Flyboys, fly high

On a beaucoup parlé cinéma en ces lieux ces derniers temps. Mais on a parlé de films récents, et plus ou moins connus (si, même GI Joe). Mais vraiment, je m’en voudrais de ne pas vous parler d’un film culte à mes yeux :

Flyboys

Comment vous parler de Flyboys ? Chef d’oeuvre ? Pilier du 7e Art ? Orgasme cinématographique ?

Ha, je ne sais comment le formuler. Le mieux, c’est peut-être de vous le raconter. Gare aux spoilers, donc !

Flyboys, c’est « tiré de faits historiques« , attention, ça rigole pas. En effet, durant la première guerre mondiale, avant l’entrée en guerre des Etats-Unis, une escadrille de volontaires américains avait été formée pour botter le cul de tout ce qui portait casque à pointe : l’escadrille Lafayette, portant uniforme français. Le film propose donc de suivre le destin de ces jeunes pilotes américains lors de l’année 1917, alors que nos amis teutons folâtrent gaiement dans les cieux du pays du bon pain. Pour des informations plus techniques, sachez que le film date de 2006, doit être vu en VO pour savourer les figurants supposément français, et dure 135 minutes, soit 135 de trop.

La Mafia de Québec est connue pour offrir ce DVD à ses futures victimes
Si on vous offre ce DVD, c’est que l’on vous hait

Bref, tout commence aux Etats-Unis d’Amérique, un pays merveilleux en ce début de XXe siècle, quand Blaine Rawlings, sympathique héros à mèches blondes (un classique à l’époque) vit le drame de sa vie. Oui, lui, le gentil garçon, le bon ami, le facétieux cow-boy voit de vilains banquiers venir lui saisir son ranch. Ha, les canailles, venir ainsi dépouiller un vrai héros des vraies valeurs de la vraie vie, c’est vraiment immonde. Du coup, notre bon héros se dit que merde, qu’est-ce qu’il va bien pouvoir faire pour s’occuper ? De la crapette ? Du squash ? Tiens, et s’il partait pour l’Europe, histoire de devenir pilote de chasse ? Allez, hop, vendu, en avant Guingamp. Et évidemment, si notre bon Blaine s’embarque pour la France, c’est flanqué de toute une horde d’aventuriers qui, comme lui, ont une fâcheuse envie de devenir pilote de chasse : le fils de bonne famille qui tente de redorer son blason auprès de son père, le bellâtre qui veut être un héros et embarque avec lui une photo de sa copine, le black qui veut être respecté parce que ça suffit de discriminer maintenant tas de racistes, et enfin un jeune tout niais et tout fragile qui devait vouloir aller à la Japan Expo mais s’est visiblement planté de RER.

A peine mettent-ils un pied en France qu’ils découvrent ce beau pays, couvert de figurants français. La VO est intéressante car on peut y découvrir tout ce que les Etats-Unis comptent justement de figurants parlant plus ou moins français ; du coup, on entend en bruit de fond du yaourt de Molière histoire de mettre dans l’ambiance. En tout cas, nos vaillants héros sont amenés au super camp de l’escadrille Lafayette où ils sont accueillis par Jean Reno et sa moustache d’époque.

C’est donc parti pour se poser de vraies questions sur la folle épopée qui attend nos vaillants héros :

  • Notre héros est beau, gentil, courageux, et va t-il réussir à briser sa solitude avec la petite française qu’il a croisé en arrivant ?
  • Le fils de bonne famille n’aime pas trop les noirs ; pourtant, vont-ils réussir à se comprendre et à trouver la voie de l’amitié ? Houlala, quel suspens, j’en suis fou.
  • Le bellâtre qui a une photo de bibiche dans son coucou arrivera t-il à surmonter sa peur de la guerre (car il a peur, oui) pour sauver ses amis au moment opportun ?
  • Le jeune gentil et niais qui aurait préféré acheter des DVDs de Naruto mais qui se retrouve là va t-il rester aussi gentil, niais et pourquoi pas vivant ?

Mais ne déflorons pas l’intrigue de suite. Découvrons plutôt les autres personnages qui sont déjà présents sur la base outre Jean Reno, comme par exemple Cassidy, le chef d’escadrille super mystérieux. Alors, quand je dis super mystérieux, c’est parce que le grand hobby de notre homme consiste à se cacher dans toute zone d’ombre affichée à l’écran et à en sortir à un moment choisi pour asséner une lapalissade du genre « La guerre, c’est moche » ou « Attendez d’être en l’air, blancs-becs« . Mais des fois, pas de bol, il n’y a pas de coins obscurs où se cacher pour faire ses effets de scène, flûte. Heureusement, Cassidy a appris à compenser en pratiquant quelques savants exercices comme lire un gros livre (« Patapon va aux putes ») ou jouer aux échecs tout seul (c’est plus facile) pour se donner un petit côté « baroudeur philosophe ».

Cependant, il est de bon conseil, le Cassidy quand même, parce que la guerre, il connait, il en a vu des zincs descendre en flammes, des amis mourir, et toutes sortes de choses. C’est pourquoi il décide de remettre à deux de nos héros (Blaine et le fils de bonne famille,) un revolver chacun. Il leur explique que si leur biplan se fait transformer en réplique d’un vol Rio-Paris, plutôt que de brûler dans leur engin, ils peuvent toujours se tirer une balle, ça les aidera. Les deux larrons disent merci à ce héros des airs pour son aide, et l’affaire est close. A noter que Cassidy n’arme que ces deux andouilles (qui ont remercié Cassidy alors que celui-ci aurait pu leur filer un parachute, disponible à l’époque et un poil plus intéressant), et pas le reste de l’escadrille, ce qui veut dire deux choses :

  • Soit Cassidy emmerde le reste de l’escadrille, ha mais
  • Soit le scénariste a prévu que seuls deux des héros se servent de leurs armes, donc pourquoi en filer aux autres ?

Je ne vous donne pas la réponse, je ne veux pas tuer le suspens insoutenable qui doit vous étreindre en cet endroit du récit. Toujours est-il que c’est parti pour l’entrainement de nos héros, puisque bon, ils n’avaient jamais foutu les pieds dans un avion avant. Et une fois cela fait, alors qu’ils sont prêt à aller bouter toute l’armée prussienne à eux seuls, on leur confie leur première mission : le bombardement d’un entrepôt.

Nos héros apprêtent leurs appareils, vérifient trois fois tous leurs instruments et s’envolent vers la gloire. L’observateur attentif notera par ailleurs que si nos champions ont pensé à tout, aucun d’entre eux ne décolle avec des bombes. Comme si ça servait à quelque chose lors d’une mission de bombardement.

Nonobstant ce détail sans intérêt, nous retrouvons nos fiers guerriers appréciant la douceur de la campagne française qui se dévoile en dessous d’eux, quand soudain, oui soudain, paf : des allemands, planqués entre deux terriers de lapins, décident de faire tirer leurs gros canons, ces farceurs. Nos beaux aviateurs sont tout déroutés par cette manifestation d’hostilité germanique et froncent les sourcils en tentant de ne pas se ramasser un obus perdu. Chose qu’ils réussissent avec brio, les tirs se calment mais…

Chez Midas, pour lachat dun biplan, la troisième aile est gratuite. Et on vous le peint en rouge pour un euro de plus

Blaine découvre avec surprise qu'il y a des promos sur la peinture rouge et les ailes chez Fokker

… ce n’est que pour mieux laisser place à toute une horde de vrombissants allemands volants. Par ailleurs, le réalisateur ayant probablement entendu parler une fois d’un certain Baron Rouge, il a été décidé que tous les avions du pays de la saucisse seraient d’énormes triplans rouge pétard. Le Haut Quartier Général allemand ayant probablement déclaré que les biplans, c’était vraiment un truc de tapettes, alors zou, tous au triplan, et en rouge tuning s’il-vous-plait. En tout cas, la bataille s’engage. Et on ne pige pas grand chose, car comme tous nos pilotes portent un gros casque et des lunettes d’aviateur, on ne les distingue pas toujours les uns des autres. Personnellement, j’ai eu l’impression que le même mec mourrait trois fois. Passons.

De manière générale, nos héros procèdent tous de la même manière : si jamais un germain leur tire dessus, ils se mettent à faire « Ho ! » la bouche en cœur avant de chercher d’où les tirs peuvent venir (tout en volant en ligne droite), ou le plus souvent, simplement fermer les yeux en priant très fort genre « Petit Jésus, vite ! » ; dès lors, on voit le pilote allemand derrière qui ajuste son tir (avec un sourire sadique, évidemment), et au dernier moment, le teuton en question est évidemment balayé par une rafale d’un pilote allié qui sauve ainsi son copain à la dernière seconde. Retenez bien ce principe, il servira de nombreuses fois tout au long du film.

Mais, il est grand temps de lancer l’intrigue, car oui, intrigue il y a. Au milieu des triplans rouges qui virevoltent, on aperçoit un gros triplan noir, celui du gros et méchant allemand (on l’appellera « Knut »). Knut est donc un gros farceur, un Keiser du Kalembour, comme on dit chez lui.

Or, la bataille tourne mal pour nos vaillants héros, dont la plupart des petits copains commencent à tomber. Parmi eux, le héros gentil, niais et vaguement paumé dont je parlais plus haut s’est pris toute une série de cacahuètes et a réussi à poser son appareil dans un champ un peu plus bas. Une fois au sol il s’est dit « Tiens, si je me mettais à découvert au milieu d’un champ et que je faisais coucou à mes copains qui sont encore en l’air en agitant très fort les bras ? » ; et ce qui fut dit fut fait. Seulement, c’est Knut qui le voit le premier et se dit « Ach, il y a une große andouille qui fait koukou plus bas ; ché fé aller lui mettre une ou deux kartouches chuste pour foir » (je vous l’ai dit, il aime la marrade le bougre) ; et Knut mitraille donc notre pauvre gentillet qui meurt. Pile au moment où Blaine, en pleine bataille, regardait dans la même direction. Il est donc un peu colère, notre cow-boy, et jure de lui coller une branlée au vil Knut le moment venu. Mais hélas, suite à un trop grand nombre de pertes, c’est toute l’escadrille Lafayette qui est rappelée à la maison, sans avoir pu atteindre son objectif (pour lequel ils avaient oublié les bombes, donc dans tous les cas c’eut été un échec).

Rentré à la base, et après moult discussions philosophiques sur « les cieux sont si beaux quand on nous tire pas dessus« , on apprend que l’avion de Knut s’appelle le « Faucon Noir » (le Kolibri Kouillu sonnait pourtant mieux). Et comme par hasard, Cassidy, le chef d’escadrille a lui un avion avec un aigle blanc dessus, sobrement baptisé l’« Aigle Blanc » (ha, trouvaille narrative !). Et lui aussi a juré d’abattre le « Faucon Noir » qui a massacré tous ses amis (oui, lui et pas un autre pilote : c’est à supposer que pendant que Knut tire sur tout ce qui vole, les autres allemands font un ballet aérien). De son côté, le bellâtre et la photo de sa copine ont eu si peur qu’ils ne veulent plus faire la guerre, ho non. Remontera t-il dans son avion ?

Halala. Quelle intrigue mes enfants, je me demande si Knut paiera un jour pour ses crimes.

Mais, malgré ce massacre, Blaine se dit que ça fait un petit moment qu’il n’est pas aller courir la gueuse. Il se dit donc qu’il devrait recontacter la petite française qu’il a croisé en arrivant sur la base au début du film. Mais comment ? Le destin (ou le scénariste) réunissant toujours les gens qui s’aiment (dans les mauvais films en tout cas), il met sur le chemin de Blaine tout un tas de personnages soit disant français parlant un anglais parfait (mais un français déjà beaucoup plus limité), et lui indiquent que Lucienne (puisque c’est son nom) n’habite pas bien loin. Blaine décide donc tout naturellement de prendre son avion pour aller la voir (c’est tout à fait logique).

Blaine explique à Lucienne comment il va passer dans ses six heures

Blaine explique à Lucienne comment il va passer dans ses six heures

Ca tombe bien, Lucienne a un champ bien plat juste à côté de sa maison parfait pour garer son biplan, ce qui est toujours pratique quand on a envie de coucher avec toute l’armée de l’air. Elle vit avec son neveu et sa nièce, car en effet, sa petite maison est jumelée avec une autre qui s’est visiblement prise un gros obus sur le coin de la gueule. C’était la maison de son frère et de sa femme, tués dans un bombardement d’artillerie allemand. L’observateur notera cette fois que vu le paysage parfait environnant, le bombardement a dû consister en un seul tir d’un unique obus, qui est tombé pile sur la maison du frangin. Plus efficace que Julien Courbet pour vos problèmes de voisinages : l’armée allemande.

Par ailleurs, le même tir n’a pas retiré une seule tuile du toît de Lucienne, en faisant un nid parfait pour se faire des bisous sans voisins gênants. De retour à la base, personne ne fait remarquer à Blaine qu’utiliser le matériel militaire pour aller conter fleurette, c’était pas terrible. Ha, l’amour.

Mais hélas, la guerre, elle, ne s’arrête pas et appelle nos pilotes pour de nouvelles batailles. Cette fois, nos bons héros se retrouvent à livrer combat au-dessus des tranchées des vulgaires piou-pious. C’est à ce moment précis que l’un des comparses du héros s’écrase dans le No Man’s Land, entre les tranchées des deux camps, au milieu des cratères, ruines et barbelés. Ni une ni deux, notre Blaine favori pose sa bécane au milieu de tout ça (non, les tranchées, cratères, ruines et barbelés ne gênent en rien son atterrissage ) et vole au secours de son ami qui se trouve bêtement prisonnier de son épave, puisque son bras est coincé sous une aile. Et là, attention :

Notre héros doit se débrouiller pour sortir son ami, dont la main est coincée entre un bout d’avion et de la terre fraichement retournée (puisque régulièrement bombardée), le tout au milieu des tirs. Il dispose, comme seul ustensile, d’une pelle, trouvée sur un soldat mort pas loin.

Crois-tu vraiment que Blaine va comprendre que tiens, en creusant 30s sous la main de son copain, il va pouvoir le dégager ? Évidemment que non, il choisit plutôt de s’en servir comme couteau et coupe la main du bonhomme. C’est plus spectaculaire. Plus con, aussi.

Blaine retourne à son avion qui n’a pas bougé (il avait mis l’antivol) et sur lequel personne ne tire, et décolle à fond les ballons (malgré le terrain accidenté une fois encore). Quel homme. Tu m’étonnes que Lucienne en soit folle.

Pendant qu’il s’occupait ainsi, à noter que le fils de bonne famille s’est retrouvé avec un avion allemand aux fesses à faire « Ho non, on me tire dessus, sauve moi petit Jésus ! » et a été sauvé in-extremis (original, donc) par le noir de la bande. Incroyable surprise, ils deviennent donc amis et surmontent leurs différences. On ne l’avait pas vu venir.

Dans cette scène, le pilote semble tourner au lieu de prier en volant en ligne droite. Probablement une erreur de script

Une scène incroyable : un pilote allié tourne au lieu de voler tout en droit en priant

Pourtant, de tristes évènements se déroulent au même moment. En effet, au sol, l’armée allemande a décidé d’avancer, et ce droit vers la maison de Lucienne (l’état major a dû décider que s’emparer du cul de Lulu briserait le moral ennemi) avec moult unités dont quelques chars (que les allemands n’avaient pas à l’époque, mais soit). Apprenant cela à son retour à la base, Blaine n’écoutant que son manque de filles courage s’en va retourne promptement à son appareil pour aller tirer de ce mauvais pas Lulu et ses neveux & nièces. Son biplan ne disposant cependant pas d’assez de place sur la banquette arrière, il lui faudra donc deux aller-retour pour mener à bien sa mission humanitaire.

C’est d’autant plus fort que dans le champ où monsieur a ses habitudes, les allemands ont eu l’idée géniale de placer une sentinelle (ils adorent placer un mec en rase-campagne, des fois qu’une taupe surgisse sur leurs arrières). Pourtant, à aucun moment, celle-ci n’entend ni ne voit un avion se poser devant elle en pétaradant. Il faut dire que par un incroyable timing, à chaque fois que l’avion passe, les copains de la sentinelle, occupés à piller la maison de Lucienne font du bruit (en pétant la vaisselle ou en faisant tomber une chaise), ce qui produit évidemment bien plus de son qu’un moteur d’avion, c’est bien logique. Notre sentinelle est donc bien feintée, car ses copains Fritz et Hans font plus de bruit à eux deux dans une maison de paysan qu’un avion de 1917. Dans leur Bavière natale, ils doivent être les cauchemars de leur voisinage.

De retour à la base, Jean Reno et sa moustache sont très désappointés, puisque bon, merde alors, Blaine a encore utilisé le matériel de la glorieuse armée française pour aller voir sa mie, et ça, Jean Reno et sa moustache ne peuvent le tolérer (alors que ça dure depuis un moment, quelle patience). Cependant, en voyant notre bon cow-boy revenir avec des enfants dans les bras, il décide que plutôt de le passer au peloton, il va le décorer. Le résultat sera le même après tout, puisque sa chemise sera trouée dans les deux cas. Bravo.

Lucienne, elle, a aussi eu le droit à un trou dans son chemisier, puisque lors du dernier redécollage, figurez-vous que la sentinelle allemande a repéré qu’elle avait un avion de chasse à 10 mètres d’elle en train de s’envoler. Elle a utilisé son fusil en conséquence et c’est bien évidemment Lucienne qui a pris. Elle est donc à l’infirmerie en attendant. Heureusement, Lucienne ayant probablement du sang de footballeur pour guérir aussi vite de ses blessures, en un coup d’éponge magique et de bombe froide, ainsi qu’après une nuit de sommeil, la revoilà pétant la forme. Même son médecin français semble surpris, c’est dire. D’ailleurs, je soupçonne l’acteur qui joue le médecin d’avoir fait le cours Florent, mais n’épiloguons pas puisque vous êtes fort impatient de connaître la suite, j’en suis certain.

Quelques jours plus tard, après avoir bien discuté avec ce vieux baroudeur de Cassidy (qui considère notre héros comme le fils qu’il n’a jamais eu, comme c’est original), Blaine apprend que l’escadrille doit partir pour une nouvelle mission : un zeppelin germain est en route pour aller larguer des kilos de choucroute sur Paris.  Nos vaillants guerriers s’envolent donc sur leurs monture pour aller empêcher cette oktoberfest sauvage de se dérouler. La bataille s’engage donc avec une horde de triplans rouges escortant l’appareil (avec profusion de tacatac – ho non, d’où viennent les tirs, vite, Jésus à mon aide – Ho, merci de m’avoir sauvé au dernier moment mon copain), quand soudain surgissent… Knut et son Faucon Noir ! Celui-ci attaque Cassidy et son Aigle Blanc, et là où les autres avions tombaient en 10 cartouches, il en faut à peu près 400 à 500 pour avoir raison de Cassidy. Mais plutôt que de mourir gentiment, notre bon vieux baroudeur (qui cherche désespérément un coin d’ombre pour disparaître comme il sait si bien le faire au sol) décide de crasher son appareil contre le zeppelin, ce qui fait crier et pleurer très fort tout le reste de l’escadrille. Devant cet échec, Knut et ses copains décident de rentrer à la maison ; s’ils se dépêchent, ils peuvent même arriver avant l’heure du goûter.

Pas de choucroute pour Paris ce soir !

Pas de choucroute pour Paris ce soir !

A noter qu’un de nos héros a trouvé la mort : le fils de bonne famille s’est, ô, surprise, retrouvé dans son avion en feu et a donc décidé d’utiliser la pétoire qu’on lui avait filé au début du film pour abréger ses souffrances (la guerre, c’est sale). Il respecte ainsi la vieille théorie scénaristique : « Si on te dit où qu’on te donne un truc, ça te servira à un moment ou à un autre du film« . Le lecteur attentif se dit alors « Mais alors, il reste un pistolet à Blaine ! Va t-il s’en servir ? » Patience, patience.

Rentrés à la base, nos héros se retrouvent au mess des officiers pour boire des pintes en pensant fort au vieux Cassidy avec les yeux mouillés. Ils philosophent encore un peu « La guerre, c’est vraiment moche » , « La paix, c’est vraiment cool » , « Moi après la guerre j’ouvrirai un bar » et autres tirades que personne ne pouvait prévoir depuis la première minute du film. En hommage à l’ancien chef d’escadrille (alors qu’on s’en fout un peu du fils de bonne famille, lui on l’a déjà oublié, il avait qu’à savoir jouer aux échecs tout seul pour se faire remarquer), l’avion de Blaine est redécoré en Aigle Blanc et il est promu patron de la troupe.

Dès lors, nouvelle et dernière mission : on propose à nos héros de retourner bombarder l’entrepôt qu’ils devaient raser au début du film. Pour s’assurer qu’ils n’oublient pas les bombes cette fois-ci, on leur propose de se contenter d’escorter des bombardiers. En tout cas, sur leur route, ils trouvent à nouveau une quantité improbable de triplans rouges, et une fois encore, il y a du sauvetage in-extremis alors qu’un pilote priait pour une intervention divine. D’ailleurs, alors que cela arrive à Blaine, il est sauvé par… notre bellâtre toujours équipé de la photo de sa copine ! Il s’est probablement dit que comme la fin du film approchait ce serait bien qu’il surmonte sa peur de la guerre pour se rendre utile. Ce qu’il fait donc ainsi.

Enfin, Knut surgit, Blaine l’engage, et hop, voilà le combat final Faucon Noir contre Aigle Blanc. Et le Faucon Noir a le dessus et applique donc sa technique préférée (qu’il a utilisé à moult reprises depuis le début du film) : il mitraille l’avion français, une fois que celui-ci est bien entamé (et se contente mystérieusement de voler en ligne droite), il vient voler à ses côtés, salue le pilote, retourne derrière lui et l’achève. Il tire incroyablement bien ce Knut pour réussir un coup pareil à chaque fois. Sauf que cette fois-ci, alors que Knut vient saluer notre Blaine qui est dans un sale état, ce dernier sort… son revolver ! Hé oui, objet donné, objet utilisé ! Il colle donc un gros pruneau dans l’aryen visage de Knut, et c’est ainsi que s’achève la carrière du Faucon Noir, jour de deuil pour tous les amateurs de kalembours.

D’ailleurs, maintenant que c’est fait, on aperçoit les bombardiers arriver à destination et bombarder l’entrepôt qui aura quand même résisté presque 130 minutes à nos héros. Ces derniers sont donc contents lorsqu’ils reviennent zouker à la base avec Jean Reno (mais pas sa moustache, elle n’est pas très branchée teuf, elle), Blaine se remet de ses blessures (éponge magique – bombe à froid) et tout notre petit monde finit par accomplir ses rêves après la guerre.

FIN.

Diantre ? Mais ? Rendez-moi 135 minutes de ma vie bande de voleurs !

32 réponses à “Flyboys, fly high

    • Je suis vraiment désolé de saccager ainsi de telles trouvailles narratives. Vraiment, je m’en veux. Je viendrai à la prochaine assemblée générale de l’association pour présenter mes excuses.

      Et aussi pour leur présenter un baril de ziklon B.

  1. Quel suspense, quelle narration ! J’en frissonne encore.
    Le point positif de ce type de flims, c’est qu’ils nous permettent d’avoir une critique sympa pour nous prévenir -nous autres intermoutonautes- de ne surtout pas le voir… ou alors avec suffisamment d’alcool dans le sang.

    Miam.

    /

    • Ca se regarde, mais alors au 30e degré. Il n’y a qu’à voir les références à d’autres films indiqués sur la jaquette pour comprendre le niveau.

  2. Je trouve que t’es dur, moi la mort du fils de Rockfeller m’a beaucoup touché.

    J’ai même fait un salut militaire devant ma télé. Après, j’ai convulsé trois heures, récité 45 mantras oubliés, et puis j’ai repris conscience.

  3. En tant que représentant de l’ADC (Association de Défense de la Choucroute), je suis indigné par la joie que vous semblez éprouver après la destruction du Zeplin, chargé de Choucroute!!!
    Vous êtes vraiment un odieux connard!!!

  4. C’est décidé, je ne vais plus au cinéma, j’attends le compte rendu peinard chez moi.
    Beaucoup d’appels aussi des membres de l’APDGNFM (l’Association des Producteurs et Diffuseurs de Gros Navet et Films de Merde) qui se plaignent que si on raconte la fin et les détails consternants, forcément, les gens vont plus venir, forcément. Et qu’il faut arrêter, sinon en représailles, ils installeront un cinéma de plein air sous vos fenêtres et ils organiseront des projections de films de Tarantino ou joués uniquement par des anciens élèves du cours Florent (il paraîtrait que ça existe, mais c’est peut-être du bluff).

    • Je pense que ça pourra être assimilé pour tapage nocturne. Et assigner Tarantino en justice pour tapage (ou était-ce tapinage), c’est toujours tentant.

      Merci à mon staff de standardistes.

  5. Bonjour,

    Je n’ai pas lu complètement votre article car j’ai bien compris que vous démontiez le film, chacun libre de ses impressions, pour ma part je m’interdit « d’intellectualiser » le cinéma car je trouve les cinéphiles chiants au possible qui ne loupent pas une occasion de cynisme, à tout vouloir savoir et connaitre et devenir des critiques « avisés » ils se privent eux même d’un plaisir simple qu’a le droit également de nous donner le cinéma.

    Pour ma part je garde ma candeur, naïveté diront certains mais la candeur n’est pas répréhensible et ne nous empêche pas non plus d’avoir l’esprit critique.

    Aussi j’ai pris beaucoup de plaisir grace à ce film qui a au moins le mérite de rendre hommage aux premiers volontaires américains de ce conflit, de plus même si c’est romancé ce film remplit parfaitement sa mission de spectacle avec de sublimes combats aériens très lisibles et j’insiste sur ce mot car dans les mélées aériennes filmées il est rare de reconnaitre qui est qui.
    C’est un très bon film tout aussi valable que des anciens impliquants les grandes stars du passés que l’on n’ose tout simplement pas critiquer car étant sacralisés mais il existe bel et bien des nanars dans lesquels des pointures comme John Wayne ou Gable ont joué.

    Désolé mais pour exemple les films primés à Cannes ont toujours été d’un ennui à crever pour moi y compris les Godard ou les Woodie Allen avec lequel ont se gargarise sous pretexte que celui-ci fait appelle à une psychologie fine, ce sont les faux savants qui le pensent car justement en la matière ce sont des béotiens, les mécanismes « psy » de Woodie Allen sont basiques de chez basique c’est un titulaire d’un DESS en psychologie qui vous le dit.

    Le cinéma qui me renvoi au quotidien comme le fait souvent le cinéma français m’emmerde au possible, c’est pas avec des scénars torturés pour arriver à rien que je vais me changer les idées.

    J’aime les films d’aventure comme ce FLYBOYS que les français ne sont plus capables de faire sans sombrer dans leurs clichés stéréotypés avec de mauvais acteurs (cf. remake des chevaliers du ciel).

    Flyboys est un roman avec un souffle épique, techniquement bien réalisé avec un vrai bon travail de reconstitution qu’il ne faut pas négliger, et pourquoi cracher sur la notion de réelle amitié,loyauté,courage et honneur qui avait au moins cours à cette époque surtout dans le domaine de l’aviation, ne pas le savoir c’est être ignorant car il ne faut pas oublier qu’à cette époque les gens croyaient à ces valeurs, aujourd’hui le cynisme est l’arme des pleutres à défaut de pouvoir assumer.

    Ne le prenez pas comme une attaque personnelle, ce n’est pas mon intention mais je voulais juste recadrer certaines visions « cinéphiliques » où il me semble que notre peuple repu par la paix et le confort perd ses vrais repaires.

    Ceci dit je constate que vous affichez les commentaires qui vous sont hostiles, vous assumez, en cela je vous complimente.

    Cordialement.

  6. Aha ! Premier commentaire sur ce blog qui me fait bien marrer depuis quelques jours pour un signaler détail que vous avez manquer cher odieux connard, « The Big Thing », qui n’est autre que le vieux lion de compagnie de Cassidy !! :D

    Tchuss !

  7. A noter que le passage avec le type qui, une fois son appareil endommagé à terre, reste à découvert et fait des signes est fort vraisemblable. En effet, pendant la guerre de 14-18, les aviateurs des deux camps avaient développé une curieuse éthique du combat, qui voulait notamment que les avions s’affrontent en duels, que les aviateurs dont les appareils étaient abattus attendent bien sagement l’issue des batailles aériennes pour se faire capturer ou bien se faire ramasser par leurs amis (selon les cas), que quelques jours après avoir vaincu un adversaire honorable et courageux, on fasse un tour sur le lieu de la bataille pour jeter une couronne de fleurs en son honneur, etc.
    Ce caractère étonnant du combat aérien pendant la Première Guerre Mondiale a réellement étonné les contemporains, et l’historiographie a retenu l’expression de « derniers chevaliers » pour parler des aviateurs du combat (les aviateurs, souvent aviatrices d’ailleurs, du renseignement étant par contre généralement méprisés).

  8. Quand j’ai appris que la pelle avait servi à découper plutôt que creuser (il y aurait d’ailleurs là un parallèle à tracer avec le sketch de Coluche « L’ancien combattant », je pense que vous saurez à quel passage je fais allusion), ma tête s’est mis à heurter violemment mon bureau…

  9. Cher Odieux, je suis tombé sur ce « merveilleux » film est passé hier sur NRJ12 et j’ai donc regardé la fin. Aussi je remarque que vous vous êtes trompé dans votre chronologie, le bellattre se tire une balle dans la tête lors de la dernière mission et vous n’avez pas mentionner le manchot qui pilote aussi bien que s’il avait deux mains. De plus avez vous remarquez à quelle vitesse les avions explosent quand ils prennent des ailes dans les ailes, alors que l’avion de Blaine est une vraie passoire à la fin et n’a toujours pas explosé!!

  10. Perso c’est bebopa lula qui m’a fait le plus rire, en deux ton article et en trois le film, moins drole qu’incontinance day (je l’ai mal ecrit?) mais quand meme bien poilant… Merci d’avoir prolongé le plaisir!

  11. Salut ta façon de raconter est excellente j’ai rigolé du début à la fin. Bien sur c’est un film à l’américaine inspirée de fait réel mais romanncé certe mais il me semble qu’une légère leçon d’histoire s’impose. Il y a effectivement le triplan du baron Von Richthofen (le baron rouge ) qui était de couleur rouge, seulement étant donné qu’il inspiré la crainte a toute la clique d’enface les allemand avait décidé de peindre leur triplan en rouge pour déstabiliser leur adversaire et concernant ceux qui critique de chasse elle ne sont pas si mal réalisé que sa car si vous regarder les ailes de la guerre les as de 14-18 vous verrez que les techniques sont similaires. Sur ceux je vous souhaite une bonne nuit car il est tard. PS vous pouvez regarder le film le Baron Rouge dans le même styl, j’attend vos critiques avec impatience et je me ferais un plaisir de les démonter aussi.

  12. Ah est désolé pour les fautes d’inattention que je viens de remarquer après coup pensez à bien vous relire c’est important

  13. Par contre, le coup de se coller une balle dans la tête quand l’avion descend en flammes, je crois que c’est réaliste car les parachutes n’étaient pas distribués ou au stade expérimental, ce qui se tient car l’armée française n’a reçu des casques qu’à la moitié de la guerre (l’état-major s’est rendu compte que les blessures à la tête diminuaient lors du port du-dit casque). Voilà, fin du cours d’histoire et bravo pour les articles.

  14. Cet humour n’a pas pris une ride !
    En même temps les films de guerre, ça vole souvent bien bas, avec des répliques qui n’auraient pas fait honte au Sergent « feuille de trèfle » Tayback.

  15. Excusez cette réactualisation d’article,mais vu que je suis un salaud,je me permet.
    Si parachute il existait durant la première guerre mondiale,il n’était pas distribués,les états majors pensant que ces petits troufions de soldats préféreraient sauver leur vie plutôt que leurs coûteuses machines (bandes de petits sacripants,va),ce qui provoqua,bizarrement,la mort de plusieurs milliers de pilotes de talents (oh ben mince alors!).
    De plus,si je suppute que vous soupçonniez un oubli de bombes,icelles étaient souvent à l’intérieur de l’avion,larguées à la main,et non en soute ou sous points d’emports sous ailes.
    Cordialement,cher Odieux.

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