Docteur Étrange

« Patron, vous avez vu le dernier Marvel ?« 

Diego a l’air tout excité. C’est assez rare de le voir comme ça ; la dernière fois qu’il a été aussi enthousiaste, c’est quand je lui ai dit qu’il pouvait garder la monnaie sur un billet de 5€. Autant d’argent d’un coup, ça l’a bouleversé.

« Lequel mon bon Diego ? C’est qu’il y en a tellement, je m’y perds.
– Mais siiii, là, le dernier !
– Aide-moi, fidèle serviteur, et prouve que tu as quelque utilité. Qui est le héros cette fois ?
– Vous savez, le quarantenaire avec le bouc !
– Ah oui, Iron Man.
– Mais nooon ! Là c’est un mec super riche qui a du pognon à ne plus savoir qu’en foutre !
– Ah oui, Iron Man.
– Celui qui fait le zazou en voitures de luxe !

– Ah oui, Iron Man.
– Non ! C’est un homme de sciences génial !
– Ah oui, Iron Man.
– Non, non ! L’histoire, c’est qu’il se retrouve dans une situation où il a pense avoir tout perdu et doit apprendre l’humilité pour s’en sortir !
– Ah oui, Iron Man.
– Raaah, mais non ! Je vous parle du héros qui est amoureux de la fille avec laquelle il bosse !
– Ah oui, Iron Man.
– Mais ce… c’est… non ! C’est complètement différent ! Le gars fait des trucs incroyables, du genre traverser la planète en quelques instants ou faire jaillir des armes de ses mains !
– Ah oui, Iron Man.
– Patron ! Mais si, vous savez, le héros qui a le truc rouge sur le dos qui lui permet de voler, de combattre, et d’avoir des conseils utiles !
– Ah oui, Iron Man.
– Mais non ! Lui affronte des entités venues de l’espace !
– Ah oui, Iron Man.
– Et il se montre à la fois hautain et amateur de bons mots !
– Ah oui, Iron Man.
– Heu… il emploie la magie au lieu d’employer la science ? »

Je cligne des yeux.

« Haaaaa mais oui : Docteur Strange ! Diego, allons ! Tout le monde sait que Docteur Strange et Iron Man sont deux personnages complètements différents ! Rien à voir ! Ahlala, ce que tu peux être de mauvaise foi, parfois, mon petit Diego… c’est terrible. »

Alors, Docteur Strange, héros d’un genre nouveau au scénario à la hauteur de l’intellect prétendu de son protagoniste ou énième blockbuster écrit par des lapins myxomateux ?

Spoilons, mes bons !


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L’affiche : ouf, quelqu’un a mis du lens flare juste derrière le héros et son bouclier est fait d’étincelles et de flammes. Un peu plus et ça trompait ma vigilance.

Notre film démarre au sein d’un monastère perdu dans les hauteurs du Népal, alors que la nuit est tombée et que l’on ne croise pas bonze qui vaille dans les couloirs. Attendez, si ! Quelque chose vient de bouger ! Qu’est-ce donc ? Rassurons-nous, ce n’est autre que Bob le bibliothécaire, qui dans sa salle attitrée super design parce que fuck les étagères, c’est ringard, fait des trucs de bibliothécaire. Comprendre, vérifier que les abonnés ont bien tous rendu leurs livres, écrire des messages aux retardataires pour leur rappeler que si ça continue, ils ne pourront pas emprunter durant une semaine, et si ça continue encore, ils ne pourront plus marcher durant un mois, ou bien encore jouer avec la douchette à codes-barres pour passer le temps.

Mais alors que Bob le bibliothécaire est tout à son ouvrage (hoho), voici qu’une troupe de larrons aux mines patibulaires débarque sur son lieu de travail, avec visiblement, d’autres ambitions que de rendre un exemplaire de « Histoire de la marine népalaise : l’art de couler un bonze » en retard. Le bibliothécaire a tôt fait de reconnaître le visage de leur leader, et murmure son nom sans sympathie aucune.

« Rabouinus…« 

Rabouinus, puisque c’est bien son nom, n’est cependant pas là pour parler de sa carte d’abonné, et en homme d’action, il préfère aller droit au but. But qui consiste à faire apparaître des fouets magiques au bout de ses mains, tout comme le font ses copains, et d’enserrer les membres du bibliothécaire pour le suspendre en l’air, puis, hop, le décapiter puisque sa tête ne lui revient pas, si je puis dire. Les décapitations par fouets magiques sont un problème récurrent au sein du syndicat des bibliothécaires, comme chacun sait. Cela fait, Rabouinus se dirige droit vers une rangée particulière de livres enserrés dans des chaînes et autres cadenas, et s’empare de l’un d’entre eux, qu’il ouvre sans souci parce qu’en fait, les chaînes & co, c’était juste pour la déco, probablement faite par un bibliothécaire SM. Bon. Après avoir feuilleté deux pages seulement, Rabouinus tombe pile poil sur le passage qu’il cherche, qui comme dans tous les livres magiques au cinéma, a le droit à un beau dessin dessus pour le distinguer des autres pages. Il sourit cruellement, et comme un vulgaire beauf hantant la salle d’attente du dentiste, il arrache la page en question. Je… décapiter des gens passe encore, mais arracher des pages de livre ? MONSTRE !

Une voix l’interrompt alors.

« Maître ?
– Oui, fidèle Jean-Jacques, membre de ma troupe de sbires anonymes ?
– Arracher une page de livre, c’est nul.
– C’est pour montrer que je suis méchant, mon petit Jean-Jacques. Je ne respecte rien, moi, je suis un ouf malade.
– Ah non mais ça d’accord, mais je ne disais pas « nul » pour « mauvais », mais « nul » comme dans « tout naze ».
– Pardon ?
– Vous venez de décapiter le bibliothécaire local, et vous vous contentez de dérober UNE page ? C’est-à-dire que vous pourriez simplement partir avec le livre. Ou avec la collection complète, histoire d’avoir encore plus de pouvoir, ce qui servira toujours plus tard. Si vous voulez mon avis, votre truc, c’est comme entrer dans une banque, tuer le caissier, et vous enfuir avec l’incroyable butin de 5€ parce que vous estimez que là, tout de suite, vous avez juste besoin de ça pour vous payer un kebab.
– Héééé bien… je… comment dire… en fait… c’eeeeeest… »

Mais avant que Rabouinus ne puisse avouer qu’il est en effet tout naze, une autre voix l’interrompt encore.

« Rabouinus, p’tit bâtard ! »

Cette fois-ci, c’est une silhouette encapuchonnée de jaune qui est apparue, croisement improbable entre un mauvais cosplay d’Assassin’s Creed et des Power Rangers. Rabouinus murmure aussitôt son nom :

« L’Ancien. »

Comprendre qu’il s’agit là du grand patron du temple local, qui n’aime pas qu’on salope sa bibliothèque avec des têtes de bibliothécaire qui traînent et des ouvrages abîmés. Ça sent la sanction, voire le mot envoyé aux parents ! L’affrontement semble inévitable, du moins, jusqu’à ce que Rabouinus n’agite ses petites mains en cercle, et ne fasse apparaître devant lui un portail enchanté : téléportation, les copains, fuyons loin des ennuis !

Palsembleu. Un film avec de la téléportation : je sens déjà une goutte de sueur perler sur ma tempe.

Mais Rabouinus ignore que les films avec de la téléportation ont une fâcheuse tendance à se vautrer. Aussi s’est-il téléporté avec ses sbires à des milliers de kilomètres de là, dans une célèbre mégalopole occidentale, pour se mettre à l’abri de l’Ancien. Mais c’est sans compter que celui-ci l’a suivi en se téléportant à son tour, et pour éviter de blesser les passants dans la rue où la confrontation s’apprête à débuter, l’Ancien invoque une espèce de bouclier-miroir qui sépare le lieu de la confrontation du reste du monde. Ne lui reste plus qu’à utiliser ses grands pouvoirs de personnage biclassé moine/magicien pour distordre la réalité autour de ses ennemis, et ainsi changer la gravité, faire basculer des immeubles sur eux, et autres joyeusetés. Les sbires de Rabouinus tentent bien de combattre l’Ancien en usant de leur supériorité numérique, mais quand on s’appelle Jean-Jacques, même à plusieurs, on ne fait pas le poids contre un personnage disposant d’un nom, fut-ce l’Ancien. Cependant, ils gagnent assez de temps pour que Rabouinus et ses derniers sbires se téléportent loin de là, et cette fois-ci, sans que l’Ancien ne parvienne à les poursuivre parce que… heu… il… hé bien… enfin, voilà, quoi.

Ce qui est bien embêtant pour l’Ancien, mais bien pratique pour l’intrigue qui sinon s’arrêterait là.

Mais, allons plutôt voir ce qu’il se passe du côté d’un hôpital de New York, où nous retrouvons au même moment un personnage qui ignore tout de ces événements : le docteur Stephen Strange, célèbre chirurgien au sommet de sa gloire qui grâce à sa dextérité hors du commun et un intellect proverbial, sauve les cas les plus désespérés. Après une bonne matinée passée à faire des miracles comme rendre la vue à un sourd ou greffer des oreilles à un nain, voici que le docteur Christine Palmer, une fille avec qui il a échangé des bisous par le passé, vient le chercher pour lui dire que mec, j’ai un cas plus que désespéré : je crains que mon patient ne soit vaguement mort d’une balle dans la tête. Là encore, rien que n’effraie le bon docteur Stephen Strange, qui en deux minutes, empêche un autre médecin d’aller prélever des organes au patient en lui expliquant que certes, il est cliniquement mort, mais en fait, non, et regarde, je vais retirer la balle avec un cure-dent et hop, ça y est, il revivant. Bon, voilà qui est fait, qu’est-ce qu’il y a à la cantoche de l’hôpital ce midi ?

Si le docteur Strange est efficace, il est cependant surtout connu pour son arrogance. Aussi, lorsque le soir venu, Stephen est invité à donner un discours à un quelconque pince-fesses, après avoir erré dans son appartement de luxe (avec piano devant les baies vitrées géantes pour les soirs de tristesse bien sûr), choisi avec soin sa montre parmi sa collection entière de Flik Flak, et démarré sa voiture de sport, il part à fond les ballons sur les routes tout en discutant au téléphone du prochain miracle scientifique qu’il fera.

« Docteur, nous avons un colonel de l’Air Force qui s’est éclaté la colonne à cause d’une sorte d’armure expérimentale. Vous prenez ?
– Non, c’est une discrète référence aux Avengers, pas besoin de plus. Quel autre cas désespéré a-t-on ? 
– Un président d’une république bananière européenne qui aimerait une greffe de testicules.
– J’ai dit cas désespéré, pas perdu. Suivant.
– Alors, je peux vous proposer un super cas, mais vous aurez sûrement envie de voir les radios.
– Fais péter, gros.
– Voilà, elles sont sur votre téléphone.
– Oh ouais, elles sont belles ces radios. La vache. Drôlement belles. Bon sang, ces radios sont tellement désirables pour un chirurgien tel que moi, elles sont… HO ! »

Comment ça, « Ho ! » ?

« Christine, ça te dirait de venir avec moi ce soir ? On pourrait se faire un petit restaurant, boire un verre ou deux, rentrer chez moi, regarder des agrandissements de radios tout nus. »

Ah, tiens oui. Le docteur Strange a beau être un génie, il a oublié que pour se rendre à son pince-fesses, il devait filer sur une route zig-zaguant le long d’une falaise (sûrement une soirée mousse au Kehlsteinhaus avec les copains, je ne vois pas d’autre explication), et que rouler à 220 dans le coin tout en se tripotant sur des radios de grands blessés, c’était une mauvaise idée.

Aussi, bardaf, c’est l’embardée.

La voiture de notre arrogant héros part en effectuant mille tonneaux le long de la falaise, et finit en piteux état, ainsi que son conducteur, au bas de celle-ci. Aussi, lorsque Stephen reprend connaissance, c’est sur la civière qui l’emmène aux urgences où sa belle amie Christine Palmer le prend en charge. Stephen est bien embêté, déjà parce que le service des urgences, il faisait un peu caca dessus le matin même en disant que c’était un truc de prolos, contrairement à ses trucs de chirurgien de haut niveau. Il espère simplement qu’il ne va pas tomber sur un médecin syndicaliste FO qui lui fera payer ses propos en lui greffant des merguez à la place des doigts, mais l’anesthésie générale dans sa margoulette a tôt fait de le soulager de toutes ses peurs.

Lorsque Stephen se réveille, c’est dans un lit d’hôpital, des broches plein les doigts, à beugler qu’on l’a opéré comme un cochon, que lui aurait pu mieux faire, et qu’à cause de tout ce merdier, maintenant, ses mains sont toutes niquées, putain de collection de pin’s ! Il se plaint auprès de Christine, toujours à son chevet, et constatant que ses mains ne se rétablissent pas malgré les semaines qui passent, et continuent inlassablement à trembloter ce qui est vaguement embêtant pour un chirurgien, et ce à quelques semaines seulement du championnat du monde de Mikado, sa passion secrète. Il commence à se ruiner en coûteuses opérations expérimentales pour tenter d’améliorer son état. Et devant les échecs successifs, se montre de plus en plus agressif avec son entourage, au point que même Christine finit par l’abandonner (un jour où il pleut sur les baies vitrées de l’appartement, c’est fou, on ne l’avait pas vu venir, dites).

Ruiné, abandonné de tous, Stephen Strange se pense perdu. Jusqu’à ce qu’il se souvienne d’une ultime piste.

En rééducation, un médecin lui a parlé d’un ancien patient, paralysé, qu’il avait recroisé dans la rue en train de marcher comme si de rien n’était quelques années plus tard. Sur le coup, Stephen lui avait dit que hé, ho, hein, tu me prendrais pas un petit peu pour un con, des fois ? Mais maintenant qu’il n’a plus d’autre espoir, Stephen décide de se mettre à la recherche dudit patient, que nous appellerons Jean-Jambes.

Et en effet, après quelques recherches, c’est un Stephen Strange sale et désespéré qui retrouve Jean-Jambes en pleine partie de basket avec ses amis dans un obscur recoin de New-York. Strange l’interpelle.

« Jean-Jambes !
– Que ? Mais qui êtes-vous, Monsieur le clodo ? 
– Je m’appelle Stephen Strange. Je suis docteur, pas clodo. Enfin… j’étais, vu l’état de mes mains.
– Ho, mais je vous reconnais !
– Ah oui ?
– Oui, vous n’avez pas daigné m’opérer il y a des années, soit disant que je n’étais pas un cas assez intéressant pour vous !
– Hem… broum broum… ouiiii… booon… écoutez, ça vous dirait pas de pas faire votre pute et de me dire ce qui vous est arrivé ? Comment vous avez guéri ?
– Allez, d’accord. J’étais perdu. Sans espoir. Je suis allé voir des gourous, qui ont abusé de ma misère. Et puis j’ai rencontré un guide qui m’a aidé. Aidé au point de faire des miracles. Et me voilà. Je remarche.
– Ah. Bon, et je suppose que du coup, trouver ce guide va être une longue quête initiatique ?
– Non, non. Ça ennuierait les spectateurs. Du coup, je vais plutôt vous dire où le trouver. Allez à Katmandou. Et cherchez le Katmandou qui n’est pas pour les touristes. »

Nous appellerons donc cet endroit Katmandur.

Stephen dépense aussitôt ses derniers pétrodollars pour prendre le prochain vol pour Katmandou, puis, sur place, utilise la célèbre technique du « Tiens, si je demandais à tous les passants où se trouve Katmandur ? » et les passants de lui répondre que mais bien sûr vieux, si tu cherches le temple magique de Katmandur, tu tournes à droite après la pizzeria, tu esquives le tuk-tuk et hop, tu y seras.

Mais comme Stephen est un con, il préfère y aller en prenant les ruelles sombres et désertes.

Et dans les ruelles sombres et désertes, évidemment, des gredins tentent de le rosser pour lui dérober sa montre, ce qui malgré la maigre résistance de Stephen, s’achève sur une montre et une margoulette de pétées. Heureusement, avant que la chose n’empire, une silhouette sort des ombres et tabasse les margoulins jusqu’à ce qu’ils se replient dans la plus grande confusion. La silhouette, qui est celle d’un grand noir en tenue d’Assassin’s Creed (qui suivait Stephen depuis un moment de manière extrêmement peu subtil), se penche sur Stephen pour l’aider à se relever.

« Ouah, merci mec. Par contre, ma montre est toute pétée, c’est embêtant.
– Certes. Mais tu cherches Katmandur, je crois ?
– Oui, vous connaissez ?
– Suis-moi. »

Stephen emboîte aussitôt le pas de son nouvel ami, qui répond au nom de Mordo, parce que Mordor, c’était déjà pris. Et tous deux arrivent dans une bâtisse qui ne paie pas de mine, à l’intérieur de laquelle Stephen se voit présenter l’Ancien.

L’Ancien, c’est un nom qui sonne bizarre, se dit Stephen, qui soupçonne que ce nom désigne le vieux barbichu qui trône au milieu d’une grande pièce. Mais non, en fait, l’Ancien… c’est une femme, toute vêtue de jaune, au crâne rasé et qui accueille Stephen avec un grand sourire.

« Stephen Strange !
– Docteur Stephen Strange, s’il-vous-plaît.
– Non. Tu seras seulement Stephen Strange, ici.
– Bordel, un repaire de communistes ! Vite, il faut purifier ça par la poudre avant qu’ils ne se reproduisent !

Mais avant que Stephen ne puisse en bon américain dégainer ses deux colt 1911 et défourailler tout ce qui ressemble de près ou de loin à la moustache de Staline, l’Ancien le calme.

« Attends, Stephen Strange. Personne n’est communiste ici. Nous sommes des moines magiques.
– Voilà une explication bien plus crédible. Je range mes armes. Voilà. Vous disiez ?
– Je disais que je sais qui tu es, Stephen Strange. Tu es un grand chirurgien, arrogant, mais perdu. Tu es venu chercher la guérison ici. 
– Vous savez comment me guérir ?
– Oui… vois ce qu’est la science. La médecine orientale… la médecine occidentale… des visions parcellaires d’une même chose… et s’il y avait plus à voir ?
– Vous voulez dire, Doctissimo par exemple ?
– Bon, écoutez Stephen, je suis une espèce de chef de secte, mais même moi je mets des limites à la crédulité, hein, ho, restons sérieux.
– Pardon.
– Bien. Imaginez que l’on puisse commander au corps de se guérir par le pouvoir de l’esprit ?
– Mouais. C’est du n’importe quoi, ça. »

Le mec vient de traverser la planète avec ses derniers dollars pour aller chercher secours auprès de moines, mais il dit qu’en fait, ouais, bof, il n’y croit pas. Du coup, tu t’attendais à quoi ? Qu’ils te parlent de leurs dernières techniques de chirurgie inventées en ouvrant des yaks ? Tu es con mon petit Stephen ou bien ?

L’Ancien, qui visiblement n’aime pas trop perdre du temps en explications inutiles, préfère lui montrer de quoi elle parle.

« Dites pouët-pouët.
– Pouët-pouët ?
– CAMION. »

Pouët-Pouët Camion. Depuis, à chaque fois que Stephen se tripote un téton, il part dans l’espace.

Et d’un geste vif comme le vent, l’Ancien lui pince les tétons (ou un truc du genre, mais je trouve ma version plus crédible) et paf, c’est si puissant que Stephen voit son esprit être projeté hors de son corps. Il peut voir le temps ralenti autour de lui, son corps figé alors que l’Ancien lui pince les tétons, et il passe quelques instants ainsi avant d’être ramené dans son corps et d’être tout ébahi.

« Mais… comment avez-vous fait…
– La technique de pouët-pouët camion est un art sacré. Elle permet de faire sortir un esprit de son corps. De projeter votre corps astral dans l’espace du même nom. Alors ? Vous me croyez à présent ?
– Moi je dis vous bluffez. 
– Okay, redites pouët-pouët pour voir ?
– Pouët-pouët.
– MOBYLETTE. »

Hop ! Repincement des tétons, et cette fois-ci, le corps astral de Stephen est projeté non seulement hors de son corps, mais de dimension en dimension, lors d’une expérience psychédélique qui est accompagnée par la voix de l’Ancien, qui lui explique qu’il n’y a pas un univers, mais des milliers, des millions, une infinité, même. Un multivers. Et que son esprit peut exploiter ce multivers, s’il le souhaite, l’explorer, le comprendre… et pourquoi pas, en user pour guérir.

Sitôt revenu dans son corps, Stephen en est tout retourné.

« Bon. Qui a foutu de la schnouf dans mon thé ?
– Raaaaah vous êtes lourd, Stephen ! Vous voulez guérir, oui ou non ?
– Oui ! Vous pouvez me dire comment ?
– Oui. Mais je ne le ferai pas. »

Et l’Ancien fout Stephen à la porte de Katmandur.

Pardon ? Attendez, l’Ancien vient de faire des tours de magie ninja avec l’esprit de Stephen, mais c’était juste pour déconner ? Mais enfin ?! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ? C’est de l’humour monastique, c’est ça ?

Stephen reste donc à la porte de Katmandur à implorer qu’on lui ouvre, que vas-y, ça se fait trop pas. Et pendant qu’il est ainsi occupé, à l’intérieur du temple, Mordo va trouver l’Ancien.

« Sérieusement l’Ancien… vous abusez un petit peu, là.
– Si on peut plus déconner de temps à autres. Et puis bon, j’ai lu dans l’âme de Stephen. Il est fier et arrogant. Comme l’était ce gros traître de Rabouinus. Je refuse de débuter la formation d’un homme qui n’aboutira qu’à un nouvel échec.
– Donnez-lui sa chance.
– Non.
– Allez.
– Non.
– C’est-à-dire que c’est un peu le héros du film.
– Bon, allez, d’accord alors. Va lui ouvrir la porte. »

Et on va par conséquent ouvrir la porte à Stephen, qui se voit autorisé à commencer son apprentissage pour devenir un moine magique. Il se voit attribuer une cellule, un code Wifi (si), et une jolie tenue d’apprenti pour se mêler à ses nouveaux camarades de classe du Poudlard népalais.

Et l’apprentissage peut commencer.

D’abord, on enseigne à Stephen que si, si, la magie, ça existe. En faisant des gestes avec les doigts dans les airs (non, pas comme ça, sinon tous les supporters de foot anglais seraient magiciens), on peut faire apparaître des formes bizarres en étincelles, et pourquoi pas des armes faites de pur esprit, ou bien des portails pour se téléporter.

Des choses dont bien évidemment, personne n’a jamais entendu parler, tant c’est peu important pour le reste du monde.

Stephen grogne un peu puisque lui il n’arrive qu’à peine à faire pétouiller une étincelle ou deux, et accuse ses mains tremblotantes d’être la source de ses échecs. L’Ancien, qui observe ses difficultés, lui glisse quelques mots de la proverbiale sagesse monastique :

« Comme le disait Lao Tseu : « Gnagnagna, bouhouhou, mes p’tites mimines, sors-toi les doigts du cul surtout, grosse chochotte. » »

Et pour appuyer son propos, l’Ancien demande à un petit vieux qui a un moignon à la place d’une main de faire de la magie. Et le vieux y arrive sans souci. L’Ancien explique donc que le problème, c’est surtout que Stephen s’accroche à ses vieilles idées de contrôle, au lieu de ne faire qu’un avec l’univers. En fait, une autre version de la métaphore avec les didis et le cucul, quoi.

Stephen étudie en conséquence plus fort encore, et se rend à la bibliothèque du temple où un nouveau responsable officie, un certain Wong. Qui n’a pas l’air spécialement aimable, et explique à Stephen qu’ici, on est là pour bosser, pas pour déconner. Mais déjà, Stephen a les yeux rivés sur des livres qui chatoient dans un coin de la pièce : la collection privée de l’Ancien. Ces fameux livres sous chaînes qui intéressaient tant Rabouinus.

« C’est choupi, c’est quoi, mon bon Wong ?
– Ce sont les livres privés de l’Ancien. Ils ne sont pas pour vous.
– Bon ça vous dérange pas alors si je m’approche d’eux, que j’ignore ce que vous me racontez, que j’en retire un tranquillement de ses chaînes, que je le feuillette tranquillement, que hohoho, par un heureux hasard, je tombe pile sur la page arrachée par Rabouinus et que je pose des questions gênantes ?
– Si, mais tu noteras que je t’ai laissé faire tranquillement sans intervenir, même pendant que tu retirais les chaînes des livres bien devant moi. »

Vu comment les mecs protègent leur savoir, je me demande comment le monde entier ne croule pas déjà sous les téléporteurs. Mais enfin nom d’une pipe en bois, pourquoi diable enchaîner des livres si c’est pour que le premier pinpin venu puisse y farfouiller à loisir ?

Wong, le bibliothécaire qui te dit que tu ne dois pas toucher aux livres interdits, mais si tu le fais, il se contente de regarder. Un personnage essentiel, vous l’imaginez bien.

Wong confisque donc le livre des mains de Stephen (il était vaguement temps, bravo Wong), et lui rappelle qu’il devrait déjà se concentrer sur le reste de la bibliothèque, la partie publique, pour essayer de devenir un apprenti potable. Stephen lit vite, et s’il avance sur la théorie (« L’art du parchemin », « Théorie de l’astral », « Garcimore, un mythe disparu« ), la pratique laisse à désirer, et il ne parvient toujours pas à se téléporter alors que c’est tellement simple, lui répète-t-on : il suffit de porter une bague en cuivre, de penser très fort à l’endroit où l’on veut aller (comme par exemple « Sur les genoux d’Eva Green« ), et pouf, ça ouvre un portail ! Espèce de petit cancre, ce n’est quand même pas la Lune !

Finalement, l’Ancien prend elle-même une décision pour enfin motiver ce branlotin de Strange.

Elle va trouver Stephen, et lui tient à peu près ce langage.

« Stephen, aimerais-tu progresser ?
– Ma foi, oui, chère Ancien.
– Alors suis-moi dans ce portail magique que j’ouvre. »

Pif pouf, l’Ancien ouvre son portail, et voici que Stephen et elle se retrouvent sur les flancs de l’Everest ! A une altitude où il fait drôlement frisquet, et comme l’ami Strange n’a pas pensé à enfiler son double slip en fourrure, il est en simple tunique de moine à marcher dans la neige. L’Ancien lui explique.

« Stephen Strange, ici, il fait super froid.
– Ah ouais, super, merci, j’avais pas remarqué, tiens.
– Ce qui veut dire qu’un être humain qui resterait ici vingt minutes mourrait.
– Est-ce qu’on pourrait parler du niveau d’oxygène aussi ou bien c’est pas pertinent ?
– Chut, le froid, c’est tout, après c’est trop compliqué pour les spectateurs. Bref… Stephen, je te conseille d’apprendre à te téléporter et vite, parce que dans 20 minutes, tu seras mort. »

Et hop, l’Ancien se retéléporte à Katmandur, laissant Stephen dans la mouise, certes, mais la mouise gelée.

A Katmandur, l’Ancien est interpellée par Mordo, qui trouve que who, bon, t’abuses un peu, là, l’Ancien.

« Who, bon, t’abuses un peu, là, l’Ancien.
– C’est une technique de motivation bien connue. Je l’appelle « Marche ou crève ». C’est super recherché, tu peux pas test.
– Alors d’accord mais si le disciple n’était pas prêt ? Il meurt comme une crotte ?
– Rholala, rabat-joie, va. C’est vrai que ma technique n’est pas très subtile et pas vraiment compatible avec les idéaux que je prétends défendre, mais bon, c’est plus rigolo comme ça. Et puis c’est le héros, tu veux qu’il lui arrive quoi ? »

Alors qu’ils dissertent tous deux, voici qu’en effet, un portail apparaît devant eux, et qu’en sort, en rampant, Stephen Strange, épuisé par ses efforts pour se tirer de ce traquenard, qui maugrée quelque chose à propos d’un niveau de cryogénisation avancé dans ses testicules. L’Ancien est donc satisfaite : grâce à sa technique, Stephen sait enfin se téléporter.

Voilà qui fait plaisir à ce jeune padawan, qui dès lors, use et abuse de ce pouvoir, par exemple pour créer de petits portails dans la bibliothèque du temple, et y passer le bras pour piquer des livres pendant que Wong a le dos tourné, ce qui est très rig…

Attendez.

Attendez, mais alors s’il est possible de faire ça, pourquoi Rabouinus s’est emmerdé au début du film ? Il ouvrait un petit portail, piquait le livre voulu, arrachait sa fameuse page et le reposait sans que personne ne le remarque, et sans avoir à décapiter du bibliothécaire ou risquer sa vie à affronter l’Ancien.

J’avais bien dit qu’il ne fallait pas mettre de téléportation. Pourquoi est-ce qu’on ne m’écoute jamais, hmm ?

En tout cas, grâce à tout cela, notre ami fait rapidement de grands progrès dans tous les domaines (combat, téléportation, art complexe de la coiffure monastique), parvient à faire apparaître des armes et boucliers de pur esprit, et s’entraîne à les manier avec Mordo, qui lui explique durant son entraînement plusieurs choses.

  • D’abord, qu’il existe des « reliques » magiques permettant de faire des trucs de fifou. Par exemple, Mordo a des bottes qui lui permettent de voler et un bâton qui tape fort. Pour avoir une relique, il faut que ladite relique « choisisse » son utilisateur. Un peu comme la thug life : c’est elle qui vous choisit, comme chacun sait.
  • Ensuite, il raconte pourquoi on aime pas trop l’arrogance par ici : un ancien élève du nom de Rabouinus l’était, et il a buté le bibliothécaire avant de s’enfuir avec la page d’un rituel interdit. Donc l’Ancien aimerait bien éviter que ça se reproduise parce que des rituels interdits à voler, il n’en a pas non plus des caisses, alors faudrait penser à se calmer un peu.

D’ailleurs quid de Rabouinus, pendant que les semaines passent ? Parce qu’aux dernières nouvelles, le chenapan était un peu parti pour faire des trucs de vilain, non ? Hé bien non. Rabouinus a fait du rien, histoire de bien laisser le temps au docteur Strange de faire son apprentissage. Mais utilisant deux concombres, un livre de coloriage et un litre de sang de hasmter, il est parvenu à accomplir le rituel interdit qu’il a volé, lui permettant désormais de manipuler le monde, la gravité et quantité d’autres trucs à volonté, grâce au pouvoir d’un démon, Grovilain. Le prix à payer est cependant cher : Grovilain marque ses champions en leur faisant apparaître… un maquillage à paillettes autour des yeux ? Mais ?! On dirait que Rabouinus et ses disciples ont étudié de trop près l’anus d’une licorne ! Qu’est-ce que c’est que ce bordel ?

Bon. Laissons nos méchants dignes aux looks dignes d’un spectacle de fin d’année d’école primaire en paix, et retournons plutôt voir si l’ami Strange s’en tire mieux.

Ma foi, oui ! Au point qu’il est si doué qu’il a tout appris des techniques mais rien de la discipline comme de bien entendu, et tel un petit anarchiste, envoie paître toute notion d’ordre et fais comme il l’entend. Raison pour laquelle une nuit, il s’introduit dans la bibliothèque en l’absence de Wong (il gueule « WooooooooooOoooong ? » pour être sûr, mais Wong est probablement parti faire caca) et en profite pour visiter le coin. L’occasion pour lui de découvrir que ha, tiens, dans la bibliothèque, il y a une pièce qui a l’air intéressante puisque sur un présentoir se trouve un médaillon à l’air super précieux.

C’est marrant parce que je ne me souviens pas d’avoir vu ça quand Rabouinus était dans la bibliothèque. Probablement un discret changement de décor parce que sinon, hihihi, ça aurait été dur d’expliquer comment Rabouinus au début du film serait passé à côté d’une relique méga-précieuse sans la prendre. On appelle cette technique de changer le décor au mépris du spectateur pour que ça colle mieux à l’intrigue « La technique de La Planète des Singes – Origines« .

Quand cette référence surgit dans un film, vous pouvez commencer à trembler.

Toujours est-il que le Docteur Strange, qui est rappelons-le un génie, se dit que jouer avec des médaillons magiques inconnus est sûrement une super bonne idée. Et puis avec la grosse chaîne en or du bidule, ça fera une excellente décoration bling-bling pour son prochain clip de gangsta-rap sur sa chaîne Youtube Stranger Thugs. Une fois décoré du lourd médaillon, le brigand profite du calme ambiant pour se plonger dans la lecture de la bibliothèque privée de l’Ancien et de ses légendaires livres enchaînés, et commence par le livre aux pages manquantes. Il découvre sur un coin de page ce à quoi sert le médaillon : à manipuler le temps !

De la téléportation ET des voyages dans le temps ? Fuyez, pauvres fous !

« Manipuler le temps ? Encore un pouvoir qui ne sert pas à grand chose. Je vais plutôt m’en servir pour régénérer des pommes et les manger deux fois. Hahaha, je suis surpuissant ! »

Ainsi, Stephen s’exerce par exemple en faisant remonter le temps à une pomme croquée, qui redevient entière, ou bien la fait avancer, et elle est alors croquée, puis recroquée, puis se met à pourrir. C’est rigolo, se dit Stephen ! Un médaillon pour faire rajeunir des trucs !

À cet instant précis, plus d’un pédophile a senti d’étranges redirections sanguines.

Car Stephen a une idée : s’il peut faire revenir une pomme croquée dans le passé pour lui rendre son intrégrité, pourquoi pas ce livre aux pages arrachées ? Allez, hop ! Ni une, ni deux, notre brigand fait ce qu’il a à faire, et pouf pouf, voici que les pages disparues réapparaissent ! Un rapide coup d’œil et il découvre que ce qui avait été dérobé concernait un mystérieux rituel permettant de devenir immortel et de maîtriser l’espace et la gravité grâce à la puissance de Grovilain, le démon du multivers. Il voudrait bien en lire plus, mais soudain, Mordo et Wong débarquent en agitant les bras très fort.

« STOOOOOOP !
– J’ai rien fait, ce médaillon m’a agressé, moi j’avais rien demandé, il est venu sur moi, #harcèlementdemonastère
– Si, tu manipulais le temps, espèce de petite raclure , en utilisant le médaillon de Magimoine, notre fondateur ! Tu aurais pu créer des paradoxes ! Et surtout, ici, on protège les lois naturelles, on ne les viole pas ! »

Dixit les mecs dont le fondateur a créé un médaillon violeur de lois naturelles, et un ordre dont chaque disciple apprend d’entrée de jeu ce truc bien naturel qu’est la téléportation. Mais, aucun personnage ne semble le noter. J’avoue avoir jeté un chaton sur l’écran à ce moment là pour signifier mon désarroi, puis ma voisine pour déloger le chaton qui s’accrochait toutes griffes dehors à l’image. Si, c’est possible. L’important, c’est d’avoir le poignet bien souple au moment du lancer.

Mais, que disais-je ?

Oui : Wong et Mordo décident que quitte à ce que Stephen farfouille dans des livres interdits, autant tout lui révéler des secrets de l’ordre, hein, tant qu’à faire ! Et puis le médaillon, vous croyez qu’ils lui demandent de le rendre ? Non, c’est le truc le plus dangereux du temple, mais fais toi plaiz’, mec ! Ah non mais c’est très bien écrit ce film, on vous dit. Et vous verrez, ce n’est pas fini. Cependant, voyons déjà ce que Wong raconte à Stephen. Car il l’emmène dans la petite partie de la bibliothèque où se trouvait le piédestal du médaillon, et fait apparaître plein d’images pour illustrer son propos.

« Tu vois, ça, c’est la Terre. Bon, hé bien, elle attire la convoitise de Grovilain, un démon géant de l’espace originaire de la dimension noire où le temps n’existe pas et qui viendrait bien la grignoter. 
– Alors oui mais c’est con parce que s’il hante les dimensions, il a une infinité de Terre à boulotter, alors pourquoi s’intéresser spécialement à la nôtre ?
– … c’est vrai que c’est con.
– Oui mais je t’ai coupé. Vas-y, continue Wong, ça a l’air super comme intrigue.
– Ah, heu, oui. Alors, Grovilain nous boulotterait bien le postérieur, aussi notre ordre a été fondé pour protéger la Terre des menaces spirituelles, un peu comme les Avengers protègent la Terre des menaces physiques.
– C’est-à-dire qu’un démon de l’espace venu manger la planète, ça me paraît relativement physique quand même, non ? Il ne vient pas, je ne sais pas moi, dévorer les esprits faibles en animant une émission sur TF1 par exemple.
–  Je… bon… écoutez, on va faire comme si, d’accord ? Sinon comment expliquer que les Avengers n’interviennent pas dans ce film ?
– Ben en parlant d’eux, les Avengers, ils ont « La Sorcière Rouge » et « La Vision », alors niveau spiritualité, ils ont l’air de se démerder aussi.
– MAIS CHUUUTEUH BORDEL ! 
– Ah non mais continue mec. Je t’écoute.
– Espèce de… hem, bref. Pensons moine, pensons zen. Bref, je disais que notre ordre pour protéger la Terre de ce démon, a créé trois sceaux sous la forme de trois demeures abritant une orbe magique qui ensemble, forment un bouclier planétaire spirituel contre Grovilain. Des sceaux placés près de sites majeurs : Hong Kong, Londres et New York.
– Vous faisiez comment avant la découverte des Amériques ? »

Wong pète vertement la gueule à ce petit casse-bonbons de Stephen Strange, et une fois que sa margoulette ressemble à une peinture de Dali, il tente de faire oublier ce dialogue nullissime en embrayant.

« Dans cette pièce, trois portes magiques mènent aux trois sites des sceaux sacrés.
– Sachant que tout le monde peut se téléporter chez vous, c’est juste utile aux intrus, en fait. C’est malin.
– WOH, DIS! Tu veux que je t’en recolle une ?
– Ah non mais c’est vous qui me relancez aussi !
– Hé ben puisque tu fais le kakou, pour la peine, je lance une scène d’action. »

Wong ouvre la porte menant à Londres pour illustrer son propos, mais là, à sa grande surprise… il tombe nez-à-nez avec une bande de gais lurons à paillettes : Rabouinus et sa troupe !

… oui, moi aussi, les méchants à paillettes, je ne m’y fais pas.

Et Rabouinus est déjà en train de briser l’orbe de Londres ! Le souffle est si puissant qu’il traverse la porte magique menant à la pièce où Wong, Mordo et Strange sont regroupés, et Stephen Strange se retrouve propulsé au travers de la porte d’en face, celle menant à New York, et il atterrit seul, et sans son anneau de téléportation, dans une immense baraque. Sans compter que le chaos des événements a refermé le portail derrière lui ! Le voici donc à errer dans l’immense maison, à beugler « Hoouuuuhouuuuu y a quelqu’un ? » et à se demander pourquoi ni Wong ni Mordo ne viennent pas le chercher alors qu’il leur suffit d’une demie-seconde pour ouvrir un portail vers lui. Mais, seul l’écho de ses pas lui répond, et Strange visite le coin, traversant ainsi des salles remplies de reliques mystérieuses comme le casque enchanté de Zigloubi ou le programme du PS de 2012, avant d’entendre du bruit dans l’entrée.

Oups ! Ce sont Rabouinus et ses hommes qui viennent vandaliser l’orbe locale, renverser des bières sur le parquet, taguer « prout » sur les murs et autres trucs de gros méchant ! Heureusement, une silhouette s’interpose soudain entre Rabouinus et l’orbe (qui est directement dans l’entrée, c’est sympa).

« Je suis Maître Jean-Michel, le Maître de ces lieux ! Je sers l’Ancien et personne ne passera ! »

Dit-il alors que ça fait dix minutes qu’un intrus nommé Stephen hante les lieux en braillant « Houhouuu y a quelqu’un ? » et que Maître Jean-Michel ne venait pas à sa rencontre. Maître Jean-Michel, m’est avis que soit c’est un gros farceur, soit c’est une grosse quiche, mais là, tout de suite, j’ai envie de parier sur les deux à la fois.

Et en effet, Maître Jean-Michel tente de tenir tête à Rabouinus et ses hommes, mais grâce à ses grands talents, il ne tient environ que sept secondes avant de se faire meuler. L’occasion pour Stephen de bondir avant que les méchants ne puissent s’en prendre à l’orbe.

« Halte là garnements !
– Que… qui êtes-vous, Monsieur ?
– Docteur.
– Monsieur Docteur. »

Oui, c’est une blague du film. La suite c’est « Mais non, pas Monsieur Docteur ! Je suis Strange » et là, c’est trop rigolol parce que Strange ça veut dire « Étrange » et…

On dirait une blague tirée d’un Pif Gadget. Mais, écrite dans un film à plusieurs millions. Tout va bien, donc.

Stephen fait en tout cas comprendre qu’il ne compte pas laisser des punks à paillettes saloper tout le manoir, et qu’il est prêt à se battre. Soit ! lui répond Rabouinus. Alors… BAGARRE !

Marvel's DOCTOR STRANGE..Kaecilius (Mads Mikkelsen)..Photo Credit: Film Frame ..©2016 Marvel. All Rights Reserved.

Voici Rabouinus. Et ses yeux à paillettes. Moi aussi, si j’avais ça sur la tronche, je ferais la gueule.

Nos loulous font ainsi la bagarre, Stephen étant aux prises avec Rabouinus et deux de ses sbires, mais grâce à ses trois semaines d’entraînement contre les dizaines d’années de pratique des autres, ça va, il tient pas mal, merci. Et si profitant de diverses reliques de la maison, il parvient à mettre temporairement hors d’état de nuire les sbires de Rabouinus, le grand méchant lui-même est déjà plus costaud, sachant qu’en plus, il a l’étrange pouvoir de distordre l’espace et du coup de mettre Stephen dans des situations plutôt complexes ; mais alors que Stephen se retrouve à se battre dans la salle des reliques, voici qu’il brise une vitrine par accident, et qu’une cape animée d’une vie propre s’en échappe et vient se poser sur ses épaules. Elle se met à parer les coups, à la surprise de ses adversaires, et permet même à Stephen de voler ! Voilà qui lui permet de reprendre le dessus, mieux encore lorsque la cape lui conseille via divers gestes quelle relique mystérieuse balancer à la gueule de Rabouinus, et ce faisant, il lui envoie au visage une sorte d’armure sado-maso qui en tombant sur Rabouinus, le paralyse ! Mais Stephen n’est pas un filou, et il retire le masque de l’armure pour permettre à Rabouinus de lui parler.

« Voilà Rabouinus. Tu voulais me dire quelque chose ?
– Oui. Tu es un nouvel adepte ? Je ne te connais pas. Qu’est-tu venu chercher à Katmandur ? La guérison ? Comme nous tous ? J’imagine que oui. 
– Effectivement. J’étais un chirurgien renommé. Et puis, suite à un accident, je me suis retrouvé avec des mains qui ont perdu toute délicatesse. Parfois, la nuit, je les surprend à lire Jean Roucas.
– C’est rude. Mais sache, nouvel adepte, que l’Ancien te ment !
– Ben voyons.
– Mais siiiii ! J’imagine qu’on t’a parlé de Grovilain, le démon venu de la dimension noire ?
– Tout à fait.
– Le rituel que j’ai volé… sache qu’il permet de devenir immortel ! De tirer ses pouvoirs de la dimension noire !
– Et de se faire chier dans les yeux par une licorne. Non vraiment, les pactes avec Satan, passe encore, mais là, non.
– Raaah mais écoute moi nom d’une pipe ! L’Ancien ! Tu ne t’es pas demandé pourquoi il s’appelait « L’Ancien » et pas plutôt « Le p’tit vieux qui tremblote ? » ? Hmmm ? Hé bien c’est parce que ce petit salopard est immortel ! Personne ne connaît son âge ! Car elle tire ses pouvoirs de la dimension noire et de Grovilain ! C’est une hypocrite ! Vois, mon ami. Tu étais médecin ? Tu voulais sauver des vies ? Penses-y. Notre ennemi commun, le seul qui tue tous les humains à la fin, c’est le temps. Grovilain nous promet avec sa dimension noire de vaincre le temps ! L’Humanité serait immortelle ! Les humains sauvés !
– Ah non mais si tu commences à croire tout ce qu’il y a dans les tracts de campagne… tu vas droit vers une grande déception, mon petit Rabouinus. Et puis les démons de l’espace ne sont pas spécialement connus pour leur bonne foi ; je le sais, j’ai lu tous les romans Warhammer 40 000.
– Bougre de con ! »

Cette agression verbale de Rabouinus est accompagnée d’une menace plus physique, puisque l’un de ses deux sbires est revenu se bagarrer avec Stephen, et parvient même à le blesser avec une arme spirituelle (cela signifie qu’elle fait des contrepèteries lorsqu’elle attaque). Stephen, en retour, parvient à récupérer dans la maison une bague de téléportation, et après avoir lâché sa cape magique pour qu’elle se batte avec le dernier sbire, lui s’en va se téléporter vers l’hôpital qu’il connaît le mieux : son ancien hôpital.

Christine Palmer, qui était occupée à gérer des urgences comme des enfants qui ont le nez qui coule et dont les parents pensent qu’ils vont mourir, entend soudain son petit nom être appelé à l’accueil : c’est Stephen Strange qui est de retour ! Bon, d’accord, habillé avec une tenue de membre de secte en vadrouille et avec une étrange blessure semblable à celle d’une arme blanche au torse, mais bon, hein, l’heure n’est pas aux questions mais plutôt aux soins.

Sauf que Stephen est dans un tel état qu’il perd connaissance sur la table d’opération où bien évidemment, seule Christine l’opère, sans aide, parce que le reste de l’hôpital s’en fout, finalement, de son meilleur chirurgien disparu depuis des semaines qui réapparaît blessé au beau milieu de ses couloirs, ce qui arrange bien l’intrigue une fois de plus, qui ne tient debout qu’avec des bâtonnets de glace Miko depuis le début du film. Mais comme Stephen a perdu connaissance, il en profite tout de même pour partir en voyage astral, et fait apparaître son esprit devant Christine pour la guider dans l’opération. Christine qui réagit plutôt bien à cette vision fantomatique parce que bon, hein, c’est tellement commun, des patients inconscients qui apparaissent sous la forme de spectres pour vous donner des conseils. Quel médecin n’est jamais rentré dans une salle de réanimation en s’exclamant « Monsieur Duboudin ! Rentrez dans votre corps tout de suite, je sais que vous profitez de votre coma pour aller dans les douches des infirmières ! » ?

Tout devrait bien se passer, sauf que pendant ce temps, le portail de téléportation que Stephen a ouvert entre le manoir magique et l’hôpital est resté ouvert. Et puisque le dernier sbire encore en état de combattre est coincé par terre avec la cape magique qui lui fait des brûlures indiennes, il décide lui aussi de quitter son corps pour passer en voyage astral, prendre le portail de téléportation, et essayer d’aller finir ce margoulin de Stephen Strange à coups d’astro-tatanes (je n’arrive pas à croire que je suis en train d’écrire tout ça ; je suis si fatigué).

Mais c’est sans compter qu’à force de se battre, cela met le corps physique de Stephen dans un drôle d’état. Et oblige Christine à sortir le défibrillateur. Et la décharge électrique dans le corps de Stephen lui donne tant d’énergie qu’il fait exploser le corps astral de son ennemi ; c’est la victoire, et il peut revenir à la vie en paix, remercier Christine de sa bien aimable assistance, et lui dire « Tiens, au fait, je suis devenu une moine magique qui protège le monde de méchants alliés à des démons de l’espace. Oh, et je suis venu ici en me téléportant. Sinon, toi, ça va ? »

Christine doute un peu, mais une fois que Stephen lui a montré son portail de téléportation, elle hausse les épaules et passe à autre chose. Une réaction bien naturelle, vous en conviendrez.

Stephen Strange retourne ainsi dans le manoir, où il tombe sur le corps inanimé du sbire qui l’avait astralement agressé, récupère sa cape, et constate avec tristesse que ce filou de Rabouinus a profité de son absence pour se libérer et mettre les voiles. Mais avant que Stephen ne puisse hurler quelque chose impliquant la grosse mère de Rabouinus, deux personnages apparaissent à côté de lui : Mordo et l’Ancien.

« Tiens ! Vous foutiez quoi depuis vingt minutes ? Parce que vous saviez bien que les sceaux étaient attaqués. Alors en se téléportant, vous auriez pu venir me prêter main forte en environ six secondes. 
– Oui mais du coup tu n’aurais pas pu discuter en paix avec Rabouinus, ou alors on l’aurait vaincu et le film ce serait arrêté là.
– Ah ben oui, du coup. Il n’y a donc pas que moi qui était dans le coma tout à l’heure. Ce film est toujours dedans.
– Oui, ça va, hein. En attendant, et puisque Maître Jean-Michel qui défendait la maison a pris sa raclée, Stephen, je te nomme… Maître Strange.
– Attendez, vous savez que ça ne fait que quelques semaines que je suis votre élève, hmm ? Vous avez déjà nommé un élève de CP professeur des écoles ? 
– Oui mais hein, ho, c’est qui l’Ancien ici ? C’est toi ou c’est moi ? Alors touchatonku. 
– Pardon ?
– C’est… heu… un vieux proverbe chinois. Accessoirement, je note qu’une relique t’a adopté. La cape de vol et de baston. Parfait, vous irez bien ensemble. En attendant… vous devriez défendre le manoir, Mordo et toi. Nos ennemis vont sûrement revenir.
– Vous ne restez pas ? Non parce que ça vous concerne un peu, hein, l’avenir de l’ordre et de la Terre, tout ça…
– Oui mais sinon, comment ferais-je une entrée dramatique plus tard ? 
– Mouais… c’est pas clair tout ça… surtout que j’ai causé un peu avec Rabouinus, et je vous soupçonne vaguement d’être immortelle, ce qui ne serait pas vraiment une « loi naturelle », si tu vois c’que j’veux dire…
– Si c’est ça, je me casse.
– Et sinon, le médaillon super précieux que j’ai autour du cou, vous ne voulez toujours pas le récupérer ? »

Non, vraiment, les mecs ne se sont vraiment pas fait chier avec le scénario ou les dialogues. Tout le monde, Mordo compris, trouve parfaitement normal que l’Ancien se barre au moment crucial, ou que Strange se balade avec le médaillon le plus dangereux de l’univers autour du cou sans rien dire. Mais, faites-vous plaiz’ les enfants, hein. On ne voudrait pas déranger.

Si j’ai des lecteurs qui fabriquent des capes, sachez que moi aussi j’en veux une. Même pas qui vole ou se bat. Juste pour me cacher en dessous et pleurer durant ce genre de films.

Sitôt l’Ancien barré, voici qu’évidement, Rabouinus revient avec de nouveaux sbires. Je vous passe le combat, qui est tout nul et consiste à se battre dans le fameux bouclier-miroir permettant de créer une arène où se battre sans être dérangé par le reste du monde, et où Rabouinus leur refait les plus grandes scènes d’Inception en faisant se plier la ville en deux sous leurs pieds, en déplaçant les obstacles, en supprimant la gravité… raison pour laquelle Mordo et Stephen essaient surtout de se barrer. Mais sans aucune raison ils créent toujours leurs portails à 30 mètres d’eux (alors que jusqu’ici, c’était plutôt à 30 centimètres), et surtout, n’arrivent pas à les atteindre à cause du monde qui n’a de cesse de tourner autour d’eux sous les commandements de Rabouinus.

Excusez-moi ? Est-ce qu’on parle bien de Mordo, qui a des bottes de vol et de Stephen, qui a une cape qui fait la même chose ? Et ils ne pensent pas à s’en servir ?

Marvel's DOCTOR STRANGE..L to R: Mordo (Chiwetel Ejiofor) and Doctor Strange (Benedict Cumberbatch)..Photo Credit: Film Frame ..©2016 Marvel. All Rights Reserved.

« Damnation ! Si seulement on savait voler ! »

Non. Car sinon, là encore, ce serait efficace et la bataille s’arrêterait là. C’est… c’est vraiment insupportable, en fait, ce film qui pourrait s’arrêter toutes les dix minutes si les personnages utilisaient leur cerveau. Stephen et Mordo font donc n’importe quoi durant de longues minutes, jusqu’à ce que soudain, le décor se modifie à leur avantage : du renfort vient d’arriver, et du renfort qui a les mêmes pouvoirs que Rabouinus : l’Ancien ! Qui, certes, trahit qu’en ayant les mêmes pouvoirs, c’est qu’elle a pactisé avec le même démon, mais la baston peut reprendre.

Hélas pour nos héros, Rabouinus parvient tout de même à vaincre l’Ancien (car Stephen et Mordo se contentent intelligemment de regarder), aidé de ses pouvoirs maléfiques à paillettes, et celle-ci fait une chute vaguement mortelle.

Stephen a juste le temps d’emmener par téléportation l’Ancien, mourante, à l’hôpital où Christine Palmer entend à nouveau la voix du bon Stephen l’appeler en urgence. On transporte l’Ancien en salle d’opération pour voir s’il y aurait moyen de la sauver malgré le fait qu’on l’appelle désormais plus « Patakrepe » que « L’Ancien » (en plus, avec sa couleur jaune, c’est trompeur), mais Stephen l’aperçoit quitter son enveloppe physique pour traverser l’hôpital sous forme astrale. Stephen la suit lui aussi sous cette forme, et va la retrouver à un balcon de l’hôpital, à contempler la neige qui tombe dans la nuit, alors que le temps est ralenti.

« L’Ancien… allez, ne faites pas l’enfant. Revenez dans votre corps.
– Non, Stephen. J’ai assez vécu. Et oui, j’ai pactisé avec Grovilain, le démon de la dimension noire.
– Tout le monde fait des erreurs.
– Certes mais…
– Regardez par exemple la réalisation. Il fait nuit et il neige. Alors qu’il n’y a pas deux minutes, on se battait dehors, il faisait grand jour et bien sec.
– Ça commence à faire beaucoup de ratés, non ? 
– Je trouve aussi. Vivement ce que ce film s’achève.
– Bref, Stephen. Je dois tout vous avouer. Je vais mourir, c’est la loi naturelle. Mais vous devez vivre, le monde a besoin de vous pour le protéger. Et vous avez besoin de Mordo. Il est un peu con, mais il est sympa, vous verrez. Ah, et au fait, pour vos mains, sachez que vous êtes bien niqué. En fait, le mec qui remarchait qu’on a guéri : il n’a jamais guéri. Il utilisait juste la magie pour marcher, inconsciemment. Donc voilà voilà. Bon ? Je crois que j’ai tout dit. Maintenant, je peux mourir.
– Ou alors, j’utilise mon médaillon dont plus personne ne parle et je remonte le temps pour vous rendre votre corps en bon état, comme ça, on castagne Rabouinus tous les trois. Ho ! Ou je remonte le temps avant qu’il ne brise le sceau de Londres et comme ça on l’attend sur place ? Oh, merde, mieux ! On remonte le temps avant le début du film, voire avant qu’il ne devienne un enculé et on règle la question ! »

Les deux personnages se regardent. Et se mettent à rire.

« Hahaha, bien sûr que non on ne va pas faire ça ! On ne va même pas y penser ! Ahlala l’Ancien, dire que dès la première scène, vous pouviez sauver tout le monde ! Surtout que vous n’allez pas me dire que c’est pour respecter les lois naturelles que vous ne l’avez pas fait : après tout, vous avez carrément pactisé avec un démon ! » 

C’est donc sur cette note rappelant que définitivement, il va falloir arrêter les intrigues avec des voyages dans le temps si c’est pour ne pas s’en servir, que l’Ancien disparaît de l’espace astral et meurt. Stephen peut ainsi retourner dans son corps physique, faire un gros câlin à Mordo qui est tout triste, dire à Christine que c’est une fille formidable, puis aller à Hong Kong en urgence car il semblerait que la demeure du dernier sceau soit attaquée par Rabouinus en ce moment même.

Téléportatiooooon !

Stephen et Mordo arrivent, mais trop tard : la bâtisse sacrée a été rasée par Rabouinus et ses sbires, et la dimension noire, qui ressemble à une espèce de soirée hentai avec tentacules et boules velues qui vadrouillent en tous sens, est rentrée dans notre monde et grignote notre espace-temps, gagnant du terrain à chaque instant. Tout est donc perdu ? Pas tout à fait !

« Ah mais en fait, je pourrais remonter le temps ! » se dit ENFIN Stephen Strange après seulement 1h30 de film (quel génie, vraiment).

Usant de son médaillon magique, il inverse le cours du temps, et tout commence à se reconstruire autour de la zone du drame, alors que la dimension noire recule. Hélas, Rabouinus et ses sbires parviennent grâce à… heu… à… à un raccourci scénaristique ? À se sortir de ce merdier temporel et à attaquer Stephen, l’empêchant de poursuivre plus avant la reconstruction temporelle. Le monde est ainsi soudainement en pause, avec d’un côté Rabouinus et deux sbires, qui veulent en découdre avec Strange, Mordo et Wong, le bibliothécaire qui était venu défendre la demeure du sceau, et qui a été ressuscité par le retour en arrière juste avant que le temps ne se mette en pause.

« Ahahah, nous avons déjà gagné ! Vous êtes foutus ! » s’exclame peu ou prou Rabouinus usant de son grand dictionnaire des phrases de méchant édition 2015 (la 2016, il en a juste arraché une page).

« C’est ce qu’on va voir. » répond Stephen Strange, en s’envolant au-dessus d’eux pour plonger droit dans la dimension noire. Un endroit où le temps n’existe pas. Et au cœur de celle-ci, il voit apparaître un gigantesque visage : celui de Grovilain, le démon de l’espace !

« Grovilain ! Je suis venu marchander ! » s’époumone Strange. Mais Grovilain ricane, et l’écrase d’une main.

Mais la scène recommence.

« Grovilain ! Je suis venu marchander ! » répète Strange. Grovilain ricane, et le retue.

Et la scène recommence. Encore et encore. Et Grovilain de réaliser que quelque chose ne va pas.

« Mais bordel, j’ai une impression de déjà vu ! C’est quoi le problème ?
– Tu es mon prisonnier, Grovilain ! Ta dimension n’a pas de temps ? J’ai apporté le mien, grâce à mon médaillon magique ! Tu es dans une boucle temporelle ! Cette scène se répétera pour l’éternité, et tu ne pourras plus rien faire d’autre !
– Mais tu mourras à répétition pour l’éternité ! »

Les deux reprennent leur petit jeu, Strange meurt une bonne dizaine de fois de plus a minima, et finalement, Grovilain se lasse.

« Okay, en fait, c’est lourd de voir toujours la même chose. On dirait presque le dernier Star Wars tant c’est du déjà vu. Que veux-tu pour me libérer de cette boucle temporelle ?
– Marchander ! Récupère Rabouinus et ses sbires, qui rêvent tellement de ta dimension. Et laisse la Terre en paix, va boulotter d’autres planètes innocentes !
– Grmbmbmbmbl…. bon, d’accord. »

Stephen peut donc s’envoler hors de la dimension noire, retourner à Hong Kong sur les lieux de la baston, et annoncer que c’est bon, tout est réglé.

« Comment ça tout est réglé ?
– Mais oui mon petit Rabouinus. Réglé, j’ai vu ça avec ton patron. Tu voulais l’immortalité et un endroit où le temps ne s’écoule pas ? Je viens de te négocier un petit Erasmus dans la dimension noire, tu m’en diras des nouvelles ! Parce que l’immortalité, oui, tu l’auras, mais sous forme d’esclave, c’était écrit dans les pages suivantes du livre que tu as mutilé ! »

J’aime quand un film appuie sur ses propres incohérences : vous me rappelez pourquoi Rabouinus n’a pas volé le livre entier ? Ah oui, parce que : rien.

En tout cas, sitôt que Strange a terminé sa phrase, Rabouinus et ses deux derniers sbires sont effectivement aspirés vers la dimension noire, leurs corps réduits à l’état de pantins calcinés qui serviront leur sombre maître (à paillettes) pour l’éternité. Ils sont donc tout punis. Stephen peut désormais utiliser son médaillon plus avant pour reprendre son oeuvre de retour en arrière temporel, et réparer Hong Kong comme si la bataille n’avait jamais eu lieu.

« Bravo, tu as trop assuré ! 
– Merci, Wong. 
– Moi je trouve que tu as merdé.
– Pardon Mordo ?
– Oui. Inverser le cours du temps, ce n’était pas naturel.
– Mec, écoute, t’es gentil mais je viens un petit peu de sauver la Terre, comme ça. Et des milliards de vie, dont la tienne. Donc voilà.
– Oui mais c’est pas naturel.
– Comment dire ? Est-ce le mec avec des bottes de vol et des pouvoirs de téléportation qui me parle ? »

Mordo réfléchit très fort au concept de « naturel ». Je suppose qu’au final, il est parti ouvrir une échoppe de produits bios sur Paris, où il propose des huiles essentielles pour les barbes de hipsters.

Mais non, là encore, personne ne pense à soulever ces légers détails. Aussi, Mordo annonce qu’il part de son côté, car lui veut protéger le credo de l’ordre. Stephen et Wong, eux, rentrent donc triomphant à Katmandur, où ils se disent qu’ils vont enfin reposer le médaillon manipulateur de temps que Stephen avait volé car « Il contient une pierre d’infinité, mieux vaut ne pas se promener avec.« 

C’est pourtant ce qu’il a fait tout le film. Je pense qu’ils ont pris les scénaristes et les dialoguistes à la COTOREP.

La Terre est donc sauvée, Katmandur toujours debout, et le monde a un nouveau héros : le docteur Stephen Strange. Et…

… FIN !


Oui ? La séquence post-générique ? Mais bien sûr.

On y aperçoit le docteur Strange recevoir dans son nouveau manoir New Yorkais l’ami Thor, le célèbre dieu nordique venu d’Asgard. Tous deux boivent du thé, que Strange change en bière pour son invité qui n’aime pas ,trop les boissons de p… d’Anglais, d’Anglais.

« Alors mon petit Thor, comment ça va ?
– Bien. Je suis content d’apprendre que la Terre a de nouveaux magiciens pour la protéger.
– Certes. Mais justement, à ce sujet, je suis supposé protéger la Terre des menaces psychiques. Et vous avez emmené Loki, lui-même célèbre pratiquant de la magie, ici. Pourquoi ?
– Une sombre histoire familiale.
– Dit comme ça, ça ressemble plus à un épisode de Strip Tease qu’aux Avengers, mais pourquoi pas. En tout cas, les Asgardiens, vous n’êtes pas d’ici. Je vais vous aider à rentrer chez vous. »

Une jolie manière de dire « Dehors les nordico-bougnouls« . Quel fascinant personnage, ce docteur Strange #MakeKatmandurGreatAgain.

« Bien. Donc sitôt vos affaires familiales réglées, vous rentrerez tous chez vous ?
– Tout à fait. 
– Alors je vous y aiderai. »

Thor est ravi d’avoir un nouvel allié, mais il doit tout de même prévenir Stephen d’une règle essentielle.

« Vous savez, si on fait un film ensemble, je dois vous avertir que j’adore les jeux de mots moisis.
– Très bien, Thor. Je dois pouvoir m’y faire.
– Vous pensez ? Vous savez, c’est pas fac…
– Tatata. Vous savez quoi, je sais déjà comment on appellera ce film. »

Et Stephen de mimer un gros titre d’affiche :

« DocThor Strange.« 

Et toc.

88 réponses à “Docteur Étrange

  1. Bonjour cher Odieux. Content de voir que votre courage a regagné des proportions humaines et que vous ayez cessé de lire des immondices ! C’est quand même bien plus supportable en film…

    • Le grand Pavalek fan de l’Odieux? Ca ne m’étonne qu’à moitié, les grands esprits se rencontrent :)
      Et non, il n’a toujours pas fini le Necronomi…pardon, Grey. Même un Saint des Saints ne pourra pas le protéger à ce rythme.

  2. Je l’attendais impatiemment celle critique là. Parce que oui, j’ai aimé ce film.
    Je voulais savoir comme monsieur Connard allait le taillader en sashimi, et je ne suis pas déçu.

  3. Cher Connard,
    Je me permet de nuancer vos propos ! Quand vous parler de la scene où Strange lit les bouquins de l’ancien sous le nez du biblio, vous dites qu’ils sont interdit, mais cela est faux ! Le biblio explique que le savoir est pas interdit, mais que la pratique des rituels dans les bouquin du vieux le sont !

  4. Avez-vous raté la seconde scène post-générique du film ? On y voit Mordo rejoindre le côté obscur des vilains écrits avec les pieds. Son revirement manquait tellement de naturel (ironique étant donné son crédo) que j’avais envie de hurler derrière l’écran.

    Quoiqu’il en soit, j’ai apprécié votre critique tout autant que j’ai apprécié le film malgré ses incohérences. Bonne continuation cher Odieux.

    • Oui en effet j’aimerais bien lire ce que l’Odieux Connard pense de cette deuxième partie du post générique :)

      • ah j’ai tellement aimé (non) cette deuxième scène : Mordo décide de butter les magiciens pour leur chourer leur pouvoirs. Donc il butte Jean Jambes pour pouvoir;.. quoi ? marcher ?

  5. bonjour très cher odieux, je me doit en plus de vous faire remarquer la qualité indubitable de votre plume, vous faire remarquer la présence d’un écueil lors du passage de la bagarre spirituelle dans l’hôpital : tout comme il n’y a pas de masculin à sentinelle il faudrait écrire « quel médecin »
    Continuez de nous abreuver de votre verbe de qualité très cher odieux et portez vous bien

    • Et « au final » ne se dit pas; erreur couramment commise mais autant vous permettre d’atteindre la perfection, OC

      • Si c’est courant, c’est donc que ça se dit. L’académie n’aime pas, c’est une autre problème.

      • « Sa va » aussi c’est courant maintenant, c’est bon alors on peut l’utiliser ?
        Non mais franchement, l’argument en carton …

      • « Sa va » c’est juste un problème avec les normes d’écriture, pas avec la structure de la langue. Une fois ce détail corrigé c’est tout à fait juste.

      • Les gens disent ce qu’ils veulent, et les pédants les critiquent à l’envie. Au final, c’est très bien comme ça.

      • Sacré usurpator !
        Toujours ce bon vieux complexe d’infériorité qui te pousse par la condescendance à te croire au-dessus des autres.
        Il ne suffit pas de prendre mon nom pour légitimer ta médiocrité intellectuelle….
        Pas sûr que t’aies tout compris…je reformule : vu où tes capacités cérébrales te placent, profite -z-en pour nous cirer les pompes ;-)

      • J’l’aurai sans doute dit mieux que ça, Usurpator. Mais ‘ffectivement: infériorité , médiocrité, et « pas tout compris » te caractérisent à merveille. En revanche complexe, intellectuel, légitime et capacités cérébrales, eux, n’ont rien à voir avec toi. Bref, tu peux continuer à t’insulter tout seul, mais utilise un vocabulaire adapté.

  6. Un monastère secret au Népal avec un ordre qui enseigne des techniques millénaires…
    Ce qui me surprend c’est que notre ami « Étrange » trouve celui qu’il cherche du premier coup, parce qu’à force il doit y en avoir une bonne centaine de monastères qui répondent à cette description.
    Remarque ça aurait eu du charme que ce bon chirurgien arrive en se trompnat dans celui de Ace Ventura….

  7. ce qui est génial avec Docteur Strange, c’est qu’il est tellement intelligent qu’il arrive même à lire le sanscrit en auto didacte

    à part ça, il joue très bien le gros c* au début du film mais les scénaristes se sont dit qu’il ne fallait pas en faire trop donc c’est un des rares gros c* arrogants de son espèce qui n’est pas intéressé par les femmes et ne les utilise pas comme un objet

    pour ceux qui vont dire que la lecture n’est pas interdite, certes mais pourquoi devoir voler les pages alors ? et puis pourquoi ne pas les photographier plutôt que de les voler (histoire de pas attirer l’attention). Et puis pourquoi ces chaines qui servent à rien ??

    et pourquoi on voit plein de mondes s’entrainer au tour de magie et qu’on en voit aucun d’eux se battre ? l’odieux connard est encore gentil, en fait, sur les incohérences

    mais ce qui m’a vraiment embêté, c’est que le héros est antipathique, aucun autre personnage n’est vraiment développé, la philosophie new age à deux balles m’a irrité. Il y avait surement moyen de faire beaucoup mieux.

  8. A noter qu’il y a une incohérence même dans la scène post-crédit : Officiellement, Loki est mort et Odin en vie. C’est beau de nous balancer qu’en fait, le prochain Thor portera pas du tout là dessus puisque, hop hop hop, tout ça s’est passé dans la même dimension où Mad Max élimine ses ennemis hors-champ ! Circulez, y’a rien à voir !

    • Enfin bon, maintenant que les scénaristes manipulent le temps, les dimensions et l’espace il est for probable que dans une dimension parallèle Loki soit toujours en vie… Bref tu peux dire ce que tu veux après…

    • Oui et non, cette scene sera probablement dans le film Thor 3 (pas annonciateur du film mais une scene du film (comme a la fin de Ant-Man où nous avions une scene issue de Civil War) , et du coup a ce moment la de l’histoire Thor sait que son frere est en vie et avait pris la place d’Odin (du coup où est Odin ? se dit-il)

  9. UN TOP TEN! Bravo. 👍🏻 Va falloir Penser à faire un tour Par gruyère land.

    LA PONCTUALITÉ EST UNE VOLEUSE DE TEMPS OSCAR WILDE

    >

  10. Ah ça le début est impressionnant mais la nana méga-puissante qui surpasse tout le monde et traque sans problème puis laisse tomber tout le long du film pour finir en brochette dorée, j’avoue que c’est pas top, tout comme un Mordo qui vire darkounet encore plus mal qu’Anakin Skywalker.

    Sinon ce fut sympa, un Marvel classique, certes pas original, pas inoubliable, mais c’est pas bien méchant ma bonne dame!

  11. J’ai beaucoup aimé le film que j’ai vu hier, et me suis d’autant plus réjoui de voir un spoiler de notre cher odieux connard apparaître sur mon fil facebook aujourd’hui. J’ai rit du début à la fin merci! :’D

  12. C’est fort bien écrit et bien vu pour ne pas dire pertinent, mais J’ai pas compris tous les jeux de mots…

    • C’est pas grave usurpator. Va troisième synapse au fond à gauche, pseudo-Hannibal Lecter se fera une joie de t’expliquer tout ça.

      • Salut les Georges! Ou plutôt les Usurpator!
        Je rappelle à tous les 2 que l’usurpation d’identité est un délit.
        Enfin…puisque vous n’usurpez pas mon génie je passe l’éponge ;-)

      • M’en parle pas la palisse!
        Tu verrais le bordel tous les matins pour organiser les tours de salle de bains :-)

  13. « – Et il se montre à la fois hautain et amateur de bons mots !
    – Ah oui, Iron Man. »

    Non, là, il fallait répondre « Ah oui, l’Odieux Connard ».
    Bon, si j’allais la lire, cette critique ?

  14. Rien que pour l’introduction parlant d’Iron Man (c’est tellement vrai comme remarque) et la petite phrase « Histoire de la marine népalaise : l’art de couler un bonze », je dis merci à O.C. ! Je me suis bien marré, j’avoue.

    Comme O.C. (et pour la même raison que lui), je déteste les films avec les pouvoirs tels que la téléportation et les voyages dans le temps. Une fois encore c’est vérifié : cela ne donne qu’un film stupide.

    Bref, pas besoin de commentaire plus, ce serait visiblement rendre à Thor (Désolé,c’est mal je sais, mais je n’ai pas résisté) hommage à ce film que d’en parler plus encore. Merci O.C.

    • Deadpool avait l’avantage d’être plein d’humour (cracra et sous la ceinture, mais humour tout de même) et surtout de ne pas se prendre au sérieux. Il assume donc ses faiblesses et erreurs. C’est toute la différence, à mes yeux du moins, entre un film de super héros comme celui traité dans cet article d’ O.C. (mais comme les précédents aussi) et Deadpool

      • +1, deadpool est rentré direct a la première place de mon classement perso des films de super-héros! (quoi que deadpool « super-héro »… pas taper deadpool!)

  15. Un spoil ma foi très plaisant – comme toujours, me direz vous – et dont je retiens surtout cette phrase : « Si j’ai des lecteurs qui fabriquent des capes, sachez que moi aussi j’en veux une. »
    Une petite cape longue de personnage mystérieux, façon époque victorienne, avec cravate rouge intégrée serait effectivement du plus bel effet. Y aurait-t-il une bonne âme habile de ses mains qui se sentirait capable de réaliser ça pour notre Connard préféré ?

    • Pour cela, il nous fallut avoir les mensurations du vénéré hôte de ce blog (au moins sa taille)… mais je gage que cela sera confectionné sitôt la révélation faite !

  16. « Pouët-Pouët » est Juste mon « extrait-passage-écrit-réflexe Ping-Pong » préféré mon cher Odieux (= tout le reste du spoil, étant bien sûr, & comme d’habitude, Excellentissime. == Donc : Bravo & moult félicitations à vous).

    J’attends avec une impatience non dissimulée, la réaction de l’Ami « Georges AB. » à ce billet. Georges AB. détestant l’Est de la France, à cause de l’Odeur de Fromage, si prégnante paraît-il, mais surtout à son propre goût……..

  17. Je commence à lire ce spoil. Je boucle l’intro où vous affirmez que Dr Strange=Iron Man, et là Shoot to Thrill se met à résonner dans mes oreilles. Je crois qu’une entité mystique (ou au moins la lecture automatique de Youtube) est d’accord avec vous.

  18. Je suis deçu par Diego.
    Afin de préciser de quel film il s’agissait, il aurait pu préciser que le rôle principal était tenu par l’acteur qui joue Sherlock Holmes.

  19. Je m’étonne quand même, dans un si beau et ambitieux laboratoire de bousologie, de n’avoir encore trouvé Cyril Hanouna et ses différents sous-produits dans aucun bocal…
    Aurais-je loupé une étagère ?

    • Y a bouse et bouse. L’Odieux est certes aguerri aux défécations cinématographiques (et littéraires maintenant), mais quand l’odeur devient vraiment insoutenable, vaut mieux pas s’en approcher.
      « Tu mets tes petits gants de jardinage, parce que ça pique un peu », comme dirait Astier.

      • Voui mais il a déjà traité des sujets dans sa rubrique « Société », au milieux desquels pareils excréments ne sauraient déparer…
        Ça ou les myriades de « politologues », « sociologues » et autres « experts » télévisés qui n’ont plus maintenant qu’à dire:
        « Haaaaan, j’m’ai trompé… »

  20. Donc, si je résume, le héros bat le méchant en allant dans la dimension noire où le temps n’existe pas pour manipuler le temps et créer une boucle d’un concept qui n’existe pas… Diable… :p

    • En effet, c’est le plus gros paradoxe du film, et je m’étonne que l’OC n’en fasse pas mention.
      C’est quand même de l’acabit : « C’est une ligne infinie ! Très bien, je me mets à un bout, et tu te mets à l’autre, OK ? »
      *facepalm*

  21. « Tu aurais pu créer des paradoxes ! Et surtout, ici, on protège les lois naturelles, on ne les viole pas ! »

    Dixit les mecs font le fondateur a créé un médaillon violeur de lois naturelles »
    Ainsi font, font, font les petits fondateurs ♫

  22. Vénérissime Odieux,
    Je me permets de gifler votre stagiaire pour vous transmettre la récrimination suivante avec tout le respect qui vous est dû : un homme de quarante ans, c’est un quadragénaire, fût-il surmonté d’un bouc dans toutes les positions que la décence permet. Un quarantenaire avec un bouc, c’est l’édition 2003 du Salon de l’Agriculture.
    Cordialement, bisous, poke ta fesse à coups de fourche.

  23. Cher Odieux Connard même si ça n’est pas expliqué clairement il se passe environ 5-6 années entre l’accident du bon Docteur et la fin du film. De même la référence de l’armure experimentale est un clin d’oeil à Iron Man 2. Ce qui accentue encore plus l’inaction de Kaecilius entre le vol de la page et son utilisation. Excellent article tout de même.

    • En fait non, avant l’accident du Doc on voit chez lui un prix daté de 2016, mais l’inaction de Kae a quand même duré plusieurs mois (et que dire de l’Ancienne qui attend que ça se passe^^).

  24. Pour la référence aux avengers qui s’occupent des menaces physiques, c’est un raté d’adaptation de la bd, où le vengeurs n’ont pas toujours la sorcière avec eux et où la vision est un pur produit technologique.
    Pour le reste, oui, c’est clairement décevant. Les effets inception n’ont qu’un intérêt visuel et se trouvent très peu importants pour l’histoire mis à part pour le combat final. Les personnages sont cons et clairement, certaines de ces conneries sont juste des facilités scénaristiques pour permettre la suite (si k vole le bouquin, pas d’interrogation de Strange, pas de tentative avec l’oeil d’Agamoto -que d’ailleurs l’ancienne pourrait chercher à récupérer juste parce que ça peut être utile pour bourriner l’adversaire, ou sauver sa peau etc). Ensuite qu’ils fassent pas un autoreverse sur tout le film vu que ça risque de créer des paradoxes et des dangers évidemment non, mais l’acquisition et l’utilisation qui en est faite est un peu foireuse.

  25. Super ! J’adore le spoiler et j’irai voir le film ! Si !

    Juste pour faire ma pénible, un homme de quarante ans est un quadragénaire. Un quarantenaire c’est un laps de temps de quarante ans.

    Merci pour tous vos articles que j’attends toujours avec impatience.

  26. En lisant ce spoil, je me suis demandé:
    – le pouvoir temporel, il ne peut pas rajeunir les mains jusqu’avant l’accident?
    – l’ancien n’a pas de mascara?
    – Grovilain ne pouvait-il pas torturer Dr Etrange? OK c’est cool il a un point de respawn, mais quelques jours de torture et normalement, il cède aux demandes de Grovilain. Encore plus s’il sait qu’il est pris dans une boucle temporelle et que la torture peut durer des années s’il le faut.

  27. Merci, continuez s’il vous plaît.
    PS : Je fabrique des capes pour des cosplays. Je n’ai malheureusement que celle de Wirt (Over The Garden Wall) qui ressemblerai un peu. SI j’ai la chance de vous voir un jour en dédicace, je m’en vêtirai pour rendre hommage au meilleur personnage du film : la cape.

  28. Merci.
    En tant que bibliothécaire, j’ai particulièrement apprécié votre connaissance des us et coutumes dans les « vraies bibliothèques ». Mais faites attention à ne pas trop ébruiter nos habitudes, le rayon philosophie risquerait d’attirer du monde. Personnellement, une bon magasin en sous-sol, difficile d’accès et mal éclairé, reste un must!

  29. Merci pour ce spoiler plein d’humour comme d’habitude.
    Vous ne nous auriez pas oublié la séquence post-post-générique ? Avec Mordo, qui nous fait son gros méchant pour annoncer la suite…

  30. J’ai bien aimé le film, mais j’avoue quand je lis la critique de l’odieux connard, je dois reconnaître que le film a pas mal de choses stupides haha ! bravo !

  31. Vous ferez attention, vous avez laissé trainer un « hasmter » dans votre texte.
    Grovilain c’est Dormammu ? je demande parce que les mecs seraient capables d’inventer un vilain bidon (comme dans avengers 1).
    En tout cas j’ai bien visualisé la scene ou strange et l’ancienne rirent en pensant aux scenar alternatif. Ca aurait fait une scene geniale n’empeche ^^

  32. Salut Connard,
    Essaye de ne pas commettre trop de fautes de connard dans tes spoilers…

    « (qui suivait Stephen depuis un moment de manière extrêmement peu subtilE) » (manque le E à subtile, on accorde avec la manière connard…)

    « envoie paître toute notion d’ordre et faiT comme il l’entend » (t’as probablement mangé ton Bescherelle de connard mais il te reste le site « leconjugueur.com »…)

    « plus d’un pédophile ONT senti d’étranges redirections sanguines » (« plus d’un A senti » ? T’es sérieux ? Tu nous prends pour des connards d’illettrés ?)

    « Parfois, la nuit, je les surprendS à lire Jean Roucas. » (Je prends le S de Roucas pour te le mettre dans ton petit c. de connard…)

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