Morphéus vous explique la vie d’entreprise

Quelque part dans un open space, 10:27.

Thomas Anderson soupira en délaissant quelques instants son clavier pour lever les yeux vers les néons jetant une lueur verdâtre au-dessus de lui. Le grésillement de ceux-ci accompagnait depuis des années maintenant ses mornes journées de travail, seulement interrompu de temps à autre par le son familier de l’une des lumières clignotant brièvement. Parfois, on voyait s’élever au-dessus des minces parois séparant les alcôves de l’open space la silhouette d’un collègue grimpant sur son bureau pour donner un coup aux plafonniers afin d’interrompre un clignotement devenu intempestif, rare distraction suivie par les yeux fatigués et inexpressifs de dizaines de travailleurs semblables à Thomas.

Le programmeur s’apprêtait à se remettre au travail lorsque son téléphone se mit à sonner. Et visiblement, celui qui appelait n’avait pas envie de donner son numéro. Thomas hésita un instant, la main juste au-dessus de l’appareil, puis décrocha.

« Allô ?
– M. Anderson ? Bijour, ji suis Jean-Jacques, de Bouygues Télécom, et…
– Ça ne m’intéresse pas, bonne journée.
– Attends attends, non, je déconne : Néo, c’est Morphéus. 
– Qui ça ? Comment savez-vous que je suis Néo ? Comment avez-vous eu ce numéro ? Et pourquoi faites-vous des imitations racistes de télé-opérateur d’abord ?
– J’ai la réponse à tes questions. Mais surtout, la réponse à celle que tu te poses depuis des semaines maintenant. Celle qui te fait te réveiller la nuit. Celle qui obsède tes journées.
– « Quel est le numéro de Françoise Boufhal ? » 
– Non, l’autre : « Qu’est-ce que la Matrice ? »
– Aaaah ouais. Nan, oui, c’est vrai, je me la pose. Mais bon, si vous avez aussi la réponse à la première…
– Concentre-toi Néo.
– Okay : alors, c’est quoi la Matrice ?
– Tu dois connaître la vérité : le monde dans lequel tu vis n’est qu’une illusion. Tout ce que tu vois, tu touches, tu goûtes, rien de tout cela n’est réel. C’est ça, la Matrice. 
– Ça explique pas mal de trucs. NRJ12 par exemple : on voit bien de suite que ça ne peut pas être réel. Mais attendez… vous dites cela, mais avez-vous d’autres preuves ?
– Hahaha… bien sûr Néo. As-tu déjà entendu parler des Agents ? Ce sont des programmes de la Matrice qui ne sont là que pour maintenir l’ordre établi.
– La chiantitude des choses ?
– Exactement. Suis mes instructions : lève-toi doucement et regarde par-dessus les parois de ton alcôve : tu les verras. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit simplement de programmes. Et tu auras ta preuve. Allez, lève-toi te dis-je, et regarde bien ! »

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Le combiné sur l’oreille, Thomas Anderson, alias Néo, quitta sa chaise aussi lentement que possible et laissa lentement ses yeux remonter le long de la paroi voisine avant de s’arrêter lorsqu’il put enfin regarder au-dessus de celle-ci. Et alors qu’il balayait la vaste salle du regard, il les vit : les Agents. Des programmes qui, une fois que l’on y pense, n’ont strictement rien d’humain, quand bien même ils en ont l’apparence. Néo se laissa tomber à côté de son bureau où, à genou et tremblant, il supplia :

« Morphéus ! Je les ai vu, vous avez raison !
– Je te l’avais dit.
– Mais qui sont-ils ? »

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Morphéus prit une grande inspiration à l’autre bout du fil.

« Laisse-moi t’expliquer.« 

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« Néo, tu vis dans la Matrice, une sorte de jeu vidéo géant. La bonne nouvelle, c’est que tu peux recharger une sauvegarde si tu te plantes. La mauvaise, c’est que tu as une durée de vie de 5h. Ah bin c’est le problème des grosses productions,hein.« 

La Matrice existe : vous y travaillez.

Difficile d’expliquer autrement l’impression de déjà vu que vous pouvez parfois avoir, particulièrement lorsque que quelqu’un lance un Powerpoint, ou plus simplement, en discutant avec certains de vos collègues dont les conversations laissent à penser qu’il s’agit en fait de PNJ (vous pouvez essayer de cliquer dessus à répétition pour vérifier, je vous laisse faire, on atteint vite leur limite). Tout comme le fait qu’il y a un décalage entre le monde du travail et la réalité ; par exemple, dans le monde réel, on vous a toujours expliqué que votre diplôme serait le sésame de votre réussite ; sauf qu’une fois dans le monde du travail, non seulement on ne vous a jamais demandé votre titre obtenu de haute lutte, mais pire, 99% des gens n’en ont eu strictement rien à faire. Quelle déception.

Mais ce n’est pas une raison pour se laisser abattre : quitte à être dans la Matrice, autant comprendre les programmes qu’elle utilise pour rendre le monde plus chiant. Qui sont ces êtres ? Quel programmeur mal inspiré a pu créer pareils monstruosités ? Pourquoi en retrouve-t-on toujours où que l’on aille ? Étudions-en quelques exemples typiques. Car il est à craindre que vous en ayez autour de vous.

I. Le Bloody Branleur

Dans le folklore occidental, il existe une légende, principalement racontée aux enfants, qui prétend que si l’on prononce trois fois « Bloody Mary » devant un miroir, on y voit apparaître non pas un cocktail (c’est une légende pour enfant, ne l’oubliez pas, et puis j’ai déjà essayé avec « Bloody Brandy » et tout ce que j’ai eu c’est le spectre d’un chien avec un hamster mort entre les dents, comprenne qui pourra) mais le spectre d’une jeune fille ensanglantée. Si la chose peut paraître effrayante de prime abord, il faut avant tout plaindre le spectre, puisque se manifester dans un miroir de jeune adolescent est avant tout un coup à finir couvert de restes de vieux points noirs et autres boutons éclatés. On espère donc que le folklore introduira bientôt le concept de « Bloody Capuche » pour compenser, mais une fois de plus, je m’égare.

Car dans la Matrice qu’est l’entreprise, il n’y a pas besoin de prononcer quoi que ce soit pour voir apparaître un Bloody Branleur. Et tout comme les spectres, celui-ci a le don d’apparaître dans votre dos, car comme tous ceux de son espèce, il n’a qu’une grande spécialité : regarder ce que vous faites par-dessus votre épaule. Onglet Facebook, blog avec des pavés de texte ou pire, article du Figaro (bon, j’exagère : mon lectorat a du goût tout de même), vous vous sentez obligé de tout fermer lorsque vous remarquez la présence de ce sinistre individu qui n’est pas venu pour espionner, vous sanctionner ou quoi que ce soit : non, le Bloody Branleur se fait juste chier, et comme un vulgaire inconnu lisant par-dessus votre épaule dans le métro, il se poste toujours juste derrière ses petits camarades pour regarder ce qu’ils font (histoire de voir comment eux occupent leur temps en attendant la fin de la journée, des fois que ça l’inspire). Qu’il ait quelque chose à vous dire ou non importe peu : il veut juste regarder ce que vous faites depuis votre dos. Et éventuellement commenter (mais uniquement pour dire « C’est quoi, ça ? »). Dans sa jeunesse, sa capacité à se mouvoir à volonté dans le dos d’autrui a probablement fait de lui un redoutable challenger aux championnats du monde de 1-2-3 soleil.

Capacité intéressante : le Bloody Branleur est très doué pour emmener une boisson avec lui, thé ou café, qu’importe, et le siroter en faisant « sluuuuurp » derrière vous et de préférence tout près de votre oreille pendant que vous espérez secrètement qu’il se barre et aille enfin trouver quelque chose à faire sur son poste. Mais ne vous faites pas d’illusion : vous avez moins de chance de le croiser à son bureau que derrière celui d’autrui.

Comment le repousser ?

Retournez-vous, ça devrait le perturber : il n’est pas habitué à être face aux gens. S’il essaie de repasser derrière-vous, mettez-vous à tourner très vite sur votre chaise, logiquement, le café qu’il a dans la main l’obligera à quitter la poursuite lors d’un terrible accident bien avant que votre petit-déjeuner ne profite de votre tournis pour faire une sortie scolaire.

II. L’auto-stoppeur

Toujours sur la route, comprendre, pas à son poste et plutôt en train d’errer comme une âme en peine, l’auto-stoppeur attend qu’un travailleur innocent passe à sa portée pour lui lancer une salutation cordiale suivie d’une quelconque banalité sur comment vous allez, ou autre grand classique de la vie en société (« Ouesh ouesh  bien ou bien ? » n’en est pas un, inutile d’insister, et aller vous changer, ce jogging est hideux). Hélas, si d’aventure vous veniez à lui répondre « Bien, et toi ?« , c’en est fait de vous : il vous a verrouillé. Il s’arrête dès lors droit sur place et commence à vous raconter sa vie, même lorsque vous tentez de vous en dégagez en accentuant toutes vos fins de phrases de manière à ce qu’elles appellent à une fin imminente de la conversation. Ou que vous remettez ostensiblement vos écouteurs en place (mais si : vous connaissez tous quelqu’un que ça n’empêche pas de continuer à vous raconter sa vie) Car l’auto-stoppeur a des milliers de choses à vous dire. Chaque jour. Et s’il vous les a déjà racontées, ce n’est pas grave : il recommencera, encore et encore. Sans que vous puissiez vous en dégager ; Cthulhu à côté a l’air un peu léger tant en tentacules qu’en agressivité pour votre santé mentale.

En effet, l’auto-stoppeur dispose d’un formidable générateur de jérémiades lui permettant de se plaindre de tout en partant de n’importe quel sujet. Nouvelle coupe de cheveu ? Lui l’autre jour, son coiffeur l’a raté, pfou, il n’y retournera pas, mais bon, si, il est retourné, parce que tu vois, sa mère y est allée l’autre jour et lui a dit qu’en fait, c’était parce que la stagiaire était là depuis une semaine mais que la patronne revenait bientôt et…  qu’importe. Vous avez évoqué un film avec un collègue ? Lui voulait le voir hier, sauf qu’au dernier moment, il a été invité, du coup il a remis ça à plus tard, mais il n’est pas sûr d’aller le voir finalement, parce qu’il a vu la version d’il y a 15 ans et qu’elle lui plaît et que du coup il se demande si… et puis il y a les trains en retard. Et puis la neige devant sa porte. Ou la fois où il a raté une enchère en ligne. Bref, à l’écouter, Dieu a un canon à ions, et il est braqué droit vers sa margoulette.

Et ça marche avec tous les sujets. Même ceux que vous n’avez pas évoqués : son générateur et sans limite. Plus difficile à laisser derrière soi qu’un trou noir, plus bavard qu’une scène de repas de Quentin Tarantino, il guette dans l’ombre le moment où quelqu’un fera un signe, même mineur, laissant supposer qu’il prête un intérêt, même infime, à sa simple existence pour lui donner l’opportunité de la raconter en entier. Et avec tous les détails, parce que sinon, ce n’est pas drôle.

Comment le repousser ?

Faites-lui découvrir Twitter : pleurer sur tout, parler de rien et tout faire pour avoir l’attention d’autrui, c’est le principe même du site.

Ici, des Agents attendent les randonneurs imprudents pour leur sauter dessus et leur raconter le dernier anniversaire de tata Simone. Terrifiant.

III. L’incompétent

Parfois nommée « Personne à qualification limitée » par les associations de soutien aux familles, ou plus prosaïquement « Supérieur hiérarchique » par ceux travaillant avec l’incompétent, celui-ci est une sort de fléau, mais avec une cravate. L’incompétent n’est pas incompétent en théorie : il a un diplôme, un CV et parfois même des recommandations prestigieuses. Et pourtant, sitôt mis face à une tâche, même basique, il se passe exactement la même chose.

D’abord, il en parle beaucoup et à tout le monde (un peu comme un débordé) pour bien dire qu’attention, hein, on lui a confié un gros dossier. S’il peut l’évoquer entre deux portes, dans un ascenseur ou même en se séchant les mains, il le fera. Il a besoin de faire savoir qu’il travaille. Non mais c’est important, parce que c’est vrai que sinon, c’est vrai que l’on pourrait se demander ce qu’il fout. Puis, une fois qu’il a installé cette atmosphère de labeur sérieux auprès de tous ses collègues, il va les trouver un par un pour leur demander « un petit truc » sur telle ou telle partie, de préférence jusqu’à ce qu’une fois tous les petits morceaux cumulés, il n’ait rien eu à faire. Il qualifiera cela de « travail d’équipe« , ce qui sémantiquement, se tient, contrairement à son boulot. Cela fait, il utilisera une technique bien connu de tous les écoliers et ministres de France, à savoir :

  • Si au final, le dossier bouclé plaît, ce sera grâce à lui
  • Si au final, le dossier bouclé ne plaît pas, ce sera la faute des autres

Certains appellent ça du « foutage de gueule« , mais lui parle plutôt de « management« . De toute manière, et par un mystérieux hasard, aucune des personnes disposant d’un minimum d’autorité sur lui ne semble se rendre compte qu’il est parfaitement incompétent, chose qu’il prouve pourtant régulièrement en faisant des erreurs grossières qu’il demande à autrui de corriger (ou plutôt : en disant qu’autrui a merdé, et donc que c’est à lui de rattraper ; il ne va quand même pas reconnaître une erreur, ah mais ho !). On reconnaît par ailleurs aisément l’incompétent au fait qu’il multiplie les anglicismes à outrance selon le célèbre principe qui veut que l’important, ce n’est pas de maîtriser quelque chose, mais de donner l’impression que l’on maîtrise quelque chose. Il n’est pas encore au point sur le terme de « bullshiting » que vous employez à son égard, mais nul doute qu’il le casera bientôt au hasard d’une réunion, sans être bien sûr de ce que cela veut dire, mais ça sonne cool.

Comment le repousser ?

Posez-lui des questions fermées : s’il doit répondre par « oui » ou par « non« , il sera bien embêté de ne pas pouvoir utiliser le pipotron, et prétendra sûrement avoir quelque chose de très important à faire, là, tout de suite, mais si, vous savez, sur le dossier Callaghan. Tout ça. Si vous insistez un peu, il n’est pas impossible qu’il se transforme en petite flaque liquide, mais bon, hein, c’est pas vous qui faites le ménage bande de gredins.

IV. Le militant, mais alors pas trop

Le monde est un endroit terrible. Chaque jour, des milliers de crimes sont impunis, des millions d’inégalités apparaîssent, des milliards d’individus sont privés de ce à quoi une minorité a droit. Le militant a décidé que c’en était trop. Un jour, il s’est levé, et les cheveux s’agitant dans le vent du matin, il a décidé de dire non. Puis, maman l’a appelé pour le petit-déjeuner, alors il s’est dépêché de mettre un slip et de descendre manger son bol de Smacks.

Quand il se passe quelque chose d’anormal au travail, il est le premier à s’insurger, à dire qu’il ne faut pas se laisser faire. Il s’indigne, et partage son indignation avec celles et ceux qui ne seraient pas encore au courant. Il est le premier à dire qu’il ne faut pas se laisser faire, que la hiérarchie va devoir plier, parce que cette fois, on ne rigole plus. A côté de lui, Lénine a toutes les apparences du vulgaire contrôleur de la RATP. La révolution est en marche, et il ne fera pas bon se trouver sur le chemin du prolétariat opprimé. Et puis soudain, il faut passer à l’action.

Oui, alors bon : il ne peut pas prendre la parole : il a mal à la gorge. Bon, il aurait bien pris une carte de syndicat, mais il ne veut pas d’étiquette. Et il aurait bien envoyé une lettre bien sentie au patron, mais son imprimante ne marche pas. Et puis sa boîte mail fonctionne mal, des fois les messages ne partent pas. Du coup, ce serait bien si quelqu’un d’autre pouvait s’en charger. Et attention : il le soutiendra ! Il sera debout, juste derrière-lui si besoin est ! Enfin, dans la même pièce en tout cas. Enfin, dans le couloir quoi. Mais bon, ça dépend parce que ce soir, il a un truc à faire, donc il sera peut-être pas là à la bonne heure.

Le militant-mais-pas-trop est le champion de l’insurrection autour de la machine à café. En théorie et à l’écouter, il donnerait sa vie pour ses idées, mais 10 minutes de sa carrière, par contre, non.

Comment le repousser ?

Lui demander une action concrète, comme ça, une fois, juste pour voir. Et, non, cliquer sur « j’aime » n’en est pas une.

Breaking news : le bouton « partager » ne permet pas vraiment de partager votre miam au sens littéral avec le reste du monde. Lâchez ce bouton maintenant.

V. Paraphrasor

Paraphrasor est l’un des plus grands prédateurs qui soit ; généralement tapis au milieu de la salle de réunion, il attend son heure pour déclencher son barrage d’artillerie verbal ; c’est un peu le général Nivelle de l’absurde, quand bien même les historiens militaires parleraient sûrement de pléonasme mais là n’est pas le sujet (après, je peux faire des blagues sur Craonne et on en sort plus). Tel un pokémon furieux, il attend son heure dans les hautes herbes pour agresser le premier innocent venu à l’aide de son attaque principale : la paraphrase. Lorsque plusieurs personnes travaillent sur un projet, il est toujours le dernier à parler, et généralement, pour répéter tout ce qui vient déjà d’être dit, mais en plus long. Aucune de ses interventions n’a le moindre intérêt, mais il insiste quand même pour prendre la parole, pourvu qu’on l’entende parler. C’est toujours long, toujours chiant, et surtout, toujours toujours (il ne faudrait pas qu’il se taise au moins une fois, l’humanité serait privée de beaucoup trop).

Personne ne sait s’il est vraiment conscient de ce qu’il fait, mais tout le monde est d’accord sur un point : il est lourd. L’une de ses attaques spéciales consiste à attendre la dernière minute de la réunion qui a déjà 25 minutes de retard pour poser une « dernière question » dont la réponse a pourtant déjà été donnée trois fois. En général, chacun peut alors sentir la haine l’envahir (en plus de la faim, il est midi passé, quoi, roooh), et le paraphrasor a une espérance de vie particulièrement courte, quelque part entre le cochon d’inde et le lapin nain, dont il partage tant l’intellect que la capacité d’attention.

Paraphrasor est un peu le Jean-Louis Borloo de l’entreprise : qu’importe le sujet, il est toujours d’accord avec le dernier qui a parlé.

Comment le repousser ?

Jetez-lui une pokéball. Mais une bien lourde, et de préférence, en début de réunion. Pas sûr que vous le capturiez (pas plus que vous ne le voulez), mais en tout cas, nul doute que vous arriverez plus tôt à la cantoche sans ses interventions intempestives.

VI. Le rigolo

Lorsqu’un comique sent son heure arriver, il se rend dans un endroit secret pour mourir (on sait juste qu’il passe d’abord par le spectacle des Enfoirés, qui est un peu l’équivalent des soins palliatifs pour ceux de son espèce). Là, après une ultime blague à Toto, il rend son dernier soupir et est généralement enterré dans un cercueil en béton pour être sûr qu’il ne revienne pas. Hélas, parfois, lors de terribles rituels impliquant du sang de jeune vierge, des crânes de boucs et des DVD de Franck Dubosc, leurs mânes sont rappelées et envoyées posséder des corps au sein d’entreprises. pour y semer le chaos.

Tous les rigolos ont un point commun qui permet de les reconnaître aisément : ils ne sont pas drôles.

Voletant d’un bureau à l’autre, ils ont soit une histoire à raconter digne des plus grandes heures de Télé Poche, soit ils profitent de l’absence d’un de leurs petits camarades pour changer leur fond d’écran, lancer une vidéo Youporn ou autre subtilité digne d’un Jean-Marie Bigard un soir de cuite. Le rigolo est non seulement lourd, mais par ailleurs, son « sens de l’humour » est si particulier que lorsque quelqu’un lui fait remarquer qu’un seul de ses calembours suffirait à détruire un char tigre, il est persuadé que vous dites ça pour le charrier, et que donc, vous aussi vous êtes un rigolo, hé, ça te dirait pas une soirée vidéos Youtube autour d’une bonne tartiflette ? Après on fera des prouts devant des vidéos de Norman, ce sera super lol.

Le rigolo n’est jamais fatigué, et poursuivra son oeuvre sans relâche, confirmant son statut de mort-vivant. Il est par conséquent triste de constater que l’on ne sache pas encore transformer l’humour pourri en énergie pure, auquel cas Eric et Ramzy pourraient alimenter l’Europe de l’Ouest à eux seuls durant quelques années.

Comment le repousser ?

Allumez n’importe quel téléviseur voisin et mettez vidéo gag. Il devrait rester immobile à suivre la chose aussi longtemps qu’elle sera diffusée. A ce qu’il paraît que si vous laissez un rigolo assez longtemps comme ça, il finit par tisser un cocon autour de lui et qu’au bout de quelques mois en sort un chroniqueur du Grand Journal. Attention : je ne vous ai pas dit d’essayer pour autant, il y a déjà surpopulation.

Tiens, une photo de Laurent Gerra ici ? Comme c’est étrange. Sûrement une coïncidence.

VII. Le fayot

Lorsqu’il était enfant, le fayot a été malmené par ses petits camarades pour avoir collaboré avec l’ennemi, incarné dans le cas présent par le corps enseignant. Après s’être réveillé à maintes reprises dans des poubelles avec son slip sur la tête, le fayot a juré qu’un jour, il se vengerait. Depuis, il ne vit que pour obtenir une promotion et ainsi pouvoir exercer sa vengeance sur ceux qui le malmenèrent autrefois.

Si son plan a quelques failles (ceux qui à 16 ans, se moquaient de lui à la sortie du lycée en fumant des clopes sur leurs scooters en faisant des clins d’œil aux filles de terminale en ont aujourd’hui 32, mais sont toujours à la sortie du lycée sur leurs scooters à faire des clins d’œil aux filles de terminale), il n’en porte pas moins toujours une profonde haine pour autrui.

Le fayot ne se contente pas d’apprécier les idées de ses supérieurs : il tient à ce que cela se sache. Interventions intempestives, en et hors réunion, petits mots dans les couloirs et compliments grossiers, le fayot ne recule devant rien mais a tout de même un peu de peine lorsque finalement, ce n’est pas lui qui est promu mais quelqu’un de bien moins loyal. Bien sûr, il ne fera jamais le rapport avec le fait que son attitude donne l’impression qu’il a autant de personnalité qu’un tapis, mais ce n’est pas grave : il restera, fayotera, et si en plus il peut balancer un ou deux collègues à la maîtresse entre deux portes, il le fera.

Même si le slip sur la tête et la poubelle ne sont jamais loin : c’est ça, l’amour du risque.

Comment le repousser ?

Devenez patron, puis adoptez-le. Le MEDEF organise régulièrement des combats de fayots dans des hangars désaffectés. Le toutou qui gagne est simplement heureux d’être aimé (vous pouvez lui gratter le ventre pour le récompenser). Par contre, pour l’autre, c’est direction la ruelle la plus proche pour une tentative d’insémination au gros plomb. Comble du bonheur : aucun fayot ne vous dénoncerait à l’inspection du travail. Que demande le peuple ?

VIII. Le parent

Un dîner en amoureux, un slow sur la musique de La Boum, quelques mots tendres susurrées à l’oreille et bien sûr beaucoup de GHB et voilà ce qui arrive : l’un de vos collègues commet l’irréparable et se reproduit. Désormais, l’ensemble de sa vie tourne autour du petit être qu’il a engendré, et dont la seule existence semble nécessiter l’utilisation de plus de superlatifs que la presse spécialisée à la sortie d’un nouveau Spielberg. Théo a passé une mauvaise nuit ? Ce simple récit raconté 12 fois vous aidera à passer une mauvaise journée. Mathias a fait une superbe d’oeuvre d’art à l’école, à base de papier coloré, de paillettes et bien évidemment de coquillettes (15% du chiffre d’affaire de Barilla est obtenu grâce aux ateliers scolaires d’art plastique français) ? Nul doute que non seulement il décorera le bureau de son parent, mais mieux encore, chaque malheureux qui entrera dans celui-ci en essayant de formuler courtoisement « Qu’est-ce que c’est que cette merde ? » aura le droit à un récit qui fera vieillir d’un an instantanément toute personne à proximité tant il sera sans fin et ennuyant.  Et si Léa pousse si fort sur son pot qu’on la retrouve assise sur son propre étron, digne des animaux les plus majestueux de la savane, ce sera directement photo Instagram et partage Facebook.

Le parent n’a qu’une envie : partager avec le monde libre les nouvelles les moins intéressantes que sa progéniture puisse produire. De toute manière, les enfants produisent rarement quoi que ce soit d’intéressant, puisqu’aux dernières nouvelles, si on trouvait des enfants-soldats, on trouvait rarement des enfants-docteurs-en-physique-quantique, ce qui prouve bien qu’ils sont quand même un peu limités. Et encore, parmi les enfants-soldats, pas un officier. Lamentable.

Le parent est en général équipé des dernières technologies modernes pour que où que vous soyez, vous puissiez profiter des dernières photographies familiales qui ne vous intéressent pas (« Mais si, attends, je te remontre Léa, regarde moi l’engin !« )

Comment le repousser ?

« Moi aussi j’ai des photos ! Là c’est moi en vacances à Charleroi ! Et là, regarde ! On faisait des courses d’autobus avec mon copain Emile Louis, qu’est-ce qu’on a rigolé ensemble !« . Photoshop peut faire des miracles pour votre tranquillité.

Pour rappel, rien ne ressemble plus à un bébé qu’un autre bébé. Inutile donc de vous embêter à prendre des photos : il y a des banques d’images pour ça.

IX. Le voyageur temporel

Contrairement à ce que son nom pourrait laisser supposer, le voyageur temporel ne vient jamais du futur pour vous filer les numéros du loto, non. En fait, celui-ci vient plutôt en général des années 80-90 et a encore du mal à se faire à l’idée que « il y a 10 ans » ne le renvoie pas au début des années 90. Vous l’avez déjà surpris à donner un prix en francs (il n’est jamais vraiment passé à l’euro ; il se contente de convertir), il vous envoie régulièrement des powerpoints kitschissimes, et vous le soupçonnez secrètement d’avoir encore Caramail dans ses favoris Internet explorer.

Le voyageur temporel a plein de découvertes à partager avec tout le monde. Aucune n’est plus une découverte depuis au moins quinze ans, mais ce n’est pas grave, s’il y a bien une chose dont il ne manque pas, c’est d’enthousiasme. Toute référence faite à quelque chose apparu après 2002 le trouble quelque peu, et s’il travaille dans l’informatique, vous pouvez commencer à trembler. Tous les scammers Nigérians se réveillent la nuit dans des draps humides rien qu’en pensant à lui, et il est fort probable qu’ils représentent à eux seuls 2% du PIB local. Contrairement a Dr Who, le voyageur temporel n’a que trop rarement un compagnon d’aventure, mais qu’importe, car il a toujours sur son PC son raccourci qui lui permet de faire apparaître des petits moutons sur l’écran lorsqu’il clique, hihihi, viens voir Ginette, c’est rigolo.

Le voyageur temporel vit dans un monde qui a poursuivi son chemin sans lui. Il dit parfois « Antenne 2 » pour désigner le service public, et soupire longuement en écoutant Notre Dame de Paris. Plus personne ne sait vraiment que faire de lui, et il accomplit machinalement les mêmes tâches depuis des années. Il s’imagine tel un vieil homme sur la jetée, qui observe les vagues disparaître l’une après l’autre en laissant l’écume derrière elle. Puis, il sauvegarde son fichier Excel, fait suivre un courrier pour la semaine de l’amitié et se demande quel gif il pourrait mettre en signature de ses mails pour être plus en accord avec le monde moderne.

Comment le repousser ?

La nature va s’en charger très prochainement, inutile de vous fatiguer. Attention à ne pas lui montrer d’objets trop modernes : vous risqueriez de l’exciter et son cœur est fragile.

X. L’inconnu

Il existe différents niveaux de timidité ; l’inconnu est carrément en phase terminale. Vous le croisez le matin depuis des années, vous avez déjà été dans des réunions avec lui et un jour, on vous l’a présenté mais vous avez oublié son nom et sa fonction exacte dans les dix minutes qui ont suivi. Depuis, vous ne l’avez jamais entendu s’exprimer, à part pour répondre à un bonjour gêné dans l’ascenseur. Lorsque l’on vous demande si vous avez vu « Mais siii, vous savez, l’autre là le… le jeune qui… mais siii il était assis à côté de Brigitte !« , quand bien même on vous parle du matin même, vous n’en avez aucun souvenir. Pas plus que la plupart de vos collègues.

L’inconnu ne marque personne, travaille sur des dossiers dont vous ignorez tout, et apparaît au coin de votre champ de vision de temps à autres sans que vous soyez certains qu’il s’agisse vraiment de lui ou juste de persistance rétinienne. Dans le doute, vous lui jetteriez bien un truc à la gueule pour voir s’il existe vraiment, mais vous avez promis à Benoît de lui ramener son agrafeuse, vous allez donc la garder à la main plutôt que de vous en servir de projectile tout de suite.

Peut-être l’avez vous accepté sur Facebook après une soirée bien arrosée. Depuis, à chaque fois qu’il like un de vos statuts, vous marmonnez « Putain, mais c’est qui lui ? » avant d’aller voir son profil. Et s’il n’a pas mis son véritable visage sur sa page, vous êtes bien infoutu de le resituer précisément, quand bien même son bureau est voisin du vôtre.

Si c’est un stagiaire, ne vous inquiétez pas : c’est parfaitement normal.

Comment le repousser ?

En fait, c’est déjà fait. Attention cependant : si vos collègues ne le remarquent pas plus que vous, c’est acceptable, mais si en plus vous avez froid lorsqu’il approche, c’est simplement que vous voyez des gens qui sont morts. « C’était donc ça, je me disais bien qu’il ressemblait vachement à Joe Dassin« 

Dans certaines organisations, tout le monde est un peu l’inconnu de tout le monde, mais ça fonctionne quand même. Comme quoi, je suis plein de préjugés.

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Néo essuya la sueur de son front du revers de sa manche, le téléphone toujours vissé à son oreille. A présent, tout faisait sens : ces gens étaient beaucoup trop génériques pour être de véritables individus. Il jeta un nouveau coup d’œil vers son PC, sa boîte mail clignotant déjà en affichant un mail ayant pour objet « Tr: Tr: Tr: Re: Re: semaine du bisou » et poussa un léger gémissement.

« Que dois-je faire Morphéus ? 
– Tu as le choix Néo. Je peux t’aider à arrêter la Matrice. J’ai disposé sur ton bureau deux pilules : une bleue et une rouge.
– Ah oui, je les vois ! Bon, et qu’est-ce que je fais ?
– Tu fais un choix. Tu peux choisir la pilule bleue, et tout s’arrête. Tu oublies cette conversation, tu te réveilles dans ton lit et ta vie reprend son cours. Ou tu peux choisir la pilule rouge, et je t’aide à ouvrir les yeux. Alors ?
– Hmmm… j’ai le droit d’en lécher une d’abord pour choisir ?
– Non.
– Bon… allez okay, je choisis la rouge ! Qu’est-ce que je fais maintenant ?
– Excellent choix Néo. Tu vas devoir me faire confiance, d’accord ?
– Bien sûr Morphéus.
– Alors tu prends la pilule, tu vas voir Sandrine du service marketing, et tu la glisses dans son verre. 
– D’accord ! Et après je sors de la Matrice alors ?
– Ouiiii Néo. Tu sors de la Matrice. Allez, sois discret, et quand elle aura avalé la pilule, tu l’amènes à la porte de derrière, une voiture t’attendra. Fais bien attention aux Agents qui surveillent la Matrice, Néo.
– Pas de problème ! J’y vais Morphéus ! On se voit de l’autre côté !
– C’est ça. Allez, bonne chance Néo ! »

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Diego resta un moment silencieux alors que je raccrochais le téléphone.

« Voilà Diego. Bon, allez, fais de la place dans le coffre et amène la voiture, on a du travail.
– Quand même patron, c’est de plus en plus facile. Que pensez-vous qu’il va dire quand il s’apercevra qu’on ne le sort pas vraiment de la Matrice et qu’il est juste entouré de gens chiants ? Vous voulez que je prépare votre meilleure pelle ?
– Allons Diego, un peu de sport que diable : non, nous lui dirons tout simplement que ça n’a pas marché et qu’il doit se faire discret s’il ne veut pas que les Agents l’attrapent.
– Oui mais comment allez vous expliquer que la Matrice ne l’ait pas laissé partir ? »

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Je pris une gorgée de l’excellent brandy qui attendait sur le guéridon près de mon fauteuil. « Facile, mon bon Diego« , lui dis-je.

« On lui dira que la Matrice est produite par Apple. »

78 réponses à “Morphéus vous explique la vie d’entreprise

  1. « Hélas, parfois, lors de terribles rituels impliquant du sang de jeune vierge, des crânes de boucs et des DVD de Franck Dubosc, leurs mânes sont rappelées et envoyées posséder des corps au sein d’entreprises. pour y semer le chaos. » Leurs âmes plutôt j’imagine :)
    Pas mal l’article, mention spécial sur le paraphraseur que j’étrangle volontiers et régulièrement en pensée (et dans la tasse de café duquel je renverse allégrement du sel quand il a le dos tourné).

      • hahahaha :) oui peut-être bien. à utiliser sans modération ! @ élise : je l’ai appris sur wikipédia du coup, mais précision fort utile quoi qu’il en soit ! c’est tout à fait ça!

    • Si hélas, il s’emmerde lui même.

      Ce qui me permet au passage de pauser quelques fugaces questions:
      L’altruisme ne connait-il pas de limite?
      Doit-on mourir par altruisme?
      Faut-il enseigner l’altruisme dans les EHPAD?

  2. Ah vous connaissez Dr Who ! Notez que cette série contient elle aussi quelques légères incohérences. Un spoil du film pour les 50 ans de Dr Who ?

    • Oh oui, s’il vous plaît. Un spoiler de Dr Who j’en rêve à chaque fois que l’OC mentionne les voyages dans le temps…

      • Et bien le film qui sortira pour les 50 ans de la série, dans un mois à peu près. Mais il ne sort probablement pas dans les cinémas français.

      • pour etre precis, c’est un format un peu batard entre un episode classique et un long metrage, diffusé en 3D dans les cinémas britanniques, sur certaines chaines, et en 2D dans 73 pays si ma mémoire est bonne. et non il n’est pas diffusé en france, meme si les plus hardis d’entre vous pourront aisement le voir sur internet avec un leger décalage. ( pour ma part, je serais a la source alors … ) et perso, un spoil de Dr who me ferait bien marrer aussi :)

      • Si si il sera diffusé sur France 4 le même jour (23 novembre), reste à voir l’horaire de diffusion.

  3. Les mêmes se trouvent en salle des profs, avec quelques spécialités dues à la profession (le martyr du collège, le-meilleur-prof-du-monde, le prof de sport). Une précision : la catégorie parent comporte la sous-catégorie « maman », qui se fait un plaisir de raconter l’intégralité de sa grossesse, vomissements et gaz compris, puis de son accouchement (l’épisiotomie, une grande aventure …) à toute collègue féminine enceinte, de préférence à la cantine. Puis lui tapote le ventre avec un sourire bienveillant et niais qui donne envie de reculer devant tant de privauté … Et oui, on sent le vécu dans ces propos.
    Ce rappel d’une vie antérieure est mon cadeau pour vous, Odieux, avec tous mes respcts.

  4. Cher odieux,

    Que faire, mon voisin de bureau a muté en créature hybride, mi parent-mi débordé (oh mon dieu je n’ai le temps de rien faire mais il faut que je t’explique pourquoi pendant une heure!)
    Ayez pitié, merci.

  5. Et sinon c’est vraiment votre anniversaire ou bien le 1er commentaire est un troll et tout le monde le croit ?
    Dans le doute joyeux anniversaire.
    Hollywood vous offrira bientôt Gravity. Je vous sens déjà ravi de cette délicate attention.

  6. « Il n’est pas encore au point sur le terme de « bullshiting » que vous employé à son égard » Ne serait-ce pas plutôt « employEZ » ?

  7. Même en retard, si cela peut me rapporter le fouet, un odieux anniversaire à vous!
    Que sera le cadeau l’an prochain?

  8. Wouhaou! Que du bonheur, la lecture de cet article. Je me demande juste, vu la quantité de profils, si il y a quelqu’un qui puisse ne se reconnaître dans aucun.

  9. Bon anniversaire cher Odieux (même si c’était hier). Et merci pour cet article toujours aussi plaisant.

  10. Alors anniversaire ou pas il est punissable de mort (voire pire, d’être forcé à assister à un spectacle d’Anne Roumanoff) d’abréger le titre Du Docteur en « Dr Who »

      • Ah non non, je ne pensais pas à le nommer Le Docteur, mais « Doctor Who ».
        C’est juste l’abréviation « Dr Who » qui est illégal dans 73 états ;-)

  11. Je ne connaissais pas Françoise Boufhal … Mes soirées « onanistiques » deviendront plus… agréables..
    un grand merci à Odieux Connard!

  12. Ah! et au fait, il y a aussi le « Kissikoné » (une véritable saloperie)… vous l’avez oublié celui-là…

  13. De grâce, ne frappez pas une langue à terre : l’adjectif « ennuyeux » existe et recouvre tous les sens que l’affreux « ennuyant » pourrait vouloir convoyer.

    • Zut j’ai été pris de vitesse. Ca m’apprendra à regarder en boucle « Dora prend de la drogue ».

  14. Puisqu’il paraît que c’est votre anniversaire, je me joins au choeur : Bon anniversaire.

    Si, la Matrice existe. La preuve : Je suis un Agent Catégorie IX.

    Votre description est exacte, à une nuance près toutefois : dans ma sous-catégorie, on soupire en écoutant « La mer qu’on voit danser… » (par exemple) plutôt que « Notre-Dame de Paris », un peu trop récent et qui nous évoque plutôt un roman de Victor Hugo.

    Au plaisir de vous lire à nouveau.

  15. Mais c’est ça tout s’explique ! Nous sommes cernés !
    D’ailleurs ça explique bien des choses. Si nous sommes dans la matrice, vu tout ce que je prends dans la gueule au quotidien, c’est l’évidence…je suis un pokemon !
    Sors moi de là Morpheus (ok moi je vais arrêter les pilules rouges…et les vertes, les jaunes, les violettes…)

  16. Odieux, où avez entendu l’expression PNJ telle que vous l’employez ? Sans me vanter d’une intelligence particulière, je suis certaine de l’avoir inventée, c’est vraiment étrange… Je veux mes droits d’auteure ! :p

  17. Je m’insurge : Eric et Ramzy sont de bons comiques, assez drôles. Si la forme est sommaire et bruyante c’est un choix délibéré.

  18. Bof, article nul, et en plus ça manque de sexe. Y a que les lèche boules qui diront le contraire, bien sûr. Et l’espèce se reproduit comme des lapins avant la myxomatose, on dirait…

    • je ne sais pas si c’est un troll ou une pensée serieuse, mais je respecte le choix du king crimson :)

      • si tu veux du sexe y’a des trucs spécialisés pour ça…. bon perso j’aime bien l’article, et le jour ou tu verras me lecher des boules n’est pas arrivé… et n’arriverras pas… mais je respecte ton jugement. bon longue vie à OC !!! il nous fait bien marrer !!!

  19. Je suis ingénieure en développement informatique (non, pas programmeuse, ingénieure). J’ai beaucoup ri.
    Et j’ai été soulagée de ne correspondre à aucune catégorie (même si, il est vrai qu’il en manque).

    • et moi je suis CP … tu sais ce que ça veux dire…. mais la connerie des autres est sans limite !!!! bonne chance chère ingénieure….

  20. Il y a deux problèmes avec la théorie du complot :

    C’est d’en voir partout ou de n’en voir nulle part.

  21. eh ben voilà… pil poil !!!! ce qui m’empeche de me lever le matin…. suis a 12 ans de la retraite (si si j’ai calculé…) et qu’est ce qui va m’empecher de cotoyer ces blaireaux !!!! le suicide ? comme chez France Telcon ????

  22. Très bon article comme toujours! Quelqu’un pourrait cependant m’éclairer sur la référence Bloody brandy, le chien et le hamster?

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