Rencontres multilatérales

Sa table était discrète, dans un coin du bar, à peine éclairée par une minuscule lampe. 

Elle était assise sur un petit siège au cuir probablement aussi soigneusement entretenu que le sien. Là, on la voyait lire silencieusement un minuscule ouvrage, probablement un recueil de nouvelles ou de poésies trouvé dans l’une des nombreuses librairies à qui parsemaient la rue. Son visage aux traits fins semblait serein et balançait parfois brièvement au son de la légère musique qui flottait dans l’air de ce coin de zinc réputé du tout Paris. A plus d’une reprise, je surpris l’un des mâles du lieu lui jeter un discret regard lorsqu’elle passait sa main au travers d’une longue mèche de fins cheveux châtains avant de la redéposer avec délicatesse sur sa table, faisant bien attention à ne pas renverser son cocktail ce faisant. La chaleur de ce refuge dans un hiver qui ne semblait jamais finir de l’autre côté de la vitrine l’avait poussée à retirer son manteau pour révéler une tenue choisie avec soin, mariant une veste aux tons sombres et un chemisier clair, où derrière quelques boutons détachés, l’on devinait un ouvrage fort convaincant de Mère Nature. 

Lorsque je me suis assis en face d’elle, son sourire a révélé une rangée de dents d’une blancheur impeccable, contrastant à la perfection avec son discret rouge à lèvres. Nous ne nous connaissions pas réellement, seuls quelques échanges électroniques nous avaient mis en contact, et ce soir, nous nous rencontrions pour la première fois. Elle s’appelait Maud et était belle et douce, comme l’un de ces flocons, là, dehors. 

Nous avons longuement discuté : elle aimait Bach, j’aimais Beethoven. Elle avait fait partie d’une chorale, j’avais chez moi l’intégrale des cantiques latins du chœur de Notre Dame. Elle jouait au golf, je jouais au polo. Elle n’habitait pas loin, je n’avais pas envie de reprendre ma voiture. 

Nous nous sommes levés et sommes retournés dans le froid mordant d’un mois de février à Paris. 

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C’est fou le nombre de personne que l’on peut rencontre sur Gauche Rencontre et Droite Rencontre.

Comment ? Vous ne connaissez pas ? Sots que vous êtes, tenez : 

 

Gauche- Rencontre

Droite-Rencontre

 

« On est déjà d’accord sur un point ! » vous explique la petite page d’accueil sur chaque site. 

C’est vrai ; bien s’entendre politiquement est un bon début pour les bases d’une relation saine. Du coup, de droite ou de gauche, voilà au moins un centre d’intérêt commun qui vous unira à votre ami(e) et ne sera pas source d’engueulade. 

Essayons de voir ce que cela peut donner, en donnant tout d’abord la priorité à la droite, sécurité routière oblige.

Va faire bosser pour faire avancer la France au lieu de surfer sur le net, non mais

Tout d’abord, sur droite rencontre, les gens sont grands, blonds et aux yeux bleus, ce qui est bien naturel tout de même : mettre Mamadou N’Gomma en tenue de chantier son gros outil à la main aurait pu donner une mauvaise représentation de la frange conservatrice de la population (conservateur, c’est pas moi qui le dit, c’est la presse internationale. Il n’y a que dans le Figaro que la droite est l’aile progressiste du pays, et encore). Et surtout, on peut trouver cette petite légende au bas de la photographie : 

« Rencontrez de gens qui ont la même conception de la vie que vous. La famille, l’éducation, le travail, la culture, la tradition…Construire sur la même base pour se donner toutes les chances de réussites. On est tous responsable de son bonheur, autant s’arranger pour que ça marche. » 

C’est vrai que c’est important tout ça. A noter que lorsque l’on aime vraiment les traditions, on rencontre son futur époux au bal des débutantes ou en demandant à papa quel est le meilleur parti de la ville (« La petite de chez Darty, elle est bien« , disait un célèbre papa à son fiston). Mais bon. 

Cependant, je sens qu’une question vous taraude : « Bon alors, c’est une bonne idée ou pas ce genre de site ? » ; vaste question. Pour ce faire, essayons d’analyser tout ça scientifiquement à l’aide de personnages que nous connaissons vous et moi, évitant ainsi tout parti pris. Bon, il nous faut donc commencer avec un(e) candidat(e) appréciant la famille, l’éducation, la tradit… ha, c’est bon je sais, vous bilez pas. 

Kristine Boot-1 vient de se connecter 

Erik B-Son. vient de se connecter  

Erik : Bonjour Kristine ! Je viens de cliquer sur ton profil : moi aussi j’aime les belles et grandes familles !
Kristine : Bonjour Erik, tu es nouveau ? Je ne t’avais jamais vu ici !
Erik : Oui, j’ai fait une fausse manip’, j’étais sur gauche-rencontre jusqu’ici. Mais me voilà.
Kristine : Bienvenue ! Je note que toi aussi tu parles un français correct. Ca fait plaisir sur internet !
Erik : Oui, c’est le minimum lorsque l’on est en France de parler français, mdr.
Kristine : Pas comme tous ces bicots bougnouls rastacouères sudistes au teint hâlé
Erik : En effet Kristine. Ces gens là, il faudrait les renvoyer dans leur pays. Et leur retirer des droits, ils en ont déjà trop.
- Erik B-Son vient de modifier son statut en « travaille sur un nouveau projet de loi pour réduire les droits des immigrés, ces nantis »
Kristine : J’aimerais bien te rencontrer, tu as l’air intéressant.
Erik : Si tu veux, je serai sur le tarmac de Roissy ces prochains jours ; on pourrait regarder les charters partir ensemble ?
Kristine : Ho, ce serait tellement romantique ! Tu es un vrai français, le romantisme est partie intégrante de notre identité nationale !
Erik : En effet ; et après Roissy, si tu veux, on pourra aller chez moi que je te démonte la boîte à schtroumpfs montre ma collections de Pins UMP ?
Kristine : Si tu penses au péché de chair, c’est non. Pas avant le mariage en tout cas, sans union de nos âmes et de nos coeurs devant notre Seigneur Tout Puissant, il est impossible de concevoir l’idée de se reproduire ensemble.
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Erik s’est déconnecté  

Erik a changé son statut en « Put1 fé iéch’ jvé ancor dormir sur la békille » 

Erik est en effet fort déçu : les vrais conservateurs ne fonctionnent pas comme ça, ils ne vont pas copuler gaiement sur le premier site de rencontre venu. Ce qui forcément, laisse peu d’intérêt au site. A noter que par ailleurs, il aurait pu tomber sur Navy_Le_pN, et discuter longuement avec elle. Voire entamer un t’chat à trois avec Arlet_it_be-ChabiChabo, mais il a joué de malchance. C’est le jeu, Erik, sur droite rencontre, la réussite ça se mérite. 

A noter que sur droite rencontre, on prend soin de cacher tout ce qui ressemble de près ou de loin à un minaret : dans les conditions générales d’utilisation (CGU), vous pourrez trouver un endroit expliquant les différentes applications disponibles, parmi lesquelles le « salam« , expression que tous les membres connectés peuvent lire (on le trouve dans le CGU quasi-identique de la version « de gauche » du site). Sonnant un poil trop barbu, le terme s’est mystérieusement mu en « expression » sur droite rencontre. Évidemment, cela n’est qu’une coïncidence. 

Bien, quittons notre droite et allons vers notre gauche en passant par le centre. Pas encore mis en place, je vous propos de découvrir Centre Rencontre, le futur site de rencontre des centristes en quête de rencontres molles (un centriste tout dur devient aussitôt un paradoxe pour lui-même et disparait instantanément). 

Un flan. Je vous assure, cette légende se suffit à elle-même.

« Sur Centre Rencontre, nous prenons le meilleur de Gauche Rencontre et de Droite Rencontre ! » ; tout comme en politique, Centre Rencontre respecte le vieil adage qui fait tenir la maison branlante centriste : « Nous, on prend le meilleur de la gauche et de la droite » ; principe un peu nouille, puisqu’on imagine mal la gauche ou la droite se dire « Hey les gars ! On a une idée de merde, il faut absolument qu’on la prenne, puisqu’elle est de chez nous ; ah, et dire que si l’on était au centre, on ne garderait que les meilleures… » 

La page d’accueil n’est pas encore en ligne, mais nul doute qu’elle représentera tout ce que le centre a de meilleur : un flan au caramel faisant floutch-floutch lorsque vous passez votre souris dessus, un portrait de François Bayrou ou tout autre objet mou et profondément centriste. Mais observons plutôt ce t’chat de 1997 issu d’une version beta. 

VGE Sexyboy vient de se connecter 

Lady :-D vient de se connecter 

VGE : Bonchoir Lady
Lady : Good evening VGE !
VGE : Hooo, mademoijelle, vous êtes très chéduijante chur votre photo de profil.
Lady : Thanks VGE.
VGE : J’adore l’Angleterre et l’anglais. Ch’est une très jolie langue.
Lady : Do you like music ?
VGE : Je joue de l’accordéon. Ch’est funny.
Lady : lol, you’re so nice, and you look sooo cute ! Could we meet somewhere soon ?
VGE : A Paris ?
Lady : Yes !
VGE : Et bien oui… Rendez-vous sur la rive droite de la Cheine ; elle est chi belle en chette chaison.
Lady : Okay ! See you soon !
VGE : Pachez par le pont de l’Alma, vous éviterez bien des embouteillages. Et n’oubliez pas : ch’est pas parche qu’on est chentriste qu’on doit rouler au chentre ! Ho ho ho. Est-che drôle !
Lady : LOL ! Here I come ! <3
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Lady s’est déconnectée 

Cette conversation entre deux anonymes semble démontrer qu’au Centre, la séduction se ferait plus naturellement ; d’ailleurs, si ce t’chat ne le montre pas, Lady a elle même finie très ouverte et relativement molle, comme une vraie centriste de l’extrême ; mais c’est une autre histoire. A noter que dans les conditions générales d’utilisation, les « expressions » ou « salams » sont ici remplacées par des « Pfouiiiit« , qui permettent « d’envoyer un message mou à tous les connectés« .  J’en conclus donc que Centre-Rencontre aurait bien plus d’avenir que Droite-Rencontre, précédemment étudié.

Maintenant que nous avons abordé le centre, terminons sur notre gauche, avec Gauche Rencontre. On peut y noter que les jeunes de gauche sont des fous qui portent des boucs et refusent de partager jusqu’à la couleur des yeux de leurs ennemis héréditaires de droite. Quelle bande de joyeux rebelles, alors. 

Le site toujours saturé par les hordes d'assistés qui passent leurs journées sur le net

A noter que contrairement à droite rencontre dont le sous-titre est : « Site de rencontre pour ceux qui veulent bien discuter politique, mais pas se disputer toute leur vie ! », gauche rencontre se légende « Site de rencontre pour ceux qui veulent bien discuter politique, mais pas au lit ! » ; apparemment, ce serait donc une mystérieuse habitude des non-gauchistes que de parler politique au plumard : 

« Ha !
- Ho !
- Haaa !
- Hooo !
- Haaaaaa !
- Hooo… attends…attends pas tout de suite j’y suis pres…
- Haaaaaaaaaaa ! Trop tard, haaa… houuu… pfou….
- Mais ? Petit salopard, et moi alors ?
- Haha, 49-3, je ‘n’ai pas besoin de l’assemblée pour jouir. Et puis le plaisir, ça se mérite, tu n’avais qu’à travailler plus, sale assistée. »
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Un monde mystérieux, donc. En attendant, comment se déroule parade amoureuse du gauchiste en rut ? C’est un bien grand mystère, qui tourne autour de notions comme « congrès« , « motions« , « parti » et « de toute façon t’es de droite » (l’insulte préférée de l’homme sauvage de babord) ; on dit qu’en général, les gauchistes se reconnaissent entre eux lors de grands rassemblements appellés « manifestations » durant lesquels les mâles dominants se font reconnaître grâce à leurs mégaphones. 

Tout se finit bien souvent dans un petit local ombragé, où vautré dans des affiches « Sarko est méchant » (la gauche a souvent de fameux slogans), de longues étreintes se font entre fiers combattants de la liberté, qui n’hésitent pas à vouloir collectiviser tant les entreprises que les femelles lorsqu’ils commencent à avoir faim.

Pourtant, Gauche-Rencontre est inutile car il en existe une version gratuite et tout aussi navrante (bien que très officielle) : 

La CooPol

La CooPol, c’est le Facebook de gauche, nouvelle arme du PS pour rassembler ses troupes et gagner en 2012. Dans la CooPol, tu peux te faire des « CooPains » et des « CooPines » (les jeux de mots sont authentiques, hélas) ; il reprend ainsi tout le principe du plus célèbre des réseaux sociaux, mais en moche (ho, comme le vert fluo se marie bien au rouge pétard !), pas pratique et avec des fautes d’orthographe qui se promènent de-ci de-là. Et uniquement bourré de crypto-marxistes, oui madame, parce que bon, quelle idée d’utiliser Facebook, là où il y a des gens à convaincre pour militer… ils sont forts.

Sur la CooPol, tu pourras donc draguer comme un dingue qui tu le souhaites sans dépenser un euro, tout en te tapant des milliards d’invitation à des évènements aussi passionnants que « Présentation du nouveau tract contre Sarkozy à Tinqueux » ou « Pour une flash-mob devant la mairie de La Française jeudi prochain« . Quelle puissant outil quand on y pense tout de même.

Alors mesdames, messieurs, soyez sympas : évitez que la CooPol ne serve à rien à nos amis de Gauche, utilisez la comme un site de rencontre gratuit.

C’est pas dit que ça les fasse gagner en 2012, mais au moins ça leur permettra de se détendre un peu entre deux branlées.

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Lorsque Maud se réveilla, la place à côté d’elle dans le lit était vide ; elle se couvrit chastement d’un simple drap et chercha des yeux des vêtements masculins, parmi les siens trainant au sol. Il n’y en avait pourtant plus. La seule trace du passage de son amant d’une nuit était ce verre de whisky encore plein au tiers qui reposait sur la table basse du salon de son loft du XVIe arrondissement de Paris. Et peut-être un je ne sais quoi dans l’air, une odeur musquée rappelant la nuit agitée qu’elle venait de passer. 

Ce n’est que lorsqu’elle se rendit dans la salle de bain qu’elle constata que l’odeur qu’elle sentait n’avait rien du musc : sur le miroir, là où elle espérait un numéro de téléphone, elle avait trouvé écrit avec quelque matière fécale probablement issue de la litière féline renversée juste à côté du bidet : 

« Une de plus ! Merci droite-rencontre ! » 

Dans le cadre de la glace, quelqu’un avait glissé une carte d’un parti politique de gauche. 

Elle fondit en larmes. 

 

73 réponses à “Rencontres multilatérales

  1. Ô cruelle littérature,
    à mes chastes oreilles,
    des horreurs tu murmures:
    « Favorise-moi!! »

    Ce qui est bien avec ce blog c’est qu’on découvre des choses qui laissent vraiment baba, de quoi dérider les plus blasés. Mais décidement la politique ça devient vraiment du grand n’importe quoi, et franchement ça donne pas envie d’aller voter tout ça, tss tss…

    • Ha, par contre, il faut aller voter les enfants. Quitte à voter blanc ou Odieux Connard (bien que je crains que ces voix ne puissent être comptabilisées pour certains candidats).

  2. Affligeant. Cependant vous n’avez rien perdu de votre maestria !
    Envoyez ce dossier à un magazine People, on entend plus assez parler du couple Nicolas/Carla !

  3. Les partis politiques ressemblent de plus en plus à des sectes hystériques, et l’idéologie est remplacée par une connerie omniprésente.

    Pauvre France.

    Typhon

  4. Mais, mais, mais… Ce sont de vrais sites ? C’est pas des blagues genre xkiouze.com ? Damn !
    PS: le lien de la CooPol est pas bon, l’url est concaténée à la suite de l’url de cet article.

    • On remarquera également qu’on montre plus ses seins à droite qu’à gauche.

      Il me semble que ces sites étaient en effet des fakes, du moins cela a été avancé comme « marketing » au moment du lancement initial des sites (qui ne devaient ouvrir que le 14 février 2010).

      Un courageux volontaire dans la salle ? (ou pas courageux, ni même forcément volontaire, on s’arrangera)

  5.  » […] on imagine mal la gauche ou la droite se dire « Hey les gars ! On a une idée de merde, il faut absolument qu’on la prenne, puisqu’elle est de chez nous […] »  »

    Certes, ils ne se le disent pas forcément, mais c’est pourtant bien ce qui arrive : point de remise en question de la pertinence des idées et tant pis si on va dans le mur, au moins on le fait tous ensemble, youpi !
    Je m’étonne encore que l’espérance de vie moyenne d’un(e) politicien(ne) dépasse celle du lemming…
    Quant au vote blanc, son utilité reste modérée (doux euphémisme) puisqu’il n’est pas comptabilisé comme tel.

    • La comptabilisation du vote blanc est un vaste débat, il est vrai. Pour ma part, je trouve regrettable que l’on ne compte pas les voix de celles et ceux qui estiment ne pas trouver « leur(s) » représentant(s) parmi les choix possibles.

      Quant aux partis, ils subissent la discipline de groupe, qu’ils fussent de gauche, droite, centre… Une fois qu’un chef a assis son autorité et trouve ce qu’il pense être une super idée, il demande aux autres de suivre sans sourciller. « Sinon, c’est le bordel ».

      Ha, si tous les élus votaient en leur âme et conscience, et non en suivant des consignes…

      Mais nous entrons ici dans un autre débat là encore, encore plus vaste. Et de beaucoup.

      • Croyez bien que je le déplore aussi, dans la mesure où ça pourrait donner un aperçu du mécontentement général tout en évitant un bordel innommable de votes contestataires comme en 2002 avec le borgne (Godwin : lancé !). Ceci dit ça donne aussi des trucs « inattendus » comme Hulot en 2007, crédité pendant un temps de je ne sais plus combien d’intentions de votes.
        Pour recentrer le(s) (d)ébat(s) sur le sujet de départ, j’ai souvenir d’un réquisitoire du tribunal des flagrants délires du sieur Desproges qui faisait état de la coexistence d’une vie politique ET sexuelle. Celui de Paul Quilès plus exactement (dont je ne trouve pas de lien d’écoute, malheureusement… Pour une fois que je tenais un truc intéressant…).

      • le voila le lien du réquisitoire sur Paul Quilès ( un des meilleurs effectivement d’ailleurs ) . Continuons d’élever le débat car nous stagnons Dieu me tripote, merci mon Dieu.

      • Le vote blanc est recensé, archivé, il fait bien dodo dans les cartons de l’Etat mais il n’est pas pris en compte dans les résultats des votes. Donc, il n’a malheureusement aucun intérêt… C’est une faille dans le système, et je dirais même dans le système démocrtique. Et, encore malheureusement, on entend pluS parler des records d’abstention et de leurs significations que des votes blancs (c’est pas dur, on n’en parle – forcément – jamais ^^). C’est donc que, quelque part, l’abstention est, elle, (un peu) entendue.

        J’ai voté, pour des vrais gens. Puis j’ai voté blanc. Puis je suis devenue fonctionnaire, j’ai vu ce que c’est un élu. Je vote plus.

        Pardon, je raconte ma vie. C’est que je me sens comme à la maison :)

      • Faites comme chez vous : en tant que fonctionnaire, vous avez tout votre temps pour squatter chez autrui.

      • Je me permets de répondre à Typhon dans un nouveau message parce qu’à force de réponses, les cadres deviennent ridiculement rikikis.

        Tu dis que croire et faire croire que le vote blanc est un moyen de protestation c’est nuire à la démocratie. Pouvoir faire entendre saa voix, c’est pas ça, justement, la démocratie?
        mais le truc c’est que normalement, la Démocratie devrait inclure une oreille attentive… c’est malheureusement pas le cas. d’où l’adage « La dictature c’est « Ferme ta gueule! » et la Démocratie c’est « Cause toujours! ».

        tu ajoutes « ceux qui s’en moquent le plus, les abstentionnistes » : mais où t’as pêché que les abstentionnistes d’une s’en foutent, et de deux s’en foutraient pluS que les votants???

        Et d’après ce que je lis de toi, de toute façon, qu’on s’abstienne ou qu’on vote blanc, on n’est forcément coupables ou responsables du résultat. Ca revient à dire ce que j’ai déjà entendu dans la bouche d’une amie « Tu votes pas?!! Mais voter c’est un DEVOIR ! »
        Bah non, voter c’est un droit et j’en ai marre de lire/entendre/voir/subir le refrain de la culpabilité claironné par tout le monde (et à tous les sujets d’ailleurs). On nous culpabilise de pas vouloir participer à octroyer le pouvoir à quelqu’un qu’on aurait bien envie de tarter (et là je vise personne en particulier, tous les politiques me donnent de l’urticaire…)

        Quoi qu’on vote, quoi qu’on fasse, quoi qu’on vote pas, quoi qu’on fasse pas, on est toujours coupables… et ça… ça me bouffe put**n !!!

        Comme je l’ai dit plus haut, j’ai arrêté de voter quand j’ai vu ce que les élus sont, ne serait ce qu’au niveau local. droite, gauche, et même extrême gauche… TOUS ont les mêmes comportements, le même regard, les mêmes enjeux, les mêmes désirs, le même manque de respect, la même condescendance.
        Et partout, les mêmes injustices, les mêmes carriéristes… Je gerbe sur la politique. désolée…

        Mais je ne vote plus, également parce que le système dans lequel je suis née est un système vertical à pouvoir uniquement descendant et le droit de vote n’est qu’un outil, une excuse pour mettre un roi et sa cour à la tête d’un peuple (peu importe la taille du territoire) qui n’a en fait aucune emprise, aucun empire sinon la cage de son confort matériel et intellectuel.

        La culpabilité est un excellent traitement contre l’esprit de contestation.

        « Mais de quoi tu t’plains??? »

        ou le fameux

        « Mais nos ancêtres ont versé leur sang pour qu’on puisse voter!!! »

        mh…………

        Bon, j’arrête là… sinon je vais parler (toute seule encore !) de Condorcet et tout et tout… :D

  6. Je vais peut-être vous paraître un peu méchant, mais à mon avis, toutes ces histoires de comptabilisation du vote blanc, c’est de la couille en bars (c’est tellement de la couille que la pression résultante se mesure en bars, ne croyez pas que c’est une fote d’aurtaugrafure).

    En effet, à partir du moment où il y a élection à une échelle suffisamment grande, que l’on vote blanc ou non, les candidats pourront toujours être ordonnés selon le nombre de voix reçues, de sorte que l’on pourra toujours déterminer qui est premier, deuxième, troisième.

    Certe, « comptabiliser le vote blanc » permettrait de réduire le pourcentage accordé à chacun des candidats, mais comme ça n’a aucune espèce d’importance, puisque ce qui compte, c’est qui arrive en tête, c’est franchement pour le plaisir pervers d’enculer les mouches que l’on insiste autant sur ce truc.

    Ou alors j’ai raté quelque chose ? J’ai pas toujours été très attentif pendant les leçons de démocraties, j’envoyais des avions en papiers sur la maîtresse.

    Typhon

    • L’abstention peut servir à faire de la contestation, mais comme c’est une action passive cela laisse aux z’hommes politiques une porte de sortie : pour eux, c’est du désintérêt, donc pas de remise en question.
      Le vote blanc en revanche est actif et montre le mécontentement/désaccord des votants par rapport aux candidats.
      Bon ceci dit c’est vrai que je doute que ça fasse changer du jour au lendemain les politiques, mais tard le soir je me plais à rêver que ça pourrait être un petit plus, une manière pour moi d’exprimer mon avis et d’avoir l’impression d’être utile. Après je lance youpron en général, pour équilibrer.
      Et oui, ça reste de l’ordre du coït rectal de diptère commun, mais moi j’aime ça. Pas vous ?

      • Moi, ça dépend des jours.

        Donc en fait, si j’ai bien compris, c’est de la naïveté pure de gens qui n’ont pas encore compris exactement le monde réel.

        Pour information, quand 55 % des votes exprimés par les votants ont REJETÉ, ce qui est bien plus fort qu’un vote blanc, un certain traité, nos représentants élus se sont à peine donné la peine de le remaquiller avant de l’accepter comme un seul homme, dans une harmonie de l’opposition et de la majorité qu’on ne voit pas souvent.

        Alors, si ces gens qui n’ont pas eu peur d’aller explicitement contre la volonté du peuple modifient leur comportement quand ils verront que des gens votent blanc, je veux bien être condamné à traduire le programme du parti socialiste en javanais.

        Typhon

      • Lisant les écrits de monseigneur Connard, je doute qu’on puisse apposer le qualificatif de pur à mon cas : j’ai bien conscience du côté utopique de l’effet du vote blanc sur la classe (huhu) politique. Je me dis que ça pourrait être mieux que ce qu’on a maintenant, c’est tout.
        Après je ne suis pas sûr de comprendre l’exemple du référendum : c’est pour illustrer le côté « je fais c’que j’veux ! » des élus ? Montrer l’inutilité du vote blanc dans ce cas-là ? Les deux ?
        Je suis d’accord pour dire que le vote blanc n’est rien en comparaison d’un refus clair et net, mais c’est vraiment difficile de le rendre utile dans un vote comme celui-ci où on a une question fermée avec oui ou non comme réponse : il ne peut clairement pas se substituer au « non ».
        En revanche sur une élection, le blanc prend un sens de « aucun des pignoufs présents » qui a valeur de refus général.
        Et oui, je pinaille encore, pardon, pardon…
        *parti se faire flageller pour expier*

      • Tu te dis que ça pourrait être mieux, mais pourquoi te dis tu ceci ?

        L’exemple du référendum de 2005 est excellent à plusieurs titre.

        D’abord, il montre bien que la manière dont le peuple vote est le cadet des soucis de nos gouvernants.

        Ensuite, il illustre bien l’absence de différence entre les deux partis majoritaires, qui étaient pour (il y avait des dissidents dans les deux camps, mais je parle des positions officielles de ces partis suivies par la plupart de leurs députés).

        De plus, dans une élection présidentielle, élection majeure de la vie politique française, il y a deux tours, sauf si le candidat en tête au premier fait plus de 50 % (et déjà que c’est improbable en l’état actuel des choses, qu’est-ce que ce sera si on comptabilise le vote blanc).

        L’objection que le référendum est une question fermée et pas l’élection ne tiens donc pas, puisqu’il y a deux tours et que le deuxième tour est strictement équivalent au référendum en termes d’options.

        Maintenant, on pourrait se demander, pourquoi je suis opposé à la comptabilisation du vote blanc, alors que l’opinion que j’exprime est que ça n’a aucune importance ?

        Parce que même si, en soit, ça n’en a pas, ça peut être instrumentalisé pour détourner le débat de problèmes plus graves, et instiller dans l’esprit des gens l’idée qu’ils peuvent protester de cette manière peu fatigante pour le corps et l’esprit.
        De cette manière, rien ne change vraiment, mais les gens ont l’impression d’avoir protesté, et de n’être pas responsable de l’état actuel du pays.

        Or, rien de plus faux. Une élection présidentielle, c’est un choix auquel on ne peut pas échapper, puisque même ceux qui s’en moquent le plus, les abstentionnistes, sont responsables de ce qui arrive ensuite, puisqu’en refusant de voter ils ont donné plus de poids au vote des autres.

        Si on n’est pas satisfait de l’état actuel de la politique, la solution ne consiste pas à voter blanc, puisque le vote blanc, comptabilisé ou pas, n’a aucune incidence.

        La solution consiste à trouver des gens qui partagent tes idées et à les propager. La solution consiste dans l’expression politique, la plus bruyante possible (au sens métaphorique).

        Croire et faire croire que le vote blanc est un moyen de protestation, c’est nuire à la démocratie.

        L’enfer est pavé de bonnes intentions.

        Typhon

      • « Tu te dis que ça pourrait être mieux, mais pourquoi te dis tu ceci ? »

        Euuh et bien parce que je trouve que ce n’est pas assez bien ? C’était une question rhétorique ? J’ai du mal à voir ce que vous voulez dire…

        « L’objection que le référendum est une question fermée et pas l’élection ne tient donc pas, puisqu’il y a deux tours et que le deuxième tour est strictement équivalent au référendum en terme d’options. »

        Faux : il y a équivalence en terme de NOMBRE d’options de départ. Dans le cas du référendum, on est bien d’accord que c’est une question fermée, on n’y répond que par oui ou par non. Pour l’élection, la question posée est « Qui voulez-vous ? », une question ouverte par définition. On peut donc techniquement y introduire une troisième réponse du style « aucun des deux » (et techniquement toujours, le bon vieux « sans opinion » des familles qui risque de vous faire hurler, je le crains ^^).
        J’ai du mal à adhérer au militantisme politique envers un candidat (qui vire parfois même au sectarisme), à être entièrement d’accord avec l’un et entièrement en désaccord avec l’autre (partons du principe qu’il s’agit d’un second tour). Par conséquent, je ne peux pas les considérer comme des options « oui » et « non » (cela étant, je suis d’accord pour dire que quand bien même on se retrouverait dans le cas où l’option « aucun des deux » avait le plus de votes, ce serait toujours un des deux qui l’emporterait, c’est évident, je ne donne pas de rôle de candidat fantôme au vote blanc).

         » […] les gens ont l’impression d’avoir protesté, et de n’être pas responsable de l’état actuel du pays. Or, rien de plus faux. Une élection présidentielle, c’est un choix auquel on ne peut pas échapper, puisque même ceux qui s’en moquent le plus, les abstentionnistes, sont responsables de ce qui arrive ensuite, puisqu’en refusant de voter ils ont donné plus de poids au vote des autres. »

        Gare, tous les abstentionnistes ne sont pas forcément des je-m’en-foutiste. De ceux que je connais, une écrasante majorité me « confesse » que la comptabilisation du vote blanc les inciterait justement à retourner voter. De plus ils ne considèrent pas qu’ils se déchargent de leur responsabilité : pour reprendre les termes de l’un d’entre eux, ils indiquent qu’ils ne cautionnent pas les choix actuels. Et s’ils n’agissent pas d’un point de vue national sur le plan politique, leur implication locale n’est pas à remettre en question (mais je digresse, pardon).
        En revanche j’ai plus souvent croisé cette dé-responsabilisation chez les partisans du candidat n’ayant pas été élu, au motif que « ce n’était pas notre choix », accompagnée d’une résignation post « on a fait tout ce qu’on a pu, ça ne servira pas à grand-chose de faire plus ». Et nous sommes d’accord sur ce point, cette résignation n’a pas lieu d’être puisqu’il y a toujours quelque chose à faire.
        Cependant mes écrits n’ont pas valeur de parole d’évangile, ce n’est sûrement pas représentatif de tous les individus, il ne s’agit que de mon entourage.
        De quels « autres » parlez-vous ? Ceux dont le candidat a remporté l’élection ? C’est comme cela que je le comprends en tout cas, vu comme vous indiquez la responsabilité des abstentionnistes à la situation qui découle de leurs actions. Me trompe-je ?

         » […] ça peut être instrumentalisé pour détourner le débat de problèmes plus graves […]  »

        Là, en grand candide de mon état, je vous avoue n’y avoir pas pensé. Si vous avez des exemples, je suis preneur, instruisez-moi.

         » […] qu’est-ce que ce sera si on comptabilise le vote blanc. »

        Oui d’ailleurs, le vote blanc apparaît dans les résultats en tant que vote nul, ou est rangé avec les abstentions ?
        Vous reconnaissez malgré tout son importance en terme de proportions si vous le considérez à même de mettre le boxon dans les résultats (en tout cas d’un point de vue mathématique).
        Vous ne le jugez pas assez important pour avoir une influence majeure, soit. Disons que je le considère comme un tremplin vers une implication plus importante dans la vie politique (et non pas un pis-aller comme vous me paraissez le penser), avec pourquoi pas à la clé l’expression politique telle que vous la décrivez.

        Pour ma part, j’ai du mal à croire qu’une implication politique à grande échelle puisse sérieusement changer les choses. Là, c’est mon côté pessimiste qui parle, mais l’inertie du système est telle qu’à mon sens on en fait partie avant d’avoir pu le changer (à moins de s’affranchir des règles du système dès le départ, c’est-à-dire la révolution en bonne et due forme).
        Le cas Bayrou l’illustre bien, il y a certes eu une impulsion pour se défaire de l’organisation binaire (je ne sais pas si je peux vraiment l’utiliser dans ce sens, corrigez-moi si je me trompe OC) actuelle, mais qui s’est essoufflée assez rapidement (sa gestion du mouvement y est à mon avis pour beaucoup). Malgré cela, l’engouement qu’il a suscité au départ me montre une certaine volonté de la part de certains de profiter de la première opportunité « valable » pour manifester un choix différent, voire un refus. La comptabilisation du blanc me semble être une de ces opportunités.
        Et pour finir même si j’ai des doutes quant au succès de l’action politique au niveau national, je n’en ai aucun pour le niveau local, dans lequel je m’implique quand cela m’est possible.

        J’ai plaisir à débattre avec vous, Typhon. J’ai le sentiment que nous allons malheureusement vite arriver aux convictions profondes de chacun et que le débat va être épuisé. Vous allez me manquer :P

      • Donc, l’Odieux Connard est de gauche. Peut-on en conclure que les gauchistes sont d’odieux connards ?

      • L’Odieux Connard est divers & gauche, mais après, de gauche, c’est quelque chose de plus que contestable.

        Par contre, oui, les gauchistes sont d’odieux connards.

  7. jsuis qu’une *erde… j’ai cru répondre ici et pis… bon ben, désolée.
    Typhon, je t’ai répondu quelque part par là haut ^^

    un long baratin stérile :)

  8. « Pouvoir faire entendre saa voix, c’est pas ça, justement, la démocratie? »

    Non. La démocratie, c’est littéralement le gouvernement par le peuple.

    Pouvoir faire entendre sa voix, c’est la liberté d’expression.

    D’aucun argueront que la démocratie dépend de la liberté d’expression, et que le distinguo est spécieux, reste qu’il me semble utile.

    Cela étant dit, admettons que la démocratie implique de pouvoir faire entendre sa voix, quel intérêt si c’est pour ne rien dire ? Autant ne rien dire, ça permettra de laisser du temps de parole à ceux qui ont quelque chose à dire.

    « mais le truc c’est que normalement, la Démocratie devrait inclure une oreille attentive…»

    Oui… Mais encore une fois, il faut qu’il y ait quelque chose à entendre. Le vote pour le candidat Machin envoie un message clair : « je vote Machin, il a ma préférence par rapport aux autres, pour telle raison » (on ne discutera pas de la pertinence de la raison invoquée, c’est un autre débat).

    A contrario, ne voter pour personne, c’est envoyer une enveloppe vide, littéralement et métaphoriquement, et quand on reçoit une feuille blanche par la Poste, qu’est ce qu’on peut bien en penser ?

    « tu ajoutes « ceux qui s’en moquent le plus, les abstentionnistes » : mais où t’as pêché que les abstentionnistes d’une s’en foutent et de deux s’en foutraient pluS que les votants??? »

    C’est une déduction logique à partir de deux axiomes :

    Les élections présidentielles sont un choix
    Les gens sont cohérents avec eux-mêmes. C’est à dire que leur attitude reflète leurs idées et réciproquement

    On peut contester le point numéro 2 (en fait c’est faux, on le verra plus bas), reste que ma ligne de pensée, qui n’aime pas les contradictions, décide de ne pas tenir compte des paroles des gens, juste de leurs actes.

    Une élection présidentielle étant un choix, ceux qui n’y participent pas choisissent de subir le choix des autres, quel qu’il soit.

    Et c’est là qu’on voit la stupidité populaire à l’oeuvre. Car si les abstentionnistes étaient tels que je les décrits, s’ils se moquaient véritablement du résultat des élections quel qu’il soit , le taux d’abstention de 2002 n’aurait pas varié entre les deux tours.

    Donc en fait, les abstentionnistes sont des gens qui ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes. Ils ne se foutent pas des élections, ils sont inconscients.

    « on est forcément coupables ou responsables du résultat. »

    Oui. On est dans une démocratie, ce qui signifie qu’on ne risque pas, à priori, de prendre une balle en défendant ses idées. Donc, si nous ne trouvons pas de politique aux idées proches des nôtres, nous n’avons aucune excuse pour ne pas nous-même défendre nos couleurs, si ce n’est d’avoir des trucs plus importants ou intéressants à faire.

    Mais dans ce cas là, il ne faut pas se plaindre que nos idées ne sont pas défendues. Si nous estimons que nos idées ne valent pas la peine (et c’est une lourde peine) que nous les défendions, nous ne devons pas nous étonner de voir les autres défendre leurs idées et pas les nôtres.

    « Bah non, voter c’est un droit et j’en ai marre de lire/entendre/voir/subir le refrain de la culpabilité claironné par tout le monde »

    Tu sera contente, pour moi, entre quelqu’un qui vote, et quelqu’un qui ne vote pas, il n’y a pas un innocent et un coupable, juste un naïf et un inconscient.

    « On nous culpabilise de pas vouloir participer à octroyer le pouvoir à quelqu’un qu’on aurait bien envie de tarter »

    S’il n’existe plus d’homme politique décent dans ce pays, c’est la faute de tous les citoyens. Qui se laissent manipuler, qui n’ont pas les couilles de se défendre.

    « on est toujours coupables… et ça… ça me bouffe put**n»

    Personne n’est innocent, en ce bas monde.

    « TOUS ont les mêmes comportements »

    Oui. S’il n’y a plus d’opposition, il faut en créer une. Ce qui, cf plus haut, ne nous demande même pas de risquer notre peau, c’est plutôt chouette.

    « Je gerbe sur la politique. »

    Assimiler LA politique et LES politiques est une idiotie.

    De mon point de vue, la démocratie est une belle utopie. Je dois toutefois reconnaître aux régimes pseudo-démocratiques une nette amélioration par rapport aux diverses autres formes de gouvernement que connait cette planète.

    Typhon

  9. « Euuh et bien parce que je trouve que ce n’est pas assez bien ? C’était une question rhétorique ? J’ai du mal à voir ce que vous voulez dire…

    Parce que vous oubliez le contexte, jeune apprenti. La question posée, en substance, c’est pourquoi, malgré que je soulève et que vous ne niez pas sur la stérilité du vote blanc, la comptabilisation de ce dernier vous apparait-elle comme une amélioration ?


    J’ai du mal à adhérer au militantisme politique envers un candidat […] Par conséquent, je ne peux pas les considérer comme des options « oui » et « non »

    Il y a un proverbe de la cinquième république qui dit :

    « Au premier tour on choisit, au second tour on élimine

    Je pense que c’est assez clair. Ce que vous pensez n’est pas important, ce qui compte c’est le bulletin que vous déposez dans l’urne.

    « Gare, tous les abstentionnistes ne sont pas forcément des je-m’en-foutiste. De ceux que je connais, une écrasante majorité me « confesse » que la comptabilisation du vote blanc les inciterait justement à retourner voter. »

    J’ai du mal à comprendre la logique. Entre ne pas voter et ne voter pour personne, le résultat final est le même.


    « De plus ils ne considèrent pas qu’ils se déchargent de leur responsabilité :[…] ils indiquent qu’ils ne cautionnent pas les choix actuels. »

    Justement pas. Comme je le dis plus haut, voter pour quelqu’un c’est l’expression d’un choix motivé
    (plus ou moins bien).

    Ne pas voter, ou voter pour personne, c’est l’expression du rien. Ça ne porte pas de sens.

    « Et s’ils n’agissent pas d’un point de vue national sur le plan politique, leur implication locale n’est pas à remettre en question »

    C’est un comportement curieux, dont je ne saisis pas la cohérence.

    « De quels « autres » parlez-vous ? Ceux dont le candidat a remporté l’élection ? C’est comme cela que je le comprends en tout cas, vu comme vous indiquez la responsabilité des abstentionnistes à la situation qui découle de leurs actions. Me trompe-je ? »

    Une élection, quelque part, c’est une lutte de pouvoir. Les responsabilités du résultat sont partagées par les gagnants, évidemment, mais aussi les perdants, qui ne se sont pas donné les moyens de vaincre, qui ont fait de mauvais choix stratégiques, tant au sommet qu’à la base, et en outre, tout les non-combattants qui auraient pu joindre un camp ou créer une force d’interposition.

    «

    « ça peut être instrumentalisé pour détourner le débat de problèmes plus graves »

    Là, en grand candide de mon état, je vous avoue n’y avoir pas pensé. Si vous avez des exemples, je suis preneur, instruisez-moi.

    Je n’ai pas d’exemple sur ce sujet précis, mais connaissant nos politiques qui font feu de tout bois pour éviter les débats de fond, et adorent se concentrer sur des futilités de cette espèce, pour y concentrer l’attention des media, qui sont les yeux du peuple, en l’occurrence.

    » […] qu’est-ce que ce sera si on comptabilise le vote blanc. »

    « Vous reconnaissez malgré tout son importance en terme de proportions si vous le considérez à même de mettre le boxon dans les résultats (en tout cas d’un point de vue mathématique).

    Il est évident que le score baisse si on se base non plus de votes exprimés, mais sur celui des votes tout court.

    « Disons que je le considère comme un tremplin vers une implication plus importante dans la vie politique (et non pas un pis-aller comme vous me paraissez le penser), avec pourquoi pas à la clé l’expression politique telle que vous la décrivez.»

    Justement, comme voter blanc ne sert à rien, pourquoi ne pas court-circuiter cette étape ?

    « j’ai du mal à croire qu’une implication politique à grande échelle puisse sérieusement changer les choses. »

    La foi déplace les montagnes.

    C’est un proverbe qui m’a toujours paru intéressant, parce qu’il n’implique pas Dieu. Dit autrement, peu importe ce en quoi on croit, si on y croit, on peu aller assez loin.

    Un abruti qui marche, qui a un cap, ira plus loin que cent intellectuels qui papotent de la direction à prendre.

    « Là, c’est mon côté pessimiste qui parle, mais l’inertie du système est telle qu’à mon sens on en fait partie avant d’avoir pu le changer »

    Ce qui fait l’inertie du système, c’est qu’il fonctionne à l’échelle d’un pays, d’une population nombreuse, et à échéances éloignées dans le temps.

    Le mouvement introduit dans le système est proportion du nombre d’individu mobilisés.

    L’union fait la force.

    Comme il est dit dans l’Ecclésiaste : « Malheur à l’homme seul »

    « Le cas Bayrou l’illustre bien »

    Ah, merci d’évoquer ce sympathique clown, malgré la fatigue, je souris.

    « Malgré cela, l’engouement qu’il a suscité au départ me montre une certaine volonté de la part de certains de profiter de la première opportunité « valable » pour manifester un choix différent, voire un refus. La comptabilisation du blanc me semble être une de ces opportunités. »

    Je vois ce que vous voulez dire. Vous pensez que les gens en ont marre de l’UMPS (comme on dit) et que tout ce qui ressemble à une alternative est le bienvenu. Ça n’est pas faux, mais c’est réducteur.

    D’une part, je pense que, même si le bipartisme actuel a pourri sur pied, ce n’est pas avec des options ridicules, comme le vote blanc, ou la résurrection du parti radical de la Troisième que tente l’autre âne de Bayrou. Dans les deux cas, il y a un rejet mais pas d’idées.

    « si j’ai des doutes quant au succès de l’action politique au niveau national, je n’en ai aucun pour le niveau local, dans lequel je m’implique quand cela m’est possible. »

    C’est bizarre, ça donne l’impression que vous inversez les priorités. Bien évidemment, à l’échelle locale, tout est plus petit, et on pèse plus. Toutefois, quand César disait qu’il préférait être le premier dans son village plutôt que second à Rome, c’était avec la ferme intention de devenir le premier à Rome. À mon avis, les questions de politique nationales, bien que beaucoup plus complexes à appréhender et influencer, sont de loin les problèmes qui méritent le plus notre attention, et notre engagement.

    Typhon

    • Bien, de bon matin j’ai pu lire plusieurs choses :

      – Le vote blanc est-il utile ?
      – Peut on avoir confiance en nos élus ?
      – Le militantisme politique, pratique sectaire ?

      De fabuleux sujets de philosophie/éducation civique. Je m’en vais donc les prendre dans l’ordre.

      – Le vote blanc est-il utile ?

      Typhon défend une position intéressante qui se veut pragmatique : « Avec 55% de non à un référundum, nos élus s’en foutent, alors du coup, le vote blanc… déjà qu’en soit ça ne change pas le résultat, je doute encore plus que ça fasse réfléchir nos élus »

      Du moins c’est ce que j’en lis, je puis me tromper, corrigez-moi.

      Pour ma part, mon principe est simple.

      Celui qui a voté a donné son avis. Qu’il ai fait un choix bon, mauvais, ou quoi que ce soit : les avis divergent selon les idées politiques, et même si je ne suis pas d’accord avec certaines, je ne reproche jamais à quelqu’un de s’exprimer (Voltaire, tout ça).

      Bon, mais alors, ça ne répond pas à la question : vote blanc et abstention, alors ?

      Et bien j’estime que le vote blanc est plus louable : la personne s’est exprimée. Je ne dis pas que c’est utile, je dis que c’est une question de principe. Elle vote, dis qu’aucun choix ne lui convient. C’est mieux que les gens qui font du « vote contestataire » en votant pour des extrêmes parce que là au moins leurs voix sont comptabilisées. Effet pervers de la non comptabilisation.

      Donc simplement : le vote blanc est une option, donc comptabilisable (même si je ne suis pas sûr non plus que ça change grand chose, mais encore une fois, je parle ici de principe).

      Après, celui ou celle qui s’abstient, derrière, je lui demande juste de ne pas se plaindre. « Tu as laissé les autres choisir à ta place, ne te plains pas que leur choix ne te plait pas. »

      L’abstention, c’est « Choisissez sans moi », le vote blanc c’est « Les choix proposés ne me conviennent pas », en ultra-simplifié. La différence est légère, et dans la forme finale du vote, importe peu mais sur le fond elle est importante, étant donné qu’elle exprime deux choses différentes.

      Comptabiliser le vote blanc ne changerait peut-être que quelques voix qui n’iraient plus en « votes contestataires » et n’influencerait en quasi-rien le final de l’élection, mais en démocratie, tout outil dont nous disposerions (et qui concrètement ne coûte rien) permettant d’avoir une meilleure lecture du résultat (et d’offrir un choix supplémentaire) me parait bonne à prendre.

      Mais nous pourrions encore en tartiner des lignes, en opposant principes démocratique et pragmatisme de décompte, donc je m’arrête là sur ce sujet dans l’immédiat.

      – Peut-on avoir confiance en nos élus ?

      Sachez que ce blog est lu par des élus… La réponse est simple : il en va des élus comme de tous les autres ; certains sont bons, d’autres mauvais, il y en a des grands, des petits, des arrogants, des humbles, des corrompus, des honnêtes…

      « Le pouvoir corrompt », dit on. Oui, surtout quand il n’y a pas de garde-fou. Et plus les gens se désintéressent des questions politiques, moins il y en a.

      Je connais quelques élus formidables, parmi lesquels certains dont je ne partage pas du tout les idées, mais qui font preuve d’honnêteté et travaillent sérieusement donc j’évite les généralités.

      Cependant, il y en a aussi des pelletées qui sont de sombres saligauds, puisque les élus ayant du pouvoir (et quelques avantages selon les cas), leurs postes sont d’autant plus visés par quelques cupides.

      Or, A chaque fois que quelqu’un d’honnête se dit que ça ne sert plus à rien d’agir, il laisse un peu plus de champs libre pour les dits malhonnêtes. Et plus il y a de malhonnêtes, plus les honnêtes s’en vont (la réciproque est tout de suite plus rare). C’est un cercle vicieux.

      Pour répondre à la question de base, je dirais qu’on ne peut pas avoir plus confiance en un élu qu’en un inconnu. Il faut s’intéresser à ce qu’il fait et comment. Et exprimer son avis.

      Rester à bougonner chez soi qu’untel est un vilain, ça ne le fait pas quitter son poste.

      Allez, passons à la dernière question

      – Le militantisme politique, pratique sectaire ?

      Oui et non.

      Si vous tombez sur une groupie, le genre à crier partout que tous les gens de son camp sont formidables et tous les autres sont des cons, effectivement, les échanges seront limités. Comme avec une groupie de chanteur, d’acteur… dont l’objectivité est proche de 0 sur les réelles performances de son idole (et de ses éventuels adversaires)

      Si vous tombez sur un militant (le genre qui se fait chier à argumenter et à avoir son propre avis), ça devrait mieux se passer.

      Mais encore une fois, les groupes politiques sont comme tout : ils ne sont que la résultante des individus qui les composent. Tant que tout le monde regarde ça de l’extérieur en disant « Pfiou, ça a l’air d’être le bordel là-dedans », et que personne ne rentre pour essayer d’améliorer les choses, rien ne change. Ou même ne crée son propre groupe politique et/ou citoyen, d’ailleurs.

      Je vais m’en arrêter là pour l’instant jeunes gens, si vous le permettez.

      • Pour rebondir sur votre commentaire et sur celui d’Alexandra (plus haut) ; J’ai eu, moi aussi, pour mon plus grand malheur, la « chance » de travailler en tant que prestataire pour une femme politique(envergure régionale).
        C’est la seule fois dans ma vie ou j’ai vu du vrai harcellement moral, je n’en était pas la victime (encore que…), mais depuis je vote CONTRE.
        En fait je vote contre le gagnant annoncé par les sondages pour que les politiques ne sentent pas trop en sécurité, sinon ils sont odieux.
        (j’en avais vu d’autres en action mais comme c’était des extrémistes j’avais mis ça sur le compte de leur dinguerie, depuis que j’ai vu une membre d’un « parti de gouvernement » en action, je crois les brèves du Canard)

  10. Juste pour dire vite fait, Odieux, j’peux t’appeler Odieux?
    Merci merci pour ces articles vraiment super!
    Toute cette ironie et ce cynisme, ca m’fait du bien à moi.

  11. Typhon, j’aime bien ce que tu dis, pas parce que je suis forcément d’accord mais parce que tu réfléchis. En revanche, des fois t’es condescendant et ça c’est assez vexant/énervant :)

    Sur ce, je vais travailler :)

  12. Vraiment, comme c’est délectable…Quelle plume, quel humour, quel cynisme et euh…bref, quel talent ! (allez, hop c’est tout pour les compliments !).
    Comme d’autres, moi aussi je vote « contre » et non « pour » un candidat. Mais je vote, parce que c’est mon droit (mais comme dirait l’autre, si ça changeait profondément les choses, ça ferait longtemps que ça serait interdit). Par contre, depuis aujourd’hui, et je ne sais pas pourquoi, je n’aime plus les flans !

  13. Je prends le temps de venir lire un peu, DU TRAVAIL! ;D

    Je me suis soudain souvenue de ta phrase, Typhon, comme quoi la politique et les politiques sont deux choses différentes. ça va de soi mais il n’empêche que c’est bien AUSSI sur LA politique que je vomis car, déjà, elle est faite par les politiques et puis parce qu’elle n’est qu’un outil, un moyen d’accéder au pouvoir, comme la religion, comme l’argent.

      • Tout à fait.

        La politique est un outil important, celui de prendre des décisions (faire les lois, gérer les choses, ce n’est tout de même pas rien).

        Je l’ai déjà dit plus haut, mais si on se contente de dire « C’est n’importe quoi », ça reste n’importe quoi, il n’y a aucune raison que ça change.

        Et ça en arrange bien certains.

  14. d’EN faire soi-même, dans le sens intégrer un parti ou en créer un, ou de redonner un sens au mot « politique » par je ne sais quel moyen? par exemple par le biais d’un engagement associatif.

    parce que… plutôt me pendre que de m’encarter !

  15. Au risque de paraphraser, c’est de la merde de mélanger comme ça partouze et politique. C’est mieux de faire les choses dans l’ordre!

  16. Laissez tomber le papier, si vous voulez être écoutés prenez le fusil. C’est la seule façon d’être pris au sérieux.
    Mais attention, ne massacrez pas d’innocents juste des présidents (il y en a plein!!!)sinon le peuple sera contre vous. Ce genre de manoeuvre policière très évidente pour décrédibiliser un mouvement a déjà été utilisée par le Tsar (ou du moins son ministre de l’intérieur) en Russie vers 1895 alors aujourd’hui… quelques progrès ont été réalisés dans la manipulation des masses (TV, actionnariat des salariés, CFDT…)

    • C’est celà, oui.

      Une révolution, c’est beaucoup de sang versé pour pas grand’chose. En général, les révolutions aggravent les problèmes existant ou en créent de nouveaux.

      Même le plus totalitaire des régimes est un facteur de stabilité, et sa destruction entraîne un chaos et un maelstrom de violence qui dépasse bien vite ceux qui l’on engendré.

      Typhon

  17. euh……………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………….. O_O

    pis t’es condescendant encore… à la limite du méprisant. et le mépris quand c’est pas drôle… c’est pas drôle. mais bref…

    de stabilité pour qui? ou quoi? et après, tout dépend ce que le peuple cherche ou veut. ou même ce que l’on veut soi, en tant qu’individu. on veut le confort? la sérénité? l’avilissement? peut-être que oui, avoir où dormir, avoir à boire, avoir à manger, à trop manger même, avoir un semblant de plaisir dans un quelconque loisir, et avoir des gosses, avoir une maison, un chien, un monospace et avoir, avoir, avoir, c’est ce que les gens veulent. bien sûr que c’est ce qu’ils veulent… et on leur sert sur un plateau. on leur sert sur un plateau que c’est leur propre rêve, « Avoir ». D’ailleurs, je sous-entends qu’ils sont manipulés pour mieux continuer à voter, mais je me trompe peut-être, certainement…

    la stabilité, c’est ça? « avoir » un peuple qui se tait ou qui parle pour rien dire, un peuple qui laisse un pouvoir en place et qui fait des bébés?

    mais sinon, je suis assez d’accord sur le fait qu’une révolution n’y changerait pas grand chose. je parle dune révolution de sang. ça ne sert qu’à faire descendre du trône un roi pour y placer un autre dont on changera juste le titre.
    Ca n’est pas d’une révolution dont on? le peuple? le monde? a besoin, c’est d’un changement de climat (oui, bien sûr, jeu de mot :D)

    • Disons que je suis légèrement agacé de voir des gens proner la révolution quand le régime sous lequel nous vivons, l’époque à laquelle nous vivons, et l’endroit dans lequel nous vivons sont parmi ceux où il fait bon vivre, et battent largement le reste en terme de qualité de vie.

      Je ne dis pas que tout est rose, évidemment.

      Néanmoins, l’histoire nous enseigne que, quand on supprime un régime par la force, ça ne se passe pas dans la liesse, ça ne se passe pas dans l’allégresse, ça se passe dans le sang, le chaos et la destruction.

      Je ne dis pas que la dictature c’est bien, mais je pense qu’il faut savoir relativiser.

      Saddam Hussein était une pourriture. Saddam Hussein a fait la guerre à l’Iran et gazé des Kurdes.

      Pourtant, Saddam Hussein était aussi membre d’un parti de tendance socialiste, progressiste, laïque et panarabe (le parti Baas), et, issu de milieux modestes, il a favorisé le développement de l’éducation dans le pays, y compris des femmes, ce qui est plutôt rare dans le secteur.

      En 1990, 90 % des Irakiens savaient lire.

      Ça n’efface pas le fait qu’il était un ignoble dictateur, mais entre lui et le chaos qui lui a succédé, et où les islamistes gagnent du terrain, qu’est-ce qui est préférable ?

      Les islamistes, justement, parlons en.

      En 1979, la révolution iranienne a renversé un régime despotique proche des États-Unis, dans lequel un certain libéralisme, vis-à-vis de la religion en tout cas, régnait.

      Qu’est-ce qui l’a remplacé ? Au final, les Iraniens sont-ils mieux lotis ?

      Non. Quand on renverse un régime par la violence, on est à peu près sûr que ce qui émergera du chaos qui s’ensuivra nous fera regretter d’avoir commencé une révolution.

      Le mieux est l’ennemi du bien.

      Nous, qui, après 81 ans de lutte, sommes en démocratie depuis 140 ans (si on oublie le régime de Vichy), après être devenu un des pays où la protection sociale reste (pour le moment, croisons les doigts) la plus forte, serions extrêmement mal inspiré de faire la révolution, et je ne cache pas que je hais et que je méprise ces partis qui se disent révolutionnaires.

      Le système n’est pas parfait, car la perfection n’est pas de ce monde.

      La France a des problèmes, notamment une certaine démission et corruption de nos élites.

      Néanmoins, le système est assez bon, il fonctionne bien, et c’est donc bien une carence d’idée, d’idéologie, de conviction, qui nous affecte.
      Ce n’est pas notre régime.

      Typhon

      • je suis pas sûre que l’Irak soit un bon exemple étant donné qu’il s’agit pas d’une révolution populaire. néanmoins j’entends ce que tu dis et je trouve ça plutôt juste. c’est pour ça que je parlais de changer de climat, de fond quoi, et pas de forme.
        moi je prône l’horizontalité, mais j’avoue, j’ai pas de solutions :)

      • Et pour ceux qui oseraient citer la Révolution Française, oubliez pas la Terreur…

        Il a fallu un sacré bout de temps avant que ça devienne rose. ( au début c’était plutôt rouge. )

  18. Tes derniers articles m’ayant fait mourir de rire (on sent que la verve est revenue), puis-je te suggérer deux films que j’ai vus récemment, et qui, s’ils m’ont bien plu (i.e. diverti), méritent largement leur place ici : « Le Mac » avec José Garcia (un truc indescriptible, qui n’a honte de rien), et « From Paris with love » avec John Travolta et un des frères Bogdanov (un film tellement scénarisé n’importe comment que même le héros martèle que ça ne tient pas debout) ?

    • Reste à trouver la force de les regarder ! Et comme je suis toujours un poil débordé…

      Mais oui, « From Paris with love » avait attiré mon oeil d’amateur de bouses.

  19. OC, je suis d’accord avec toi. Faut pas faire de généralités sur les élus. C’est pas bien, c’est raciste tout ça… bon. ok. mais quand même… tu remarqueras que plus les postes sont élevés et plus le nombre d’élus sympa/tolérant/attentif/actif/toutc’quetuveux devient peau de chagrin…
    comme dans n’importe quel secteur, si t’es un gentil, tu montes pas, parce que, tout simplement, il faut être un requin pour faire sa place, et que les places sont chères.

    Au final, je suis pas sûre que ce soit le pouvoir qui corrompe. J’ai plutôt l’impression que seuls les corrompus (dans le sens égoïstes/carriéristes) peuvent accéder au pouvoir.

    C’est d’ailleurs le principe d’un système vertical (autrement appelé « la loi du plus fort ») donc comment ça pourrait être autrement? Oui, je sais, j’insiste :D

    • « Le pouvoir corrompt »

      Je crois que c’est Frank Herbert qui développait l’idée qu’en fait le pouvoir attirait les corruptibles et les corrompus. Ca me semble assez pessimiste et trop généraliste, mais je trouve que la formule décrit bien certains de nos élus.
      Et merci Monseigneur Connard d’avoir placé un mot sur la distinction que je ne faisais pas en opposant les termes « groupie » et « militant(e) » (ah pis merci pour bipartite aussi Typhon, carrément mieux que binaire).

  20. haha quelle intro racoleuse !!
    J’ai cru que vous êtiez devenu fou tout d’un coup. J’adore

  21. Oui, Gauche rencontre, Droite rencontre, tout ça, c’est bien… mais les courants, les nuances? Un trotskiste et une communiste, par exemple, ça va finir à coup de piolet! Une gaulliste (il en reste?) et un nostalgique de l’OAS, bain de sain au Petit-Clamart.
    Sinon, moi, je vote toujours. Toujours. Ça m’a valu des situations bizarres…

  22. Pingback: Votre abstention s’il-vous-plait. « Le blog d'un odieux connard·

  23. Moi, cela fait trois mois que je suis inscrit sur NSDAP-rencontre et je m’amuse comme un p’tit fou.

    A propos, ô dieu connard, une petite coquille : « comment se déroule parade amoureuse ». Vous n’auriez pas oublié un p’tit pronom par hasard ?

  24. Que l’on soit de droite ou de gauche, on est hémiplégique.
    Disait Raymond Aron …

    … qui était de droite.

    (c) Pierre Desproges

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