(Hard) Drive

Joshua n’aimait pas cette chaise.

Bien que d’un bel aspect et couverte de cuir, elle était finalement fort peu confortable, tassée qu’elle était par des générations de professionnels qui s’y étaient assis avant lui pour préparer de nouvelles oeuvres ; un lourd silence pesait en ce moment même dans la salle, alors que chacun réfléchissait à la prochaine innovation que pourrait connaître l’industrie du cinéma américain. La tête dans les mains, chacun essayait, comme un vulgaire écolier, de feindre de profondes pensées pour éviter de croiser le regard du Président en bout de table. Ce dernier commençait à perdre patience.

« Alors ? N’avez-vous aucune idée, rien ? Vous ne savez pas comment nous pouvons innover ? A quoi est-ce que je vous paie !« 

Il avait, dans cette dernière exclamation, frappé la table du poing pour ponctuer son désarroi.

« Quelqu’un a bien une idée bon sang ! Michael ?« 

Réajustant une mèche sur son front suant, ledit Michaël avait péniblement relevé la tête en tremblant.

« On pourrait… on pourrait… on pourrait adapter un Comics ?
– Bon Dieu ! N’allez-vous jamais au cinéma ? Il n’y a que ça ! 
– Pardon Président, je…
– Taisez-vous ! Alexander, relevez le niveau ! Une idée, vite, je vous vois griffonner quelque chose ! 
– On… heu… hem. Un… un livre, on pourrait adapter un livre ?
– Mais je veux bien moi, mais je vous demande comment ! Dans quel style ! Acheter des licences, oui, trouver des histoires déjà faites, ok, mais innover, comment ? »

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Il y eut un léger grincement, lorsque Nicolas, à l’autre bout de la table, fit rouler sa chaise en arrière pour mieux se lever.

« On pourrait faire un film français. C’est original un film français.« 

« Hoooo« , fit la salle en tremblant. Le Président sourcilla.

« Nicolas, vous êtes très sympathique, mais on l’a déjà fait. Souvenez-vous par exemple True Lies : on avait même remplacé Thierry Lhermitte par Arnold Schwarzenegger pour rigoler, un soir qu’on était bourrés. Mais bon, hein, il s’agit pas de rire cette fois : ce n’est pas original, votre idée.
– Président, je ne parlais pas d’une licence de film français. Je parlais du style de film français. Regardez plutôt cette séquence.« 

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Un vidéoprojecteur descendit du plafond alors que les persiennes de la salle de réunion se refermaient pour plonger l’endroit dans l’obscurité. Sur l’écran apparurent deux personnages se faisant face dans un appartement parisien.

« Nathalie je…  
– Benoit…
– Nathalie…
– …
– …
*regards lourds*
*regards lourds*
– Tu veux un café ?
*il se dirige vers la porte*
– Non.
*Elle lui tourne le dos*
*Plan sur Paris la nuit, musique mélancolique* »
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Nicolas appuya sur pause, mais il fallut quelques secondes aux spectateurs pour comprendre que c’était le cas, tant cela ne changeait guère le rythme du film. Le Président se tourna vers Nicolas.

« C’est chiant.
– Oui. C’est pour ça que personne ne l’a fait jusqu’ici.
– Et vous pensez qu’on peut en faire quelque chose ?
– Oui, regardez, il suffit d’américaniser le film. D’abord, dans cette scène, il y a trop de prénoms à retenir : on va en retirer un. Ensuite, on va faire du héros un baroudeur mystérieux. Du coup, les gens penseront que les moments chiants sont des moments mystérieux. On remplace les plans sur Paris la nuit par Los Angeles, et pour la musique, on fait du placement de rock pour ados digne d’un épisode des Frères Scott. On met un peu de violence ici ou là pour faire film choc, et hop, la grosse feinte.
– Ça m’a l’air complètement con. Je vous donne 13 millions de dollars.
– Merci Président, je ne vous décevrai pas. »

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Ainsi naquit Drive, film qui n’a de cesse de rendre folle la critique française, et primé pour sa réalisation à Cannes. Actuellement présenté comme un chef d’oeuvre du cinéma, je vous donne le pitch officiel :

Un jeune homme solitaire, « The Driver », conduit le jour à Hollywood pour le cinéma en tant que cascadeur et la nuit pour des truands. Ultra professionnel et peu bavard, il a son propre code de conduite. Jamais il n’a pris part aux crimes de ses employeurs autrement qu’en conduisant – et au volant, il est le meilleur !
Shannon, le manager qui lui décroche tous ses contrats, propose à Bernie Rose, un malfrat notoire, d’investir dans un véhicule pour que son poulain puisse affronter les circuits de stock-car professionnels. Celui-ci accepte mais impose son associé, Nino, dans le projet. 
C’est alors que la route du pilote croise celle d’Irene et de son jeune fils. Pour la première fois de sa vie, il n’est plus seul.
Lorsque le mari d’Irene sort de prison et se retrouve enrôlé de force dans un braquage pour s’acquitter d’une dette, il décide pourtant de lui venir en aide. L’expédition tourne mal…
Doublé par ses commanditaires, et obsédé par les risques qui pèsent sur Irene, il n’a dès lors pas d’autre alternative que de les traquer un à un…

Je vous la refais :

Un expert dans son domaine accepte une dernière mission. Hélas, cela tourne mal : pour protéger celle qu’il aime, il va donc péter la gueule aux méchants.

Maintenant que vous savez que ce film a le même Pitch que Rambo, Fast & Furious, Le Transporteur, Commando, Portés disparus 1, 2 & 3 et environ 207 autres films vendus 2€ en caisse de Monoprix dont certains impliquant des ninjas et/ou des serpents de mer, passons au récit de cette petite perle.

Spoilons, mes bons !

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L'affiche : profitez-en, de tout le film, le héros ne changera jamais d'expression. Quel jeu d'acteur.

Le film s’ouvre donc quelque part à Los Angeles, par une douce nuit. Dans un hôtel, le héros est en train de passer un coup de fil en prenant un air mystérieux ; à noter que celui-ci n’a pas de prénom de tout le film (on ignore si c’était pour des raisons de budget qu’il a fallu le supprimer, ou si ça faisait plus « cool« ), il sera donc qualifié dans ces lignes sous le nom ronflant – mais impérial – de Sigismond (j’ai hésité avec Geneviève) pour que tout le monde s’y retrouve. Bref : notre larron est en train d’expliquer au téléphone comment il travaille : lui, c’est un chauffeur pour criminels. Donc, il les emmène là où ils veulent, ne pose aucune question et disparaît quand tout est fini. Sa règle ? Il donne très exactement 5 minutes sur place aux forbans pour réaliser leur forfait, ni plus ni moins ; si en ce temps ils n’ont pas pu  commettre leur odieux délit, il s’en va, probablement pour manger une glace tout seul dans son coin. En tout cas, il le dit bien : dans son métier, il est le meilleur. Avec lui, la police sera bien feintée. Nous constaterons qu’en réalité, il fait partie de la famille des quiches.

Afin de réaliser sa mission, il va trouver son complice mais néanmoins ami, Shannon (oui, c’est un homme ; quand je vous dis que le budget prénoms a eu un souci), garagiste boiteux de son état, afin de lui emprunter un véhicule pour l’occasion : ce sera donc une voiture d’un modèle particulièrement répandu en ville, afin de se fondre dans la masse, mais disposant d’un moteur gonflé pour pouvoir assurer en cas de course-poursuite : malin. Sitôt son véhicule en main, Sigismond se rend donc à proximité d’un entrepôt dans un quartier plutôt industriel, où l’attendent deux mecs avec fusils et cagoules (oui : les mecs attendaient sur place déjà en tenue, histoire que tous les voisins puissent dire « Allô la police ? Il y a deux cons en bas de chez moi armés et en tenue de braqueurs & co. Visiblement, ils attendent quelqu’un, je me suis dit que ça pourrait vous intéresser. Bisous. »). Bref ; sitôt qu’ils voient leur taxi en position, nos deux brigands filent vers l’entrepôt, ouvrent la porte d’un bon coup de fusil et s’enfoncent dans le bâtiment pendant que dehors, Sigismond (oui c’est ça ou je l’appelle par l’appellation officielle du film, je cite « The driver« , donc bon) enclenche sa montre pour leur donner les 5 minutes réglementaires. Il en profite aussi pour écouter la radio de la police, et entend bien vite que le coup de fusil a alerté le voisinage, qui a signalé le début de cambriolage ainsi que donné le signalement de la voiture du héros à la maréchaussée : sacrebleu ! Il faut que nos loulous fassent vite.

Heureusement, c’est ce qu’ils font : promptement, les deux complices sortent du bâtiment, les bras alourdis par des sacs chargés en butin, et sautent à l’arrière du véhicule de notre héros. C’est parti ! Je vous passe la course-poursuite qui s’ensuit, mais grosso-modo, la police ne parvient pas à prendre en chasse correctement notre pilote, tant il est bon, et même l’hélicoptère des forces de l’ordre se fait avoir. Cependant, après quelques péripéties et plus ou moins accalmies, la chasse reprend, et la police suit en nombre notre héros ; ça ne l’empêche pas de parvenir à destination : le stade de basket de Los Angeles, où un match s’achève à l’instant ; il se gare donc promptement dans le parking, puis enfile une casquette de supporter avant de s’extraire de sa voiture et se mêler à la foule sortant de l’endroit. La police, arrivant au même moment pour boucler toutes les issues le…

Ah, non, excusez-moi : la police, arrivant sur place, et sachant que les braqueurs sont là, ne boucle rien du tout (alors qu’ils contrôlent les sorties). Ah ? Mais alors à la place, que font-ils ? Du rien. Ah, d’accord. Ils restent donc bouche-bée, sur place, à faire des bulles avec leur morve, et le héros peut sortir tranquille. D’accord d’accord. Fondu au noir, donc.

Sinon, juste comme ça : il leur arrive quoi aux deux braqueurs ? Je veux dire, grâce au héros qui n’a pas été foutu de semer la police, ils se retrouvent dans un stade avec un cordon policier se refermant sur eux et leur butin, non ? Donc à moins d’abandonner le pognon, ils sont sûrs d’être arrêtés. Dans les deux cas, ils auront donc payé un chauffeur pour rien, c’est un fait. Et c’est ça le « meilleur chauffeur » de Los Angeles ? J’imagine que du coup, ils doivent être un peu colère, mais afin de ne pas souligner cette grosse incohérence sur le fait que le héros est en fait un incompétent notoire qui met ses clients dans la mouise, le fondu au noir arrive et coupe court à toute question : c’est vrai que ce film a bien mérité son prix de la réalisation. Bravo les gars. Rassurez-vous : ce n’est que le début.

Plus tard, nous retrouvons Sigismond qui rentre chez lui, et je m’aperçois que j’ai oublié de vous décrire le personnage : c’est un grand type blond et sec aux yeux bleus, qui a tout le temps un cure-dent dans la bouche (ce qui était classe en 1980), des mitaines de chauffeur (ce qui était classe en 1970) et un gros blouson blanc avec une sorte de scorpion brodé dans le dos, mais particulièrement laid (ce qui n’a jamais été classe), puisqu’on dirait que l’animal a été réalisé par une petite vieille qui tremblait un peu, et en plus, au fil doré. Avec cette combinaison, le héros peut donc aller flamber dans toutes les soirées tuning, il sera un Jacky parmi les Jacky. Notez que cet accessoire est tellement laid qu’il plait aux magazines spécialisés, ce qui est quand même un signe. Bref, que disais-je ? Ah oui : notre héros rentre à l’hôtel et prend l’ascenseur, ce qui est tout à fait passionnant ; il y rencontre Irene, sa jolie voisine blonde (gage de gentillesse), mais ne lui dit rien, ce qui est assez symptomatique du film. Je peux vous générer une scène aléatoire de Drive entre ces deux personnages, comme ça, au pied levé. Attention, c’est parti :

*insérer ici un plan qui n’a rien à voir : le héros est en voiture, arrêté à un feu, quelque part, dans Los Angeles de nuit*
*revenir sur le héros en face de la donzelle*
– …
– …
– … *sourire*
– … *regard*
– … huhu
– … *regard*, *sourire*
– Hm. Un verre d’eau ?
– Non.
*insérer ici un plan sur le héros qui met son clignotant, quelque part dans Los Angeles de nuit*
*revenir sur le héros et la donzelle*
– … vous êtes sûr ?
– Hmm hmm.
*fin de la scène : insérer ici un plan du héros qui change de file, quelque part, dans Los Angeles de nuit*
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Je ne vais pas vous le faire à chaque fois, mais pour que vous compreniez bien le principe de ce film, essayez d’imaginer qu’entre chaque paragraphe de ce spoiler, vous avez un plan qui n’a rien à voir avec le film où l’on voit le héros en voiture, la nuit, dans Los Angeles. Si vous avez besoin d’apprendre le japonais, n’hésitez pas : vu le nombre de séquences de ce genre, si à chaque fois vous en profitez pour lire une page de la méthode Assimil, en sortant, vous serez bilingue. Mais passons et revenons-en à l’histoire.

Sigismond va donc, après cette folle nuit, au travail, car figurez-vous qu’il n’est pas seulement chauffeur pour brigands : il est aussi cascadeur pour l’industrie du cinéma le jour ; sa maîtrise des véhicules est donc quotidiennement mise à l’épreuve, lui permettant de rester au top-niveau, comme on dit. Shannon, son copain garagiste, travaille avec lui sur les tournages en faisant office de manager et de conseiller technique à la fois ; bref, tout se passe plutôt bien pour eux jusqu’alors.

Vous n'avez pas vu le film ? Pas besoin de streaming : regardez fixement cette photo et imitez deux personne faisant "Hmmm" ou "Hem hem" et c'est bon, vous en avez vu 40%.

Mais un jour, alors que Sigismond va faire ses courses, il croise Irene faisant de même, sauf qu’il découvre que celle-ci a un enfant plutôt typé, que nous appellerons donc Paquito. Et en sortant du magasin, voici que la pauvre utilise une stratégie scandaleuse pour attirer l’attention de notre blond éphèbe : le coup de la panne. Car en effet, lorsque l’homme au blouson hideux sort du supermarché, il aperçoit sa voisine affairée sous son capot ouvert (ce qui est tout de même plus convenable que sur son capot fermé, mais je m’égare), et ne peut donc résister à l’idée de venir lui filer un coup de main, ce qu’il fait. Or, la voiture ne pouvant redémarrer, il raccompagne tout le monde dans leur résidence commune à bord de la sienne, et se propose même d’aider Madame à porter ses courses jusqu’à son appartement. Je vous laisse insérer ici une scène aléatoire du film comme générée ci-dessus, à base de silences, de regards, et de sourires qui donne l’impression que deux employés Cotorep tentent de communiquer. En tout cas, lors des rares dialogues, notre héros apprend à Madame qu’il est cascadeur, ce qui ne l’impressionne guère ; par contre, lorsqu’il lui dit que ce n’est qu’un mi-temps, car sinon il est garagiste, là, je peux vous dire que l’ambiance dans la pièce s’est dangereusement rapprochée de l’Amazonie tant cela touche la mère de famille. Ne me demandez pas pourquoi ; en même temps, quand on craque pour un mec en tenue de Jacky avec cure-dent en bouche, ça parait logique de succomber aussi au fait que la mécanique soit sa profession. Tout cela me parait fort beauf. Je suis sûr que Lagaf’ aussi a trouvé le film génial.

Irene, elle, révèle au héros que Paquito n’est pas l’enfant du Bon Dieu ce qui est bien normal vu son teint contestable, mais qu’il a un père prénommé « Standard » (je ne blague pas ; franchement, il y a vraiment un problème dans ce film – enfin, quand je dis « un »…), mais afin de faciliter la compréhension de tous mes lecteurs, nous l’appelleront Papaquito. Or, ce dernier est en prison, puisqu’il a fait de grosses bêtises dans sa prime jeunesse. C’est bien malheureux. Notre héros va t-il quand même tenter la dragouille ? N’a t-il pas peur de se faire lacérer le bide par un ex-taulard lorsque celui-ci sortira et de finir dans un caniveau à faire des scoubidous avec ses boyaux ? Voilà un bien grand mystère.

En tout cas, le lendemain, alors que Sigismond est au garage avec Shannon, ils voient arriver Irene et Paquito ; la petite famille a en effet décidé de venir faire réparer son véhicule à cet endroit, et évidemment pas par hasard : on sent bien que la donzelle n’est pas insensible au charme de notre cascadeur (il lui a fallu moins de 10 mots pour la séduire, on peut dire que le Monsieur est efficace. Ou alors c’est la damoiselle qui… nan, c’est bon, j’ai ma réponse je crois). D’ailleurs, puisque la voiture va être immobilisée un moment, Sigismond raccompagne même la petite famille jusqu’à l’appartement familial, mais en chemin, il se décide à passer en mode über-drague, et fait donc ce qui fait craquer toutes les filles : des pointes de vitesse (je ne rigole pas). Et ça marche. Ce film est vraiment trop classe. Il pourrait proposer un restau, l’emmener à l’opéra ou lui montrer sa collection de bagues de cigares, mais non : il dit plutôt « Regarde, j’ai un gros moteur ! » et ça fonctionne. Tout ça pour dire que voilà : la petite Irene, c’est dans la poche, tranquille, t’as vu.

Mais pendant ce temps, des choses se passent, même si elles ne servent à rien et sont intégrées au pitch du film pour des raisons qui m’échappent : Shannon décide de monter une écurie de stock-car, histoire de rentabiliser les talents de pilote de son poulain. Oui mais voilà : pour ça, il a besoin d’argent. Il va donc dans un petit restaurant italien caricatural discuter avec deux patrons de la mafia : Bernie et Nino, des associés dans le crime avec qui il a eu affaire par le passé. Ces derniers lui proposent éventuellement de financer son écurie et de toucher 30% des gains (le reste étant pour eux) si Sigismond les convainc. Rendez-vous est donc pris, un peu plus tard, sur un circuit vide pour voir le bougre faire des essais sous les yeux de Bernie, qui jugera si ça vaut le coup ou non d’investir.

Et sur le circuit, Sigismond épate Bernie. Ne me demandez pas comment, puisqu’il est tout seul sur un circuit de stock-car, qui a à peu près la forme d’un « 0 », ce qui du coup ne demande pas vraiment de compétences et ne prouve pas grand chose à part le fait qu’il sait où est la pédale d’accélération sur la voiture, mais voilà, pif pouf, Bernie tombe à la renverse devant tant de talent, principalement parce que c’est dans le script. Il vient donc le saluer, avec cette réplique culte : « J’ai les mains un peu sales » dit Sigismond, ce à quoi Bernie répond « Moi aussi !« , car comme tout parrain de la pègre qui passe, il aime bien dire en public et à un inconnu qu’il trempe dans des affaires crasseuses. Hem.

Enfin bref : l’argent de la mafia arrive donc à Shannon, suite à cela, qui investit dans une voiture pour préparer la première course ; à cette occasion, Bernie et Nino passent donc au garage de la fine équipe voir le véhicule ainsi acheté, ce qui est l’occasion pour Bernie de se confier à Sigismond : oui, il est de la mafia ; et maintenant qu’ils travaillent ensemble, ils sont plus qu’une équipe, une famille. Si Sigismond a besoin de quoi que ce soit, il peut passer le voir. Ho, et accessoirement, il conte une petite histoire, sur comment Shannon est devenu boiteux : il a voulu rouler la mafia. Tout simplement. Enfin visiblement, ça n’a rien appris à Shannon, puisqu’il continue d’aller s’endetter auprès du syndicat volontairement, ce qui est rarement une bonne idée. Je dis ça, je ne dis rien.

Seulement voilà : entre temps, des choses se sont passées : Papaquito est sorti de prison, et est donc rentré chez lui pour organiser une grosse fête avec sa femme et ses amis. Encore une fois, on notera qu’à Cannes, ils devaient pioncer durant la projection, puisque je rappelle que le film a eu le prix de la réalisation ; or, le réalisateur a choisi de faire un angle de caméra lors du discours de Papaquito sur le bonheur d’être chez soi où l’on voit derrière lui, et en gros plan, des figurants qui sont exactement les mêmes que ceux que l’on voyait au début du film lorsque le héros se préparait à faire une cascade sur un tournage. Là encore, le budget devait manquer – ça et l’idée de ne pas toujours placer les mêmes figurants juste derrière les personnages principaux. Mais bon, faisons semblant de rien et poursuivons : Papaquito est content, et il souligne particulièrement qu’il salue sa femme, Irene, qui l’a attendu patiemment. La bougresse est un peu mal à l’aise, et de toute matière, on imagine bien que Paquito racontera bientôt à son papa comment le gentil voisin au blouson moche a trombiné maman à l’arrière du véhicule familial en écoutant du LMFAO sur son caisson de basse monté sur néons.

Attention c'est un piège ! On ne dirait pas, mais ce n'est pas la même scène que la précédente : allez-y "Hmmm", "Hem hem". Voilà, vous êtes montés à 80% de visionnage légalement

Je vous passe le déroulement de la petite fête en question, à base de plans sur les personnages qui se regardent sans parler, sourient bêtement, regardent leurs pieds, le tout sur fond de musique pour ados : les spectateurs de Twilight n’ont pas dû être trop perdus. Bref, finalement, sans que l’on sache pourquoi, Irene décide de quitter la fête pour aller s’asseoir toute seule dans le couloir (ce qui est une attitude bien normale lorsque l’on célèbre chez soi le retour de son mari absent depuis des années) ; lorsque son cascadeur de voisin sort de chez lui, ils procèdent donc à un nouveau non-dialogue à base de regards et de non-dits (c’est ennuyeux à raconter : imaginez comme cela le fut à regarder), jusqu’à ce qu’ils soient interrompus par Papaquito et son fils qui eux aussi quittent la fête pour… heu… sortir les poubelles. Je ne blague pas : en plein milieu de la soirée, le mec est avec tous ses amis et enfin libre depuis des années, et sa priorité, c’est de sortir les poubelles. Je… Seigneur. Et voilà, c’est tout. On découvre juste que Papaquito se méfie un peu de ce voisin qui a visiblement été un peu trop gentil avec sa femme pendant qu’il n’était pas là. On le comprend.

Après plusieurs transitions durant lesquelles on voit le héros conduire dans Los Angeles (de nuit : il ne fait jamais jour sur cette ville), on le voit prendre un repas dans un petit restaurant ; hélas, sur place, il est abordé par un type qui lui explique qu’il se souvient de lui : il a fait un coup avec lui il y a un an, et se souvient de cet incroyable pilote, puisque la fois suivante ils en ont pris un autre, et ils l’ont regretté puisque la police les a choppés (il n’a pas dû regarder le début du film, où les clients du héros vont se faire arrêter bêtement justement parce qu’il est complètement con et qu’il ne sème pas la police avant de larguer ses gars à l’endroit voulu). Le brigand propose donc un nouveau coup à notre héros, mais ha ! Sigismond en a assez de ces conneries : il refuse sèchement, en expliquant que si son interlocuteur ne le laisse pas tranquille de suite, il le tabassera céans sans hésiter, et notre chauffeur préféré peut donc finir de mâcher lentement son repas en prenant un air pensif.

Un jour, en rentrant du travail, Sigismond s’en va pour garer son véhicule dans le parking de sa résidence, mais ho ! Qui croise t-il près du local à poubelles ? Papaquito ! Ce dernier a visiblement une obsession pour cet endroit, ne me demandez pas s’il a une passion inavouée pour les ordures, mais en tout cas, il a l’air de passer son temps dans ce coin ; cela dit, le bougre s’est fait méchamment tabasser et a le visage dans un sale état ; à côté de lui, son fils, qui a assisté à la scène, est encore un peu terrorisé. Sigismond aide Papaquito à retourner chez lui, et le laisse aller se débarbouiller dans la salle de bain. Pour des raisons là encore inconnues, alors que l’eau coule et tout, lorsque finalement, Papaquito quitte le lavabo et est prêt à discuter avec notre héros, il n’a pas bougé un centilitre de sang de son visage. Mais ? Mais alors il faisait quoi dans la salle de bain penché sur le lavabo ? Il s’humidifiait la peau des bras ? Il se parfumait en faisant couler l’eau ? On ne le saura jamais : ça fait tellement plus cool de faire un dialogue avec un mec couvert de sang. Là encore, bravo à la réalisation.

Que s’est-il donc passé en tout cas pour que Papaquito se fasse ainsi passer à tabac devant son fils ? Trafic de drogue ? Concours de barbichette ayant mal tourné ? C’est simple (oui, il raconte tout sans hésiter au mec qui se tapait sa femme, comme ça, hop ; comme quoi, Papaquito aime tout partager) : en prison, il a été « protégé » en échange d’argent, et maintenant, il a des dettes. Or, les gens à qui il doit de l’argent sont aussi à l’extérieur, et n’ont de cesse de le harceler pour lui faire cracher toujours plus de billets verts. Et là, ils lui ont carrément proposé de participer à un prochain casse pour eux, pour qu’il paie sa dette ; lui a refusé, car voulant se ranger, et a donc eut le droit à une discussion saine et franche avec Monsieur Poing-dans-tagueule et Madame Batte-de-base-ball. Les méchants ont en plus donné à son fils une balle en lui disant de bien la garder car elle pourrait servir : toute la famille est donc menacée ; Sigismond ne peut pas laisser cela passer. Il est colère : il propose donc d’aider Papaquito à réussir le coup pour la mafia, afin qu’Irene et Paquito soient en sécurité. Papaquito et Sigismond fraternisent donc, et ce dernier est donc même invité à la table familiale, ce qui ne doit pas du tout mettre Irene super mal à l’aise mais on s’en fiche : c’est une femme, elle ne va quand même pas la ramener, non mais.

Dans les temps qui suivent, rendez-vous est pris entre les hommes menaçant Papaquito, celui-ci et Sigismond afin de parler du casse à venir ; ils rencontrent donc Chris Cook, un mafieux en jogging qui explique au héros qu’il peut participer à l’opération en tant que chauffeur s’il le souhaite, mais qu’il ne touchera pas un dollar pour sa participation ; celui-ci répond que ça lui va, mais qu’en échange, il veut la promesse qu’Irene et sa famille n’entendront plus parler des vilains et ne seront plus jamais menacés. Soit : il en sera ainsi. Même si moi, curieusement, travailler contre des promesses de gens malhonnêtes, je pense que c’est idiot ; personnellement, j’aurais plutôt tenté une autre option intitulée : « Tu sais, tout à l’heure dans le film, les deux patrons de la pègre locale m’ont intégré à leur famille et dit qu’ils m’aideraient si besoin était. Donc tu vas être gentil et pas me faire chier, moi ou mes copains, mon petit Chrissounet, car de fait on est sous leur protection« . Mais  comme il n’y pense pas (puisque ça aurait un peu pourri l’intrigue déjà bien fragile et bancale), notre larron préfère accepter une mission dangereuse contre une vague promesse fumeuse. On lui présente donc une autre personne qui sera sur la mission : Blanche, incarnée céans par Christina Hendricks, sorte d’anti-Milla Jovovich. Elle et sa chevelure de feu assisteront Papaquito dans le braquage d’un prêteur sur gage dans quelques jours : fort bien.

Ce personnage n'a rien à faire dans le film. Sa seule présence est une incohérence. Mais c'est gentil d'être venue, hein

Voyageons donc dans le temps et rendons-nous directement chez le prêteur sur gage, situé dans un bâtiment à l’écart de la ville dans un coin un peu désert. Sigismond débarque avec ses deux compères, et lui reste dans la voiture, en donnant donc 5 minutes réglementaires à ses compagnons pour régler l’affaire. Il faut noter quelque chose d’assez formidable : sans aucune raison valable autre que la coolitude (permanente dans ce film), les deux braqueurs décident de tout faire à visage découvert, histoire d’être certains que la police puisse les retrouver facilement : Papaquito a peut-être très envie de retrouver de viriles amitiés en prison, allez savoir. Quant à sa complice, ça va être facile :

« Bonjour inspecteur ! Merci d’avoir fait si vite !
– Pas de quoi. Alors, décrivez-moi vos agresseurs ?
– Et bien figurez-vous qu’ils étaient deux, et que l’un d’entre eux était une femme.
– Des détails ?
– Oui, elle était rousse et avait de très gros seins.
– A toutes les voitures, on recherche Christina Hendricks, on a un code roux, je répète, on a un code roux »

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Bref. Mais rassurez-vous mes bons lecteurs : comme ce film est mauvais, il ne s’en arrête pas là : non content d’opérer à visage découvert, figurez-vous que nos loulous font aussi un truc extraordinaire. Déjà, il faut savoir que Sigismond a sélectionné une voiture à deux portière : c’est vrai que c’est tellement pratique quand on est plus de deux et qu’en plus il y a des gros sacs à faire rentrer et sortir rapidement. Quel pro ; et surtout, ensuite, on voit tout d’abord Blanche sortir avec un sac de pognon du bâtiment et se diriger droit vers la voiture avant d’y monter ; et ensuite, lorsque Papaquito sort à son tour de l’endroit, il range son arme et… je… comment vous le dire ? Il marche. Pas d’un bon pas ou rien, hein, il marche tranquillement, du genre « Ho bin j’ai bien mangé moi, j’aurais pas dû reprendre deux fois du dessert« . Pourquoi, en sachant que de toute manière il n’a plus à être discret, puisqu’ils sont au milieu de nulle part et que le seul témoin vient d’être braqué ? Et pourquoi marche t-il paisiblement devant les fenêtres du magasin, en sachant qu’à l’intérieur, ça doit être un peu la grosse colère et que nous sommes aux Etats-Unis, un pays où les armes à feu circulent librement, particulièrement chez les commerçants soucieux de se défendre ? La réponse : pour l’intensité dramatique. Ridicule, incohérente, mais dramatique.

Et ça ne manque pas : alors qu’il marche bêtement paisiblement, Papaquito se ramasse en passant devant une fenêtre de l’établissement un coup de chevrotine dans la face. Et alors qu’il tente péniblement de se remettre de ce coup du sort, le tireur sort de l’endroit et l’achève à bout portant. C’est ballot.

Ni une, ni deux, malgré les cris de Blanche à l’arrière, Sigismond appuie sur le champignon et démarre pour filer à folle allure ; il note alors qu’une voiture se lance à leur poursuite ; une voiture qui était arrivée pendant le braquage et dont personne n’était descendu, d’ailleurs. Des gens visiblement au courant de ce qu’il se passait donc ; mais bien qu’ils tentent d’arrêter nos héros, c’est sans compter sur l’habileté de notre chauffeur, qui a tôt fait de les envoyer dans le décor avant de prendre la fuite comme il se doit. Cela fait, il prend la direction d’un motel, afin de s’y planquer tranquillement.

Là, avouons-le, il a de gros doutes sur le rôle de Blanche dans cette histoire, puisqu’il réalise qu’elle semblait au courant du fait qu’une seconde voiture serait sur place. Sans compter qu’en plus de tout cela, un flash-info à la télévision explique qu’un prêteur sur gage a été braqué, mais que le braqueur était seul, a été abattu, et tout l’argent récupéré. Sans compter que le sac de fric de Blanche contient près d’un million de dollars en liquide… cela signifie que l’argent volé est de l’argent sale, d’où le fait que le prêteur sur gage ne crie pas sur tous les toits « On m’a volé mon argent sale, aidez-moi, la police, intéressez-vous à mes activités !« . Sigismond commence donc à regarder Blanche d’un sale oeil en se demandant dans quelle affaire pourrie elle l’a emmené. Ce pourquoi… il décide de la laisser toute seule dans la chambre de motel avec un téléphone portable histoire qu’elle puisse appeler tous ses potes en renfort. D’accord.

Ce film. Mais ce film. Sérieusement ?

Effectivement, donc, c’est la série des coups de fil : Blanche, profitant de l’absence du héros simplet, appelle donc du renfort pour venir la sauver. Sigismond, lui, préfère aller dehors appeler Irene depuis une cabine pour lui annoncer que Papaquito a ramassé un gros coup de chevrotine entre les oreilles et que, mystère de la médecine, il en est mort. Hélas, il ne peut joindre la belle : la police est déjà sur place en train de l’interroger « Madame, pourriez-vous nous en dire plus sur les activités de votre mari ? Et sauriez-vous d’où venait sa passion pour le local à poubelles ?« . Il retourne donc dans sa chambre, afin de demander gentiment à Blanche ce qu’elle sait véritablement. La belle refuse de coopérer, jusqu’à ce que le héros commence à lui parler avec ses poings histoire de bien lui faire saisir l’ampleur de son désarroi ; la chose semble efficace puisqu’elle parle : oui, elle savait pour la deuxième voiture présente sur le braquage, qui contenait en fait des mecs qui devaient les braquer, eux, une fois le braquage réussi. Et ces hommes étaient aussi envoyés par Chris Cook : le 1er braquage devait servir à sortir l’argent du prêteur sur gage, et le braquage des braqueurs devait servir à brouiller les pistes : quiconque aurait voulu enquêter sur l’affaire aurait remonté la piste des premiers braqueurs… et serait arrivé à des cadavres. Impossible, donc, de suivre la trace de l’argent, la piste se serait arrêtée là.

"Ok mec, on parie que je fais le braquage en slow motion et à visage découvert ?"

Un plan qui pourrait paraître malin, si ce n’était pas l’équivalent tactique du gruyère chez nos amis fromages :

  • Blanche explique qu’elle devait toucher 40 000$ pour trahir la 1ère équipe. Oui ? L’intérêt pour Chris Cook ? Il ne mettait personne de la première équipe au courant, c’était encore mieux. Après tout, il avait l’heure et le lieu du braquage : pourquoi avoir besoin d’autre chose ? Pour plus de sécurité ? Pas de soucis, parlons-en de la sécurité.
  • S’il veut la jouer sécurité, pourquoi veut-il braquer la première équipe à l’aide d’une voiture qu’il envoie sur place faire de la course-poursuite contre un chauffeur expérimenté, bref, un truc aléatoire et foireux dans lequel il part désavantagé ? Pourquoi n’attend t-il pas gentiment que les mecs viennent livrer le pognon à un point donné, et que là, sur place, sur le terrain qu’il choisit, il les refroidisse ? Surtout que les mecs ne risquent pas de se barrer : s’ils le font, il peut buter Irene et sa famille. Donc il peut attendre dans son fauteuil tranquillement qu’on le livre.
  • Blanche a-t-elle subi une lobotomie ? On lui a expliqué le plan. Donc elle sait que si on extermine la 1ère équipe, c’est pour couper la piste. Sachant qu’elle a braqué, pour des raisons incompréhensibles, le prêteur sur gage à visage découvert, ce n’est plus une piste, c’est une autoroute. Donc elle devrait deviner qu’elle ne touchera pas 40 000$ puisque personne n’a intérêt à la voir survivre, et donc encore moins à la payer. Particulièrement pour un rôle inutile (ah si : dire qu’il y a la nana de « Mad Men » dans le film)
  • Sinon, un cambriolage, ça marchait aussi et c’était plus discret. Mais moins cool, encore une fois.

Bref, ce scénario est tellement peu sérieux que je soupçonne qu’il soit l’ultime oeuvre de Jean Amadou avant sa disparition brutale.  Reprenons le déroulé de ce truc.

Sigismond est tout à ses réflexions – limitées – sur le sujet qu’il n’est pas bien concentré sur ce qu’il se passe dehors, ou sur le fait qu’il aurait pu penser à consulter le journal des appels de Blanche pour savoir si elle avait appelé ses potes. Mieux encore, lui qui est un pilote et un professionnel prudent décide de rester immobile au motel plutôt que de charger Madame dans une voiture après lui avoir confisqué son téléphone (et là, je m’y connais) et de poursuivre son interrogatoire quelque part dans un coin désert. Du coup, nous avons le droit à une scène fort originale : l’arrivée des méchants dans le motel pourri pour tataner les gentils. Sous la forme de deux brutes armées, l’une d’entre elle arrivant par la fenêtre de la salle de bain où Blanche est en train de pleurnicher : elle reçoit donc une cartouche de fusil à pompe dans le museau, envoyant ainsi sa cervelle recouvrir le mur voisin (ce qui ne fait qu’une toute petite tache, du coup) ; Sigismond, entendant cela, se met en embuscade et tatane le malandrin lorsqu’il sort de la salle d’eau avant de lui confisquer son fusil ; avec ce dernier, il transforme donc promptement en pulpe l’autre agresseur, qui est ainsi fort surpris. On a alors un gros plan durant de longues, très longues secondes sur le visage du héros couvert de sang, pensif.

Car oui : le reste du motel n’a pas bougé. En même temps, c’est vrai que c’est tellement commun les fusillades dans ces endroits dans les films que les gens ne réagissent même plus. Donc pas un cri, pas un bruit, pas une sirène : juste notre héros en train de méditer sur la condition humaine. C’est consternant.

Plus tard, notre héros retourne en ville puisqu’il est un peu grognon, et va voir son pote Shannon afin de lui demander s’il peut l’aider à trouver Chris Cook ; pas de soucis lui répond ce dernier : je vais demander à mon copain Bernie s’il ne peut pas nous aider à le trouver. Et rapidement, Sigismond finit par avoir l’adresse d’une boîte de strip-tease où le malandrin se terre ; ni une, ni deux, équipé de son ami Jojo le gros marteau, il se rend sur place et le trouve en coulisse au milieu de jeunes filles aux poitrines opulentes ; il a tôt fait de lui briser tous les doigts à l’aide de son ustensile sans que personne n’intervienne malgré ses cris de goret, car comme chacun sait, dansles boîtes de mafieux, il n’y a aucune sécurité. Voilà voilà.

Sigismond, toujours marteau en main et assis sur sa victime gémissant au sol, lui pose donc une question simple : qui a commandité l’opération ? Qui savait qu’il y avait 1 million de dollars chez le prêteur sur gages ? La réponse tombe vite : Cook fait appeler l’homme en question, un certain… Nino. L’associé de Bernie. Comme tout cela sent mauvais pour notre malheureux chauffeur ! Aussi, il propose à Nino la chose suivante : lui, il n’a pas travaillé sur le braquage pour l’argent. Le pognon, il s’en fout. Il se propose de tout ramener à Nino pour qu’il se demmerde avec, en échange d’une seule chose : s’en sortir. Cela semble intéresser le mafioso, et c’est bien normal, puisque là, on lui offre carrément l’argent qu’il voulait récupérer sur un plateau, sans retour, et dans les conditions qu’il aura choisies. Merveilleux non ?

Si j'avais un marteau, toudidoudidoudiou...

Notre héros retourne donc après tout cela chez lui, et se rend, ce faisant, à l’appartement de sa voisine et néanmoins élue de son coeur, Irene. A qui il propose de filer le million de dollar pour qu’elle et Paquito aillent se mettre en sécurité. Pardon ? Qu’ouïs-je ? Tu veux la protéger en lui filant du pognon volé à un mafieux ? Tu ne penses pas qu’il risque de venir chercher l’argent en question à coup de fusil ? Non ? Et puis aux dernières nouvelles, tu venais de promettre de rendre l’argent donc c’est un peu con. Mais bon, on est plus à ça près, hein, moi même, je commence à être fatigué d’énumérer autant de n’importe quoi. D’ailleurs, dans la série « Je suis un garçon subtil et intelligent« , Sigismond ajoute « Et si tu pars, si tu veux, je viendrai avec vous ! » ; ah, le corps de feu son mari n’est pas encore froid que tu lui proposes de faire fick-fick fraülein : décidément, tu es un garçon très classe. Sans compter que comme ça, ça ferait une raison de plus à la mafia de partir à la poursuite d’Irene ; tu as tellement de bonnes idées que tu aurais ta place au gouvernement. Vraiment, chapeau.

Irene et lui discutent, discutent mais sont brutalement interrompus alors qu’ils dissertaient dans le couloir de leur étage par l’arrivée impromptue de l’ascenseur avec, dans celui-ci, un type en costard prétendant s’être trompé d’étage en voyant les deux personnes devant lui. Irene devant partir, elle monte donc dans l’appareil, suivie en cela par Sigismond ; tous deux sont devenus silencieux, tant ils ne veulent pas parler mafia, pognon et récupération de veuve à la volée devant le premier inconnu venue. Mais alors que tout le monde regarde ses chaussures, comme il se doit dans un ascenseur en marche, notre blondinet national remarque que l’étranger en costume a dans sa veste… un pistolet ! Un agent de la mafia : ils ont décidé de venir chercher le pognon eux-mêmes !

Encore une fois : pourquoi ? Ne pouvaient-ils pas, s’ils voulaient vraiment refroidir Sigismond, le faire au rendez-vous qu’ils auraient fixé ? Histoire d’être sûr d’avoir d’abord le pognon avant de le tuer, et de pas se retrouver avec un macchabée sur les bras et un million de dollars dans la nature ? On ne sait pas. C’est aussi idiot que le reste.

Le chauffeur ne réfléchit pas : il pare au plus urgent dans une telle situation, et donc (attention : voici la scène qui justifie la palme de la réalisation) les lumières dans l’ascenseur changent alors pour devenir tamisées comme par magie, et comme dans un rêve, Sigismond se retourne pour rouler un gros et long patin à Irene (le tout suivi de longs plans où ils se regardent transis d’amour en silence). Ah, et oui, pendant ce temps, le tueur de la mafia, qui a dû vaguement remarquer que le héros avait reluqué son holster, plutôt que de profiter de ce moment pour envoyer des balles de 9mm faire de la spéléologie crânienne, attend tranquillement en regardant en l’air. Et donc, quand le driver-lover a fini d’emballer sa copine, les lumières reviennent à la normale, il se retourne et… défonce la gueule au tueur qui n’a le temps de rien faire ; après l’avoir mis au sol, il le tue à coups de pieds, contrastant avec la poésie du baiser précédent, tout ça au point qu’il lui tape tant et si bien le crâne que l’on a un plan sur la tête du pauvre type qui n’est plus que pulpe (comment ? Qui a dit du gore gratuit ? Mais non : ce film a eu un prix à Cannes, c’est pas comme si c’était du vu et revu). Cela choque un peu Irene, qui voyant la violence au fond de lui, quitte l’ascenseur sitôt les portes ouvertes non sans avoir jeté un long regard (zzzzz… hein ?) à celui qu’elle trouvait autrefois si charmant. Lui, couvert de sang et de bouts de cervelle, reste sur place un peu tétanisé en voyant la douce s’éloigner dans le parking souterrain.

Pendant ce temps, dans le restaurant caricatural de nos amis de la mafia, au milieu des tables à carreaux rouges et des remarques sur la famille, Nino apprend que son homme de main chargé de tuer Sigismond est mort, et réalise qu’effectivement, il est complètement con d’avoir fait ce qu’il a fait : c’est bien, au moins un personnage qui le reconnait, c’est pas mal. Son pote Bernie, lui, qui n’était au courant de rien, s’insurge : Nino a bien merdé, ça oui ! Et puis d’abord, c’était quoi cette histoire de braquage, dont lui-même n’était pas au courant, alors qu’ils sont associés ? Nino explique la chose : un mafieux de Philadelphie voulait venir s’installer à Los Angeles, et avait donc fait amener un peu de pognon chez un prêteur sur gage lui servant de banque secrète pour préparer ses investissements. Etant de la mafia, Nino en a eu vent et s’est dit que tiens, il prendrait bien tout ce beau pognon, histoire de rigoler et accessoirement d’empêcher la concurrence de venir s’installer. Son plan était super, et devait permettre de couper toute piste permettant de remonter jusqu’à lui, en se débarrassant de la première équipe de braqueurs. Mais là, il y a eu un hic, et finalement, maintenant, il y a dans la nature un chauffeur avec un million de dollars qui sait tout et qui peut faire le lien : il doit donc disparaître.

J’en profite : Nino, juste comme ça, à quel moment, toi qui connais les méthodes de la mafia, ça t’a paru pertinent de piquer le pognon d’un mec de la famille ? Tu serais pas un peu con des fois ? Surtout que la piste, elle est facile à remonter : « Tiens, qui était au courant qu’il y avait un million de dollars chez un prêteur sur gages ? Ah bin, les cadres de la mafia en fait. Du genre Nino et Bernie, au hasard. » ; donc non seulement le plan était pourri d’un bout à l’autre, mais en plus, le film oublie vaguement quelque chose : il y a donc quelque part, à Philadelphie, un type visiblement friqué et haut placé dans la mafia à qui on vient de voler 1 million de dollars ; et il n’envoie personne sur place commencer à briser des molaires pour savoir qui à fait le coup ? Nino n’a pas vent de mecs commençant à poser des questions ? Hé bien non, rien : le mec a visiblement perdu 1 million et s’est contenté de dire « Crotte alors ! » avant de retourner jouer à Twister avec ses hommes de main en gloussant. Soit.

Mais Nino ne s’en arrête pas là dans le festival du n’importe quoi : « Je suis dos au mur : il y a des gens qui savent que j’ai organisé le braquage ; maintenant, il va falloir tous les tuer ! » ; ah bon ? Parce que sans cette histoire de chauffeur ayant l’argent, tu les aurais laissés en vie ? Qui donc écrit des dialogues de ce genre visant à se tirer des balles dans le pied ? Ne cherchons pas. Bernie, en tout cas, soutient son complice dans le crime : « D’accord, je vais t’aider.« . Chris Cook, la main dans le plâtre, et qui était en train de manger dans le restau des mafieux après avoir raconté comment Sigismond lui avait rendu visite, voit donc arriver vers lui Bernie armé d’une fourchette, qu’il lui plante dans l’oeil. Pourquoi, à part pour du gore, encore une fois ? On ne sait pas. Bernie retourne donc chercher un gros couteau, et le plante dans la gorge du Monsieur, histoire de confirmer que oui, s’il s’était d’abord saisi d’une fourchette, c’était juste pour rigoler.

L'avatar de la déconne

A ce moment là du film, je me suis pris la tête dans les mains et un rire moqueur aux échos de désespoir est sorti de ma gorge assez involontairement.

J’en profite pour souligner que le cri produit par le coup de fourchette n’a qu’un seul effet : alerter tout le quartier qu’on est en train d’assassiner un type, et que bon, en plus, tuer des gens en plein milieu du commerce qui vous sert de QG et de couverture à la fois, c’est peut-être pas ce qu’il y a de plus intelligent à faire, mais bon ; rassurez-vous, toujours personne ne réagit : les lecteurs assidus se rappelleront qu’une fois encore, il y a un autre film où les méchants agissent exactement de la même manière, et il se prénomme « Twilight 2« .  C’est dire où on en est arrivé.

Bernie, donc, bien chaud après cette petite mise en jambe, décide de rendre visite à quelqu’un d’autre : son vieil ami Shannon. Ce dernier a été prévenu par Sigismond qu’il allait bientôt être temps de déguerpir, et comme dans tous les films sans imagination, il a donc les valises à la main lorsqu’il voit Bernie surgir à côté de lui dans son garage en susurrant « Tu pars en vacances ? » (quelle originalité, encore une fois). Mais le mafieux ayant bien connu le mécano, il lui fait une fleur en lui offrant une mort douce ; il lui annonce poliment que voilà, c’est la fin de la route, et lui serre la main. Et ce faisant, lui ouvre l’artère du bras d’un bon coup de rasoir, ce qui, coup de bol, ne le couvre pas de sang (c’est une artère en bas-débit, du 56K probablement). Shannon s’effondre donc contre l’une de ses voitures et doucement, s’en va vers un monde meilleur où les critiques de cinéma savent distinguer un truc bancal et réchauffé d’un chef d’oeuvre.

Sauf que Sigismond, lui aussi, est d’une humeur massacrante : il est parti pour tuer Nino, le responsable de tous ses ennuis. Il passe donc d’abord chercher un masque de l’équipe des effets spéciaux sur le tournage où il travaillait, puis se rend au restaurant de Nino, le découvrant ainsi en pleine soirée festive ; il n’y rentre pas et s’abstient de faire quoi que ce soit, préférant attendre dans sa voiture de voir le parrain monter dans sa berline avec son chauffeur personnel après la teuf. Il les suit un moment sur la route, puis en passant au bord d’une plage, donne un bon coup dans l’arrière du véhicule de Nino, obligeant le chauffeur à sortir de route, s’arrêtant à quelques mètres du bord d’un petit promontoire dominant la plage. Ayant lu le script, le chauffeur ne repart pas, et préfère à la place sortir de la voiture pour… en inspecter l’avant. Ah ? Je ? Mais pourquoi, sachant que vous avez été percutés à l’arrière ? Aucune raison valable. Alors qu’il remonte et s’apprête à redémarrer, Nino s’impatientant, les deux hommes voient une paire de phares s’allumer sur leur côté droit : venant de la route, une voiture, la même que celle qui les a déjà attaqués, fonce sur eux pour les pousser du promontoire : elle les percute un bon coup et le véhicule mafieux vole, s’écrasant après un petit tonneau sur la plage en contrebas. Sigismond sort alors de la voiture pour contempler son oeuvre, toujours vêtu de son masque en latex de tournage. Au passage, sa voiture est impeccable, et il n’a même pas un phare de rayé : il a dû percuter la voiture par deux fois uniquement avec la force de son esprit, je ne vois que ça.

En bas, de l’épave sort péniblement le pauvre Nino, blessé. Pour la petite histoire, Nino était assis à l’arrière et à droite du véhicule, soit du côté de l’impact et sans équipements de sécurité : il a survécu. Son chauffeur, qui était du côté opposé, qui avait les airbags et compagnie et qui n’a pas été touché par la voiture, lui, a juste disparu. Probablement qu’il a eu tellement peur qu’il s’est transformé en vapeur d’eau, ou quelque chose du genre. Enfin bref, on ne le reverra plus.

Nino rampe donc sur la plage, et voit Sigismond se rapprocher de lui à pied, sous la lueur du phare local qui éclaire régulièrement l’endroit. Nino a le choix pour essayer de s’enfuir malgré ses blessures :

  • soit partir vers la droite en rampant dans le sable
  • soit partir vers la gauche en rampant dans le sable

Il décide donc fort logiquement de… comment l’écrire ? Je… bon, soyons directs : il rampe vers l’eau. Voilà. Comme ça, hop, il se dit « Tiens, je ne peux plus marcher, si j’essayais de nager le crawl ? » et il se dirige donc vers les vagues. Il a visiblement l’instinct de survie plus proche de celui de la truite que de l’être humain. Bon bon bon, enfin voilà qui facilite au moins le travail de Sigismond, qui le rejoint et lui attrape la tête pour lui mettre sous l’eau (comme tout cela est pratique, sinon il eusse fallu lui faire manger du sable) ; Nino meurt donc noyé des mains de celui qu’il avait voulu tuer. Ah, et oui : le héros porte toujours son masque, qui n’a donc servi strictement à rien. Dans ce film, je crois que les gens ont aussi un problème avec la question « Quand faut-il se couvrir le visage ou non ? » ; c’est vrai que c’est pas facile.

Jeu : Aidez Nino à retrouver les différences entre lui et une truite

Le lecteur taquin, empli de mauvaise foi me dira sûrement « C’était sûrement pour ne pas être reconnu par Nino avant qu’il ne décide de passer à l’attaque« , ce à quoi je répondrai « C’est vrai qu’à côté de ça, il se trimballe toujours avec le même blouson hideux et désormais couvert de sang, du coup, en fait, non, ça ne marche pas, mais c’était gentil de vouloir essayer de sauver au moins un élément du film« .

En tout cas, après ce coup là, Sigismond appelle Bernie pour lui dire que son ami Nino est mort ; c’est donc un peu la panique chez l’associé du défunt parrain, mais celui-ci propose d’en terminer une bonne fois pour toute avec cette histoire : il donne rendez-vous à notre chauffeur préféré en terrain neutre, dans un restaurant chinois, en lui demandant de venir avec l’argent. S’il refuse, Irene aura de gros soucis, pour faire un euphémisme, certains d’entre eux pouvant impliquer une cave, des graviers, et une bonne vingtaine de gangsters latinos ; soit, dit notre héros. Irene et Paquito ont le droit de vivre et de pouvoir s’asseoir sans souffrir : il accepte.

Le lendemain en début de soirée, Sigismond arrive donc au restaurant asiatique, toujours vêtu de sa veste couverte de crasse, de sang et de bidoche, mais encore une fois, les gens trouvent ça tout à fait normal. A peine arrivé à la table, Bernie et lui ont vite fait de négocier la chose sans s’encombrer de politesses : le héros a le pognon ? Oui, dans la voiture. Ok, alors on y va : les deux hommes se lèvent et quittent le restaurant, ce qui fait sûrement pester le serveur qui les a vu profiter des chips à la crevette sans rien commander. Mais sitôt arrivés au coffre du véhicule, et que celui-ci, ouvert, présente la vision d’un sac rempli de pognon, tout dégénère : Bernie sort un couteau et décide de planter Sigismond ; ce dernier encaisse le coup, mais ressort l’arme de la blessure, et plante à son tour l’arme dans Bernie, qui lui, s’effondre sur le champ.

Oui : le mec est un parrain de la mafia, il sait que tous les mecs envoyés contre le héros jusqu’ici, même armés de fusils, sont morts, mais lui essaie de le faire avec son petit couteau, et sur un parking public de restaurant à une heure où visiblement, les gens vont et viennent histoire, au mieux, de finir en tôle ou sur la chaise. D’accord. L’idée de s’occuper du héros plus tard / de venir avec des gars /d’essayer d’être efficace / de dire au héros que « Si tu me touches, on transforme ta copine en couscous, son fils en merguez et on sert le tout à la mère de feu son mari » était définitivement trop compliquée.

Il y a alors un long plan sur l’ombre du héros dans le soleil couchant.

Puis un long, long, long plan sur le héros dans sa voiture, pensif dans le soleil couchant toujours, une main sur sa blessure (oui, il a reçu un coup mortel, mais il a encore le temps de prendre la pose l’air philosophe).

Et enfin,Sigismond tourne la clé, démarre sa voiture, et fait ce qu’il fait de mieux, il conduit, vers son destin, dans le soir tombant sur Los Angeles.

FIN

Mais ?! Qu’est-ce que… qu’est-ce qu’il s’est passé ?

____________________________________________________

La salle de réunion était plongée dans un silence quasi-total, seulement troublé par le bruit de la climatisation et du président tournant les pages de son journal. Ce dernier plia l’une des pages de sa lecture, jetant un regard à la tablée.

« Les enfants, c’est tout bonnement incroyable : on leur a vendu un truc avec un pitch consternant, des personnages pourris, une intrigue bancale et des incohérences monstrueuses sans compter des erreurs diverses dans tous les domaines, et on se fait encenser par la critique ! Regardez ! On a même été primés à Cannes !« 

Quelqu’un toussota dans la salle, et le Président leva un sourcil dans la direction de l’impudent.

« Un problème Joshua ?
– Hem… c’est-à-dire que Président…
– Si c’est pour me redire qu’un festival ouvert par Mélanie Laurent ne pouvait pas être un festival de cinéma sérieux, je sais ; mais on a déjà dit ce matin qu’on s’en moquait pourvu que ça fasse de la pub.
– Je… non Président. Je crois que la France a décidé de contre-attaquer.
– Ils font aussi un film français à l’américaine ?
– Ils… non. Non c’est l’inverse président. Je crois qu’ils tentent de faire un film américain à la française. »

0

Le Président eut un geste de recul ; comment ? Les impudents ! Ils n’oseraient ? Qu’est-ce que ça donnerait un… un film avec des militaires couillus qui massacrent des millions de mecs qui se promènent en ligne, mais entrecoupés de séquences où ils se posent des questions sur le monde, le bien, le mal et bourré de plans paysagers sur fond de musique mélancolique ? Non, ce serait… ce serait…

Attendez…

NOOOOOOOON !

185 réponses à “(Hard) Drive

  1. J’ai aimé ce film, je vais donc particulièrement apprécier la critique, comme toujours !

    Seulement, demain, car mes yeux menacent de faire grève en cette journée de geekage intensif…

  2. Mince alors, j’ai cru que j’étais le seul à avoir halluciner devant toutes les incohérences de ce film-presque-parfait.

    Merci Odieux, vous fûtes sublime bien que vous ne maîtrisiez toujours pas les guillemets de wordpress !

  3. Intéressant… Une fois n’est pas coutume vous démolissez un film d’auteur hollywoodien.
    Mais malgré quelques indigences du fond (comme dirait Jean-Baptiste Thoret « les ténèbres sonnent creux ») la forme est excellente : la mise en scène, classe et léchée, fait parfaitement contraster l’épure des situations et des dialogues avec l’ultra-violence soudaine. Et la BO est à tomber.

    En revanche, pour avoir repéré les même figurants sur deux scènes différentes vous m’avez bluffé.

    Ce n’est certes pas le meilleur film de Nicolas Winding Refn (voyez « Pusher », superbe) mais il mérite largement le détour, quitte à risquer la sortie de route (ouaf ouaf).

    • Selon cette truie le film serait carrément antisémite… Pour le coup notre Odieux Connard national s’en serait délecté.

      Bref, malgré ses défauts Drive vaut nettement mieux que les navets à la sauce Fast & Furious.

    • Ca m’a peut être échappé, mais je n’ai pas remarqué quoi que ce soit qui puisse être considéré comme antisémite dans ce film. Quelqu’un aurait une idée de ce qui l’a poussée à tenir ces propos?

      • A part peut être certains clichés (physique? parler? comportement?) concernant les deux « parrains » locaux, je ne vois pas… Mais tous les moyens sont bons aux états unis pour appuyer une plaidoirie bancale…

  4. Une petite coquille au milieu du texte « préférer » au lieu de « préféré » ;)

    Sinon comme toujours très bon article !

  5. L’ai vu ce soir même et effectivement, je me suis dit qu’en enlevant les scènes de silence entre Sigismond et Irène, le film perdrait une bonne dizaine de minutes. Mais il a pas eu le prix de la mise en scène pour rien. Photographie super lêchée et quelques bonnes idées en terme de cadrage. et une bonne BO aussi. Quant au scénar…
    The Man From Nowhere dans le même genre (déclinaison sud-coréenne sur ce même thème) fait bien mieux et surtout ne donne pas sommeil.
    Je préfère largement Bronson et le Guerrier Silencieux du même réal. Faut que je vois Pusher.

  6. « Ils… non. Non c’est l’inverse président. Je crois qu’ils tentent de faire un film américain à la française. »
    Déjà fait selon moi, cher Odieux : le réalisateur des Chevaliers du Ciel, sorti en 2005, bien que tentant de s’inspirer de Tanguy et Laverdure, a du inspirer malencontreusement un rail de colombienne pour se taper un trip Top Gun.

      • Pour ce qui est de « Forces Spéciales » la critique du palmipède satirique vaut son pesant de pavots :
        « Le cinéma américain a cessé de jouer les méchants Indiens contre les gentils cow-boys. John Wayne et ses Bérets verts ont été désarmés par le temps. Mais Stéphane Rybojad [le réalisateur] en est resté là. La guerre qu’il film – bien – est bombardée d’une musique de gros calibres et de poncifs en rafales. Rambos contre salauds et blonde courageuse éprise de son sauveteur, rien ne nous est épargné. Meurt-elle à la fin ? Mais non, pensez-vous ! »

  7. Ah, merci, ça fait du bien… Je me sens beaucoup moins seul maintenant…

    Depuis la sortie du film, je ne pouvais en parler sans risquer de provoquer l’hystérie collective, voire mon propre lynchage en règle… Ce qui a bien failli se produire quand j’ai explosé de rire en voyant Papaquito sortir ses poubelles avec son fils en plein milieu de la fête… Ou quand… Sigismond (ahahah j’en ris encore!) se ballade en pleine rue avec des morceaux de cervelle dans les cheveux comme si de rien n’était… Grands moments de solitude!

    Je ne comprends toujours pas la raison de cet engouement général. Oui, certes, la photo et le grain sont pas mal…
    mais…
    Le rythme est soporifique, le scénario est digne d’un étudiant de 1ère année de la Fémis (et encore!), les dialogues inexistants ou de l’ordre d’un film érotique de M6, les incohérences et les clichés pullulent (et la mise en scène s’en fait durement ressentir), les personnages n’ont aucune consistance (à part peut être Mr « Breaking Bad » Bryan Cranston), Ryan Gossling est si fade que je ne pouvais m’empêcher de penser aux jeux de Shwarzie, Bale ou Georges Lazenby, et le thème récurrent de College/Electric Youth est si entêtant que je voulais me terminer façon Pi (d’Aronofski) pour me le faire sortir du crâne…
    Quant aux quelques scènes et idées qui ont fait bander la presse, elles ont été pour la majorité pompées (ou du moins fortement inspirées) dans les différentes oeuvres de Scorsese, Mann, Tsui Hark et j’en passe…

    C’est dommage! Autant Pusher et Bronson étaient captivants, autant Valhalla Rising m’a fortement donner envie de me suicider, et Drive d’écraser les scénaristes, réalisateurs, et critiques de cinéma en mal d’inspiration…

    Ai-je parler du lettrage rose fluo très rétro/kitsch des génériques d’intro et de fin?
    Merci encore d’aller à contre courant, cher OC, et de démonter sans vergogne les films qui ne méritent pas le succès qu’ils ont…

    • Non ??? En plus, ce film a eu du succés ???? Bon, bah je vais de ce pas écrire un scénar’ et le vendre au producteur de cette daube…

    • Aaaaah, les génériques fushia ! Merci de l’avoir fait remarquer… ce que ça écorche les yeux, ce truc !

      Surtout par contraste avec le reste du film qui a une photographie magnifique … et rajouter ce rose hideux par dessus, ça en était presque douloureux !

      • Si les contrastes te pète les yeux, regarde jamais un Tarantino, tu va pleurer tes rétines.
        Le Fushia, tout comme le blouson et tout un tas d’autres trucs correspondent a une époque et a des clins d’oeil, quoi qu’on en pense. C’est un style… après on est effectivement pas obligé d’y adhérer.

  8. Bizarre de voir à quel point ça m’évoque énormément Kill Bill qui est, pour rappeler, un film où l’héroïne peut massacrer une 50 aine de ninja-yakuzas dans un restaurant sans même être inquiétée par la police, où on peut tirer au fusil à pompe dans un hôtel sans même déranger les clients…

    Merci pour cette bande annonce finale qui met en avant le fait que notre armée utilise bonnets et casquettes pour se parer des balles.

    • Oui, à une petite différence prêt, Kill Bill est dans la lignée des comics japonais et des films de Bruce Lee, tous les deux connus pour les combats… Par pour les scénarios. C’est un peu comme si tu critiquais Spider Man en disant qu’une piqure d’araignée ne peut pas engendrer ce type de mutations.

      • Justement, Drive est une série B (Z?) assumée, un film « Sur un mec qui conduit la nuit en écoutant de la pop et qui se croit dans un film » selon plus ou moins son auteur.

  9. Ah Christina, depuis Firefly, elle ne me laisse guère indifférent^^
    Sympa l’hommage à Jean Amadou (RIP), mais je regrette que ce soit toujours des films étrangers (le plus souvent ricains) qui ont droit à votre plume, alors que sort justement « Forces Spéciales » dont vous faites allusion à la fin de votre épilogue, un film bien français, et bien con apparemment.

    Bref cher camarade à la cravate écarlate, ça vous dit pas de taper un peu sur du tricolore (oh, et tant qu’on y est, un petit billet sur Astérix aux Jeux Olympiques, le plus grand foutage de gueule du french history cinema, je ne me souviens pas si vous l’avez écrit, mais si ce n’est pas le cas, vous devriez y songer).

  10. Merci.
    Je suis dépitée de constater que toutes les personnes que je pensait cinéphiles dans mon entourage sont loin de l’être, tant j’ai du faire face à une vague uniforme d’appréciation démesurée de cet objet esthétique prêt à consommer.

    • Alors que toi tu es un/une « cinéphile » éclairé(e) puisque tu n’aimes pas ce film… CQFD. Et que toute personne ne se ralliant pas a ton avis sera un l00ZeR de première. Les specialistes sont connus pour ne rien aimer. Ceux qui aiment sont des cons. Re-CQFD Tu bosses chez Telerama? ^^

      • Baste cette agressivité inutile et lexicale. Donnez-vous rendez-vous dans un lieu public genre vers 16 h et réglez ça comme des hommes des vrais …. à la fourchette !

        :)

  11. J’ai tellement aimé cette scène ou il explose le méchant de l’ascenseur, le crâne qui fait « scrotch scrotch » sous sa chaussure.
    Je savais pas que l’os humain etait constitué a 90% de chipster.

  12. Merci de l’avoir raconté les quelques scènes que j’avais loupé pour cause de profond sommeil.

    Super critique, c’est toujours un plaisir de te lire chez O.C.

  13. Un mec qui conduit sa voiture super vite dans les rues d’une grande ville et qui se joue de la police en levant des bonasses fascinées par leur grosse cylindrée… Besson n’a pas encore attaqué pour plagia de la série des « Taxi »? A moins que ça ne soit lui qui ait produit le film peut être…

    En tout cas, une chose est sure : si le comble de la coolitude c’est de ne pas avoir d’expression faciale et de baragouiner deux-trois onomatopées, Liliane Bettencourt (surnommée Lady Gaga) devrait bientôt avoir un agenda bien rempli de journées de tournage…

    • Heu comparer ce film avec Taxi, la faut quand même vraiment aller cherché loin… (Mais très loin)
      Regardez le film avant de tenter des comparaisons douteuses !

      • Désolé, mais je défend mon droit à faire des comparaisons douteuses et/ou de mauvaise foi sans avoir vu le film.

  14. Pour ma part, j’ai relevé un certain nombre d’incohérences citées ici, j’avoue en avoir totalement laissé passé d’autres, mais j’ai réellement passé un bon moment. Cette fois, j’assumerai de n’être qu’un banal consommateur qui relègue le scénario au second plan (alors que d’habitude, c’est ma principale préoccupation), tant j’ai apprécié l’ambiance générale du film.

    Quoiqu’il soit, la critique n’en est pas moins fameuse, continuez de la sorte, chez Odieux.

    • Même chose pour moi, et puis j’ai l’impression que le film appelle à titiller nos attentes vis-à-vis du cinéma. Combien sont sortis furieux parce qu’ils croyaient qu’il s’agissait d’un film d’action ?
      Je reconnais les incohérences relevées par OC, et j’ai encore eu bien du plaisir à lire ce spoiler, mais j’ai également beaucoup apprécié le film, sorte de sublimation du film de genre. On est plus dans une « expérience », si l’on reste en dehors, il va de soi que tout paraît bien ridicule. Le scénario est quant à lui d’une simplicité extrême, mais c’est bien l’ambiance (la nuit, la conduite, donc les silences, le héros énigmatique, laconique, l’image magnifique, le mélange des genres, etc) qui fait la force, le charme du film. Personnellement, mon principal (voire seul) reproche va à certains excès de violence.

      Remarque comme ça : je suis amusée par ces réflexions sur le « rose », qui est pourtant la couleur de la nuit il me semble.

  15. Le masque en latex qu’il met, il est à l’effigie de Nicolas Cage ? Ou bien rassembler autant de non-expression sur un seul visage créerait une faille vers un univers d’ennui et d’insipidité fade ?

  16. Je souhaite quand même réagir sur la « mono-expression » de Ryan Gosling, que vous comparez a Nicolas Cage.
    Je trouve que c’est une insulte au premier cité.
    En effet, notre cher Nicolas ne parvient pas a exprimer avec son visage fort déplaisant les émotions qu’on lui demande de jouer, que son personnage doit exprimer. Ce qui en fait un mauvais jeu d’acteur.
    Dans le cas de Ryan, même si je ne suis pas un spécialiste, loin de la, je pense que ca fait partit du personnage et de ce qu’on lui a demandé de jouer. Pour le côté, « Olol mystérieux » certes, parce qu’il joue un personnage qui est très froid, surtout. Et personnellement, je trouve qu’il fait ca très bien. Je pense d’ailleurs que ca ne doit pas être si facile que ca de garder une expression si inexpressive, bizarrement (Bon la je suis moins sur de moi)
    J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de charisme qui se dégager de ce personnage, d’autre diront qu’il a le charisme d’une huitre, chaqun son point de vue.
    Charisme quelque peu gaché, je le reconnais, par sa veste totalement pourrie qui contraste avec le style du film.
    D’aileurs, il suffit de voir les autres films dans lesquels il joue en ce moment, pour se convaincre qu’il sait jouer d’autres expressions.

    Pour tout le reste, je suis d’accord, même si j’ai apprécié ce film, et merci encore pour ces doses de rire régulières !

    • C’est vrai que dans « Les marches du pouvoir » il est beaucoup plus loquace et aussi bon acteur que dans « Drive ».
      Deux films qui n’ont rien à voir et qui exigent un jeu d’acteur totalement différent.
      Comme Alain Delon dans « Rocco et ses frères » et dans « Le samourai » : deux jeux antagonistes mais excellentissimes.

    • Tout à fait d’accord avec vous.
      Enfin je n’ai pas trouvé le personnage vraiment froid mais disons… ‘sociopathe’. En fait, il m’a évoqué Ewan McGregor dans ‘Voyeur’.
      Même si on peut résumer ses expressions à deux principales (sourire un peu bête, air concentré), je lui ai trouvé beaucoup de nuances.
      Et je n’ai pas trouvé la violence gratuite, crue mais pas gore.
      Et pour moi les silences entre Sigismond (:D) et Irène laissaient juste entendre qu’ils n’avaient pas besoin de paroles, qu’on pourrait qualifier de ‘superficielles’.
      Bref j’ai trouvé Ryan Gosling magnétique.

  17. C’est énorme ! J’en ai ri aux larmes encore une fois. Bravo pour la plume et merci pour ces articles qui doivent demander un boulot terrible.

  18. J’ai vu ce film avec une amie lundi. Nous sommes des lecteurs assidus et pendant tout le film, nous avons pensé à un billet de l’OC. La bouse que nous avions en face des yeux était du pain bênit pour un article d’anthologie. Après une heure trente de film, car nous sommes restés jusqu’au bout, maso que nous sommes, nous fumes sans doute tancés du regard par les ‘cinéphiles’ qui étaient dans la salle tant notre fou-rire était irrépréssible.

    Toute la soirée, nous ne pouvions nous empêcher de revivre les meilleurs moments du film :

    Sigismond appelle Irène au téléphone :

    – « Bénicio va bien ? » (oui, c’est Bénicio, pas Paquito)
    … attente 30 secondes….
    – « oui »
    … attente 30 secondes….
    – « Tu ne dis pas ça pour me faire plaisir ? »
    … attente 30 secondes….
    – « non »

    fin de la scène.

    C’est la première fois de ma vie que je vois une bouse pareille. J’aurais raté ça, j’aurais presque regretté.

    • Anthologique, cette scène!!! Ou comment prendre les gens pour des cons et en retirer des éloges…

      Quand aux pseudo « cinéphiles », ils sont une espèce dérangeante et très désagréable, qui mériterait un billet bien satirique de la part de notre odieux hôte…

  19. Hmmmm encore une grande et longue (et facile) leçon de mauvaise foi.
    Miam
    -_-

    (SVP une review du Parrain, de Citizen Kane & co qu’on rigole et que se dévoile un peu la supercherie)

    • A l’époque de sa sortie, Citizen Kane s’est fait descendre par la critique, qui s’est amusée à en descendre en flèche toutes les incohérences… sans relever la plus grosse du film, que Welles avait fait exprès de placer là : au début, quand il dit le mot qui sert de prétexte à tout le film, le Kane, il est tout seul, personne ne peut l’entendre (la porte et la fenêtre sont fermées et il le dit dans un soupir).

  20. J’ai vu le film récemment et je me suis fait quasiment les mêmes réflexions.
    Cela dit, il manque quand même une partie -importante- du final où on croit que The… euh… Sigismond est mort mais qu’en fait non, et que, malgré une lame de 15 cm qui lui a été plantée dans l’abdomen, il roule vers le soleil couchant, l’air de rien.

    • Suffisait de lire l’article jusqu’au bout : « Puis un long, long, long plan sur le héros dans sa voiture, pensif dans le soleil couchant toujours, une main sur sa blessure (oui, il a reçu un coup mortel, mais il a encore le temps de prendre la pose l’air philosophe).

      Et enfin,Sigismond tourne la clé, démarre sa voiture, et fait ce qu’il fait de mieux, il conduit, vers son destin, dans le soir tombant sur Los Angeles. »

      • J’ai bien lu, mais rien ne laisse entendre que la mise en scène (si, si ! il y en a une) laisse supposer (mais c’est suppositoire) que Sigismond est mort, jusqu’à ce qu’il se décide à cligner des yeux et à démarrer sa voiture.

  21. Je trouve ce spoiler navrant.

    Je trouve navrant de démolir un chef-d’oeuvre pareil quand celui-ci s’est vu encensé par la critique.
    Je trouve navrant d’enfoncer twilight par des pics alors que ce film devrait être une référence pour le septième art.
    Je trouve navrant que des lecteurs (a priori intelligents) se fassent embobiner par vos propos racoleurs.
    Je trouve enfin navrant de perdre 10min de mon temps à lire des articles méprisants scénaristes/acteurs/réalisateurs/blogueuses mode.

    Monsieur, je ne vous salut point.

    • Mmmm troll ou pas troll ? :)

      Juste une petite réponse rapide : « chef-d’oeuvre pareil quand celui-ci s’est vu encensé par la critique. ».
      Donc, vu que la critique aime, il faut aimer ?
      Avec des raisonnements consistant à suivre la masse, je pense qu’on peut aller assez loin dans l’horreur… comment ? Cela a déjà été fait ?

      Je pense qu’il serait judicieux de lire ceci : https://odieuxconnard.wordpress.com/about/ avant de ne plus jamais rien lire sur ce blog.

      Le fait d’aimer Twilight et les blogeuses mode … mmmm à mon avis c’est trop gros pour être vrai :D

      Au passage, il faut savoir lire entre les lignes. Certains films ont été appréciés d’OC mais ils sont traités tout de même malmenés, dans une bien moindre mesure cependant, tout est affaire de nuance.

      Il serait d’ailleurs intéressant de faire des petits sondages/jeux concours à la suite de chaque article consistant à dire si OC a aimé ou non le film qu’il a critiqué :)

    • Arf, ma réponse semble être passé à la trappe et j’ai un peu la flemme de la réécrire.

      Je ne dirai donc qu’une seule chose : corps secoué de spasmes de rigolement tout en se roulant par terre.

      • Si dans ta réponse tu prenais twilight4ever au sérieux, je pense qu’il vaut mieux pour toi qu’elle soit passée a la trappe, crois moi !

      • @Krimlin : non, point. Mais cela me faisait penser à un commentaire (véritable celui là) d’un autre article dans le même genre.

      • @Androc : Le lien ! Il faut le lien, au minimum, dans ce cas ! Et le commentaire squizzé… Je suis déçu sinon…

      • Effectivement : comme précisé dans la FAQ, le système de filtre de WordPress est assez tatillon. Donc en général, quand un message n’apparaît pas, il suffit d’attendre que je passe le sortir des geôles obscures de l’interface, ce qui généralement se fait dans la journée.

  22. Vous voyez tellement de bouses, messieurs les fervents admirateurs de l’OC, que vous ne savez même plus reconnaitre un bon film… Ou je me trompe ? SI le style vous plait pas, soit, mais il faut reconnaitre un certain style à Refn. Quant au scénario, les « incohérences » citées ne me font pas tiquer, ayant vu le film.
    Monsieur OC, c’est bien la première fois que je suis pris en défaut par vos critiques, ayant beaucoup apprécié le bousin. On ne m’y reprendra peut être plus…

    • Tous les goûts sont dans la natures, et si tu remarques, tu l’a aimé, moi aussi, d’autres ont détésté. Mais si tu remarques, beaucoup commentent sans l’avoir même vu, donc c’est un peu faussé.
      Si on se conentait de l’article d’OC pour avoir un avis sur les films, j’irais plus au cinéma haha!

      • Bon nombre de commentaires tendent à indiquer que les gens sont allés voir un film suite à un article de l’OC.

        J’avoue bien volontiers, pour ma part, avoir regardé des films (location, essentiellement) pour pouvoir faire le parallèle avec l’article.
        Films que je n’aurais pas regardé autrement.

        De plus, certains films critiqués ici ont été appréciés et sont critiqués différemment des films vomis, tout est question de nuances.

    • Moi je l’ai vu en compagnie de ma femme, et bien que n’ayant pas toujours les mêmes goûts cinématographiques, on s’est tous les deux regardés à la fin du film, avec le même regard d’incompréhension que l’on pourrait traduire par « C’était quoi ce navet ? ».
      D’ailleurs, dès les premières secondes (le titre en rose fluo et la musique à la Miami Vice), on a pensé s’être trompés de film…
      Je ne dis pas que les acteurs sont mauvais, ils jouent ce qu’on leur demande de jouer, c’est juste le scénario qui ressemble presque à une mauvaise parodie (à mon avis).

    • Comme Krimlin l’a si bien dit: les goûts sont dans la nature… nous sommes juste nombreux à partager ceux d’OC. Cela ne veut pas dire que son propos fait loi…

  23. L’Odieux élargit son champ d’action et ne s’attaque plus seulement aux blockbusters faisandés ( ou réussis ) mais se lance dans la destruction du meilleur de l’année cinématographique ( meilleur film d’Octobre derrière Polisse ). A quand un papier sur The Artist ( excellent lui aussi ) ?

    Je n’ai pas encore lu mais je suis certain que, comme pour le dernier X-Men ou Sherlock Holmes ( dont la suite ouvrira les festivités de 2012 ), vous avez adoré …

  24. Joli spoil critique.
    Néanmoins, malgré les quelques incohérences (le scénario rationnellement incompréhensible, bout de cervelle en pleine rue, demoiselle de cabaret qui ne fuit même pas devant un type complétement marteau, etc.), ce film n’est pas une des daubes dont les critiques pullulent sur votre site, cher OC. Je suis sûr que si on se plonge à fond dans le personnage et dans l’histoire, ce film fait ressentir de fortes émotions. Un film volontairement original selon moi.

  25. Bonjour OC, merci vous nous avez rapporté plein de visites et on ne connaissait pas votre blog.

    On est d’accord avec vous pour dire que Ryan Gosling a le charisme d’une planche à pain. Mais on persiste à dire que le blouson de beauf est cool.

  26. Moi, je connaissais déjà Christina Hendricks, grâce à Firefly, où on la voit aussi nue que le permet la censure américaine (c’est à dire juste un peu). Il y d’ailleurs plein d’autres jolies femmes dans cette série, qui est aussi recommandable pour son scénario (contrairement à Legend of The Seeker)

    Typhon

  27. Cher OC, je vous trouve un peu dur avec Ryan Gosling, surtout lorsque vous le comparez à Nicolas Cage. J’ai récemment regardé certains films dans lesquels il tenait le rôle principal et je dois dire que j’ai été surpris par la prestation qu’il y livrait (« The United States of Leland », « Half Nelson », « Blue Valentine »). Il s’agit à mon avis de l’un des meilleurs acteurs de sa génération.

    PS: J’ai trouvé un film dans lequel Nicolas Cage jouait bien (et oui c’est possible). Pour ceux que ça intéresse il s’agit de « A Tombeau Ouvert » (ou « Bringing Out the Dead » en anglais) de Martin Scorsese.

    • A ses débuts, le petit Nicolas Cage avait de l’expression faciale disponible, si, si.
      Et en plus il était drôle :
      « Arizona Junior » des frères Coen « Raising Arizona » pour les puristes.

      • On peut aussi citer Sailor & Lula, de David Lynch, mais également l’excellent Adaptation. de Spike Jonze/Charlie Kaufman (!), et dans une moindre mesure plus récemment Weather Man ou même, soyons fous, Lord of War.

        A noter que le réalisateur de ce dernier, Andrew Niccol, réalisera également l’adaptation de « The Host », nouveau chef d’œuvre (hum hum) de Stephenie Meyer (auteur de Twilight), qui parle d’une invasion d’Aliens sur terre (encore un sujet original), ça promet du lourd !

  28. Bon; maintenant je pose la question sérieusement : tous ces spoilers sont inventés de toutes pièces, non? C’est pas possible que l’industrie du cinéma, forte de millions de dollars/euros fasse des merdes pareilles. Si?
    Admettons; c’est pas ce qu’il y’a de pire. Le pire, c’est que de gens payent pour voir ces merdes. C’est féérique; on vit dans un monde où les gens payent 8 euros pour se faire lobotomiser. C’est purement merveilleux.

  29. Cher OC, je suis vraiment très fan de vos critiques acerbes. Je prie d’ailleurs pour que vous en fassiez une sur Tintin de Spielberg ; le pourriez-vous ?

  30. Je suis très fan de votre version du film c’est exactement ce que j’ai vécu quand je l’ai vu ce film. Mais attention les américains aussi aime beaucoup eux aussi et oui un film qui se prétend intellectuelle (y a qu’ a voir ça plaît aux critiques) avec des grosses voitures ca leur plaît toujours!

  31. Cher OC,
    Je crois bien que c’est la première fois que votre acharnement à démonter un film me fait un peu mal au coeur.

  32. Je confirme : le blouson est particulièrement moche.
    Mais qu’est-ce que j’y connais après tout ? Je ne suis même pas blogueuse mode !

  33. Merci pour cette critique hilarante. J’ai détesté ce film et j’attendais avec impatience un article de votre part.
    Je me sentais bien seule, vraiment je ne comprends pas les critiques enthousiastes.
    En revanche, pour moi, le seul truc logique du film et qui montre une certaine intelligence du héros, c’est qu’il aille, au début, se garer au stade après la victoire : les gens sont en liesse, il y a foule, la police ne pourra donc pas se permettre de barrer les rues sous peine de risque de bousculade/émeute, et les malfrats passeront ainsi inaperçus.
    Le début d’ailleurs me paraissait prometteur. Je me suis ennuyée tout le reste du film… Et la BO n’arrangeait rien, on se croirait en effet devant une série américaine pour ados.
    Quelle déception pour un prix de mise en scène à Cannes ! Des pattes ont été graissées, ça n’est pas possible !

    • Ce que je ne comprends pas perso c’est d’avoir des avis aussi définitifs et être sûr de détenir le bon gout universel en terme de film.
      J’ai adoré Drive, j’ai été transporté par l’ambiance, et j’ai vécu de vraies émotions de cinéma devant le film. Pourtant, je ne décrète pas que ceux qui n’ont pas aimé sont des cons pour autant. Chacun ses goûts, on peut adoré ce que le voisin déteste sans juger l’autre…
      Et même si j’ai adoré le film je trouve ce spoiler extremement drôle!

      • Je ne vois aucun rapport entre vos critiques et le propos de Marion. A quel moment a t-elle décrété détenir « le bon goût universel en matière de film », ou que ceux qui ont aimé sont des cons?
        Votre avis me semble pour le coup bien plus définitif que le sien…
        « Chacun ses goûts » effectivement… et vive OC pour ses spoilers!

      • Ah c’est sur dire que le film ressemble à une série américaine pour ados, qu’on ne comprend pas les critiques enthousiastes et dire que le prix de mise en scène à Cannes est du à un pot-de-vin, ca n’a rien de définitif comme avis… Et je ne prends en compte que le post de Marion à qui je n’en veux absolument pas de ne pas avoir aimé car je peux comprendre…
        Parce que beaucoup de gens ici parlent de daube, de navet, de purge cinématographique, ca me parait assez définitif aussi…
        Bref, je voulais juste donner mon avis, desole si j’ai froissé quelqu’un!

  34. Mais ?!? Ce n’était donc pas Thomas Dutronc dans un mauvais clip à la Tarantino (mais sans une once d’humour, ou alors complètement involontaire) ???

    Quand je pense que certains critiques ont évoqué « Bullit » à propos de ce (télé)film, il manque deux lettres pour approcher de ce que j’en ai pensé.

    Merci, cher Odieux, de nous dévoiler les arcanes qui président à la gestation de ce genre de cinéma…

  35. Il faut absolument que je me rappelle de regarder un film avant de lire votre critique…. Vous me dégoûtez toujours x)
    Passionnant à lire néanmoins, comme d’habitude !

  36. Bonjour bonjour !

    Je me permets là de poster un petit addenda à votre liste d’incohérences dans un soucis d’exactitude de la critique. En effet, vous avez marqué ceci :

    Nino était assis à l’arrière et à droite du véhicule, soit du côté de l’impact et sans équipements de sécurité : il a survécu. Son chauffeur, qui était du côté opposé, qui avait les airbags et compagnie et qui n’a pas été touché par la voiture, lui, a juste disparu. Probablement qu’il a eu tellement peur qu’il s’est transformé en vapeur d’eau, ou quelque chose du genre. Enfin bref, on ne le reverra plus.

    Mais dans mes souvenirs, la voiture arrive par la gauche. Nino est assis à l’arrière à gauche, donc sur ce point vous avez raison : il est bien du côté de l’impact. Mais le chauffeur est aussi assis à gauche, car nous sommes en Amérique ! On va juste dire que Nino a juste eu de la chance haha ! Ou alors que la voiture était blindé et, Nino n’étant pas sorti, il avait toujours sa ceinture de sécurité, au contraire du chauffeur qui, lui, avait oublié de la remettre. Finalement la prévention routière, la mafia : elle connait !

  37. Alors autant d’habitude je suis d’accord avec toi sur pas mal de « spoils » (lolilol) mais là pas trop ^^

    Apparemment t’as rien bitté de l’ambiance, de l’esprit, du personnage etc…. et tu tape dans la GROSSE approximation pour 80% (et je suis gentil :p) des choses que tu cites comme FAIL. Il apparaît aussi que tu ne connais rien en NASCAR non plus ^^ (et au monde de la bagnole en général). Bon c’est pas essentiel pour capter le film, mais essentiel quand on commence a prendre position sur ce qu’on voit dans le film.

    Mais ça m’a fait marrer quand même :) Comme toute caricature d’un truc qu’on a bien aimé.

  38. O.D, vous vous êtes planté dans la critique, sur la séquence du motel. Vous aviez décrit la scène du motel, en résumé, de tel manière: le héros laissant Blanche seule alors qu’il sait qu’il s’agit d’argent sale.

    Or la chaine d’actions c’est 1) le héros sort pour téléphoner à Irène, laissant Blanche seule qui appelle justement ses patrons. 2) Le héros, revenu dans la chambre, voit alors le journal télé où l’on comprend qu’il doit s’agir d’argent sale, ce qui le décide à interroger Blanche.
    —————-
    Sinon si je lis la moyenne des critiques des personnes n’ayant pas aimé « Drive », j’ai tout de même plus l’impression qu’il s’agit du gout personnel que de qualité intrinsèque. (Je ne m’en cache pas, j’ai adoré ce film. J’avais repéré Winding Refn avec « Bronson » il y a deux ans, et Drive me confirme que ce gars est un des futurs grand réalisateurs de notre temps).

    Alors voilà ce que je propose aux personnes les plus vitupérantes envers « Drive ». Reprenez, (ou pas, ce n’est pas important), la même trame scénaristique, prenez une caméra, (le moindre téléphone portable moderne en a une, allez pas me sortir l’excuse que c’est trop cher), réunissez des gens, et faites votre film à votre tour!

    Ce sera tout benef’, non seulement vous ferez le film que vous aurez envie de voir, et en plus, si je l’aime, ben je prendrai plaisir à le visionner.

    Et si non, ben tant pis. Le monde ne verra jamais le genre de film que vous auriez pu faire.

      • Il est nécessaire d’être capable de faire mieux pour avoir le droit de ne pas apprécier?

        Sinon, ça m’étonnera toujours de voir comme les gens peuvent devenir… »vitupérants » justement quand on ose s’attaquer à leurs oeuvres favorites. Détendez-vous, tous (pas toi particulièrement hein), ce ne sont que des avis artistiques et concernant cette critique (et la mienne), que prétexte à humour…

      • « Il est nécessaire d’être capable de faire mieux pour avoir le droit de ne pas apprécier? » > Je n’ai pas dit de faire mieux, j’ai dit de faire sa propre version, ce n’est pas tout à fait pareil…

        Et je suis très détendu, au contraire le fil des commentaires m’encourage même à revoir certains films que je considère comme merdiques, histoire de voir si mon sentiment était bien fondé, ou si je n’avais pas loupé certains trucs…

  39. Youhou ! Grâce à OC, j’ai économisé 8€ !
    Sinon pour les amateurs de scènes de violence, faut voir « Old Boy » (film coréen, désolée).

  40. Bravo, mille bravo, enfin une critique avisée et sensée de ce film d’action-d’arts-et-essais. Je commençais à sincérement douter de mes goûts cinamétographiques.
    Et merci de tout coeur pour ces spoilages dans la bonne humeur.

  41. bon article, une petite erreur néanmoins : une truite de ne jetterait jamais dans de l’eau salée !!! c’est un poisson d’eau douce.

  42. Oh, … oh ? Comment ? De nouveau vous inventez des « incohérences » bidons ? Bon, si ça vous amuse, après tout…
    Cependant, il faudra quand même un jour que vous compreniez que les personnages d’un film peuvent, parfois, souvent même, suivre une logique qui n’est pas la votre. Prenez Nino : le film nous montre a plusieurs reprises qu’il est un boulet. Du coup il agit comme un boulet : pas besoin donc d’invoquer l’idée que le scénar’ serait tout pourri, etc. Certes celui-ci est « simpliste », mais c’est clairement volontaire (le fait que The Driver n’est même pas de nom en est la preuve) : c’est la démonstration que le cinéma n’est pas la littérature, il a sa propre écriture, qui peut, si elle est bien maniée, transcender n’importe quelle histoire. (Encore que je pense que l’on puisse dire pareil de la littérature, mais ce n’est pas ma spécialité.)
    Ah, et de plus, le scénario est également volontairement elliptique, à l’image du roman qui l’a inspiré : c’est donc stylistique. Pour le casse du début, par exemple, l’important n’est pas « mais qu’arrive t-il aux braqueurs ? », on s’en fout en fait. C’est l’intérêt de la scène : mettre en avant la froideur de the Driver, qui se fiche bien de ses client une fois son boulot accompli. Cela met également l’accent sur le fait, à mon sens, qu’il n’a pas plus d’attrait que cela pour l’univers du Crime, comme la suite le confirmera : seul le danger, le frisson et la mise à l’épreuve de ses talents semblent vraiment l’intéresser.
    Un autre truc : la suspension de la crédibilité au cinéma, ça vous dit quelque chose ? Car ce film, comme beaucoup d’autres (tous les autres en fait), n’a clairement pas la vocation d’être « réaliste ». C’est un détournant la réalité qu’on arrive à mettre en évidence ses caractéristiques.. C’est proche de l’Aufhebung de Hegel : supprimer tout en conservant. C’est tellement évident que je me sens un peu honteux d’avoir à le rappeler…

    Oh, et pour le masque de latex, on peut émettre l’hypothèse que Sigismond (c’est vrai que ce nom est cool, après tout) le met pour faire peur à Nino. Après tout, il rappelle vaguement Cook de cette manière. (Et l’argument de « et comment the Driver il sait pour la mort de Cook, hein ? » ne tient pas d’avance, le film étant très elliptique, une fois encore.)

    Bon, par contre je dois avouer que j’ai malgré tout éclaté de rire plusieurs fois en vous lisant, cette fois-ci.

    • En fait vous avez apprécié le film et vous supportez pas qu’Odieux Connard le démonte ? J’ai également apprécié le film, cela dit je le recommenderais pas pour son scénario et je le citerais pas dans les films à voir.
      Et la scène d’intro n’a pas une fin très crédible, si le mec il abandonne les braqueurs aux mains de la police parce qu’il est froid, ça m’étonnerait que les gens reviennent le voir. Alors que pourtant c’est le cas. Et sa veste est moche (par contre le fait qu’il garde ses vêtements imbibés de sang, pourquoi pas, ça donne un côté esthétique, enfin si on est un psychopathe).
      Et avoir un scénario simpliste n’implique pas d’avoir un scénario incohérent.

      Après n’oubliez pas qu’Odieux Connard a son avis et qu’il est très marqué, ça ne vous oblige pas d’adorer un film qu’il a démonté.

      • Concernant la scène d’introduction, même si je n’aime pas chipoter, il me semble que se sachant coincé par les flics, la seule issue possible pour Sigismond, et qu’il avait anticipé via le match de basket, est d’abandonner sa caisse et ses deux commanditaires pour sauver sa peau en se fondant dans la masse des supporters.

        Ce qu’on voit n’est donc pas le plan tel qu’il devait se dérouler mais le plan B au cas où la police serait à deux doigts de les coincer.

      • Cher Nvalth, je crois que vous ne m’avez pas compris. Premièrement, je n’ai pas « apprécié » le film, j’ai trouvé que c’était un grand film, qui arrivait à capturer l’esprit de notre époque, à partir pourtant d’un scénar’ simplissime. Et, en conséquence, je n’ai pas « adoré le film » juste parce que OC le démonte.
        Ensuite, que OC n’ait pas aimé le film, c’est son droit. En fait, ça m’en touche surtout une sans faire bouger l’autre. J’ai trouvé, par exemple, Melancholia lamentable et minable, pour autant je ne me suis pas battu avec ceux de mes amis qui l’ont apprécié, voire trouvé grandiose. Ce que je reproche à OC, c’est de ne pas être crédible dans ses reproches, et de brandir le terme « incohérence » toutes les deux lignes de façon trop facile (alors que lui-même se contredit parfois d’une phrase à l’autre). Et, j’anticipe la réponse qu’on pourrait me faire, tout cela est au-delà de la mauvaise foi que réclame l’auteur ici (mauvaise foi que j’apprécie grandement, de plus).
        Sinon, pour la scène d’intro, je ne dis pas que Sigismond les abandonne, il est probable que les deux braqueurs s’en sortent grâce au bordel et au retard de la police (comme cela était sûrement prévu). La mise en scène, selon moi, insiste juste sur l’idée qu’il n’a pas plus d’intérêt que ça pour ses clients.

        Et puis, si j’écris ces commentaires, c’est surtout pour un peu briser l’unanimité qui règne trop dans les commentaires, et contrer, modestement, l’arrogance de ceux qui pensent qu’avoir le même avis qu’OC fait d’eux des gens dont l’opinion est éclairée et pertinente. Cette autosatisfaction narcissique n’est pas très glorieuse…

  43. Votre critique est juste : scénario merdique, personnages unidimensionnels, acteurs mal dirigés, dialogues absolument consternants. La photo est correcte et la BO est bonne, mais le reste est du niveau d’un mauvais téléfilm de M6.

    Dans la salle, je n’étais pas le seul à rire, de ce rire incrédule des gens qui viennent de lâcher 9€ pour voir une bouse sur-vendue par une certaine critique qui confond pédantisme et élitisme.

    Dans les mains d’un bon réalisateur, les variations de tempo, les silences dans les dialogues permettent de d’entrainer le spectateur, et de faire monter la tension.
    Mais quand les dialogue sont soporifique et mal joués, les pause ne font que prolonger le supplice.

    Dernier point qui m’a marqué : le manque total de subtilité dans l’utilisation de la musique sur certaines scènes. Au lieu de monter progressivement le volume pendant l’intro d’un morceau pour laisser le temps à l’ambiance de s’établir, dans Drive, la musique part parfois d’un coup, comme si le réalisateur, pris de flemme, avais juste mis un CD dans le lecteur et appuyé sur PLAY.

    Bref, les ficelles sont tellement grosse, et le travail tellement bâclé que (à part la photo, le DP a fait son job, lui) ça ressemble à un mauvais film d’étudiant en école de ciné qui aurait voulu faire de l’intellectuel prout-prout « second degrés ».

  44. Incohérences et longueurs certes mais je trouve que c’est incomparable avec les fast and furious. Puis j’ai bien aimé en plus: ambiance, réalisation, scènes poétiques … dommage que le rythme ne soit pas soutenu.

    • Au moins, les Fast&Furious ou les Transformers ne prétendent pas être autre chose que des films « fast-food », à base d’explosions et dont le scénario tient sur un post-it.

  45. Donc ce film mélangerait le côté bobo des films à la Romain Duris avec des plans silencieux longs et chiants censés retranscrire « l’émotion » d’une romance à l’eau de rose, et le côté beauf primaire du film américain avec l’attitude cool exacerbée et les incohérences par milliers ? Donc le pire du cinéma français et du cinéma américain en somme ?
    Mon Dieu.
    Présenté comme ça, ça me fait rêver.

    • C’est quoi des plans corrects? C’est quoi une romance bien menée et pas à l’eau de rose? C’est quoi une attitude de cinéma réaliste et pas inutilement exacerbée? C’est quoi une histoire sans incohérence? C’est quoi le meilleur du cinéma français et américain?

  46. Le but de cette jolie suite de questions, c’est peut-être de montrer que tout est une affaire de goût finalement ? Moui, mais non. Quand les trois-quarts des plans censés illustrés une histoire d’amour sont semblables et jouent sur le silence pour faire élitiste et que les incohérences d’un film se comptent par paquet de dix, on bascule dans le mauvais. Aucun plan, aucun jeu d’acteur n’est mauvais par définition, mais quand on en abuse et que c’est utilisé n’importe comment….

    Le meilleur du cinéma ? Raaah je sais pas… « Independence day » pour les Etats-Unis et « le baltringue pour la France ! Non au hasard: Carné ? Welles ? Kubrick ? Godard ? Coppola ? Craven ? Aja ? Lautner ? Hitchcock ? Et bien d’autres ?

  47. « jouent sur le silence pour faire élitiste »> Développez? Non parce que je pourrais dire que les peintures de Lascaux représentent des bisons pour faire élitiste, ou qu’acheter une canette de coca est élitiste, mais je sens qu’il faudrait que je convainc les gens du bien-fondé de mon opinion…
    Sinon je vous suggérerait bien de vous renseigner sur le théatre Nô, mais je sens que vous allez trouvez ça élitiste…
    Ah oui y’aurai bien les westerns de Sergio Leone aussi, ou y’a pas mal de silence(voir le début de « Le Bon, La Brute et Le Truand, ou Il Etait une Fois dans L’Ouest ».) Sachant que Leone à bien pompé sur Kurosawa, et attention, Kurosawa, le rythme du silence, il connaissait… (voir le duel final de « Sanjuro ». Ne sautez pas directement à la fin, regardez le film en entier, ce mec a inspiré pas mal de monde, de Leone à George Lucas…)

    « Aucun plan, aucun jeu d’acteur n’est mauvais par définition, mais quand on en abuse et que c’est utilisé n’importe comment…. »> Alors là, en tant qu’aspirant réal’, ça m’intéresse. C’est quoi, l’abus d’un jeu d’acteur dans la direction des acteurs de Drive?

    Le truc, c’est que les noms que vous citez, reconnus aujourd’hui par la critique internationale (et donc pouvant être vus un tout peu comme élitiste au passage, voir cette réflexion en lumière de votre définition du silence dans une bande-son comme élitiste), si on va par là, se sont pris le même genre de critiques que la moyenne de celle que je lis sur Drive, c’est à dire surtout des critiques voulant dire en substance: « j’ai pas du tout aimé, j’ai pas compris, ce film est mauvais. » (malgré mes efforts je ne vois pas d’arguments me prouvant le contraire).
    Je suis sûr que sur les 7 milliards d’être humains que compte l’humanité, je peux en trouver un paquet qui n’aimeront aucun des réalisateurs que vous citez en exemple, ça change quelque chose à la portée de leur travail artistique personnel?

    Ne parlons pas de Kubrick, tiens, dont encore aujourd’hui des gens démontent son 2001 en disant de manière extrêmement sensible: » ouais c’est incompréhensible, c’est nul. »

    pour ce qui est des gouts: Par exemple, je ne supporte pas Godard. Je ne supporte pas l’homme. Je ne supporte pas ses idées teintées de mépris intellectuel, et je ne supporte pas ses films. Pour autant je reconnais l’importance des films de Godard dans le cinéma français et mondial, mais je n’aime pas ses films, car sa vison du cinéma n’est pas la mienne. (Et encore, ça ne me dérange pas de regarder ses films, seulement, ils ne me plaisent pas, c’est tout. Je viens pas décréter qu’ils sont des purges.)

    Winding Refn, en faisant Drive, a mis en scène SA vision d’un film. Si elle ne vous plait pas, soit, mais qu’elle ne vous plaisent pas n’est pas synonyme de mauvaise qualité. Si un autre réalisateur avait fait Drive, ça aurait été certainement différent.

    Et tant que j’y suis: un gars assez intelligent, (probablement élitiste donc, l’intelligence c’est élitiste c’est bien connu…) avait un jour dit que l’art, c’est ce qui résiste. Il voulait dire par là qu’il fallait quelques visionnages, voire même -horreur!- un minimum de réflexion pour apprécier une œuvre d’art dont la richesse, le travail personnel de l’artiste serait grand. Drive me semble appartenir à ce cas. (En ce qui me concerne, je suis allé le voir 3 fois, j’ai découvert plein de choses nouvelles à chaque visionnage, et c’est pas fini à mon avis. Et pourtant je fréquente intensément des salles de ciné depuis 22 ans).

    Allez, pour la fin, vous citiez Kubrick: si vous aviez vu Drive et Bronson, (ou si vous aviez vu Kubrick, parce que pour rater ça, je pense qu’il faut avoir dormi en regardant Kubrick), vous verriez que ce coquinou de Winding Refn doit certainement aimer Kubrick comme un petit fou, justement.
    Au hasard: Dans « Bronson », le héros éponyme, en pleine crise de violence dans sa cellule, veut de la musique classique, les gardes de la prison, en tenue anti-émeute, lui posent dans le couloir une chaine stéreo qui diffuse un morceau de musique classique, tout en restant a coté. Et là vous avez un plant avec 3 gardiens en tenue complète, assis sur une chaine qui diffuse une musique très belle. Ça ne vous rappelle pas un peu Orange mécanique?
    Un autre encore: Quand le héros de Drive vient jouer du marteau sur la tête de Cook, nous avons une scène violente, entouré de strip-teaseuse nues. Cette représentation visuelle de sexe et de violence, fondée sur le contraste, ça ne vous rappelle pas encore Orange mécanique? (Au hasard, la scène d’introduction, la scène de viol…)
    Or, non seulement il y fait référence, mais au lieu de faire du la photocopie des plans de Kubrick, il met en scène ses propres plans… C’est pas du travail artistique ça? (Pour info, Lucas, lui, en faisant Star Wars, a sacrément pompé sur Kurosawa, allant jusqu’à piquer pas mal de plans au cadrage et à la durée près. Même chose pour Leone. Ce qui n’enlève rien a la valeur du premier Star Wars et des westerns de Leone.)

    Et surtout, désolé pour le pavé, promis la prochaine fois je serai concis.^^

    • Vous m’avez mal lu: je n’ai pas dit que le silence était élitiste, j’ai dit qu’ici il était utilisé POUR FAIRE élitiste. Bien sur que le cinéma asiatique, en particulier japonais, utilise merveilleusement le silence comme autant de sous-entendus, pour dire ce que la parole ne peut dire. Comme je suis en TL j’ai eu l’occasion de visionner « Tous les matins du monde », et c’est pareil. Ce que je ne supporte pas, ce sont les réalisateurs qui tapent dans le blockbuster hollywoodien de base et qui mettent deux trois éléments afin de relever un poil le niveau, du style « ah oui vous avez vu j’ai fait ça comme machin qui est un illustre réalisateur donc c’est pas nul ! ». Un peu comme Deodato et sa pseudo-réflexion sur le journalisme-voyeuriste pour expliquer l’étalage de tripe sans aucun sens dans Cannibal Holocaust. Un peu comme certains artistes qui peignent un rond dans un carré pour dire qu’ils sont géniaux et qu’ils ont rompu avec la conception traditionnelle de l’art, ou je ne sais quel délire. Désolé, mais j’adhère pas.

      Je me fie uniquement au spoil (pas vu le film) et c’est assez digne de confiance, vu que l’Odieux ne descend jamais un film qui ne le mérite pas, sauf rare exception, mais si le mec ne change effectivement jamais d’expression pour justifier de longs silences, alors oui on peut dire qu’il y a abus. Dans ce genre de film on est en droit d’en attendre un minimum, une nuance entre le sous-jeu et le sur-jeu.

      Je suis d’accord sur le fait qu’un film est subjectif, mais il y a aussi une part d’objectivité: certains films sont vides, n’atteignent pas leur objectif. La plupart n’en a aucun d’ailleurs, seulement faire du fric. Dans 2001 d’ailleurs, même si c’est incompréhensible, il y a un but, on sent qu’il y a quelque chose, une réflexion, un univers. Reprenons l’exemple d' »Independence Day »: acteurs nuls, histoire vue et revue, blagues qui tombent à l’eau, aucune profondeur… Alors certes je pourrais très bien trouver un rapport entre le suicide final du mec pour sauver l’humanité avec le suicide d’un samouraï dans « Seppuku » et sortir un truc du genre « il y apporte une dimension toute nouvelle en mettant en scène l’homme du vingt-et-unième siècle en lutte pour sauver l’espèce humaine dans l’Univers ! », mais ça ne changera rien à la nullité générale. Tout comme on pourrait comparer la violence de ce film avec celle de Park Chan-Wook dans « Old Boy », en disant que c’est noir, que ça fait des contrastes avec la douceur amoureuse, toussa toussa… En fait, on peut toujours citer des références connues et en faire un rapport vague pour se donner du crédit, pour donner le change, en faisant fi de l’inventivité, des intentions réelles du réalisateur, et de la forme du film. Tant que nous y sommes, décrétons qu’Uwe Boll est un précurseur parce qu’il met des images de jeu vidéo en plein milieu d’un film ?

      L’élitisme, c’est relatif. Pour certains, regarder « l’odyssée de l’espace » et aimer, c’est élitiste. Pour moi, expliquer le n’importe quoi en faisant des parallèles avec des scènes connues de grands films, c’est une forme d’élitisme.

      P.S: ne vous excusez pas du pavé, j’aime bien la discussion constructive, ça fait pas de mal à la santé il parait. =)

      • Le problème est bien là : vous n’avez pas vu le film. Et personnellement, le blog d’OC, bien que je l’apprécie beaucoup, est le dernier truc que j’utiliserais pour savoir si je vais voir un film ou non. Ses spoil’ sont loin d’être tout le temps fidèles, surtout quand ils visent ostensiblement à se faire un film à succès.
        Et je ne dirais pas que Refn « tape dans le blockbuster de base » : il est vrai que Drive aurait pu être une grosse bouse entre les mains d’un yes-man quelconque, tout en gardant le même scénar’. Mais comme je le disais plus haut, l’écriture-peinture cinématographique de Refn arrive à rendre cette histoire intéressante, à en faire quelque chose, et même à nous en faire tirer des leçons.
        (Je rappelle que Refn n’est devenu réalisateur que sur la demande de Ryan Gosling, c’est donc un film de commande pour lui à la base, chose qui m’avait laissé sceptique avant d’aller voir le film.)

  48. N’étant pas adepte de ce genre de film je n’ai pas osé passer les portes du cinéma pour le voir, je ne peux donc pas porter de jugement mais en lisant votre article je n’ai nul doute que ces incohérences (pour ne pas dire foutage de gueule) m’auraient sautés aux yeux, rendant le visionnage des plus désagréable.
    Par contre en temps que suissesse je me permet de rectifier une de vos comparaison: le gruyère n’a point de trou, pas même la moindre alvéole (il s’apparente à votre Comté), une erreur que font 90% des français que je lis ou rencontre. Votre phrase perd alors tout son sens. Le fromage auquel vous faite référence est sans doute l’emmental.
    Ceci étant dit, je vous salue encore une fois pour votre écriture si agréable, j’ai beaucoup ri comme toujours !

  49. Tout le monde glorifie l’odieux sur cette critique,que pour ma part je n’ai pas réussi à lire jusqu’au bout tellement sa mauvaise foi m’a mise hors de moi.
    Oui,il y a des silences,ça ne veut pas dire que c’est du vide.Oui,il y a une esthétique au niveau des costumes,des lumières flashy qui est celle des années 80,et c’est réussi.Non le fait qu’une ou deux voitures de flics qui viennent d’arriver au stadium (ce qui veut dire beaucoup de sorties) -avec un paquet de monde qui en sort- n’arrive pas à cerner le héros et les malfaiteurs ce n’est pas une incohérence,parce que figurez-vous que ça ne se met pas en place en deux minutes,ni avec seulement une poignée de flics…mais bon je vais pas reprendre toute ta critique non plus..je suis fâchée pour un bout de temps je crois ! même si je ne résisterai certainement pas à l’envie de lire sa critique de Twilight.A sa décharge,la critique de sa planète des singes était hilarante,ça m’a même donné envie d’aller le re-voir pour me marrer !

  50. Je me sens moins seule depuis la lecture de votre spoil mais ne comprends toujours pas comment des personnes munies d’un esprit critique peuvent applaudir à ce film où tout n’est que réchauffé, platitude et ennui. Merci OC !

  51. Comment ai-je pu passé à côté de cet élément fondamental ? Un film français à la sauce américaine ? Voici qui explique tout ! Et surtout pourquoi on s’est bien foutu de la gueule du film pendant la séance, avec les autres spectateurs. Mais je ne vous suis pas sur tous les aspects de l’histoire (déjà que j’ai eu du mal à la suivre pendant la projection).

  52. Scénario à pleurer tellement il est nul (et pas seulement simple), utilisation mode subtilité off de la bande song, tentative d’esthétique 80s qui tombe à plat à cause du reste, scènes de violence exacerbée pour faire style réalisateur sans concession, développement des personnages … hmmm oublions çà, enfin bref n’en jetons plus, si j’avais croisé à la sortie les amis qui me l’avaient conseillé, je pense que j’aurais pété deux ou trois rotules.

  53. Je ne suis pas d’accord avec vous pour la majeur partie de votre article, vous grossissez et même parfois inventez des détails pour que vos blagues (très drôles ceci dit) soient mises en valeurs (notamment: il est aisé de se fondre dans la masse/ il ne peut demander l’aide à la pègre car c’est un peu eux qui sont à l’origine de tout, le coup de fil à la fin vous ne l’avez manifestement pas compris). J’ai vraiment adoré ce film, la bande son et l’acteur principal. Je trouve que le prix est mérité. Certes, c’est un film américain, la couleur fuschia fait un peu film porno rétro et j’en passe; mais ce film reste une réussite à l’inverse de Fast & Furious ou Twilight!
    Les scènes de regards quasiment sans dialogues ne sont justement pas pesant grâce à la bande son et sont plus éloquents que de longs discours. Je reconnais que les scènes violentes étaient un peu nombreuses mais dans un, le ralentis était efficace.
    Mais votre article reste bien écrit et drôle.

  54. Je me demande si ça avait été un livre avec une très belle couverture, haute resolution, un papier de 1ère qualité, une police d’écriture des plus belles et agréable à lire, … MAIS avec une histoire pourrie, est ce qu’il serait aussi facile pour certaines personnes de défendre le livre que le film ?

    Car finalement… c’est le prix de la plus belle mise en page qu’il a reçu… Dommage, il manquait le prix de meilleur scénario…

    • Complètement débile ce poste, c’est vrai que dans un livre on entend la musique qui permet une ambiance particulière et on peut voir aussi le jeu des acteurs, mais oui c’est connu…

    • Le fait est que c’est un roman à la base, de James Sallis, mais que Refn a massacré dans son adaptation, en enlevant la moitié de l’intrigue… Le pire est que tout le monde a applaudi cette épuration massive du scénario…

    • Mauvaise analogie… Un roman, ce n’est pas qu’une histoire, c’est justement une écriture, une façon de faire passer des émotions, des idées, des faits…
      Prenez Le sang noir, de Louis Guilloux (premier exemple qui me vient en tête, il faillit avoir le goncourt en 1935) : ça raconte juste 24H de la vie d’un prof de philo un peu raté dans un lycée breton durant la Grande Guerre. Pas de « grosse » intrigue… et c’est pourtant un livre magnifique, qui happe le lecteur. On pourrait dire de même d’Anna Karénine de Tolstoï, une histoire finalement simple, sublimée, transcendée par une écriture magnifique.
      Un film c’est la même chose, la réalisation étant l’équivalent de l’écriture. Et comme je me tue à le dire, oui l’histoire de Drive est simple, voire simplissime, sans être « pourrie » et « incohérente », c’est la réalisation et la narration qui font tout. OC n’a pas accroché au film (c’est son droit), mais du coup pour justifier cela il grossit et caricature le scénario (avec humour heureusement).

      • Un livre laisse l’imagination du lecteur faire le gros du travail.

        Dans un film, le réalisateur laisse moins de place à l’imagination du spectateur. Il contrôle l’image et le son, sa palette est beaucoup plus riche pour guider le ressenti du spectateur.
        Mais c’est à double tranchant. Un film réussi peut être vécu de façon beaucoup plus intense qu’un livre. A contrario, un film mal ficelé suscitera surtout de l’ennui, sans l’option de sauter un phrase ou un paragraphe qui s’allonge plus que nécessaire.

        En regardant Drive, les 4 personnes qui m’accompagnaient et moi avons ressenti principalement de l’ennui.

  55. Juste une petite remarque sur le titre cher O.C, ajouter « failure » créant ainsi un jeu de mot entre le message bien connu windows et l’échec du film, aurait été plus drôle et fin que simplement tel quel.

  56. Cher Odieux, ce film tiens plus du film italien que du film français si l’on regarde « l’anonymat » du personnage principal.

    En effet, vous n’êtes pas sans savoir que les personnages principaux de Blow Up (film de Michelangelo Antonioni sortis en 66 et primé à Cannes en 67), bien que nommés dans le scénario, ne le sont jamais dans le film.

  57. alors, j’ai fait une note aussi, mais beaucouuuuuup moins longue puisque beaucouuuuuuuuuuuup moins sarcastique… mais bon, j’ai été voir Real Steel aussi, ceci expliquant peut être cela. :D

  58. Mon cher Odieux,
    je ne peux qu’adhérer intégralement à cette chronique, qui décrit comme à l’accoutumée avec force détails et mauvaise foi (de bon aloi) un nouvel exemple de … bref, c’est très bon ! (la critique, pas le film!).
    Je me permets néanmoins d’ajouter un petit détail qui vous a, semble t il échappé. Dans ce (que nous ne pouvons décemment pas définir comme un) film, le héros porte une magnifique Calatrava de Patek Philippe… N’ayant vu aucune communication de cette vénérable manufacture à ce sujet, il serait amusant de se demander comment leur Dir Com a vécu cet évènement sans précédent… Sans doute pourrait il reprendre à son compte cette phrase si juste du directeur général de Roeder (F. Rouzaud) qui avait déclaré à The Economist au sujet de l’engouement des rappeurs pour la cuvée Cristal « Nous ne pouvons empêcher les gens de l’acheter »
    Serviteur, Monsieur.

  59. Drive est, avec Inglourious Basterds et La Piel Que Habito, un film puissant, marquant et novateur dans sa façon de s’approprier un genre pour le dynamiser de manière subtile et humble. Il est également extrêmement libre dans sa façon de tenter tout ce qu’il veut sans que cela sombre dans le grand n’importe quoi.
    C’est un film dont le scénario est très classique mais extrêmement inventif lorsqu’il pervertit les scènes habituelles des genres « film de braquage » et « film romantique » pour en donner des nouvelles interprétations.
    Je pense notamment à la scène lorsque le héros rencontre le mari de l’héroïne et où le conflit « habituel » est parasité par le comportement extrêmement gentil à la limite de l’autisme du héros.
    Je pense notamment à la scène de rencontre du héros et de l’héroïne où des masses de dialogues inutiles laissent place à un échange extrêmement banal et simple mais du coup universel, sublimé par le jeu des deux acteurs.
    Je pense notamment à toute la fin du film où la méconnaissance du héros pour l’univers des gangsters (il n’est que le chauffeur), symbolisée par la scène où Ron Perlman lui dit qu' »il n’est pas très doué pour ce genre de choses », sera contrebalancée par sa folie furieuse de tuer.
    Je pense finalement à tout le film qui nous transporte dans un univers ultra-codifié sans que l’on ait l’impression de l’avoir déjà parcouru.
    C’est la marque des grands cinéastes que de donner vie à une oeuvre qui se suffit à elle-même et Refn en fait partie.

  60. Cette article est énorme! J’ai vécu le même visionnage de film, et cette incompréhension mystique fasse aux critiques dithyrambiques. J’ai ri, j’ai préféré la lecture de ton billet au film, dis donc! C’est jubilatoire :)

  61. J’ai lu : « comme tout cela est pratique, sinon il eusse (?) fallu lui faire manger du sable ». Je ne suis pas Bernard Pivot mais ça me parait bizarre, j’aurais mis « eût ».
    J’ai aussi lu « deux portière ». C’est plus douloureux pour moi que le rose du générique.
    Et je ne me souviens plus du film dans tous ses détails mais il me semble que le boiteux se fait trancher l’avant-bras de manière longitudinale, il n’est donc pas exclu qu’il n’y ait qu’un axe vasculaire qui soit lésé, potentiellement une veine, ce qui pourrait expliquer le bas-débit (mais je ne me souviens plus à quel point le débit est bas)
    On peut chipoter à l’infini et j’avoue que le nombre d’incohérences et autres défauts scénaristiques mis en évidence fait peur à voir mais ça fait mal de le constater quand on a aimé le film.
    Je ne lirai plus de spoilers de Mr Connard.

  62. Cher cuistre, vous devriez arrêter tant votre ignorance est navrante. merci de fermer ce blog au plus vite. Ou alors, essayer de faire une analyse de fond d’un film de, au hasard, Tarkovski ? Ha, pardon, votre culture cinéma ne va pas au-delà des années 2000 et des films que sont à ce jour vos seuls références cinéphiliques : Fast and furious, etc. Continuez, après tout, vous n’êtes que le reflet, sous couvert d’une humour irrévérencieux, de la médiocrité ambiante. Bonne continuation…

    • Ce qui est triste, ce n’est pas la culture cinématographique de l’OC, loin de là. Je suis sur qu’il a vu bon nombre de Kubrick et de Scorsese. Ce qui est triste, c’est qu’OC n’arrive plus à se plonger dans une ambiance de film, ou la musique fait énormement. Et quand il n’est pas séduit ni par le scénario (Je pense qu’il attache énormement d’importance à ce point là) ni par la réalisation, il ne va pas chercher plus loin.

      • Je pense qu’il a fallu  » se faire  » le film que tout le monde a encensé parce que tout le monde l’a encensé. Une posture de principe, du coup à grands renforts de mauvaise foi.

        j »ai moins ri que d’habitude…beaucoup moins ri.

  63. Bon sang, génial!

    Merci pour le full rires.

    Et tu n’a pas fais Démineurs? (j’ai vu un tof de ce film trainer par là)

    Han!

  64. Est-ce que vous pourriez faire un billet sur Tintin? J’ai bien aimé le film mais niveau invraisemblances je suis sur que vous trouverez votre compte.

  65. Il y aura aussi du boulot pour « forces spéciales ». Rien que dans la bande annonce l’armée française est équipée de … M16. On attaque les incohérence avant le début du film :)

  66. Quand il a vu « La folie des grandeurs » adapté librement de son Ruy Blas, j’imagine que Victor Hugo a rapidement commencé à tourner sur lui-même dans sa tombe.

    En fait, l’arrêt du nucléaire, ça fait déjà longtemps que la France y travaille.

  67. Dommage, le film est un vrai chef-d’oeuvre me concernant. Ca m’a fait un vrai pincement au coeur de le voir ici … :-(

    Je pense que arrêter Drive à son seul scénario, c’est complètement passer à côté du film, de sa poésie (oui, j’ose le mot) très bergmanienne avec ses plans cadrés sur les visages.

    La B.O. est à tomber par terre, et c’est pour moi le meilleur film de l’année et l’un des meilleurs de la décennie.

    Et puis, il y a tout un propos métaphysique sur le cloisonnement derrière.

    Cela dit, bien sûr que le scénario comporte des incohérences mais ranger Drive à côté de Twilight, y a une limite quand même.

  68. J’ai ri jaune en lisant la critique. Drive est le seul film dont je suis ressortie satisfaite cette année… Je me demande si vous l’avez vu au cinéma (clair que la mise en scène et la bande son sont plombées par un visionnage sur un ordinateur). Pourtant, les longs films chiants, en général, me font chier : ainsi j’ai été mitigée par Somewhere de Sofia Coppola et j’ai franchement gerbé Melancholia, qui ressemble à un spot publicitaire en faveur des dépressifs.

    Je peux comprendre que la lenteur de Drive puisse casser les pieds, cependant, c’est pousser au plus loin la mauvaise foi (bien que je sache que vous le faites exprès, avec Twilight c’est délectable) de dire que ce film est une bouse. Par pitié, classer Drive à côté de Fast&Furious, c’est un crime.

    Du reste, les incohérences me semblent ici recherchées. Le téléphone portable ultramoderne dans un univers début-80 semble indiquer que c’est un parti pris de ne pas être regardant sur la plausibilité d’un tel scénario (quant aux dialogues elliptiques et au sortir des poubelles dans l’immeuble, ben, je trouve qu’au contraire de ce que vous dites, ça ressemble bien plus à la réalité que des dialogues ultradynamiques et des scripts pleins de rebondissements super-calculés).

    Puis je ne crois pas que le réalisateur prenne « Sigismund » (bien trouvé) pour un héros au sens net. Le mec est clairement un psychopathe, absolument pas romantique. Personnellement, je prendrais ce film comme un voyage dans son univers détraqué, Los Angeles noire et à l’envers, où la mafia se planque encore dans des pizzerias ridicules et où on règle ses comptes à coups de couteau. Le Driver ne roule pas vers son destin ; il roule, bêtement, dans le vide. Dans ce sens, tout le film se tient… Après, c’est clair que tout le monde ne supporte pas de regarder 2011 ou Stalker jusqu’à la fin. L’idée du style « beau film chiant », c’est de pousser à la réflexion au milieu de film, se laisser presque endormir, rêvasser.

    Bon après je classerais pas Drive dans le Best Of intersidéral, mais au milieu des « Intouchables », de jsais pas quel film français débile et de Twilight, ça fait clairement du bien qu’il y ait encore des réalisateurs qui osent essayer des trucs.

  69. Depuis quand les piliers de bar donnent leurs avis sur les grands vins? Quand on se prétend rédacteur, on se renseigne sur ce que l’on critique, Drivr est adapté du roman noir éponyme, style littéraire dans lequel le scénario s’efface pour l’ambiance. Faire du noir c’est savoir com

  70. C’est la première fois que je tombe sur ce blog, et je crois halluciner. Tant sur l’article que sur certains commentaires. On dirait que certains sont devenus incapables d’avoir des émotions simples et instinctives.
    Vous cherchez à intellectualiser quelque chose qui se veut résolument basique mais prenant !

    Ce film défoule, ce film est bon, point. Les incohérences, franchement… Je comprends pas ce que tu peux attendre d’un film comme celui-ci sinon.
    « Une profonde réflexion sur la mafia ouest-américaine de nos jours »

    Non sérieusement si vous n’avez pas vu le film et que vous tombez sur mon commentaire : ARRETEZ DE LIRE CETTE MERDE. Acheter une place de ciné, télécharger-le illégalement, acheter la version pekinoise à $0,05. Mais regardez-le !

  71. De même qu’au-dessus, consterné par cette critique qui parle de tout sauf du film… Rien que l’accroche « brainstorming de la production » est caractéristique de la critique de merde qui cherche à être marrante plus qu’à dire quoi que ce soit (il ne manquerait plus qu’un petit commentaire acéré sur l’ambiance de la salle et le public « au QI d’huître », ce genre de choses).

    Bref, du sous-sous-sous-Nanarland-des-mauvais-jours appliqué à un bon film. Belle démonstration que le geek contemporain est aussi obscurantiste, pinailleur et conformiste qu’un moine clunisien du XIIIeme siècle.

  72. Une critique pleine de mauvaise foi mais très drôle, j’ai bien aimé la caricature du brainstorming personnellement.
    En revanche la liste des incohérence est pleine de faux positifs, désolé mais il ne fallait pas dormir pendant la séance ;) car au moins la moitié d’entre elles sont tout à fait cohérentes au vu des éléments que nous fourni le film.

    Ça reste pour moi le film de l’année 2011, même si il est loin d’être un film « parfait » notamment du point de vue du scénario (comme quoi un film ce n’est pas que ça, loin de là). Par contre je me dis qu’il ne faut surtout pas que je passe sur ce blog avant d’aller au ciné sinon je n’irai plus en salles :D.

  73. fast and furious tourné sous lexomil avec vin diesel qui s’interroge pendant tout le film sur la petite phrase du réalisateur: « hey te trompes pas de trou »

  74. Un article réussi, amusant et, comme toujours, plein de mauvaise foi. Je conseille cependant grandement ce film aux lecteurs, qu’ils ne se fassent pas leur idée sur votre seule critique : il n’a, selon moi, pas volé le prix de la mise en scène…

  75. Merci, grâce à toi je sais enfin pourquoi Bernie est allé vers l’océan. Cela faisait des nuits et des jours que je cherchais en vain la réponse à la plus grosse connerie du siècle ! Encore merci !

  76. J’en avais entendu beaucoup de bien. Pis lors d’un voyage en avion, il était disponible sur l’écran, j’ai regardé.
    Et bon… pffffff.
    La photo est belle, la réal est franchement pas mal, Gosling joue bien même avec 2 expressions : OK.
    Mais à coté de ça, j’ai trouvé la violence totalement gratuite et disproportionnée (l’éclatage de gueule à coup de santiag, c’est vraiment juste pour révulser, ça m’a fait penser l’intro d’Irréversible, autre sommet de bon goût cinématographique.).
    Le scénario veut se la jouer contemplatif et lent, style western urbain, mais c’est surtout interminable. Les scènes de silence répondant à des murmures m’ont ennuyées à mourir, ça n’apporte rien d’autre que des longueurs, 0 émotion, 0 tension, à drame. En fait, au fur et a mesure, j’avais des comparaisons qui me venaient à l’esprit (Heat/Collateral de Michael Mann ; Impitoyable/Gran Torino de Clint Eastwood)… et qui ne flattaient pas Drive. Finalement la seule scène où j’ai ressenti quelque chose pour un personnage, c’est lors de la mort de Shannon. Prévisible, mais bien jouée et bien amenée (et peut être aussi parce que Bryan Cranston fait autre chose qui de fixer un point dans le vide pendant 45 secondes avant de ne rien dire). Ou à la rigueur le coup de fil du Driver à Bernie, ou en sent bien que The Driver se résigne à se sacrifier pour sauver Irène.
    Faire un scénario minimaliste c’est bien, et ça peut donner de vraiment bon films (ou de solides séries B). Mais du coup les incohérences sautent vraiment au visage et sont difficiles à pardonner (l’histoire du manteau recouvert de matière cérébrale qui ne choque personne, le plan 100% alakon AOC de Nino, les meurtres au vu et au su de tout le monde), et nuisent au plaisir de regarder film (en tout cas à MON plaisir, déjà entamé par les blancs de 30s entre chaque silence).

    Au final j’ai pas détesté. Mais j’ai pas aimé non plus. Techniquement c’est pas mauvais du tout, voire même plutôt bon. mais c’est pas non plus génial au point de le primer. Les lenteurs m’ont barbées, et pourtant j’adore un bon nombre de films de Scorsese, Coppola, Mann, Iñarratu, Eastwood et Kubrick : que des épileptiques de la caméra. Mais là, ajouté à la violence aussi gore que gratuite (encore une fois, revoyez Collateral par exemple : les sautes de violences sont bien présente et encore plus brutales, mais ne se vautrent pas dans un gore de bas étage), ça passe pas, ça fait poseur.
    Ou tuning en fait : vouloir être classe (les lenteurs), se foirer (c’est trop lent) et se prendre les pieds dans la pure vulgarité (le gore).

    Le pire dans tout ça : quand j’ai dis à certains amis que le film m’avait barbé et que je ne l’avais pas aimé ils m’ont répondu :
    « C’est parce que tu l’as pas compris, faut que tu le revoie »…
    Quel dommage que je n’avais pas ma Petite Souris sur moi à ce moment là… ou mon gros marteau.

  77. La truite là….. Mais la truite quoi !! Jcrois que tous mes voisins m’ont entendu exploser de rire. Rire-decrescendo-relecture-rire….etc.

  78. Énorme et pourtant tu passes à coté de la plus grosse incohérence du film. Un type qui décide de s’attaquer de la mafia avec sa bite et son marteau parce qu’avec lui « jamais d’arme »… Costaud principe dont on attend encore l’explication.

  79. J’adore ton avis! Je viens de regarder le film, et en le visionnant, je n’avais qu’une hâte, c’était de lire ta critique, qui je savais, serait vraiment l’ombre de mes pensées! Et pas loupé, je suis ENTIEREMENT d’accord avec toi, me suis fait les mêmes reflexions! D’ailleurs, as tu noté que Sigismond parle pour la première fois au bout de…. 17 minutes? Quand on sait que le film dure 100 minutes (en blu ray uniquement, car en DVD, c’est 136 minutes, allez savoir pourquoi? Peut être un manque de budget pour le générique de fin?) On se dit que bon, le film va commencer d’ici peu… Puis j’ai vu venir les 60 minutes et toujours rien! Je n’ai pas compris la scène de poursuite où Driver fait demi tour sur la route pour faire un face à face avec les braqueurs N°2, puis se remet en place et boom, la voiture ennemie est accidentée… A quoi cela a pu servir? Ca n’aurait rien changé si il avait roulé dans le bon sens! Bref, pour moi, ce film est une ENORME DECEPTION car j’avais vraiment entendu beaucoup d’avis positifs.. et le pire, c’est que si on ne lit pas le synopsis, on ne devine pas que les méchants font parti de la mafia….ni que Driver fait des actes malveillants toutes les nuits… ni comment lui et Irene sont tombés amoureux (peut être le fait qu’il soit appuyé contre la tapisserie toute moche d’irene?) Enfin bred, quand on voit les images qui décorent le boitier BR, on se dit que vraiment, ce film doit être plein d’action! Bref, je vais vite l’oublier!!!

  80. Ayééé j’lai vu, ça vient de passer sur canal+.

    Du coup je viens de relire la critique : bravo pour avoir réussi à débusquer autant d’incohérences. Personnellement, j’ai trouvé le scénario tellement tordu, tellement confus et tellement décousu que je ne suis même pas sûr que j’aurais tout compris sans ce magnifique spoil.

    La photographie est vraiment belle là j’ai rien à dire. Des yeux qui brillent (qui étincellent même) sur un visage plongé dans la pénombre, ça fait son effet.

    Les plans, les travelling, etc. sont beaux aussi, mais là c’est trop. J’ai eu l’impression d’assister à un numéro de jeune virtuose, un réal qui veut absolument montrer ce qu’il arrive à faire avec une caméra. Ça fait clip, ou pub. Il y a un plan où le héros arrive dans son appart, entre dans la chambre et reste planté là (comme souvent) : derrière lui on voit l’entrée baignée d’une lumière chaude, et le héros est éclairé par une lumière verdâtre qui projette son ombre sur le mur, c’est parfait. J’ai vu arriver le moment où il allait se mettre à chanter Tainted Love. A chaque travelling, j’imagine l’équipe derrière la caméra, l’idée calculée, sans tripe, sans identité, le mec va jusqu’à faire un long travelling à la Scorsese simplement pour montrer que la nana est en panne et qu’elle a des courses à porter. Scorsese, Soderbergh, Fincher, De Palma… sur le moment j’ai reconnu des tas d’emprunts. Le plus triste c’est qu’aucun de ces artifices n’arrive à faire de Los Angeles une ville intéressante, mystérieuse, cinématographiquement valable. Ça reste la ville moche et terne que l’on voit habituellement.

    Les musiques : chacun ses gouts, moi je les trouve kitsch. Tout le long j’ai cru entendre du Brian Eno (à part la chanson du générique) mais c’est un autre gars.

    Le style, l’émotion, le truc quoi… ça ne prend pas, ça ne décolle jamais. C’est un copié-collé des « meilleures scène de films de gangsters », mais qui ne suscite aucune émotion. Quand je vois des scènes avec un gars ténébreux, mutique-limite-autiste, qui part en vrille d’un coup en massacrant ce qui est à sa portée, non-seulement je les voyais arriver, mais surtout je me dis qu’un Kitano le fait depuis 89, et que c’était bien plus saisissant, à l’époque. Il y a tous les poncifs imaginables sur la pègre, le « milieu », et les deux caïds en question semblent échappés d’un Hollywood Night, ils font peine à voir vraiment.

    Je ne reviens pas sur le blouson de Jacky, mais son jean, par contre, c’est impossible. Gosling à des jambes de footballer mais porte son jean comme un emo en pleine grève de la fin. Il a du beurrer l’intérieur pour l’enfiler je ne vois pas comment sinon. En plus ça lui fait des hanches de gonzesse ma parole.

    Ce qui est gonflant n’est pas le film en lui-même. Dans un monde normal, je l’aurais peut être regardé puis oublié aussitôt. Mais dans ce monde-ci, on me vend ce navet depuis un an comme étant le Nouveau Cinéma. Des tas de critiques plutôt fiables habituellement vénèrent ce film, c’est incompréhensible. C’est un film simpliste dans l’idée et poussif sur les effets, comme beaucoup d’autres. Mais pourquoi celui là bénéficie-t-il d’un tel traitement de faveur ?

  81. Si vous aimez les bandes-sons classieuses stylées années 80, je vous conseille plutôt celle du jeu vidéo Hotline Miami, un pur régal !

  82. A lire les commentaires (du moins les premiers car il y en a un peu trop pour tous les lire), on a l’impression que certaines personnes sont frustrés et déversent leur haine pour ce film sur internet car leur entourage et les médias le qualifient de chef-d’œuvre contrairement à eux. Si vous donniez votre opinion sans vous soucier de celle des autres, vous pourriez probablement éviter de bouillonner intérieurement de cette façon. Je n’ai personnellement aucune honte à dire que je n’ai pas aimé des films comme Scarface et je n’ai jamais eu besoin de les haïr pour autant. Il y a de mauvais films comme il y a de mauvais livres mais je ne pense vraiment pas que Drive puisse entrer dans cette catégorie au vu des arguments que j’ai pu voir.

    Ce que je dis avant ne concerne pas vraiment l’auteur au final, c’est un peu le principe de son blog de faire ça en partie pour l’effet comique. Je ris pour le coup beaucoup moins à cet article car Drive est un de mes films favoris mais c’est parce que mon petit coeur s’est senti offensé (un petit peu d’auto-dérision ne fait pas de mal).

    Pour défendre Drive, Refn n’a pas eu la prétention de faire un film réaliste ou un film d’action. Il se focalise avant tout sur l’ambiance (visuelle et sonore) et de ce point de vue là, il a parfaitement réussi. Au niveau de l’histoire, on adhère au parti pris des dialogues ou pas donc je comprends l’argument « je me suis ennuyé », c’est vrai. Et il y a effectivement quelques incohérences (que je n’avais pas vu) que l’auteur a souligné et que je partage. Néanmoins, il reste pour moi un magnifique film.

    En tout cas, ça m’amuse de défendre Drive. Et vous, ça vous amuse de vous acharner sur quelque chose que vous n’aimez de toute façon pas? Je parle encore une fois des commentaires plutôt que de l’auteur même.

    • ouai mais nan , c’est juste un film de merde avec un scénario de neuneus mais qui est certe bien réalisé

  83. C’est tres drole tous ces gens qui pretendent defendre le film en soulignant qu’il est quand même meilleur que twilight ou fast & furious. Bonjour les références ^^

  84. Cher monsieur connard, j’ai longtemps gardé cette chronique sous le coude mais je voulais pas me spoiler le film. Quel erreur ai je fais…..
    Vous etes bien trop gentil avec cette merde. Car il faut employer les bons termes, oui , oui cette chose n’est même pas un film, c’est une merde. Je l’ai acheté pensant que pour une fois la critique unanime serait dans le vrai.
    Et bah nan comme d’hab don’t believe the hype (ne croit pas le playmobil :p), votre critique du debut c’est tout à fait ca. D’ailleurs au bout de 10mn de film j’ai regardé le film en *1.5, et même là on pouvait tout à fait suivre les dialogues.
    Les moments de blancs, j’ai craqué, j’ai avancé en *10, ce qui arrivait souvent. Et comme toujours dans ces cas là tu rates le moment où ca parle. Au début je revenais en arrière mais comme c’etait souvent des banalités j’avais au final rien raté. Juste une perte de temps à vouloir comprendre ce truc…..
    Vous noterez aussi qu’au début le mec fait une course poursuite à 20 à l’heure, les flics le reperents parce que forcément y’a UNE seule impala dans tout LA. Et ce con de sisigmond il lache une caisse super tunée qui a du couté un bras sur un parking avec les clés dessus. Tu m’étonnes que son copain shannon il ait pas de fric pour financer une écurie.
    Je vous rejoins tout à fait d’ailleurs, le mec niveau efficacité c’est comme son charisme et son acting => 0 pointé.

    D’ailleurs vous noterez que le mec qui l’aborde dans le bar lui dit qu’il a fait le coup avec lui il y a 1a et après il s’est fait choppé. Je sais pas ce qu’il a volé mais visiblement pour faire 1a de taule ça devait etre un carambar….

    @SammyDay, la connasse elle a bien raison de faire un procès, si j’avais été en amérique j’aurai fais pareil.

    • Quelqu’un qui se permet de critiquer un film en le regardant en 1.5 et en sautant des passages mérite d’être lapidé sur la place publique.
      Ou qu’il ait au moins la décence de fermer sa gueule.

      • Quelle violence. Au lieu de faire du fanboyisme primaire, regardez le film sans vous endormir et après on en reparle ;)

    • Je trouve votre commentaire encore plus amusant que l’article lui même !
      Critiquer un film après l’avoir regardé en x1.5 et x10, alors que le film repose sur son ambiance et son rythme lancinant, c’est fort.
      Critiquer une scène de course poursuite qui justement est pour le coup plutôt réaliste en terme de vitesse/d’accélération/tenue de route (contrairement aux fast and furious et consort qui ressemblent plus à des comportements routiers de jeux vidéo d’arcade…), c’est également fort.

      Sinon, pour l’article en lui même, c’est comme à chaque fois fortement sarcastique et teinté de mauvaise fois tout le long. Mais j’adore le style et ça me fait énormément rire !
      Cela dit, je ne me baserai jamais sur un des article d’odieux pour choisir le film que je vais voir. La preuve, même si Drive est loin d’un chef d’œuvre, c’est un film qui mérite d’être vu dans de bonnes conditions. Si c’est pour le regarder sur une TV, un ordinateur ou un lecteur DVD d’avion ce n’est pas la peine : il repose sur l’ambiance (comme le film Gravity par exemple), donc en salle de cinéma ou avec vidéo-projecteur et son 5.1 minimum, sous peine de passer à côté.

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  86. N’ayant pas aimé le film, je suis rétrospectivement fort heureux de cet odieux spoil dont je n’ai appris l’existence que suite à la rencontre à Toulouse. Je voulais juste signaler que c’est dommage, on dirait qu’il manque les deux dernières images et le lien de la fin est mort, si Diego pouvait s’en charger au lieu de bronzer comme un latino ça serait pas mal.

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