Les courses ? C’est ma grande passion.

Le monde moderne manquerait d’aventure.

Voilà bien un triste constat que vous pouvez entendre ou lire, de-ci de-là, au travers de la complainte de celles et ceux qui regrettent l’absence de continents à découvrir, de cartes à tracer ou de tribus à contacter. Affalés dans le quotidien banal de nos sociétés occidentales, ils ne peuvent que constater que les rares épopées modernes se suivent par Facebook, Twitter ou autre informations entendues entre deux chroniques humoristiques de piètre qualité diffusées dans de modernes émissions fourre-tout où se croisent « people », hommes politiques, humoristes et journalistes dans un grand capharnaüm supposé dépeindre la France d’aujourd’hui.

Alors que pourtant, au coeur même de nos cités se dressent des donjons qui, bien que quotidiennement explorés par des hordes d’aventuriers brutales et odorantes, continuent d’attirer jour après jour de nouvelles victimes tout en poussant les anciennes à revenir. Bruyants, lumineux, encombrés, ces lieux maudits de tous mais acceptés par chacun hantent notre quotidien comme autant de spectres ricanant. On les appelle…

Les grandes surfaces

 

Vue subjective d'un aventurier moderne

Temples de la consommation où se succèdent les « fêtes » (grands-mères, secrétaires, Halloween, Saint-Valentin et autres étrons consommables) qui rythment la vie de nombre d’entre nous (mais si, on connait tous des gens qui fêtent toutes ces âneries avec une ferveur quasi-religieuse), sites regorgeant de trésors payables en 18 fois à seulement 18% d’intérêt (parce que merde, même au RMI, il est obligatoire d’avoir chez soi un écran plat et une cafetière à capsules), lieu incontournables du ravitaillement du frigo, nous avons tous franchi un jour la porte automatique menant à cet enfer moderne (enfin, personnellement, j’envoie Diego, mon homme de main, s’occuper de ces tâches de bas-étage : je déteste me mélanger à la plèbe grouillante).

Aujourd’hui, lecteur, tel un fidèle héritier de Sun Tsu, je vais m’arrêter sur l’Art des Courses. Qui sont ces hordes qui se pressent en permanence en ces lieux ? Comment en sortir vivant ? Pourquoi le type avec le caddie devant moi me fait toujours chier ? Procédons par étape et commençons tout d’abord avec…

La typologie des clients

Qu’importe le magasin que vous fréquentez, on retrouve toujours les mêmes archétypes, pantins manipulés par le Grand Capital, qui, après avoir vidé le liquide céphalo-rachidien de ces êtres malheureux, les laisse errer pour l’éternité dans ces temples modernes. Ils sont nombreux, et leur nom est Légion.

Le Vieux

Le vieux est la créature la plus connue des grandes surfaces. On le reconnait de loin au fait qu’il est tout courbé sur son caddie ou qu’il se trimbale un vieux cabas à carreaux. Accessoirement, il dispose souvent au sommet de son chef un signe distinctif de son appartenance à la tribu des vieux : béret de la même couleur que son cabas, chevelure dispersée d’un blanc sale, ou pour les plus fiers, toupet coloré en mauve, orange ou autre couleur parfaitement improbable que seul le vieux peut trouver attractive. Quand on a plus l’âge de conduire une voiture, on fait du tuning sur sa moumoute, c’est comme ça. Le vieux est un être qui est le plus souvent à la retraite (mais ça pourrait changer ces prochaines années), aussi a t-il toute la journée pour faire ses courses. Mais, être pervers qu’il est, le vieux vient toujours aux heures d’affluence, créant une sorte de Rush Hour rhumatologique qui ne cesse d’étonner les plus jeunes. Pourquoi ne vient il pas quand il pourrait être  tranquille ? Réponse simple, ami jeune : le vieux veut te faire chier ; et c’est bien normal, il n’a que ça à faire de ses journées. Certains s’étonneront aussi de trouver des hordes de vieux à 8h du matin devant la grande surface, patientant devant le rideau de fer, alors qu’ils ont la journée pour y aller ; point d’étonnement : le vieux a souvent une certaine nostalgie pour le rideau de fer qui, comme il le dit souvent « Tenait à distance les cocos et les rastacouères » .

Mon conseil : Pour éviter le vieux, il suffit d’aller faire ses courses à l’heure des Feux de l’Amour.

La famille Pleupleu

La famille Pleupleu est constituée d’un nombre compris entre 3 et 18 personnes, pour la plupart disposant de cordes vocales incroyablement développées. On reconnait la famille Pleupleu de loin, tant le cri strident de ses marmots faisant un caprice ou le hurlement de la mère appelant Brian-Matthéo de sa grosse voix supposant qu’elle a emprunté les testicules de son mari avant de se fumer une douzaine de paquet de gauloises est aisément reconnaissable. La famille Pleupleu avance toujours en ligne, pour bloquer un maximum de personnes derrière elle, laissant ainsi aux mâles égarés l’occasion d’admirer la formidable croupe de la matrone, qui n’est pas sans rappeler l’Hindenburg. La famille Pleupleu fait toujours ses courses à une heure totalement improbable, tant tous ses enfants devraient être à l’école à cette heure-ci ou en train de faire leurs devoirs. Mais à la place, ils se roulent à vos pieds en faisant des mimiques qui laissent supposer qu’ils sont habités par le démon, hurlant qu’ils veulent la voiture de police Playmobil, bordel de merde.  La famille Pleupleu dispose d’un don incroyable : elle est la seule source sonore capable de couvrir temporairement le doux son de la musique diffusée dans la grande surface (où, curieusement, on écoute jamais Radio Classique), ce qui permet de la localiser instantanément si jamais vous veniez à la chercher. La famille Pleupleu a toujours dans le caddie un truc qu’elle n’a pas les moyens de se payer, ainsi qu’une BD de blagues sur les blondes. Enfin, ce beau foyer ambulant est le meilleur argument contre la démocratie, comme le disait Winston Churchill, puisqu’elle a le droit de vote.

Mon conseil : Pour mettre en déroute la famille Pleupleu vous bouchant l’issue d’un rayon, faites vous passer pour un contrôleur de la CAF.

 

Vous connaissez une seule personne ayant une VRAIE raison d'en avoir une ?

Oreillette-Man

Oreillette-Man est un con. On a beau chercher, on a jamais trouvé comment le qualifier autrement. Comme il a une oreillette, on pourrait supposer que c’est pour pouvoir répondre à des urgences en permanence ; il est probablement médecin, négociateur anti-terroriste, ou autre spécialiste dont l’esprit d’analyse doit être disponible à toute heure du jour et de la nuit pour sauver des vies. Mais en fait, non : il est manutentionnaire intérimaire chez Manpower, et trouve juste que l’oreillette, ça fait trop cool. Comme Jack Bauer. Il trouve toujours un moyen de justifier son besoin d’un « kit mains libres« , du genre « Comme ça je peux pousser mon caddie en même temps que je téléphone » , parce que oui, si on suit son raisonnement, un caddie, c’est trop lourd pour le pousser d’une main. Ses bras sont constitués à 90% de beurre et à 10% de biscuit : c’est une sorte de Kinder Bueno pour anthropophage. Comme tous les possesseurs d’oreillettes, Oreillette-Man parle fort pour que tout le monde puisse savoir qu’il demande à Sylvie s’il ramène du riz Uncle Ben’s ou du Carrefour. Et comme tous les possesseurs d’oreillettes, Oreillette-Man se sent en sus obligé de regarder les gens quand il cause. Ce qui donne l’impression quand vous le croisez qu’il est en train de vous demander si ça va ; alors qu’en fait non, il parle à son copain Jojo. Et en plus, il ne comprend pas pourquoi vous le regardez comme ça : il est en train de passer un coup de fil sans téléphone en vous regardant fixement, qu’est-ce que ça a d’extraordinaire ? Oreillette-Man a besoin de passer des millions de coups de fils, jusqu’à la caisse, où il continuera d’appeler Erwan pour savoir si c’est chez lui qu’il a oublié son chargeur samedi soir. Malgré son besoin constant d’être en communication avec tout le monde pour un oui ou pour un non, Oreillette-Man fera bien attention à ne pas dire un mot à la caissière. Attention : Oreillette-Man peut être une femme, ça n’empêche pas.

Mon conseil : n’hésitez pas à parler avec lui au prétexte qu’il donne l’impression de vous parler. Embrouillez-le, obligez le à raccrocher, rendez-le fou. Jusqu’à ce qu’il se décide à faire ce que tout possesseur d’oreillette devrait faire : se rendre jusqu’en Mordor pour y lâcher l’objet dans le feu de la Montagne du Destin.

La bande de jeunes

Contrairement à une idée répandue, la bande de jeunes n’est pas forcément constituée de racailles : elle peut tout aussi bien être un assemblage de personnages plus ou moins riches, mais présentant tous un goût pour cette aberration qu’est le jean taille basse qui donne l’impression qu’ils marchent le froc sur les chevilles. La bande de jeunes n’est présente que dans des endroits bien précis : le rayon alcools, le rayons apéritif, et éventuellement, le rayon jeu vidéo. On la reconnait, outre à ses vêtements, à son don pour s’encombrer d’un type qui, là encore, parle fort (mais moins que la famille Pleupleu), mais surtout, rit bêtement. Obligation lui est faite de répéter 3 fois la même blague genre « Hé ! Hé ! Hé ! Hé ! Hé Toto ! Hé ! Hé ! Toto ! (avez-vous remarqué comme le jeune peut continuer d’appeler un type en boucle même si ce dernier ne l’entend pas, plutôt que de se rapprocher de lui ?) Hé  ! Hé Toto ! Tu vas au rayon capotes ? *Rire de hyène* Hé Toto ! C’est par là le rayon capotes ! *Rire de hyène* Toto ! Ho ! Toto ! Hé ! Tu veux des capotes ? *Rire de hyène* ». Le jeune prend 20 minutes à prendre la moindre décision, tant il hésite sur le whisky à prendre, alors que chacun sait que c’est pour le mélanger avec du coca, parce que sinon, c’est pas bon et ça pique. A ce titre, il encombre souvent certains passages, occupant un peu plus d’espace que d’autres, puisque ce dernier a besoin d’utiliser ses bras de manière très importante pour s’exprimer. C’est ce que Kamel Ouali appelle de « l’expression corporelle« , et que le reste du monde convient donc de nommer « de la merde« .

Mon conseil : le jeune n’est pas dangereux ; bien qu’il fasse peur aux vieux parce qu’il est bruyant et agité, il est bien incapable de vous faire du mal : en supposant que vous marchiez d’un bon pas, son jean-taille basse l’empêchera de dépasser le kilomètre à l’heure, et ne pourra donc jamais vous rattraper, quoi que vous lui disiez.

 

Petit jeu : quelle est la vitesse de pointe maximale de ces individus ?

Le Sébastien Loeb

Certains d’entre nous prennent le mot « courses » au sens littéral : sitôt qu’ils sentent entre leurs mains moites la froide barre du chariot, les voici, haletant, qui se lancent à toute allure dans leur mission de ravitaillement. Souvent aidés d’un copilote qui leur indique qu’il y a un virage sec dans 25 mètres à gauche pour arriver au rayon papier toilettes (avez-vous remarqué que c’est toujours au moment d’acheter de quoi s’essuyer le popotin, ou une fort belle brosse pour récurer tout cela que l’on croise sa voisine mignonne ; difficile d’engager la conversation dans ces moments là : « Oui, j’aime le papier double épaisseur, il faut dire que je fais des étrons particulièrement gras, ma belle, vois-tu » ou « Cette brosse ? L’ancienne a fondu, puisque je m’en servais un peu trop ; je peux te dire que vu ce que j’envoie à l’égout, si les ours polaires manquent de banquise, j’ai de bon gros îlots à leur proposer. » mais je m’éloigne du sujet), ils font déraper le caddie avec une précision redoutable. Rapides, agiles, puissants, ils sont les rois de la grande surface, jusqu’à ce que les embouteillages les freinent dans leur élan.

Mon conseil : Pas d’inquiétude d’être percuté : le Sébastien Loeb se fait de plus en plus rare, tant depuis la fin du XXe siècle, les grandes surfaces ont arrêté de s’équiper en caddies 4 roues motrices, plus agiles, pour mettre en place des chariots ne disposant que de deux roues aptes à pivoter, réduisant ainsi drastiquement les possibilités de pilotage, et de fait, le nombre de pilotes. Pour la sécurité de tous.

Cela étant dit, il serait complexe de nous arrêter sur tous les archétypes des grands magasins ; passons donc directement à la suite : comment survivre dans ce qui est le Koursk des caddies ? Je vous propose donc quelques pages de mon dernier ouvrage « Man vs Wild : survivre à Shoppy« , petit carnet auquel les plus grands experts en stratégie ont participé afin de vous conseiller et vous aider dans vos moments de solitude en grande surface. Bonne lecture.

 

Maintenant, plus d’excuses : de l’aventure, il y en a près de chez vous. Et vous voilà fins prêts à l’affronter.

Hardi, compagnons.

90 réponses à “Les courses ? C’est ma grande passion.

  1. Des fois, moi aussi je fais les courses avec un casque sur les oreilles. Mais c’est pas un truc machin de portable, c’est de la musique. On pourra toujours arguer qu’avoir un casque vissé sur les oreilles, c’est malsain, reste que c’est moins désagréable que d’interagir avec un des individus cités dans l’article. C’est déjà suffisamment pénible de les voir.

    « J’aime pas les gens, les gens, c’est les pires » chantait Mendelson.

    Typhon

    • Tout à fait d’accord, car comme l’a souligné M. Connard, la musique d’ambiance n’a pas le charme Wagnerien que je recherche dans les marches militaires du IIIéme Reich que j’ai acheté sur HeilTunes.
      Notez, cher connard, que j’éteins mon baladeur pour dialoguer avec la caissière et éventuellement lui faire du charme de manière insistante. Heureusement que nous sommes encore quelques-uns à faire vivre les bonnes vieilles valeurs !

  2. La connerie est telle que vous en êtes troublé : vous avez remplacé par erreur Oreillette-Man par « Oreille-Man ».

    Mais je vous pardonne, cher Connard.

  3. « Le Dieu du Vent » : Solution D, je fais demi-tour pour franchir le premier la ligne d’arrivée et foutre en l’air les pronostics d’Omar Sharif !

  4. Merci, mon bon Odieux, pour vos conseils de haute qualité sur les usages de survie dans cette jungle urbaine qu’est le supermarché.
    Joyeux anniversaire commémoratif de la mise à flots du Bismarck, au passage.

    • Mauvais choix dans la date, en cette jour de saint Valentin.
      C’est en effet aujourd’hui le soixante-deuxième anniversaire de l’envoi par le fond de ce joli cuirassé.

  5. Et donc, au moment ou j’attaque votre article apparaît une pub sur carrefour qui masque la totalité de mon écran. Est-ce une conspiration ?

    Excellent article en tout cas, et fort utile ! Merci beaucoup !

  6. Décidément, vous avez beau nous apporter de magnifiques articles, et muscler mes zygomatiques, vous oublierez donc toujours de placer le nécessaire  » n’  » après les « on » suivis d’une négation, induit en erreur par la liaison terminale de cet « on », je suppose.

    « On a jamais » versus « On n’a jamais ».

    Je vous adore quand même =)

  7. Ouaouh!

    Monsieur Connard, vous êtes très prolifique aujourd’hui!
    Serait-ce la Saint-Valentin qui excite tant votre verve?
    Si c’est le cas, il faut absolument faire en sorte qu’elle ait lieu plusieurs jours par an (Pour ne pas dire toute l’année), afin que vous disposiez d’une excellente raison d’être mauvais -et donc de publier- chaque jour.

    Je vous souhaite une excellente soirée.

  8. « (parce que merde, même au RMI, il est obligatoire d’avoir chez soi un écran plat et une cafetière à capsules) »

    Vous êtes un affreux réac’, monsieur. Je ne vous salue pas.

  9. Pour avoir travaillé 5 ans en hypermarché.. C’est tout à fait ça.. Mais il y aurait tant et tant à dire que les mots me manquent !!

    Néanmoins pour les vieux, on avait une théorie au magasin..  » les vieux ça vient le matin, parce que ça ne sait pas si le soir il sera encore vivant.. Alors que le matin, il sait qu’il a passé la nuit !  » :p

  10. Parfois je me demande si vous ne faites pas des articles uniquement pour placer des photos totalement épiques.
    Cf: les gangstas défroqués.

    • A noter, que la mode du pantalon dit « taille basse » vient des Etats-Unis (pour changer). En effet, dans les prisons américaines, c’était l’un des moyens pour que les prisonniers signalent à leurs camarades qu’ils désiraient avoir des relations sexuelles.

  11. « se dressent des donjons qui, bien que quotidiennement explorés par des hordes d’aventuriers »

    Ça sent l’habitué des D20 ça!^^

    Article sympathique mais qui confirme votre côté gauchisant: attaquer les temples du capitalisme le jour d’une fête 100% mercantile est une preuve suffisante pour vous attirer les foudres de la jeunesse UMP.
    Beware camarade!

    • D’ailleurs la nana qui se trouve en tête de gondole avec son plateau de rondelles de saucisson OGM de chez Gerbax, qu’elle essaie de te fourguer en argumentant que c’est promo… bin, c’est peu le Cube Gélatineux du donjon/grande surface…
      La caissière grincheuse correspond au troll de base.

  12. « Ils sont nombreux, et leur nom est Légion. » > Est-ce une allusion à la bible, ou bien à la – charmante – devise des Anonymous? (« We are Anonymous. We are Legion. We do not forgive, we do not forget. Expect us. ») Y’aurait sûrement un article sympathique à faire là-dessus.

    Sinon noté dans les tablettes, le coup de Yoko Ono qui peut dissoudre tous les groupes. Elle vaut son pesant d’or celle-là.

    Et pour finir par un 3615 my life, cette description de l’entrée au supermarché comme d’une aventure me va comme un gant, n’étant que très peu habitué à ces espaces, c’est avec une sorte d’énergie de survie que je m’y rend, sans cesse sur mes gardes, prenant soin de ne pas laissez mon moral s’effondrer à la vue du point auquel nous sommes rendus niveau consommation.

    Ah et euh… Haaaaaardi!

    • Si seulement il y avait une fonction « Éditer », j’enlèverais les vilaines fautes que ma précipitation m’a fait commettre.

      (On va dire que c’est à cause de l’heure, hein)

    • «Ils sont nombreux, et leur nom est Légion.» Je plussoie, chiée citation. Monsieur a des lettres. J’aime bien venir ici, on se sent entre gens de goût.

  13. Mouhahaha, cher Connard, je viens de vous découvrir. Encore une journée de boulot sacrifiée à la lecture ! ^_^

    Blog d’utilité publique, qu’on se le dise !!

  14. Il y a aussi le môme embarqué dans le caddie de ses parents et qui veut vous voler le paquet de Pringles saveur BBQ qui dépasse de votre caddie, et aussi le resquilleur qui laisse son caddie faire la queue à sa place à la caisse (ma haine envers cette espèce est viscérale) et qui attend que ce soit son tour de passer pour aller chercher ses derniers articles à l’autre bout de la grande surface

  15. Ha! Cet article était fait pour moi, merci OC! Moi, les courses, c’est ma passion, ma vie et j’en suis fan, faire la course en zig-zaguant entre les clients, gueuler à mon mec ce qu’il y a d’écrit sur la liste (alors que oui, je pourrais la prendre moi-même puisqu’en plus, il porte les sacs).

    Tu n’as pas parlé des spécialistes du Tétris lors du passage en caisse (ma spécialité of course).

    Et c’est Shopi, attention aux erreurs aussi importantes.

    Joey (donnez-moi une corde)

  16. Tres tres bon, comme d’habitude.

    Je tenais seulement a signaler que ce cher Bruce Lee a oublie un T a atteindre. Mais il est vrai que l’orthographe n’a jamais ete son fort !
    (Quant a moi, veuillez excuser le manque d’accents, mais nos amis de l’Entente cordiale ont le mauvais gout de ne pas les utiliser ; c’est facheux).

  17. les vieux font les courses dès l’ouverture parce qu’ils ont connus la guerre EUX : on ne sait jamais s’il y a pénurie de Ron-ron goût crevettes ou de pâtes vermicelles…..s’il ne reste qu’un paquet il sera pour eux….
    excellent article comme d’habitude…..je me régale à chaque fois

  18. Cher Connard, encore une fois du grand art ^^

    (mention spéciale pour le Dogfight qui m’a fait hurler de rire)

    Dans la catégorie « figures remarquables » du Soupaire marquette, notons le « Chasseur de Primes » ou « le Dresseur Pokemon »: il doit TOUS les attraper, aucun ne lui échappera. De quoi parlons-nous? Eh bien des promotions, ma foi! Il dispose dans son havresac d’un tas d’affiches « Wanted » (appelées aussi « Bons de Réductions ») et il traquer dans les rayonnages les fugitifs, poussant un hululement rauque de triomphe quand il coince enfin la boîte de Haricots Rouges Pépito, celle qui a 2 euros en moins pour tout achat de 10 kilos.
    Le chasseur de prime est armé et dangereux. Rien ne l’arrêtera dans sa traque, ni la difficulté, ni le temps passé et SURTOUT pas les autres clients: ceux qui auront l’outrecuidance de lui disputer sa proie se verrons défiés à un mélange course de chariot/auto tamponneuses/close combat ne déparant pas dans le prochain (é)Tron.

    Et quand, enfin, l’impitoyable chasseur arrivera à la caisse et déposera d’un air viril et fier ses proies ainsi que leurs mises à prix devant la caissière, il devra faire face au mépris et à la méfiance que suscite sa profession et devra défendre pied à pied les réductions que lui accordent ces petits bouts de papier froissés, nom de nom on est en république j’ai des droits mademoiselle.

    I’m a poor, lonesome cowboyyyyyyyyyy…

  19. Un régal comme toujours !
    Ma stratégie personnelle, quand un autre client reste longuement devant le coin de rayon où je dois aller : je me mets deux mètres devant lui et je fais semblant de chercher quelque chose là. Ca rate rarement : il arrive dans les dix secondes et moi, je prends sa place ha ha ha.

  20. « parce que merde, même au RMI, il est obligatoire d’avoir chez soi un écran plat et une cafetière à capsules »

    Mon Cher Odieux, c’est encore plus pernicieux que ça, à mon avis… Le temps de cerveau du RMIste est bondé de messages publicitaires qui le rendent malheureux, voir honteux de n’avoir chez soye les-dits ustensiles cités ci-dessus.

    Si tu ne peux pas consommer, sois malheureux et endette-toi!

  21. Afin de pimenter davantage cette grande aventure moderne, j’utilise régulièrement la technique dite « Albert de Monaco », (ou « bobsleigh »).

    Dérivée du pilotage de caddie à la Sébastien Loeb, elle consiste à projeter le caddie en ligne droite, à se cramponner au guidon puis poser ses deux pieds sur les supports des roues arrières. Sensations garanties.

    La personne de 30 ans que vous voyez passer d’un rayon à l’autre dans l’aller centrale sans pousser son caddie, c’est donc moi.

    Attention : cette technique fera échouer toute tentative de séduction ultérieure de la voisine si elle venait à vous voir la pratiquer (la technique, pas la voisine).

    Astuce : Charger un minimum votre caddie.

    • Ben moi en tant que fille qui n’a pas fait centrale et qui renie l’ONU-femme, je fais pareil, je trouve ça drôle, et je salue ceux qui le font aussi. Ça, et les grimaces dans les miroirs sans tain.

    • Que dire d’autre à part : j’ai pratiqué moi aussi, tant le Sébastien Loeb que la méthode dérivée que vous décrivez et ses sensations fortes. Pour celle-ci, l’astuce du chargement minimum est décisive. On peut l’améliorer via le placement des produits à l’avant pour un meilleur contrepoids.

      C’est rassurant d’un certain côté de ne pas être seul à avoir fait cela. Ou à faire encore. Même si on passe un peu pour un dingue dangereux, quand bien même on n’a jamais eu d’accident de caddie.

  22. Cher Odieux, vous n’avez pas été au bout de l’aventure, le passage en caisse en est une tout à fait digne d’être citée, et permettrait en plus de mettre en exergue les comportements de certains membre du personnel aussi, car ils ne sont pas toujours là pour nous faciliter la tâche. Et je ne parle pas de certains clients qui, semble t il, ont la journée devant eux et ralentissent ainsi follement votre sortie du parcours du combattant que vous croyiez pourtant si proche !
    À ce propos quelqu’un a t il la moindre astuce afin d’éviter d’être systématiquement à la caisse qui avance le moins vite ? Je crois que je suis poursuivie par une malédiction…

      • Nombre de clients x nombre moyen d’article x (nombre de vieux/nombre de clients)
        La file ayant le coefficient le plus faible sera la plus rapide…

    • Adjebaal a presque raison mais il a oublié un critère important (et probablement le moins évident): la caissière
      si elle ressemble à une jeune embauchée pour les vacances ce sera plus long que si elle ressemble à celle qui a 15 ans de métier (mais évidemment c’est pas toujours facile à jauger)

  23. C’est justement parce que j’ai éclaté trop de vieilles dans les rayons des supermarchés de ma ville que je dois faire mes courses en ligne maintenant, ou bien 10 minutes avant la fermeture, avec une capuche pour passer incognito !

  24. Ho ho… encore très drôle !

    Maintenant, je rêve d’un article sur les voyages en train…

    (attention, il y a un message subliminal dans ce commentaire)

  25. Monsieur Connard,

    avant j’avais honte de bousculer les petites vieilles avec mon caddie mais depuis cette lecture je me sens beaucoup plus serein. Je vais toujours expédier les petites vieilles dans les boites de conserves mais avec le coeur léger.

    Merci encore.

  26. Un CDI étudiant dans l’une des grandes surfaces concernées est encore un poste privilégié pour ressentir ce souffle épique. En embuscade derrière une pile de palettes, écoutant distraitement d’une oreille les commentaires salaces de Michel (du rayon fromage à la coupe) sur les lycéennes du quartier, l’instinct de protection du territoire remonte. On foudroie du regard la mère de famille qui retourne tout le rayon à la recherche du paquet de fromage râpé qui périmera 5 jours plus tard, on oppose le sarcasme souriant à l’orgueil du cadre prêt à saisir le Conseil d’Etat sur la pénurie de bouteilles de Perrier.

    Vient ensuite la lassitude du guerrier, alors que le rush de 19h approche. Brisant les lignes ennemies grâce à l’autorité que procure un gilet rouge hideux frappé du logo Champion, on échoue dans la salle de pause. Pour un instant, on est alors un peu le général Koenig, qui, après avoir racheté l’honneur de la France dans une bataille acharnée, abandonne la position de Bir-Hakeim devenue intenable. La vue du champ de ruines, quelques heures plus tard, provoque néanmoins un net pincement au coeur.

    Inutile de dire que les choix tactiques que vous évoquez, ils se posent au moins 10-12 fois par heure. A rester bloqué avec une palette de 150 kilos de lait derrière un gamin qui papillonne dans les allées, on comprend ce qu’a dû ressentir le tankiste de la place Tian An-Men.

    Déontologie ou infanticide ? Voilà bien les termes du dilemme récurrent de l’employé polyvalent.

    • Je dirais simplement conscience professionelle… écraser un moutard qui t’empeche de bosser librement fait partie du pourcentage normal de perte dans toute profession !!!

      • Ecraser un moutard ce n’est pas de la conscience professionnelle, c’est de la conscience citoyenne, Monsieur !

  27. Cher Connard,

    Cet article vise juste, est exquis, hilarant et piquant à la fois, comme à votre habitude.

    « Mon conseil : Pour éviter le vieux, il suffit d’aller faire ses courses à l’heure des Feux de l’Amour. »

    On n’y pense jamais assez !

  28. Faites très attention aux vieux, y en a parfois qui vont plus vite qu’on ne le crois. En plus comme ils n’ont plus rien à perdre, ils peuvent se montrer très dangeureux s’il le faut. Et puis, c’est bien connu, les vieux ont survécu. Ils ont déjà traversé toutes ces épreuves et s’en sont sortis. Ils connaissent donc toutes ses techniques et sont prêts à tout pour vous faire chier. Pire qu’un serpent à sonnette ces machins là. Les vieux sont au supermarché ce que le dragon est au donjon, n’allez jamais vous y frotter sans vous être bien préparé. Personnellement je conseille le cyanure, mais l’arsenic ça marche bien aussi.

    • Les vieux se déplacent comme des dragons non parce qu’ils ont survécu à tout, mais parce qu’ils ne voient rien, n’entendent rien et ne peuvent se déplacer rapidement. Ce qui leur donne une démarche de diplodocus.

  29. Très bon article, bravo ! (on a l’habitude me direz vous)

    BTW (comme diraient nos amis anglophones), à quand un article sur « Indignez vous », de Hessel ? Il y à la matière à médisance.

  30. Le complot des vieux est depuis quelques temps déjà découvert, mais rien n’est fait pour l’arrêté.

    Malgré mon double brevet pilote de caddie et de locomotive à vapeur grande vitesse, option « bien aidé un apprenti suicidé à réaliser son rêve », je me sens un peu seul pour tenter d’enrayer le mouvement…

    • Décidément la reprise du boulot est difficile : « rien n’est fait pour l’arrêter » serait plus juste.

  31. Je suis au bureau, à coté de cette tête de veau d’A… et je dois m’arrêter de lire, parce aue je pouffe trop fort. Très bon !

    Quelques fautes d’orthographe/grammaire par contre, si vous le voulez je vous les listerai.

    • Bien, je vois que j’ai moi-même fait une faute de frappe, mais j’ai une excuse : clavier qwertz !

  32. Je crois que nous tenons là un authentique chef-d’oeuvre, qui sous moults sarcasmes nous révèle une authentique vérité que nous pouvons tous vérifier dans le Carrefour/Leclerc/Auchan/Aldi/Shopi le plus proche. Cher Connard, je vous dis Monsieur.

    Cas extrême, j’ai une fois vu dans une des grandes surfaces précitées deux Familles Pleupleu qui se connaissaient et qui se sont donc arrêtées pour engager la conversation au rayon PQ alors que leurs gamins couraient autour des chariots. Une Horde Déchaînée causée par une double Famille Pleupleu. C’était apocalyptique.

    • Classique. Soit on subit la caisse avec le plus de monde devant, soit au contraire on croyait avoir bien joué le coup, il y a une personne de moins et moins d’articles… Et là le client devant qui ne veut plus d’un produit pour une raison X ou Y (« en fait c’était pas ce prix »/ »en fait j’en veux plus »/ »en fait je ne peux pas payer »), ou bien une erreur de la caissière, ou bien les bons de réductions/moyens de payements qui prennent un temps fou à être traités. Et j’en oublie !

  33. Ô Dieu !!
    Je vous ai découvert il y a peu, et j’ai lu de nombreux articles. Je suis remontée loin dans les archives, mais j’essaie de modérer mes ardeurs de lectrice, comme on freine pour déguster les dernières cuillères du dessert au chocolat.
    J’ai donc une requête, Ô Dieu : magnez-vous d’écrire un max d’articles!!

  34. « Oui, j’aime le papier double épaisseur, il faut dire que je fais des étrons particulièrement gras, ma belle, vois-tu » ou « Cette brosse ? L’ancienne a fondu, puisque je m’en servais un peu trop ; je peux te dire que vu ce que j’envoie à l’égout, si les ours polaires manquent de banquise, j’ai de bon gros îlots à leur proposer. »

    Tout simplement magnifique, que de poésie, de romantisme…

  35. Excellent,

    Une pensée pour les responsable de rayon de ces temples d’aventures que sont les supermarchés.

    En effet, outre préparer les rdv de négociation avec les fournisseurs à coup d’arguments arrosés à l’arsenic, dans le but de finir le rdv en tendant un mouchoir à ce dernier pour qu’il essuie le résidu blanchâtre qui perle au coin de sa bouche, tellement il n’aura pas eu le choix de s’agenouiller si il veut continuer à vendre ses produits dans le rayon, le responsable de rayon, indiana jones des temps modernes doit se farcir entre 2 rdv , et de préférence un samedi matin, ou un jour férié, le Vieux scandalisé par la rupture de ronron ou de tena , ou le père de la famille Pleupleu qui vient donner une leçon de philosophie de consommation avec sa charmante dame en surround stéréo derrière qui gesticule et aboie au diapason de son roquet/enfants.

    Enfin une fois ces épreuves surmontées l’indiana jones a toutes les chances de croiser son directeur de magasin ou pire son contrôleur de gestion, qui exigeront de remettre à plat une ligne du compte d’exploitation car, non, il n’est pas normal que le prix d’achat net net net (oui les marges arrières ont été supprimées) soit ce qu’il soit induisant ainsi seulement 35% de marge alors que l’objectif était à 38.

    Bon, sur ce, je vais pleurer, je reviens.

    Turnip

  36. Mon cher ami, une fois n’est pas coutume, mais là tout de même, vous touchez au génie.

    J’ai tendance à déplorer que vous vous attardâtes de façon inopportune sur les navets qu’un désoeuvrement vous amène à voir au cinéma (alors que vous pourriez tout aussi bien les télécharger)

    Là pour une vois, j’aurais voulu plus.

    Et les queues aux caisses ? Qui nous parlera des queues aux caisses ? Qui donnera les fiches conseils permettant d’optimiser les attentes, qui donnera la liste des indices permettant de détecter le bon caissier de la mauvaise caissière ?

    Voilà bien le problème d’une époque ou plus personne ne va au bout de son propos.

      • J’approuve. (Même si le cas de l’ouverture d’une nouvelle caisse à côté peut-être une exception à condition qu’on soit la première personne à bondir dessus, mais en général il vaut mieux profiter des gens devant soi qui vont bondir dessus)

      • (Pour me répondre à moi-même, vu la fréquence d’ouverture d’une nouvelle caisse à côté de celle où l’on attend, il n’est pas nécessaire de prévoir une règle spécifique. Ca arrive une fois tout les… Tout les… Ca arrive plus que rarement)

  37. Famille Pleupleu hein ? Curieux chez moi on dit la famille Groseille :D
    (en référence à La Vie n’est pas un Long Fleuve Tranquille)

  38. Oh monsieur Connard, faîtes donc une suite à ce magnifique article, en listant les espèces oubliées.
    Notamment, ceux au porte-feuilles remplis de coupons de réductions.
    Ceux qui laissent leur caddies dans le rayon. Du coup vous pourriez même faire un magnifique schéma montrant comment ce piège se referme sur vous. Le caddie bloquant le rayon, vous approchez pour le bouger gentiment, et hop ! Par derrière, le propriétaire temporaire du caddie surgit sur vous en maugréant !
    Et l’espèce ultime des grandes-surfaces : les caissières mal lunées.

  39. On pourra aussi attribuer aux vieux la fâcheuse manie de nous bloquer deux heures à la caisse. Oui, les bons de réduction ( immédiate ou non ) sont leurs fidèles compagnons, rien de mieux pour nous emmerder à attendre juste derrière, en se disant que ça sera bientôt fini. Oui parce que bon, à côté, ça avance, mais on sera pas non plus aussi près de la caisse en changeant de file.

  40. J’avais pas ri autant depuis fort longtemps, très bon article et tellement vrai !
    Merci continuez ce blog , c’est magnifique !

  41. Cher Odieux,
    Merci pour ce tour d’horizon. Il va falloir lancer quelques enquêtes complémentaires, notamment pour examiner comment se combinent les profils mis en avant dans votre article : comment les « jeunes » au pantalon baissé feront leurs courses avec leurs rejetons (leur tenue vestimentaire facilite la reproduction, même de façon inopinée).

    Une nuance néanmoins : Jack Bauer n’est justement pas un champion de l’oreillette. Même en course poursuite, les mains cramponnées au volant, on le verra souvent sortir un portable, et parfois même avec un clapet. Alors soit il est vachement fort et donc il se donne un handicap, soit c’est une ruse de réalisateur. Ben oui parce que en fait en télé, on aime bien la gestuelle. Donc maintenant que les cigarettes sont mal vues, il faut autre chose pour se donner une contenance. Et en plus, il n’y a rien de plus crétin que les scènes d’action avec les agents FBI en civil qui touchent leur oreillette quand ils doivent écouter quelque chose, histoire que le téléspectateur ne songe pas : « c’est quoi ces mecs qui parlent tout seuls ? ».

    C’était très important de préciser tout cela…

  42. Pingback: Stratégies de survie au supermarché « Curiosités de Titam·

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