La politique n’est pas un jeu, mais en fait, si.

Le week-end approche.

Vous cherchez un jeu original pour occuper votre fin de soirée, seulement voilà : vous avez déjà prêté l’intégralité de votre ludothèque à de petits camarades dont vous ne vous souvenez qu’à peine du nom. Comment allez-vous faire pour meubler lorsque vous aurez pris le café à la fin du repas ? Annoncer qu’à 22 heures, chacun rentre chez soi ? Avouer votre échec ? Ou pire, trouver une activité intéressante ?

Pas d’inquiétude. Car dans ma grande bonté, je mets à votre disposition le premier jeu qui permet de découvrir la politique de manière ludique : Le Super French Elections Simulator.

Le plateau n’est pas encore tout à fait terminé, mais je ne doute pas que vous saurez le décorer avec vos crayons de couleur et vos gommettes comme il se doit. Quant aux cartes pipeau et pognon, j’y travaille.

SFEM

Règles :

Le SFES se joue avec un plateau, deux dés à 6 faces, un deck de cartes pognon, un deck de cartes pipeau, et un nombre d’amis compris entre deux et cinq.

Le but du jeu est d’être le premier à arriver sur la 49e case, représentée par le centre du plateau. Le joueur qui y parvient est déclaré gagnant de l’élection, et a donc le droit de remercier ses électeurs, de célébrer le triomphe de la démocratie, et bien sûr de grimper sur la table en faisant des gestes obscènes aux perdants comme tout beau joueur qui se respecte.

Au début de la partie, chaque joueur décide quel parti il incarne, puis quel personnage politique il joue. Chacun dispose d’un pouvoir spécial comme décrit ci-dessous.

Nicolas Patrick Francois Manuel Marine Jean-Marie Personnage Jean-Luc

Certains sont un peu cheatés, j’en conviens. Mais en même temps, c’est un peu la thématique, donc on se calme, malandrins.

Les joueurs lancent chacun un dé. Celui qui fait le plus gros score incarne la majorité. Si plusieurs joueurs font le même score, il y a cohabitation. Si tous les joueurs font le même score, il y a partouze (pas d’inquiétude, le plateau de jeu est antidérapant).

Chaque joueur commence la partie avec trois cartes pognon et trois cartes pipeau. S’il n’en a plus assez pour se défausser de l’un ou de l’autre lorsqu’une case le lui demande, il est éliminé et peut aller faire quelque chose de plus rigolo, comme par exemple lire l’autobiographie de Paris Hilton.

Lorsqu’un joueur finit son tour, il peut choisir d’utiliser une ou plusieurs cartes pipeau, qu’il défausse, pour avancer d’autant de cases. Il n’active pas la case sur laquelle il arrive, mais a quand même avancé, ce qui représente les nouveaux électeurs acquis sur le chemin de la victoire en les barat… pip… convaincant.

À présent, découvrons le plateau.

Liste des cases et de leurs effets

1 : La campagne démarre doucement. Grâce aux gens que vous avez placé dans des mairies, conseils généraux, régionaux et autres assemblées, vous pouvez piocher une carte pognon. C’est le principe : quand tu gagnes l’élection, tu gagnes du pognon pour préparer la prochaine. C’est, je crois, ce que l’on entend par « gagnant-gagnant« .

2 : Vous découvrez Twitter, sorte d’immense ressource à petites phrases sans intérêt. Vous piochez deux cartes pipeau, mais perdez deux heures de votre journée et un peu plus de votre santé mentale déjà vacillante.

3 : Maladresse.  Vous n’avez rien dit de vraiment surprenant ni de vraiment choquant, mais aussitôt, telle une armée de blogueuses devant un macaron, vos adversaires se ruent sur tous les micros pour expliquer que vous êtes l’incarnation de Satan et qu’ils sont les exorcistes officiels de la République. Ce qui explique pourquoi du coup, ils font grimper la République au plafond, lui font faire des 180 degrés avec sa tête et vomir partout. Ah, l’exorcisme, c’est hard.

4 : Scandale journalistique. Un nouveau numéro de Closer sort et vous êtes en une ! Hélas, dans ses pages à faire trembler de jalousie le Nécronomicon, on révèle un secret des plus terribles : vous auriez une vie sexuelle (sauf si vous êtes rôliste bien sûr) ! Cette information cruciale ne fait pas le scoop de tous les médias car ça ferait racoleur, du coup on la met en deuxième ou troisième information du jour, mais on s’étend dessus vingt minutes à chaque fois quand même. Grâce au pognon du procès, vous pouvez piocher une carte pognon.

5 : Scandale journalistique. Un nouveau numéro de 30 Millions d’amis sort et vous êtes en une ! Hélas, dans ses pages à… attendez, comment ça 30 Millions d’amis ? Mais qu’est-ce que vous faites à ce hamster ? Mais enfin ! Nom d’une pipe, délestez-vous immédiatement de deux cartes pipeau pour tenter d’expliquer que vous ne savez pas qui est ce hamster, que vous ne l’avez jamais vu, et qu’en plus, c’est lui qui vous a allumé. Et puis entre nous, qui aurait pu croire qu’il n’avait pas 18 ans en années rongeurs ? Avec ses bajoues déjà bien formées, hmmm il… bref.

6 : Case Ségolène Royal. Ségolène Royal, légendaire membre du clan Malkavien, intervient dans la campagne. L’espace-temps se courbe aussitôt devant l’immense n’importe quoi qui s’ensuit, et alors que l’on craint que le Poitou-Charentes ne s’effondre sur lui-même pour se transformer en trou noir, vous êtes propulsé jusqu’en case 12. À votre réveil, Ségolène Royal a disparu. Saperlipopette ?!

7 : Vote sur la peine de mort. Un vote très important va avoir lieu au parlement, puisqu’il va déterminer si la peine de mort est rétablie pour tous les gens qui fabriquent, vendent ou portent des Crocs. L’occasion idéale de donner son avis ! Si vous êtes du FN ou de l’UMP, vous avez le droit de commencer votre prochaine phrase par « Je suis contre la peine de mort, sauf... » auquel cas vous piochez une carte pipeau. Pour les autres joueurs, cette case est sans effet, bien que vous puissiez quand même savourer la fin du règne des Crocs.

8 : Vote sur l’éducation. Un vote très important va avoir lieu au parlement, puisqu’il va déterminer si on apprend encore quelque chose aux enfants à l’école. Si vous êtes du PS, du Front de Gauche ou des Verts, vous ressortez un des douze-mille textes que vous avez déjà pondus sur l’éducation et vous empressez de lancer des phrases creuses. Vous pouvez piocher une carte pipeau. Si vous êtes du FN ou de l’UMP, vous perdez une carte pognon en remettant vos enfants dans le privé. Le public, c’est plein de gueux.

9 : Salon de l’agriculture. Après avoir bu treize bières, mangé de quarante-huit fromages différents et tâté plus de culs de vaches en huit heures que toute une école vétérinaire en un semestre, il ne se passe strictement rien. Non, sérieusement, vous pensiez encore que ça rapportait quelque chose ? Que les mecs se disent « Il a tellement bien tâté le cul de ma vache que je vais voter pour lui 16 millions de fois ?« . Mais enfin ?

10 : Case BFM TV. On s’intéresse à vous et on vous laisse raconter n’importe quoi sans vous contredire, c’est génial ! Piochez une carte pipeau. Sauf si vous êtes du FN, auquel cas vous en piochez deux puisque vous avez deux fois plus de temps d’antenne que n’importe qui d’autre. Mais hurlez quand même à la censure, hein !

11 : Vraie vie. Suite à un terrible malentendu, vous êtes obligé de faire une journée complète, de produire du résultat et de rendre des comptes. Vous êtes très malheureux et claquez une carte pognon en coke sur le champ pour oublier. Plus jamais ça.

12 : Case Ségolène Royal. Ségolène Royal, Duc du Changement bien connu, intervient dans la campagne. Le warp s’ouvre aussitôt au-dessus de La Rochelle pour d’obscures raisons et avale une partie de la ville ainsi que vous-même alors que vous y faisiez campagne. La réalité se distord, vous pensez en être effacé, mais vous retrouvez finalement en case 6 quelques jours plus tôt. Ça suffit Ségolène Royal maintenant ! L’espace-temps n’est pas un jeu !

13 : Distribution de tracts sur les marchés. Vous envoyez vos militants sur les marchés distribuer vos tracts à tous les passants. Aucun d’entre eux ne lit la moindre ligne de votre prospectus, puisque nous sommes au XXIe siècle. Vos beaux imprimés avec votre trogne finissent piétinés près des cageots à tomates. Perdez une carte pognon immédiatement pour les frais d’impression. Deux si vous incarnez Les Verts, puisque gâcher autant de papier mérite une sanction.

14 : Assistants parlementaires. Alors que vous vérifiez les fiches de paie de vos assistants parlementaires, vous découvrez que vous avez recruté votre femme, votre fille, votre neveu et votre beau-frère ! Ça alors ! Comme c’est cocasse ! Quelle coïncidence ! Échangez une carte pipeau pour jouer l’innocent, mais gagnez une carte pognon en retour grâce à l’argent habilement reçu.

15 : Emplois fictifs. Alors qu’une quelconque commission vous interroge quant aux douze conseillers que vous employez, vous êtes incapable de donner le nom ou de décrire un seul d’entre eux. C’est fou ! Perdez immédiatement une carte pognon pour graisser la patte à qui de droit, mais piochez une carte pipeau pour représenter l’influence gagnée grâce à vos sbires employés à faire votre campagne avec l’argent public.

16 : Pas contents ! Les gens ne sont pas contents. Nous sommes en France, en même temps. Tous les joueurs de la majorité perdent une carte pipeau puisque plus personne ne les écoute. Ils doivent aussitôt se mettre d’accord sur qui rejeter la faute. Comme du coup, ils mettent en avant quelqu’un qui n’en avait pas demandé autant, le joueur en question récupère leurs cartes pipeau perdues.

17 : Déguisement nazi. L’un de vos plus proches collaborateurs a été aperçu lors d’une soirée mousse déguisé en officier SS. Disons que ça ne passe que moyennement bien. Vous perdez une carte pipeau en bredouillant des excuses. Si vous incarnez le FN, cette case est sans effet, sauf si vous vous exclamez « Comment ça un déguisement ? » auquel cas, il ne faut pas déconner, vous aussi vous la perdez cette carte pipeau.

18 : Réforme éducative. Une grande réforme de l’éducation est proposée. S’ensuivent des dizaines de manifestations, jusqu’à ce que la majorité plutôt que de reculer ouvertement « modifie le projet » jusqu’à en faire une sorte de truc aussi minuscule que pourri simplement pour dire que c’est passé quand même. Si vous êtes le joueur qui incarne la majorité, gagnez une carte pipeau, parce que sans rire, vous la faite à chaque fois et personne n’a l’air de le remarquer.

19 : Case Hôtel. Vous passez une nuit à l’hôtel. Perdez votre prochain tour lors d’un procès épique durant lequel vous expliquerez que vous pensiez que cette jeune personne nue qui se déhanchait au-dessus de vous était en fait un conseiller en communication. Dans certains cas, c’est vrai ; mais pour faire la différence, c’est simple : la personne qui paie elle-même la coke que vous sniffez autour de ses tétons est bien conseiller en communication. Celle qui n’a pas les moyens, c’est celle qui exerce l’autre métier.

20 : Case BFM TV. On s’intéresse à vous et on vous laisse raconter n’importe quoi sans vous contredire, c’est génial ! Piochez une carte pipeau. Sauf si vous êtes du FN, auquel cas vous en piochez deux puisque vous avez deux fois plus de temps d’antenne que n’importe qui d’autre. Mais hurlez quand même à la censure, hein !

21 : Projet d’aménagement contesté. Un nouveau projet de barrage, d’aéroport ou que sais-je est lancé. Aussitôt, la zone de construction est infestée de minivans et de C15 chargés de banderolles, de djembés, mais pas de savon semble-t-il. Des manifestations éclatent, des gendarmes sont envoyés, et tout est paralysé. Si vous êtes la majorité, perdez une carte pognon et une carte pipeau. Autrement, piochez une carte pipeau en vous ralliant aux manifestants ou à la maréchaussée, comme bon vous semble.

22 : Marchand d’armes. Un célèbre marchand d’armes vous propose du pognon, comme ça, hop, je suis sympa, t’as vu. Piochez une carte pognon jetez un dé : de un à trois, vous vous faites gauler et perdez une carte pipeau sur le champ (mais vous gardez le pognon quand même). De quatre à six, personne n’a rien vu. Vous pouvez donc en profiter pour reprendre un peu de pognon au passage, il ne faudrait pas gâcher. Reprenez donc une seconde carte pognon, allez !

23 : Marché truqué. Piochez une carte pognon en passant un marché public sur lequel vous attendez vos copains et faites perdre leur temps au 68 autres entreprises qui y répondent. Puis, plaignez-vous du manque de productivité en France.

24 : Twitter ! Vous avez une soudaine envie de Twitter une phrase qui vous parait brillante. Hélas, il faut savoir que c’est exactement la même réaction chimique qui vous pousse quand vous êtes bourré à envoyer des SMS à vos ex. C’est donc une bien belle connerie : vous perdez une carte pipeau en racontant n’important quoi. Tous les autres joueurs en piochent une en jouant les vierges effarouchées.

25 : Commémoration.  Prenez l’air triste et dites « Pas de récupération« . Gagnez une carte pipeau.

26 : Graphiste. La communication est un art, appelons donc un artiste ! Vous vous payez un conseiller en communication qui vous a été recommandé, et même pas parce que c’était un ami. Il vous propose une campagne innovante pour sortir du lot. Vous décidez de bien montrer que vous êtes tout de même un chef et mettez votre nez dans ses propositions. Au final, vous lui demandez des affiches avec vous en costume de ville, des tracts à distribuer sur les marchés et un slogan du type « Avec moi, ensemble, demain« . Vous perdez une carte pognon à engager des gens pour saborder leur travail.

27 : Réunion publique. Comme votre père, et le père de votre père avant lui, vous décidez d’organiser une réunion publique. Vous distribuez des tracts, faites passer des annonces sur les réseaux sociaux et le soir venu, vous retrouvez avec quinze clampins, tous militants ou sympathisants, qui vous écoutent prêcher entre convaincus. Vous perdez une carte pognon à faire du rien, oui, mais du rien par tradition.

28 : Vieille dame. Un vieux proverbe dit « C’est chez les vieux les plus secs que l’on trouve les rivières de pognons les plus garnies« . Allez voir cette petite mamie qui vous aime bien. Laissez-la vous tirer la joue et vous donner un bonbon. Faites la rire avec des blagues sur Mitterrand. Repartez avec une carte pognon. Ne lui faites pas de high-five cependant : vous lui péteriez le poignet, et elle en a besoin pour signer les chèques.

29 : Copain à la télé. Vous avez un bon ami qui possède une chaîne de télévision. Vous lui faites comprendre qu’à la prochaine soirée chez vous, vous le laisserez gagner à UNO s’il truque tous ses journaux. Le jeu en vaut la chandelle : il accepte. Vous gagnez deux cartes pipeau. Et lui mettrez plein de +4 dans le museau dès la campagne passée, hin hin !

30 : Case BFM TV. On s’intéresse à vous et on vous laisse raconter n’importe quoi sans vous contredire, c’est génial ! Piochez une carte pipeau. Sauf si vous êtes du FN, auquel cas vous en piochez deux puisque vous avez deux fois plus de temps d’antenne que n’importe qui d’autre. Mais hurlez quand même à la censure, hein !

31 : Case « It’s a Trap !« . Un journaliste vous a tendu un piège et vous êtes tombé dedans ! Vous êtes paralysé jusqu’à ce qu’un autre joueur passe par votre case (même sans s’y arrêter) et relance ainsi la campagne. S’il n’y a plus de joueur derrière vous, renversez la table et le plateau, frappez votre voisin d’un bon coup de chaise, esquivez le tabouret qu’on vous lance, puis battez-vous pour votre vie. Allez provoquer un incendie au compteur électrique pour que l’incendie camoufle votre forfait, puis recommencez une partie avec d’autres amis. Mais où vous commencerez depuis cette case. Histoire qu’ils comprennent.

32 : Discours inspiré. Équipé d’un micro et d’un dictionnaire des synonymes, vous vous lancez dans un plaidoyer enflammé pour votre cause (ou plutôt, contre celle des autres, sinon c’est trop difficile). Vous vous voyez déjà le nouveau Zola. Bon, c’était plus proche de Zahia, mais allez : prenez une carte pipeau pour l’effort.

33 : Complot ! Vous venez de vous faire gauler en plein petit arrangement électoral. Promptement, vous hurlez au complot et prétendez que si l’on fait cela, c’est parce que vous « dérangez » et que ce n’est « pas un hasard » si cela arrive « en pleine période électorale« . Vous gagnez un point de pipeau, et perdez une année d’espérance de vie tant vous êtes de mauvaise foi.

34 : Facebook ! Vous êtes en train de stalker un militant sexuellement compatible sur votre téléphone portable, quand soudain, vous cliquez sur « j’aime » par erreur. Tout le monde peut constater que vous étiez en train de reluquer ses photos. Vous perdez une carte pipeau à explique que hem, heu, bon, on a piraté mon compte ! Ah, ces pirates, alors.

35 : Déplacement en province. La campagne bat son plein et il est temps d’aller visiter vos troupes où qu’elles soient. En plus, ça fait causer. Vous pouvez dépenser autant de cartes pognons que vous le souhaitez pour les échanger contre des cartes pipeau.

36 : Bitching. Vous avez appris un terrible secret sur un de vos concurrents, comme par exemple, qu’il fait partie de ces petits salopards qui trempent leurs Prince dans du lait avant de les manger alors que merde, ça les rend tout mou. Vous faites circuler l’info très subtilement, comme par exemple, via le compte Twitter de votre plus proche collaborateur. L’adversaire de votre choix perd une carte pipeau ou pognon (en tentant de camoufler l’affaire), comme il l’entend.

37 : « Il faut faire barrage à…« . Intelligemment, vous vous dites qu’appeler à voter contre les autres est une mauvaise stratégie. Vous vous décidez donc à changer : tiens, et si je faisais barrage contre les autres ? C’est bien différent. Vous perdez une carte pipeau comme une grosse buse et citez un adversaire de votre choix. S’il est du Front de Gauche ou du Front National, il gagne immédiatement deux cartes pipeau car vous avouez ouvertement ce qui vous fait trembler, ce qui rend donc d’autant plus tentant de voter pour ces gens. Vous êtes con ou bien ?

38 : Vous êtes une femme. Vous ne l’aviez peut-être pas remarqué jusqu’alors, mais vous êtes une femme. C’est pas de bol : perdez 25% de vos cartes pognons à cause de votre salaire et 50% de vos cartes pipeau puisque vos adversaires font régulièrement de gros sous-entendus comme quoi, roh, c’est une femme, hein, héhé, si tu vois c’que j’veux dire. Vous gagnez le soutien des féministes durant 20 minutes avant qu’elles ne se divisent entre elles sur des questions comme savoir s’il faut mettre une majuscule ou non à la fin de « indigné-E« 

39 : Vous êtes un homme. Niveau bonus, c’est déjà pas mal, merci.

40 : Case BFM TV. On s’intéresse à vous et on vous laisse raconter n’importe quoi sans vous contredire, c’est génial ! Piochez une carte pipeau. Sauf si vous êtes du FN, auquel cas vous en piochez deux puisque vous avez deux fois plus de temps d’antenne que n’importe qui d’autre. Mais hurlez quand même à la censure, hein !

41 : Achat de voix. La campagne approche de la fin, il faut mettre le paquet ! Payez tout ce qui passe pour obtenir plus de voix : personnalité influente, soutien célèbre, fossoyeur débrouillard… en avant ! Dépensez autant de cartes pognon que vous le souhaitez pour gagner autant de cartes pipeau !

42 : Case Prison. Aucun effet. Allons, vous êtes une personnalité politique !

43 : Promesse dans l’urgence. Vous avez besoin d’un dernier boost ? Promettez n’importe quoi ! Dépensez autant de cartes pognon que vous le souhaitez pour gagner autant de cartes pipeau, ce qui représente les frais engagés pour faire passer la pilule et laisser croire que oui, en vous élisant, vous allez offrir personnellement un fondant au chocolat à chaque électeur durant le mois suivant votre victoire et coloniser Mars dans la foulée qui sera désormais accessible par la ligne 13 de la RATP.

44 : Google + ! Vous découvrez Google + un soir et persuadé que vous avez oublié un réseau social avec un nom célèbre, vous y claquez plein de sous pour faire votre pub. Perdez la moitié de votre pognon et soyez moqué jusqu’à la fin des temps. Et pourquoi pas Caramail ? Soyons raisonnables ! Si vous avez trop de pognon, j’ai des solutions, rassurez-vous.

45 : Bourrage d’urnes. Payez des hommes de confiance pour bourrer les urnes. Perdez toutes vos cartes pognon, et obtenez autant de cartes pipeau. Attention cependant, il vous faut jeter un dé ! De deux à six, l’affaire se passe sans aucun problème. Mais sur un, vous êtes pris ! Vous retournez donc en case quarante-deux, où vous ferez traîner le procès durant des plombes. Vous pouvez donc utiliser vos cartes pipeau gagnées sur le champ pour remporter quand même la victoire et aller à la fin du procès uniquement à la fin de votre mandat. Pratique !

46 : Bourrage de chaussettes. Payez des hommes de confiance pour planquer des bulletins dans leurs chaussettes et glisser le tout dans les urnes au moment du décompte. Perdez toutes vos cartes pognon, et obtenez autant de cartes pipeau. Attention cependant, il vous faut jeter un dé ! De quatre à six, l’affaire se passe sans aucun problème. Mais de un à trois, vous êtes pris ! Vous êtes aussitôt éliminé de la partie et pouvez aller pleurer dans un coin que la vie est trop injuste.

47 : Bourrage de gueule. Quelle erreur ! Votre enthousiasme vous a perdu. Vous perdez l’élection puisque vous baignez dans votre vomi le jour du vote, mais pouvez par contre vous lancer dans le cinéma. En plus, c’est un peu pareil : il faut faire semblant, raconter n’importe quoi, passer devant des journalistes complaisants sur des plateaux télés entre deux pubs pour le savon, et à la fin, on vous applaudit quoiqu’il arrive. Vous voyez, tout va bien se passer.

48 : Déclaration de guerre. Sans effet si vous n’êtes pas la majorité. Un membre de la majorité qui tombe sur cette case peut déclarer qu’il gagne la partie quand même en déclarant la guerre à un pays voisin, comme par exemple le Luxembourg. Il provoque aussitôt l’union sacrée, obtient la victoire en moins de dix-huit minutes (le temps de traverser le Duché en voiture) et auréolé de gloire, est réélu. Tous les joueurs peuvent donc hurler au scandale pendant que le gagnant défile sur son char. S’il y a plusieurs joueurs au sein de la majorité, ils peuvent se faire des bisous puisqu’ils ont gagné tous les deux. Les autres joueurs peuvent donc éventuellement filmer pour que dans leur misère solitaire, la douleur leur soit moins amère.

49.3 : Victoire ! Vous êtes arrivés sur la dernière case ! Le peuple se rassemble sur toutes les grandes places du pays pour célébrer votre triomphe. L’équipe perdante doit déclarer qu’elle a « entendu le message des Français » (comme le veut la tradition déjà évoquée sur ce blog), les journalistes ajouter que « le grand gagnant, c’est l’abstention« , mais tout le monde s’en moque parce que l’on va passer la soirée à vous filmer en train de dire du rien. Vous pouvez donc placer vos petits gars, engranger du pognon, et éventuellement, aller ramasser sur un marché ce papier sale et piétiné à présent détrempé par la pluie. Mais si, vous savez ? Votre programme !

Ahaha, non, je déconne. Tout le monde l’a déjà oublié. Et personne ne l’a lu.

Félicitations !

Ne me reste donc qu’à vous souhaiter de bonnes parties. Pleine de joie et de rires francs.

Sur ce, quelqu’un m’a envoyé l’affiche de Divergente 2.

Je vais vous retrouver. Et je vais vous souffleter. Avec une rame. Non mais.

63 réponses à “La politique n’est pas un jeu, mais en fait, si.

    • Si si, réforme éducative, of course.
      J’ai par contre peur qu’avec 2 dés, ça se joue trop vite…

    • Bien sûr qu’il n’y a pas de case « grève », avez-vous déjà vu des politiciens faire grève ? Non, jamais.
      Bon dimanche !

  1. Il y a des élections en France ? Mes excuses mais j’habite hors des frontières de ce bon royaume.

    Au numéro 22 il y a une faute je crois, « etetez » il doit manquer une lettre et un espace quelque part.

      • Presque ! Il ne manque plus qu’un « et »…
        Pas encore remis du film dont on ne doit pas prononcer le nom ?

      • « les journalistes ajouter » C’est pas plutôt « les journalistes ajoutent »

    • les dés ne s’étêtent pas, ils se grattent, c’est bien connu: il faut gratter Dédé…

  2. Je ne suis pas encore assez grande pour aller voter, mais si ce jeu représente la réalité, je pense que je vais devenir ermite avant ma majorité.

    • Ne t’inquiète pas, la réalité est pire … Mais on peut toujours la changer (bah oui, il manque le joueur Besancenot « à tout moment de la partie, dites que le monde peut changer et perdez la partie. Par contre, vous pouvez faire un tour de vélo pendant que les autres termine la partie, ce qui est finalement un bien, vous étiez là par erreur ».)

  3. Hum, je me trompe peut-être, mais il me semble que le « Mais hurlez quand même à la censure, hein ! » du numéro 39 aurait plus sa place au numéro 40.
    En tout cas, très bon article !

  4. Magnifique et pour prouver que j’ai tout lu je propose une correction.
    Le « Mais hurlez quand même à la censure, hein ! » à la fin de la case 39 devrait plutôt se trouver à la fin du 40

  5. Ahah, très sympa cet article ! x’D

    Petite coquille à la case 39, le « Mais hurlez quand même à la censure, hein ! » devrait être à la case 40 :p

  6. Comme d’hab’, c’est drôle, souvent juste, et… mais attendez:

    « Je vais vous retrouver. Et je vais vous souffleter. Avec une rame. Non mais. »
    Diantre, en réalité vous êtes Liam Neeson!!!

      • A ce qu’il paraîtrait, il pourrait également se pratiquer avec une pelle, amis faut d’abords être 3e dan avec la rame.

      • Mais, c’est Luc Besson ? Du coup, il y a certaines choses qui sont plus claires …

  7. Si ce n’est à la case 48, on ne voit pas tellement de différence entre majorité et opposition.
    Excellent toutefois.

  8. Efficacement hilarant, tristement réaliste, et presque physiquement jouable !

    En tant que geek sur les bords, j’ai grandement apprécié les révélations sur les origines fantasy de Ségolène Royal. Ces petites références en passant sont une de vos grandes forces comiques, cher Odieux !

    Une remarque orthogrammairienne : dans la phrase « ce qui représente les nouveaux électeurs acquis sur le chemin de la victoire en les barat… pip… convaincant », il faudrait écrire « convainquant », puisqu’il s’agit du participe présent, et non de l’adjectif.
    Je cherche moins à vous reprendre qu’à inciter le bon emploi du mot afin que vos dévoués lecteurs ne soient pas induits en erreur.

  9. C’est dommage, parce que French Elections Super Simulator, ça aurait fait FESS. C’était encore plus accrocheur à la commercialisation : à 22 heures, après le café, « on se fait une partie de FESS ?! »…
    Je sors ?

  10. Excellent ! Moi qui cherchais un moyen ludique d’expliquer la politique française à mes étudiants, me voilà comblé. Imprimons vite des cartes pipeau à défaut d’avoir du pognon.

    • chaque case représente un certain pourcentage des voix au 2nd tour si on est dans les deux premiers joueurs.

  11. Hum… Il y a moyen d’en faire un vrai jeu… Il faudrait revoir le pouvoir de Patrick, et surtout donner les règles de déplacement et de déroulement du tour, mais on pourrait sortir un vrai jeu de plateau après quelques révisions.

  12. Un tel degré de réalisme me fait un peu peur … mais si on veut aller plus loin, peut-on enrichir le jeu avec des cartes « Gérard Schivardi », « Ségolène Royal », « Alain Soral » et « Arnaud Montebourg », et quelques cases de politique internationale ou européenne ?

  13. Numéro 34, petite boulette : « Vous perdez une carte pipeau à explique(r) que hem » il manque un r. Très bon jeu ça se jouerait presque en revoyant les pouvoir des perso.

  14. Sur la case 23 : « un marché public sur lequel vous attendez vos copains »
    Ce n’est pas plutôt « un marché public sur lequel vous attendaient vos copains »

    Ce sont ici les amis qui attendent et pas vous ?

  15. Excellent, mon cher OC, je suis d’ores et déja sur que ce petit jeu permettra à nos cheres tetes blondes de se frotter aux dures lois de la politique.
    Permettez, cependant d’y ajouter 2 nouvelles cartes joueurs:

    – Dominique: qui commence avec 5 cartes pognons « spéciales FMI » en plus. Lrsqu’il tombe sur les cases 4-5 et 19, il lance immédiatemment un dé sans pouvoir utiliser de cartes. S’il fait 5 ou 6, il perd la partie.

    -Nadine: qui à chaque fois qu’elle utilise une carte pipeau, tout les joueurs UMP reculent d’une case, elle y compris ».

    Tellement respectueusement,

  16. Je ne m’exprime guère mais là bravo !
    Enfin un jeu original !!!

    juste une petite coquille :
    4 : Scandale journalistique. … Hélas, dans SES pages à faire trembler de jalousie le Nécronomicon …

    Ne serait-ce plutot :

    4 : Scandale journalistique. … Hélas, dans CES pages à faire trembler de jalousie le Nécronomicon …

    Rock’n’Roll

  17. Je fais partie d’une association de jeux de société x) j’imprime ce jeu ce soir, et j’en proposerais une partie aux joueurs XD Je vous dirais ce qu’ils en ont pensé x)

  18. Cher Monsieur Odieux Connard,

    je vous ai découvert il y a une semaine (je suis impardonnable, comment n’ai-je pas pas connu AVANT votre existence), et il y a longtemps qu’un blog ne m’avait pas autant fait rire – avec, en plus de cet excellentissime jeu de société, une nette prédilection pour vos spoilers (et une mention spéciale Twilight et Grey).
    Merci !
    (hihiihhiihuuuhhuuuhhi hihihi comme on fait dans les films)

  19. D’une grande lucidité et criant de réalisme. On s’y croirait (enfin on est en plein dedans), tout y est.
    Chapeau bas l’artiste, je crois que je vais l’utiliser pour expliquer la politique à mon fils de 7 ans!
    Spécial trololol pour la référence aux Malkaviens, équivalent des chaotiques neutres dans AD&D (et rien à voir avec l’avocat de Charlie Hebdo et Clearstream… Oui oui des deux, c’est pas un con patible).

  20. J’aurais pensé que la case « Hotel » se serait appelé plutôt « Sofitel » … Et ce avant de lire l’effet de la case !

    Je pense qu’il faudra une version rééditée. Sinon excellent !

  21. Erreur en case 21 : vous gagnez des cartes pognons car c’est la procédure « annulation de contrat pour un motif d’ordre public, avec indemnisation de l’entreprise contractante et rétro-commission », un classique de la pompe à phynance (article 81 dans le cas de NDDL).
    Vous donnez une carte pognon au « collectif contre les projets inutiles », sauf s’il est entré en action avant que les contrats soient signés.

  22. Moins captivant que la plupart de vos articles… Probablement de mon fait (étant donné que je n’apprécie guère suivre l’actualité en période de campagne présidentielle).
    La blague du Luxembourg a fini d’achever mon opinion.

  23. Je dois vous avouer que je suis assez fan du jeu et ai imprimé et modifié une version (appelée FESS) pour en infliger des parties à mes connaissances.
    La surprise des cases passée, l’intérêt porte sur les personnages, j’en ai donc rajouté :
    – Alain : Quand un membre de son parti perd la partie, il fait perdre des cartes à Alain à sa place. Alain ne peut pas perdre la partie, Il s’exile deux tours au Québec à la place.
    – Arnaud : Il peut défausser toutes ses cartes pipeau pour changer de parti à volonté.
    – Pierrot (rangé dans EELV pour grossir les rangs) : Sobriété : ne garde qu’une carte pognon en
    fin de tour. Colibri : peut raconter l’histoire du colibri chaque tour pour gagner 1 pognon ou pipeau.

    Si jamais quelqu’un passe sur ce vieux sujet et a d’autres propositions je suis preneur.

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