Rabouin des Bois

Ah, qu’ils étaient fiers mes compagnons, vêtus de leurs splendides collants verts, guettant la route en quête d’éventuels bourgeois à dépouiller ! Dans leurs moulants oripeaux qui ne laissaient plus rien à l’imagination, pour sûr ils en ont pris de l’argent aux riches ; je me souviens encore du bruissement des billets lorsque, le soir venu, je venais compter le butin ainsi obtenu auprès des plus favorisés pour le redistribuer aux habitants de la forêt.

Et puis il y a eu mon procès pour proxénétisme,  et mon réseau du bois de Boulogne a été démantelé. Une bien triste histoire.

Alors évidemment, lorsque l’affiche de « Robin des Bois » m’est apparue, j’ai tout de suite été plongé dans un immense sentiment de nostalgie me poussant à aller le visionner. En plus, dedans, il y avait Russel Crowe, l’acteur qui s’occupe de tous les films d’époque. Un ami, footballeur kalmouke de son état, m’expliqua que Russel Crowe n’était autre qu’une sorte de Docteur Beckett capable lui aussi de voyager à travers le temps & l’espace pour s’incarner dans différents personnages plus ou moins historiques : un antique gladiateur, un capitaine au long cours du XIXe siècle, un surdoué au cœur de la guerre froide… « Ho bravo ». Aussi, il était bien naturel qu’il soit notre Robin des Bois, n’est-ce pas ?

Assez jacassé : spoilons.

L'affiche : Robin et son marteau, le même qui servi à écrire le scenario

Notre histoire commence par une brumeuse nuit médiévale, quelque part, à Nottingham, lorsque d’un bois émergent quantité d’adolescents plus ou moins bien vêtus venus piller quelque grenier. Comme tout groupe d’adolescent livré à eux-mêmes dans une grange, ils font rapidement tant de bruit qu’ils réveillent les voisins : la famille de Loxley. Nous y retrouvons Walther, vieux seigneur aveugle et gâteux qui commence sérieusement à sucrer les fraises, et Marianne, belle dame délaissée mais au caractère bien trempé. Cette dernière, entendant qu’une horde de brigands est en train de s’attaquer à sa grange, en sort avec son arc long pour expliquer aux garnements sa façon de penser. Apercevant les jeunes gens en train de s’en prendre à son grain, elle décide de tirer une flèche enflammée aux pieds de l’un d’entre eux pour intimider la petite bande et les mettre en fuite, ce qu’elle réussit avec brio.

Car oui, Marianne maîtrise parfaitement l’arc long au point de faire de fabuleux tirs de précision ; pour rappel, Marianne, quand on veut sauver le grain de sa grange au toit de paille, on évite de tirer dans sa direction des flèches enflammée. L’accident bête n’est jamais bien loin.

Une fois les jeunes apaches retournés dans leurs bois, Marianne constate les dégâts : les réserves de grain sont quasiment vides, et il n’y aura plus de quoi semer pour les saisons à venir : à moins d’un miracle, voici venir la disette sur Nottingham.

Mais allez, quittons Nottingham et la pédéraste Albion d’Edith Cresson pour nous en aller retrouver la douce France et le château de Châlus, où l’armée du roi Richard Cœur-de-Lion tente de prendre d’assaut la forteresse ; certes, historiquement, ce fut moins glamour (un chevalier sur une tour avec une arbalète et une poêle à frire repoussant l’armée anglaise), mais ici, voici force soldats, archers, béliers et arbalétriers qui s’affrontent en poussant cris rauques et barbares autant que faire se peut. Dans ce sanglant chaos, nous découvrons un archer, Robin Longstride, qui est un mec à la cool, puisque même au cœur de la bataille alors que les carreaux pleuvent, il trouve le temps de sortir quelques phrases viriles à ses compagnons d’armes ou demande à ses amis s’ils seraient partant pour un action ou vérité ce soir après le repas. Et lorsque vient le moment de couvrir le roi des tirs ennemis, à lui seul, il doit faire choir cinq ou six arbalétriers. Ah bon, ils étaient à couvert derrière des remparts ? Non, je n’ai rien remarqué : vous savez, je suis tellement bon archer que je n’y prête même plus attention maintenant, je suis un peu le Lee Harvey Oswald de l’armée anglaise.

Un soir, alors que le siège dure quelque peu, le roi Richard et son vieil ami le seigneur Robert de Loxley décident de se rendre incognito au milieu des soudards en pleine orgie alcoolisé, car le roi aimerait savoir ce que ses hommes pensent vraiment de lui. Opinion Way n’étant pas disponible à l’époque, il se contente donc d’enfiler son manteau de jedi avec capuche géante et déambule au milieu du camp. Au même moment, Robin et son ami Petit Jean commencent à se battre suite à une sombre histoire de triche lors d’une partie de bonneteau ; dans l’affaire, un poing finit dans la gueule du roi Richard, et sa capuche se rabattant sous l’impact, tout le monde découvre le suzerain anglais. Juste & bon, ce dernier se contente simplement de profiter de ce rapprochement soudain avec le soldat Robin pour lui demander ce qu’il pense de lui, et s’il pense que la croisade dont ils reviennent a été utile. Réponse de l’intéressé : non, je dirais même que t’as un peu daubé sur la fin pépère, quand t’as fait massacrer femmes & enfants à Acre. Le roi est satisfait de cette réponse : enfin quelqu’un d’honnête dans son entourage ! Bon, c’est bien, mais il n’empêche que Robin et son copain lui ont quand même mis une patate dans les gencives, ils seront donc mis au pilori et n’auront pas le droit de participer à l’assaut final sur la forteresse française demain.

Robin la Capuche écoute le plan de Ridley le K-way

Ah, c’est bien ça : tu ne veux pas te faire tuer lors d’une bataille ? Pète la gueule à ton roi, et il te privera de sortie. Amis couards, tabasser vos supérieurs augmente considérablement vos chances de survie. Pensez-y.

Ce constat sera hélas tardivement celui du roi Richard le lendemain durant l’assaut : s’il avait été au pilori lui aussi, peut-être ne se serait il pas pris un carreau d’arbalète en travers du cou, ce qui le tue bêtement puisque l’on respire drôlement moins bien lorsque l’on a 500 grammes de bois en travers de la gorge d’après mon médecin. Un jeune soldat ami de Robin apprenant la mort du roi, il se dépêche d’aller libérer l’honnête soldat et ses compagnons du pilori, car… heu… attendez… pourquoi il les libère ? Je n’ai pas bien saisi, mais en tout cas, il les libère. Robin explique à ses amis que maintenant que le roi est mort et la croisade terminée, il est grand temps pour lui de repartir pour l’Angleterre, son foyer, et donc de déserter plutôt que de s’attarder dans une armée lente et mal payée : qui l’aime le suive ! Ses trois compagnons, Petit Jean, Bob et Rouquemoute le suivent donc aussitôt. Leurs noms n’ont aucun intérêt vu que leurs personnages n’en auront pas non plus dans le film.

Au même moment, en Angleterre, le frère de Richard, Jean, simple prince, s’envoie en l’air avec la nièce du roi de France, ce qui est très mal vu par la cour, et plus particulièrement par sa femme ainsi que sa mère. Mais le jeune Jean n’a que mépris pour ces considérations, il est fougueux et orgueilleux, il n’en a que faire des conventions, carpe diem, et demain il adhérera sur Facebook au groupe « Je vit tout les jour come si c’été le dernier« . Oui, Jean est bête et méchant, et en plus, il a une tête qui donne plus envie de l’appeler Abdallah de Bourgogne que Jean, mais bon, il faut bien un méchant qui le porte sur lui, sinon tout le monde ne pourrait pas comprendre. Ce gros égoïste en tout cas se contente d’énoncer à haute voix ce qu’il pense, c’est-à-dire qu’il n’aime pas sa mère, pas sa femme, pas son frère et qu’il voudrait déjà être roi, comme Simba (le fils de Mufasa Cœur-de-Richard pour ceux qui suivent).

Pendant ce temps, en France, le roi Philippe complote avec Godeffroy, un personnage qui s’habille tout de noir, a le crâne tout rasé et plisse les yeux quand on lui parle. Godeffroy est anglais, proche du prince Jean, et Philippe lui propose une mission : assassiner Richard Cœur-de-Lion (il ne sait pas qu’il est déjà mort), aider Jean à monter sur le trône puis monter le pays contre lui, et une fois l’Angleterre en guerre civile, Philippe n’aura plus qu’à y débarquer pour en finir avec ce pays de débauche tant dans les mœurs que dans les assiettes. Godeffroy accepte sa mission et s’en va préparer une embuscade contre Richard.

Car oui, le roi Richard se promène toujours loiiiiiin au devant de son armée, seulement escorté de quelques chevaliers et en slip de préférence. Aussi, Godeffroy a payé quelques hommes pour se débarrasser tant de l’escorte que du souverain lorsqu’ils traverseront la forêt de Brocéliande. Seulement voilà, une fois les chevaliers pourfendus à coups d’armes de trait, Godeffroy découvre qu’il n’y a pas le roi parmi les morts ; il interroge donc un chevalier mortellement blessé, un certain Robert de Loxley : celui-ci explique ce qu’il en est, c’est-à-dire que le roi est mort et que la petite troupe armurée s’en allait rapporter sa couronne en Angleterre. Pardon les mecs, je vous ai tué pour rien ; sans rancune, hein ? Bon, jusqu’ici, ça arrange pas mal les affaires de notre Godeffroy sauf que…

Tout le film, Robin ne chevauchera que de blanches montures pour souligner le fait qu'il est le gentil

Sauf que la couronne est dans la sacoche de Pépérounette, la belle jument blanche qui sait renifler un traître à 50 mètres (ou alors, elle sait juste qu’il n’y a qu’un seul chauve dans le film et que c’est donc forcément lui le traître) ; telle une licorne majestueuse, la belle se met donc à galoper (jusqu’ici elle ne bougeait pas alors qu’il venait d’y avoir une embuscade avec force lances, carreaux, flèches et épées ; mais là, comme on commence à parler d’elle, elle prend donc peur et se barre. Oui oui oui, je vois.) au travers des bois, et Godeffroy envoie aussitôt deux hommes la poursuivre pour récupérer la couronne. Pépérounette court, vole, bondit mais… tiens, qui voit elle au détour d’un sentier alors que ses poursuivants vont la rattraper ? Robin Longstride ! Et comme dans Code Quantum, les animaux savent reconnaître Russel Crowe incarné dans un personnage ; aussi, l’animal va se cacher derrière lui, puisque Russel Crowe est un rempart sûr contre 97% des menaces terrestres. Et ça ne rate pas : Robin et ses amis tuent les deux hommes qui poursuivaient le cheval et semblaient un brin menaçants. Faisant quelques pas de plus, ils découvrent le lieu de l’embuscade où l’escorte royale est tombée (oui, car en fait, Pépérounette n’a fait que 15 mètres, mais personne parmi les hommes de Godeffroy n’a entendu les deux cavaliers qui la poursuivaient se faire massacrer par Robin et sa bande juste à côté d’eux).

Aussitôt, Robin décide d’agir et avec ses 3 compagnons, ils mettent en déroute la pauvre troupe d’une douzaine de filous qui venaient d’éradiquer les chevaliers  royaux (car oui, Godeffroy n’avait prévu que 12 mecs pour tuer l’escorte du roi d’Angleterre), et dans l’affaire, Robin tire une flèche qui vient faire une grosse cicatrice sur la glabre face de Godeffroy qui s’enfuyait : ça y est, c’est un méchant traître, fourbe, qui s’habille en noir ET avec une cicatrice, il est complet, merci.

Notre héros fouillant les lieux de la brève bataille découvre le chevalier de Loxley agonisant : celui-ci lui explique que le cheval blanc qu’ils ont sauvé porte dans ses sacoches la couronne d’Angleterre, qu’il convient de rapporter à Londres. Mourant, l’homme demande une faveur à Robin : prendre son épée et la rapporter à son père, Walther de Loxley, à Nottingham. Une fois son petit discours achevé, notre bon anglais meurt paisiblement. Oui, il avait une lance dans le ventre depuis 10 minutes, mais il a survécu pile jusqu’au moment de confier une quête à Robin Longstride. La mort est patiente, elle déteste couper les gens en plein milieu d’une discussion.

Robin et ses amis sont donc désormais seuls avec quelques cadavres ainsi que la couronne d’Angleterre, l’occasion d’organiser la plus formidable orgie nécrophile du royaume. Mais finalement, les compagnons de Robin évoquent une question plus pressante : comment rentrer en Angleterre ? Et bien, explique Longstride, rien de plus simple : il suffit de se vêtir des tenues des chevaliers morts & de se faire passer pour eux pour aller rapporter le plus fier symbole de la royauté au pays. Dans les affaires des nobliauds, Robin trouve une carte indiquant l’emplacement où un navire attend le retour de la troupe royale pour les ramener à Londres : ni une, ni deux, nos héros s’y rendent au grand galop, et indiquent à l’équipage du navire que le roi est mort et qu’il faut ramener la couronne : aussitôt dit, aussitôt sont ils lancés sur la Manche. Durant la traversée, Robin découvre sur l’épée de Loxley une mystérieuse inscription « Dressez vous sans relâche, jusqu’à ce que les agneaux deviennent des lions« . J’imagine comme cela vous intrigue. Je vous comprends.

Arrivés à Londres, nos héros remettent la couronne à la maman de Richard, qui s’empresse de la transmettre au dernier hériter du trône qui soit à portée de bras : Jean. Voici donc le début du règne du sombre roi Jean, qui obtint sa couronne de Robin Longstride se faisant passer pour Robert de Loxley. Le tout est observé de loin par Godeffroy qui reconnait Robin, celui qui l’a blessé dans la forêt de Brocéliande et qui sait qu’il commandait la troupe qui a massacré l’escorte royale. Rien ne vous étonne, lecteurs ? Vraiment ? Pas même le fait que par exemple, bien que Robin aie parcouru la France au galop pour atteindre un navire bien équipé et sur le départ, Godeffroy bien qu’en déroute depuis Brocéliande soit arrivé avant lui en Angleterre ? Il a pris le ferry ? L’avion ? Sa balise de téléportation ? Je penche pour cette dernière solution, puisque nous verrons que le noir maraud s’en resservira à l’occasion. En tout cas, le roi Jean donne de suite ses premières instructions en tant que souverain anglais : le royaume va bien mal, les caisses sont vides : il est grand temps de lever l’impôt et de mener une politique de rigueur réalisme.

Jean, méchant au point d'en coucher avec des françaises

Robin, lui, poursuit sa route avec ses bons amis vers le nord du pays et atteint rapidement le comté de Nottingham. Il y rencontre le frère Tuck, un moine qui s’y connait en ruches et pétage de ces dernières, et laisse ses hommes avec ce dernier pour aller lever le coude. Lui se rend au domaine de Walther de Loxley où il rencontre Marianne et son père : il leur annonce donc que le mari de l’une et le fils de l’autre est tombé dans une embuscade quelque part en France, et qu’il vient rapporter l’épée familiale à la demande du mourant. En remerciement de ce geste, Robin est invité à passer la soirée en compagnie de ses hôtes.

Lors du repas, pépé Loxley propose un bien étrange marché à Robin : puisque son fils est mort et qu’il n’y a plus que sa belle-fille, le comté risque de tomber en quenouille ; il faut donc faire croire que le fils prodigue est revenu vivant de croisade : Robin accepterait il de se faire passer pour Robert ? En échange, Walther propose à Robin quelque chose d’inattendu : ce dernier n’ayant jamais connu sa famille, il lui révélera tout ce qu’il sait sur son père. Quelle incroyable coïncidence : le seigneur de Loxley connaissait bien son père ! Vraiment, la vie est bien faite. Robin accepte ce marché inespéré, qui lui permet de faire semblant d’être le mari de Marianne (chances de copulation en hausse) et de s’instruire sur son passé (chances de révélations en hausse). Au village, évidemment, parmi tous les habitants, il n’y en a pas un pour dire « Attendez, j’ai vécu 30 ans au service de Robert de Loxley, alors excusez moi, mais là c’est juste un gros imposteur« . Ils sont un peu cons, au point qu’ils viennent saluer Robin de grands « Ho ! Sire Robert !« . Ah oui villageois ? Et comment as tu su que c’était lui ? Tu l’as reconnu ? Non puisque c’est techniquement impossible, vu qu’il ne s’agit pas de lui.  Retourne trimer dans la boue, porcher, laisse le scenario s’autodétruire, veux-tu ? Au passage, Robin découvre qu’il n’y a aucun jeune dans le village : tous les adolescents vivent dans les bois où ils sont devenus braconniers, tant la pauvreté était rude à Nottingham. Ce sont donc ces petits cons mal élevés qui venaient piller les maigres réserves de leurs parents, au début du film. Les ingrats, affamer leurs géniteurs. Une bonne rééducation à coups de pieds au cul me parait de bon aloi.

A Londres, le roi Jean installe confortablement son arrière-train sur le trône et décide de renvoyer l’ancien maréchal de son père et de son frère, qu’il trouve un peu trop timoré à son goût. Il confie plutôt la charge à Godeffroy, son ami d’enfance, et lui demande d’aller récupérer l’impôt en province. Sauf que ce gros fourbe de Godeffroy a tout prévu : il fait débarquer de nuit sur les côtes un groupe de 200 français, afin de l’aider à terroriser le royaume en prélevant l’argent au nom du roi Jean histoire de soulever le peuple contre son souverain. Un espion de l’ancien maréchal royal observe  cependant la scène et en informe le vieux conseiller.

A Nottingham, Robin profite de ses journées pour dragouiller Marianne, qui s’avère être pile comme il faut pour Robin : intelligente, belle & forte, soucieuse d’autrui, et surtout, elle n’a été mariée que 8 jours avant le départ de Robert pour la croisade : autant le dire, elle a été mariée juste assez longtemps pour que ça présente un intérêt pour Robin de se faire passer pour Robert, mais pas assez pour qu’elle soit une veuve inconsolable. La vie est décidément merveilleusement bien faite. Jamais un héros ne tombera t il sur un gros boudin décérébré et ne préférera s’enfuir lâchement pour préserver sa vertu ?

Un jour, alors qu’ils se promènent, nos deux tourtereaux tombent sur les hommes de l’évêché de York qui viennent emmener le grain de la dîme stocké à la paroisse. Robin, voyant que ce grain serait plus utile dans la fertile terre de Nottingham pour en nourrir les habitants que dans les mains de l’évêque, monte une sombre opération nocturne : le brigandage du convoi emmenant la semence ; puis, il va avec ses compagnons semer le tout dans les champs avant l’aube et s’en retourne à sa chambrée de la demeure Loxley sans demander son reste, altruiste qu’il est. Enfin pas trop : le vrai objectif était de rendre Marianne folle en lui montrant quel musclé hors-la-loi ami des pauvres qu’il était, et c’est une réussite. La température dans la chambre de la belle monte par conséquent de quelques degrés après cet exploit.

Une histoire héroïque ET une histoire d'amour ? C'est follement original.

Ce qui me fait penser que les trous du culs qui vivent dans les bois auraient été plus malins de s’attaquer aux réserves de l’Eglise plutôt qu’à celles de leurs parents : non seulement cela eut permis à leurs familles de subsister sans mendier, mais en sus, la réserve n’était gardée que par un moine bourré et non par une folle tirant des flèches enflammées. On mettra ça sur le compte de la fougue de la jeunesse.

Plus tard, Walther invite Robin à venir discuter avec lui pour tout lui dire de son père ; ce dernier était un tailleur de pierre (soit) qui savait parfaitement lire & écrire (ho ?), philosophe de surcroit (ha ?!) et qui avait commencé à rédiger avec ses petites mains la Magna Carta (Non mais stop !), charte proposant plus de justice pour les anglais et moins de pouvoir à leur roi. Évidemment, il avait rencontré un succès immense partout où il passait, car il était aussi formidablement charismatique. Seulement, le roi prenant ombrage de cette menace, l’avait fait exécuter. La devise du père de Robin était donc « Dressez-vous sans relâche jusqu’à ce que les agneaux deviennent des lions », soit ce qu’il était inscrit sur l’épée de la famille Loxley, puisqu’en effet, eux-mêmes étaient des suivants de papa Longstride. Vraiment le destin est fabuleux. Robin est tout étonné de ces révélations, tant et si bien que de sa mémoire ressurgit le jour de l’exécution de son père, alors qu’il n’était encore qu’un enfant ; il se souvient alors de tout, et particulièrement de l’injustice qui lui a ainsi été faite pour avoir osé exprimer des idées de liberté. Flashbacks partout, justice nulle part : Robin est en réalité le fils de super-citoyen. A cet instant précis, je crois que j’ai pleuré tant j’étais navré. M’est avis que dans la première version, il était le fils de William Wallace ou le père de Georges Washington.

Godeffroy de son côté fait régner la terreur partout où il passe, brûlant les maisons de ceux osant lui résister et faisant toujours décapiter un ou deux villageois à coups de scramasaxe pour le plaisir. Le bon peuple est donc contraint de donner tout ce qu’il a au roi Jean, et s’offusque de ces pratiques. Le plan de Godeffroy marche à merveille. Et comme décidément, il n’y a pas qu’à Nottingham que les villageois sont idiots, jamais sur son passage il ne croise un pauvre habitant ou un petit seigneur qui s’exclame « Tiens c’est marrant, vos soldats sont français, ne seriez vous pas un peu un traître ou un brigand en train de me prendre pour un con des fois ? « .

Les barons cependant ainsi pillés par la troupe officiellement en service commandé pour le roi commencent à se plaindre et à se réunir pour monter des armées aptes à mettre fin à ces rapines. Ils se proposent de marcher sur Londres pour en finir avec le roi Jean et libérer le pays de ce tyran financier. A aucun moment, ils ne réalisent qu’une troupe de personnes criant « Oui are soldieurses frome ze couronne of Angleterre ; guive eusse ioure goudz ande ioule bi faïne. Baille ze oué, ife iou are pas contents, maillebi iou choude révolte contre ze vilain roi Jean. And roi Philippe ize eu véri coule gaille. » ressemble assez furieusement à une manœuvre politique de piètre facture.

De son côté, Jean finit par être averti par un coup de téléphone arabe (quand je vous parlais d’Abdallah de Bourgogne, ce n’était pas pour rien) venu de son ancien maréchal que son bon ami Godeffroy s’est entouré de français et met bien à mal le pays. Il est aussi informé que les barons du nord commencent à penser à se révolter ; la solution du roi Jean est donc de leur bourrer la gueule, à tous, sans exception, pour avoir seulement évoqué la possibilité de défier son autorité. Le fait que là aussi, on l’avertisse que cela semble être exactement le plan de Godeffroy ne semble pas l’influencer plus que ça : il aime bien se jeter dans les pièges à cons. De là à en tirer des conclusions, je ne m’avancerais pas.

Godeffroy et son anneau de téléportation

Revenons à Godeffroy (oui je sais, on saute d’un lieu et d’un personnage à un autre, mais l’intrigue est formidablement complexe) : un matin, alors qu’il contemple la cicatrice que Robin lui a faite à la joue à Brocéliande, il reçoit d’un de ses agents une précieuse information : Robin serait à Nottingham, toujours en train de se faire passer pour Robert de Loxley. Aussitôt, notre grand méchant se drape dans sa cape noire et commande que l’on rase le village (c’est son côté glabre, il aime tout ce qui est rasé à la perfection).

Mais revenons aux barons, qui se sont réunis à Trouperdu avec leurs armées pour tenir des discours visant à motiver les troupes, debout sur une charrette façon Lénine. Quand soudain, que voient ils dans le lointain ? Jean, roi d’Angleterre, qui vient à leur rencontre pour parlementer ; il les informe qu’il faut s’unir derrière lui car il a des arguments chocs :

– il a une couronne, alors respect

– il a une armure dorée, ce qui est un peu à la chevalerie ce qu’une twingo tuning est à l’automobile

Mais son discours est bientôt coupé par un nouvel arrivant à Trouperdu qui connait bien l’endroit car c’est ici que son père fut exécuté (quelle formidable coïncidence, ça n’arrête pas !) : Robin Longstride, se faisant encore passer pour Robert de Loxley. Nous en sommes donc au célèbre passage du discours cucu du héros face à la troupe, dans lequel il fait appel aux bons sentiments et au patriotisme des présents pour s’unir ; puis, il demande au roi s’il signera la Magna Carta si le peuple accepte de s’assembler derrière lui pour repousser l’invasion française qui ne saurait probablement tarder : Jean accepte, et le souverain le jure « sur sa mère » comme une grosse racaille squattant une cage d’escalier.

Sachant que le roi déteste sa mère, sauras tu deviner la suite ? Et sauras-tu comprendre pourquoi les barons ne tentent pas une technique intitulée « signe d’abord, on te suit après, sinon c’est à Philippe de France sur ton trône que nous demanderons la même chose » ? Nan parce qu’à ce qu’il parait que dans une négociation, il faut profiter du fait d’être en position de force. Mais bon, les barons, bien qu’âgés, n’ont jamais probablement entendu parler d’un tel concept.

Mais pour commencer, l’armée des barons est invitée à aller se débarasser de la troupe de Godeffroy, qui est en train de s’en prendre à Nottingham. Sur place, Marianne tente de résister à coups d’épée car oui, Marianne ne maîtrise pas seulement l’arc long, elle est aussi douée une lame à la main. Seulement, face au nombre, elle ne peut résister ; ce n’est que grâce à l’intervention providentielle des gamins de la forêt qu’elle arrive à s’enfuir non sans avoir fait s’échapper les villageois qui avaient été regroupés dans une grange en flammes. Godeffroy, lui, se bat en duel contre Walther Loxley après lui avoir révélé qu’il était celui qui avait tué son fils en forêt de Brocéliande. Ce n’est pas trop dur, tant papy est vieux et aveugle, et il finit par pourfendre le vieil homme. Cependant, l’armée de Robin & des barons ne tarde pas à arriver ; il ne reste qu’une seule option à Godeffroy pour se tirer du village encerclé : utiliser sa balise de téléportation. Pschouf, il n’est plus là (en tout cas, un plan il est là, le suivant il n’y est plus et plus personne n’en parle). Le reste de la troupe de soudards français est rapidement mise à mal par l’armée anglaise et finit par se rendre.

Pauvres français : quand il y a du crottin, il y a du Robin

Nottingham est sauvée ! Hélas, la mort de Walther attriste très fort Marianne, qui n’a plus que Robin comme seule « famille » (voilà qui arrange bien les affaires de notre homme). Mais d’ores et déjà, celui-ci doit repartir vers la guerre, en allant repousser l’invasion française car :

– Oui, Robin sait quand l’invasion française va se dérouler, il a du le voir sur le Doodle du roi Philippe

– Oui, Robin sait aussi où le débarquement aura lieu, il devait y avoir un lien mappy sur le Doodle

Et surtout, Godeffroy a un super plan : il veut faire débarquer l’armée de Philippe sur une plage dominée par une gigantesque falaise sur laquelle il n’a posté aucun garde, afin de bien pouvoir être surpris par tout ce que l’Angleterre compte comme archer. Surtout que c’est connu, l’archerie n’est pas du tout le sport préféré des fourbes anglais. Lorsque l’armée des barons arrive, elle positionne donc ses archers sur la falaise, et prépare sa cavalerie à charger sur la plage. Et là, c’est parti.

Vous avez vu « Il faut sauver le soldat Ryan » ? Vous savez, les barges de débarquement ? Et bien les français, à part le bateau du roi, ils n’ont utilisé que des versions « à rames » de ces barges pour traverser la Manche. Ca a dû être pratique. Et aussitôt que les rampes de débarquement s’abaissent, caméra à l’épaule, on découvre les soldats qui pataugent dans l’eau sous le feu des archers, on voit l’eau se teinter de sang, les drapeaux & équipement de l’armée française toucher le fond sableux de l’océan grâce aux caméras subaquatiques, les mêmes qui montrent les soldats qui sont transpercés par des flèches arrivant si vite qu’elles meurtrissent les hommes même une fois sous l’eau, laissant derrière elles de petites trainées de bulles.

Non vraiment, si Petit Jean n’avait pas paumé la MG 42 & les grenades en arrivant, c’était la même.

Soudain, sur la plage, parait un chevalier anglais qui s’avère être le seul de toute l’armée à avoir un heaume intégral. Halala, je me demande trop qui c’est. Tiens d’ailleurs, comme ses membres sont fins : évidemment, c’est Marianne ! Marianne qui donc, maîtrise l’arc, l’épée, le combat en armure de mailles et qui chevauche comme un homme. A noter qu’elle a une armure parfaitement à sa taille, : deux siècles avant Jeanne d’Arc, la voici venue bouter les français hors d’Angleterre. Elle est accompagnée de toute une troupe de cavaliers qui ne sont autres que les enfants de la forêt de Sherwood qui…

Heu, attendez, les enfants avaient tous des chevaux ? Ce truc pas bien utile dans les bois lorsque l’on est braconnier à part pour se faire repérer ? Et qui coûte moult argent ? Le genre qui aurait pu sauver douze fois Nottingham, ses habitants et les rendre riches ? Je… ho… non, je ne cherche plus, je suis fatigué. A ce moment du film, j’ai plutôt profité de la luminosité de la scène pour consulter ma montre.

"Ite ouase ze jour le plus long"

Bref, après les tirs d’archers, les soldats engagent le combat au corps à corps sur la plage, et tous les soldats français se font massacrer par Robin, Marianne, Petit Jean, frère Tuck…. attendez, Petit Jean n’était pas sur les falaises en train de tirer à l’arc il y a quinze secondes ? Lui aussi il se téléporte à volonté ? Et frère Tuck, il a une armure et il sait se battre ? Il a appris le maniement de l’épée à la paroisse entre deux Agnus Dei ?

Marianne commet tout de même une petite erreur : elle tente de se battre contre Godeffroy, mais celui-ci l’entraine se battre dans l’eau, et finit par l’y pousser : difficile de se redresser lorsque l’on est dans une armure de mailles immergée. C’est alors Robin qui vient l’affronter, mais là encore, il finit les fesses sur le fond sableux ; Godeffroy en profite donc pour essayer de s’enfuir à cheval. Mais c’est sans compter sur Robin qui, sortant en braillant des flots, dégaine son arc, et tue Godeffroy d’une seule flèche en pleine gorge tirée à 150 mètres depuis un arc venant de passer quelques longues secondes au fond de la Manche contre un type sur un canasson en plein galop. Quel homme.

Les français finissent donc par se rendre, et le navire de Philippe fait demi-tour vers son royaume. Le roi Jean, qui faisait n’importe quoi dans la bataille (il se battait contre ses propres troupes tellement il est fougueux, c’est trop rigolo, hihihi), constate alors que ses soldats acclament le nom de Longstride (comment connaissent ils ce nom sachant qu’il se fait passer pour de Loxley ?) et que l’armée ennemie arrête le combat. Demandant à qui se rendent les français (qu’est-ce que c’est que cette question stupide ?), on lui répond « A Longstride » (là encore, comment connaissent ils ce nom ?), ce qui rend le roi quelque peu jaloux. Oui car d’ailleurs, c’est connu, aucun français ne sait qu’il y a un roi en Angleterre, mais tous connaissent le nom de Robin Longstride le gueux et ne se rendent qu’à lui.

De retour à Londres, le roi Jean organise une grande réunion publique avec Booba en première partie, durant laquelle il doit signer la Magna Carta ; seulement, il explique que voilà, il tire son pouvoir de Dieu, et que donc, la Magna Carta, le peuple anglais peut l’utiliser pour nettoyer son fessier. C’est très intelligent Prince Jean : rappelle moi pourquoi tu avais promis de la signer ? Pour échapper à une guerre civ… ? Allez, c’est facile. Il en profite aussi pour déclarer le héros du peuple, Robin Longstride, comme hors-la-loi (tu la veux vraiment ta guerre civile mon garçon !) car s’étant fait passer pour le noble Robert Loxley et ayant participé à mettre en avant la Magna Carta devant limiter les pouvoirs royaux. On découvre donc à Notthigham le shérif (oui, on l’avait entraperçu, moustachu et lâche, mais enfin le voilà) en train de vouloir clouer l’acte signalant que Robin est recherché à un arbre, et c’est une flèche venue de nulle part qui vient clouer le papier au tronc. Annonce qui parle de Robin Longstride dit « Robin des Bois » (ou Robin Hood, Robin la Capuche en VO) ; quelqu’un peut il m’expliquer ce surnom, sachant que jusqu’ici, Robin n’a rien fait de plus ou de moins qu’autrui dans les bois ou avec une capuche ?

Le shérif, sorte de Jean-Paul Rouve médiéval

Du coup, Robin part vivre dans les bois (il doit se dire qu’il faut bien qu’il justifie ce surnom arbitraire) avec Marianne et les adolescents braconniers pauvres, et…

FIN

Je cherche encore le rapport entre le titre du film et ce que j’ai vu. Je vous préviens dès que j’aurai trouvé, mais ça risque de prendre un moment.

73 réponses à “Rabouin des Bois

  1. Du très bon, une fois encore ! La scène du débarquement, en particulier, avec ses français tout en armure dans les bateaux (un abordage est si vite arrivé), ses soldats anonymes tous casqués (comment diantre reconnaître les personnages avec un nom, sinon, en pleine bataille ?), sa marée montante…

    Les espions étaient très bien pourvus aussi, à cette époque : ils se trimballaient avec moult pigeons voyageurs, une loupe, une plume d’oie 0.1mm, et une lanterne (perso, écrire de nuit sur un parchemin 2x5cm, avec une plume, j’ai dû mal. Zavaient une sacrée formation à l’époque).

    Allez, « Prince of persia », mercredi, ou elle est trop facile ?

    • Nuance : ils ont des mots déjà préparés pour toutes les situations. Par exemple, si 250 français avaient débarqué au lieu de 200, il avait aussi son mot. Et si il avait eu affaire à 312 pamplemousses anthropophages, c’était aussi prévu, le papier était déjà prêt dans a poche de gauche.

    • En même temps quand tu débarques pour attaquer, oui t’as eu le bon sens d’enfiler ton armure…tu vas pas descendre et te mettre dans un coin de la plage en disant « oé deux secondes je m’habille les mecs ! »

      • Ben t’es déjà en armure dans ton bateau si tu t’attends à ce qu’on vienne te cueillir. Il me semblait que leur plan était de débarquer tranquillou, pendant que Jean s’écharpait avec ses barons, et personne pour les accueillir, à part leurs machiavéliques comparses. Parce que bon, la Manche à la rame et en armure, c’est aimer la difficulté. De toute façon, armure ou pas, ils se font trouer de la même manière avant, pendant, et après débarquement…

  2. Film mauvais dans les limites de la raison, mais long. Tous les gros gros clichés sont concentrés sur les dernières 45 minutes qu’on aurait joyeusement pu couper au montage. Vous consultiez votre montre, moi je commençais à repérer la sortie.

    Un peu déçu aussi de voir un remake de film de guerre américain avec les français dans les rôles des nazis, c’est un détournement de l’histoire pas très flatteur tout de même.

    Finalement je pense que je vais arêter de voir des films avant que vous ne les spoliez, au moins la souvenir de l’article me soutiendrait dans les plus longues minutes. Qui sait, peut-être même rirai-je devant les pires d’entre elles?

    Merci pour cet article en tout cas, une excellente lecture.

  3. Vous êtes sûrs que les scénaristes d’Hollywood avaient VRAIMENT mis fin à leur grève ????
    Personnellement, plus ça passe, plus je doute….
    Vous me direz, même avant, il n’y avait pas de grandes différences…

  4. En lisant votre article, je regrette un peu moins d’avoir dû voir ce film (qu’on ose encore me dire qu’avoir des amis est une bonne chose…), ce douloureux événement rendant votre critique plus savoureuse.

    J’en profite pour souligner deux-trois points qui rappelleront sans doute des souvenirs émus à ceux ayant vu le film et que vous n’avez pas évoqué.
    Tout d’abord, le fait, que bien qu’étant au pilori dans une position des plus inconfortable depuis plusieurs heures, aussitôt libérés, Robin et ses amis s’en vont joyeusement. Personnellement j’aurais d’abord passé plusieurs minutes à masser mes membres engourdis pour y rétablir le flux sanguin mais soit, n’est pas Russel Crowe ou Rouquemoute qui veut.
    Ensuite, le fait qu’un simple archer, vraisemblablement élevé dans la rue, sache attacher une armure, la porter et monter à cheval sans formation… Notre bon président devait avoir raison : on sous-estime beaucoup la part de l’inné.
    Et enfin arrive la scène finale que vous avez parfaitement décrite, en oubliant néanmoins un détail qui m’a affligé au plus haut point : la barque qui chavire sans raison à 20m du rivage alors qu’elle venait de traverser la Manche les doigts dans le nez. Ma théorie est que Merlin, dérangé lors de sa sieste brocéliandaise par une embuscade des anglais à la solde des français (à moins que ce ne fut un anglais à la tête de français, mes souvenirs sont vagues), bref Merlin a décidé de se venger lors du débarquement.

    • « j’aurais d’abord passé plusieurs minutes à masser mes membres engourdis pour y rétablir le flux sanguin  »

      Ça, c’est parce que vous êtes un gros dégoûtant.

    • « la barque qui chavire sans raison à 20m du rivage alors qu’elle venait de traverser la Manche les doigts dans le nez. »
      C’est pas une barque qui était attachée à un des navires et qui est utilisée uniquement pour débarquer ?
      Elle a rien traversé toute seule me semble.

  5. Et le moment où Robin porte Marianne dans ses bras, durant la bataille finale? Oui, celui-là même où on croit que tout est fini… ah mais non, on continue à s’écharper dans l’eau, mais dans un rayon de 15m autour s’il-vous-plaît, s’agirait que l’eau soit pas trop dégueu durant LA scène romantique.

    Et le roi Philippe qui attend docilement que les méchants soient tous massacrés avant d’ordonner le repli, plutôt que de constater que la stratégie de départ était trop moisie pour avoir quelque chance d’aboutir?

    @Filam: bien entendu, Prince of Persia.
    Ce ne peut être que délectable. Mercredi?

    • Oh, merci pour ces détails :-) Les souvenirs reviennent, et l’hilarité se fait sentir, même si dans la salle obscure c’était plutôt la consternation et l’ennui qui prévalaient…

      • N’est-ce pas?

        De fait, il faudrait penser à l’avenir à y aller tous ensemble, histoire de ne pas trop dépérir sur l’instant.

        Je ne mentionnerai sinon pas le vilain plan de la Manche-déchaînée-quand-arrivent-tous-les-bateaux-des-vils-Français-bouh, plan réalisé sur une flaque, où l’on voit, grâce à un subtil mouvement de caméra, que les deux soldats debout à l’arrière de chaque barge sont de la 2D. Mais vraiment, je ne le mentionnerai pas.
        Je ne voudrais pas être tenue responsable du coup de grâce.

  6. Argh ! Attendez ; il faut aussi me laisser un peu de temps pour vivre, travailler et égorger des chiots. Je suis comme tout le monde.

  7. Depuis votre blog, je ne vais plus voir les bouses au cinéma, je ne les télécharge plus non plus, vos résumés bien haineux me suffisent à me conforter dans ma pensée que bien des films sont pourris.
    Merci encore pour Robin.

  8. J’ai été un peu déçu que vous n’ayez point fait intervenir ce lâche de caporal Roudoudou, pour demander à Robin pourquoi il envoyait ses cavaliers sur la plage alors qu’ils pouvaient leur tirer dessus à l’arc comme des porcs depuis les falaises.
    Et pour les survivants, je sais pas si vous avez vu la largeur du chemin pour arriver en haut de la falaise, mais il y avait de quoi rejouer la bataille des Thermopyles.

    • Le caporal Roudoudou, aurait surtout dû dire « Roi Philippe, on a vu qu’on avait des arbalétriers dans nos bateaux ; pourquoi ne tire t-on pas sur ces andouilles de cavaliers depuis nos navires ? Ils seraient bien embêtés !« 

      • En tirant d’en haut d’un falaise ils pouvaient se mettre suffisamment loin du bord pour ne pas pouvoir être atteint par des flèches française (car tirer vers le sommet d’une falaise c’est plus dur que dans l’autre sens)

      • D’où le fait qu’envoyer leur cavalerie sur la plage leur faisait courir un risque pour rien, mais permettait une traditionnelle bataille finale.

  9. Merci pour ces articles au ton acerbe et frustré, ils sont vraiment agréables à lire, en plus de généralement souligner toutes les incohérences des navets d’actualité.

    Cependant pour ce film j’ai moins accroché à la critique, surtout parce qu’elle est bien trop empreinte de mauvaise foi (ou de mauvaise volonté, au choix). En effet la moitié des « incohérences » évoquées n’en sont pas si on réfléchit avec un peu plus de recul (ou si on n’omet pas la moitié des autres scènes du film). Dans l’ordre, brièvement :
    – Le jeune soldat ami de Robin les libère du pilori… parce qu’il est ami avec eux, et parce qu’il est convaincu par Robin de le faire dans la scène juste avant.
    – Robin arrive en Angleterre après Godefroy, parce qu’il a campé toute la nuit (scène du partage des gains, etc.) et que toutes les ellipses ne sont pas forcément explicites.
    – Comment les villageois reconnaissent Robert de Loxley alors que c’est Robin ? Eh bien, il doit porter les habits, le blason des Loxley, et la nouvelle de son retour a dû être suffisamment vite propagée… Après le fait que personne ne voit la différence avec Robert, eh bien, il est parti depuis plus de 10 ans, et les barons ne devaient pas spécialement être proches des villageois à l’époque.
    – Pourquoi les jeunes dans les bois ne vont pas s’attaquer aux réserves de l’Église ? Simplement parce que les taxes ne sont pas prélevées tous les jours (dans l’optique de s’attaquer au convoi), et que l’Église n’est pas forcément la porte à côté (et est probablement, elle, mieux gardée / plus difficile d’accès).
    – Les villageois ne reconnaissent pas les français : ben ils ne sont pas habillés en français… et ce sont des anglais qui parlent à leur arrivée dans chaque village. Et surtout après, dans la panique, on ne s’attache plus trop à ce genre de détail.
    – Jean, Robin et les barons se retrouvent à « Trouperdu », mais ce n’est pas une coïncidence, Jean et Robin ayant été chacun explicitement avertis dans le film du lieu de réunion des barons.
    – Les barons ne font pas signer la Magna Carta de suite, probablement parce que la Magna Carta n’en est pas du tout à la version finale qui sera proposée à la fin du film…
    – Pour les infos sur la tentative d’invasion française, ben avec la masse de prisonniers faite juste avant, ça n’a pas dû être trop difficile. Et rien n’interdit les anglais d’avoir aussi des espions dans les ports français (bon OK je n’ai jamais vu de pigeon traverser la manche).

    Par contre à partir de là, la scène de fin est effectivement d’un niveau assez ridicule… Et je me suis d’autant plus marré en lisant votre article !

    • Héhé, vous apprendrez rapidement que reprochez à un odieux connard sa mauvaise foi n’a pas de sens :-)
      D’ailleurs, la mauvaise foi fait aussi partie, en un certain sens, du plaisir de le lire je trouve.

      • Personnellement, j’ai tout de suite beaucoup plus de mal à sourire quand la critique n’est pas fondée. J’étais plié sur celle de Twilight par exemple… Ici beaucoup moins (certaines scènes sont quand même très bien assassinées :) ).

        En tout cas c’est toujours très bien écrit, le style est toujours prenant, et les références – quand il y en a – bien sympas. Bravo !

      • Oui mais Twilight, ils mettent quand même du très très gros niveau.

  10. hello, bravo pour ton blog

    je post pour la premiere fois et n’ayant pas encore vu le film, j’aimerais savoir

    « Robin et ses amis tuent les deux hommes qui poursuivaient le cheval et semblaient un brin menaçants. »

    Ca se passe vraiment comme ca? la couronne avec plein de joyaux est sur un pauvre cheval, et non dans un coffre? sur un atellage???
    Robin et ses potes tuent deux mecs qui poursuivent un canasson sans se demander si les deux poursuivant ne sont pas entrain de recuperer leur propre cheval pris de panique? si tel est le cas alors le robin de ce film est une sacrée caillera…

    • Il me semble que les deux poursuivants décident de s’en prendre à Robin de peur qu’il ne raconte partout qu’il a vu deux mecs poursuivre un canasson. Et la couronne était cachée dans un sac en tissu accroché à la selle du cheval.

      • Russel Crowe n’aime pas qu’on s’en prenne aux animaux.

        Surtout les blancs & purs chevaux.

  11. Serai-je méchant en disant que je trouve que ça devient un peu répétitif ?
    Les « scénario » entre guillemets se ressemblent tous, ce qui implique que vos commentaires commencent à se rapprocher, signalant les incohérence des méchants qui permettent aux gentils de gagner, qu’à un moment vous en avez assez et abandonnez la tentative de compréhension d’un morceau du film.

    Essayez de vous attacquez à un Hitchcok, De Funès, Audiard, plutôt qu’à un blockbuster récent, je pense que l’exploit sera bien plus impressionnant !

    Pour la bague de téléportration, bien trouvé, bravo!

    • J’ai bien l’idée en tête depuis fort longtemps, de nombreux lecteurs en ont fait la demande, mais je n’ai pas encore trouvé de film m’inspirant le visionnage et la critique.

      Par ailleurs, oui, mes commentaires se ressemblent, car un film moyen c’est :

      – Une licence
      – Un héros à la fois dur & tendre qui va rencontrer une fille qui lui plait bien mais qui est compliquée selon ses critères
      – Là, une prophétie/une grande mission/un grand ennemi lui pose problème
      – Il va donc vivre mille & une aventures durant lesquelles le méchant sera totalement inapte à l’arrêter alors qu’en y réfléchissant, c’était tout simple.
      – A un moment (de préférence vers la fin), il y a la grande bataille épique contre l’armée du méchant/l’arme secrète du méchant/ le méchant ou l’un après l’autre
      – Il finit par aller retrouver sa donzelle et lui faire des bisous
      – La fin implique une possibilité de suite

      Donc forcément, le même mec devant le même film a souvent tendance à en faire la même critique.

      La vie est dure !

  12. Si je puis me permettre : Vous oubliez également l’anachronisme temporel qui a ravi mes oreilles lors de la maaaagnifique scène de danse nocturne durant laquelle Robin drague Marianne au son de « Women of Ireland », chanson de 1969…

  13. Voilà un mois que j’ai découvert ce blog et c’est mon premier commentaire (à l’article de Robin des Bois, on ne peut pas tout prévoir).
    Comme toujours, tant d’habileté à souligner les bêtises qu’on préfère ne pas remarquer, ça m’épate.
    En tout cas, j’ai économisé quelques tickets de cinéma et je ne le regrette pas ! Merci pour ces quelques euros :p

  14. Bravo ! j’économise de l’argent (que je n’aurais de toutes façon pas dépensé pour voir cette série de merdes) et je rigole bien en vous lisant. Comme quoi Besson, Scott et autres losers du cinéma mondial auront quand même servi à quelque chose !!

  15. Y a un passage dans ce magnifique film que je ne comprends *vraiment* pas. Lors du massacre à Nottingham, vers la fin, y a un chauve qui tente de violer Marianne dans une grange. Le chauve en question se prend un violent coup de couteau dans la nuque, ce qui, généralement, a un impact assez négatif sur l’espérance de vie. Mon petit soucis est que le seul chauve du film, c’est le super méchant vachement pas cool, aka Godeffroy. Mais le même Godeffroy a l’air en plutôt bonne forme juste après (bon, sauf quand il se prend un ptit bout de bois dans la sus dite nuque, mais là c’est la fin, donc on n’a plus besoin de lui)

    Est ce que sa bague de téléportation servirait aussi de bague de dédoublement pour aller violer les donzelles sans risque ?

    Je suis un peu confus (oui, il y a « fus » dedans)

    • Rassurez-vous, Godeffroy ne s’est pas dédoublé, il s’est tout simplement contenter d’envoyer Maurice, son « mini-moi » local.

      Maurice qui est certes chauve, mais pas aussi glabre qu’un Godeffroy (il est barbu), ce qui indique bien qu’il n’est qu’un sbire du chauve originel.

      • Damned, j’avais loupé la barbiche ! Qui explique pourtant pourquoi Marianne blanche cuisse a refusé que le joyeux luron n’aille lui bizouter l’entre-jambe. Ca gratouille.

  16. Mort de rire à la lecture de ce résumé du film, et mille fois merci pour ça : quelle verve !

    Mais je n’ai pas été déçu d’avoir vu ce film : Robin est un mythe, Walt Disneyisé, Mel Brookisé, Shrekisé et même Kevin Costnerisé (là c’est carrément mmmmrrrfff). N’oublions pas : Alexandre Dumaïsé aussi. Je n’attendais pas une seconde du réalisme, ni dans les reconstitutions, ni dans le scénario, sinon, ce ne serait plus Robin.

    Ridley lui a ôté le collant moulant (gasp !) et en profite pour remettre une couche anti-croisades : la claque qu’il se prend le roi Richard « Coeur de Lion » et ses massacres que l’histoire nous a tus (l’épisode de Acre est vrai, lui).

    J’ai même eu l’impression pendant tout le film qu’il n’avait été réalisé que pour son début, après… et bien c’est un « prequel » honnête, que j’aurais préféré avec un Robin plus jeune (et en collant moulant, tout de même !).

    Les vieux cons comme nous doivent se contenter de Watchmen (« on est pas dans un film, avec le méchant qui meurt à la fin ») ou Kickass (« parce que vous croyez que je vais survivre parce que je vous parle, là, en ce moment ? »), pour avoir l’impression de ne pas revoir éternellement le même film avec le même scénario et les mêmes ingrédients, mais les jeunes ne doivent pas se contenter de ciné-club pour avoir droit aussi à ces histoires invraisemblables.

    Sinon il y a encore un cinéma avec des pépites qui se tourne en ce moment… sans ingrédients et sans happy end…euh, c’est quoi le dernier truc super que j’ai vu ?

      • Confrontons nos points de vue alors ! Je trouve que pour une fois c’est un film qui fait dans l’original (peut-être trop là est le pb, on finit par perdre ses repère) on ne peut pas vraiment affirmer que les personnages soient charismatiques, plutôt atypiques je dirai, ce que je trouve pour une fois agréable, il n’y a pas d’étiquette sur les personnages dès l’entrée du film

      • Déjà, dire qu’une adaptation donne dans l’originalité, c’est un petit peu ridicule.

        Ensuite, le film est visuellement moche, et mal foutu.
        La musique est horripilante, mal choisie, et mal fichue.
        Passons au jeu d’acteur. C’est bien simple, la femme qui joue le spectre soyeux n’en a pas. Elle montre à peu près autant d’émotions qu’un bout de bois. Le hibou est inexistant à l’écran, ce qui le rend profondément chiant. Il passe d’une personnalité de péquenaud à une absence totale de personnalité. Rorschach seul semble épargné par la nullité ambiante.

        Le scénario quant à lui n’est jamais qu’un condensé de la BD originale, avec à peu près tout les bons éléments extirpé pour ne garder que les trucs ridicules (les oreilles de Moloch), révélant tout les défauts de cette dernière, et en rajoutant une dizaine d’autres.

        Et puis y a Ozymandias, qui n’a pas plus que les autres le droit à un personnage.

        Typhon

      • Typhon je vous propose de créer un site parallèle à Odieux, l’élève tend à dépasser le maître (mais avec plus de méchanceté et moins de légèreté ^^) , j’avoue que Rorschach relève (ou sauve de l’abîme selon votre point de vue) le film. Celà étant… j’ai qd même bien aimé ce film, merde (oui vous m’avez coupé l’inspiration sous les pieds)

      • Figurez vous que je ne vous ai pas attendu, puisque j’ai créé mon blog un an avant que celui de l’Odieux Connard n’existe, et si je suis « l’élève » d’un « maître », le maître, ça serait plutôt Asp Explorer, soit dit sans offenser notre hôte, dont j’adore lire la prose.

        Typhon

      • Watchmen est très bon film de super-héros quand on songe à la pléthore de véritables bouses inspirées de comics.

        On a rarement vu un film de super-héros aussi gore, cynique, noir, complexe, politique, où le méchant « gagne » à la fin. Et Rorschach est vraiment succulent !

        Mais Kickass est un cran au-dessus car il ajoute une dimension satirique et une dérision proprement hilarante.

      • Cher Typhon.
        Personnellement, je trouve que Watchmen est un très bon film. Le jeu d’acteur ou la qualité de l’image ne m’ont pas vraiment dérangés. Mais je trouve insupportable qu’on critique la musique, et notamment son caractère mal fichu. Entre Hendrix, Simon & Garfunkel et Leonard Cohen, la musique donne vraiment une toute autre dimension à ce film. Pourriez vous expliquer pourquoi vous pensez cela ?

  17. Une critique qui me conforte dans ma résolution de ne PAS aller voir ce film. Déjà que la vision de Gladiator m’avait donné des envies de meurtres… Surtout que, juste avant, j’avais lu une interview du réalisateur dans laquelle le bonhomme prétendait faire de ce film (Gladiator, si vous suivez) un renouveau du peplum, « mais plus réaliste » que les films des années 1970. Donc un empereur qui descend combattre un gladiateur dans une arène. Hum.

    Sinon, une question : j’ai cru comprendre que Philippe de France (il était déjà à l’époque surnommé Philippe-Auguste, puisqu’il avait reconquit le Hainaut) ne participe pas aux combats avec ses hommes. Bon, évidemment, historiquement, ça se tient, vu qu’il n’y était pas, mais j’ai cru comprendre qu’il était présent à la bataille finale, dans le film. Sachant qu’il se trainait une réputation de combattant émérite (et de sombre brute) et qu’il se trainait continuellement une série de blessures et cicatrices digne du monstre de Frankenstein (plus une calvitie et un œil perdu), je pense que ce soudard (et stratège de première) devait en général attaquer en première ligne, et plutôt deux fois qu’une. Surtout qu’un de ses descendants, Jean II, était considéré comme « bien brave » mais ne faisant que rarement preuve de bravoure (sauf lors de sa dernière bataille, où il fut capturé), sachant que le bonhomme sortait à moitié mort de ses affrontements. Mais il est vrai que Jean II fut le premier roi de France à charger en deuxième ligne de cavalerie, et non en première (Philippe-Auguste était, semble-t-il, adepte du combat à pied, avec hache et/ou épée).

    • Attention cependant : l’empereur Commode descendait effectivement dans l’arène combattre des gladiateurs (il était un peu fougueux), mais jamais il ne fut tué par Russel Crowe. Du moins, personne n’a su que c’était lui.

      Quant à Philippe-Auguste, dans le film, il se contente de rester dans son bateau à faire « houlala, mon débarquement rate, retraite ! »

    • Euh, « bien brave », c’est comme dire qu’il est « gentil »… Et puis Jean II n’est pas un descendant si proche de Philippe Auguste (à ne pas confondre avec Philippe le Bel, grand-oncle de Jean, ce Philippe qui vécut 1 siècle après l’Auguste…)

      Et si on veut rester dans la réalité historique, Louis, fils de l’Auguste, mena l’expédition française (accompagné de rebelles anglais en nombres, et soutenu sur place) en Angleterre afin de conquérir pour son compte la couronne (mais évidemment sur les bons conseils de son père…). Il parvint à gagner Londres, s’y installa, jusqu’à la mort de Jean sans Terre… Les barons, apeurés par la voracité française, firent couronner en toute hâte Henri III, fils de Jean, afin de couper court aux ambitions de Louis.

  18. Histoire de corriger certains éléments que j’ai pu voir dans l’article, les commentaires ou les avis de allociné (la référence par excellence) :

    – si les méchants Français ne sont pas repérés par les gentils Anglais accablés par les taxes, c’est parce que sous l’Empire Plantâgenet, depuis le mariage avec Aliénor d’Aquitaine (la vieille mère de Jean Sans Terre), une bonne partie du territoire atlantique français est sous domination anglaises… donc des « Français » sont « Anglais »

    – si Jean Sans Terre nique les barons à propos de la magna carta, c’est parce que c’était un gros con : il a fait alliance avec les barons pour virer Philippe Auguste de ses terres, pas pour éviter la guerre civile

    – les idées révolutionnaires du père de robin ne sont pas du tout révolutionnaire, c’est le principe de la vassalité qui fonde la société médiévale depuis des siècles : je te prête hommage tu es mon roi je t’aiderai, mais en échange tu me files des terres. Chacun y gagne.

    – si pendant la bataille finale les Anglais ne se sont pas contentés de tirer des flèches depuis la falaise (le long bow a d’ailleurs une très longue portée), c’est parce que la tradition chevaleresque qu’incarne Guillaume le Maréchal (William Marshall dans le film, le « 1er ministre) veut qu’on boute les Français en les chargeant.

    J’oublie volontiers d’autres trucs pour faire court.

  19. La scène finale est en effet d’un ridicule achevé,sans compter l’arrivée des gamins (dont l’un fait un carnage de chevaliers avec deux pèle-patates, il a dû prendre des leçons avec lady Marianne) j’avais été choqué par les péniches de débarquement (en plus vu comme elles sont hydrodynamiques les soldats en armure ont du bien suer a traverser la manche avec, ce qui explique que, éreintés, ils fassent verser leur embarcation a 50m du rivage) mais le summum reste le combat entre godefroy et l’héroïne, où robin préfère prendre le temps de tuer le méchant fuyard , soit une minute trente pour l’intensité dramatique, pendant que sa dulcinée se noie, entrainée au fond de l’eau par son armure. Notons aussi que toute l’armée est au courant de l’identité de la lady, puisque personne n’est choqué de voir robin porter un chevalier dans ses bras et l’embrasser a pleine bouche, ils étaient déjà vraiment tolérants envers les homosexuels au 12eme siècle.

    En plus, sire Walter a beaucoup de chance, il ne doit pas souffrir d’Alzheimer pour réussir à reconnaitre le héros, qu’il a aperçu du coin de l’œil au milieu d’une foule,quand robin avait six ans.

  20. Deux choses :
    – la première : bonneteau, et non boneto.
    – la deuxième : il ne me semble pas avoir vu une fois un film qui a eu vos louanges. N’allez-vous donc voir que des films de merdes, ou bien vous ne dites rien sur les autres ? Quand vous savez que le film ne sera pas bien parce que méchants contre gentils et tout le tralala, pourquoi allez-vous quand même voir le film ? Allez-vous aller voir la suite de Twilight ? Si oui, pourquoi ? Un film de ce type, c’est évident qu’il y aura des astuces pour que les gentils gagnent à la fin, alors pourquoi venir au cinéma juste pour le souligner ? J’avoue que la démarche me surprend.

    Oui, ça ne fait que deux choses, na. Mais j’en rajouterai une.

    Quand j’ai commencé à venir, je trouvais les critiques sympathiques. On sentait l’effort de tout voir, de bien analyser, de tout retranscrire, le tout avec humour et malice, ce qui rendait la critique fort plaisante à lire. Je me rends par contre, avec le temps, que comme l’a souligné une autre personne avant moi, vos critiques sont effectivement toujours la même chose. L’inconvénient est que ce sentiment affaiblit les critiques. C’est un peu le phénomène de l’enfant qui criait au loup. Au début, on vient voir, on protége, à la fin, on se lasse, et l’enfant voit le loup. Ici, c’est pareil. Au début, on vient lire, on se base sur la critique. Mais à force de n’avoir que des critiques négatives, on ne peut plus considérer ce type comme fiable, et cela est, pour ma part, bien dommage.

    Je continuerais à venir, et à lire, parce que malgré tout, l’humour me plait bien ici. Mais bon …

    • Je vais corriger bonneteau, en effet. Merci.

      Sur les critiques cinéma, vous soulignez des points intéressants :

      – L’impression est aussi liée à un phénomène simple : ici, nenni de critiques équilibrées, de bon et de mauvais… au titre du blog et de la catégorie, tout est dit : je décide de spoiler un film pour montrer à quel point il est caricatural et niais. Et comme les films utilisent souvent les mêmes ficelles par paresse, je me sens obligé de souligner à chaque fois.

      – Des critiques variées, avec du bon comme du mauvais, j’en ferais avec plaisir, mais ailleurs ; autant que je respecte ma ligne éditoriale ! Vous noterez d’ailleurs que je ne m’arrête toujours qu’à l’histoire ; dans une vraie critique, je disserterais sur le jeu des acteurs, les costumes, les effets spéciaux, la mise en scène… mais pas ici !

      Cependant, si vraiment vous êtes curieux de connaître mes avis objectifs sur tel ou tel film, il y a tout à fait possibilité de me le demander (mais plutôt par mail, sinon le système de commentaires devient vite bordélique et ça augure des débats sans fonds s’éloignant de l’article de base).

      J’espère vous avoir répondu !

  21. Je crois avoir une solution bien natuelle, pour le retour expresse de Godefroy depuis brocéliande jusqu’à London.

    En effet, une utilisation judicieuse des réseaux ferrés permet de se rendre rapidement de Brocéliande à Paris, en prenant le TGV puis, moyennant quelques stations de métro de rejoindre la gare du nord depuis Montparnasse et de choper le Shuttle.

    Ainsi, si Robin s’est contenté de chevaucher comme un con pour attrapper un ferry de bois, il me parait évident que Godefroy lui aura facilement grillé la politesse.

    Inutile donc d’en venir à des fantaisies telles que des « cabines de téléportation » ah ah ah, vous n’hésitez pas devant les interprétations les plus farfelues monsieur.

    Ravi d’avoir pu vous aider.

  22. dans ce film, ils ont aussi réussi à réunir 3 siècles d’armement éparses en un seul…on n’est pas à un anachronisme près.

    Par contre, le gamin qui vient délivrer Robin du pilori, il me semble que dans la scène de bataille d’avant, Robin le sauve parce que ce gougnafé s’est pris la jambe dans la herse (lorsqu’il est allé placer le liquide inflammable…les archers sont quand mêmes sympa d’avoir attendu que Robin aille sauver un des leurs et d’avoir supporté toutes ces flèches pendant tout ce temps)donc, il lui rend la pareil.

    Quant à Robin Hood, c’est l’équivalent de John Doe pour les voleurs…à part que c’était pas des morts ou des morts-vivants.

    • Mais ? Attendez ? N’avais-je pas mis un panonceau « interdit aux historiens » sur la porte de ce blog ?

      Il a dû tomber.

      Merci de ces précisions ; et effectivement, la scène du sauvetage sous les flèches ennemies est splendide.

      • Quelques corrections s’imposent ; tout d’abord, petiote : « Gougnafier » et « rendre la pareille »
        Mais, cher Mr Connard, Petiote a raison, et je vous prie instamment de bien vouloir corriger : « Russel Crowe, l’acteur qui s’occupe de tous les films d’époqueS », parce que, oui, un film d’époque, comme son nom l’indique est supposé se situer dans UNE époque précise, contrairement aux films d’époqueS (bien plus répandus de nos jours), où l’anachronisme est plus que toléré (il semble même parfois de rigueur à certains réalisateurs)…

  23. Décidément je ne me lasse pas de lire les spoilers des films ici. Et c’est encore plus drôle lorsqu’on les a déjà vu, agréable aussi de voir que se faire conspuer par ses amis est désuet si l’on est pas le seul à se rendre compte des différentes incohérences.

    Je viens de voir un film où il y a matière à pondre un pavé: « Infectés »; je le conseille car je serais curieuse de lire la critique d’un monsieur connard.

    Au plaisir!

  24. Mes très sincères salutations, cher odieux connard, mes hommages aux odieuses connasses, je viens ici entre deux révisions, et je serai donc bref. Tout d’abord, je vous suis connu, mais vous ne me reconnaîtrez sûrement pas, bien que je ne puisse prétendre pouvoir en être sûr, ou non plus avoir l’outrecuidance de m’imaginer voir le futur et l’esgourdir, et me servir de cette capacité pour prendre les mesures nécessaires pour cacher mon identité; oui je suis à l’odieux fumiste, ce qu’est un Jérome Kerviel à la société générale, mais en plus doué, je suis un pompeux fumiste, et en plus je m’enfuirai à la fin de mon commentaire, tel un Tony Musulin, mais encore une fois en plus doué, je ne laisse pas une miette de mon butin derrière-moi, mais je disgresse.
    Je disais donc des âneries, comme souvent, mais le but de mon propos est de souligner une erreur remarquablement époustouflante, que cependant personne jusqu’ici n’a daigné mettre sous les feux des projecteurs, le pauvre Columbo serait déçu de voir que vous n’êtes pas très attentifs durant le visionnage de tous ces films hilarants au possible le plus souvent, avec un peu de recul, ou plus rarement mais encore plus navrant, avec énormément de recul, et cela vaut pour les séries, n’en déplaise à Nestor Burma, qui peut aller se cacher dans une petite maison au fin fond de la prairie, succombant à tant d’absurdités.
    Mais je digresse à nouveau, revenons aux moutons de Robin des Bois. Je subodore que vous avez tous remarqué ce dont je vais parler, mais que vous n’avez pas daigné relever cette monumentale erreur, mais j’extrapole. En effet, il est un passage dans ce film, ou l’affreux malfrat Godeffroy, qui n’utilise pas alors sa bague de téléportation, décide d’envahir avec deux cents clampins, l’Angleterre, au nom du roi d’Angleterre, ce qui est aussi absurde que de se défendre avec son épluche patates quand on est aveugle et incontinent, en faisant face à un Lee Harvey Oswald en puissance. Revoilà à nouveau une belle disgression, au détail près qu’elle est absolument inutile, coupons court à cela. Je disais, ou écrivais plutôt, que tel un preux chevalier, sur son fier destrier, faisant pâlir d’effroi tout autre palefroi; d’où le futur cheval blanc d’Henri 4, il avait vu une représentation de Godeffroi monté; et avec un subordonné lui aussi cavalier, à deux chevaux, et donc à deux fois 4 pattes, ils abattent la porte du village, en un unique et seul coup, alors que cinquante personnes n’arrivaient pas à la faire choir, ni même à l’ébranler, et alors également qu’elle est soutenue par moult villageois. Dans quel univers cela est-il possible? Telle est ma question, tel fus mon propos, et je m’en retourne à mes révisions, j’ai laissé mon double surveiller votre article, j’y espère trouver votre réponse un jour, ou peut-être un autre jour.

    • Que de digressions, en effet.

      Déjà, deux chevaux contre une porte, cela ne fait que 4 pattes pour enfoncer la porte, puisqu’ils n’y mettent pas les 4 fers chacun (à moins de voler, de sauter, ou d’avoir un cheval-ninja).

      Cependant, la chose est en effet incohérente, on peut donc légitimement qu’outre disposer d’un anneau de téléportation, Godeffroy est également capable de faire vermoudre une porte d’un seul regard.

      C’est une sorte de Majax médiéval.

      • Certes, mais permettez-moi de préciser, que les chevaux ont bel et bien besoin de leurs points d’appuis en théorie, donc toutes leurs pattes leur sont utiles, et en plus, après la bague de téléportation, et le pouvoir d’ébranleur des portes; qui rendrait jaloux Poséidon, qui ne sait faire trembler que la terre; avoir des chevaux ninjas ne me paraît pas impossible à ce cher Godeffroy, qui à mon avis, à serti sa bague lâchement et dans le plus grand secret, d’un certain cailloux qui rendit fameux Nicolas Flamel, ce qui expliquerait tous ses pouvoirs, y compris la maîtrise des animaux ninjas.

  25. Excellent ! On peut aussi noter que même lors du véritable D-day les barges n’ont pas traversé directement la Manche mais elles étaient transportées dans des bateaux bien plus gros et lâchées en mer avant d’arriver sur les plages. Il est donc remarquable que les français aient non seulement inventé les barges de débarquement mais qu’en plus elles étaient plus performantes que celles des yankee quelques 700 ans plus tard !
    Alors par contre je ne sais pas ce qu’à Ridley Scott contre la France mais dans la bataille finale il n’y a pas un seul anglais qui meurt de la main d’un français, on est même pas capable de tuer UN soldat anglais, le qui parvient à en tuer c’est l’anglais traître…

  26. Cher Odieux Connard, ayant découvert votre blog il y a peu, je me suis lancé dans la formidable aventure de la lecture rétrospective de vos anciens posts, et j’ai jusqu’ici beaucoup apprécié les spoilers. Mais là, je dois vous contredire : si on excepte la lamentable dernière partie avec son discours grandiloquent et anachronique sur la « liberté » (passage obligé dans un film américain moderne) et ce grotesque remake du débarquement de Normandie façon « il faut sauver le soldat Ryan » à la sauce médiévale, ce Robin des bois est un bon film. Comme madmox l’a relevé, la plupart ds incohérences n’en sont pas, et il m’a été agréable de voir pour une fois un portrait réaliste du roi Richard Cœur de Lion,
    J’ajoute, car j’adore étaler ma science comme un gros con prétentiard, qu’il est normal que les villageois ne s’offusquent pas de voir des soldats français les dépouiller au nom du roi d’Angleterre : le « roi d’Angleterre » Richard cœur de lion a passé moins de 6 mois dans sa vie en Angleterre, n’en a jamais parlé la langue, était le fils d’une française, se présentait lui même avant tout comme duc d’Aquitaine, où il a vécu toute sa vie, et a combattu en Palestine aux côtés des Français. D’ailleurs ses barons eux même étaient eux aussi d’origine française et parlaient mieux français qu’anglais (encore aujourd’hui, nombre de nobles anglais de vieille souche ont leurs devises écrites en vieux français). Il est donc normal que ses troufions leveurs de taxes soient français. La vraie incohérence de ce film, c’est que le roi d’Angleterre y parle anglais.

  27. Vraiment, pour un odieux connard, c’est un odieux connard indulgent.

    Ce film est une vomissure américaine digne de la potence et de la roue. Je n’ai jamais vu une telle sodomie de l’histoire médiévale (faisons un film d’action du XXIème avec des arquebuses et des boucliers, on arriverait loin du compte).
    Les personnages sont plats, les mômes de la forêt qui ont eu le même costumier que celui des Ewook de StarWars ne sont justifiés que pour faire pleurer la ménagère, et l’intrigue … mais l’intrigue …

    Aucune, et je dis bien aucune, (peut être au niveau des noms, je crois …) seconde de ce film n’a présenté un intérêt historique sérieux. Apologètes de la daimokraty, de la lhybeurtez, des fleurs et des oursons, message impérialiste idéalisant les grands barons démocrates et le méchant roi persécuteur (en l’occurrence les enfants, qu’est ce qu’il faut retenir, les vainqueurs font l’histoire, et kikilagagné l’histoire d’angleterre ? Les marchands, et les marchands n’aiment pas le roi parce que ce gars à une conception de capitalisme social entraînant des mesures de taxations impropre au régime libéral atlantiste. …) L’équipement, je le redis, mes yeux sont sortis de leurs orbites, sont partis boire un verre et ont chopé la cataracte dans la seconde, l’équipement a été laissé à l’historien section playmobil, les gonzesses tirent à l’arc, les moines se battent et abusent du peuple, tous les clichés, poussés à l’extrême, de l’ancien régime, font de ce film une pornographie démocratique puante qui donne envie de brûler sa carte d’électeur, et d’organiser un combat au poignard en guise d’élection (divine pour le coup).

    Monsieur vous êtes un odieux connard, la demie mesure fait partie des qualités de ce genre d’individu !

  28. perso ce qui m’a bien fait marrer dans ce film c’est une petite phrase du générique expliquant que le film avait fait plein d’efforts pour réduire son empreinte carbone … outre le fait de surfer honteusement sur la vague (pourrie) de l’écologisme, dire ça dans un film où on brûle quand même un paquet de trucs (à part malheureusement le type qui se dit scénariste) c’est tout de même un joli foutage de gueule

  29. Ce que je trouve surtout amusant, c’est que l’on montre les Français si méchants d’attaquer l’Angleterre, alors qu’il y a deux minutes, au début du film, Richard faisait la même chose en France, et était vu comme un gentil… dommage que le parti pris soit si fort…

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