.
– Eh, on est à Top Gun quand même !
– Oui mais le script rappelle assez lourdement que vous êtes de la bleusaille pas du tout disciplinée ni habituée au combat. Ne me demandez pas pourquoi. Toujours est-il que notre mission consistera à attaquer un pays qui n’a pas de nom, le Jean-Jacquistan.
– C’est bizarre, non ?
– Ta gueule Jean-Jacques. N’oublie pas qu’à un moment, je devrai choisir si je pars au combat avec Rooster ou toi, le suspens est intense. Donc, je disais que ces rabouins enrichissent de l’uranium dans un complexe souterrain encerclé de montagnes, le tout bardé de missiles, de radars et d’avions de dernière génération. Bref, ça ne sera pas du gâteau. Je vais donc vous tester. Vous voyez cet énorme manuel du F-18, votre avion ?
– Oui ?
– Je le jette à la poubelle. Parce que moi je me fous de la théorie, je veux de la pratique.

Mon dieu, mais quel HOMME.

Ce serait rigolo qu’en plein milieu du film, Maverick se rappelle qu’il n’a plus piloté de F-18 depuis des années et que certains systèmes ont été changés, et grommèle depuis son cockpit que ah, merde, s’il trouvait le con qui a jeté le manuel…

Mais non.

Notre héros propose de tester les jeunes pilotes en les affrontant dans la zone d’entraînement. On découvre alors qu’il pilote comme un con, manque de les tuer en les percutant environ douze fois de suite, bref, c’est un danger plus pour eux que pour l’ennemi, mais malgré tout, il parvient à simuler qu’il abat tous ses élèves, histoire de rappeler qui est le papa.

On constate à cette occasion qu’Hangman, le pilote solitaire et rival de Rooster… est un con. Oui, je sais, vous êtes surpris. Et j’ai la flemme d’aller chercher ma boîte à « Ca alors ! ». Mais alors qu’Hangman est supposé être l’élite de l’élite, la crème de la crème, sa spécialité est… d’abandonner ses coéquipiers ! Les élèves expliquent d’ailleurs qu’il le fait tout le temps.

Aaaaah, mais quelle bonne idée d’avoir choisi pour une mission en équipe un pilote connu pour ne pas respecter tous les trucs de base impliquant une équipe !

De retour à la base, Maverick se fait quand même engueuler par le commandant, qui lui rappelle que piloter comme un connard et manquer de se crasher toutes les trois secondes n’est pas vraaaaiment ce que l’on attend d’un instructeur, surtout pour former les, je cite, « meilleurs pilotes de la planète« . Probablement que cela signifie « Capables d’éviter un Tom Cruise qui pilote bourré« .

Ah, et les « meilleurs »… On parle bien des mêmes pilotes qui deviennent tout pâles quand on leur annonce qu’il faut se poser sur un porte-avions français parce « C’est trop petit, j’y arriverai jamais !« . Et si Pierre Clostermann nous entend, il pouffe probablement.

Les meilleurs pilotes du monde qui n’ont donc qu’un instructeur à la retraite un peu con et de jeunes pilotes inexpérimentés.

Mais comme Iceman continue à insister pour que ce gros blaireau de Maverick enseigne aux pilotes, notre instructeur un peu con-con reste aux commandes. Et retourne au bar du coin faire du charme à Penny, la patronne, qui a une fille qui a le bon goût de glisser à notre héros que maman est divorcée.

NON VRAIMENT JE ME DEMANDE CE QU’IL VA SE PASSER.

Et surtout, pourquoi ma boîte à « Ca alors » est-elle si loin ?

Maverick décide d’ailleurs de faire un tour en bateau avec Penny parce que… euh… attendez, quel rapport avec le film ? Vous n’avez pas pris le temps de nommer le pays que les gentils attaquent, par contre on a une scène entière où le héros fait du bateau pour pécho ?

Oui.

Ah non mais ce film a des priorités, hein.

Et puisque nous évoquons justement les priorités, passons au briefing suivant, où Maverick explique à ses jeunes recrues son plan.

– Bon, vous vous souvenez du plan ? L’enrichissement d’uranium, les missiles anti-aériens, les avions de dernière génération ? Bon. Moi je dis que pour passer, il nous faut passer par un canyon qui se trouve ici et qui nous permettra de passer SOUS les missiles et leurs radars. Aucun ennemi ne s’attendra à cela, car cela parait impossible avec des jets aussi rapides que les nôtres. Ensuite, on sort du canyon, on rase les montagnes qui entourent la cible, et on pique droit sur l’objectif pour le cartoucher. Par ailleurs, il nous faudra tout accomplir en deux minutes et trente secondes, car au-delà, l’ennemi pourra faire décoller sa chasse à temps pour nous intercepter avant que nous ne rentrions à la maison.
– Alors oui mais j’ai une question.
– Oui caporal Roudoudou ?
– Le moment où l’on va monter brutalement en altitude pour passer au-delà des montagnes autour de la cible…
– Oui ?
– Eh bien on sera bien au-dessus de l’altitude nous permettant d’être sous le radar, non ? Donc tous les missiles du coin pourront nous savater, n’est-ce pas ?

Tom Cruise consulte le script : flûte. C’est vrai que ça ne tient pas debout. Mais après avoir utilisé ledit script pour malmener le caporal avant de le virer, il retrouve son calme olympien.

– Je disais donc que ce sera dur, mais si vous vous entraînez bien, ça passera.

C’est à peu près à ce stade de notre récit que sans aucune raison, Hangman décide d’insulter Rooster en plein briefing pour faire éclater une bagarre. Mais sinon, quelqu’un peut m’expliquer pourquoi ce type a été sélectionné ? Pour cette mission nécessitant de savoir travailler en équipe ? C’est un peu comme recruter François Fillon en espérant qu’il partage l’argent : c’est mooooyennement pertinent.

La situation est donc complexe pour Maverick, qui a une équipe incompétente dont les membres se détestent.

Mais voilà que notre héros reçoit un message de son vieil ami, Iceman. Plus exactement, un texto lui disant « Raboule ton cul ;) ». Et Maverick de s’y rendre (en moto et sans casque, mais comment diable avez-vous deviné ?) pour découvrir qu’Iceman a certes eu une plus belle carrière que lui, par contre, il a méchamment moins bien vieilli. C’est donc un Iceman tout malade et incapable de parler autrement que via un écran où il tape ce qu’il a à dire que Maverick retrouve.

– Iceman ! Comment vas-tu vieille branche ?
– JE VAIS BIEN :)
– Alors, tu m’as fait venir pour une raison bien précise je suppose ?
– OUI JE VEUX TE PARLER DE SENTIMENTS VIS A VIS DU JEUNE ROOSTER :o
– Mais ? C’est pour ça que tu m’as fait déplacer ? En plus, sans vouloir être méchant, si c’est pour discuter comme ça, on aurait pu le faire par textos ?
– >:(
– Eh mais dis voir, tu ne pilotes plus, mais au moins, tu assures en smilies, ça compense presque dans ta vie, non ?
– ENCULE.
– Pardon ? Qui… qui t’a parlé de ça ? Ecoute, c’était dans les douches, et juste une fois avec…
– ENVOLE. JE VOULAIS ECRIRE ENVOLE. MA VIE S’EST ENVOLEE QUAND J’AI DU ARRETER DE PILOTER. C’EST QUOI CETTE HISTOIRE DE DOUCHES ? 0w0
– Je… bon écoute, revenons au sujet. Tu m’as fait venir pour me parler de Rooster ? Le fils de Goose ?
– OUI. LES SCENARISTES N’ARRIVAIENT PAS A ME CASER DANS LE FILM ALORS ILS SE SONT DIT QUE C’ETAIT SUPER CREDIBLE UNE SCENE OU UN AMIRAL EN TRAIN DE CLAMSER FAIT VENIR UN INSTRUCTEUR EN PLEINE OPERATION CRITIQUE JUSTE POUR LUI DEMANDER S’IL EST ENCORE EN DEUIL VIS A VIS DE SON VIEUX COPAIN A MOUSTACHE ! 8=>
– Ce.. c’est quoi ce smiley ?
– LE STYLO QUI A SERVI A ECRIRE LE SCRIPT ;)

Nous assistons donc à une scène entière de vide, durant laquelle Maverick se plaint qu’il est un pilote, et non un prof. Et on le comprend : pilote, c’est vachement moins dangereux et mieux payé.

Ce visage où l’on peut lire « Putain mais comment il fait pour vieillir comme ça, lui ? ».

Cependant, sur la fin, alors qu’Iceman s’énerve parce que Windows redémarre en plein milieu de la conversation, Maverick soliloque.

– En plus, Rooster ne m’aime pas. Il pense que c’est de ma faute si son papounet est mort, et en plus, il a appris que j’avais passé à la broyeuse ses papiers de l’académie navale pour l’empêcher de devenir pilote, ce qui a retardé sa carrière de plusieurs années. Je ne peux pas lui avouer la vérité : c’est sa mère qui m’a demandé de tout faire pour qu’il ne devienne pas pilote comme son père. Et je préfère qu’il me haïsse moi qu’elle. Iceman ? Iceman, tu ne dis plus rien ?
– BIENVENUE DANS WINDOWS.
– Iceman ? Iceman je ne comprends pas.
– VOULEZ-VOUS FAIRE DE EDGE VOTRE NAVIGATEUR PAR DEFAUT ?
– Iceman, tu fais un AVC ?
– DJBKJDKJDHBIMDHMOHOMYEGZVB9Y9Y9GG7873EH3B
– Iceman, arrête de te taper la tête contre le clavier ! Dis-moi quelque chose.
– PUTAIN DE REBOOT. SI LA MAMAN DE ROOSTER T’A INTERDIT DE FAIRE DE LUI UN PILOTE, POURQUOI TU NE LE DEGAGES PAS DIRECTEMENT ?
– Parce qu’il m’en voudrait !
– BEN APPAREMMENT AU MOMENT DE NIQUER SA CARRIERE CA NE TE POSAIT PAS PROBLEME ALORS POURQUOI CA T’EMBETE MAINTENANT ?
– … euh, tu sais quoi Iceman, je vais y aller, hein, héhé.


C’est donc avec ce dilemme pourri que Maverick peut régler en deux minutes que notre héros repart après cette scène sans intérêt.

Scène sans intérêt toujours, Maverick retourne à la base pour organiser… une séance de sport de plage avec son équipe. Au motif de faire du team-building, comme il l’explique à son chef mécontent. On constate donc avec effroi que si Maverick n’aime pas être instructeur, il adore cependant être happiness officer (la version salariée du consultant en consulting) et installera probablement partout des baby-foot et des poufs en pensant que c’est que les employés veulent, et non une augmentation ou du télétravail.

Et en parlant de poufs…

Retrouvons Penny qui… pardon ? Diego, ne me regarde pas comme ça. Va donc me rechercher du brandy. Je disais donc, Maverick va dragouiller Penny, et l’affaire passe à la vitesse supérieure puisqu’elle se finit dans le lit de la dame. En sortant d’icelui, Maverick est surpris par la fille de Penny, qui comme toutes les adolescentes de films américains, est un puits de sagesse qui lance un « S’il te plaît, Mav’, ne lui brise pas le coeur ».

Alors qu’une ado normale aurait hurlé « AAHhhHHHAhhhHhahahah t’es PaaAAas mon PèèèEErrree ! »

Maverick retourne cependant à la base, où il apprend que c’est embêtant : le Jean-Jacquistan a accéléré sa production d’uranium, et il y aura donc une semaine de moins pour préparer la mission puisqu’il faudra tout faire péter plus tôt.

Maverick explique alors la mission plus en détail.

– Pour faire péter l’usine d’enrichissement, nous avons trouvé son point faible.
– Je vous préviens chef, si c’est un conduit d’aération, je fais un scandale.
– Du calme caporal Roudoudou. Je ne vous avais pas viré d’ailleurs ? Car figurez-vous que le point faible de l’usine… est un conduit d’aération qui dépasse du sol.

Le caporal Roudou est saisi par la sécurité alors qu’il tente de lancer une de ses rangers sur Tom Cruise.

– Il faudra donc qu’une première équipe fasse un trou dedans, puis que la deuxième équipe fasse passer ses missiles directement dans ledit trou.
– Chef, si la deuxième équipe fait passer ses missiles pour détruire la base secrète, pile dans le trou du conduit et ce, sans viser, je vous préviens, j’appelle Disney.

Alors que le caporal Roudoudou est traîné hors de la base, Tom Cruise rappelle bien que ce serait impossible : le trou fait environ un mètre carré. Il faudra donc bien viser au laser pour guider tout cela. D’où le fait que les deux équipes qui attaqueront seront chacune constituée d’un F-18 monoplace, chargé de l’escorte, et d’un F-18 biplace de bombardement, qui devra viser proprement tout ce petit monde.

Ils auraient bien pris des A-10 à la place, mais le film s’appellerait alors Top Brrrt.

C’est donc reparti pour l’entraînement, où Maverick simule le canyon dans lequel ils devront passer, les missiles SAM qui les verrouilleront si jamais ils volent trop haut, et même les chasseurs qui risquent de les intercepter. Mais il avait oublié une arme secrète…

LES CANARDS.

En effet, des canards paniqués par tout ce bordel s’envolent sur la zone d’entraînement, et détruisent un F-18 en allant visiter ses moteurs (le canard est naturellement curieux de mécanique et représente près de 65% des spectateurs de Top Gear).

Ici, un canard radicalisé attendant un F-18 imprudent.

Maverick constate donc que la mission a des chances de succès à condition que l’ennemi ne dispose pas de canards. Auquel cas, ils sont foutus. Ah, on est peu de choses.

Mais les mauvaises nouvelles s’enchaînent pour notre héros, puisqu’Iceman meurt finalement, lors d’une crise impliquant une mise à jour de Windows 11 et Word qui quitte sans sauvegarder. Il est prestement enterré avec les honneurs, mais maintenant que Maverick n’a plus son protecteur, il est aussitôt convoqué devant le commandant de la base.

– Maverick, vous avez réussi à nous pondre un plan tellement foireux que même des canards peuvent le faire échouer. Sans compter que vous avez perdu un jet fort coûteux dans l’affaire. Je vous dégage de la mission.
– Ouahou, eh, pfou, l’aut’.
– Et puis votre histoire de conduit d’aération, là : nous avons déjà les avocats de Disney prêts à envahir la zone 51. Ils bavent et grognent à distance, mais ils pourraient se jeter sur nous à tout moment.
– Ca c’est pas moi, c’est le caporal Roudoudou qui a dû tout balancer !
– Je m’en fous !
– Ok commandant ! Vous me virez parce que je suis un gros con incompétent et vous voulez arrêter mon programme ? AHA ! Si c’est comme ça…

Et Maverick de décider de profiter d’un moment d’inattention du commandant de la base pour piquer un F-18 (car c’est connu, on peut décoller un avion militaire sans autorisation sans aucun problème) et montrer qu’il peut réussir l’exercice qu’il a conçu sans problème : voler dans un canyon à fond les ballons, monter en flêche pour contourner les montagnes entourant la cible, puis piquer dessus, la détruire et filer.

Evidemment, personne n’y croit, évidemment, il le fait quand même, alors que tous ses élèves bien plus jeunes et en forme avaient échoué. A son retour, le commandant est épaté.

– Bravo Maverick, je vois bien admettre que vous êtes trop fort. Certes, vous avez désobéi, certes, vous avez suivi votre plan de merde, heureusement, vous n’avez croisé aucun canard, et mieux encore, vous avez foutu en l’air l’avion en le poussant à ses limites faisant qu’on vient de perdre des millions, et que c’est le deuxième appareil que vous ravagez dans ce film… MAIIIIIS EN RECOMPENSE, VOUS ÊTES PROMU CHEF DE MISSION !

Bon, je résume ce film jusqu’ici :

  • L’armée américaine a un projet
  • Elle nomme Maverick, pilote particulièrement con, à un poste critique
  • L’armée américaine décide que c’est un mauvais projet et veut le fermer
  • Maverick vole un avion et le pète
  • MAVERICK EST PROMU SUR UN PROJET ENCORE PLUS IMPORTANT

Recevoir des promotions parce qu’on détruit le matériel public, on dirait un peu un résumé de la vie politique française.

Le temps finit cependant par manquer, et il est temps pour Maverick et son escadrille de gens à peine formés de partir à bord de l’USS Donald Trump pour aller frapper le Jean-Jacquistan. Il doit désormais décider de qui va partir, et qui va rester àbord.

– Les enfants, j’ai choisi quelle moitié de la promotion partirait avec moi en mission.
– C’était pas mieux de le faire AVANT de partir ?
– Qu’est-ce que vous faites encore là, Roudoudou ? Bon, en tout cas, partent avec moi tous les pilotes qui ont un nom. Les autres, vous restez ici. Et pareil pour Hangman, au motif qu’on doit être 6 et que maintenant que je suis chef de mission, on est 7. Donc sale petit égoïste, tu restes ici.
– Maiiiiiiiis !
– Tu tiendras compagnie à Roudoudou. Les autres, à vos appareils !

L’USS Donald Trump catapulte donc ses avions en l’air, et toute la fine équipe se retrouve à foncer sur le Jean-Jacquistan. Et est survolée au passage par un énorme tir de missiles de la flotte qui compte arroser l’aérodrome local pour éviter à la chasse ennemie de poser problème tant il est difficile de décoller depuis un terrain qui ressemble au script de ce film.

Mais des soucis, nos héros vont en avoir. Déjà, parce que malgré le bombardement de l’aérodrome, une patrouille de deux jets Jean-Jacquistanais était déjà en l’air, et est un peu excitée par cette attaque. Et ensuite, parce que le canyon par lequel ils doivent passer a quantité d’obstacles, dont un aqueduc, mais vous savez, même à fond les ballons, pour nos héros, c’est un détail, ça passe nickel.

Tant et si bien que la première équipe arrive sur la cible et aperçoit le conduit d’aération dans lequel elle fait un gros trou. Mais lorsque la seconde équipe arrive, avec à sa tête Rooster, l’appareil chargé de bombarder n’arrive pas à viser.

Rooster décide donc de s’exclamer : « Je vais le faire… sans appareil de visée ! A MOi, LA FORC… JE VEUX DIRE, LE SCRIPT ! »

Et grâce au script, ses missiles passent pile dans le trou, suivent le conduit d’aération sans problème, et arrivent dans l’usine souterraine qu’ils font entièrement exploser. Au même titre que les slips de quantité d’avocats de chez Disney qui imaginent déjà tout ce qu’ils vont pouvoir demander.

Non vraiment, simplement larguer une bombe, ce n’était pas suffisant ? Il fallait absolument une scène où un jeune pilote envoie ses missiles sans viser ? Apparemment : oui.

Hélas, la mission accomplie, il faut encore rentrer. Et alors que jusqu’ici, les défenses Jean-Jacquistanaises n’avaient pas tiré un missile – oui, même quand les mecs montaient en flèche le long d’une montagne, donc largement dans leurs radars – soudainement, tout ce petit monde se réveille.

– Crotte de bique ! Pourquoi est-ce qu’on a procédé ainsi ? Si les missiles ne nous voyaient pas en rasant la montagne en arrivant, on aurait pu faire de même en partant !
– Silence Rooster ! Je n’ai pas viré Roudoudou pour avoir de petits commentaires de langue de pute sur ma radio durant la mission ! Contentez-vous d’éviter les projectiles !

Les amateurs de combats aériens pourront alors profiter d’une merveilleuse scène où lorsqu’un pilote est verrouillé par un missile en approche, au lieu de larguer ses leurres, il passe d’abord quinze secondes à s’exclamer « HOULOULOU MAIS NON ! », puis largue des leurres infrarouges, sans penser que… ben si ce sont des missiles guidés par radar, il faudrait peut-être larguer du leurre à radar ?

Mais le leurre radar, qui ressemble à un pet de papier alu, c’est sûr que ça fait moins hollywoodien que d’envoyer des fusées qui font « FOUCH FOUCH » dans tous les sens, aussi nos héros ne balancent-ils que ça.

Même Bob, le pilote à lunettes, ignore que larguer un leurre à infrarouge sur un missile radar, ça marche moyennement.

Vous saurez d’ailleurs que même quand un missile explose à trois centimètres de votre avion, ça ne lui fait rien, merci.

Malheureusement, Rooster finit par avoir de petits soucis avec quantité de missiles qui, émus par son histoire, veulent l’envoyer retrouver papa, heureusement, Maverick fait demi-tour pour venir jeter son avion contre les missiles et le sauve ainsi. Puis s’éjecte en plein Jean-Jacquistan. Le reste de son escadrille reçoit l’ordre de rentrer.

Nous retrouvons donc Maverick au sol, au milieu de montagnes enneigées, à courir alors qu’un hélicoptère Jean-Jacquistanais l’a repéré. Et le mitraille directement : au Jean-Jacquistan, on ne fait pas de prisonniers. Heureusement, au moment où l’appareil risque de transformer notre héros en allégorie du script, l’aéronef explose, frappé par un missile !

C’est Rooster qui a fait demi-tour pour sauver l’homme qui venait lui-même de le sauver. Hélas, cela lui en coûte, car un missile ennemi vient le frapper, et voilà Rooster qui a l’air bien bon, déjà, et accessoirement, se retrouve bientôt lui aussi au sol à se détacher de son parachute pendant que Maverick vient le rejoindre.

– Rooster ! Tu es con ?
– Maverick ! Pourquoi me dire ce que je sais déjà ?
– Tu avais ordre de renter ! Je me suis sacrifié pour toi ! Tu n’as pas réfléchi à ça ?
– Maverick, c’est toi qui nous a appris ça : AGIR ET NE PAS REFLECHIR.

Je ne plaisante pas : c’est la vraie phrase du film. Maverick leur demande donc officiellement d’être cons et irresponsables. C’est ça, les Etats-Unis d’Amérique, fuck yeah !

Le film a dû être écrit selon le même concept : écrire avant de réfléchir, notez.

Il n’empêche que nos pilotes sont bien embêtés, et que leurs amis ne risquent pas de pouvoir venir les chercher. Aussi, peu excités à l’idée de venir dans les douches d’une prison Jean-Jacquistanaise, nos deux compères courent dans la neige jusqu’à atteindre l’aéroport Jean-Jacquistanais qui avait mangé quantité de missiles au début de l’attaque. Dessus, c’est la panique avec des… des gens qui courent. A droite. A gauche. Qui repassent devant la caméra.

Pardon ? Des pompiers ? Non, pas sur cet aéroport. Apparemment, au Jean-Jacquistan, quand un aéroport est attaqué, la procédure consiste à faire courir des gens partout sans rien faire d’utile. Et de préférence, loin de la caméra pour éviter de montrer l’uniforme de ces braves gens et permettre d’identifier ce pays pas bien travaillé.

Cette confusion complètement débile permet à nos deux héros de se faufiler jusqu’aux hangars à avions où, par un heureux hasard, l’ennemi dispose de vieux F-14 datant du premier Top Gun.

Ma boîte à ça alors est si loiiiiin !

Les deux amis se glissent donc dans un de ces appareils apparus par la magie du script, font le plein, merci, l’avion est déjà entièrement armé – c’est vraiment sympa – et décollent, non pas via la piste, mais via le petit chemin reliant la piste aux hangars, qui lui n’a pas été transformé en Verdun bis.

Là encore, nos héros décollent sans problème (ils tapent un bâtiment avec le train, mais vous savez, ce n’est pas un souci), et les défenses du coin décident toutes de faire dodo. C’est vraiment sympa de leur part, j’espère qu’ils leur enverront des fleurs. Malheureusement, une fois en l’air, les deux jets ultramodernes Jean-Jacquistanais qui étaient en patrouille au début de l’attaque arrivent et viennent se placer autour du F-14. Qu’ils regardent, suspicieux. A bord du F-14, ça commence à sentir un mélange de sueur et de pets. Jusqu’à ce que l’un des deux amis ait une idée (hélas) :

– Bon, on va leur bourrer la gueule, propose Rooster.
– Du calme mon p’tit, c’est moi qui pilote, toi tu es à l’arrière comme l’était ton papa, donc contente toi de faire des clins d’oeil appuyés à la caméra pour montrer qu’on fait trop une référence au premier Top Gun, avec moi aux commandes et ma moustache préférée à l’arrière. Sans compter qu’excuse-moi mais mon avion est tout vieux par rapport aux leurs.
– Mais Maverick… c’est toi qui nous a appris que… SEUL LE PILOTE COMPTE, PAS L’AVION !

Décidément, Maverick apprend quantité de merdes aux jeunes gens, puisque là encore, c’est authentique. Et que si c’était vrai, cela ferait longtemps qu’on aurait arrêté de produire des avions toujours plus performants. Mettez le meilleur pilote du monde dans un biplan face à Dudule et son jet dernière génération qui le verrouille à 6 kilomètres, vous allez voir si le pilote compte plus que l’avion.

Mais le film étant très con, c’est parti.

Maverick profite que les deux jets ne s’attendent pas à ce qu’il soit assez con pour attaquer pour mitrailler le premier, puis engage le combat avec le second. Bien évidemment, à force d’acrobaties, Maverick parvient à l’emporter, mais alors qu’il vole vers le large, persuadé d’avoir échappé aux méchants, voici qu’un troisième jet apparait derrière eux.

– Oh non ! Mais d’où sort-il celui-là ?
– D’un autre trou dans le script, Rooster ! Et là, je n’ai plus de munitions, nous sommes fichus !

Les deux compères se disent qu’ils s’aiment et se rouleront un patin au paradis, pendant que le vilain pilote les verrouille et surtout, surtout, prend biiiiiiiiiiiiiiien son temps pour ne pas tirer… jusqu’à la dernière seconde, où soudain, l’appareil Jean-Jacquistanais explose !

C’est Hangman, ce que vous n’aviez pas du tout vu venir, qui vient de sortir de nulle part et de l’exploser ! Et, non, le Jean-Jacquistanais et son jet ultra-moderne n’ont pas détecté un avion pas furtif du tout arrivant droit sur lui depuis l’autre bout du monde et lui envoyant un missile dans la truffe !

« Bon, tu vois le petit écran marqué « radar » là ? Ca sert à rien dans l’aviation. »

C’est fa… aaaah… buleux. Pardon, la fatigue. Je vous laisse bailler à votre tour. Voilà.

Tout le monde peut donc retourner sur l’USS Donald Trump, où le F-14 de nos héros vient s’écraser dans le filet de sécurité, et en sortent nos amis, triomphants, sous les applaudissements de l’équipage. Ils ont sauvé le monde, tout ça, ‘merica.

Et parce que décidément, le film est incapable d’avoir une idée, Hangman retrouve Rooster sur le pont pour lui serrer la main alors que tout cela est pris en photo, tout comme Maverick l’avait fait avec son ancien rival Iceman plus de 30 ans plus tôt.

Tout. TOUT est un copié/collé.

Le monde est sauvé, Maverick peut rentrer faire de la mécanique dans son petit désert, où évidemment, il est rejoint par Penny qui vient lui faire des bisous. Tous deux s’envolent à bord du Mustang personnel de Tom Cr… de Maverick, et vont faire les malins dans le soleil couchant, pendant que Rooster, venu rendre visite, découvre dans le hangar de Maverick son Mur de la Moustache, et se demande donc quelle relation perverse son père et lui entretenaient.

Alors qu’il en appelle à Jésus pour expulser le démon du corps de son ami (il est Américain), le soleil se couche, le générique se lève et…


… FIN !


– Vous savez patron, ce n’est pas très gentil de se moquer des Américains.
– Diable ! On se permet d’avoir une opinion, maintenant, chez le petit personnel ? Et pourquoi pas le droit de vote ? Mais je vous écoute, développe donc, mon cher Diego ?
– Eh bien parce que vous imaginez Top Gun réalisé par des Français ?
– Il y a bien eu Les Chevaliers du Ciel.
– Non mais Top Gun, patron. Vraiment.
– Hmmmm… Top Gun façon cinéma français…

* * *

Kad « Exocet » Merad est un ancien de la marine. Alors qu’il fait de la moto dans Paris, il est arrêté non pas pour absence de casque, mais pour des problèmes de vignette Crit’Air et avoir roulé à 33 kilomètres/heures pour se rendre à Balard.


Après avoir enjambé trois clodos et deux caddie proposant du maïs chauffé au bois de cagette, plat typique de Paris, il retrouve enfin ses supérieurs. Qui lui expliquent qu’un pays ennemi prépare un sale coup. Il lui faut donc grimper à bord du Charles de Gaulle pour sauter dans un Rafale et aller expliquer une chose ou deux aux méchants.


Hélas, son Rafale est en panne. Faute de pièces détachées, il est irréparable. Et l’Elysée refuse toute rallonge budgétaire, puisqu’il y avait le choix entre ça et la Fête de la Musique.


Finalement, les méchants reçoivent une lettre d’Emmanuel Macron condamnant « fermement » leurs agissements.


Kad « Exocet » Merad peut donc retourner à terre, où il découvre qu’en son absence, sa maison a été squattée, et les nouveaux locataires ont un ticket de commande de pizza pour le prouver. Dépressif, Kad « Exocet » Merad trompe sa femme et se laisse pousser la moustache.


Il reçoit une lettre d’Emmanuel Macron condamnant « fermement » cette attitude.


Fin.

* * *

Nan, vous savez quoi ?


En fait, c’était pas si mal, Top Gun à l’américaine.

65 réponses à “Top Gun – Ma vie

  1. Ahah, je crois que ce film ne se cache même pas, laissant l’industrie cinématographique française pantoise que le public préfère un retour des années 80 testostérones aux leçons sociétales écoféministes, mais ravie néanmoins de récupérer le pognon de ses entrées pour le CNC.

    • Il faut les comprendre, pourquoi Hollywood aurait-elle peur de la version jembé, diabolo et sarouel équitable de la « Securitate » roumaine de la grande époque ? Bon j’avoue aussi avoir une nostalgie secrète pour ce « remake-copié-collé », malgré toutes ses faiblesses révélées par l’OC xd.

      En remarque, après l’attaque des canards, cette scène :
      « Mais des soucis, nos héros vont en avoir. Déjà, parce que malgré le bombardement de l’aérodrome, une patrouille de deux jets Jean-Jacquistanais était déjà en l’air, et est un peu excitée par cette attaque. »

      serait donc la deuxième plus réaliste du film (parce que l’aviation de guerre semble effectivement avoir eu des problèmes réguliers, avec les oiseaux et avec les ennemis qui ont le mauvais goût de ne pas tomber dans les pièges tactiques)

  2. Merci monsieur connard de nous éclabousser de votre expertise en la matière.

    Au fait, j’ai vu passer sur diverses pages Web que hollywood, dans un élan d’originalité comparable à un WC après une soirée tacos au oignons, a prévu un prequel de « hunger game ».

    Comment allez vous vaincre cette franchise de retour du Cimetière, cette fois ?

    • Ah oui…le résultat risque d’être « drôle » (comme dans « le poto avec 6 grammes dans le sang qui glisse dans son vomi et s’étale sur le carrelage des toilettes du bar est drôle » xd), car la « saga » de base était déjà un condensé de clichés. Je me demande comment ils vont réussir à faire pire.

  3. Personnellement, j’ai adoré le Sukhoi ultra moderne qui a la poussée vectorielle sur une scène mais ne s’en sert plus jamais quand ça pourrait le sauver. Quand à la salve de tomahawk qui détruit l’aérodrome des méchants, pourquoi ne vise-t-elle pas non plus les batteries de missiles sur le cañon de l’étoile de la mort ? Pourquoi ne pas envoyer un B2 larguer une bombe anti bunker sur l’usine d’enrichissement d’uranium ?

  4. Gloire à l’armée populaire de libération palmipède du Jean Jacquesistan pour avoir vaillamment combattu l’impérialisme perfide l’axe américano-zioniste.

  5. Merci pour cette magnifique leçon de courage( je ne parle pas des personnages du film évidemment, mais de l’homme qui héroïquement a passé deux heures dans un cinéma pour visionner cette bouse).

    • J’ai adoré.
      Sisi.
      J’ai même regretté que l’écran ne soit pas plus grand dans la salle.
      J’ai pas trop lu le spoil d’Odieux, pour la raison énoncée supra, et parce que je sais que son bon goût naturel trouvera un angle pertinent pour attaquer n’importe quoi (à l’exception des thrillers français, car c’est moche de tirer sur une ambulance).
      .
      Maintenant, permettez-moi une faute de goût monumentale -je le sais, je m’en excuse platement- mais le film aurait pu être pire.
      Quoi qu’on pense du premier Top Gun, il avait au moins le mérite de présenter l’avion star du film pour ce qu’il était : un avion certe classieux, mais lourd et peu fiable.
      Si Goose meurt, c’est pas qu’un effet de manche.
      Lors des loooongues tractations pour faire une suite (spoilers:d’autres vont suivre!) Tom. -acteur/producteur/cascadeur – à exigé deux trucs: être pour de vrai dans l’avion, et que cet avion soit un vrai avion.
      Parce que le Pentagone avait pour idée de refaire une propagande pour l’avion phare du moment, le sommet des ventes export de l’industrie US, celui que tout le monde veut pour se mettre en odeur de sainteté auprès de l’Oncle Sam: le Lockheed -Martin F35.
      Mais Tom a dit non.
      Odieux rappelle à raison que plus un film coûte cher et plus son concept de base est vain.
      Il a raison.
      Indéniablement.
      Et pour ne pas vous saoûler de technologie qui n’intéresse que moi, je vous dirais que le F35 suit la même logique qu’Hollywood.
      Sauf qu’au lieux d’un film de 200 millions de Dollars, à la rentabilité indécente, on est sur un programme de 1000… Milliards…de dollars.
      Sur 60 ans mais quand-même.
      Ça serait rien sans les multiples problèmes qui affligent le n’avion.
      Allez voir wikipédia pour poursuivre le numéro clownesque du F35… le programme étant bancal à la base.
      Et du coup, voir plusieurs F35 voler de concert sans abandon, explosion, éjection, bug aurait discrédité l’intégralité du film.
      Variation du point supra, le film montre l’armée sous un jour nettement plus sombre que le premier opus, au point d’en être le contrepoint : on ne forme pas la vaillantes jeunesse en machines à tuer, mais on envoie des outils à la casse. Si la mission est remplie, tant mieux, sinon, on enverra une autre fournée.
      Et cet aspect du Tom, producteur de « lions et agneaux » est un pied de nez pour cette icône de la propagande (d’abord pour la Navy, puis la scientologie).
      Donc une contre proposition qui tombe bien, alors que l’oncle Sam livre des guerres par procuration via ses proxi ou des drones.
      Pensez-y tout y riant des grosse ficelles du scénario, des effets spéciaux parfois approximatifs, car je ne veux pas vous expliquer qu’en fait, le film est bien: c’est une fiction approximative sur tous ces aspects qui a été écrite, tournée à la gloire d’une icône qui voulait un retour sur investissement.
      Je suis juste plus bon public que dupe.

      • Plutot d’accord avec le comm’… De grosses ficelles, mais pour une histoire quand même vachement plus intéressante, plus subtile qu’elle n’en a l’air, et surtout mieux filmée que 99% de la production actuelle. Donc non, Mr Odieux, même si j’ai bien ri grâce votre inégalable sens de la formule, je ne valide pas votre critique pour une fois !

    • L’attaque des palmipèdes était délibérée, comme l’affirme un rescapé sur son blog, OdieuxCanard. com

  6. Top Gun : Remastered.
    La mission peut-être réalisée par des missiles de croisières, surtout quand on s’appelle « États-Unis » et qu’on est la 1ère puissance militaire et technologique du monde, mais le film aurait duré 10 minutes.

  7. Mais ça alors ! (J’ai ma boîte pas loin) Je l’ai vu ce film (oui, bien que de gauche j’adore les avions genre chasseurs et autres bombardiers) eh bien je n’avais pas tout vu, tout compris, ouf, merci cher Connard

    • Trahison ! Vous serez donc condamnée à relire cette semaine l’intégralité des tweets de Mathilde Panot depuis son élection et la thèse de doctorat de Sandrine Rousseau.

      • Oooooh non Monsieur, là c’est trop, je pourrais pas juste lire le dernier discours d’Olivier Faure à l’endroit et à l’envers ?

      • Néanmoins, pour les gens ayant le niveau pour lire des thèses en sciences éco, la thèse de Rousseau doit tout de même être intéressante à lire (les félicitations du jury c’est pas donné à tout le monde quand-même)

  8. Pour le côté copié de Star wars (et l’avion de test s’appelle le dark star) c’est je pense autorisé par Disney, vu que c’est lucasfilm qui a fait les effets spéciaux (visuels ou sonores je ne sais plus).
    On le voit dans le générique de fin.

    Ce qui n’est certes pas une excuse pour faire une fusion « un nouvel espoir »/ »top gun »

  9. On va partir d’un postulat simple…
    Et d’une anecdote… Au delà de Mach 3, le métal, ça fond…
    Quand on est un acteur américain plein de tunes et un peu sur le retour, la véracité d’un scénario ou bien son copier/coller pèse bien peu dans la balance, pourvu que le projet fasse rentrer de la tune…^^
    Le reste… Faut oublier… Prêt pour une future « mission devenue possible » à grand renfort d’inepties monétaires…?

    • En entrée atmosphérique les fusées sont à Mach 25. Même si elles ont un bouclier en céramique, le reste du fuselage est en titane, tungstène et alliages métalliques. Donc non, le métal ne fond pas à Mach 3. Le métal peut aussi fondre à 0 m/s. Ça dépend à quelle température il est porté. Mais la vitesse et les frottements à Mach 3 sont loin d’être suffisants, selon l’altitude

      • Euh…C ‘est quoi le rapport entre un avion de chasse standard (même modernisé) et une fusée? Je pige pas bien…^^

      • @Arti, justement, l’avion qui va à Mach 10 et que Tom Cruise explose dans le film, c’est pas un chasseur standard, c’est un prototype expérimental à plusieurs millions de dollars (c’est d’ailleurs entre autre ce qui est reproché au personnage de Maverick : il a détruit un prototype ayant couté des centaines de millions de dollars et condamné un programme de recherches ayant couté des milliards).

        Rien à voir avec un chasseur « modernisé » donc.

    • C’est con qu’il y’ait eu des avions expérimentaux capables de dépasser les Mach 3.3 dès les années 60… Pour info le record absolu de vitesse dans un avion est détenu par le X-15, un avion fusée qui a dépassé Mach 5 à la fin des années 1960. et sinon dans les avions qui n’étaient pas juste des proto le Lockheed SR-71, datant quand-même des années 70, pouvait atteindre Mach 3.3

      Comme quoi, non, le métal ne fond pas à Mach 3. Le métal « ordinaire » oui, sans doute, mais les fusées et les missiles sont bien les preuves qu’on maîtrise des technologies de traitements des matériaux capable de faire résister un appareil à bien pire que Mach 3.

  10. Take my script away…

    Je me demande quand va s’arrêter cette mode parfaitement glauque et un tantinet nécrophile que constitue la résurrection pathologique de vieilles licences vintage

    •  » […]la fréquentation globale des licences a été multipliée par 2,5 en dix ans, alors que celle de tous les autres films a baissé de 25%. On l’a vu, les studios ont d’ailleurs beaucoup diminué leur nombre de films « non-licences », mais pas dans la même proportion. Et de ce fait, en dix ans, la fréquentation moyenne des films des studios autres que les suites a baissé d’environ 10%. Les entrées des “suites” ne s’ajoutent donc pas à celles des autres films, elles s’y substituent. »
      plus ici: https://alain.le-diberder.com/cinema-en-salles-tout-va-tres-bien-madame-la-marquise/

      intéressant aussi la courbe de croisement du public -50 +50 qui a eu lieu en 2011…. ça explique sûrement.

      • Merci pour cet article intéressant !

        Oui, c’est plutôt logique, car ceux qui avaient 15-20 ans pour leur premier « Top Gun » ou même « Jurassic Park » ne sont plus de toute première jeunesse maintenant…

        Néanmoins, je pense que ces résurrections visent un double public : les vieux qui sont censés revivre les films de leur jeunesse par procuration, et les jeunes qui sont censés y trouver un divertissement intéressant. Mine de rien, y’a pas mal de gamins qui ont découvert « Star Wars » avec la dernière trilogie… Moi-même, j’ai découvert ça avec la prélogie (les I, II, III) — qui à l’époque avait été beaucoup critiquée, m’enfin on peut pas lui reprocher d’avoir été un repompage intégral de la trilogie originale.

  11. Bonjour à tous,

    En tant que fanatique d’aviation, j’ai évidemment vu ce film et mes neurones ont subis les derniers outrages. Je rejoins efaystaus sur la propagande dédiée au F-35, avion phare des USA… mais dangereusement peu fiable, même encore aujourd’hui. Il y a eu une tentative de justification que je remets car je me suis étouffé en l’entendant : « Le F-35 serait parfait pour cette mission, mais il n’y a pas de couverture GPS donc on ne peut pas l’utiliser »…

    Sinon, je vais relever quelques débilités techniques supplémentaires :

    – mach 10, on ne sait pas maintenir cette vitesse pour un avion (même pour un missile, c’est compliqué). Et encore moins en faisant une courbe. Vu les températures, un Tom Cruise en éjection se transforme en merguez en moins d’une seconde. De plus, c’est la première fois que je vois des tuyères carrées… carénage ou pas carénage, c’est débile si on cherche juste à être rapide (qui ferait un avion expérimental furtif ?)

    – le seul autre pays à ma connaissance à encore posséder des F-14 théoriquement en état de vol, c’est l’Iran. Ceci dit, les ailes qui bougent, ce n’est pas pour faire joli. Je pense donc que l’avion aurait du se disloquer deux ou trois fois rien qu’au décollage. D’ailleurs, vu le poids de l’avion je pense qu’il n’aurait même pas eu le temps de quitter le sol

    – le Su-57 Felon (l’aviation du Jean-Jacquistan) n’existe à l’heure actuelle qu’à moins d’une dizaine d’exemplaire, tous en Russie. Certes ces avions sont prometteurs, mais ils ne savent pas encore faire la roue en plein ciel pour éviter les missiles.

    – c’est dommage de faire la promotion du F-18 alors même que la ligne de production (St Louis) va fermer faute de commande … y compris de l’armée US qui n’en veut plus

    Et je clos ce commentaire par une dernière remarque :

    Il faut absolument que les avions ne se fassent pas repérer par contre le porte-avion peut être en vue des côtes sans aucun problème ??

    Merci encore à M. Connard d’avoir pris le temps de « traiter » ce … truc.

      • J’attendais ce genre de remarque et je vais donc y répondre avec les arguments suivants :

        – le F-22 est un avion de combat et non un avion expérimental

        – c’est un carénage autour des tuyères, censé diluer le flux de chaleur et rendre l’appareil plus discret. La tuyère reste ronde dedans

        – si le F-22 est supersonique (jusqu’à Mach 2 environ), il n’a pas la prétention d’atteindre Mach 10. A partir de Mach 3, 90% des solutions technologiques utilisées pour un avion sont à jeter. La genèse du SR-71 est à ce titre très intéressante

        – enfin, que ce soit pour diluer le flux de chaleur (ce qui est peu utile pour la discrétion vu la chaleur générée à l’avant par le frottement hypersonique) ou aider à la poussée vectorielle (quand on vise de grosses vitesses, on tente de rester en ligne droite. C’est un appareil expérimental, pas un chasseur) il n’y a rien qui justifie cette forme

        et pour le plaisir d’enfoncer le clou, j’ajouterai que les entrées d’airs sont trop grandes et trop épaisses

      • Nominoë: « rien ne le justifie »: heu, sans avoir vu le profil aérodynamique et le cahier des charges du machin, c’est peut-être beaucoup s’avancer non?
        Rien ne justifie de faire des bouses volantes comme le F35 (ou son petit frère le F22), pourtant ils sont arrivés en production à grand coup de démonstrations de « force » dignes du film (« regardez nous on vole à Mach 2.6 »), et de marketing de merde sur la « nouvelle génération » et sa « furtivité passive » (vont se marrer quand il va falloir changer les cellules de pilotage parce que les radars auront pris du grade), malgré une maniabilité de fer à repasser (genre même avec des Rafales censés avoir deux générations d’écart, on abat des F35 à l’exercice. Et on tombe aussi des F22 avec des Mirage 2000 qui sont plus anciens encore), et une fiabilité digne d’une Renault des années 80 qui a fait trois fois le tour de la terre.
        Aussi dans les séries X de prototypes on trouve tout un tas de formes absurdes comme les ailes inversés etc. Si c’est con c’est peut-être pour tester un truc contre-intuitif en vrai sachant que les modélisations ne sont que ça.
        Après je n’ai pas votre savoir technique, mais mon esprit scientifique me dit qu’il faut se méfier des certitudes.
        (Petite remarque aussi Mach 10, ça se fait, en réentrée atmosphérique on est à Mach 25, alors c’est sûr qu’il ne s’agit pas de garder une belle trajectoire, mais le défi reste d’être précis: on doit garder un angle donné pour ne pas se transformer en kebab. Et on a certainement tout un type d’assistances de type Fly by wire pour compenser toutes les anomalies aérodynamiques qui feraient que l’avion est incontrôlable…).
        Ceci dit ça ne veut pas dire que je défende le film, ça a franchement l’air à chier, mais au moins sur ces points là c’est sans doute moins absurde que toute la partie revival du Tom qui a dû se revoir si jeune dans son miroir.

      • Effectivement, le mot « Rien ne justifie » est peut-être un peu fort. « Technologiquement très compliqué pour un gain des plus douteux dans un domaine qui ne le demandait pas (furtivité ou maniabilité pour un prototype d’avion de vitesse pure) » devrait davantage correspondre à mon point de vue.

        Concernant la modélisation de formes « pas banales », effectivement le cinéma (et parfois les OVNI !) ont parfois inspiré les ingénieurs. Parfois ça marche et parfois non… en l’occurence je pense à la forme « soucoupe volante ». Les ingénieurs se sont dit que si les aliens utilisaient cette forme c’est qu’elle devait être pratique. Puis ils ont découvert que non pas du tout (ça s’appelle l’effet Coanda).

        Concernant la rentrée atmosphérique, je réfute l’argumentaire : en l’absence d’atmosphère et donc de frottement, les vitesses atteintes sont forcéments hallucinantes. La rentrée n’est qu’un long phénomène de freinage dont on essaie de sortir intact. Là, on parle de passer de 0 km/h à Mach 10 et de maintenir ça (tout en faisant une courbe). Les contraintes ne sont pas les mêmes, surtout au niveau des moteurs. Les moteurs de la navettes spatiale sont incapables d’atteindre mach 10 et ce n’est pas ce qu’on leur demande

        Mais bon pour revenir sur le fond de votre remarque, effectivement, je devrais peut-être utiliser une formulation moins tranchée. (mais je garde de gros doutes sur le réalisme du bestiau)

    • Nan mais si les mecs passés par Salon de Provence ou Toulouse en rajoutent avec de la technique, on ne pourra plus regarder aucun film, même pas avec un avion a épandage. Déjà que je ne peux plus regarder un film de guerre au sol sans hurler devant toutes les inepties…

      • Ni l’un ni l’autre ! J’ai fait l’ENSMA, une école moins prestigieuse mais très spécialisée ^^.

        Disons qu’il y a les petites incohérences et les grosses. Le Su-57 qui fait la roue, bon c’est une séquence de 2 secondes qui n’apporte rien au film et qui ne change pas grand chose (on pourrait dire la même chose sur les leurres). Du coup là effectivement c’est du chipotage.

        Maintenant faire décoller un F-14 qui n’a pas été révisé depuis les années 80 en faisant mumuse avec les ailes et ce depuis un terrain absolument pas prévu pour supporter un poids pareil là ça pique un peu plus. Parce que ça change le film. Perso j’aurai cherché à me barrer en Jeep avec une radio sachant que la mer n’a pas l’air très loin

        Tout dépend de où on place le curseur d’acceptation de non-réalisme. Et je suis un gros intransigeant ^^

      • Le spoiler m’a fait rire, maintenant je savoure tous les commentaires qui parlent en détail des modèles d’avion. C’est intéressant, je trouve, je n’y connais rien mais je découvre avec plaisir. Merci à tous !

      • Le Bloch MB 174 il n’y a que ça de vrai ! (bon ok je sors pour me cacher derrière mes maquettes)

    • Bonjour,
      A l actif du film retenons que les acteurs ont mouillé leurs chemises,et qu’il n’y a pas trop de CGI, sauf sur la fin où des jets au ras de l’eau ne génèrent aucune traînée ou frôlent des pins du Jean-Jaquistan sans les faire bouger…

    • Bonjour, si vous regardez ce à quoi est sensé ressembler le futur SR72, vous verrez qu’il a des tuyères carrées peut-être à tord, nous verrons.
      Il est prévu pour filer à mach6. La question que je me pose est comment sur le SR72 est comment va-t’il passer de la vitesse supersonique à la vitesse hypersonique? un système de réacteurs rétractables?
      Merci d’avoir rappelé l’excuse en bois pour écarter le F35 au profit du F18 autre que celle-ci:
      Le F35 je ne sais pas le piloter…

    • L’Iran, ça cadrerait avec les montagnes et surtout le programme d’enrichissement d’uranium (c’est pas insensé de penser que la Russie pourrait leur vendre des Sukhoï dans une « réalité parallèle » où les Felon seraient déjà produits en série)

      Je me demande s’ils n’ont pas nommé le Jean-Jacquistan juste par grosse flemme ou alors par peur de provoquer une polémique… Parce que nous sommes en 2022, tout de même : les aviateurs aux muscles luisants de sueur, soit, l’interventionnisme américain tout azimut, soit, mais alors nommer les rabouins qu’on aimerait déglinguer (même si c’est uniquement dans un film), alors là non, y’a des limites quand même, faudrait pas que les mollah se sentent stigmatisés !

  12. J’ai repéré quelques fautes : s’assoir > s’asseoir

    Caporal Roudou => Caporal Roudoudou (ou alors, on lui en a prélevé une, le pauvre…)

    J’ai bien ri, sans avoir vu le film (je ne suis pas maso à ce point, j’ai déjà des enfants, ayez pitié), ne serait-ce que par le sens de la formule de ce cher Odieux, et par sa très légère tendance à la mauvaise foi, qu’on lui pardonne volontiers.

  13. j’attendais avec impatience le spoill de ce film avec impatience et je dois dire que je ne suis pas déçus ! et en plus ca vient confirmer ce que je soupçonnais sur la qualité du film !

  14. Il y a un point non noté dans le spoil qui rend tout le film complètement incohérent.
    La raison invoquée de l’abandon du programme de l’avion expérimental est pour mettre les sous dans un programme de drones. Avec la réponse que « oui c’est le futur mais pour le moment les pilotes sont là ».
    La mission suicide du fait des contraintes physiologiques pour les pilotes, du parcours à apprendre par coeur, des pilotes à ramener, etc….
    2 drones et un geek pour les programmer (version Hollywood bien sur, donc une seule personnes experte en tout) et hop, mission réussi !

  15. Personne pour se demander si c’est normal que les usa attaquent une nation souveraine de son propre chef, juste parce que ladite nation cherche à se mettre au même niveau que ces mêmes USA? Attaque sans mandat de l’ONU, d’ailleurs…

    • Depuis quand les Stazunis se soucient d’avoir un mandat de l’ONU pour envahir une nation souveraine ? :’-)

    • Bravo, vous venez de résumer la politique du Département d’Etat depuis 1945.
      Non personne, sauf des pays méchants pas beaux anti-démocratiques et condamnés par BHL. Les pays amis de la démocratie gentille pouvant passer du jour au lendemain dans le groupe des méchants pas beaux si jamais ils ne sont pas d’accord.

      Moi je note que les Stazuni s’améliorent. Désormais ils ne déversent plus eux-mêmes de l’agent orange. Ils élisent démopratiquement des gouvernements très amicaux dans des pays indépendantisés, financent et entraînent l’armée locale, et hop, on regarde sur CNN en comptant les dividendes.

  16. Le seul avion réellement adapté pour ce type de mission est le Polikarpov U2 du 588ème régiment de bombardement de nuit…

  17. Genre ça les dérange? Vous avez vu la résolution de l’ONU autorisant des forces aériennes frapper des cibles au sol en Lybie? Khadaffi avait peut être des chars volants, puisque le mandat était une zone d’exclusion aérienne. Et en Irak ils avaient aussi un mandat sûrement… ou pas.
    C’est valable pour les méchants Russes ça, pas pour les gentils USA.

  18. Je suis la seule a avoir pensé que jean jacquistan c’est le Canada , en voyant les paysages ? et on est d’accord que la nana est là juste pour rappeler à tout le monde que Tom Cruise est hétéro ?

  19. Je trouve que le rapprochement a homosexualité s’arrête un peu vite, il y a encore du boulot à propos de cette histoire de tunnel et de missile… Enfin heureusement que tout ca c’est pour rire parce qu’entre la représentation déplorable que le film donne de la vieillesse et celle qu’il donne du monde en général y’aurait de quoi se faire du soucis.

    • Il y avait des pistes à explorer, même en riant. Par exemple le rapport possible entre exhibition outrancière de testostérone mal placée (sous forme de bizutage de nouveaux/elles, de jets de réacteurs, de « je fucke la hiérarchie et la sécurité SI JE VEUX ! », d’explosions, de missiles, de canons, d’encore plus de jets de réacteurs etc) et homosexualité refoulée…mais bon ne comptons surtout pas sur nos majors du divertissement pour le faire.

  20. Quand tu te demandes, entre Top Gun et Hot Shots!, lequel est la parodie, tu te rends compte qu’il y a un problème…

    Perso, je reste sur Hot Shots!, les conneries y sont volontaires et le scénario plus cohérent (Vu que dans Hot Shots!, le choix de réintégrer un pilote casse-cou et indiscipliné sert justement à faire secrètement capoter une mission.)

    • En même temps, si vous comparez avec des parodies d’une époque où on pouvait encore faire rire sans aligner des certificats de coachs en « sensibilité » et autre « non-discrimination », et où les scripts n’étaient pas encore presque tous fabriqués par le même générateur aléatoire, on n’est pas pas sortis…(mais oui j’ai beaucoup aimé les 2 « Hot shots ! » xd)

  21. La question qui taraude toutes nos éminences du cinéma français ces derniers jours au vu des chiffres catastrophiques: pourquoi le public français préfère aller voir une fiction propagandiste militaro-machiste hétéronormée (on a faillit avoir une scène de barbecue) plutôt que leur magnifique drame avec virginie Efira ou leur tranche de vie qui doit comporter obligatoirement des éléments de lutte des classes.
    Leurs interventions sur les plateaux était assez clair: si les français ne vont pas voir les magnifiques films payés par leurs impôts et les entrées des blockbusters, c’est uniquement car ils sont cons. On est saisi d’une telle acuité et on leur souhaite de continuer longtemps à nous faire rêver avec leurs drames sociaux engagés.

    • Peut-être de nouveaux happenings prévus à la prochaine cérémonie des Césars ?

      Vivement qu’un/une/[autre pronom] être a-genré/e/etc… se roule en public sur un lit de charbons ardents afin de protester contre l’oppression carbo-machisto-carnisto-centrée !

  22. Excellente chronique comme toujours.
    Manque juste une petite incohérence sur la fin : je ne suis pas sure que le patron soit très content qu’on lui ait bousillé sa piste en la raclant bien à fond
    L’immobilisation et la remise en état ajoutent au bilan déjà lourd de notre pilote

  23. Merci !
    J’envisageais d’aller voir ce film et vous m’évitez de perdre mon temps et mon argent.
    Je vote pour déclarer votre site d’utilité publique

  24. Finalement, j’aimerais bien voir le remake français proposé à la fin. Le script me semble assez réaliste.
    On critique Top Gun, mais après tout j’ai vu un Omar (Sy, pas un homard attention) aussi étoilé que subaquatique, sortir d’un SNLE en plongée par l’un de ses tubes lance-torpille.
    Après tout, s’éjecter à mach 10 sans être transformé en kebab, pourquoi pas.

    Note : Dans le monde réel, rien qu’à la mise en eau des tubes on aurait eu un acteur meeeeerveilleux transformé en compression de César. Consécration ultime, non ?

  25. Oups, j’avais oublié ce passage de la critique (un réflexe de protection mentale j’imagine xd) :

    « Ah, et les « meilleurs »… On parle bien des mêmes pilotes qui deviennent tout pâles quand on leur annonce qu’il faut se poser sur un porte-avions français parce « C’est trop petit, j’y arriverai jamais !« . Et si Pierre Clostermann nous entend, il pouffe probablement. »

    La xénophobie anti-française (sans doute pour se reposer de taper sur les Orientaux et/ou les Russes), le meilleur des films américains bas du front. Il manque le passage où on nous signale que de toute façon, le pont est plein de DS, de terrasses de buvette et de vélos, donc pas moyen de se poser…et que la machinerie (à charbon, comme il se doit) étant gérée par les mécaniciens de « La bête humaine », pas de risque que le bazar arrive à se mettre face au vent de toute façon.

    Ah : « Et retourne au bar du coin faire du charme à Penny, la patronne, qui a une fille qui a le bon goût de glisser à notre héros que maman est divorcée. »
    Ok, donc madame divorcée Et avec enfant. Heu…connaissant ce qu’on connaît maintenant des relations et des familles dans nos sociétés occidentales, c’est sensé donner à notre héros l’envie de faire des bisous à autre chose qu’à une balle qui vient de sa propre arme d’ordonnance ?

  26. « Mettez le meilleur pilote du monde dans un biplan face à Dudule et son jet dernière génération qui le verrouille à 6 kilomètres, vous allez voir si le pilote compte plus que l’avion. »
    Parait que des sorcière pilotant des Polikarpov Po-2 (un biplan) ont ennuyé des pilotes allemands pilotant des avions de 39-45. Parce que la vitesse de décrochage de la chasse allemande était bien au dessus de la vitesse de vol d’un polikarpov. Dit autrement: un polikarpov volait si lentement qu’un avion de chasse moderne avait le choix entre le dépasser ou…tomber.
    C’est pas moi qui l’ai dit, c’est un type nommé odieux connard, dans un magazine de BD…

  27. Bah dit donc tout le monde se prend très au sérieux par ici, alors d’avance pardon pour ce commentaire qui se contentera de légèreté. Moi tout au long de la lecture de cette adorable critique j’ai rigolé aux éclats, mon dieu que ça fait du bien… j’ai adoré la véracité de ce texte bravo, bravo ! Bien sûr que ce Top gun 2 c’est du grand n’importe quoi, j’ai tellement été déçu et tellement été navré que personne n’en tire les mêmes conclusions que moi, mais aujourd’hui qu’elle soulagement de rencontrer ici le fond de mes pensées sur ce film débile, merci, grand merci c’est du très bon boulot, j’en suis encore à essuyer mes larmes tellement ce fut tordant ! Je sent que je vais bien m’amuser ici à découvrir les autres critiques

  28. J’ai vu récemment une vidéo de LegalEagle sur YouTube, dans laquelle il invite un ancien avocat du JAG.
    Il explique que dans le premier Top Gun, dans la vraie vie, Maverick aurait probablement été interdit de vol après 10 minutes de film. Et que certaines situations décrites aurait pu, selon le contexte géopolitique, lui valoir la peine de mort (Hé non, on ne rigole pas avec le matériel militaire).
    Anecdote rigolote, puisque Mr. Connard en fait un paragraphe : dans le 1er film non plus le pays antagoniste n’est jamais mentionné. On soupçonne que ce sont de vilains coco russki, mais ça n’est jamais précisé. Ptet que c’est l’URJJ, l’Union des Républiques des Jean-Jacques.

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