Bescherelle Runner

Paris, octobre 2059

Le verre de synthé-scotch claqua sur le comptoir du bar lorsque Richard Dequart le reposa sans précaution après l’avoir vidé cul-sec. Derrière le zinc, l’hôtesse lui jeta un regard légèrement méprisant avant de s’emparer de l’objet, hésitant quelques secondes lorsqu’elle aperçut le type en trench-coat lui commander d’un geste de la main hésitant de le remplir à nouveau. Sitôt qu’elle eut glissé le verre aux glaçons craquant à l’air libre sous le nez de son client, Richard s’en saisit et le vida à nouveau d’un trait.

« Ancore.
- Je croit que vous aver assez bu pour ce soir, Runner. »
  

Richard releva péniblement la tête pour fixer la jeune fille de ses yeux vitreux ; en grattant le mauvais rasage descendant de sa chevelure désordonnée aux tons châtains, il se demanda l’âge que pouvait avoir la serveuse. Probablement la moitié du sien : il se sentait vieux et hors-jeu rien qu’à la regarder ; elle n’avait probablement jamais connu les émeutes de 2038, et les épidémies de 2022 devaient être d’ennuyeuses histoires de ses parents.

« J’ai dis ancore. Je payes assez d’eurocrédits pour sa. 
- Vous connaisser les règle : pas de F5 après le second sans un alcootest d’abord. »
  

« Sociéter de mairde« , marmonna Richard. Il détestait l’expression « F5« , petit truc rétro supposé vouloir dire « rafréchissemment » sans qu’il comprenne bien pourquoi. Truc rentré dans le dictionnaire en 2019 en référence à des pièces de vieilles machines du XXe siècle dénommées « clavier« , ou quelque chose du genre, si ses souvenirs de l’académie étaient bons.

Richard était un Runner, un membre d’une force d’élite chargée de faire respecter les nouvelles conventions grammaticales et orthographiques. Depuis les grands combats des années 2010, la langue n’avait eu de cesse d’évoluer pour devenir plus belle, plus égalitaire ; hélas, dans l’ombre, des hommes et des femmes d’obédience fasciste continuaient de vouloir préserver les règles de l’ancien monde et prétendaient que tout cela, c’était « de la connerie« . Les Runners étaient là pour les empêcher d’agir ; formés dans une académie spéciale au tir, au combat au corps à corps et aux règles de grammaire passées et présentes pour savoir tant ce qu’ils défendaient que comprendre leur ennemi, ils pourchassaient sans relâche les membres de ces groupuscules pour les renvoyer en rééducation à Skyblog Bay, un centre de coercition grammaticale tenu par une corporation privée travaillant main dans la main avec l’Etat.

En 2041, le rouge a été remplacé par le rose, parce que "Les garçons ont le droit au bleu sur le drapeau, alors pour avoir l'égalité, il nous faut le rose, sinon c'est machiste"

Derrière les persiennes qui couvraient les vitrines du bar, Richard pouvait apercevoir sur le vieux mur en face de l’établissement des tags de ses ennemis, qui bien qu’invisibles la plupart du temps, n’avaient de cesse de couvrir la cité de règles de grammaires et de conventions orthographiques dictatoriales et passéistes. Là, sur ce mur de résidence fatigué, on pouvait lire à la lueur d’un lampadaire grésillant « Dilemme, pas dilemne ! » ou « L’infinitif, c’est pas impératif ! » juste au-dessous d’une inscription officielle « Afficher ici se que vous vouler » certifiée par le Ministère de le Francophonie.

Faire respecter le Francophonie était relativement complexe dans ce monde qui n’avait de cesse d’évoluer : chaque mois, l’assemblée passait de nouveaux mots et nouvelles règles pour suivre des lobbys influents ; régulièrement, de nouveaux messages tombaient sur l’I-Plant de Richard, son implant crânien de dernière génération lui permettant d’enregistrer directement dans sa mémoire les nouvelles règles à appliquer. Parfois, il se demandait comment on faisait, avant tout cet équipement. Son mentor, Matthéo rOkssOr_18 lui racontait souvent comment les choses étaient difficiles, au début, quand les gens se montraient encore tellement conservateurs qu’il fallait se battre pour appliquer la moindre nouveauté à la langue. Richard ricana en repensant à la première fois où il avait rencontré Matthéo, la légende des Runners, les yeux embués par l’émotion : c’était rOkssOr_18 qui avait abattu Bernard Pivot, l’un des leaders fascistes alors qu’il réunissait en secret des gens dans les catacombes de Paris pour donner… des dictées. Brrr.

« Poke !
- Poke. »
 

La clochette au-dessus de la porte du bar tinta lorsque le nouvel arrivant la passa, saluant la salle de la manière traditionnelle imposée par la Grande Réforme de 2030, dites « Facetweet« , du nom de la corporation ayant soutenu son passage à l’assemblée et fait rentrer « J’aime » comme nouvelle manière d’approuver un propos dans le dictionnaire. Richard observa le type aller s’asseoir sur l’un des tabourets près du zinc, faisant craquer le faux-cuir de tout le poids de son embonpoint. Derrière eux, une femme âgée qui savourait jusqu’alors son sojakawa en lisant le journal s’approcha du I-Juke pour lancer un bon vieux morceau du début du siècle, du Justin Bieber. Y’a pas à dire, les vieux morceaux étaient toujours les meilleurs. On savait faire de la musique en ce temps-là.

« Allez Runner, oublier l’alcootest, vous m’aver l’air bien nostalgique. Raconter-moi ce qui vous rends triste comme sa. »
  

Richard se retourna vers la serveuse, notant que celle-ci s’était accoudée sur le comptoir, ouvrant ainsi un formidable point de vue sur l’intérieur de son débardeur ; le Runner se concentra pour fixer ses yeux, se répétant intérieurement qu’il aurait pu être son père.

« Vous saver, je ne fait pas un métié facile. Des fois, je me dit que je me fait vieux, que je n’arive plus à suivre.
- LOL c’et normal, vous saver. Depuis qu’ons ont nommé Cyber-Xavière Tibéri en tant que ministresse de le Francophonie, c’est vrai qu’il y a pas mal de loi chaque semaine, sa dois être dur à suivre.
- J’aime. Les conservateurs sons d’ailleurs de plus en plus actif ; un nonbre croissant d’illuminer de leur secte considère le Bescherelle comme un livre sain ; l’autre jour, ons ont carrément tenter de posé une bonbe station Loovre-Rivaulee, au motif que la nouvelle plaque apposer après les réfexions ne serait pas conforme au nom original de l’endroits. Quel bande de passéiste !
- Oui, les mêmes qui ont refuser que l’on transforme des noms masculins en féminins et inversement afin d’obtenir la pariter dans le dictionnaire. Foutus rétrograde ! S’est pas avec des gens comme eux que nous les femmes, on aura un jour l’égaliter. 
- Je sait, vous n’imaginer pas à quel point ons considèrent les textes comme importans. L’autre jour, on en a encore choppé une dizaine qui dealé des texte d’un certain « Maître Eolas » directement au pied de la tour Eifelle. Ons osent tout. »
  

En 2059, la suppression des cours d'histoire-géographie a persuadé l'ensemble de la population que la tour Eiffel avait été érigée en hommage au groupe de musique éponyme

L’implant crânien de Richard tourna à plein régime tout du long de la conversation, analysant la prononciation et l’élocution de son interlocutrice pour confirmer qu’elle utilisait les règles officielles de le Francophonie ; c’était à ça que l’on reconnaissait les conservateurs, ces fichus terroristes : aux détails. Mais tout du long, l’hôtesse avait utilisé les règles officielles correctement : du LOL (intégré au dictionnaire en 2018), un refus des accords (considérés comme sexistes en 2015), une utilisation aléatoire de l’orthographe et de la grammaire (la chute des notes de français avait alerté en 2023 Steevy Boulay, ministre de l’éducation lors du second mandat de Jean-François Copé, et afin de redresser les notes des élèves, avait fait supprimer les cours de français permettant ainsi de satisfaire tant les bambins que les journalistes qui critiquaient les statistiques des échecs au bac français, ainsi que l’on réglait tous les problèmes d’éducation depuis 2002). Bref : cette jeune fille était une citoyenne exemplaire, véritable Molière moderne quant à sa maîtrise de la langue ; cela faisait toujours plaisir de discuter avec des gens éduqués, qui savaient utiliser correctement la nouvelle personne du pluriel, « Ons« , remplaçant avantageusement « Ils » et « Elles« , pronoms porteurs de préjugés.

« Vous parler drolement bien, belle maitrise de la langue. Dite-moi: d’ou vous viens cette éducacion ?
- Ho, j’étudis un peu… je voudré ètre conservatrisse au Musée de l’Homme ET DE LA FEMME. Serveuse, s’est juste le tant de payé mes étude. 
- Beau projais. 
- Merci. Maintenent, excusé moi, je vai servir l’autre cliant.« 
   

Elle s’éloigna d’un pas rapide jusqu’à son voisin, prenant la commande pendant que Richard se demandait ce qu’il en aurait été de lui si le monde n’avait pas tourné ainsi. Aurait-il sacrifié autant pour son travail ? Se serait-il marié ? Aurait-il pu voir grandir une fille comme celle là, et l’aider à poursuivre ses ambitions ? Tout avait commencé avec la loi sur la libre orthographe des prénoms et le choix de ceux-ci, et ensuite, tout s’était enchaîné : fin de certains mots, apparition de nouveaux, mise en place de lois précises… parfois, il se demandait ce qu’il se serait passé si, au lieu de changer les règles pour s’adapter aux nouvelles générations qui prétendaient ne pas arriver à les apprendre, on avait amélioré l’éducation des dites générations pour qu’elles puissent apprendre au moins aussi bien que leurs ancêtres ? Il chassa brièvement cette idée de son esprit, se disant que c’était probablement comme cela que l’on devenait un vieux conservateur.

Soudain, sa vision devint rouge, et de nombreux messages d’alerte s’affichèrent sur son holo-rétine, l’informant d’un danger immédiat. Bondissant en arrière en faisant choir son tabouret dans le mouvement, Richard tira de son holster son pistolet, braquant le laser de visée vers le type obèse qui s’était assis à sa droite tout en tirant son badge de sa poche.

« Dit donc toi, le gros !
- Pardon ? Moi Moncieur ? Que… qu’aisse que j’est fait ?
- Regarde mon badge ! Runner d’Etat, division des crime ortografiques ! Allonge toi sur le saule ! 
- Mer enfin je… je venez juste…
- Tu t’ai trahi ! Passe encore ton accent, mais tu vient d’appelé la dame « Mademoiselle ! » Tu c’est très bien que c’et interdis, car sexiste ! »
  

Le type à l’épatant embonpoint baissa doucement les mains, observant la sueur couler sur les tempes du Runner.

« Bravo Runner, pour ce coup, vous m’avez eu. Mais vous aviez raison sur un point : nous sommes de plus en plus actifs. Grammaire vaincra !« 

Le temps que Richard appuie sur la gâchette, le type avait déjà ouvert en grand sa veste, révélant que son large bourrelet n’était pas constitué de gras, mais de bien autre chose.

« Du Tekssmeksse !« 

Hurla le Runner avant qu’une explosion ne le réduise, ainsi que l’intégralité du café « Le Facebar« , à l’état de chaleur et de lumière.

Le bon côté, c'est qu'en 2059, tout le monde trouve les blagues sur le 21 décembre 2012 absolument nulles.

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Louise bondit en hurlant dans le lit, apposant ses mains partout sur elle-même pour s’assurer qu’elle était bien réveillée ; la sensation de la sueur sur sa peau coulant entre ses doigts lui confirma que tout cela n’était qu’un mauvais rêve.

« Grmmmbllll…. c’que c’est ? » – dit une voix pâteuse à côté d’elle.

Elle hésita quelques instants, cherchant à se rappeler les détails de son rêve.

« Je… j’ai rêvé que la langue française était régie par des lobbys plus ou moins idiots qui demandaient des modifications de la loi pour un oui ou pour un non. Hoooo, si tu savais, c’était affreux ! 
- Hmmmm…. pffff… du genre ?
- Et bien par exemple, les féministes avaient demandé à ce que l’on féminise des accords, ou des mots en pagaille pourvu de donner l’impression de faire avancer la cause… c’était bizarre. »
  

Son voisin se redressa dans le lit.

« Louise allons : les féministes ne sont pas si bêtes ; je veux dire : même en féminisant les accords, du genre en utilisant la règle du « l’adjectif s’accorde avec le dernier nom dans une suite, et pas automatiquement le masculin s’il n’y a pas uniquement des termes féminins », ce serait complètement idiot : il resterait le « Ils » et le « Elles » : 999 filles et 1 garçon font « Ils ». Alors à moins qu’elles décident de demander à ce qu’on applique cette règle en comptant les participants pour dire si il y a une majorité de « Ils » ou de « Elles » et en cas d’impossibilité de le déterminer, du genre ils sont un nombre égal ou inconnu, utiliser un nouveau pronom « Ons », ce serait un combat non seulement inintéressant mais parfaitement stupide puisque ne changeant rien.
- Oui, mais dans mon rêve, pour elles, c’était la langue française qui était sexiste.
- Allons, te dis-je ! Si c’était vrai, et si une langue influençait vraiment les gens, alors les féministes en question ne pourraient pas exister, puisqu’elles parleraient le français expliquant que quiconque parle français a une vision des choses machiste ! Leur simple existence serait donc la preuve de l’absurdité de leurs arguments. Allez, calme-toi.
- Oui… tu as raison…
- Maintenant, en parlant d’égalité hommes-femmes, je ne me souviens pas avoir entendu ces dames hurler sur le fait que les hommes ne peuvent pas avoir autant d’orgasmes qu’elle, alors hop, au boulot mademoiselle. »
  

Louise fit brièvement la moue avant de disparaître sous les draps.

M’allumant un cigare, je me félicitais de ne pas être féministe : si je l’étais, je n’ose pas imaginer à quel point je deviendrais fou si des gens prétendant l’être sortaient ce genre d’énormité.

 

225 réponses à “Bescherelle Runner

  1. Je n’ai lu que les 30 premières lignes et je me régale d’avance! Je vous remercie déjà!!!
    Rendez vous après lecture.

  2. C’est la première fois que j’ai autant de plaisir à lire un skyblog, merci ! Oups, pardon : « Mersi » !

  3. Entre le début du XXème siècle et le début du XXIème siècle, un quart du lexique quotidien a changé. La grammaire, quant à elle, n’a presque pas bougé.
    Avec internet, il semble que le renouvellement du lexique et la reproduction des kakalphabètes s’accroissent.

  4. Cet article me rappelle une anecdote relayée par Pierre Desproges: On y apprenait qu’une école américaine avait modifié son adage « Tu seras un homme mon fils » en « Tu seras un homme, ma fille ».

    Merci, monsieur, pour ce court extrait de clairvoyance.

    • C’est dans le réquisitoire de Sapho, il me semble, celui où il critique aussi les discours avec « Françaises, Français », ce qui est aussi aberrant que de dire « Belges, Belges ».

  5. Nouvelle loi ditE « Facetweet ».

    Allons, Messire OC, n’anticipez pas sur des lois non encore promulguées…

    • race est un moment scientifique qui a une signification, on ne peut donc l’utiliser à toutes les sauces tout comme on ne peut galvauder notre langue de toutes les manières: les mots ont un sens

      • non , radar, rotor ou kayak, sont des mots qui n’ont pas de sens

  6. Très très bon. J’applaudis une trouvaille de génie pour ce « ons » appelé à remplacer « ils », et les nombreuses autres…

    Pour une fois je réagis au lieu de lire en cachette. Nous sommes tous deux des conservateurs et veillons au respect des règles de grammaire et d’orthographe que nous avons apprises à l’école. Malheureusement, je suis plutôt pessimiste et je crois vraiment qu’un jour ce sera la norme de dire (et surtout d’écrire « l’auteure », « la professeure », « la défenseure » ou comme j’ai vu tout récemment « la pasteure (luthérienne) ». Je trouve ces inventions affreuses et pas du tout nécessaires. On dit bien (peut-être pour plus très longtemps encore) « Justin Bieber est la plus grande idole de l’Odieux Connard », avec « idole » au féminin bien sûr, même si le grand chanteur en question est, il faut bien l’avouer, un homme. Et tout le monde vit très bien avec ce genre de règles. Il n’y a pas de « masculinistes » pour exiger la création d’un masculin « un idol » pour l’appliquer à Justin ou à Johnny ou à Yannick Noah.

    Il y a tellement de terrains sur lesquels les femmes doivent encore conquérir l’égalité, j’en suis convaincu. Mais certaines féministes, se trompant de combat, auront la peau du français comme « victime collatérale » de leur cause. C’est triste mais c’est comme ça.

    Sinon, dernier clin d’oeil : « LOL » dans le dictionnaire, pur fantasme ou évolution probable ? Eh bien la langue anglaise est déjà passée par là, LOL figure dans l’Oxford Dictionary depuis 2011, au grand dam de certains.

    http://www.bbc.co.uk/news/magazine-12893416

    Bientôt près de chez vous :-)

  7. Je confirme, c’est peut être votre meilleur article. Chaque ligne est un régal, jusqu’au drapeau « bleu blanc rose » qui cristallise à lui seul l’aberration pseudo feministo inculte du moment.
    Vous venez de ravir un jeune « vieux con » qui n’acceptera jamais d’ôter le « i » de oignon et ne supprimera jamais « mademoiselle » de son langage.
    Mille merci, j’ai ri et apprécié…ptdr donc!

    • Bien sûr bien sûr
      quelle atroce atteinte à la grammaire et à l’orthographe françaises que la suppression de l’usage du mot mademoiselle.
      C’est exactement ce que vient de raconter Connard (que certains appellent Odieux, alors que le bon roi Dagobert, on l’appelait Dagobert, pas « bon ».)
      Donc oui, je disais, voilà qu’a bien été compris son cri du cœur pour la sauvegarde du français, langue complexe dont la maîtrise, puisque grand révélateur d’intelligence supérieure, devrait être la condition minimale pour s’adresser aux autres dans un monde meilleur (mais pas aux femmes).

      Comment informer …
      (et il est quand même super important qu’elle le sache puisque vous n’aurez pas le cran de poser directement la question,
      râh les damoiseaux !! )
      … la femme /dame /personne de sexe féminin …
      (putain des mots y’en a plein, le français c’est magique)
      … que lorsque vous vous adressez à elle, vous intéresse :
      soit son âge, soit son statut marital !!

      Bien que le premier ne fasse rien à l’affaire, comme vous n’en doutez point cher « vieux con » entre guillemets ;
      Et que le deuxième n’informe dorénavant que peu sur la situation de son hymen, (foutu monde de salopes)

      c’est presque que ça ne sert à rien d’user du « mademoiselle » !!!

      Sauf encore pour quelqu’un qui en ignore le sens.

      Mais ceci peut arriver à n’importe quel con rassurez vous : jeune, petit, frêle ou complètement débile
      celui là même bien souvent friand de mots comme « toujours » et « jamais », signe d’étroitesse d’esprit bien plus flagrant que l’emploi massif du si innocent « mademoiselle ».

  8. Autant je peux vous suivre sur le fait que la langue française est fichue si on abandonne toutes les règles de grammaire et d’orthographe, qu’on se donne du « lol » et du « j’aime » à tout bout de champ, autant je ne peux vraiment pas vous suivre sur la question de l’accord des adjectifs. Je suis complètement pour l’accord de proximité, même si ça heurte. Comment, aujourd’hui, peut-on garder une règle basée sur « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » ?
    De même, l’abolition du Mademoiselle est peut-être symbolique, mais c’est un pas dans le bon sens pour l’égalité hommes-femmes.
    Mais enfin, j’imagine que vous offrez un balais à votre petite fille, et des tournevis à votre petit garçon.

    Je suis déçue par votre tendance « masculiniste » (regardez le documentaire « La domination masculine » pour comprendre), mais c’est toujours agréable de lire votre prose.

    • Personnellement, je préfère être appelée mademoiselle. Rien à voir avec de la misogynie (de la part d’une femme, ce serait aberrant), mais je trouve cette mesure totalement ridicule.

      Quitte à rester dans les mesures symboliques au lieu de s’attaquer aux vrais problèmes (excision, mariages forcés, recrudescence des viols, salaires), quid de la loi toujours pas révoquée (bien qu’anachronique) qui interdit aux femmes d’aller travailler en pantalon ?

      • La misogynie, aberrante de la part d’une femme ? Et pourtant, elles sont nombreuses, les femmes misogynes, hélas. D’ailleurs, elles enfantent souvent des misogynes des deux sexes, étonnamment.

      • D’après un membre du Conseil Général de ma région, cette loi à propos du port du pantalon pour les femmes a été révoquée il y a peu. Je n’ai pas vérifié mais j’imagine qu’il s’est renseigné.
        Et qui a dit que demander des mesures, aussi symboliques soient-elles, empêche de militer dans le même temps pour de « vrais problèmes » ? Sommes-nous si limitées d’esprit qu’il ne nous est pas possible de poursuivre plusieurs objectifs en même temps ? C’est très réducteur, cette vision-là. Regardez toutes les campagnes contre les violences faites aux femmes, contre le harcèlement sexuel et moral, et le militantisme global à propos de tout ce que vous citez, vous serez très étonnée.
        En ce qui concerne le Mademoiselle, si ça ne vous pose pas de problème que l’administration ou tout autre organisme désire connaître votre statut marital dès lors que vous remplissez un document alors même que le statut marital n’entrera pas en ligne de compte pour votre mari/amant/ami, tant mieux pour vous, mais il me semble bien plus égalitaire que cette notion n’existe plus. Après, préférer se faire appeler Mademoiselle par souci de coquetterie et par peur de perdre sa jeunesse, sa fraîcheur, sa légèreté (jusqu’à en perdre sa crédibilité ?), chacun voit. Les femmes peuvent se faire appeler comme elles le veulent.
        Par contre, il n’y a pas plus misogyne que la femme elle-même comme le souligne Sorcika. Le principal ennemi de la femme, c’est la femme, trop bien éduquée par une société patriarcale et avec tous les clichés et pressions sociales que ça comporte. Mais je crois que c’est en train de changer, et c’est une bonne chose.

      • Ame, je me permets de réagir à votre dernier commentaire,

        Je n’ai aucun problème à me faire appeler Mademoiselle, tout bonnement parce-que je me contrecarre de ce que les gens peuvent penser de mon « statut marital ». Cela ne définit en rien qui je suis et ce que je fais. Alors pourquoi devrais-je m’offusquer ?!
        Je m’offusque de n’être pas aussi bien payée qu’un homme à emploi et qualifications similaires, je m’offusque quand mon futur employeur me demande si je compte tomber enceinte ; je suis hors de moi quand j’entends encore les propos de certains machos, élevés à grands coups d’idées toutes faites. Par contre, je trouve ridicule qu’on se mobilise pour une case à cocher. Non, le « combat » contre l’inégalité des sexes ne commence pas par là !

        Ce que je trouve réducteur, c’est de penser que d’être appelées Madame va nous rendre plus « crédibles » (non mais sérieusement ?!).
        Ce que je trouve réducteur, c’est de penser qu’aujourd’hui, la personne qui vous demande de remplir quelques papiers, fasse encore attention à la case que vous cochez et va donc en profiter pour vous jeter des cailloux. Tout le monde s’en tape ! A part de régler un gros complexe personnel, qu’est-ce que ça règle ?

        Certaines ont tenu à se battre pour ça, grand bien leur fasse ! Personnellement, je ne me sens absolument pas concernée par cette « mesure symbolique ».

        PS: et ceci étant dit, oui, à 26 ans, l’appellation Madame me déprime. Je ne vois pas en quoi cela me ferait perdre ma crédibilité, je n’ai pas besoin de ça pour m’affirmer.

      • ohmygoshwtf, quand on voit les réactions scandalisées devant la suppression d’un simple champ sur un document administratif, on se dit qu’on est quand même mal embarqué pour la suite.

        D’ailleurs, les associations féministes, aussi débiles soient-elles, ne se concentrent absolument pas uniquement sur la case Mademoiselle et la règle de proximité. Il suffit de se renseigner un minimum pour s’en rendre compte. Alors venir dire « Ce n’est pas par là qu’il faut commencer », c’est complètement hors-propos : c’est bien loin d’être un commencement.

        Ca ne te dérange pas de cocher mademoiselle ? Si c’est le cas, tant mieux pour toi. Il y en a que ça choque. Et personnellement, ça me choque de voir que les femmes ont deux cases et les hommes une seule. Ca s’appelle une différence de traitement. Et c’est peut-être sans gravité pour la vie de tous les jours, mais les petites inégalités sont les bases sur lesquelles s’appuient les plus grosses, comme les différences de salaire.

        Il y a une petite règle pour savoir si un comportement est sexiste ou pas. Tu remplaces « hommes » et « femmes » par « blancs » et « noirs », ou l’inverse, ça n’a aucune importance. Si le résultat te semble raciste, alors l’original est sexiste (et ça en fait un monstrueux paquet).
        Cette règle doit s’appliquer sur les traitements et les droits, pas sur les différences physiques. Ainsi, il peut être considéré comme normal de faire des règlements différents pour ce qui concerne :
        – la barbe
        – la poitrine
        – les règles
        – les organes génitaux
        – la possibilité de tomber enceinte.

        J’en oublie peut-être, mais à quelques exceptions près tout ce qui a trait au reste est sexiste.

        Je te laisse appliquer cette règle avec la case mademoiselle. Je fais confiance à ton intelligence, ne me déçois pas.

      • Kyp,

        Effectivement, ce n’est que mon avis et je suis loin d’être scandalisée. Je dis juste que pour moi, la lutte contre l’inégalité ne passe pas par cette cause. C’est peut-être con, mais chacun voit midi à sa porte … en attendant, je n’ai jamais dit que je trouvais les féministes « débiles ». Et même s’il y a sans doute quelques unes qui le sont peut-être, c’est comme pour tout : je ne ressens pas le besoin de généraliser. Des poignées de cons, il y en a partout !

        Je sais pertinemment que les associations féministes ne se concentrent pas uniquement sur l’histoire de la case à cocher et sincèrement, heureusement, sinon nous mènerions encore une drôle de vie ! Mais ayant parlé de ça avec ami(e)s et collègues de boulot notamment, les questions sexistes pendant les entretiens d’embauches, les mutations hasardeuses qui suivent un congé mater sont les problèmes qui causent frustration et autres sentiments amers envers notre « condition » dans notre vie de tous les jours. Dans mon entourage en tous cas, le « mademoiselle » n’a pas grand impact. Encore une fois, cela n’engage que moi.

        Pardon d’avance, je vais m’étaler un peu sur ma vie :
        Ce « mademoiselle » ne m’a pas empêcher d’avancer, de trouver un boulot qui me convient dans un milieu pourtant de faux culs, de faire un prêt immobilier et de répondre fièrement « oui » quand on m’a demandé au moins à 20 reprises « ah mais euh … vous achetez seule ? ». Je sais très bien que la banquière, le notaire et autre assureur me toisaient l’air de dire « seule comme dans ‘sans mari’, oh beh ma pauvre fille ! ». Et après ? Est-ce que ça fait mourir ? Pas sûr ! Mais je te l’accorde, ça aussi c’est une question de point de vue.

        Comme dit précédemment : des lois sur l’égalité des salaires, sur l’arrêt de mutations/licenciements/mises au placard abusives par rapport à la maternité par exemple, sont des causes auxquelles je crois et contre lesquelles je me bats à mon échelle.
        Je me sens tout autant concernée par le racisme qui perdure, l’excision, les avortements sauvages, l’hyménoplastie faite à l’arrache, les difficultés qu’ont les handicapés mentaux et moteurs à se faire une place dans notre société, l’homosexualité qui n’est toujours pas rentrée dans les moeurs, le fait que les nouveaux papas aient le droit à 10 pauvres jours de congés et qu’il soit mal vu que les hommes fassent des métiers « de femme » et inversement ! On pourrait citer des millions d’inégalités sans que ça en fasse sourciller certains.

        Alors c’est sûr, de dire que « ce n’est pas par là qu’il faut commencer » parait stupide mais je reste persuadée qu’il y a de quoi faire avant de se sentir vexée parce-qu’on sous-entend que je suis une vieille fille à chat quand on ne me dit pas « madame ». Tout comme le fait que ça me passerait bien loin au dessus de la tête si vous deviez cocher « damoiseau ».

        Alors si quand tu parles d’intelligence, tu sous-entends que bon nombre d’inégalités sont dues à un manque de discernement, de connaissances et peut-être dans certains cas d’une éducation archaïque, je suis plutôt d’accord. Je ne pense pas que ce soit mon cas.

        En espérant ne pas « t’avoir déçue » :-)

      • Ca va, tu ne m’as pas déçu. ^^

        En effet, au premier abord (et même après coup), la case du « mademoiselle » semble un détail. Mais je trouve que tout exemple d’inégalité de traitement vaut le coup qu’on s’y attarde.

        Comme dit dans cet article (posté par Sorcika plus bas dans les commentaires : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/364308-journee-de-la-femme-les-combats-feministes-ne-viennent-jamais-au-bon-
        moment.html ), tous les comportements sexistes sont liés. Du plus petit détail à la grosse crasse qui saute aux yeux. On peut faire des lois autant qu’on veut, tant que le public ne prendra pas conscience que la moindre différence de droit non fondée est anormale, on n’avancera pas, ou alors superficiellement.

        Pour reprendre ma super règle de détermination des cas sexistes, si les documents administratifs contenaient les trois cases « Blanc ou assimilé », « Noir non marié » et « Noir marié », ce ne serait probablement pas très grave pour la vie de tous les jours, mais ça aurait quand même un effet assez insidieux sur notre perception d’une certaine frange de la population, surtout si des milliers d’autres petits exemples comme ça existaient autour. Et il est fort probable que là aussi, beaucoup de personnes concernées diraient « Mais ça ne me dérange pas du tout. J’ai plus de choix, je coche ce que je veux. »
        Par contre, j’aurai du mal à trouver un intérêt à ce classement parfaitement inutile.

      • Kyp :
        Je réagirai uniquement sur ta réflexion des couleurs de peau pour les documents administratifs. Je ne la trouve pas pertinente, car la couleur de peau n’est pas essentielle pour identifier, caractériser une personne d’un point de vue étatique.

        Ensuite, ce « combat » visible dans l’article du « Parisien » est des plus risibles. Okay la règle de l’accord a été justifiée par la « noblesse » de l’homme par rapport à la femme, mais la richesse et la beauté du français proviennent justement de toutes ses règles qui sont héritées du passé. Notre langue — comme toutes les autres — a une histoire. Il faut donc lui rendre hommage. Il ne faut pas la distordre pour faire plaisir à une minorité. Laissons les Immortels faire leur travail.

        Ce n’est pas en modifiant la grammaire que le problème sera résolu. Par exemple, supprimer le mot « race » de la Constitution ne résoudra en rien le problème du racisme. Ce sont deux idées/ mesures qui ne s’attaquent pas du tout au problème, et ne constituent qu’une rustine populiste.

      • @Kyl

        Si sur les papiers administratifs il y avait les cases « Blanc » « Noir » on trouverait ça aussi discriminatoire… Autant supprimer directement les cases Monsieur/Madame. Après tout, pour une réelle égalité, pourquoi signaler si on est un homme ou une femme, lors d’une demande d’emploi, par exemple?

    • « Comment, aujourd’hui, peut-on garder une règle basée sur « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » ? »

      L’usage de règles grammaticales auraient donc des conséquences sur le statut de la femme ? Impressionnant, vraiment.
      On parle ainsi parce que c’est l’usage qui a été acquis pour de bonnes ou de mauvaises raisons. Comme on peut fêter Noël sans être chrétien, voire la fête des mères sans être pétainiste.

      Luttez pour la répartition des tâches ménagères, pour la place des femmes dans le monde du travail… mais, de grâce, cessez de rendre ridicule le légitime combat féministe.

      • Dire cela c’est mettre de côté tout un pan des gender studies et des études actuelles sur le genre. Hé oui, la façon de s’exprimer et de (pouvoir) dire le monde joue sur les représentations et partant, impose des stéréotypes genrés / des différencialismes de genre.

        Pour prendre un exemple simple, parler de sage-femme au lieu de maïeuticien (et maïeuticienne) impose déjà une vision féminisée du travail en question et prête le flanc à des considérations naturalisant les positionnements genrés.

      • Tout à fait de l’avis de némo. Les mots ont un poids. Les victimes de viol sont majoritairement culpabilisées (qu’elles soient des femmes, ou des hommes, les victimes), et on dit clairement « se faire violer » plutôt qu' »être violé ». On nous apprend depuis la maternelle que « le masculin l’emporte sur le féminin », alors que ce qu’on utilise pour le pluriel, ce n’est pas du masculin, c’est du neutre, qui s’apparente au masculin pour la forme, oui, mais qui reste neutre.

      • Quand au poids des mots, ma lecture de 1984 date, mais dans mes souvenir, c’est le vocabulaire et non la grammaire qui importe. Dans vos propres exemples, vous citez « sage-femme » ou « se faire violer », n’est pas une question de mot disponible pour évoquer une idée plutôt qu’une règle de grammaire ? Grammaticalement, je ne crois pas que « être violé » est plus faux que « se faire violer » sauf qu’un est un passif. Et d’ailleurs, même si ma grammaire est ignorante, je me demande si l’on ne pourrait pas considérer le deuxième comme un passif.
        Je suis d’accord sur le principe de la « novlangue », càd qu’une langue peut réfréner la pensée, l’orienter, mais je reste persuadé que c’est la connotation des mots qui entre en compte : voyez « vidéosurveillance » et « vidéoprotection ».

    • Le problème avec l’abolition du « mademoiselle », ce sont surtout les arguments incohérents entre eux (chose relevée dans un article de notre cher Odieux ) et inappropriés (entre autre, pour les féministes damoiselle est l’équivalent féminin de puceau et non de damoiseau : appeler une jeune femme pucelle ou mademoiselle c’est pareil, m’voyez ?).
      Ca serait un pas dans le bon sens de l’égalité femme-homme si cela partait d’un bon sens plutôt que d’un caprice (ou d’une frustration).

      De plus, il semble que cette règle était aussi appliquée en Latin sans aucune connotation sexiste.
      Par ailleurs, en français le « il » peut avoir deux sens : masculin ou neutre. Le « elle » lui est uniquement féminin.
      Donc, plutôt que de dire « puisque ceux qui ont créé la règle étaient sexistes, tout ceux qui la suivent sont sexistes », il suffirait de s’approprier cette règle et de raisonner par rapport au neutre qui se dit « il ».

      • Faire un pamphlet de cette taille pour prôner l’égalité des pronoms, au détriment de tout l’héritage colossal qu’est la langue française…

        En toute honnêteté, je ne comprends vraiment pas cette envie de lutte. J’approuve quelques idées féministes, j’ai mon interprétation personnelle de ce qu’est le « sexe fort » (et ça vous surprendrai – mais cet avis ne regarde que moi ;) ), je me sens un tantinet féministe même, pourtant intégré dans le coté « mâle » de l’être Humain.

        Mais ça… ça… ça c’est fanatisme, c’est caprice, c’est… vous m’en voyez navré, je manque de vocabulaire…

        Je rejoins Gnaprout concernant le neutre : allons y, mimons les pays anglophones qui ont conservé un pronom neutre ! Et utilisons le donc lorsque l’on parle de groupuscule contenant hommes & femmes !

        « Ces hommes et ces femmes sont brunes ». Pourquoi obligatoirement mettre ça au féminin ? Ne serait ce pas un sexisme, aussi, anti-masculin ? Autant aller jusqu’au bout des choses, autant imposer un pronom neutre qui a sa propre conjugaison, tout le monde serait sur un pied d’égalité ! Nommons le Zor tient (autant choisir un truc ne signifiant rien pour démontrer), dont la conjugaison rajoute un … allez, soyons fous, un « z » pour le pluriel des adjectifs :
        « Ces hommes et ces femmes, zor sont brunz » Avouez que ça change de gueule.

        Regardez donc l’animal, le mammifère en lui même, l’Humain, l’Homme. Allons y donc, cessons d’appeler l’Humain l' »Homme » mais la « Femme ». Mais ça fait sexiste envers le sexe masculin, autant l’appeler aussi « Le Zor, l’être humain » !

        Bon sang mais dans quel monde vit on…

        Oui il y’a des choses à respecter, oui y’a des éléments qui sont affreux dans le manque de parité homme-femme. Mais POURQUOI, mes dieux, POURQUOI s’attaquer à des choses si futiles alors qu’il y’a tant à faire ?
        N’a t’on pas constaté il y’a quelques années que « le port de la jupe par les filles dans les collèges les faisait passer pour des Putes » ? (magnifique film de la Journée de la Jupe)
        N’a t’on pas constaté que dès qu’une femme s’affiche dans de jolis atours – sans exagération, notez bien – le regard des autres ne cesse de la descendre ? (Encore PLUS VIRULENT du coté féminin que du coté masculin).
        N’a t’on pas constaté que des salaires n’étaient pas respectés pour le même poste à sexe différent ?

        Et l’on ne trouve rien de mieux à faire que de dire merde à tout un héritage – certes basé sur une appréciation contestable et discutable de la supériorité masculine – qui régit nos vies, nos choix, notre culture ?

        C’est pas des pronoms qu’il faut combattre, c’est pas l’expression orale qu’il faut changer, mais la société et ses préjugés ! Pourquoi en rajouter de nouveau ainsi ?

        (notez que tout ceci n’est que mon simple avis, chacun a sa propre vision des choses. Mais je trouve ce genre de discours… dément.)

      • Déjà, ton superbe héritage n’a que 4 siècles (officiellement) et n’est véritablement utilisé couramment que depuis deux siècles, certains auteurs du 19ème utilisant encore parfois la règle de proximité.

        Ensuite, les déclarations de l’Académie Française, j’ai une pulsion toute animale à négliger soigneusement les conneries qu’ils nous imposent (Le courriel, merde quoi !).

        Tu dis que “Ces hommes et ces femmes sont brunes”, c’est sexiste envers les hommes. Eh bah non, raté. Je te rassure, j’ai fait la même erreur avant de me renseigner. La règle de proximité consiste à accorder l’adjectif avec le dernier mot de l’énumération.
        Donc “Ces hommes et ces femmes sont brunes”, mais aussi “Ces femmes et ces hommes sont bruns”.

        Pour ce qui est d’inventer un neutre, pourquoi pas. Mais la langue française est déjà très compliquée (et on va encore nous accuser de copier sur les Allemands). Personnellement, je suis pour, mais j’attends de voir qui osera proposer ça en public (et surtout, j’attends les réactions).
        Autre possibilité : supprimer le féminin. Garder le masculin comme un neutre. Pour le coup, la langue française va méchamment perdre de sa richesse. Une fois de plus, pourquoi pas, mais j’attends les réactions.

        Enfin, la règle de proximité, ça ne change pas grand chose, je l’admet volontiers. Mais c’est déjà ça. Et tout progrès est bon à prendre.

      • Donc soit on complique la langue en rajoutant encore un pronom (d’autant plus qu’il y a déjà le pronom « on »), soit on l’appauvrit au point de supprimer tout un genre ? D’ailleurs supprimer le féminin serait probablement pour ces « féministes » une horreur, quelque soit la réflexion derrière…

        Oui, « féministes » car là elles creusent encore plus dans la bêtise, déjà que pour la suppression de « mademoiselle », je trouvais ça très bancal mais alors là on nage en plein délire… Quand une candidate à la présidentielle qui fait presque 20% dans les sondages en propose de revenir 40 ans en arrière pour les droits de la femme (exemple simple : l’IVG moins accessible et qui sait quelles conneries après…), je crois qu’il faudrait changer ses priorités… Surtout que les règles de proximité et autres caprices grammaticaux du genre ne seront probablement jamais appliqués : au jour du langue kikoolol, les profs ne pourraient pas imposer encore une règle bien chiante au début…

        (au passage, bravo cher Odieux pour cet article, en particulier le commentaire qui apparait quand on survole votre dernier lien.)

    • En fait la question de la règle de proximité me choque moyennement, mais si on garde la règle traditionnelle d’accord sur le genre masculin, au lieu de la décrire comme « le masculin l’emporte sur le féminin », il serait plus pertinent de dire que le genre masculin est aussi « indéterminé », surtout au pluriel.

    • Et ça vote ça, ça donne son petit avis, ça ressort des arguments tirés de 100% MAG et ça se croit très instruit et engagé.
      Voilà le résultat des générations élevées par la télé et les pédo-psy scolaires.

      Allez je fais un effort, égalité homme-femme oblige : qu’on cesse de séparer les vestiaires au sport comme dans l’armée, qu’on nous montre des fantassins femelles (fantassines?) éviscérées dans les combats au 20H, qu’on rende les prisons mixtes, qu’on embauche des bûcheron(nes?) de 45kg, mais surtout qu’on ne leur file pas un coup de main…ce serait macho, réducteur, et de là à ce que ça se transforme en harcèlement, il n’y a qu’un pas!
      Heureusement, ça regarde des documentaires…

      • Ouch, ça sent la grande frustration, ça.

        Agressé par une méchante bonne femme pendant ta tendre enfance ?

      • Tirade légèrement cynique non?

        Mais pas tout à fait fausse, pourquois ne montre ons jamais des femme militaires? En France les activités sportives scolaires ne sont pas séparées en fonction du sexe, ce qui est une bonne chose car en Belgique ça ne marche pas ainsi, aux filles le badminton et le volley, tandis que les garçons devaient se coltiner du basquet et du « minifoot » (surtout le « minifoot) tout au long de l’année!

        Pour les vestières c’est une autre paire de manches, surtout à l’adolescence et c’est le même problème pour les prisons mixtes (mais en pire).

      • Petite question :
        – A t on le droit de réserver un travail à une homme?
        Réponse : NON c’est sexiste/machiste/dominateur etc… sauf dans le nucléaire!
        – Et à une femme? Cf. le site de pôle emploi, rubrique hôtesse de bar, assistante maternelle…
        Réponse…Ce n’est apparament pas sexiste!

        Question subsidiaire :
        Quelle mère confierait son enfant à une nounou homme? – mot à neutraliser tout comme idôle puisque genré –
        Réponse :
        Nounou homme = risque de pédophilie, pas assez maternel (et assistant paternel cela existe?)…

        Sexisme? Qui a dit celà?
        Et pourtant je suis bien plus féministe que la plupart des femmes, j’aime juste jeter mon pavé dans la mare des cons vaincus

      • Pour répondre à tes questions, apprends que nous vivons dans une société encore extrèmement sexiste, donc hélas oui, il y a des inégalités entre les sexes. Un truc de fou, non ?

    • J’ai fait le test à mon boulot d’appeler « Madame » les jeunes femmes, j’ai souvent eu du « Mademoiselle, je préfère », surtout de la part de celle qui étaient aux alentours de la trentaine et qui se sentaient vieillies prématurément par cette appellation :)

      • Encore et toujours du magnifique Kyp.
        – Moi je préfère ça pour tout le monde, c’est comme ça.
        – Ben d’autres ne sont pas de ton avis…
        – Mais on s’en fout des connes !

        Merci d’exister, plus je lis ce genre de conneries, plus mon estime de moi augmente, c’est un délice.

      • Pour tout te dire, les femmes qui préfèrent s’entendre appeller Mademoiselle pour se sentir jeunes, oui, j’en suis profondémment désolé, mais je m’en bats les couilles.
        Un peu comme les gens qui trouvent que les éoliennes, ça abime le paysage.
        Ou ceux qui pensent que l’Anglais est un fléau mondial qu’il convient d’éradiquer à coup d’espéranto.
        Ou encore des gens qui sont constamment surveillés par le gouvernement parce qu’ils sont au courant de la conspiration des aliens atlantes de Mû franc-massons juifs.
        En fait, il y a un tas de gens autour de moi dont je peux dire que l’existence m’indiffère grandement. Et pour des tas de raisons.

        Mais franchement, c’est cool pour eux.
        Oh, mais au fait, et les femmes qui n’aiment pas être appelées mademoiselle, est-ce que par le plus grand des hasards, tu n’en t’en foutrais pas un peu aussi ?

    • Mouai, je suis sûr que vous appartenez à cette frange étrange de féministes qui pensent avec plus ou moins d’assomption que la pénétration lors de l’acte sexuel est une forme d’inégalité.

      • Tu dis ça, mais tu préférerais mourir que de te prendre un gode dans le fion.

        N’y aurait-il pas comme une légère incohérence là-dedans ?

      • Ah, bravo Kyp, merci pour ce moment de réflexion intense. Au nom de l’égalité des sexes, les hommes devraient se faire opérer et « installer », si j’ose dire, un vagin, les femmes une bite, et les secondes devraient pénétrer les premiers. Ou à minima, les femmes devraient ouvrir le cul des hommes à coup de god.

        Il me reste une seule question : il y a-t-il une borne à la connerie ?

      • Euh… Tu tires tes propres conclusions, hein.

        Mais tu sembles répondre à ta question bien mieux que je n’aurais pu le faire, alors je m’en garderai.

      • @Kyp, et aux autres de la clique.
        En vous battant pour la suppression du Mademoiselle, au mépris d’ailleurs de toutes les femmes/filles qui préfèrent ce terme à Madame, vous ne faites que graver dans le marbre l’idée que l’un désigne une femme mariée, et l’autre une femme non-mariée. Au lieu de prendre en compte, et d’encourager, l’évolution de sens qui tend à faire de la distinction Madame/Mademoiselle une pure question d’âge. Désolé, mais appeler mon épouse Madame, ça m’arrache la gueule, elle est bien trop jeune pour ça.
        De la même manière, et au risque de vous décevoir, il existe un pendant masculin à Mademoiselle : il s’agit de « jeune homme ». Eh oui ! À vingt balais, ça me fait vraiment bizarre de me faire appeler Monsieur, et heureusement, la plupart des gens amenés à m’interpeller disent « Excusez-moi, jeune homme ». Présument-ils de mon statut marital ? Pas le moins du monde. Il en va de même avec Mademoiselle.
        Alors il serait temps que vous compreniez que ces termes ne sont que des titres de courtoisie, au même titre que Père, Frère, ou Monseigneur chez les ecclésiastiques, et qu’il appartient à chacun de décider seul de celui qu’il se veut voir attribuer. Et plutôt que de supprimer Mademoiselle des formulaires, au grand dam de bon nombre de jeunes filles, militez donc plutôt pour l’introduction d’une case « Jeune Homme » !

      • Combien je te paris que ça aurait encore plus gueulé pour l’ajout d’une case « jeune homme » ?

        D’autant qu’il est plus logique de simplifier que de rendre plus compliqué.

        Mais je suis d’accord avec toi, ajouter une case aux hommes serait revenu au même.
        Mais la réflexion des sénateurs, à la base, c’était que la case était inutile. On n’allait pas en ajouter une deuxième pour corriger ce problème.

      • Sinon on pourrait marquer mâle et femelle puisque c’est ce que nous sommes! Les anglais étant décidément moins hypocrites pour le coup!
        Ou mieux encore : RIEN mais quand je lirai Camille j’imaginerai quoi? Un vieux barbu ou une jouvencelle? et Dominique? même Marie? Tous ces prénoms sont asexués. Si je téléphone à Roger Dupont et que je tombe sur son fils de 6 ans je lui demanderai son papa, mais si je téléphone à Camille Dupont, je demande le papa ou la maman au petit Hugo, âgé de 5 ans et demi? Et si celui-ci me répond en pleurs qu’il est mort alors que c’est l’autre que je voulais contacter?

      • +1 Yadönapya

        Concernant la nouvelle signification de la distinction Mademoiselle/Madame, je confirme que maintenant c’est plutôt une distinction d’âge (à mon avis en tout cas) qu’autre chose mais comme nos « féministes » nous rabâchent que c’est une distinction scandaleuse pour connaître le statut marital des femmes, j’ai l’impression qu’elles aident à garder ce sens à la distinction plus qu’autre chose… C’est con d’être encore plus conservateur que ceux qu’on accuse de l’être, simplement parce qu’on n’accepte pas que cette distinction Mademoiselle/Madame peut évoluer sans que ça soit marquer noir sur blanc dans les textes.

        Parce que oui, à part pour l’extrême droite et les croyants (et encore), le mariage a une part de moins en moins importante dans nos vies, suffit de voir comment finissent la moitié d’entre eux maintenant pour comprendre que ce n’est plus ça le plus important et qu’on peut se marier un peu n’importe comment…

        Ah et perso j’aurais du mal à appeler une femme âgée « Mademoiselle » parce qu’elle ne s’est jamais mariée… M’enfin c’est ma vision de jeune con.

      • Et pourquoi serait-il plus normal de faire une distinction selon l’âge des femmes, mais aucune selon l’âge des hommes ?

        On vous dit que c’est sexiste qu’il y ait deux case pour les femmes, une seule pour les hommes. Ca manque de clareté ?
        Bon, quelques connasses rajoutent que Mademoiselle, c’est villain et pas beau.
        Et vous ne retenez que l’argument moisi des connasses et répondez  » Mais c’est pas sexiste du tout, c’est pour la distinction d’âge ! »
        Mais qu’est-ce qu’on en a à foutre que ce soit l’âge, le statut marital ou pour savoir où la personne fait ses courses ?

      • Et « jeune homme » et « Monsieur » c’est quoi ?^^

        … En fait, c’est bien cette suppression, ça fera quelques râleurs en moins… Enfin espérons… (ça n’aura servit qu’à ça. Heureusement que les féministes y ont participé, le monde aurait implosé à force sinon…)

    • Pour l’abolition du « Mademoiselle », pourquoi n’a-t-on pas demandé aux hommes s’ils ne voulaient pas d’un « Mondamoiseau » ?
      Je trouve que tous ces petits débats soit disant féministes et qui ne concerne qu’une élite intellectuelle n’ont d’utilité que d’empêcher des débats de plus grande importance sur l’égalité homme-femme.

      Ensuite ce qui me dérange avec ces mouvements féministes, c’est qu’ils ne cherchent pas à avoir l’égalité homme-femme, mais à donner au femmes de nouveaux privilèges, sans ce soucier de la discrimination par le sexe que peuvent aussi connaître les hommes.

  9. Excellent article, peut-être bien mon préféré même si le sujet est assez effrayant. Je pourrais me lancer dans de grands discours pour exalter la qualité de cet article, mais des runners pourraient remonter jusqu’à moi: je me contenterai donc d’un « j’aime ».
    Et je vais faire circuler cet article, en espérant qu’il F5 le cerveau de certains…

  10. J’aime…

    Je ne vois qu’une solution à cette épidémie galopante : l’interdiction pure et simple des skyblogs et l’envoi de l’ensemble de la population utilisatrice ainsi que des féministes à deux francs en camps de vacances. (Sibérie ou Pologne, mon coeur balance…)
    Ce sera ma première mesure en tant que dictateur. Pardon : dictatrice…

  11. « ils pourchassaient sans relâche les membres de ses groupuscules pour les renvoyer en rééducation à Skyblog Bay »

    « ses groupuscules »

    Hahaha, une blague au huitième degré, excellent ! (à moins que…)

  12. Ô odieux Connard
    La fiction est du pur bonheur. Le « F5 = rafraichissement » m’a fait écrouler.

    Sinon, j’ai bien une petite question : Dans votre interview à Grazia (ce qui arrive même aux meilleurs) vous disiez que vous étiez féministe. Est-ce que vous ne vous réclamez plus de ce mouvement avec les conneries qui se multiplient, ou faites-vous preuve de mauvaise foi ? (mon dieu, c’est dur, je sue à grosse gouttes, je ne sais quoi penser…)

    • Je ne sais pas pourquoi mais voir une photo avec à côté marqué Julien, 25 ans… ça a cassé le mythe. C’est comme si tu rencontrais Dieu et qu’il te dit : « Bonjour, Bryan, 46 ans… » Bizarre je vous l’accorde mais c’est la seule comparaison qui m’est venue à l’esprit.

  13. Un message anonyme en provenance de la matrice :
    « Vous mettez du cyber dans votre punk, cher ami. J’aime. »

    • Je n’aurais pas mieux dit!

      J’avais quelques soupçons après avoir lu l’article sur le jeu de rôle, mais maintenant, il n’y en a plus…

      Je pense qu’il n’y a plus qu’une question qui se pose:

      Odieux, est ce que tu maîtrise?

  14. Si vous êtes des habitués (ou habituéEs, ne choquons personne !) des sites américains (notamment 4chan, réseau knowyourmeme & co) vous remarquerez que ceux qui sont intransigeants avec la langue anglaise, prenant grand plaisir à faire chier dans la bonne humeur à la moindre faute, sont appelés par plaisanterie les « Grammar Nazis ».

    Nous en France, on a le contraire, les « Spelling Hippies », des peace & love de l’orthographe, qui s’en foutent et encouragent les gens à se complaire dans leur médiocrité, parce que cool mec c’est pas de ta faute si tu bousilles ta langue, tu vois ? En plus c’est discriminatoire de juger sur l’orthographe, tu vois ? Pis la langue française c’est sexiste, tu vois ?

    Sans déconner, demander que le masculin ne l’emporte plus sur le féminin, elles l’ont fait ?

  15. C’est qui ce « onts » d’abord? haha bon,sinon ça me fait penser au film « idiocraty » :) et oui le parti pris par les féministes est injurieux pour le bon sens commun des « gens ». En prétendant modifier la grammaire, elles sous entendent que le « commun » ou la personne qui est mal langagée, serait condamnée à ne pas être capables de « donner sens ». Je pense que le verbe est « créateur » certes, mais présumer de la stupidité des « onts » est insultant. Ce sont les machistes qu’il faut tancer, sans répit, dans le quotidien, nous devons, nous les femmes, ouvrir grandes nos gueules et peaufiner nos arguments pour avoir également notre conquête et notre lutte à nous. Sans forcément laisser quelques « intellectuelles » mener les débats et édicter des préceptes qui, comme vous l’avez démontré, n’en modifieront pas la face du monde, car c’est dans « la vraie vie » que nous devons montrer les dents, en oubliant éventuellement les travers qui nous rendent peu crédibles, comme celui de « séduire », d’être « la gentille petite fille » d’être une guerrière « soudainement agressive sexuellement. » Car tout simplement, nous sommes des êtres humain. C’est pour deux main si, si.

  16. Immonde crapule à la verve fangeuse, cloporte purulent de logorrhée nauséeuse, ramassis kystique de sadisme verbal, vil tortionnaire par logomachie fécale,

    Soyez assuré par le présent commentaire de ma haine profonde et inaliénable pour votre personne depuis que vous m’infligeâtes la douleur de cette lecture. Si la dépression nerveuse qui ne manquera pas de faire suite à cette vision traumatique d’un avenir innommable devait mettre ma vie en danger, prenez bonne note que je n’hésiterais pas à saisir les autorités compétentes à votre encontre.

    Bien amicalement et avec tout mon respect.

  17. Excellente note, autant sur le fond que sur la forme. Et j’ai bien peur, comme vous l’avez souligné cher Odieux, que la tendance soit de niveler par le bas pour soit-disant combattre l’inégalité. Inquiétant tout ça.

    Encore merci pour cette note, et bises aux demoiselles ;)

  18. En voyant une pub sur Internet pendant le chargement d’une vidéo, je me suis demandé ce qu’il adviendrait du malheureux qui oserait fonder le site « adopteunemeuf.com » en suivant exactement le business plan du site pendant.

    Le sexisme a encore de beaux jours devant lui.

    • C’est exactement ce que je me suis dit en voyant il y a quelques mois une pub Fnac: une jeune femme qui entre dans le magasin avec un homme mûr (bedaine et calvitie) pour ressortir avec un jeune beau gosse en lui mettant la main au cul. L’inverse aura fait hurler les louves du féminisme.

    • Cet argument est invalide GG.

      Le site « Adopte une Meuf » existe (ou a existé, je n’ai pas vérifié récemment) et le site en question réussit à faire plus sexiste putassier que l’original.

  19. Clap clap !

    Une fois de plus, je m’incline devant vous cher Odieux, jeu mé chapo ba devan LEU métre, LOL :-)

  20. Le « j’aime » et le « F5″ je ne trouve pas ça choquant, la langue évolue toute seule et on ne peut pas y faire grand chose, même si c’est stupide de dire LOL à l’oral (surtout au premier degrès). Je préfère cette dérive à celle des « courriels ». Par contre, la proposition de ce groupe de féministes me choque. Mais je pense qu’un jour, la question de la grammaire pourra se poser. Oui, le jour où il n’y aura plus d’écart de salaires, qu’il n’y aura plus de mariages forcés, d’excisions, que les métiers et les goût ne seront plus associés à un sexe, et que plus personne ne ricanera lorsqu’on dira qu’un homme a été battu ou s’est fait violé (c’est ça aussi l’égalité des sexes). Je pense que là, on pourra peut être se poser la question de bousculer la grammaire de façon brutale sans avoir l’air trop ridicule.

    • La féministe pure ne ri pas lorsqu’elle apprend qu’un homme a été battu ou s’est fait violer.

      Elle dit « bien fait » et ouvre LA bouteille issue de LA égion de champagne champagne (qu’elle appelle donc « déboucher LA champagne », en honneur à la noblesse du breuvage) avec ses copines chiennes.

      De garde, j’entends.

  21. Cet article m’en rappelle un autre, pas si vieux.
    La langue, comme l’histoire, ne peut pas être soumise à la loi. C’est idiot et c’est dangereux, mais ça marche. Du moins, ça a eu marché (les mots baladeur, courriel, et d’autres sont rentrés dans un usage commun par ce biais), parce que la France a une certaine culture du respect des institutions, pour plusieurs raisons que je n’étalerai pas ici mais qui déliquescent pas mal ces temps (pour préciser, et afin d’éviter toute méprise, je suis plutôt du côté « aliénation des sens physiques et intellectuels » que du côté « interdiction de la viande hallal »)

    Néanmoins, et à la différence de bien du monde ici, je suis pour l’élargissement du genre neutre dans la langue française, qui est existant mais rapporté à ce fameux « le masculin l’emporte ». Un pronom comme On/Ons me semble tout à fait adéquat à cette fin ; quant à l’accord de ce genre neutre, aucun ne me semble nécessaire, comme pour le genre masculin. Ou bien on peut en inventer un pour l’occasion. Et faire la nique à des usages dépassés depuis la dernière Restauration, en attendant la prochaine (lol)

    Historiquement, si la langue française est telle qu’on l’apprenait au siècle dernier, avec ses pléthores d’exceptions, ses règles douloureuses et ses expressions , c’est parce qu’au cours de l’histoire, des copistes, des lettrés et des écrivains ont laissé libre cours à leur imagination, à leur accent et à leur patois et ont produit une chiée d’erreurs. Sauf qu’une fois qu’une erreur est couchée sur papier, reliée dans un livre, elle fait force de règle pour ceux qui suivent.

    Et depuis que l’Académie est fondée, ces erreurs sont la loi, et nous ont été apprises en tant que richesse, ce qui me sied très bien.

    Ainsi donc, je pense qu’il est important de laisser la langue vivre, de foutre la paix à ceusses qui veulent inventer ses prochaines variations, et d’accepter que ce qu’on nous a appris étant petit n’était pas toujours acceptable et légitime. Je pense aussi qu’attaquer la langue est le dernier recours aux faibles d’esprit, dont le plomb du style fond sur tous les noms que dore un peu de gloire (oui, j’adapte Asimov et Hugo à mes fins, dévergondé que je suis), et que s’ons souhaitent réellement faire évoluer la langue, le meilleur moyen serait de le faire au travers d’une œuvre littéraire remarquable.

    J’attends.

  22. Trop lolant, ptdr, je like à donf et Nicholas Cage est un excellent act….Heuuahhhhhh!!!!
    Pardon. Un spasme.

    Or donc : excellent article, qui tout en faisant rire donne froid dans le dos. Nul doute qu’Orwell et Bradbury vous ont conseillé dans votre sommeil.
    Et Fluide Glacial aussi, je m’explique : à chaque ligne lue, je ne pus m’empêcher de penser à cette nouvelle parue dans un numéro fort ancien de cette publication dumour et bandedessinées qui traitait elle aussi de la langue française.
    En effet, dans cette nouvelle, les dames qui font commerce de leurs charmes s’occupaient plutôt de rappeler à leurs clients les cours de grammaires, syntaxe et orthographe qu’ils avaient oubliés.

    La nouvelle a été parue entre 1997 et 1999.

    Cher OC, je ne serais point surpris qu’elle vous soit familière.

  23. Billet assez bon je dois dire. Mention spécial au F5 et au drapeau bleu blanc rose, à ce sujet on peut noter que le rose était une couleur non sexuée (voir masculine) jusqu’à récemment (19-20e siècle de mémoire, à vérifier).

    PAR CONTRE, une chose me tourmente, l’usage répété de « n’avoir de cesse + de +infinitif » est-il volontaire pour glisser quelques fautes plus subtiles, ou est-ce la confusion involontaire et si commune avec « ne cesser de + infinitif » qui est correct.
    (pour rappel, « n’avoir de cesse que+ subj » est la construction correcte de l’expression avec le substantif, vous pouvez remplacer « cesse » par « repos » tout en gardant le même sens. cf. http://atilf.atilf.fr/dendien/scripts/tlfiv5/search.exe?53;s=1938612765;cat=0;m=cesse; )

    • Spéciale la mention bien sûr…
      Règle 46156 d’internet, si dans un commentaire une faute d’un autre tu soulèves, alors ton commentaire contiendra au moins une faute grossière…

    • Le rose était en effet jusque dans la première partie du XXe siècle une couleur masculine, car proche du rouge qui évoque force et violence. Qui plus est, le bleu, associé à la Vierge, était alors une couleur féminine. C’est en tout cas ce que j’ai lu dans un article du Courrier International il y a quelques mois.

      Excellent article, cela dit, même si profondément éprouvant à lire, bien sûr. J’ai découvert votre blog après l’atroce vision des « Trois mousquetaires »; une horreur extraordinaire qui justifie à elle seule la promulgation d’un texte de loi assimilant ce genre d’adaptation à un crime contre l’humanité, imprescriptible donc, et punissant son auteur des sévices les plus humiliants et douloureux, durant le reste de sa misérable existence.

  24. Sur le féminisme même pas je te parle, OC…laule.
    Tu te réincarnes en meuf, tu te prends ton rôle social de trou à bites ou à mioches sois belle et taggle, tu te bats avec les administrations pour savoir comment on doit t’appeler, madame, mademoiselle, nom du père, nom du pari, le plus simple comme te le fait remarquer jean-mi du haut de son échelle restant de te siffler, tu te fais pénétrer à intervalles régulier puis déchiqueter par la médecine moderne avant que d’être recousue un poil (que tu arraches régulièrement dans les larmes) plus serrée pour la satisfaction de ton possesseur mâle, tu le soignes jusqu’à sa tombe pour finir avec le minimum vieillesse bouffée par ton chat et oubliée de tes rejetons ingrats…et si tu survis on en reparle.
    hin hin hin

    Et sinon, tout ça a le goût sympathique et réjouissant des romans de Jasper Floyde, que je recommande à l’Odieux Maître des lieux si ils ne l’ont pas déjà dûment inspiré comme à son lectorat qui y retrouvera ses marques.

    • Jasper Fforde.
      au temps pour moi.
      (alzheimer est déjà aux aguets…encore un mâle pour m’emmerder, tiens…tsss)
      (laule)
      (nan pas lol, laule, le jaune, l’ironique, tout ça, je fais ce que je veux avec la langue réformée, ho)

    • ouais enfin est-ce que c’est en modifiant une règle de grammaire qu’on va modifier profondément tout ce que tu évoques (ou alors c’était que du second degré et j’ai pas compris) ? qu’on égalise les salaires et qu’on mette en place un congé paternité qui soit équivalent en terme de temps post-accouchement au congé de maternité (donc avec ces messieurs qui eux aussi seront susceptibles de s’absenter longtemps), et là je dis d’accord.

      • Le problème de l’égalité de traitement, c’est que ça ne peut pas se faire à moitié. Ou alors, ce n’est toujours pas l’égalité.

        Les détails ont leur importance.

      • ouais enfin moi pour construire ma maison je commence par le gros oeuvre, je continue par le second oeuvre et je termine par les finitions, la le coup de la règle grammaticale c’est l’équivalent du sticker en forme de coquelicot sur le mur de la chambre de Léa, en gros.

      • Déjà dit, mais si on attendait d’avoir arrêté tous les meurtriers avant de se mettre à réglementer le trafic routier, on serait dans une belle merde.

      • On va ptêtre arrêter les métaphores, là ça devient même plus compréhensible ^^

        @erhbd : ah quand même… Y a une part de second degré j’espère…

  25. Mes… Mes yeux ! Tout cette partie en 2059 m’a brûlé la rétine et je crains désormais que mon orthographe soit un peu bancale ! Sympathique article cependant et excellent point de vue que le votre ! Et oui… Si seulement au lieu de coller un Iphone dans les pattes d’un mioche de 8 ans on lui apprenait un peu la langue française ou on lui donnait un bon livre, peut être qu’il ne ferait pas toutes ces incroyables fautes ! Je vois mes camarade de classe confondre encore les -er et les -é dans la conjugaison des mots, les ce et le se… Et surtout ne pas leur parler de ça parce que « Nan mais c’est bon, c’est pour écrire vite c’est tout … »
    Pour ce qui est du combat des féministes, je suis mitigée… Ca n’devrait pas être leur priorité ! Leur règle d’accord au dernier nom de la phrase n’est pas totalement stupide, il faut leur accorder ça, mais quand bien même c’aurait été une idée brillante, l’égalité des salaires n’est pas plus importantes que celle des accords?
    Sur ce, je vous laisse M.Connard et vous souhaite une bien bonne soiréée !
    PS: Petite pensée à tous les grammar nazis qui passeront par là ce soir, un masque à oxygène est à votre disposition sous votre ordinateur.

  26. C’est l’oeuvre de SF la plus terrifiante que j’ai jamais lue. Je m’en vais illico me cacher tremblotante sous ma couette avec un livre.

  27. Par le Saint Graal, je te maudit, Connard.

    Primo, parce que ton histoire donne envie de la lire jusqu’au bout (ce que j’ai bien entendu fait, faible comme je suis) tout en étant vicieusement entrecoupée d’embuscades agressant par surprise mes yeux chastes, voire vierges, d’assauts linguistiques de soudards éméchés.

    Secundo, parce que tu m’as lancé sur le chemin maudit, the dark side or the force, comme l’a entériné l’académie en 2027, des combats féministes modernes, du genre « Chantal, t’as pas oublié le Cantal ? ». Et je suis tombé sur http://madameoumadame.fr/ . Dieu comme je te hais de m’avoir amené à subir une telle infamie à une heure pareil, alors que j’ai tant de choses importantes à accomplir avant le sommeil réparateur, et que j’aurais tant aimé m’y adonner empli de sérénité ! Mais non. Non satisfait de me farcir les surprenantes déclarations factuelles m’expliquant que j’aurais, apparemment, été dénommé « monsieur » depuis ma naissance, moment suprême où j’ai exposé au yeux du monde incrédule mon magnifique zizi (d’une, ma foi, fort belle facture, mais ne nous éloignons pas du propos), j’apprends que le masculin de « mademoiselle » serait « mondamoiseau », d’une logique implacable, et non « jeune homme » comme le voudrait l’usage (ah, non, flûte, il n’est pas mentionné, celui-ci, c’est étrange). Mais ce n’est là que le moindre des outrages que j’ai subit par ta faute.

    Car, né en 1973 que je suis, j’ai des réflexes trop modernes.

    J’ai cliqué.

    Oui, je sais. C’est stupide. Mais que veux-tu : la réaction a été directement gérée par mon cervelet. J’ai vu une vidéo, j’ai cliqué. J’ai honte.

    Mais pas tant que les mauvais acteurs de la dite vidéo, s’ils ont le moindre sens critique à l’égard de l’oeuvre (tiens, oui, du coup, je suis amené à appeler ça une oeuvre ; finalement, j’aurais tendance à rejoindre les chiennes de garde sur un point : le dictionnaire serait sérieusement à revoir par endroit) dans à laquelle ils (ah, un collectif « masculin », j’ai presque eu un orgasme) apparaissent. Vous tous qui avez visionné ce morceau d’anthologie, joignez-vous à moi pour manifester au son de « plus jamais ça ! », que nous pourrions scander en coeur, je ne sais, tiens, devant le Palais de la Femme, peut-être ?

    Je Youtweet en thums-up sur facechannel tout en me F5 ce surprenant Haut-Poitou qui ne payait pas de mine mais qui est parfaitement agréable à cette heure-ci.

    Tout en invoquant le dieux de ne t’infliger que des demoiselles comme descendance, je te prie, Connard, d’agréer mes sincères salutations.

  28. Hahahahaha !
    Incroyable, elles ont osée !

    D’abords le coup des « Mademoiselle » et maintenant ça ?!

    Elles, n’ont pas le même salaires que nous, elles se tapent toutes tâches ménagères plus les mioches, et tout ce qu’elles trouvent à réclamer c’est ça ?!

    Je sais que ces pseudo-féministes ne représente qu’une petite partie des féministes, mais c’est cette partie là qui se fait le plus remarquer !
    Les gens ont tendance à faire des généralités, ils ne faut pas s’étonner si ils deviennent sexistes ou misogynes après avoir entendu des idioties pareilles !

    Franchement, je crois que la prochaine fois que j’entendrai une femme dire qu’elle est féministe, j’aurais besoin de tout mon sang froids et mon détachement pour ne pas éclater de rire …

    • « Je sais que ces pseudo-féministes ne représente qu’une petite partie des féministes, mais c’est cette partie là qui se fait le plus remarquer ! »

      Faux !

      C’est cette partie là que les médias (et l’Odieux Connard entre autres) choisissent de souligner. C’est fondamentalement différent.

  29. « Liberté, égalité, rien à chier » c’est tellement bien trouvé et si peu éloigné des « valeurs actuelles » (comme ons disent) que j’ai peur que ce soit adopté bien avant 2059. Magnifique trouvaille en tout cas!

  30. Il faut quand même signaler que « on » vient étymologiquement de « homme » (ben ouais : du coup, c’est un peu râpé pour que « ons » ramène la paix entre les sexes) : informons-en au plus vite les féministes grammaticales pour qu’elles réclament une féminisation (du genre « fan », ou « fame », je sais pas, moi, vous vous démerdez).
    Par ailleurs, le grec ancien et le latin ont effectivement déjà cette règle de l’accord au masculin pluriel quand les noms représentent des animés de genres différents, mais ils (merde, c’est sexiste, cet accord, j’aurais dû dire « la langue grecque et la langue latine ») ils, donc (tant pis), tolèrent aussi l’accord par proximité – je doute toutefois que ce soit dû aux revendications des féministes de l’époque, ce qui pourrait laisser penser à un esprit mal tourné que cela n’a rien à voir avec le féminisme, mais bon.
    Sinon, je rappelle que le féminin en tant que genre grammatical n’est pas sexué : une chaise, un tabouret, un fauteuil, une banquette, un canapé, un placard, une armoire, une bouche, un nez, une oreille, un oeil (sans même parler de « une bite, un nichon », et là, ça devient vraiment n’importe quoi)…. Mais pas de découragement : je suis sûr qu’en cherchant bien, on doit pouvoir trouver de la discrimination dans tout ça. Que de nobles combats – pardon : de nobles luttes (remarquer au passage que l’épicène « noble » suggère une solution : rendons tous les adjectifs épicènes !) en perspective !

    • Oh oui !
      Débarrassons-nous de cette forme vile et injustifiée par l’étymologie qu’est « grande », et revenons au bon vieux « grand » épicène ! (cf. La grant monarchie de France, par Guillaume Budé)
      Que ces belles jeunes filles sont grands !

  31. Parce que le « osez le féminisme » ne me séduit pas, j’ose le franglais pourri et je like.

  32. Les féministes, c’était mieux avant.

    Maintenant, c’est juste minable. Je pensais qu’elles avaient touchés le fond, mais en fait, non.

  33. Si je peux me permettre, à quand le combat des allemands (hommes allemands s’entend) pour avoir un ‘sie’ (l’équivalent de ‘ils’) au masculin? Ben, oui, ‘sie’ c’est aussi la façon de dire ‘elle’, et eux ne se plaignent pas d’être martyrisés par les femmes car ils sont obligés de se servir du féminin pour désigner des hommes (eine Frau => sie, Eine Frau und 999 Manner => sie). Ils savent juste que s’ils osaient faire ça, ils seraient considérés comme des machistes…. ou alors ils sont moins cons et savent qu’à l’instar du ‘they’ anglais, le ‘sie’ allemand (et le ‘ils’ français) n’est rien d’autres qu’une forme neutre mise au pluriel et que ça n’a pas plus de sens que ça.
    L’égalité des sexes a des combats plus intéressants, et plus urgent – mais moins facile apparemment – que la langue française.

    • Toujours pour les Allemands… l’équivalent du « vous » de politesse est aussi « Sie ». Alors oui, y’a une majuscule à l’écrit, mais on ne l’entend pas à l’oral.

      Donc au final, même un groupe d’hommes ou un homme seul peut être désigné par un pronom qu’on pourrait croire « féminin ».

      • On a trop souvent tendance à considérer les Allemands comme des barbares non civilisés.
        Jusqu’à ce qu’on aille en Allemagne et qu’on fasse l’erreur de revenir en France. Là, on révise méchamment son jugement.

  34. Le ridicule ne tue pas.
    Ce qui ne les tue pas les rend plus forts.
    Le ridicule les rends plus fort(e)s?

  35. Vous savez, les féministes arrivent à faire différentes choses en même temps, par exemple lutter pour l’égalité salariale et pour qu’administrativement il n’y ait plus de discriminations entre les hommes et les femmes (et donc soit une case pour les deux sexe, soit deux cases pour les deux sexes, mais pas une case pour l’un et deux pour l’autre).

    À toutes ces personnes qui hurlent aux louves, décrétant qu’il y a des sujets plus urgents à traiter, je les invite à venir nous rejoindre dans la rue pour conserver nos droits. Car si elles venaient, on avancerait beaucoup plus vite sur ces sujets.

    Sinon, comme d’habitude, une très belle plume, cher Odieux.

  36. Jasper Fforde, je valide !! Et merci pour ce combat salvateur de la langue française, même si je suppute qu’ons devront bientôt s’accorder à nos ingénieures et auteures pour accorder le tout au féminin…
    Le plus triste dans tout cela, c’est que la plupart des ons qui s’annexent à la bataille des féministes pour changer la grammaire sont juste incapables d’apprendre des règles d’élocution, et par-là même, seront incapables d’apprendre les nouvelles règles…
    Merci encore Odieux Connard, encore une fois, je like !!

  37. Je ne suis pas particulièrement ravie de lire cet article. J’apprécie généralement ce que vous faites, OC, mais les piques lancées sur les féministes, ça me hérisse. Littéralement.
    Que vous vous moquiez des féministes extrémistes, qui sont aussi connes que les masculinistes, à hurler à la haine de l’homme et au renversement de la société actuelle pour une matriarchie, d’accord, oui, là je suis totalement avec vous. Par contre, que vous insultiez le féminisme en général, je ne suis pas d’accord : c’est aussi débile que si je disais « les hommes » pour parler des violeurs, des machistes, des assassins. Si ces personnes ont droit à une dénomination propre, c’est bien pour qu’on les sépare de la masse, pas pour qu’on les y mette.
    Le féminisme, donc. « Féministe », déjà, actuellement, c’est plus péjoratif qu’autre chose. Beaucoup de femmes (et d’hommes) n’osent se dire féministes, de peur qu’on leur dise des trucs du genre « t’es gouine ? » « t’aimes pas les hommes ! » « sale gouine ! » « t’es frustrée ? » « mais pourtant, t’es féminine, je comprends pas ». C’est d’ailleurs mon cas. Jeune fille, féminine, clairement hétérosexuelle, qui va même jusqu’à faire un régime pour se conformer aux diktats corporels européens, mais féministe. Ni hystérique, ni homosexuelle, ni frustrée. J’assume ce que je suis, j’assume mes idées.
    Le féminisme n’est pas un mouvement prônant la supériorité des femmes par rapport aux hommes. En fait, beaucoup plus de gens tolèreraient le féminisme s’il ne portait pas ce nom (ah, le poids des mots…y’a « femme » dedans, alors c’est castrateur, ça renifle la couille amputée). Disons donc « égalitarisme ». Concernant la dénomination, tout est bon.
    Ce mouvement cherche donc l’égalité homme-femme. Non pas « ouh là là je veux faire pareil que les hommes » : pas la peine de venir me dire que les hommes et les femmes sont différents les uns des autres, mesdames et messieurs, j’ai depuis longtemps capté que j’avais un utérus, un vagin, et que mes petits camarades barbus avaient des couilles et une bite. Et généralement quelques centimètres de plus que moi, ainsi qu’une masse musculaire plus développée. Donc, pas de Captain Obvious, s’il-vous-plaît. Lorsque je parle d’égalité, je sous-entends par là que :
    – Les femmes ne devraient pas, sous prétexte de « oulàlà je peux faire des enfants », se voir dénier leur sexualité. Mesdames, témoignages s’il vous plaît, pour ma part on m’a toujours dit que ma sexualité n’était pas importante pour deux ronds. Le sexe ? Un mec qui éjacule, qui jouit, qui est content : la femme doit tout faire pour le combler, et son plaisir à elle, soyons un peu vulgaire, elle peut se le foutre au cul. Or, désolée chère société, mais non, il n’est pas question que le plaisir féminin soit laissé au placard. On a aussi des terminaisons nerveuses, on peut s’en servir, qu’on nous en parle serait appréciable. Les seules interventions auxquelles j’ai eu droit au collège m’ont toujours avertie de la terrible grossesse, des horribles MST, de la contraception, mais le plaisir, aha, lol ! Non, on ne connaît pas ça. « Clitoris » ? C’en serait presque un tabou, tandis que bite, couilles, même prostate, c’est connu.
    – Les femmes ne devraient pas, toujours sous prétexte de grossesse, de gosses, être payées moins à compétences et postes égaux. Et pour continuer sur cette idée, le congé paternel devrait être obligatoire. Obligatoire, oui. Totalement. Chers pères, je considère que malgré ce que la société vous enseigne, vous avez des sentiments, bien que refoulés. Vous êtes capables de vous émerveiller sur votre marmot et de prendre soin de lui également pendant les premiers mois de sa vie. On fait un gosse à deux péquenots, on l’élève à deux péquenots, point barre.
    – Les hommes et les femmes ne devraient pas être classés selon leur genre. La théorie des genres ? BULLSHIT. Ce n’est pas parce que j’ai des ovaires que je suis douce, attentionnée, que j’aime les fleurs et les poneys. J’ai des ovaires, je tabassais mes petits camarades de classe quand j’étais jeune, je joue à des fps. J’ai aussi un côté « doux et attentionné », mais il ne dépend pas d’un de mes organes : il dépend de mon éducation, de la personnalité que je me construis en fonction de mon environnement. On ne se définit pas par la présence de couilles ou d’ovaires. L’influence des hormones existe, mais elle ne suffit pas à définir une personne. On traite les enfants différemment selon leur sexe, on encourage les petits mecs à avoir la pêche, et les petits filles à être calmes et douces.
    – Les hommes et les femmes devraient pouvoir choisir leur métier. Hommes, avez-vous tenté de faire de la garde d’enfants ? Tout le monde va vous regarder de travers. Femmes, avez-vous tenté de travailler dans le bâtiment ? Vous allez essuyer des refus, des blagues de merde, des regards étonnés. La technologie actuelle permet également de faire fi de la force physique.

    Bref, je n’ai pas l’intention de noter ici toutes les idées féministes. Je poste juste pour faire comprendre à beaucoup d’entre vous que vous vous trompez de combat : le féminisme, cécool. Les mouvements extrémistes, dont le féminisme extrémiste, cémal. Le féminisme ne nie aucune différence biologique, il nie les différences comportementales, qui proviennent principalement de la société, de l’éducation, de la socialisation, et non pas des hormones.

    Concernant le mademoiselle, on en revient encore au poids des mots : malgré le côté « huhuhu je suis jeune, on m’appelle mademoiselle, comme je suis flattée », « mademoiselle » est littéralement une femme sous la coupe de son père, avant qu’elle ne passe au « madame », statut d’épouse. En gros, moi, ce que je veux, c’est qu’on arrête de me demander systématiquement mon statut marital lorsqu’il n’y en a pas besoin : coucou SNCF, qu’est-ce que tu en as à branler que je sois mariée ou non, lorsque je réserve mon billet de train ? Coucou EDF, pourquoi tu veux savoir si je suis mariée ou non, alors que tu veux juste me faire payer ma consommation électrique ?
    Voilà voilà. En espérant que certains réfléchiront un minimum à la lecture de ce poste, et prendront la peine de me lire plutôt que de hurler « sorcière gouine hystérique » lorsque je me proclame féministe.
    Hommes, j’espère aussi que vous prendrez un jour conscience du fait que ce côté « je dois trop être viril, les sentiments c’est pour les tapettes, pleurer c’est un truc de fille », nie aussi efficacement votre personnalité que la société nie la sexualité féminine. Soyez vous-mêmes, n’ayez rien à prouver à personne. Concrètement, qui en a quelque chose à foutre, de vous voir pleurer ?

    • En l’occurrence, je crains que ce ne soit vous qui jouiez les Captain Obvious. Je suis d’accord avec vous mais il me semble que ces idées représentent quand même le courant de pensée dominant.

      Mon impression est que la plupart des gens se tamponne des situations maritales des femmes, qu’il est admis par la majorité des jeunes qu’un enfant se fait et s’élève à deux, qu’il est juste et logique qu’une femme gagne autant qu’un homme à postes et compétences égaux, etc. En partie grâce aux combats du féminisme d’ailleurs.

      On trouvera toujours des beaufs allant à l’encontre de ces principes mais ils restent minoritaires et ne sont clairement pas ceux qui bénéficient de la plus grande exposition.

      • Laisse moi deviner : tu n’habites pas le Nord-Pas-de-Calais ? :p

        Pardon, mais l’occasion était de trop belle de cracher sur ma région natale.

      • Quelques remarques à vous deux :
        1 – Captain Obvious, on l’avait inventé bien avant internet, depuis plus d’un siècle en France, je préfère quand on parle de lapalissade.

        2 – « la plupart des gens se tamponne des situations maritales des femmes ». Des preuves de ça ? La maman qui interpelle sa fille, chaque fois qu’elle la voit « et quand est-ce que tu nous trouve un mari ? », « quand est-ce que tu nous fait un petit-fils? », ce n’est pas une légende. Il serait intéressant de savoir combien de fois une femme entend ça dans sa vie, à comparer à un homme, avant d’affirmer que tout le monde s’en tamponne. Et je ne parle pas de toutes celles qui ne rêvent que de procréer parce qu’on ne leur a jamais appris d’autre rêve.

        3 – « ils restent minoritaires » Des preuves de ça ? Je pense pouvoir affirmer qu’ils sont effectivement minoritaires parmi les commentateurs de ce blog, ainsi que parmi une bonne partie de gens qui ont eu un bac+. C’est chouette, on se touche la nouille entre nous et on méprise de beaucoup de hauteur ceux qui n’ont pas (eu) les moyens d’avoir un esprit aussi républicain et égalitaire, ceux dont l’éducation reçue se limite à un empirisme familial/du bistro et des mauvaises notes à l’école.
        Et ceux-là, que tu appelles, plein de compréhension, des beaufs, ils sont nombreux, et on en trouve partout, si on accepte de les voir.

        Bon, on s’écarte du sujet, mais je ne pouvais pas laisser passer de telles affirmations sans inviter à les contester. Puisque je crois qu’aucune donnée n’existe pour affirmer ou infirmer tes dires, oulàlà, je pense que mon commentaire n’appelle pas de réponse. C’était une simple invitation à ne pas généraliser sa propre expérience.

      • Georges Choucroute, le point 2, les hommes en sont tout aussi victimes… C’est juste un problème de mère poule, il ne faut pas voir du machisme partout non plus hein.

    • Étrange différence de traitement dans le registre du langage : tu as des ovaires et un utérus, tandis que nous avons des couilles et une bite.
      Je réclame l’égalité de traitement des organes sexués et des gonades : testicules et pénis !

      Cela dit, tu as raison sur la disproportion de la représentation du plaisir. Note toutefois que le plaisir masculin est lui aussi caricaturé, il ne se limite pas qu’à l’éjaculation. Jouissance et éjaculation peuvent d’ailleurs être dissociés. Quel que soit le sexe, cela s’éduque et est dans les deux cas un sujet tabou, réprimé par la société et par les pairs.

      Désolé de n’aborder que ce sujet car tes points sont nombreux et ne se limitent pas qu’à la sexualité.

      • Moi je réclame des petits mots vulgaires pour mes organes internes \o/ ! Je n’dis pas que les hommes ne sont absolument pas victimes du sexisme : ils le sont aussi, certes moins que les femmes, mais même si c’est « moins », c’est déjà beaucoup, et beaucoup trop. Et je crois que pas mal d’hommes ne se rendent pas compte (ou refusent de s’en rendre compte) du sexisme. Heureusement, certains ramènent de l’espoir :).

      • Tu parles que les hommes sont « moins » victimes de sexisme…
        Ils le sont tout autant, mais d’une manière fort différente.
        Et c’est tellement ancrés dans les moeurs que personne ne s’en rend compte.

      • ancré, sans s.

        Je ne voudrais pas qu’on m’accuse de vouloir changer la grammaire.

      • Bon, je ne connais pas d’argot pour les ovaires, mais pour le reste, entre le fri-fri, le con, la chatte ou la frite, il y a de quoi faire !

        Je te lave la vaisselle et tu me fais le chapeau du commissaire ? ;)

    • Je me pose juste une question :
      Pourquoi insister sur le fait qu’il est important de se battre contre les diktats de la société et de ses idées sexistes et se plier quand même aux diktats de cette même société (je cite : « qui va même jusqu’à faire un régime pour se conformer aux diktats corporels européens ») ?

      Ma question est sérieuse. Je ne comprends pas la nuance du « j’en ai marre de pas être considérée à ma juste valeur par les mecs, mais il faut que je perde du poids, je réponds pas aux critères actuels de la beauté ».

      Ceci étant dit, le fait de se battre contre des préjugés ne donne en aucun cas le droit d’en balancer à son tour. Les hommes ne sont pas tous de gros chacals qui s’intéressent à ton sacro-saint statut marital et qui cherchent à te choper comme la dernière des bordilles.

      • C’est ce qu’on appelle communément « une blague ». Si je suis au régime, c’est à cause d’un soucis de santé m’empêchant de faire du sport. C’est donc uniquement dans un but personnel :p.
        Jn’ai pas dit que les hommes portent un grand intérêt au mademoiselle ou au madame. En gros, t’as lu vite fait deux lignes par ci, deux lignes par là : je dis clairement que le problème vient de l’administration. Le statut marital est demandé quasi systématiquement (pour tous, ce qui n’est déjà pas normal), mais lorsqu’il ne l’est pas, y’a toujours la distinction madame/mademoiselle. Je demande la suppression de ces distinctions pourries (un « homme/femme, marié/e oui/non », c’est amplement suffisant), et l’arrêt total et complet de cette demande (pour les hommes et les femmes) lorsqu’elle n’est pas justifiée. Ma fac n’a, par exemple, strictement aucun besoin de savoir si je suis mariée ou non, ou si mon petit camarade de classe est marié, célibataire, ou veuf : ça n’influe et n’a de toutes façons pas à influer sur les inscriptions.

      • Au temps pour moi, je n’avais pas saisi que c’était de l’humour :-)
        Ensuite, je pense avoir compris et pour de vrai, j’ai vraiment tout lu !
        C’est certain que c’est stupide, mais qu’est ce qui t’empêchait de cocher « Madame » alors ?
        Personnellement (et je dis bien personnellement), le fait de cocher « mademoiselle » ne m’a jamais dérangé, c’est pour ça que j’ai du mal à comprendre tout ce ramdam autour de ça.

    • A mon avis, vous mettez notre cher Odieux dans des paniers qui ne le concernent pas. [ATTENTION REFERENCE DE MERDE ^^] Dans son interview pour Grazia (brrr….), il se disait féministe mais pas à la façon des « féministes » auxquelles il s’attaque ici. Comme quoi le GHB n’est pas incompatible avec cela.

      Après il ne faut pas non plus désespérer de tous les hommes non plus même si certains n’ont pas beaucoup évolué ces dernières décennies… Mais même pour ces derniers, il faut voir la cause de cette attitude, souvent cela vient de l’éducation, etc… :/

    • « La théorie des genres ? BULLSHIT. Ce n’est pas parce que j’ai des ovaires que je suis douce, attentionnée, que j’aime les fleurs et les poneys. »
      Il me semble que vous vous méprenez sur la théories des genres, celle-ci consistant justement à affirmer que le genre (statut social homme/femme) est une construction sociale bien distincte du simple sexe, par exemple que avoir des ovaires ne signifie pas qu’on a un comportement « de fille ». Cela dit je vous rejoins sur l’essentiel de votre intervention.

  38. Mais c’est du grand n’importe quoi ! Aujourd’hui, il y a des combats plus importants à mener que de réformer la langue française comme une règle de grammaire (il ou elle) ou l’appellation Mademoiselle ou Madame.

  39. Mais c’est vrai, ca : comment pouvons-nous encore utiliser une règle basée sur des concepts aussi archaïques que discriminatoires ?

    Tenez, moi, l’autre jour, riant à une délicieuse boutade d’un ami, j’ai cru lui faire plaisir en lui disant que décidément, il était fort marrant ; au lieu de quoi, il s’est figé et, avant de partir à grandes enjambées, a hurlé « Comment oses-tu me qualifier d’un mot qui vient de l’espagnol marear, ennuyer ? Alors je serais assommant, hein ? Petite impertinente ; tu ne goûteras donc plus le plaisir de ma compagnie. »

    C’est vrai qu’on a tous, toujours, l’étymologie de chaque mot et règle grammaticale en tête, et personnellement, quand je dis à ma soeur de 10 ans que son amoureux et elle sont mignons, je ne cherche qu’à l’avilir, cette sale femelle naturellement inférieure.

    Merci à ces femmes de nous rappeler une fois encore où se situent les vrais combats.

    Et à bas l’Odieux Connard pour ses articles stupides, inintéressants et mal rédigés que je ne suis pas assidûment depuis ma découverte de ce blog.

    Allé lé intérnotienne é internote, poke.

  40. « du Justin Bieber. Y’a pas à dire, les vieux morceaux étaient toujours les meilleurs. On savait faire de la musique en ce temps-là. »

    Enfer et damnation, pauvre de nous… >_>

    Excellent article :D

  41. Pourquoi « ons » ?

    Il me semble que « on » peut être employé pour parler de plusieurs personnes, alors pourquoi diable vouloir inventer un « ons » ?

    Bel article, merci.

  42. Je suis absolument sidérée par tant d’imagination, j’ai connu le blog il y a très peu de temps et c’est vraiment un plaisir de lire vos articles.
    Alors je le déclare, vous êtes mon nouveau héro des temps modernes! car rien ne vaut un odieux connard pour vous remettre d’aplomb.
    Ce papier a réussi à me rendre un peu parano sur mon orthographe (d’ailleurs je décortique tout ce que j’écris à l’instant pour être sûre de ne pas glisser un bon vieux « mairde » par inadvertance) et j’espère de toutes mes forces que ceci « Derrière eux, une femme âgée qui savourait jusqu’alors son sojakawa en lisant le journal s’approcha du I-Juke pour lancer un bon vieux morceau du début du siècle, du Justin Bieber. Y’a pas à dire, les vieux morceaux étaient toujours les meilleurs. On savait faire de la musique en ce temps-là. » ne deviendra jamais réalité (par pitié).

    Pour finir, l’éternelle rengaine, mais oh combien vraie: Excellent article!

  43. Par les saintes baloches du Pape… Vous m’avez fichu une peur bleue en m’offrant un vague aperçu d’un futur que je n’avais pas imaginé (et pour un auteur de S.F. c’est grave). Moi qui suis un ami de Muray (un « ami », diantre, il en pleurerai s’il était vivant), je peux vous dire que le féminisme ne l’emportera pas, et s’il faut désosser de la femelle et du blaireau pour que cette vague de stupidité quitte notre époque, je me ferais un plaisir d’initier le mouvement.

  44. Un bien beau sketch, auquel votre article m’a fait penser :

    Toutes mes félicitations, cher Odieux !

  45. Ne vous est-il jamais arrivé de cataloguer quelqu’un sur son physique, son élocution ou son attitude ? He bien maintenant, nous pouvons faire de même avec l’écriture ! Les fautes orthographiques et les malheureuses tournures de phrases nous renseignent immédiatement sur la culture de notre interlocuteur littéraire, sur le nombre de livres qu’il a lu dans sa vie, si ceux-ci comportaient des mots ou uniquement des images etc…. Alors laissez-les écrire comme ils veulent ! Après tout, sans cette génération textos/msn/skyblog nous n’aurions pas eu droit au savoureux « Mer il et fou » et à toutes ses variantes improbables de la langue française qui ravissent nos égos de petits bourgeois bien éduqués.
    Quand au combat féministe, je pense qu’il n’a plus sa place dans la rue ou dans les administrations ; il doit se faire au sein des foyers, là où nait le vrai sexisme, comme l’ont très justement relevé nombre de commentateurs. C’est maintenant aux femmes, et non aux associations, de faire le boulot pour que les tâches ménagères soient mieux réparties, que la place de la femme dans le foyer soit équitable par rapport à celle de l’homme etc. L’égalité parfaite n’existera jamais parce que les femmes sont fondamentalement différentes des hommes, quoiqu’en disent les plus féministes, mais ce n’est pas une compétition, l’important est que chacun et chacune puisse vivre comme il l’entend sans avoir à se conformer à ce que la société attend d’eux. Et je ne pense pas que ça passe par une modification de la langue française.
    (Désolée pour la fin très « vivons en harmonie au milieu des fleurs et des lapins » de ce commentaire, Marc Lévy a pris possession de mon clavier.)
    A part ça, merci pour cet article monsieur Odieux, ça n’a pas été trop rude de faire autant de fautes d’orthographe volontaires ?

  46. Ah mais quelle perspicacité, il va sans dire qu’il n’y a pas de degrés dans le machisme, on ne peut pas l’être un peu, la langue ne peut pas le rendre davantage car c’est un système binaire : d’ailleurs, tout-e- féministe est totalement dépourvu-e- de tout préjugé ; tout-e- machiste est pour la lapidation des femmes non-voilées et l’obligation pour tous les hommes de payer au restaurant.

    Et puis franchement, apprendre aux enfants que « le masculin l’emporte sur le féminin » (et oui, avec cette formulation, c’est tellement plus simple pour nos chères têtes blondes), ça n’influence aucunement les idées de genre. De toute façon, il ne peut y avoir qu’une seule raison à un problème, et comme tout le monde sait que ce sont les magasines dits féminins, autant arrêter de militer sur d’autres fronts.

    Il y en a marre de ces passéistes qui veulent revenir à la langue de jadis, avant que Vaugelas et Bouhourd estiment que le masculin est en toutes choses plus noble et qu’il faut donc qu’il prédomine au lieu de faire ce stupide accord de voisinage…

  47. En tant qu’intégriste fasciste de l’orthographe, je constate au passage l’infraction suivante dans le texte de l’auteur :

    « […] manière traditionnelle imposée par la Grande Réforme de 2030, dites “Facetweet“, du nom de […] »

    C’est « dite Facetweet », sans le « s ».

    Vous êtes en état d’arrestation, veuillez me suivre.

  48. Moi qui flippait déjà en imaginant l’avenir, j’ai pas pu dormir de la nuit… Connard, va !

    Sérieusement, à quoi ça peut bien faire avancer la Cause (avec une majuscule, s’il-vous-plait) féministe de changer la grammaire ? En quoi ça va changer le comportement des mâles au foyer/travail/dans la rue, égaliser les salaires (pour ça, y aurait une super solution : on rabaisse celui des hommes, comme ça tout le monde sera mal payé et ce sera cool !), supprimer tous ces préjugés qui dictent nos vies en nous forçant à nous conformer à une image préconçue de l’Homme et de la Femme ? En plus, suivant l’angle depuis lequel on regarde, c’est pas forcément quelque chose qui rabaisse les femmes : tandis que le féminin est défini, le masculin est partagé avec le neutre, donc indistinct, placé au même statut que l’objet. Certes, c’est juste une interprétation idiote d’une règle tout aussi idiote, mais en quoi serait-ce moins valable (à part le côté historique, mais il suffit de regarder Noël ou la fête des mères pour se rendre compte qu’en fait on en à plus rien à foutre du côté historique des choses) que celle du « le masculin l’emporte donc ça rabaisse les femmes » ?

    Ce qui doit être changé, ce sont les préjugés ancrés dans la société (et pas dans la langue) que l’homme est supérieur à la femme, fort, associé à des couleurs d’homme comme le bleu ou le rouge (gné ?), et aime le foot, les voitures et la bière, tandis que la femme est faible et fait le ménage, la vaisselle et s’occupe des enfants. Qu’un garçon doit jouer avec des (petites) voitures (télécommandées) tandis qu’une fille doit jouer avec poupées et des dinettes. Qu’un travail manuel est réservé aux hommes tandis que les femmes ont pour elles les métiers… de… rah, je trouve pas de terme qui corresponde… Tant pis, je vais dire « métiers de femmes », quitte à me faire tabasser par une horde d’extra-féministes dès que je sortirais de chez moi. Tant que ces préjugés existeront, on continuera à payer aux femmes des salaires moindres et à humilier les hommes faisant preuve de la plus petite forme de faiblesse. Et ces préjugés, c’est en ne les imprégnant pas dans vos enfants que vous les ferez disparaître, pas en vous crêpant le chignon pour savoir si oui ou non il faut accorder les verbes au masculin-neutre.

    • Et comment on fait pour ne pas imprégner ses enfants de préjugés, si on (les machistes, mais aussi bien vous, moi ou les féministes, à des degrés certes divers) en est soi-même imprégné ? Il ne vous ai jamais venu à l’idée que le fait de pratiquer la langue française pouvait avoir une influence sur notre façon de penser (surtout que moi, quand je formule une pensée dans ma tête, j’ai tendance à la formuler en français) ?

      Sans parler du Madame/Mademoiselle (que vous n’évoquez pas dans votre commentaire), le simple fait de dire « le masculin l’emporte » (formulation généralement retenue pour la règle de l’accord du participe passé) pousse notre société à penser que l’homme est supérieur à la femme. Certes, ce n’est pas volontaire et ce n’est pas vrai pour tout le monde, mais si on veut changer la société, il faut la voir dans sa globalité.

      On peut se dire qu’en fait, il s’agit d’un neutre prenant l’apparence du masculin. C’est certes cohérent, mais là encore, ce n’est pas la formulation retenue, ce n’est pas le fait de la majorité et ce n’est pas vrai historiquement.

      Une autre solution est de retourner à l’accord avec le plus proche, qui a visiblement marché pendant plusieurs siècles et qui aurait l’avantage de marquer les esprits, de remettre en question le fameux « le masculin l’emporte », de provoquer le débat.

      Parce que si beaucoup de monde est d’accord pour dire que les femmes ont droit à la même place dans la société que les hommes, force est de constater que ce n’est pas le cas, et que simplement dénoncer les préjugés ne suffit pas : pour faire évoluer les mentalités, il n’est rien de tel que d’amener les gens à débattre.

    • J’ajouterai qu’à mon sens, il n’est pas question d’imposer aux francophones un changement de la règle de l’accord du participe passé, mais de laisser le choix à chacun, et de conseiller la règle de proximité. La langue influence certes la société, mais il ne faut pas oublier que c’est la société qui fait la langue (pour le meilleur comme pour le pire).

  49. Probablement mon article préféré, j’ai la larmouille au coin de l’oeil.

    Nous défendrons avec hargne les derniers bastions de l’orthographe et de la grammaire française, une épée dans une main et un Bescherelle dans l’autre, prêt à sodomiser avec l’une et l’autre le premier qui sort un  » le frère à ma mère » ou « le mec que je parlais »… J’ai dit.

  50. J’ai pas lu tout les commentaires, mais j’ai envie de dire que tous les faux problèmes(de grammaire et de vocabulaire) sont en passe d’être résolu par des vrais cons.

  51. Très cher vous,

    Ma personne se permet de signaler à la vôtre une légère inexactitude, une scandaleuse approximation, une colossale erreur, on en a pendu pour moins que ça : le gros caillou rond avec le Connard qui tire la langue n’est point maya mais aztèque.

    Roland Emmerich, n’ayant aucune connaissance des civilisations précolombiennes (ni d’élémentaires mécanismes climatiques, ou de nos voisins extraterrestres), a cru bon pour illustrer le propos de son célèbre film sur le sujet eschatologique à la mode cette année dans sa bande-annonce de faire tourner la superbe Piedra del Sol, chef d’oeuvre d’art aztèque, civilisation qui a fleuri quelques siècles après la disparition des mayas (objet de nombreux fantasmes millénaristes aujourd’hui).

    Quand j’entends certaines personnes dire qu’ils ont dû se tromper sur 2012, vu qu’ils n’avaient pas prédit le débarquement de fougueux espagnols à cheval, une envie folle me saisit d’allumer mon lance-flamme, après avoir badigeonné de phosphore l’auteur de ces propos, afin de lui faire entendre que l’ami Cortez est arrivé bien après que les mayas se soient gentiment exterminés entre eux, sans l’aide de personne.

    Un homme de bon goût tel que vous appréciera sans aucun doute ce prétexte supplémentaire de « sortir [s]on pistolet quand [il] entend le mot » (ou plutôt l’expression) calendrier maya…

    Le Fol Physicien,
    pour l’Existentialisme et Moi

  52. Je préférai encore la vision du futur d’Orwell que celle-ci.
    Voilà qui promettrait des situations cauchemardesques.
    Mais n’oubliez pas mes frères et sœurs, grammaire vaincra!

  53. Petit cours d’histoire qui devrait tout de même intéresser tout le débat sur l’histoire du « Mademoiselle » administratif.

    Le mot demoiselle est apparu au Xème siècle sous des formes telles que « domnizelle » ou « dameiselle », en tant que variante de « dame », terme déterminant la qualité d’une femme noble, celui-ci désignait la jeune fille. En effet une fille non mariée, en tant que fille noble, mais ce plus clairement vers le XVIIIème, et c’est là qu’il est important de relever certains aspects : à cette époque la Demoiselle n’est pas seulement la fille d’un seigneur, elle peut être aussi la femme mariée bourgeoise, ou de petite noblesse : de fait parler d’une demoiselle ne désigne nullement le statut marital, mais un statut social !

    Pour l’exemple, étant passionné de généalogie j’ai trouvé des branches plus aisées, et je tiens à le préciser, non nobles, où l’on découvre des demoiselles ! Il y avait ainsi Mademoiselle de la Guymondière, décédé sous cette dénomination à 57 ans, le 20 janvier 1694, alors que son vrai nom était Guillemette Day. Ou encore Janne Gorieu, Demoiselle de l’Espinay du fait que son père est Sieur de l’Espinay. Voire la Demoiselle Anne de Cointereau, Demoiselle des Saudres ! Toutes ces femmes étaient non nobles, mariées, et furent appelées Demoiselles non pas pour signaler leur statut marital comme je l’ai dit, mais pour désigner les épouses ou filles, en l’occurrence, des Sieurs de la Guymondière, de l’Espinay, et des Saudres. Quid des Sieurs ? Ce sont simplement des propriétaires majoritaires ou totaux de terres ou bâtisses portant des noms tel l’Espinay (qui était une petite métairie de campagne ici), qui retirent de cette propriété un genre de « titre ». D’ailleurs l’on remarquera qu’étendu plus tard, le Sieur a donné Monsieur dans la même logique et le même cheminement que la Demoiselle a donné Mademoiselle.

    La Dame, devenue Madame avec le temps, n’est sensée qu’être juste plus aisée encore que la Demoiselle, ou encore parfois, même, est le titre d’une Demoiselle : la susdite Janne Gorieu, une fois mariée, fut désignée comme « Demoiselle Janne Gorieu, Dame du Houx ». Et sa belle-mère avait été toute sa vie non pas une Demoiselle mais une « Honorable Femme » (je ne m’étalerai pas sur ce dernier qualificatif), Dame du Houx.

    Ce n’est que dans les années 1800 que ces termes ont quitté la sphère du statut social pour migrer vers celui du statut marital ! Alors après, conserver le Mademoiselle ou non, administrativement parlant, qu’en sais-je… Personnellement, cela ne me choque pas de le conserver. J’adore appeler mes amies « Mademoiselle », non pas pour rappeler leur célibat, mais plutôt car je trouve le terme… Joli !

    Bref, j’espère que j’ai été clair, et que ces explications aident un peu au débat…

  54. Cher M. Connard,

    auriez-vous, par le plus grand des hasards, été rôliste un jour? J’ai cru reconnaître là un soupçon (voire même plus) de l’univers de Shadowrun que je lisais assidûment dans ma prime jeunesse… Si c’est bien le cas, « J’aime »!

    J’ai lu bien des commentaires sur votre article qui a suscité de vives réactions très intéressantes parmi vos lecteurs.
    Je ne me suis jamais considérée comme féministe, bien que, comme beaucoup, je trouve certains agissements et différences de traitement choquants et révoltants, comme la différence de salaires. D’ailleurs, si l’on est gros, on est aussi moins bien payé car l’obésité « implique » une mauvaise hygiène de vie et un certain manque de volonté et de dynamisme. Bref, la liste des intolérances est longue, qu’on soit homme ou femme.

    Dans les formulaires je coche « Madame » : non je ne suis pas mariée mais j’ai des enfants, n’y a t-il pas une règle qui édicte cette façon de faire? Peu m’importe au final, ça m’arrange bien qu’il y ait des gens pour s’en préoccuper à ma place, bien que, ce qui les décridibilise le plus, selon moi, c’est encore le traitement qu’en font les médias. S’ils n’en parlent pas, c’est que ça n’existe pas, aussi, si ces luttes grammaticales ne sont qu’une goutte d’eau dans l’océan de la Cause de l’égalité Homme/Femme, c’est bien la faute de certains médias, qui occultent ce fait, si le grand public l’ignore.

    Mon sentiment est que les choses changent malgré tout, doucement, mais les moeurs évoluent. A mon petit niveau, j’oeuvre aussi dans ce sens afin que mes enfants apprennent à vivre en respectant les différences de chacun, quelles qu’elles soient. Ce sont les petits ruisseaux…

  55. En gros si je comprends bien, il faut que les femmes aient les mêmes droits que les hommes, mais pas dans le langage, ni à la télé, ni dans les médias en général, ni dans la fiction…

    On dirait un chien qui défend son nonosse… « houlala ces féministes qui veulent tout chambouler »… Y a pas si longtemps, d’autres raillaient de la même façon les hystériques qui demandaient le droit de vote et le droit à l’avortement. Mais ça c’est « normal » (maintenant).

    http://blog.entrailles.fr/2008/07/%C2%AB-madame-ou-mademoiselle-%C2%BB/

  56. Avoir les mêmes droits que les hommes, je suis d’accord. Mais je parle de droits, de véritables droits. Droit de vote, pour ne citer qu’un exemple ultra connu. Le droit à l’égalité intellectuelle, aussi. Avoir autant de reconnaissance qu’un homme dans son travail.

    Ce genre de choses, je suis d’accord.

    Changer une règle de grammaire anodine parce qu’elle serait sexiste et imaginer un seul instant que cela est une très bonne solution pour lutter contre le sexisme, je me gausse. Juste parce qu’un homme macho dira « les hommes et les femmes sont belles », cela ne changera pas son attitude envers la gente féminine. Ca ne l’aidera qu’a mépriser ces féministes rageuses, et honnêtement, je le comprendrais.

    Quant au fait de supprimer ou autre, le terme de « mademoiselle », je trouve ça incroyablement stupide. Juste pour information, je connais des femmes en couple, avec enfants, qui se font toujours appeler « mademoiselle ». Elles n’ont aucun complexe avec cela, et elles ne s’imaginent pas qu’on les drague à chaque conversation.

    • C’est vrai, virer les cases inutiles des formulaires, quelle bêtise. ^^

      Pour changer la grammaire, je suis d’accord que ça fait plutôt agressif et aurait tendance à remonter encore plus les anti-féministes (même si je pense aussi que la grammaire actuelle est sexiste).

      On a beaucoup de mal à comprendre que ce n’est pas en obligeant ou en interdisant qu’on fait progresser les mentalités. Certes, on obtient des effets immédiats, mais c’est complètement artificielle.

      On a beau dire aux gens que non, il n’y a aucunes races humaines,même le pire blaireau est capable d’ouvrir les yeux et de se dire « tiens, c’est bizarre, il y a des gens qui ont des traits physiques pas comme les miens ». Et s’il ose en parler, on lui dit « Ta gueule ». Ah, c’est sûr que ça va l’aider à lui ouvrir l’esprit…

      • Une case inutile ? Alors pourquoi ne pas supprimer tout simplement les cases pouvant indiquer « monsieur », « madame », « homme », « femme, « enfant » ? Tout le monde se retrouverait ainsi sur un pied d’égalité. Les féministes seraient heureuses ainsi. Tout le monde à la même enseigne.

        Ce qui me rappelle un truc marrant de la poste. Lorsque mon frère de un an avait reçu un colis, ils avaient refusés de le délivrer à ma mère sans la signature de mon frère.

        Voilà une situation qui aurait sans doute beaucoup plut à nos féministes. Au moins, les employés de la poste n’ont fait AUCUNE distinction entre un enfant et un homme.

        Mon exemple est stupide ? Les féministes dont nous parlons aussi. Sa battre pour une cause qu’elles maitrisent si peu l’est. Bien que je ne sois pas sexiste, la seule chose qu’elles m’inspirent, c’est « retournez à vos fourneaux, mesdemoiselles ».

      • A partir du moment où il n’y a plus la case mademoiselle, il n’y a en effet plus besoin de cases pour le sexe (ou plutôt, Monsieur et Madame jouent ce rôle). Mais sache que la plupart des féministes sont par la disparition de ces cases pour le sexe. Mais une chose à la fois, hein. On commence par ce qui fait un petit peu moins hurler les vieux cons.

        Je ne vois pas ce que ton exemple cherche à démontrer. On le sait que les postiers sont cons, non ?

        J’aime la conclusion. ^^ Attend, je t’en fais une dans le même goût.
        Je ne suis pas raciste du tout, mais franchement : « Ta gueule, bougnoule ! »

  57. Les faits de langues n’ont aucune influence sur les sociétés qui les employent : la langue turque ne possède pas de distinctions de genre, le même pronom « o » servant au singulier de la 3ème personne : estimez-vous que les turcs se soient montrés au cours des siècles à l’avant-garde des mouvements d’égalité des sexes ?
    Ce n’est pas parce qu’on change la forme d’une langue que les mentalités suivront automatiquement. Le contraire seul a lieu, et l’Académie ainsi que ces féministes devraient laisser la langue évoluer sous l’influence inconsciente de ses seuls locuteurs. Certes, nous risquons alors de voir fleurir les « j’aime » et autres « +1″ à l’oral, mais c’est là la nécessaire fatalité langagière.

  58. Pas un seul petit point Goldwyn..
    Bon je m’en vais retrouver une homéo-pute avec une bon ouisky !

  59. Cher OC, j’apprécie beaucoup vos articles et n’en rate pas un.
    Cependant, je ne suis pas toujours d’accord avec vous. C’est le cas aujourd’hui. Du moins seulement sur certains points précis. L’ensemble de l’article remporte plutôt mon adhésion.

    La grammaire est une chose qui évolue. La preuve en est, nous ne parlons pas actuellement comme le faisaient ceux qui nous ont précédés les siècles passés. Des mots nouveaux sont créés, d’autres oubliés, certains sens changent, les règles évoluent, est-ce une bonne ou une mauvaise chose ? Ni l’un ni l’autre, c’est un fait, c’est tout.
    D’ailleurs, et ça illustre très bien mon paragraphe précédent (de plus, c’était indiqué dans l’article que vous mettez en lien et je l’avais déjà lu ailleurs auparavant), le fait que le masculin l’emporte sur le féminin n’a pas toujours été d’actualité, je cite : « En 1767, Nicolas Beauzée, écrivait : « Le genre masculin est réputé plus noble que le féminin à cause de la supériorité du mâle sur la femelle. » » Cette règle a donc été créée sur une base sexiste, on ne peut le nier. A partir de là, est-ce si surprenant ou si choquant que des féministes veuillent remettre l’ancienne pratique au goût du jour ? Certes, c’est embêtant car on s’est bien habitué à la règle du masculin qui l’emporte et il n’est pas facile de changer les habitudes.
    Bon, après, je ne suis pas convaincue du tout que le fait de changer une règle de grammaire apportera beaucoup à l’égalité des sexes (quoique : sait-on jamais ? Les petits ruisseaux tout ça tout ça…), cela étant, ça n’enlève rien au fait que la règle de proximité (ou de quantité, par exemple le fait de pouvoir dire « elles » quand dans une assemblée il y a beaucoup plus de femmes que d’hommes ne me semble pas ridicule, loin de là) soit peut-être meilleure que l’autre.

    Pour le reste : le fait d’ajouter des « e » à certains mots masculins en « eur » me défrise (surtout qu’il existe des mots féminins en « eur » = hauteur, largeur, longueur… comme quoi c’est pas incompatible et donc que cet ajout de « e » était parfaitement dispensable) et la suppression du mot « Mademoiselle » qui finira par arriver m’attriste (sa suppression sur les formulaires administratifs n’est que la première étape) (c’est un chouette mot « Mademoiselle », on pouvait pas créer un « Mondamoiseau » plutôt ? ça aurait été tellement classe… et créer un mot, c’est quand même plus sympa que d’en supprimer un, surtout quand il est aussi joli que le mot « Mademoiselle ») (ouais, bon, d’accord, c’est subjectif, mais tout de même je trouve que « Madame » et « Monsieur » sont des mots très moches… alors que « Mademoiselle » et « Mondamoiseau » me plaisent bien) (oui oui, j’arrête mes digressions).

    J’aurais préféré que votre article se borne à évoquer les changements de la langue française dus non pas à l’évolution classique et lente de la langue mais à la paresse d’un certain nombre de ses pratiquants qui refusent d’admettre la différence totale de sens qu’il y a entre « sa » et « ça » et l’importance de ne pas les mélanger au prétexte que « kesse que sa peu fer ? Tu ma compri non ? ».
    Car, c’est là que je suis d’accord avec votre article, les skyblogueurs, les professionnels du sms et autres feignants de la grammaire sont en train de saccager la langue française.
    D’ailleurs, entre nous, ces gens seront bien incapables de gérer une règle de proximité (comme d’ailleurs ils ne géraient pas la règle du masculin qui l’emporte) (ni ne savaient mettre un « s » au pluriel) (ou ne pas en mettre au singulier) (ou la différence entre le futur et le conditionnel) (ni l’orthographe en général) (en fait, ils ne gèrent rien du tout) (vu qu’ils s’en foutent royalement).

    Ceci étant dit, bon article tout de même. Vivement le prochain !

  60. Ouch ! j’ai parcouru tous les commentaires, j’aurais pas dû. Ça me fait déprimer. Résumons. Il y a…
    – ceux qui se sentent obligés de s’exprimer en français châââtié pour bien montrer qu’eux aussi ils/elles (-_-) maîtrisent, comme OC ;
    – ceux qui n’en finissent pas de lécher les bottes à OC (excellent article comme toujours, très cher – oui je vous lis si souvent, c’est un peu comme si on se connaissait, et je me flatte donc de faire partie de vos amis, cher OC) ;
    – ceux qui te font tout un cours sur le « Mademoiselle », ou « on/ons/onts » alors qu’en fait, sauf erreur de ma part, OC dénonce la vacuité de ces débats (et je partage cet avis) – donc ils n’ont rien compris ? non mais je pose la question ;
    – ceux qui avancent à pas feutrés tellement ils se sentent obligés de tout justifier (et surtout se justifier eux-mêmes – et osef de vos lives en passant), ce qui donne un pavé qu’on aurait pu résumer en 2-3 idées pas originales ;
    – ceux qui se lancent dans une grande conversation à deux (c’est pas MSN messenger ici), et je te résume le critère de base qui clôturera la discussion, on gagne du temps : si t’es du même avis que moi => BIEN ! sinon => PAS BIEN !) ;
    – ceux qui tendent quand même de réaliser la quadrature du cercle entre l’égalité et la spécificité des sexes… oui c’est un peu comme vouloir prouver l’existence du mouvement perpétuel (tu peux t’en approcher, oui) ;
    – ceux qui… etc. (et je suis gentil, je continue pas sinon ça ciblerait plus précisément certains posts)

    Bref, voici ce que je retiens de l’article : ce sujet (un point de grammaire française à revoir pour cause féministe) est tellement débile que ça vaut juste la peine de le tourner en dérision, avec une petite mise en scène sympa – et c’est marrant, et on passe un bon moment, et voilà c’est tout. À partir du moment où vous tentez une autre approche, ça devient au mieux lourd, au pire ridicule. Sans vouloir lancer des fleurs à OC, je pense que lui a tout compris dès le début. Voilà voilà.

    • Vous déclarez donc, non sans mépris, que ce débat n’a pas lieu d’être; ou, en termes plus familiers : « Moi aussi, je donne mon avis : vos gueules ».

      Un sujet de dérision encourage sans doute une réponse dérisoire. Alors je m’y colle, moi aussi.

      LES HOMMES SONT-ILS LAIDS?

      I) Accords et Désaccords

      Dans l’exercice de ses fonctions, l’Homo sapiens entendait bien être jugé par son travail. Dès lors, on le nomma physicien, docteur, poète, ou encore, secrétaire. Seulement, les Homasses sapiens caressaient une tout autre ambition — probablement — et ces viles créatures complotaient, l’esprit possédé par l’insubordination conjonctive. Elles furent nommées physiciennes, doctoresses, poétesses et… Secrétaires. Enfin, je veux dire, ils? Elles? Sont, joli(e)s? Heu! Ils ont beaux dos!

      II) Flûte ou trombone?

      Les papiers administratifs nous ennuient déjà profondément; devant ces formulaires barbares, chacun se passerait volontiers des considérations métaphysiques.

      Etes-vous :
      a) jeune?
      b) vieux (vieille)?
      c) marié(e)?
      d) célibataire?
      e) à l’ouest?

      Je propose un retour aux hiéroglyphes : ♂ et ♀. Ces signes sauront satisfaire le caractère sibyllin des institutions publiques.

      III) Flûte ou bombonne?

      La langue envahit la rue, de son fût dodu, et nous servira demain, notre vin quotidien! Nous pourrons toujours multiplier les sobriquets, apostropher les passants, et répartir les formules à tour de bras, du titre courtois aux noms d’oiseaux. Les tartuferies, comme l’agressivité, ne risquent pas l’extinction — non, chers congénères et concitoyens! — car nous défendrons, crocs à l’affût, notre héritage le plus précieux!

      Mais « ni tout cela, ni rien au monde, ne sait pas nous faire oublier, ne peut pas nous faire oublier », qu’on voit en face, une tête de con. (traduction en français nouveau : « ♀♂ voit en face, ♀ de ♂ »)

      1, 2, 3,
      lecteur de sexe vague.

      • Vous vous trompez beaucoup sur le début de votre réponse. Je ne dis pas que le débat est inintéressant, je dis qu’il part sur de mauvaises bases (cet exemple qui d’entrée de jeu demande de parler à la fois de féminisme et de linguistique), et qu’il est difficile dès lors de ne pas être lourd ou ridicule.

        Le « non sans mépris » est votre opinion et non un fait, merci de l’assumer. Personnellement, je ne vois pas cela méprisant. J’ai voulu me défouler un peu (me venger, oui) après le temps que j’ai perdu à lire pas mal de niaiseries (à mon avis). D’habitude je lis juste les interventions d’OC dans les commentaires (en général rares et succintes). Pour une fois je me suis dit « Tiens voyons un peu plus loin » et bon j’ai été un peu déçu et énervé.

        Enfin vous interprétez mal mon message. Je ne dis pas qu’il faut se taire, je dis que si l’on raconte des conneries, il faut s’attendre à se faire rabrouer. Peut-être vaut-il mieux alors se taire, mais cela est la conclusion que *vous* ajoutez (en général je fais rarement des litotes).

    • Tu rentre dans les catégories 1, 2 et 7 , donc tu es triplement lourd et ridicule (et méprisant aussi comme dit plus bas).

      • Vous aimez les chiffres alors allons-y.
        1) Je ne vous ai pas permis de me tutoyer.
        2) Vous confondez faits et opinions, il y a une marge entre « vous êtes méprisant » et « je vous trouve méprisant ». Je n’ai pas trop développé au départ mais disons que l’usage d’arguments « ad hominem » semble être une seconde nature chez certains (beaucoup ?) de commentateurs (et cela nuit toujours *beaucoup* au débat).
        3) Puisque je ne réponds ici qu’à votre message (et pas sur le sujet en général), j’accepte d’entrer dans la catégorie « MSN messenger user » dont j’ai moi-même parlé ci-dessus :-)

      • J’aime les chiffres alors allons-y.

        1) Je me permet de te tutoyer car tu n’es pas mon supérieur.
        2-1) Je ne confond pas faits et opinions je répond a ton opinion par une opinion, mais je ne met pas habituellement des petits chiffres devant mes commentaires pour imiter le style d’une liste de faits établis.
        2-2) Je ne parles pas latin, même pour le la raconter.
        2-3) En revanche tu confonds critique et débat
        3) Cela fera 1,2,3 et 7, tu es quadruplement lourd et ridicule etméprisant.

      • errata du 2-1) « des petits tirets » plutôt que « des petits chiffres » à la relecture de votre première « opinion » sur le sujet.

        PS: j’aime les guillemets.

    • Nous sommes bien d’accord : la mauvaise foi règne en ces lieux, comme le maître l’a voulu.

      Effectivement, quand je dis : « vous déclarez, non sans mépris », cette affirmation se rapporte spécifiquement à votre déclaration, et n’engage que moi; contrairement à la vérité générale : « Dans le cochon, tout est bon ». Le préciser serait superflu (je note malgré tout que mes affirmations manquent d’aplomb et de signature. J’en informerai les responsables). Ensuite — ne l’oublions pas — personne n’est à l’abri d’un élan de mépris — si, si, c’est humain! D’ailleurs, vous reconnaissez vous-même, que votre exaspération aurait éventuellement susciter une petite envie de vengeance. Peut-être mon jugement était-il fugace, lui aussi.

      Et pourtant, quand vous avancez qu’une approche éloignée de la pure dérision, « devient lourde ou ridicule », vous montrez du doigt tous ceux qui se posent des questions, et sont venus sur ce blog, pacifiquement, pour exprimer de toutes petites idées de rien du tout (je vois deux, trois badauds qui sont entrés sans magnum; les pauvres, ils en seraient mortifiés). Sans compter que votre première intervention ne développait pas le ton léger que vous attribuez à l’odieux connard, et sollicitez à votre tour.

      L’approche varie, mais je ne pense pas qu’il existe de sujets nobles ou médiocres; seul le raisonnement peut s’appauvrir. LA FEMME ET LA LANGUE : avouez, en dépit d’Avinain, que cette enseigne est alléchante ! Avouez!

      Et ne voyez ici que l’expression de mon propre orgueil. Prodigieux, il va s’en dire.

      1, 2, 3,
      lecteur oblique

      PS : Vos litotes se font rares? Mais, c’est terrible… Voulez-vous que nous en parlions?

      • « Suscité », accent aigu… Ah, je sais : l’argumentaire est plombé.

      • Dans la cohue, j’en oubliais de vous poser un bol de riz, Odieux Connard :

        « Dieu a dit : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. D’abord, Dieu ou pas, j’ai horreur qu’on me tutoie. » (Desproges)

  61. Je trouve assez fabuleux de voir Mme Michu et Mr Robert balancer de grandes vérités sur l’évolution de la langue française. Ca me rappelle ces gens qui débattent de l’inné et de l’acquis sans aucune connaissance en génétique ou en psychopathologie.

    Vous savez que la linguistique est une science ? Vous savez que l’évolution des langues s’étudie et s’enseigne à la fac ? Vous vous êtes renseignés avant de l’ouvrir ? C’est bien ce que je pensais…

    Je suis prof de langues et j’affirme qu’il n’y a pas de bonne ou mauvaise évolution d’une langue dans le changement des signifiants, juste une évolution. La seule évolution négative c’est quand on perd du sens (genre remplacer le sigle CD-ROM qui signifie quelque chose par le mot inventé cédérom qui ne veut rien dire), bref quand on s’attaque au lien signifiant/signifié ou qu’on réduit les uns pour réduire les autres (la novlangue d’Orwell c’est ça). L’orthographe n’a AUCUNE valeur car elle est mouvante par nature : notre langue française actuelle ne s’écrit pas comme la langue d’il y a un siècle et dans un siècle on l’écrira encore autrement. Les conservateurs de l’orthographe sont ridicules par essence : ils figent comme référence l’orthographe qu’on LEUR a appris à l’école alors qu’elle n’a pas plus de valeur que l’orthographe enseignée deux siècles avant ! LEUR français avait été fustigé par leurs parents comme une dégénérescence, idem pour les parents de leurs parents et ainsi de suite. C’est du « avant c’était mieux » de base, énoncé dont on sait bien qu’il cache un « avant j’étais jeune, je bandais mieux et j’avais pas mal au dos » mal déguisé.

    Que « c’est plaisant », « c’est agréable », « c’est un délice », « c’est réjouissant » se retrouvent tous condensés en « c’est frais » ou « c’est stylé » pose problème, car on réduit le champ du langage. Mais quand on REMPLACE une manière de parler par une autre, y’a pas de perte… et nous faisons tous ça depuis des siècles. Il n’existe pas de moment donné où la langue est « pure » avant de commencer à se « désagréger ». C’est une construction de l’esprit, la conséquence d’une inaptitude à relativiser notre importance dans le temps.

    Egocentriques, tiens. ^^

    • Je ne peux qu’approuver, une langue c’est vivant, ça bouge, ça se transforme, ça s’adapte, c’est le reflet de ceux qui l’utilisent. Alors, oui, des fois ça fait un peu saigner les yeux/les oreilles parce qu’on a nos petites habitudes et qu’on aime pas en changer, mais si on reste figés dans ces règles si rassurantes, on va la faire mourir cette langue française que la plupart d’entre vous défendez avec tant de vergogne…

      Et pour ce qui est du débat féministe (ou pas), j’admire le maniement de la mauvaise foi cher OC !

    • J’attendais que quelqu’un poste un tel commentaire.

      Je m’en étais gardé car ça n’aurait clairement pas été aussi bon, et je fais déjà chier tout le monde avec l’aspect féministe, on ne va peut-être pas en rajouter une louche.

    • La langue doit évoluer, soit. Il n’empêche, j’espère ne plus être de ce monde lorsqu’on lira plein de « LOL » et de « C’est trop stylé » dans les livres. Les classiques de la littérature française reviendront à lire du vieux « françois » pour les plus jeunes, autant dire qu’ils n’y comprendront pas grand chose.

      Et, malgré moi, quand je me prends des « MDR » en pleine figure à l’oral, j’ai moi aussi envie de donner quelque chose en retour, et il ne s’agit pas de vocabulaire…

      Ca m’attriste un peu je dois dire.

      • Effectivement, déjà que lire « lol » c’est énervant car il est devenu très répandu, aussi c’est encore plus perturbant de l’entendre dans une conversation.

        -« Morve au nez ! LOL ! »
        -« Elle a dit « lol », je déteste ça »
        Bref.

    • Oui c’est ce que je reprochais un peu plus haut : à quoi bon vouloir entrer dans le débat quand on n’y connaît rien ou presque. Apparemment, pas mal de commentateurs pensent que tout le monde peut disserter *avec pertinence* sur tout et sur rien.

    • Cher(e) CCC, tout d’abord merci de cette mise à jour sur l’évolution de la langue française, qui j’en suis sûr était indispensable. Je profite de la présence d’un prof de langue (de linguistique ?) sur ce blog pour poser, en tout Candide et néophyte que je suis,

      J’ai l’impression (contredisez-moi plus ou moins violemment selon l’humeur si je me trompe) qu’une langue n’évolue pas de manière « forcée », mais plutôt et bien au contraire qu’une règle grammaticale apparaît ou disparaît selon l’usage.

      En mettant complètement de côté l’éventuelle pertinence pour la cause féministe de l’abandon de la règle du genre en faveur de la règle de proximité je pose la question de savoir si un tel changement était concrètement réalisable.

      Nous parlons (et éventuellement couchons sur papier) notre langue maternelle presque aussi aisément que nous marchons et respirons, c’est-à-dire de manière automatisée. Dire : « Bonjour Madame (ou Mademoiselle, mais là, je deviens mesquin) je désirerais une baguette pas trop cuite » nous demande à peu près autant d’effort de concentration que de lacer nos chaussures pour aller à la boulangerie implicitement sus-mentionnée (mais là, je deviens pédant). En revanche, dire à la même boulangère : « Bonjour Madame, je désirerais une baguette Jean-Michel » demande un effort de concentration supérieur pour une simple et bonne raison : nous n’en avons pas l’USAGE.

      Imaginez maintenant que nous passions, par décret, à la règle de proximité. Combien de personnes refuseront de l’employer tout simplement car il s’agit pour eux d’une complication inutile ? Et parmi tous ceux ou celles qui y mettront leur meilleure volonté, combien n’arriveront pas à se débarrasser d’une règle qu’ils ont mis plusieurs années à apprendre et encore plus à pratiquer ? Combien d’enfants apprenant le français à l’école devront se soumettre à une règle contredite quotidiennement par les vieilles habitudes de leur parents, de leurs instituteurs, de leur présentateurs de télévision (qui malheureusement fait figure de nounou pour bon nombre de nos têtes blondes), et, c’est encore pire, contredite par des pages et des pages de littérature plus ou moins classique que j’espère personne n’aura l’audace de vouloir faire réécrire ?

      Il me semble que vouloir forcer l’évolution d’une langue et plus particulièrement de la grammaire d’une langue contre l’usage ne peut résulter qu’à un échec total. Qu’en pensez-vous ?

      Cordialement,
      Voc

  62. Bonjour a tous :

    Pardonnez moi, simple béotien que je suis, mais pourquoi cela vous embête tant d’avoir un Mademoiselle, une Madame, ou un Mon puceau ?

    Je ne comprends pas les deux camps en fait.
    Parce que pour moi, on est différent… (lapalissade quand tu nous tiens).
    Je veux dire, des exemples de discriminations (positives comme négatives, cela reste des discriminations), on en a des deux cotés de la barrière. D’ailleurs j’ai l’impression qu’un camp (celui des féministes) a tendance à dénigrer les problèmes de l’autre.

    D’ailleurs l’autre camp (celui des hommes) reconnait les discriminations faites, et trouve le débat sur le mademoiselle hors de propos…
    J’ai l’impression que les luttes féminines en ce moment ont tendance à partir dans l’égalitarisme (et comme tout le monde le sait, les mots en « tarisme » sont pas terrible terrible…).

    Et personnellement, j’ai été élevé de manière à considérer les femmes et les hommes complémentaires. Dans mon travail, je considère les femmes au même niveau que les hommes. Ce n’est que mon exemple, mais ne serais-ce pas une mauvaise hypothèse de dire que le machisme se fait dans le foyer, et que faudrait ptete lutter dans nos foyers, plutôt que sur un papier de l’administration ?

    • Vous avez conscience quand même que votre commentaire se résume à poser 3 prémisses de pseudo-bon sens, ne surtout rien développer vraiment, et au final remplir 3 paragraphes par de la quasi-vacuité ?

      Non, c’était une contribution sincère ?

      • Effectivement, c’était sincère. J’attendais surtout un résumé complet et impartial des deux camps, pour ne pas porter de jugement attif sur le « quasi-bon sens », et donc par là même ne pas développer « pour rien » des arguments qui pourrait être pris à partie pour l’une ou l’autre cause.

        Mais si vous le voulez, allons-y gaiement.

        Supression de mademoiselle : si ca vous chante, et si vous pensez que cela réduira les inégalités de traitement, allez y. Pour ma part, cela jette un discrédit total sur ce qui me restait de la cause féministe
        Pour une partie des femmes, le débat n’est pas là, où au même moment nous avons une de vos pires ennemis qui milite contre l’IVG « de confort » (au passage j’ai pas entendu les chiennes de garde sur ce sujet, ca me rassure donc, les paternaliste ont de beaux jours devant eux).
        Alors je suis d’accord que les inégalités blabla. Mais si même entre vous vous n’arrivez pas à être d’accord…

        Ensuite, pour avoir tenté de rentrer dans une manif féministe, et m’être fait jeter dehors « parce que je suis un homme dégage sale machiste (SIC) », et voir votre post plein de sincère mépris, cela prouve par l’exemple que les « problèmes des hommes » et bah vous en avez rien à carrer, passez moi l’expression. Pas besoin d’argumenter, vous venez de le faire pour moi. Merci chère Liliane, que serais-je sans les femmes.

        Enfin, pour le dernier paragraphe de « quasi-bon sens ». Apparemment, vous êtes assez d’accord sur le principe. Je ne parlais que de mon expérience, si petite soit elle, et de ce qui m’avais forgé en temps que tel.

        Si vous ne COMPRENEZ pas, enfin, que j’attendais surtout une explication franche, et pas une agression, je comprend mieux pourquoi certains dénigre tant votre cause.

        Surtout qu’en commençant un poste par « simple béotien » vous deviez quand même vous attendre à ne pas trouver d’idées lumineuses non ?

        Ou alors, vous ne savez pas ce qu’est un béotien, en ce cas, je vous invite à consulter le petit robert (ou petite martine, vous avez qu’à changer ça aussi tant que vous y êtes)

        Sur ce,

  63. Oh. Je croyais que ce post était fermé aux commentaires. Je trouvais ça logique.
    OC, si tu lis, tu pleures, tu ris ou tu enrages ?

  64. « Tout cela avait commencé en 2007, lors de l’arrivée à l’Elysée du roi Nicolas I. Fervent défenseur du libéralisme économico-linguistique, il instaura les fameuses « séances du vendredi » (lapidations publiques de fonctionnaires de l’Education Nationale) et remit les autodafés au goût du jour.
    Sous les avisés conseils de l’archiduc Mickaël Vendetta, il mit d’ailleurs lui-même le feu à la BNF en 2013 (la légende voudrait qu’il allumât le brasier avec le manuscrit original de « La Princesse de Clèves »). »

    HISTOIRE DE FRANCE (version non-censurée, 2062)

  65. Donc en résumant grossièrement, je suis censée me sentir inférieur d’être une femme et de ne pas être mariée, mais je vais pouvoir le cacher en changeant la grammaire et le vocabulaire de la langue que je parle?
    J’ai une soudaine envie de vivre dans une grotte.

  66. Concernant les polémiques sur le fond du sujet :

    Oui, bien sûr que le langage agit sur la pensée, les deux se confondent. Le langage définit notre interprétation du réel et nos représentations sont influencées par lui. On n’était pas obligés de créer une différence de statut entre femmes mariées et femmes pas mariées, la distinction est créée par le terme… ou pour être plus précis on a transformé une situation de fait en statut identifié en créant un terme pour. On a créé une catégorie, et vu que le mariage est effectivement un statut social ça paraît logique.

    Ensuite intervient la notion de choix et d’usage. Là ça marche sur le long terme : en disant systématiquement « le maire » ou « le mécanicien » mais « la femme de ménage » ou « l’esthéticienne » pendant des décennies, on influe sur l’inconscient collectif. Les représentations s’en retrouvent figées et ça commence à partir en vrille. On se retrouve à créer des déterminismes, des idées de métiers masculins ou féminins parce que le mot qui les désigne l’est.

    Et c’est fondamentalement arbitraire, car les circonstances qui faisaient que tels ou tels métiers étaient réservés aux hommes résultaient 95℅ d’une logique de domination masculine (femmes volontairement tenues à l’écart d’une réelle éducation). Cette logique n’a plus droit de cité aujourd’hui parce qu’on est censés être civilisés maintenant, toussa. Et c’est ce même arbitraire qui agit quand on demande à une femme mais pas à un homme de justifier son statut marital dans un formulaire. Que les gens se soient réappropriés les termes pour marquer l’âge ou le respect pourquoi pas, mais un formulaire c’est la voix du système. Quand le système et l’état se rendent coupable d’arbitraire, c’est toujours mauvais. Cet héritage patriarcal est nuisible et ne sert à rien. On est censés se diriger vers l’avant non ?

  67. Chapeau bas… Je vous découvre via cet article, et je suis « bluffé ». C’est très bon. je suis moi même un enfant du texto, mais depuis quelques années je re-travail mon Français, toujours loin d’être parfait. personnellement, pour apporter mon grain de sel j’ultiliserai à jamais « mademoiselle »… Cet instrument de séduction propre à la langue Française, qui a permis et qui permet encore de rassembler les coeurs.

    • Assez d’accord, j’ai mis du temps à retrouver mon Français après ma période texto, et je fais encore quelques fautes (dont très certainement une dans ce commentaire)
      Pour ma part, la distinction madame/mademoiselle est tout simplement une distinction formel/informel. Encore que la plupart du temps j’utilise le pronom  »  » qui a le bon goût d’être unisexe.

      Pour le reste bien que je connaisse des féministes (ma compagne en est une, c’est dire ma tolérance envers ces petites bêtes), je n’en ai jamais vu aucune me parler du sexisme de la grammaire…

  68. Quelqu’un (Voc) avait posté un commentaire que je ne vois plus depuis sur la pertinence de « forcer » les évolutions du langage, question très intéressante je trouve. Je recopie un passage précis :
    « Dire : « Bonjour Madame (ou Mademoiselle, mais là, je deviens mesquin) je désirerais une baguette pas trop cuite » nous demande à peu près autant d’effort de concentration que de lacer nos chaussures pour aller à la boulangerie implicitement sus-mentionnée (mais là, je deviens pédant). En revanche, dire à la même boulangère : « Bonjour Madame, je désirerais une baguette Jean-Michel » demande un effort de concentration supérieur pour une simple et bonne raison : nous n’en avons pas l’USAGE. »

    …je ne vois pas le rapport avec Jean-Michel, mais une chose est sûre : l’usage est ciblé dans le temps et l’espace. Ce qui est naturel pour une couche de la population (l’usage du subjonctif par exemple) ne l’est pas du tout pour une autre. C’est bien pour ça qu’il est important de conserver une langue « de référence » pour préserver la cohésion du langage. Cette lange « de référence » ne peut être que mouvante, car elle sanctionnera les évolutions de l’usage VALIDEES PAR LE PLUS GRAND NOMBRE et donc évoluera au fil du temps. Mais elle restera là pour rappeler à tous ce qui est français et ce qui ne l’est pas (ou pas encore).

    Ce sont ceux qui rêvent d’une langue « de référence » figée qui sont à côté de la plaque. Ceux-là n’ont tout simplement pas compris comment une langue fonctionne.

    Quant à la prévisible résistance des gens face aux changements imposés, elle se diluera dans le temps avec l’évolution des mentalités. A partir du moment où on aura enfin capté que c’est NORMAL de ne plus hiérarchiser les sexes en 2012, qu’on a eu tort de ne pas le faire avant et qu’aucune argumentation ne fonctionne pour rejeter l’idée mis à part le « on a toujours fait comme ça » (degré zéro de la réflexion), ben ça suivra. Voc parlait de la lutte contre les usages des parents, contre la littérature (là j’ai pas compris le rapport, je me rappelle pas qu’on ait réécrit Racine et pourtant plus personne ne parle comme ça), etc, etc… ben ça se fera sur le long terme. Les anglophones ne disent plus « fireman » mais « firefighter », parce que « fireman » est sexiste… ça s’est fait sans souci.

    Je rappelle en tous cas que je fais une énorme distinction entre le langage parlé des gens (qui est ce qu’il est) et la VOIX DU SYSTEME que représentent les formulaires administratifs. Aucune inégalité administrative de traitement entre les sexes n’est défendable si on est de bonne foi et qu’on argumente, ça ne tient tout simplement pas la route. C’est mal.

    • Le commentaire que vous cherchiez, se situe au n° 80 du boulevard.

      En lisant vos interventions, j’ai repensé à une vieille lettre :

      « Trouver une langue ; — Du reste, toute parole étant idée, le temps d’un langage universel viendra ! il faut être académicien, —
      plus mort qu’un fossile, — pour parfaire un dictionnaire, de quelque langue que ce soit. Des faibles se mettraient à penser sur la première lettre de l’alphabet, qui pourraient vite ruer dans la folie ! —
      Cette langue sera de l’âme pour l’âme, résumant tout, parfums, sons, couleurs, de la pensée accrochant la pensée et tirant. Le poète définirait la quantité d’inconnu s’éveillant en son temps dans l’âme universelle : il donnerait plus — que la formule de sa pensée, que la notation de sa marche au Progrès ! Énormité devenant norme, absorbée par tous, il serait vraiment un multiplicateur de progrès !
      Cet avenir sera matérialiste, vous le voyez ; — Toujours pleins du Nombre et de l’Harmonie, ces poèmes seront faits pour rester. — Au fond, ce serait encore un peu la Poésie grecque.
      L’art éternel aurait ses fonctions ; comme les poètes sont citoyens. La Poésie ne rythmera plus l’action ; elle sera en avant.
      Ces poètes seront ! Quand sera brisé l’infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, l’homme, — jusqu’ici abominable, — lui ayant donné son renvoi, elle sera poète, elle aussi ! La femme trouvera de l’inconnu ! Ses mondes d’idées différeront-ils des nôtres ? — Elle trouvera des choses étranges, insondables, repoussantes, délicieuses ; nous les prendrons, nous les comprendrons. » (Rimbaud, extrait de la Lettre À Paul Demeny)

      La fonction a t-elle un sexe? Ce serait quand même terriblement drôle si monsieur Martin devenait sage-femme, et Mrs. Jones, fireman.

      Dame Greco en profite pour apporter une nouvelle contribution au point n° 79, « LA FEMME, LE FEMINISME ET LA LANGUE » :

      • Très jolie citation, mais perso l’idée d’un langage universel me déplaît profondément. Chaque langue constituant une grille de lecture du réel, la diversité des langues permet à tout étudiant de réaliser qu’on peut penser le monde de plein de façons possibles.

        Et ça, c’est cool. :-)

      • Oui, quelques rêveries étranges se sont glissées ici et là, mais un langage universel relèverait davantage de l’utopie. Dans cet extrait, j’avais plutôt retenu une vision évolutive de la langue et du sens, puisque Rimbaud est le premier à se contredire en fin d’argumentation, où il évoque les variations des « mondes d’idées », et l’accueil enthousiaste que le poète doit réserver à la nouveauté, à « l’inconnu ».

        Anticipait-il ses propres incohérences? Espérons que non; les odieux connards se retrouveraient sans emploi… Une nouvelle utopie, sans doute.

  69. Cher Odieux,

    Je viens d’apprendre hier soir que le terme « LOL » allait entrer dans le dictionnaire. Un commentaire ?

  70. Au sujet du si controversé « mademoiselle » (trois ans après la bataille mais c’est pas grave, le net n’est pas à un commentaire inutile près) : et si, pour commencer, on s’interrogeait vraiment sur la logique qui a conduit à différentier, dans les documents administratifs, « mademoiselle » de « madame » ?
    Sachant que, lorsque la connaissance de la situation maritale est vraiment nécessaire (calcul des impôts par exemple), elle fait l’objet d’une question dédiée sur les dits documents, peut-être n’est-ce pas réellement ce qui importe dans la distinction « mademoiselle » / « madame » ?

    De fait : le principe de toute administration, c’est d’être confrontée à une masse d’informations telle qu’elle se doit, pour minimiser tant les erreurs que les fraudes, de rationaliser sa manière de traiter l’information ; et notamment, de s’assurer du suivi d’un administré, d’un acte, d’un document à l’autre. Le plus fiable, ça reste encore l’attribution d’un numéro avec suffisamment de chiffre, mais les numéros, c’est pas pratique à manipuler. À l’ère de l’informatique ça peut paraître dérisoire, mais essayons de ne pas aller plus vite que l’histoire.
    Qui ici connaît son numéro de carte d’identité par coeur ? J’ai peut-être tord, mais en ce qui me concerne, je ne connais pas le mien – en général, donner mes nom et prénom suffit à me faire identifier.

    Alors, Madame, Mademoiselle, quelle importance ? Plus que le statut marital dont bon nombre d’administrations n’ont que faire, le statut patronymique. Parce que pour peu qu’une femme se remarie une ou deux fois, en changeant de nom à chaque fois – et même si les législations et les pratiques sont en train de changer sur le fait de prendre le nom de son mari – s’assurer de son suivi dans un fichier administratif quelconque peut devenir un véritable casse-tête. Pour aider le pauvre clerc, on a donc cette balise d’avertissement qu’est le « madame » : il y a fort à parier qu’une « Madame untel » s’appelait précédemment « Mademoiselle truc » et qu’il convient donc de ne pas créer une nouvelle entrée dans le fichier des administrés, mais de relier ce nouveau patronyme à l’identité précédente…
    C’est pas plus compliqué. La logique administrative, c’est souvent bien plus bête que méchant. Et tant que les femmes qui se marient continuent à perpétuer la pratique (sexiste sans doute aux origines, mais aujourd’hui simplement conventionnel) de changer de nom lorsqu’elles se marient, les administrations n’ont aucune raison valable de jeter par la fenêtre leurs cases « madame » et « mademoiselle ».

  71. Merci M. Connard, c’est vraiment un excellent article. Le pivot final (sans « P » majuscule) basculant directement d’une critique fondée de l’Académie et de l’EN vers une critique des dérives actuelles du féminisme est aussi surprenante que douce à lire.
    La seule fôte que j’aie pu relever, c’est un « des dites » au lieu d’un « desdites ».
    Félicitations, et merci encore.

  72. Pingback: INSOLITE : La baisse de niveau | Les Trouvailles·

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