L’IRE ENSEMBLE – MIDNIGHT SUN – ÉPISODE 8

Nous approchons enfin de la fin de cette oeuv… ouvr… bouse. Dont le précédent épisode se trouvait ici.

Afin de ne pas perdre notre lectorat, rappelons donc l’intrigue :

Edward et sa famille pas bien fine sont en pleine partie de base-ball dans les bois quand soudain, un trio de vampires en maraude approche. Qui sont-ils ? Que veulent-ils ? Comptent-ils demander s’ils ont cinq minutes pour parler de leur contrat d’électricité ?

Lisons, mes bons !


La fin est proche.

 

Et reprenons, lorsque le narrateur s’arrête sur l’un des membres du fameux trio :

Le mâle le plus petit et le plus laid prit d’abord la tête du cortège avant de se glisser derrière en une manœuvre bien rodée.

Notez qu’alors que le livre nous a expliqué que tous les vampires étaient beaux, bon, en fait, quand ils sont méchants, ils sont petits et laids. Personnellement, avec cette description, j’imagine une espèce de gros rongeur avec des vêtements qui se frontte les mains en faisant « Honhonhon, fifille ».

Ce qui est aussi la description d’un certain nombre de nos hommes politiques, mais là n’est pas le sujet.

Toujours est-il qu’Edward lisant les pensées de tout ce petit monde, voici qu’il perçoit celles des vampires qui viennent de débarquer.

A- t- elle un compagnon ? Hum… On dirait qu’ils sont tous en couple. Il nous balaya des yeux avant de revenir sur Rose.

Alors visiblement, la PREMIERE question que se posent les vampires dans ce monde, lorsqu’ils arrivent quelque part, et tombent par exemple sur tout un groupe d’inconnus, ce n’est pas « Sont-ils dangereux ? » ou « Tiens, qui sont-ils ? », non : c’est de savoir « Eeeh, ya des célibataires dans la salle ? »

Vivre la nuit, briller comme une boule à facettes sous la lumière, avoir une obsession pour savoir qui est chopable ou non : ces gens n’ont semble-t-il pas été mordus par Dracula, mais plutôt par le Macumba.

Il n’empêche, il y a danger pour le cucu ou le coucou de Bella, voire un savant mélange des deux, et Edward décide qu’il est temps de retourner en vitesse à la voiture pour ramener Bella chez elle.

Hélas, il semblerait que Jojo, le vampire petit et vilain de bien des manières, a décidé qu’il croquerait Bella. Car il est un peu con : alors qu’il a des millions de cibles potentielles à proximité, il a décidé de manger la SEULE humaine protégée par une tripotée de vampires. Il est donc petit, laid et complètement con : je ne retire pas ma comparaison première en début d’article.

Dans la voiture, Edward n’est pas content.

J’entendais vaguement ma propre voix feuler des obscénités incompréhensibles,

– Edward, tu es sûr que ça va ?

– Meugneugneu… puuuuute… salooooope…

– Edward, qu’est-ce que tu fais ?

– Je feule des obscénités incompréhensibles.

– Ben on les comprend bien, dis donc.

– Oh ? Passque pas moi. Ca veut dire quoi, « pute » ?

S’ensuit une explication durant laquelle Bella doit se retenir très fort pour ne pas impliquer les mamans. En effet nous sommes en 2025 : ton père aussi peut être une pute. C’est ça, le progrès.

Enfin : Edward explique à Bella qu’avec tout ça, elle ne va pas pouvoir rentrer chez elle, c’est trop dangereux.

Comment lui expliquer qu’elle n’avait plus de chez- elle, que le chasseur méprisable le lui avait dérobé ce soir, ainsi que tant d’autres choses ?

Alors que le type qui violait son intimité tous les soirs en restant discrètement dans sa chambre à la mater, lui ne dérangeait en rien, hein.

En tous les cas, Bella apprécie moyennement que son nouveau mec lui interdise de rentrer chez elle. Le frère d’Edward la choppe donc par ses petits bras pour la calmer parce que hé, ho, tu vas cesser de résister, sale femme !

Il emprisonna les poignets de Bella entre ses poings énormes.

— Non ! protesta- t- elle. Edward ! Tu n’as pas le droit de faire ça !

Que faisais- je, d’après elle ? Croyait- elle que j’avais le choix ? Sa rage et son désespoir m’empêchaient de me concentrer. J’avais l’impression que c’était moi le méchant, et non le dangereux traqueur.

— Si, Bella, et maintenant, tiens- toi tranquille, s’il te plaît

« Ferme ta gueule Bella steuplé. », lui glisse Edward en la maintenant de force dans la voiture avec l’aide de son frangin.

Aaaah… le romantisme !

Mais visiblement peu sensible au sujet, Bella insiste pour qu’on la laisse retourner chez son papounet.

— Non ! Tu dois me ramener. Charlie va appeler le FBI qui tombera sur le dos de ta famille ! Vous serez forcés de fuir, de vous cacher pour toujours !

C’était donc ça qui l’inquiétait ? J’imagine que je n’aurais pas dû m’étonner qu’elle craque devant la mauvaise menace.

— Calme- toi. Ce ne serait pas la première fois.

J’aime beaucoup comment ça sonne comme une échappée pédophile.

« Vous ne pouvez pas me kidnapper, vous aurez la police au cul !
– Boah, on a l’habitude. Maintenant, calme-toi et va à l’arrière de la camionnette, il y a des bonbons pour toi. »

C’est vrai, quoi : qu’y a-t-il de mal à ce que des Messieurs ayant entre 50 et 90 ans de plus que leur victimes emmènent de force une mineure loin de chez elle en lui expliquant qu’ils ne craignent pas la police ?

Vous voyez vraiment le mal partout.

Bella tente en conséquence une autre pirouette rhétorique pour essayer d’obtenir sa libération : oui, d’accord, ils peuvent l’emmener loin de la petite ville où elle vit. Mais et son papounet ? Et si les vampires vilains s’en prenaient à lui ?

— Argument irrecevable, décrétai- je d’un ton définitif. Nous nous assurerons de sa sécurité, et il n’y a que ça qui compte.

Sa sécurité à lui seul compte ? Ah.

Bon, et quand bien même : si vous pouvez assurer sa sécurité sans souci, pourquoi est-ce que Bella doit se barrer ? Hein ? Dites ? Une réponse ? Surtout venant du mec qui explique ne pas dormir et ne pas pouvoir s’en séparer au point de passer ses nuits à la mater au pieu ?

Eh bien non.

En attendant, et comme dans tous les films américains quand il y a du danger, il est proposé à la personne en péril de quitter la ville une semaine (parfois c’est deux, ou juste un weekend) « le temps que les choses se calment ». Ben oui, c’est connu, quand tu as la police ou des tueurs au cul, il suffit de partir un weekend à La Bourboule pour que la poursuite s’arrête.

Je suppose que ça doit fonctionner un peu comme les poursuites dans GTA. Vite, Edward ! Va repeindre ta voiture !

Cependant, Edward n’y pense pas, et préfère faire quelque chose de constructif comme… euh… disons, menacer lui-même Bella. Si :

— Bella. Elle me fixa dans le rétroviseur, plus sur la défensive qu’apeurée. Si jamais il t’arrive quoi que ce soit, je te tiendrai pour personnellement responsable. Compris ?

« Bella, si quelqu’un te fait du mal, je te pète la gueule, compris ? »

Edward a une logique bien à lui. On parle aussi de « neuneugique ». Aïgue. Ce qui ne l’empêche pas d’enfin, arriver chez Bella et son papounet, afin qu’elle puisse empaqueter une chaussette et deux culottes, et partir en trombe. Mais, l’ennemi est-il déjà là ?

Je tendis l’oreille, à l’affût de sons inhumains dans les parages, mais le traqueur n’était apparemment pas encore sur place.

Si l’ennemi fait des sons humains, par contre, Edward est bien niqué.

Par contre, un pet un peu aïgu, et là, ça bardera pour son matricule vampirique.

Pendant qu’Edward reste donc à guetter le son typique de la flatulence mort-vivante (elle a un fumet de boudin), Bella récupère donc l’équipement prévu et ressort pour bondir dans sa voiture, où Edward et son frangin grimpent à son tour pour l’escorter. Edward pense à prendre le volant, mais Bella dit qu’elle peut conduire seule. Aussitôt, on lui explique que non :

— Tu ne retrouverais pas le chemin, me justifiai- je.

Car non, Bella ne sait pas partir de chez elle toute seule comme une grande.

« Il n’y a qu’une seule route, Bella, mais conne comme tu es, c’est peut-être encore un peu compliqué. » En même temps, comme elle passe son temps à se vautrer en terrain plat, ce n’est peut-être pas totalement dénué de fondement.

Bella finit cependant par poser LA question :

« Mais au fait, pourquoi l’autre débile de vampire me chasse moi alors que je suis bien protégée contrairement à tout le reste de la population ? »

Mais oui Bella, pourquoi ? Edward fournit une réponse, supposée justifier cette intrigue foireuse :

Il n’a pas l’habitude d’être contrarié ; pour quoi que ce soit, d’ailleurs. Il ne s’envisage que comme prédateur, rien d’autre. Sa vie est entièrement dévouée à la traque, il n’en attend que des défis.

« C’est un prédateur. Il ne vit que pour ça.
– D’accord. Donc comme les prédateurs, il vise les faibles et les malades ?
– Non. Exactement l’inverse. »

Ah oui. L’opposé d’un prédateur, quoi. Juste un gros blaireau.

Et sinon, comment va le reste de son équipe ? Les deux autres vampires, dont une Madame ? Je vous laisse constater comment Edward en parle, lorsque le traqueur désireux de manger Bella file brièvement retrouver sa compagne, et qu’Edward perçoit ses pensées :

Il opère un contournement afin de retrouver la femelle.

La FEMELLE.

Dans Twilight, les hommes ont des prénoms, comme les deux vampires du méchants trio qui sont appelés « James » ou « Laurent ». Par contre, la femme est simplement qualifée de « femelle ».

Les femmes, ces petits animaux. Mesdames, je vous laisse affûter vos pieux.

Mais reprenons. Le trio Edward-son frangin-Bella fait un bref détour par la maison des Cullen, afin de s’y regrouper avec le reste de la famille et de décider de la marche à suivre.

À cet instant, Emmett revint du garage avec sur l’épaule un sac de sport assez grand pour y fourrer un individu de petite taille.

Vraiment, c’est rassurant : une famille qui embarque de force des gens dans leurs bagnoles, est habituée à semer la police, et sort directement des sacs de la bonne taille pour des corps d’étudiantes…

Je pense que cette série est en fait un documentaire sur la vie quotidienne à Charleroi.

Edward propose cependant un super plan : lui et son frangin vont filer dans une direction pour attirer le traqueur sur leur piste, pendant que Bella va aller se planquer ailleurs. Maintenant qu’ils sont séparés, Edward rappelle à l’équipe Bella comment s’occuper de la femel… la damoiselle.

Bella doit manger au moins trois fois par jour. Il est également important qu’elle s’hydrate. Arrangez- vous pour qu’elle ait de l’eau sous la main. Huit heures de sommeil seraient parfaites.

Ah oui. Que de bons conseils. Mais qui est assez con pour écouter ça sans le traiter de gros blaireau ? On parle de vampires qui sont supposés avoir fait des décennies d’études et qui vivent parmi les humains depuis fort, fort longtemps. Et il faudrait leur rappeler que l’humain moyen mange trois fois par jour ? Mais enfin, aucun d’entre eux ne serait assez idiot pour considérer ces instructions comme étant p…

Le portable sur les genoux, mon père tapait les messages au fur et à mesure que je les lui dictais.

Ah.

Donc le père d’Edward, médecin, je le rappelle, note « Les zumains, y doit boire le glouglou et fé le dodo 8 eurs par jourr. »

Médecin.

Je tenais à répéter ce mot. Entre ça et les « femelles », je n’ose imaginer les soins prodigués par le monsieur à l’hôpital.

« Monsieur, ma femme tousse énormément !
– Hmmm… laissez-moi voir ? Oui, elle a des lolos. C’est très probablement une femelle.
– Pardon ? Mais je viens de vous dire que c’était ma femme !
– Les femelles sont fragiles, vous savez. Elle ne s’en remettra pas. Je propose de la piquer.
– Pour une toux ? Et… attendez, elle est là, elle vous entend ! Comment osez-vous parler ainsi ?!
– Ah oui excusez-moi : HOLALA LA MADAME ELLE VA MANGER LA PETITE PILULE, HMMM, C’EST BON, APRES ELLE FERA LE GROS DODO, CA LUI FERA DU BIEN, HEIN PEPETTE ? ELLE VEUT QUE JE LUI GRATTE LE VENTRE ? »

Soit.

Mais au fait, me direz-vous, pour en revenir au plan, mais comment diable Edward fait-il pour opérer cette diversion et attirer le vilain vampire sur sa trace ? Comment lui fait-il croire que Bella est avec lui ?

Eh bien, avec son odeur. Et avec quoi donc ? Une écharpe ? Du parfum ? Non : mieux.

Les chaussettes dans ma poche allaient laisser dans l’air une infime trace de l’odeur de Bella.

Oui, apparemment, Bella pue sérieusement des panards. Au point que pour tromper l’ennemi, c’est le premier truc auquel on pense. Bella est donc une arme chimique en vadrouille.

« Femelle », « Ta gueule on cause », « Lâche el volant », « Passe-moi tes chaussettes, pue-des-pieds »…

Rappelez-moi qui lisait ce genre de chose avec délectation ?

Concluons d’ailleurs avec cette grande remarque, où par téléphone, Bella s’inquiète du sort de son bel ami (sûrement parce qu’il trimballe ses chaussettes de la mort) :

— Oh, Edward, soupira- t- elle, j’étais tellement inquiète. Comme par hasard.
— Bella, je t’ai interdit de te soucier d’autre chose que de toi- même.

Compris Bella ?

Ta gueule.

C’est donc sur cette note que nous nous donnons rendez-vous pour le prochain épisode, qui sera probablement le dernier.

Ouf, ai-je envie de dire.

28 réponses à “L’IRE ENSEMBLE – MIDNIGHT SUN – ÉPISODE 8

  1. Toutes mes condoléances ! Cette lecture fait du mal même en résumé ! 😱🫣

    Et vu le succès de l’œuvre, je m’interroge… est-ce que quelque chose m’échappe ? Ou je suis juste dans le déni : depuis le temps que je lis les articles ici en m’étonnant et en me jurant de ne pas faire ça en écrivant, je n’arrive toujours pas à concevoir, admettre la différence abyssale d’appréciation en ce qui est credible, logique et agréable 😶😮😱🫣

    Merci pour cette publication édifiante !

    • En fait, c’est tout un sous-genre (fallacieusement nommé « dark romance »), et effectivement, ça a beaucoup de succès. Un sacré paquet de jeunes femmes (surtout des adolescentes) se délectent de ces relations bien toxiques allant de la beauferie patentée au snuff movie, entre une pauvre victime faible (ou cruche) et un bon gros sociopathe comme on les aime !

      Comme tout ce qui est sombre/violent, ça donne des frissons, et j’imagine que ça doit aussi satisfaire des fétiches bizarres chez certain(e)s… Dans les deux cas, inutile de chercher de la logique ou du rationnel là-dedans, à mon avis

      • La dark romance est pour moi un sujet de fascination-répulsion mêlée de perplexité, et ça fait quelques mois au moins que ça dure ^^ (illustration du propos avec plein de liens vers les précédents l’ire — sans intention flagorneuse qui plus est : https://dautomne.fr/2024/11/25/du-mariage-avec-un-dragon-a-twilight/ –> un article qui est à la base inspiré d’une lecture en mythologie comparée 😂😅)

        Le masochisme et la toxicité, encore, je peux comprendre. Admettre. Pourquoi pas. C’est un choix. Bon.

        Non, en fait, ce qui me vrille les neurones, ce sont les atteintes à la logique ! On pourrait vouloir des expériences de soumission avec des vampires (qui brillent le jour… OK), mais ça gâche quand même pas mal le plaisir de se dire « c’est très bête tout ça ».

        Tout s’expliquerait avec un goût double de la souffrance, façon « au 3e degré », en quête d’une humiliation du lecteur. Mais… je doute un peu de la validité de cette interprétation 🤔

        Mais tu as certainement raison : la rationalité et la logique ne sont pas des critères. La suspension d’incrédulité joue à plein, et il faut peut-être juste considérer la scène seule, dans son émotion, indépendamment de toute considération de structure. L’histoire ne compte pas en elle-même, elle est un artifice, un prétexte, un vague fil rouge, pour mettre des bouts de scènes les unes à côté des autres. Peut-être qu’en pensant ce découpage en mini séquence d’émotion, et en considérant que c’est un support fantasmatique et rien d’autre… ça commence à avoir du sens ? 😅

      • Haa, dans « fascination-répulsion », il y a quand même « fascination » ! Toi aussi tu vas finir par rêver qu’un monstre d4Rk et BG te sauve des méchants qui étaient en train de t’arracher les ongles, te forcer à écouter de la K-Pop ou autres formes de torture ! :-D

        Pour les vampires, je crois que le ver était déjà dans le fruit quand Hollywood, peu ou prou inspiré par Bram Stoker, a commencé à esthétiser la figure du vampire pour la rendre désirable, voire sensuelle. Je suis le premier à admirer les performances vampiriques d’un Christopher Lee, mais déjà ça, c’est un peu bête. Les vampires originels (les strigoi, plus précisément) ce sont absolument pas des mecs trop classes que les pauvres humains admirent pour leur force et leur immortalité : ce sont des trucs bien crades et bien dégueux, maudits, conscients de l’être, et qui à la limite n’attendent qu’une chose, qu’on les délivre de leur malédiction.

        Je suis d’accord, les histoires servent de prétextes, mais pas forcément pour des émotions. Je pense que c’est une autre catégorie, en l’occurrence : les productions faisant vivre une expérience par procuration, indépendamment du contenu. Ça brille = c’est trow bow ; domination = hihi c’est edgy – et tant pis si le mélange des deux dans une scène vraiment vécue par le lecteur évoque plus le rire qu’autre chose. Là ce sont les évocations de chaque élément pris en lui-même et pour lui-même qui importent, sans souci de cohérence. C’est vrai que tous les livres marchent un peu comme ça (bon courage pour accrocher un lecteur qui ne s’identifie à rien !), mais Twilight est vraiment réduit à ce pur côté proxy où tu ne t’immerges même pas dans l’œuvre, mais dans la projection qu’elle permet.

        C’est dommage, parce que l’esthétique hollywoodienne du vampire retravaillée pour plaire à un public plus jeune, ça a créé des trucs sympas. Blade par exemple. Mais cette ère où on s’adressait à un public jeune adulte/ado en travaillant des univers, des histoires etc sans prendre le lecteur pour une quiche en lui refilant de la daube facile, elle est un peu révolue, j’ai l’impression…

        Vraiment pas mal, ton article, au fait ! Les dragons et les sauriens en général, ça fait vraiment partie des symboles ambivalents : clairement phalliques, mais aussi associés à la féminité et aux eaux (voire la vouivre), tout autant vie (la prospérité) que mort (le venin), trompeurs (le Malin qui a tenté Eve) mais également synonymes d’énergie et de sagesse (voire l’importance du serpent dans les cultes antiques…). Des sources d’inspiration inépuisables pour quiconque veut créer de l’imaginaire.

      • « Fascination-répulsion » : 😱😂 bien vu ! le pire me guette ! la déchéance ! La renonciation à toute logique, volonté, dignité! … Brrr !

        Darkitude répugnante des strigoi : tu prêches une convertie ^^

        Cette euphémisation des figures mythologiques apparait régulièrement.

        ● Si on regarde l’ogre, on passe quand même d’une entité divine figurant littéralement la mort dévorant les vivants, et ça passe à monstre qui boulotte les enfants, puis créature particulièrement stupide des bestiaires de Donjons & Dragons.

        ● Du côté des nains, si j’en juge d’après ma lecture de Claude Lecouteux, on débute à une évocation directe de cadavres en décomposition, tordus et tourmentés, et malveillants, puis finalement des êtres un peu mystérieux mais plutôt sympas du folklore, jusqu’aux nains de la Blanche-Neige de Disney. Tolkien leur a un peu sauvé la mise, et a initié une nouvelle branche évolutive.

        … et les vampires, bon… 😅 … ils ont pris cher !

        (Les sources sur lesquelles je m’appuie sont majoritairement listées dans cette bibliographie : https://dautomne.fr/2024/05/15/bibliographie-en-mythologie-comparee/ ; ces ressources m’ont beaucoup aidées et je suis loin de les avoir épuisées !)

        J’aime beaucoup les travaux en mythologie comparée, car on retrouve un peu de sens, de complexité, d’aspérité et d’ambivalence.

        Et cet aspect me fait penser à un tout petit bout d’un débat sur les 50 ans de Donjons & Dragons à Octogônes dernier (convention de jeu de rôle de Lyon pour ceux qui ne connaissent pas ^^). La question avait été brièvement évoquée : les drows deviennent gentils, les gobelins, etc. Et petit à petit, en ôtant la noirceur, est-ce qu’il reste quelque chose encore à dire ? Des enjeux ou des adversités ? Bref, des moteurs d’intrigues.

        Peut-être justement que ça rejoint ton questionnement sur l’affadissement des scénarios et des enjeux ? Les créateurs d’histoires (scénaristes + tous ceux qui influent aussi sur le contenu de l’intrigue) sont confrontés à des injonctions compliquées à gérer.

        ● veulent éviter de heurter, de faire un truc polémique (ouvertement raciste, sexiste, critique des religions, sujet à accusation d’appropriation culturelle…) ↦ à force de ne pas vouloir juger l’autre (réaction à un absolutisme culturel), on tombe dans « plus d’avis sur rien », et donc … plus d’adversaire complexe
        ● cherchent à être consensuels et pouvoir vendre à des publics de pays où la censure existe + vendre à un public familial états-unien très sensible à la question morale (sur fond de vague du cinéma chrétien) ↦ donc le sous-texte est toujours le même (famille, patrie, travail… ou dans un autre ordre ^^)
        ● subissent le stress de devoir rentabiliser des investissements monstrueux, avec des chefs qui doivent leur crier dessus « on n’a pas le droit à l’échec », et ce genre de patron a le réflexe de dégainer « regarde X ou Y, ça a bien marché »
        ● entendent sûrement « le public s’en fiche de ci ou ça », « les gens veulent de la merde », « regarde ce qui se vend le mieux », « on fait pas une thèse ! » (je pense que ça se dit vraiment, car on m’a tenu plusieurs fois ce discours pour de l’écriture de jeu de rôle — citations authentiques — En gros, on me reprochait de vouloir faire… trop recherché et qualitatif 😱🤣)

        Je soupçonne aussi les cadences de travail d’avoir un effet délétère (pareil, hypothèse fondée sur mon vécu). En gros, ceux qui commandent l’œuvre n’y connaissent possiblement rien en documentation, travail de recherche, réflexion. Rien au sens où ils pensent même que c’est juste du brassage d’air, et qu’un vague concept en trois mot suffit à remplir un livre, en délayant. En fait, les créateurs d’histoires sont peut-être traités comme des IA génératrices : on leur donne un prompt, et il faut qu’ils proposent un chef d’œuvre avec du vide.

        (Après, c’est très possible aussi que les personnes à l’écriture soient complices, en partageant la même vision mécanique, cynique et utilitariste : « pourquoi s’embêter ? »).

        « Phallique, eau, sauriens, femmes » : le livre de Julien d’Huy sur L’aube des mythes (il a un sous-chapitre sur Eve ;-) ) et le dictionnaire critique de mythologie permettent de se promener entre ces thèmes. Si j’ai bien compris l’évolution, on a :

        La mort est présente dans le corps des femmes dès la conception (on nait, on est voué à mourir) : mythes par lesquels une femme avale la mort pour la cacher
        ● Inversion : la femme avale la mort ↦ la mort avale la femme (les inversions sont très fréquentes, en passage d’un mythe d’une culture A à B, la cause du phénomène n’était pas développée dans mes lectures, mais je me permets de soupçonner une réaction de type « renversement du stigmate » : on se distingue de l’autre après avoir été très lié à lui)
        ● La mort est très tôt associée à la Lune, à la nuit, à l’eau, aux reptiles et batraciens (mention spéciale au serpent), et par extension aux créatures venimeuses (hello scorpion !)
        ● La mort a le secret de l’immortalité (et par extension, accès à d’autres savoirs, car on dérive constamment par analogie et métaphore)
        ● Le serpent venimeux (ou dragon, ou…) qui apporte la mort dérive : il peut offrir l’immortalité, il est sur le seuil
        ● En mythologie, on recycle à fond ! Donc la mort avale la femme, et ce avec une figure de dragon ==> le dragon a faim de donzelles ! (ce qui, au passage n’a plus du tout le sens du début qui se tenait). Et là, ça change donc de lecture, et on a donc successivement la vie qui passe l’hiver en enfer (Perséphone et même Blanche Neige ou la Belle au bois dormant), puis en lecture chrétienne, le dragon devient l’équivalent du diable, et l’histoire change à nouveau de sens !

        On a les ingrédients, on mélange, on compose, on donne le sens (social, cosmogonique) qui nous correspond, et voilà ! 🎉🎊✨

        En fait, le problème de Hollywood (mini conclusion, façon débat de comptoir, avec la même tendance à l’emporte-pièce ^^), c’est peut-être une incapacité à proposer un sens au-delà du divertissement. Le problème ne serait pas l’histoire (succession d’événements), mais son sous-texte.

        (bon, c’est un peu long, là 😅… surtout pour des commentaires !)

        PS : merci pour l’échange, ça fait plaisir^^

      • Oui effectivement, les nains semblaient avoir un lien avec le culte des ancêtres chez les proto-germaniques. Ils sont eux aussi très liés au sol, à la terre et à ses richesses, bref, au monde d’en-bas, comme pas mal de divinités/entités chthoniennes. Ils sont aussi artisans, créateurs. La mort à laquelle ils sont plus ou moins liés est très loin d’être un nihilisme ! Là encore, topos ultra commun : la mort qui permet la résurrection, la recréation (tu peux aussi aller du côté du pharmakon, le venin de serpent tue mais permet aussi d’accéder à des états seconds et bien dosé, il soigne)

        Pour la noirceur, je pense que c’est un processus naturel : quand tu inventes des antagonistes qui plaisent, tu souhaites fatalement les développer, les rendre moins monolithiques, et tu aboutis à des choses plus nuancées. Trop édulcorer, ça peut tuer le méchant et ses enjeux, c’est clair, mais donner quelques raisons aux horreurs qu’il commet, ça peut le rendre plus attachant. Enfin moi j’ai aimé que l’Univers Etendu de Star Wars explore la jeunesse d’Anakin : gamin esseulé, moqué, dans un cadre rigide et lénifiant… c’est quand même une genèse du mal un peu plus crédible que chui tro d4rK nan Padmé meur pa stp. Pareil pour les Siths, quand tu lis leur histoire, tu vois que comme peuple, ils n’étaient pas si différents des autres, et que leur antagonisme envers la République peut se comprendre, il y a des raisons politico-historiques qui contrebalancent de manière bienvenue le côté un peu cliché du « je suis du Côté Obscur donc corrompu/méchant ».

        T’as fait un bon résumé de tout ce qui tues la culture aujourd’hui : cadences démentes, producteurs timorés ayant peur de la nouveauté, logiques cyniques de consumérisme réduit au plus bas dénominateur commun, et politiquement correct abscons qui transforme tout en film Disney.

        Le dernier point, c’est le plus incompréhensible pour moi : s’immerger dans une œuvre, c’est vouloir être surpris, bouleversé, choqué même. C’est un voyage. Consternant de voir que pour certains, le voyage devient insupportable dès qu’on s’éloigne des allées de pétunias bien rangées qu’ils connaissent depuis toujours. Encore plus consternant que des auteurs en viennent à s’auto-censurer pour ne pas choquer une minorité bruyante sur Twitter, mais une minorité qui au final ne représente pas grand-monde.

        Ça amène aussi une autre question : une œuvre doit-elle toujours être morale ? Ai-je le droit de n’avoir que d’infâmes salauds dans mon histoire, qui vont génocider des femmes et manger des chatons (ou l’inverse), etc

        L’inversion (mort-avale-femme), ça permet d’éviter un souci épineux : femme-avale-mort, c’est difficilement concevable avec le don de la vie en lui-même. Du coup, ça permet de séparer les deux aspects.
        Perséphone je serais plus pragmatique, ça explique avant tout que la Nature soit en sommeil l’hiver, je pense^^

        Je connais un peu Jean d’Huy, pour en avoir entendu parler. C’est risqué de faire un arbre généalogique des croyances jusqu’à la Préhistoire : au bout d’un moment, on manque de sources primaires et on ne peut que broder à partir de découvertes archéologiques. Cela dit, c’est passionnant. Rien que pour l’exercice intellectuel, ça vaut le coup !

        P.S. : de rien, c’était long mais intéressant, alors merci à toi également ! ;-)

      • Ettt me voilà de retour ! (Après Trolls & Légendes, qui est vraiment super bien organisé du côté de l’accueil des invités, c’est impressionnant !)

        Je crois que l’essentiel a été dit, mais je me devais de défendre l’honneur (méthodologique) des chercheurs en mythologie comparée ^^

        (Edit, non en fait, ça reste un pavé XD)

        Perséphone et l’hiver : bien sûr que Perséphone est l’hiver (c’est transparent et ça apparait même en explication dans les livres de mythologie que je lisais à 8 ans ^^). Le principe de l’évolution des mythes, c’est qu’ils se promènent et acquièrent de nouveaux sens dans un contexte nouveau. On garde encore des bouts archaïques qui ne veulent plus dire grand chose, dont personne ne comprend le sens, mais par traditionalisme ils restent, tandis que le gros du récit est restructuré et adapté à une culture présente.

        Pour illustrer l’évolution du sens et la recréation des mythes, c’est peut-être plus évident en prenant des exemples récents.

        Le mythe du matriarcat primitif : en temps (1) on a des mythes de matriarcat primitif, ici et là sur Terre. Leur fonction est le narratif suivant : « autrefois les femmes étaient des tyrans abjects ; heureusement, les hommes les ont détrônées, et pour le bien du monde, elles ne doivent plus jamais avoir le pouvoir ». (2) Cette racine a ensuite été déterrée au XIXe siècle dans le célèbre (OK, tout est relatif, mais dans le milieu mythologique, il est célèbre ^^) Mutterrecht de Bachofen (https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Jakob_Bachofen ). L’idée ici est encore assez proche « il y avait un matriarcat primitif, avec une grande déesse, mais pour le bien du droit, c’est quand même mieux d’en être sorti ». (3) Une dérivation fin XIXe s se fait en même temps que l’évolution des mythes autour de la figure de la sorcière. Désormais, et jusque dans le féminisme actuel (là, au XXIe siècle), s’est construit une nouvelle histoire : jusqu’au néolithique, le pouvoir appartenait aux femmes, qui étaient sages, et les sociétés étaient équilibrées, justes, horizontales, en harmonie avec la nature. Puis vint le proto capitalisme et l’accumulation de richesse, et les femmes furent opprimées. Mais certaines gardèrent malgré tout les traditions holistes premières, et furent de tout temps persécutées par le patriarcat violent et oligarchique et obscurantiste.

        En somme chaque époque, chaque culture reprend dans le fond existant et donne du sens aux ingrédients.

        L’évidence de Perséphone comme hiver est simplement un glissement culturel du fond plus ancien, avec des ajouts et développement du mythe (3 pépins de grenade, pour 3 mois d’hiver). C’est un peu la même chose avec l’évolution des espèces : nous ne sommes plus le mini mammifère qui a survécu aux dinosaures, et nous ne sommes pas des souris ou des chimpanzés. Perséphone n’est pas la vieille qui a avalé la mort en Afrique… mais elles sont cousines ^^

        Et de nouvelles fonctions sont ajoutées à chaque civilisation et évolution technologique. On peut aussi penser à la forge : avant la métallurgie, point de mythologie de nains ou de cyclopes forgerons. Cependant, on retrouve dans les mythes des métallurgistes des ingrédients déjà là antérieurement : l’idée que la richesse souterraine appartient aux morts d’en bas, que les séismes sont liés aux morts (ou par extension aux dragons), etc.

        De la reconstitution des mythes préhistoriques : plus précisément, on peut reconstituer des morceaux de récits, mais pas le mythe (narration complexe). Il est possible de savoir quels ingrédients étaient très proches, mais pas exactement le pourquoi du comment.

        Et c’est d’autant plus impossible qu’il y a très vite des inversions de sens sitôt qu’on a une évolution culturelle. C’est le cas avec la relecture féministe du matriarcat primitif qui était à la base un mythe fondamentalement sexiste, franchement dépréciateur pour les femmes. On a le même mouvement avec la relecture totalement renouvelée de la figure de la sorcière.

        Cela posé, je comprends ton scepticisme si tu as les « archétypes universels de Jung » dans un coin de la tête. On ne parle pas de ça ici :-)

        Parmi la pile des ouvrages en bibliographie de mythologie comparée (références complètes : https://dautomne.fr/2024/05/15/bibliographie-en-mythologie-comparee/ ) , je pense que tu pourrais être intéressé par…

        —–Livres qui taillent au hachoir et à la serpette les délires sur la préhistoire——

        ● Jung et les archétype, par LE QUELLEC : démontage en règle (parfois assez acide ^^) — ok, c’est surtout à lire pour le fun et pour comprendre en détail pourquoi ses théories avaient une assise méthodologique médiocre
        ● A la recherche d’une autre genèse, par STOCZKOWSKI : c’est pour le volet « mais pourquoi croient-ils avec une telle obstination à la venue d’extraterrestres il y a 10 000 ans ? » et « pourquoi les révélations des films de SF sont toutes les mêmes ? » ou encore « pourquoi ça flirte si souvent avec un arrière-fumet d’extrême droite ? ». J’ajouterai que l’auteur est drôle à lire (selon mes standard) en plus d’être d’une grande clarté sur sa méthode de travail venue de l’ethnologie.
        ● Des martiens au Sahara, par LE QUELLEC : une collection d’articles à l’acide, mais très documentés sur les fake news archéologiques, généralement inspirée de l’occultisme ou de religions (les chapitres sur les Mormons sont … édifiants)

        ——Explication des méthodes de travail——–

        ⫸⫸● Avant nous, le déluge, par LE QUELLEC : si j’ai bien suivi, Jean-Loïc Le Quellec a été directeur de thèse de Julien D’Huy. L’intérêt de ce livre-ci, c’est qu’il est court (par rapport à d’autres) et très didactique. L’auteur est très clair sur l’histoire des méthodes en mythologie comparée, avec un détour par tous les abus (notre ami Jung, mais aussi de sympathiques nazis, car on flirte souvent avec eux dans les thématiques occultistes). Il finit par un chapitre sur toutes les tentatives contemporaines de démontrer l’historicité du déluge, et juste avant, un chapitre sur la composition des spiritualités contemporaines (New Age etc.).

        Sur le plans clarté et explications du fondement des méthodes employées et du croisement des techniques (phylomythologie, aréologie, et d’autres), c’est vraiment le plus clair.

        ● Les deux ouvrages de Julien d’Huy aux éditions La Découverte sont blindés de pages de méthodes

        ● Dans un autre genre, purement littéraire, les livres de Claude Lecouteux, centrés sur France-Allemagne-Scandinavie permettent aussi de voir les méthodes de travail et le maintien sur le long terme de motifs très anciens. Et si tu veux voir nos amis les nains, c’est sur son « Nains et elfes au moyen-âge » que je me suis basée ^^ (et il a aussi une histoire des vampires ^^)

        ——————

        Pour résumer fortement, en espérant ne pas être une piètre traductrice, les principes sont

        1/ on découpe les mythes en mythèmes , des composants de base, de type « la lune est une femme » ou « la lune est un homme ». (Ce n’est pas si différent que ça de la typologie des contes de Aarne Thompson https://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_Aarne-Thompson-Uther )

        2/ on utilise ce découpage pour voir les répartitions sur Terre, et on peut aussi l’utiliser comme élément de base en phylomythologie. Le principe est le même que la recherche des familles d’espèces en génétique. On regarde à quel point un ensemble est proche d’un autre.

        3/ A partir de là, il apparait très nettement des aires : l’Australie (colonisée à partir de -65000 et isolée très tôt) ; l’Amérique est coupée de l’Eurasie à partir de la fin de la glaciation. Ce sont les éléments les plus évidents, et ils sont cohérents avec les données obtenues en phylomythologie. En bref, plusieurs méthodes distinctes donnent des résultats similaires, suggérant fortement l’ancienneté préhistorique de plusieurs motifs.

        Or, en les articulant, on obtient des arbres d’évolution qui me paraissent, en l’état actuel de mes lectures, plutôt convaincants.

        Bref, tout ça pour dire que oui, on parle bien de préhistoire, oui, le sujet est très sensible et fortement politisé, mais ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien de raisonnablement fiable et qu’il faut tout rejeter dans un grand revers sceptique :-D

        📚📚📚✨

        PS : j’ai aussi des pages de notes détaillées de lecture, car je m’en sers comme base de travail, y compris le volet méthode. Donc si tu as des envies d’en lire plus, mais sans te fendre d’un achat de livre, tu peux avoir ma pile de PDF mis en page avec amour (ce sont des .doc à la base, mais la transmission en PDF, c’est plus propre ^^).

        PS 2 : Jean-Loïc Le Quellec et Julien D’Huy sont sur Bluesky (j’y étais allée à la base rien que pour suivre leur travail, ça fait un peu fangirl de dire ça comme ça XD), et ils avaient l’air gentils et accessibles ^^

        PS 3 : désolée pour l’enthousiasme, ce n’est pas souvent que j’ai l’occasion de causer méthodologie et bibliographie en détail :-D — promis je crois que j’ai vidé mon sac de référence là ! 😂)

      • En tout cas on s’instruit beaucoup ici (ça valait donc peut-être la peine de réveiller les démons de la mauvaise littérature), merci !

      • Je suis d’accord ! Il est même incroyable d’être passé de cette bouse intersidérale à un tel niveau d’érudition. Merci à tous !

        Céline

      • Que le symbolisme de l’hiver soit postérieur à celui de femme-mort, ça me laisse un poil dubitatif : l’absence de cultures à certaines périodes de l’année, c’est quand même une constatation de base et une des premières choses que t’essaies d’expliquer en tant qu’humain. Je suis d’accord qu’un mythe, c’est répété, transformé, avec des ajouts (des suppressions parfois), des dérivations de symbolisme. C’est un mèmeplexe, après tout, c’est quelque chose de vivant. Mais deux significations simultanées ne sont pas incompatibles. Déjà pour les mythes sourcés, dire quelle lecture et quelles interprétations en avait tel ou tel peuple à telle ou telle époque, c’est déjà assez lacunaire (même avec des sources), alors pour des mythes préhistoriques…

        Pour ça, je ne suis pas sceptique : je dis juste qu’il faut prendre tout ça avec beaucoup de pincettes. Car un mythe, c’est pas juste une collection d’éléments épars quantifiables et comparables. C’est un Logos (produit d’un contexte socio-culturel précis), un récit (de la même manière qu’un discours humain n’est pas qu’une suite de mots-clés). Et vouloir faire du récit à une époque où par définition il n’y en a pas (la Préhistoire), c’est un terrain glissant. Donc je veux bien que Le Quellec (oui je connais le bonhomme, il dit par ailleurs des choses fort intéressantes !) tape sur Jung, mais quand il nous fait son histoire préhistorique des mythes, il tire tout autant des plans sur la comète.

        Après oui c’est une évidence que sous toutes les latitudes, il y ait eu des trucs universels qui sont très tôt ressortis : la place dans le cosmos, les différences hommes/femmes, notre place par rapport aux animaux, la vie/la mort, la victoire de la culture sur la nature (= les Olympiens collant une peignée aux Titans, les Ases aux Géants) etc. Ces thématiques sont tellement humaines qu’elles en deviennent atemporelles. D’ailleurs l’Atlantide et le Déluge, on pourrait mettre ça dans la supercatégorie des lieux/temps mythiques hors d’accès (perdus détruits ou autres), mieux qu’aujourd’hui. Pour les villes spécifiquement, ça te donne l’Aztlan des Aztèques (les mots se ressemblent d’ailleurs, ce qui a donné lieu à encore plus de controverses…), la Kitej des Slaves, l’Ys des Bretons, etc etc

        Bon par contre, ceux qui voient des nazis partout, là oui je suis sceptique… Une énorme partie de l’occultisme n’a rien de nazi et une grande partie des nazis étaient très modérément occultistes — c’était surtout Himmler qui baignait dans un méli-mélo de romantisme pangermanique et de théosophie bien barrée agrémentés de toutes les théories racialo-bullshit à la mode + trucs piochés chez des écrivains de l’époque qu’il a pris au sérieux, ex Bulwer-Lytton avec ses histoires de Vril. Alors bien sûr, on peut toujours dire que le cousin du frère au concierge de machin a pu brandir une swastika et que donc ce qu’il pense doit être invalidé, mais en se posant deux minutes, on est quand même forcé d’admettre qu’il y a mieux comme raisonnement :p

        D’ailleurs y’a toute une frange de gens qui aujourd’hui refusent de lire voire veulent interdire Heidegger à cause de ça, donc ce genre de chasse aux sorcières, ça peut facilement mener à un genre d’obscurantisme… surtout quand on part du principe que le Mal de ces sorcières n’ont qu’une seule couleur politique ;-)

  2. OH-MON-DIEU… Je crois que c’est encore pire que le film, ce qui n’est pas peu dire. Ayant, ce week-end été prise d’envies masochistes, j’ai visionné Twilight Fascination. Et pour avoir été fascinée, j’ai été fascinée ! Trou noir, néant, gouffre sans fond où l’on tombe indéfiniment. Oh, et puis grotesque aussi. Mais, j’avoue n’avoir pas pu m’empêcher de glousser (je ne suis qu’une femelle) à chaque fois qu’on disait qu’il était impossible de lire en Bella. Je vous entendais commenter ce fait dans ma tête. Ce sont les seuls moments où je n’ai pas eu l’impression d’être morte à l’intérieur.

    • Quel courage! J’avais essayé de regarder ce truc, mais impossible. Même mon mari, pourtant grand amateur de films romantiques cucul-la-praline, avait abandonné…

    • Ooh, une… une femelle ! Mais, mais alors… Vous aussi, vous faites le grododo huit heures et vous faites glouglou la neauneau ?

      Blague à part, dans les commentaires précédents, des lecteurs de l’Odieux soulignaient que la traduction du bouquin était éclatée au sol. Je me demande si le traducteur n’a pas tout simplement rendu l’anglais « female » par « femelle »… C’est comme dans les nanards, où un film déjà mauvais bénéficie d’un doublage bien foireux qui ne fait que magnifier son potentiel comique.

  3. J’ai volé l’epub sur le réseau et essayé de le lire. Bien mal m’en prit, j’ai abandonné au bout de quelques dizaines de pages. C’est bavard, avec des dialogues intérieurs nullissimes, et globalement insupportables.
    Je retoune vite vers Ian Bank et W.Gibson .

  4. « Juste un gros blaireau »… Excusez-moi, mais le Comité de Défense des Blaireaux s’insurge contre une telle comparaison et proclame qu’une amibe serait plus adéquat. Et sinon… qu’est-ce que ce livre est mal écrit… il s’est vraiment vendu?

    • Laissez les protozoaires en paix, ils respectent leurs petites amibes.

      C’est plus un comportement de sale canard.

  5. Pour les lecteur du Québec, la « neuneugique », c’est de la « nonogique », soit de la logique nounoune, « nounoune » étant le féminin de « nono ». Et « nonogique », ça sonne davantage comme « logique », non?

  6. Le romantisme explose record sur record dans cette « œuvre » on dirait. Ca donne presque envie de changer de sesque/genre pour connaître aussi le bonheur de se faire séduire par une pareille truffe…mais une truffe qui sait appliquer la bétise et la violence « par amour », ça change tout sans doute.

  7. Monsieur Connard, si vous souhaitez creuser d’avantage Twilight, sachez que Lego propose la maison des Cullen avec de magnifiques minifigurines bien plus expressives que les acteurs pour que vous puissiez recréer vos pires cauchemars chez vous !

    • Enfin des possibilités de scénarii où on attacherait Bella à une machine rotative à coups de pied où je pense et on suspendrait Edward au plafond comme boule à facettes ? Hâte de voir ça.

  8. Edward a trouvé la bonne réponse à l’énigme odorante : « chaussettes » , il est en bonne voie pour gagner son niveau 2 !

  9. C’est moi ou finalement les films étaient meilleurs que les livres, où l’on n’avait pas la pensée du mâle ^^’

    • Oui..disons que cumuler de la non-pensée sur de la non-pensée, forcément il y a un moment où le résultat fait saturer tout être qui a plus de 2 demi-neurones qui se battent en duel, et encore les jours où les panneaux solaires fonctionnent (en mettant de côté bien sur le dévouement exemplaire de l’OC)

  10. Pingback: Bilan d’avril 2025 – Fortuna Imperatrix Mundi·

  11. Coucou. Je viens de tomber sur ton article et j’ai éclaté de rire. Quel concept original que de lire « Midnight Sun » et de nous donner ton avis. Je voulais savoir de quoi parlait ce livre, mais il était hors de question que j’investisse dans l’achat du bouquin. Lorsque j’étais adolescente, j’ai lu tous les volets de la saga. J’ai également dévoré les films, je l’admets ! à l’époque, je rêvais aussi de rencontrer un vampire qui tomberai amoureux de moi. D’ailleurs, je m’habillais comme Bella et j’avais adopté sa personnalité. On ne recule devant rien lorsqu’on est jeune. Je trouve que cette version de l’histoire du point de vue d’Edward n’était pas nécessaire. J’ai quand même hâte de lire tous les épisodes.  

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