Le professeur, cette créature mystérieuse

Nous voici au premier jour de septembre.

Alors que certains adolescents paressent tristement dans leurs chambres, incapables de savourer les joies de l’été à la simple idée de la rentrée prochaine, d’autres se précipitent en masse dans divers lieux pour tenter d’organiser le dernier barbecue des vacances, la dernière beuverie à grand coup de mélange alcool- Red Bull (pour pouvoir dire que l’on boit de l’alcool comme un grand, mais avec un goût de bonbon sinon c’est pas bon), ou l’ultime baignade alors que déjà, un vent frais a commencé à souffler rappelant à chacun que bientôt, celui-ci viendra balayer les cours de récréations repeuplées.

Même les médias annoncent avec force l’approche de la funeste date : reportages sur la famille Dubranchu faisant ses courses de rentrée, et expliquant que tout cela coûte horriblement cher une fois les livres et le cartable Spiderman achetés (avec pleurs concernant l’inflation touchant aussi les produits de l’homme-araignée), interviews de Théo, 7 ans, pour savoir s’il est content que ses parents l’aient inscrits dans une classe d’été le remettant à niveau durant les deux semaines avant la rentrée (« Ho oui, merci papa et maman, je m’éclate tellement à faire des exercices de maths pendant que mes potes profitent des beaux jours, trop sympa. Dès que vous êtes vieux, je vous étouffe avec vos couches pleines.« ) et autres joyeusetés, chacun savourera ce dur labeur journalistique, qui sera bientôt complété par Twitter et Facebook, où se multiplieront les statuts comme « Ho non, pas la rentrée ! » et « Pfiou, pas envie » avant de revenir à des choses plus concrètes comme par exemple, la météo ou les calembours sur les vedettes mortes (soit 78% de l’activité des réseaux sociaux).

Elève sentant la rentrée approcher : naturellement, son esprit entre en hibernation pour éviter d’apprendre des trucs durant les prochains mois

Mais pourtant, qui parle des principales victimes de cette rentrée ? De ces baroudeurs anonymes qui, une fois encore, iront à la brèche ? Eux qui affronteront l’ennemi droit dans les yeux, et tomberont parfois face à celui-ci sans qu’aucun monument ne soit dressé à leur mémoire, s’effondrant face aux vagues incultes en utilisant leurs dernières forces pour leur jeter des craies à la gueule ?

Aujourd’hui, et à l’approche de cette belle rentrée 2012-2013, parlons-donc d’une espèce particulièrement mystérieuse :

Les professeurs

A l’origine Homo Sapiens, le professeur (homme ou femme) a fini par renier l’ensemble de ceux de sa race après avoir observé l’avenir de celle-ci dans sa salle de classe. Ce terme désigne cependant un groupe relativement large de créatures allant du professeur de chimie (Homo Sapiens en blouse) à celui de sport (Homo Sapiens en jogging) en passant par les professeurs des écoles, quand bien même nous ne nous attarderons pas aujourd’hui sur cette espèce qui enseigne lâchement à de jeunes gens n’étant pas encore entrés dans la puberté afin d’éviter le maximum d’emmerdes. Les historiens s’accordent à dire que les professeurs sont apparus dès l’antiquité, puisqu’aucune trace de leur existence n’a été retrouvée dans les vestiges préhistoriques. On suppose donc qu’à l’époque, lorsqu’un marmot était trop chiant, plutôt que de le scolariser comme on le fait aujourd’hui, on le donnait directement à un tigre à dents de sabre.

A noter que le tigre à dents de sabre a disparu suite à ce régime alimentaire, bien que certains prétendent que dévorer pareilles créatures l’aurait rendu si malfaisant qu’il aurait évolué pour former l’espèce des professeurs d’allemand. Le débat reste cependant ouvert.

Histoire

Si nous savons que les professeurs sont apparus durant l’antiquité, il faut pour cela remercier les fouilles archéologiques qui ont permis de retrouver les objets du quotidien typiques des enseignants. Ainsi, sur l’acropole d’Athènes, on a retrouvé des restes d’encre rouge, des sacoches en peau de chèvre et bien évidemment, une tablette en marbre de correspondance dans laquelle un professeur avait écrit un mot pour signaler à la maman d’Askeplos qu’il avait encore oublié ses affaires pour le cours d’histoire des Mèdes. A l’époque, il faut cependant rappeler que la principale matière enseignée reste malgré tout la philosophie, avec des professeurs restés célèbres comme Aristote, Socrate ou Platon (dit « le lourd« ), tradition parvenue jusqu’à nos jours puisque désormais, la philosophie ne sert plus qu’à former des professeurs de philosophie. Un curieux cercle vicieux.

Evidemment, l’imagerie populaire se souvient surtout, bien plus que des professeurs de l’antiquité, du fait que c’est Charlemagne qui a créé ce corps de métier en inventant l’école. Souvenons-nous en effet que l’empereur à la barbe fleurie, un jour qu’il revenait de la chasse avec son escorte,  découvrit une bande de garnements en train de graver « Prout » (les tags étaient beaucoup plus difficiles à enlever à cette époque) sur sa demeure d’Aix-la-Chapelle. Ni une, ni deux, Charlemagne ordonna à ses cavaliers de courser les fripons et, après les avoir fait encercler, vint s’enquérir des raisons de leur geste : bien vite, et devant les mauvaises histoires bredouillées par les jeunes gens, l’empereur comprit qu’il s’agissait simplement là d’éphèbes oisifs cherchant à s’amuser, et pour éviter que cela ne se reproduise, inventa l’école histoire de les occuper un peu.

« Merveilleuse idée, votre Clémence« , ajouta l’un des jeunes gens en baisant le pied de l’empereur ; le même jour en plus de l’école venait donc de naître le premier fayot tête à claques, certains récits ajoutant qu’il s’agissait d’un certain Jean-Eudes Bern, ancêtre du fameux animateur.

L’histoire retiendra que durant des siècles, plus que la fonction de professeur, c’est l’équipement qui évoluera : le marbre deviendra cire, qui se transformera en papier, qui, avec l’imprimerie, permettra enfin de faire des centaines de copies inutiles d’exercices alors qu’il suffisait de les écrire au tableau (là par contre, la craie n’a pas évolué), instaurant une certaine tradition d’utilisation massive et superfétatoire de papier dans la fonction.

De même, le titre servant aux élèves à désigner leur enseignant évolua, allant de « tuteur » à « professeur« , puis « hussard noir de la République » avant que ne soient autorisés le « Monsieur » ou « Madame » au XXe siècle (le « Mademoiselle » n’est plus autorisé depuis le XXIe), puis « Ohé enculé« , officialisé dans certains établissements sur autorisation préfectorale suite à son utilisation coutumière.

Dans les zones les plus difficiles, des mercenaires contractuels sont envoyés par le ministère. Ici, John Rambo, professeur de français, demandant au petit Léo de réciter Le Corbeau et le Renard

Apparence

Bien loin des coudières en cuir et des colliers de barbe (même pour les femmes, mais oui) restés dans l’imagerie populaire, il faut rappeler que les professeurs sont d’apparence particulièrement variable, ressemblant à tout et n’importe quoi – sauf à Gérard Klein. Certains d’entre eux arborent cependant fièrement les oripeaux de leur fonction, comme la blouse de l’enseignant de matières scientifiques, le jogging du professeur de sport, ou l’odeur de nicotine particulièrement tenace du professeur d’art qui permet à tout observateur averti de savoir d’un simple coup de narine si celui-ci vient de passer ou non en salle des professeurs.

A noter que l’apparence est d’importance chez la caste des professeurs, puisque faisant face à des marmots en pleine puberté, le moindre enseignant un peu soigné sera la coqueluche de ses élèves, quand à l’inverse, le moindre relâchement provoquera moqueries et surnoms divers, du moins, jusqu’à ce qu’un commando cagoulé ne vienne briser les molaires des malotrus à coups de batte (mais si, rappelez-vous de la méthode). Ou un professeur de sport s’étant trompé de salle (c’est assez commun, dans leur oisiveté, ils s’égarent régulièrement).

Il est cependant possible de noter quelques particularités physiques récurrentes permettant d’identifier un enseignant égaré :

  • il a du rouge sous les ongles après avoir passé du temps à chercher comment écrire sur la copie de Dylan « Tu es un étron qui parle » pour résumer sa pensée
  • il compte régulièrement sur ses doigts en marmonnant (il est toujours en train de compter les semaines le séparant des prochaines vacances)
  • il a des traces de craie placées aléatoirement sur sa personne
  • il se plaint pour un oui, un non ou un peut-être (dans l’académie de Normandie)

Le professeur est rarement richement vêtu, et passe son temps à pester lorsqu’il se retrouve bloqué en R19 derrière une monstrueuse berline qui a mis ses warnings pour déposer ce petit merdeux de Kévin-Eudes devant l’établissement local. Parfois, le professeur se dit que bon sang, il aurait sûrement pu être riche s’il avait pris une autre voie, et lui aussi, rouler dans une grosse automobile.

C’est en général à ce moment là qu’il se rappelle qu’il a un diplôme de philosophie et qu’à l’exception de punk à chien, il aurait probablement eu peu d’autres carrières, ce qui lui permet de retrouver promptement la paix intérieure.

Comportement

Bien que souvent considéré comme trop agressif ou passif en fonction des cas, il faut bien noter que le professeur a une qualité rare : il sait conserver une certaine distance avec ses élèves. Non pas par professionnalisme, non, mais tout simplement car il a le plus parfait mépris pour ces créatures qui, jour après jour, tentent de se montrer plus rusées que lui alors que bon, hein, ça fait des plombes qu’il fait ça, ce ne sera jamais que son 249e élève qui cache un smartphone sous la table. Le professeur doit donc s’entraîner jour après jour à faire semblant de s’émerveiller devant la richesse intellectuelle de ses élèves, quand bien même, au fond de lui, il a surtout envie de procéder à une strangulation de masse, ou de manière plus pragmatique, de clouer un quelconque élève à la porte de sa salle de classe avec un panonceau « Je n’enverrai plus de SMS en cours » avec le sang du défunt coupable.

Le métier d’enseignant étant d’aider de jeunes gens à retenir leurs leçons, on peut donc aisément comprendre que le professeur rêve de recourir à des méthodes aussi efficaces (et potentiellement relaxantes).

Le professeur est un être qui doit donc savoir rester stoïque en toutes circonstances, et faire avec les contraintes qui lui sont régulièrement imposées (voir la rubrique Prédateurs) pour tenter de faire semblant que, oui, il apprend bien quelque chose à ses élèves, et non, il ne s’agit pas simplement de les faire bachoter pour qu’ils se barrent enfin de son établissement. Il doit par ailleurs apprendre à maîtriser parfaitement ses 5 sens, afin de par exemple devenir capable de couper son odorat à volonté pour ne plus être enivré de l’odeur de biactol et de vieux pet entourant généralement ses élèves, avoir une vue qui lui permette de repérer une pompe cachée dans une trousse à plus de 25 mètres, et pourquoi pas utiliser son ouïe surdéveloppée pour reconnaître le bruit typique de l’ongle de pouf tapotant sur l’écran de son smartphone. Le professeur est une sorte de sentinelle ultime, bien qu’en fonction des départements, on puisse en trouver de potentiellement plus doués que d’autres : ainsi, par exemple, en Seine-Saint-Denis ou même dans certains quartiers de Marseille, le professeur doit aussi apprendre à développer un 6e sens pour esquiver les balles.

On se souvient par exemple qu’au départ, Matrix n’était autre qu’une biographie d’un professeur de Français de Clichy-sous-Bois.

Lorsque le professeur est las, il se rend à la salle des professeurs, son cimetière des éléphants, où il pourra aller se vautrer avec ses collègues sur quelques chaises en plastique pour maudire le désert éducatif dans lequel ils évoluent. Il trouvera dans cet endroit boisson, nourriture, éventuellement clopes si un professeur d’art traîne, et probablement la photocopieuse qui, comme il se doit, sera encore en rade suite à un bourrage papier dont le coupable ne se sera pas vanté (même si on retrouvera un sujet de physique-chimie sur les lieux du crime).

La meilleure amie de l’enseignant, qui lui permet de pourrir la forêt amazonienne pour se venger de l’humanité

Reproduction

Le professeur se reproduit souvent avec d’autres professeurs, donnant des enfants qui seront un temps élèves, puis professeurs (le basculement de l’autre côté du bureau sera le pivot de leur vie). De fait, le principal lieu de sociabilité de l’enseignant reste la salle des professeurs, où il peut tenter d’observer ses collègues pour essayer de voir s’il n’y aurait pas moyen de moyenner avec l’un ou l’autre. La parade amoureuse de l’enseignant est un phénomène fascinant et étrange à la fois, puisqu’après avoir commencé à baver avec son comparse sur le métier qui est « très difficile, sous-payé et épuisant » (ne leur parlez pas du monde extérieur, l’enseignant est très susceptible), ils se rapprochent en discutant des dernières réformes. Là, généralement, l’un des deux propose une grève ou une soirée romantique correction de copies à l’autre, et partant main dans la main, ils iront échanger leurs fluides (comprendre : leurs cartouches d’encre rouge) chez l’un ou l’autre.

A noter que parfois, un professeur plus chafouin que les autres décide de s’accoupler à une élève que la puberté avait bénie avant l’heure.

Non parce que pour ceux qui ne le sauraient pas, les fiches que le professeur demande à remplir en début d’année avec « nom/prénom/hobby« , c’est juste pour avoir le numéro des bombasses de la classe. Et même si le professeur ne s’en sert pas lui-même, il peut toujours revendre les précieuses coordonnées contre espèces sonnantes et trébuchantes. Le professeur est pragmatique. Et personne ne pose jamais de questions sur l’utilité de ces fiches.

Prédateurs

Nombreux sont les prédateurs sur la route du professeur, l’obligeant, jour après jour, à se faire plus fort que ceux qui le pourchassent. Listons-en quelques-uns :

L’élève

Aussi qualifié de « petite fiente« , l’élève est le principal prédateur de l’enseignant. Évoluant en groupe allant de 15 à 40, l’élève voit aussi paradoxalement l’enseignant comme son prédateur, et tente donc de s’en débarrasser à tout prix via diverses ruses plus ou moins lamentables, même si cela est généralement plus que moins. On distingue plusieurs sous-catégories parmi les élèves en fonction de leur type d’attaque visant à décourager l’enseignant comme par exemple « celui qui fayotte », « celui qui se croit drôle », « celui qui se croit complice avec l’enseignant », « celui qui est persuadé d’être plus malin », « celui qui arrive automatiquement en retard », « celui qui joue toujours avec un truc sous la table » (attention : dans certains cas, vous ne pouvez pas lui arracher l’objet des mains sans provoquer un hurlement de douleur), « celui qui dort » et « celui qui a déjà eu une vie longue et incroyable et doit donc la raconter à tout le monde ». Ces attaques se combinent parfois entre elles, et il faut se rappeler que toutes ces petites créatures agressant ainsi le pauvre enseignant évoluant entre les tables pour distribuer des copies ont ainsi permis à certains observateurs attentifs d’inventer le premier tower-defense.

Pour ralentir ces émissaires du malin, le professeur n’hésite pas à les obliger à prendre plein de livres très lourds dans leurs sacs dont seules 11 pages serviront dans l’année alors que tout le cours est pourtant dedans, à leur faire acheter un cahier d’exercice à 26€ qui servira 2 fois (une spécialité des professeurs de langues), ou à leur donner des listes comme « Achetez un cahier petit format grands carreaux 96 pages » alors que là encore, non seulement la moitié suffirait, mais tout élève un tant soit peu véritablement malin réaliserait que la chose n’a d’autre intérêt de les faire chier, puisqu’aux dernières nouvelles, pour écrire des notes, il n’y a pas besoin d’un format particulier.

Le parent d’élève

Si l’élève est parfois qualifié de « petite fiente », le lecteur attentif devinera en conséquence le terme qui qualifie le parent d’icelui. En effet, le parent d’élève est un être qui, fut un temps, fut un des lourds occupants d’une salle de classe. A ce titre, et puisqu’étant allé à l’école lui-même, il a donc automatiquement un avis sur l’enseignement et la manière de le faire. A l’inverse, le professeur irait chez le parent en question, médecin de profession, lui expliquer son boulot parce que lui aussi est déjà allé consulter un mec en blouse, le parent d’élève hurlerait au scandale. Il faut donc, encore une fois, que le professeur fasse appel à tout son sens du zen pour ne pas planter son stylo rouge (son Excalibur à lui, pour devenir prof, il faut l’arracher d’un rocher situé dans la cour du rectorat de son choix) dans l’oeil du mécréant.

A noter que le parent d’élève aime l’élève, puisque partageant souvent une partie de son ADN. A ce titre, il considère que sa progéniture, tout comme lui, est à la fois sage et brillante. Il ne saurait donc être question de nullité ou de branloutisme chez son marmot qui, en cas de difficulté, ne peut qu’être la victime soit d’une maladie aléatoire, soit de circonstances diverses commençant par « C’est pas sa faute« .

Le parent d’élève est souvent la preuve que s’il faut un permis pour conduire une voiture, il en faudrait un pour élever un gosse.

N’importe qui peut faire des enfants. N’importe qui. Brrrr.

L’inspecteur d’académie

Confortablement installé dans un bâtiment où un régiment de Stormtroopers empêche l’accès à toute personne âgée de moins de 21 ans, l’inspecteur d’académie vit dans un bureau où il a une grande carte du territoire sous sa juridiction qu’il regarde en riant maléfiquement. Parfois, il plante un petit drapeau sur celle-ci, et décide en conséquence qu’il ira faire une tournée d’inspection d’un établissement, s’installant dans les classes tel un élève pour voir comment se passent les cours.

Curieusement, l’inspecteur d’académie est probablement le prédateur le plus pourri qui soit, puisque mesurant souvent deux fois la taille d’un élève moyen, le professeur le repère tout de suite et, traditionnellement, fera cours en conséquence pour lui donner satisfaction. Ainsi, l’inspecteur d’académie ne verra jamais ce qu’il se passe vraiment dans les salles de classe, mais s’en moque généralement puisqu’après avoir dispensé quelques fameux conseils sur le cours factice auquel il vient d’assister, il retourne généralement dans son bureau à l’abri des hordes d’élèves pour recommencer à ricaner en se demandant quel lieu il ira hanter demain.

Mais d’abord, il prend un café.

Le ministère

Intelligemment nommé « ministère de l’éducation » alors qu’il s’occupe de tout sauf d’éducation, le ministère change régulièrement de direction et n’a donc pour seul but que d’en indiquer toujours une différente. Ainsi, chaque rentrée ou presque connait sa réforme au nom du nouveau ministre, réforme dont le but et le montage resteront obscurs et ne serviront qu’à donner l’excellent prétexte annuel à diverses manifestations de lycéens et d’enseignants.

Cela fait, le ministre derrière la réforme se retirera, et un nouveau prendra sa place, bien décidé à proposer une nouvelle réforme. L’occasion sera donc parfaite pour le corps enseignant de chanter comme à chaque fois en pareille circonstance la chanson phare du Roi Lion, L’Histoire de la vie (l’enseignant ressemblant le plus à Rafiki ayant le droit de brandir le règlement intérieur vers le soleil durant le récital)

Le journaliste

Apparaissant dans un nuage de soufre à chaque grève, le journaliste s’empresse de faire un reportage que certains appelleraient plutôt un « micro-trottoir ». On y apprend que Madame Germain s’estime « prise en otage » par ces écoles qui ferment et ne peuvent donc accueillir son enfant pour la journée, que Monsieur Michot « comprend, bien qu’il soit gêné lui aussi » et que Madame Granlot en a vraiment assez, qu’elle ne sait pas ce qu’elle va faire de Léa aujourd’hui du coup.

A la fin du reportage, l’esprit chagrin ne saura toujours pas pourquoi il y a grève, par contre pourra confirmer que Léa est particulièrement moche et que si Madame Granlot ne sait vraiment pas quoi en faire, c’est peut-être l’occasion aujourd’hui de l’emmener à la rivière.

Le pédagogue

Complètement défoncé au LSD, la coke et diverses autres substances lui permettant de faire vivre plusieurs familles de dealers (il a une carte de fidélité chez certains d’entre eux, et a le droit à une bouteille de rosé toutes les 4 doses achetées), le pédagogue vit dans un monde parallèle qu’il explore de son esprit alors que son corps, lui, reste vissé à la chaise de son bureau couvert de vomi et de guimauve. Parfois, lors de l’un de ses trips acidulés, le brigand a une vision : un Bisounours lui apparait et lui donne une idée, lui dictant d’écrire celle-ci sur une quelconque pétition pour qu’il aille trouver des suivants (on peut par exemple considérer que Moïse était une sorte d’über-pédagogue). En général, il s’agit d’un truc à base de « Il ne faut plus écrire les notes en rouge mais en rose pour ne pas choquer l’enfant« , « Il ne faut plus renvoyer d’enfants de la salle de classe pour ne pas les exclure du groupe« , ou encore « Il est interdit de hausser la voix ».

Le pédagogue n’a généralement pas connu de salle de classe et, si on lui demandait d’en tenir une durant 20mn en y appliquant ses idées, vous pouvez être sûr qu’il finirait par faire cours à l’aide d’une M-60.

Parfois, une pétition de pédagogue atterrit dans une salle des professeurs : elle est alors roulée et fumée, afin de faire honneur à son auteur.

Les pédagogues tels qu’ils se voient

F.A.Q

Je crois que j’ai de mauvaises notes car mon professeur ne m’aime pas, ai-je raison ?

Non. En effet, s’il ne vous aime pas, vous imaginez bien qu’il ne va pas risquer de vous faire redoubler, c’est tout à fait incohérent : au contraire, il devrait vous coller des points partout pour ne plus vous voir l’année prochaine. Non, s’il vous met de mauvaises notes, c’est parce que vous êtes un peu con. Mais rassurez-vous : par contre, il ne vous aime effectivement pas ; il vous conchie même tant et si bien que si son mépris prenait forme, ce serait un monolithe de dédain, que dis-je, un Stonehenge de morgue.

Pourquoi les professeurs refusent que les délégués des élèves assistent au début du conseil de classe ?

Parce que le début du conseil de classe est un moment réservé aux professeurs justement pour se moquer ouvertement des malheureux qu’ils vont juger sans que leurs avocats puissent les défendre. Parfois même, ils rient ouvertement des délégués, puis les font seulement entrer. Les professeurs pouffent alors tout du long de la séance, savourant leur revanche : pour une fois que ce sont eux qui sont en groupe et peuvent se moquer de leurs ennemis isolés, autant y aller.

Professeur de sport, c’est un métier ?

Non, c’est une blague.

Mon professeur d’histoire-géographie est furieux ! Comment lui rendre sa sérénité d’antan ?

Faites-lui un calembour nazi. Les professeurs de cette matière adorent cela : pourquoi pensez-vous sérieusement qu’ils ont choisi cette voie ?

Mon professeur ne se plaint jamais, est-ce normal ?

Pas du tout : c’est le signe qu’il est très malade. Le vrai, bon professeur geint régulièrement sur à peu près tout et tout le monde.

Mon professeur dit qu’il a demandé une mutation, qu’est-ce que cela signifie ?

Qu’il en a assez de vos sales gueules. Il a donc prié les dieux du chaos pour qu’ils lui accordent de se débarrasser de vous. Probablement pour qu’ils lui donnent des cornes ou un truc du genre (en fonction, même si les professeurs sont de suppôts de Tzeentch comme chacun sait), ou bien plus simplement, l’envoient évangéliser les masses dans un endroit où l’on a plus facilement recours à un cutter qu’à un dictionnaire pour réussir un examen. Allez savoir.

Mon professeur me dit que demain, il a « journée pédagogique », mais qu’est-ce donc ?

C’est une journée où les professeurs doivent aller à l’école écouter un autre professeur leur donner des clés pour réussir dans la vie. Autant le dire : ils papotent, envoient des textos et se font ouvertement chier, bref : ils se comportent exactement comme les cancres qu’ils haïssent

Mon professeur veut devenir pédagogue, comment faire ?

Filez-lui du crack en intraveineuse. Quand sa bave prend des teintes arc-en-ciel, c’est bon.

Voilà, vous savez tout.

Bonne rentrée, jeunes gens.

 

120 réponses à “Le professeur, cette créature mystérieuse

    • Allons Val’, depuis quand les profs lisent l’intégralité d’un essai ?!
      Ne seriez-vous pas prof d’art ou pédagogue sur les bords?

  1. Le lien vers l’image de Rambo est mort, elle ne s’affiche pas, idem pour les pédagogues, à la fin.

    Sinon très bon article, comme toujours, rentrant le 6 en études supérieures, j’ai ri.

  2. Très bon !
    Vous avez sans doute été professeur, dans une vie antérieure…
    (et cancre, dans une autre)
    ((et fayot… euh, ah non, sans doute pas !))

  3. Très fort, très bon, très drôle ! Et très réaliste ;) En tant que fils de suppôts de Tzeench, je pense que vous avez dû infiltrer le milieux, c’est pas possible autrement…

    Ah, et je <3 l'expresion "moyen de moyenner", c'est bon de la trouver parfois au détour d'un post du ouaibe :)

    C'était ma contribution totalement inutile.

  4. Prof et suppôt de Tzeentch, j’avoue, j’assume, j’approuve et j’adhère ! Quelle clairvoyance cher odieux connard ! Excellent article !

  5. Il y a plusieurs choses avec lesquelles je ne suis pas d’accord dans cet article, à commencer par le titre :

    Mystérieux, le prof ? C’est le seul métier qu’on est obligé de côtoyer quotidiennement pendant 12 ans. À moins de passer ses journées à pioncer en cours (je vous l’accorde, c’est le cas de la majorité des élèves), le métier de professeur est le seul dont un élève puisse avoir une idée précise à la fin de ses études secondaires.

    Et de toutes mes années passées à subir ces petits êtres médiocres qui s’agitent devant des tableaux noirs, j’en ai tiré la conclusion qu’il ne fallait pas devenir prof. Surtout pas. Ça pourrit les gens sur pied.
    Notamment dans le secondaire, c’est un vrai boulot de con, ingrat, mal payé, répétitif, et, vu les singes qu’on laisse maintenant rentrer en sixième, de plus en plus dangereux.

    À moins d’avoir la foi dans l’instruction publique chevillée au corps, pour devenir prof aujourd’hui, il faut appartenir à au moins une des trois catégorie suivante : les cons, les masochistes, et les naïfs.

    Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
    Comme chantait Didier Super, il y en a des bien.
    Par exemple, j’ai vu que beaucoup de gens avaient une mauvaise opinion de leur prof de sport, et de cette profession en général, je peux donc citer celui que j’ai eu pendant trois ans au lycée, un type bien, très sympathique, très humain, et peut-être le seul prof qui aimait son métier parmi tout ceux que j’ai eu. Je n’ai jamais été un élève brillant, surtout pas en sport, mais avec lui, j’ai essayé d’y mettre de la bonne volonté.

    Mais ces exceptions ne me feront pas oublier le cas général, que j’ai rencontré plus souvent qu’à mon tour au cours de ma scolarité. Des souvenirs comme ça, j’en ai des dizaines.

    Les professeurs sont de pauvres gens, mais bien souvent, ce sont de pauvres types.

    À toi le prof endurci, blanchi sous le harnais, je dis : regarde dans une glace de temps en temps, et demande toi si t’es pas un con. La connerie des élèves n’excuse en aucun cas la tienne.

    À toi le jeune prof, frais émoulu, je dis : Fuis. Fuis, malheureux, fuis, cours vers les collines, cours pour ta vie, pars sans te retourner, tu me remercieras plus tard.

    Typhon

    • Putain, wordpress fait chier. Tout ça parce que j’ai mis deux liens. J’en ai marre. Je suis un utilisateur identifié, je devrais pas subir ce genre de censure automatique, c’est pénible pour tout le monde.

      Typhon

    • « Mystérieux, le prof ? C’est le seul métier qu’on est obligé de côtoyer quotidiennement pendant 12 ans. À moins de passer ses journées à pioncer en cours (je vous l’accorde, c’est le cas de la majorité des élèves), le métier de professeur est le seul dont un élève puisse avoir une idée précise à la fin de ses études secondaires.  »

      Permets moi de m’esclaffer… Je prends le métro tous les jours donc je sais avec précision ce que c’est que d’être conducteur de métro ou contrôleur! Evidemment!
      Les quelques heures par semaine qu’un élève passe avec un prof ce ne sont justement que quelques heures et toujours les mêmes, ça alors! Je veux dire par là que jamais un élève lambda n’a vu un prof préparer une leçon, ou corriger un paquet entier de copies (en râlant sur ces ignares qui ne sont même pas foutus d’apprendre un cours par coeur). Aucune idée non plus des réunions interminables (et parfois il est vrai intéressantes) des conseils divers et variés avec des collègues ou la direction ou des gens extérieurs, etc).

      Et je pourrai continuer…

      Donc non, être élève ne permet pas du tout de connaître le métier de professeur avec précision…. cela dit, tu marques un point : Si tu n’as pas la vocation, ne fais pas ce métier… tu démissionnerai en quelques années…

      Et pour Monsieur l’Odieux Connard, je tiens à signaler que la craie est de moins en moins utilisée au profit des marqueurs (à mon grand regret, je trouve que les marqueurs puent) ou bien (mais c’est encore plus récent et pas répandu partout) des TNI (Tableaux Numériques Intéractifs).

      • Je n’ai jamais dit qu’être élève permettait de connaître tout les tenants et les aboutissants du métier de professeur, mais on a une idée nettement plus claire de ce métier-là que de métiers qu’on ne voit que dans les films, voire jamais.

        L’analogie avec le conducteur de métro est malvenue puisque justement, on ne le voit pas, et on ne sait pas ce qu’il fait à l’instant T.

        « ou corriger un paquet entier de copies (en râlant sur ces ignares qui ne sont même pas foutus d’apprendre un cours par coeur). »

        Pas mal de profs nous faisaient un best of de leur râleries. Je n’ai certes jamais assisté à la correction d’un paquet entier de copies, mais je disposais de suffisamment d’éléments pour pouvoir m’en faire une idée, que ce soient les râleries, le résultat de la correction, et le nombre d’élèves dans la classe.
        D’ailleurs, c’est probablement la chose la plus difficile à faire correctement quand on est prof.

        Pour ce qui est de réunions interminables et chiantes, les élèves en subissent leur part, notamment ceux qui sont délégués de classe.

        Typhon

      • Le simple fait que tu penses que corriger un paquet de copies est la chose la plus difficile à faire correctement montre bien que tu n’as aucune idée du métier de prof.

        Je ne vais pas m’étendre là dessus, ça n’intéresse personne mais fait deux ou trois recherches sur ce qu’on appelle la « différenciation pédagogique » ensuite pose toi la question de l’effectif moyen d’une classe et tu sauras ce qu’est actuellement la chose la plus difficile à réaliser correctement…

      • Mihawk, après une recherche de cinq seconde, je peux t’affirmer que tu as tort.
        La « différenciation pédagogique » n’est pas du tout une grosse difficulté du métier de professeur, pour la bonne raison qu’aucun professeur ne la pratique.
        Ils essaient bien de faire semblant de temps à autre pour faire plaisir aux nababs de l’ÉdNat, mais ces efforts sont purement cosmétiques.

        Dans la réalité des faits, aucun professeur enseignant face à une classe n’a jamais véritablement « pris en compte les spécificités de chacun » et il est douteux que ce soit possible ou souhaitable, de toute façon.

        La seule situation dans laquelle un professeur est en phase avec les spécificités d’un élève, c’est quand il lui donne un cours particulier.

        Je le répète, ce qu’il y a de plus dur à faire correctement dans le métier de prof, c’est de corriger les copies correctement. C’est une tâche extrêmement fastidieuse et répétitive, qui demande néanmoins beaucoup de concentration et de rigueur si on veut être juste.

        Typhon

      • Alors, juste pour information… quel est ton métier? Comment peux tu te permettre de juger des pratiques pédagogiques des enseignants après (je cite) « une recherche de cinq secondes ».

        J’applique (ou plutot j’essaie d’appliquer) cette différenciation dans toutes mes classes et presque tous les collègues que j’ai jamais rencontré essaient également de le faire. Pourquoi? Parce qu’on a pas attendu que des mecs dans des bureaux qui n’ont jamais vu un élève nous disent que « les élèves n’apprennent pas tous de la même manière et qu’il faut s’adapter ».

        Il n’en reste pas moins qu’avec au mieux des classes à 25 gamins, faire attention et s’adapter aux besoins de chacun est impossible!

        A l’inverse la correction de copies est certes monotone (encore que parfois il y a de belles perles de la part des élèves) mais si tu as bien fait ton boulot en amont (c’est-à-dire que tu t’es servi de ta tête et que tu a bien ciblé ce que tu veux évaluer) ce n’est pas difficile. Ce qui ne signifie pas que c’est facile et que ça se fait rapidement.

        Pour finir, merci de s’abstenir de commenter de manière désobligeante sur un métier que tu ne connais manifestement pas et sur des gens que tu n’as pour la plupart jamais rencontré.

        A bon entendeur…

      • « Comment peux tu te permettre de juger des pratiques pédagogiques des enseignants après (je cite) “une recherche de cinq secondes”. »

        La « recherche de cinq secondes », c’était pour trouver le sens de cette expression idiote que tu as employé. Je juge les pratiques pédagogiques des enseignants en me basant sur les 12 années pendant lesquelles je les ai subies.

        « Il n’en reste pas moins qu’avec au mieux des classes à 25 gamins, faire attention et s’adapter aux besoins de chacun est impossible! »

        Oui, c’est bien ce que je dis. Donc cette « différenciation pédagogique », c’est du vent, en pratique.

        « A l’inverse la correction de copies est certes monotone (encore que parfois il y a de belles perles de la part des élèves) mais si tu as bien fait ton boulot en amont (c’est-à-dire que tu t’es servi de ta tête et que tu a bien ciblé ce que tu veux évaluer) ce n’est pas difficile. »

        T’iras expliquer ça aux professeurs que j’avais au lycée, qui m’emmerdaient pour que je rédige plus et qui s’avéraient incapables de comprendre le français quand je le faisais.
        Qui n’étaient pas foutus de faire des additions correctement, sans parler de ceux qui jugeaient tout simplement à la tête du client sans s’emmerder à établir un barème.

        « Pour finir, merci de s’abstenir de commenter de manière désobligeante sur un métier que tu ne connais manifestement pas »

        Je les connais les profs. Ceux que j’ai eu en face de moi suintaient généralement l’ennui, la frustration, et assez souvent l’incompétence. Beaucoup de connards se vengeant sur les élèves de leur médiocrité. Quelques braves imbéciles, pas mal de dépressifs. Une ou deux bonnes volontés aimant leur métier, leurs élèves, voire les deux.

        Je l’ai déjà dit plus haut, je ne prétends pas connaître toutes les arcanes de ce métier. Mais je les ai vus à l’oeuvre, et c’est évident que c’est un métier profondément ingrat, pénible, peu gratifiant, et même idiot, notamment quand il s’agit de jouer les garde-chiourmes.

        Je les connais les profs. Ce sont des gens qui sont capables de faire chier un gosse de onze ans sous prétexte qu’il n’écris pas de la bonne couleur, ou que son cahier n’a pas le bon format.

        Typhon

      • Bon, je ne vais pas perdre mon temps, tu sais tout mieux que tout le monde et tellement confit dans ton importance et ta sagesse que tu n’es même pas capable de remettre en cause ton jugement, ne serait-ce que pour admettre que non tu ne sais pas tout.

        Pas la peine de répondre je ne lirai plus ce fil de commentaires

        Au plaisir de ne plus te lire… c’est vraiment trop désagréable…

      • C’est ça, mon lapin, retourne à tes référentiels bondissants et à tes apprenants.

        De toute façon, ça fait un moment que tu as arrêté de me lire, puisque sinon, tu verrais que tu n’as pas besoin de me dire que je ne sais pas tout. Je le savais déjà.

        Si tu voulais que je remette en cause mon opinion, il aurait fallu que tu te donnes la peine de donner au moins un argument qui tienne la route. Je ne change pas d’opinion à la moindre contradiction, il faut encore que ça ai du sens.
        Je ne suis pas un de tes élèves qui accepte passivement tes lubies pour te les régurgiter mollement sur une copie.

        Je me demande comment tout les profs qui se gargarisent « d’esprit critique » réagiraient face à des élèves ayant une vraie indépendance d’esprit.
        J’ai ma petite idée, bien sûr, mais que sais-je ?

        Typhon

      • Bon! Que ce soit Typhon ou Mihawk, ça sent le débat un brin moisi sans arguments sérieux autre que « ce métier est dur et tu parles de ce que tu connais pas » et « ouin ouin les profs ne me reconnaissaient pas à ma vraie valeur »…..
        Une remarque comme ça en passant, le texte de l’odieux connard est mordant et moqueur, mais je le trouve plutôt sympa avec les profs…. et toi Typhon, tu t’amènes pour mettre une couche un brin haineuse sur les profs avec la finesse d’une scène de carnage dans Rambo 4, c’est pas cool.

      • Le Golgoth, tu pourrais faire l’effort de lire ce que j’écris et d’essayer de comprendre. Je n’ai jamais nié que c’était un métier dur et je n’ai jamais dit que les professeurs ne me reconnaissaient pas à ma vraie valeur (d’ailleurs ça ne veut rien dire).
        J’ai été un élève médiocre pendant toute ma scolarité, essentiellement parce que je suis paresseux.

        Après, j’ai une dent contre certains profs que j’ai eu, et il y a aussi le fait que, justement parce que c’est un métier dur, voire dangereux dans certains quartiers, mal payé et de moins en moins gratifiant, ceux qui l’exercent ont tendance à le fuir s’il le peuvent, et sinon, à éprouver un certain ressentiment.

        Typhon

      • Cher Typhon,
        Je fais l’effort de lire et de tenter (restons très humble) de comprendre. L’écrit possède cette facilité à générer de l’incompréhension. Tes interventions longues mais argumentées sur la philo notamment, m’ont d’ailleurs beaucoup plu…. Cependant, j’ai été étonné cette fois-ci, trouvant que ton envolée initiale contre « les cons, les maso et les naïfs » étaient assez partiale et intransigeante. Puis dans un autre échange, tu parles de profs de français qui ne TE comprenaient pas, de profs de math ayant des soucis en calcul, ou d’autres notant à la tête du client.
        Excuse moi « sincèrement » d’avoir pris cela pour du ouiouinage type « j’ai eu que de mauvais profs et ça explique mes envolées un brin agressive ».
        Je te souhaite une bonne journée et au plaisir.
        Le goloth.

      • Heu, non, j’ai mentionné une prof de math qui avait des problèmes à comprendre le français. C’est juste un exemple qui m’a marqué (donc un peu extrême, peut-être).
        Je pense être capable de faire la part des choses jusqu’à un certain point. Je suis bien obligé de me baser sur mon expérience personnelle d’élève, donc je ne prétends pas à l’objectivité.
        Et les cons, les naïfs et les masos, ce sont ceux qui deviennent profs maintenant, parce que c’est un métier qui a perdu tout l’attrait qu’il a pu avoir il y a quarante ans (et de f

      • Oh le joli bug.

        J’ai un peu l’impression que tu lis en diagonale : j’ai juste mentionné une prof de math qui avait des problèmes à comprendre le français. C’est juste un exemple qui m’a marqué (donc un peu extrême, peut-être).
        Je pense être capable de faire la part des choses jusqu’à un certain point. Je suis bien obligé de me baser sur mon expérience personnelle d’élève, donc je ne prétends pas à l’objectivité.
        Et les cons, les naïfs et les masos, ce sont ceux qui deviennent profs maintenant, parce que c’est un métier qui a perdu tout l’attrait qu’il a pu avoir il y a quarante ans (et de fait, mes meilleurs profs étaient soit les plus jeunes, pas encore dégoûtés, soit les plus anciens, rescapés d’une époque meilleure).

      • C’est noté et je te remercie de prendre du temps pour remettre ma lecture d’équerre (rapport à ma tendance diagonale, tu l’auras compris).
        Cordialement.

    • Bonjour,
      je suis un petit être médiocre et j’aime mon métier (même si tu en doutes). Je ne suis pas naïve, ni maso, conne? Peut-être.. je ne peux pas en juger moi-même. Tu dis que ce métier « a perdu son attrait » depuis 40 ans. Mais c’est là que tu te trompes car si il y a encore des jeunes comme moi qui s’engagent c’est justement pour l’attrait de ce métier (le même qu’il y a 40 ans). Cet attrait c’est de côtoyer des jeunes en devenir, d’essayer de trouver le moyen de les faire réfléchir tout en découvrant des choses, en travaillant en équipe, en s’amusant, en s’ouvrant au monde, aux autres.
      Les référentiels bondissants et autres absurdités, tu sais ce n’est pas nous, nous laissons ça aux bureaucrates pseudo-pédagogues. Leurs bla-bla n’intéressent que les gens comme toi (et eux-mêmes, enfin pas sûr).
      C’est un métier qui m’apporte du plaisir et de la satisfaction, quand mes idées de séance fonctionnent et que cela plait. Parfois je ressens de l’énervement ou de l’impuissance, c’est vrai, mais ce n’est pas tout-le-temps comme ça!
      Et je préfère cela plutôt que de passer mes journées entières à tapoter sur un clavier en attendant la pause café, tout ça pour faire avancer un dossier dont je me contrefous. Quel ennui, quelle gâchis d’humain.
      C’est évident qu’il y a de mauvais profs, tu as du en avoir quelques uns pour être aussi catégorique.
      J’aurais aimé t’inviter à certaines séances, pour te faire changer d’avis, car mes mots ne suffiront sûrement pas…
      Je suis un petit être médiocre, comme beaucoup d’êtres humains. Mais j’essaie de m’améliorer. :)

      Attention quand on traite toute une catégorie de personnes de « petits êtres médiocres », il faut pouvoir assumer sa supériorité…

      Aria, prof de SVT.

      ..)

      • En même temps, il faut pas perdre de vue que nous commentons sur le blog d’un Odieux Connard. J’ai quelque peu forcé le trait, j’avais aussi envie, après ce texte de prof qui tape sur les élèves, de faire un texte d’élève qui tape sur les profs, et il y a dans les deux cas une part de vérité et une part de caricature.

        Pour ce qui est de l’attrait du métier de professeur, je ne peux juger de la situation que de l’extérieur, mais j’ai quand même quelques éléments objectifs. Sans remonter jusqu’à l’époque de Pagnol où l’instituteur était un notable révéré dans le village, dans les années 1970, je doute que les professeurs se faisaient autant agresser ou insulter ( je sais que ça concerne une minorité d’établissements, mais ce sont justement ceux où atterrissent les nouveaux). Il y a de moins en moins de gens qui présentent le Capes, et les gens qui le réussissent sont de plus en plus nombreux à démissionner rapidement. C’est un métier mal payé,

        Ensuite, c’est très noble de vouloir ouvrir sur le monde, mais je ne sais pas si c’est dans une salle de classe qu’on le fait le mieux. On y est toujours un peu comme dans une bulle, et ce n’est pas forcément un problème. Quant à faire réfléchir, je ne sais même pas si c’est possible. On peut donner des éléments de base à la réflexion, donner l’exemple de la réflexion, mais faire réfléchir… vaste programme. Encore faut-il avoir en face de soi des gens qui le veulent bien.

        Il faut bien voir aussi le paradoxe qui fait que le prof subit beaucoup plus la stupidité bureaucratique de l’ÉN, mais aussi que face à l’élève, c’est lui qui l’incarne, assez souvent. Je pense que pas mal de profs conçoivent de l’amertume à force d’être obligé de faire face aux élèves des guignolades auxquelles eux-même ne croient pas.

        En SVT, justement, j’ai appris pas mal de choses (ça doit être ma meilleure note au bac), mais c’est quand même un sacré fourre-tout, comme le nom le suggère assez bien. On y aborde pelle-mêle des choses qui ont trait à la physiologie humaine, à la géologie, à l’évolution des espèces, voire à l’astronomie.
        J’ai du mal à croire que les gens qui l’enseignent puissent être compétents dans tout ces domaines. En tout cas, j’ai constaté que leurs intérêts pour tel ou tels aspects du programme variaient considérablement.

        Typhon

      • Damned, j’ai oublié de finir la phrase au deuxième paragraphe :

        « C’est un métier mal payé, rempli de contraintes et c’est pour ça que je disais plus haut qu’à moins d’avoir la foi dans l’instruction publique chevillée au corps, pour devenir prof aujourd’hui, il faut appartenir à au moins une des trois catégorie suivante : les cons, les masochistes, et les naïfs. . »

        (Et j’en profite pour replacer ces trois catégories dans leur contexte, puisque la lecture de ce passage révèle qu’il y a bien, dans mon esprit, une quatrième catégorie de gens qui deviennent profs : ceux qui ont la Foi et la Vocation).

        Typhon

    • Entre ma propre expérience, le post de notre hôte des lieux et le vôtre, j’hésite entre, au choix: une plaque de chocolat, Two Steps from Hell à fond (et que ma voisine aille se pendre ailleurs avec ses téléphones qui ressemblent à un concours de beuglements!!!), une assurance mentale sur ce qui va m’arriver si je continue à me former pour devenir prof (traduire: me faire lobotomiser pour devenir aussi débile que mes formateurs) ou me dire que j’ai une chance, une petite chance… de ne pas baisser les bras. Dans 5 ans, je relirai ce post est j’es-père vraiment… ne pas m’y reconnaître.

      On parie?

      PS : le pire, c’est que je m’étais jurée, gamine, de tout faire (dans la mesure du raisonnable, einh) sauf prof. J’avais une telle pitié d’eux…

  6. Faisant partie de la grande maison de l’éducation (ahem ^^) nationale, je ne peux qu’applaudir et me prosterner devant tant de vérités (je me suis reconnue comme ex-prescriptrice d’achat de manuel d’exercices d’anglais, c’est pour dire !). Disons-le une fois encore, le professeur n’est ni pire ni meilleur que les autres, même si d’un côté ou de l’autre de la barrière qui le sépare du reste du commun des mortels, certains irréductibles s’obstinent et s’obstineront à nous faire croire le contraire.
    Je retiens le « petite fiente » et penserai bien à cela (et donc à vous) lors de mes prochaines journées, une rentrée avec le sourire, ça fera (temporairement) une prof de moins qui fait la gueule, hop là.
    Merci !

  7. Monstre ! Moi qui m’apprêtai à aller me coucher (pour reprendre le rythme avant la rentrée, car je suis un étudiant très sérieux blablabla), et voilà que je tombe sur votre article. J’ai donc passé tout, je bien TOUT le texte à réveiller, à force de rire, mes parents qui eux, dormaient déjà (les pauvres ne connaissent pas les joies de la vie nocturne). Vous êtes vraiment odieux ! Vraiment, un connard…enfin vous êtes vous quoi ! Merci beaucoup.

  8. « Mutation » [...] « Suppôt de Tzeentch »… Excellent!!
    Enfin, il y a des exceptions, quand même. L’un de mes profs avait sollicité une mutation auprès de Nurgle, et c’était pas triste…
    Paradoxalement, il est intéressant de constater que dans certains élèves sont manifestement des adorateurs de Khorne, d’autres de Slaanesh.

  9. « même si les professeurs sont de suppots de Tzeentch comme chacun sait), »

    Diantre, l’OC serait il un amateur de l’univers WarHammer ? Cela nécessite un billet.

  10. Excellent comme d’habitude. Je pense en lire quelques parties lors de la rentrée avec mes terminales. Ils vont adorer le « bruit des ongles de pouffiasses sur leurs smartphones ».

  11. Odieux adoré, vous êtes mon modèle. Je m’entraîne toute l’année scolaire à un tant soit peu vous arriver à la cheville. Sur mes élèves. Car je suis prof.

    Soit dit en passant, je vous trouve beaucoup trop gentil avec notre profession corporatiste. Vous devriez taper plus fort.

    A moins que… Vous soyez prof vous aussi. Je l’ai toujours su.

  12. Et moi je suis étudiant en philosophie. Pas pour être prof, hein, je veux faire un vrai métier. Pas juste prétexte à la sieste hebdomadaire.
    Notons toutefois que bien que l’on parle d’enseigner la philosophie de plus en plus tôt (certains vont même jusqu’à la maternelle où, je le rappelle, il y a déjà des heures consacrées à la sieste) les étudiants sont de moins en moins nombreux à choisir cette filière. La philosophie, une matière d’avenir, qu-y-disait !
    « la philosophie ne sert plus qu’à former des professeurs de philosophie. Un curieux cercle vicieux » : ne vous inquiétez pas, cette pensée est partagée par bon nombre de professeurs de philosophie universitaire. Conscient de ce problème (les étudiants en philosophie ne servent à rien dans la vie active), ils ont décidé de leur allouer une heure par semaine à suivre un cours d’une autre filière. Oh, pas une filière qui serve à quelque chose, non non, histoire ou bien sa branche artiste-raté histoire de l’art (où il y a de très jolies minettes assez naïves, monsieur Connard, je vous les recommande). Et ce, à partir de la seconde année de licence. Si bien que les professeurs de ces filières, voyant arriver des étudiants guère passionnés par le sujet et ayant manqué l’intégralité des autres cours, se plient en quatre pour leur trouver des points au partiel, tout en se confortant dans leur idée que la philosophie n’aide guère le monde.
    Précisons qu’il s’agit d’une exception française (cocorico !), puisque partout ailleurs dans le monde on enseigne la philosophie analytique, utile s’il en est, aux mathématiciens et autres scientifiques. N’oublions pas qu’aux États-Unis, les étudiants en philosophie sont invités à suivre un autre cursus (parce que, justement, ça ne sert à rien), et que ça marche suffisamment bien pour qu’ils puissent être publiés dans des revues scientifiques en maitrisant le sujet tout autant qu’un autre scientifique du domaine.

    • Eh oui la philo a très mauvaise réputation, pourtant ça apporte des tas de choses, pour peu qu’on mette le cerveau en mode « on » (ce qui est déjà un miracle pour certains je vous le concède) et qu’on ne pense pas tout de suite à un suicide par blocage de respiration (oui je sais c’est pas possible) dès qu’on parle de « monde intelligible ». Bien plus que l’histoire des arts qui dans mon lycée était super populaire, pourtant j’ai jamais pigé l’utilité. En plus quand on a une bonne prof, passionnée par ce qu’elle fait… ;-)

      Les leçons de philo valent largement les leçons de religion qui sont dispensées dans d’autres pays; quand on voit comment des gens autoproclamés « sages » sur le sujet se fritent parce qu’ils n’y comprennent que dalle, je peux pas imaginer le désastre quand un type lambda enseigne ça à des enfants

      • « pourtant j’ai jamais pigé l’utilité. »

        Si on ne devait enseigner que les matières utiles, on n’enseignerait absolument rien.

        Et certainement pas la philosophie, ramassis d’ineptie issues de nombreuses et frénétiques masturbations mentales à travers les âges.

        Typhon

      • <>

        Eh oui, mais tu vois le monde a son lot de rebelles, certains ont été tentés par le Côté Obscur et se sont mis à être un peu moins moutons que la moyenne, à donner dans le subtil, à avoir l’esprit critique pour pas ressembler au barbare/tueur/fanatique/beauf qui constituait 75% des populations de son époque. Quelle bande de branques, « penser » franchement, ah là là ! Essayer de comprendre l’homme, le monde, etc. On délirait sec dans le temps ! Heureusement qu’il y avait des gens sérieux, qui nous maintenaient dans un haut état de conscience, en restant pépères, dans leur médiocrité crasse, à pas voir plus loin que leur prochaine bouffe ou leur prochain coït.

        Mais allez, j’arrête mes « inepties » comme tous ces vieux, et je vais me prendre une bonne bière, m’assoir devant TF1 et écouter ce qu’ils ont à dire, maintenant qu’on en a fini avec l’époque des clochards qui voulaient faire avancer l’humanité. La masturbation, ce ne sera plus qu’avec Playboy.

      • La pensée de M. Litaudon auquel je répondais tantôt :
        « la philo a très mauvaise réputation, pourtant ça apporte des tas de choses [...]Bien plus que l’histoire des arts qui dans mon lycée était super populaire, pourtant j’ai jamais pigé l’utilité. »

        Outre la grammaire déficiente de cet énoncé, on peut noter qu’il s’en dégage une thèse implicite : La philosophie serait plus « utile », selon une échelle d’utilité indéfinie, que l’histoire des arts.
        Or, de toute les matières scolaire, nombre de gens seraient d’accord pour dire que la philosophie est la moins utile. Ou inversement, si on faisait un sondage pour déterminer quelle matière est la plus utile, je gage (mais je reconnais humblement que je n’ai pas tenté l’expérience), que celle qui recueillerait le moins de suffrages serait précisément la philosophie.
        Aussi ai-je répondu en faisant remarquer que cette notion d’utilité n’est pas pertinente dans un cadre scolaire, étant donné qu’il est aisément démontrable que toutes les matière scolaire sont inutiles (puisque « l’utilité », à ce stade du débat, n’est pas définie, ce n’est jamais qu’un tour de passe-passe rhétorique).
        D’autre part, j’ai fait une remarque dédaigneuse sur la philosophie, qui correspond à une perception largement répandue du sujet, et je n’ai pas cru bon de m’étendre plus avant sur la question, parce que les longs pavés comme celui que je suis en train d’écrire, personne ne se donne la peine de les lire, à commencer par ceux qui y répondent.

        On ne s’est pas donné la peine de définir ce qu’est la philosophie.
        Est-ce que c’est de l’activité du philosophe dont on parle ?
        Ou est-ce que c’est de la matière telle qu’elle est enseignée ?

        Vu le contexte de ces commentaires, il est bien évident que c’est le deuxième sens.
        Et il est clair que ce n’est pas en cours de philosophie qu’on apprend à penser, ni même à penser mieux. Le sens critique, ça ne se mange pas en salade, et ça ne s’enseigne pas, ou alors très difficilement.
        Ce qu’on apprend en cours de philosophie, c’est ce qu’ont dit les philosophes du passé, et l’art et la manière de convertir leur pensée à eux en dissertation. Il parait que la dissertation est un exercice d’expression personnelle. Bien sûr, c’est totalement faux.
        Les professeurs s’attendent à un fond précis, de préférence avec les grande figures, citations et raisonnement qui s’imposent et la forme en est extrêmement rigide.
        À partir du moment où l’élève ne fait aucun choix dans la forme et dans le fond, peut-on sérieusement prétendre qu’il s’exprime personnellement ?
        Pour ce qui est de l’activité des philosophes du passé, justement, force est de constater que les questions dites « philosophiques » sont stériles, et c’est d’autant plus vrai que le champ des études philosophiques est allé en se rétrécissant. Les Aristote, Platon, et les philosophes pré-socratiques avant eux pouvaient parler de sujets ayant trait à la forme du monde, son origine, et sa composition, ou à la constitution physique et morale de l’être humain.
        Nombre de leurs interrogations ont reçu des réponses, et dans certains cas, pour y répondre, il a fallu bâtir des pans entiers du savoir humain, qui sont donc sortis du domaine de ce qu’on appelle la « philosophie ».
        Oui, « penser » en soi est une activité tout à fait stérile.
        « Penser » n’a pas de valeur intrinsèque. On peut « penser », voire « réfléchir » à des sottises et tourner en rond indéfiniment dans sa tête. « Penser », ce n’est rien, et ce n’est normalement pas la seule activité du philosophe.
        Car ce qui est important, c’est de confronter la pensée à autre chose.
        Il faut extérioriser sa pensée pour la confronter soit à des idées étrangères, via un débat, un dialogue, soit au monde lui-même, par des observations et des expériences (dans tout les sens que ce mot peut prendre). Je suggère la lecture de ce texte édifiant, écrit par quelqu’un qui a fait des études de philosophie. (attention, c’est en anglais)

        Tout ça pour dire, cher Passant, que ta condescendance, tu peux te la carrer.

      • «La pensée de M. Litaudon auquel je répondais tantôt :
        “la philo a très mauvaise réputation, pourtant ça apporte des tas de choses [...]Bien plus que l’histoire des arts qui dans mon lycée était super populaire, pourtant j’ai jamais pigé l’utilité.” »

        Précision : Typhon répondait tantôt au message de Passant, et non au mien. Petite erreur sans importance, hormis pour moi : je veux bien être responsable de mes propos, mais pas de ceux que l’on me prête.

        Le débat sur l’utilité d’une matière est de toute manière stérile. Autant s’arrêter là. Quand je tance l’histoire et particulièrement celle des arts, il s’agit pour moi de montrer que ces matières n’ont pas à se justifier d’exister, contrairement à la philosophie. Pourquoi ? Je pose simplement la question, et montre un début de réponse (si l’on réformait l’enseignement philosophique français en y intégrant la philosophie analytique, ou bien en basant plus l’enseignement sur la réflexion sur un sujet plutôt que sur l’histoire des idées).

        Typhon fait bien la part des choses entre la philosophie pratiquée et la philosophie enseignée. Il explique clairement que les questions philosophiques enseignées sont stériles (contrairement à d’autres qui pourraient être utiles, telles que celles soulevées par les neuro-sciences de nos jours, par exemple). L’exemple qui me vient est celui de Sherlock Holmes, lorsqu’il dit que, de toute façon, que nous tournions autour du soleil ou non nous ne verrions pas la différence. De même, la plupart des questions abordées n’ont aucun intérêt autre qu’intellectuel (prouvez-moi que Dieu existe, vous n’aurez pas changé la manière que j’ai de vivre).

        Alors oui, ça ne sert à rien. L’art aussi ne sert à rien (cf. la bien trop connue introduction au Portrait de Dorian Gray). De même que comprendre le style d’un auteur, d’un peintre, d’un sculpteur, ne sert en soi à rien, on peut être intéressé de comprendre comment il a pu tailler un diamant de style. Pour ensuite en réaliser un à notre tour. Est-ce utile ? Non. Mais c’est une distraction comme une autre, tout comme certains s’amusent à pêcher pour remettre le poisson à l’eau.

      • Si je suis bien, l’étude du divertissement pascalien est elle-même un divertissement pascalien.

        « Précision : Typhon répondait tantôt au message de Passant, et non au mien. Petite erreur sans importance, hormis pour moi : je veux bien être responsable de mes propos, mais pas de ceux que l’on me prête. »

        Wut ? Je ne comprends pas l’utilité de cette précision, il me semblait que c’était clair.

        Et je vois que nous sommes globalement assez d’accord.

        J’en profite pour faire moi aussi une précision : Quand je qualifie de « stérile » certaines questions philosophiques, ce n’est pas parce que je les trouve sans intérêt (au contraire, il y en a plein qui sont bougrement intéressantes), mais parce qu’elles n’auront vraisemblablement jamais de réponse satisfaisante et définitive.
        Typiquement : Qu’est-ce que le Beau ?

        Typhon

      • « Si je suis bien, l’étude du divertissement pascalien est elle-même un divertissement pascalien. »
        C’est une thèse défendable. Pour moi, l’homme qui étudie est celui qui s’ennuie. Certes, je n’ai même pas le RSA pour vivre, mais il me suffit de descendre deux étages pour avoir accès à de la nourriture. Mes besoins primaires étant assouvis assez facilement, je ne peux que m’ennuyer, il me faut donc me distraire de cet ennui. Penser est une manière somme toute assez bon marché pour m’occuper, et comme le disait Aristote le dialecticien n’a besoin que de lui seul pour élaborer sa logique.

        Alors étudier la philosophie est pour moi une manière d’étudier jusqu’où d’autres hommes se sont distrait de leur ennui.

    • Oué, en gros c’est c’que j’pense, Dennett ou Quine c’est quand même mieux que, au hasard, Hegel, ou le célèbre philosophe (?) à moustache qu’avait un pet au casque.Bref, y a beaucoup à jeter….

      J’en profite pour signaler à Mr Odieux que Platon, ça se traduit pas par lourd, mais par baraqué. L’était champion de lutte, l’enfoiré…

      Signé :

      Un connard illustre

      • @Typhon: Le but en philosophie étant moins d’apprendre par cœur toutes les doctrines qui se sont dites et faites au cours des siècles (ça c’est à prendre où à laisser) que d’avoir la démarche intellectuelle nécessaire pour comprendre ses sujets et les développer. C’est la première chose qu’on te dit quand tu entres dans une classe de philo. Et pour confronter différents arguments dans un débat (ce qui est la finalité de la chose il est vrai), il est déjà nécessaire de faire cette démarche.

        Si tu es tombé sur un prof qui t’a fait apprendre par cœur tous les délires (eh oui, pour certains c’est l’expression à employer, je ne le conteste pas) comme un robot, tant pis pour toi, mais ça ce n’est pas de la philosophie; donc il ne faut pas juger de la matière par les éventuelles baltringues de la profession.

        Mais dire « penser ça sert à rien parce qu’on peut très bien penser à des sottises », c’est comme dire « construire ça sert à rien parce qu’on peut très bien mal le faire, et l’objet va casser » ou alors « parler ça sert à rien parce qu’on peut toujours mal se comprendre ». Avec ce genre de raisonnements, on serait tous en train de dépérir du choléra sous quelques branches de noyer, en espérant trouver notre pitance du soir parmi le gibier de la forêt. C’est un style.

        Bien sûr que de nombreux problèmes philosophiques resteront sans réponse. De même que de nombreuses questions de physique. Ça n’empêche pas que le type de raisonnement pour essayer de les résoudre continue de faire avancer l’humanité. Alors peut-être qu’on ne saura jamais ce qu’est le beau, pas plus qu’on percera les secrets de la création de l’Univers dans ses moindres détails, mais ce faisant on trouvera sûrement quelques trucs utiles, au passage.

        Excuse ce que tu as pu prendre pour de la « condescendance », c’est simplement que ce genre de déclarations posées là comme ça, ça me hérisse le poil. J’ai eu la même démarche aussi, avec les maths: « ça sert à rien, c’est inutile, etc ». Avec le recul, je me rends compte combien c’était crétin. Les maths sont à l’origine du fonctionnement des 3/4 de ce qu’on utilise, de même que la philo est à l’origine des 3/4 de ce qu’on appelle notre « morale » ou nos « valeurs », marquées dans quelques bricoles comme les lois ou les Déclarations.

        P.S: j’ajoute que dans ma classe de philo, on a fait des débats, on a trouvé des questions philosophiques en rapport avec la réalité, et il y en a vraiment pas mal. J’ai jamais eu une quelconque impression de « stérilité », encore moins de rabâcher comme un perroquet sans rien capter. Bien sûr faut pas mettre le cerveau en mode off parce que « oua c tro duuur », là évidemment…

  13. Des cendres dans la rue !

    On voulait m’enfermer… dans un asile
    Sous prétexte que j’étais encore plus folle que les fous
    Je suis comme qui dirait
    Une institutrice destituée…
    Qui n’a plus le droit d’enseigner… ah ! ah ! ah ! ah !
    Hé ! Je ne suis pas folle, mais on n’arrête pas de dire que je le suis
    Donc je ne peux pas… ne pas l’être
    A force, je le suis devenue…
    Folle du logis… folle sans abri.

    Quand tout s’éteint… tout m’atteint… pas vous ?
    Le silence, l’absence, la somnolence.

    Qu’est-ce que j’ai bien pu faire pour être défaite à ce point ?
    J’ai soulevé quelques passions inutiles
    Fait semblant de donner quelques conseils
    A quelques collègues soit disant fragiles
    J’ai introduit la mauvaise bactérie dans les consciences stériles
    La bactérie qui tue toute envie d’exercer la profession d’un âne qui ne dit pas son nom.
    « Faites ce que vous pouvez camarades… puisque vos supérieurs ne le peuvent pas…
    Faites ce que vous voulez camarades… puisque vos supérieurs ne le veulent pas
    Faites sauter la baraque…y a pas d’autre solution… puisque vos supérieurs ne le font pas.

    On m’a congédié sans autre forme de procès
    Pour que je me taise sur les malaises de l’institution
    Sur l’impossible transmission
    D’un savoir mal su… mal vu… mal vécu
    Je fus révoquée, parce que je n’étais même pas syndiquée
    Et devant l’inspecteur de l’académie qui me l’a signifié
    J’ai failli le lui dire… et j’ai fini par le dire :
    Qu’il faut que l’homme libre prenne quelque fois la liberté d’allumer le feu
    De tout brûler….Pour renaître de ses cendres
    J’ai accentué le mot « cendres » pour bien me faire comprendre.

    Des cendres dans la rue…
    Tout est là… lui dis-je… mais vous… vous n’y êtes pas…
    C’est ça le drame de toute existence vue d’en-bas
    Puis je me suis tue pour que le son meure
    Et que le sens demeure
    Et au lieu de me suicider… j’ai jeté mon tablier!

    http://www.lejournaldepersonne.com/2011/06/des-cendres-dans-la-rue/#.UEL4MZa3uSo

  14. Haha cher odieux, quel redoutable portrait! Heureux d’avoir décroché le diplôme rituel l’année dernière pour aller découvrir un monde peut-être un peu moins morbide.

  15. Je note quand même de la lecture des commentaires qu’OC a été interviewé par Grazia et ne s’en est pas vanté en ces lieux. D’après la psychologie (autre filière ô combien utile…) à 2 denarii (oui, la fin de l’euro étant proche, je suis revenu à une monnaie qui a tenu quelques siècles avant de foutre le camps) de l’auteurE (faut que j’arrête les parenthèses, ça nuit à la lisibilité, non?), notre bon OC serait assimilé au nain de walt disney « Joyeux »…

  16. A noter que les profs, désespérés, poussent toujours les bons élèves à prendre leur relève. Jeunes gens, ne vous laissez pas faire !

  17. Moi à un moment j’avais pensé mettre mes potes métalleux avec leurs chiens qui puent au fond de mes salles de classe, mais la méthode John Rambo a l’air de faire ses preuve, je teste ça dès mardi :D

    • Je me posais la question… même si bon, je ne pense pas que l’OC regarde ça :p
      Et si il le regardait, il aurait mis une image de Fluttershy. Tout de même.

  18. C’est marrant de constater comment certains correspondent aux clichés de leur profession: le prof de sport qui s’attend à trouver que des athlètes surentraînés dans son cours, le prof de maths froid, carré et un peu psychopathe, le prof de lettres bobo à fond et sûrement fan de Cali, la prof d’art je-m’en-foutiste qui plane, la prof d’espagnol extravertie, le prof d’allemand hyper autoritaire…

    Enfin il y a de tout, du bon comme du mauvais, et je peux remercier sincèrement certains profs passionnés pour m’avoir tant appris, fait réellement progresser et découvrir des choses malgré les difficultés du métier (dont les prépubères à mater à coups d’AK-47), tout comme je peux remercier certains pisse-froids, hypocrites pour m’avoir dégoûté à vie de quelques matières, avec leur mauvaise foi qui les empêchait de voir que leur cours était aussi bancal qu’une chaise à trois pieds et plus chiant qu’un épisode de Derrick

    • La chaise à 3 pieds est la chose la plus stable qui soit d’après les théorèmes de physique sur la stabilité. En plus elle ne peut pas être bancale :D

      • Ouais mais moi j’ai pas fait S alors naïvement j’ai pensé… Remarque j’ai aussi mon petit côté scientifique, un jour j’ai lié une tartine beurrée à un chat et j’ai jeté le tout dans le vide. J’espère que personne n’a déposé de brevet sur le générateur d’antigravité.

      • J’ai fait ça bien après la term, pas de guéguerre entre sections ici
        même si nous savons tous ici que les S maths (anciens C) sont les meilleurs, évidemment

  19. Très drôle tous ces textes ! Devenue professeur d’arts plastiques contractuelle en alternance et par hasard, effectivement je pue la clope

  20. -2, cher odieux connard, à cause de cette faute de français à propos des cahiers de tel ou tel format, qui n’auraient « d’autre intérêt de leur faire chier ». De LES faire chier.

  21. Allez, j’y vais de ma petite histoire personnelle :

    Etant fille d’expatrie, j’ai passe la premier moitie de mon enfance a l’etranger. Mon education y etait assuree dans des ecoles francaises ou nous etions au grand maximum 12 eleves par classe, encadres par de jeunes prof agreges (si, si, meme pour des gosses de 10 ans) et passiones.
    Autant dire que j’allais en cours le coeur leger, ravie d’apprendre toujours plus sur les mysteres de la vie et persuadee de devenir un jour astronaute ou chirurgien(ne?). Dans la classe, on pouvait entendre une mouche peter tellement nous etions sages et travailleurs.

    Aussi, quelle ne fut pas ma surprise lorsque ma famille rentrait en France definitivement et que je faisais me premiere rentree dans un etablissement francais de France ! Je me retrouvais alors dans une classe de 35 ado bruyants qui ne comprenais pas pourquoi cet encule de prof leur demandait d’arreter de telephoner en cours ou de faire face au tableau.
    Le but de mes camarades semblait etre de se montrer le plus con possible et de le rester a vie. Etre insolent, voire violent etait visiblement un bonus.

    Bref, ce fut un choc que je ne suis pas prete d’oublier et les choses n’ont pas l’air de s’arranger.

    Bien a vous M Connard, et mesdames et mesieurs les prof, ne perdez pas courage. Les eleves sont comme vous : y en a des boooooooons, y en a des boooooons !

  22. Je vous lis régulièrement et vous demande humblement la permission d’imprimer ce pamphlet pour un professeur de ma connaissance dont je ne connais pas l’adresse mail. Il va adorer !
    Merci d’avance et bravo pour vos pertinentes analyses, c’est un plaisir toujours renouvelé de vous lire.
    Leonbergere

  23. Je vous sens prof à vos heures perdues, perdues parce que quelque part entre une correction, une préparation de cours et un pamphlet contre vous-même ou un film débile dont vous délectez de la suprême bêtise (ne me dîtes pas que vous n’aimez pas).
    J’hésite entre lettres et histoire-géographie, éclairerez-vous ma lanterne ou préférez-vous la nuit ?

    Pédagogue : c’était pas des WC pour enfants ?

  24. Et les VACANCES,odco,les VACANCES? Moi j’ai fait instit parce qu’il y avait des vacances. Déjà que je prends sur mon temps pour aller bosser…

  25. Ah, enfin une liste de caractères « types » et des profs et des élèves, en simultané s’il vous plaît. C’est assez compliqué de ne pas s’y reconnaître—sauf cas de triche.

    Quant à la forêt amazonienne… elle fait un bruit, mais bruit qui n’existe pas si personne ne l’entend. La vraie question est donc: ce bruit pourrait-il exister si Beethoven était le seul témoin?

  26. Pourquoi les pédagogues se voient-ils en Twilight Sparkle? Elle est justement élève! et donc les pédagogues se verraient en élèves? Ah et vous tirez cette image d’un article sur les bronies(dont je fait partie) et sur le pourquoi cela dérange l’auteur d’un article britanique(TL;DR) est-ce également votre cas?
    sinon, une fois de plus; vous me faites rire, votre humour est proprement rafraîchissant sur la toile! En espérant que vous continuerez!

  27. Très belle rentrée pour notre Odieux Camarade,
    même si perso j’aurais mis Arioch plutôt que Tzeentch,
    mais on va pas chipoter sur des détails^^

  28. Désolée, mais si nombreux de mes collègues suivaient une pédagogie autre que celle imposée par le diktat de la caste professorale française, peut-être que les élèves et les parents se comporteraient différemment…Encore faut-il avoir un minimum d’estime pour l’enfant ou l’adolescent…Ce qui est quasiment inexistant dans l’EN.

    • Vu le comportement des étudiants, difficile d’avoir de l’estime pour la plupart d’entre eux… La poule et l’oeuf.

      • La loi du Talion justifie tout. Par contre pour harmoniser des relations humaines(j’ai fait educ nat. en seconde langue) on a vu nettement mieux.
        Plus globalment c’est aux adultes(parents et profs) de se comporter en adultes, si on veux espérer qu’un jour éventuellement cette bandes de délinquant des bacs à sables décérébrés et fainéants apprennent un jour à se comporter correctement.

  29. Ah mais maintenant je sais pourquoi ma prof d’histoire m’adorait. A force de balancer les pires blagues du monde sous fond de dictature nazi ou communiste, forcément…

  30. Moi j’ai reçu ce texte envoyé par un foutu agrégé de science nat (si si il y a une agrèg dans cette discipline) qui n’a que ça à foutre puisqu’il ne fait que 14h alors que moi avec mes 20h, si si ( prof de ballon) je n’ai pas le temps.
    Il ferait mieux de s’entrainer à jouer au palets vendéens puiqu’il prend des taules ….
    Merci quand même Lolo, fumier de lapin

  31. Moi, je rentre dans la catégorie des grosses fientes, et j’ai aussi beaucoup ri à cet article. Que je conseille à tous mes amis profs qui dépriment grave en cette fin d’été.
    J’ai lu quelque part que ce cher Odieux a été prof dans sa folle jeunesse… total respect à tous les enseignants… si je devais faire ce métier, y aurait trois familles en deuil par jour, au moins. Et ça serait pas bon pour l’avenir de la France, on compte un peu sur les ados pour payer nos retraites. Et, accessoirement, il parait que le meurtre d’élèves est puni par la loi, mais je suis pas sûre, faudra que je me renseigne…
    En tout cas encore merci de prendre du temps pour nous offrir des grands moments de bonheur webiens !

  32. dans l’éducation (laule), quoi qu’il arrive, le plus gros problème c’est pas les mioches, largement tolérables pour peu que vous sachiez leur rappeler qui a le pouvoir d’informer des personnes influentes de leurs activités périscolaires au sein des toilettes du premier étage, et de toute manière trop faibles pour résister à un coup de hache en travers de la tronche, mais leurs fichus géniteurs, ne serait-ce que parce qu’ils sont responsables de la création de ces choses.
    (je réserve l’appellation « parents » aux détenteurs du permis de parentalité que la majorité des citoyens de ce pays connaissent sous le nom de la rémunération dont il fait l’objet pour le temps plein qu’il nécessite, à savoir RSA).
    (j’avais envie de troller, ouais)
    c’est pour cette raison que, en tant que parent légitime tatouée vaccinée et détentrice d’un permis en bonne et due forme (ainsi que d’une hache particulièrement affûtée nommée « revenge », je serais vous je me laisserais troller en paix) je viens ici déposer mon soutien à la profession qui me voue un culte fort bénéfique pour l’égo (et légitime) depuis plus d’une décennie en raison de mes aptitudes à la natation non synchronisée, au séchage de cheveux de tassepé de 6 ans sans séchoir électrique en moins de douze secondes, au rattrapage en vol par la capuche de kévin de 8 ans en pleine tentative de fugue, à la couverture de livres de CDI par paquets de dix, à la tenue de stand de kermesse, au prêt de briquet sur le trottoir (font chier on peut même plus cloper dans la cour, sérieux) etc,
    et de mes disponibilités calendaires, ce qui nous vaut la plus fructueuse et bien souvent comique collaboration.
    profs, je vous aime, de la prof de français qui deale des mangas contre des bonbecs au le prof d’arts plastiques qui passe ses cours à pécho sur badoo en passant par l’instit de CE1 qui me laisse jouer à noyer cette petite merdeuse de Chloé qu’a collé un méchant râteau à mon gamin derrière la cantine.
    love sur vos faces de rats
    (mais vivement que je rebosse parce que j’ai trop envie de vous laisser dans votre merde, en fait, surtout depuis que la mère de Kévin m’a demandé d’intercéder auprès de ma « copine » l’instit au sujet de sa dys-chaipukoi, ce qui s’est soldé par un vague « on ne dit pas d’un enfant qu’il est stupide, attardé, crétin ou même seulement insolent, copine, on dit neurotypique et on gagne un an le temps que la mère pige le mot, allons, repose cette boîte de lexomil »)

    (je trolle vachement bien, hein?)
    (tellement plus qu’un métier)
    (OC, tu m’épouses quand?)

  33. Je suis prof et je plussoie. D’ailleurs, je me suis fait muter à St Gilles, saint patron des dépressifs !
    Merci, mon cher Odieux, il y avait bien longtemps que je ne m’étais pas fait dessus à la lecture d’un de vos billets.

  34. Que dire….. si ce n’est qu’à votre manière de décrypter (geindre sur le niveau lamentable de la race humaine, critiquer….etc) le monde, on peut raisonnablement dire que vous auriez pu être prof, et même un très bon prof!
    Comme d’habitude, j’ai bien ri…… pouf pouf……..

    • Papier génial. Là encore, ça touche tout le monde !

      Je rejoins Walter sur les commentaires… C’est d’ailleurs pour ça que je crois de moins en moins à la démocratie, ou au peuple.

  35. En train de procrastiner plutôt que de terminer une séquence de Français pour la rentrée, je ne regrette pas cette pause ! Merci !

    Cependant, l’on PEUT écrire un avis direct fondé sur la qualité d’un étron et ses capacités à communiquer (encore heureux, c’est d’un soulagement qui égale presque les drogues pédagogiques) du moment que cela passe par une locution de langue étrangère (latine ou suffisamment obscure, avec un tour imagé, tout de même, ne risquons pas l’Inspection…).

    (Petite anecdote sur les prédateurs de l’enseignant : Un professeur très avisé m’avait dit une fois sur le ton de la confidence : « les parents d’élèves, ce sont les pires. Quoi que, les journalistes sont tout aussi rebutants, avec leurs ‘ïne-tairviou » sur Micheline Grandet et la couleur des tuiles de la mairie. Heureusement pour moi, je n’ai jamais rencontré de parent d’élève journaliste. »)

  36. Première rentrée, et je hais déjà les mots « séquences », « évaluations » et « pédagogie ». Et dire que pour les élèves, c’est le même enfer… Reste à trouver le moyen de dialoguer (c’est possible, quoi qu’on en dise…) avec les conneries qu’on est sensé leur enseigner.

    Et le pire? Je dois leur faire lire du polar… Je hais ce genre encore plus qu’ils ne vont le haïr…

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