Inspiré, expiré

New-York, siège de l’ONU, 17h22

Dépassant l’huissier présent sur sa gauche, l’homme fouille dans la poche de sa veste à la recherche des quelques notes qu’il a jeté sur un papier afin d’étayer le discours qu’il s’apprête à tenir. Sous le regard des quelques secrétaires installées sous l’immense globe entouré de lauriers, symbole de l’organisation, l’homme vient se placer au pupitre que vient de quitter le précédent intervenant, puis posant ses papiers et vérifiant les micros d’un tapotement de l’index, il réajuste sa cravate rouge avant de débuter son propos.

« Mesdames et Messieurs,

Si je suis aujourd’hui devant vous à cette tribune, c’est parce que je veux vous parler d’horreurs. De massacres. De viols. D’actes inqualifiables qui restent impunis parce que cette assemblée continue de se refuser à agir. Jour après jour, les observateurs sur le terrain ne peuvent que témoigner des atrocités auxquelles on livre des groupes entiers, hommes, femmes et enfants, sans distinction. Et vous, augustes membres des nations unies ? Vous restez là, passifs, et vous trouvez encore le sommeil la nuit au motif que les monstres responsables de tout cela sont à des milliers de kilomètres de vos couches douillettes. Mais, je vous le demande : à partir de quelle distance commencez-vous à vous inquiéter des problèmes de cette planète ? A partir de combien de victimes pensez-vous que votre propre inaction devient elle-même collaboration ? A partir de quand commencerez-vous à prendre conscience des conséquences de vos actes ? »

« Cassez-vous de cette tribune ! », dit-une voix dans la salle, « Ça fait trois fois cette semaine, merde ! Que fait la sécurité ?« 

« Je vous ai bien entendu, Monsieur, mais je vous rappelle que la sécurité de l’ONU étant l’une des branches des forces de coercition de celle-ci, il faudra donc compter environ 12 réunions de différentes assemblées réparties sur 2 à 3 ans pour éventuellement autoriser le déploiement de vos agents de sûreté afin qu’ils me virent de cette estrade. Je devrais avoir besoin d’un peu moins pour vous expliquer la situation, mais passons. Que disais-je ? Ah, oui : j’ai ici, sur ce papier, le témoignage de la petite Thalie, victime il y a quelques jours d’une tentative de viol de la part de celles et ceux que vous ne voulez pas arrêter. Permettez que je vous la lise.

« J’étais chez moi, avec mes soeurs, lorsqu’ils sont venus me chercher. Ils ont obligé ma famille à se coucher au sol, et nous ont d’abord menacés, puis comme ma soeur Euterpe refusait d’obéir, une femme qui les accompagnait l’a abattue de sang-froid. C’était un monstre avec une robe en viande… puis, les hommes, eux, ont relevé mon visage en me saisissant le menton entre leurs doigts sales, et me considérant à leur goût, ils m’ont emmenée à la cave. Là, ils se sont enfermés avec moi, et ils ont commencé à… mon dieu… ils tripotaient leurs gros budgets en me regardant… je…« 

J’arrête ici ce récit, puisque je vois que Madame l’ambassadrice de Suède se sent mal. Hé bien, Madame ! Faut-il que ces horreurs soient racontées à cette tribune, pour que vous réagissiez ? Leur simple existence ne suffisait pas ? »

« Ça suffit ! Qu’est-ce que c’est que cette histoire de viol ? » interrompt une nouvelle fois un trublion au simple motif qu’il est ambassadeur à l’ONU et aurait donc le droit de s’y exprimer

Ban-Ki-Moon rigole bien : on vient de lui demander à quoi servait encore l’ONU

« Cette histoire, il s’agit de celle de la petite Thalie, elle et ses 8 soeurs, Muses de leur état, qui continuent de prendre cher jour après jour, tout ça parce que malgré mes demandes insistantes, vous continuez de refuser à autoriser la vitrification par le feu nucléaire d’Hollywood. Surtout que franchement, de mon côté, je suis conciliant : même un bon vieux tapis de bombes au napalm m’irait. Ou, allez, l’exécution ciblée de quelques personnalités majeures à l’aide de drones ! C’est vrai quoi, on le fait bien au Pakistan qu’on a pourtant pas le droit de survoler, alors pourquoi pas à Los Angeles où c’est autorisé ?

« Muse, le groupe ? »  s’interroge l’ambassadeur d’un pays d’Asie en fronçant les sourcils

« Je… non, pas le groupe. Je vous parle des Muses, pas des mecs qui pratiquent la nécromancie sur des synthétiseurs des années 80 pour nous rappeler des sons que l’on aurait préféré oublier, mais cela dit, si on pouvait aussi leur réserver un petit missile intercontinental, je ne dirais pas non. Mais là n’est pas le sujet :  je suis venu vous parler du viol des Muses, de la mort de l’inspiration qui sévit actuellement dans l’indifférence la plus totale, et plus particulièrement au cinéma ! »

« La fille en robe de viande dont vous parliez avant, c’était pas Lady Gaga ? C’est quand même plutôt original ce qu’elle fait, non ? Rien que niveau tenue, justement ? » la représentante des Etats-Unis hésite un peu dans son propos, puis, voyant le regard réprobateur de ses collègues, s’enfonce péniblement dans son fauteil

« Mais ? Dites-donc, vous ne vous foutriez pas un peu de moi des fois ? C’est justement de ça dont je suis venu vous parler ! Lady Gaga incarne à sa manière le problème qui touche l’industrie du cinéma : plutôt que de devoir utiliser ses neurones pour, je ne sais pas, disons, inventer un truc, elle se contente rien que pour ses fringues de s’enduire le corps de colle UHU (rose, pour savoir où elle est déjà passée) avant de foncer se rouler sur le vide-grenier le plus proche. Mais regardez ! C’est le même problème pour l’industrie du cinéma en ce moment : j’ai ici avec moi des photographies prises durant la braderie de Lille de l’an dernier, et regardez ! On y voit clairement un producteur tenant à la main un exemplaire de la bataille navale. Quelque mois plus tard : paf ! Sort Battleship, le film tiré de la bataille navale, justement. Et là, un type qui sort une vieille cassette de Blanche-Neige ? Hop ! On se mange Blanche-Neige et le chasseur ! Avec Kristen « lapin gentil » Stewart ! Et là, làààà mais bon sang : on distingue clairement sur celle-ci Ridley Scott en train de négocier un Monopoly ; et quel est son prochain film ? Ho bin ça alors ! Monopoly, le film tiré du jeu ! Et j’en passe : un vieil exemplaire des Trois mousquetaires ? Les Trois Mousquetaires – 3D ! Un Transformers pété ? Transformers ! Un DVD du Spiderman de 2002 ? Et bin re-Spiderman en 2012 !

Comprenez-vous, aimables membres de l’ONU ? L’imagination est morte, l’inspiration massacrée, la créativité bafouée : désormais, Hollywood ne produit quasiment plus, et en masse que des productions tirées de licences sélectionnées plus ou moins aléatoirement lorsque l’on voit les choix qui sont faits. La procédure est pourtant simple : tout d’abord, comme je vous l’expliquais ci-dessus, il suffit de se rendre sur n’importe quelle braderie et d’y choisir aléatoirement un quelconque objet. De là, il n’y a plus qu’en acquérir la licence (c’est encore mieux si elle est libre) et à la torturer en appelant soit cela un « hommage » (technique Quentin Tarantino) soit une « libre inspiration » : l’objectif est de toujours expliquer que ce n’est pas du tout de la paresse intellectuelle, mais simplement un exercice de style. Si vraiment c’est trop compliqué, il suffit dès lors de se contenter de faire une suite, ou mieux, un « reboot » dans lequel vous expliquez le début de votre licence X ou Y : comment tel super-héros est devenu super, comment telle équipe de gentils s’est formée, ou en tous les cas, quelle digestion chaotique a produit l’étron fumant au coeur de votre film.

Attention, ça ne veut pas dire que toute tentative de créativité est pour autant une réussite, soyons d’accord

Cela fait, vous n’avez plus qu’à trouver quelques acteurs de seconde zone, ou ayant déjà un tel passif dans les bouses qu’on puisse les soupçonner de scatophagie, et vous avez à peu près tout ce qu’il vous faut. Ils se feront un plaisir de tourner avec vous une bande-annonce emplie d’explosions, de flammes, de réparties supposément « chocs » et de fondus au noir ponctués de son graves accompagnant le tout, du moins jusqu’à ce que la musique de d’jeun’z achetée pour l’occasion se lance et qu’il n’y ait plus le temps de caser des fondus tant les scènes s’enchaînent, et c’est bon. Un quelconque scénariste arrivera bien à reprendre la bande-annonce pour recoller les scènes que l’on y voit dans un certain ordre et ainsi faire un film. L’étape finale, parfaitement assumée, consiste à signaler au monde que votre film tient plus de la diarrhée pelliculaire que de la création, en adjoignant aléatoirement les mots « 3D » et « chasseur » dans le titre. Nous parlions des Trois Mousquetaires 3D et et Blanche-Neige et le Chasseur, mais ça marche aussi avec Abraham Lincoln chasseur de vampires, ou Resident Evil Afterlife 3D. Ce qui est un élément assez objectif, puisque par exemple, aucun film en 3D essayant d’être vaguement bien ne précise « 3D » dans son titre, ce n’est définitivement que l’apanage des bouses. »

« Ça me parait assez compliqué votre histoire. Vous pourriez donner un exemple ? » demande cette fois-ci le chef de la délégation britannique

« Je viens d’en donner moult, malandrin, mais ha ! Soit : par exemple, vous allez… disons qu’il pleut et que les braderies sont rangées. Ni une, ni deux, vous allez sur leboncoin.fr ou je ne sais quoi, vous tapez « jeu de société » ou « livre », et hop, il vous sort un truc. Du genre… on va dire que vous n’avez pas de bol et que vous aimez la difficulté : le premier lien qu’il vous sort est un exemplaire moisi de A la recherche du temps perdu, de Proust. »

« Personne ne serait assez con pour adapter ça. » grogne le pénultième intervenant

« Vous voulez vraiment que je vous parle de Ridley Scott ? Bon. Comme prévu, disais-je, vous allez chercher vos acteurs. Pote, membre de vos familles, type qui vous avait fait rigoler dans une quelconque autre bouse… vous prenez, disons, tiens : Taylor Kitsch. Depuis John Carter, je pense qu’il a du temps à tuer. Vous lui attribuez une quelconque copine (il en faut obligatoirement dans le film pour faire un passage avec des bisous), et vous faites une bande-annonce »

« Du genre ?« , ajoute quelqu’un dans la salle

Du genre bande-annonce. Suivez bien, je vais tenter de vous la mimer.

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Ecran noir. Un lourd tambour bat un rythme lent. Il battra un coup à chaque changement de plan. Bom.

Gros plan sur une femme vêtue façon début XXe siècle qui crie. Fondu au noir.

(Voix off du héros) « Les temps sont durs pour le peuple ». Bom

Gros plan sur des gens courant paniqués dans un champ, lâchant quelques coups d’arme à feu sur quelque chose d’invisible à leur poursuite. Fondu au noir.

(Voix off) « Aucun endroit n’est sûr en ce monde ». Bom

Un plan d’un quelconque bâtiment célèbre ravagé par une explosion.

(Voix off) « Mais cette fois, ils s’en sont pris à la mauvaise personne ». Bom

Une coquette demeure voit l’un de ses murs s’effondrer lorsqu’une quelconque forme indistincte s’y engouffre, saisissant une jolie jeune femme hurlante avant de s’enfuir. Quelqu’un hurle « Albertine ! ». Fondu au noir

(Voix off) « Je m’appelle John Proust (Marcel sonnait trop mal), et ils ont pris celle que j’aime ». Bom

Gros plan sur Taylor Kitsch en train de charger un revolver l’air grognon

Le tambour s’arrête et un son entêtant monte doucement, genre choeur en train de s’échauffer

Une grande-salle d’auberge, des types avec de sales gueules en train de manger, boire et cracher partout, se tournant vers la porte pour apercevoir la silhouette de Proust rentrer vêtu d’un blouson de cuir ayant plus sa place dans Final Fantasy que dans la France du début du XXe siècle. 4 types se lèvent d’une table et sont aussitôt abattus par de rapides coups de revolver de Proust. Cela fait, le héros s’approche du dernier homme terrorisé à la table, lui collant son arme sous le nez. « Qu’avez-vous fait d’elle ? Qu’avez-vous fait d’Albertine ? » ; le type en face de lui a un petite rire mi-amusé, mi-dément « Ahaha, tu ne retrouveras jamais celle que tu aimes, Proust. Ils l’ont emmenée là où même toi ne peut aller… le passé ! »

Le son entêtant arrive à son paroxysme, et un quelconque morceau de musique de d’jeun’z se lance avec force guitare électrique

Plan sur Taylor Kitsch dans sa cave, dessinant des plans de machine comme possédé. Un post-adolescent derrière lui apportant quantité d’affaires lui demande « Où partez vous Monsieur Proust que vous avez besoin de tout cela ? » et se retournant lentement, Taylor Kitsch lui répond « Le passé. »

Des scènes se succèdent avec des explosions, Taylor Kitsch faisant feu ou se battant à coups de poings contre une créature étrange

(Voix off du héros) « Ils s’appellent Sodome et Gomorrhe, ils ne sont pas humains et ils prennent ce qui leur appartient. Et ils pensent que nous leur appartenons »

Encore plus d’explosions, des bâtiments s’effondrant, Taylor Kitsch sautant au-dessus d’un mur de flammes, Albertine en train de pleurer

(Voix off) « Mais nous allons leur montrer qu’ils se trompent »

La musique continue, fusillades, explosions, encore plus de baston. Finalement, profitant de la musique se calmant quelques secondes, une scène dure plus d’un instant : on y voit un moustachu interpellant Kitsch, alors que celui-ci est couvert de plaies et de suie suite à ses combats. « Mais bon sang Proust, où étiez-vous ? » ; le héros se retourne lentement pour lâchersa nouvelle catch-phrase.

« Du côté de chez Swann », dit-il avec un sourire convenu

A nouveau, explosions, fusillades et scènes de Taylor Kitsch en train de courir se succèdent mais cette fois-ci bien plus vite que précédemment, le temps que la musique arrive à son paroxysme, et là, seulement, d’énormes lettres stylisée viennent se poser sur un fond couleur carnet usé

« Proust, chasseur de temps perdu – 3D« 

Après avoir donné le titre et la date de sortie, quelques secondes se passent, le volume de la musique baisse jusqu’à disparaître, et comme il se doit, il y a une mini-séquence post-bande-annonce. On y voit Taylor Kitsch détachant les liens d’Albertine dans un quelconque sous-sol humide, lorsque la bougresse lui lâche

« Et bien, vous n’avez pas perdu votre temps ! »

Sourire convenu et mouvement de sourcils

« Je déteste le temps perdu. »

Riff de guitare pour boucler le tout, et fin

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78% d’une bande-annonce lambda en une image

« Voilà. J’espère que vous avez bien tout saisi, chers membres de l’ONU, ceci ne visait qu’à vous donner, comme demandé, un exemple de l’horrible méthode d’extermination des neurones employée par les bouchers d’Hollywood. Je vous renouvelle donc ma demande : je souhaiterais que l’ONU vitrifie la zone par le feu nucléaire. C’est tout ce que j’avais à vous dire, je vous remercie et attends votre délibération qui, je n’en doute pas, viendra soutenir ma position et libérer le monde de pareille apocalypse intellectuelle. »

« N’empêche que je pense que vous exagérez. » intervient l’ambassadeur allemand en faisant la moue

« Très bien. Puisque c’est ainsi, vous avez gagné : faites-descendre le vidéoprojecteur.

Et bon visionnage. »

101 réponses à “Inspiré, expiré

  1. Faut-il pleurer de l’affligeante médiocrité des productions cinématographique…. ou bien faut-il pleurer sur le fait qu’il y ait un public ultra majoritaire pour jouir de ce « rien intersidéral »?
    Produire de la bouse est-il un crime quand il y a suffisamment de monde pour dire que c’est de la truffe, et suffisamment de monde pour rentabiliser l’entreprise?

    Ce blog me fait rire, il me renvoit à une grille de lecture de ce qui m’entoure, dans laquelle je me reconnais….

    Mais ce blog me rend triste aussi, car il me rappelle que je vis dans un monde que j’abhorre sous bien des aspects. Il me rappelle combien nous sommes prompts à parler, à écrire, mais si absents lorsqu’il s’agit de faire…..

    Il y a une 15aine d’années (arrf j’étais jeune comme notre hôte), lorsque je m’essayais à écrire des textes du même type (j’ai bien fait de ne pas continuer, je n’ai pas le talent d’OC), je me suis retrouvé face à ces question:
    « qu’est-ce que je fais de concret pour changer ce qui ne me plait pas? Est-ce qu’écrire, dénoncer, se moquer, suffit à faire bouger les choses? Ne suis-je pas plutôt en train de me planquer plutôt que de descendre dans la rue pour véritablement taper du poing sur le monde? »

    Enfin, je dis tout ça, je ne dis rien.
    Ca fait rire (c’est essentiel), et le fond (posé par ce post) sera oublié dans une heure…. on a tellement d’autres futilités à penser…..
    Pffff, dis l’odieux connard, tu pourrais pas écrire un truc qui me file pas le bourdon quand j’y pense à deux fois????? ;-)

  2. Proust, vous voulez dire l’auteur du Seigneur des Anneaux ?
    Extrait du « Poisson mort » numéro 28, p. 10, en ligne ici :
    http://quatramaran.ens.fr/~pmort/
     » La recherche [du temps perdu] se conclut, comme chacun sait, par une décision du narrateur : il sera écrivain. L’oeuvre entière n’est donc qu’une préface, mais à quoi ? A la RTP elle-même ? Pas du tout, a-t-on appris, mais au Seigneur des Anneaux »

  3. Moi qui pensais avoir droit à qques critiques savamment (et sévèrement) affûtées sur ce qu’il se passe ds le monde, la Syrie par exemple… Nenni ma foi ! C’est la rentrée : le spoil nouveau est arrivé :)

  4. Les suites de « Proust—chasseur de temps perdu » sont déjà à préparer pour obtenir la mythique trilogie: « Le Gouffre du Temps » et « Le Gouffre d’Argent ». Moult sous-titres seraient possibles, mais j’ai une préférence pour celui-ci: ce que l’on perd, on ne le rattrape pas (tickets non remboursables).

    On ne trouve pas seulement les scénarios de demain dans les brocantes d’aujourd’hui qui amoncellent ce qui était déjà périmé hier: on trouve les décors, costumes et cascades qui iront avec. Vide-grenier: brûlez maintenant ce que vous vouliez déjà voir disparaître avant.

  5. Si l’on veut se prouver qu’il est possible de créer une comédie musicale (à chier, mais existe-t-il un autre genre de comédie musicale ?) sur n’importe quel sujet :

    J’ai peur pour notre pays, Saint Odieux, priez pour nous !

  6. L’analyse de la bande annonce m’a extrêmement plu. Ca fait un moment que je me dis « mais … c’est moi ou toutes les bandes annonces de block buster se ressemblent affreusement ? »
    J’avoue que votre petite expérience m’a donné envie. Je m’y suis donc mis, en choisissant un conte parmi plusieurs, qui m’a paru pas évident. Mais au final, ça fonctionne bien. Je vous laisse essayer de découvrir le conte en question ^^.

    Ecran noir, battement de tambour (bom).

    Voix off : une ombre s’est abattue sur la campagne.

    Vue sur un paysage rural, façon 19e siècle. C’est le crépuscule, la lumière diminue jusqu’à l’obscurité. Fondu noir.

    Voix off : il nous chasse. (bom)

    Dans la forêt de nuit. Un cheval anthropomorphisé, habillé en notable, court maladroitement, l’air terrorisé.

    Ecran noir, (bom).
    Voix off : un à un, il nous dévore.

    Dans un champ, toujours de nuit, une oie (anthropomorphisé aussi, tous les animaux le seront donc j’arrête de le préciser), habillée en fermière du 19e, hurle, coincée contre une barrière de bois.

    Ecran noir, (bom).
    Voix off : même les plus valeureux d’entre eux ne peuvent l’arrêter

    Forêt de nuit de nouveau. Un chien de chasse habillé en chasseur, fusil en main. Il braque le fusil vers la caméra. Celle ci se rapproche rapidement, proche du sol, façon animal à l’affut. Le chien reste à sa place, le visage déterminé.
    Au moment où la caméra va entrer en collision avec lui, écran noir. Coup de fusil. Hurlement … Silence, puis gémissement.

    Voix off : mais cette fois …

    Une scène de jour. Gros plan sur la roue arrière d’une moto. La caméra monte doucement, montrant le dos du personnage, habillé façon baroudeur. A un moment, la caméra révèle l’arrière plan : dans un champ, une maison en foin en train de brûler.

    Voix off : il s’en est pris à une vraie tête de cochon.

    Changement de plan : gros plan sur une tête de cochon, on voit les mêmes vêtements que ceux du motard. Le regard du cochon est d’acier, façon colère contenue mais bouillonante.

    Voix off : mon nom est Loulou. Tu as dévoré mes frères. Prépare toi à mourir …

    Ecran noir, riff de guitare.

    Nouvelle scène : sur une petite route dans un champ, la moto avance. La caméra s’élève, on voit que le chemin rejoint un chateau fort.

    Début musique rock pour jeunes, avec force riff de guitares et batteries.

    Changement de décor : on est dans une pièce éclairée par un feu de cheminée, les murs sont de pierre. On voit le cochon motard, et un âne habillé en mécanicien.

    L’âne : tu ne peux pas l’affronter, il est trop fort pour toi.
    Le cochon : méfie toi … Dans le cochon, tout est bon. Et moi, je suis le meilleur.

    Les vues s’enchaînent.
    Une grange explose ; le cochon en sort en trombe, sur sa moto, en faisant une roue arrière.
    On voit le cochon dans une forêt sombre, maniant un énorme marteau. Il le fait tournoyer, puis finit par en asséner un grand coup dans la gueule d’une créature qui ressemble à un loup.
    On voit un troupeau de moutons (antropomorphisé aussi) en train de courir dans un village au crépuscule, terrorisés. Puis juste derrière, une meute de créatures ressemblant à celles ci dessus.
    Gros plan sur un petit agneau qui court ; un loup va le rattraper, et juste quand il va y arriver, il est percuté par une moto.
    Nouveau plan, on voit l’âne mécanicien en train d’armer un fusil à pompe, dans le bruit bien caractéristique.
    « Plus question d’aller à l’abattoir. Maintenant, c’est la guerre. »
    Vue de profil, le cochon en train de sauter, un uzi dans chaque patte, avec une explosion en arrière plan.
    Vue du chateau du cochon, cerné par la meute de loups. Un des loups s’avance, le cochon est en haut des remparts.
    Le loup, en plongée (il a les yeux rouges et le poil noir, pour bien montrer que c’est le méchant) : « Tu seras bien obligé de sortir, tôt ou tard, pour cueillir des navets ! »
    Le cochon, toujours en haut des remparts, en contre plongée : « Avale déjà ça ! » et lance une grenade. Explosion.
    Le cochon, en train de haranguer une foule d’animaux.
    « Mes amis de la basse cour, il est temps … »
    Nouvelle vue. Dans une plaine sous la pluie, les animaux en train de courir, différentes armes à la main.
    « Que la proie … »
    Dans la même plaine, de l’autre coté, une horde de loups charge également.
    « Devienne le chasseur ! » (hurlement façon « je suis colère ! »)
    Les deux hordes vont se percuter ! Musique au paroxysme !

    Ecran noir, la musique s’arrête.

    A l’écran, en lettres stylisées « Le cochon chasseur de loups – 3D ».

    Puis scène silencieuse. L’âne et le cochon sont sous un arbre, en train de cueillir des pommes.
    Le loup arrive. « Je savais que je finirai par vous croquer ».
    Le cochon prend une pomme, charge un lance roquette avec, vise le loup, et ajoute « Essaie les fruits : c’est bon pour la santé. »
    Il tire, face à la caméra. La pomme fonce vers l’écran, explosion, écran noir.

    • Je vous donne l’argent pour la réalisation de la bande annonce quand vous voulez ! Surtout si Nicolas Cage double le Cochon-Chasseur !

  7. Dans les années 90, John McTiernam et Arnold Schwarzenegger se moquaient des personnages qu’ils mettaient eux-même en scène. La bande annonce de Hamlet dans l’excellent « last action hero » est un modèle du genre.

  8. D’ailleurs, OC, votre bande-annonce fictive me fait penser aux fausses bandes-annonces des Inconnus (Les Mizéroïdes, les liaisons vachement dangereuses, Jesus II le retour…)

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  10. Moi j’ai bien aimé Hansel & Gretel: Witch Hunters.
    C’était bien décalé. Avec des bons gros anachronisme. Finalement même si ça s’appelle Hansel & Gretel, tout ce qui es trié de l’œuvre c’est leurs noms, le fait qu’il soit abandonné dans une forée enfant et le fait qu’il rencontre une sorcière dans une maison en sucreries. Tous le reste a été complètement inventé. Du coup c’est plutôt original.

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