Gros Rider II

Le nuage à l’odeur méphitique apparut devant Joël, qui recula d’un pas en s’étonnant tant de ce phénomène physique peu banal que de la silhouette qui apparut bientôt lorsque les dernières volutes se dissipèrent, aspirées par la bruyante ventilation du centre commercial.

L’homme qui venait de surgir au milieu de ces effluves de soufre était grand, vêtu d’un impeccable costume sombre agrémenté d’une double boutonnière argentée du meilleur goût, et doté d’un visage que Joël aurait aisément qualifié de « vieux beau » s’il n’était pas encore sous le coup de la surprise ; l’individu passa lentement la main sur ses cheveux grisonnants gominés avant d’agiter de l’autre une petite canne décorée d’une tête de bouc en direction de son interlocuteur.

« Bonjour Joël, je crois que tu sais déjà qui je suis ! » – ses yeux luisirent légèrement l’espace d’un instant, telles deux braises sur lesquelles on aurait soufflé.

Joël hésita quelques secondes avant d’oser timidement :

« Garcimore ?« 

Les épaules du nouvel arrivant s’affaissèrent légèrement dans un long soupir, avant qu’il ne se reprenne en observant autour de lui où il venait d’apparaître ; Joël crut lire une certaine déception lorsque l’individu constata qu’il était au rayon frais d’une grande surface. Faisant fi de cet élément, il se tourna à nouveau vers son interlocuteur, s’appuyant sur sa canne comme pour reprendre de la hauteur.

« Non Joël, je suis le Diable enfin. Tu sais, odeur de soufre, flammes dans les yeux, tout ça. Ça te dit quelque chose, hmmmm ?
– Heu… oui, oui je vois assez bien, mais pourquoi êtes-vous là ? 
– Ha ha ! Maiiiis, tu devrais le savoir ! Ne viens-tu pas de penser « Je vendrais bien mon âme pour avoir le courage de parler à cette jeune fille, là-bas » ? – le Démon fit basculer sa canne par-dessus son épaule, désignant derrière lui sans même tourner la tête une jeune femme en débardeur un peu plus loin en train de déchiffrer l’étiquette d’un paquet de compotes 
– Nan mais c’était une formule de style Monsieur Satan, vous savez, non parce que je ne veux pas vraiment vendre mon âme, j’ai vu les films où en fait c’est un vieux piège à con. Et puis d’ailleurs, vous vous manifestez à chaque fois que quelqu’un pense cela ?
– Non Joël je… écoute mon garçon, pour toi c’est spécial. C’est juste que là je viens de voir Ghost Rider, un film avec un de mes agents dedans, et je me disais « C’est pas mal cette idée de mettre un esprit vengeur enflammé dans l’enveloppe d’un mortel ayant vendu son âme, le tourmentant et prenant son corps à la nuit tombée pour répandre le chaos sur sa monture de feu ! » ; donc là, comme j’ai entendu ton appel, je me suis dit… »
 

Joël regarda un instant son interlocuteur en sourcillant.

« Ecoutez Monsieur Satan, je sais que vous vous êtes déplacé et tout, mais vous savez, ça va pas marcher votre truc.
– Comment ça ? Vends-moi ton âme et tu vas voir ! Je te donnerai le courage de mille hommes pour séduire cette donzelle ! Mieux, je peux même la rendre folle de toi, en faire ton esclave ! Elle sera tienne si tu le…
– Je ne parle pas de ça : votre histoire de Rider, là, elle pue. Dans les films, ouais, le mec qui vend son âme il fait toujours un métier comme aventurier, cascadeur ou un truc du genre ; mais dans le monde réel, statistiquement, vous risquez plutôt de tomber sur des gens banals à faire pleurer. « 
 

Le Diable réfléchit un instant.

« Ah ? Heu… je n’y avais pas pensé. Tu fais quoi comme métier ?
– Je suis comptable. Vous m’imaginez en Rider ? Un mec qui aurait pour arme une calculatrice enflammée ? Avec comme super pouvoir la possibilité de détruire la TVA sur l’essentiel des produits de grande consommation ? Super.
– Moui je… je… ho, je crois qu’une caissière vient de dire qu’elle vendrait bien son âme pour une heure de pause, peut-être que…
– Nan mais attendez, et elle ? Elle aura un tapis roulant enflammé ? Ce sera un Rider capable de lire n’importe quel code-barre avec son regard de feu ? Ça pue votre truc. Cherchez votre inspiration ailleurs mon vieux, dans le monde réel, vous aurez juste des possibilités pourries. Maintenant laissez-moi choisir mes mousses au chocolat en paix. »
 

Satan tapota de sa canne sur le sol, l’air contrarié, avant d’avoir une illumination : Ghost Rider 2 venait de sortir ! Et s’il allait le voir, si ça se trouve, il trouverait une autre idée dedans permettant de surmonter ce petit souci : ni une, ni deux, il y eut un léger « Pschouf« , et la ventilation du centre commercial entreprit à nouveau de disperser les effluves de soufre encombrant le rayon frais là où quelques secondes auparavant, le maître des enfers s’était dressé.

Allons jeter un oeil à ce film : spoilons mes bons !

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L'affiche : on comprend tout de suite que ça va parler d'une créature infernale

Notre odyssée débute lorsque, quelque part en Europe de l’Est (le spectateur avisé aura reconnu la Roumanie), un motard se promène gaiement sur les routes du pays, zigzaguant en bord de ravin. Cependant, nenni de Rider : il s’agit ici d’un curé baroudeur relativement noir mais aussi plutôt aviné qui s’en va fièrement sur sa monture mécanique en direction d’un monastère fort mystérieux.

Oui, fort mystérieux bonnes gens : en effet, celui-ci est tenu, non seulement par des moines, mais aussi par toute une tripotée de gardes, ce qui est déjà plus suspect ; par ailleurs, l’endroit grouille de caméras de vidéo-surveillance pointées un peu partout, reliées à un centre de sécurité ultra-moderne. Je ne sais pas ce que l’Eglise utilise comme nouveau modèle de tronc pour engranger tant de pognon de ses paroissiens, mais m’est avis qu’ils ont récupéré le modèle qui a servi à la campagne d’Edouard Balladur en 1995. Mais passons : notre curé, prénommé Moreau, sitôt arrivé dans l’endroit sur sa moto s’en va discuter avec l’abbé du coin venu l’accueillir, Bénedict, qui lui explique que « Oui, Moreau, nous avons l’enfant ! Il est en sécurité ici, avec sa mère. Dans quelques jours, ce sera le solstice d’hiver… passé cette date, il ne risquera plus rien, même si je doute que cette vieille prophétie sur le solstice soit véridique, hohoho ! » (un enfant, une prophétie, un élu : c’est bon, on a les bases d’une bonne soupe au navet). Moreau, lui, ne semble pas du même avis : « Mais palsembleu, arrêtez ! L’enfant ne sera en sécurité qu’au sanctuaire, et uniquement s’il est sous la protection du Rider, il faut agir ! » ; Bénedict lui, insiste « Tatata, sottises, ici, c’est la grosse sécurité mec, on dépote un peu, maintenant, tu te tais ou je fronce les sourcils.« .

Seulement voilà : si Bénedict connait sa règle (les amateurs de bons mots religieux seront servis), il connait beaucoup moins celle d’Hollywood qui dit, je cite :

« Quiconque dit que sa planque est inviolable la verra violée dans les 10 minutes« 

Si cela explique pourquoi Paris Hilton se promène toujours sur elle avec un magnétophone répétant en boucle « Je suis inviolable« , cela n’est pas sans conséquence pour notre fieffé monastère ! Car évidemment, la chose ne manque pas : à peine la phrase de Bénédict finie, des coups de feu résonnent partout dans la forteresse religieuse : des types habillés en forces spéciales débarquent de nulle part et mitraillent à tout va, enfonçant la porte principale du lieu à grands coups de véhicule-bélier, descendant des toits en rappel, courant un peu partout… sans que personne ne puisse les arrêter.

Non, non, oubliez toutes les caméras de sécurité de la scène précédente : en fait, elles ne servaient à rien et n’ont pas pu voir arriver 200 mecs surarmés sur un bâtiment fortifié isolé. Il en va bien évidemment de même des gardes, qui étaient probablement occupés à disserter sur l’influence de Descartes sur le cubisme et les mouvements picturaux déstructurants. Du coup, les bougres n’ont pas vu arriver par la seule route menant au lieu, pourtant situé en haut d’un pic, tous les véhicules contenant les malandrins venus leur donner l’assaut. Oui, même ceux qui sont passés par la porte principale, ils ne les ont pas vus arriver : c’est fort. Pour le reste, les bougres sont aussi doués pour le combat que l’observation : ils se contentent de courir partout en hurlant avant de danser la gigue en mourant sitôt qu’un des vilains a décidé de tirer sur eux.

Moreau, lui, n’a qu’une idée en tête : aller protéger le fameux enfant dont il avait parlé plus tôt, et après avoir abandonné Bénedict (sympa mec !), il s’enfonce donc aussi vite qu’il le peut dans les entrailles du vieux bâtiment ; au détour d’un couloir, après avoir castagné plusieurs assaillants à coups de poing (oui, les mecs défoncent toute la sécurité suréquipée de l’endroit sans une perte, mais ils ne peuvent rien contre un curé qui pue la villageoise distribuant des tatanes), il croise donc une jeune femme avec un ado de 13 ans : Nadya et son fils, Danny, l’heureux élu de la prophétie.

Mais en voyant le prêtre arriver droit sur eux, la donzelle emmène son marmot aussi vite qu’elle le peut loin de lui, et ouvre même le feu en  direction du malheureux prêtre avec son petit pistolet personnel pour éviter qu’il n’approche (je soupçonne surtout Nadya d’être un peu raciste, nous verrons qu’en fait elle est surtout un peu con-con) ; puis, empruntant on ne sait quel tunnel, elle parvient à rejoindre un véhicule et à s’enfuir avec ; Moreau remonte alors vers la cour principale du monastère afin d’y récupérer sa moto et de s’élancer à la poursuite de la bougresse et de son marmot, et le spectateur avisé notera que tiens, c’est magique, vous vous souvenez des 200 mecs qui prenaient la place d’assaut il y a 2 minutes ? Et bien ils ont tous disparu, il n’y a même plus de coups de feu, rien. D’ailleurs, on n’aperçoit pas de cadavres : c’est fou. Tout le monde a dû partir boire un verre, probablement.

Ou alors, c’est juste un problème de script, mais non, je n’ose y penser.

En tout cas, Moreau et sa mobylette s’en vont à la poursuite de Nadya, mais c’est sans compter sur un nouveau personnage qui fait son apparition : Carrigan. Ce simili-bellâtre qui a commandé l’assaut sur le monastère est un gros méchant qui a tué tous les religieux de l’endroit, bien que désarmés (il est très très cruel). Et comme il a aperçu Nadya puis Moreau fuir l’endroit, il part lui-même avec l’un de ses hommes vers un véhicule avant de coller au train des fuyards, mitraillant Moreau juste devant lui.

Je vous passe les détails, mais la moto de Moreau se prend une vilaine balle et il en perd le contrôle, puis se fait éjecter en direction du ravin le plus proche ; mais comme c’est un curé-ninja, il tire (tout en tombant et au ralenti s’il-vous-plait) sur la voiture de Carrigan pour crever ses pneus, empêchant le véhicule de poursuivre Nadya plus avant. Enfin, il choit comme une merde, mais est sauvé par des branchages car le film a encore besoin de lui : la nature est bien faite.

L'accès au monastère : c'est vrai que c'est difficile de voir une voiture bélier arriver discrètement par là, je comprends la surprise des gardes

Voilà pour la petite séquence d’introduction ; mais je vous sens impatients : allons donc retrouver notre héros préféré.

Vous le connaissez probablement déjà : il s’agit de Johnny Blaze, célèbre cascadeur incarné par le sieur Nicolas Cage, qui la nuit se transforme en esprit vengeur, le « Rider« . Si vous ne le connaissiez pas encore, ça tombe bien, le film vous rappelle comment il en est arrivé là grâce à un rapide résumé, et là, attention.

« Salut les kids. Moi, c’est Johnny Blaze. Avant, j’étais cascadeur, je faisais des acrobaties en mobylette, c’était trop super. Mais un jour, mon papa a attrapé le cancer, ce qui a un peu cassé l’ambiance, vous voyez ? Le Diable est donc venu me trouver et il m’a proposé de guérir papounet en échange de mon âme. Comme je ne m’en servais pas trop, j’ai dit oui, surtout qu’en cadeau pour tout engagement pour l’éternité, il y avait un smartphone gratuit.

Hélas, c’était un piège ! Si mon père fut guéri, c’était sans tenir compte du fait qu’il était un peu con (et qu’en plus, c’était héréditaire) : pour fêter sa guérison, papounet a décidé de faire une grosse cascade et s’est tué ce faisant ; le Diable a donc bien rigolé en disant « Tu vois, j’ai guéri ton papa, et tu l’as perdu quand même, maintenant, ton âme est à moi, hohohoho ! » ; sur le coup, j’ai cru que c’était juste une coïncidence, mais quand j’ai reçu le smartphone gratuit, j’ai compris : c’était un Windows Phone. Le Diable m’avait donc roulé, en fait ! Vas-y, c’est pas sympa.

Satan a alors décidé de faire de moi son instrument : il a placé en moi un esprit vengeur (il a dit « qu’il y avait de la place pour deux ! » ce faisant, mais j’ai pas compris), le Rider. Pour vous la faire bref, la nuit, je me transforme en lui, et ma tête laisse place à un simple crâne éternellement en flammes (mais qui ne brûle pas mes fringues, c’est choupi), ce qui ruine pas mal la plupart de mes plans dragues. Seulement voilà, si je servais le Démon, j’ai fini par m’échapper de son influence ! Et j’ai décidé d’utiliser le Rider pour faire la justice moi-même, comme par exemple, en appliquant la peine de mort aux gens que je croise et que je considère comme méchants, parce que vous savez, les tribunaux, les avocats, les enquêtes, ça ne sert à rien. Bref, je disais ? Ah oui :

Mais ces derniers temps, le Rider m’échappe ! Au nom de la justice, il tue tous ceux ayant commis un crime, qu’importe sa nature : un mensonge innocent, une tricherie, un téléchargement illégal (ndloc : véridique, le film cite cet argument), tout est prétexte à son courroux ! 

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INTERLUDE

Au même moment, chez l’un de mes lecteurs.

Thomas regarda la molette de sa souris, à demi-fondue après avoir dû l’utiliser de longues minutes pour retrouver un vieil article. Il avait beau suivre ce blog depuis quelques temps, il se demandait parfois si ce ne serait pas plus malin d’afficher juste quelques lignes de chaque article sur chaque page avec le bouton « lire la suite« , comme cela se faisait ailleurs, plutôt que de bombarder de pavés son écran. Alors qu’il était tout à ses réflexions, il aperçut un petit encadré s’afficher au bas de son écran

« Téléchargement de La_soupe_aux_choux_TrueFrench_DVDRIP_[VengoZqu4d].avi achevé« 

Le jeune garçon eut un sourire en cliquant sur l’icone, fier de son forfait : il allait enfin pouvoir regarder à nouveau la séquence des prou…

La fenêtre explosa dans un bruit d’apocalypse alors qu’une moto en flammes, moteur hurlant, s’écrasait sur le sol de la chambre au son de ses suspensions grinçantes ; le parquet prit feu à son tour là où la roue avait touché les lieux, détruisant au passage quelques objets traînant dans la chambre du piratin : t-shirt froissé, boîte de jeu à demi-éventrée, chaussettes roulées en boule… Thomas n’eut pas le temps de passer de la surprise à la peur en voyant le crâne enflammé remplaçant la tête de son assaillant que déjà, une chaîne de moto chauffée à blanc par la fournaise émanant du personnage s’abattait sur lui.

« COUPABLE ! » s’écria le crâne du motard en grinçant. « ON NE TÉLÉCHARGE PAS LA SOUPE AUX CHOUX IMPUNÉMENT ! » ajouta t-il, avant d’essorer sa poignée d’accélérateur pour s’enfuir par la fenêtre sur son destrier mécanique en entendant la maman de Thomas montant les escaliers pour savoir ce que c’était ce bazar dans la chambre de son fils, et que si c’était encore sa musique de sauvageon, il allait voir son argent de poche réduit de 5€.

Le Rider venait encore de faire son devoir. La Terre était un endroit plus sûr ; mais déjà, le crime l’attendait, ailleurs : quelqu’un n’avait pas payé son parcmètre quelque part au Mans.

Le Mal était partout.

FIN DE L’INTERLUDE

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 Aussi, j’ai dû fuir jusqu’en Europe de l’Est (ndloc :véridique, encore une fois), parce que quitte à tuer des gens, autant que ce soit des Roumains, c’est moins grave. Oh, au fait, vous vous souvenez de ma copine du dernier film ? Et bien pas moi : elle demandait un cachet trop élevé, alors on va juste ne pas en parler, d’accord ? Allez, reprenons le déroulement du film. »

Voilà : Johnny est donc en ce moment, et ça tombe bien, en Roumanie, ce qui est quand même une sacrée coïncidence, car il aurait été au Bhoutan, ça aurait posé quelques problèmes avec cette histoire de prophétie, mais non, ouf. Et justement : alors que Johnny est dans un entrepôt isolé du pays à méditer sur l’avenir qui l’attend, un homme se présente à sa porte : Moreau. Grâce à ses supers pouvoirs intitulés « J’ai accès au script« , il l’a trouvé sans problème, et lui explique la situation : « Salut Johnny, je me présente, je suis un type qui pue l’alcool et qui sort de nulle part. Tiens, voilà une photo en noir et blanc d’un enfant, car ici, chez les Roumains, on a pas inventé la couleur. Tu vas retrouver ce gosse sans que je te dise pourquoi et me l’amener. Oui, je te dis ça car je sais que tu es le Rider, et tu pourras sentir où est cet enfant car il a l’odeur du Diable. Et si tu le fais : moi et mon ordre, on exorcisera le Rider et tu seras liiiiiibre !« 

Personnellement, je serais Johnny, je me serais vaguement demandé comment ce mec a pu me trouver, comment il peut savoir que le Rider, c’est moi & co, mais Johnny, non. Il dit juste « Okay ! » : vous m’étonnez qu’après il se retrouve à signer des pactes avec le premier couillon venu. J’espère qu’il n’a pas internet.

De : NMagou@africa-online.com

A : BlazeJojo666@AOL.com

Objet : Aide-moi !

« Bonjour Johnny, je suis Amaury N’Magou ! Mon père, le vénérable Mougou N’Magou est mort dans un accident de balancelle ; il a cependant laissé à la National Bank of Bamako un compte contenant 9.008.00 dollars ! Mais je ne peux l’encaisser sans garant ! S’il-te-plaît, Johnny, viens à mon aide et tu auras 20% de la somme. P.S : peux tu m’avancer 2 000 dollars sur la somme que nous allons toucher ?« 

Non vraiment : internet est une place trop dangereuse pour Johnny.

"Moreau, tu n'as pas été suivi jusqu'ici ?" - "Nan nan, ou alors le mec était balaise."

En attendant, où sont Nadya et Danny (notez la subtile proximité entre les deux noms pour ne pas perdre le spectateur) pendant ce temps, hmm ? Et bien figurez-vous qu’ils se planquent dans une ville du coin, où Nadya dragouille de potentiels maris infidèles pendant que son fils leur fait les poches histoire d’obtenir de quoi subvenir à leurs besoins ; nous apprenons ce faisant qu’ils sont gitans, obtenant ainsi la combo Roumain-gitan-voleur du premier coup. On attend avec impatience le banquier juif, le coiffeur homosexuel et le mauvais Nicolas Cage. Ho ? Attendez !

En tout cas, sitôt leur dernier forfait accompli, la mère et son fils décident de quitter la ville où ils opéraient pour prendre la route afin d’éviter les ennuis ; hélas, ils ne remarquent pas qu’ils sont suivis par deux énormes 4×4 noirs mystérieux (et pourtant, il fait grand jour et curieusement, Nadya et Danny compris, ce sont les trois seuls véhicules de la ville à circuler), et ce visiblement durant plusieurs heures, puisque dans le plan suivant, il fait nuit noire (ou alors… ou alors c’est juste un autre problème de script ? Ah bin oui, mais nous verrons que la chose se répétera encore et encore) ; mais c’est vrai que c’est pas facile de repérer deux 4×4 dans son rétro quand, de tout le film, il n’y aura jamais la moindre trace de circulation (à l’exception d’une voiture rouge au début, dans la course poursuite qu’il y a eu entre Moreau, Carrigan et Nadya et que le prêtre a failli se manger sur sa moto pour être exact, mais sinon, pas une seule).

Carrigan, donc, le chef des malandrins, décide de passer à l’action : je vous rappelle que son objectif est de récupérer Danny. Que faire ? Continuer de suivre le véhicule de Nadya et profiter d’un arrêt pipi-essence pour agir, en profitant du fait que visiblement, elle n’est pas foutue de regarder dans son rétro ? Lui intimer de s’arrêter en lui collant un flingue sous le nez ? Non. Carrigan est beaucoup plus intelligent que ça : il fait nuit noire, ils sont lancés à pleine vitesse, il va donc…

… percuter la bagnole de Nadya pour l’envoyer voler.

Dis-moi galopin, quelle partie du plan tu n’as pas compris dans « récupérer l’enfant » ? C’est le passage où on t’a expliqué que sous forme de pulpe, il était vaguement moins utile ? Et sinon, pourquoi as-tu attendu la nuit ? Pour être sûr d’éventuellement louper un obstacle/un virage/perdre l’épave dans un ravin durant la manœuvre d’attaque ? Les routes de ce film sont désertes, tu ne risquais rien, alors pourquoi ?

Bref : suite à diverses manœuvres routières plus ou moins aventureuses, la voiture de Nadya finit en bord de route, puis les deux véhicules des malandrins s’arrêtent à son niveau, et en sortent toute une série de chenapans armés de diverses armes de plus ou moins gros calibre. Parmi eux, donc, Carrigan, leur chef ; Nadya s’exclame donc « Halala, donc ! Carrigan ! Mon ex ! Je te hais, tu es vilain ! Tu n’auras jamais mon fils, en plus, il n’est même pas de toi, alors hein, ho, touche-z’y-pas gros bâtard ! » (elle manque d’éducation, j’en conviens). Oui, le méchant est l’ex de la gentille : ça n’aura aucun intérêt dans l’histoire, mais ça rend les choses encore moins crédibles. Bien pensé.

Enfin, revenons à notre sujet : Carrigan est donc en train de menacer Nadya, en demandant à ses hommes de se saisir de Danny, quand soudain, un gros bruit de pétarade se fait entendre : qu’est-ce ? La police ? L’armée ? Une soirée flammenküche qui aurait dégénéré ? Non ! C’est une moto infernale qui arrive en sautant depuis on ne sait quel invisible tremplin, et faite de métal en fusion et de flammes ; sur son assise, on trouve un homme vêtu en motard, mais au crâne nu et flamboyant : le Rider !

Oui : Johnny, qui luttait depuis des mois pour garder le contrôle la nuit et ne plus devenir le Rider, l’a laissé prendre le dessus pour pouvoir partir à la recherche de l’enfant qui sent « comme le Diable » (il contrôle très mal ses sphincters). Le voici donc pour sa première scène d’action du film où, pour faire le spectacle, il prend des poses cools. Et évidemment, les méchants restent immobiles à le regarder faire ses trucs de kéké sans même poser de questions, parce que vous comprenez, un squelette en flammes motard, c’est tellement banal. D’ailleurs, même quand celui-ci commence à les tuer un par un, parfois en se contentant de les regarder droit dans les yeux durant de longues minutes, personne ne tire, ils font juste « Ah bin ça alors ! » ; misère, ce que c’est nul.

Carrigan, lui, est lassé par cette scène sans fin, et décide donc de passer à l’action en demandant à ses hommes de tirer, ce qu’ils font  – enfin – sans hésiter ; mais ah ! Voilà que le Rider résiste aux balles ! Ni une, ni deux, Carrigan va donc dans son coffre chercher son lance-grenades, et envoie une cacahuète à la créature de l’enfer, qui est donc projetée en arrière avant d’exploser lamentablement : le Rider est vaincu ! Les méchants, pas peu fiers d’être débarrassés de cette bestiole bizarre, embarquent donc Danny et fuient promptement, laissant Nadya sur place, histoire qu’elle puisse leur attirer plein d’emmerdes, comme par exemple mettre la police ou on ne sait qui à leurs trousses. Faudrait pas voir à se débarrasser de l’unique gêneuse et témoin du coin, fraîche et disponible pour leurs balles ou tout autre plan plus ou moins vil.

Non, ne cherchez pas. Cht. Dites à vos neurones de se calmer, ils se font du mal, et tout cela va aller crescendo.

Quelques heures plus tard, Johnny Blaze se réveille dans un hôpital roumain, où une charmante infirmière vient lui expliquer que la police veut lui parler ; le pauvre cascadeur, étonné, se rappelle soudain de ce que le Rider a fait la nuit-même en possédant son corps : comment a t-il survécu ? Visiblement, l’esprit vengeur est plus fort qu’il ne le pensait, puisque tout ce qu’il reste comme trace de sa branlée de la veille est une cicatrice sur son torse : ça va, ça aurait pu être pire ; mais comme ça pique encore un peu, et que Johnny n’a pas trop envie d’expliquer à la police que « Vous comprenez Monsieur l’agent, je sais qu’on m’a retrouvé au milieu de voitures en feu criblées de balles, de cadavres à demi-brûlés & co, mais je peux tout vous expliquer : tout a commencé quand le Diable m’a proposé un smartphone, et…« , il se lève tranquillement, récupère ses affaires qui traînaient juste à côté de lui, se sert en anti-douleurs dans la pharmacie en libre service de sa chambre d’hôpital (il y en a toujours une, c’est connu), puis s’en va tranquillement puisque la police qui voulait lui parler et l’avait retrouvé sur le site d’un massacre vaguement intéressant ne surveille pas la porte de la chambre, ni quoi que ce soit en fait.

Oui, je sais, ça fait mal, mais ne viens-je pas de dire de calmer vos neurones ? Si vous tentez de réfléchir aussi, hein ! Vers la fin du film, vous aurez l’impression que votre cerveau a perdu 15% de sa masse, vous verrez.

Pour la petite histoire, voilà à quoi ressemblent Nadya et Danny. Comment ? Etaient-ils dans une discothèque au moment de la photo ? Non non, ça c'est le début du film quand ils sont dans le monastère attaqués. Sûrement l'abbaye perdue de Saint Funky-Groove

En sortant de l’hôpital, Johnny croise dans les couloirs la petite Nadya, qui n’a rien à faire là mais a dû se dire « Tiens, si je me mettais dans un endroit où la police risque de me trouver et de m’interroger des heures sur le massacre d’un monastère bourré de caméras où l’on pouvait me voir sur toutes les bandes, et sur le massacre de la nuit dernière si jamais le motard bizarre qu’ils ont retrouvé sur place se mettait à parler ? Oh oui, ce serait tellement intelligent !« , et se décide donc à la suivre ; celle-ci n’apprécie guère la manoeuvre et finit par l’attendre l’arme à la main sur le parking (désert) de l’hôpital en lui demandant qui il est, car elle reconnait sa tenue, même si cette fois-ci sa tête n’est pas un crâne en flamme, mais bien pire finalement, et celui-ci se contente d’un « Salut, petite, je veux retrouver ton fils et je tue des gens en me transformant en démon, donc je vois pas pourquoi tu ne me ferais pas confiance en me racontant ta vie avec tous les détails et en m’aidant à retrouver ton morveux sans que je te détaille ce que je compte en faire » ; autant vous dire que la bougresse est aussitôt convaincue (… hein ? Non, je n’ai rien dit, ça se passe de commentaire). Nos deux loulous désormais en équipe se dirigent donc vers…

Nan vraiment, là c’est dur, j’ai l’impression que ça ne s’arrête jamais.

… Ils se dirigent vers une dépanneuse sur laquelle trône la moto de Nicolas Cage. Oui : la police a retrouvé sa moto, l’a chargée sur une dépanneuse, et l’a amenée à l’hôpital pour des raisons que l’on ignore totalement, avant de laisser le tout en plan sur le parking. Voilà voilà. Ho, petit détail pour ceux qui se poseraient la question : quand Johnny n’est pas sous sa forme de Rider, c’est une moto normale ; elle ne change que lorsqu’il se transforme. Donc non, la police n’a pas ramené une moto démoniaque hurlant aux gardiens de la paix d’aller sucer des biroutes en enfer tout le long du trajet. Enfin bon : dans tous les cas, Johnny et Nadya partent donc en vadrouille ensemble à bord du beau véhicule jaune, et emmenant ainsi la monture de notre héros avec eux. Ce n’est pas du tout télescopé.

Nadya raconte alors son histoire, qui est tout à fait passionnante : dans sa jeunesse, elle a fait des bêtises (comme par exemple télécharger Miss Détective) et est donc allée en prison ; là-bas, elle a rencontré Carrigan, avec qui elle a eu une liaison, mais uniquement parce qu’il trafiquait des armes et du matériel permettant potentiellement de s’évader. Mais une fois dehors, le vil fourgueur d’armes lui a proposé un braquage qui a mal tourné : Nadya s’est retrouvée mortellement touchée lorsque la situation a mal tourné, et le Diable lui est apparu : il lui a proposé de la soigner… mais en échange, elle devrait porter un enfant… son enfant ! Et voilà que Satan veut récupérer ce qui est à lui, et a donc payé Carrigan pour la retrouver et se saisir du marmot !

Mais avant que Johnny ne pose la question « Oui d’accord, mais alors Satan, c’est un bon coup ?« , allons plutôt voir ce qu’il se passe du côté de Carrigan. Car celui-ci s’est arrêté dans un coin désert pour appeler son boss, le Diable, même s’il ignore que c’est lui (ce dernier se fait appeler Jean-Jacques) et lui expliquer que oui, ça y est, il a l’enfant, mais que il va falloir payer plus cher pour le récupérer : en effet, il n’était pas prévu dans le contrat d’affronter des motards-squelettes-enflammés (peu de contrats le prévoient, c’est vrai, la maman de Thomas n’a découvert que trop tard que son assurance ne couvrait pas les dégâts commis par les démons mécanisés en agglomération, elle devra donc payer le changement de la fenêtre de son fils ainsi que du parquet à ses frais). Le Diable est donc très intéressé par la nouvelle de la présence du Rider dans les parages, et demande à parler à Danny. Sitôt qu’il l’a au téléphone, il lui chuchote des trucs à l’oreille dans une langue curieuse (sûrement des trucs cochons, vieux pédophile), et l’enfant semble entrer en transe avant de hurler puis de s’évanouir ; lorsque Carrigan reprend la ligne pour demander ce que c’est que ce bordel, Jean-Jacques lui explique que « Tu vois, ce garçon est comme un ordinateur : je viens de couper l’accès du Rider à celui-ci. Il ne pourra plus le retrouver« . Soit, disent les méchants : mais j’espère que c’est pas un Mac alors, parce que si le gamin commence à nous gaver avec les conditions d’utilisation de Itunes, on le balance. Enfin, ils reprennent la route.

A noter : durant les heures qui vont suivre, Danny tentera brièvement de s’évader à la nuit tombée en sautant depuis l’arrière du véhicule vers l’avant de celui-ci pour tourner brutalement le volant du 4×4 qui l’emmène, lui, Carrigan et quelques uns de ses hommes. Oui, malgré plusieurs gorilles, dont un qui tient le volant, personne ne parvient à arrêter un merdeux de 13 ans gros comme une allumette. Mieux encore, on peut apercevoir le chauffeur parvenir à reprendre le contrôle du véhicule et à repartir droit avant que… que mystérieusement dans le plan suivant, le véhicule ne soit curieusement en train de partir sur le côté en faisant 40 tonneaux. A part un homme de Carrigan, tout le monde s’en tire sans bobos, parce que vous savez, les tonneaux, bon… Danny parvient même à fuir sur quelques mètres sans la moindre égratignure (il avait remis sa ceinture, tout s’explique), mais est arrêté par un obstacle terrible : des GALETS HUMIDES ! Ce qui le fait glisser et se briser la cheville en hurlant.

Je résume :

– Tonneaux en 4×4 à pleine vitesse = tranquille Emile

– Galets humides = éternité de douleur

Après avoir récupéré un nouveau véhicule dans une séance qui se veut « lolilol« , Carrigan, sa troupe et son prisonniers repartent à bord d’un van hippie emprunté à des touristes allemands. Voilà, c’est drôle : riez un bon coup, on reprend dès que vous avez fini de vous remettre de ce grand moment d’humour digne du cinéma français.

GHOST RIDER PUNIT LES VILAINS GALETS HUMIDES QUI GLISSENT !

Revenons à Johnny et Nadya qui roulent paisiblement, mais désormais sans guidage, puisque notre héros ne « sent plus » soudainement Danny, et sait que c’est parce que quelqu’un lui a bloqué l’accès (ou lui a appris la propreté, allez savoir) ; notre héroïne, elle, s’exclame donc « Nan mais t’inquiète chaussette, je connais un pote de Carrigan, un gros trafiquant, il nous dira où il est » : ni une, ni deux, nos larrons se rendent donc jusqu’à une sorte de club de combats illégaux, et dans les coulisses, Johnny tombe alors que la nuit est tombée sur Popov, le fameux trafiquant. Il a tôt fait de le faire parler grâce à une chose simple : le Rider, profitant de la lune désormais haute et du fait que l’endroit respire la corruption et le crime, se bat à l’intérieur de Johnny pour prendre le contrôle. De temps à autre, l’oeil de Johnny se transforme en crâne, ou sa mâchoire, bref : c’est pas bien naturel et ça fait très peur. Ou alors, ce sont juste ses cheveux qui font peur, mais c’est un autre sujet : Popov avoue donc bien volontiers : « Oui, je sais où est Carrigan, il a rendez-vous dans une carrière pas loin d’ici pour acheter tout un tas d’armes ce soir, ça tombe bien quand même, non ? Mais je doute que vous arriviez à temps ! » : c’est sans compter sur Johnny, qui part chercher sa moto à l’arrière de la dépanneuse, et fonce vers la fameuse carrière (dont il connait l’emplacement précis grâce à heu… rien).

Et là, attention, scène abominable : environ une minute de Nicolas Cage en gros plan qui fait le psychopathe sur sa moto avec le Rider qui se bat pour prendre le contrôle. Et finit d’ailleurs par le faire, mais à voir, vraiment, ça fait super peur. Actor’s studio.

A la carrière, donc, que se passe t-il ? Et bien déjà, pour ne pas poser de problèmes, le film a à nouveau « oublié » que deux scènes plus tôt, Carrigan circulait désormais en van hippie (d’ailleurs visiblement, il a même trouvé un coin pour se changer, mais passons), et on le retrouve donc attendant Papav (le pote de Popov), pour lui acheter… des lance-missiles à têtes chercheuses ! A peine le deal conclu, un bruit de pétarade typique se fait entendre… tous les hommes tant de Carrigan que de Papav se mettent donc en position pour se préparer à tataner l’intrus, quand soudain, ils découvrent celui-ci débarquant dans toute sa splendeur : le Rider sur sa moto de feu ! Connaissant déjà l’animal, Carrigan réagit promptement et lui décoche donc un missile, mais cela ne suffit pas à l’arrêter ! Pas plus que les autres projectiles du genre qui le touchent : donc oui, le Rider encaisse très mal les grenades, mais les missiles, trucs vaguement 10 fois plus gros, ça par contre ça ne lui fait quasiment rien, merci.

Non, il n’y a aucune explication. S’il est possible de faire de l’encre à partir de matières fécales, je puis vous confirmer que ce scénario a été rédigé au stylo-plume.

Après avoir ainsi montré sa grande résistance aux missiles, roquettes et autres projectiles de gros calibre, le Rider entreprend donc de tuer à peu près tout et tout le monde, permettant ainsi de découvrir qu’à l’instar du film Commando, avec Arnold Schwarzenegger, il y a un petit problème avec les figurants, au point que notre héros se retrouve à tuer plusieurs fois le même personnage (spectateurs, regardez particulièrement le jeune homme avec une capuche qui se fait tuer deux fois dans deux plans successifs de deux manières différentes), mais cela n’a guère d’importance ; non, afin de profiter pleinement de la bataille, le Rider se décide à abandonner sa moto pour grimper sur l’énorme excavatrice qui domine la carrière, et comme pour sa moto, il la transforme en… excavatrice du démon. Qui va donc super vite, fait des flammes, etc. Autant vous le dire : avec ça, il éclate à peu près tout et tout le monde dans quantité de gerbes d’étincelles ; Nadya, elle, qui a suivi le Rider profite du chaos ambiant pour aller, à l’écart de la carrière, récupérer son fils qui attendait sagement ligoté dans un coin. Cela fait, elle file, laissant le massacre se finir.

A noter que Carrigan, lui, évidemment, affronte le Rider en personne, mais que sans aucune raison, ce dernier plutôt que de le transformer en cendres comme il le fait toujours, l’envoie juste paître sous un gros caillou où il agonise longuement. C’est important de le préciser : on sent que le personnage va resservir lui aussi et qu’il faut donc le garder en bon état. Cela fait : tout le monde reprend la route, loin de tous ces mécréants.

Le lendemain, donc, après de longues heures à rouler, nous retrouvons Nadya, Danny et Johnny dans un restoroute, où Danny regarde envieux les autres familles présentes, car on sent bien ce qui lui manque : un papa gentil pour lui tapoter la tête d’un air satisfait, comme dans toute bonne famille qui se respecte. Johnny, qui ne connait pas le marmot depuis plus de 10mn tente de jouer ce rôle, ce à quoi le fils du Diable (puisque bon, quand même, c’est son statut et que ça explique pas mal pourquoi papa n’a jamais été un père de famille exemplaire) répond que « Ouais Johnny, t’es plus cool que tous les autres mecs avec qui maman est sortie ! » (hé bé, ça devait pas voler bien haut) ; notre héros apprécie le compliment comme il se doit, et lorsqu’ils reprennent la route, toujours au volant de leur dépanneuse transportant le destrier de Johnny, c’est Nadya qui conduit, alors que le cascadeur et le marmot sont sur la plate-forme à l’arrière à discuter entre hommes du genre « Dis Johnny, pourquoi j’ai des poils qui poussent ?« . La conversation porte beaucoup sur le Rider et l’effet que cela fait à Johnny de le devenir, puisque le jeune homme trouve cela, là encore, « trop cool« . Cependant, le marmot soulève plusieurs questions intéressantes lors d’un dialogue que je n’invente hélas pas (mais que la production a refusé que je complète curieusement, voici l’original avec mes ajouts encore barrés) :

« Mais alors Johnny, pourquoi ta moto prend feu quand tu deviens le Rider ?
– Hé bien parce que tout ce que monte le Rider prend feu : une voiture, une moto, une excavatrice… c’est comme ça.
– Ah ouais, mais alors si tu montes en avion ? Ou sur un chameau par exemple ?
– Hmmmm, je ne sais pas. Je devrais peut-être grimper sur ta mère pour voir.
– Et quand tu veux faire pipi sous forme de Rider, il se passe quoi ?
– Et bien là, je fais pipi, un vrai lance-flammes ! (là, image à l’appui, on voit à l’écran le Rider urinant du feu)
– Hihihi, tu es trop drôle John, t’es trop cool ! Enfin si tu fais jaillir des flammes de ton zob, évite de faire un facial-napalm à maman quand même.« 
  

C’est un peu grivois, j’en conviens, mais allez savoir pourquoi, j’avais l’impression que ça remonterait au moins un peu le niveau du film. Mais laissons de côté ces quelques propos car voici qu’un autre véhicule arrive sur la route déserte derrière nos héros : chevauchant sa moto, c’est Moreau ! Mais au fait, sa moto elle n’était pas au fond d’un rav… bon, on va dire qu’il peut générer des motos à volonté que c’est son pouvoir caché. Allez. Bref : Moreau dit « Youpi les amis, je suis content de vous avoir retrouvé : bon et Nadya, je sais qu’avant tu me tirais dessus car tu refusais mon aide, mais c’est fini, on est tous dans la même équipe !« 

Vous pensez que je rigole ? Mécréants : voyez où nous en sommes !

Pardon ?

Au début du film, Nadya vidait donc des chargeurs entiers vers Moreau pour « refuser son aide » ? Merde, j’espère qu’il n’y a pas trop de gens qui lui proposent de l’aider à porter ses courses, sinon, bonjour les coups de fusil à pompe dans les gencives. Hystérique ? Maiiiiis non. La preuve : tout le monde rigole de cette mésaventure, Moreau en premier, avant de dire « Venez les amis, je vous guide jusqu’au Sanctuaire où mon ordre pourra protéger l’enfant et exorciser le Rider ! Tu seras libre, Johnny, tu as tenu parole et ramené Danny !« 

Et justement, alors, le sanctuaire, où est-ce ? Et bien il s’agit d’une sorte d’immense village troglodyte que les puristes sauront situer en Cappadoce, qui prouve qu’en une journée de route, nos héros ont dû rouler en moyenne à 250km/h en dépanneuse ou en avoir une qui vole pour traverser le Bosphore, et donc, l’endroit pour le coup abrite un ordre de moines fort discret qui semble avoir pour tradition de s’écrire plein de trucs sur la peau, comme de vulgaires écolières en fleur. Et le chef de cette ordre, le plus sage de tous les moines, celui qui a tant et tant vécu que son visage même est recouvert d’écritures est…

Vous êtes bien assis ? Allez, redressez-vous. Le dos droit, allez, on vous l’a déjà dit ! C’est bon ?

C’est…

Christophe « Hin hin hin » Lambert

Quel ordre terrible ! Être commandé par pareil énergumène ! En tout cas, Nicolas Cage et Christophe Lambert dans le même film, m’est avis qu’aux oscars, ils ne sauront à qui le décerner. Quelle bataille de titans, mais bref : Danny et Nadya sont emmenés par les moines pour être mis en sécurité,  alors que Johnny et Moreau partent d’un autre côté pour aller exorciser le Rider du corps de notre héros, lui permettant de retrouver une vie normale. C’est alors qu’une discussion pas banale va naître : « Mais au fait Moreau, c’est quoi, le Rider ?« 

C’est vrai qu’il serait peut-être temps de t’en inquiéter, mais bon.

Moreau explique alors ce qu’il en est : le Rider est en fait un ange qui a été autrefois envoyé sur Terre pour répandre la justice. Mais hélas, il a été capturé par les forces de Satan (comment ? Je suis curieux quand même, ils ont fait un gros piège à ours ?) et corrompu en l’obligeant à regarder toute la bassesse de l’humanité (c’est-à-dire une bonne partie de la saison I de Sex & the City, ce qui ferait craquer n’importe qui) ; il est donc alors devenu fou et s’est mis à punir tout et tout le monde. Satan s’est servi de lui comme agent car il avait quand même le pouvoir de botter bien des culs, ce qui était bien pratique. Bon, allez assez causé, que l’exorcisme commence :

Le prêtre noir, qui prétend adorer le vin mais le boit au goulot (nan mais sacrilège), oblige donc notre héros à se confesser avant de communier avec lui puis de l’envoyer dans une pièce à part où l’exorcisme doit avoir lieu. Moreau dit juste « On se boira ce bon vieux vin – en désignant une vieille bouteille – sitôt tout cela fini, d’accord ? » : ah, ne JAMAIS dire ça dans un film américain mec, ça revient à dire « Quand tout sera fini, j’irai retrouver ma fiancée« , c’est un coup à mourir, mais passons. Sitôt Johnny entré dans la salle, une lourde pierre roule derrière lui (oui, les villages troglodytes ancestraux ont longtemps eu des portes automatiques, tous les archéologues le savent), et le bougre se retrouve tout bonnement enfermé. C’est alors qu’il sent un truc remuer en lui : l’exorcisme commence !

Mais pendant ce temps, quid des méchants, hein ? Je vous le demande ! Revenons à la carrière où notre Rider s’était déchaîné à coups d’excavatrice plus tôt : quantité de secouristes et de pompiers opèrent sur place, éteignant les restes des incendies occupant encore l’endroit, et récupérant les rares survivants. Cependant, alors que tout ce petit monde est occupé, personne ne voit arriver un homme en costume sur les lieux : Jean-Jacques, alias le Diable en personne ! Et qui trouve t-il sous son gros caillou en train d’agoniser ? Carrigan, visiblement encore vivant, mais que personne n’aide alors que les secouristes passent tranquillement en marchant à un mètre de lui. Nan mais sérieusement les enfants ? Bref ; le Diable, lui, vient le voir et lui dit « Carrigan mon lapin, tu ne m’as pas bien servi ! Tu devais me ramener l’enfant !« , ce à quoi l’autre répond « Nan mais en fait, là, je suis occupé, je meurs. Aaargh… couic« . Et il ne bluffe pas : il meurt sous ses yeux, il l’avait juste attendu pour ce faire, ce qui est vraiment sympa, notons-le, et pas du tout télescopé.

« Scrogneugneu« , dit le Diable, avant d’ajouter « Nan mais t’es en CDI mec, attends, tu te barres pas sans préavis en prétextant que tu es mort, là, ho, dis ! » : et en touchant le corps encore chaud d’un doigt, celui-ci semble soudain se réveiller de manière désagréable avant de se recroqueviller sous son gros caillou, pour mieux ressortir de sous celui-ci, désormais affublé d’une nouvelle forme. Carrigan a en effet quitté le monde des vivants et est désormais une créature ni morte, ni vivante, mais surtout, il est devenu blond à cheveux longs. Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais rien, en tout cas, voilà : il a aussi les traits un peu tirés, mais en-dehors de ça, il se porte bien. Le Diable lui explique alors sa nouvelle condition : il est désormais une créature à son service, qui doit toujours terminer son contrat, et ramener Danny à lui. Il a d’ailleurs désormais des pouvoirs magiques :

  1. Où qu’il aille, il y a une sorte de zone d’ombre autour de lui qui donne l’impression aux gens quand il approche que, soudain, il fait nuit noire
  2. Il fait pourrir tout ce qu’il touche. Ce qui laisse supposer qu’il a eu accès au scénario.

Le bougre teste donc aussitôt son pouvoir sur un secouriste isolé, qui d’un simple contact, se transforme en momie sur place ; notre méchant n’a plus qu’à voler son véhicule pour partir à la poursuite de Danny. Bonne route, Carrigan ! J’espère qu’en chemin tu te poseras la question « Mais attends, à quoi ça sert un pouvoir de putréfaction au toucher sur un squelette immortel en flammes ? » ou « Ça alors, pourquoi mes fringues ne pourrissent pas alors ? Pourtant, pourrir mon slip, ça me connait en temps normal, c’est fou« , hein. Mais je dis ça…

Le méchant pourri qui obtient le pouvoir pourri du pourri : c'est vraiment recherché

Bon, pendant que vous en êtes encore à vous demander comment Carrigan peut savoir dans quelle direction sont partis les gentils, retrouvons Johnny qui a été exorcisé pendant ce temps. Oui, il lui a suffit de rester allongé au milieu de la pièce où il était enfermé pour que le Rider le quitte. Je suis un peu déçu, il n’y a même pas eu de passage où le héros vomit partout en hurlant des insanités, ce n’est plus ce que c’était. Trop heureux d’être ainsi libéré, Johnny sort donc de l’endroit (la porte automatique se rouvre, elle détecte automatiquement quand un mec a été exorcisé ou non, c’est sympa), et las ! Notre cascadeur préféré découvre que les moines de Christophe Lambert sont de petits enfoirés ! Ils ont attendus que le Rider quitte l’ami Blaze pour capturer tout le monde, et expliquer leur plan : il est impossible de protéger Danny. Le Diable le veut pour le solstice d’hiver, soit le soir même, mais quand bien même il ne serait pas repris par le Démon d’ici là, même une fois cette date dépassée, il resterait un danger selon les religieux : il faut donc le tuer, purement et simplement.

Nos héros sont donc retenus par des moines, pendant qu’une poignée d’entre eux part dehors pour se mettre en cercle autour d’un billot où Danny est invité à placer son frêle petit cou, alors que Christophe Lambert sort son épée sacrée pour procéder à l’exécution, tant les décapitations, il maîtrise depuis Highlander.

Mais pile au moment (ça vous surprend, hein ?) où il s’apprêtait à exécuter le marmot, Christophe se rend compte qu’il fait nuit noire. Ho ? Et autour de lui, il voit ses frères disparaître un par un, emportés par les ténèbres : comment ? Qu’est-ce ? What the fuck ? Rapidement, Totophe comprend lorsqu’il se retrouve lui même attaqué par une créature qui fait pourrir ses mains lorsqu’il tente de lui faire du kung-fu dans la gueule : Carrigan !

Oui, Carrigan a une ambulance encore plus magique que la dépanneuse de nos héros : il a réussi à les rejoindre en moins d’une journée, puisqu’il fait encore grand jour ! On en déduira donc que celle-ci, en plus d’elle aussi voler au-dessus du détroit du Bosphore, devait circuler à une vitesse moyenne de 350 km/h. Je ne sais pas ce qu’ils ont comme véhicules d’urgence en Roumanie, mais j’ai l’impression qu’on nous cache quelque chose.

En tout cas, voilà : Carrigan tue le Frère Lambert et s’enfuit en emportant Danny (ne me demandez pas comment il fait pour qu’il ne pourrisse pas lorsqu’il le touche) avec lui. Lorsque Johnny, Moreau et Nadya arrivent donc enfin dehors pour voir ce qu’il s’est passé, ils ne découvrent donc que quelques momies recroquevillées portant encore des robes de bure pourries. Hmmmm… tout cela est bien mystérieux.

Ho, et sinon, les autres prêtres ? Ceux que l’on voyait un peu partout lorsque nos héros ont découvert l’endroit ? Ceux-là mêmes qui pour certains, retenaient nos héros pendant que l’exécution avait lieu, ils font quoi ? Ah bin rien, là encore : ils ont tous disparu, pfouit. Comme les assaillants du début du film dans le monastère.

Ça devient redondant quand même, ces disparitions de masse.

En tout cas, alors que Nadya pense que tout est perdu, Moreau explique qu’il connait le plan de Satan, parce que… il a lu une prophétie sur le sujet. Voilà. Ne demandez pas d’où elle sortait : c’était une prophétie. Et donc, le prêtre à la peau sombre explique :

Satan a un souci : il ne peut apparaître sur Terre qu’en empruntant des corps humains. Or, ses pouvoirs sont si puissants qu’ils peinent à être contenus dans une enveloppe charnelle classique, et ils finissent par ravager celle-ci ; Satan a donc décidé d’avoir un fils, Danny (il n’a pas dû choisir le prénom, c’est pas lui qui porte la culotte), en utilisant une mère porteuse, Nadya. Cet enfant a en lui tous les pouvoirs du Diable, et son corps est conçu pour résister aux dégâts normalement causés par ces derniers. Bref ! Si Satan a voulu kidnapper Danny, c’est parce qu’au solstice d’hiver de l’année de ses 13 ans – soit aujourd’hui même ! – il pourra se transférer dans son corps, et ainsi être désormais libre d’utiliser tous ses pouvoirs sur Terre sans limite ! Et il dominera le mooooonde !

Pourquoi il faut toujours que les gens sauvent le monde ? Ils ne pourraient pas faire plus petit ? Rah.

Bon cela dit, cela soulève plusieurs questions :

  • Pourquoi le Diable n’y a t-il pas pensé plus tôt dans l’Histoire ?
  • Au fait, pourquoi ne se contente-il pas de changer de corps plus souvent ?
  • Et à part pour le côté « juste à temps !« , pourquoi le bougre n’a t-il pas tenté de récupérer son fils plus tôt que 2 jours avant la date limite de consommation ? Il voulait juste maximiser ses chances d’échec ?

Encore une fois, aucune réponse logique. Mais bon : sinon Moreau, tu ne saurais pas où le rituel de transfert va se passer à tout hasard ? Mais si, répond le bougre, bien sûr : dans l’endroit le plus éloigné qui soit du Paradis… une nécropole antique en Turquie elle aussi (c’est bien fait). Mon ami Claude G, ministre de l’intérieur d’une petite république, qui regardait le film avec moi, m’a d’ailleurs glissé à l’oreille à ce moment là « Ah, je savais bien que la Turquie était l’endroit le plus éloigné qui soit de notre Seigneur !« , mais il est un peu taquin en ce moment.  Bref, allons justement voir ce qu’il se passe chez Satan.

Christophe Lambert et son ordre n'ont pas compris le principe de la galette au four

Car le Diable est déjà à la nécropole, bientôt rejoint par Carrigan qui lui livre Danny tel une sorte de FedEx du kidnapping ; le seigneur des enfers commence donc à expliquer à l’enfant que voilà voilà mon lapin, tu es bien gentil, mais je vais devoir me servir de toi comme enveloppe corporelle. J’ai d’ailleurs d’ores et déjà mis tous mes pouvoirs en toi pour gagner du temps, parce que tu comprends, quand j’utilise un corps qui n’est pas fait sur-mesure, comme celui que j’utilise actuellement, il se détruit car mes pouvoirs sont trop puissants pour lui et ravagent cette enveloppe dès que je m’en sers.

« D’accord grosse tanche, mais alors explique moi comment le Rider ou encore ton pote Carrigan-Cul-Pourri peuvent utiliser leurs pouvoirs sans souci : ne sont-ce pas des humains avec des pouvoirs infernaux ? Tu te foutrais pas de ma gueule ?« , aurais dû dire Danny, mais comme il est un peu con, il reste sur place béat.

Satan, pour s’assurer qu’il ne file pas avant la cérémonie de transfert qui doit avoir lieu le soir même, plante donc une seringue dans le marmot pour le faire pioncer. Oui, sinon mec : la dernière fois, il t’avait suffi de lui chuchoter des trucs à l’oreille par téléphone pour lui faire perdre connaissance : je te trouve un peu léger pour le maître des enfers, hein, mais bon.

Mais pendant ce temps, Johnny, Moreau et Nadya sont eux aussi arrivés sur place ! Après avoir vidé une cache d’arme dont disposait l’ordre des moines du sieur Lambert (ne me demandez pas ce qu’ils foutaient avec ça), ils se sont donc rendus jusqu’à l’endroit où doit avoir lieu le rituel et, caché à quelque distance de là, observent de leurs jumelles la valse des voitures délivrant leurs flots d’invités : Nadya explique « Mon Dieu, regardez ! Ce sont tous les satanistes du coin : hommes politiques, vedettes, personnages influents… ils sont tous là ! » ; ah ? Il n’y a pas d’ouvrier ou de paysan sataniste ? Le Diable mangerait-il au Fouquet’s ? Et puis surtout : une telle concentration de personnalités en vue, c’est un coup à se retrouver avec Gala publiant des photos volées « Exclusif : Justin Bieber sacrifie des chèvres au Démon ! Et à l’intérieur, notre dossier spécial : Jean-François Copé dessine des pentacles avec le sang des jeunes adhérents UMP !« . En tout cas, tous ces gens ne sont pas seuls : les forces spéciales qui avaient attaqué le monastère au tout début du film montent la garde sur place : ce sont des humains au service de Satan ! Enfin bon : dans tous les cas, notre fine équipe attend que la nuit tombe, car c’est aux heures les plus sombres que le rituel va débuter et que tous les invités vont se placer dans un vieil amphithéâtre vêtus de robes noires pour chanter des choses interdites (« Baby Baby Baby oh…« ) alors que sur la scène devant eux, le Diable et Danny, visiblement en transe , marmonnent en choeur pendant que le transfert s’apprête à débuter.

Sinon les gentils : pourquoi vous n’avez pas essayé d’agir avant, genre au début de la nuit, avant que Danny ne soit au coeur de tout le dispositif ? Hmmm ? Enfin moi, je dis ça…

Bref, Moreau s’exclame donc « C’est le moment« , et la Gentil-Team passe à l’action : Nadya sort un énorme fusil à lunette et on découvre que c’est une déesse chez les tireurs d’élite (… elle qui ratait Moreau à un mètre dans un couloir au début quand elle lui tirait dessus dans le monastère, bon), puisqu’avec son arme silencieuse, elle tue un par un tous les gardes qui ne remarquent rien (non, ils n’utilisent même pas de radio entre eux du genre « C’est marrant ça fait 25mn qu’on a plus de nouvelles de l’équipe sur le flanc nord » et patrouillent par groupes de un) car ce ne sont que des forces d’élite, ils ne peuvent rien contre un cascadeur concon, un prêtre aviné et une voleuse de poules. D’ailleurs, Johnny et Moreau éclatent tranquillement et sans grand souci les quelques gardes restant encore sur leur passage, avant d’arriver juste derrière l’amphithéâtre. Le plan est donc le suivant : Johnny doit foncer sur la scène et récupérer Danny, pendant que Moreau fait diversion dans les tribunes avec subtilité en entrant en hurlant et en vidant des pistolets mitrailleurs dans la foule. Sitôt la chose décidée, elle est donc entamée, et autant vous le dire : les petits choristes en cape noire sont vachement moins concentrés sitôt qu’ils se font mitrailler la face.

Le rituel est donc stoppé, et Satan sort groggy de sa transe ; Johnny approche donc pour lui coller un bon vieux pain des familles dans le museau (normal), avant de courir vers Danny qui émerge lui aussi pour tenter de le sortir de là ; mais à peine a t-il avancé vers lui qu’une sorte de champ de force l’arrête : Danny a activé sa protection automatique contre les blaireaux.

Oui, le gamin de 13 ans se débrouille mieux avec ses pouvoirs dont il ignore tout que Satan lui-même qui se fait tatane la face par un vulgaire Nicolas Cage. Ma foi, tout cela parait bien cohérent, une fois encore.

Vous êtes encore là vous ? Non parce que moi-même, je me demande ce que je fais là.

Quelqu'un vient de raconter une blague belge au Rider, mais elle avait l'air un peu complexe

Enfin, nous approchons de la fin, alors poursuivons : le Diable n’a guère apprécié de se prendre une mandale aussi, en se relevant, plutôt que de tuer Johnny, il se contente de l’envoyer voler au bas de la scène (mais enfin ? Pourquoi tu ne le tues pas dir… ah oui, pardon, on est plus à ça près, c’est vrai). Pendant ce temps, Moreau, qui vidait ses chargeurs contenant visiblement chacun environ 2 millions de balles (ça fait dix minutes qu’il tire sans recharger), est arrêté net par Carrigan qui le fait pourrir sur place, notre prêtre préféré en mourant donc sans avoir le temps de riposter avec ses propres pouvoirs magiques, comme par exemple en faisant apparaître une moto neuve sur la gueule de son adversaire (souvenez-vous : c’est son pouvoir). Étonnant non ? C’est pas comme s’il avait dit « Quand tout ça sera fini… » quelques scènes avant, et donc, qu’il était sûr de mourir. Ça lui apprendra à être caricatural, à ce malandrin.

Sitôt l’homme d’église tué, Carrigan saute sur Johnny et… ho ! Celui-ci ne pourrit pas ! Mais comment ? Un pouvoir spécial ? Une protection divine ?

Hmmm… non. En fait, non. C’est juste un autre oubli, encore… plus tôt dans le film, Carrigan s’apercevait qu’il ne pouvait même plus manger, tant chaque aliment qu’il saisissait pourrissait car son pouvoir était incontrôlable, mais maintenant, non, c’est bon, ça roule, merci. Moi j’ai quand même surtout envie de dire qu’avec tout son botox et ses cheveux en nylon, le bougre ne risque pas de faire pourrir Nicolas Cage.

Revenons à notre situation : Johnny est entre les mains de Carrigan, et Satan attend avec impatience de le voir pourrir ; mais soudain, alors que tout le monde se demande ce qu’ils attendent, Danny se lève et dit « Satan, mon père, j’ai tous tes pouvoirs ? Dans ce cas, je vais aider Johnny ! » ; là vous vous dites « Ah, cool, il va tirer des boules de feu dans tous les sens et tuer tous les vilains et ainsi libérer notre héros » ? Et bien non : il s’approche de lui… et lui remet le Rider en lui !

Trop sympa « Tu sais, l’exorcisme que tu venais de réussir et grâce auquel tu allais enfin pouvoir reprendre ta vie ? Et bien je n’en ai rien à foutre alors que j’avais d’autres solutions moins puputes pour toi et plus efficaces« . Johnny, oubliant à son tour ce énième trou du scénario, est donc super content et en profite pour se transformer aussitôt en squelette enflammé, tuant tous les adorateurs du Démon alentour ; en voyant cela, le maître des enfers décide donc de prendre la fuite, accompagné en cela par Carrigan. Accessoirement, il parvient à re-kidnapper Danny dans la confusion, ne me demandez pas comment, et s’enfuit avec ses hommes vers un convoi de leurs véhicules qui les attendait pour s’échapper de toute urgence, avant de prendre la route. Mais hélas pour eux, le Rider n’a pas dit son dernier mot, et c’est donc sous un soleil brûlant que…

Je… Attendez… je regarde bien la scène. Essayons de procéder dans l’ordre.

  • Bon déjà, le Diable a kidnappé Danny on ne sait comment alors qu’il le surpasse visiblement on ne sait pourquoi : d’accord
  • C’est sympa ce convoi militaire qui l’attendait avec moult de ses gardes à bord. Dites-moi, les soldats en question, ils faisaient quoi pendant que Moreau vidait des millions de balles sur l’endroit qu’ils étaient censés protéger ? Ah oui, rien. De là à dire qu’ils sortent de nulle part, il n’y a qu’un pas que je franchis en dansant le tango
  • Dites-moi, il ne faisait pas nuit il y a très exactement un plan ? Pourquoi il fait grand jour dans le suivant ? Je…
  • Ho, et le Rider, il n’est pas censé ne sortir que la nuit ? Vous m’expliquez comment il peut se balader sous le soleil ?

A ce moment du film, j’ai quitté mes lunettes 3D (car oui, c’était encore un de ces films en 3D où finalement, il n’y a pas vraiment de 3D et c’est juste tout sombre) pour vérifier si ça ne venait pas de là, mais hélas, non.

Je suis las. Mais las. Et pourtant, ce n’est pas fini : le Rider poursuit les fuyards sur sa moto, éclatant la moitié du convoi, puis finit par grimper sur un des camions de transport de troupes pour le transformer en camion de l’enfer et ainsi défoncer tous les autres véhicules sur son passage. Carrigan tente bien d’agir pour stopper tout cela, mais hélas, comme prévu, il constate que ses pouvoirs ne fonctionnent pas sur le Rider, ce qui confirme que le Diable lui a fourgué le pouvoir le plus inutile du monde, puisqu’il devait bien savoir (et c’était assez évident) que le Rider devait être le seul ennemi du coin immunisé contre la chose ; alors sachant que c’était lui la cible à abattre, c’était d’autant plus con ; même un pistolet à eau eut été plus efficace contre un squelette en feu.

Finalement, le Rider s’avance jusqu’à la voiture de Satan contenant Danny et, comme il se doit, la défonce et l’envoie faire 48 tonneaux d’affilée dans la poussière du bord de route.

Hmmm, comme plan pour sauver Danny, ça me parait un peu pourri, mais bon. Je dis ça, hein, encore une fois, c’est comme ça.

"Un peu pourri", comme dans "C'est l'histoire d'un ange déchu squelette flamboyant qui a deux passions : la justice et le solex". Faire deux films sur ce pitch, c'est quand même pas mal

Un homme couvert de sang commence alors à sortir du véhicule : c’est le Diable, à qui l’accident n’a pas fait du bien, son enveloppe humaine ayant pris relativement cher ; le Rider s’approchant n’hésite pas une seule seconde : en deux coups de cuiller à pot, il le renvoie en enfer pour un petit moment. Quel hooooomme ! Et c’est sans compter qu’ensuite, il extrait doucement Danny du véhicule, évanoui, en le portant dans ses bras façon Bodyguard, ce qui est probablement un hommage discret à Whitney Houston. Nadya, qui suivait le convoi d’un peu plus loin, approche donc et constate l’horrible vérité : son fils est mort !

Non, sérieusement ? Et de quoi je vous prie ? Malgré ses 48 tonneaux il n’a pas UNE égratignure ! Il est mort de quoi ? Le Diable avait mis la clim’ à fond et il a choppé un gros rhume et en est mort ? Il avait trop de cholestérol ? Mais enfin !

Le Rider lit donc toute la tristesse dans les petits yeux de Nadya, et une chose incroyable se produit : ses flammes… deviennent bleues (oui, comme à Super Mariokart quand on fait des dérapages), car c’est l’ange qu’il était autrefois qui se manifeste, et en touchant délicatement l’enfant (il  lui colle un gros doigt dans la narine), le marmot est ressuscité et peut désormais profiter pleinement des joies de la vie sur Terre avec à sa disposition l’intégralité des pouvoirs de Satan !

Tout le monde est heureux, et on peut alors apercevoir le Rider reprenant la route, mais désormais auréolé de flammes azurées, plus ange que démon, prêt à rendre la justice véritable désormais, mais toujours sans procès, parce que merde.

Et… FIN

______________________

« Pschouf !« 

L’homme toussota en se demandant d’où ce nuage pouvait sortir, reculant en tentant d’en identifier la source ; il se frotta les yeux en grognant, imaginant qu’il s’agissait là d’une quelconque farce que l’on lui faisait, bien qu’il se demandât de quelle manière un fumigène aurait bien pu atterrir dans la pièce où il se trouvait, pourtant fermée. Alors qu’il s’apprêtait à se boucher le nez après avoir perçu l’odeur émanant de ce curieux phénomène, il laissa échapper un cri de surprise en apercevant une silhouette en costume là où quelques secondes auparavant il n’y avait rien. L’inconnu qui venait d’apparaître prit alors la parole :

« Bonsoir. Je crois que tu sais déjà qui je suis.
– Ou… oui ! Oui ! Je sais ce que je viens de penser je… je me disais « je vendrais mon âme pour obtenir l’opulence », et vous voilà : le Diable ! »
  

Satan afficha un sourire satisfait.

« Ecoute-moi : je vais te proposer un pacte. Je vais te donner l’opulence, et tu me donneras ton âme ! 
– Oui ! Oui, j’accepte ! J’accepte ! Je veux… la richesse ! Je veux être vu, je veux des affiches de moi partout, je veux que les portes s’ouvrent devant moi, que les invitations s’accumulent !
– Soit ! Tu l’auras. Mais avant, je dois te prévenir… je viens de voir un film qui m’a donné une idée : dis-moi, me servirais-tu ?
– Volontiers ! Si vous m’accordez ce que je vous ai demandé, avec plaisir, ô mon noir Seigneur !
– Bien : je vais t’accorder un pouvoir pour me servir. Un pouvoir surnaturel d’une puissance incommensurable : le pouvoir de la putréfaction. Le désires-tu ?
– Ouiiii, Seigneur, ouiii ! »
 

Le Diable n’était pas sûr que son nouveau serviteur ait tout compris, mais qu’importe, un pacte était un pacte : une feuille se matérialisa dans sa main, et il invita son « client » à s’entailler la main sur l’une des cornes du bouc ornant sa canne, avant d’appliquer sa blessure en bas du document. Sitôt que le sang fut entré en contact avec le papier, un courant d’air nauséabond emplit la pièce en tournoyant autour du désormais sans-âme, lui conférant une force nouvelle.

« Voilà. Désormais, tout ce que tu toucheras deviendra pourri !« 

Dit le Diable en contemplant le visage satisfait de son serf.

« Ouiiii, mon maaaaître« 

Répondit Kad Merad.

69 réponses à “Gros Rider II

  1. Bonsoir Cher Connard.

    Un post si tard, quel manque de considération pour les pauvres prolos que nous sommes et qui doivent se lever tôt !

    Je lirai donc votre prose demain matin au boulot et ne manquerai pas de ricaner, yngnark yngnark … :->

  2. Monsieur Nicolas Cage est toujours un gage de qualité, on est jamais déçu avec lui !
    Dans un style un peu différent je suis tombé sur une bande annonce très interessante d’un film qui s’appellera « Abraham LIncolm, Chasseur de vampires ». Ca racontera l’histoire de Lincolm qui tue des vampires…
    Si le film est à la hauteur du titre, ça promet de grandes choses.

    • Dans le genre « Bande-annonce prometteuse » il y a aussi l’incontournable Iron sky, avec ses nazis survivants cachés sur la Lune qui débarquent pour envahir la Terre ;)

      • Nom d’une pute en bois, Iron Sky a l’air vraiment pas mal !

        J’aimerais remercier l’Odieux, grâce à qui j’ai appris à reconnaître en Nicolas Cage les pires défauts de l’antéchrist.
        Le fait est de reconnaître que le bougre est endurant, avec le nombre de films qu’il sort par an.
        Pour ce qui est de Ghost Rider, le seul passage incroyable, à lui seul une oeuvre d’art, est a scène où le « héros » avoue qu’il est pas très fut-fut.
        Je pense qu’il s’agit là d’un terrible acte manqué.

    • Je vous conseille d’aller voir John Carter, si vous voulez vous amuser à repérer les incohérences énormes, le scénario complètement absurde, les faux raccords ( temps, espaces.. ) etc… Avec son lot de personnage ignoblement kitch.
      Et dire que ce film est tiré de courts « romans » pourtant si bien ficelés…
      Bref, y’a moyen de casser du sucre !

      • Si on peut toujours aller visiter la mairie : Baroin, souvent vêtu de moitié, assure lui-même la visite du dessous de son bureau. Un vrai spectacle avec de vraies gens dedans, garanti 100% journalistes BFM TV. Remarquez j’ai rien contre les p’tites putes qui veulent aussi leur part du gateau. C’est Baroin, qui ne doit son immense talent qu’à feu son popa (autrement dit : un branleur bien né), qui me dégoute. Ses caprices, sa gueule de gentil premier qui donne l’air de pas y toucher…

  3. Petite note pour Mister C : le pluriel de « banal », c’est « banals » et pas « banaux » ;-)
    A moins que Joël soit mauvais en français ?

    • En fait, le pluriel de ‘banal’ est bien ‘banaux’, mais seulement si on prend l’adjectif dans son sens historique : « dont l’usage était imposé aux vassaux d’un seigneur moyennant une redevance ».

      Et pis je l’odeur du diable, c’est celle du soufre (ou alors, l’odeur de souffrance, c’est joli aussi).

    • Je confirme. Banal/banaux pour « commun, appartenant à la communauté » mais banal/banals pour « courant ». Me semble-t-il bien.

      • Robyn a raison banal, banaux pour « qui bénéficiait du droit de banalité » donc un sens féodal (rien à voir avec commun) et banal, banals pour le sens généralement utilisé de nos jours

  4. Monsieur O.C., mon âme est à votre entière disposition. Mais, je vous en supplie, n’apparaissez que dans dans un nuage sentant la violette, la menthe fraîche et d’une pellicule brûlée du film cité au-dessus.

  5. C’est sans doute un problème de script(e): elle aussi, elle est partie boire un coup. Ou un bouteille. Voire un tonneau, pour oublier.
    On la comprend et on compatirait, pour peu qu’on oublie qu’elle a vendu son âme au Malin pour « tafer dans l’ cinéma, pasque nan, c’est trop cool, quoi, lol ».

    Qu’elle crève de sa cirrhose, tiens.

  6. Quand je pense qu’un ami m’a dit « mais il pisse du feu ! C’est trop classe quand même ! »

    Heureusement d’autres goûts l’ont sauvé de passer par la fenêtre de son sixième. ( notamment le fait d’apprécier son whisky sans coca )

  7. Donc en gros Carrigan en monstre est une référence au Blackout du comics (pour ceux qui connaissent la BD avec le second Ghost Rider, Danny Ketch).
    Et sinon: encore une poignée d’euros économisée, merci camarade!

  8. C’est que ça fait drôlement envie, comme film. On en deviendrait odieux pour moins que ça.

    Sinon, deux autre coquilles : « quitter à tuer des gens », il y a un r en trop, et « dans toute bone famille qui se respecte ».

  9. Vous êtes sûr qu’elle rencontre son ex en prison la dame? Parce que même dans les pays les plus louches de la planète, les gars et le filles sont séparés en taule.

    • C’est exactement ce que je voulais répondre, mais je me suis fait griller.
      Encore une incohérence de plus. Je commence à me demander si les gens qui produisent ça ont lu le script ou s’ils prennent juste le public pour des cons… C’est ptet pour ça que les gens téléchargent : de peur de perdre du pognon. Ou ptet pas.
      En tous cas, merci pour le spoiler cher monsieur.

      • Je mets juste mon grain de sel, mais il est possible, en France en tout cas, de rencontrer des gens en prison, via certains programmes de bénévolat par exemple. Ma soeur l’a fait, et ils se sont même mariés quand il était encore en prison.
        Sinon merci à l’OC de tout coeur pour tout l’argent économisé grace à lui, et l’allongement de mon espérance de vie par le rire qu’il ne manque de provoquer chez moi à chacun de ses articles.

  10. Cher OC,
    Je pense qu’il ne faut pas ôter les lunettes 3D, c’est une sécurité pour ne pas avoir la rétine brûlée par ce film démoniaque.

  11. Cher Monsieur Connard, merci pour ce spoil !
    Je me permets de vous signaler une perle qui devrait satisfaire vos attentes d’un défi encore plus grand : Iron Sky. Le pitch ? En 2018 les, nazis qui s’étaient cachés sur la face cachée de la lune après la chute du reich reviennent envahir la planète.
    Et c’est pas de la p’tite production à en croire la bande annonce.

    • Alors pour Iron Sky c’est justement une toute petite production.
      En fait, c’est même une production indépendante puisque faite avec l’aide de particulier.
      Ils ont fait une sorte de production communautaire. (j’ai assisté à un workshop du projet en novembre dernier)
      Et il faut savoir qu’ils ont décidé de faire un film avec des nazi venant de l’espace lors d’une discussion dans un sauna…
      Je serais sans doute plus tolérant avec ce film au vu de sa prod qu’avec des blockbuster tel que le pisseur de flamme 2.

      • Les plus beaux nanards ont toujours été les nanards indépendants, si bien que celui ci a de très grandes chances de figurer dans le top de nanardland le jour de sa sortie, c’est en tout cas tout le mal que je lui souhaite !

      • Il est possible que j’apprécie le film tout comme j’avais apprécié Sucker Punch à l’époque, ce qui ne m’avait pas empêché d’apprécier l’article que l’O.C. avait écrit dessus par la même occasion.
        Chapeau bas à la prod s’ils sont parvenus à concilier et bons acteurs, et bons effets spéciaux, et évidemment bon scénario. Mais ça se fait tellement plus rare de nos jours.

  12. C’est un bien beau spoil, d’autant plus que je sors du cinéma où je suis allé voir ce film. Juste une petite chose, si ils ont choisi d’attaquer en plein milieu du rituel, c’est parce que, d’après Moreau, « le Diable sera plus faible à ce moment précis, même si l’âme du gamin aura définitivement disparu », ou quelque chose du genre.

    Sinon, pour le commentaire qui parle de Iron Sky, primo, si c’est pas de la p’tite production, c’est pas non plus de la grosse grosse production hollywoodienne, payé par les fans, tout ce genre de trucs; secundo, si c’est plein d’incohérences, c’est pas plus mal – il y a de fortes chances, qui plus est, que ce soit fait exprès. Parce que ce n’est pas un Armageddon ou un autre film sur la mort venue de l’espace.

  13. Iron Sky est un film finlandais, financé par des allemands… Donc pas forcément une super-prod.

    Sinon le scénario de Ghoghost Rider est pas si mal fait : aux 4/5èmes du spoil, alors que je me demande enfin « mais pourquoi est-il important que le Diable ne récupère pas son fils » (droit de garde, etc.), le film le dit enfin.

    Pas trop tôt.

  14. Au fait c’est plus précisemment au moment ou le téléchargement de « American_Pie_9_Sex_between_rabbits_FrenchQC_BDRIP_[GrosacTeam] » était terminé qu’est apparu le rider (non, non, ça fini pas par « é » mais bien par « er »). La soupe aux choux, pffff….

  15. votre ami Claude G. avait raison il y a quelque temps, quand il déclarait que toutes les civilisations ne se valaient pas… mais ce n’est peut être pas celles auxquelles il pensait…

    Pauvre Nicolas Cage, il est tombé bien bas depuis ses précédents films de grande qualité (Je pense à Rock, notamment).

    • Rock ? Le film qu’il passe quasi en totalité les yeux révulsés à brailler dans tous les sens ?
      Ah, ça, il est y plus expressif que dans les derniers, pour sûr ! Un chouilla beaucoup trop même. Ca reste un gros blockbuster d’action pas plus mauvais qu’un autre cela étant, et bien meilleur les Gros Rider, Pacte et autres machins qu’il a tourné depuis.

      Mais des fois, en effet, le Cage choisi bien ses films : Leaving Las Vegas, Snake Eyes, Kick Ass ou Lord of War par exemple…

      • Je plaisantais pour « Rock », hein, ce film est d’un niveau à peu près aussi intellectuel que l’acteur du même nom ;)

        Mais je suis d’accord quant à votre choix de bons films. Kick Ass est un modèle (Rien que le titre… j’adore !)

  16. Je me permets de relever une autre coquille :

    « ses yeux luisirent légèrement l’espace d’un instant, telles deux braises » => « ses yeux luirent […], tels deux braises » (on parle des yeux, masculin, quant à la conjugaison du verbe luire… bon, en fait z’avez raison, je viens de découvrir qu’il admettait deux formes au passé simple, c’est très perturbant tout ça.)

    Merci pour ce récit !

  17. Cher Odieux (ou dois-je vous appeler Connard) j’ai commis l’erreur de lire ce spoil en buvant mon café au lait. Erreur funeste. J’ai éclaboussé mon ordinateur en riant. Je savais pourtant déjà qu’il était dangereux de vous lire en mangeant ou en buvant.
    J’hésite à aller voir ce film : j’ai du mal à croire qu’on ait pu commettre un tel scénario. Peut-on vous croire sur parole?

  18. coïncidence : je venais justement de regarder Ghost Rider I sur la TNT la semaine dernière avec mon fils. On a bien ri.
    Je crois que je vais attendre que cet épisode passe aussi sur la TNT…
    @11 (Nico) : c’était peut être un directeur de prison un peu neu neu (voir l’actualité récente)…

  19. Oy OC,

    Une chose m’interpelle tout de même, « un téléchargement illégal (ndloc : véridique, le film cite cet argument) »..

    ..Tu dé-connes :|

  20. Magnifique, magnifique ! Votre prose est superbe, à croire qu’elle se nourrit des production ( ou plutôt devrait-on dire, des déjections ) hollywoodiennes. Je crois que rien n’aurait pu me faire plus plaisir ce soir que la lecture de ce billet.

  21. En fait, c’est quoi qui rapporte ? Le côté Odieux ou le Connard ? Non paske se taper des bouses au cinoche, ça va bien, mais en faire des comptes-rendus circonstanciés c’est pathologique ou rémunérateur. Donc je pose la question.

  22. Fantastique, un des meilleurs spoils depuis longtemps ! J’ai eclate de rire toutes les 3 lignes avant de devoir transformer ca en quinte de toux par egard pour mes collegues. Un autre, un autre !

    PS : je pense que vous devenez fetichiste de Nicolas Cage, tout ceci est malsain.

  23. Très, très drôle (après, le combo Odieux Connard / Nicolas Cage, on est sûr de la qualité !)

    Vous remarquez que notre ami Nicolas (je parles bien du botoxé du film, pas de l’autre sur sa mer Egée) enchaîne les films de plus en plus souvent (enfin, plus précisément, il enchaîne les scénaristes les uns aux autres – avec une chaîne de moto qui sais?, et les plonges de longues minutes dans l’eau glacée pour être sur d’asphyxier leurs cerveaux pourtant normalement constitués à l’origine).

    Il enchaîne les films de plus en plus souvent donc, et j’ai ma petite théorie là dessus : il vous a repéré, Odieux, et vous teste. Il sait que vous ne pourrez pas en louper un seul, la dépendance au botox et aux cheveux de nilons est trop forte. Même les rétrospective M6 vous font craquer. Il veut voir votre résistance. Il pensait vous donner le coup de grâce avec celui là, mais vous tenez bon, encore et toujours ! Diantre, j’ai peur de sa prochaine offensive !

    De manière générale, cher Odieux, j’ai beaucoup apprécié que vous ne vous atteliez pas uniquement sur ce genre de film (qui incite à la lapidation, avouons le), mais aussi à des « Drive » par exemple (j’ai autant adoré le film que votre critique, d’ailleurs). Chapeau bas l’artiste, et on plonge ainsi avec encore plus de plaisir dans ce genre de spoils : on sait que votre courroux s’abat sur tous films, sans modération !

    A bientôt cher Odieux

    Amanalat

  24. Dites, votre truc là ça marche pas: j’ai tenté de télécharger « les Bronzés 3 », pas de crâne en flammes à l’horizon.

    Par contre un type s’est pointé et a déduit que j’étais un descendant d’Illuminati à partir de mes galets peints ramenés d’Aix-en-Provence… « Benjamin Gates » qu’il s’appelait.

  25. C’est marrant, pour moi des flammes bleues ça ne veut pas dire « flammes angéliques », mais « flammes plus chaudes »… donc a priori encore plus infernales, non ?

  26. Trés cher connard,
    Une fois de plus, vous atteignez la perfection avec cet article.
    Cependant je me permet de vous signaler qu’une autre daube du même genre est parue (ça commence à faire un petit moment) et que vous ne l’avez peut-être pas vue. Il s’agit de Conan le barbare. J’espére que vous aurez le plaisir de vous retrouvez à contempler l’étendue des dégats de cette nouvelle adaptation télévisé des aventures du barbare.

  27. C’est malin !
    Vous m’avez donné envie de regarder ce film.
    Si j’ai bien ri en pensant à votre décryptage au début,
    C’est quand même insoutenable, j’ai arrêté au bout de cinq minutes !

  28. Quelque peu déçu par la faiblesse de votre analyse sur un point : il me parait évident que le rédacteur en chef de Gala devrait se trouver au premier rang d’une réunion des serviteurs de Satan sur Terre, aux cotés du patron d’Endemol, qui assure la présidence du comité « média » des forces du mal.

  29. Pour rebondir sur ce spoil ma foi fabuleux, et sur l’attente de Dodo concernant Conan le Barbare, je me permets de surenchérir en vous annonçant que mes yeux ont récemment eu le loisir de se poser sur « Immortals », un film de 2011 dont le sujet n’a rien à voir avec les immortels (comme ceux de 300). Je pense que ce serait un sujet à aborder, tant l’intérêt de ce film se réduit à des torses glabres et huilés (un peu comme 300 là encore).

  30. Cher Monsieur Connard,

    Au lieu de vous acharner ainsi sur ce pauvre handicapé prénonymique de Cage, je me permets de vous suggérer de courir ventre à terre voir le tout dernier Spielberg : « Cheval de Guerre » qui, à mon humble avis, possède toutes les qualités requises pour stimuler votre immense talent littéraire (slurp ! slurp !) en vous donnant (largement) la matière à nous gratifier d’un spoil d’anthologie…
    Admirativement (re-slurp et dix de der des ders !).

  31. “Quiconque dit que sa planque est inviolable la verra violée dans les 10 minutes“

    On appelle ça le paradygme Christophe Barbier, a.k.a « That’s what she said ».

  32. Monsieur Connard,
    Je veux vous faire part de mon désespoir face à la découverte d’un film « Immortel » et par mon plus vif encore par l’absence de votre critique sur ce sujet. La trame de l’Histoire y est tellement navrante que je ne vais pouvoir fermer les yeux sans avoir vu vos éclairs réduire cette hérésie.

  33. C’est dommage, j’étais tombé sur une affiche magnifique pour ce film dans le métro parisien, qui titrait « Ghost Rider II », et surtout sous-titrait « Préparez-vous à une année pleine d’insouciance et de légèreté. » J’arrive pas à remettre la main dessus, même à l’aide de ce cher gougle… Elle aurait été tellement bien dans cet excellent spoiler x)

    • (Oh, celui qui se répond à lui-même, c’est tellement pas correct :D)
      Bon, en recherchant à nouveau, je ne trouve que des messages d’obscurs forums oubliés, ou des twits, mais pas d’images. Ils l’auraient supprimée ? =D

  34. Cher monsieur l’odieux connard, merci d’avoir égayer mes longs trajets quotidien en RER pour me rendre à mon dur labeur. J’ai en effet imprimé divers articles (car non je n’ai pas de technologie me permettant de surfer dans le RER). J’ai tellement apprécié la verve et l’humour impertinent de ces résumés cinématographiques que je vous ai consacré un article dans mon
    modeste blog.
    Bref voici l’adresse ou je vous fais une pub gratuite et désintérressée, car vous le valez bien !
    Ah ! j’oubliai l’article qui vous est consacré, l’est aussi à Johnny (Blaze) quand même.
    http://www.we-can-utopia.com/article-ghost-rider-et-un-odieux-connard-103369104.html
    a+

  35. « un mensonge innocent, une tricherie » ? oulaaah toi tu vas subir le courroux du Rider ! c’est pas bien de regarder des merdes québécoises.
    comment un cinéphile comme toi peut il cautionner le doublage québécois ? comment peux tu regarder un film sachant que c’est une version canadienne ?
    je ne comprends pas…

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