Après Terre (à Terre)

« Monsieur, vous auriez quelques minutes ?« 

Le type en k-way, ses tracts à la main, s’interpose sur mon chemin en tentant de m’aveugler de ce curieux sourire figé qu’il a aux lèvres. Malgré une tentative de l’esquiver en passant sur sa droite, celui-ci dévie pour me forcer à m’arrêter, et fait un pas à gauche lorsque j’essaie de le dépasser par l’autre côté. Et toujours, il sourit.

« Non, je suis pressé.
– Juste quelques minutes ! Ça vous intéresse l’écologie ? Vous n’avez rien contre la protection de la planète ?« 

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Toujours les mêmes phrases auxquelles la population, en répondant bien évidemment que non, elle ne soutient pas volontairement les rejets d’uraniums dans les tanières de bébés phoques, ouvrira la boîte de Pandore du démarcheur humanitaire. Mais il en faut plus pour me déstabiliser.

« Respectivement, « non » et « si ».
– Haha, vous avez de l’humour !
– Ecoutez, il y a trop de témoins pour que j’écrase mon cigare sur vos rétines, alors je fais déjà beaucoup pour l’écologie vous savez, régulièrement, j’aide la végétation des sous-bois à avoir son lot d’engrais bio, maintenant écartez-vous.
– Parfait ! Il se trouve que je représente la plus grande organisation écologiste au monde, Gr…
– Hollywood ?
– Pardon ?
– Hollywood. La plus grande organisation écologiste au monde. »

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Le grand dadet est un peu surpris, mais n’en démord pas : il continue de reculer lorsque j’avance, et de se mettre devant moi à chaque fois que j’essaie de passer. Mais dans l’immédiat, il semble quelque peu perturbé, ses sourcils froncés avec une curieuse inclinaison.

« Je ne comprends pas Monsieur.
– L’écologie, c’est le recyclage, tout ça, non ?
– Heu… oui ?
– Vous connaissez des gens qui recyclent plus qu’Hollywood ? S’il y avait une benne pour les livres usagés, ils viendraient la vider tous les jours. Au départ, ils recyclaient juste des livres en film, mais voyez, avec le temps, ils s’améliorent : depuis peu, ils arrivent à tirer deux films d’un seul livre, comme les derniers épisodes de Twilight ou Harry Potter. On pensait que c’était déjà un recyclage costaud, mais non ! Depuis peu, ils arrivent à faire jusqu’à trois films d’un tout petit livre, comme Bilbo. Et comme si ça ne suffisait pas, ils sont allés encore plus loin : maintenant, ils arrivent à adapter une adaptation pour faire une boucle infernale, comme Spiderman. Après, il y a les champions, du genre ceux qui font des films juste à partir de la première page d’un conte sans s’intéresser au reste, comme Hansel & Gretel.
– Oui non mais je… c’est… enfin ils vont devoir s’arrêter à un moment ! Qu’est-ce qu’ils feront lorsqu’ils auront fait tous les livres ?
– Mais, ça a déjà commencé, jeune naïf.
– Pardon ?
– A force de creuser, ils ont découvert un type de livre qu’ils n’avaient jamais adapté : l’album de famille. 
– Je ne comprends pas.
– Le spectateur lambda non plus : tout commence lorsqu’un producteur tombe sur l’album photo d’une star. Il refile le tout à un quelconque grouillot et lui ordonne d’écrire un film où l’on a juste des gros plans sur la famille de la star en question pour faire vendre. Et vous savez quoi ? Ça marche. 
– Non, c’est impossible ! On peut recycler n’importe quoi, mais pas juste avoir pour seul argument de vente qu’il y a des gens de la même famille dans un film ! »

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Le sourire qu’il tente tant bien que maintenir vacille lorsqu’il suit, horrifié, ma main plongeant dans la poche de mon costume pour en ressortir un minuscule ticket où il peut lire « After Earth« . Son visage se déforme sous l’effet de la terreur, et sans un cri, le malheureux choit au sol, alors qu’en son for intérieur, tout son univers s’effondre.

After Earth est-il assez mauvais pour enfin se débarrasser des démarcheurs de rue ? Est-il possible d’adapter un album photo pour en faire un film ? Et surtout, est-ce que Will Smith chante le générique d’une énième production où il apparaît ?

Spoilons, mes bons !

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L’affiche : notez que l’on vous présente juste les acteurs. C’est tout. Non non, même pas de quoi ça parle, après tout, quel intérêt ?

Tout commence sur un tapis de mousse, quelque part dans une riante forêt, alors qu’un jeune garçon gît au sol, visiblement quelque peu choqué. Il ne s’agit pas d’une banale journée en Belgique, non : ce garçon, c’est Kitai Raige. Comment en est-il arrivé là ? Allons donc dans le passé voir de quoi il retourne.

Depuis près de 1 000 ans, l’Humanité ne peuple plus la Terre. Les catastrophes s’y étant multipliées, des éruptions volcaniques aux tsunamis en passant par les tweets de Christine Boutin, les humains ont préféré quitté leur berceau pour s’élancer vers les étoiles et aller coloniser Nova Prime, leur nouveau foyer au décor assez semblable à celui de Mars, les jolies rivières kikinoutes en plus. Sauf que sur place, des extra-terrestres dont on ne comprend pas vraiment si c’était leur planète ou juste s’ils venaient faire des blagues  (l’alien est d’un naturel déconneur), ont déclaré la guerre à l’Humanité. Et plutôt que de se salir les mains, les fripons ont conçu et largué sur Nova Prime des ursas, à savoir des grosses bêtes griffues et aveugles capables de sentir la peur chez les humains. Permettant ainsi de les localiser, et en général, de leur meuler la gueule dans la foulée, comme ça, hop. Heureusement, avec l’évacuation de la Terre et la fin des nations, un corps d’élite était né pour protéger notre race au travers des étoiles : les Rangers. Mais même celui-ci ne pouvait rien face à la menace ursa. Avec les impôts qu’on paie ma bonne dame, c’est quand même moche.

Il faut dire que la technique laissait un peu à désirer.

« Mesdames et Messieurs, j’ai réuni ici les meilleurs éléments des Rangers pour discuter de notre stratégie face à la menace alien qui pèse sur notre nouveau foyer. Comme vous le savez, ces rabouins larguent des monstres aveugles mais avec un bon nez depuis leurs vaisseaux, et ensuite s’en vont en rigolant pendant qu’on se fait maraver. Il nous faut un plan.
– Moi ! Moi je sais !
– Caporal Roudoudou, on vous écoute.
– Oui alors je me disais, bon, si on mettait en place une défense aérienne pour calmer les vaisseaux de largage aliens, déjà ? Et puis ensuite, on pourrait se faire les ursas sans risque : quelques appareils volants, des armes à distance, et puis allez, si on veut vraiment maximiser le concept, on diffuse des odeurs et bruits de mecs qui ont les chocottes pour les attirer et là, hop, on ouvre le feu de loin et sans risque. Les appareils volants, les armes à distance… c’est vieux de 1 000 ans, mais ça marche toujours. Alors ?
– Hmmm, je ne sais pas. Quelque chose me déplaît dans votre plan. Une autre idée ? Sergent Bigballs ?
– Ouais heu… je m’disais… si on combattait heu… avec des épées ?
– Face à des animaux de trois tonnes cinq ? Ça me plait, continuez.
– Ouais et heu… on pourrait aussi genre heu… ne pas porter de protection ? Genre on fait la guerre en slip, voyez ?
– Haaan… ouais, j’vois… haaan ça s’rait cool ! Allez vendu !
– Mais ? C’est complètement con ! On dirait un prétexte pourri pour justifier tout un film moisi !
– Ça suffit caporal Roudoudou, c’est un conseil de guerre sérieux, sortez d’ici ! Et changez-vous bon dieu : on vient de dire tous en slip ! »

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Bref, la stratégie de l’humanité qui donna son nom à la guerre, à savoir « La guerre qui puait un peu du cul » (les historiens du futur sont parfois rudes, j’en conviens), fonctionna relativement mal jusqu’à ce que, non pas quelqu’un se souvienne du sens du mot « flingue », mais qu’apparaisse un héros parmi les rangers, Cypher Raige. Celui-ci était si courageux qu’aucune peur n’émanait de lui : il était donc invisible pour les ursas, qu’il pouvait ainsi poignarder dans le dos tel un roublard farceur. On appela cette capacité « l’effacement ». Aujourd’hui, Nova Prime est une planète paisible, où les derniers ursas sont impitoyablement traqués par les rangers qui s’entraînent eux aussi à « s’effacer » pour plus d’efficacité.

Et parmi les nouveaux rangers qui se forment, nous retrouvons donc le cadet Kitai Raige, fils du héros Cypher Raige. Evidemment, Kitai est le meilleur dans tous les domaines (on suit rarement un personnage moyen, c’est fou), à une exception près : il n’obéit à aucun ordre. Aussi, se demande-t-il bien pourquoi ses supérieurs refusent de le promouvoir ranger, sûrement un complot judéo-maçonnique. Et visiblement quelqu’un a dû lui ordonner très fort de bien jouer dans ce film, car là aussi il désobéit avec un certain plaisir. Enfin bref : le soir même, Kitai a un repas important chez lui, puisque son héros de père rentre de mission, et qu’il attend que son fils lui annonce qu’enfin, lui aussi est devenu ranger. La belle affaire.

Sauf que du coup, non : Kitai peut juste annoncer que meugneugneu, pas ranger, meugneugneu, spamafaute, meugneugneu c’est l’prof y m’aime pas, meugneugneu (dans le futur, les élèves sont les mêmes qu’aujourd’hui : un concept intemporel mais formidablement lourd surtout à table). Hélas, ça ne prend pas avec Cypher Raige, qui est très déçu que son fils ait encore échoué comme une grosse quiche, et se demande s’il ne va pas l’envoyer sur une filière de garage, comme un BTS de fourreur de bottes ou pire, Science Po. Mais maman Raige est évidemment là pour apaiser les esprits et proposer une pause poncifs histoire de détendre tout le monde. Attention, prêts ? On y va :

  • Maman Raige : « Cypher, tu es trop souvent absent, ton fils a besoin d’un père, ah, si seulement un événement mystérieux et imprévisible pouvait vous rapprocher !« 
  • Cypher Raige : « Chérie, je fais une dernière tournée d’inspection demain, et ensuite, je prends ma retraite. On sait tous qu’il n’arrive jamais rien aux gens lorsqu’ils annoncent qu’ils sont à deux doigts de la retraite.« 
  • Kitai Raige : « Ho mon dieu, j’ai des souvenirs de ma sœur  tuée par un ursa. Si seulement j’avais l’occasion d’en tuer un pour refermer cette blessure familiale via une formidable vengeance au cours d’un événement mystérieux et imprévisible ! »

Roh, je me demande bien ce qu’il va se passer du coup, pfou. Ah, d’ailleurs, oui, j’en profite : durant le film, on a des flashbacks de la famille Raige et de la soeur de Kitai, Senshi. Celle-ci lisait une édition du XXe siècle de Moby Dick, « trouvée à la bibliothèque » (car oui, dans le futur, les livres vieux d’un millénaire sont connus pour être disponibles en rayon avec les gros yeux de la bibliothécaire si vous rendez le tout en retard, ne me demandez pas pourquoi on a insisté dans le script pour qu’elle lise une vieille édition poussiéreuse), et lorsqu’elle ne lisait pas les aventures de la baleine blanche, elle appelait son père pour un oui ou pour un non dans toutes les situations (Cypher répondait même en pleine manœuvre militaire, je… certes) histoire de… rien. Voilà, je crois que je n’ai rien oublié de tous ces personnages si bien écrits. Enfin je me comprends : je ne savais pas que l’on pouvait écrire une bible entière de personnages uniquement avec du blanc (enfin pas vraiment puisque je… heu… bon sang, je sens le souffle rauque de SOS racisme dans ma nuque, je vais garder ce calembour pour plus tard).

Bref : le soir même, Cypher propose à Kitai, pour se rapprocher et le former, de partir avec lui sur sa prochaine et dernière tournée d’inspection, qui doit avoir lieu sur une planète voisine elle aussi colonisée. L’adolescent accepte bien vite, et le lendemain, nos héros se rendent à l’astroport le plus proche pour embarquer. L’occasion pour le spectateur d’observer la merveilleuse démarche naturelle et crédible de Cypher, qui se promène tout rigide, les bras immobiles placés en anse de chaque côté de son corps sans raison apparentes, à part laisser supposer que soit il tente de hurler au monde qu’il veut qu’on greffe des poches à son pantalon, soit qu’il attend qu’on le prenne par le coude pour aller tournoyer dans une folle danse bavaroise (j’ai attendu tout le film qu’un type en costume tyrolien traditionnel apparaisse une caisse de schnaps à la main, mais hélas, il n’en fut rien). D’ailleurs, lorsque plus tard dans le film, Kitai se découvrira une discipline intérieure semblable à celle de son père, lui qui marchait normalement jusque là se mettra à lui aussi se déplacer comme si une cordée de millionnaires et leurs sherpas avait entamé l’ascension de son intestin grêle par la face sud. Quel talent.

Regardez bien cette position des bras : elle est permanente. Peut-être que notre héros ne peut pas les rabattre plus avant à cause d’une terrible malformation ? Mais alors, comment fait-il pour ramener le pain ? Le journal ? Ou faire pouët-pouët avec ses aisselles ? Un handicap terrible pour un père de famille.

On croise au passage des personnages dont on n’entendra plus parler, comme par exemple ce mystérieux unijambiste dans l’astroport qui prouve juste que dans le futur, on a pas encore inventé la prothèse, voire la jambe de bois. Bon, à part les vaisseaux, il y a quoi de futuriste dans ce film, rappelez-moi ?

Toujours est-il qu’embarquant dans leur navette, nos héros quittent bien vite Nova Prime pour rejoindre les étoiles. L’occasion de découvrir que là encore, dans ce riant futur, la zone des passagers dans les navettes est à peu près aussi confortable qu’un coffre de Twingo, puisqu’il n’y a pas le moindre siège, juste des strapontins avec une petite ceinture. Et un haut parleur annonce justement que les voyageurs sont bons pour se coltiner pareil traitement durant 7h avant que la destination ne soit atteinte. L’occasion de faire un inconfortable petit somme, donc.

Sauf que pendant que Cypher dort, quelque chose se réveille en Kitai : son côté Jar Jar Binks. En effet, à partir de maintenant, dans le film, dès que quelqu’un lui dira quelque chose, le bougre fera exactement l’inverse. Et dans le cas présent, alors qu’il lui est ordonné de pioncer, le filou se lève, déambule dans le vaisseau sans raison, et trouvant une porte avec une inscription « Ne surtout pas entrer, dangereux, attention, toi qui entre ici, abandonne tout QI« , décide bien évidemment d’y entrer.

Quel talent je vous dis. Aucune justification, rien. Juste : c’est comme ça. Et ça va durer tout le film comme ça.

Passons. A l’intérieur, quelques gardes s’étonnent de voir Kitai débarquer là, mais avant de lui mettre un cache théière sur la tête pour mieux entamer une distribution de claques et lui apprendre le sens du mot « interdiction », l’un d’entre eux marmonne « Attends, c’est le fils de Cypher ! Un peu de respect !« . Aussi rangent-ils le cache théière discrètement et lui révèlent-ils, comme ça, hop, le contenu de leur cargaison secrète : un ursa en captivité, qu’ils emmènent pour le livrer à un centre d’entrainement des rangers afin qu’ils apprennent à « s’effacer ». J’imagine qu’il y avait d’autres manières d’apprendre à le faire, mais bon, pourquoi pas. Ça a un côté naturel, c’est sympa.

Dans le même temps, Cypher s’est réveillé et notant l’absence de son crétin de fils, a déambulé dans le vaisseau à sa recherche, avant de noter des vibrations suspectes dans une paroi, ce qui n’a que deux significations possibles : soit le taux de gravitons dans l’habitacle est en train de changer, comme ça, pif pouf, pouvant potentiellement mettre en danger le vaisseau, soit il y a juste deux cadets en train de faire le bobsleigh yougoslave de l’autre côté de la paroi après avoir un peu picolé. Comme il se doit, Cypher pense aussitôt à la première solution, qui est bien évidemment la bonne. Il commence donc par retrouver son fils et lui ordonner d’aller s’attacher (ce que curieusement, il fait), non sans avoir enfilé une combinaison de survie, à savoir une sorte de tenue de plongée sans casque, car comme chacun sait, dans l’espace, le casque et l’oxygène ne sont pas des éléments essentiels de la survie d’un être humain : l’important, c’est surtout qu’il ait les tétons au chaud. Fait rare : Kitai s’exécute. Puis, Cypher va voir dans le cockpit de quoi il retourne.

Sur place, les deux pilotes confirment : des astéroïdes ont décidé de foncer droit vers le vaisseau comme de vulgaires secrétaires de direction sur un DVD de Friends. L’un des pilotes propose bien de feinter les bougres d’objets spatiaux en mettant le clignotant à droite avant de tourner à gauche, mais cela ne suffit pas : en quelques instants, c’est une grosse pluie de cailloux qui vient marteler la coque du vaisseau, qui tient bon mais douille un peu quand même.

« Vite, activez le saut spatial ! » ordonne don Cypher alors que la note de carrosserie augmente de minute en minute et que l’ordinateur de bord annonce que l’on vient de rayer les jantes en alu.

« Le saut spatial commandant ? Le truc qui permet de se rendre presque instantanément d’un point A à un point B ? On a ça sur ce vaisseau ? Non parce que sinon, pourquoi on se tapait 7 heures de trajet avec en plus le risque de se manger des astéroïdes si on pouvait arriver à destination en une demi-seconde depuis le début ?
– Ne discutez pas, c’est un ordre ! »

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Soit : nonobstant cette incohérence baveuse rappelant la qualité générale de ce film, le vaisseau se téléporte instantanément hors du champ d’astéroïdes vers la planète la plus proche… mais gravement endommagé malgré tout, il doit se poser. Or, il se trouve que la planète la plus proche est interdite… car elle n’est autre que la Terre, abandonnée depuis  1 000 ans !

Après avoir envoyé un ultime mayday, la navette tente bien d’atterrir, mais fragilisée par la lapidation spatiale d’un quelconque mollah galactique, celle-ci commence à perdre des morceaux en entrant dans l’atmosphère, et pour d’obscures raisons, seul Kitai est attaché, les autres membres d’équipage s’étant dit que, tiens, si c’était le moment de faire la chenille dans les couloirs ? Mal leur en prend, car même leur chenille est désagrégée, les corps valdinguant dans tous les sens lorsque le vaisseau se coupe purement et simplement en deux, envoyant valser les gens. Par un curieux effet de souffle, Cypher est lui aspiré vers l’intérieur de la navette lorsque celle-ci commence à aller très mal en se coupant en deux, alors que tout le reste de l’équipage est aspiré vers l’extérieur. Sûrement le privilège de la fonction, il a du piston auprès des lois de la physique. Puis, probablement abasourdi par tant de mauvaises scènes, Kitai s’évanouit.

A son réveil, plus rien ne bouge : le vaisseau s’est crashé. Autour de l’épave, il peut apercevoir une végétation luxuriante, mais pour commencer, il veut déjà inspecter l’intérieur de la navette, à la recherche de survivants. Hélas, tous les blaireaux qui avaient préféré faire la chenille plutôt que de mettre leur ceinture sont morts comme de grosses bouses. Mais comme le scénario est décidément bien subtil, il y a bien un survivant à bord : papa Cypher ! Celui-ci a les deux jambes en sale état et ne peut donc se déplacer, à part pour, avec l’aide de son fils, atteindre un tableau de commande. De là, il peut commencer à donner des ordres à son rejeton.

« Kitai… mon fils… la balise de détresse portative qu’il y avait dans l’un des compartiments est endommagée. Heureusement pour nous, il y en a une seconde dans la queue de l’appareil. Mais regarde plutôt cet hologramme qui fait blip blup quand j’appuie sur des boutons : la queue de l’appareil s’est écrasée à 100 kilomètres d’ici.
– Ah oui d’accord. Mais comment le vaisseau fait pour avoir une représentation précise de l’autre morceau l’épave, ainsi que sa localisation exacte ? Sachant qu’on s’est écrasés dans deux coins différents ?
– Je… bon, écoute, c’est pas la question. Pour notre survie à tous les deux, tu vas devoir aller chercher la balise dans l’autre morceau de la navette, tu comprends ? Je te guiderai d’ici.  Sitôt que tu l’auras, tu enverras un signal de détresse et on viendra nous sauver.
– Un signal de détresse comme celui que le vaisseau a envoyé juste avant de se vautrer ? Avec j’imagine une balise un peu plus grosse que notre version de poche ? Si le message a déjà été envoyé, pourquoi irai-je faire 100 kilomètres pour en envoyer un second ? Pour que le signal passe en spam ?
– C’est que… heu… on va enchaîner, d’accord ? L’ursa que le vaisseau transportait est probablement morte dans le crash, elle était dans la queue de l’appareil. Mais dans le doute, je vais scanner le coin une fois que tu seras parti en mission. Toi, commence par bouffer cette capsule de gel magique : elle te permettra de respirer correctement dans l’air pollué du coin. Tu en as 6 autres, une toutes les 24 heures. Quant à ta combinaison, elle est couverte de caméras, je verrai tout, même ce qu’il y a dans ton dos. Donc, allez, va, fils ! Va envoyer le signal !
– Okay, c’est complètement con, mais comme tous les éléments de ce film. Allez, j’y go d’agneau comme on dit. »

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Notez en arrière plan le talent du chef décorateur, pour qui tout vaisseau écrasé se contente de se remplir de vieilles chutes de papier peint poinçonné pour dire qu’il est endommagé.

Et ni une, ni deux, Kitai se met donc en route dans ce monde inconnu, pendant que papa déploie une armée de drones pour partir en reconnaissance. Kitai commence cependant bien mal son périple : après avoir cavalcadé un peu à travers bois, son père lui annonce que les drones (enfin on va dire que ce sont les drones qui font ça, hein, parce que sinon ce n’est pas expliqué) on détecté une forme de vie se dirigeant droit vers lui. Kitai a un peu peur, surtout lorsque sa combinaison, détectant un danger, devient noire pour l’aider à se camoufler (ne me demandez pas comment la combinaison évalue un danger : par exemple, que fait-elle face à une casserole bouillante ? Une peau de banane ? Cyril Hanouna ?) Bref, toujours est-il que le danger est constitué de…

… babouins.

« Surtout, ne fais aucun geste brusque » s’exclame papa Raige en voyant les primates sur ses écrans.

« Okay, je vais leur jeter des gros cailloux sur la gueule, juste pour voir.« , répond donc Jar-Jar Raige. Avant de s’exécuter.

Et c’est donc outré tant par cette agressivité que le jeu d’acteur de notre jeune héros que les babouins ripostent à coups de caillasses, parce que merde, hein, ça va aller oui petit con, obligeant Kitai à courir comme un busard jusqu’à la rivière la plus proche, où il saute et nage un petit moment pour échapper à ses ennemis. Ah, niveau gestion de situation de crise, on sent le ranger depuis son plus jeune âge, quand même. Bref, après avoir nagé un moment, notre loulou quitte les eaux un peu plus loin, et son père lui demande donc de vérifier que tout va bien.

J’en profite pour vous glisser comment se passe environ une scène sur deux dans le film, faisant que si on retirait ses longueurs, l’oeuvre durerait environ 50 minutes au lieu de 1h40. A savoir que nous avons en boucle le droit à ceci :

Plan sur Cypher Raige dans l’épave du vaisseau.

« Kitai… Kitai tu m’entends ?« 

Plan sur Kitai qui respire fort en regardant autour de lui.

Plan sur Cypher Raige dans l’épave du vaisseau, identique au précédent.

« Kitai… Kitai réponds-moi »

Plan sur Kitai qui respire fort en regardant autour de lui (oui, encore).

« Papa ? Je t’entends papa. »

Plan sur Cypher Raige dans l’épave du vaisseau.

« Kitai... »

Plan sur Kitai qui respire fort en regardant autour de lui.

« Papa ? »

Plan sur le visage de Cypher. Plan sur le visage de Kitai. Plan sur le visage de Cypher.

« Kitai, genou à terre ranger, respire bien et écoute moi.« 

Au bout de la 4ème scène comme ça, vous priez très fort pour que les babouins retrouvent l’un des deux et le maravent à coups de branches. Vraiment, c’est insupportable.

Toujours est-il qu’en sortant de l’eau, Kitai constate plusieurs choses : déjà, deux de ses capsules de fluide pour respirer dans l’air pollué sont kaput. Ne me demandez pas comment c’est arrivé ou pourquoi, sachant qu’elles étaient dans un étui solide et que celles d’à côté n’ont rien, on ne sait pas. Personnellement, je pense à un suicide. Et ne me demandez pas non plus pourquoi il ment à son père en disant « Non c’est bon, elles sont toutes intactes. » : il est juste stupide. Mais surtout, sa combinaison détecte un empoisonnement : une sorte de sangsue s’est collée à lui dans la rivière et lui a injecté un méchant venin. Nous avons donc le droit à la scène habituelle du « Vite, plante toi une seringue dans le cœur et ça repart !« , pâle copie d’un célèbre film à base de Nicolas Cage, et en effet : ça repart, notre héros est sauvé du venin de Kiki la sangsue coquine.

Qui a baillé ? Arrêtez, il y avait une formidable tension dramatique. Vous êtes vraiment critiques, alors. Kiki la sangsue quoi, vous pourriez au moins faire semblant d’y croire, bande de blasés.

Mais soit, poursuivons. Après s’être un peu reposé tant se planter des trucs dans les machins, c’est moyennement sympa, Kitai est réveillé par son papounet (après 25 plans où chacun appelle l’autre sans rien dire) qui lui ordonne de remuer son gros derche, car la nuit sur Terre, désormais, le climat est affreusement glacial. Si les plantes s’y sont habituées, c’est un peu frisquet pour un humain. Kitai va donc trouver un abri guidé par les instructions de son géniteur et y passe la nuit en attendant de reprendre la route le lendemain, lorsqu’il ferait un peu plus chaud que – 50 dehors. Et en effet, sitôt que le soleil réchauffe la Terre endormie, Kitai se remet en route.

Mais hélas, le bougre ne va pas bien loin : il arrive en effet au sommet d’une falaise, et là, c’est le drame : il va falloir des jours pour la contourner et continuer… or, notre héros n’a plus assez de gel pour l’aider à respirer dans l’atmosphère polluée durant aussi longtemps. Son père calcule donc de son côté que la seule chance de s’en sortir serait soit que son fils fasse descendre la console et tape /noclip, soit que Kitai fasse à un vol plané jusqu’au bas de la falaise grâce à sa combinaison qui permet miraculeusement de faire du base jump. Aussi, Cypher décide donc de… heu… d’ordonner à son fils d’annuler la mission.

Reprenons : même avec la logique du film, je n’arrive pas à comprendre. Cypher est celui qui a ordonné à son fils d’aller jusqu’à la queue de la navette, il a une solution parfaite pour s’y rendre puisque sans aucune raison, la combinaison de survie de son fils permet de faire du base jump, autrement dit, ça ne change strictement rien à l’aventure et tombe pile poil puisque ça permet justement à Kitai de continuer sa progression sans encombres et… annule donc la mission.

Je vous la refais.

« Kitai… la seule manière de passer cette porte serait d’avoir la clé.
– Mais j’ai la clé.
– Non, replie-toi, vite, on a plus aucune chance, mieux vaut nous laisser mourir, cela me parait stratégiquement plus intéressant. »

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Mais enfin ? Et attention, ce n’est pas fini !

Car les dialogues n’ayant plus aucune logique depuis un moment, Kitai se met donc à hurler tout seul « C’est parce que ma sœur est morte, c’est ça ? » (si vous voyez le rapport, n’hésitez pas, moi je cherche encore), puis, comme son père lui a ordonné de rentrer, Kitai décide de… sauter dans le vide et de déployer les ailes sur sa combinaison. Jar-Jar on vous a dit.

Pour rappel, Kitai ne savait pas que sa combinaison changeait de couleur à l’approche du danger plus tôt dans le film, par contre là il sait qu’elle contient des ailes et comment les déployer. Ooookay. Encore une fois, aucune explication. C’est fabuleux, on dirait une sorte de concours.

Regardez bien l’expression faciale de notre héros : on sent bien qu’il est terrifié d’être isolé sur une planète hostile. Houla, oui.

Enfin : Kitai se retrouve donc à faire un immense vol plané, jusqu’à ce qu’un oiseau géant ne l’aperçoive et ne le prenne en chasse, le confondant probablement avec un chocapic grain de céréale en chute libre. Malgré diverses manœuvres, Kitai ne parvient pas à s’en dépêtrer, et finit par être capturé par le volatile qui le ramène à son nid, où il le dépose au milieu de ses petits (il faut croire qu’un mini-Will Smith ressemble beaucoup à un oisillon lorsque l’on est scénariste et que l’on a une seringue d’héroïne dans chaque bras). Kitai pense bien vite qu’il s’en tirera à bon compte et pourra peut-être même en profiter pour manger à bon compte en se mettant à piailler pour que maman oiseau lui régurgite des trucs directement dans la bouche, mais avant que ce merveilleux plan ne puisse être mis à exécution des… tigres ? Moui, des trucs du genre en tout cas, attaquent le nid, et Kitai se sent obligé d’aider maman oiseau à défendre ses petits parce qu’il est comme ça Kitai, il aime la nature, même quand elle vient de lui bourrer la gueule deux minutes avant. Hélas, s’il tatane bien quelques félins (enfin quelque chose d’agréable dans ce film), les petits, eux, se font tout de même dévorer, rendant maman oiseau bien triste. Car comme chacun sait, les spectateurs aiment les animaux, mais à condition que l’on plaque sur eux des sentiments humains, sinon c’est pas choupinet.

Kitai se remet donc en route, cette fois-ci sans son papa pour le guider, car le communicateur de sa combinaison s’est brisé dans la bataille ce qui est quand même ballot. Il file donc, seul à la surface de la planète sauvage, jusqu’à trouver une grotte où s’abriter pour la nuit, faire un feu et accessoirement le point. Evidemment, la grotte est couverte de peintures préhistoriques (ça ne pouvait pas être une simple grotte, non Madame) et de la lave coule au fond d’une faille pour faire joli/dramatique/niais, biffez les mentions inutiles si vous arrivez à en trouver. Kitai prend donc le temps de calculer, au calme, la distance qui le sépare encore de la queue du vaisseau, et pense pouvoir gérer la situation en deux jours. Après une nuit brève mais calme, il reprend donc la route.

Sauf que le lendemain, après une journée de marche, le pauvre est bien embêté : il ignore où il pourra trouver un abri pour la nuit. Et le froid commence à tomber (comprendre : on voit les choses geler derrière notre héros, car comme il se doit, le froid avance en ligne, et à la vitesse de marche du héros,  quel déconneur ce froid). Et comme depuis la scène précédente, Kitai a oublié comment faire du feu (bin oui, hein) ou l’importance de chercher un abri, il se couche… et se laisse mourir en plein milieu d’une clairière.

Ah non, je n’invente pas. En fait, c’est ça qui est formidable : chaque élément du film repose sur une situation absurde, une incohérence, bref, on sent qu’il y a eu un vrai effort pour se foutre de la gueule du spectateur.

Et comme une absurdité n’arrive jamais seule, vous imaginez bien que Kitai ne meurt pas (je sais, déception, une fois encore) : le lendemain, il se réveille bien au chaud. Car oui : maman oiseau a décidé de le suivre et de le protéger, et s’est donc sacrifiée en se mettant sur lui pour le couvrir dans le froid. La bougresse en est morte : elle a donné sa vie pour la sienne. Et pour que les spectateurs continuent de pousser des grognements rauques en mâchonnant le fauteuil de leur voisin de devant. Quelle andouille cette maman oiseau, elle aurait pas pu aller se prendre une cuite après son drame personnel, comme tout le monde ? Ah, j’vous jure.

En reprenant la route, Kitai reprend aussi confiance en voyant que non seulement les gentils animaux de la forêt on été cools avec lui, mais en plus, il aperçoit au loin la queue du vaisseau tant recherchée ! Fier comme un paon, il s’élance donc vers sa cible, mais en chemin, les choses se compliquent un peu tout de même : il note, empalés sur des arbres alentours, la présence de corps de rangers qui étaient dans la queue de l’appareil au moment du crash ! Or, une seule créature s’amuse à empaler les humains après les avoir tués : l’ursa, qui crée ainsi des épouvantails faisant peur aux humains les apercevant… et lui permettant de les sentir !

Bon, il faudra m’expliquer, comment l’ursa qui est un animal aveugle peut trouver le moyen de faire du loisir créatif avec des cadavres et décorer les bois avec goût, mais bon, peut-être que la bête est en fait juste complètement myope et peut clouer des gens ou faire du tricot avec les lunettes adaptées ? Allez savoir.

Accessoirement, le lecteur attentif s’exclamera « Mais ? Attendez, si les rangers sont arrivés jusque dans les bois, c’est qu’ils étaient vivants après le crash, non ? Donc pourquoi n’ont-ils pas utilisé la balise de détresse ?« 

La réponse ? Parce qu’encore une fois, il n’y a pas un truc qui tient debout. Pour rappel, et comme le veut la tradition : des gens ont mis 130 millions de dollars dans cette bouse. La question est donc « Et qui s’est intéressé à ce que le film racontait?« . Personnellement, je cherche encore la réponse, mais comme le cerveau humain n’est pas conçu pour imaginer le néant, je pense que je vais encore chercher un moment.

En tout cas, malgré ces mésaventures, l’insupportable Kitai finit donc par arriver à la partie arrière du vaisseau écrasé, et fait donc le plein de gel pour l’aider à respirer : une bonne chose de faite. Puis, il explore plus en détails la chose, et note que la prison supposée renfermer l’ursa est bel et bien ouverte, sans animal mort à l’intérieur, c’est donc bien ce vilain monstre qui s’est amusé à faire des guirlandes avec des messieurs, comme notre héros le supposait hélas (en même temps, il y avait peu de chances que ce soit un hamster, hein). Cela dit, il y a aussi des avantages à trouver des cadavres (autrement que par simple passion nécrophile) : sur l’un d’entre eux, Kitai a ramassé un communicateur et a donc pu reprendre contact avec son père. Mais les interférences sont nombreuses dans la zone et Kitai peut juste envoyer ses images, mais pas recevoir du son : même la balise de détresse ne parvient pas à envoyer son signal ! Comment faire… Kitai regarde donc en l’air et voit un énorme nuage volcanique au-dessus de lui… ce doit être cela qui bloque les communications, se dit-il.

Regardant à sa gauche, Kitai aperçoit donc des montagnes, des collines, un ciel bleu et dégagé… et à sa droite, un volcan en pleine éruption, des pluies de cendre, un nuage qui bloque tout… et notre héros se dit donc que pour envoyer son signal…

… il va aller au sommet du volcan.

Non, je ne déconne pas : le type sait que c’est le volcan qui lui pourrit ses communications, il décide donc de s’en approcher. En plus, comme le disait Pline l’Ancien : « Les volcans, c’est pas dangereux« .  Quelques minutes plus tard, il disait aussi « Kof kof kof reeeuuuh putain quel con. » mais Kitai n’était semble-t-il pas arrivé à cette page dans  son édition du célèbre « Le club des 5 à Pompéi« .

« Voyons voir… où est-ce que je pourrais trouver le moins de turbulences et d’interférences possibles pour envoyer mon signal, hmmm… »

Bref : Kitai file donc sous les yeux révulsés des spectateurs en direction du volcan, se promenant à côté de la lave en fusion sans problèmes, et respirant tranquillement au-dessous de la pluie de cendres qui lui tombe sur le museau. Hélas pour lui, l’ursa a senti sa peur (et la fin du film). Et si Cypher, depuis son poste de commandement, peut voir la bête sur ses scanners, l’absence de communications l’empêche de hurler à son fils « Attention derrière toi c’est affreux !« . Mais celui-ci, aidé de sa combinaison qui change de couleur à l’approche d’un ennemi, comprend que ça commence à sentir le pâté en voyant sa tenue virer au noir et se met à cavalcader sur les pentes du volcan, et tente de se cacher dans l’une des conduits traversant l’endroit. Mais la bête sent sa peur et le traque donc… seulement freinée par quelques vieux bouts de décor qui, comme il se doit, se mettent sur son passage histoire d’ajouter de la tension dramatique. Si. De la tension dramatique. Arrêtez votre mauvais esprit : vous filez du mauvais coton bande de gourgandins. Cependant, dans la poursuite, Kitai choit malgré lui dans une cheminée du volcan, heureusement ne contenant que de l’eau, le script guidant ses pas. Et que l’on se rassure : oui, même à deux mètres de la lave en fusion, l’eau n’est pas trop chaude, merci, quelqu’un a même eu le bon goût d’y mettre des poissons (si… et exotiques, hein, les poissons). Kitai nage donc comme il le peut pour fuir, mais son poursuivants de trois tonnes est aussi amphibien à ses heures, et ne lâche rien, jusqu’à ce qu’enfin, notre héros trouve une sortie pour filer et s’y glisse avec derrière lui, l’ursa grognon prêt à le manger. Bientôt, les deux se retrouvent sur une petite plate-forme isolée sur le flanc du volcan, et alors que les cendres tombent sur ce paysage d’apocalypse, l’ursa met un bon coup de griffe à Kitai, qui tombe au sol, un peu mal en point.

Est-ce fini ? Est-ce que ce personnage insupportable va enfin mourir ? Vais-je pouvoir rentrer chez moi et envoyer de l’anthrax à toute la production ?

Non (comment ? Vous vous en doutiez ?) ! Car Kitai, tel un héros de shonen, a soudain un flashback qui lui donne la force : il se souvient que sa sœur est morte pour le protéger, et que donc, la moindre des choses serait de la venger en bourrant la gueule de l’ursa, là, tout de suite, au pied levé. Cette grosse colère chasse toute peur du cœur de notre héros, qui devient par conséquent aussitôt invisible pour la bête : celle-ci est donc bien embêtée, et se fait donc découper petit à petit par notre jeune homme accompagné de sa fidèle épée qui, comme son père au début du film, maintenant que lui aussi est devenu sérieux et discipliné, se met à marcher de manière étrangement rigide. Le combat est rapide, et bientôt, l’ursa meurt, sans que l’on sache si cela était suite à ses blessures ou tout simplement suite au niveau du film. Et c’est beau, beau comme un poème de Jean-Marie Bigard.

Débarrassé de son ennemi, Kitai peut donc brandir bien haut sa balise de détresse, et c’est donc depuis la falaise du volcan que le signal se met enfin à passer sans aucune raison valable autre qu’une consigne du script, et qu’en retour, Nova Prime envoie une navette récupérer tout ce beau monde (et non pas passer le tout au napalm, tristesse).

A bord, c’est donc toujours aussi rigide que Kitai déambule dans les couloirs pour aller retrouver son père qui, blessé lors du crash, aurait succombé à ses blessures si son fils n’avait pas assuré le sauvetage. En bon commandant, Cypher essaie de le saluer dans la plus grande tradition militaire, mais son fils n’en a que faire : il se jette dans ses bras, car c’est beau, après tout cela, ils sont plus proches que jamais, papa est fier de son fiston, fiston aime papa, maman va retrouver papa et fiston, et ça va gueuler à la bibliothèque parce qu’avec tout ça, ils ont pris du retard pour ramener Moby Dick.

La navette s’éloigne alors de la Terre, rendue à la nature sauvage et…

FIN !

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Hollywood, un jeudi soir, 17:38

« Bon, les gars, là je crois qu’on va être à sec. On a tout fait : les adaptations, les adaptations d’adaptations, les remakes d’adaptations d’adaptations… je crois que l’on va être obligés d’inventer un truc.« 

Toute la salle frissonna de terreur à l’idée de devoir faire son travail. Quelques mains se levèrent heureusement pour tenter de mettre fin au terrible fléau de la création.

« On pourrait peut-être regarder encore, peut-être qu’il y a des livres qu’on a pas adapté ?
– Ecoutez Johnson, à chaque fois qu’on rentre un nom de livre dans Google, on sort plus de résultats pour des films que pour l’oeuvre originale.
– Bin je sais pas, peut-être qu’on pourrait juste taper « livre science-fiction » ou « livre fantasy » dedans, non ?
– Non, c’est la même chose : on a tellement abusé que ça renvoie directement sur des bande-annonces.
– On pourrait juste taper livre alors ? Peut-être qu’on trouvera une idée.
– Nan, c’est un peu chaud. Faudrait qu’on réfléchisse, vous imaginez ? »

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Toute la salle essaya, mais se rappela que l’imagination faisant partie du boulot, elle devait immédiatement arrêter sous peine de faire preuve de compétence. Finalement, ce fut O’Malley qui eut l’illumination.

« Les mecs, regardez ! 
– Quoi ?
– L’écran !
– Oui, hé bien, c’est le moteur de recherche. Vous voulez taper quoi dedans O’Malley ?
– Justement, regardez ! Et si on en faisait encore moins ? Si on ne tapait juste rien ?
– Mais alors on aurait juste une page blanche ! On ne va pas quand même juste faire un film sur une… »

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Le chef d’équipe s’interrompit en découvrant sur l’écran ce qu’O’Malley voulait dire : chercher une idée en tapant un mot dans Google, c’était déjà beaucoup d’effort.

La prochaine génération de films était déjà là : le film directement sur un moteur de recherche.

Et quelque part dans le monde, un pauvre démarcheur de rue sentit un frisson lui parcourir l’échine.

80 réponses à “Après Terre (à Terre)

    • Juste cette réserve pour l’intro: on écrit « un grand dadais », et non « dadet ». À part cela, toujours « de la crème à la crème » comme aurait dit Olaf Grossebaf!

  1. Merci pour ce spoil de qualité! La bande annonce nous promettait du navet de première classe, mais j’avoue qu’après cette lecture, ça dépasse mes attentes ! J’ai presque envie d’aller le voir maintenant!

  2. Cher Odieux,

    Merci pour cet article qui résume parfaitement la vacuité de ce « scénario » pondu par Will Smith… Shyamalan a dit lors d’une interview :  » je prépare du thé, mais on le vend comme du Coca-Cola. Les spectateurs sont déroutés: ils s’attendaient à du Coca et on leur sert du thé! Forcément, ils pensent que c’est le pire Coca qu’ils ont jamais bu! Le contexte et les attentes créés par le marketing me nuisent souvent ».

    Si ça vient du marketing alors…

    Un fan

    • non certes pas,; il n’a aucune imagination et de plus ne comprend rien à la plupart des passages obligés d’un script. Et quand il trouve un peu d’originalité dans un script (la combinaison qui change de couleur, qui est d’ailleurs une des thématiques de Shy, les « couleurs », ) il s’en moque comme l’idiot qu’il est.

  3. Cher OC, c’est un bilan de qualité qu’avec plusieurs amis nous attendions avec impatience. Toutefois je suis surpris de ne pas voir de commentaires sur les prouesses médicales de papa qui valent pourtant leur pesant d’or.

    Néanmoins que vous etes…. odieux !

  4. Bonjour. Je n’ai pas encore vu le film (ayant encore mes deux jambes je préfère toujours prendre l’air) mais il y a un truc que je ne pige pas dans ce film : nous sommes face à un blocbuster et le discours sousjacent c’est qu’il y a 1000 ans aucun américain même paraplégique n’a pas réussi à sauver la planète terre ? Mais pardi ! c’est un film carrément subversif ma parole ! Et le conseil de propagande américain qui relit tous les scripts de blocbuster au moins n’a rien dit ? Il y aurait de la dissidence dans les rangs ? Il m’a l’air de cacher un discours revolutionnaire ce film. Il faut aller le voir donc. Au diable ma promenade !

  5. Quoi ? même pas de clin d’oeil a doctissimo.fr pour la tentative de pontage foireuse avec bulle d’air négligeable ?
    même pas de commentaire sur le super couteau suisse-2000 qui mémorise 22 positions mais n’en prendra en tout et pour tout que deux (et demi) ?
    rien sur la pitoyable scene finale où la réincarnation masculine de la petite fille chiante de « la guerre des mondes » reste comme une mangouste alerte sur le dos de la bestiole tandis qu’elle va se jeter de dépit dans un gouffre sans fond rappelant vaguement le scénario ?
    et les masques a oxigène « wifi » du vaisseau tellement plus pratiques que les capsules magiques mais visuellement inaptes ?
    le super effet « excalibur » de la balise de detresse et le communicateur farceur qui ne remarche pas même sorti de la zone de black out ?
    l’inutilité flagrante des drones, la liaison camera imperturbable…

    et sinon, de simple soldats en scaphandres étanches auraient pu suffire non ? vu que les aliens envoient manifestement l’arme la moins efficace de l’univers sur une civilisation ayant atteint l’age du voyage sidéral…

    je pense qu’ils ont abusé de votre article « la guerre, c’est choupi ».

    • j’allais oublier le « trou » de son épaule qui disparait puis réapparaît, mais ça encore c’est du classique, mais n’oublions pas les 2×20 cm de griffe qui se prend dans les mollets. et qui … ne font même pas mal visiblement.

  6. Cher Odieux,
    Je suis ému aux larmes après vous avoir lu, quand je pense à tous les sacrifices (visuels, auditifs, cérébraux…) que vous faites pour nous chaque mois.
    Une inquiétante angoisse me saisit : Combien de temps tiendrez-vous encore avant de souffrir (sinon décéder) d’une Hollywoodite aigue foudroyante?

    Déjà sur les affiches de métro, on voit surgir Star Trek et Superman… soyez for… ODIEUX !

  7. Moi je me rappelle d’un film où Will Smith il avait un beau bras synthétique reconstruit dieu sait comment avec des cellules souches et il butait des robots avec… J’avais grillé pas mal de neurones devant ce film, mais celui pour lequel vous vous êtes sacrifié aujourd’hui pulvérise un nouveau record… Quel talent.

    Et sinon : « Le sourire qu’il tente tant bien que maintenir vacille », vos doigts aussi ont vacillé (avec tout le respect, etc)

      • Oui, merci, c’est drette ça ! Je crois que notre connard préféré ne l’a pas chroniqué celui là… Ca veut dire que je vais devoir le regarder à nouveau, merdre alors…

      • Un tour sur la page d’allociné m’a convaincu de suivre ce conseil. Oh, god.

      • Même Wally est plus pertinent qu’I, Robot et son déluge de bons sentiments !

  8. Je crois que ce film est au moins mille fois pire que ce que j’avais imaginé… Navrant ! Après on s’étonne que les cinémas se désemplissent et que les gens se tournent vers les séries télé…
    Merci pour cet article comme toujours !

    • C’est bien connu : les séries TV sont vachement bien scénarisées. C’est vrai, aucun épisode n’est jamais conçu dans le seul et unique but de pousser le public à vouloir absolument voir le suivant.

      Et puis les acteurs sont souvent d’excellents interprètes que l’industrie ciné n’a plus les moyens de s’offrir.

      En plus, il n’y a pas une série qui ressemble à une autre. Pas la moindre dont les personnages soient parfaitement interchangeables et stéréotypés, de même que les lieux, les situations ou l’intrigue.

      Surtout, je vois qu’on est bien d’accord : il n’y a pas de meilleure boussole que « les gens » pour dénicher les productions de qualité, comme en témoigne le nombre d’entrées de Homme Fer III.

      Rien à dire, les séries c’est le Bien. Ou alors c’est de la grosse merde, je sais plus.

      • Les séries, pour une même qualité que bien des bouses du grand écran, permettent d’économiser quelques deniers de places de ciné.
        Voilà tout.

      • Ou alors, comme pour tout loisir de masse, il y a autant de bouses ignobles que de perles, autant de créations de niche ne parlant pas au public qu’elles ne visent pas que de simples divertissements ni spécialement bons ni spécialement mauvais ?

        Mais c’est bien connu, être catégorique, c’est cool. Surtout quand on crache sur quelque chose.

        @_______@

  9. Je ne sais quel est le pire… Probablement de voir que l’article ne déforme probablement pas la réalité d’Hollywood.

    Le dernier lien me terrifie. Facebook, Google…. J’attends le film sur Twitter à présent.

    • Je sors de la lecture d’un article du Monde sur PRISM et l’espionnage mondial par le FBI / la NSA grâce à Google & co… Ça rend le tout encore plus terrifiant. Le monde est en train d’être offert à ces géants qui brassent des milliards comme des centimes: après Facebook, voilà maintenant Google au cinéma.

  10. Ce qui n’a pas pu m’empecher de me faire sourire c’est que « kitai » en japonais signifie attendre quelque chose de quelqu’un/quelque chose.
    Belle ironie puisqu’il n’y a apparemment rien a attendre de ce film. Si ce n’est une superbe chronique de votre part apres.
    Je commente rarement, mais merci de continuer a egayer mes transports dans le rush hour Tokyoite.

  11. Suffit de préciser que cet abruti de Will Smith est scientologue et vous verrez le film sous un autre angle.
    Visuellement, il est moins moche que celui de Travlota.
    Personnellement je conseille le film « Intersections » avec Roschdy Zem.

  12. L’analyse est déjà bien complète mais c’est vrai que la scène de Will Smith qui se fait une dérivation artérielle tout seul avec un bout de tuyau c’est collector!

    • Vite, un peigne, un rasoir !

      Pourquoi tous ces mecs veulent-ils absolument nous montrer leur tronches d’ahuris ? Pourquoi nous infligent-ils ça ? Qu’est-ce que ça apporte à leur propos ? Écrire une critique, voire en faire une vidéo avec des extraits, ça ne leur suffit pas ?

      • Je n’en ai aucune idée. Montrer sa bouille semble être devenu la norme, dans le podcast vidéo.

        Mais bon, malgré sa collec’ de pin’s, pour une fois, il s’était lavé les joues. Dans ses autres vidéos, il ressemble à ça.

      • Je suis consterné de voir à quel point tu es superficiel. On te montre une critique plus mesurée que celle que tu viens de lire, et au lieu de peser le pour et le contre tu commentes… l’apparence physique de l’auteur. Ca vole haut. Consternant.

      • D’autant plus que, bien que je ne partage pas son avis sur After Earth, ses critiques sont d’excellente qualité.

  13. Merci encore cher OC pour cette brillante descente de ce pompeux étron!
    Il faut aussi préciser que ce cher Will Smith n’en fout pas une ramée pendant les 3/4 du film puisque qu’il a une « excuse » avec ses jambes brisées!!Je n’ai pas vu le film au ciné(merci internet) parceque celà m’aurait fais mal de dépenser 12 euros pour cette chose infecte!
    Dans la liste longue des incohérences citons:
    -l’air irrespirable de la Terre pour les humains(?)
    -la différence de température jour/nuit non expliquée
    -une combinaison aussi sophistiquée mais pas capable de protéger contre cette différence de température
    -un vaisseau capable de voyages intergalactiques fabriqué en plastique et papier
    etc…………………..

  14. Merci pour ce spoil bien rafraichissant.
    Je viens de regarder la bande annonce, tout y est…. Quant au moteur de recherche, voulant voir si une ursa ressemblait à ma belle-mère, j’ai donc tapoté « after earth ursa » sur gogol images et le résultat est…surprenant.

  15. Il manque deux-trois éléments intéressants:
    – Le pontage selon la technique ancestrale MacGyver, mais ça, les précédents commentateurs en ont déjà parlés. A noter que quand le pontage foire, l’ordinateur l’affiche à l’écran mais ne prends pas la peine de biper ou d’avertir ^^’
    – La partie où Kitai dans sa grotte (celle où il a fait du feu à 3 bon mètres de la rivière de lave, mais passons) dessine un plan pour retrouver la queue du vaisseau … sans même savoir où il se trouve vu qu’il a perdu conscience quand l’oiseau l’a attrapé.
    – Le moment où il décide d’abandonner son arme pour faire un radeau et faire une sieste dessus en se laissant porter par la rivière …
    – La balise de détresse qui … je sais pas, ressemble à une vulgaire fusée, mais dans l’espace.

    .. fin bref, quand vous sortez de ce film, vous pouvez limite porter plainte contre Will Smith pour viol.

  16. Ahah, l’air de rien, l’odieux a encore cotisé pour cette éminente bouse cinématographique sensée propulser la « carrière » du jeune lardon-Smith.
    Et dites moi, qu’est-ce que c’est que cette pub en fin d’article hein?
    Encore un moyen subtile pour tenter de tirer quelques profits de ce déchets audiovisuel qui vous sert de sujet?

  17. Très pertinent je trouve, les incohérences sont bien mise en avant, ainsi que les dialogues hyper clichés et autre… Puis ce scénario « qui fait classe » on est bon là! Plus creux et vide de sens… Ah! J’ai bien rigolé ^^

  18. Oh purée mononucléée, regardez ce que je ramène d’allociné.

    « L’univers de « After Earth »
    Secret de tournage sur After Earth

    After Earth n’est pas qu’un film ! […] Caleeb Pinkett, le producteur, confie : « Ce qui m’a frappé dans cet ouvrage, c’est non seulement son degré de précision, mais également combien il était étrangement prémonitoire. Peter a imaginé l’histoire de tout un univers, mais ensuite, des événements similaires à ce qu’il avait écrit ont commencé à se produire dans notre monde, comme la pluie de météorites qui s’est abattue sur la Russie il y a quelques mois et qui ressemble à s’y méprendre à un événement décrit par Peter dans le livre. Cela prouve combien son approche est crédible et cela ancre l’univers de After Earth dans la réalité, même s’il s’agit d’un film de science-fiction. » »

    Source : http://www.allocine.fr/film/fichefilm-186905/secrets-tournage/

    C’est super connu ! Vous n’êtes un bon auteur de SF que si vous parvenez à prédire des événements imprévisibles. C’est ça, la crédibilité, messieurs dames. Nostradamus était donc un super bon auteur de SF. Les Mayas étaient des auteurs de SF un peu borderline. Et Elisabeth Teissier se défend.

    Je trouve que ça pique le cerveau, quand même.

    (Le premier qui poste la blague « c’est allocinant » a le droit de se congratuler tout seul dans son coin.)

    • Il y a mieux quand, Ron Hubard (l’ex boss de la scientoligie) qui a vendu ses livres de SF comme religion :D D’ailleurs, il y a même eu un film (avec Travolta)

  19. Sinon, plus simplement, pour se débarrasser des importuns à la recherche d’un chéquier compatissant, il suffit simplement d’évoquer avec eux leur emploi chez « ONG CONSEIL », énorme fournisseur de bénévoles tristement rémunérés pour Green Peace, Médecins du Monde et autres WWF.
    Depuis que j’y ai fait un passage, ce sont eux qui me disent qu’ils n’ont pas de temps à me consacrer…

  20. waou Comment quasi faire un livre à partir d’une simple critique de film…qui pourrait être lui même adapté, qui sait. Donc y aurait un film basé sur un livre qui critiquait un film… zut, je crois que ça s’est déjà fait.

  21. La prochaine fois qu’ils veulent dépenser des millions pour un film qui se résume facilement à la durée d’une bande annonce, merci de vous souvenir que j’ai besoin d’une bourse d’étude…

    Et dire qu’on paie pour ça… (ou pas ^-^’).

    Heureusement que votre plume donne une quelconque raison d’être à ce torchon visuel et narratif! Vous recyclez à merveille.

    • Il n’est pas dit que votre bourse d’étude soit un blocbuster immédiatement rentable auprès des investisseurs.

      • Pas bête… mais au moins je n’intoxiquerai pas la planète entière avec un film pareil! A ce rythme, Tom Cruse va réellement être le dernier espoir de la Science Fiction au cinéma. Dramatique, non?

      • Tom cruse avec Oblivion ? Je ne suis pas certain. Ce film est un chef d’œuvre de ce qu’il ne faut pas faire. J’ai entendu dire qu’à l’école on étudie ce film dans la rubrique « Le contre exemple de la narration » au programme de français première.

  22. La critique est bien meilleur que le film ! Je viens de passer un bon moment à vous lire et à rire ;) A la sortie de la séance moi je me suis juste fendue de « Will veut lancer l’fiston ? pas sûre qu’il ait trouvé le meilleur moyen… »

  23. Bonjour à tous! je me suis senti obligé de poster un commentaire tant cette incohérence est grosse, bien que personne n’en ai parlé :

    Will Smith dit : « Toute la biosphère de la planète a évolué pour tuer l’humain »

    Mais, les humains ne se sont-ils pas absenté pendant 1000 ans? Pourquoi et comment évoluer pour tuer une espèce qui n’est même pas présente sur la planète?!

  24. « Car les dialogues n’ayant plus aucune logique depuis un moment, Kitai se met donc à hurler tout seul « C’est parce que ma sœur est morte, c’est ça ? » (si vous voyez le rapport, n’hésitez pas, moi je cherche encore) »

    Je n’ai pas vu le film, mais je crois avoir compris le sens de cette réplique.

    En clair, Cypher demande à Kitai de gentiment rentrer au vaisseau parce que c’est trop dangereux (rappelons-nous, les babouins). En effet, sa fille a déjà été tuée par un Ursa, et ce serait terrible si son fils subissait le même sort.
    Kitai se fâche tout rouge; en effet, que son père puisse penser qu’il est aussi faible que sa sœurette, c’est insultant.

    Une scène émouvante donc, soulignant à la fois l’amour du père et la détermination du fils.

    • moui enfin ça sentait la bombe logique qui ne se lave pas a 3km
      première scène sur terre : « tu n’as pas le choix, tu vas trouver le gps-excalibur ou on crèves ! »
      30 minutes plus tard « nan en fait non oublie ça, plutôt que tenter ta chance et peut être réussir je préfère encore qu’on crève tous les deux en ne faisant rien »
      quel genre de « super soldat » peut sortir une c****rie pareille ?
      ce n’était qu’une groooosse ficelle cinématographique pour recentrer le tout sur le « point clef » du film : la culpabilité stupide de l’autre tête a claque et ses conflits incohérents avec son père.
      ‘manquerait plus qu’on soit plus pris par « l’action » que par le formidable jeu d’acteur de kiki la sangsue et son p’tit déjeuner.
      je propose de créer un t-shirt « i <3 kiki la sangsue" d'ailleurs.

  25. Il y aura toujours de l’inspiration pour les films de qualité, ne vous en faites pas.
    Les prochains films ?

    « UltraTopissimo »,à partir du contenu de sites de bloggeuses modes.

    « Maladie Inconnue 2.0 » inspirée de Doctissimo

    « Les gros déconneurs du Web » inspiré d’une bonne grosse partie du web.

    Enjoy !

  26. Protip: quand on demande à sa chère et tendre de corriger son texte, on ne doit jamais faire un copier/coller de la version contenant les annotations de corrections… car l’ « ODIEUX » pourrait se transformer en « MALADROIT » par la transmutation d’un « Chocapic » en « grain de céréale »…

  27. Cher Odieux,
    Merci d’agrémenter mes journées de ces délicieux spoilers. Je dois néanmoins avouer que je ne peux plus regarder un film sans y plaquer vos commentaires. C’est sans trop d’angoisse que j’envisage le futur spoiler de Man of Steel, qui surpasse en nanaritude la plupart des films compilés sur ce blog. Bref, j’ai hâte.

  28. Cher Odieux,

    J’ai relevé une faute :
    les humains ont préféré quittER et pas quitté

    Bonne continuation,

  29. J’ai beaucoup aimé la paire Caporal Roudoudou / Sergent Bigballs. J’espère que nous retrouverons cet autre militaire, même si contrairement à Roudoudou, il n’a pas l’air taillé pour la survie.

  30. Cher Mr Connard,
    Lorsque je commençai la lecture de votre article, j’avais a l’idée d’y lire foule de détails, commentaires, citations raffinées et caetera.
    Quel ne fut pas ma surprise de voir que votre article avait laissé de cotés grand nombres d’incohérences de ce film !
    CE que vous avez écrits est, bien sur, en grande partie fort vrai, mais je vous ai presque trouvé gentil avec le réalisateur et les acteurs . Je n’ose l’admettre mais vous auraient-ils payé Mr Connard ?

    Un fan inquiet

    • Moi je trouverais ça jouissif qu’on me paie (cher de préférence) pour juste dire moitié moins de mal que d’habitude sur un film.

  31. Une bien piteuse expérience, mais comment refuser à ma fille de 12 ans d’aller le voir ? Bah. Parlons francs (puisque finalement, nous sommes bien placés pour le faire) : c’est une vraie merde qui ne vaut pas tripette, et encore suis polie. Le seul point positif : donner matière à critiques, et critiques ô combien savoureuses. Merci encore !

  32. Je dois bien admettre avoir ressenti un viol barbare de mon intellect en visualisant cette daube interstellaire; ces jean-foutres n’auraient même pas la délicatesse élémentaire de profiter des merveilles de la chimie (GHB, chloroforme …).

    Trois points cependant m’ont parus particulièrement insupportables et ne sont pas cités par vos soins. Mettant cette négligence sur le compte de votre attitude pédante caractérisée (déjà vue sur le comportement des avions dans Pacific Scream) je me propose de cracher mon venin sur ces pages parce qu’il faut l’avouer je ne me pourrai plus jamais me regarder dans la glace sinon.

    Premièrement donc, comme se fait-ce que les phéromones qui permettent aux hamsters géants de meuler la tronche de ces pauvres humains (qui l’ont bien cherché avec des films aussi pourris) disparaissent d’un coup lorsque la rage prend le pas sur la peur ? (mais certainement pas quand l’humain est immergé ça non là quand même !).

    Deuxièmement, as-t-on déjà vu une végétation luxuriante type jungle survivre au gel ? Pas sur Terre en tout cas (ha mince c’est là qu’ils sont ? pas de bol).

    Et enfin, comment le piaf peut-il mourir en une nuit dehors alors que son nid (là où les bébés piafs plus fragiles passent la nuit) n’est pas plus protégé ? Mystère.

    Sur ce on m’indique un excellent magasin de cordes, je m’en vais en quérir une longueur ou deux.

  33. Je vous trouve un peu dur Odieux. Vous omettez un facteur important dans ce navet spatial qu’est « After earth ». Ne perdez pas de vue que Kitai à cette époque n’est alors âgée que de 13 toutes petites années. C’est un épuisant sacrifice pour un piffon (contraction de pignouf et bouffon, au demeurant affectueux quand je l’emploie) de cet age que de subir ce type de tournage par les institutions cinématographiques que vous défendez tant!
    De plus, il est très remarquable de par son physique et son jeu d’acteur, qu’il engage une période de sa vie qui nécessite beaucoup de Weetabix pour se construire et devenir céréalement solide… J’aurais aimé un peu plus d’indulgence de votre part sur la première oeuvre de cet enfant star au destin scellé à devenir une Legend comme son père…c’vraie quoi…pas facile d’être réellement le prince de Bel air….

  34. C’est vrai que c’est une tête à claques, le gamin. Mais même ainsi, il ne peut pas être rattrapé par un oiseau géant qui a les ailes largement déployées, quand lui même est en piqué.
    Et vous avez noté que ce sale gosse fait ce que son père lui dit à partir du moment où… il ne l’entend plus ?!?!!
    Au fait il a été payé combien Will Smith pour somnoler pendant une heure ?

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