Mari & drame

Au-dehors de la salle des fêtes, le crépuscule achève de chasser la chaleur écrasante de ce mois de juillet.

Adossé à un vieux mur de pierre qui peine à étouffer pleinement les rires, musiques et chants qui s’échappent du bâtiment, je contemple les cendres de mon cigare voleter vers le sol poussiéreux. A côté de moi, un type dont j’ai déjà oublié le prénom est lui assis dans la couche grise et ocre qui recouvre les bords de la chaussée et enquille cigarette sur cigarette tout en agitant une bouteille de whisky commercial dont il vient de faire disparaître près des trois-quarts à lui seul. Dans une sorte de couinement hilare, il se propose de remplir mon verre en voyant que le niveau de liquide au sein de celui-ci est dangereusement bas. Je l’ignore, non sans lui avoir jeté un regard plein de mépris qu’il ne devine qu’à peine derrière les brumes alcoolisées de son esprit, et porte mon cigare à mes lèvres lorsque…

« Ho ! Messieurs ! Y a le marié qui vous cherche !« 

Devant la porte entrouverte de la salle des fêtes qui laisse bruyamment s’échapper les notes d’une chanson de Patrick Sébastien, la jeune fille qui vient de nous apostropher nous jette un regard interrogateur, constatant que sa précédente maxime n’a pas éveillé chez nous des pics de dynamisme. De mon côté, je me contente de soulever un sourcil de manière ostentatoire tout en jaugeant mon interlocutrice.

« Et qu’est-ce qu’il nous veut le marié ?
– Il a dit : tout le monde à l’intérieur. Alors, vous venez ? »

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Je jette un regard à mon voisin qui commence doucement à perdre toute vigueur.

« C’est-à-dire qu’en fait, non, je n’ai pas trop envie de rentrer : si vous rappelez tout le monde, c’est soit pour un discours chiant, soit pour un jeu idiot, alors non.
– Pourquoi ? Vous aimez pas vous amuser ?
– Plus simplement, je n’aime pas les mariages.
– Quoi ? Mais c’est un des plus beaux évènements d’une vie ! »

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Merde. Une ingénue romantique. Je croyais l’espèce disparue.

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« Dis-moi petite, tu as quel âge ?
– 15 ans pourquoi ?
– Hmmm, le contenu de ton t-shirt t’en donnait 4 de plus. Dommage. Tiens, prend un tabouret, je vais t’expliquer un ou deux trucs »

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Relevant d’un mouvement de pied une assise qui avait servi plus tôt dans la journée à savourer quelques petits fours en extérieur, je l’invite à y trouver place.

Car oui, lecteur, le mariage reste à l’heure actuelle l’une des plus grandes aberrations qui soit. Tenez, prenons celui de ce soir : Ludovic et Anne-Laure ont choisi d’unir leurs vies, tant sous le regard de Marianne que sous celui du Seigneur. Ludovic est un gentil garçon : grand, plutôt athlétique, le rire facile et l’humeur souvent radieuse, il travaille dans la téléphonie mobile où ses talents de commercial font fureur. A ses côtés, Anne-Laure, une allégorie du proverbe « les opposés s’attirent » : trapue, rondelette, la bouche constamment en pleine tentative d’imitation d’une  arche de cathédrale gothique et à l’humeur allant du maussade au colérique. Elle travaille en tant que téléopératrice dans la même société que son compagnon, l’un de ces rares métiers où ses interlocuteurs ne peuvent apercevoir son immense mâchoire garnie de dents désordonnées ; certains jours, lorsque quelqu’un ouvre un parapluie derrière elle un peu rapidement alors qu’elle est en train de parler, on a l’impression de voir un dilophosaurus en pleine attaque, prêt à cracher son noir venin sur ses victimes. Troublant.

La mariée s'apprêtant à dire "oui"

De ce couple improbable, seul un mariage pouvait naître, car concrètement, à quoi sert un mariage ?

« A symboliser l’union de deux personnes autour de la flamme de leur passion ?« 

Je rêve. Ma petite, la flamme de la passion entre Ludovic et Anne-Laure équivaut à un liquide pet méphitique sur un briquet à bout de souffle. Non, le mariage, civil ou religieux, c’est un simple lien. Un contrat unissant deux personnes ; enfin pas tout à fait, à la base, le mariage unissait surtout un homme à un bien appelé « femme« . Ça rentrait dans la même catégorie que les amphores et les sandalettes. L’objectif était donc bien de signifier sa propriété privée à l’aide d’un papier officiel.  Donc non : le mariage n’a pas grand chose avec la passion ou avec l’amour. Ça, c’est juste le truc commercial pour faire passer la pilule.

« Non mais c’est important d’officialiser son union, non ?« 

Ça dépend : marque t-on ses amis au fer rouge pour signifier les liens unissant tout ce beau monde ? Passe t-on les menottes à Maurice de la compta pour montrer à l’univers à quel point on apprécie travailler avec lui ? Non. Et pour cause, on a pas besoin d’officialiser ce qui est visible : pas besoin de reçu pour prouver que l’on est soulagé lorsque l’on ressort des toilettes les flancs vides, inutile de disposer d’un certificat affirmant que vous aimez faire du jetski à Ibiza, donc pourquoi avoir besoin d’officialiser sur papier et par cérémonie son union ou ses sentiments pour untel ou unetel ? Non, c’est niais et inutile.

« Nan mais c’est pas que ça ! Y a aussi des droits et tout qui vont avec le mariage !« 

Ho oui ! Comme par exemple, le droit à la copulation. Car comme chacun sait, en dehors du mariage, nenni d’accouplement : c’est M. Camden qui l’a dit. Si jamais vous essayez de le faire sans vous être marié avant, deux options : soit Dieu intervient pour faire apparaitre un champ de force entre les fornicateurs, soit il envoie directement sa foudre. Il est comme ça Dieu, faut pas trop l’emmerder. Même depuis votre chambre à coucher : il est partout. Vous imaginez le nombre de fois où vous lui mettez le doigt dans l’œil en une journée ? Alors comprenez qu’il soit de mauvaise humeur lorsque vous sortez carrément votre trilili.

Non, en fait, c’est ça la ruse : c’est que ce sont surtout des devoirs (et pas seulement « le » devoir conjugal que Monsieur invoque le soir après un bon match de l’UEFA), comme par exemple, et évidemment à tout hasard, la fidélité. Oui, il y a un devoir officiel de fidélité (art. 212 du code civil) ; c’est bien, non ? « Chéri, j’ai tellement confiance en toi que je te propose de nous marier : comme ça, j’aurai un recours légal si tu me trompes ! » . Existe aussi en version « Chérie, je sais que tu ne me quitteras jamais, alors ça ne te dérange pas si je te coupe les deux jambes par précaution, juste pour le symbole ?« .

Mari fidèle appelant son avocat car sentant qu'il a été embrouillé

« Mais c’est une belle tradition quand même !« 

Très belle. Tellement que pour que ce soit plus beau encore, il y a quantité de gens qui filent se marier à l’église en sus de la mairie alors qu’ils n’y foutent pas les pieds de l’année : bin oui, mais c’est tellement plus traditionnel ! Surtout que ce n’est pas du tout hypocrite de :

– se marier devant une entité en laquelle on ne croit pas (et qui prend régulièrement des trililis dans l’œil – dans le meilleur des cas -)

– en présence du clergé, à qui on demande gentiment de rendre service, même si on les conchie à côté

– et en trimballant avec soi toute sa famille à l’occasion d’une messe ou d’une bénédiction durant laquelle tout le monde ne pense qu’à une chose : quand est-ce qu’on mange ?

– et durant la cérémonie on jure de « s’aimer toute la vie« . Ah oui, parce que c’est vous qui gérez ce genre de question ? « Je promets de rester amoureux« , « Je promets de ne pas tomber malade« , « Je promets de gagner au loto en juillet 2017« . Non, définitivement, c’est très con.

Splendide tradition. D’ailleurs, on peut même faire un mariage posthume ; c’est super rigolo, ça aussi. Surtout pour la nuit de noces.

« Rah ! Et bien dites vous que c’est une belle journée, voilà ! Une belle journée pour un couple amoureux !« 

Fabuleuse journée, oui : la mariée aura passé plus de temps à choisir sa robe qu’à la porter, tout le monde se sera ennuyé à la mairie et/ou à l’église à entendre un énoncé de toutes les obligations du mariage sans trouver d’autres avantages que fiscaux à celui-ci (quand il faut rajouter des avantages fiscaux à un contrat, c’est pour contrebalancer tous ses défauts, je vous le rappelle) ; enfin, la famille sera réunie, et on peut ainsi profiter de Jules, le cousin homophobe aux calembours un peu trop grivois qu’il se prend à énoncer à haute voix depuis le début de la journée, non sans les ponctuer d’un rire gras à chaque fois ; Thomas, le grand-père grognon qui trouve que la mariée est une « mijorée » et le fait remarquer à qui veut l’entendre ; Sylvie, la fille un peu pète-sec qui vous jette des regards noirs quand vous regardez votre montre durant les cérémonies, et Armand-Kévin, le DJ ami de la famille recruté pour la soirée qui a concocté « plein de supers jeux« …

Et encore, ne parlons pas de la soirée, justement : obligation de voir tout le monde s’imbiber d’alcool alors que se succèdent les musiques et les jeux les plus beaufs que la Terre puisse porter : jeu de la jarretière, chaises musicales où l’on doit trouver un objet dans la salle (mais hélas, jamais une arme à feu), amis profondément lourds qui vous tirent par le bras lorsque retentit la danse des canards afin que vous alliez vous déhancher avec eux sur la piste et surtout, surtout, petites collaboratrices qui viennent vous chercher dehors pour vous ramener comme des miliciennes fanatiques  lorsque vous avez enfin réussi à vous isoler de cette maudite soirée en emmenant avec vous un inconnu qui avait le mérite d’avoir les clés du bar.

L'amour rend aveugle.

« « 

Je la regarde et j’espère que cette dernière phrase a réussi à percer les couches de sébum mêlées d’eau précieuse qui séparent mes propos de sa cervelle de collégienne.

« Bon bin je retourne à l’intérieur. Venez Monsieur Goffrain, suivez-moi, vous, je vous resservirai un verre si vous le souhaitez à l’intérieur. Il y a un karaoké qui va commencer. »

Je regarde l’homme à côté de moi se relever péniblement tout en jetant dans le champ d’en face sa bouteille de whisky vide. Il écrase une demi-cigarette sous ses chaussures de ville et suit en titubant la jeune damoiselle vers l’intérieur du bâtiment ; la porte s’entrouvre à nouveau et fusent les paroles de Gilbert Montagné ainsi que les ombres des silhouettes agitées du DJ et de quelques convives se déhanchant sous les spots de la piste.

Le silence retombe plus ou moins, à peine perturbé par les basses et le son de la nature alentour. Voilà, Ludovic et Anne-Laure sont mariés. Madame, sous le couvert d’un acte amoureux, vient de s’assurer que son désormais mari aura quelques difficultés à la quitter. Le but du mariage, quoi.

Et le paradoxe, c’est que dans l’Histoire, l’homme qui saisit le mieux ce qu’était le mariage fut Adolf Hitler :

Une heure après s’être marié, il se tirait déjà une balle dans la tête.

78 réponses à “Mari & drame

  1. L’article est bof-bof (pour moi c’est largement du réchauffé, ceci dit, je ne suis peut-être pas objectif).

    Par contre, la chute est bien trouvée.

    Typhon

  2. Par curiosité, que faisiez-vous à ce mariage ? Pourquoi en premier lieu avoir accepté l’invitation ?

    En dehors d’avantage fiscaux, il y a quelques petites choses en plus, par exemple dans certains hopitaux dans les cas grave il faut être « de la famille » pour pouvoir voir quelqu’un (en tout cas aux Etats-unis, on refuse à des personnes vivant ensemble mais non marié d’aller voir le conjoint aux urgences)

    Mais c’est vrai que c’est en gros le seul avantage que je vois qui ne soit pas fiscal et qui est inutile si on fait confiance à son partenaire (et encore, il n’y a pas vraiment besoin de « mariage » juste d’un changement de société)

      • Il me semble aussi que les couples mariés ont plus de facilité pour adopter des enfants (j’attends un article sur les enfants !), vu que le mariage est un gage de stabilité.

  3. « Dis-moi petite, tu as quel âge ?
    – 15 ans pourquoi ?
    – Hmmm, le contenu de ton t-shirt t’en donnait 4 de plus. Dommage. »

    Si Polanski avait eu votre présence d’esprit, il aurait eu moins d’emmerdes avec la justice de l’Oncle Sam. Dommage…

    Quant à ce billet et son sujet, je trouve le camarade Typhon un peu dur. Même s’il est vrai que vous nous avez habitué à mieux, cher O.C., votre vision de cette tradition prête non seulement à sourire mais aussi à réfléchir, voire à chérir le célibat.

    • Le fait de n’être pas marié n’implique pas de vivre en célibataire. Le fait d’être célibataire n’implique pas de vivre comme dans les ordres.

      Heureusement.

      Typhon

  4. Promettre qu’on va s’aimer pendant les 75 prochaines années, c’est probablement illusoire. Ça peut fonctionner bien sûr (et ça fonctionne relativement souvent en fait), mais prendre un engagement pareil…

    On sait très bien que les promesses n’engagent que ceux qui y croient. Mais c’est justement l’intérêt. Quand on se marie, on dit y croire. On promet et on se fait promettre. C’est toujours très compliqué de lire l’autre, de savoir vraiment où il en est. Se marier, c’est aussi vérifier que l’autre en est au moins là vis à vis de soit.

    Et puis un mariage, ça peut aussi être cool si on fait la mairie rapidement, si on ne va pas à l’église, si on invite pas les relous et si on fait un barbek géant à la campagne au milieu d’une semaine de vacances à la cool.

    • « I’ll start my own theme park! With Blackjack! And hookers! In fact, forget the park! »

      Y a pas besoin de mariage pour faire un barbecue.

      Typhon

      • Ce n’est pas la question. Je dis juste qu’il est tout à fait possible de faire une fête sympa. Et que s’opposer au mariage pour la piètre qualité de l’évènement qui y est souvent associé est un non-sens.

  5. J’ai quand même trouvé un avantage considérable au mariage … éviter l’expulsion de ma femme à la fin de ses études.

    Et puis bon un mariage c’est pas toujours galère : 10 minutes devant le maire, 15 invités max, un petit resto et au lit à 20h… une journée presque normale quoi :)

      • Quand votre épouse va-t-elle finir ses études ? Si elle s’engage dans une thèse vous auriez peut-être dû y réfléchir à deux fois, le temps pourrait être long… J’en connais quelques uns qui reverraient de voir leur femme disparaître dans un fourgon pour ne jamais les voir réapparaître, où peut-être au détour d’un documentaire de voyage diffusé sur une chaîne thématique…

  6. Bonjour,

    J’ai beaucoups aime votre article, parce qu’a mon sens tout merite d’etre tourne en derision de temps en temps, surtout si c’est avec talent.

    Ceci etant dit, je me permet de commenter pour contester le cote tout blanc tout noir. A mon sens votre coup de grognon est plus contre la beauf-attitude qui acompagne souvent le marriage, contre les traditions sans fondement, contre l’hypocrisie, contre le manque de sens des actes clef de notre vie en general. Je suis plutot d’accord. Mais pour autant je ne jeterais pas le bebe avec l’eau du bain.

    Un marriage, comme tout, c’est ce qu’on en fait, et c’est aussi l’occasion de celebrer la chance qu’on a de s’etre rencontre, de s’etre battu pour cette relation, d’avoir quelques amis qui respectent notre amour (etant homo). Celebrer ce qui est beau, c’est peut etre cucul la praline mais on ne me convaincra pas que c’est une perte de temps.

    Apres pour toute les horreurs qui vont avec, il suffit d’avoir la jugeote necessaire pour s’en defaire.

    Merci de partager vos points de vue avec autant d’humour et d’ouvrir la porte aux commentaires.

    Bonne continuation

  7. Marrant, tout le monde semble d’accord pour dire que l’article d’aujourd’hui est moins bon que les précédents. Mais je ferais remarquer 2 choses :
    1) ce n’est pas parce qu’un sujet a déjà été abordé des milliers de fois par vos parents, amis, collègues, parasites et autres connaissances que celui-ci ne peut être abordé par notre OC
    2) OC n’a pas droit aux vacances que chacun prend, et ainsi se ressourcer afin de nous offrir une nouvelle année savoureuse de posts et autres perles ultimes ?

    Enfin, puisqu’on parle d’engagement, je vais vous parler de celui de 2 amis à moi : ils ont acheté une maison. 35 ans d’emprunt, ça c’est un engagement.

    N’oubliez pas qu’Hitler a d’abord tué sa femme, son chien, ses amis, enfin bref tous ceux qui avaient assisté au mariage. Alors méfiez-vous…

  8. O.C ne serait pas O.C. s’il etait romantique, n’est pas ?

    Après la st valentin, le mariage est la suite logique.

  9. Ouais, mais c’est quand même une ambiance spéciale le mariage. Certains aiment, d’autres non. Un mariage rapide avec juste les amis proches (et dans le Kent) ça pourrait être fort sympathique (pour les mariés, bien sur). Mais si on ne peut pas le faire dans n’importe quel lieu, c’est pas mégachouette.
    La majorité sexuelle est à 15 ans, nan ?

  10. Un article un ton en dessous de ce dont vous avez l’habitude, avec cette réflexion finalement incomplète sur le mariage.

    Il est certain qu’aujourd’hui le mariage peine à se trouver un statut et que les raisons qui le rendait obligatoire il y a quelques décennies ne sont maintenant caduques. On dirait donc que les gens se marient par tradition, par mimétisme, sans que ça ait forcément pour eux une véritable signification.

    Mais ce n’est pas pour autant un acte forcément hypocrite. Au delà des avantages financiers et sociaux que la mariage apporte, au delà de l’officialisation d’une relation et de l’engagement contre l’infidélité, il y a autre chose.

    Le mariage reste un symbole, un acte garant d’une stabilité indispensable à la fondation d’une famille, ou tout simplement l’affirmation d’une volonté de construire quelque chose à deux. Il est bon de pouvoir conserver ce genre de rites et de passages qui contribuent à donner (un peu) de repères et de sens à une vie qui au fond est bien absurde.
    A l’heure où beaucoup multiplient les histoires de quelques semaines c’est une chance de pouvoir bénéficier de cette occasion d’affirmer qu’on souhaite vivre quelque chose de durable. C’est à la fois un jalon pour soi que pour son entourage.
    Bref, le mariage peut encore représenter quelques chose à partir du moment ou le couple y croit.

    Cependant, je compatis quand même avec vous cher Odieux car il semblerait que vous n’ayez jamais subi que des mariages de beaufs. Effectivement, si votre expérience du mariage est uniquement constituée de beuveries, de chenilles et de Patrick Sébastien je comprends d’où vient ce cynisme et ce nihilisme qui dans ces circonstances devient salvateur !

    Je vous souhaite un jour de vous faire inviter par des futurs mariés pour qui cette cérémonie a un sens, histoire de voir autre chose qu’une grosse pantalonnade entre un vendredi de rtt et un lundi de reprise !

    Vieuxconiquement votre.

    • Votre billet, comme celui de notre estimé mais néanmoins Odieux Connard, omettent une autre dimension essentielle du mariage. C’est d’autant plus regrettable que l’argument est propice au cynisme et apte à déciller nos contemporains sur le désenchantement du monde.

      Le mariage d’amour est d’invention fort récente. Ce n’est donc certainement pas dans l’exhibition du bonheur béat des tourtereaux qui (con)volent, qu’il faut chercher le fondement juridique du mariage.

      Les (futures… mais pas toujours) obligations parentales, les obligations de soutien mutuel et, pire encore, de fidélité conjugale n’expliquent pas mieux l’existence de cette cérémonie.

      On peut quand même s’accorder sur un point : le mariage est une cérémonie. Elle se caractérise par un rituel, mais plus encore par le fait qu’elle laisse des traces dans le souvenir des convives, des passants, des badauds, mais aussi dans les registres, les journaux, les documents administratifs.

      Pourquoi donc faut-il que la cérémonie soit publique ? Pourquoi est-ce indispensable de publier les bans ? Pourquoi impose-t-on des témoins et l’intervention d’un représentant de l’Etat en la personne du maire ?

      Des commentateurs ont évoqué la fidélité conjugale… Pour eux, avant le mariage, on couche avec qui l’on veut, sans souci de morale, mais la déclaration solennelle du mariage érige soudain un rempart autour des époux pour les protéger des tentations.

      L’anneau nuptial serait-il le symbole de ce cercle de feu sacré où les vilains briseurs de ménage viendraient consumer leur âme de corrupteur impie ?

      Non non… c’est normal. C’est magique. C’est comme dans les scenarii que nous dissèque régulièrement le maître des lieux.

      Avant, c’est l’inconscience, et après, c’est la sagesse… reprenons la logique de cette opposition.

      Si vous êtes briseur de ménage (sans considération de votre sexe, par ailleurs), avant le mariage, vous pouvez librement draguer… Vous vous présentez devant celui des deux qui vous plait le plus, et vous pouvez librement le séduire…

      Ah, mais au fait, précisons que ce n’est pas sûr que ça marche, hein… Mais on va faire comme si la personne draguée se laissait séduire. Après tout, rien d’officiel ne la retient. Et bon, comme vous êtes nécessairement irrésistible, il n’y a pas de raison que ça ne marche pas… Il est également improbable que l’autre, qu’on n’appelle pas cocu faute de mariage, s’interpose et vous mette ne tête au carré.

      Évidemment, une fois la personne séduite, vous serez à la merci de meilleur séducteur que vous, à moins que vous ne deveniez la proie d’un séducteur de l’autre sexe (ou du même, après tout…).

      Donc, faisons fi de toute résistance et de tout autre lien qu’institutionnel, et gardons à l’esprit que avant le mariage, c’est… que dire… le chaos ? le foutoir ? le bordel ? la liberté ? en tout cas, le règne d’une certaine précarité…

      Après, c’est la clarté, la stabilité, la droiture, l’honnêteté, l’ordre et la confiance.

      Le mariage, c’est comme ça ! ça change tout, n’est-ce pas : le conjoint de la personne convoitée va certainement vous faire la tête au carré, cette fois. Pas avant. Mais là, oui.

      D’ailleurs, ce conjoint, qu’on pourrait désormais appeler cocu, n’aura pas à intervenir parce que la personne que vous tentez de circonvenir dira non, n’est-ce pas ?

      Elles (quelque soit leur sexe… je parle des « personnes ») disent toutes non, quand elles sont mariées, n’est-ce pas ? D’ailleurs, du coup, le mot « cocu » n’a pas de raison d’être.

      Avant, elles avait le droit de dire non, mais la règle était qu’elles acceptent. Qu’en dit votre expérience personnelle ? Là, tout d’un coup, on dirait que la règle devient le « non », et ne souffre miraculeusement plus d’exception… Il n’y a évidemment pas de contre-exemple probant. Il faut donc faire disparaître « cocu » du vocabulaire.

      Et d’ailleurs, le refus est tellement évident que vous n’oserez même pas faire de telles avances. Une Morale Intangible vous l’interdit formellement ! Si ! Telle est la force sacrée du mariage : une crainte superstitieuse d’un châtiment, divin ou non, ou bien d’un déshonneur, ou de n’importe quoi de pas bon pour vous, vous inspire un respect tel que vous n’iriez pas draguer une personne qui porte un anneau marital, n’est-ce pas ? Personne ne fait ça, n’est-ce pas ?

      C’est ça, le mariage : une cérémonie de protection magique contre les briseurs de ménage. C’est d’une efficacité redoutable, non ? Ça exorcise toutes les personnes présentes de toute convoitise et de toute concupiscence. Les gens qui ne sont pas venu aussi, qui sont prévenus par la publication des bans. Et ceux à naître, aussi… Tout le monde trouvera désormais repoussante, l’idée d’aller séduire cette toute jeune mariée, nubile et épanouie, dont les formes transparaissent dans les transparence des voiles. La robe, légère puisque la plupart des mariages sont estivaux, vous a des transparences magnifiques où l’on devine des dessous coquins, réservés désormais au seul mari, et qui donc, ne tentent évidemment plus personne !

      Vous-même ne pourriez le prétendre en gardant votre sérieux…

      Mais bon… ces serments parfois hypocrites qui concrétisent si bien l’innocence et la naïveté affichée d’un couple nageant dans le Bonheur, participent à la solennité de l’évènement.

      On peut se demander si cette solennité et cette ostentation ne sont pas en fait plus importantes que le contenu des promesses… Et l’on peut répondre : « oui, ce qui importe dans le mariage, c’est qu’il soit public, qu’il ait des témoins, et que sous couvert de fête, l’union soit rendue « opposable aux tiers », comme le disent les juristes ».

      Mais n’est-ce pas étrange et à contre-courant ? La tendance contemporaine, qui se lit bien dans quelques commentaires sur ce blog, pousserait naturellement nos tourtereaux à se dire qu’ils s’aiment, que ça ne regarde personne, et qu’ils sont assez grands pour se faire les serments qu’ils veulent (voire, les tenir) sans qu’il soit nécessaire d’apposer « leurs noms en bas d’un parchemin », comme disait Brassens.

      C’est ainsi que le mariage périclita quelques temps.

      Baignés dans l’ambiance de « baise sentimentalisée » qui suinte de moult séries télévisées, on se prendrait encore à donner raison aux adeptes de l’union libre. Seuls d’antiques dévots y verraient le Mal, commettant ainsi le crime de ringardise, l’un des plus terribles de notre époque. On regarde à présent avec dégoût ceux qui se parent les doigts des mailles détachées des lourdes chaînes conjugales pour s’en faire les symboles annulaires de leur servitude mutuelle.

      Mais il semble que la tendance s’inverse et que le mariage revienne à la mode. Le goût des rites « vintage » en relance l’engouement. Mais le sens de la cérémonie aura, dans l’opération, sombré dans l’oubli, ou pire, dans l’indifférence…

      Il est vrai que les génération successives peuvent reproduire un comportement ancestral sans s’en rappeler la sagesse, et alors même que celle-ci serait devenue folie.

      Ce renouveau trouve écho dans la persistance des institutions. Les textes juridiques promeuvent toujours un mariage ritualisé (bien que grandement laïcisé) dans des formes prescrites par la loi. Un intérêt général est supposé, comme toujours, avoir guidé les législateurs dans l’élaboration de ces formes. Lequel ont-ils donc poursuivi, en l’occurrence ?

      Nous parlons de ce mariage bourgeois qui fut formalisé légalement sous Napoléon, et dont les formes restent encore très actives… A l’époque, le mariage est surtout de classe et de raison. Et qui dit de raison, à l’aube de la révolution industrielle, dit d’argent.

      La où la noblesse évincée voyait en le mariage l’union de deux familles, la bourgeoisie, qui porte déjà les institutions, y voit l’union de deux patrimoines.

      Et oui, mes agneaux, l’institution matrimoniale est surtout… patrimoniale.

      C’est du côté des finances qu’il faut sans doute chercher la raison du mariage. SammyDay, au commentaire n°11 ci-dessus, s’en approche assez lorsqu’il dit que l’engagement est plus marqué quand il s’agit de s’endetter sur 35 ans pour acheter une maison…

      Or, c’est précisément aux créanciers et débiteurs actuels et futurs des époux que la proclamation s’adresse : Fusion des ressources, fusion des dépenses, et surtout, fusion des patrimoines. Réglez votre dette à l’un des époux, elle est éteinte. Prêtez à l’un des époux, l’autre est endetté également. Vous éprouvez des difficultés à vous faire rembourser par l’un ? Vous pouvez envoyer les huissiers chez l’autre.

      D’ailleurs, si, par convention, les époux entendent limiter la fusion des patrimoines, elles doivent figurer dans un contrat et en porter la teneur à la connaissance des tiers… Tel est la raison d’être du contrat de mariage. Ce n’est pas pour rien que tout cela doit être public.

      Dans le cas le plus favorable, la fusion des fortunes donne au couple un crédit supplémentaire, une possibilité nouvelle de s’endetter, d’investir, de faire fructifier le patrimoine. C’est bon pour l’économie. Ca participe à la croissance. Du moins était-ce le cas à l’époque…

      Relisez les formes et les rites du mariage à la lumière de cet objectif et tout vous paraîtra clair. Jusqu’aux fastes de la noce et aux listes de mariage, aux dots et autres garanties, qui n’existent que pour clamer aux éventuels usuriers présents dans l’assistance, que l’union est solvable (ce qui importe plus que le fait qu’elle soit solide).

      Les composantes de notre société qui ont les sources les plus exotiques ne s’y trompent d’ailleurs pas… Pour peut qu’on s’y fasse inviter, on peut voir des cérémonies grandioses, où les proches épinglent des billets au costume du mari et où l’épouse exhibe tout le luxe de sa garde robe en arborant une dizaine de tenues au cours de la soirée… A la réflexion, il n’est pas même besoin d’y être invité : ces cultures raffinées sont promptes à proclamer que les portes sont ouvertes à qui veut manger, festoyer et féliciter les époux dans la liesse commune. C’est dire s’ils ont compris l’évidence qui se refuse à certains compatriotes pourtant autochtones depuis plus de générations : le mariage ne vaut que par son retentissement public (on dirait « médiatique », de nos jours… ).

      Indépendamment des sources culturelles des fastes, les institutions, notamment fiscales, semblent encourager le mariage. Là encore, le souci des gouvernants n’a rien à voir avec une incitation à l’amour, à la fidélité et à la puissance des sentiments réciproques… L’Etat ne promeut le mariage qu’en ce qu’il participe à l’intérêt général.

      Et en l’occurrence, l’intérêt général se fout bien de la fidélité des époux, de leur assistance mutuelle et même de l’authenticité du lignage héréditaire (l’hérédité dépend de tant de facteurs)… Il se moque moins de l’existence d’héritiers légitimes auprès de qui il faudra réclamer le paiement des créances…

      Mais ce que l’intérêt général (tel que défini par la bourgeoisie déjà régnante à l’époque du code civil) ne peut ignorer, c’est ce que le mariage apporte au grand mouvement de concentration du capital si indispensable à la révolution industrielle de l’époque.

      Dépouillé de son décorum et surtout de son romantisme, le mariage est plus qu’un contrat, comme ça a été indiqué dans le autres commentaires. C’est une proclamation de solvabilité financière à usage des prêteurs et emprunteurs potentiels.

      C’est bien une affaire de confiance, mais seulement si l’on se rappelle que ce terme est synonyme de « crédit ».

      Cordialement,
      Théodoric

  11. Il manque quelques droits aux mariés :

    1) le droit de porter une bague (OK, ils pouvaient déjà avant)
    2) le droit de s’appeler « chéri(e) » sans que tout le monde les trouve lourds
    3) le droit de commander plein d’ustensiles de cuisine gratuits (mais s’ils vivaient déjà ensemble c’est inutile)
    4) le droit de partir dans les Caraïbes en dépensant toutes leurs économies et celles de leurs parents sans qu’on fasse de commentaires.

    Accessoirement, pensez à tous ces avocats spécialistes du divorce qui seraient au chômage si les gens ne se mariaient plus. Vous ne voulez pas aggraver la Crise tout de même ?

  12. Cet article résume tout à fait mon point de vue sur le mariage. Et encore Monsieur Connard, je vous trouve bien tendre. Le mariage doit juste servir à épouser un (très)vieux monsieur riche et malade. Sinon il n’est d’aucune utilité :)

    Ps: la majorité sexuelle pour une femme est de 15 ans et 3 mois si je me souviens bien

  13. Si je peux me permettre, il y a une vraie bonne raison à passer devant le maire pour officialiser (que ce mot est laid) une relation amoureuse, celle qui m’a poussé à le faire. En effet si comme moi la femme avec laquelle vous voulez passer les prochaines années n’est pas née dans l’union européenne, il faut l’épouser pour pouvoir avoir un visa puis une carte de séjour, et donc le droit de vivre ensemble dans la légalité. Ainsi, ni notre ministère des affaires étrangères ni celui de l’immigration ne reconnaissent le concubinage ou le PACS. Tant que sera maintenu cet état de fait, se marier restera la meilleure solution pour pouvoir vivre ensemble.

    Et on a réussi à faire un mariage sans église, sans chenille, sans Patrick Sébastien, sans danse des canards, sans Gilbert Montagné, sans karaoké, sans potes lourds qui font des vannes vaseuses, et où les whiskys venaient d’Ecosse et avaient l’âge légal pour commander leur propre whisky.

    Au-delà de ca, j’aime vous lire et vous félicite pour ce beau point Godwin, qui fait une magnifique conclusion à cet article

  14. C’est fort possible, et même, c’est sûrement ça ( et j’ai affreusement la flemme de vérifier.

  15. PS à Sammyday : si si, c’est fort joli le Kent. On a vachement l’impression de se retrouver dans “Amicalement votre” en plus

  16. Un article divertissant et sur le fond duquel je suis entièrement d’accord.

    Droits spécifiques mis à part, je ne vois pas en quoi se marier serait une démonstration d’amour et de stabilité plus probante que les petites attentions de la vie de tous les jours et la fidélité. L’amour se vit dans les actes plutôt que dans les belles paroles ou dans les promesses, ou alors c’est une coquille vide. Ceux dont le couple se résume à de belles photos de vacances passent complètement à côté de ce que peut être l’amour, à mon humble avis.

    J’ai cependant une remarque de forme pure qui me chiffonne : ne dit-on pas « mijaurée » plutôt que « mijorée » (à moins que cela n’illustre l’analphabétisme latent du grand-père décrit, auquel cas mes plus plates excuses sont pour vous cher monsieur Connard) ?

    Ah, je suivais ce blog depuis un certain temps (et je bénis l’ami qui me l’a présenté…), mais pour l’instant en observateur muet.

    Continuez ainsi, j’adore votre ton – et vos critiques de films, cela va de soi.

  17. On peut se marier par amour.
    Mais peut-on être un odieux connard, avoir des amis beauf et de surcroit, se rendre à leur mariage de beaufs ?
    J’en doute.
    En outre, il me semble qu’un véritable odieux connard ne taperait pas sur le mariage : en 2010, c’est tellement convenu. Non, il taperait plutôt sur les homos, les gens comme Bruno, ceux qui voudraient se marier mais n’en ont pas le droit.
    Les odieux connards pur jus existent. Ils sont ailleurs.

  18. Dans la journée de notre rencontre, mon compagnon et moi-même avons mis l’autre en garde : pas de mariage! Oui, on s’est rencontré et une heure après on était un couple. Lieu de rencontre….. ben un mariage tiens! Bwahahahaha!!
    On vient de fêter nos 4 ans et finalement, on se dit que vu les avantages adiministratifs, un mariage ne sera fait que SI on a la malchance d’une panne de pilule (lire : un gosse, un mome, un chiard, un gremlin, un morveux). Il faut avouer que dans notre société, le mariage donne plus d’avantages administratifs, sauf à la séparation, qu’un simple pacs, que nous avons contracté (sa famille veut ma peau).

    Moi ce qui me fait marrer, c’est la blancheur immaculée, virginale des robes de mariées. Parce qu’à notre époque, trouver une mariée qui n’a pas croqué la pomme…
    Et culturellement parlant le blanc en Asie signifie le deuil… j’aime le clin d’oeil XD

    • De mémoire, il me semble que la robe blanche est portée par les mariées n’ayant jamais porté d’enfant, rien à voir avec la virginité.

  19. Vivement un billet sur les commentaires qui suivent les articles.

    Entre les peignes-culs qui viennent la ramener premier degré, les 3615 mavieesttellementpassionantequejesuisobligéd’enparlerpartoutauxinconnus, les pseudos intellos tellement intellos qui n’ont trouvé que ce système pour disserter ….

    Non, sérieusement, j’ai hâte.

  20. Cher Odieux,

    Navré de constater que, pour la première fois depuis que je vous lis, vous avez été tenté d’atteindre le point Godwin ; et d’en faire votre conclusion qui plus est.

    Nous savons fort bien que, au même titre que les avantages fiscaux contrebalancent les inconvénients inhérents au contrat de mariage, le recours à la loi Godwin contrebalance une bien pauvre argumentation.

    Voilà qui est fort dommage, monsieur Connard.

    • Sous entendriez vous que les nazis, collés au point Godwin, avaient donc de fait une bien pauvre argumentation ?

      Vous allez avoir des ennuis jeune gourgandin !

      • Il faut bien reconnaître que chez le nazi, c’est pas l’argumentation qui faisait le plus d’effet.

  21. Et bien, je m’ajoute à la liste des commentaires, pour vous remercier sur ce billet cher O.C en ayant bien détaillé les point sur lequel j’insiste lorsque l’on commence à me parler mariage !! J’ai même pu en trouver un nouveau dans ce billet !!
    Et dire que c’est la pleine saison de ces horribles coutumes … pour ma part je suis en train d’en enchaîner trois en trois week end …

  22. nazis = godwin c’est un peu restreint comme vision, d’autant plus qu’on est pas en plein débat.

    Les nazis peuvent très bien être pris pour exemple malgré l’idée godwin.
    Mais bon c’est sure, la conclusion était pas super.

  23. Tiens c’est marrant ça, j’avais parlé du point Godwin comme ça, parce que c’est marrant de l’attribuer, et je vois qu’il fait polémique… Cela dit bloup, nazi = godwin, c’est pas restreint c’est la définition ;-)
    « Plus une discussion en ligne dure longtemps, plus la probabilité d’y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Hitler s’approche de 11. », c’est tout simple, ça fait un point Godwin quand ça se trouve dans un débat.

  24. Cher Odieux Connard,

    Un article tout à fait amusant mais vous avez oublié l’expression « le plus beau jour de la vie » qui est censée caractériser la journée du mariage (« un des plus beaux événements », c’est trop sobre encore). Et pourtant, dans le genre débile, cette expression en dépasse beaucoup (le jour où on s’engage, c’est sympa et les jours suivants, on déchante, c’est ça ?).

    Le mariage civil est devenu obsolète depuis l’invention du test ADN. Dans les temps jadis, les femmes avaient besoin d’un homme pour les aider à assumer les chiards (ça coûte cher à élever, ces bêtes-là) et les hommes se disaient que c’était crétin d’avoir le pouvoir et l’argent s’ils n’avaient pas un fils bien à eux à qui transmettre ce beau patrimoine. Du coup, les riches se mariaient (peu les prolos), pas tellement pour posséder une femme (y a d’autres moyens, moins contraignants) que des héritiers. Maintenant, vu que le père biologique a des obligations juridiques envers sa progéniture et qu’il peut savoir presque à coup sûr qui est bien à lui, il n’a plus besoin de s’assurer une femme en particulier mais il ne peut plus échapper aux conséquences de ses escapades.

    Quant à l’amour, ça n’a jamais rien eu à voir avec le mariage (sauf dans les contes de fées et la théologie chrétienne). Dans les sociétés civilisées (comme l’Athènes antique), il est de bon ton que les mariés ne se soient jamais rencontrés avant la cérémonie et très mal vu que les époux éprouvent l’un pour l’autre plus qu’une vague affection née d’habitudes et d’intérêts matériels communs. L’amour, ça introduit des sentiments violents et éphémères : c’est un horrible facteur de désordre dans un ménage.

    • Les tests ADN ?

      Oui, enfin tout le monde ne peut pas s’en payer, surtout pour le simple luxe de se rappeler si un petit « oubli temporaire » a donné naissance à une jeune pousse dans un port d’attache un peu lointain…

  25. « il y a quantité de gens qui filent se marier à l’église en sus de la mairie alors qu’ils n’y foutent pas les pieds de l’année : bin oui, mais c’est tellement plus traditionnel ! Surtout que ce n’est pas du tout hypocrite de :

    – se marier devant une entité en laquelle on ne croit pas (et qui prend régulièrement des trililis dans l’œil – dans le meilleur des cas -)

    – en présence du clergé, à qui on demande gentiment de rendre service, même si on les conchie à côté… »

    Rien que pour celle-là, merci pour cet article, cher Mr OC.

    Mais rassurez-vous : il existe encore nombre de mariages de bon goût où vous n’aurez ni Gilbert Montagné ni danse des canards. La soirée débutera même par quelques minutes de valse. Malheureusement, ce sont souvent les mariages de la caste dite des « tradis » — conservateurs, intégristes, coincés, choisissez. Il ne sera pas de bon ton d’avouer apprécier de tels repères de gens peu fréquentables et aux moeurs désuètes.

    J’espère que vous ne m’en voudrez pas ?

    Et n’hésitez pas à vous joindre à nous pour le prochain : qui sait si vos style d’écriture ne ferait pas sensation à l’heure des discours.

  26. Le Vieux Con a raison. Monsieur VC, vous avez toute ma considération, au même titre que Monsieur OC qui sait décidément bien nous divertir. Continuez d’écrire tous les deux, c’est un régal de vous lire.

    Quelques idées à moi, en vrac :

    J’aimerais rapidement évoquer le cas des mariages religieux, même si ce n’est pas exactement le sujet. Il s’agit alors d’une question de foi, de conviction. Si je me marie, ce n’est pas par peur que la foudre divine me tombe sur le coin de la gueule si je vis en concubinage avec ma compagne. Je le fais avant tout par respect pour Dieu. C’est comme la question du sexe en dehors du mariage. Et ce n’est pas forcément de la soumission triste et pénible, on peut obéir et être heureux et épanoui. Si, si, vraiment. Et je suis bien placé pour vous en parler.

    Quand on ne croit pas en Dieu, cet engagement public mutuel est simplement un gage de stabilité à mettre au rang de la fidélité et des petites attentions quotidiennes, on est bien d’accord. Certains peuvent s’en passer, d’autres y voient une preuve d’amour supplémentaire : (Citation de Jean Cocteau.)

    Dernière chose : je pense qu’un mariage qui n’est pas public n’a pas grand intérêt. C’est un peu comme quand on est fumeur et qu’on se promet à soi-même d’arrêter de fumer définitivement. C’est tellement plus efficace quand on s’engage devant les autres.

    Moi non plus je n’aime pas les mariages. Les cérémonies au pays de Beaufland sont très souvent super chiantes pour des raisons multiples, vous en avez évoqué quelques-unes avec brio. En revanche, je ne suis pas hostile (et même carrément favorable) à l’idée de mariage en soi. Si un jour je suis concerné, je ferai en sorte de me marier avec Chic.

    • C’est le chic, avec un grand C.
      « avec chic » = « avec la classe »
      C’est vrai que c’est un chouilla désuet.

  27. « Vous oubliez les Odieux Connards qui aiment faire des safaris beaufs »

    Bonjour OC,

    Notre club de vacances et divertissements « underground » organise pour ses clients des activités de divers types qui pourraient correspondre à vos attentes. Pour chacune de ses activités, vous pouvez être soit participant, soit spectateur, tranquillement assis dans votre chaise longue à observer des choses telles que:
    – fouettage cul nul sur place publique de cadres de sociétés implantées sur la zone de la Défense à Paris
    – gang bangs pour jeunes mariés qui viennent de se jurer fidélité
    – chasse (battue, chasse à courre ou en embuscade) au Florent Pagny, au Dave, au Staracadémiciens, au nouvelles stars, à la Céline Dion ou même à la Amel Bent
    – laché de petits enfants devant des prêtres catholiques
    – trucage du micro de Vanessa Paradis lors d’un concert, afin de lui donner une voix de votre choix
    – faire courir Anelka devant un blindé de l’armée façon « Marche ou crève »
    – déplacer les meubles chez un non voyant
    – vis ma vie entre un acteur de film X et le Président de la république. Avec Carla à disposition de l’acteur également.

    Cette liste est bien entendu non exhaustive, et nous vous invitons à consulter notre catalogue en ligne sur notre site.
    Toutefois, si le contenu de notre catalogue ne contenait pas l’activité de vos rêves, faites nous part de vos souhaits, et nous ferons le maximum pour mettre votre désir à votre portée.

    Bien connardement,
    vacances undeground.com

  28. Je lis tout ça, je me marre bien, puis je me souviens que j’ai un mariage dans 20 jours.. chié

  29. Gloire à l’auteur de ce texte! La justesse et la présence d’esprit sont des choses qui se perdent de nos jours. J’aime cette répartie!

  30. Toujours aussi bon. Je ne m’en lasse pas. La faiblesse du sujet ne pose pas question quand le style est là. Tant n’ont ni le fond ni la forme!

  31. Très… pessimiste ( essayez donc, très cher, de vraiment tomber amoureux une fois, vous verrez :), mais excellent comme d’habitude.
    A une exception près —>  » Unetelle « , et non pas  » Unetel  » !
    Mais peut-être chipote-je…

  32. Et tout ça c’est sans compter le fric qu’il est convenu de claquer dans les bagues de fiançailles, le buffet, la robe de mariée, les faire-parts, la location de la salle des fêtes, etc. En fait, le mariage c’est un peu comme se faire enculer, du coup je comprends pas pourquoi on l’interdit aux homos ?

    Sympa ce blog.

  33. Cher Odieux,

    Permettez-moi de signifier ici mon profond désaccord avec vos propos (et comme ce n’est pas si souvent que je m’avère être en opposition avec vos diatribes, il m’apparaissait important de le faire savoir).

    D’abord, sur le fond : non, le mariage n’est pas qu’une série d’avantages juridiques et fiscaux. Pardonnez mon romantisme de bas étage, mais à une époque où la fidélité se perd dans la multitude et où la durée de vie moyenne d’un couple avec enfants a baissé de 20 ans, accomplir des actions comme annoncer publiquement et cérémonieusement son affection pour quelqu’un n’a rien de ridicule. Ouvrir une fenêtre d’espoir dans un monde qui fait du cynisme une mode n’est pas forcément un choix irréfléchi.

    Un mariage n’est pas un engagement, bien souvent comme vous le dites les engagements se font avant. C’est un symbole, une preuve d’amour, au même titre qu’un bouquet de fleurs, ou qu’un voyage dans les contrées Ukrainiennes dans le coffre d’une vieille Skoda. Et au risque de paraître ridicule, lorsqu’on entend les journaux, on se dit qu’un peu d’amour en plus dans le monde ne peut pas vraiment faire de mal.

    Après, vous parlez de ces gens qui vont à l’église pour se marier alors qu’ils n’ont aucune croyance. Je suis d’accord avec vous. Mais en ce cas, pourquoi ne pas étendre ce principe aux enterrements ? Aux bébés baptisés sans leur consentement ? Ce principe n’est pas propre au mariage, mais bien à toutes les cérémonies religieuses dont la tradition a perduré malgré l’abandon des croyances.

    Ensuite, parlons de la forme. Savez-vous qu’il existe une nuance entre mariage et repas de famille beauf ? Que la classe et la distinction qui animent chacun ne s’évanouissent pas pour autant sitôt que vient le jour de leur mariage ? Cet évènement ne signifie pas forcément passer du Patrick Sébastien en boucle dans la salle polyvalente de Trouilly sur Marolles alors que le cousin Kévin, dj de son état, tente d’animer la soirée en lançant un limbo. Un mariage, cela peut-être une vraie cérémonie où le son des flûtes emplies de veuve Cliquot ne couvriront qu’à peine le son du piano, tandis que les mariés ouvriront le bal dans une voluptueuse valse accompagnés ensuite par les demoiselles d’honneur couvertes de chapeaux si somptueux qu’ils en feraient pâlir Sarah Bernhardt. (Pour une fois que ces jeunes filles sortent de ma cave, autant qu’elles fassent un effort de présentation).

    Donc non, le mariage n’est pas forcément une version sacralisée de l’amicale des fans de tuning de Tourcoing, on peut y voir quelque chose de plus grand et plus distingué. Et on peut même servir un excellent Brandy au bar.

    Et puis, comme le disait si bien Roland Bathes : Si l’on supprimait l’oedipe et le mariage, que nous resterait-il à raconter ?

  34. Ce qui est con, quand on oublie le passé (ou ses leçons), c’est qu’on peut nous faire avaler n’importe quelle connerie au nom d’idéaux magnifiques et détournés.

    Le mariage, en ce cens, est la plus grande arnaque terrestre inventée pour détruire ou tout au moins altérer ce qui aurait pu devenir un… petit problème.

    Oui, parce qu’avouons-le, il donne une bonne tripotée de raisons d’apprendre à se détester…

  35. Je tombe par hasard sur ce blog…mais il n’y a jamais de hasard..ce fameux OC est sûrement marié…( bien ou mal seul lui le sait)..mais il se cache derrière des billets provocateurs ( en cachant bien son identité, mais pourquoi? qui s’en fout au juste?)….juste histoire de….se faire détester ou aimer? peu importe…..en bien ou en mal, je pense qu’il faut qu’on parle de lui…mais lui seul le sait….en tout cas….tout n’est évidemment qu’humour…moi je ne crois rien de ce qu’il dit…ahhhh Humour noir…aide moi à faire passer toutes mes frustrations..;-) et à assumer ce que je n’assume pas…C’est plutôt vraiment drôle quand on a compris le but…Internet et le miroir aux alouettes….et je pense que physiquement il est le contraire de ce qu’il dit…;-) mais cela ne reste que mon humble point de vue de donzelle…

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