Abraham Lincoln chasseur du pire

Courant à toutes jambes, Elodie manqua de peu de trébucher alors qu’elle s’engouffrait dans une ruelle voisine.

Le souffle coupé par ses sanglots, les yeux embués par les larmes, la jeune fille s’arrêta contre le mur de l’étroit passage où quelques poubelles crevées avaient été rassemblées à proximité d’une bouche d’aération d’où sortait une fumée blanche donnant un curieux aspect à l’endroit. Peinant à se tenir droite après sa course, elle se retourna en hoquetant à la recherche de son poursuivant, et n’apercevant rien de celui-ci entre les murs de brique rouge s’élevant loin au-dessus d’elle, soupira longuement.

Passant une main sur ses yeux pour essuyer ses larmes, elle se retourna pour esquisser un pas en direction de l’autre extrémité de la ruelle, mais poussa un long hurlement de terreur lorsqu’elle aperçut à quelques centimètres en face d’elle le faciès déformé de la chose qui l’avait poursuivie : une sorte d’imposant monstre canin, vaguement humanoïde, dont les babines noires retroussées laissaient paraître des dents qui ne laissaient aucun doute quant à l’alimentation de la créature. Par dessus un museau mille fois balafré, deux yeux jaunes luisaient en fixant la pauvre jeune fille qui tomba au sol, rampant confusément en arrière alors que la silhouette haute et large de la créature s’approchait d’elle, la dominant toujours plus.

De la bave s’écoula entre les dents de la bête, alors que celle-ci reniflait bruyamment l’air nocturne ; se penchant lentement au-dessus de l’ingénue, elle sembla émettre un son indéfinissable à mi-chemin entre la déglutition et le grognement, jusqu’à ce que soudain, elle s’immobilise en fixant quelque chose situé derrière Elodie.

C’est lorsqu’elle se retourna que la jeune fille vit de quoi il s’agissait : une silhouette enfoncée dans un épais trench-coat tenait à la main une arbalète chargée d’un projectile à pointe d’argent dirigé droit vers le monstre face à elle, qui sembla reculer doucement.

« Laisse la fille partir et je me débrouillerais pour que l’on te trouve un endroit où tu pourras chasser en paix.
- Les miens ne vivent pas dans des zoos ou des réserves, chasseur. Détourne-toi et tu vivras.« 

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La créature s’était exprimée d’une voix gutturale mâtinée d’un grognement constant. Elodie ne savait plus où donner de la tête, alors qu’aucun des deux personnages l’entourant ne semblait prêt à bouger.

« J’ai affronté bien pire. Saisis ta chance.
- Je t’ai donné la tienne, chasseur. Péris ! »

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La chose bondit droit vers sa cible, passant au-dessus d’Elodie qui tenta de se protéger comme elle le pouvait en se plaquant au sol ; elle n’eut pas le temps de véritablement réaliser ce qu’il se passait qu’il y eut un déclic, suivi du bruit sourd d’un poids imposant tombant sur le sol froid de la ruelle. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, l’homme au-dessus d’elle lui tendit une main gantée, son arbalète déchargée dans l’autre. Tournant la tête, elle vit à quelques centimètres d’elle le monstre, étalé au sol sans vie, un projectile d’argent dépassant de son dos là où il l’avait littéralement traversé, à l’endroit où elle aurait supposé que le coeur de pareille créature aurait pu se trouver.

« Vous allez bien Mademoiselle ?
- Je… qu’est-ce que… qui êtes-vous ? – elle tenta de voir le visage de son sauveur, mais n’y parvint pas l’obscurité de la ruelle ne l’aidant guère
- Aucune importance. Tenez, prenez ce ticket de bus, il y a un arrêt non loin, vous pourrez rentrer chez vous, il n’y a plus rien à craindre. »
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Elle se saisit du minuscule papier que l’homme lui tendit, puis se retourna pour s’assurer que la créature était bien morte ; elle nota alors que le cadavre avait disparu, et se tournant pour demander à son sauveur comment cela était possible, elle constata que lui aussi s’était volatilisé.

Seule au milieu de la ruelle, incapable de dire si tout cela avait véritablement existé, Elodie fixa quelques instants les étoiles en se demandant ce qu’il venait de se passer. Tout cela avait tellement peu de sens… elle avait besoin d’une explication. Elle avait besoin de savoir ce qui se cachait dans les ombres. Elle avait besoin…

D’un bon film résumant tout.

Quelle meilleure occasion pour découvrir les sombres secrets cachés derrière ce que nous pensions savoir ? Jeunes gens : allons donc voir Abraham Lincoln, chasseur de vampires, et apprenons-en plus sur l’histoire derrière l’Histoire  !

Spoilons mes bons !

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L’affiche : et qu’est-ce que l’on voit dessus ? Des flammes. Ca ne rate jamais, comme truc

Le film s’ouvre sur le triste paysage d’un quelconque quai fluvial des Etats-Unis d’Amérique en 1818, alors que des familles sont occupées à préparer diverses denrées à charger dans des embarcations : bois, paille, journalistes sportifs et autres marchandises inertes de faible valeur défilent donc. Nous y apprenons au passage que toute l’histoire que nous allons suivre, justement, est en fait tirée du journal intime d’Abraham Lincoln que celui-ci tenait depuis tout petit (et qui, curieusement, tient en un volume de poche de 200 pages alors que le bougre y écrit tous les jours, j’imagine que le titre original était « Abraham Lincoln – Inventeur du microfilm« ), car oui, tout commence lorsque le brave Abraham n’est encore qu’un enfant pur et innocent, comme tous les enfants (à l’exception de ceux qui prennent le train avec vous, qui sont invariablement des chieurs).

Occupé avec son père à couper des bûches sur le quai pour faciliter leur chargement, le gai luron est rapidement interrompu dans son travail par les cris d’une famille de noirs que l’on rudoie quelque peu à une courte distance de là, se ramassant divers coups de fouet en travers du museau. Les pauvres gens ont beau expliquer que mais, enfin, merde, c’est un malentendu : ils ne sont pas des esclaves, ils sont nés libres, mais l’homme qui les tatane, un certain Jack Barts, sorte de Brice Hortefeux local, n’en a que faire. Et puisque c’est la famille du jeune Will Johnson, ami d’Abraham, ce dernier n’hésite pas malgré les avertissements de son père lui demandant de ne pas se mêler de tout ça à aller s’interposer pour prendre les coups de fouet à la place de son ami (j’ai connu une fille comme ça aussi, mais là n’est pas le sujet).

Jack Barts, qui s’avère accessoirement être l’employeur et créancier de la famille Lincoln, ne goûte guère à la plaisanterie surtout lorsque Papa Lincoln vient à la rescousse de son fils : l’homme au fouet se contente d’informer poliment l’ami Papa qu’il est viré et qu’il peut quitter les lieux dès à présent, avant d’ajouter qu’il ne laisserait pas ses dettes s’envoler… et viendra se payer d’une manière ou d’une autre ; le bougre annonce d’ailleurs la chose en lançant un regard appuyé à Maman Lincoln qui lui fait comprendre que mais oui, durant des heures, il va lui mettre la fièvre.

La nuit même, alors que toute la petite famille Lincoln dort à poings fermés, à l’exception du jeune Abraham occupé à écrire ses aventures du jour dans son journal comme un vulgaire utilisateur de Facebook. C’est donc lui qui entend soudain le grincement de la porte d’entrée de leur chiche maison et voit pénétrer dans la demeure Jack Barts, s’approchant silencieusement de la couche nuptiale l’air hostile. Abraham n’étant pas du genre à balancer, il s’abstient donc de hurler à l’intrus et se contente de regarder la scène, puisque hein, bon, tout cela est parfaitement normal. Du moins, normal jusqu’à ce qu’Abraham constate que Jack Barts renifle étrangement l’un des poignets de Maman Lincoln : il aurait bien voulu en voir plus, mais il a croisé le regard du vilain, étrangement rouge, qui lui a lancé un large sourire avant de poursuivre son oeuvre.

Oeuvre que nous ne verrons pas car nous sautons directement à la scène suivante, où visiblement, la nuit s’est passée sans encombres à part le fait que Maman Lincoln se soit réveillée prise de spasmes, comme possédée : malgré l’intervention du pasteur local, il n’y a rien à faire, il est impossible d’identifier le mal qui touche la pauvre dame, à part peut-être que tout son corps refuse d’être dans un si mauvais film.

Et non, Abraham ne dit pas « Tiens c’est rigolo parce que moi j’ai vu Jack Barts entrer dans la maison cette nuit et s’intéresser curieusement à maman, quelle coïncidence, si on allait lui poser des questions« , puisque comme je vous l’ai dit, il n’est pas du genre à balancer ; il n’a déjà pas hurlé quand un intrus a pénétré la demeure familiale dans la nuit, ni quand il lui a jeté un regard de psychopathe, alors pensez vous, ce n’est pas maintenant qu’il va ouvrir sa bouche. Quel petit con, je vous jure.

Bref : Maman Lincoln n’étant pas vraiment aidée par son idiot de fils, elle finit par mourir (hé bin oui) et son mari ainsi que son seul enfant vont donc l’enterrer, le père de la famille réduite demandant à Abraham de lui jurer de ne plus faire de conneries. Mais comme le dit la voix off : comme Papa Lincoln mourut 9 ans plus tard, la promesse était levée (Ha ?! Quelle étrange logique) et il pouvait donc à nouveau faire de la daube. Ce qu’il fit avec joie puisque le royaume de la daube, nous errons un peu dedans, là, tout de suite.

En effet, désormais adulte, et n’ayant pas vraiment oublié Jack Barts, Abraham a décidé de s’équiper d’un fier pistolet et d’aller faire la peau au brigand pour venger môman, mais comme la chose n’est pas vraiment dans sa nature, il est d’abord passé par le bar du coin pour se donner un peu de courage en se saoulant au Banga. Hélas pour lui, un homme au bar lui a demandé ce qu’il comptait faire pour autant boire : rouler un patin à une femme ou tuer un homme (ou l’inverse, ne soyons pas conservateurs) et lui tapant sur l’épaule pour ponctuer sa question, a fait choir de la veste d’Abraham son arme.

Oups, se dit le futur président avant de ramasser son bien et de s’en aller à toute allure du rade crasseux.

Mais à la nuit tombée, semble t-il qu’Abraham a trouvé suffisamment de courage pour reprendre le cours de sa mission puisque, sur le même quai que celui où ses parents travaillaient autrefois, le bon Lincoln retrouve Jack Barts en bonne conversation avec un client important semble t-il, qui explique à Barts qu’il va falloir envoyer une « nouvelle moisson dans le Sud pour nourrir toutes ces bouches« . Attendant que le client et les gens l’accompagnant reprennent leur embarcation et s’éloignent sur le fleuve en abandonnant le pauvre Jack derrière eux occupé à maugréer contre la manière dont l’autre homme lui parlait, Abraham finit par sortir de l’ombre pour tenter d’attaquer sa cible, hardi petit.

Hélas, et malgré l’effet de surprise, Barts semble avoir senti son assassin venir de loin et a tôt fait de commencer à se battre avec lui, faisant preuve de talents martiaux qui impressionnent quelque peu le pauvre Abraham, qui finit par se retrouver en bien mauvaise posture : heureusement, une habile manoeuvre de sa part intitulée « Woush woush c’est magique » lui permet de reprendre l’avantage suffisamment longtemps pour pointer son pistolet droit vers le crâne de son adversaire, lui tirant une balle dans l’oeil. « Urgh« , fait Jack Barts en tombant lamentablement au sol, foudroyé par le tir. Réalisant ce qu’il vient de faire au nom de la vengeance, Abraham s’éloigne quelque peu de l’endroit de son forfait et jette le pistolet dans la rivière voisine, dégoûté par son acte. Hélas, il regrette bien vite son geste car, se retournant, il s’aperçoit que le cadavre de sa victime a purement et simplement disparu…

Et que Jack Barts est bien vivant, juste derrière-lui, la balle encore dans l’oeil ; la mâchoire du brigand se déforme pour dévoiler de sacrées rangées de dents pointues, et Abraham comprend bien vite que tout cela n’est guère normal, voire carrément parabanal ; il souille un peu son pantalon dans un bruit qui n’est pas sans rappeler la trompette de la cavalerie, puis tente la fuite. La force de son adversaire, purement et simplement surhumaine, l’empêche cependant de faire quoi que ce soit de sérieux, et le pauvre Lincoln se retrouve sur le point d’être tué lorsque soudain, l’on vient à sa rescousse !

Oh, mais qui donc ?

Profitez bien de cette image d’Henry avec un fusil, car en fait, il a beau en avoir 300 chez lui, il n’aime pas les armes à feu. Intéressant.

Et bien l’homme du bar, celui qui l’avait interpellé, et lui-même semble particulièrement fort puisqu’il éjecte d’une seule main Jack Barts si fort que le malandrin vole sur plusieurs dizaines de mètres en défonçant tous les objets sur son passage. Abraham, témoin de la scène, tente bien de comprendre ce qu’il se passe mais, ha ! Bien amoché, il s’évanouit purement et simplement comme un vulgaire John Carter.

Quelques heures plus tard, Abraham se réveille dans un lit confortable, les blessures bandées et le visage encore quelque peu tuméfié suite à ses dernières aventures ; tentant de comprendre où il se trouve, s’il a passé la nuit seul et pourquoi il a si mal partout. Il quitte donc la chambre où on l’avait installé et commence à explorer la maison où il se trouve pour s’apercevoir que celle-ci est plutôt spacieuse, voire carrément luxueuse bien que fort mal rangée ; finalement, ce n’est que guidé par des bruits de copulation qu’il tombe sur le propriétaire des lieux en pleine action avec une fille de joie (où une fille aimant les boites de nuit, parfois, les deux se ressemblent un peu vestimentairement parlant), à savoir l’homme qui l’a sauvé la veille et qu’il avait croisé au bar. Celui-ci congédie donc sa belle amie et se présente donc : Henry Sturgess (et nom Sturgess Henry, sinon ça fait « turgescent » et tous les enfants se moquaient déjà de lui à l’époque, l’accusant d’un dévorant priapisme).

Ah oui, petit détail : dans ce film, aucun personnage n’arrive à prononcer un nom sans mettre un immense espace aléatoire dedans, du genre « Je suis Abraham………….. Lincoln » ou « Va voir Bob Smith………… Junior« . Ne me demandez pas pourquoi, je n’en sais pas plus que vous. Mais je commence à croire que les problèmes de diction sont récurrents dans les histoires de vampires. Sûrement une histoire de dents qui gênent.

Bref : devant un Abraham complètement paumé, Henry tente d’expliquer à celui-ci de quoi il retourne : les vampires existent, et ce sont de sacrés rabouins (Abraham tentera bien un « Hohoho, mais non, ça n’existe pas, balivernes » puisqu’ayant oublié que dans la scène précédente, il avait été attaqué par un type au visage inhumain une fois sa mâchoire déformée pour laisser passer ses dents, et capable de survivre à des balles dans la tête, mais bon, passons tant tout cela est consternant) qui sucent le sang des humains. Henry ? Lui est chasseur de vampires, rien de moins. Abraham ferait donc bien de faire profil bas, ses ennemis étant un petit peu trop puissants pour lui. Mais c’est sans compter sur la volonté de fer de Lincoln, qui explique qu’il engagerait bien Henry pour tuer Jack Barts ; après avoir essuyé un refus pour le motif « Mes services ne sont pas à vendre » (et tu paies ta maison avec quoi ? Tu suces le sang des poulets pour le Colonel Sanders ?), Abraham insiste alors pour être formé en tant que chasseur. Henry ne lui pose qu’une seule condition : qu’il oublie la vengeance, abandonne l’idée d’avoir des amis et une famille et se fasse à une vie d’homme de l’ombre.

« Pas de problème« , dit Lincoln en croisant les doigts dans le dos tant les conditions sont complètement foireuses et invérifiables avant la fin de la formation. Il pouffe même un peu, glousse, et fait en fait un tas de trucs assez inquiétants, finalement.

Et c’est parti : Henry explique que les vampires ne sont sensibles qu’à une seule chose : l’argent (ça n’empêchera pas, plus tard dans le film, de voir que dans la valise du parfait chasseur de vampire, il y a aussi des pieux en bois ce qui laisse donc songeur), et propose donc à Abraham d’apprendre à se servir de toute une série d’armes à feu plus ou moins curieuses pouvant balancer de l’argent à bonne distance sur tout suceur de sang en goguette. Il précise d’ailleurs que ces derniers ne peuvent pas porter d’argent sur eux tant ils le détestent, alors forcément, s’en prendre dans le museau ne leur fait pas du bien. Mais comme Abraham explique être une tanche avec les armes à feu, mais qu’il a par contre été bûcheron autrefois, Henry propose d’entraîner notre homme à l’utilisation de cette arme (que lui aussi maîtrise divinement, quelle coïncidence !).

S’ensuivent donc plusieurs mois d’entrainement où Abraham apprend à manier la hache – enduite d’argent -, à combattre contre des ennemis pouvant devenir invisibles, à « toujours avoir un plan de secours« , et accessoirement à savoir une super force.

Pardon ? Mais comment ? Et bien pour ce dernier point, c’est simple, observons plutôt

« Abraham, tu vois cet arbre, là ? Tu dois le couper en un seul coup.
- Mais ? C’est impossible ! Il est trop épais enfin ! J’en sais quelque chose, j’ai été bûcheron.
- Imagine que c’est celui que tu hais le plus…
- Jack Barts ! Yurg !
- Ah tu n’as pas tapé bien fort… alors dis-moi ce que tu lui reproches ?
- D’avoir tué ma mère, yurg ! 
- Hmmm, pas beaucoup plus fort, mais il y a du mieux… maintenant, toi, que te reproches-tu ?
- De n’avoir pas su protéger mes parents ! Yuuurg !
- Ah ! Voilà, tu viens d’éclater l’arbre d’un seul coup : voilà le secret, Abraham : la force ne vient pas de la haine, mais de la vérité. »

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Compris ? Il vous suffit de dire quelque chose de très très vrai et hop, vous devenez très très fort. Par exemple : si vous dites « Paris est la capitale de la France« , vous pouvez enfoncer une porte d’une main. Si vous dites « Il faut cent centimètres pour faire un mètre« , vous pouvez arrêter un rhinocéros qui charge. Et si vous hurlez « Les blogueuses modes sont plus cons que des hamsters« , alors là, the sky is the limit.

« Cher journal, Henry m’a demandé ce qui était le plus évident : apprendre à utiliser des flingues pour tuer de loin des créatures super fortes, ou essayer de devenir un ninja de la hache face à des créatures spécialisées dans le corps à corps. J’ai choisi, et je crois définitivement que je suis un peu con. »

Enfin voilà : une fois super balaise, Abraham voit à l’occasion d’une scène dotée d’une fort grosse erreur de montage (notre héros a à nouveau le maquillage de mec passé à tabac qu’il avait lorsqu’il s’était réveillé chez Henry quelques mois plus tôt) son nouveau maître lui expliquer photos à l’appui ce qu’il en est des vampires à l’heure actuelle aux Etats-Unis : il y en a moult, plus ou moins discrets, mais il y a parmi eux Adam, le plus vieux de tous et supposé père de la race (c’était lui, le « client important » de Barts plus tôt dans le film), sa copine Poufblonde et divers autres personnages à ses ordres qui tous, vivent tranquillement dans le sud du pays. Henry explique comment les choses vont se passer à son élève : il va l’envoyer en mission dans une certaine ville et de là, il devra se faire discret en attendant que les ordres de qui il devra exécuter arrivent par courrier. Et c’est toujours Henry qui décidera de quand Abraham pourra tuer Jack Barts.

Je commence à comprendre les soucis de La Poste : ce sont en fait des vampires qui pillent le courrier pour éviter aux réseaux de chasseur de communiquer. Cela explique pourquoi il faut parfois attendre l’éternité pour récupérer le moindre colis : tout s’explique.

Enfin : Lincoln est donc envoyé dans la petite ville de Springfield, où pour trouver un logement, il s’installe au-dessus de la boutique d’un certain Joshua Speed, qui ne demande comme seul loyer que la participation du nouvel arrivant aux travaux de l’échoppe. Rapidement, Abraham s’avère être un employé consciencieux, puis un véritable associé pour Speed, lui permettant de s’intégrer aisément dans la petite ville. Cependant, son poste lui permet aussi de découvrir les notables locaux venant récupérer quelques courses dans leur auguste établissement, et c’est ainsi que notre chasseur de vampires préféré rencontre Germaine, la fiancée d’un élu local pro-esclavage, et vaguement mignonne ce qui provoque chez lui d’étranges sensations qui lui donnent envie de faire des jeux de mot sur Sturgess Henry. Cependant, le temps passe et le courrier d’Henry devant lui donner une mission tarde à venir : Abraham s’ennuie donc un peu en lisant des livres de droit pour, par la suite, pourquoi pas changer de couverture pour quelque chose de plus tentant, comme avocat (car comme chacun sait, avocat est la couverture officielle préférée des chasseurs de vampires, puisque cela regroupe quantité d’avantages : on peut facilement planquer son arbalète sous une robe, mentir quotidiennement comme un arracheur de dents – hoho – est rémunéré, et il faut avoir le goût de l’argent, que demander de plus ? L’internet fébrile attend avec impatience « Maître Eolas contre Dracula » avec une scène finale où capes et robes tournoient follement).

Cependant, un jour enfin, un courrier parvient finalement à notre héros : « Va voir Bob le pharmacien il a une ordonnance pour toi » – Ho ! Il est temps d’aller botter le cul de ce fameux Bob, se dit Abraham, vite, ma hache !

Oui, ou alors Henry t’envoyait voir le pharmacien pour qu’il te donne le nom d’un vampire local, mais bon, hein, heureusement tu as interprété le message complètement flou de ton maître comme il le fallait Abraham, tu es très fort. Bref : Abraham se rend sur place, manque de peu de mourir dans l’un des pièges du pharmacien maléfique qui s’attendait bien à finir attaqué un jour ou l’autre, mais finit par coller un bon coup de hache dans la margoulette du brigand tout de même. Quelques jours plus tard, une nouvelle lettre arrive : cette fois, c’est le banquier local qui aime sucer du sang : de la même manière, il finit décapité. Puis, c’est au tour du maréchal-ferrand… jusqu’à ce que finalement, Abraham ait enterré 6 corps (non, les corps ne deviennent pas cendres à leur mort) dans les bois du coin. La gazette et les notables locaux parlent régulièrement des 6 disparus, mais heureusement, rien ne permet de remonter jusqu’à notre héros.

Pas même cette grosse andouille de Germaine qui, séduite par le charme de Lincoln, décide de plaquer son député pour aller tenter l’amourette avec le mystérieux boutiquier, et ne fait aucun lien avec ces disparitions le jour où alors qu’elle se demandait ce qu’Abraham lui cachait, ce dernier lui répondit « La nuit, je tue des vampires, j’en ai déjà buté 6« . Elle prend juste le tout à la rigolade et finit pompette parce qu’elle a bu trop de cidre, hop, n’en parlons plus. Toi, je comprends pourquoi tu es copine avec Abraham.

Mais un soir, un curieux arrivant se présente à la boutique de Speed : Will Johnson, l’ami d’enfance d’Abraham à la peau d’ébène ! Celui-ci, venu retrouver son Lincoln préféré, explique qu’il a besoin d’aide : des chasseurs de prime sont à ses trousses, persuadés qu’il est un esclave en fuite. Il a donc besoin de son ami pour témoigner qu’il est né libre, et a donc le droit de le rester. Les deux hommes sortent donc du magasin pour discuter, mais, hélas ! Voici que les chasseurs en question ont rattrapé leur proie et les armes à la main, expliquent qu’ils vont emmener Will. Pas de bol pour eux, Abraham leur fait wiki-wiki-wa-wa-woush dans le museau et sauve ainsi son ami de l’esclavage qui l’attendait. Bien que victorieux, Abraham n’en est pas moins chamboulé : il commence donc à se dire qu’il devrait lutter contre les maux des hommes avec des mots, et plus seulement avec des haches dans la gueule (même si les haches rentrent plus facilement dans le crâne), et dans les temps qui suivent, commence à livrer des discours enflammés à la foule de Springfield, se faisant ainsi remarquer d’hommes politiques locaux qui aimeraient bien en faire leur poulain vu son don pour les mots (ou l’envoyer à Des Chiffres et des Lettres).

Mais quelqu’un d’autre l’a remarqué faire son numéro en public… Henry ! Celui-ci s’est déplacé jusqu’à Springfield, et note que dis-donc, on l’a pas beaucoup écouté : Abraham a des amis, une petite amie et une vie publique remarquée, bravo le professionnel ! C’est pas demain que tu seras un ninja, mec. Petit con.

Après avoir un peu rabroué le vilain Abraham, qui se défend en expliquant que cette vie là est son « plan de secours » (quelle formidable excuse), Henry vient donner en personne l’ordre que notre héros attendait depuis longtemps : il doit aller tuer Jack Barts. Et comme c’est jour de fête du coup, il lui remet aussi une montre à gousset dédicacée « A mon super pote Lincoln, de la part de Henry » pour ne pas qu’il la revende sur e-bay.

« Ho oui, chic chic hic ! Je fais un bisou à ma femme et je vais lui coller ma hache dans la gueule ! » s’exclame le galopin en se rendant là où il compte bien trouver sa cible : sur les mêmes quais que la dernière fois (ah oui, dites donc, il est malin ce Barts, il sait qu’il a des chasseurs aux trousses mais… il ne fait rien pour leur échapper. Bien bien bien), où l’attend bien sa cible, qui une nouvelle fois, ne se laisse pas surprendre et commence à cavalcader en ricanant. Mystérieux phénomène : juste à côté des quais (que l’on découvre comme étant au milieu de nulle part, en fait, ho ?) se trouvait un troupeau de ouat’ mille chevaux sans surveillance (c’est connu, à l’époque, le cheval n’est jamais surveillé tant le vol de chevaux n’est pas important) et peut donc commencer une scène d’action où, sur le troupeau effrayé qui fonce au galop, nos deux larrons sautent, chevauchent, s’affrontent (le vampire utilise même des chevaux comme projectiles, intéressant, tant le cheval est connu pour son aérodynamisme), mais déjà qu’il a un oeil en moins depuis leur dernière rencontré, Jack Barts finit par se prendre une cacahuète dans l’autre, mais en argent cette fois, car l’on découvre… que le manque de la hache de Lincoln est aussi un fusil !

Seigneur.

Ainsi transpercé par de l’argent, Barts agonise un peu, et finit par lâcher « Hahaha, Lincoln, espèce de crétin… tu ne t’es jamais demandé comment Henry en savait autant sur nous ? Ni pourquoi il se promène toujours avec des lunettes de soleil et l’air pâlot ? Ni pourquoi il y a comme seule boisson du sang en bouteille chez lui, qu’il sirote puisqu’il ne dort jamais ? Gros blaireau… uuuuurgh…« 

Assassiner Jack Barts de jour ? Excellent plan Abraham. Ho, et dis-moi, qu’est-ce donc au fond de cette image ? Un autre mec qui passe. Alors, les témoins, pas un problème ? Et d’ailleurs, vu ta position, comment sais-tu que c’est Barts qui va passer au coin du mur et pas un type qui n’a rien à voir vu qu’il y a visiblement du monde ? Trop malin.

Et effectivement, aaah ouais, se dit Lincoln. C’est vrai que c’est curieux, maintenant que j’y pense. J’vais aller lui poser la question.

Ni une, ni deux, Lincoln retourne donc à Springfield, et grâce à son pouvoir de divination, se dirige droit vers une ruelle complètement isolée où Henry est en train de sucer le sang d’un vilain filou qui voulait agresser une dame. Le fait que Lincoln soit venu le chercher dans cette ruelle alors qu’il ne pouvait pas savoir qu’il y était ne surprend même pas Henry conscient comme le spectateur de la nullité du film, et celui-ci se sent donc obligé de lui raconter sa petite histoire.

Autrefois, Henry était un humain comme les autres : il ne suçait pas de sang, n’avait pas les canines d’un chihuahua et vieillissait au rythme de ses injections de botox, bref, un type somme toute assez banal. Jusqu’au jour où, alors qu’il se promenait dans la campagne avec sa copine Gudule, il vit arriver derrière eux une imposante troupe de cavaliers aux intentions visiblement hostiles (comprendre : ils étaient habillés en noir). La chose fut confirmée lorsque, descendant de sa monture, l’un des nouveaux arrivant disparut purement et simplement avant de réapparaître de manière surnaturelle près du pauvre Henry, prêt à le tuer.

Bon, c’était sans compter qu’Henry chassait déjà le vampire à l’époque, et a donc tatané le malandrin à l’aide d’un poignard en argent, avant de laminer tous ses petits copains lorsque ceux-ci tentèrent de venir venger leur ami mort et re-mort. Mais hélas, le chef de la troupe de cavaliers vint s’occuper lui-même d’Henry, et il n’était nul autre qu’Adam, le vampire originel !

Autant dire qu’il colla une douce branlée à notre gai luron, avant de le mordre un petit coup ; puis, alors qu’il agonisait, il s’en alla sucer à mort la pauvre Gudule, qui elle, n’avait rien demandé, nan mais ho. Henry voyant la chose fit donc une grosse colère et, rassemblant ses dernières forces, se jeta avec sa lame en argent sur Adam pour venger sa douce amie. Mais, ha ! Un étrange sortilège sembla alors le frapper : une force invisible l’empêcha de coller son couteau dans la gueule du chef vampire. Comment donc ?

« Huhuhu, hihihi, hohoho, c’est fort simple« , répondit Adam comme un vulgaire collégienne qui vient d’apprendre qu’elle n’avait pas EPS à 15h30, « Je t’ai transformé en vampire mon petit Henry, tu viens de mourir et de renaître sans t’en rendre compte ! Et sache que Dieu a jeté une malédiction sur ce de notre race : non seulement nous serons souvent synonymes de films ou de séries de merde visant à faire rêver les adolescents rebelles, mais en plus, nous ne pouvons pas tuer ceux de notre race ! Voilà pourquoi ta main ne peut me frapper… tu vivras désormais sans pouvoir nous faire le moindre mal, hihihi hu !« 

Ah bon ? Henry est devenu un vampire ? Et Dieu empêche les vampires de s’entretuer ?

  • Mais alors, pourquoi Dieu ne fait-il pas pareil avec les humains, quel est donc ce gros favoritisme ?
  • Et puis d’abord, Henry a pourtant bien tabassé Jack Barts au début du film : Dieu fait donc le calcul des coups autorisés ou non en fonction de s’ils vont tuer ou pas ? Il a la table des coups critiques ?
  • Et puis attendez, Dieu autorise par contre Henry à recruter des mecs pour tuer des vampires à sa place ? Ça veut dire que Dieu se fout des commanditaires, il ne punit que les petites mains ? Les parrains de la mafia vont donc au paradis ? Vladimir Poutine sera sanctifié ?
  • Du coup, si Dieu ne punit que les petites mains, autorise t-il les coups de fusil dans la gueule ? Après tout, avec ça, on ne tape pas directement quelqu’un, on se contente d’appuyer sur une gâchette qui, par un heureux hasard, envoie un projectile, alors bon, non ?
  • Et pareil, si Henry pose une bombe chargée à l’argent, Dieu calcule t-il si un vampire va passer à proximité au moment où elle explosera ?
  • Et au passage, si Henry est devenu un vampire, comment a t-il pu manipuler l’arme en argent pour tenter de tuer Adam, hein ?

Bon, enchaînons, parce qu’à ce rythme, on est pas sortis de l’auberge.

Après avoir écouté l’histoire de son mentor, Abraham caressa sa non-barbe (il est encore jeune) et lui dit « Bon, okay, tu t’es foutu de moi mais j’t’aime bien quand même va. Allez, on se fait un bisou et on oublie. » ; et c’est ainsi que tout se règle entre nos deux amis, qui peuvent donc retourner se taper dans le dos en faisant des blagues salaces et des concours de pets comme ils en avaient jusqu’alors l’habitude (ce sont de vrais mâles).

Seulement voilà : à la nuit tombée, quelque part en ville, Adam en personne accompagné de son amie Poufblonde ouvrent un cercueil qui attendait en plein milieu de la rue, ne me demandez pas pourquoi. Et qu’y trouvent-ils ? Et bien le corps de Jack Barts, cette fois mort pour de bon, avec dans la main la montre à gousset qu’Henry avait offerte à Abraham, avec sa petite dédicace. Adam grommelle donc « Hmmm, Henry a trouvé un nouveau chien-chien pour décimer les nôtres… il va être temps d’inviter son nouveau chasseur à une petite soirée, huhuhu !« .

D’accord Adam, mais d’abord, tu pourrais m’expliquer un truc ? Sachant qu’Abraham a jusqu’ici pris soin d’enterrer toutes ses victimes, pourrais-tu m’expliquer pourquoi il a mis celle-ci  :

  • Dans un cercueil (il avait peut-être de l’argent à perdre)
  • Qu’il a traîné en pleine rue (rien de suspect, donc)
  • Avant d’y déposer la montre à gousset que l’on venait de lui offrir, là encore sans raison autre que de signer le crime
  • Le tout avant de tirer une fusée de détresse-vampirique en l’air j’imagine, ou alors il faudra me dire comment Adam a su que Barts était mort et où était le corps

A part chercher des emmerdes, quel était le plan ? Ah, oui, aucun : heureusement que Tim Burton était très fier de produire ce film, hein, on sent qu’il fait partie de cette génération de cinéastes qui devraient sérieusement commencer à mettre leurs noms sur des couches plutôt que sur des films, mais passons.

Oui alors mon petit Adam : conseil, quand on veut jouer au méchant classe, on n’accueille pas ses visiteurs sur un vieux tabouret pourri devant l’escalier parce que le budget décor laissait à désirer

Bref : Adam ne trouvant rien de suspect à cette scène débile décide donc de se renseigner sur Abraham Lincoln et apprend que celui-ci a un ami dénommé Will Johnson qui pourrait servir d’appât pour attirer le chasseur de vampires dans un traquenard. Ni une, ni deux, le bougre de brigand va donc trouver l’homme à la peau d’ébène, le kidnappe, puis fait envoyer le courrier suivant à notre héros :

« Cher Abraham,

J’ai kidnappé ton ami Will Johnson. Tu serais bien urbain de venir le chercher à ma résidence, le Manoir Spiridion, situé dans le sud de notre beau pays. Sinon, je serais un peu obligé de lui bourrer la gueule, parce que bon, hein, on parle on parle mais je suis quand même un peu grognon.

Adam

P.S : ne demande surtout pas à ton ami Henry qui dispose, comme tous les vampires, de pouvoirs d’invisibilité, de venir le chercher sinon ce serait de la triche. Je dis ça, mais je sais que tu es trop bête pour y penser, hein, je ne me fais pas d’illusions, moi aussi j’ai lu le titre de ce film et n’en attend rien. »

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« Hmmm« , se dit Abraham, « Effectivement, je suis bien trop con, il a raison. Sachant que c’est le chef des vampires, qu’il a survécu à des millénaires de chasse et qu’il m’attend dans son Q.G probablement accompagné de ses meilleurs hommes, je pense que le fait d’arriver en agitant mes sourcils et ma hache devrait faire l’affaire« . Soit, c’est donc décidé : accompagné de son ami Joshua Speed, Abraham part donc pour le sud des Etats-Unis, et se rend en chariot nocturnement (il veut se donner le maximum de handicaps) jusqu’au Manoir Spiridion, une ancienne demeure coloniale située au milieu d’un terrain où toutes les huttes d’esclaves semblent inhabitées. Curieux, se dit notre héros, avant de demander à son bon ami boutiquier de l’attendre un peu plus loin (je me demande d’ailleurs bien ce qu’il a pu raconter audit Joshua pour justifier qu’il doive se rendre dans le sud du pays équipé d’une hache pour visiter des amis, probablement qu’il lui a expliqué qu’il y avait une soirée mousse gratuite pour les bûcherons sur présentation de leur hache). Puis, s’élançant dans la nuit, il va espionner ce qu’il se passe dans la résidence Spiridion où il peut déjà percevoir lumières et musiques, comme si on y donnait un bal.

Et en effet, c’est bien un bal qui a lieu dans l’endroit : au travers des fenêtres, notre héros peut apercevoir des dizaines de braves gens en grande tenue dansant chacun en compagnie d’un esclave visiblement particulièrement mal à l’aise ; et sitôt la danse en cours terminée, Adam, en maître de cérémonie, annonce que le « dîner est servi » : ni une, ni deux, le visage de tous les galopins dansant avec les esclaves se déforme pour laisser paraître moult dents pointues, puis une orgie sanglante débute alors que les pauvres noirs servent de nourriture aux créatures immortelles.

Il n’en faut pas plus pour énerver Abraham, qui compte bien arrêter tout ce scandale : entrant par la grande porte sa hache à la main, il a tôt fait de tataner tous les vampires qui se jettent sur lui, en massacrant bon nombre avant qu’enfin, Poufblonde, l’amie d’Adam, ne parvienne à le désarmer. Le maître des lieux s’approche donc de lui, tout sourire, pour lui annoncer la couleur :

« Hohoho, bienvenue chez moi Abraham ! Tu as tué quantité de mes meilleurs hommes, tu es très fort ! Mais ton heure est venue… car moi, Adam, je vais te tuer. Mais avant, je compte bien te révéler mon plan, comme dans tous les films les plus foireux : j’ai plusieurs millénaires et j’ai vu l’humanité grandir, changer, mais j’en ai assez de me cacher ! Maintenant, je veux un pays pour les miens, un pays pour les morts. Et je l’aurai. En attendant, maintenant, à moins que tu n’acceptes de travailler pour moi et d’aller tuer ton ami Henry, je vais te tuer ainsi que ton ami Will, voilà voilà.« 

Mais avant même qu’Abraham ne lui demande pourquoi lui et les siens se cachaient s’ils voulaient un pays, sachant que cela faisait plusieurs millénaires qu’ils avaient la force et les moyens de le faire, un chariot défonce les portes de la résidence Spiridion : c’est Joshua Speed, qui grâce à son détecteur de discours de merde, a su qu’il était temps d’intervenir ! Vite, filons les amis, s’exclame Abraham en emmenant Will avec lui ; et sautant sur le chariot qui traverse toute la résidence en semant le chaos sans que personne n’y fasse véritablement opposition, les trois hommes disparaissent dans la nuit au nez et à la barbe des vampires, qui restent tout simplement comme des cons sur place.

De retour dans le nord sans encombre, Abraham annonce à ses amis qu’il a pris une grande décision : non seulement il se marie avec Germaine, mais en plus, il compte bien arrêter de se battre avec une hache contre les monstres qui hantent nos nuits pour désormais user de mots. Les vampires se nourrissent d’esclaves et vivent dans le sud pour profiter de cette source de chair fraîche ? Pas de problème, il abolira l’esclavage, et hop, ils n’auront plus rien à bouffer.

Ou ils iront bouffer d’autres gens, comme ils le font partout ailleurs dans le monde, et ça ne changera pas grand chose, mais Abraham est un peu trop niais pour penser à tout cela.

Du coup, en quelques années, notre valeureux héros voit tant sa barbe que sa carrière grandir fortement, et bientôt, il devient tout bonnement président des Etats-Unis. Et au nom de l’abolition de l’esclavage, il déclare la guerre au sud histoire que l’on arrête d’employer de maltraiter des noirs dans toutes les plantations du coin (il propose une prime à la casse permettant une réduction sur l’achat de Mexicains pour chaque esclave libéré, parce que les chicanos, ça compte pas). La guerre de sécession peut donc commencer entre le nord et le sud.

Hélas, c’est sans compter sur Jefferson Davis, président des Etats confédérés du sud qui, voyant la guerre bien mal engagée pour son camp, décide d’aller trouver Adam et ses vampires (comment en a t-il entendu parler ? Ils ont des petits flyers « Vampires à louer » ?) pour demander leur aide : « S’il-vous-plait Messieurs les vampires, voudriez-vous bien bourrer la gueule du nord à grands coups de pouvoirs de Majax ? » ; le bon Adam grattouille donc ses joues en réfléchissant, puis déclare tout de go que fort bien : il aidera les confédérés à écraser le nord en fournissant des régiments de vampires aux armées du sud. En échange, il demande simplement à obtenir un état pour lui et les siens, où les vampires pourront enfin vivre en paix et se nourrir d’esclaves sans être enquiquinés. Soit, lui répond Davis, il en sera ainsi pourvu que la victoire soit au rendez-vous.

En même temps, encore une fois : si vous êtes si fort et invincibles face aux mortels, pourquoi ne pas avoir fondé ledit état depuis longtemps ? Même le Pape en a un, alors nom d’une pipe, hein, un petit effort, des mecs en robe à jolis chapeaux font mieux que vous.

Notez aussi qu’Adam vit dans un truc pourri alors qu’il a 5 000 ans de richesses derrière-lui et des centaines d’esclaves. Sympa.

En tout cas, les vampires se jettent donc avec plaisir dans la bataille contre Abraham Lincoln, et la première perte n’est pas sur le front, mais bien derrière celui-ci : une nuit, Poufblonde, déguisée en servante, s’introduit dans la Maison Blanche et va y trouver Billy, le fils Lincoln âgé d’à peine quelques années, qui est occupé à jouer aux petits soldats (édition de luxe, puisque ses figurines sont armées de reproductions en argent, rien que ça) : la belle vampire lui propose de lui donner la main, et comme il se doit, le mordille donc quelque peu. Aussi, lorsque le personnel de la Maison Blanche retrouve l’enfant, celui-ci est dans un état second, comme possédé… soit exactement ce que Jack Barts avait fait à Maman Lincoln bien des années plus tôt ! Aucun médecin ne parvient donc à trouver de remède pour sauver l’enfant, et Abraham Lincoln se dit que tiens, dis-donc, en fait plutôt que tabasser des vampires sans poser de questions durant des années, il se serait vaguement renseigné sur ses ennemis, il aurait peut-être pu faire quelque chose contre la maladie qui avait juste tué sa mère.

Mais bon, hein, détail.

Terrible nouvelle, donc, l’enfant finit pas quitter ce monde, et le deuil tombe donc sur la Maison Blanche. Du moins, jusqu’à ce que Germaine découvre le journal de son mari et décide comme il se doit de le lire intégralement, découvrant que son président préféré n’est autre qu’un ancien chasseur de vampires (et accessoirement un gros blaireau avec une âme de jouvencelle). Et comme au même moment, Henry, en tant que vieil ami de la famille (mais qui ne vieillit pas depuis 25 ans, ce qui n’éveille aucun soupçon, c’est beau), est en visite à la Maison Blanche et soumet l’idée qu’il pourrait rendre vie à l’enfant mort, tout un débat se fait durant lequel Germaine veut voir son fils revivre sous forme de petits garçons à grosses canines, et Abraham refuse de voir son enfant transformé en bestiole surnaturelle. C’est finalement ce dernier qui gagne grâce à l’argument « Dis-donc femme, j’ai supprimé l’esclavage mais je me souviens pas t’avoir autorisé à sortir de ta cuisine« . Imparable, la chose s’en arrête donc là, même si le moral de la famille présidentielle s’en trouve sérieusement affectée.

Sur le front, les choses ne vont guère mieux : en pleine bataille, un officier du nord constate que lui et ses hommes ont beau faire feu sur un régiment de sudistes, ces derniers semblent se moquer des balles ; pire encore, les bougres lâchent leurs fusils pour charger au corps à corps, dévoilant des dents d’un fort beau gabarit, avant de tous disparaître comme par enchantement en pleine course. Le temps que l’officier en question comprenne ce qu’il se passe, tout son régiment a été décimé en un éclair, et il est le seul survivant (les vampires n’avaient pas envie de le tuer, visiblement, même si l’absence de témoins et des massacres complets arrangeraient bien leurs affaires, mais bon).

J’imagine bien le type expliquer à son état-major que si, si, il a perdu tout son régiment, mais à cause de ninjas magiques sudistes à grandes dents, et ses supérieurs, plutôt que d’accuser incompétence, bibine, et stress de la bataille, de décider qu’ils vont prévenir Washington que des vampires assistent les confédérés. Soit exactement le message que reçoit Lincoln.

C’est tout de même bien fait.

Il en a du bol, le président, d’avoir des troupes aussi bien informées. Remarquez, étant donné qu’il est président, il aurait pu former depuis longtemps une agence de chasseurs de vampires histoire d’essayer d’être efficace mais non, non. C’eut été trop malin. Autant se curer le nez durant quelques années en espérant que l’ennemi en fasse autant.

Bref ; pour contrer la menace suceuse de sang, Abraham prend une décision : récupérer le maximum d’argent dans le pays pour faire fondre baïonettes, balles et boulets (ah oui tout de même) en cette noble matière afin d’aller coller une grosse branlée aux troupes surnaturelles confédérées. Une idée qui ne semble choquer personne dans le pays, tant il parait bien normal que le président exige des armes en argent pour son armée déjà bien mal en point (« Si, ça s’tient : p’têt’ que c’est pour faire classe et impressionner les sudistes ! Un peu comme les trucs hideux chatoyant dans les défilés de mode pour impressionner les vieilles à chiens !« ). Rapidement, les choses se mettent donc en place, alors que les troupes de Davis se rapprochent jour après jour de la capitale. Un plan est donc décidé : Germaine quittera Washington discrètement pour aller se mettre en sécurité, alors que le matériel en argent sera envoyé secrètement par train jusqu’à Gettysburg, où les troupes de l’Union attendent d’engager une bataille décisive contre les rebelles.

Soit. Sauf que… sauf qu’il y a un traître dans l’histoire !

Joshua Speed, visiblement peu optimiste quant au résultat de pareil stratagème parvient à prendre contact avec Poufblonde, visiblement occupée à jouer les espionnes au nord, pour lui raconter qu’un train chargé d’argent va partir pour Gettysburg. Enchantée d’apprendre la chose, la bougresse explique que Speed a très bien fait, et qu’elle va s’assurer que le train ne parvienne jamais à destination, par exemple en le confiant à la SNCF.

Lincoln, lui, a déjà lancé le plan et décide par sécurité d’assurer lui-même l’escorte du convoi en faisant reprendre du service à sa hache, n’emmenant avec lui que ses hommes de confiance à savoir Will, Henry et… Speed, donc.

Vous ne notez rien ? Pas même que Lincoln mise tout le sort de la guerre sur ce fameux train de matériel en argent d’une bonne cinquantaine de mètres, et qu’il ne le fait escorter que par 4 mecs, dont un boutiquier sans histoires et un type qui ne peut physiquement pas s’en prendre à d’autres vampires ? Je ne sais pas, mais d’habitude, pour ce genre de mission, on colle vaaaaguement un peu de sécurité sur place, façon 40 hommes par wagon histoire de transformer tout ce qui approche en pulpe. Fut-ce des vampires, puisque le convoi regorge de munitions en argent, donc.

Bref ; à la nuit tombée, le train quitte donc Washington, alors que dans le même temps, Germaine ainsi que la bonne noire du président (appelons-là Monica) prennent la poudre d’escampette par les petites routes pour s’éloigner de la cité menacée au cas où le plan d’Abraham échouerait et que la Maison Blanche tomberait.

Le début de nuit se passe donc correctement, avec un convoi qui roule à peu près sans encombres, pendant que Germaine et Monica font leur bout de chemin ; hélas pour ces dernières, elles sont rapidement arrêtées dans leur progression par l’arrivée d’une troupe de cavaliers… menés par Adam et Poufblonde en personne ! Ces derniers se demandent bien qui peuvent être ces deux femmes voyageant ainsi discrètement, mais avant qu’elles ne retirent les capuches dissimulant les visages de ces dernières, un son détourne l’attention des vampires : le train de Lincoln n’est pas bien loin, et il ne faudrait pas le manquer ! Laissant nos deux louloutes tranquilles, les cavaliers remontent donc en selle et s’en vont à vive allure en direction de la voie de chemin de fer pour commencer leur attaque.

On découvre à cette occasion que sitôt les vampires partis, Germaine et Monica soufflent un bon coup et que sortent des buissons alentours une bonne centaine de noirs fuyant eux aussi Washington, et qui marchaient à la suite des deux dames. Et non, les vampires n’ont pas remarqué les 100 clampins tout chauds à deux mètres d’eux. Bravo, on sent les prédateurs. Chapeau les gars : rater un convoi d’une centaine de personnes chargées comme des mulets à 2 mètres de soi, il faut le faire. Mais, en est-on encore là ?

En tout cas, du côté du train de Lincoln, les choses commencent à se gâter : alors que tout le monde discutait paisiblement du dernier épisode de Desperate Housewives (oui, ils n’ont aucun goût) dans les wagon regorgeant de caisses diverses, des bruits commencent à se faire entendre sur le toit du convoi, et la troupe réalise alors qu’elle est sous attaque (il serait temps ; une vigie à l’extérieur, jamais ?) : ni une, ni deux, tout le monde attrape son arme et bientôt, des vampires sudistes débarquent de partout, traversant plafonds et parois pour se ruer sur la petite troupe, mais sans savoir qu’elle a ici affaire à des larrons bien décidés qui les tatanent méchamment à grands coups de bidules en argent.

« Aaah, ma bonne vieille hache… je suis sûr que toi et moi on fera plus ensemble que si j’avais été assez intelligent pour former d’autres chasseurs grâce à ma fonction. Ou alors tout cela est juste nul. »

Henry, lui, qui n’a pas le droit de tuer un autre vampire se retrouve carrément face à Adam, et on constate donc que Dieu est assez large quant à ce que les vampires peuvent se faire entre eux ou non, puisqu’Adam pète la gueule au pauvre Henry sans aucun souci : en fait, tant qu’il ne le tue pas, ça roule ; c’est comme un gros airbag divin en fait, il ne s’active qu’en cas de besoin. Sinon, on peut se secouer tant qu’on veut. Cool.

Enfin, toujours est-il qu’alors que les deux vampires se cognent, l’une des caisses de matériel s’ouvre et, nenni d’argent ! N’en sortent que… des pierres. Et il en va de même avec toutes les caisses. Henry est aussi étonné qu’Adam : qu’est-ce que ce convoi, s’il ne contient rien d’intéressant ? Et où est l’argent ?

Facile, répond Lincoln en débarquant au milieu du petit couple avec sa grosse hache. L’argent n’est pas là, il circule ailleurs. Ce convoi n’était qu’un leurre pour attirer le maximum de vampires avec la complicité de Joshua Speed (ce qui n’empêchait pas d’y mettre une grosse escorte tant pour le rendre crédible que pour mieux bourrer les vampires : une embuscade, ça se soigne comme le disait DSK) dans le rôle du faux-traître. Et maintenant qu’ils sont tous là…

Abraham Lincoln va botter leurs culs immortels.

Passons sur les détails de cette sombre affaire, mais toujours est-il que Poufblonde, elle, n’avait pas participé à l’assaut du convoi pour plus simplement aller incendier le seul pont de la ligne allant de Washington à Gettysburg, ce qui arrive à la seconde même où le train où la bataille fait rage s’engage sur la structure en flammes.

Bon, j’aurais été les vampires, je ne me serais pas occupé du convoi puisqu’il suffisait de faire sauter le pont un peu en avance et en toute sécurité pour le bloquer, mais bon, hein, je n’ai pas 5 000 ans d’expérience, je ne dois pas savoir.

Mais en tout cas, alors que les flammes remontent la structure du bois et gagnent peu à peu le train, le combat se fait de plus en plus dur au sein du train, alors que tous les vampires sont mis en échec à l’exception d’Adam ; ce dernier finit d’ailleurs par mettre la main sur Joshua Speed, et furieux de s’être fait manipuler, mord le brigand avant de l’envoyer paître (mais ça ne fait pas de lui un vampire quand bien même il ne l’a pas mortellement touché, ce qui laisse rêveur quant au côté complètement aléatoire de la chose, finalement). Après avoir ainsi vu son ami succomber face au patron de tous les amis des canines, Abraham Lincoln se rue sur lui et cette fois-ci, pour de bon, parvient à lui briser la margoulette d’un bon coup d’arme en argent histoire de bien faire comprendre que hein, ho, ça suffit les conneries maintenant.

Will et lui s’extraient donc du train menaçant de choir sur le pont en flammes, aidés en cela par la force surnaturelle de l’ami Henry qui s’exclame donc une fois ses amis en sécurité « Bravo Abraham, tu nous as grave rabouiné. Allez maintenant, tu peux le dire : où était l’argent ?« 

Et bien la réponse vient rapidement : vous vous souvenez de Germaine, Monica et toute leur troupe ? Et bien ces derniers arrivent à Gettysburg… et déchargent leurs bagages contenant toutes les pièces en argent qui avaient été fabriquées ! Les soldats de l’Union peuvent donc commencer à s’équiper sans se dire qu’en fait, c’était un plan très con, puisque quitte à venir, à pied, autant envoyer au pas forcé un contingent équipé d’armes d’argent qui aurait ainsi pu se défendre contre toutes les menaces sur sa route, naturelle ou non. Et d’ailleurs, là encore, personne ne pose de questions : en même temps, vu le président, bon.

Accessoirement, sans chariot, il faudra me dire qui étaient les braves pinpins qui portaient les boulets de canon en argent que l’on voit dans les caisses, parce qu’à pied, ils ont dû bien rigoler. A noter que Poufblonde, toujours en train de fureter, a réussi à infiltrer le camp militaire nordiste, et voyant la femme de Lincoln livrer des armes, décide de se venger en la tuant : pas de bol pour elle, Madame Lincoln, habituée à affronter des créatures affreuses comme par exemple la barbe de son mari, voit arriver la ribaude et devine qu’il s’agit là d’une vampire : elle attrape donc un fusil, et plutôt que d’y mettre une balle en argent (trop logique), elle y fourre l’un des petits sabres en argent équipant les figurines de feu son fils qu’elle avait gardé en souvenir, et le tire dans la face de la mécréante : comme le veut la tradition des films sans imagination, les filles s’affrontent donc entre elles, la brune contre la blonde, et c’est la copine du gentil qui gagne puisque le sabre vient se planter entre les deux yeux de la vilaine. Voilà qui est réglé.

Enfin : la bataille de Gettysburg peut donc commencer, et cette fois-ci, lorsque l’officier qui avait survécu à la première attaque vampire fait tirer ses troupes contre les créatures sudistes, il constate avec bonheur que les balles en argent fonctionnent à merveille, quand bien même les types d’en face semblent quelque peu surpris de tomber ainsi face à des armes portées par de simples mortels (et encore, ils ne connaissent pas la pelle). Gettysburg est donc une victoire pour les nordistes, qui arrêtent enfin l’invasion des rebelles et sauvent Washington tout en calmant sérieusement les vampires qui achèvent de se disperser pour ne plus de mêler de cette guerre. Quelques temps plus tard, Abraham Lincoln peut donc se rendre sur le site de la bataille pour y tenir son fameux discours sur l’avenir de l’Amérique et le sens de cette guerre faite pour que tous les hommes soient libres. Poin poin font les trompettes, boum boum font les tambours, cuicuicuivacrevertagrossemère font les oiseaux (ce sont les mêmes que dans Blanche-Neige).

Et plus tard encore, à Washington, bien longtemps après tout cela, nous découvrons Abraham Lincoln se préparant à aller au théâtre. Henry, à son côté, lui explique qu’il pourrait le rendre immortel pour qu’il continue encore longtemps d’illuminer le monde, et fasse 250 mandats, mais, ha ! Le président refuse, expliquant que les idées sont bien plus immortelles que les hommes (même les plus pourries, comme par exemple, les magazines féminins). Et puis d’ailleurs, tiens, comme il n’a que ça à faire, il confie son journal à Henry pour qu’un jour, les gens se souviennent de son histoire (on ne sent pas du tout le personnage qui agit ainsi parce que le scénariste sait qu’il va mourir). Puis, montant dans un carrosse avec Germaine, il part vers le destin que tout le monde lui connait (non, il ne meurt pas en se noyant dans une piscine de champagne, zut alors, je viens de vous faire le récit d’un film historique et vous vous ne vous intéressez même pas ! Non, Abraham Lincoln meurt d’une balle dans la tête alors qu’il se trouvait au théâtre, puisqu’ayant assisté à une représentation avec Jean-Jacques Huster, ancêtre de Francis, il préféra en finir).

Près de 150 ans plus tard, nous retrouvons Henry dans un bar de Washington en train d’observer un type à côté de lui s’enfilant verre de Banga sur verre de Banga. Se tournant vers lui il lui demande s’il boit pour embrasser une fille ou pour tuer un homme ; et tapant sur son épaule, il fait tomber du veston du garçon à demi-saoul un pistolet qui vient s’écraser au sol.

Henry se dit que tout cela lui rappelle quelqu’un qu’il a connu il y a bien longtemps et qui était particulièrement con et…

FIN

Après la bataille de Gettysburg, personne n’a demandé « Hey Monsieur Lincoln, vous pourriez nous expliquer maintenant pourquoi il a fallu équiper toute l’armée de munitions en argent ? » : non, tout le monde s’en tapait.

 ____________________
 

Fort de Brégançon, trois heures du matin.

Les lourdes portes du complexe s’ouvrirent pour laisser passer l’homme en trench-coat, qui passa droit devant quelques gardes qui se mirent instantanément au garde-à-vous, le regard fixé droit devant eux comme s’ils craignaient de croiser les yeux de leur supérieur. L’homme marcha d’un bon pas dans le couloir aux murs blindés parsemés de néons froids alors que bientôt, sortant d’un sas voisin, un assistant en costume vint le rejoindre pour le décharger de son arbalète, de son pardessus et de ses gants ainsi que du carquois à carreaux d’argents qu’il portait à la ceinture.

« Vous l’avez eu Monsieur ?
- Oui, il tentait de s’en prendre à une jeune fille. Il la suivait depuis un moment, son odeur flottait dans tout le quartier. 
- Fort bien Monsieur, encore une bonne chose de faite. Ho, et pour votre compagne, nous avons suivi vos instructions en votre absence. Elle a toujours envie de révéler votre secret, mais la procédure semble fonctionner.
- Comme convenu ?
- Oui, nous avons reprogrammé son téléphone, elle envoie désormais ses tweets sur une copie conforme du site original où elle n’a pas conscience que ce n’est pas le monde réel et peut raconter n’importe quoi. Des bots lui répondent régulièrement des choses sans intérêt. 
- Moui, en fait ça ne change pas beaucoup du site original.
- En effet Monsieur. A part elle et Jean-François Copé, tous les autres utilisateurs sont en fait gérés par un ancien logiciel défectueux de Météo France qui génère régulièrement des phrases sur le temps qu’il fait, de préférence en se plaignant.
- Le réalisme est total.
- Oui Monsieur. »

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Les deux hommes progressèrent un moment dans le couloir, jusqu’à ce qu’enfin, ils arrivent à la lourde porte d’acier supposée permettre de quitter l’endroit pour retrouver le reste du fort. Une dernière fois, ils s’arrêtèrent le temps de composer le code déverrouillant l’imposante issue. Le plus jeune des deux hommes toussota, comme hésitant à prendre la parole, mais le regard que lui lança le chasseur lui fit comprendre qu’il pouvait s’exprimer.

« Monsieur, je dois vous dire qu’en rejoignant votre cabinet je ne m’attendais pas à… à cela. Vous savez, je m’attendais à une présidence… disons…
- Normale ? – dit le chasseur en souriant
- Oui je… je crois que c’est cela oui. »

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Le président eut un petit rire amusé.

« Allons, c’est ce que je n’ai eu de cesse de répéter. Normal, normal, toujours plus normal… vous savez ce que c’est : à trop forcer sur le normalité, nous sommes allés au-delà : vous vous souviendrez que c’était une présidence… »

Il fronça les sourcils

« …para-normale. »

Et François Hollande passa gaiement la porte pour retourner sur son lieu de villégiature en souriant.

91 réponses à “Abraham Lincoln chasseur du pire

    • je suis étonné que l’OC qui arrive souvent à trouver des détails que je n’aurais jamais vu soit passé à coté de celui-ci : lorsque Lincoln sauve Will du bal sanglant, dans le ralenti juste avant que poufblonde ne cloue au sol le héro avec une chaise, on peut repérer un violoniste couleur d’ébène jouer tranquillement un morceau en arrière-plan.

      je suis quelque peu déçu sur la fin de l’article : comment quelqu’un ayant le QI d’une huître, le physique d’un flan et la volonté d’une fraise tagada puisse être chasseur de vampire? même un participant de Secret Story ferait plus crédible (c’est pour dire à quel point le niveau est élevé)!

  1. Je crois qu’on a trouvé un digne successeur aux 3 Mousquetaires 3D (d’ailleurs ce Lincoln l’était aussi en 3D!).

  2. Bonjour cher OC. Je me permet de vous faire remarquer ce qui, je crois, est une faute. Il me semble que vous avez interverti Henry et Jack Barts.

    « Ainsi transpercé par de l’argent, Henry agonise un peu, et finit par lâcher “ ce n’est pas plutôt Jack Barts, à la place de Henry ? (Juste avant l’image de Lincoln s’apprêtant à tuer ledit Jack Barts)

    • il y a d’ailleurs d’autres fautes; « un vulgaire jeune fille », « nom » au lieu de « non » (au tout début) et il me semble même y avoir une phrase non achevée mais je ne sais plus où. C’est les vacances, y aurait il un peu de relâche dans l’air? ;)

    • Je me permets de relever la faute de frappe suivante:
      « Et sache que Dieu a jeté une malédiction sur ce de notre race » où il faut remplacer « ce de notre race » par « ceux de notre race ».
      Comme toujours, vos introductions sont de véritables œuvres d’art.

  3. Le spoil est très bon, mais la fin…juste magique. Bravo Mr connard, je vais partager ce texte afin de sauver d’éventuelles âmes qui pourraient avoir envie de regarder ce film (moi le titre m’a suffit à me décourager)

  4. Notre président actuel sera donc bientôt une légende dans le monde entier ? Il va éradiquer la bête du gévaudan et empêcher le Limousin de faire sécession ? Chouette !
    Sinon, bah, oui, c’est exactement ça. L’erreur de montage au début du film, je l’avais remarquée aussi, je me suis dit « tiens, y a du flashback » mais en fait non et après j’ai oublié.

    • Niveau montage, le chapeau du président semble doté de l’invisibilité des vampires. Lors du discours de fin, sur l’estrade, on voit bien le haut de forme à côté du père Abraham (voir la photo du spoil de l’OC). Lorsque la caméra tourne autour pour passer dans le dos de notre héros, plus rien. Puis la caméra revient de face, Lincoln met fièrement son chapeau, et descend de l’estrade avec le sourire. MAGIE !

  5. Mouarf! Quel épilogue.
    Une fois de plus, me voici dissuadé d’aller voir un film, à la différence que cette fois-ci, le titre de ce dernier jouait déjà un bon rôle de repoussoir.
    Merci.

  6. N’empêche, ils sont pas encore trop cons les Ricains, vu qu’ils ont laissé un Russe ou un Ukrainien faire le film.
    Personnellement, j’attends avec impatience le film, sur la reconversion de Bush jr en chasseur de Pokézombis, prévu à Noel.
    Dire que Sean Connery a préféré tourné avec un capitaine Némo ninja, plutôt que faire Gandalf … Et il a fait chapeau melon aussi …
    Ne serait-ce pas rigolo de faire un article sur la filmographie d’une vedette, afin d’y débusquer le bon goût, le besoin de payer les croquettes du chien et autre ?
    Nicolas Cage ne me paraît pas un bon candidat, à regarder son palmarès.
    Ou alors c’est La référence dans le domaine, je ne suis pas très bon juge
    Abon entendeur, bon spoil !

    • Ayant bien plus de mal à me rappeler ses œuvres que la bonne prononciation de son nom, j’ai été voir l’ami Wiki qui m’a appris qu’on lui devait « Wanted: Choisis ton destin ».
      Tout s’explique.

  7. Bonsoir Cher Monsieur Connard.

    Je me permets de vous signaler quelques petites fautes :

    – « La nuit même, alors que toute la petite famille Lincoln dort à poings fermés, à l’exception du jeune Abraham occupé à écrire ses aventures du jour dans son journal comme un vulgaire utilisateur de Facebook. » : le « alors que » est en trop.
    - « Henry Sturgess (et nom Sturgess Henry » : et « non ».
    - sur la dernière photo : « d’ailleurs tous les figurants ont l’air de se faire chier », sans le « qui ».

    Voilà voilà… Merci pour cette critique, j’ai beaucoup aimé la référence à John Carter pour les inconditionnels des spoilers.

  8. Petite erreur  » le manque de la hache de Lincoln », c’est plutôt le manche. Un peu comme dans la phrase « le manque à gagner de ce film est dû au fait que le producteur soit un manche. » A noter que le manque à gagner est aussi en argent…
    Sinon le scénario global à pas l’air trop mal.

  9. Coquilles, je vois des coquilles !

    « car l’on découvre… que le manque de la hache de Lincoln est aussi un fusil ! » <– Il manque un manche dans cette phrase.

    "Ainsi transpercé par de l’argent, Henry agonise un peu, et finit par lâcher “Hahaha, Lincoln, espèce de crétin… tu ne t’es jamais demandé comment Henry en savait autant sur nous ?" <– Henry décède en parlant d'Henry, très intéressante mise en abîme '_'

    En tout cas, j'ai bien envie d'aller voir ce film après lecture de ce spoil x) Il doit être très sympathique à regarder.

  10. pas un mot sur la réplique culte du film où Henry demande à sa femme de démarrer la calèche?
    (ouais ils avaient des calèches diesel à l’époque)

  11. pour avoir vu les 2, j’ai trouvé Abraham Lincoln chasseur de vampires bien plus divertissant que totall recall qui lui meritera vraiment un spoil de l’année

    • Dans un moment de désœuvrement (et pour profiter de la clim’ surtout), je suis allé voir Totoll Recoll. Mais que c’est nul.
      Et en écho d’ailleurs au commentaire de Mog plus haut, un point que j’ai noté aussi : j’ai l’impression que le précédent, avec Schouarzi, ne se prenait pas tout-à-fait au sérieux, alors que là, on sauve le monde, ici, monsieur, ‘faut pas trainer là …

      Ah, et aussi, dans un article que j’avais lu au sujet de Totall Recall, il était dit : les principes physiques sont très bien respectés pendant la Chute … oui, pour quelqu’un qui n’a jamais ouvert un manuel de physique.

      Sinon, il semblerait que A.Lincoln chasseur de vent pire soit tiré d’un bouquin, dont l’auteur a aussi écrit « Orgueil et préjugés et zombies ». Je me demande si ces livres se prennent vraiment au sérieux.

      • Vous aurez deviné qu’effectivement ces livres ne se prennent pas au sérieux. Néanmoins la magie d’hollywood fait faire bien des choses…

  12. Voilà qui explique la longueur aléatoire des manches du costume présidentiel : François Hollande y dissimule des armes.

    Sinon, j’aime bien l’idée que Lincoln soit une grosse truffe avec les armes à feu mais que les seules fois où il s’en sert : Bang ! En pleine poire !
    Ça doit pourtant pas être simple de viser avec le manche d’une hache, à moins d’avoir une parenté avec le chasseur de blanche neige.

  13. Très bon article!! Surtout la fin…
    Il y a néanmoins une petite erreur de frappe
    « Terrible nouvelle, donc, l’enfant finit pas quitter ce monde, et le deuil tombe donc sur la Maison Blanche »
    par*

    • Non, de Timur Berkmambetov, faut suivre un peu, merde !
      Il s’agit quand même du génie qui a pondu Wanted, le film où on arrive a mettre des effets de foufou dans une balle de pistolet.

      Ma seule étincelle d’espoir en voyant le titre du film était qu’il s’agisse d’une grosse pochade 2nd degré, une espèce de Shaun of the Dead version 1850. La bande annonce a détruit cette étincelle.
      Le spoil est marrant, c’est bien. Mais il donne presque envie de voir le film pour en ressentir toute la nullité, et ça c’est très, très mal.

      • Ah Wanted ! Ce superbe film dans lequel le héros nous dit :
        « Avant j’était comme vous, banal, sans intérêt, avec une vie minable et pathétique. Maintenant j’ai un destin. »
        Bon, un réalisateur qui crache à la gueule du spectateur en le traitant gratuitement de merde, jamais plus il ne se verra confier de budget, non ?
        Mais si !

  14. Par contre, même en ayant vu le film vous pouvez lire le livre A. Lincoln : Chasseur de Vampire. Oui, tout, (mais vraiment tout ) est modifié, en spoilant le film, vous n’avez pas spoilé le livre. Dans le bouquin, pas Pouffblonde, ni de copain Black, ni d’Adam d’ailleur, On ne trouve pas l’histoire des Vampires qui ne peuvent se zigouiller en eux, la fin est juste à l’opposé de celle du film, pas de canon dans le manche de la Hache, on a une VRAIE explication du pourquoi du comment Lincoln choisit une hache pour se battre… etc etc

    Pire, le personnage de Henri est vraiment massacré. Dans le livre, Henri (qui peut toujours butter des vampires à foison et qui n’était autre qu’un pauvre pequenot de base, l’un des premier colons américain) prend Lincoln sous son aile justement pour le faire devenir président et abolir l’esclavage (et donc assoiffer les méchants vampires) vu que sa conscience lui dicte que c’est un humain qui devra sauver l’humanité de la menace vampire. Lincoln n’est donc qu’un vulgaire pantin vaguement intéressé par la cause Noire à la solde d’une secte de gentil vampire.

    On passe donc d’un livre très politique (les batailles ne sont pas épiques puisque Lincoln, en bon Humain de base ne peut tuer des Vampire que par effet de surprise… Du style - »Hé Salut! », Le type se retourne et Lincoln lui plante sa hache dans le crane. ) a un film a effet spéciaux pourris…

    Et le pire c’est que le scénariste n’est autre que… l’écrivain du livre (Seth Graham-Smith). On peut pas être bon de partout.

    • D’accord mais dans le livre, l’histoire est-elle écrite dans un style parodique ? Parce que sans ça, je vois mal comment le récit d’un président qui butte des vampires peut être bon.

      • Parodique? pas vraiment… le bouquin est basé sur la découverte de vrai-faux journaux intimes de Lincoln, donné à l’auteur par Henri…
        Le bouquin part de l’idée : quel sont tous les points de l’histoire de Lincoln qui peuvent suggérer que Lincoln est été un chasseur de vampires? Du coup c’est très drôle quand on connais l’histoire de Lincoln et l’histoire américaine…

  15. En lisant ce magnifique spoil, je me suis sérieusement demandé si j’avais bien lu le livre dont le film est censé être tiré. Absolument TOUT a été modifié, c’est juste hallucinant.

  16. Monsieur Odieux,
    Votre texte, aussi fabuleux soit-il , contient quelques petites erreurs :

    “Huhuhu, hihihi, hohoho, c’est fort simple“, répondit Adam comme un vulgaire collégienne qui vient d’apprendre qu’elle n’avait pas EPS à 15h30 – il manque un « e » pour un »e » vulgaire collégienne.

    Terrible nouvelle, donc, l’enfant finit pas quitter ce monde, et le deuil tombe donc sur la Maison Blanche – « par » et non « pas »

    tout un débat se fait durant lequel Germaine veut voir son fils revivre sous forme de petits garçons à grosses canines – « petit garçon » et non « petits garçons »

    En tout cas, du côté du train de Lincoln, les choses commencent à se gâter : alors que tout le monde discutait paisiblement du dernier épisode de Desperate Housewives (oui, ils n’ont aucun goût) dans les wagon regorgeant de caisses diverses – il manque le « s » à « wagons »

    Mais ces étourderies insignifiantes ne ternissent en rien la beauté de votre texte.

  17. Très bon spoil, j’ai ri (en même temps, croiser l’affiche de ce film dans la rue me rendais déjà hilare…).
    Mais vous persistez à commettre cette odieuse faute cher OC (en fait vous la commettez de plus en plus souvent d’où mon intervention): on ne dit pas plus « n’avoir de cesse de +infinitif » qu’on ne dit « n’avoir de repos de + infinitif ».
    ex: « Je n’ai eu de repos de répéter » ça ne veut pas dire grand chose…

    Soit vous dites « n’avoir de cesse que+subjonctif » (et vous voulez exprimer votre envie de rester insomniaque tant que votre tache ne sera pas accomplie), soit vous dites « ne cesser de ».

    Merci.

  18. 2012, année de la fin du monde.

    Prometheus, Blanche Neige, Batman, Abraham vs vampire et j’en oublie.

    Si après ça vous n’en êtes pas convaincu(e).
    D’ailleurs voilà le programme merdlywood de l’année :
    (je vous épargne les « Genesis » et autres  » la jeunesse de »)

    Mary Poppins trollhunteuse.
    Géronimo Beer Hunter (y a pas de faute, il bute des Irlandais dans des pubs)
    Général Lee Dark Hunter.
    Marylin and the Bimbohunter.
    Paton the nazi zombie hunter.

    Y a que des chasseurs parce qu’il faut bien recaser la hache en argent qui a coûté bonbon à fabriquer.

    • Dites donc vous, c’est un peu facile de revenir comme une fleur après lui avoir écrit ça (spoil Very Bat Trip) :

      « Alexis dit :

      27 juillet 2012 at 15:54
      Eh bien c’est décidé, jamais je ne reviendrai sur ce site.

      Quand on critique avec de la mauvaise foie on critique des VRAIS mauvais films. Si la trilogie de Nolan sont des bouses, qu’est-ce que c’est Batman et Robin hein ? Si les films ont reçu d’excellentes critiques c’est pour une raison non ?

      Ne pas aimer le film c’est une chose que je peux comprendre, mais n’y reconnaitre aucune qualité c’en est une autre. Vous perdez votre temps à spoiler des films juste pour la mauvaise foie et l’humour, ça devient redondant, plus amusant, répétitif.

      C’est simple : pour vous le plus grand des chefs d’oeuvre passerait pour une bouse infâme…

      Je me suis plains sur l’article de Prometheus, Avengers et Blanche-Neige mais visiblement tout le monde m’a attaqué. Ici je suis content de pas être le seul à me plaindre.

      Au revoir Odieux Connard »

      Plus de pleurs, promis ?

      • J’avoue avoir exagéré ce jour-là, mais je maintiens quand même que j’ai pas trop apprécié les derniers spoils d’OC et je vois pas le mal à cela. J’attendais qu’il se rattrape et spoile des vrais mauvais films à mon goût, chose qu’il a fait avec Abraham Lincoln chasseur de vampires, maintenant j’espère que nos gouts seront les mêmes pour pouvoir profiter pleinement des spoils

        Cordialement, Alexis ^_^

      • Je trouve que c’est quand même gonflé de ta part d’exiger de OC qu’il se conforme à tes goûts cinématographiques pour écrire ses spoils. T’es pas son patron que je sache.

      • Je n’exige rien du tout de sa part, j’ai dit que c’était juste difficile d’apprécier un spoiler d’un film que j’aime bien (ce qui est déjà arrivé tout à fois, j’ai adoré les derniers Harry Potter, ce qui m’a pas empêché d’apprécier les articles :D)

        Une petite question OC : The Expendables 2 sera-t-il l’un de vos futurs spoilers ? Tant que vous critiquez pas le grand Chuck Norris j’espère :D

    • La ligne éditoriale de ce blog est transparente comme de l’eau de roche, il est là pour tourner en dérision tout et n’importe quoi. De telle sorte que le seul moyen, pour une personne X considérant que le film A est trop bon pour subir les sarcasmes d’OC, de s’épargner les affres de découvrir un jour ledit film passé par OC à sa moulinette-spoileuse, c’est encore de NE JAMAIS consulter le blog d’OC.

      Ou alors de le faire en lisant au second, voire au troisième, voire au n-ième degré…

      • Surtout que ce ne sont pas des critiques mais des spoils. Un film peut etre bon, meme si objectivement, le script laisse à desirer. C’est un peu le cas pour batman.

      • Pour le coup j’ai pas trop aimé The Dark Knight Rise.
        Contrairement à Drive qui m’avait un peu fasciné :
        Le côté Légende du Roi Arthur moderne, avec le personnage principal en Lancelot qui trouve le Graal (la famille), tente de le dérober au roi (le père de famille), pour finalement se sacrifier afin de sauver celle qu’il aime du dragon (la pègre). Tout ça avec une photo léchée, des changements de rythme pertinents, des plans superbes et une bande son au top.
        Et bin vous savez quoi ? J’ai adoré le spoil d’OC !
        Qu’il relève que le personnage est quand même un beauf obsédé par les bagnoles et les blousons pourris, que comme chauffeur pour les braquages, il se révèle plutôt à chier, qu’il est infoutu d’aligner plus de trois mots, que les mafieux font n’importe quoi [etc...], tout ça m’a bien remis les pieds sur terre, et surtout bien fait marrer.
        Qu’OC critique les failles, parfois énormes, des films que j’aime ne fait que recadrer l’enthousiasme que j’ai pu avoir et n’enlève rien aux qualités de l’oeuvre qui l’ont suscité.
        Ses spoils permettent surtout à mon sens de désacraliser des auteurs parfois un peu surestimés. Sauf quand il critique d’évidents produits des dysenteries diabétiques hollywoodiennes, auquel cas je m’ennui un peu. Comme quoi…

  19. Yeah, encore 8€ d’économisés!!
    même si en l’occurrence le seul titre permet allègrement d’anticiper l’authentique bouse audiovisuelle présagée.
    merci connard

  20. J’ai cru lire aussi qu’il cache un fusil dans le manQUE de sa hache. non? ou alors le film manque de cohérence, et c’est là un message subliminal?

  21. Ah!, encore de ces personnages décérébrés qui font douter longtemps devant l’écran si on a affaire ou non à une parodie… ou de film, ou de réalisateur.

    C’était quelque peu troublant que de voir que Poufblonde a reçu tout le collier dans la boîte crânienne hormis la partie qui était assurée être en argent: le sabre miniature.

    Néanmoins: “Mais comme Abraham explique être une tanche avec les armes à feu, mais qu’il a par contre été bûcheron autrefois, Henry propose d’entraîner notre homme à l’utilisation de cette (?) arme (que lui aussi maîtrise divinement, quelle coïncidence !).” Quelle arme?—Mystère! Il manque ici une petite hache d’argent avec fusil escamotable, je pense.

    Et si ma mémoire est bonne, Abe avait “tout” dit à Speedy avant de l’emmener sauver le pote en détresse. Passage narratif. Il est fortement probable qu’il ait organisé une pyjamas party pour l’occasion et au cours de laquelle il lui aura fait la lecture détaillée de son journal intime.

  22. Les 3/4 des films hollywoodiens sont des adaptations de bouquins, qu’ils trahissent en plus vu qu’à la lecture de certains commentaires, j’ai cru comprendre que le livre original se prenait au 36ème degré, contrairement à ce film.

    Vraiment génial. Et il reste des gens pour défendre Hollywood ?

    N’empêche, j’aimerais bien me projeter en 2100 et quelques et assister à un cours sur le cinéma, juste pour voir ce qu’on dira du cinéma des années 2010. Remarque, si ça se trouve en 2100 (ce qu’il reste de) l’humanité fera des trucs en réalité augmentée sur les Misérables, où Cosette sera une Pikachu femelle qui lance des attaques Éclair contre les Thénardier avant de twitter des « lol c t tro bi1″ à Jean Valjean. Alors bon, à côté, ce film sera peut-être un grand classique.

  23. J’ai une proposition pour vous OC: rediger vous-meme le premier commentaire, qui serait destine a accueillir toutes les erreurs ainsi que leurs corrections. Parce qu’apres tout, ils faut aussi penser a ceux qui se foutent comme de l’an 3 des coquilles et autres orthographes etranges.

    Des amis me conseillent d’aller vois Step Up. Ils m’ont aussi conseiller ce Lincoln. Pourquoi sont-ce mes amis reste la vraie question.

    • Si vous aimez les films de danse pour ce qu’ils sont, à savoir des scènes de danse sur fond de scénario en carton, vous pouvez y allez. Dans le cas contraire… changez d’amis ^^…

    • Attendez le jour où ils vous emmènent voir Breaker Lincon défi le Vampire B-Boy Crew. Rassurés quant a votre abandon de toute forme de bon goût, ils ne remarqueront pas la hache dissimulée sous votre manteau.

  24. Nous aussi, on pourrait recycler nos présidents (et hommes politiques) français dans des superproductions qui déchirent :

    - Pompidou, chasseur de garous
    - De Gaulle, tueur de trolls
    - Pinet, destructeur de follets…
    - Auriol, pourfendeur de folles…
    - Mitterrand II :le retour du franciscain
    - Chirac, tataneur de morbacs cryptocommunistes

    Mais la France, c’est un pays sans envergure, juste capable de faire des films chiants avec des dialogues qui font mal à la tête, des acteurs ringards et des effets spéciaux tout moisis…

  25. Il est souvent dur d’être un vrai salaud. Mais vous le faites tant et si bien que d’aucuns serait porté à croire que l’exercice est aisé. Toujours un plaisir vos crapuleries, surtout quand ça me permet de rire de nouveau d’un bon film bien pourrie.
    Merci, OC.

  26. Moi, c’est le « Maître Eolas contre Dracula » dans un grand tournoiement de cape et de robe, qui m’a tuée ^_^

    D’ailleurs personne d’autre n’a relevé dans les commentaires, les infâmes.

  27. Encore une joyeuse lecture, riche en révélations (qui aurait cru que notre président était un tel héros ?).

    J’ai quand même une question, maître Odieux : comment faites-vous pour donner un résumé si complet d’un film et de ses incohérences ? J’imagine que vous ne le visionnez pas plusieurs fois (ce serait tout de même masochiste), alors prenez-vous des notes pendant la séance ? Ou est-ce simplement le privilège d’une mémoire bien entraînée, rompue à l’exercice de la critique connardesque ? Votre article sur Prometheus m’avait impressionnée : je l’avais vu trois jours plus tôt, peut-être, et j’avais déjà oublié beaucoup des éléments que vous avez notés.

    • Je ne sais pas si OC s’adonne à l’exercice masochiste de retourner voir les films qu’il spoile (douleur aussi bien mentale que budgétaire), mais si tu te réfères à la F.A.Q. de ce site (je t’invite à le faire: c’est toujours un peu plus à lire et toujours dans le ton de ses articles) tu pourras y lire qu’il ne prend pas de note.

    • En effet, merci ! J’ai arrêté de lire les F.A.Q., d’habitude il n’y a jamais la réponse que je cherche…

  28. Il suffit de voir le titre du film pour comprendre que le scénario tient sur un timbre poste et qu’il doit être d’une profonde idiotie.
    Je ne l’ai pas vu mais par contre j’ai vu un autre film qui mériterais de faire un passage sur ce blog : Total recall, mémoires programmées.

    • Et votre manière de sortir les phrases de leur contexte pour servir votre propos n’est-elle pas inquiétante de surcroit?
      Par ailleurs, comment pensez-vous que l’OC rédige ses spoils?

      • Mater un nanar en screener il faut une cuite à pas se souvenir de ce qu’on a vu. Dur de rédiger quoi que ce soit après.

  29. Il y a une autre ânerie grand format dans ce film :
    Le mentor d’Abraham se dit chasseur de vampire.

    C’est un vampire.

    Les vampires ne peuvent pas s’entretuer.

    A ce niveau, je crois que c’est l’équivalent d’un type qui chasse l’ours à mains nues avec une jambe en bois.

    « Et vous avez eut de gros succès dans votre chasse au vampire ? »
    « J’t’en pose des questions, moi ? »

  30. Tim Burton mélange l’humour, la comédie et le fantastique, comme d’habitude. Le film est merveilleusement esthétique, mais l’ambiance et les situations sont du déjà-vu. Surement parce qu’il a son univers très reconnaissable et que l’on a l’impression de le retrouver dans tous les films qu’il réalise. Pour certains, ça peut lasser ; pour les autres, un vrai gage de qualité.

    • ARFFF !! Excellent… continue ! J’ose pas imaginer Mitterrand armé d’une francisque en train de latter du démon ou Chirac en adepte du kung-fu tatanant des morbacs de la taille de Godzilla…

  31. Odieux Connard il y a une faute de frappe dans la phrase suivante :

    Jack Barts finit par se prendre une cacahuète dans l’autre, mais en argent cette fois, car l’on découvre… que le manque de la hache de Lincoln est aussi un fusil !

    => le Manche de la hache

  32. Y a vraiment trop de fautes ce coup-ci. Tu déconnes, Odieux. T’étais encore bourré au Champomy quand t’as rédigé ton pensum, bougre de gredin !
    A l’amende, un mois sans spoiler (sans se poiler), ça te fera les pieds…

    Signé : Un illustre connard

  33. Ce film m’a l’air profondement navrant.
    Par contre l’intro et la conclusion sont delicieuses, vous devriez serieusement vous lancer dans l’ecriture de roman !
    Merci encore pour ce spoil M Connard.

  34. Boarf, franchement, j’ai été le voir, et j’ai passé un bon moment. Burton déconne complètement, mais on s’amuse bien même si on est déçu par une paire de choses…
    J’sais pas, je regrette pas d’être allé le voir, honnêtement.

  35. En dépit de ses évidentes qualités littéraires il me semble que le spoil passe sous silence la plus grosse incohérence du scénario.

    Sauf erreur de ma part ce ne sont pas les vampires mais les loups-garous qui sont sensibles à l’argent.

    Pour venir à bout des vampires rien ne vaut le pieux de bois enfoncé dans le coeur. Je crois être suffisamment documenté (visionnage intensif Buffy) pour pouvoir me montrer affirmatif en la matière.

    L’acheminement secret de bouts de bois à travers les Etats-Unis aurait évidemment été moins glamour.

    • Déboulonner des daubes et pourfendre le caca hollywoodien en usant de logique et de mauvaise foi, c’est le plaisir sadique de l’Odieux. Ça et pratiquer le bondage avec des étudiantes croates dans sa cave, mais ça c’est un autre sujet.

      Et à mon avis, plus les autres critiques (presse, sites, gens en général…) sont bonnes, plus il prend son pied, le vicieux.

  36. « La troupe réalise alors qu’elle est sous attaque »… quel anglicisme horrible! Mes yeux saignent et je crois que j’ai vomi dans ma bouche.

  37. Après le fameux discours attrape-couillon sur le « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple », une voix-off cite le vrai-faux Journal de Lincoln : « Nos ennemis ont achevé leur exode. Certains vers l’Europe, d’autres vers l’Amérique du Sud ou l’Orient. Ils savent que l’Amérique sera à tout jamais une nation d’hommes vivants, une nation d’hommes libres. »
    Les vampires sont donc partout sauf aux USA. May God Bless America.

  38. On devrait distribuer des versions de ces films, avec les commentaires de l’Odieux Connard, précédé la petite introduction superbe et suivi la conclusion (comme souvent un chef d’œuvre) qui va avec.
    Ça ferait un tabac mais je ne suis pas sur qu’il vous prêterait le fort de Brégançon pour le tournage.

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