Human-Slop

Vous avez probablement déjà croisé le terme d’AI-Slop.

Pour ceux du fond qui n’auraient pas suivi, l’AI-Slop (ou « truc dégueulasse d’intelligence artificielle » en langue civilisée) désigne toutes les productions à la valeur artistique nulle générées en masse par l’intelligence artificielle et qui déferlent sur ce bas-monde via les sites webs et autres réseaux sociaux. Généralement, il suffit qu’un margoulin poste une quelconque image (brillante et de bon goût, comme Sonic et Mario enceintes l’un de l’autre, au hasard), pour que dans les commentaires, on se déchaîne : AI-Slop ! C’est honteux ! Et pense à toutes les ressources utilisées pour produire ta merde ! Tiens, tu mériterais qu’on te prive d’eau et qu’on te colle à un radiateur tel un pensionnaire d’EHPAD qui doit faire de la place pour plus riche que lui !

S’il faut saluer la verve de ces braves gens, et prendre bonne note de l’enthousiasme général pour dénoncer l’AI-Slop, permettez à votre serviteur d’aborder un sujet qui, curieusement, déchaîne moins les passions :

L’Human-Slop

Ou « truc dégueulasse d’humain« , ce qui désigne à la fois nos productions artistique de basse qualité, nos excréments, « l’incroyable diversité du cinéma français » (©Camille Cottin) et une plage de Loire-Atlantique après le départ de la population parisienne en septembre. Or, non seulement le Human-Slop semble mystérieusement accepté alors qu’il ne vaut guère mieux que son pendant artificiel, mais plus incroyable encore, des millions, voire des milliards de gens s’y vautrent joyeusement quotidiennement sans ciller dans une orgie de ressources et de moyens à en faire rougir un Donald Trump.

« Je vous vois venir Monsieur Connard ! Plein de mauvaise foi, vous allez comparer la production artistique d’une IA et d’un humain pour défendre le… »

Diego, tiens bien les lèvres de cette personne fermées avec la pince-à-con, veux-tu ?

Et pour répondre : nenni. Car si ma mauvaise foi est proverbiale, elle joue parfois les monte-en-l’air et s’introduit chez autrui avec une habileté qui force le respect. Parfois, on la retrouve même à copuler avec l’hypocrisie, ce qui est tout de même très inconvenant, tant ça reste de la même famille. On n’est pas à Dunkerque ici, ah mais. Toujours est-il qu’il me revient de faire la démonstration de notre problème.

Qu’est-il reproché à l’intelligence artificielle et à sa production ? Eh bien, qu’il s’agit avant tout d’une machine qui va pomper du contenu à droite et à gauche, en fait une grosse soupe, et à la demande d’un vide-gousset de bas-étage, relâche un peu de ladite soupe pour former ce qui est une image mélangeant un peu tout ce qu’elle a piqué et qu’on lui a demandé suite à une idée bien évidemment incroyablement originale (« Fais-moi une image de Sydney Sweeney… nan c’est tout… reeuuh… reeuuuh…« ). On ne peut pas dire que l’art progresse fort, par contre, il y a du monde pour vous rappeler que la consommation en électricité et en refroidissants divers, elle, a gentiment grimpé.

L’Humanité, cette espèce qui a conçu internet, reliant tous les hommes à toutes les bibliothèques du monde, et qui s’en sert pour s’abrutir.

Fort bien, nous avons donc trois problèmes pointés : 1) s’en remettre à la machine, 2) produire du caca, et tout ça avec 3) un certain impact environnemental.

C’est entendu ? Alors prenez du brandy, vous allez en avoir besoin.

Car il existe une machine encore moins créative que l’IA, qui produit du contenu encore plus foireux, et en quantité titanesque. Une machine qui niveau créativité, s’approche de Ramzy Bedia (ce qui n’est pas peu dire). Cette machine, car c’en est bien une, porte un nom : l’algorithme des réseaux sociaux. Un merdou encore plus monstrueux, puisque non seulement ça scanne un peu tout ce qui passe pour faire sa sauce, mais c’est encore plus bête qu’une IA. C’est juste, comme son nom l’indique, un algorithme dont le seul but est de vous coller un peu plus à votre écran pour vous envoyer un peu plus de publicité à la margoulette.

Et là où c’est intéressant, c’est que là où l’IA produit de la merde à la demande des humains… l’algorithme demande aux humains de produire de la merde à sa place. Et le plus beau ? C’est qu’ils le font. Et mieux encore, et c’est là que je remercie mon prochain pour son hypocrisie : on tombe rarement sur les producteurs de daubes 2.0 pour leur expliquer que ce qu’ils font fait perdre du temps et des moyens à tout le monde, eux compris, tout ça pour satisfaire une équation dans un serveur lointain.

Car quiconque utilise internet depuis un moment a pu constater qu’entre la liberté de création et le diktat des algorithmes, on a vite vu qui a plié. Souvenez-nous, vieux lecteurs, c’était avant vos problèmes de dos : cela a commencé doucement, avec les articles de journaux dont, peu à peu, les titres se sont transformés en travailleuses-du-clic, abordant l’internaute innocent d’un « Une célébrité vient d’avoir un terrible accident. Clique pour savoir qui c’est ! «  (et en réalité, il s’agissait bien sûr d’un candidat de télé-réalité inconnu de 2009 qui a fait tomber son scooter). Du contenu de basse qualité, qui a rapidement proliféré, occupant des milliers, puis des millions de pages web (on le retrouve même dans les encarts de journaux supposément sérieux), tout ça pour récupérer du clic et de la popularité auprès de l’algorithme. Et puis, voici que le mal a atteint d’autres domaines : Youtube a vu ses miniatures de vidéo se transformer en monstres dégueulasses, avec titres jaunes, flèches rouges, et bien sûr l’énorme et laide face de l’auteur, figée dans une grimace exprimant un sentiment basique, mais mal surjoué (un peu comme Francis Huster sur scène). Je pense, entre deux gorgées de brandy, qu’il n’est pas bien risqué de supposer que tout cela n’avait rien à voir avec l’amour du beau ou de la qualité. Non, le but était de récupérer du clic en racolant le client, car qui dit clic dit vues, qui dit publicités, qui dit pognon… car c’est ce que l’algorithme leur a fixé comme règles : toi vouloir dix centimes ? Toi produire merde-à-clics.

Et cela a donc été fait, sans poser de question.

En ce temps-là, pendant que les gens de goût tentaient de se rincer les yeux à la javel, la pente devenait pourtant toujours plus rude, et au-delà de l’équation basique du « populaire = gros sous », l’algorithme donnait de plus en plus de consignes. Les règles sont devenues plus strictes sur les musiques utilisables ou non, même légalement. Puis, ce furent les mots : l’algorithme sanctionnait certains mots, pas assez populaires ou sympathiques. Et tout le monde s’y est plus ou moins plié : qui n’a jamais croisé une vidéo où les mots « incorrects » sont censurés ? Et par incorrect, ça peut être « mort » ou « violence » qui deviennent « m*rt » ou « V10L3nce », parce que c’est plus difficile de proposer des publicités pour des machines à laver sur ce genre de sujets (ce qui n’empêche pas ces gens de le faire, notez). Vous me direz « Oui enfin les gens emploient quand même ces mots et abordent ces sujets !« . Oui, enfin au début, ils le faisaient à l’oral et à l’écrit. Puis quand l’écrit a été inspecté par le bot de l’algorithme, ils ont bidouillé leurs sous-titres. Puis quand le bot s’est mis à écouter la partie sonore de la vidéo, ils ont censuré le mot. Je vous laisse donc deviner ce qu’il se passera quand le bot sera capable de détecter ces contournements. Et non, ce ne sera probablement pas l’algorithme qui pliera. Si vous en doutez, c’est que vous avez encore un peu trop foi en l’humanité. 20 minutes sur X devraient vous remettre dans le droit chemin de la misanthropie.

« Oui, mais Monsieur Connard, certains créateurs ont, justement, dénoncé ces règles qui apparaissent sans cesse et réduisent toujours la liberté de créer ! » me dira-t-on, m’obligeant à demander à Diego de resserer la pince.

Certes oui. Mais il s’agit hélas d’une minorité, qui en plus, se prend des douilles quand l’algorithme leur dit « Tu ne veux pas te plier aux règles ? Tiens, prends ta sanction« . Pendant qu’à côté, il met en avant toujours plus de merdes, certes, mais qui justement, sont conçues uniquement pour lui plaire et permettre à Mattenzo, 14 ans, de tenter de percer pour devenir « influenceur » en postant des vidéos de lui se filmant chaque jour en train de s’enfiler un paquet de chips différent. Du pur human-slop. Mattenzo comme son contenu, d’ailleurs, mais là n’est pas le sujet.

Le dernier clou – en date – dans le cercueil fut donc TikTok, qui apporta l’idée géniale de carrément orienter le contenu, en annonçant ouvertement quelle musique ou quel « défi » relever pour être mis en avant. Et non, on ne parle pas de Mozart ou de défis mathématiques. On est plus proches de Mariés au Premier Regard que d’un documentaire Arte. De toute façon, le documentaire Arte contient des mots vilains, donc hop : poubelle.

En un mot comme en cent, les algorithmes sont devenus les maîtres de la création de contenu. En élevant toujours plus de murs pour orienter la création vers une seule direction – la mauvaise – avant de carrément encourager la production de coprolithes en .mp4. Tout ça pour vendre des crèmes miracles pour le cul, ou des VPN pour aller en voir.

Le Human-Slop n’excuse donc en rien l’AI-Slop, mais vous noterez, bonnes gens, qu’il est un peu hypocrite de tomber sur l’IA comme la vérole sur le bas clergé, au nom du manque de créativité, du remplacement par la machine, et des ressources consommées, tout en n’ayant pas un mot pour les pelletées de vidéos produites chaque jour à la demande d’un algorithme commercial, qui n’est rien qu’une machine, dans le seul but de vendre des produits plus ou moins utiles, le tout via des vidéos dont le tournage, le stockage et la distribution demandent des ressources qui, bizarrement, ne sont jamais évoquées. D’ailleurs, quand des influenceurs évoquent la consommation des ressources de l’IA, bizarrement, ils comparent toujours ça à un golf, une voiture ou une piscine. Mais jamais à, au hasard, la consommation des serveurs Instagram, TikTok ou Youtube, qui aux dernières nouvelles, ne sont pas refroidis par la Reine des Neiges. Tout ça pour stocker des perles comme « Je réagis à un trailer de Fortnite » ou » Je mange des pâtes dans ma voiture« . Après, je suis taquin : si dans la vie, on faisait toujours le ratio entre les ressources consommées par quelque chose, et le bien que ça fait à l’humanité, le restaurant du Sénat aurait déjà subi le feu nucléaire deux fois.

Dois-je pourtant l’avouer ? Je rêve d’un monde où l’on trouverait, sous ces vidéos, des commentaires dénonçant le « Human-Slop » et évoquant l’énergie nécessaire au stockage de ce vide intellectuel, qui aurait été plus utile à alimenter une chaise électrique pour leurs auteurs. Mieux, si tout le monde dénonçait joyeusement sur le human-slop, les publicitaires voudraient moins y caser leurs produits, l’algorithme s’adapterait donc, et nous entrerions dans un cercle vertueux.

Mais, en lieu et place, le Human-Slop n’a pas de nom, et n’est même pas un sujet. C’est tout au mieux présenté comme une sympathique activité visant à devenir influenceur, c’est-à-dire, homme-sandwich 2.0 au service d’une machine hors de contrôle. Certes, vous ne ferez pas preuve de plus de créativité qu’une calculatrice, mais qu’importe, tant que vous collez à ce que l’algorithme demande et que vous faites vendre des yaourts protéinés ! Ce n’est pas parce que c’est fait par un humain que ce n’est pas un « truc dégueulasse« , que diable :  peut-on dire que le contenu de Michou est d’une grande qualité artistique ? Que les vidéos publicitaires d’EnjoyPhoenix font avancer l’humanité ? Ou que les influenceurs qui vendent des arnaques depuis Dubaï marquent le monde culturel par leur génie créatif ?

Redites-moi que le Human-Slop n’existe pas ?

Permettez-moi de jouer les Cassandre (en plus, je la joue super bien), mais j’ose penser que dans un siècle, il y a peu de chances que les musées s’arrachent ces vidéos pour les diffuser au public. Et que ce dernier trouve une once de créativité là-dedans. Tout cela, après avoir lourdement consommé – et poussé à consommer – ira rejoindre les poubelles de l’humanité.

Qu’on ne me fasse pour autant pas dire ce que je n’ai pas dit : il y a plein de choses intéressantes et de créateurs qui se remuent le roudoudou sur internet pour faire des choses bien (j’ai dit qu’ils se remuaient le roudoudou, attention, pas qu’ils le remuaient devant la caméra, ça, ça s’appelle OnlyFans). Mais nous parlons bien dans le présent article de ceux qui créent avec, pour seul objectif, de satisfaire un algorithme qui leur a promis des likes, des abonnés et quelques centimes en échange de leur soumission pleine et entière à ses règles plus ou moins aléatoires.

Puisque nous approchons de la conclusion, je résume donc le problème (avec des majuscules, comme dans les miniatures Youtube) :

Si un HUMAIN demande à une MACHINE de produire du CACA et que ça consomme des RESSOURCES, alors… tout le monde crie que c’est un scandale ! Et que les machines ne doivent pas nous remplacer pour créer, bon dieu !

Par contre, si une MACHINE (l’algorithme) demande à un HUMAIN de produire du CACA et que ça consomme des RESSOURCES, alors… pas un mot, voire, justement, des likes ! Vous voyez bien que ma mauvaise foi sait aller danser le tango chez autrui.

Vous l’aurez donc compris : produire du contenu foireux avec une machine, c’est MAL, par contre, produire du contenu foireux pour satisfaire une machine encore plus bête et en roue libre et son armée de bots faisant la police du contenu… eh bien circulez, il n’y a rien à voir.

Je vous avoue que je suis un peu déçu, puisqu’on m’avait toujours vendu les machines réduisant les humains en esclavage par la force des armes, après une grande révolte. Mais en réalité, l’humanité accepte bien volontiers de faire tout ce que les machines lui disent de faire, et ce, avec un enthousiasme épatant. Si quelqu’un produit une chanson via une machine, et un clip IA, on lui jettera des pierres. Mais si un algorithme lui lance joyeusement :  « Hep,  utilisateur TikTok : savais-tu que tu pouvais gagner jusqu’à 10 balles en dansant sur la dernière musique de merde, elle-même lourdement vocodée ?« , là, oubliez la résistance aux machines ! Pensez-vous : 10 balles et peut-être même quelques abonnés ! Allez, tant pis pour la créativité et l’amour propre, va pour la censure des thèmes et mots… on fera ce que la machine veut.

Réduits en esclavage par un algorithme de réseau social… je vous avoue que je crois qu’au final, je préférais Skynet qui envoie le feu nucléaire. Au moins, on partait avec panache (de bien des manières).

On pensait que les machines allaient nous asservir avec des terminators, mais non : des likes auront suffi.

Pardon ? Ce blog lui-même consomme des ressources, sans parler des vidéos de votre serviteur. C’est là que… oooh !

Te voilà, mauvaise foi. Tu es rentrée.

Bon retour à la maison.

7 réponses à “Human-Slop

  1. Juste. Après en pratique l’AI-slop est au service de l’Human-slop : on crée des vidéos par IA pour un les mettre sur les réseaux etc

  2. Un seul mot, monsieur : Bravo !

    C’est très juste et pertinent. Merci d’exposer ce problème aussi clairement !

  3. Ayant (sans souffrance ni difficulté) pris la décision de choisir à quoi consacrer mon temps (pas à Facebook ni à Tik-Tok, et avoir des objectifs clairs de veille informationnelle dans tel ou tel domaine), je suis heureuse de m’épargner d’atroces souffrances à voir ces contenus (puis m’en agacer ou m’en désespérer). Du côté de l’IA, je suis (évidemment) contre le pillage des illustrateurs et écrivains, mais j’avoue m’être déjà posé beaucoup de questions. Avant l’IA générative, la production à la chaine existait déjà, avec une course à la vitesse et au clinquant. Je pense à des types d’illustrations qui se ressemblaient beaucoup, des poses types ; mais aussi dans le domaine de l’écriture à des schémas vraiment répétitifs, en particulier en romance. J’avais lu à ce sujet l’édifiant : « Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite » par Camille Emmanuelle (2017). D’ailleurs, en suivant ce blog et ses spoilers de films, j’ai l’impression que ça concerne bien le cinéma ! Je me suis posé une autre question : et si tout venait du manque de sommeil ? Oui, a priori, ça n’a pas grand-chose à voir. Sauf que l’épuisement chronique joue beaucoup dans l’envie de grignotage (alimentaire et vidéos faciles). Je le vois sur moi-même, c’est flagrant entre « bonne nuit » et « le mulot m’a réveillé plusieurs fois en grignotant des noisettes dans ma chambre » (pourquoi vient-il là ? alors qu’il pourrait grignoter partout ailleurs ? certains mystères demeurent insondables ; c’est en outre un complot d’une lignée de mulots, mais … c’est une longue histoire, je digresse). Pour revenir au sommeil : il est entamé par (1) les temps de trajets jusqu’aux cours/travail ; et (2) « quand je rentre enfin chez moi je veux avoir du temps pour moi » (pris sur le sommeil. Donc on en arrive à une hypothèse de schéma dystopique plus large : l’organisation du temps est telle qu’on rogne sur le repos, ce qui entraine un besoin de « grignoter » (physiquement, mentalement) et la faible résistance à cette compulsion qui n’apporte pas de bénéfice réel. Derrière, on enchaine avec des problèmes de santé chroniques, qui eux-mêmes nourrissent d’autres industries (une maladie chronique, c’est comme un abonnement : c’est bien plus rentable qu’une guérison définitive et rapide).

    Aussi je postule que le premier pas vers la révolution (oui, soyons fous !) consiste à revoir l’organisation du temps avec des temps de repos et de loisir garanti. Ce qui implique de travailler (et produire moins). La révolution s’emballant, ça suggère aussi de réduire les frais fixes : le logement en particulier (qui oblige sinon à travailler jusqu’à l’épuisement, et on en revient au problème de départ). On pourrait parler du coût de l’alimentation, mais si on a le temps de cuisiner, le prix diminue aussi, donc ce n’est pas le pire dossier (d’autant que si on rajoute un peu d’autoconsommation et des poules sur les toits des immeubles, ça change aussi la donne).J’imagine déjà des pancartes de manifestants : « on veut dormir et avoir le temps de jouer! » ou encore « un lit gratuit ! » (ça rime)Voilà, j’arrête là le délire (je crois que je n’ai pas assez dormis !)

    🍵

  4. N’étant par concerné par ces deux options du futurs, puisque je ne suis nul part sur ces réseaux (ha si, tient, me dit on, je suis sur celui là…^^), si on cherche aujourd’hui à préserver le passé pour ne pas oublier, que va-t-on bien pouvoir en ressortir de cette actualité… Que va-t-on bien pouvoir préserver…? Ou bien est-ce la machine qui va nous aiguiller dans cette préservation…?

    Nous sommes passés du « putaclic » (c’est le terme désignant cette précédente mode) à « merdaclic »…

    J’arrête là, mon message va consommer comme c’est pas permis…

  5. Dans l’absolu, l’algo c’est déjà de l’IA.
    Pas la même : ce n’est pas celle qui pille sans vergogne les droits d’auteur pour générer du contenu lambda, c’est celle qui exige qu’on lui abandonne tous les droits pour qu’elle en fasse n’importe quoi. C’est la même famille que celle dont on disait « l’IA est pourrie » sur Red Alert, ou encore celle qui remplit les entrepôts à ma zone (coucou la censure !) et qui sait déjà ce que vous achèterez la semaine prochaine, le camion est déjà en route pour le livrer.

    L’IA se nourrit de moyennes et de normalisations. On a déjà commencé à glisser quand on s’est mis à peindre nos murs en blanc parce que ça va avec tout, à manger des trucs sans goût parce que ça ne choque personne, et de manière générale à se standardiser pour faire baisser les coûts de production, on y court quand on veut absolument avoir un truc au plus tard 24 heures après l’avoir payé même si ça vient de l’autre bout du monde, on y fonce quand on abandonne tout style architectural pour remplacer ça systématiquement par des cubes blancs au baies vitrées fumées pour trouver ça tellement beau et original. Et on saute à pieds joints dedans quand on rejette ceux qui ne sont pas dans la tendance.

    Autrement dit, sans vouloir être pessimiste, on est quand-même vachement mal partis.

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